Jean-Baptiste Glorieux, aéronaute ( suite )

Les ascensions se déroulent sur tout le territoire national. Une ascension aérostatique est toujours un événement exceptionnel pour le public, c’est un spectacle nouveau et attrayant qui voit accourir de toutes parts, une foule immense. En 1883, Jean Baptiste Glorieux a déjà effectué 320 ascensions, dont quelques unes ont été exécutées avec une hardiesse qui donne le vertige. Depuis son premier vol à Roubaix, on calcule alors qu’il a passé plus de deux mois de sa vie dans les nuages !

document Bernard Thiebaut

Le 22 Juin 1884, Jean-Baptiste Glorieux embarque à bord son ami Zéphirin Disdal et décolle de la place de la République à Lille. Arrivé à l’altitude de 4.000 mètres, Zéphirin saute dans le vide, le corps accroché à son parachute. Quelques minutes plus tard, une prairie lilloise accueille le premier parachutiste du Nord.

document Bernard Thiebaut

Le 14 Juillet 1898, pour notre fête nationale, alors qu’il prend place sur le trapèze, sous la nacelle, il est projeté sur la façade de la maison Rammaert-Jeu ( devenue ensuite la Bibliothèque Municipale ) sur la Grand Place de Roubaix. Le ballon arrive quand même à se dégager et termine son vol à Dottignies.

document archives municipales
document archives municipales

Jean-Baptiste est un homme de petite taille, mais vif, nerveux et intrépide, cachant sous des apparences modestes et simples, des connaissances variées et étendues sur sa passion. Dans la conversation, c’est un charmant et agréable conteur, sans prétention mais laissant toujours sentir le feu sacré de son art.

En 1900, il habite au 13 rue de l’Industrie à Roubaix. Il est père de 4 enfants : Sur la photo ci-dessous, de gauche à droite, Juliette Viane, son épouse, Jean-Baptiste Glorieux, puis les trois filles Rachel, Angèle et Berthe, et le fils George, coiffeur à Bruxelles.

Photo de famille ( document archives municipales )

Le 23 Mars 1905, Jean-Baptiste décède dans son lit, à son domicile, au 21 rue Vauban à Roubaix, à l’âge de 71 ans. Au total il a réalisé pendant ses 40 années d’activité, 635 ascensions toutes plus intrépides les unes que les autres dont certaines faillirent même lui coûter la vie.

Le Conseil municipal décide alors de donner le nom de Jean-Baptiste Glorieux, à une rue de la ville qui relie la rue Saint Antoine à la rue du Collège, aujourd’hui disparue lors de la création de l’avenue des Nations Unies.

JB Glorieux avait un cœur généreux et son concours bénévole était toujours acquis aux œuvres charitables et de bienfaisance. Il a participé à toutes les manifestations organisées par la ville de Roubaix. Il repose au cimetière de Roubaix sous une tombe originale et symbolique, ornée d’un ballon sphérique en miniature s’élançant sous la voûte céleste. Ce monument a pu être érigé le 29 octobre 1905, grâce à une souscription publique.

Cimetière de Roubaix ( document Nord Eclair )

En 1985, pour le 80° anniversaire du décès de Jean-Baptiste Glorieux, la municipalité décide de lui rendre un hommage aérostatique et ce, en deux parties. La première par un lâcher de trois ballons le 15 Septembre au parc de Barbieux, et la deuxième par une exposition en Décembre à la salle Watremez, avec de nombreux documents qui retracent la vie et les exploits de l’aéronaute, dans le contexte de son époque.

Exposition salle Watremez ( document Nord Eclair )
document Nord Eclair

Remerciements à Bernard Thiebaut ainsi qu’aux archives municipales

Jean-Baptiste Glorieux, aéronaute

Jean-Baptiste Glorieux naît à Tournai le 13 Juin 1834. Ses parents, Jean-Baptiste et Angélique Glorieux arrivent à Roubaix dix années plus tard. Leur fils reçoit une instruction élémentaire classique. A 15 ans, il exerce la profession de tisserand puis tourneur et entreprend son Tour de France en qualité de compagnon. Il est très curieux par nature et s’intéresse à plein de choses, il emploie ses loisirs à étudier la mécanique, la physique, la chimie et acquiert un solide bagage scientifique, toujours à la recherche de la perfection. Jean Baptiste adore également le théâtre, il fait partie de la troupe Roïau de Joseph Couvreur.

Théâtre Roïau – Jean-Baptiste Glorieux marqué d’une croix noire ( document collection privée )

Depuis son enfance, Jean-Baptiste est passionné par les ballons et répète toujours : « Si j’avais de l’argent, je ferais un ballon, et je monterais ». Avec quelques camarades, il achète de la toile de calicot et construit son sphérique.

Jean-Baptiste Glorieux ( document Nord Eclair )

Le 15 Août 1861, dans la rue d’Inkermann, ils allument des bottes de paille pour remplacer le gaz, mais malheureusement le ballon ne veut pas décoller ! Jean-Baptiste ne se décourage pas, cet échec galvanise sa volonté. Il recommence alors, fabrique un ballon dans la salle de la Grande Harmonie, l’emmène dans les champs le 12 Septembre 1861, et enfin il décolle et atterrit un peu plus loin à la Broche de Fer. Jean Baptiste est fou de joie et ne pense qu’à repartir. Il réalise une deuxième ascension à Tourcoing avec son ballon « Le Vengeur » qu’il monte sans nacelle, assis sur une planche de bois, ce qui fait frémir les foules quand il se balance sous le ballon. Il rejoint le plancher des vaches à Wasquehal. Cette deuxième ascension marque le début de ses succès, il devient alors très connu et fait partie des aéronautes les plus remarquables de la région. Ses premiers succès le motive encore davantage. Dans sa maison de la rue Decrême, il produit d’innombrables ballons : l’Hercule, le Titan, l’Eclair, le Zephyr et le Jupiter.

document Bernard Thiebaut

Dans les années 1860, Jean Baptiste multiplie les ascensions toujours couronnées d’un plein succès. Il est acrobate et talentueux, avec son sang-froid habituel, il exécute régulièrement des exercices de gymnastique périlleux, sur un trapèze placé sous la nacelle.

document Bernard Thiebaut

Les ascensions sont nombreuses dans toutes les villes de la région et même en Belgique. En Septembre 1868, à Tournai, Jean Baptiste annonce un vol en ballon avec largage d’un parachutiste ! La foule se presse sur la place Verte, pour assister à cet événement. Jean Baptiste est accompagné, cette fois-ci de son frère qui occupe une place sous la nacelle. Lorsque le ballon arrive à la hauteur de 600 mètres, sur la plaine St Martin, Jean Baptiste coupe la corde qui relie son frère. Il tombe rapidement d’une vingtaine de mètres, et le parachute s’ouvre. Les deux frères sont ovationnés pour cette action unique et courageuse. Cette démonstration exceptionnelle permet à Jean-Baptiste d’être applaudi par le public à chaque prouesse.

Il pousse parfois l’audace jusqu’à tirer un feu d’artifice depuis son ballon. Il effectue aussi parfois des ascensions, monté à califourchon sur un baudet, ce qui lui permet d’inscrire sur son papier à lettres : « ascensions équestres » !

document Bernard Thiebaut

Les ascensions se multiplient de plus en plus, et les aventures aussi. Lors d’une démonstration à Nantes, à bord du « Zodiaque », il s’aperçoit tout à coup, que son ballon va se poser sur une voie ferrée, alors qu’un train arrive à grande vitesse. Il a juste le temps de lâcher du lest, pour reprendre un peu de hauteur et échapper à une catastrophe, mais le ballon va s’accrocher au sommet d’un arbre, d’où il faut aller le retirer de sa fâcheuse position. Quelques années plus tard, Jean-Baptiste Glorieux part de Lille avec son « Jupiter » qui jauge 500 mètres cube, et se retrouve à une heure du matin au dessus de la Manche. Il lutte pour essayer de maintenir l’altitude nécessaire, mais se retrouve en difficulté et amerrit au large. Fort heureusement, un navire « Le Brighton » qui assure la liaison Newheaven-Dieppe passe à proximité. Le capitaine du navire aperçoit le ballon qui se trouve à une distance de 4 miles et fait descendre une chaloupe pour lui porter secours. Les hommes arrivent juste à temps, car la nacelle est déjà submergée. Jean-Baptiste est sauvé.

document Journal de Roubaix

Mais la plupart des ascensions se passent bien, sans problème particulier, et les quelques incidents relatés ne ralentissent en rien la volonté de l’aéronaute de continuer d’exercer sa passion. Sa gloire grandit à la mesure de son audace.

JB Glorieux au dessus de la nacelle ( document bnr )

à suivre . . .

Remerciements à Bernard Thiebaut ainsi qu’aux archives municipales.

Boulangerie De Meyer

Eleuthère De Meyer est né en 1897. Il est ouvrier agricole à Blandain en Belgique. Ambitieux, il souhaite absolument ouvrir son commerce. Eleuthère et son épouse, Julia Desprets, décident alors de reprendre la boulangerie de L. Vandenberghe située au 312 de la rue de Lannoy à Roubaix. Ils n’ont que peu d’expérience dans le domaine de la boulangerie, ils apprennent donc sur le tas la fabrication des produits. Ils ouvrent leur commerce, la boulangerie « De Meyer.Desprets » en 1922.

Eleuthère De Meyer tient son cheval devant la façade de la boulangerie dans les années 1920 ( document famille De Meyer )

Leur local est très vaste. A gauche de la façade se trouve une porte cochère qui longe l’étroit magasin. Derrière celui-ci se trouve l’habitation, puis l’atelier boulangerie, le four à pain. Au fond se situent l’écurie et le jardin et de l’autre côté un local qui donne sur la rue Massillon.

plan du commerce ( documents archives municipales )

Eleuthère et Julia apprennent rapidement leur métier, fabriquent du pain d’excellente qualité, et proposent à la clientèle la livraison de leurs produits à domicile. Sur la photo ci-dessous, on distingue Eleuthère avec sa casquette, son épouse Julia en tablier blanc et leurs deux filles Andrée et Renée, et à gauche, une amie.

document famille De Meyer années 1930

Après la seconde Guerre Mondiale, à la demande des clients, Eleuthère et l’un de ses trois fils, Gérard né en 1930, commencent à produire un peu de pâtisserie et se spécialisent en desserts à base de crème chantilly.

Buvard publicitaire fin des années 1950 ( document collection privée )

Julia décède au milieu des années 1940. Eleuthère se remarie quelques temps après avec Jeanne Leclercq. La boulangerie devient ainsi « De Meyer Leclercq ».

Publicité De Meyer Leclercq ( document Nord Eclair )

Gérard travaille dans l’entreprise familiale en tant qu’apprenti boulanger. Afin de développer le rayon pâtisserie encore balbutiant, il part à Bruxelles dans les années 1950, pour parfaire sa formation et devenir chef pâtissier. A son retour, son diplôme en poche, il crée un rayon pâtisserie exceptionnel qui développe fortement l’activité du commerce. Gérard et son épouse Jacqueline créent également une activité de glacier et confiseur ainsi qu’un rayon dragées.

document famille De Meyer
document famille De Meyer

Toujours à l’affût de bons coups publicitaires, le couple décide d’organiser, en 1965, une tombola : « Le quart d’heure de la Chance » afin de pouvoir offrir de nombreux cadeaux à la clientèle. Sur la photo ci-dessous, se trouve au centre, Jacqueline avec ses lunettes teintées, et devant elle, sa fille Julietta, entourées de nombreux clients.

Document Nord Eclair 1965

En 1965, Géry leur fils, vient aider ses parents à l’atelier. Les affaires continuent de se développer fortement. Gérard De Meyer est considéré comme un professionnel compétent par ses clients. La pâtisserie n’a plus de secrets pour lui. Il crée des pièces montées gigantesques pour les communions, des gâteaux appétissants comme son « Sourire de Mai » : une spécialité maison composée de génoise, fraises et sa superbe crème chantilly. Il produit des coquilles de Noël de grande qualité gustative mais également des petites coquilles en quantité importante pour les écoles primaires du quartier, sans oublier les délicieux chaussons aux pommes. La braderie de la rue de Lannoy au mois de Septembre est toujours un événement très attendu par les commerçants. Lors de cette journée, Julietta, la plus jeune des 3 enfants, se déguise en chef pâtissier et toque sur la tête, déambule dans la braderie face au magasin, avec son sachet de chaussons aux pommes, qu’elle propose à la vente aux « bradeux » avec un grand succès.

Gérard De Meyer ( document famille De Meyer )

Les affaires se développent, mais le magasin reste petit et étroit, le manque de place se fait alors cruellement sentir. Il faut songer à agrandir le point de vente. En 1977, Gérard et Jacqueline déposent un projet d’agrandissement du commerce en supprimant la porte cochère. Le projet est confié à l’entreprise Décora de Lambersart.

la façade avant travaux en 1973 ( document famille De Meyer )
le projet ( document archives municipales )
la façade en 1977 ( document famille De Meyer )

Le résultat est remarquable, l’espace est beaucoup plus grand, les produits sont bien mis en valeur dans des présentoirs vitrés, la lumière est agréable, c’est parfait. Un pot de l’amitié est offert à la clientèle en Octobre 1977.

document Nord Eclair

Au début des années 1990, Gérard a 60 ans ; il prend sa retraite et aucun des 3 enfants, Géry, Sabrina et Julietta ne reprend l’affaire. Le commerce est cédé à J.P Lalart qui continue l’activité durant quelques années.

Publicité 1993 ( document Nord Eclair )

Le commerce est ensuite repris par Magali Caron et Dimitri Guilbert en 2005 et ferme en 2011

Le commerce en 2008 ( document Google Maps )

Remerciements aux membres de la famille De Meyer ainsi qu’aux archives municipales.

La Maison du Tablier

Au début des années 1930, Suzanne Bossut reprend le commerce de ses parents. C’est une lingerie, située au 72 rue de Lannoy à Roubaix, une des deux plus grandes artères commerçantes de la ville. Suzanne est mariée depuis 1924, avec Albert Carette, négociant en tissus. Ils habitent ensemble au 294 de la rue de Lannoy.

Albert et Suzanne en 1926 ( document E. De Rycker )

Suzanne est douée pour la couture et la création de vêtements. Rapidement elle se spécialise, en fabriquant elle-même des tabliers. Son commerce prend alors l’enseigne « La Maison du Tablier ». Elle propose à la clientèle des tissus qu’elle négocie auprès des nombreux fournisseurs roubaisiens, et fabrique sur mesure toutes sortes de tabliers, pare-poussières, et même des peignoirs. Suzanne travaille seule dans son échoppe, coupe les tissus, les assemble et les coud sur sa machine à coudre.

La vitrine du 72 rue de Lannoy ( document E. De Rycker )

La clientèle féminine est ravie, car la proposition de Suzanne lui permet d’acquérir des vêtements personnalisés et uniques. Les affaires fonctionnent très correctement. Suzanne profite de quelques occasions, comme la braderie de la rue de Lannoy, pour communiquer par de la publicité dans la presse locale ou par la distribution de buvards publicitaires.

Publicité ( document Nord Eclair )
Buvard ( document E. De Rycker )

Suzanne et Albert habitent sur place, au 72 de la rue de Lannoy. Le commerce n’est pas très grand, la machine à coudre est placée dans l’arrière boutique. Au fond se trouve une cuisine et à l’étage la salle principale et les chambres. Suzanne, lors de ses rares moments de détente, confectionne des tabliers pour les poupées de ses petits enfants

Tablier de poupée ( document E. De Rycker )

En 1960, Suzanne prend sa retraite et sa fille Suzette reprend le magasin mais ferme peu de temps après. Le commerce ne sera pas cédé, car le projet de la mairie, dans le cadre de la rénovation urbaine du quartier, prévoit de raser toute cette partie de la rue de Lannoy. René Violette la chemiserie voisine au 70 de la rue, loue alors la vitrine pour y présenter ses chemises durant quelques temps.

Vitrine Violette ( document archives municipales )

Tous les commerces de la rue de Lannoy situés entre le boulevard Gambetta et le boulevard de Belfort sont rasés en 1965.

Remerciements à Evelyne De Rycker Carette ainsi qu’aux archives municipales

Cinéma Florimond – Roxy

Au début des années 1900, Florimond Verleyen tient un estaminet situé au 58-60 rue Bernard à Roubaix, à l’angle de la rue Magenta, dans le quartier des Longues Haies.

Plan du quartier
Document Nord Eclair

Son établissement est assez vaste, ce qui lui permet de le transformer en salle de danse. Il songe sérieusement à développer son commerce, et demande alors l’autorisation d’exploiter un cinématographe. Son estaminet-dancing prend l’enseigne « Cinéma Florimond » vers 1911. Autour de la grande salle, sur trois côtés, un large balcon sert de promenoir et permet aux clients de regarder les danseurs ou les séances de cinéma.

Document Nord Eclair

Au fond de la salle, se situe un orgue accompagnateur qui diffuse de la musique lors des projections de films muets.

Document Nord Eclair

Florimond Verleyen modifie les lieux et crée deux salles :la salle Numéro 1 pour la clientèle populaire de la rue des Longues Haies et la salle Numéro 2 fréquentée par les commerçants de la rue de Lannoy.

Document Les Cinémas de Roubaix

Après la guerre 1914-18, Charles Pacome, un Lillois, rachète l’établissement en 1919, et redémarre l’activité du cinéma en organisant des projections au profit des orphelins de guerre. Charles est un ancien champion en haltérophilie, il transforme une des salles en dancing et en salle de boxe. Pour faire face parfois, à des bagarres entre les durs du quartier, il est obligé de recruter un « gros bras » comme gardien de salle pour régler parfois les différents. Le célèbre boxeur roubaisien Mamadou et son « Boxing club colonial » viennent s’entraîner régulièrement et organisent des combats. En 1922, l’entreprise est cédée à Mr Duthoit, propriétaire du Liliana et en 1931 à la société Roxy qui effectue des travaux pour ravalement de façade. L’établissement change d’enseigne et devient le cinéma Roxy. En 1943, l’autorisation d’exploitation est de nouveau accordée et à la libération l’établissement peut reprendre son activité. La salle Numéro 1 est réservée au cinéma et peut accueillir jusqu’à 750 spectateurs, la salle Numéro 2 sert pour les bals, les jeux et la boxe. En 1957, le Boxing Club de Wattrelos y organise encore des matchs. Mais en 1960, la municipalité décide de la réorganisation du quartier des Longues Haies. Tout le quartier est rasé, et le dernier film projeté au Roxy est un western : « La Reine de la prairie ».

Document Nord Eclair et Les Cinémas de Roubaix

La démolition débute en Octobre 1962 par les Ets Maillet 95 rue du Hutin. La rénovation et reconstruction complète de cet ancien quartier des Longues Haies démarre et va durer quelques années.

Remerciements aux archives municipales, ainsi qu’à P.Waret et A.Chopin pour leur livre « Les Cinémas de Roubaix ».

Les magasins L. Lagache ( suite )

En 1972, l’entreprise Lagache continue son expansion. Elle reprend les n° 226 et 228 de la même rue. Des travaux d’aménagement de façade sont réalisés de façon à ce que les 226 et 226 soient réunis en un seul magasin de 210 m2.

Le 226 228 rue de Lannoy ( document archives municipales )

Les meubles  »contemporains » haut de gamme sont présentés dans ce point de vente du 226-228. Le 1° étage est également aménagé», ce qui permet de doubler la surface de vente. L’entreprise Lagache est alors adhérent à « Europe Meubles » en 1973.

Publicité 1973 ( document Nord Eclair )

Cette même année 1973, L. Lagache ouvre un point de vente supplémentaire au 197 de la rue de Lannoy. Tous les articles d’électro ménager y sont présentés , de façon à libérer de la place pour l’exposition de meubles  »traditionnels » au 183-185.

En 1974, ce sont donc 5 magasins de meubles et d’électroménager qui font partie de l’entreprise L. Lagache. Ils sont tous situés dans la rue de Lannoy : au 183, 185, 226, 228 et 197.

Publicité 1974 ( document Nord Eclair )

Lucette recrute sa petite fille, Cécile ( 4° génération Lagache ) et fille de Jean-Luc, pour des tâches administratives au départ, puis lui confie des responsabilités commerciales. L’entreprise fonctionne alors à plein régime. La réussite a toujours été au rendez vous depuis une vingtaine d’années. Lucien et Lucette songent sérieusement à regrouper tous ces points de vente de la rue de Lannoy. Ils sont ambitieux et confiants. Pourquoi, par exemple, ne pas ouvrir un supermarché de meubles et d’électro-ménager d’environ 2.000 m2 dans une zone commerciale, en périphérie de la ville ? En 1978, le couple est informé que la clinique Descarpentries de 2.500 m2, située au 75 boulevard de la République, est à vendre.

document collection privée

Lucien et Lucette visitent l’ancienne clinique et tombent sous le charme de cet immense bâtiment. La vente est signée. Le coût de l’opération est assez vertigineux : les magasins Lagache ( fonds de commerce et stocks ) seront vendus pour financer l’acquisition.

Lucien et Lucette Lagache devant la clinique Descarpentries ( document Nord Eclair )

D’importants travaux d’aménagement sont évidemment nécessaires, ils seront réalisés en grande partie par le personnel des magasins. Le concept est intéressant et original. L’idée est de proposer des meubles de très haut de gamme, de grande qualité et de finition parfaite à la clientèle, en conservant l’architecture et l’agencement intérieur. Lucette Lagache passionnée de décoration, veut que chaque meuble soit présenté un peu « comme chez soi ». Les chambres de la clinique deviennent des salons, des salles de séjour ou des cuisines. Il est nécessaire que le meuble soit présenté dans une ambiance adéquate, comme par exemple un meuble Louis XV dans une pièce de couleur vieux rose, un style Empire dans un décor vert. Le nom choisi est « La Châtellenie ».

document Nord Eclair

Lucien dirige les travaux sont réalisés en 1981 : rénovation de la façade et peintures intérieures. L’emplacement des deux maisons situées au 71 et 73 du Boulevard, qui avaient été rasées, devient le parking clients pour le magasin. Une mini cafétéria sera créée prochainement.

Publicité 1981 ( document Nord Eclair )

Le démarrage est difficile : retard dans les travaux, manque de trésorerie, peu de rotation des stocks, tracasseries administratives etc Lucien perd peu à peu tous ses anciens clients de la rue de Lannoy, car la gamme de produits haut de gamme ne leur convient pas. Lucien se démène pour s’en sortir. Il trouve un accord avec son ami Henri Deconinck, directeur du Fresnoy tout proche, pour exposer et solder les meubles provenant des anciens magasins et depôts L. Lagache. Mais cette vente qui devait durer deux semaines, ne peut malheureusement pas se réaliser pour des raisons administratives.

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Deux ans plus tard «La Châtellenie» dépose le bilan. En 1986, celui-ci est assorti d’un concordat en vue de l’apurement des dettes. En 2001, le bâtiment est vendu aux enchères. S’en suit alors un imbroglio juridique sur les actes de propriété du bâtiment, qui va durer quelques années, Lucien et Lucette continuent à se battre. Ils ouvrent alors une agence immobilière pour essayer d’éponger les dettes, puis quittent la région pour le Lubéron.

Agence immobilière ( document JL Lagache )

A leur retour à Roubaix, Lucette transforme le bâtiment vide en location de bureaux, avec succès. Jean Luc, le fils, continue seul à gérer l’agence, il devient un peu plus tard agent immobilier à Lannoy.

Les magasins Lagache de la rue de Lannoy ont tous été cédés entre 1978 et 1980 ; les 183-185 aux Ets Caron ( cheminées Philippe ), le 176 à la quincaillerie Gamin, le 226 228 à « Sud-Ouest à Roubaix », le 197 à l’armurier Derly. Il ne reste rien des anciens points de vente.

Le magasin du 183-185 fermé en 1978 ( document JL. Lagache )

Lucien bouleversé par les tracasseries, les constats d’huissier, les saisies, fait plusieurs infarctus, et décède en 2015. Lucette continue à se battre seule, fait appel à de nombreux avocats pour défendre sa cause mais sans succès. Elle décède en 2021.

Leur fils, Jean-Luc Lagache se souvient : Mon père était un homme simple, il a fait un métier qu’il adorait ; la vente bien sûr, mais surtout le contact humain, il considérait ses clients comme des amis, des gens qu’il respectait.

Remerciements à Jean-Luc Lagache, ainsi qu’aux archives municipales

Les magasins L. Lagache

Lucien Lagache est électricien, dans les années 1950, il habite rue Marceau dans le quartier du Pile à Roubaix, avec son épouse Lucette, secrétaire dans une entreprise textile roubaisienne. Pour arrondir les fins de mois, le couple vend quelques produits électriques ( piles, lampes de poche, radio-transistor etc ) exposés et présentés à la fenêtre de leur petite habitation. Cette activité se développe fort bien, car Lucien a le sens du commerce. Le succès aidant, Lucien et Lucette songent sérieusement à ouvrir leur commerce et souhaitent trouver un magasin situé dans une rue commerçante. L’occasion se présente en 1959, lorsqu’ils trouvent leur local au 183 rue de Lannoy. C’était auparavant le commerce de jouets de Mme Choquet. Lucien entreprend quelques travaux d’aménagement nécessaires et peut enfin ouvrir son point de vente. Il garde la confiance de ses fournisseurs, puisqu’il est dépositaire des produits Grammont, célèbre marque française de téléviseurs. Le succès est immédiat, car tous les anciens clients du quartier du Pile continuent de lui accorder leur confiance.

Publicité 1959 ( document Nord Eclair )

Leur fidèle fournisseur Grammont est d’ailleurs heureux d’amener une partie de l’équipe cycliste Libéria-Grammont, au magasin du 183 rue de Lannoy, lors du Paris Roubaix 1960.

Lucette et Lucien Lagache au centre, entourés des coureurs cyclistes de Liberia Grammont, et de quelques clients ( document JL Lagache )

En 1961, Lucien et Lucette Lagache obtiennent le statut de dépositaire exclusif des produits Brandt sur la ville de Roubaix et environs. C’est encore l’occasion de développer leur affaire. Le couple embauche du personnel ; vendeur, livreur, technicien SAV.

Publicité 1961 ( document Nord Eclair )

Un an plus tard, le couple Lagache décide de proposer à la clientèle, des meubles de qualité et de tous styles ( salles à manger, salons, cuisines, chambres à coucher etc ). La surface de vente de leur magasin de 385 m2 est certes importante, mais le manque de place commence à se faire sentir. Lucien propose alors à ses clients la vente sur catalogue, et même de les emmener dans son véhicule, chez un fournisseur à Lille, afin de pouvoir conclure la vente. Il accorde des facilités de paiement à ses clients fidèles, propose des ventes à crédit en 3 ou 4 fois, et lorsque la dernière traite arrive, il leur rend visite pour leur proposer d’autres produits.

Publicité 1963 ( document Nord Eclair )
Le 183 rue de Lannoy ( document JL Lagache )

Le développement des produits proposés, c’est encore l’occasion de communiquer par voie de presse. Leur slogan publicitaire en cette année 1965  : Un seul nom pour toute votre maison.

Publicité 1965 ( document Nord Eclair )

Lucien et Lucette Lagache sont des commerçants dynamiques. Ils font venir la caravane Grammont à Roubaix, composée d’un car-podium et de 6 voitures publicitaires qui circulent dans toute la ville, distribuant des catalogues, et provoquant partout de l’intérêt et de la curiosité, légitimes bien entendu.

Caravane Grammont – Publicité 1966 ( document Nord Eclair )

L’entreprise fonctionne à plein régime et, pour le stockage des meubles, ils louent des entrepôts dans les rues A. de Musset, Victor Hugo et La Fontaine. Ils ouvrent, en 1967, au 176 rue de Lannoy, un magasin de Camping-Caravaning. C’était auparavant une droguerie. Les vastes locaux couvrant une surface de 400 m2, permettent d’exposer de façon permanente, ce qui se fait de mieux dans ce domaine du camping-caravaning. Des marques très connues sont ainsi proposées ; les caravanes « Baillou », « Le Cardinal », les tentes « Messager ».

Publicité 1967 ( document Nord Eclair )

Le succès de ce commerce de Camping-Caravaning étant mitigé, le couple Lagache décide très vite de cesser cette activité et de créer un magasin de bricolage à enseigne « Multi-Service ». Il finance le magasin et les stocks et propose la gestion de ce commerce, au frère de Lucette, Roger Delemarre.

Multi Service – Publicité 1968 ( document Nord Eclair )

Au début des années 1970, ils ouvrent un autre point de vente au 138 de la rue de Lannoy ( sur la place de l’église Sainte Elisabeth ) pour y proposer des articles d’électro-ménager. C’est l’occasion de publier une publicité commune aux 3 magasins.

Publicité commune ( document Nord Eclair )

Lucien et Lucette Lagache continuent de développer leur entreprise, ils reprennent également la maison voisine du premier magasin, au 185 de la rue de Lannoy, autrefois occupée par la librairie de Mme Vve Vergote, et ceci dans le but d’agrandir l’établissement. Ils organisent alors, une vente avec des remises de 30% sur tout le magasin, pour liquider les stocks avant travaux.

Le 183 et 185 de la rue de Lannoy avant travaux ( document Nord Eclair )

Les travaux d’agencement sont confiés à l’entreprise Delcour de Wasquehal, la surface de vente totale est désormais de 570 m2. Le premier étage du 185 leur permet également d’y emménager avec leur petite famille.

La façade avant et après ( document archives municipales )

Pour faire face à leur expansion, Lucien et Lucette recrutent à tour de bras : une secrétaire, 2 vendeurs, 2 à 3 livreurs, 4 à 5 techniciens SAV qui disposent de véhicules publicitaires pour leurs déplacements. Leur fils, Jean-Luc Lagache, est recruté comme commercial puis vient aider ses parents en s’occupant de la gestion du personnel et des achats. Lucien continue son activité de vendeur, Lucette s’occupe de l’agencement, de la déco des magasins, de la publicité de l’administratif et de la comptabilité. Une quinzaine de personnes y travaillent à présent en permanence.

Les véhicules ( document JL Lagache )

à suivre . . .

Remerciements à Jean-Luc Lagache, ainsi qu’aux archives municipales

Symphonie

Alfred Gabriel naît en 1920 à Roubaix. Passionné de musique, il poursuit ses études et devient facteur de piano, c’est à dire qu’il construit, répare et entretient tout type de piano. Son travail concerne toutes les parties de l’instrument, structure, mécanique et meuble. Après la seconde guerre mondiale, il installe son atelier dans un tout petit local, au 145 de la rue Jules Guesde, à l’enseigne « Symphonie », avec l’aide de son père Léon Gabriel.

le 145 rue Jules Guesde de nos jours

Dans les années 1950, les affaires s’avèrent un peu difficiles. Alfred décide donc, pour compléter ses revenus, de proposer à la clientèle, la vente de disques microsillon Pathé Marconi, en 33t et 45t, ainsi que des électrophones et tourne-disques.

Publicité 1956 ( document collection privée )

Cette activité complémentaire lui convient parfaitement, mais le manque de place se fait cruellement sentir. Ambitieux, Alfred cherche à trouver un local plus spacieux, dans une rue plus commerçante, afin de pouvoir se développer. Il trouve un local de 84 m2, au 115 rue de Lannoy, à l’angle de la place de l’église Sainte-Elisabeth, en 1958.

Plan Cadastral

C’était auparavant l’estaminet de Jules Ducoulombier dans les années 1920-1930, puis de Mr Dannequin dans les années 1940-1950.

Estaminet de Jules Ducoulombier années 1920 ( document archives municipales )

Par l’entreprise de Désiré Delfosse rue de la Potennerie, il fait transformer complètement la façade, et fait aménager une entrée de garage.

Modification de la façade en 1958 ( document archives municipales )

D’un local délaissé, il crée un commerce confortable et pimpant avec des couleurs fraîches et gaies. Le local très spacieux lui permet de proposer la vente de différents instruments de musique, en plus des disques vinyles. Il garde la même enseigne « Symphonie » que précédemment rue Jules Guesde, et continue bien sûr son activité de facteur de pianos. C’est un véritable palais de la musique. De très nombreux disques vinyles sont présentés dans des meubles modernes et attendent d’être écoutés par la clientèle, sur des électrophones mis à leur disposition.

Document Nord Eclair 1958

De nombreuses personnalités sont présentes pour cette inauguration de la Maison du disque et de la musique. Notons la présence de Mr le chanoine Carissimo, de l’église Ste Elisabeth, Mr VanHove, président de l’Union des Commerçants de la rue de Lannoy, et Francis Waeterloos, le principal confrère voisin.

Publicité ( document collection privée )

Pendant de nombreuses années, Alfred communique par de la publicité dans la presse locale, et se spécialise dans la vente de disques. Il bénéficie alors des différentes modes de musique qui se succèdent dans les années 1960 1970 : jazz, rock, yéyé, pop, disco, et informe ses clients lorsque des grandes vedettes de la chanson sont de passage dans les grandes salles de spectacle de notre ville.

Publicité Nord Eclair

Alfred décide de donner un coup de jeune à son magasin en 1984. Il fait repeindre complètement la façade par l’entreprise de Jean Marie Verguchten, au 93 rue d’Italie : les boiseries en blanc, et les murs en blanc également mais avec de longues bandes diagonales de haut en bas de couleurs flashy vertes et rouges. En 1985, Alfred alors âgé de 65 ans, prend sa retraite et ferme définitivement son magasin.

Document Nord Eclair 1985

L’entreprise Ecco, société de Travail Temporaire, reprend le local en 1988 pour y installer ses bureaux. Ecco garde les couleurs de la façade de l’étage.

document archives municipales

Jérôme Andrieux reprend le bâtiment, en 2003 pour y créer 2 logements à l’étage. Le commerce du rez-de-chaussée, quant à lui connaît différents changements d’orientation, dans les années suivantes.

documents Google Maps

Remerciements aux archives municipales

Lysia 130 rue de Lannoy

Emile Vanhonsebrouck et son épouse Germaine, née Pluquet, habitent à Lys lez Lannoy, au 146 rue du Vert Pré, à l’angle de la rue Franklin. Dans les années 1940, Emile travaille aux PTT, Germaine fabrique des canadiennes et des imperméables reversibles à la marque « Pile ou Face », dans son petit atelier de la rue du Vert Pré, pour sa clientèle fidèle.

document Ravet Anceau 1947

A la fin des années 1940, Emile souhaite ouvrir un commerce de vêtements pour son épouse Germaine, dans une rue très commerçante, dans une ville plus importante, tout en gardant son propre emploi à La Poste. L’occasion se présente lorsqu’on leur propose un commerce situé au 130 rue de Lannoy à Roubaix, à l’angle de la rue Sainte Thérèse. C’était un ancien estaminet tenu dans les années 1920-1930 par Mr Delmarle, et inoccupé depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

plan cadastral

Le local est très vaste. Le rez-de-chaussée de 105 m2 permet d’aménager un magasin de vêtements, et l’étage d’installer un atelier de confection, pour continuer à produire les canadiennes mais également à développer la production d’autres vêtements ( manteaux, robes, complets etc ).

document collection privée

Emile et Germaine commencent leur activité, après de gros travaux d’aménagement intérieur. En 1954, ils font transformer une partie de la façade en abaissant la vitrine et en posant une vitre convexe anti-reflet, côté rue de Lannoy, de façon à attirer le regard des passants. Ils gardent leur habitation de Lys lez Lannoy avec leurs deux enfants Yves et Yvette.

document Y. Vanhonsebrouck

Le couple commence à communiquer par de la publicité dans la presse locale dans les années 1950. Ils proposent de nombreuses possibilités de financement pour la clientèle : « Le vêtement de votre choix pour 3000 Frs et le reste à crédit en 6 mois ». Germaine reste fidèle à son principe : proposer des manteaux, pardessus, imperméables, vestons, parkas à des prix bas en proposant des moyens de paiement à l’amiable, c’est à dire des prêts personnels sans passer par une société de crédit.

document Nord Eclair 1955

En 1959, c’est la façade, côté Sainte Thérèse qui est modifiée. Les 5 petites fenêtres sont remplacées par 3 magnifiques baies vitrées. Huit personnes travaillent désormais dans le commerce : une vendeuse au rez-de-chaussée, et à l’étage, un coupeur et des ouvrières sur machines à coudre. Emile abandonne son emploi à La Poste pour se consacrer à plein temps au commerce de son épouse.

documents Nord Eclair 1964 et 66

Emile communique sur son magasin en annonçant le « Super Marché du Vêtement » car en effet, il propose un choix immense de complets à des « prix usine » défiant toute concurrence. C’est donc toujours avec surprise qu’il constate des actes de vandalisme, lorsque la vitrine est brisée pour le voler et s’habiller encore à moindre coût.

document Nord Eclair 1966

En 1982, Emile 68 ans, et Germaine 64 ans prennent une retraite bien méritée. Leur fille Yvette reprend le commerce cette même année. Son frère Yves quant à lui souhaite continuer dans une carrière professionnelle technique.

document collection privée

Yvette continue sur la même lancée que ses parents : proposer des vêtements de qualité à des prix bas en organisant des promotions régulières comme : la braderie de la rue de Lannoy en Septembre, la fête des mères et la fin d’année.

document Nord Eclair années 1990

En 2002, Yvette Vanhonsebrouck pense à prendre sa retraite à son tour. Elle communique pour annoncer la liquidation totale du magasin et cesse son activité en 2003, après 55 années d’existence.

document Nord Eclair 2002

Le magasin deviendra ensuite successivement un commerce de vêtements de type oriental, puis rapidement une agence de voyages « Cap découverte », puis une supérette, et depuis 2018, c’est une boulangerie qui est installée et toujours en activité de nos jours.

document Google maps 2008
Photo BT

Remerciements à Yvette Vanhonsebrouck, ainsi qu’aux archives municipales.

La Maison du Baptême

Au début des années 1900, Henri Carpentier est cartonnier. Il réalise dans son atelier, au 80 rue de Lannoy à Roubaix, des contenants luxueux ( boîtes, étuis et cornets ) composés de plusieurs éléments en carton, qu’il plie ou découpe à l’aide d’un massicot, Ces boîtes en carton sont livrées aux nombreux confiseurs pour la vente de dragées.

Publicité ( document collection privée )
boite en carton ( document collection privée )

Les affaires fonctionnent très correctement, l’activité est florissante car des dragées, on en distribue alors à toutes occasions : les baptêmes bien sûr, mais aussi les mariages, les communions et certaines manifestations officielles. Dans les années 1930, Henri et son épouse ont une idée pour développer encore davantage l’entreprise : c’est de vendre eux-mêmes des boîtes remplies de dragées directement aux particuliers. Ils trouvent un fournisseur de dragées et commencent leur activité dans leur point de vente de la rue de Lannoy.

La façade du 80 rue de Lannoy ( document archives municipales )
publicité de l’époque ( document collection privée )

Le commerce s’appelle désormais « La Maison du Baptême ». Henri et son épouse soignent particulièrement leur vitrine. De grandes bonbonnières en verre sont exposées, pleines de dragées. Dans la vitrine, un décor suranné est aménagé pour mettre les produits en valeur : une procession de petits personnages dans des couleurs pastelles, rose et bleu.

bonbonnière de présentation en vitrine ( document collection privée )

La boutique fait partie du paysage commercial de la rue de Lannoy, au début des années 1950, parce qu’elle est unique dans son genre, et que son activité la met de toutes les fêtes, joyeuses, forcément ! « La Maison du Baptême » devient une référence dans toute la ville, en matière de dragées.

Henri et son épouse devant leur magasin ( document Nord Eclair )

Au décès d’Henri, sa fille, Renée, prend le relais. Les affaires restent encore satisfaisantes au début des années 1960. Mais en 1965, la portion de la rue de Lannoy où se trouve le commerce, disparaît. C’est la catastrophe. Une bonne centaine de commerces sont expropriés pour laisser place au centre commercial Roubaix 2000. Renée trouve fort heureusement un local à proximité, au 2 et 4 boulevard de Belfort, en 1965 et s’y installe.

Publicité ( document Nord Eclair )
La façade du 2 boulevard de Belfort ( document archives municipales )

Dans les années 1970 1980, les affaires deviennent de plus en plus difficiles. Renée doit affronter la concurrence des pâtissiers qui se mettent à vendre des dragées et puis, il faut bien reconnaître que les cérémonies religieuses perdent de leur faste. Mais Renée reste fidéle et continue seule l’activité, envers et contre tout, avec une obstination qui ressemble presque à de l’entêtement car elle n’entend pas fermer boutique.

Renée décède en Décembre 1991, à l’âge de 81 ans, dans son arrière boutique. Le magasin n’ouvrira plus.

La façade ( avec la plaque cuivrée sur la porte ) définitivement fermée( document Nord Eclair )
Renée Carpentier ( document collection privée )
Photo BT 2024

Remerciements aux archives municipales