La ligne 2 bis, dite de Barbieux

Dans un article de 1902, le journal La Croix de Roubaix-Tourcoing évoque la création de plusieurs nouvelles lignes dont une, numérotée 2bis, est dite « de Roubaix à Barbieux ». Le terminus de celle-ci sera situé devant l’Hospice.

La nouvelle est un peu anticipée, et il faut attendre avril 1905, pour que la compagnie nouvelle des Tramways de Roubaix-Tourcoing obtienne la concession de lignes à établir d’urgence pour satisfaire au cahier des charges. Parmi elles celle qui prend le nom de « ligne de Barbieux » et doit relier le centre et l’avenue des Villas (aujourd’hui la rue Gustave Delory).

Le Journal de Roubaix de Juin 1906 nous présente cette ligne qui empruntera, pour une longueur totale de plus de 1900 mètres, la rue Neuve (du maréchal Foch), le boulevard de Paris, puis la rue de Douai et la rue de Barbieux. La compagnie est autorisée à mettre en service cette ligne qui est inaugurée en mars 1907. Pour pouvoir emprunter cet itinéraire, on a installé un troisième rail dans la rue Neuve à titre provisoire, car la voie, prévue pour les tramways de Lille, est à l’écartement de 1 mètre 44.

En Avril de la même année, le Journal de Roubaix présente les arrêts sur le parcours de la ligne qui, partant de la Grand-Place, sont situés aux carrefours avec la rue de l’Union, la rue du Moulin à l’entrée du boulevard de Paris, la rue Dammartin, le boulevard de Cambrai, l’Hospice de Barbieux et dont le terminus est boulevard Lacordaire devant les réservoirs des eaux.

Les voies s’étendent ensuite dans la rue de Barbieux jusqu’à l’avenue des Villas, et la commission municipale de Tramways préconise en 1909 sa prolongation jusqu’au carrefour avec la rue de Beaumont.

La ligne prend la dénomination A bis en 1911, puis AE en 1925. Elle disparaît en 1930 sous l’indice AB, ainsi que l’indique le quotidien « l’Echo de Roubaix-Tourcoing » qui fait référence à une protestation de la chambre de commerce déplorant cette fermeture.

Mais n’anticipons pas, et suivons la ligne depuis la Grand-place où son terminus est placé face à l’église. Nous voyons au premier plan la double voie qui fait une courbe à 90 degrés pour entrer dans la rue Neuve.

La grand place

La voie se mêle alors à la ligne F des tramways de Lille pour descendre la rue Neuve, aujourd’hui du maréchal Foch. Après détournement de cette dernière ligne, la voie retrouvera ses deux simples rails à l’écartement métrique, qui seront plus tard réutilisés par la ligne du Mongy après l’arrêt au terminus de la Grand-Place. Une première photo, prise depuis le trottoir de la mairie, nous montre le haut de la rue.

Le haut de la rue Neuve

La photo suivante, prise un peu plus loin aux abords de la rue de Lille, nous montre en arrière plan une motrice vestibulée des premières séries.

La ligne arrive alors au lieu-dit « la barque d’or », au croisement des rues de Lille et Neuve, des boulevards Gambetta, de Paris, et de la rue du Moulin. Cet important carrefour Roubaisien a été également le point de rencontre de plusieurs lignes de tramway comme on le constate avec les deux illustrations qui suivent. Sur la première, une motrice se prépare à suivre le boulevard de Paris.

la barque d’or

Le plan suivant nous détaille les lignes concernées.

Notre ligne 2bis suit alors le trottoir de gauche du boulevard en venant du centre ville. Mais, à partir de 1908, le Mongy fait son apparition sur le boulevard. Pour cette ligne de prestige, l’ELRT installe deux voies, l’une descendante et l’autre montante qu’elle place le long des deux trottoirs. Notre ligne ne manque pas d’utiliser ces deux voies qui remplacent avantageusement la simple voie unique dont elle disposait jusque là. La photo suivante nous montre au premier plan une motrice du Mongy, et, tout au fond, une motrice des TRT qui la suit.

Le boulevard de Paris

Sur la photo suivante, nous voyons une motrice 300 de la ligne de Barbieux parvenir en haut du boulevard, et qui se prépare à suivre la courbe à gauche pour pénétrer sur le boulevard de Douai. Le long de l’autre trottoir, la ligne descendante.

La ligne monte donc le boulevard de Douai en suivant le trottoir de droite. Elle va suivre la courbe du trottoir sur la droite devant l’institut des jeunes filles.

Le collège, en face de l’hospice Barbieux

Arrivé à ce carrefour, la ligne dont le terminus a été un moment situé en face sur le boulevard Lacordaire et ses réservoirs, se dirige ensuite vers son nouveau terminus de l’avenue des Villas par la rue de Barbieux. La photo nous montre une motrice qui se dirige vers le centre ville. L’absence de bâtiments à gauche a forcé l’érection de poteaux pour soutenir la ligne aérienne. A droite, la maison de la directrice de l’institut des jeunes filles.

Les documents proviennent des archives municipales et de la médiathèque de Roubaix

La ligne 5 (suite)

Après avoir traversé le canal, nous nous trouvons sur le boulevard Gambetta, à Tourcoing, dans une zone qui a été complètement remaniée de nos jours. Cette zone s’étend jusqu’au delà du double pont de chemin de fer, qui a perdu aujourd’hui une de ses branches. Ce pont supportait des voies formant un triangle à hauteur de la gare des marchandises de l’Union.

Photo IGN 1931

Il ne reste que les culées de l’autre partie. La photo nous montre dans son intégrité la succession des deux ponts.

Les ponts de chemin de fer

Poursuivant notre chemin, nous assistons au croisement de deux motrices, toutes deux des mêmes premières séries, et en état d’origine, au carrefour avec la rue des Carliers, placée dans le prolongement de la rue du Blanc seau. Un habitant à la chaîne de montre avantageuse regarde le photographe. Le bâtiment du tabac qui fait le coin à gauche existe toujours ; c’est maintenant une Pizzeria. Les constructions au premier plan à droite sont toujours là.

Au coin de la rue des Carliers

Un peu plus loin, la ligne passe devant le Lycée Gambetta, ornement du boulevard, dont la façade n’a pas changé aujourd’hui, et dont les mêmes fenêtres sont protégées par les mêmes grilles.

Le Lycée Gambetta

La voie dépasse ensuite l’église du Sacré Coeur, autre ornement du boulevard, qu’elle laisse sur sa gauche. Les maisons à gauche avant l’église n’ont pratiquement pas changé, le bâtiment qui fait l’angle après non plus.

L’église

Encore une centaine de mètres et nous parvenons à l’extrémité du boulevard, à sa rencontre avec la place des Victoires. A cet endroit, la voie rencontre celle du Mongy issue de Lille par le Croisé Laroche, qui vient de traverser le canal sur le pont Hydrauique. Les deux itinéraires se mêlent alors en empruntant la rue Faidherbe. La première photo nous montre une rame TRT qui se dirige vers Roubaix, la suivante une voiture du Mongy en route pour le centre de Tourcoing.

Notre ligne suit donc la rue Faidherbe et, à partir d’ici, tous les bâtiments d’origine ont laissé la place à des constructions récentes. Un arrêt au coin de la rue Thiers, un à la rencontre de la rue Fidèle Dehouck, et la ligne rejoint celle qui suit la rue Carnot par une courbe à gauche.

La première photo montre une rame qui, venant de la place, bifurque pour emprun ter la rue Faidherbe vers Roubaix. La suivante, prise également au carrefour des rues Faidherbe et Carnot, montre une circulation venant de Roubaix vers la place.

La voie suit alors la rue Carnot jusqu’à la place de la République où elle prend à droite pour arriver au faisceau des voies situé près de l’église.

La dernière photo nous montre une motrice de la ligne au terminus devant la kiosque-abri.

Photo Au fil des trams

Les documents présentés sans autre origine proviennent des archives municipales et de la médiathèque de Roubaix

La ligne 5

En 1894, la Compagnie Nouvelle des Tramways de Roubaix-Tourcoing se substitue à la première du nom. Sa naissance est impatiemment attendue par les roubaisiens qui réclamant à cor et à cris des lignes nouvelles pour compléter les existantes. La municipalité, de son côté, fait pression depuis le début des années 80 sur l’ancienne société, régie par un syndic de liquidation, pour obtenir ces lignes et achever le réseau.

En particulier, elle prévoit dans son cahier des charges une ligne numéro 5 dite de Roubaix à Tourcoing par les boulevards et qui, partant de la grand place de Roubaix et passant par la gare, emprunterait les rues de l’Alma, Saint Vincent de Paul, la rue d’Alsace et le boulevard de la République. Longue de près de 2000 mètres à Roubaix, elle se poursuivrait à Tourcoing par le boulevard Gambetta et la rue Faidherbe pour aboutir à la place principale.

Le tracé de la ligne sur un plan de 1919

Une communication du maire au conseil municipal établit qu’ en 1895, la ligne est construite et exploitée. La compagnie pose un second fil aérien par souci de sécuriser l’alimentation venue du dépôt du laboureur vers Roubaix et vers Tourcoing avec l’approbation de la ville. Il s’agit « d’alimenter les lignes du réseau de Tourcoing, en même temps qu’à secourir, en cas d’accident, le fil actuel ». Par ailleurs, la voie est doublée dans l’avenue de la Gare dans un premier temps, puis, progressivement, tout le long de son parcours.

Lors de la modification des appellations en 1905, la ligne prend l’indice E.

Partant du terminus situé devant l’église St Martin grand Place, la ligne emprunte, après une large courbe à droite, la toute nouvelle rue de la gare dont on voit l’entrée au premier plan sur la photo.

La grand place

La voie est toute droite ensuite jusqu’à la gare, suivant l’alignement de la rue.

La rue de la gare

Après avoir remonté cette prestigieuse avenue, et avant de parvenir à la gare, nous rencontrons une bretelle double permettant l’échange entre les voies dans les deux sens, installée là pour faciliter les manœuvres sur la place.

L’arrivée à la place de la gare

La ligne parvient alors à la place de la gare que nous voyons sur la photo suivante, prise vers la grand-place. Il faut à ce moment ignorer la raquette qui permet de faire demi-tour devant la gare, et se diriger à droite (à gauche sur la vue suivante) et emprunter la rue de l’Alma après être passé devant le kiosque central.

Nous allons suivre un instant la rue de l’Alma, partageant les rails avec la ligne 1bis, jusqu’au carrefour avec la rue St Vincent que nous prendrons à gauche pour traverser le pont sur le chemin de fer.

La courbe vers le pont

L’ouvrage traversé, nous nous trouvons sur la place de la Patrie, face à la rue d’Alsace que nous allons emprunter. Au coin sur la gauche, le débit de boissons, tenu en 1906 par monsieur Parsis, a conservé son état jusqu’à récemment, sous l’enseigne de « la Patrie ». Ici encore, la voie est double et en alignement. Les deux motrices qui se croisent sur la photo tractent chacune une remorque.

la place de la Patrie

Après une longue ligne droite, la voie parvient au croisement avec le boulevard d’Armentières et prend en face le boulevard de la république. L’estaminet qui fait le coin à gauche est avant la première guerre sous la férule de monsieur Baillon. C’est aujourd’hui une agence immobilière. Celui de droite, à l’enseigne « aux deux villes », sous celle de monsieur Vandenbroecke. Il abrite aujourd’hui une pharmacie.

La ligne suit le boulevard de la République, toujours en droite ligne vers Tourcoing. Les alignements d’arbres ont disparu de nos jours. Sur ce parcours, le métro a remplacé le tramway, ce qui prouve la pertinence des choix de tracé faits à l’époque.

La ligne poursuit son chemin, toujours en alignement, jusqu’au quai de Dunkerque et le canal, qu’elle franchit sur le pont de la République, construit en 1874, démoli par les allemands en 1918, et reconstruit en 1922. Il sera de nouveau reconstruit lors de la création de la voie rapide qui a profondément modifié les berges du canal.

Le pont de la République. A droite, Tourcoing

La ligne va maintenant pénétrer sur le territoire de Tourcoing.

A suivre…

Les documents proviennent des archives municipales et de la médiathèque de Roubaix.

La ligne 10 ou DI (suite)

Venant du centre ville par la rue du Moulin, la voie prend à gauche un virage à 90 degrés pour suivre la rue Claude Lorrain, partagée pour moitié entre les entreprises textiles et les habitations. Un arrêt facultatif est placé à mi-chemin de la rue au carrefour avec la rue Corot, qui a disparu depuis. Au bas de la rue, le parvis St Jean Baptiste. La ligne prend à droite la rue Nicolas Poussin le long de l’église. A cet endroit figurait un arrêt obligatoire et une voie de garage.

La rue un jour de procession

Passée l’église, la ligne emprunte le boulevard du Cateau pratiquement dans le prolongement de l’édifice religieux. Néanmoins, il faut que la voie parcoure une courbe en S pour gagner le milieu de la chaussée du boulevard.

L’arrêt place du Travail est facultatif. La voie va alors croiser la ligne G venue du boulevard Lacordaire et qui se prolonge boulevard de Lyon. Deux photos illustrent cet endroit, la première, in « Au fil des trams », prise dans le boulevard de Lyon, la suivante sur la place, devant la ferme Cruque, remplacée aujourd’hui par une école (collection D. Labbe).

Le tracé des lignes va se compliquer encore avec la ligne de Hem qui, croise elle aussi la ligne DI comme le montre le plan suivant daté de 1899, surchargé des tracés respectifs des trois lignes évoquées. Les habitants du quartier avaient le choix pour se rendre dans le centre !

Après avoir contourné la place, la ligne emprunte enfin le boulevard de Fourmies où est placé un premier arrêt obligatoire, assorti d’un garage. La photo suivante nous montre une motrice qui longe l’usine Dazin-Motte en suivant l’axe de la chaussée.

L’arrêt facultatif suivant se situe au coin de la rue Carpeaux, à l’endroit où est prise la vue qui nous présente un autre tram à hauteur de l’usine précédemment citée. Le bout du boulevard a toujours été moins animé que la partie suivante !

La voie traverse ensuite la place de l’Avenir en la contournant par le côté sud. A cet endroit a été placé un garage facultatif. Encore quelques mètres et la ligne côtoie la série des immeubles HBM datant des années 30.

Enfin, elle atteint son terminus, près de l’intersection avec l’avenue Motte, anciennement avenue des Villas. La photo nous montre deux voitures de la série 600. Celle du fond, sur la voie en impasse a déjà reçu la nouvelle livrée crème. La plus récente a encore les teintes précédemment choisies, crème et vert soutenu.

Document Au fil des trams

La ligne prend d’abord l’indice I en 1905. Elle est après la première guerre fusionnée avec la ligne D pour prendre l’indice DI. C’est une idée de la compagnie qui désire dans les années 20 reporter les manœuvres aux deux extrémités de la ligne au lieu de les effectuer sur la grand Place. Juste avant la seconde guerre, elle reviendra pour un temps à l’indice D, comme le montre la photo. Elle disparaît en 1953, remplacée par des autobus.

La ligne 10, renommée DI

Le journal de Roubaix annonce en août 1902 la création prochaine de plusieurs nouvelles lignes de tramway, et notamment une ligne numéro 10, dite ligne du Moulin menant à l’extrémité du boulevard de Fourmies à la rencontre de l’avenue de Villas.. Cette ligne devrait emprunter les rues Neuve (du Maréchal Foch), du Moulin, de Beaumont, Claude Lorrain, Nicolas Poussin, le boulevard du Cateau, la place du Travail et le boulevard de Fourmies pour un total de 2450 mètres.

Mais cette annonce est un peu prématurée, car il faudra attendre la convention du 20 avril 1905 qui va concéder à la compagnie une série de lignes nouvelles que celle-ci va se hâter de construire.

Pourtant, la réalisation de la ligne qui nous occupe aujourd’hui reste bloquée par le fait que la voie doit suivre la rue Neuve où est posée la ligne Lille-Roubaix, à l’écartement de 1m44, incompatible avec le choix de la compagnie roubaisienne qui a opté pour une voie métrique. La ligne lilloise devra changer d’itinéraire et emprunter le boulevard Gambetta. En attendant, on envisage à titre provisoire la pose d’un troisième rail qui permettrait l’utilisation de la voie par les deux compagnies. Par ailleurs, les nouvelles motrices qui permettront l’exploitation des nouvelles lignes ne sont pas encore arrivées. La ligne est finalement inaugurée en mars 1907 par une délégation officielle qui parcourt les lignes nouvellement établies à Roubaix et Tourcoing. Elle prendra très vite l’indice I, bien que désignée ligne numéro 10 dans le rapport du maire de 1910. En 1920, elle sera fusionnée avec la ligne D (Roubaix-Mouvaux) et portera désormais l’indice DI. Cette fusion répond à un besoin de la compagnie de reporter les manœuvres aux deux extrémités de la ligne au lieu d’embouteiller la grand Place.

Le terminus se situe devant la mairie et l’on voit sur la photo une voiture quitter la place pour s’engager dans la rue Neuve sur la voie à 3 files de rails rue neuve devant l’ancien Hôtel de Ville, peu avant la construction de l’actuel.

Plus tard, après la fusion avec la ligne D menant à Mouvaux on établira un branchement des voies en triangle entre la rue Neuve, celle du Maréchal Sarrail et la station de la Grand Place située devant l’église. La photo nous illustre ce branchement.

L’illustration suivante nous montre une motrice type 600 de l’ELRT de la fin des années 20 qui s’engage dans la rue Neuve où elle va rencontrer une aiguille de dédoublement de la voie. A cette époque, la voie à l’écartement de 1 mètre 44 de la compagnie lilloise aura disparu, détournée par le boulevard Gambetta et la rue de la Halle.

Le Journal de Roubaix nous détaille en 1907 les arrêts de la ligne. Le premier se situe rue Neuve (du Maréchal Foch), au croisement de la rue de l’Union (de la Poste). C’est un arrêt facultatif. Les voyageurs devaient descendre au milieu de la rue ; heureusement la circulation n’était pas très dense !

L’arrêt suivant est placé au coin du boulevard de Paris, à l’endroit où la voie se dédouble comme on le voit sur la première photo qui suit. Sur la deuxième photo on se rend compte que le dédoublement se poursuit au-delà du boulevard Gambetta, rue du Moulin. Sur la photo, on voit une voiture venant de l’hôpital par la rue de Douai et le boulevard de Paris (ligne de Barbieux) va tourner à gauche pour se rendre à la Grand Place.

Au bas de la rue du Moulin, la voie est unique, comme on le voit sur la photo prise en direction de la place. A droite, l’entrée de la rue des longues Haies, au fond la rue Neuve et le boulevard Gambetta. Le support du fil de contact est alors confié à des poteaux plantés sur le trottoir.

La voie double sera prolongée au fil du temps. La photo suivante, prise dans le sens opposé, nous monte l’aiguillage placé peu avant la courbe de l’usine Motte et Marquette, aujourd’hui remplacée par le garage Renault.

La photo qui suit nous montre la voie, toujours unique, prise un peu plus loin au coin de la rue du Havre, en direction du bas de la rue. La voie est placée dans l’axe de la rue et les poteaux sont à gauche en venant du centre ville. On remarque l’abondance des commerces dans cette zone.

La configuration des voies évolue et un plan de 1933 indiquera une double voie qui se poursuit jusqu’au carrefour avec la rue Ma Campagne, là où est placé le prochain arrêt facultatif.

La photo suivante, prise aux environs de 1908, nous montre ce carrefour qui marque pratiquement la fin de la zone commerçante dans la rue. A gauche, l’estaminet l’Epi d’Or, et à droite, la pharmacie, sous la houlette respectivement de J Boucherie et de H. Delporte, qui officieront jusqu’au milieu des années 30. La quincaillerie Nivesse Carlier aura au 114 un destin plus éphémère : d’autres types de commerces s’y succèderont.

La ligne continue ensuite en voie unique et toujours en rampe, jusqu’au point culminant au carrefour des rues de Hem et Dammartin. La photo suivante, prise dans le sens de la descente, nous montre, au fond, le carrefour avec la rue Ma Campagne. Les enfants ont trouvé un terrain de jeu devant chez le photographe J.Bauchart dont on voit le magasin au 122 sur la gauche.

Le prochain arrêt facultatif est placé au carrefour de la rue Decrême. Ensuite, un garage, arrêt obligatoire en double voie, durant lequel la voiture attend sur une voie, avant de repartir, le croisement de celle qui vient en sens inverse. L’arrêt suivant sera facultatif, placé rue Henri Bossut. que le tram va emprunter après un virage à gauche.

A suivre.

Les documents proviennent de la médiathèque de Roubaix et des archives municipales.

Tramways : la ligne 2 – Wattrelos

La ligne 2, ou ligne B traverse donc le pont du nouveau canal en direction de Wattrelos et la frontière. Quelques dizaines de mètres plus loin, il traverse la place Chaptal où l’attend un kiosque-abri. Ce kiosque sera démoli à la fin des années 50, car prenant trop de place et gênant le stationnement. Il sera remplacé par un plus petit, construit en béton. La photo suivante nous montre les deux abris qui coexistent en 1957, juste avant la disparition du plus ancien.

Photo Nord Eclair

Nous sommes dans le quartier de l’Entrepont et la ligne continue à suivre la grand rue. Cent mètres plus loin, la voie est dédoublée à hauteur de la rue de la Conférence. Le tabac à droite, tenu en 1920 par Alphonse Frankart et en 1939 par L. Liegeois est devenu une maison particulière. A gauche l’estaminet est tenu par M. Vanmaercke en 1920. C’est aujourd’hui le café « l’Escale »

Encore cent cinquante mètres, et la ligne traverse la rue d’Alger. Au coin à gauche la maison de la famille Motte pris sur le terrain de la filature, aujourd’hui occupé par le lycée Jean Rostand. A droite, l’estaminet Dehaene en 1908 et sous la férule de Mademoiselle Duhamel en 1939 offre aujourd’hui des repas rapides à l’enseigne du « P’tit Creux ». L’alignement des maisons qu’on voit à droite n’a pas changé depuis.

La ligne passe enfin devant le dépôt du laboureur au 453, le premier de la compagnie, où les machines produisant l’électricité pour la traction ont remplacé les écuries construites à l’origine. Au fond le pont du chemin de fer du Nord-Est menant à Somain. Celui-ci, démoli en 1918 sera remplacé par un pont à Caisson qui, sur la fin de sa vie, revêtira des noms de champions cyclistes.

Pour arriver à Wattrelos, « il suffit de passer le pont » comme le dit la chanson. Nous voyons sur la photo suivante, à gauche l’atelier de cuirs Plançon-Cognez, situé immédiatement avant la ligne de chemin de fer. Ce bâtiment existe encore de nos jours. A droite le bureau de l’octroi est situé au 392, juste avant le carrefour avec la rue d’Avelghem.

Le pont une fois passé, la ligne emprunte la rue Carnot, dont il a fallu attendre la construction pour prolonger la ligne jusqu’à la place. Elle se limitait, en attendant, au Laboureur. Cette ligne ne tarde pas à rencontrer la rue Faidherbe. On voit sur les photos qu’au début la voie était simple, mais qu’ensuite on l’a dédoublée.

La ligne traverse ensuite la place de la République, puis, suivant la rue Carnot, traverse la ligne du chemin de fer par un passage à niveau placé latéralement. Sur la photo, la passage est encore protégé par une barrière roulante, qui sera ensuite remplacée par une barrière oscillante. Aujourd’hui, plus de rails, ni pour le chemin de fer, ni pour le tramway. Un supermarché s’est installé à droite. A gauche, la maison qui forme le coin n’a pas changé aujourd’hui.

Après quelques centaines de mètres, la ligne parvient ensuite au carrefour avec la rue du Docteur Victor Leplat. Les bâtiments à droite ont été démolis, et remplacés par un immeuble abritant un commerce de voitures. Si la maison formant le coin n’a pas changé, les pavés ont disparu de nos rues.

Peu après, la voie parvient à la grand place. Sur la photo, prise vers Roubaix, on reconnaît la maison du coin, qui est restée identique à elle même aujourd’hui.

C’est sur la place qu’a été installé le kiosque-abri initialement prévu pour la place de la Fosse aux Chênes, mais refusé par les habitants qui ont trouvé qu’il aurait pris trop de place sur le trottoir. A Wattrelos, il voisine avec le kiosque à musique et celui à journaux. La motrice arbore sa belle livrée rouge d’origine.

La voie passe ensuite devant la mairie, remplacée aujourd’hui par une autre plus moderne, et se dirige vers la frontière par les rues Jean Jaurès et Jules Guesde. La motrice que nous voyons est du type 600, décorée aux couleurs vert et crême que l’ELRT avait choisies entre les deux guerres. Au premier plan une bretelle permet aux rames avec remorque de se retourner si une autre rame stationne devant le kiosque.

Arrivée à la frontière, au lieu-dit La Houzarde la ligne a connu différents terminus selon l’époque. Sur la photo suivante, datant de 1953, l’arrêt était situé à gauche au niveau de l’actuel numéro 253. La motrice 616 et sa remorque est cette fois dans leur couleur définitive.

Photo « Au fil des trams »

Dans une situation plus ancienne, à partir de 1909, la ligne a été prolongée jusqu’à la frontière belge et le bureau des douanes françaises, situé près de 20 numéros plus loin. La voie prenait à droite pour gagner un bâtiment partagé avec le bureau de douanes, situé en épi à droite par rapport à la route.

Entre ces deux périodes, c’est à dire dans les années 30, la ligne est prolongée. En 1931, on effectue les travaux de terrassement en vue de cette prolongation à partir de la Houzarde vers Herseaux. La ligne, contournant le poste de douane belge, prend alors à droite puis à gauche par la rue de la Houzarde et se prolonge quasiment jusqu’à la gare d’Herseaux en suivant le côté droit de la rue du petit Audenarde situé en France (la frontière suit l’axe de la chaussée). Sur la photo la voie, passée l’église et toujours sur le territoire français, est toute proche du terminus.

En 1934 on crée une ligne B barré limitée à la place de Wattrelos ce qui explique la bretelle vue plus haut sur la place. Enfin, en 1939, la ligne est limitée au bureau des douanes françaises. Quelques années plus tard, en 1956, la ligne est supprimée et remplacée par des autobus.

Les documents proviennent des archives municipales, et de la médiathèque de Roubaix que nous remercions une fois encore.

Tramways : la ligne 2 – la grand rue

Nous quittons la Grand-Place vers Wattrelos par la ligne 2 qui, à partir de 1900 est coupée en deux et prend, pour la partie qui nous occupe, l’indice B. Nous l’avons vu dans l’article précédent : au lieu d’emprunter la rue de Lannoy, nous effectuons un détour par la rue Pierre Motte, dans laquelle la voie unique voisine avec celles de la ligne F des tramways Lillois.

La photo suivante nous montre une voiture de type 600 aux couleurs de l’ELRT qui quitte la Grand-Place et entre dans la rue Pierre Motte par un virage serré, alors qu’au second plan, une motrice lilloise stationne à son terminus.

La photo suivante nous montre une motrice à hauteur de l’actuel « Celtic ». Dans sa livrée rouge d’origine, elle va dépasser la place des halles. Cette rue est toujours très animée, et plus encore les jours de marché. A cet endroit, la ligne F va tourner à droite dans la rue de la Halle pour se diriger vers la rue de Lille.

La ligne poursuit sa route en ligne droite et en voie unique dans la rue Pierre Motte. La photo nous montre une motrice parvenue à hauteur des bains Roubaisiens. A droite, au 49 l’enseigne d’un éphémère café cinéma Salle Philemon qui disparaît après 1914.

Après avoir suivi la rue Pierre Motte, la ligne 2 fait un virage à 90 degrés pour emprunter le boulevard Gambetta. La photo nous montre une motrice de l’ELRT dans sa livrée verte et crème inaugurée en 1922 qui, débouchant de la rue va négocier le virage vers le boulevard. Elle porte l’indice B.

La photo suivante nous montre une motrice 600 dans sa livrée des années d’après guerre et sa remorque devant l’arrêt doté d’un abri. Celui-ci sera plus tard reconverti plusieurs fois, jusqu’à abriter le syndicat d’initiative.

Quelques mètres plus loin, alors que la ligne 3 prend à droite dans la rue de Lannoy, la ligne 2 prend un nouveau virage à 90 degrés sur la gauche devant le Broutteux pour traverser la place de la Liberté. La courbe est prise au large, ce qui nécessite une contre-courbe pour reprendre l’alignement. On suit le trottoir de gauche, celui côté banque de France sera réservé aux Mongys, non encore présents sur la photo, prise avant 1908 (la motrice visible est dans son état d’origine).

La ligne reprend ensuite la grand rue par une courbe à gauche. On aperçoit sur la photo au premier plan la voie de retour qui mène directement à la Grand-Place, et, plus au fond, la courbe qui ramène sur la Grand rue par un aiguillage les trams à destination de Wattrelos. A gauche la rue Pauvrée.

Une centaine de mètres plus loin, la ligne 1 en direction de Tourcoing quitte notre ligne 2 à l’intersection de la rue du Collège. La courbe est brutale et oblige à décentrer la ligne 2 et rapprocher la voie du trottoir situé devant le magasin Bossu-Cuvelier pour obtenir un rayon de courbure plus large.

Plan des voies 1881

Un peu plus loin la ligne traverse la place Nadaud, où elle est dédoublée devant l’usine Allart qu’on voit à gauche de la photo. Cette usine va faire place dans les années 50 à la cité du Galon d’eau. On remarque l’alignement imparfait des pavés de la place.

Cinquante mètres plus loin, la photo suivante, prise vers le centre de Roubaix nous montre une motrice située sur la place Nadaud et au carrefour avec le boulevard de Strasbourg. A gauche au premier plan les maisons portent les numéros 192 et 190 dans la rue. L’aspect des maisons de la rue n’a pratiquement pas changé aujourd’hui.

Poursuivons notre chemin. Nous arrivons au canal, dont la traversée a donné lieu à la construction de plusieurs ponts successifs. Le premier fut un pont levis de deux mètres 50 de large, dont deux « trottoirs » de 22 centimètres. Il ne fallait pas chausser trop grand ! Il était assorti d’une passerelle pour les piétons. Le second, large de 7 mètres 20 était hydraulique et contre-balancé par quatre poids en facilitant la manœuvre. Sa renommée tient surtout à son inauguration, en septembre 1903. Ce jour là, les officiels, dont le maire Eugène Motte, sont venus de la grand place en tramway pour voir se lever le pont, mais force est de constater que celui-ci refuse tout service : Un tuyau hydraulique est coupé. Les ingénieurs découvriront plus tard que la coupure est due au courant électrique de retour passant par les rails du tramway qui a rongé le tuyau. Ceci n’empêchera pas les fêtes de l’inauguration de battre leur plein !

Ces courants vagabonds dus aux tramways vont entretenir les polémiques entre ingénieurs durant plusieurs années. En attendant, le public se gausse de l’incident et une chansons circule, relayée par le Journal de Roubaix :

Lève l’pont, Ugène,

Lève l’pont,

Y’a qu’ equ’ chos’ qui gêne,

Ugène, Ugène,

Tire d’sus la chaîne

Ugène, Lève l’pont.

Ce malheureux pont sera détruit en 1918 par l’armée allemande en déroute. Il sera remplacé dans les années 20 par celui qu’on connaît aujourd’hui.

Photo Lucien Delvarre

A suivre…

Les documents proviennent des archives municipales, et de la médiathèque de Roubaix que nous remercions une fois encore.

Tramways : la ligne 2 sur la Grand Place de Roubaix

Arrivant de la rue St Georges, sur la Grand Place se présente un faisceau de voies parallèles qui longe l’église et se poursuit par une voie unique dans la grand rue. A l‘époque des tramways hippomobiles, le faisceau comporte trois voies .

Photos Bibliothèque de Lille et B. Thiebaut

L’entrée sur la place se fait de façon à peu près rectiligne. La rue de la Gare n’est pas encore percée à l’ouverture du réseau, mais , dès 1882, c’est chose faite et les voies venant de la gare se mêlent à celles venant de Mouvaux, ce qui va compliquer un peu le plan des voies. Le plan suivant date de 1881, la photo est postérieure à 1909. A cette seconde époque, la voie de la ligne D forme un S pour accéder au faisceau devant l’église.

Par ailleurs, avec l’avènement de la traction électrique en 1895, le nombre de voies de garage augmente devant l’église. On dénombre d’abord 4 voies parallèles, comme le montre la photo suivante, sur laquelle l’abri pour les voyageurs est toujours celui d’origine, construit en 1878.

Mais cette voie unique de la grand rue devient très vite un problème. En effet, cette voie, empruntée par toutes les lignes à destination de Tourcoing, Wattrelos et Lannoy, est saturée. On voit sur la photo suivante la dernière aiguille du faisceau de la grand place et l’amorce de la voie unique de la rue de Lannoy avant 1894.

A partir de 1881, on songe à la dédoubler entre la Grand Place et la place de la Liberté. Mais la rue étroite. On ne peut dédoubler la voie qu’en rétrécissant les trottoirs et le conseil municipal refuse cette solution. On décide finalement, beaucoup plus tard et après bien des discussions, de dévier le trafic au départ par la rue Pierre Motte, et le boulevard Gambetta, le retour à l’itinéraire initial se faisant par la place de la Liberté. En venant de Wattrelos, dans l’autre sens, on emprunte la grand rue jusqu’à la place.

Dans un premier temps, on dévie la ligne pour porter le terminus de l’autre côté du terre-plein central, en face de la mairie. La photo où on voit, à droite, une motrice gagner son terminus, date d’avant 1908.

Puis, vers 1910 le faisceau devant l’église est porté à cinq voies. La voie supplémentaire est alors dévolue au terminus de la ligne D. La séparation en deux de la ligne est déjà un fait : on remarque à gauche une voiture de la ligne B en provenance de Wattrelos et à droite une autre de la ligne D.

Photo « Au fil des trams »

A ce moment et pour éviter d’encombrer la grand rue, la ligne, qui prend alors l’indice B, se poursuit par une courbe à angle droit vers la droite qui va rejoindre la rue Pierre Motte. La photo suivante montre cette courbe, qui longe la double raquette formée par les voies du tramway Lille-Roubaix de la compagnie des Tramways Electriques de Lille et de sa Banlieue, sur laquelle stationne une motrice et sa remorque.

Après la première guerre, la voie sera dédoublée pour servir de terminus à la ligne A (Roubaix-Tourcoing). La photo qui suit nous montre, à droite une motrice de la ligne A à l’arrêt, et, à gauche, une motrice TELB de la ligne F. Vous remarquerez la différence d’écartement des files de rail, 1 mètre 44 pour la ligne F de Lille, 1 mètre pour les lignes de la compagnie de Roubaix-Tourcoing.

C’est cette situation qui va perdurer jusqu’à la fin du Tramway. Les deux photos qui vont suivre, datées de 1953, nous présentent la première une photo aérienne de la place, l’autre une motrice 600 de la compagnie ELRT en stationnement au terminus de la ligne A.

A suivre…

Les documents proviennent de la bibliothèque de Lille, des archives municipales, et de la médiathèque de Roubaix.

Tramways : la ligne 2 entre Tourcoing et la Grand Place de Roubaix

Après avoir traversé une étroite bande du territoire de Tourcoing, la ligne pénètre dans Roubaix en traversant la rue de la Mackellerie. La rue ne change pas de nom en passant d’une ville à l’autre : les plaques portent toujours le nom de rue de Mouvaux. Au carrefour, la dernière maison côté Tourcoing est l’estaminet Decock qu’on voit sur la photo. C’est aujourd’hui une habitation ordinaire.

L’estaminet

En nous tournant côté Roubaix, nous nous trouvons face à l’Octroi, situé avant la première guerre côté pair dans les derniers numéros, puis, à partir de 1914, au 103, qui était avant guerre un estaminet. C’est d’ailleurs toujours un débit de boissons le « Café Inter Villes ».

L’octroi au 103

Avançons un peu. En nous retournant vers Mouvaux, nous voyons les deux emplacements successifs de l’Octroi d’abord à droite, puis au coin à gauche, face à l’estaminet dont nous venons de parler. La ligne à cet endroit forme une voie unique au centre de la chaussée.

La limite entre Roubaix et Tourcoing

Un peu plus loin dans la rue, nous sommes maintenant au niveau de la rue d’Italie dont on découvre le débouché à droite sur la photo suivante. Nous pouvons constater l’animation qui régnait à l’époque dans cette rue. La vue est prise en direction de Mouvaux.

La rue d’Italie à droite

Reculons encore de quelques mètres après une courbe modérée. Nous nous trouvons au niveau de 29 sur le trottoir de gauche et 34 en face. Les bâtiments restent les mêmes aujourd’hui, bien que manquant d’entretien. Les magasins si vivants à l’époque sont de nos jours à l’abandon.

En nous retournant, nous voyons au premier plan l’aiguille d’entrée à un garage, et, au fond, le pont du chemin de fer. A peu près au niveau de la croix nous devinons l’entrée de la rue du Luxembourg. La vue est prise vers Roubaix.

Nous allons passer sous le pont, et quitter la rue de Mouvaux pour celle du Grand Chemin.

Ce pont forme, dans sa première version, une voûte en plein cintre, construite en briques habillant une ossature métallique. Il est étroit et ne permet le passage que de deux voies. En 1903, la compagnie de chemin de fer demande à allonger une voie de manœuvre. Il faut élargir le tablier du pont pour accueillir cette troisième voie. La municipalité demande en contrepartie d’allonger la portée de l’ouvrage de 8 à 12 mètres, pour permettre d’élargir la rue de Mouvaux. L’ouvrage sera détruit par les allemands lors de leur retraite en 1918. Il sera reconstruit, mais sur un modèle différent : sa nouvelle voûte sera en forme d’anse de panier. La photo, prise vers Mouvaux, nous montre le pont d’origine.

Le pont de chemin de fer

La rue de grand Chemin commence ici, au carrefour avec la rue de l’Alma, dont on voit l’amorce à droite sur la photo précédente. C’est à cet endroit également que se séparait de la ligne 2 la ligne 1bis qui se dirigeait vers la gare. Aujourd’hui cette zone a été démolie pour faire place à une zone verte.

Poursuivons vers le centre de Roubaix. Deux cent mètres plus loin nous croisons les rues de l’Epeule et de l’Alouette. les bâtiments formant le coin sur la photo qui suit n’ont pas changé aujourd’hui, l’estaminet qu’on voit à droite est toujours un café. La voie suit une légère courbe, la rue formant un angle au carrefour. La ligne croisait ici la ligne G allant de la gare à l’Hospice Barbieux.

A peu de distance, la voie longe le Palais de Justice, situé au numéro 45, qu’on retrouve à droite sur la photo suivante. C’est un ancien hôtel particulier construit en 1880 pour Pierre Catteau, sur les plans de l’architecte Dupire-Rozan. La voie est dédoublée à cet endroit ; on distingue l’aiguille d’entrée du garage.

Le Palais de Justice

Juste en face du Palais de Justice, au coin de la rue des Champs, la ligne passe devant l’Institut Sévigné, qui offrait enseignements primaire et supérieur. Il sera transformé ensuite en collège, et reconstruit dans les années 90 à quelques mètres de là. (Un article de votre Blog est consacré à cet institut.)

L’institut Sévigné

Encore quelques dizaines de mètres, et la ligne emprunte, à partir du carrefour avec les rues du Bois et de l’Hospice, la courte rue St Georges. Pour cette rue, on peut difficilement faire le parallèle avec les photos actuelles, car la majorité des constructions d’origine ont été démolies et remplacées par des immeubles récents. La photo suivante est prise vers la grand place. A gauche au premier plan la rue de l’Hospice et un estaminet tenu par E.Verhaeghe en 1914.

Avançons encore. Quelques dizaines de mètres plus loin, la ligne côtoie l’institution St Agnès, une « pension de demoiselles », au 47. Le bâtiment, qui avait auparavant abrité l’amicale des Chargeurs de Teintures et Apprêts et le Cercle Sténographique, n’existe plus aujourd’hui. La vue est prise en direction de la Grand Place.

La photo suivante a été prise côté opposé, en regardant Mouvaux, vers milieu de la rue. Le bâtiment à colonnes à peu près au centre de la photo est le numéro 36, l’un des rares à avoir survécu de nos jours. Au fond, l’amorce de la rue du Grand Chemin, que nous venons de quitter.

Poursuivant son périple, le tram débouche finalement sur la Grand Place, par un carrefour qui a beaucoup changé lors du percement de la rue de la Gare, aujourd’hui Avenue Jean Lebas. La voie y forme un large S, d’abord à droite, puis à gauche pour pour se connecter au faisceau de voies de la place.

L’entrée de la rue

A suivre…

Les documents proviennent des archives départementales, des archives municipales, et de la médiathèque de Roubaix.

Tramways : la ligne 2 de Mouvaux à Roubaix

Nous avons vu dans l’article précédent que la ligne a son terminus à Mouvaux tout près de la ligne des TELB (il a été un temps question d’opérer un raccordement à l’époque des tramways à chevaux, quand les écartements étaient les mêmes). Ce terminus est situé non loin de la mairie et dispose de deux voies en cul de sac commandées par un aiguille. Aujourd’hui on trouve à cet endroit des immeubles modernes, la mairie et l’école ont disparu : On a ouvert une rue sur leur emplacement.

La mairie et l’école, au premier plan l’aiguillage du terminus

On voit ci dessous une motrice de type 600 de l’ELRT, construite à la fin des années 20, stationnée au terminus alors que la perche n’a pas encore été tournée pour le voyage de retour. La vue est prise côté opposé à la mairie

Photo Forbes in « Au fil des trams »

Quittons le terminus. En passant devant la mairie, on découvre à droite le commerce portant l’enseigne « Au Progrès », au coin de la rue Carnot, aujourd’hui devenu un commerce de tissus à l’enseigne Sylvie Thiriez

La photo suivante nous montre un peu plus loin la voie à la traversée du boulevard Carnot. Le bâtiment de l’étoile n’a pas changé, de même que celui qui lui fait face de l’autre côté de la rue. Le premier est devenu une banque, le second un cabinet d’immobilier. La photo est prise en direction de Mouvaux.

En se retournant vers Roubaix, on remarque le bâtiment de droite « aux trois suisses qui n’a pas changé aujourd’hui ; c’est devenu également une banque. En face s’est installé un restaurant « Courte Paille ». On reconnaît au centre de l’image l’arrière d’une magnifique Citroën « Trèfle ». Le constructeur les proposait souvent dans la couleur jaune, ce qui semble être le cas ici.

Au carrefour, il fallait également traverser les voies du « Mongy », ce qui se faisait à niveau et provoquait inévitablement des chocs au passage des roues. Le confort devait en souffrir ! La photo suivante nous montre ce double croisement à angle droit. On remarquera à droite le kiosque-abri du Mongy plutôt rudimentaire !

Avançons encore un peu, et retournons nous. La vue, prise en direction du centre de Mouvaux nous montre une voie unique décalée par rapport au centre de la chaussée. La première maison à droite porte aujourd’hui le numéro 137. La palissade que l’on remarque à droite au deuxième plan a cédé la place à un négociant automobile.

Reprenons notre chemin vers Roubaix. Nous sommes quelques mètres plus loin, au coin de la rue des Duriez. La belle maison au numéro 138, aujourd’hui magnifiquement restaurée, abrite de nos jours un cabinet médical. A cet endroit la voie se dédouble pour former un garage. La vue est encore prise en direction du centre de Mouvaux et le tram que nous voyons venir vers nous se dirige vers Roubaix.

Le carrefour avec la rue des Duriez.

Nous n’allons pas tarder à quitter Mouvaux pour pénétrer, à partir de la rue du Congo, dans une étroite excroissance de Tourcoing. La ligne longe le château Vaissier qui occupe l’espace entre la rue du Congo et l’avenue Désiré Six. La vue est prise en direction de Mouvaux ; à cet endroit, la voie est dédoublée et décentrée.

La photo suivante est prise dans la même direction en reculant de quelques mètres vers Roubaix. On y voit le poste d’Octroi situé sur le quai du Blanc Seau et l’aiguille séparant la voie en deux, ce qui permet aux deux motrices de se croiser. La légende de cette photo indique Roubaix par erreur. Elle a été prise aux environs de 1908 puisque la motrice de gauche est vestibulée, c’est à dire que ses plate-formes sont fermées, alors que l’autre est encore dans l’état d’origine.

Mais nous croisons à cet endroit le canal. La photo suivante, prise en reculant encore de quelques pas, nous montre que la voie traversait à l’origine sur un pont mobile étroit au point de ne permettre le passage que d’un tramway. C’était un pont tournant assorti d’une passerelle pour les piétons.. Nous pouvons admirer en gros plan l’une des 50 premières motrice, construite au 19ème siècle. Elle est dans son état d’origine avec ses plate-formes ouvertes. Elle ne possède que deux marche-pieds, un par extrémité, ce qui la place soit dans la série 1à 18 de 1894, soit dans la série 101 à 112 de 1896.

Ce pont fut détruit comme tous les ponts roubaisiens par les troupes allemandes en 1918. On construit après guerre un pont-levis provisoire à quelques mètres de là, ce qui oblige le tram à effectuer un court détour par les quais. On voit ci-après sur la première photo le tracé d’origine de la voie, et sur la deuxième cette même voie qui vire pour emprunter le quai devant l’Octroi.

La photo suivante nous montre ce pont provisoire, situé juste à côté de la rue de Mouvaux, dans l’alignement de la rue du Riez. Les rembardes
sont en bois. Remarquez le coffrage, lui aussi en bois, qui protège la
ligne aérienne des courts-circuits.

La photo qui suit nous montre que, passé le pont, la ligne suit la direction de Roubaix en ligne droite. On voit à l’arrière plan une motrice de type 300 de 1906, dans son état de 1927 après transformation.

Avançons encore un peu jusqu’au carrefour avec le boulevard Descat. Ici se séparent, après avoir partagé les mêmes rails, la ligne D et celle dénommée NP qui retourne vers le centre de Tourcoing par le boulevard. La largeur de la chaussée a permis l’installation de deux voies parallèlles. La motrice fait partie des premières séries, vestibulées en 1908. Les maisons basses au premier plan à droite on aujourd’hui disparu.

Passé le boulevard Descats, la rue de Mouvaux suit une ligne droite jusqu’au carrefour avec la rue de la Mackellerie, où la ligne va quitter Tourcoing pour pénétrer dans Roubaixoù nous suivrons la ligne dans un prochain article.

A suivre…

Les documents proviennent des archives départementales, des archives municipales, de la MEL, des sites municipaux de Mouvaux, de Tourcoing, et de la médiathèque de Roubaix.