Quatre musiciens leersois sont à l’origine de la création d’une phalange musicale qui allait devenir l’Harmonie municipale de Leers. Le 19 mai 1804, ces quatre musiciens, clairons et tambours, fêtent la nomination de Napoléon Bonaparte comme Empereur des français survenue la veille. On défile dans les rues en exécutant des marches et des pas redoublés. Le pas redoublé est un pas cadencé qui correspond au pas de charge et au pas de marche des armées de Napoléon Ier. Son rythme est le double de celui du « pas ordinaire ». D’autres musiciens rejoignent le mouvement et forment ainsi la mouture initiale de l’harmonie leersoise. Les aïeux fondateurs de la société sont issus des vieilles familles leersoises et musiciennes : Quique, Delbroucq, Broux, Delbecq.
Les leersois participent à leur premier concours à Tourcoing le 27 août 1820 où ils obtiennent le second prix, ayant disputé les places d’honneur avec les musiques de Courtrai et de Comines. Parmi les dirigeants de la société, il y a Narcisse Quique, décédé en 1855, son fils Auguste Quique, Jules Moulart, Henri Salembier (1886-1891). Narcisse Quique était cabaretier à la Place de Leers et il fut musicien dans un régiment d’Afrique avant de diriger la société leersoise. Son fils Auguste Quique entre à l’âge de 10 ans comme piston dans la société leersoise. Étant soldat, il fut caporal clairon. Musicien et compositeur, il dirigea la société leersoise dès l’âge de 30 ans ainsi que diverses sociétés de musique des alentours, comme Lys, Ascq, Sailly, Templeuve, l’Harmonie Franco-Belge de Néchin. Auguste Quique fut honoré par l’Institut Populaire de France et reçut huit médailles dans différents concours. Il décède le 27 octobre 1933.
Le siège de la société était alors au café Louis Leclercq au lieu dit l’Estocoi, à l’angle de la rue de Néchin et de la rue de la Marne. Le 17 juin 1850, la société de musique forte de 22 membres participe à la cérémonie de la pose du premier pavé de la nouvelle route, portant ainsi pour la première fois le drapeau municipal. Cette nouvelle route pavée permettra de joindre Leers à Lannoy.
Festival 1857 doc Leers Historique
Le 19 juillet 1857, la société leersoise organise un festival de musique dont elle fera l’ouverture, avec la participation de nombreuses sociétés de musique. Le 13 août 1867, elle participe aux fêtes d’inauguration des Eaux de la Lys à Roubaix.
Médaille des fêtes d’inauguration des Eaux de la Lys
Le 13 février 1875 la société prend officiellement le nom de société philharmonique de la commune de Leers. Le 14 juillet 1878, la commune de Leers organise un festival de musique et un carrousel. Le député Georges Brame offre un objet d’art.
Le 14 septembre 1880 intervient une scission qui entraîne la création d’une société dite l’Union musicale, établie chez Madame Veuve Quique avec les 16 musiciens dissidents. Le Président de la société est le brasseur Oscar Brame. Pendant la décennie, deux autres sociétés sont créées, ce qui montre l’importance de la pratique musicale à Leers : le 28 mai 1893, l’Union des Trompettes est installée chez Henri Englebert, Estaminet du Clairon à Leers. Le 18 mars 1897, naissait la Leersoise Philharmonique établie chez Jules Leruste.
L’Harmonie en 1898 doc Leers Historique
En 1886, la société philharmonique de la commune de Leers était dirigée par Henri Salembier, avec comme sous directeur Joseph Leroy et comme Président Monsieur Salembier Dhalluin. Le 23 septembre 1894 se déroule la fête du Hameau de la Royère à Néchin. Puis le 13 juin 1897, un grand concert de fanfares d’harmonies et d’orphéons est organisé à Leers par la musique municipale.
Le festival de 1904 doc Leers Historique
Pour son centenaire en 1904, la société municipale organise un grand festival international de musique le 14 août. Cinquante six sociétés sont affectées aux différents quartiers de Leers. La musique municipale ouvre les festivités avec la Marseillaise et une composition pour l’occasion intitulée le Centenaire. Elle comptait alors 45 exécutants et son directeur était M. Drieu.
À suivre
Sources :
Leers mon village, A.L.E.H.P
1804-2004, 200 ans de musique à Leers avec l’Harmonie Municipal par Michel Bourgois
Leers et les leersois sous la seconde République (1848-1852) par Lucien Demonchaux Association Leers Historique
William Frederick Cody naît en 1846 dans l’Iowa. Il est initialement chasseur de bisons, et se fait appeler Buffalo Bill car il vend de la viande de bison ( Buffalo : bison en anglais ).
Buffalo Bill, jeune
Après la guerre de sécession, Buffalo Bill décide d’organiser un spectacle populaire, le « Buffalo Bill’s Wild West ». En 1889, il est de passage à Paris pour l’Exposition Universelle et transforme la Ville lumière en un décor de western grandeur nature, avec des cavalcades endiablées, des bisons en cavale, des indiens à cheval et des coups de feu en ville.
Publicité américaine
Avec son spectacle itinérant, Buffalo Bill recrée les scènes mythiques de la conquête de l’Ouest avec un réalisme à couper le souffle. Il installe alors son show au Champ de Mars, au pied de la Tour Eiffel fraîchement inaugurée.
Buffalo Bill lors de son passage à Paris en 1889
C’est lors de son passage à Paris, que la peintre Rosa Bonheur fait son portrait. Il fera de ce tableau sa publicité par la suite.
Portrait de Buffalo Bill, par Rosa Bonheur
Quelque seize années plus tard, en 1905, le héros de la conquête de l’Ouest est de retour à Paris dans le cadre du Carnaval. Mais, cette fois-ci, il a prévu d’entamer une grande tournée à travers toute la France, dans 110 villes, dont Arras, Douai, Roubaix et Lille, dans la région. La mairie de Roubaix est informée par courrier début Janvier 1905, de l’arrivée de Buffalo Bill. La lettre précise des informations sur le type de spectacle proposé : exercices d’équitations, défilés militaires etc.
En-tête du courrier de Buffalo Bill adressé à la mairie de Roubaix ( document archives municipales )
Les administrateurs du spectacle s’occupent de toute la logistique, il faut juste prévoir un emplacement. Un terrain de 4 ha est nécessaire pour installer le campement, les tribunes et l’arène pour le spectacle. L’emplacement devra faire 400 mètres de long sur 100 mètres de large. Il est nécessaire de répondre immédiatement et la municipalité accepte évidemment la proposition car le spectacle de Buffalo Bill tourne dans le monde entier. Accueillir ce spectacle gigantesque, c’est aussi une reconnaissance pour la ville qui n’a jamais présenté une telle exhibition.
La ferme de Maufait en 1899 ( document JP Maerten )
L’endroit choisi par la municipalité est la plaine de Maufait à Roubaix, un terrain privé où se trouvait la ferme du même nom, au « Pont Rouge », au bout de la rue de Lannoy. Le show est programmé pour les jeudi 29 et vendredi 30 Mai 1905.
le déchargement à Dunkerque
La promotion du spectacle se fait par voie de presse, par encarts publicitaires, et par affichage sur les murs de la ville : une campagne de publicité à l’américaine qui annonce un formidable divertissement.
l’arrivée à Roubaix ( Journal « Echo du Nord » 30 Juin 1905 )document « Journal de Roubaix »
L’arrivée à Roubaix est spectaculaire : 4 trains de 20 wagons arrivent en gare de Croix ; ils transportent 1000 figurants et 500 chevaux, du matériel dont des tentes immenses, des gradins, l’arène etc. Le convoi arrive à Roubaix par la rue de Lille, la Grand Place, la rue Pierre Motte puis la rue de Lannoy jusque la plaine de Maufait qui se trouve derrière l’hôpital de la Fraternité. Tout est prévu par les administrateurs du spectacle : et en particulier la logistique pour leur déplacement et leur campement ; chaque jour il faut prévoir d’acheter sur place, 600 kgs de viande 400 kgs de pommes de terre et 300 kgs de pain, 300 litres de lait, 75 kgs de café. Les vins et alcools sont prohibés.
Le campement ( document collection privée )
L’ arrivée ébouriffante de l’équipe crée l’événement et l’excitation des roubaisiens est à son comble. Ils sont nombreux à accourir pour voir de leurs propres yeux et acclamer :« l’élégant cavalier, aux yeux d’acier, aux cheveux magnifiques, ce champion des tueurs de buffles sauvages, cet intrépide héros ».
Quatre spectacles sont programmés pour les 29 et 30 Juin, à 14h et 20h chaque jour. Le ticket d’entrée varie de 1,5 à 8 Francs, un peu cher peut-être, compte tenu du prix de 5 centimes, du journal de l’époque ! Mais les spectateurs arrivent en masse car le show promet d’être exceptionnel : deux heures de représentation, des scènes pittoresques représentant l’Ouest américain, des combats, des rodéos, des attaques de diligence par des bandits, des indiens ( des vrais ). On raconte aux spectateurs la vie des pionniers, la chasse au bison, l’histoire du Pony Express. Le spectacle est fabuleux, les roubaisiens sont ravis. C’est rythmé, ça tire à la Winchester, les indiens crient, les cow-boys font des acrobaties à cheval. C’est du jamais vu ! Surtout à cette époque alors que le cinéma n’en est encore qu’à ses débuts.
document bnr
Le public vient nombreux, les communes voisines ont fourni de forts contingents de spectateurs. Le public abrité sous les tribunes, suit avec intérêt les exercices des cavaliers intrépides. Les spectateurs sont ravis, malgré l’orage subi lors de la quatrième représentation du vendredi soir.
Le vendredi soir à 22h, le spectacle est fini. La troupe remballe et le démontage commence aussitôt. A minuit, en deux heures de temps, c’est terminé ! Plus aucune trace de l’exhibition sur la plaine de Maufait. Buffalo Bill et son équipe, partent immédiatement à Lille pour 4 représentations du 1 au 4 Juillet.
Une seule ombre au tableau. Le Journal de Roubaix du 5 Juillet, titre : « Une épidémie dans la cavalerie de Buffalo Bill. En effet, quatre chevaux ont été abattus car porteurs de la « Morve » maladie équine fortement contagieuse.
Cependant, William Frederick Cody laisse aux roubaisiens un souvenir exceptionnel. Comme dans toutes les villes traversées, le Buffalo Bill’s show s’est acquis une réputation unique, non seulement par son énormité, par l’extraordinaire curiosité qu’il soulève, mais encore par l’indiscutable réalisme des tableaux de la vie des plaines du Far-West américain.
Buffalo Bill ( document collection privée )
Après deux tournées mondiales, Buffalo Bill se retire dans son ranch pour s’occuper de ses 5.000 chevaux et de ses 15.000 têtes de bétail.
Le ranch de William Frederic Cody en 1913 ( document collection privée )
Remerciements à Philippe Waret pour son livre « Les Apaches du Pont Rouge » ainsi qu’aux archives municipales.
En 2000-2001, la mairie et la direction du Colisée décident de la rénovation intérieure de la salle : nouvelle entrée, plafond doré, sol clair, le hall est refait et semble plus spacieux. Il peut accueillir à l’occasion, quelques manifestations, des « extras » en quelque sorte. 1200 nouveaux fauteuils bleus ont déjà été installés l’année dernière. Des dispositions sont prises pour un meilleur accueil des PMR Personnes à Mobilité Réduite. Le restaurant est refait, avec des couleurs chaudes. La billetterie est plus spacieuse et ouverte sur le public. Le nouveau Colisée est magnifique.
document Nord Eclairdocument Nord Eclairdocument Nord Eclair
Pour passer le cap de l’an 2000, la directrice du Colisée, Marie Cécile Laidebeur décide de donner un coup de jeune au parvis, installé déjà depuis quelques temps. Elle fait appel à l’ESAAT, Ecole Supérieure d’Arts Appliqués et Textile de Roubaix, pour que quelques étudiants puissent y apporter quelque chose de gai, de coloré et de kitch. Cette belle expression de leur talent est baptisée : la porte des vœux du 3° millénaire.
document Nord Eclair
En Mars 2002, Marie Cécile est entrée dans la « Cour des Grands » elle reçoit, en effet, des mains de Gisèle Casadesus, la Croix de Chevalier de l’Ordre national du Mérite, le jour de la représentation de Jérome Deschamps : La Cour des Grands. Mais elle décède malheureusement en Septembre 2003 et laisse un grand vide à la direction du Colisée. Avec elle, disparaît une battante qui a su imposer « l’Olympia du Nord », grâce à une programmation éclectique. Brigitte Leman assure la direction par intérim.
document Nord Eclair 2002
Le Ballet du Nord, rebaptisé en 1985, Centre Chorégraphique National de Roubaix est confié en 2004 à Carolyn Carlson, une grande figure de la danse contemporaine. Elle génère alors un rayonnement à la fois sur le territoire et à l’international.
Carolyn Carlson ( document site C. Carlson )
En Octobre 2006, Bertrand Millet prend la direction du Colisée qui change de statut juridique. Bertrand apporte un sang nouveau : il adopte alors un théâtre pluridisciplinaire, développe la « programmation directe » et réduit la partie « location ». Il est chef d’entreprise ( il se qualifie même de taulier ), il mène le projet artistique avec la prospection, programmation et relation avec les artistes.
Bertrand Millet, nouveau directeur du Colisée ( document Nord Eclair )
Pour Bertrand, la Culture a un rôle essentiel : rassembler les gens, rapprocher les populations différentes et créer du lien. La colonne vertébrale des programmations devient le théâtre. La collaboration entre Carolyn Carlson et Bertrand Millet est de plus en plus importante.
Il présente au public, à chaque début de saison, le programme : un savant dosage entre les spectacles visuels, le théâtre, la danse, les concerts, les humoristes et même du cirque. Si le projet est essentiellement constitué de spectacles pour le grand public, l’objectif est également de faire découvrir certains artistes moins connus. Avec son équipe, il concocte la recette culturelle et met tout en œuvre pour transformer chaque soirée en moment inoubliable.
Affiche Programme saison ( document collection privée )
En Mars 2020, l’épidémie de Covid 19 se déclare. Cette pandémie perturbe fortement l’activité du Colisée car des mesures de protection sanitaires sont obligatoires. Entre toutes les vagues de confinement, le Colisée met en place des séparations originales en carton, sur les sièges entre les spectateurs d’une même famille, pour pouvoir continuer à proposer des spectacles culturels à la clientèle. « Quand on est à moins de 1 000, on replace le public pour avoir la distanciation, explique Bertrand Millet à la presse locale.
document B. Vanalderweltdocument B. Vanalderweltdocument Voix du Nord 2020
Après la pandémie, le Colisée reprend une activité normale. Il est le rendez vous des émotions, du rire, de la musique, de la danse et du spectacle. L’immense salle propose jusqu’à 1700 places dans une atmosphère intimiste, avec de nos jours, plus de 100 représentations chaque saison, accueillant plus de 100.000 spectateurs.
Jean Deconinck a créé le Colisée en 1926. Pour la saison 2026-2027 l’établissement va fêter son centenaire ! Nul doute que Bertrand Millet et son équipe, composée d’une vingtaine de collaborateurs, vont nous programmer des spectacles encore plus exceptionnels pour cet événement. Un siècle déjà, et toujours avec une jeunesse intacte ! De plus, le Plan de Rénovation Urbaine de la ville prévoit le réaménagement complet de la rue de l’Epeule en 2026, et en particulier la végétalisation du parvis du Colisée.
Projet 2026 ( document ville de Roubaix )document Colisée
Remerciements à Bertrand Millet, Bernard Vanalderwelt, Patrick Bullens ainsi qu’aux archives municipales.
Gustave Ansart naît à Roubaix dans le quartier du Pile, le 5 Mai 1923. Issu d’une famille ouvrière, il commence à travailler en usine à l’âge de 13 ans et se syndique à cette occasion.
Gustave Ansart document collection privée
En 1947 il est élu conseiller municipal à Roubaix ; en 1951 il devient secrétaire de l’union CGT de la métallurgie de la région et en 1954 il est élu au comité central du PCF. Député du Nord en 1956 et député européen en 1979, Gustave Ansart est également directeur du journal Liberté à Lille de 1958 à 1982.
Il décède le 20 Septembre 1990 à Denain. De nombreuses personnalités régionales et nationales sont présentes, le 23 Septembre, pour ses obsèques dont Arthur Brabant, maire de Denain ; Noël Josèphe du Conseil régional ; Alain Bocquet, premier secrétaire du Parti Communiste et Georges Marchais, secrétaire général du Parti Communiste.
Gustave concevait la vie politique comme un débat d’idées et non pas comme un combat entre les hommes. Il y a certes des adversaires, mais jamais d’ennemis. Après son décès en 1990, Emile Duhamel, son fidèle ami, demande à la municipalité de la ville de Roubaix qu’un endroit de la ville porte son nom , si possible dans son quartier du Pile. La demande est acceptée à l’unanimité par le conseil municipal. Ce sera un square situé entre la rue Lannes et la rue Marceau, attenant à la Maison des Deux Quartiers.
la plaque ( document N. Duhamel )
Le 9 Juin 1993, une cérémonie est organisée pour dévoiler la plaque du square Gustave Ansart en présence de nombreuses personnalités. Sur la photo ci-dessous, on reconnaît André Diligent et à ses côtés Mme Gustave Ansart ; au deuxième rang, René Vandierendonck, Bernard Carton et à l’extrême droite, Emile Duhamel.
document N. Duhamel
En 2017, la municipalité accorde un permis pour construire à l’emplacement du square Gustave Ansart, un « Centre de petite enfance du quartier du Pile ».
Centre de petite enfance
A l’approche du 100° anniversaire de la date de naissance de Gustave Ansart, de nombreux roubaisiens sollicitent Mr le Maire Guillaume Delbart, en vue de lui rendre hommage en donnant son nom à une rue ou à un autre endroit. En Février 2025, le conseil municipal propose de réattribuer le nom du square Gustave Ansart, à l’espace vert créé à l’angle de la rue Lannes et du boulevard de Beaurepaire. Une cérémonie a lieu à cet endroit pour dévoiler la plaque du nouveau square Gustave Ansart, le mardi 2 Décembre 2025.
Invitation ( document N.Duhamel )
Sur la photo ci-dessous, on distingue sur la gauche, Gustave Ansart ( fils ) puis Nicole Duhamel, Alexandre Garcin et Michelle Demessine
document La Voix du Nord
Comme le rappelle son fils, Gustave Ansart répétait souvent : « C’est au Pile, que j’ai appris la solidarité, on y partageait la soupe et le pain ». Et quand on le questionnait sur son bagage universitaire, il répondait fièrement qu’il venait de l’Université du Pile.
Gustave Ansart ( document archives municipales )
Remerciements à Gustave Ansart fils, Nicole Duhamel ainsi qu’aux archives municipales.
Il existe à Leers une rue Aurèle Guénard, qui relie le carrefour de la rue Léon Gambetta et de la rue Louise de Bettignies à Leers France à la rue de la Reine Élisabeth, territoire de Leers-Nord en Belgique. À un endroit frontalière, cette rue aurait pu convenir à la ronde d’un douanier entre France et Belgique. On peut penser que c’est à dessein qu’on lui donna le 12 novembre 1927 le nom d’Aurèle Guénard, qui fut douanier et patrouilla sans doute en ces lieux.
Né à Charleville-Mézières en 1879, Aurèle Guénard s’est engagé pour quatre ans dans l’armée et il est affecté dans l’infanterie de marine. On le retrouve au Tonkin (Vietnam) du 3 février 1899 au 4 novembre 1900. Au terme de son contrat, il revient dans les Ardennes, se marie et intègre l’administration des douanes en 1909. Il est gabelou à Wattrelos où il habite caserne de la douane. Il sera ensuite mobilisé comme soldat télégraphiste à Dunkerque avant d’être redirigé sur Lille le 7 septembre 1914. L’armée française est repoussée. Le 25 août 1914, alors que l’ennemi est signalé sur la frontière franco-belge, Aurèle Guénard abat un soldat allemand.
Aurèle Guénard photo Égalité de Rx Tg
Ne voulant pas être fait prisonnier, il quitte l’uniforme pour des vêtements civils. Avec un autre soldat, le caporal Gaston Briclair, il va former un redoutable duo de franc-tireurs. Après l’occupation de Lille, à partir d’octobre 1914, Guénard passe des courriers clandestins entre la France et les Pays-Bas tout en organisant l’évasion de soldats français emprisonnés dans la capitale des Flandres. À la Noël 1916, Aurèle et son épouse sont cachés à Lille rue Léon Gambetta. Il est recherché mais demeure introuvable.
Dénoncé, il est finalement arrêté le 14 novembre 1917 dans un café de la rue Gambetta à Lille nommé « Au Mont Cassel ». Le douanier est incarcéré à la citadelle. Le conseil de guerre le condamne à mort le 12 juillet 1918 pour espionnage. Il est fusillé le 23 août à la citadelle de Lille. Son corps repose au cimetière du sud. Lors de son décès il est domicilié à Lille rue Manuel l’une des nombreuses adresses où il résidait il devait en changer souvent.
Excepté la médaille militaire, décernée à titre posthume en 1922, personne n’a jamais vraiment rendu hommage à l’action et à la mémoire d’Aurèle Guénard. Dans les années 30, la municipalité lilloise avait envisagé de lui dédier un monument mais le héros n’eut pas cet honneur. Leers lui consacrera une rue.
Sources
La Voix du Nord août 2018, novembre 2019
L’Égalité de Roubaix Tourcoing 9 et 10 décembre 1931
A la fin des années 1970, la télévision se développe et envahit les foyers au détriment des salles de cinéma. Tous les cinémas sont en difficulté et ferment les uns après les autres. Le Colisée n’est pas épargné par la crise des grandes salles obscures mais s’apprête à connaître un autre sort. En effet, la ville de Roubaix rachète l’établissement, en 1980, et dépose un dossier pour la réhabilitation et la transformation du Colisée en salle de spectacles et centre de chorégraphie. Le vieux cinéma s’apprête à couler des jours différents, il va devenir un point de ralliement de l’Opéra du Nord.
Maquette de la transformation ( document archives municipales )
D’importants travaux de rénovation ( pour 12 millions de francs ) sont ainsi programmés d’ici 1982. Le chantier démarre en Mars 1981. Tout d’abord, il est nécessaire de désenclaver le Colisée. La ville de Roubaix rachète l’entreprise voisine, les Ets Libbrecht, au 39 de la rue de l’Epeule, qui est ensuite démolie. La superficie de plus de 4.000 m2 peut alors être consacrée à la création d’une place. L’entrée de la rue de l’Epeule se fait sur un parvis latéral, qui permet lui-même aux spectateurs d’accéder à la salle de spectacle.
document Nord Eclair 1982
La salle de cinéma connaît alors de grands changements. La scène est large mais pas suffisamment profonde pour se prêter à des spectacles chorégraphiques, elle est donc agrandie. Plusieurs rangées de fauteuils ( environ 200 ) devant la rampe, sont supprimées. Une fosse d’orchestre est créée. La scène ne peut pas être réaménagée, elle doit être complètement rasée, avec la création d’un nouveau plateau, l’installation d’un nouveau dispositif de cintres, la pose de perches qui supportent les projecteurs pour les jeux de lumière etc. La capacité de la salle est dès lors de 1800 personnes.
document archives municipalesdocument archives municipalesdocument B. Vanalderweltdocument archives municipalesLes travaux sur place ( document archives municipales )Les travaux sur place ( document B. Vanalderwelt )
Un couac se produit pendant les travaux : la maison voisine de Jean Prez, accordéoniste au 43 de la rue de l’Epeule, subit quelques dommages . . .
document archives municipales
En Juin 1982, Pierre Prouvost, député maire, vient visiter le chantier. Il constate que les travaux avancent bien, et que les délais seront respectés, malgré l’ampleur de la tâche. La livraison devrait se faire fin Décembre ou en début d’année 1983.
Pierre Prouvost en visite ( document Nord Eclair 1982 )
Mr le Maire est impressionné par l’importance des travaux. Autrefois, derrière l’écran du cinéma, le mur du fond se trouvait à 4 mètres de distance. Aujourd’hui la tour de scène construite, mesure 23 m de haut, 30 m de large avec une ouverture de scène de 18 m sur 15 m de profondeur. Cette tour est vraiment très imposante.
vue aérienne des travaux ( document IGN )
La salle de spectacle peut, par ailleurs, être modifiée en fonction des spectacles. A partir du 10° rang jusqu’au 22° tous les sièges peuvent être relevés, grâce à l’installation de vérins hydrauliques. Ce système ingénieux permet de disposer les sièges en gradins. Cette disposition est particulièrement efficace au niveau acoustique pour les représentations de spectacle lyrique ou d’opéra.
la salle ( document Nord Eclair )document B. Vanalderweltla salle ( document Colisée )les vérins hydrauliques ( document B. Vanalderwelt )
Pierre Prouvost est heureux de constater que le nouveau Colisée est propre à accueillir le public, d’autant que le niveau artistique des spectacles proposés ne démentira pas la qualité de l’outil conçu.
document B. Vanalderwelt
Le 28 Janvier 1983, après près de deux ans de travaux, c’est l’ inauguration du Colisée-Opéra en présence de Pierre Mauroy premier ministre de l’époque, Pierre Prouvost député-maire, Monique Bouchez présidente de l’Opéra du Nord, Noël Josèphe président du Conseil Régional et Alfonso Catà chorégraphe du Ballet du Nord. Pour l’occasion, le ballet national de Marseille de Roland Petit présente son spectacle : « Les Hauts de Hurlevent », et ce pendant trois jours consécutifs.
Inauguration ( document Nord Eclair )Inauguration ( document B. Vanaderwelt )
Le Colisée démarre donc, en ce début d’année 1983, de façon importante et dynamique puisque sont programmés les spectacles de Julien Clerc le 3 Février, la revue du Casino de Paris les 4 et 5, l’opéra Faust les 18 et 20, Patrick Sébastien le 25 et la revue West Side Story les 26 et 27.
C’est également en 1983, que le Ballet du Nord, antenne de l’Opéra de Lille, s’installe au Colisée, sous la direction d’Alfonso Catà. Le ballet devient Centre Chorégraphique National.
La cafétéria installée au rez de chaussée ( document B. Vanaderwelt )
La salle d’entraînement et de répétitions du Ballet du Nord est installée à l’étage dans l’ancien dancing et peut également, à l’occasion, accueillir 200 personnes. Sur la photo ci-dessous, on reconnaît, en bas, les anciens gradins du dancing, et sur la droite, la scène ou se produisaient les chanteurs et orchestres.
document Ballet du Nord
Dans les années 1980, le Colisée est géré par l’association Roubaix Culture dont le président est André Diligent et la vice présidente Thérèse Constans. La direction de Roubaix Culture a son siège dans les locaux du Colisée. La ville de Roubaix et le Colisée travaillent toujours en étroite collaboration, en matière de choix des spectacles, de budget de fonctionnement etc
Patrick Bullens directeur du Colisée et Martial Guénée de Roubaix-culture en 1985 ( document Nord Eclair )
Les 20 ans de Roubaix-Culture en 1991 : Thérèse Constans, Martial Guénée et Patrick Bullens
En 1993, soit 10 ans après l’ouverture, le directeur, Patrick Bullens, pense déjà à effectuer quelques travaux de rénovation. 1) les peintures : la totalité des peintures intérieures soit 3000 m2 sont à refaire 2) le chauffage à air pulsé doit être repensé, pour éviter à certains spectateurs d’avoir trop chaud et d’autres d’avoir des courants d’air désagréables, et surtout que le chauffage soit plus silencieux. Les devis des travaux sont acceptés et ceux-ci vont durer tout l’été.
Patrick Bullens directeur en 1993 ( document Nord Eclair )
Le Colisée accueille des spectacles prestigieux et de nombreuses vedettes de variété s’y produisent : Barbara, Charles Trenet, Michel Sardou, Niagara, Georges Moustaki, Alain Souchon, Gilbert Bécaud, Charles Aznavour etc, ainsi que des célébrités dans le monde du théâtre :
Patrick Bullens nous conte une anecdote qui prête à sourire : Bernard Blier, peu avant de monter sur scène, se trouve dans sa loge en peignoir d’intérieur. Il se dirige vers le lavabo pour se nettoyer les mains, et malheureusement s’aperçoit que les robinets ne fonctionnent pas correctement ( eau froide à la place de l’eau chaude ! ) Bernard Blier, qui a du caractère, se met en colère, le fait savoir bruyamment et monte directement sur scène en peignoir ! Tous les techniciens sur place sont forcément surpris, essaient de l’interpeller pour qu’il puisse se vêtir, mais en vain. Bernard affiche un sourire moqueur : le peignoir est sa tenue de scène du premier acte !
Bernard Blier ( document collection privée )
Dans les années 1990, de nouvelles très grandes salles spécialisées dans la distribution musicale arrivent sur la métropole comme Le Zénith ou l’Aéronef. Le Colisée voit ainsi partir les grands concerts vers les autres salles. La directrice depuis 1997, Marie-Cécile Laidebeur, parvient cependant à maintenir une offre culturelle variée et de grande qualité.
En Novembre 1998, un incident se produit lors du concert du chanteur Faudel. En effet, le public est chaud-bouillant, les filles trépignent, sautent, crient, hurlent, dansent et se trémoussent pendant ce concert de musique raï. Le pompier de service s’aperçoit que des fissures apparaissent sous le balcon. Inquiet il prévient le responsable de la sécurité qui fait arrêter immédiatement le chanteur. Faudel annonce lui-même la nouvelle au public forcément mécontent. Il semble toutefois, que ce ne sont que des fissures superficielles du plâtre.
Faudel ( document Nord Eclair )
Arnaud Verspieren et Marie Cécile Laidebeur annoncent en 1999 l’installation de 1200 nouveaux fauteuils beaucoup plus confortables et silencieux ( en effet, ils ne couinent pas ! ) et de couleur bleu comme le rideau. 600 fauteuils arriveront plus tard pour être installés au balcon.
document Nord EclairLe Colisée ( document bnr )
à suivre . . .
Remerciements à Bertrand Millet, Bernard Vanalderwelt, Patrick Bullens ainsi qu’aux archives municipales.
Après la seconde guerre mondiale, Henri Deconinck, ressentant le frétillement de la reprise, reste très optimiste sur l’avenir du cinéma. Il décide donc d’entreprendre d’importants travaux de rénovation pour le Colisée de la rue de l’Epeule à Roubaix. L’objectif, très ambitieux, est de proposer à la clientèle le confort dans un cadre agréable et les améliorations techniques les plus modernes. Il fait appel à l’architecte parisien Edouard Lardillier pour ce projet très important. Le Colisée annonce fin Juin 1951 sa fermeture annuelle, mais, en fait, de très gros travaux pharaoniques démarrent début Juillet pour de nombreuses semaines
document Nord Eclairdocument Nord Eclair
L’art moderne, sobre et impressionnant à la fois, offre ici le maximum d’un mariage harmonieux des lignes courbes et droites, pour créer un cadre agréable :un écran de 7 mètres de long, des installations sonores stéréophoniques, des nouveaux fauteuils en velours pourpre, des lumières tamisées, des peintures de couleur beige, des murs recouvert de tapis isolants, un sol et un plafond insonorisés et anti vibrations, un chauffage à air pulsé, une sécurité absolue contre les risques d’incendie etc. Seule la charpente métallique est conservée.
document collection privée
La salle compte 2400 places confortables : des fauteuils fabriqués spécialement, car inspirés des sièges automobiles. La scène a été agrandie. La galerie de droite qui borde la salle est une exposition d’oeuvres des artistes roubaisiens. Dans la galerie de gauche, un bar spacieux accueille les clients pendant l’entracte. La façade sur la rue de l’Epeule est également refaite : un large escalier donne accès au dancing, une fresque occupe toute la largeur. Sur le thème des Muses de la mythologie, elle a été réalisée par Mr Ponsard un artiste parisien.
Le mur latéral droit de l’entrée est recouvert de miroirs, ce qui donne un aspect encore plus grandiose à l’ensemble.
document P. Bullens
Le dancing à l’étage est refait également : la trémie donnant sur le hall est comblée et sur des gradins sont installées des tables qui dominent désormais la piste de danse. Malgré toutes ces investissements coûteux, le prix du billet d’une place de cinéma ne devrait pas augmenter fortement et doit se situer autour de 160 Frs. Le Colisée devient la plus grande et la plus belle salle de cinéma de province : une salle polyvalente dédiée au 7° art, mais aussi aux spectacles de variétés.
document collection privéedocument Nord Eclair
Les travaux ont duré 5 mois, de Juillet à Novembre 1951. Pendant ces 160 journées de travail, 500 ouvriers ont oeuvré à la transformation du Colisée. On imagine sans peine les difficultés rencontrées sur le chantier, par l’architecte, les entreprises et leurs salariés. Il faut rendre hommage à tous ces artisans du succès, du plus humble ouvrier au grand architecte. C’est un bel exemple de réussite de ce que peut réaliser une coopération étroite entre gens compétents et motivés.
document Nord Eclair
La réouverture du Colisée a lieu le lundi 26 Novembre 1951. Pour fêter cet événement, qui coïncide avec le 25° anniversaire de la création, Henri Deconinck organise une soirée de gala : la projection d’un film « Paris chante toujours » qui réunit les 10 plus grandes vedettes de la chanson française : André Dassary, Georges Guétary, Luis Mariano, Yves Montand, Edith Piaf, Line Renaud, Jean Sablon, Georges Ulmer et Tino Rossi. Cette soirée exceptionnelle est organisée au profit d’oeuvres sociales de la ville.
Un film muet en noir et blanc est tourné pendant cette soirée d’inauguration ou l’on note la présence de Pierre Dac, Charles Verstraete etc. Cette date du 26 Novembre 1951, c’est la première étape dans la carrière du Nouveau Colisée ! ( document B. Vanalderwelt )
Deux ans après son ouverture, Henri investit à nouveau ! Il fait casser la scène pour l’agrandir en hauteur et en largeur et l’adapter à une technologie naissante : le cinémascope qui nécessite un écran incurvé de 17m de large et 7m de haut. Le Colisée accueille en exclusivité sur Roubaix, le premier film en cinémascope : « La Tunique » en 1953. Il dame ainsi le pion à son confrère le Casino de la place de la Liberté.
Dans les années 1950 et 1960, le Colisée remporte un succès colossal, aussi bien au cinéma qu’au dancing. Le rythme bat son plein dans cette salle atypique, où l’on peut découvrir des films, des spectacles variés, et danser. Des grandes vedettes de variété passent sur la scène, et leurs noms s’inscrivent en lettres rouges sur la façade de la rue de l’Epeule. Le Colisée est d’ailleurs souvent surnommé : « l’Olympia du Nord ».
En Octobre 1961, Henri Deconinck investit à nouveau dans du matériel : un projecteur 70/35 est installé pour la sortie du film Ben-Hur. Cet appareil permet d’utiliser deux types de film : soit 700 m de pellicule en 70 mm, soit 1100 m en 35 mm. A la sortie de la séance, les spectateurs sont émerveillés par la netteté de l’image pourtant monumentale sur l’écran de 17m et également par la qualité du son stéréophonique.
Ben Hur ( document Nord Eclair )
Le dancing à l’étage connaît aussi un grand succès dans ces années 1950 1960, les bals se succèdent surtout les fins de semaine. Henri Deconinck est présent tous les week-end, les samedi et dimanche après midi, où il alterne ses passages entre Le Fresnoy et le Colisée, au volant de sa jaguar Type E, pour vérifier que tout se passe bien et qu’il n’y a pas d’incident. Henri est très « à cheval » sur la tenue de ses clients : « Tenue correcte exigée » et donc pour les jeunes gens sans cravate, le responsable à l’entrée du dancing leur en prête une ! Il est souvent fier de rappeler que la plupart des couples roubaisiens se sont formés dans un des deux établissements qu’il dirige.
Compilation soirées organisées au dancing à l’étage 1950 1960 ( documents Nord Eclair )Henri Deconinck ( document Nord Eclair )
La télévision, apparue dans les années 1950, se développe fortement dans les années 1960 et 1970, surtout avec l’avènement de la télé couleur en 1967. La conséquence inévitable de ce développement du petit écran dans les foyers, est la baisse de fréquentation dans les cinémas dans les années 1970. Tous les cinémas sont concernés. Certains vont se subdiviser en salles de poche, d’autres vont fermer complètement. Le Colisée n’est pas épargné par la crise des grandes salles obscures, alors qu’il a atteint l’apogée de sa renommée, Henri Deconinck arrête les projections de films à la fin de l’année 1978, continue les spectacles de variété et cherche des solutions qui permettraient de conserver la salle en l’état en réorganisant le projet artistique. Le 18 Mars 1981, l’Orchestre Philharmonique de Lille donne un dernier concert au Colisée avant sa fermeture.
Le Colisée à la fin des années 1970 ( document archives municipales )
à suivre . . .
Remerciements à Bertrand Millet, Bernard Vanalderwelt ainsi qu’aux archives municipales.
Jean Deconinck naît en 1876 à Roubaix. En 1901, il rachète les écuries du château Descat à Tourcoing qui a été démoli pour construire le boulevard Descat.
Jean Deconinck ( document D Najberg )
Sur les 10.000 m2 du terrain, il crée un cinéma en plein air, en 1905, et construit ensuite « Le Fresnoy » qui devient un haut lieu de divertissement au début du 20° siècle. Après la première guerre mondiale, c’est l’essor du cinéma. Au début des années 1920, Jean demande alors un permis de construire pour une salle de cinéma, au 41 rue de l’Epeule à Roubaix : « Le Coliseum ». Le projet est de rénover l’hôtel particulier de Paul Descat qui se trouve à cet emplacement, et de le transformer en salle de cinéma. L’architecte choisi est le cabinet : Jacques Barbotin situé au 34 rue de Lille à Roubaix. Sur la façade, on remarque l’inscription : « Instruire en Récréant »
Projet Coliseum ( document archives municipales )
Finalement, l’option n’est pas retenue : la maison est détruite et Jean Deconinck construit le cinéma « Colisée » avec une façade plus moderne, dans le style Art-déco. Il s’investit pleinement dans son projet avec les mêmes architectes Barbotin père et fils, réalise des croquis sur sa planche à dessin, réfléchit aux moindres détails sur la qualité de construction, la technicité des appareils de projection, l’esthétique de la décoration etc. L’inauguration et l’ouverture du cinéma est programmée pour 1926.
Jean Deconinck devant sa table à dessin ( document C. Desrousseaux )Projet Colisée accepté et signé ( document archives municipales )
Les travaux démarrent par la construction de la charpente métallique. C’est une ossature type Eiffel. Jean Deconinck exige que le Colisée soit bâti sur des bases solides. Il suit de près toute évolution technologique du moment.
Charpente métallique ( documents Daniel Najberg )
Avec plus de 2000 places, c’est le plus grand cinéma au nord de Paris. Le projet est impressionnant. La salle de cinéma mesure 45m de long sur 21m de large. Aucun pilier ne vient gêner la vue des spectateurs, qu’ils soient assis aux places les plus chères ou aux dernières. Dans le hall d’entrée, se trouve un bassin et un jet d’eau qui monte à vingt mètres de hauteur et qui traverse le foyer à l’étage par une trémie, jusqu’au sommet de l’édifice.
La trémie à l’étage ( document Le Colisée )
Dans le hall, des colonnes impsantes soutiennent le plafond de couleur ocre et rouge, de style orientaliste et moderne.
Le plafond d’origine ( document Bernard Vanalderwelt )
La salle de cinéma est dotée d’un parterre et de balcons, des bars permettent au public de boire une consommation pendant l’entracte. Jean dirige les deux établissements : le Fresnoy qui est un lieu de distraction populaire, et le Colisée qui s’adresse à la bonne société de Roubaix-Tourcoing
Publicité ( document collection privée )la rue de l’Epeule 1932 ( document collection privée )
Les travaux de grande ampleur ont pris un peu de retard, et c’est en Mai 1927 que Jean Deconinck peut enfin ouvrir son établissement. Il a décidé de frapper fort en publicité, en réservant une page complète sur « Le Journal de Roubaix » sur les 6 pages habituelles du quotidien.
publicité pleine page ( document Le Journal de Roubaix 19 Mai 1927 )
Pour cet événement, le cinéma propose un programme cinématographique hors-pair avec 4 films muets exceptionnels tels que « Michel Strogoff » avec Ivan Mosjoukine.
Michel Strogoff ( documents collection privée )
Jusqu’à l’achèvement définitif des travaux, la direction de l’établissement ne projette que des films dans la salle. Au mois de Septembre 1927, les locaux réservés aux artistes sont achevés et complètement aménagés. Les séances de music-hall alternent alors avec celles du cinéma.
Jean Deconinck suit l’évolution des techniques et procédés cinématographiques. Il adapte son équipement et le Colisée est le premier cinéma à Roubaix à proposer des séances de cinéma parlant. Le premier film français sonorisé : Les Trois Masques sort en 1929 à Paris et est projeté, très peu de temps après, au Colisée.
Programme de 1929 ( document collection privée )Pièce de théâtre en 1929 ( document collection privée )
Le Colisée est certes une salle de cinéma, mais c’est aussi une salle de spectacle pour le music-hall ou des pièces de théâtre. De très nombreux chansonniers s’y succèdent : Tino Rossi, Maurice Chevalier, Fernandel et bien d’autres. Jean Deconinck peut ainsi approcher de près d’immenses vedettes talentueuses comme Joséphine Baker ou Arletty. Le succès du Colisée est colossal dans ce fourmillant quartier de l’Epeule
Fernandel entouré de la famille Deconinck, lors de l’un de ses passages au Colisée ( document C. Desrousseaux )
Pendant la deuxième guerre mondiale, le Colisée reste ouvert mais l’activité est très réduite : quelques pièces de théâtre y sont jouées. Le cinéma quant à lui, redémarre en Septembre 1944.
document collection privéePublicité 1942 ( document collection privée )Redémarrage du cinéma Septembre 1944 ( document Nord Eclair )
Puis, le Colisée redémarre peu à peu son activité complète.
A la fin des années 1940 les dessins animés de Walt Disney ( Cendrillon ) arrivent sur ses écrans pour le plus grand bonheur des jeunes spectateurs
Cendrillon 1950 ( document collection privée )
Jean Deconinck décède en 1943. Il laisse le Fresnoy et le Colisée à ses enfants, dont Henri qui devient directeur et ensuite à son petit fils Hubert Desrousseaux.
Jean Deconinck ( document collection privée )
À suivre . . .
Remerciements à Bertrand Millet, Bernard Vanalderwelt ainsi qu’aux archives municipales.
Il était environ 16 heures, le vendredi 3 janvier 2014, quand une tornade de faible intensité a traversé, dans un couloir d’une centaine de mètres, Roubaix, Lys-lez-Lannoy, Leers et Wattrelos.
Les témoins s’accordent sur une durée de passage inférieure à 10 secondes. L’orage s’est manifesté par de fortes pluies, puis des chutes de grêle. La tornade, avec des vents estimés entre 135 et 175 km/h, est survenue juste après la grêle.Elle a atteint son paroxysme à Leers, selon l’observatoire des tornades et orages violents.
Leers, commune du Nord de la France, a été frappée par un évènement météorologique hors-norme. Si seulement deux blessés sont à dénombrer, les dégâts matériels sont considérables. Selon Jean-Claude Vanbelle, le maire de Leers, de nombreux logements ont été endommagés par les rafales de vent survenues vendredi. Un phénomène météo identifié comme une tornade de niveau 1 par les spécialistes. Reste à savoir désormais si l’État la reconnaitra comme catastrophe naturelle.
La chute de la cheminée doc France 3
A l’extérieur, tout était noir, il y avait de la fumée, de la poussière, témoigne le gardien de la briqueterie, particulièrement touchée. Nous avons une cheminée qui mesure environ 50 mètres de haut, explique un habitant de Leers, et elle est tombée par terre. Dans mon jardin il n’y a plus rien, c’est tout retourné, ajoute-t-il.
Le maire de Leers, Jean-Claude Vanbelle, était l’invité du 19/20 de France 3 Nord Pas-de-Calais, samedi. Selon lui, « 150 à 200 logements ont été fortement abimés par les violentes rafales de vent qui se sont brièvement abattues sur sa commune vendredi après-midi. Nous allons faire un dossier complet pour pouvoir expliquer au préfet que nous souhaitons être déclarés en catastrophe naturelle, a-t-il ajouté.
Des maisons endommagées doc France 3
La mini-tornade de Leers a endommagé plus d’une centaine d’habitations et soufflé sur son passage la cheminée de la briqueterie. Dans les heures qui ont suivi la catastrophe, la ville a demandé l’état de catastrophe naturelle. Elle ne l’obtiendra pas. La préfecture a expliqué que cette procédure exclut en effet les coups de vent.
Un incendie, en 1975, détruit le kiosque à journaux tenu par Gaëtan Trottolo. Une fuite du système de chauffage au gaz butane est à l’origine de l’explosion, suivie d’un incendie qui a ravagé complètement le local. La permanence du Syndicat d’Initiative est alors suspendue quelques temps, pour cause de sinistre.
incendie du kiosque 1975 ( document Nord Eclair )
Une autorisation est accordée par la Mairie, en début d’année 1977 pour démolir le Syndicat d’Initiative du boulevard Leclerc. La municipalité décide en 1978 de la création d’une permanence provisoire sur la Grande rue ( entrée située précisément face à la Place de la Liberté à côté du magasin des chaussures Sam ). Pour l’occasion, le nom change, et devient le « S.I.O.T » Syndicat d’Initiative Office de Tourisme.
S.I.O.T Grande rue ( document Nord Eclair )
En 1978, le travail de l’hôtesse d’accueil change. En effet, en plus de son activité d’accueil et d’information sur la ville, elle a désormais de fortes demandes de logements et en particulier des étudiants ou travailleurs qui cherchent à se loger, et qui ont peine à trouver.
( document Nord Eclair 1978 )
En fin d’année 1978, le SIOT devient l’OTSI ( Office de Tourisme Syndicat d’Initiative ) et quitte le local provisoire de la place de la Liberté pour s’installer en Mairie. L’Office du Tourisme garde son autonomie en matière d’accueil pour les visiteurs. Les demandes concernant la location de logements, les problèmes sociaux ou démarches administratives sont en revanche dirigés vers le « CIM » Centre d’Information Municipal. Ce local de l’OT se trouve dans le hall de la Mairie, au second bureau à gauche en entrant. En 1979, c’est R. Loock le directeur du Grand Hôtel avenue Jean Lebas qui est directeur de l’Office du Tourisme.
( document Nord Eclair 1978 )
De très nombreux roubaisiens et habitants de la Métropole connaissent évidemment l’existence de l’Usine et ses 60 magasins, centre commercial ouvert avenue Alfred Motte en 1984. D’où l’idée en 1986, de créer un stand de l’Office du Tourisme dans ce nouveau centre. Ce bureau assure une permanence pour l’accueil des visiteurs en vue de leur faire connaître notre ville.
( document Nord Eclair 1986 )
A la fin des années 1980, le local principal de l’Office du Tourisme est toujours situé à la Mairie et tenu par Gwendoline Vanost et Jean-Marie Vandenbroucke qui accueillent les visiteurs souhaitant visiter notre commune ou tout simplement trouver un hôtel .
Gwendoline Vanost et Jean-Marie Vandenbroucke ( document Nord Eclair 1989 )
Le 1° Juillet 1991, l’Office du Tourisme quitte ses locaux à la Mairie et déménage à Eurotéléport au 78 boulevard du Général Leclerc. La cité en complète mutation a besoin de redorer son blason, de renouveler sa publicité. Mr Lamarque chargé de mission à l’Office du Tourisme est chargé de créer un fascicule d’accueil pour les touristes, tiré à 30.000 exemplaires ( dont 7.000 en anglais et 3.000 en néerlandais ) et disponible dans tous les lieux publics de la ville.
Le choix de l’emplacement à Eurotéléport est judicieux, car c’est le fleuron d’une réhabilitation réussie de l’entreprise Motte Bossut, et qui répond aux besoins des entreprises en mettant à leur disposition des équipements performants et innovants.
( document Nord Eclair 1991 )
En 1993, l’Office du Tourisme de Roubaix entre officiellement dans la cour des grands. En effet une réglementation sérieuse existe depuis peu. Le verdict de ces appréciations nouvelles normes vient de tomber : notre ville obtient cette année le label 3 étoiles. Arnaud Verspieren le président de l’Office roubaisien, se félicite : « Cette classification est pour nous la reconnaissance d’une mission d’intérêt public».
label 3 étoiles ( document Nord Eclair 1993 )
Les journées du Patrimoine ont été créées il y a quelques années par Jack Lang, ministre de la Culture de l’époque. L’Office du Tourisme de Roubaix participe activement tous les ans à ces deux journées devenues incontournables qui permettent au public de découvrir la ville, et aussi de visiter des lieux habituellement fermés, ou des musées qui modifient leur offre, voire même baissent le tarif du billet d’entrée.
En 2000, l’Office du Tourisme s’installe au 10 rue de la Tuilerie, juste à côté des Archives du Monde du Travail. C’était auparavant l’entreprise de teinturerie d’Alphonse Scrépel. Sophie Wilhelm prend la direction de l’Office avec 4 employés en 2001 pour cette ville de Roubaix qui a reçu le label : « Ville d’Art et d’Histoire ».
Photo BTdocument archives municipales
Sur la photo ci-dessous, devant la façade de l’Office du Tourisme du 10 rue de la Tuilerie, on distingue de gauche à droite Julie Bosquet de l’Office du Tourisme, Sophie Wilhelm la directrice, Jean-Pierre Hus de l’association Côté Commerce et Nathalie Desfrennes Présidente de l’Union des Commerçants de l’Epeule. En 2001, l’objectif de cette équipe dynamique est de remettre l’Office sur les rails, avec l’aide des commerçants, et sous la présidence de Chantal Lecocq.