Hem et le jumelage : Wiehl

Au fil des 40 ans écoulés, 2 autres jumelages ont été réalisés par la ville, l’un en 1993 avec la ville allemande de Wiehl et l’autre en 2000 avec la ville portugaise d’Aljustrell.

Les 3 jumelages de la ville d’Hem vus en bande dessinée (Document Au temps d’Hem)

En octobre 1992, un comité de jumelage est constitué sous la dénomination Hem ville d’Europe et de jeunes hémois effectuent un stage en Allemagne. Une petite délégation hémoise conduite par Denise Houdry, adjointe à la culture, se rend à Wiehl où elle est reçue par Mme Stitz, adjointe du Bourgmestre, et ses collègues du Conseil Municipal. L’officialisation du jumelage est dès lors envisagée pour l’année suivante.

Vue de la ville de Wiehl et prémices du jumelage avec Wiehl en octobre 1992 (Documents Hem 1000 ans d’histoire et Nord-Eclair)

Très vite, après les échanges scolaires, sportifs et culturels, des échanges économiques sont prévus. Mme Massart reçoit à Hem les officiels de la ville allemande et Mr Vercamer, chargé des affaires économiques effectue une présentation du projet : création d’un comité de jumelage économique, comparaisons, études et moyens de développement du tissu économique des 2 villes.

Echanges économiques à la réunion d’avril 1993 (Document Nord-Eclair)

C’est en septembre 1993 que le jumelage est officialisé Outre-Rhin. 280 personnes hémoises, réparties en 5 bus, font partie du voyage, emmenées par Denise Houdry, adjointe à la culture : écoliers, collégiens, musiciens, membres du conseil municipal. La charte est signée par Mme Massart et Mr Bergerhoff dans la grande salle du lycée dont l’orchestre donne ensuite une aubade. L’après-midi, l’arbre du jumelage ramené par les hémois est planté en terre de Wiehl, avant une succession de promenades, inaugurations et spectacles.

Douce idylle entre Wiehl et Hem (Document Nord-Eclair)

En septembre 1994, c’est Hem qui invite pour les festivités retour du jumelage. Une importante délégation de Wiehl assiste ainsi à diverses manifestations : fête champêtre, tournois sportifs (tennis, échecs et pétanque) et cérémonies officielles (signature de la charte). Les géants hémois Gustave et Augustine profitent de ce week-end d’exception pour célébrer leur union et Mr Ron Senior de Moosley offre 2 gravures identiques aux villes d’Hem et de Wiehl. Puis l’arbre du jumelage est planté dans les jardins de l’Hôtel de Ville.

Les jeunes géants mariés, signature de la charte et cadeaux offerts par Moosley, le public en nombre et attentif (Documents Nord-Eclair)
Pétanque, tournoi d’échecs et jeux, lâcher de pigeons et plantation de l’arbre (Documents Nord-Eclair)

En 1998 , l’association Hem, ville d’Europe, qui existe depuis 6 ans, peut se targuer d’une belle vitalité et 50 personnes assistent aux cours d’anglais et d’allemand qu’elle propose. Principalement centrée sur ses activités de jumelage avec Moosley et Wiehl, elle propose : week-end familial, échanges entre établissements scolaires, tournois sportifs, échanges entre anciens combattants, expositions culturelles…Cette même année se dessinent des fiançailles avec Aljustrel, ville portugaise avec laquelle existent déjà des échanges sportifs.

L’association Hem, ville d’Europe, et les fiançailles avec Aljustrel au Portugal (Documents Nord-Eclair)

A la fin de l’année, ce sont 180 allemands qui viennent passer le week-end dans des familles hémoises. Le comité de jumelage fait en sorte que les familles hémoises qui les reçoivent aient des choses en commun afin que tout se passe au mieux. Le samedi soir est prétexte à la fête tandis que le dimanche matin est réservé à la messe ou à la randonnée avant un apéritif festif.

Un week-end en famille en octobre 1998 à Hem (Document Nord-Eclair)

2004 sonne déjà les 10 ans du jumelage franco-allemand et après qu’une délégation hémoise se soit rendue à Wiehl pour les fêter en mai 2003 et voir rebaptiser la place de Wiehl en place de Hem, c’est au tour de Hem d’inviter une délégation allemande en y associant les 2 villes jumelles de Mossley et Aljustrel ; au programme: réunion de travail à la ferme Franchomme et grande soirée d’anniversaire à la salle Leplat.

Les 10 ans du jumelage en mai 2004 (Document Nord-Eclair)

Une statue est érigée, au Jardin des Perspectives, en 2014, pour célébrer les 20 ans du jumelage et l’amitié qui lient désormais les deux villes. C’est Maurice Hache, artiste hémois qui crée une œuvre en acier inoxydable racontant leur histoire commune et nommée Héléonord.

Heleonord en 2014 (Documents Voix du Nord)

5 ans plus tard, pour les 25 ans du jumelage, les amis allemands organisent une fête pleine d’animation avec le traditionnel gâteau. Et c’est en mai 2019 que les 25 ans sont fêtés à Hem avec une sculpture d’un artiste mexicain installée au Jardin des Perspectives au son des ensembles de cordes des 2 villes sœurs.

Fête des 25 ans à Wiehl avec le traditionnel gâteau et à Hem avec l’installation d’une sculpture au Jardin des Perspectives (Documents Ville de Hem et Voix du Nord)

De même en 2023, pour les trente ans du jumelage c’est d’abord une délégation hémoise qui se rend en Allemagne pour des retrouvailles amicales et des festivités entre les deux villes. L’anniversaire est également fêté à Hem en 2024, en présence d’une délégation de la ville d’Aljustrel, pour accompagner les 2 communes dans le renouvellement de leurs vœux d’amitié : signature traditionnelle des chartes de jumelage et repas festif ponctué d’animations se déroulent au Zephyr.

Festivités des 30 ans à Wiehl en 2023 et Hem en 2024 (Documents Ville de Hem)

Remerciements à l’association Historihem, à la Ville de Hem, à Jacquy Delaporte pour les livres Hem d’Hier et d’Aujourd’hui et Hem 1000 ans d’Histoire, enfin à Jacquy Demaporte, Christian Teel et Chantal Guillaume pour leur bande dessinée Au temps d’Hem.

Hem et le jumelage : Mossley

C’est en 1972 que la ville de Hem décide d’un 1er jumelage avec la cité anglaise de Mossley, une petite ville de 10.000 habitants du Lancashire, située à quelques dizaines de kilomètres au sud-est de Manchester. Pour ce faire, Mr Dupont Lhotelain, agent consulaire de France à Manchester et directeur d’une entreprise française textile à Mossley rend visite, dès janvier 1972 à la municipalité anglaise afin de lui proposer l’idée.

S’ensuivent des échanges par courrier entre le secrétaire de mairie de Mossley, Mr Thomas, et le secrétaire général de la mairie d’Hem, Mr Lepers. Puis, le 1er contact physique avec les personnalités britanniques a lieu, en mars 1972, avec la réception à Hem du maire Mr Alderman Herbert Bentley, de son adjoint, de 2 conseillers et du secrétaire de mairie de Mossley.

Les secrétaires de mairie et la signature du protocole entre les 2 maires (Documents Historihem)

Un protocole est signé entre les maires d’Hem et de Mossley, lesquels s’engagent solennellement à tout mettre en œuvre pour maintenir de façon durable les liens établis. C’est ainsi que les représentants de la municipalité hémoise, à la tête desquelles le maire Jean Leplat sont reçus par leurs homologues de la ville britannique dès le mois de Juin.

La délégation municipale hémoise (Documents Hem d’hier et d’aujourd’hui)

Un comité de jumelage est alors constitué avec, à sa tête, Mr Ron Senior, conseiller. A travers ce comité, des contacts peuvent être pris avec des personnes ou associations de Mossley et du voisinage exerçant des activités similaires en vue d’échanges réciproques. Une réception officielle réunit le personnalités à Mossley en février 1974 et toute une délégation d’enfants français y est également reçue par des élèves anglais en août 1974.

La réception officielle des personnalités en février et la délégation d’enfants français avec leurs homologues anglais en août 1974 (Document Hem1000 ans d’histoire)

Très vite la presse locale annonce une réussite complète concernant le jumelage sportif Hem et Mossley. Ainsi, en septembre 1974, football et ping-pong réunissent sportifs hémois et britanniques avant une chaleureuse soirée d’adieu et une photo souvenir réunissant les sportifs et les personnalités de la ville.

Jumelage sportif et fraternité en septembre 1974 (Documents Nord-Eclair)

Dix ans plus tard le bilan est pourtant mitigé et, des nombreuses relations projetées initialement, ne subsistent, au début des années 1980, que des échanges au niveau des clubs de football et des sociétés patriotiques d’anciens combattants. Chaque année une délégation britannique vient ainsi commémorer la victoire des alliés en novembre avec la FAC (Fraternelle des Anciens Combattants) de Hem.

Ainsi une amitié s’est créée et c’est toujours avec plaisir que Jack Powel, président des anciens combattants de Moosley, et Mr et Mme Ron Senior, viennent passer quelques jours à Hem, comme en novembre 1983 où ils assistent au banquet du 11 novembre. Par ailleurs une délégation de la police municipale de Hem est reçue en 1984 par ses homologues de Mossley.

Ron Senior reçu par Mme Massart à Hem en novembre 1983 et une délégation de la police municipale hémoise à Mossley (Document Tout Hem 1984)

L’année1986 est l’occasion d’un tournoi de football entre l’Olympic hémois et trente deux bobbies anglais qui alternent visite d’une distillerie et d’un commissariat , visite de Bruges et rencontres de foot. Les 2 présidents de clubs sont également reçus en mairie par Mme Massart, maire de la ville, avec échange de cadeaux. Sont également au programme restaurant et soirée dansante.

Week-end à Hem pour les bobbies (Documents Historihem)

C’est à Mossley et Tameside (ville dans laquelle a été regroupée Moosley) que se déroulent les rencontres de 1988 et 1990. En 88, c’est Jack Petit, maire de Mossley, et son épouse qui reçoivent Mme Massart et son époux. Puis Mr Detré, conseiller municipal chargé du jumelage, et son épouse sont reçus, en 90, par Mr Denyer, maire de Tameside et son épouse.

Réception à Mossley en 1988 et Tameside en 1990 (Documents Historihem)

Durant la décennie suivante les échanges continuent : sportifs comme en 1991 entre le club de foot anglais TPFC et l’Olympic hémois, entre personnalités municipales comme en 1992 avec la venue du maire de Tameside à Hem avec le président de la majorité politique du conseil municipal, mais aussi scolaire comme en 1998 avec les échanges linguistiques d’élèves d’une école de Mossley et du collège Elsa Triolet.

TPFC et Olympic hémois devant la mairie en 91, les officiels anglais en 92 et la réception en mairie des élèves anglais et français en 98 (Documents Historihem)

En 2000, et pour la 28 ème année consécutive une délégation anglaise d’anciens combattants du régiment du Duc de Wellington, se joint à la FAC pour fêter les médaillés hémois de la FAC et assister au traditionnel banquet. Puis a lieu le traditionnel défilé du 11 novembre vers le monument aux morts puis la stèle du Général de Gaulle, en compagnie de la fanfare La Gauloise, et avec la participation des véhicules du Rétro-Club hémois, avant la messe à Saint Corneille suivie du dépôt de gerbes sur les tombes françaises et anglaises des combattants morts à la guerre.

La FAC et les anciens combattants anglais au défilé du 11 novembre 2000 (Documents Historihem)

2012 est une année très spéciale puisqu’elle représente les 40 ans du jumelage des 2 villes. 18 britanniques, âgés de 30 à 70 ans, viennent à Hem en Novembre pour célébrer cet anniversaire et commémorer le 11 novembre avec les membres de la FAC. Au programme : accueil à l’espace culturel, visite dégustation dans une ferme brasserie, recueillement devant la stèle Charles de Gaulle, vernissage de l’exposition des 90 ans de la FAC, auberge espagnole, visite de la ville puis de la Manufacture des Flandres et du vélodrome de Roubaix.

Les 40 ans du jumelage (Document Voix du Nord)

Le dimanche le programme est tout aussi chargé avec : messe à Saint Corneille, fleurissement des tombes anglaises au cimetière, plantation de l’arbre des 40 ans dans le jardin des perspectives, banquet à la salle des fêtes avec dégustation de spécialités de la région et soirée en famille pour clôturer la journée avant le retour du lendemain.

Plantation de l’arbre des 40 ans au Jardin des Perpectives en 2012 (Document Historihem)

Remerciements à l’association Historihem, à la Ville de Hem, à Jacquy Delaporte pour les livres Hem d’Hier et d’Aujourd’hui et Hem 1000 ans d’Histoire

Harmonie municipale de Leers (suite)

La Musique municipale de Leers participe aux grands événements de la commune et bien au-delà. Ainsi le 4 mai 1908, elle exécute la Marseillaise au moment de l’inauguration de la ligne de tramways Lille-Leers, devant de nombreuses personnalités parmi lesquelles le Préfet du Nord Louis Vincent, le Député du Nord Henri Delecroix et le maire de Leers Louis Courier. La société compte alors 50 exécutants et elle est dirigée par MM. Drieu jusqu’en 1907, Montignies, puis Jung jusqu’en 1912, Auguste Béghin jusqu’en 1914. Pendant la guerre, douze de ses membres tombèrent au champ d’honneur. En 1918, M. Bernard fut nommé directeur jusqu’en 1925.

Après la guerre, l’Harmonie municipale s’est reconstituée et Monsieur Anatole Desmet en est le Président. Le 28 septembre 1919, la société leersoise est invitée à prendre part à un concert à Armentières, et elle prend un train spécial pour y jouer. Les musiques de Lys et d’Armentières participent également à ce concert. En octobre, l’Harmonie Leersoise se produit à Lannoy, et le 23 novembre elle fête la traditionnelle Sainte Cécile.

Pendant les années vingt, les déplacements sont réguliers et nombreux : Orroir (Mont de l’Enclus) en mai, Wattrelos en juin, Mouscron en juillet, Lille en août, Lys-lez-Lannoy en septembre. En mai 1921, la société crée une caisse de chômage pour venir en aide à ses membres sans travail. Elle poursuit avec difficulté ses déplacements, en juin à Hem et à Wasquehal. En août la section des mutilés de Leers organise une fête à l’occasion de la remise de son drapeau. L’Harmonie de Leers y joue ainsi que les Amis Réunis de Lys-lez-Lannoy et la musique de Lannoy. En juin 1922, l’Harmonie est invitée à Haubourdin, puis à Lannoy. En juillet, elle est à Pecq, le même mois elle participe à la réception de la société municipale de gymnastique de Leers, les Volontaires pour la réception de leurs lauréats au concours d’Armentières. En septembre, l’Harmonie Leersoise est à Néchin.

L’Harmonie défile en 1924 dimdeRx

En mai 1923, les leersois participent au cinquantenaire de la fanfare de Toufflers. Le 17 juin, c’est la remise des décorations aux musiciens leersois par la Fédération : trois étoiles fédérales pour 50 ans de présence, cinq médailles d’honneur pour 30 ans de présence, trois diplômes d’honneur pour 20 ans de présence. Une fête est organisée à cette occasion avec cortège de la place de la Fabrique jusqu’à la place de Leers, concert apéritif, banquet, réception des sociétés route de Néchin, remise des décorations, défilé et concert par les différentes musiques de Lys, Lannoy, Toufflers. En juin encore, une fête de bienfaisance est organisée au profit des convalescents nécessiteux de l’Hôpital de la Fraternité, l’Harmonie Leersoise défile et donne un concert. En mars 1924, le congrès des mutilés de Roubaix, Lannoy et ses cantons est organisé à Leers, l’Harmonie y joue un pas redoublé, les scènes légendaires d’Alfred Richard et la marche des fiançailles de Pares. En juillet, les leersois jouent à Lys. Le 14 août, le Président sortant Anatole Desmet est reconduit dans ses fonctions pour cinq années. Un comité de membres bienfaiteurs est créé pour aider la trésorerie de l’Harmonie. La cotisation est de 50 francs et elle est versée à la Sainte Cécile.

Le 125e anniversaire DimdeRx

En 1925, l’Harmonie participe à toutes les fêtes de quartier et autres défilés, moyennant des primes allant de 50 à 100 francs. À l’époque les professeurs recevaient une petite allocation du Président, mais voulant continuer à encourager les bénévoles, le Maire obtient de son administration une prime annuelle de 400 francs. Le directeur de la société, Monsieur Bernard quitte ses fonctions, une annonce paraît dans le Journal de Roubaix pour recruter son successeur qui sera Victor Cottignies bien connu des musiques du canton de Lannoy. En 1928, le siège de l’Harmonie est situé rue de Wattrelos (ex rue de la mairie, aujourd’hui rue du Général de Gaulle, au café de l’Harmonie qui deviendra plus tard la poissonnerie Delescluse. En 1929, la société fête son 125e anniversaire.

Les années trente

Le siège de l’Harmonie est fixé chez M. Paul Lory (rue Thiers devenue rue des Patriotes) actuellement le café tabac le Liberty. Les festivités du 125e anniversaire ont entraîné un déficit de 769,90 francs que l’Harmonie doit emprunter sur la subvention 1930. L’Harmonie Leersoise est toujours beaucoup sollicitée : Annappes, Gibraltar, Ypres, Néchin, Lys, Estaimpuis. Elle participe également aux cérémonies à caractère officiel comme l’inauguration à Leers d’un monument élevé à la mémoire des aînés morts au champ d’honneur. Sans oublier la traditionnelle fête de Sainte Cécile.

En 1931, l’Harmonie participe à l’inauguration de la Maison des Œuvres de Toufflers en présence du Cardinal Achille Liénart, évêque de Lille. Puis ce sera Lys, Néchin, Lille, et les cérémonies officielles de la Toussaint et du 11 novembre. En 1933, l’Harmonie participe à la kermesse de Néchin. En 1934, c’est une audition à la Messe de Pâques sous la direction de Victor Cottignies : l’Harmonie Leersoise joue la marche héroïque de Saint-Saëns et la bohème de Puccini. Elle participe en juin aux fêtes de la musique municipale de Lannoy et après le concert du 14 juillet à Leers, elle donne un concert pour le 60e anniversaire de la fondation de la Musique de Toufflers. Puis ce sera Néchin en septembre, Lille, et Roubaix le 25 novembre.

Les membres de la commission 1934 DimdeRx

1935, le 14 avril, l’Harmonie Leersoise participe à l’inauguration de l’école des garçons, le dimanche de Pâques elle donne une audition à l’église puis à la fête Jeanne d’Arc. Le 14 juillet concert sur la Place. Elle est associée au 75e anniversaire des Enfants de la Lyre de Wattrelos. En août, elle est à Knocke le Zout. En 1936, l’Harmonie compte 65 musiciens. Le 22 et 23 août elle se voit offrir un nouveau drapeau par M. Oscar Fournie vice président d’honneur gracieux donateur. En 1937, en dehors des rendez-vous leersois, l’Harmonie Leersoise participe aux fêtes du cinquantenaire de l’Harmonie de Mouvaux. L’école de musique de l’Harmonie est florissante : dix sept élèves sont ainsi récompensés à l’occasion des examens de fin d’année.

Décorations 1935 DimdeRx

En 1938, le programme est le suivant : auditions de Pâques à l’église, fête de Jeanne d’Arc en mai, fête musicale de la musique de Lannoy le même mois, fêtes du Sartel en juin, en juillet c’est au tour de la kermesse flamande des Amis réunis de Lys lez Lannoy organisée dans le parc Boutemy. En juillet encore, gala à Toufflers, les fêtes du 11 novembre, et la Sainte Cécile du 11 décembre. Cette année-là, une allocation de chauffage est versée à l’Harmonie sous la forme d’une livraison annuelle de 200 kgs de charbon. En 1939, la saison musicale s’arrêtera après le 23 juillet quand l’Harmonie de Leers reprend son répertoire du 14 juillet à Lys Lez Lannoy. La guerre vient interrompre les concerts et les programmes pour une durée de six années.

Les drapeaux 1936 DimdeRx

à suivre

Sources :

Leers mon village, A.L.E.H.P

1804-2004, 200 ans de musique à Leers avec l’Harmonie Municipal par Michel Bourgois

Leers et les leersois sous la seconde République (1848-1852) par Lucien Demonchaux Association Leers Historique

Journal de Roubaix

Harmonie municipale de Leers

Quatre musiciens leersois sont à l’origine de la création d’une phalange musicale qui allait devenir l’Harmonie municipale de Leers. Le 19 mai 1804, ces quatre musiciens, clairons et tambours, fêtent la nomination de Napoléon Bonaparte comme Empereur des français survenue la veille. On défile dans les rues en exécutant des marches et des pas redoublés. Le pas redoublé est un pas cadencé qui correspond au pas de charge et au pas de marche des armées de Napoléon Ier. Son rythme est le double de celui du « pas ordinaire ». D’autres musiciens rejoignent le mouvement et forment ainsi la mouture initiale de l’harmonie leersoise. Les aïeux fondateurs de la société sont issus des vieilles familles leersoises et musiciennes : Quique, Delbroucq, Broux, Delbecq.

Les leersois participent à leur premier concours à Tourcoing le 27 août 1820 où ils obtiennent le second prix, ayant disputé les places d’honneur avec les musiques de Courtrai et de Comines. Parmi les dirigeants de la société, il y a Narcisse Quique, décédé en 1855, son fils Auguste Quique, Jules Moulart, Henri Salembier (1886-1891). Narcisse Quique était cabaretier à la Place de Leers et il fut musicien dans un régiment d’Afrique avant de diriger la société leersoise. Son fils Auguste Quique entre à l’âge de 10 ans comme piston dans la société leersoise. Étant soldat, il fut caporal clairon. Musicien et compositeur, il dirigea la société leersoise dès l’âge de 30 ans ainsi que diverses sociétés de musique des alentours, comme Lys, Ascq, Sailly, Templeuve, l’Harmonie Franco-Belge de Néchin. Auguste Quique fut honoré par l’Institut Populaire de France et reçut huit médailles dans différents concours. Il décède le 27 octobre 1933.

Le siège de la société était alors au café Louis Leclercq au lieu dit l’Estocoi, à l’angle de la rue de Néchin et de la rue de la Marne. Le 17 juin 1850, la société de musique forte de 22 membres participe à la cérémonie de la pose du premier pavé de la nouvelle route, portant ainsi pour la première fois le drapeau municipal. Cette nouvelle route pavée permettra de joindre Leers à Lannoy.

Festival 1857 doc Leers Historique

Le 19 juillet 1857, la société leersoise organise un festival de musique dont elle fera l’ouverture, avec la participation de nombreuses sociétés de musique. Le 13 août 1867, elle participe aux fêtes d’inauguration des Eaux de la Lys à Roubaix.

Médaille des fêtes d’inauguration des Eaux de la Lys

Le 13 février 1875 la société prend officiellement le nom de société philharmonique de la commune de Leers. Le 14 juillet 1878, la commune de Leers organise un festival de musique et un carrousel. Le député Georges Brame offre un objet d’art.

Le 14 septembre 1880 intervient une scission qui entraîne la création d’une société dite l’Union musicale, établie chez Madame Veuve Quique avec les 16 musiciens dissidents. Le Président de la société est le brasseur Oscar Brame. Pendant la décennie, deux autres sociétés sont créées, ce qui montre l’importance de la pratique musicale à Leers : le 28 mai 1893, l’Union des Trompettes est installée chez Henri Englebert, Estaminet du Clairon à Leers. Le 18 mars 1897, naissait la Leersoise Philharmonique établie chez Jules Leruste.

L’Harmonie en 1898 doc Leers Historique

En 1886, la société philharmonique de la commune de Leers était dirigée par Henri Salembier, avec comme sous directeur Joseph Leroy et comme Président Monsieur Salembier Dhalluin. Le 23 septembre 1894 se déroule la fête du Hameau de la Royère à Néchin. Puis le 13 juin 1897, un grand concert de fanfares d’harmonies et d’orphéons est organisé à Leers par la musique municipale.

Le festival de 1904 doc Leers Historique

Pour son centenaire en 1904, la société municipale organise un grand festival international de musique le 14 août. Cinquante six sociétés sont affectées aux différents quartiers de Leers. La musique municipale ouvre les festivités avec la Marseillaise et une composition pour l’occasion intitulée le Centenaire. Elle comptait alors 45 exécutants et son directeur était M. Drieu.

À suivre

Sources :

Leers mon village, A.L.E.H.P

1804-2004, 200 ans de musique à Leers avec l’Harmonie Municipal par Michel Bourgois

Leers et les leersois sous la seconde République (1848-1852) par Lucien Demonchaux Association Leers Historique

Journal de Roubaix

Buffalo Bill à Roubaix

William Frederick Cody naît en 1846 dans l’Iowa. Il est initialement chasseur de bisons, et se fait appeler Buffalo Bill car il vend de la viande de bison ( Buffalo : bison en anglais ).

Buffalo Bill, jeune

Après la guerre de sécession, Buffalo Bill décide d’organiser un spectacle populaire, le « Buffalo Bill’s Wild West ». En 1889, il est de passage à Paris pour l’Exposition Universelle et transforme la Ville lumière en un décor de western grandeur nature, avec des cavalcades endiablées, des bisons en cavale, des indiens à cheval et des coups de feu en ville.

Publicité américaine

Avec son spectacle itinérant, Buffalo Bill recrée les scènes mythiques de la conquête de l’Ouest avec un réalisme à couper le souffle. Il installe alors son show au Champ de Mars, au pied de la Tour Eiffel fraîchement inaugurée.

Buffalo Bill lors de son passage à Paris en 1889

C’est lors de son passage à Paris, que la peintre Rosa Bonheur fait son portrait. Il fera de ce tableau sa publicité par la suite.

Portrait de Buffalo Bill, par Rosa Bonheur

Quelque seize années plus tard, en 1905, le héros de la conquête de l’Ouest est de retour à Paris dans le cadre du Carnaval. Mais, cette fois-ci, il a prévu d’entamer une grande tournée à travers toute la France, dans 110 villes, dont Arras, Douai, Roubaix et Lille, dans la région. La mairie de Roubaix est informée par courrier début Janvier 1905, de l’arrivée de Buffalo Bill. La lettre précise des informations sur le type de spectacle proposé : exercices d’équitations, défilés militaires etc.

En-tête du courrier de Buffalo Bill adressé à la mairie de Roubaix ( document archives municipales )

Les administrateurs du spectacle s’occupent de toute la logistique, il faut juste prévoir un emplacement. Un terrain de 4 ha est nécessaire pour installer le campement, les tribunes et l’arène pour le spectacle. L’emplacement devra faire 400 mètres de long sur 100 mètres de large. Il est nécessaire de répondre immédiatement et la municipalité accepte évidemment la proposition car le spectacle de Buffalo Bill tourne dans le monde entier. Accueillir ce spectacle gigantesque, c’est aussi une reconnaissance pour la ville qui n’a jamais présenté une telle exhibition.

La ferme de Maufait en 1899 ( document JP Maerten )

L’endroit choisi par la municipalité est la plaine de Maufait à Roubaix, un terrain privé où se trouvait la ferme du même nom, au « Pont Rouge », au bout de la rue de Lannoy. Le show est programmé pour les jeudi 29 et vendredi 30 Mai 1905.

le déchargement à Dunkerque

La promotion du spectacle se fait par voie de presse, par encarts publicitaires, et par affichage sur les murs de la ville : une campagne de publicité à l’américaine qui annonce un formidable divertissement.

l’arrivée à Roubaix ( Journal « Echo du Nord » 30 Juin 1905 )
document « Journal de Roubaix »

L’arrivée à Roubaix est spectaculaire : 4 trains de 20 wagons arrivent en gare de Croix ; ils transportent 1000 figurants et 500 chevaux, du matériel dont des tentes immenses, des gradins, l’arène etc. Le convoi arrive à Roubaix par la rue de Lille, la Grand Place, la rue Pierre Motte puis la rue de Lannoy jusque la plaine de Maufait qui se trouve derrière l’hôpital de la Fraternité. Tout est prévu par les administrateurs du spectacle : et en particulier la logistique pour leur déplacement et leur campement ; chaque jour il faut prévoir d’acheter sur place, 600 kgs de viande 400 kgs de pommes de terre et 300 kgs de pain, 300 litres de lait, 75 kgs de café. Les vins et alcools sont prohibés.

Le campement ( document collection privée )

L’ arrivée ébouriffante de l’équipe crée l’événement et l’excitation des roubaisiens est à son comble. Ils sont nombreux à accourir pour voir de leurs propres yeux et acclamer :« l’élégant cavalier, aux yeux d’acier, aux cheveux magnifiques, ce champion des tueurs de buffles sauvages, cet intrépide héros ».

document collection privée
document collection privée

Quatre spectacles sont programmés pour les 29 et 30 Juin, à 14h et 20h chaque jour. Le ticket d’entrée varie de 1,5 à 8 Francs, un peu cher peut-être, compte tenu du prix de 5 centimes, du journal de l’époque ! Mais les spectateurs arrivent en masse car le show promet d’être exceptionnel : deux heures de représentation, des scènes pittoresques représentant l’Ouest américain, des combats, des rodéos, des attaques de diligence par des bandits, des indiens ( des vrais ). On raconte aux spectateurs la vie des pionniers, la chasse au bison, l’histoire du Pony Express. Le spectacle est fabuleux, les roubaisiens sont ravis. C’est rythmé, ça tire à la Winchester, les indiens crient, les cow-boys font des acrobaties à cheval. C’est du jamais vu ! Surtout à cette époque alors que le cinéma n’en est encore qu’à ses débuts.

document bnr

Le public vient nombreux, les communes voisines ont fourni de forts contingents de spectateurs. Le public abrité sous les tribunes, suit avec intérêt les exercices des cavaliers intrépides. Les spectateurs sont ravis, malgré l’orage subi lors de la quatrième représentation du vendredi soir.

document collection privée
document collection privée

Le vendredi soir à 22h, le spectacle est fini. La troupe remballe et le démontage commence aussitôt. A minuit, en deux heures de temps, c’est terminé ! Plus aucune trace de l’exhibition sur la plaine de Maufait. Buffalo Bill et son équipe, partent immédiatement à Lille pour 4 représentations du 1 au 4 Juillet.

Une seule ombre au tableau. Le Journal de Roubaix du 5 Juillet, titre : « Une épidémie dans la cavalerie de Buffalo Bill. En effet, quatre chevaux ont été abattus car porteurs de la « Morve » maladie équine fortement contagieuse.

Cependant, William Frederick Cody laisse aux roubaisiens un souvenir exceptionnel. Comme dans toutes les villes traversées, le Buffalo Bill’s show s’est acquis une réputation unique, non seulement par son énormité, par l’extraordinaire curiosité qu’il soulève, mais encore par l’indiscutable réalisme des tableaux de la vie des plaines du Far-West américain.

Buffalo Bill ( document collection privée )

Après deux tournées mondiales, Buffalo Bill se retire dans son ranch pour s’occuper de ses 5.000 chevaux et de ses 15.000 têtes de bétail.

Le ranch de William Frederic Cody en 1913 ( document collection privée )

Remerciements à Philippe Waret pour son livre « Les Apaches du Pont Rouge » ainsi qu’aux archives municipales.

Colisée ( 4 ) 2000 2026

En 2000-2001, la mairie et la direction du Colisée décident de la rénovation intérieure de la salle : nouvelle entrée, plafond doré, sol clair, le hall est refait et semble plus spacieux. Il peut accueillir à l’occasion, quelques manifestations, des « extras » en quelque sorte. 1200 nouveaux fauteuils bleus ont déjà été installés l’année dernière. Des dispositions sont prises pour un meilleur accueil des PMR Personnes à Mobilité Réduite. Le restaurant est refait, avec des couleurs chaudes. La billetterie est plus spacieuse et ouverte sur le public. Le nouveau Colisée est magnifique.

document Nord Eclair
document Nord Eclair
document Nord Eclair

Pour passer le cap de l’an 2000, la directrice du Colisée, Marie Cécile Laidebeur décide de donner un coup de jeune au parvis, installé déjà depuis quelques temps. Elle fait appel à l’ESAAT, Ecole Supérieure d’Arts Appliqués et Textile de Roubaix, pour que quelques étudiants puissent y apporter quelque chose de gai, de coloré et de kitch. Cette belle expression de leur talent est baptisée : la porte des vœux du 3° millénaire.

document Nord Eclair

En Mars 2002, Marie Cécile est entrée dans la « Cour des Grands » elle reçoit, en effet, des mains de Gisèle Casadesus, la Croix de Chevalier de l’Ordre national du Mérite, le jour de la représentation de Jérome Deschamps : La Cour des Grands. Mais elle décède malheureusement en Septembre 2003 et laisse un grand vide à la direction du Colisée. Avec elle, disparaît une battante qui a su imposer « l’Olympia du Nord », grâce à une programmation éclectique. Brigitte Leman assure la direction par intérim.

document Nord Eclair 2002

Le Ballet du Nord, rebaptisé en 1985, Centre Chorégraphique National de Roubaix est confié en 2004 à Carolyn Carlson, une grande figure de la danse contemporaine. Elle génère alors un rayonnement à la fois sur le territoire et à l’international.

Carolyn Carlson ( document site C. Carlson )

En Octobre 2006, Bertrand Millet prend la direction du Colisée qui change de statut juridique. Bertrand apporte un sang nouveau : il adopte alors un théâtre pluridisciplinaire, développe la « programmation directe » et réduit la partie « location ». Il est chef d’entreprise ( il se qualifie même de taulier ), il mène le projet artistique avec la prospection, programmation et relation avec les artistes.

Bertrand Millet, nouveau directeur du Colisée ( document Nord Eclair )

Pour Bertrand, la Culture a un rôle essentiel : rassembler les gens, rapprocher les populations différentes et créer du lien. La colonne vertébrale des programmations devient le théâtre. La collaboration entre Carolyn Carlson et Bertrand Millet est de plus en plus importante.

Il présente au public, à chaque début de saison, le programme : un savant dosage entre les spectacles visuels, le théâtre, la danse, les concerts, les humoristes et même du cirque. Si le projet est essentiellement constitué de spectacles pour le grand public, l’objectif est également de faire découvrir certains artistes moins connus. Avec son équipe, il concocte la recette culturelle et met tout en œuvre pour transformer chaque soirée en moment inoubliable.

Affiche Programme saison ( document collection privée )

En Mars 2020, l’épidémie de Covid 19 se déclare. Cette pandémie perturbe fortement l’activité du Colisée car des mesures de protection sanitaires sont obligatoires. Entre toutes les vagues de confinement, le Colisée met en place des séparations originales en carton, sur les sièges entre les spectateurs d’une même famille, pour pouvoir continuer à proposer des spectacles culturels à la clientèle. « Quand on est à moins de 1 000, on replace le public pour avoir la distanciation, explique Bertrand Millet à la presse locale.

document B. Vanalderwelt
document B. Vanalderwelt
document Voix du Nord 2020

Après la pandémie, le Colisée reprend une activité normale. Il est le rendez vous des émotions, du rire, de la musique, de la danse et du spectacle. L’immense salle propose jusqu’à 1700 places dans une atmosphère intimiste, avec de nos jours, plus de 100 représentations chaque saison, accueillant plus de 100.000 spectateurs.

Bertrand Millet ( document RoubaixXL )
document Colisée

Jean Deconinck a créé le Colisée en 1926. Pour la saison 2026-2027 l’établissement va fêter son centenaire ! Nul doute que Bertrand Millet et son équipe, composée d’une vingtaine de collaborateurs, vont nous programmer des spectacles encore plus exceptionnels pour cet événement. Un siècle déjà, et toujours avec une jeunesse intacte ! De plus, le Plan de Rénovation Urbaine de la ville prévoit le réaménagement complet de la rue de l’Epeule en 2026, et en particulier la végétalisation du parvis du Colisée.

Projet 2026 ( document ville de Roubaix )
document Colisée

Remerciements à Bertrand Millet, Bernard Vanalderwelt, Patrick Bullens ainsi qu’aux archives municipales.

Square Gustave Ansart

Gustave Ansart naît à Roubaix dans le quartier du Pile, le 5 Mai 1923. Issu d’une famille ouvrière, il commence à travailler en usine à l’âge de 13 ans et se syndique à cette occasion.

Gustave Ansart document collection privée

En 1947 il est élu conseiller municipal à Roubaix ; en 1951 il devient secrétaire de l’union CGT de la métallurgie de la région et en 1954 il est élu au comité central du PCF. Député du Nord en 1956 et député européen en 1979, Gustave Ansart est également directeur du journal Liberté à Lille de 1958 à 1982.

Il décède le 20 Septembre 1990 à Denain. De nombreuses personnalités régionales et nationales sont présentes, le 23 Septembre, pour ses obsèques dont Arthur Brabant, maire de Denain ; Noël Josèphe du Conseil régional ; Alain Bocquet, premier secrétaire du Parti Communiste et Georges Marchais, secrétaire général du Parti Communiste.

Gustave Ansart 1923 1990 document archives municipales

Gustave concevait la vie politique comme un débat d’idées et non pas comme un combat entre les hommes. Il y a certes des adversaires, mais jamais d’ennemis. Après son décès en 1990, Emile Duhamel, son fidèle ami, demande à la municipalité de la ville de Roubaix qu’un endroit de la ville porte son nom , si possible dans son quartier du Pile. La demande est acceptée à l’unanimité par le conseil municipal. Ce sera un square situé entre la rue Lannes et la rue Marceau, attenant à la Maison des Deux Quartiers.

la plaque ( document N. Duhamel )

Le 9 Juin 1993, une cérémonie est organisée pour dévoiler la plaque du square Gustave Ansart en présence de nombreuses personnalités. Sur la photo ci-dessous, on reconnaît André Diligent et à ses côtés Mme Gustave Ansart ; au deuxième rang, René Vandierendonck, Bernard Carton et à l’extrême droite, Emile Duhamel.

document N. Duhamel

En 2017, la municipalité accorde un permis pour construire à l’emplacement du square Gustave Ansart, un « Centre de petite enfance du quartier du Pile ».

Centre de petite enfance

A l’approche du 100° anniversaire de la date de naissance de Gustave Ansart, de nombreux roubaisiens sollicitent Mr le Maire Guillaume Delbart, en vue de lui rendre hommage en donnant son nom à une rue ou à un autre endroit. En Février 2025, le conseil municipal propose de réattribuer le nom du square Gustave Ansart, à l’espace vert créé à l’angle de la rue Lannes et du boulevard de Beaurepaire. Une cérémonie a lieu à cet endroit pour dévoiler la plaque du nouveau square Gustave Ansart, le mardi 2 Décembre 2025.

Invitation ( document N.Duhamel )

Sur la photo ci-dessous, on distingue sur la gauche, Gustave Ansart ( fils ) puis Nicole Duhamel, Alexandre Garcin et Michelle Demessine

document La Voix du Nord

Comme le rappelle son fils, Gustave Ansart répétait souvent : « C’est au Pile, que j’ai appris la solidarité, on y partageait la soupe et le pain ». Et quand on le questionnait sur son bagage universitaire, il répondait fièrement qu’il venait de l’Université du Pile.

Gustave Ansart ( document archives municipales )

Remerciements à Gustave Ansart fils, Nicole Duhamel ainsi qu’aux archives municipales.

Aurèle Guénard

Il existe à Leers une rue Aurèle Guénard, qui relie le carrefour de la rue Léon Gambetta et de la rue Louise de Bettignies à Leers France à la rue de la Reine Élisabeth, territoire de Leers-Nord en Belgique. À un endroit frontalière, cette rue aurait pu convenir à la ronde d’un douanier entre France et Belgique. On peut penser que c’est à dessein qu’on lui donna le 12 novembre 1927 le nom d’Aurèle Guénard, qui fut douanier et patrouilla sans doute en ces lieux.

Né à Charleville-Mézières en 1879, Aurèle Guénard s’est engagé pour quatre ans dans l’armée et il est affecté dans l’infanterie de marine. On le retrouve au Tonkin (Vietnam) du 3 février 1899 au 4 novembre 1900. Au terme de son contrat, il revient dans les Ardennes, se marie et intègre l’administration des douanes en 1909. Il est gabelou à Wattrelos où il habite caserne de la douane. Il sera ensuite mobilisé comme soldat télégraphiste à Dunkerque avant d’être redirigé sur Lille le 7 septembre 1914. L’armée française est repoussée. Le 25 août 1914, alors que l’ennemi est signalé sur la frontière franco-belge, Aurèle Guénard abat un soldat allemand.

Aurèle Guénard photo Égalité de Rx Tg

Ne voulant pas être fait prisonnier, il quitte l’uniforme pour des vêtements civils. Avec un autre soldat, le caporal Gaston Briclair, il va former un redoutable duo de franc-tireurs. Après l’occupation de Lille, à partir d’octobre 1914, Guénard passe des courriers clandestins entre la France et les Pays-Bas tout en organisant l’évasion de soldats français emprisonnés dans la capitale des Flandres. À la Noël 1916, Aurèle et son épouse sont cachés à Lille rue Léon Gambetta. Il est recherché mais demeure introuvable.

Dénoncé, il est finalement arrêté le 14 novembre 1917 dans un café de la rue Gambetta à Lille nommé « Au Mont Cassel ». Le douanier est incarcéré à la citadelle. Le conseil de guerre le condamne à mort le 12 juillet 1918 pour espionnage. Il est fusillé le 23 août à la citadelle de Lille. Son corps repose au cimetière du sud. Lors de son décès il est domicilié à Lille rue Manuel l’une des nombreuses adresses où il résidait il devait en changer souvent.

Excepté la médaille militaire, décernée à titre posthume en 1922, personne n’a jamais vraiment rendu hommage à l’action et à la mémoire d’Aurèle Guénard. Dans les années 30, la municipalité lilloise avait envisagé de lui dédier un monument mais le héros n’eut pas cet honneur. Leers lui consacrera une rue.

Sources

La Voix du Nord août 2018, novembre 2019

L’Égalité de Roubaix Tourcoing 9 et 10 décembre 1931

Le Colisée ( 3 ) 1980 – 2000

A la fin des années 1970, la télévision se développe et envahit les foyers au détriment des salles de cinéma. Tous les cinémas sont en difficulté et ferment les uns après les autres. Le Colisée n’est pas épargné par la crise des grandes salles obscures mais s’apprête à connaître un autre sort. En effet, la ville de Roubaix rachète l’établissement, en 1980, et dépose un dossier pour la réhabilitation et la transformation du Colisée en salle de spectacles et centre de chorégraphie. Le vieux cinéma s’apprête à couler des jours différents, il va devenir un point de ralliement de l’Opéra du Nord.

Maquette de la transformation ( document archives municipales )

D’importants travaux de rénovation ( pour 12 millions de francs ) sont ainsi programmés d’ici 1982. Le chantier démarre en Mars 1981. Tout d’abord, il est nécessaire de désenclaver le Colisée. La ville de Roubaix rachète l’entreprise voisine, les Ets Libbrecht, au 39 de la rue de l’Epeule, qui est ensuite démolie. La superficie de plus de 4.000 m2 peut alors être consacrée à la création d’une place. L’entrée de la rue de l’Epeule se fait sur un parvis latéral, qui permet lui-même aux spectateurs d’accéder à la salle de spectacle.

document Nord Eclair 1982

La salle de cinéma connaît alors de grands changements. La scène est large mais pas suffisamment profonde pour se prêter à des spectacles chorégraphiques, elle est donc agrandie. Plusieurs rangées de fauteuils ( environ 200 ) devant la rampe, sont supprimées. Une fosse d’orchestre est créée. La scène ne peut pas être réaménagée, elle doit être complètement rasée, avec la création d’un nouveau plateau, l’installation d’un nouveau dispositif de cintres, la pose de perches qui supportent les projecteurs pour les jeux de lumière etc. La capacité de la salle est dès lors de 1800 personnes.

document archives municipales
document archives municipales
document B. Vanalderwelt
document archives municipales
Les travaux sur place ( document archives municipales )
Les travaux sur place ( document B. Vanalderwelt )

Un couac se produit pendant les travaux : la maison voisine de Jean Prez, accordéoniste au 43 de la rue de l’Epeule, subit quelques dommages . . .

document archives municipales

En Juin 1982, Pierre Prouvost, député maire, vient visiter le chantier. Il constate que les travaux avancent bien, et que les délais seront respectés, malgré l’ampleur de la tâche. La livraison devrait se faire fin Décembre ou en début d’année 1983.

Pierre Prouvost en visite ( document Nord Eclair 1982 )

Mr le Maire est impressionné par l’importance des travaux. Autrefois, derrière l’écran du cinéma, le mur du fond se trouvait à 4 mètres de distance. Aujourd’hui la tour de scène construite, mesure 23 m de haut, 30 m de large avec une ouverture de scène de 18 m sur 15 m de profondeur. Cette tour est vraiment très imposante.

vue aérienne des travaux ( document IGN )

La salle de spectacle peut, par ailleurs, être modifiée en fonction des spectacles. A partir du 10° rang jusqu’au 22° tous les sièges peuvent être relevés, grâce à l’installation de vérins hydrauliques. Ce système ingénieux permet de disposer les sièges en gradins. Cette disposition est particulièrement efficace au niveau acoustique pour les représentations de spectacle lyrique ou d’opéra.

la salle ( document Nord Eclair )
document B. Vanalderwelt
la salle ( document Colisée )
les vérins hydrauliques ( document B. Vanalderwelt )

Pierre Prouvost est heureux de constater que le nouveau Colisée est propre à accueillir le public, d’autant que le niveau artistique des spectacles proposés ne démentira pas la qualité de l’outil conçu.

document B. Vanalderwelt

Le 28 Janvier 1983, après près de deux ans de travaux, c’est l’ inauguration du Colisée-Opéra en présence de Pierre Mauroy premier ministre de l’époque, Pierre Prouvost député-maire, Monique Bouchez présidente de l’Opéra du Nord, Noël Josèphe président du Conseil Régional et Alfonso Catà chorégraphe du Ballet du Nord. Pour l’occasion, le ballet national de Marseille de Roland Petit présente son spectacle : « Les Hauts de Hurlevent », et ce pendant trois jours consécutifs.

Inauguration ( document Nord Eclair )
Inauguration ( document B. Vanaderwelt )

Le Colisée démarre donc, en ce début d’année 1983, de façon importante et dynamique puisque sont programmés les spectacles de Julien Clerc le 3 Février, la revue du Casino de Paris les 4 et 5, l’opéra Faust les 18 et 20, Patrick Sébastien le 25 et la revue West Side Story les 26 et 27.

C’est également en 1983, que le Ballet du Nord, antenne de l’Opéra de Lille, s’installe au Colisée, sous la direction d’Alfonso Catà. Le ballet devient Centre Chorégraphique National.

La cafétéria installée au rez de chaussée ( document B. Vanaderwelt )

La salle d’entraînement et de répétitions du Ballet du Nord est installée à l’étage dans l’ancien dancing et peut également, à l’occasion, accueillir 200 personnes. Sur la photo ci-dessous, on reconnaît, en bas, les anciens gradins du dancing, et sur la droite, la scène ou se produisaient les chanteurs et orchestres.

document Ballet du Nord

Dans les années 1980, le Colisée est géré par l’association Roubaix Culture dont le président est André Diligent et la vice présidente Thérèse Constans. La direction de Roubaix Culture a son siège dans les locaux du Colisée. La ville de Roubaix et le Colisée travaillent toujours en étroite collaboration, en matière de choix des spectacles, de budget de fonctionnement etc

Patrick Bullens directeur du Colisée et Martial Guénée de Roubaix-culture en 1985 ( document Nord Eclair )

Les 20 ans de Roubaix-Culture en 1991 : Thérèse Constans, Martial Guénée et Patrick Bullens

En 1993, soit 10 ans après l’ouverture, le directeur, Patrick Bullens, pense déjà à effectuer quelques travaux de rénovation. 1) les peintures : la totalité des peintures intérieures soit 3000 m2 sont à refaire 2) le chauffage à air pulsé doit être repensé, pour éviter à certains spectateurs d’avoir trop chaud et d’autres d’avoir des courants d’air désagréables, et surtout que le chauffage soit plus silencieux. Les devis des travaux sont acceptés et ceux-ci vont durer tout l’été.

Patrick Bullens directeur en 1993 ( document Nord Eclair )

Le Colisée accueille des spectacles prestigieux et de nombreuses vedettes de variété s’y produisent : Barbara, Charles Trenet, Michel Sardou, Niagara, Georges Moustaki, Alain Souchon, Gilbert Bécaud, Charles Aznavour etc, ainsi que des célébrités dans le monde du théâtre :

Patrick Bullens nous conte une anecdote qui prête à sourire : Bernard Blier, peu avant de monter sur scène, se trouve dans sa loge en peignoir d’intérieur. Il se dirige vers le lavabo pour se nettoyer les mains, et malheureusement s’aperçoit que les robinets ne fonctionnent pas correctement ( eau froide à la place de l’eau chaude ! ) Bernard Blier, qui a du caractère, se met en colère, le fait savoir bruyamment et monte directement sur scène en peignoir ! Tous les techniciens sur place sont forcément surpris, essaient de l’interpeller pour qu’il puisse se vêtir, mais en vain. Bernard affiche un sourire moqueur : le peignoir est sa tenue de scène du premier acte !

Bernard Blier ( document collection privée )

Dans les années 1990, de nouvelles très grandes salles spécialisées dans la distribution musicale arrivent sur la métropole comme Le Zénith ou l’Aéronef. Le Colisée voit ainsi partir les grands concerts vers les autres salles. La directrice depuis 1997, Marie-Cécile Laidebeur, parvient cependant à maintenir une offre culturelle variée et de grande qualité.

En Novembre 1998, un incident se produit lors du concert du chanteur Faudel. En effet, le public est chaud-bouillant, les filles trépignent, sautent, crient, hurlent, dansent et se trémoussent pendant ce concert de musique raï. Le pompier de service s’aperçoit que des fissures apparaissent sous le balcon. Inquiet il prévient le responsable de la sécurité qui fait arrêter immédiatement le chanteur. Faudel annonce lui-même la nouvelle au public forcément mécontent. Il semble toutefois, que ce ne sont que des fissures superficielles du plâtre.

Faudel ( document Nord Eclair )

Arnaud Verspieren et Marie Cécile Laidebeur annoncent en 1999 l’installation de 1200 nouveaux fauteuils beaucoup plus confortables et silencieux ( en effet, ils ne couinent pas ! ) et de couleur bleu comme le rideau. 600 fauteuils arriveront plus tard pour être installés au balcon.

document Nord Eclair
Le Colisée ( document bnr )

à suivre . . .

Remerciements à Bertrand Millet, Bernard Vanalderwelt, Patrick Bullens ainsi qu’aux archives municipales.

Le Colisée ( 2 ) 1951 – 1980

Après la seconde guerre mondiale, Henri Deconinck, ressentant le frétillement de la reprise, reste très optimiste sur l’avenir du cinéma. Il décide donc d’entreprendre d’importants travaux de rénovation pour le Colisée de la rue de l’Epeule à Roubaix. L’objectif, très ambitieux, est de proposer à la clientèle le confort dans un cadre agréable et les améliorations techniques les plus modernes. Il fait appel à l’architecte parisien Edouard Lardillier pour ce projet très important. Le Colisée annonce fin Juin 1951 sa fermeture annuelle, mais, en fait, de très gros travaux pharaoniques démarrent début Juillet pour de nombreuses semaines

document Nord Eclair
document Nord Eclair

L’art moderne, sobre et impressionnant à la fois, offre ici le maximum d’un mariage harmonieux des lignes courbes et droites, pour créer un cadre agréable :un écran de 7 mètres de long, des installations sonores stéréophoniques, des nouveaux fauteuils en velours pourpre, des lumières tamisées, des peintures de couleur beige, des murs recouvert de tapis isolants, un sol et un plafond insonorisés et anti vibrations, un chauffage à air pulsé, une sécurité absolue contre les risques d’incendie etc. Seule la charpente métallique est conservée.

document collection privée

La salle compte 2400 places confortables : des fauteuils fabriqués spécialement, car inspirés des sièges automobiles. La scène a été agrandie. La galerie de droite qui borde la salle est une exposition d’oeuvres des artistes roubaisiens. Dans la galerie de gauche, un bar spacieux accueille les clients pendant l’entracte. La façade sur la rue de l’Epeule est également refaite : un large escalier donne accès au dancing, une fresque occupe toute la largeur. Sur le thème des Muses de la mythologie, elle a été réalisée par Mr Ponsard un artiste parisien. 

document archives municipale
document collection privée
document Colisée

Le mur latéral droit de l’entrée est recouvert de miroirs, ce qui donne un aspect encore plus grandiose à l’ensemble.

document P. Bullens

Le dancing à l’étage est refait également : la trémie donnant sur le hall est comblée et sur des gradins sont installées des tables qui dominent désormais la piste de danse. Malgré toutes ces investissements coûteux, le prix du billet d’une place de cinéma ne devrait pas augmenter fortement et doit se situer autour de 160 Frs. Le Colisée devient la plus grande et la plus belle salle de cinéma de province : une salle polyvalente dédiée au 7° art, mais aussi aux spectacles de variétés.

document collection privée
document Nord Eclair

Les travaux ont duré 5 mois, de Juillet à Novembre 1951. Pendant ces 160 journées de travail, 500 ouvriers ont oeuvré à la transformation du Colisée. On imagine sans peine les difficultés rencontrées sur le chantier, par l’architecte, les entreprises et leurs salariés. Il faut rendre hommage à tous ces artisans du succès, du plus humble ouvrier au grand architecte. C’est un bel exemple de réussite de ce que peut réaliser une coopération étroite entre gens compétents et motivés.

document Nord Eclair

La réouverture du Colisée a lieu le lundi 26 Novembre 1951. Pour fêter cet événement, qui coïncide avec le 25° anniversaire de la création, Henri Deconinck organise une soirée de gala : la projection d’un film « Paris chante toujours » qui réunit les 10 plus grandes vedettes de la chanson française : André Dassary, Georges Guétary, Luis Mariano, Yves Montand, Edith Piaf, Line Renaud, Jean Sablon, Georges Ulmer et Tino Rossi. Cette soirée exceptionnelle est organisée au profit d’oeuvres sociales de la ville.

document collection privée
( document collection privée )

Un film muet en noir et blanc est tourné pendant cette soirée d’inauguration ou l’on note la présence de Pierre Dac, Charles Verstraete etc. Cette date du 26 Novembre 1951, c’est la première étape dans la carrière du Nouveau Colisée ! ( document B. Vanalderwelt )

Deux ans après son ouverture, Henri investit à nouveau ! Il fait casser la scène pour l’agrandir en hauteur et en largeur et l’adapter à une technologie naissante : le cinémascope qui nécessite un écran incurvé de 17m de large et 7m de haut. Le Colisée accueille en exclusivité sur Roubaix, le premier film en cinémascope : « La Tunique » en 1953. Il dame ainsi le pion à son confrère le Casino de la place de la Liberté.

document collection privée
document collection privée
document collection privée

Dans les années 1950 et 1960, le Colisée remporte un succès colossal, aussi bien au cinéma qu’au dancing. Le rythme bat son plein dans cette salle atypique, où l’on peut découvrir des films, des spectacles variés, et danser. Des grandes vedettes de variété passent sur la scène, et leurs noms s’inscrivent en lettres rouges sur la façade de la rue de l’Epeule. Le Colisée est d’ailleurs souvent surnommé : « l’Olympia du Nord ».

Façade ( document collection privée )
Compilation vedettes variété scène 1950 1960 ( documents Nord Eclair )

En Octobre 1961, Henri Deconinck investit à nouveau dans du matériel : un projecteur 70/35 est installé pour la sortie du film Ben-Hur. Cet appareil permet d’utiliser deux types de film : soit 700 m de pellicule en 70 mm, soit 1100 m en 35 mm. A la sortie de la séance, les spectateurs sont émerveillés par la netteté de l’image pourtant monumentale sur l’écran de 17m et également par la qualité du son stéréophonique.

Ben Hur ( document Nord Eclair )

Le dancing à l’étage connaît aussi un grand succès dans ces années 1950 1960, les bals se succèdent surtout les fins de semaine. Henri Deconinck est présent tous les week-end, les samedi et dimanche après midi, où il alterne ses passages entre Le Fresnoy et le Colisée, au volant de sa jaguar Type E, pour vérifier que tout se passe bien et qu’il n’y a pas d’incident. Henri est très « à cheval » sur la tenue de ses clients : « Tenue correcte exigée » et donc pour les jeunes gens sans cravate, le responsable à l’entrée du dancing leur en prête une ! Il est souvent fier de rappeler que la plupart des couples roubaisiens se sont formés dans un des deux établissements qu’il dirige.

Compilation soirées organisées au dancing à l’étage 1950 1960 ( documents Nord Eclair )
Henri Deconinck ( document Nord Eclair )

La télévision, apparue dans les années 1950, se développe fortement dans les années 1960 et 1970, surtout avec l’avènement de la télé couleur en 1967. La conséquence inévitable de ce développement du petit écran dans les foyers, est la baisse de fréquentation dans les cinémas dans les années 1970. Tous les cinémas sont concernés. Certains vont se subdiviser en salles de poche, d’autres vont fermer complètement. Le Colisée n’est pas épargné par la crise des grandes salles obscures, alors qu’il a atteint l’apogée de sa renommée, Henri Deconinck arrête les projections de films à la fin de l’année 1978, continue les spectacles de variété et cherche des solutions qui permettraient de conserver la salle en l’état en réorganisant le projet artistique. Le 18 Mars 1981, l’Orchestre Philharmonique de Lille donne un dernier concert au Colisée avant sa fermeture.

Le Colisée à la fin des années 1970 ( document archives municipales )

à suivre . . .

Remerciements à Bertrand Millet, Bernard Vanalderwelt ainsi qu’aux archives municipales.