La ligne 2 bis, dite de Barbieux

Dans un article de 1902, le journal La Croix de Roubaix-Tourcoing évoque la création de plusieurs nouvelles lignes dont une, numérotée 2bis, est dite « de Roubaix à Barbieux ». Le terminus de celle-ci sera situé devant l’Hospice.

La nouvelle est un peu anticipée, et il faut attendre avril 1905, pour que la compagnie nouvelle des Tramways de Roubaix-Tourcoing obtienne la concession de lignes à établir d’urgence pour satisfaire au cahier des charges. Parmi elles celle qui prend le nom de « ligne de Barbieux » et doit relier le centre et l’avenue des Villas (aujourd’hui la rue Gustave Delory).

Le Journal de Roubaix de Juin 1906 nous présente cette ligne qui empruntera, pour une longueur totale de plus de 1900 mètres, la rue Neuve (du maréchal Foch), le boulevard de Paris, puis la rue de Douai et la rue de Barbieux. La compagnie est autorisée à mettre en service cette ligne qui est inaugurée en mars 1907. Pour pouvoir emprunter cet itinéraire, on a installé un troisième rail dans la rue Neuve à titre provisoire, car la voie, prévue pour les tramways de Lille, est à l’écartement de 1 mètre 44.

En Avril de la même année, le Journal de Roubaix présente les arrêts sur le parcours de la ligne qui, partant de la Grand-Place, sont situés aux carrefours avec la rue de l’Union, la rue du Moulin à l’entrée du boulevard de Paris, la rue Dammartin, le boulevard de Cambrai, l’Hospice de Barbieux et dont le terminus est boulevard Lacordaire devant les réservoirs des eaux.

Les voies s’étendent ensuite dans la rue de Barbieux jusqu’à l’avenue des Villas, et la commission municipale de Tramways préconise en 1909 sa prolongation jusqu’au carrefour avec la rue de Beaumont.

La ligne prend la dénomination A bis en 1911, puis AE en 1925. Elle disparaît en 1930 sous l’indice AB, ainsi que l’indique le quotidien « l’Echo de Roubaix-Tourcoing » qui fait référence à une protestation de la chambre de commerce déplorant cette fermeture.

Mais n’anticipons pas, et suivons la ligne depuis la Grand-place où son terminus est placé face à l’église. Nous voyons au premier plan la double voie qui fait une courbe à 90 degrés pour entrer dans la rue Neuve.

La grand place

La voie se mêle alors à la ligne F des tramways de Lille pour descendre la rue Neuve, aujourd’hui du maréchal Foch. Après détournement de cette dernière ligne, la voie retrouvera ses deux simples rails à l’écartement métrique, qui seront plus tard réutilisés par la ligne du Mongy après l’arrêt au terminus de la Grand-Place. Une première photo, prise depuis le trottoir de la mairie, nous montre le haut de la rue.

Le haut de la rue Neuve

La photo suivante, prise un peu plus loin aux abords de la rue de Lille, nous montre en arrière plan une motrice vestibulée des premières séries.

La ligne arrive alors au lieu-dit « la barque d’or », au croisement des rues de Lille et Neuve, des boulevards Gambetta, de Paris, et de la rue du Moulin. Cet important carrefour Roubaisien a été également le point de rencontre de plusieurs lignes de tramway comme on le constate avec les deux illustrations qui suivent. Sur la première, une motrice se prépare à suivre le boulevard de Paris.

la barque d’or

Le plan suivant nous détaille les lignes concernées.

Notre ligne 2bis suit alors le trottoir de gauche du boulevard en venant du centre ville. Mais, à partir de 1908, le Mongy fait son apparition sur le boulevard. Pour cette ligne de prestige, l’ELRT installe deux voies, l’une descendante et l’autre montante qu’elle place le long des deux trottoirs. Notre ligne ne manque pas d’utiliser ces deux voies qui remplacent avantageusement la simple voie unique dont elle disposait jusque là. La photo suivante nous montre au premier plan une motrice du Mongy, et, tout au fond, une motrice des TRT qui la suit.

Le boulevard de Paris

Sur la photo suivante, nous voyons une motrice 300 de la ligne de Barbieux parvenir en haut du boulevard, et qui se prépare à suivre la courbe à gauche pour pénétrer sur le boulevard de Douai. Le long de l’autre trottoir, la ligne descendante.

La ligne monte donc le boulevard de Douai en suivant le trottoir de droite. Elle va suivre la courbe du trottoir sur la droite devant l’institut des jeunes filles.

Le collège, en face de l’hospice Barbieux

Arrivé à ce carrefour, la ligne dont le terminus a été un moment situé en face sur le boulevard Lacordaire et ses réservoirs, se dirige ensuite vers son nouveau terminus de l’avenue des Villas par la rue de Barbieux. La photo nous montre une motrice qui se dirige vers le centre ville. L’absence de bâtiments à gauche a forcé l’érection de poteaux pour soutenir la ligne aérienne. A droite, la maison de la directrice de l’institut des jeunes filles.

Les documents proviennent des archives municipales et de la médiathèque de Roubaix

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