Groupe scolaire de Longchamp (suite)

En 1986, c’est une délégation de parents d’élèves qui est reçue en mairie par Mme Massart, maire de la ville, et ses adjoints à la sécurité et à l’enseignement, Mrs Grabovski et Nys, cette fois pour tenter de remédier aux cambriolages de matériel pédagogique et au saccages des locaux répétitifs. Une étude est demandée aux services techniques de la mairie pour la mise en place d’alarmes et de radars.

Réunion avec les élus sur les problèmes de sécurité en 1986 (Document Nord-Eclair)

Pourtant 3 ans plus tard l’école Lamartine subit à nouveau, comme tant d’autres malheureusement, un acte de vandalisme, relaté par la presse locale, en 1989.Trois jeunes adolescents pénètrent dans l’établissement en brisant un carreau et mettent à sac une classe de CP : bacs de fleurs renversés, bancs sans dessus dessous, tableaux arrachés, armoires défoncées, livres cahiers et matériel scolaire répandus sur le sol, sachets de plâtre éventrés, bouteilles de solvant et de diluant brisées…

Vandalisme à l’école élémentaire Lamartine, rue Charcot, en 1989 (Document Nord-Eclair)

Durant la décennie suivante l’école fait plus heureusement parler d’elle à l’occasion de l’installation du site informatique en lieu et place d’une bibliothèque déplacée à l’étage pour l’occasion, dans une salle spécialement aménagée et protégée par la municipalité. Le matériel à savoir 8 micro-ordinateurs, reste propriété de l’Education Nationale durant 3 ans avant de revenir à la ville. Chaque élève passera environ 1 heure et demi par semaine devant un écran pour s’initier aux mathématiques et au français.

Installation du site informatique à l’école Lamartine dans les années 1990 (Documents Historihem)

Ce n’est qu’en 1995 que les travaux nécessaires à la rénovation du groupe scolaire déjà vieillissant commencent. En 1998, c’est la maternelle Georges Sand qui se refait une beauté : changement de l’installation électrique (des fusibles aux prises et interrupteurs en passant par les câbles), changement des vieux plafonniers au profit de rampes lumineuses encastrés et de spots orientables.

Par ailleurs, 560 mètres carrés de vieux plafonds ondulés sont remplacés par des plafonds suspendus ce qui permet de mieux chauffer les locaux. Enfin, sur un plan esthétique, la municipalité pousse le soin jusqu’à mettre des dalles de couleur (bleue, jaune et saumon) pour égayer les pensées des bambins rêveurs. La sécurité n’est pas oubliée : alarme incendie près du tableau électrique, issue de secours ouvrant les dortoirs sur l’extérieur et porte, cloisons et plafond coupe-feu pour le local des fournitures.

Rénovation de l’école Georges Sand en 1998 (Document Nord-Eclair)

A l’été 1999, en raison du coût excessif des devis demandés aux entreprises, ce sont les employés municipaux qui réalisent électricité, isolation, faux plafonds et refont les issues de secours pour remettre le reste du groupe scolaire aux normes. Les classes, une fois terminées bénéficient d’un nettoyage de fond en comble, murs compris. En revanche, les peintures attendront, faute de financement.

Remise aux normes du groupe scolaire à l’été 1999 (Documents Nord-Eclair)

Au début du 21ème siècle, les différents corps de métier s’activent toujours aux 4 coins de l’établissement. Des entreprises extérieures y assurent : la rénovation du restaurant scolaire, la réfection des 2 cours d’écoles maternelles, l’achat de quelques jeux et bancs et le remplacement des bandeaux en haut des façades. Les services techniques municipaux réalisent quant à eux les peintures des écoles élémentaires.

Photos de l’école en chantier en 2001 et photo de l’école avant sa démolition (Documents Nord-Eclair et Un temps de passage)

Pourtant en 2006, les écoliers désertent le groupe scolaire rénové 10 ans plus tôt et les locaux sont vidés, déshabillés et nettoyés pendant de longs mois. Les anciens locaux sont enfin grignotés par 2 pelleteuses et la démolition dure moins de 2 semaines : les 4 bâtiments composant cet ensemble scolaire disparaissent. En 2007, c’est le réaménagement de l’assainissement et des réseaux qui commence afin de permettre la construction, sur le terrain, de 74 logements individuels et semi-collectifs dont la livraison est prévue pour 2009.

Photos aériennes de 2007 avant démolition et 2009 après construction des logements (Documents IGN)

Il faut dire qu’en 2005, au n°100 de l’avenue Schweitzer, a commencé la construction d’un tout nouvel établissement scolaire dont l’arrière donne sur la rue Denis Cordonnier, sur le terrain laissé libre par la destruction un an plus tôt de l’école Denis Cordonnier (évoquée plus haut). Ce nouvel ensemble se compose d’une école maternelle et d’une école élémentaire.

Ville de Hem – Construction du groupe scolaire Longchamp (2005)

Le groupe scolaire Antoine de Saint-Exupery est un établissement moderne, spacieux et lumineux, qui accueille 180 élèves en élémentaire et 130 en maternelle. Il est composé de 17 salles de classe, 2 bibliothèques, 2 salles d’art plastique, un site informatique, 2 salles d’évolution, un restaurant scolaire, 2 cours de récréation et un jardin pédagogique.

Le groupe scolaire Antoine de Saint-Exupery (Documents Google Maps 2023(côté Schweitzer et 2008 côté Cordonnier et site internet)
Vue aérienne du terrain entre 2000 et 2004 et le terrain après la construction du nouveau groupe scolaire entre 2005 et 2010)

Le tout nouveau quartier de Longchamp disposait donc d’un groupe scolaire regroupé rue Charcot en 1974, constitué de 2 écoles primaires (Lamartine et Saint-Exupéry) et de 2 écoles maternelles (Mme de Sévigné et Georges Sand) à savoir les groupes Lonchamp 1 et 2. A cette époque, il y avait également le groupe Lonchamp 3 constitué de l’école Denis Cordonnier (maternelle et élémentaire) ouverte sur la commune de Lys-lez-Lannoy. 50 ans plus tard, en 2024, l’offre scolaire du quartier se résume à la nouvelle école Antoine de Saint-Exupery (maternelle et élémentaire) qui donne sur les rues Schweitzer et Denis Cordonnier.

Photo aérienne des 2 groupes scolaires en 1976 et offre scolaire par quartier en 2024 (Document IGN et Ville de Hem)

Remerciements à l’association Historihem

Groupe scolaire de Longchamp

En 1964, le C.I.L. programme la construction de 1.146 logements dans le quartier Longchamp. En octobre 1965, le conseil municipal de la ville de Lys-lez-Lannoy désigne un architecte chargé d’étudier l’avant-projet de la construction d’un groupe scolaire dans le quartier Longchamp. Il est question de subventionner, en 1967, les travaux de construction d’un groupe scolaire de 16 classes sur un terrain situé rue Cavrois (rue parallèle à l’avenue Schweitzer de Hem, les 2 rues étant reliées par une perpendiculaire : la rue Denis Cordonnier à Lys-lez-Lannoy). L’ouverture est programmée pour la rentrée scolaire de 1968.

Le quartier Longchamp avant construction entre 1950 et 1965 avec pour points de repère la fin de la rue Briet sur la future avenue Calmette et les 3 fermes de la rue des Ecoles (Document IGN)

Pour faire face à l’accroissement brutal de la population dans ce quartier autrefois occupé par des surfaces agricoles, la municipalité hémoise adopte quant à elle, dès le 30 juin 1965, le programme de construction d’un groupe scolaire comprenant une école primaire de garçons et une de filles de 10 classes chacune, une école maternelle de 6 classes avec logements, annexes et cantines. A cet effet, le 6 juillet 1965, le Conseil Municipal décide l’acquisition de deux parcelles de terrain d’une superficie totale de 1 hectare 41 ares 17 centiares.

La première tranche du groupe scolaire Longchamp peut finalement être financée par l’État en 1967 et comprendra une école primaire mixte avec 10 classes mixtes, une salle polyvalente de 72 m2, un bureau de direction, une cour de récréation de 1.100 m2, un local de détente de 220 m2, un groupe sanitaire pour garçons et un pour filles, un dépôt de 6 m2, un logement de direction et un logement d’adjoint .

L’ école maternelle comprendra quatre salles de classe, une cour de 600 m2, une salle de jeux de 120 m2, une salle de repas de 36 m2, une salle de propreté de 36 m2, un hall d’entrée formant salle d’attente, un logement de direction . Aux deux écoles s’ajouteront une cantine de 280 rationnaires et un logement de concierge. Le projet estimé à 2.317.446 Frs est confié à Monsieur André GAILLARD, architecte à CAMBRAI .

Plan de la zone en 1969 et photo de l’école maternelle déjà terminée (Documents Nord-Eclair)

Le 28 Novembre 1967, la deuxième tranche du groupe scolaire du quartier Longchamp est adopté suivant le programme pédagogique établi le 16 février 1967 par Monsieur l’Inspecteur d’Académie et comprenant 10 classes primaires, deux classes de perfectionnement, 4 classes maternelles, une cantine pour 300 rationnaires, 3 logements, les bureaux, les groupes sanitaires, cours et annexes.

En juin et juillet 1968, la communauté urbaine entreprend une première partie de travaux, en bordure de la rue Claude Bernard. Cette tranche comprend une école maternelle de plain pied de 4 classes qui doit être livrée dès le printemps 1969 et dont le mobilier sera fourni dans la foulée en vue d’une ouverture à la rentrée 69-70.

Une école primaire mixte abritera 10 classes réparties au rez-de-chaussée et sur un étage. La construction des 2 logements de fonction des directeur et directrice est en cours en début d’année 1969. Face à l’école maternelle des bâtiments de plain-pied également sont destinés à abriter des cuisines et un restaurant scolaire. L’adresse du groupe scolaire est la rue du Docteur Charcot.

Le groupe scolaire derrière la grande barre au début des années 1970 et photo de la cantine en 1971 (Documents Nord-Eclair et Historihem)

Une seconde tranche de travaux s’engage ensuite, sur le même terrain, en 1970, pour la construction d’une seconde école maternelle de 4 classes, ouverte en fin d’année, puis d’une école primaire mixte de 10 classes plus 2 classes de perfectionnement, dont l’ouverture est prévue pour le printemps 1971, ainsi que 2 logements de fonction pour un directeur et une directrice. Il y a également un plateau d’évolution mais pas de salle des sports, une telle salle existant déjà dans l’école Marie Curie des Hauts-Champs (sur le sujet voir un précédent article édité sur notre site). Au total 1000 élèves peuvent être accueillis dans le groupe scolaire.

La deuxième école du groupe scolaire en 1971 (Longchamp 2) et photo d’élèves de maternelle devant l’école (Documents Nord-Eclair et collection privée)

Toutefois, si le premier groupe avait été construit par la Communauté urbaine, le quartier Longchamp n’étant plus considéré comme une zone d’aménagement concerté, et c’est à la ville d’assurer la construction du groupe n° 2. Le 28 avril 1970, Monsieur le Maire est autorisé à passer les marchés pour un montant de 2.143.181 Frs auxquels devront s’ajouter 86.720 Frs d’honoraires à Monsieur GAILLARD, architecte à Cambrai et 85.000 Frs de mobilier.

Photo panoramique du groupe scolaire en 1976 derrière la grande barre et en 1989 après démolition de celle-ci (Documents IGN)

Le 10 juillet 1970, sur proposition de la Commission des écoles, le Conseil décide de dénommer l’école primaire mixte du 1er groupe Longchamp : école Lamartine et l’école maternelle école Mme de Sévigné. La population scolaire continuant d’augmenter, le 26 octobre 1970, une classe supplémentaire est ouverte à l’école mixte Lamartine. En 1972, une classe est à nouveau ouverte à l’école Lamartine et une à Mme de Sévigné. Le 28 février 1974, l’école primaire mixte Longchamp II prend la dénomination : école Saint Exupéry et l’école maternelle celle de Georges Sand.

vues du groupe scolaire au début des années 1970 avec la grande barre en arrière plan (Document Mémento Public de Hem et Hem d’hier et d’aujourd’hui)

Les Associations de Parents d’Elèves ayant pris conscience dès 1974 des difficultés rencontrées par un certain nombre d’enfants, ont entrepris des actions répétées et ont cru leurs efforts récompensés lors de la création, en 1976, d’une amorce de Groupe d’Aide Psychopédagogique (G.A.P.P.) comprenant un psychologue et une rééducatrice en psychomotricité travaillant à mi-temps. Le groupe est installé à l’école Saint Exupéry et s’occupe des élèves des Groupe Longchamp et de Marie Curie.

Plan du quartier Longchamp en 1968 reprenant en n°6 une école publique située à la limite des 2 villes (Document Nord-Eclair)

Pressenti depuis plus de 5 ans, ce n’est finalement qu’en 1974 que le groupe scolaire « Longchamp 3 » sort de terre sur la commune de Lys-lez-Lannoy, rue Denis Cordonnier, avec tout d’abord les logements de fonction puis les bâtiments scolaires comprenant quatorze classes de la maternelle à la septième avec un réfectoire pour 180 rationnaires. L’école Denis Cordonnier est inaugurée en octobre 1975. Ce groupe scolaire ne vivra que 30 ans, ayant été démoli en novembre 2004.

Construction et inauguration de l’école Denis Cordonnier en 1974 et 1975 (Documents Nord-Eclair)
Ville de Hem – Ecole Denis Cordonnier – Démolie en novembre 2004

Dès la décennie 1980 des problèmes se posent au groupe scolaire et l’APE (Association de Parents d’Elèves) cherche des solutions. Pour la température dans les classes oscillant en hiver de 13 à 16 degrés, elle préconise l’installation d’un système d’isolation peu couteux, à mettre en place pendant les vacances scolaires. Rue Charcot à l’entrée et la sortie des écoles un trou énorme dans la chaussée oblige les automobilistes à faire un écart dangereux pour les enfants tandis que l’éclairage déficient du quartier fait courir des risques aux élèves mal vus par les automobilistes. Au pied d’un pylône électrique des fils vecteurs de 380 volts sont accessibles et simplement recouverts de plastique par EDF. Enfin le trottoir boueux menant à la piscine oblige les enfants qui s’y rendent à descendre sur la chaussée pour le contourner. Les travaux recensés par les services techniques de la mairie sont toujours en attente à fin novembre 1980.

L’APE du groupe Longchamp en 1980 (Document Nord-Eclair)

Remerciements à l’association Historihem

A suivre…

Les 3 fermes rue des Ecoles à Hem (Suite)

Sur les terres de la ferme Duthoit se construit une rangée de maisons individuelles le long de la rue du Docteur Yersin et des dominos pour les anciens, entourés d’espaces verts entre celle-ci et la rue des Ecoles.

Vue des maisons individuelles et des dominos et vue aérienne de l’ensemble (Documents Google Maps)

En janvier 1974, s’ouvre l’école primaire privée Saint-André, au 124 rue des Ecoles, face à l’emplacement de l’ancienne ferme Duthoit. Cette petite école de quartier n’est ouverte que durant 20 ans puisqu’elle ferme ses portes au 31 Août 1995. Il en subsiste peu de traces si ce n’est des photos de presse des fêtes annuelles notamment en 1974 et 1975. En revanche elle apparaît distinctement sur les photos aériennes de 1976 et de 1995.

Fêtes d’école en 1974 et 1975 (Documents Nord-Eclair)
Photo aérienne de 1976 et de 1995 (Documents IGN)

Il faut dire que cette école a malheureusement fait l’objet de vandalisme notamment en 1982 où une douzaine de fenêtres sont brisées en mai à coup de pierres lancées depuis la rue par des adolescents du quartier qui fait face à une petite délinquance en augmentation en raison de l’oisiveté des jeunes habitants.

Ce vandalisme se répète une douzaine de fois sur le reste de l’année 1982. C’est ainsi qu’en juin un spectacle de désolation s’offre à nouveau aux enseignants et aux élèves dans les salles de classe : vitres brisées, papiers déchirés, chaises renversées, matériel jeté par terre…

Docs vandalisme en 1982 (Documents Nord-Eclair)

C’est la raison pour laquelle un groupe de parents accompagne en fin d’année scolaire voir le maire Jean-Claude Provo à l’hôtel de ville, avec le directeur Bernard Florte, pour lui signifier leur ras le bol face à la situation. Le maire s’est alors rendu sur place pour prendre la mesure du problème et chercher une solution.

Pourtant à cette époque, ni le directeur de l’école ni le diocèse n’envisagent la fermeture de cet établissement en raison des problèmes d’insécurité qu’il rencontre. Ils attendent une réponse adaptée des pouvoirs publics et l’assurance d’une sécurisation du lieu ainsi que des enfants qui y sont accueillis. C’est donc certainement pour une autre raison que l’école ferme ses portes un peu plus de 10 ans plus tard.

Docs délégation en mairie (Documents Nord-Eclair)

Suite à la fermeture de l’école et sa destruction, le site reste en friche plusieurs années et des dépôts sauvages d’ordures y sont effectués. Ce n’est qu’en 2000 que le journal Nord-Eclair se fait l’écho d’un projet de nettoyage du site. Logicil, propriétaire du terrain va enfin y enlever les immondices qui se sont accumulés au fil des ans et la municipalité quant à elle va débarrasser le site des fondations en béton et vestiges de l’ancienne école.

Réunion sur le site à l’abandon : le discours de Francis Vercamer, les habitants à l’écoute et le cadavre de rat brandi par une participante excédée (Documents Nord-Eclair)

Francis Vercamer, maire de Hem, organise une réunion sur le site pour y expliquer aux riverains que les remblais inutiles vont être évacués, que le terrain nettoyé recevra un apport de terre végétale puis qu’un gazon sera planté sur le terrain clôturé et que quelques arbres y seront également implantés pour y apporter un peu d’ombre.

Le site débarrassé et clôturé en attente d’être engazonné (Document Nord-Eclair)

En Octobre 2003, c’est la Maison de la Petite Enfance qui est inaugurée à l’emplacement de l’ancienne école, en présence de Jean-Louis Borloo, Ministre délégué à la Ville et à la Rénovation Urbaine. Elle est créée en vue de fédérer toutes les structures d’accueil petite enfance déjà existantes mais disséminées à travers la ville et de proposer de nouveaux services aux familles.

La maison de la Petite Enfance vue de face et vue aérienne (Documents Google Maps)

Les projets y sont nombreux : accueil et éveil des enfants bien sûr, mais aussi mise en place de nouvelles activités, rencontres et sorties, nouveaux partenariats avec la résidence des seniors de la ville et avec les écoles maternelles pour permettre aux petits de s’enrichir culturellement et socialement.

En 2013, la MPE fête ses dix ans d’existence en grande pompe en présence de Francis Vercamer, maire de la ville, avec les membres du Conseil Municipal. Sont également présents une représentante du Conseil Géneral, une déléguée du préfet et le médecin chef de la PMI.

Anniversaire de la MPE (Document La Voix du Nord)

De l’emplacement de la MPE jusqu’à la rue des 3 Fermes, laquelle traverse la rue des écoles là où se situaient auparavant les 2 autres fermes, Bayart et Crepel, on retrouve plusieurs rangées de maisons individuelles Logicil, et ce jusqu’aux anciennes terres de la ferme Crepel.

Les maisons Logicil à l’ancien emplacement de la ferme Crepel de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)

En face, à l’ancien emplacement de la Ferme Bayart, se trouve le square Berthelot, un triangle entre la rue Henri Dunant et l’avenue Laennec, la rue des 3 Fermes et la rue des Ecoles. En juin 2007, les bâtiments s’y trouvant sont démolis et l’espace dégagé par ces démolitions est laissé libre quelques mois avant que ne débute, à la fin de l’année, les travaux de construction, sur 1825 mètres carrés, de l’actuelle Maison de l’Emploi et des Services Publics, abritant le Pôle Emploi de Hem, qui voit le jour en 2009.

Photo aérienne de la zone en 1969 et 1995 avec le Square Berthelot (Documents IGN)

Une structure du Conseil Général : l’Union Territoriale de Prévention et d’Action sociale, anciennement installée avenue Dunant, reconstruit quant à elle un nouveau bâtiment en vis-à-vis de la future Maison de l’Emploi, qui ouvre en 2010. Le but de l’ UTPAS est de fournir un service de proximité et surtout de permettre à tous d’accéder à des droits fondamentaux, de bénéficier de prestations sociales, médico-sociales et individuelles adaptées aux difficultés de chacun, d’être accompagné dans son parcours personnel (insertion logement, santé), d’être soutenu dans son rôle de parent.

La Maison de l’Emploi et des Services Publics en travaux en 2009 et vue aérienne des 2 bâtiment en 2020 (Documents Google Maps)
L’UTPAS côté rue des Ecoles et la Maison de l’emploi côté rue des 3 Fermes (Documents Google Maps)

Ce secteur essentiellement rural du village d’antan aura donc cédé la place dans un premier temps à des immeubles à usage d’habitation collectifs et à de nombreuses maisons individuelles à la fin des années 60 alors que le village devenait une petite ville, essentiellement cité dortoir, avant qu’à leur tour ces habitations ne cèdent pour une partie d’entre elles, la place dans les années 2000 à des services publics devenus incontournables avec la croissance du nombre d’habitants de la ville.

Le plan actuel du quartier (Document IGN) reprenant les emplacements des 3 fermes

Des 3 fermes du début du siècle ne subsiste donc plus que le nom d’une rue bordée d’habitations, celui du quartier entourant cette rue ainsi que d’un béguinage installé dans ledit quartier. La transformation de celui-ci en moins d’un siècle est à l’image de celle subie par la commune de Hem tout entière (et bien d’autres) du petit village à vocation essentiellement agricole à la ville.

Remerciements à la ville de Hem et à l’Association Historihem ainsi qu’à Jacquy Delaporte pour son ouvrage Hem 1000 ans d’histoire

Les 3 fermes rue des Ecoles à Hem

Au début du vingtième siècle Hem est un village de moins de 5000 âmes à vocation essentiellement agricole et compte 33 fermes. Les travaux sont pénibles et les horaires démentiels : l’ouvrier agricole est aux champs de 4 heures à 20 heures. Dès l’âge de 7 ans les enfants sont employés de 7h à 19h pour démarier les betteraves, désherber le lin, garder les vaches ou ramasser les pommes de terre.

En 1933, trois fermes à cour carrée regroupées apparaissent déjà sur les photos aériennes de la rue des Ecoles, non loin du Château Olivier. En dehors du terrain du châtelain et des 3 fermes la rue n’est alors bordée que de champs. Hem a longtemps été renommée pour la qualité de ses endives.

Photo aérienne de 1933 de la rue des Ecoles et plan comparatif de la partie où se trouvaient les 3 fermes (Document IGN et Historihem)

Instantané de mémoire extrait du Recueil des petites et grandes Histoires des quartiers des 3 baudets et de la Lionderie, Denise en 1956 : « Je suis venue ici, j’avais 13 ans. C’était la campagne ici, des fermes, des champs, des vaches…A la fin des récoltes, on allait glaner les pommes de terre et les navets… ».

La 1ère ferme située sur la gauche en venant du château est la propriété de Georges Duthoit qui la tient de son père Jules. La famille Duthoit a exploité cette ferme depuis le dix-huitième siècle. Georges Duthoit est le 1er des 3 fermiers a être exproprié au début des années 1960.

Photo aérienne de la ferme Duthoit en 1962 et photo de la cour intérieure (Documents IGN et Historihem)

La deuxième ferme, située du même côté de la rue un peu plus loin, est celle de Louis Bayart dont la famille a exploité la ferme dès le dix-neuvième siècle. Louis Bayart est également exproprié à la même époque alors qu’il avait repris la ferme familiale au sortir de la seconde guerre mondiale.

Photo aérienne de la ferme Bayart en 1962 (Document IGN)

Enfin, de l’autre côté de la rue des Ecoles, en face de cette dernière, se trouve la ferme de Roger Crepel, exploitée par ses ancêtres depuis le dix-neuvième siècle. Roger Crepel est le dernier à être exproprié vers 1964.

Photo aérienne de la ferme Crepel en 1962 (Document IGN) et photos de sa cour intérieure (Document Historihem)

Photo de la ferme Crepel en 1964 prise depuis la cour avec vue sur les nouvelles constructions (Document Historihem)

En effet, dans les années 1960, est lancé le programme de construction de lotissements des Hauts-Champs et il n’y a plus de place pour les terrains agricoles. Il faut loger les habitants d’une ville qui grandit de manière anarchique à cette époque. Lorsque l’on compare les photos aériennes de 1962 et de 1971, la physionomie du quartier a totalement changé.

Photos aériennes de 1962 et 1971 (Documents IGN)

Après les 138 logements de la cité Jardins des 3 Baudets, réalisés dans les années 1950, c’est la première génération d’ HLM qui couvre en effet la plaine des Hauts-Champs dans les années 1960 puis à la fin de celles-ci un ensemble de 1146 logements voit le jour à Longchamp et 280 logements apparaissent avec la cité des 3 Fermes.

Plans reprenant chaque quartier : 3 Baudets en haut et 3 Fermes en bas (Documents Cityzia)

Doc 7 bis Plans reprenant chaque quartier : Hauts-Champs en haut et Longchamp en bas (Documents Cityzia)

Dès lors les quartiers nord deviennent surtout destinés aux logements populaires puisque près de 4000 logements HLM y sont installés au début des années 1980 et y représentent 90 % du patrimoine bâti. Quant aux maisons individuelles des Hauts-Champs, Trois Fermes et Trois Baudets elles accueillent 70 % de ménages ouvriers.

La construction grignote inlassablement la terre agraire et, si la commune de Hem a longtemps gardé un caractère rural très développé elle s’urbanise à grande vitesse à compter du milieu du vingtième siècle et rajeunit dans le même temps. La ville de Hem est alors appelée : cité dortoir, car la croissance des emplois n’a pas suivi la croissance démographique et les hémois vont travailler dans les grandes villes voisines : Roubaix, Tourcoing, Wattrelos, voire même Lille.

Avant guerre, il existait à Hem une quarantaine de fermes ; en 50 il en restait 33 et dans les années 60, ce nombre tombe à 24, puis à 17 dans les années 1980. Les fermes restantes s’adonnent surtout à la culture des céréales : blé, orge et avoine. La plupart possèdent des vaches et récoltent aussi du foin et des betteraves fourragères. Enfin leur grande spécialité est la pomme de terre. Il n’est pas rare alors de voir certains agriculteurs faire la tournée des quartiers dans leur camionnette pour les vendre à domicile.

La disparition de l’agriculture (Document Au Temps d’Hem)

A suivre…

Remerciements à la ville de Hem et à l’Association Historihem ainsi qu’à Jacquy Delaporte, Christian Teel et Chantal Guillaume  pour leur bande dessinée Au Temps d’Hem et au Théâtre de l’Aventure pour son ouvrage  Recueil des petites et grandes Histoires des quartiers des 3 baudets et de la Lionderie 

Quartier Longchamp (suite et fin)

2007 est aussi l’année de la démolition de la résidence Sterne qui comptait 40 appartements. Les pelleteuses sont au travail pendant quelques jours en commençant par la façade et il n’en reste que quelques pierres. Le Macareux quant à lui, situé rue Lavoisier en face du nouveau groupe scolaire Saint Exupéry, est réhabilité en extérieur comme en intérieur. C’est le cas aussi du Gardenia.

Démolition de la Sterne et son entrée avant démolition et rénovation du Macareux et du Gardenia (Documents Tout Hem et Temps de passage)

La salle Jacques Sockeel, victime d’un incendie en 2005, est rénovée 3 ans plus tard : réfection de la couverture du bâtiment, faux plafonds, électricité, plomberie, chauffage, sanitaires, menuiseries et peintures. Les associations peuvent ainsi reprendre possession des locaux avant que la salle Brasiello bénéficie, à son tour d’une rénovation.

Les salles Sockeel/Brasiello en 2025 (Document Google Maps)

Toujours en 2008, 3 entrées du collectif Merisier de l’avenue Schweitzer disparaissent à leur tour après une phase de désamiantage. L’espace accueillera la construction d’un nouveau collectif de 18 appartements du type immeuble Fleming pour 2010. De même l’Arbousier, un collectif de 60 appartements de la rue Charcot, est rayé de la carte.

Le nouveau collectif prévu à la place du Merisier et la démolition de l’Arbousier en 2008 (Documents Tout Hem)

Le collectif l’Olivier fait peau neuve en 2009, les mots d’ordre étant : changement d’image et résidentialisation. Toutes les parties communes sont rénovées : menuiseries, plomberie et peintures mais aussi nettoyage de la façade, pose de soubassement en briques et de panneaux en terre cuite et mise en valeur de l’entrée avec inscription en relief du nom du bâtiment. A noter également l’embellissement des abords et la création d’un parking à l’arrière de l’immeuble.

Puis 2 îlots sont réalisés côte à côte entre les avenues Schweitzer et Laennec. Les îlots D et QR constituent un mini quartier verdoyant composé d’une centaine de logements, pour la grande majorité individuels ou semi-collectifs. Des maisons allant du T2 au T5 bordent ainsi de nouvelles rues et les locataires vont bientôt les occuper.

L’Olivier en rénovation en 2008 (Document Tout Hem)
Les îlots D et QR en 2009 (Document Tout Hem)

C’est la même année qu’a lieu l’une des dernières démolitions du quartier avec le collectif Epicéa, une barre de 36 appartements : désamiantage, enlèvement des fenêtres et autres équipements, avant l’arrivée des pelleteuses. Celui-ci laissera place à plus de 2000 mètres carrés de terrain sur lesquels sera construit le nouveau centre social des Hauts Champs, ultramoderne, attractif et accueillant (sur le sujet voir un précédent article édité sur notre site).

Démolition de l’Epicéa pour laisser place au futur centre social des 3 viles (Documents Tout Hem)

C’est en 2011 qu’un espace public est aménagé à Charcot, entre les rues du Docteur Larrey et Ambroise Paré, composé d’une placette destinée à créer le lien avec le nouveau centre social et d’un espace dédié à de nombreuses activités et manifestations pour les riverains. 2011 est aussi l’année de la dernière démolition : la tour 105, ou Tour du Docteur Roux, datait de 1967 et comprenait 50 logements répartis sur 12 étages. Depuis 2004 ses habitants l’avaient quittée petit à petit pour être relogés sur Hem.

Aménagement d’un espace public à Charcot et entrée de la tour 105 ou tour du Docteur Roux en 2011 (Documents Tout Hem et Temps de passage)

L’année suivante c’est au tour du secteur Dunant d’être embelli et sécurisé. Nouvelles chaussées et nouveaux trottoirs et stationnements doivent permettre de rééquilibrer l’espace public. L’avenue Dunant passe en 2 fois une voie et des couloirs réservés aux bus y sont aménagés. C’est aussi en 2012 que le Hameau des Camélias (îlot QR) est inauguré. Sur les 13343 mètres carrés où étaient auparavant installés le groupe scolaire Longchamp et des barres d’immeubles, se dressent maintenant 44 maisons avec jardin et 30 collectifs avec espaces verts et aérés, dont la résidence Nancel séparée en 2 bâtiments de 12 et 18 logements.

L’avenue Dunant nouvelle version en 2015 et l’inauguration du Hameau des Camélias en 2012 et la résidence Nancel (Document Google Maps,Tout Hem et Voix du Nord)

Puis c’est le nouveau centre social construit en 2011 au 93 rue du Docteur Schweitzer qui est investi : le Centre Social des 3 Villes. Le nouveau bâtiment s’élève en lieu et place de l’immeuble Epicea, démoli en 2009, juste en face de l’ancienne église Saint-André, désacralisée en 2011 et sur le point de devenir une épicerie solidaire.

Le nouveau centre occupe une surface de 2000 mètres carrés et comporte de multiples pièces : des bureaux, une halte-garderie, une salle polyvalente, une bibliothèque, un clubhouse, des douches, des salles de repos, des locaux techniques et même un dojo (qui devrait être également ouvert aux écoles) et une salle de musculation. Au cœur du bâtiment un patio a été aménagé avec du gazon synthétique, ainsi qu’un espace pour le parking et une aire de jeux.

Le Centre Social des 3 Villes en 2025 (Document Google Maps)

C’est la fin des travaux entrepris dans le cadre de l’ANRU depuis 2004 dans le quartier et si les rénovations/démolitions/constructions n’ont pas réglé tous les problèmes les habitants témoignent globalement d’un quartier plus agréable à vivre.

Toutefois, depuis 2009 des habitants de la Tour Breguet, avenue Schweitzer, dénoncent des incivilités, pannes d’ascenseur et dégradations et lancent 5 ans plus tard une pétition pour dénoncer les odeurs pestilentielles émanant des cages d’escaliers. Or en 2020, le mécontentement, relayé par la presse locale, est à son paroxysme avec présence de rats, odeurs irrespirables et dépôt d’encombrants dans les parties communes.

La Tour Breguet dans la tourmente en 2020 (Document Voix du Nord)

En 2021, la municipalité met en exergue une situation sociale dans la ville globalement en amélioration mais très contrastée. Un peu moins de la moitié de la population hémoise vit en effet dans un quartier en politique de la ville (quartier prioritaires dont le quartier Longchamp fait partie) et la part d’habitat social est au dessus de la moyenne de la MEL.

Point sur la situation sociale de la ville en 2021 (Document Voix du Nord)

Le premier programme du plan de rénovation urbaine a permis de dédensifier, désenclaver et rénover les quartiers des Hauts Champs/Longchamp. Ainsi, en l’espace de 10 ans, 298 logements y ont été détruits et 364 construits. Il y a eu aussi des réhabilitations par centaines, des kilomètres de voirie réaménagés, un nouveau centre social, un centre commercial, des espaces verts…La physionomie et l’ambiance des quartiers nord, plus aérés, moins denses, moins bétonnés, a complétement changé. Reste la salle de sports attendue rue du Docteur Roux, face à l’école Saint-Exupery.

Les réalisations et le projet en 2023 (Documents Voix du Nord)

La première pierre de la nouvelle salle, le futur dojo, est posée en avril 2024 par Francis Vercamer, maire de la ville, en présence du vice-président de la région, de la vice présidente du département du Nord, du vice-président chargé des sports à la MEL et de la préfète déléguée pour l’égalité des chances. L’ouverture est prévue pour le dernier trimestre 2025.

Pose de la 1ère pierre en avril 2024 (Documents Voix du Nord)
Vue aérienne du quartier en 2025 (Document Google Maps)

Remerciements à l’association Historihem, la mairie de Hem et Richard Baron et Olivier de Solminihac pour leur ouvrage « Un temps de passage »

Quartier Longchamp (suite)

C’est durant l’ année 1988 que commence la démolition des bâtiments dits M58 du mail Dunant. C’est la première étape du nouvel aménagement de l’espace compris entre l’avenue Laennec et les rues Henri Dunant, Ambroise Paré et Dominique Larrey.

Seuls sont épargnés le bâtiment abritant la maison de quartier Dominique Larrey et un bloc situé au coin des rues Dominique Larrey et Ambroise Paré destiné à la réhabilitation en vue d’accueillir une brasserie restaurant. Une salle de spectacle destinée à accueillir 350 personnes doit être construite.

Démolition des bâtiments M58 et nouveau mail Dunant en 1992 (Documents Historihem)

En décembre 1990, le Fleming, rue Alexander Fleming, bloc de 60 appartements atteint depuis 3 ans le seuil critique de 50% d’appartements inoccupés et devient même un facteur de nuisance pour les environs. Les familles nombreuses préfèrent à présent être logées dans des maisons individuelles en location plutôt que dans les barres d’immeubles construites en masse dans les années 60. La presse locale titre : une autre barre disparaît, en référence à la grande barre démolie 5 ans plus tôt suivie de la petite barre, dans le quartier des Hauts-Champs (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site).

Une autre barre disparaît en décembre 1990 (Document Nord-Eclair)

Pendant ce temps à la tour 115, à deux pas de la Piscine des 3 Villes, l’atmosphère est toujours à l’entraide et la cordialité en partie grâce à l’association des habitants. Des animations ont lieu une fois par mois, et un local de rencontre y est réservé aux habitants de la tour, aménagé à leur goût. Sont également organisés des sorties et banquets permettant de souder les résidents, propriétaires comme locataires.

La tour 115 en 1985, 92 et 99 (Documents Nord-Eclair)

En 2004, la ville de Hem lance le plan de rénovation urbaine, prévu dans le projet Borloo, qui va changer la physionomie du quartier Longchamp. Des destructions de certains immeubles vont alterner avec la rénovation d’autres bâtiments. L’habitat collectif va peu à peu céder du terrain au profit de nouvelles constructions individuelles et le quartier va se trouver complétement modifié.

Vue aérienne du quartier en 2003 (Document IGN)

En 2005, au n°100 de l’avenue Schweitzer, a commencé la construction d’un tout nouvel établissement scolaire dont l’arrière donne sur la rue Denis Cordonnier, sur le terrain laissé libre par la destruction un an plus tôt de l’école Denis Cordonnier (évoquée plus haut). Ce nouvel ensemble se compose d’une école maternelle et d’une école élémentaire.

Ville de Hem – Construction du groupe scolaire Longchamp (2005)

Le groupe scolaire Antoine de Saint-Exupery est un établissement moderne, spacieux et lumineux, qui accueille 180 élèves en élémentaire et 130 en maternelle. Il est composé de 17 salles de classe, 2 bibliothèques, 2 salles d’art plastique, un site informatique, 2 salles d’évolution, un restaurant scolaire, 2 cours de récréation et un jardin pédagogique.

Le groupe scolaire Antoine de Saint-Exupery (Documents Google Maps 2023(côté Schweitzer et 2008 côté Cordonnier et site internet)
Le terrain entre 2000 et 2004 et le terrain après la construction du nouveau groupe scolaire entre 2005 et 2010)

Dès 2006, est inaugurée la nouvelle résidence Fleming, qui se compose de 36 logements sociaux répartis dans 3 bâtiments, des appartements bien agencés avec chauffage individuel et double vitrage ainsi qu’une cuisine américaine. En outre la résidence dispose d’un jardin planté, d’ espaces communs et de trois parking fermés. Elle est calme, moderne, esthétique et confortable.

La nouvelle résidence Fleming inaugurée en 2006 (Document Temps de passage)

2006 est également l’année où l’exposition photo de Richard Baron est exposée sur les fenêtres de la résidence Schweitzer, sur le point d’être démolie. Par ailleurs, désertés par les écoliers , les locaux du groupe scolaire Longchamp vidés, nettoyés, déshabillés durant de longs mois peuvent être grignotés par deux pelleteuses. Les travaux de démolition en eux-mêmes durent moins de deux semaines. Peu à peu, les quatre bâtiments, les classes, le réfectoire, qui composaient cet ensemble scolaire disparaissent. C’est aussi cette année là que le collectif le Pélican est rénové et que le Tulipier et une partie du Charcot disparait.

L’exposition photo sur la résidence Schweitzer bientôt démolie et les habitants assistant à la démolition du Charcot (Documents Tout Hem et Temps de passage)

Enfin, début 2006, le centre commercial Schweitzer, dont une voiture bélier a défoncé 5 mois plus tôt les piliers et grandes baies vitrées du nouveau complexe, pendant les émeutes urbaines, est à nouveau inauguré après réfection. C’est heureux car ce centre fait le bonheur des riverains qui y trouvent tout ce qu’il leur faut à deux pas de leur habitation. Il sera entièrement repensé 3 ans plus tard : façade, toit terrassé permettant aux allées du centre commercial d’être abritées, même configuration pensée pour l’ensemble des commerces. Même chose pour les enseignes uniformisées. Le parking sera également redessiné pour plus de sécurité.

Le centre commercial Schweitzer avant rénovation (Document Tout Hem)

L’année suivante, à la place des 3 entrées de la résidence Schweitzer, il y aura une voie d’accès aux constructions neuves situées sur le site de l’ancien groupe scolaire. En 2007, c’est le réaménagement de l’assainissement et des réseaux qui commence afin de permettre la construction, sur le terrain, de 74 logements individuels et semi-collectifs dont la livraison est prévue pour 2009.

Voie de passage vers le chantier de construction des logements individuels et pose de la première pierre par Christine Boutin, ministre du logement et de la ville (Document Temps de passage)

Remerciements à l’association Historihem, la mairie de Hem et Richard Baron et Olivier de Solminihac pour leur ouvrage « Un temps de passage »

A suivre…

Quartier Longchamp

C’est en 1964 que le CIL programme la construction de 1146 logements dans le quartier Longchamp, laquelle va être réalisée à partir de 1966, la population de Hem étant passée de 9059 habitants en 1954 à 13687 habitants en 1962. Le groupe Longchamp compte dans sa 1ère tranche 646 logements et un programme triennal prévoit, avant 1970, 1300 logements supplémentaires, tous collectifs.

Physionomie du groupe Lonchamp en 1966 (Document Nord-Eclair)

Après l’énorme concentration des Hauts Champs, c’est en effet encore la campagne, et le bâtisseur n’a pas encore annexé ce coin de nature qui s’étend très loin, jusque vers la gare de Lannoy. C’est sur cette morne plaine qu’une énorme cité de 1200 logements devrait sortir du sol en 3 ans, sur les communes de Hem et Lys-lez-Lannoy.

De la morne plaine à la cité Longchamp en 1965 (Document Nord-Eclair/ Voix du Nord)

En octobre 66, Edgar Pisani, ministre de l’équipement se rend dans le nouveau quartier pour y inaugurer le 20.000 ème logement du Comité Interprofessionnel du Logement, événement local et régional, dans le groupe des 3 Fermes qui se compose de plus de 250 logements dont une quarantaine de maisons individuelles.

Inauguration du 20.000ème logement du Cil de Roubaix-Tourcoing en octobre 1966 (Document Nord-Eclair)

Le remarquable agencement de l’appartement témoin intéresse fortement le ministre et les visiteurs. C’est Mme Robert Delannoy, épouse du président du CIL, et présidente de l’Association pour la Décoration des cités et l’Encouragement aux Arts, qui a assuré la décoration de l’appartement. Elle a fait appel au peintre roubaisien Paul Hemery pour réaliser les 3 belles toiles qui ornent le séjour et la gouache destinée à la chambre d’enfants.

Intérieur de l’appartement témoin (Document Nord-Eclair)

La première tranche du groupe scolaire Longchamp, en 1968, rendu indispensable avec l’arrivée de la nouvelle population familiale (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site) comprend une école primaire mixte avec 10 classes mixtes, une salle polyvalente de 72 m2, un bureau de direction, une cour de récréation de 1.100 m2, un local de détente de 220 m2, un groupe sanitaire pour garçons et un pour filles, un dépôt de 6 m2, un logement de direction et un logement d’adjoint .L’école maternelle comprend quatre salles de classe, une cour de 600 m2, une salle de jeux de 120 m2, une salle de repas de 36 m2, une salle de propreté de 36 m2, un hall d’entrée formant salle d’attente, un logement de direction . Aux deux écoles s’ajoute une cantine de 280 rationnaires et un logement de concierge.

1ère tranche du groupe scolaire (Document Nord-Eclair)

1968 est aussi l’année de construction de la chapelle Saint-André (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site) et de 2 tours de 12 étages, l’une avenue Schweitzer au pied de laquelle s’ouvre un centre commercial indispensable à la nouvelle population du quartier (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site),l’autre non loin de la nouvelle chapelle.

Le centre commercial Longchamp en construction en 1967 puis en 1968 et la chapelle Saint-André en 1969 (Document Nord-Eclair)

Une seconde tranche de travaux s’engage ensuite pour le groupe scolaire Longchamp, sur le même terrain, en 1970, pour la construction d’une seconde école maternelle de 4 classes, ouverte en fin d’année, puis d’une école primaire mixte de 10 classes plus 2 classes de perfectionnement, dont l’ouverture est prévue pour le printemps 1971, ainsi que 2 logements de fonction pour un directeur et une directrice. Il y a également un plateau d’évolution mais pas de salle des sports, une telle salle existant déjà dans l’école Marie Curie des Hauts Champs (sur le sujet voir un précédent article édité sur notre site). Au total 1000 élèves peuvent être accueillis dans le groupe scolaire.

2 ème tranche du groupe scolaire (Document Nord-Eclair)

A l’amorce de la nouvelle décennie, la presse locale annonce un quartier Longchamp totalement achevé pour 1973. A l’été 1970, sont ainsi achevés : 12 immeubles sur les 25 tours et immeubles prévus. Leur achèvement est prévu pour le début de l’années 1973. A ce moment là on pourra parler, sur les territoires de Hem et Lys-lez-Lannoy, d’une véritable ville nouvelle accueillant 4.500 habitants.

Plan du quartier Lonchamp en 1970 avec emplacement des constructions achevées et à venir (Document Nord-Eclair)

Un foyer logement est construit, derrière l’église Saint-André, rue Galilée, sous forme d’un immeuble identique aux autres et haut de 4 étages. Dans ce foyer, qui devrait être terminé pour l’été 1972, il y a 80 appartements, 59 de 33 mètres carrés et les autres de 23 mètres carrés seulement. Une salle de soins, une salle de réunion de 150 places et un véritable restaurant y sont aménagés ce dernier devant également être ouvert aux habitants du quartier.

Construction du futur foyer logement en 1971 (Document Nord-Eclair)

C’est en 1974 que le quartier des Hauts Champs/Longchamp s’enrichit d’une toute nouvelle cheminée, de 53 mètres de haut, au niveau de la chaufferie, située rue Edgar Degas, sur le territoire de Roubaix, à la demande du services des Mines de la Préfecture, après des plaintes formulées par les riverains. Ceux-ci se plaignent, en effet, que l’actuelle cheminée, beaucoup plus petite, dégage, à certaines périodes des « noirons » qui se répandent sur le quartier. Pour éviter toute interruption de chauffage celle-ci fonctionne jusqu’à la mise en service de la nouvelle. La cheminée sera démolie en 1995.

Une nouvelle cheminée à Longchamp en 1974, vues aériennes de 1965 et 1975, et démolition en 1995 (Documents Nord-Eclair, ateliers mémoire et google maps)

Le 21 mars 1972, les municipalités de Roubaix, Hem et Lys-lez-Lannoy décident de la création d’un syndicat inter-communal à vocation unique : l’équipement sportif du quartier des Trois Villes. C’est Mr Desmulliez, député et maire de Lys-lez-Lannoy qui en est le président.

Les 3 maires se mettent également d’accord sur la réalisation d’un premier équipement : une piscine à construire entre la maison médicale et l’école de Longchamp, le long de l’avenue du président Coty. Le modèle de piscine « Plein Ciel » choisi est accepté par le Secrétariat d’ Etat à la jeunesse et au sport.(sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site). L’équipement est construit en 1975.

Construction de la piscine en 1975 (Document Nord-Eclair)

Au milieu des années 1970, Longchamp est un quartier populaire qui abrite des familles nombreuses. Les témoignages recueillis dans le livre « Un temps de passage » font état de convivialité et de solidarité. En 1978, la tour 90 , rue du Dr Schweitzer obtient même le 3 ème prix du concours départemental des villes fleuries dans la catégorie « immeuble collectif ». Puis la délinquance s’installe et les témoins parlent d’insécurité, de drogue, de voitures brûlées et des immeubles du quartier se vident.

Une photo dans le quartier en 1975 et le prix des villes fleuries en 1978 ; vue aérienne de 1976 (Documents Historihem, Nord-Eclair et IGN)

Remerciements à l’association Historihem, la mairie de Hem et Richard Baron et Olivier de Solminihac pour leur ouvrage « Un temps de passage »

A suivre…

Les Hauts-Champs (suite 3)

En effet, une école de police d’une importance considérable est inaugurée en 1993, construite sur un terrain de 6 hectares à l’emplacement des deux anciennes barres, en partie sur Roubaix et Hem. Sa partie circulaire est destinée à accueillir l’administration, l’enseignement et le restaurant tandis que 7 bâtiments sont réservés à l’hébergement du personnel et des élèves. Le terrain, qui s’étend finalement jusqu’à l’avenue Laennec abrite également un stade et une salle des sports et un stand de tir, destinés à l’entraînement des futurs gardiens de la paix. (sur le sujet de l’école de police voir un précédent article édité sur notre site)

L’école de police de Roubaix-Hem, cœur des Hauts-Champs (Documents Nord-Eclair)

La démolition de la grande barre n’a pas miraculeusement transformé le quartier en un coup de baguette magique. Ainsi, un an plus tard, en 1986, le club des jeunes, un bâtiment de 200 mètres carrés appartenant au CIL, est détruit par un incendie, dont l’origine criminelle ne semble faire aucun doute, dans la rue Villemin.

Un incendie criminel détruit le club des jeunes (Document Nord-Eclair)

Puis en 1988, soit 3 ans plus tard, une opération « garages » est décidée par la municipalité dans le quartier, sur deux batteries d’une centaine de garages situés entre les rues Beaujon et Larrey. Il s’agit de faire réhabiliter par des « tucistes » des garages inoccupés et transformés en dépôts d’immondices (voitures hors d’usage, caddies abandonnés, fonds de greniers et déchets de jardin).

Opération garages en 1988 (Document Nord-Eclair)

C’est durant cette même année que commence la démolition des bâtiments dits M58 du mail Dunant. C’est la première étape du nouvel aménagement de l’espace compris entre l’avenue Laennec et les rues Henri Dunant, Ambroise Paré et Dominique Larrey.

Seuls sont épargnés le bâtiment abritant la maison de quartier Dominique Larrey et un bloc situé au coin des rues Dominique Larrey et Ambroise Paré destiné à la réhabilitation en vue d’accueillir une brasserie restaurant. Une salle de spectacle destinée à accueillir 350 personnes va être construite.

Démolition des bâtiments M58 et nouveau mail Dunant en 1992 (Documents Historihem)

Au début du 21ème siècle le quartier des Hauts-Champs a vu s’implanter, en lieu et place d’un immeuble vieillissant, 3 bâtiments : outre la salle culturelle Henri Dunant déjà citée, la maison des associations Nadine Brasiello et la salle d’études Jacques Sockeel. Le mail Dunant est ainsi devenu un cœur de quartier en opérant la jonction entre les logements individuels des Hauts-Champs et les appartements du quartier Longchamp.

La restructuration du site Blaise Pascal est en projet avec construction d’un nouveau gymnase et réhabilitation de l’ancienne salle. Le réaménagement de l’avenue Laennec est également programmé avec aménagement d’une chaussée étudiée pour amener les automobilistes à réduire leur vitesse, matérialisation d’aires de stationnement et de cheminement piétonnier, création de jardins privatifs devant les habitations.

Les Hauts-Champs vus du Ciel en 2001 (Document Voix du Nord)
Photo panoramique du quartier en 2000-2005 (Document IGN)

Un petit centre commercial abritant un supermarché, un salon de coiffure, une boulangerie et une boucherie voit le jour en 2005, au bout de la rue Briet, au coin de la rue Blaise Pascal, juste à côté de la pharmacie de la rue Briet. Ce nouveau commerce de proximité était très attendu par les habitants du quartier, toujours obligés de s’éloigner pour les courses alimentaires, depuis la disparition du supermarché de l’avenue Laennec.

Le nouveau centre commercial en 2005 et 2008 et une vue panoramique du carrefour en 2004 et 2008 (Documents Ville de Hem, IGN et Google Maps)

En 2007, square Berthelot, au carrefour des avenues Laennec et Dunant, les habitations sont murées et destinées à être rasées pour laisser place à la construction de la future Maison de l’Emploi et des Services. Le square accueille également l’UTPAS (Unité Territoriale de Prévention et d’action sociale de Roubaix-Hem) avec ses 64 agents (travailleurs sociaux et médico-sociaux).

Fin du Square Berthelot, Maison de l’Emploi et des services en construction en 2008 et terminée en 2012 ; square Berthelot en face en 2008 et l’Utpas en 2012 (Documents Ville de Hem et Google Maps)

Durant cette même année l’avenue Laennec passe en 2 fois une voie au lieu de 2 fois 2 voies de manière à gagner de la place pour disposer de trottoirs plus large et aménager des parvis devant la salle Diligent et le Pôle, sans oublier les arrêts de bus. Le coeur d’îlot Beaujon-Villemin-Maillot va également se transformer l’année suivante : la cour de 97 garages va s’ouvrir et s’aérer et 18 nouveaux logements vont être construits et 2 nouvelles rues créées.

Aménagement de l’avenue Laennec et projet d’aménagement du cœur d’îlot Beaujon-Villemin-Maillot (Documents Ville de Hem)

En 50 ans d’existence le quartier des Hauts-Champs s’est métamorphosé. Il avait été construit et pensé pour loger un maximum d’habitants rapidement et notamment nombre de ceux qui devaient quitter les quartiers insalubres de Roubaix. Il se composait alors d’un maximum de logements collectifs concentrés sur 2 barres d’immeubles le long de l’avenue Calmette sur Hem et de l’avenue Joseph Dubar sur Roubaix. Mais au fil des décennies il a fallu admettre que revenir aux immeubles collectifs de plus modeste dimension, voire même aux logements individuels assurerait une meilleure qualité de vie aux habitants.

Vue panoramique du quartier en 2023 (Document Google Maps)

Un prochain article traitera du quartier Longchamp ultérieurement. Il en sera de même pour les écoles de ces quartiers.

Remerciements aux archives municipales de Roubaix et à la ville de Hem.

Les Hauts-Champs (suite 2)

La décennie suivante est déterminante pour l’avenir de la cité qui a déjà (ou seulement) vingt ans d’âge. Sa population est très atypique et 50% de ses habitants ont moins de 20 ans et la densité des familles nombreuses et notamment de familles d’immigrés y est supérieure à la moyenne.

La grande barre de face et de dos et vue panoramique en 1975 (Documents Nord-Eclair et Historihem)

Le terrain a été utilisé pour des constructions rentables et manque cruellement d’équipements collectifs. Les logements de la grande barre s’avèrent dépourvus d’attractivité : les caves ne sont pas sûres, les chiens rendent difficiles les conditions de propreté et le chauffage par le sol pose des problèmes sur le plan de la santé.

Bilan de la situation en 1980 : sur 375 logements 70 sont inoccupés de façon permanente ; les autres sont occupés par des locataires désireux de déménager au plus tôt. Le projet de réhabilitation imaginé par les promoteurs s’élève à la somme colossale de 2 milliards de centimes. La municipalité hémoise estime qu’il y aurait peut-être mieux à faire d’une telle somme pour donner un visage plus humain au quartier.

Malpropreté et dégradation des lieux en 1975, en 1983 et en 1984 et l’incendie d’un appartement en 1978 (Document Nord-Eclair)

La structure, alors la plus menacée, c’est le centre social, lequel est pourtant le nœud vital du quartier, avec sa maison familiale, sa salle polyvalente et son club des jeunes. C’est pourtant le lieu de rencontre idéale entre les générations, qui propose une multiplicité d’activités, élément moteur indispensable de la cité.

Par ailleurs on peut citer le terrain de foot, géré par une association de quartier, le terrain d’aventures sur lequel travaillent deux animateurs, Promopop, le club de prévention dépendant de la DDASS, qui emploie quatre éducateurs à plein temps, le récent marché de la rue Dunant tous les jeudis après-midi. On déplore cependant la disparition de la supérette de l’avenue Laennec, en espérant une réouverture prochaine.

Le centre social menacé de disparition (Document Nord-Eclair)

Dans le quartier, même s’il existe ces raisons d’espérer, la tension est au maximum dans les relations humaines. Le chômage crée des ravages (Hem ville dortoir n’offre déjà que 2200 emplois à une population forte de 7890 salariés en 1975), notamment dans les familles immigrées : sur 60 jeunes 3 seulement ont du travail…des bandes se constituent où ces jeunes, au ban de la société, se retrouvent une « famille » d’adoption.

Le résultat est le suivant : gymkanas nocturnes, lampadaires et vitres brisées, « balades »sur les toits des garages ou dans les jardins, musique à tue-tête et bien d’autres désagréments qui pourrissent la vie des habitants du quartier, lesquels ne supportent plus le tapage nocturne et l’insécurité permanente qui sévit dans la cité.

Les jeunes en bande ; ne pas désespérer du bonheur (Document Nord-Eclair)

Au début des années 1980, le quartier est donc « défavorablement renommé ». L’avenue Laennec est devenue l’autoroute des adolescents de Roubaix-Tourcoing qui y trouvent un public pour leurs rodéos automobiles. Par ailleurs les locaux désaffectés du supermarché subit fréquemment des incendies d’origine criminelle tel que celui de l’été 1983 qui dévore les vieux meubles, plafonds et paille d’isolation des murs avant l’arrivée des pompiers sans atteindre la laverie et le débit de tabac voisins.

L’autoroute des adolescents en 1981 et l’incendie du supermarché en 1983 (Documents Nord-Eclair)

C’est l’organisme GIL, sis à Tourcoing, qui en est le propriétaire et qui gère les milliers de logements construits par les HLM et le CIL, et emploie pour ce faire des gardiens d’immeubles, femmes de ménage et hommes d’entretien en grand nombre. Pour se rapprocher des locataires il décide d’ouvrir trois agences décentralisées dans certains quartiers dont celui des Hauts-Champs. L’agence y est ouverte rue Henri Dunant pour gérer toutes les demandes de réparation, mutation, visite de logement, encaissement des loyers, etc.

Agence du GIL à Hem (Document Nord-Eclair)

Par ailleurs un centre municipal d’accueil puis une mission locale sont ouverts, dans la grande barre. La mission locale est en prise directe avec les jeunes auxquels elle propose stages de formation et emplois à l’issue de celle-ci. Elle agit en lien avec tous les organismes déjà existants : centre social, club de prévention et associations locales. Elle coordonne le lancement de deux maisons de quartier dont la première s’ouvre rue Dominique Larrey et contribue à l’ouverture d’une maison des jeunes rue Villemin.

Centre municipal et mission locale dans la grande barre en 1982 (Documents Nord-Eclair)

Finalement, en 1985, la décision est prise de mettre à bas la grande barre et de lancer une vaste campagne de réhabilitation des autres immeubles, au total 529 logements collectifs et 151 logements individuels. Une programmation annuelle des réhabilitations est établie sur une durée de cinq ans et un questionnaire est envoyé aux habitants du quartier. La municipalité va également améliorer les services de la permanence d’accueil d’information et d’orientation. Reste en suspens le devenir de la petite barre : démolition ou réhabilitation.

Programmation annuelle de réhabilitation du quartier sur 5 ans et questionnaire aux habitants (Documents Ville de Hem)

Après l’arrêté de péril pris en décembre 1984, avec injonction au propriétaire, le CIL, de détruire l’immeuble dans les 4 mois à venir, c’est finalement en septembre 1985 que commence la démolition de la grande barre, symbole 25 ans plus tôt de la « cité d’avenir » projetée sur l’ancienne plaine des Hauts-Champs.

La grande barre avant sa démolition (Document Nord-Eclair)

Entretemps, avant que l’immeuble ne soit muré, le vent faisait claquer les portes des logements vidés de leurs occupants et l’immeuble n’abritait plus que des squatters indésirables et des récupérateurs de tuyauterie gratuite, de baignoires à bon marché et de portes à prix cassés. Les riverains, à la fois soulagés et inquiets assistent à la fin d’une époque…

Démolition de la grande barre en septembre 1985 (Documents Ville de Hem et Historihem)

Près de deux ans après cette démolition la petite barre tombe à son tour sous les coups des démolisseurs. Immeuble inoccupé depuis de nombreux mois, sans portes ni fenêtres, c’était devenu un véritable chancre dans le quartier et un danger pour les enfants désireux d’en faire un terrain d’aventures.

Démolition de la petite barre en février 1987 (Document Nord-Eclair)
Vue panoramique des Hauts-Champs en 1990 (Document Nord-Eclair)

Cette fois, entre l’arrêté de péril et la démolition des premières cloisons ne se sont écoulés que 9 jours. La municipalité souhaiterait voir à sa place un lotissement de maisons individuelles dès 1988. Finalement en 1994, après avoir accueilli le village du chantier de l’école de police, c’est un terrain de football en herbe ainsi qu’un terrain de basket en enrobé qui sont destinés à investir les 3.200 mètres carrés sur lesquels étaient bâtie la petite barre, à l’angle des avenue Calmette et Laennec.

Début d’aménagement de terrains de sports en 1994 à son emplacement (Document Nord-Eclair)

A suivre…

Remerciements aux archives municipales de Roubaix et à la ville de Hem.

Les Hauts-Champs (suite 1)

Une association de locataires travaille à régler les problèmes rencontrés et édite même un bulletin d’information comprenant un compte rendu des actions entreprises, informations et conseils judicieux. Outre la question du chauffage sont ainsi cités l’implantation d’un poste téléphonique et la viabilisation des allées ; restent les points négatifs : le bruit à réguler surtout durant la nuit et la propreté à respecter pour le bien-être de tous.

L’association de locataires au travail (Document Nord-Eclair)

En 1962, deux champions sportifs vivent en tout cas dans la « cité d’avenir » à savoir Alain Mille et Roland Melerowicz. Le premier, du haut de ses 16 ans, est un ancien des Hauts-Champs puisqu’il réside Square des Moulins, avec sa famille, depuis plusieurs années. C’est un espoir régional en course à pied. Le second, arrivé dans le quartier depuis seulement un trimestre, à 32 ans, a déjà parcouru l’Europe pour participer à des compétitions de lancer de marteau, dans l’équipe de France d’athlétisme.

Alain Mille (Document Nord-Eclair)

Six ans plus tard, on construit toujours, par tranche, dans ce nouveau quartier des Hauts-Champs, au carrefour des 3 villes, des milliers de logements. Les possibilités d’accueil sont à présent de l’ordre de 4227 logements dont un tiers d’individuels. L’importance des familles qui y logent est en moyenne de 5 personnes et il semble qu’il n’y ait pas assez de logements destinés aux familles nombreuses et que pour chaque famille il manque une pièce par logement.

La grande muraille et le plan du quartier (Documents Nord-Eclair)

Les locataires ont été reçus par la municipalité de Hem pour faire part de leurs doléances parmi lesquelles : des détritus et ferrailles toujours déposés sur des terrains vagues de la cité et leur enlèvement nécessaire en urgence puis de manière régulière, la vaccination des enfants à organiser dans un lieu situé dans le quartier tel que le Centre Social, l’assainissement du bac à sable de la rue du Professeur Nobel, le renivellement de l’allée menant à l’école et, de manière plus générale, la réalisation de l’embellissement du quartier.

Les locataires reçus par la municipalité de Hem en 1967 (Document Nord-Eclair)

Au fils du temps, des commerces viennent s’installer dans le quartier et rompent son isolement, ainsi que l’obligation pour les familles de se rendre sur Roubaix ou d’avoir recours aux marchands ambulants, plus chers. Ainsi, rue Briet, s’installent une cordonnerie puis une droguerie et une pharmacie et rue Pasteur un studio photo puis une entreprise de décoration et un magasin de papeterie (sur ces sujets voir deux précédents articles édités sur notre site).

Mais c’est surtout l’implantation du supermarché SASI, avenue Laennec, en 1963 qui représente une révolution dans ce nouveau quartier. Dans ce magasin, 190 mètres carrés sont consacrés à la vente d’alimentation, produits frais et liquides, et 130 mètres carrés au non-alimentaire. Un stand boucherie de 35 mètres carrés est tenu en concession par Mr Prinsic et un stand de teinturerie, blanchisserie, nettoyage à sec est tenu par les Ets Duhamel. Une caisse d’épargne doit prochainement ouvrir dans ce qui constituera un petit centre commercial.

Le supermarché SASI et la caisse d’Epargne inaugurés en 1963 (Documents Nord-Eclair)

Par la suite, avenue Laennec on trouvera, au n° 227, un magasin qui vend presse, cadeaux, etc et qui a un magasin annexe rue des Ecoles à savoir le magasin Lobry (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site), avec la blanchisserie Duhamel et une agence de la Caisse d’Epargne. On y trouve également un maître tailleur, Angelo, au n°213 et une retoucheuse, Emilienne Baert, au n°70.

Photo du magasin Lobry dans les années 1960 et photo de l’avenue Laennec à cet endroit et du même emplacement au début des années 2000 (Documents collection privée) Publicités d’Angelo et Emilienne Baert (Documents Historihem)

Par la suite la moyenne surface sera remplacée par le supermarché Longchamp « chez Abdou » et la blanchisserie Duhamel deviendra un lavorama dans la seconde partie des années 1970. Celui-ci, ouvert de 7h à 20h, 365 jours par an, comportera des essoreuses et séchoirs individuels et sera géré par le couple Machtelinck, déjà propriétaire d’un établissement sur Roubaix.

Publicité du supermarché en 1980 et du lavorama en 1975 (Documents Nord-Eclair)

La rue Ambroise Paré ne compte aucun commerce et, à la fin des années 60, elle sert trop souvent de « parking sauvage » pour camions. La rue Beaujon quant à elle abrite une entreprise artisanale à savoir les Ets Maurice Locquinier : tous travaux de couverture, zinguerie, terrasse, etc. C’est dans la rue de la Justice, face à l’école des Hauts-Champs que l’on trouve la droguerie Valcke qui sert également de dépôt pour le Lavoir Mon Plaisir.

La rue Ambroise Paré en 1969, publicité Valcke de 1961 et publicité pour les Ets Locquinier en 1966 (Documents Nord-Eclair)

En 1970, un projet d’aménagement voit le jour concernant le vaste terrain toujours en friche situé à l’arrière de la grande barre, avenues Calmette à Hem et Joseph Dubar à Roubaix. Il est décidé d’en faire un terrain de sports, des jardins de repos pour enfants jusqu’à 6 ans et, pour les plus grands, une piste de patins à roulettes, des pistes de pétanque et un terrain de volley-ball. Pourtant ce projet prometteur ne sera pas mené à terme.

Projet d’aménagement du terrain vague situé derrière la grande barre en 1970 et photo panoramique de 1985 (Document Nord-Eclair)

Quant à l’avenue Calmette, les barres d’immeubles collectifs occupent la quasi totalité de sa longueur et elle ne compte alors aucun commerce. Ce n’est qu’au tout début des années 1970 qu’une maison médicale ouvre ses portes, tout au bout de l’avenue, sur le territoire de Roubaix. La maison Médicale Laennec, implantée sur un terrain de 1000 mètres carrés, rassemble quatre médecins associés, un dentiste et un kinésithérapeute, à l’angle de l’avenue du Président Coty.

Au rez-de-chaussée bas du bâtiment on trouve le sas d’entrée, le hall d’entrée, le cabinet du chirurgien-dentiste, les salles de gymnastique, de massage et de rééducation, la salle d’attente et les cabines de déshabillage. Au rez-de-chaussée haut sont rassemblés un hall d’entrée, un accueil et un secrétariat, une salle d’attente, deux bureaux de médecins, une salle de scopie et une salle de soins pour la petite chirurgie et les urgences. Enfin l’étage regroupe une salle d’attente, trois bureaux de médecins ou spécialistes, une salle de scopie et une salle de réunion. (voir sur ce sujet un article précédemment édité sur notre site).

Maison médicale Laennec en 1970 (Documents Nord-Eclair)

Dès 1975, la saleté repoussante des terrains vagues entre les immeubles fait craindre pour la santé et la sécurité des enfants du quartier qui y jouent. A la fin des années 1970, la presse locale titre : Hauts-Champs, des points noirs disparaissent. Il est question de toute une série de travaux destinée à assurer le mieux-être de la population : viabilisation de la chaussée rue Villemin avec quelques places de parking et quelques ilots de verdure, reconquête de terrains vagues, jonchés d’immondices, situés entre deux rues pour y construire des garages (110 entre les rues Beaujon et Larrey, 120 entre les rues Dunant et Nobel, 97 entre les rues Villemin et Beaujon) et des dépendances pour les riverains. Enfin les trop fameux nids de poule de l’avenue Laennec vont disparaître.

Projet pour les terrains vagues en 1975 et HC des points noirs disparaissent en 1978 (Documents Nord-Eclair)

A suivre…

Remerciements aux archives municipales de Roubaix et à la ville de Hem.