Henri Bailleul est né à Leers le 13 septembre 1899 d’un père et d’une mère tisserands. Ses parents habitaient hameau de Gibraltar. Il a été formé à l’École Normale. Il est affecté à l’école de Leers comme intérimaire de guerre du 18 septembre 1917 au 31 décembre 1918, Un instituteur intérimaire de guerre est un enseignant recruté en urgence par l’État pour remplacer les maîtres titulaires mobilisés au front. Ces remplaçants étaient souvent des jeunes de l’école normale, d’anciens instituteurs rappelés, ou des femmes.
Il quittera ce poste pour effectuer son service militaire. À sa rentrée du régiment, il est nommé instituteur adjoint à Steene, commune qui se trouve à proximité de Bergues et de Dunkerque le 4 avril 1921. Puis il assure le poste d’adjoint en octobre 1921 à Loon Plage, commune du Westhoek français au bord de la mer du Nord, entre Calais et Dunkerque. Il est ensuite en poste à à Hem aux Trois Baudets en avril 1923. Cette rue de Hem, longue de 1041 mètres, relie la rue Jean Jaurès à la rue Jules Guesde et figure sur les plans de la ville sous ce nom depuis les années 1920.
Le 19 avril 1924, il se marie à Leers avec Madeleine Prévot, hémoise d’origine, fille d’un cabaretier leersois de la rue de Roubaix. Le voici en poste à Wattrelos Crétinier en octobre 1925. A cette époque, le quartier du Crétinier à Wattrelos voit fleurir les lotissements, notamment sous la direction de M. Fastenackels. Avant la Première Guerre mondiale, ce secteur était encore en grande partie à l’état de sentier ou de zone peu construite.
Henri Bailleul, enseignant médaillé doc NM
En octobre 1927, Henri Bailleul est nommé directeur à Berthen, une commune en pleine période de reconstruction. Le village, situé au pied du Mont des Cats, reconstruit ses infrastructures agricoles et son habitat. En octobre 1934, il est en poste à Estaires, dont l’élan industriel a été brisé par la Première Guerre mondiale. En octobre 1937, il revient sur Lys-lez-Lannoy dans le canton de Lannoy, commune limitrophe d’ Hem, Lannoy, Leers, Roubaix et Toufflers. Enfin Henri Bailleul revient à Leers en octobre 1946. La commune entame sa reconstruction d’après-guerre.
Il se révèle un excellent pédagogue, et sa courtoisie lui vaut l’estime de la population de ses adjoints et le respect de ses élèves. Il est distingué en 1955 Officier de l’Instruction publique, après avoir été médaillé de bronze de l’enseignement (1945) Officier d’Académie (1946) médaille d’argent des instituteurs (1950). Henri Bailleul sera le directeur de l’école des garçons de Leers de 1946 à 1958.
La Musique municipale de Leers participe aux grands événements de la commune et bien au-delà. Ainsi le 4 mai 1908, elle exécute la Marseillaise au moment de l’inauguration de la ligne de tramways Lille-Leers, devant de nombreuses personnalités parmi lesquelles le Préfet du Nord Louis Vincent, le Député du Nord Henri Delecroix et le maire de Leers Louis Courier. La société compte alors 50 exécutants et elle est dirigée par MM. Drieu jusqu’en 1907, Montignies, puis Jung jusqu’en 1912, Auguste Béghin jusqu’en 1914. Pendant la guerre, douze de ses membres tombèrent au champ d’honneur. En 1918, M. Bernard fut nommé directeur jusqu’en 1925.
Après la guerre, l’Harmonie municipale s’est reconstituée et Monsieur Anatole Desmet en est le Président. Le 28 septembre 1919, la société leersoise est invitée à prendre part à un concert à Armentières, et elle prend un train spécial pour y jouer. Les musiques de Lys et d’Armentières participent également à ce concert. En octobre, l’Harmonie Leersoise se produit à Lannoy, et le 23 novembre elle fête la traditionnelle Sainte Cécile.
Pendant les années vingt, les déplacements sont réguliers et nombreux : Orroir (Mont de l’Enclus) en mai, Wattrelos en juin, Mouscron en juillet, Lille en août, Lys-lez-Lannoy en septembre. En mai 1921, la société crée une caisse de chômage pour venir en aide à ses membres sans travail. Elle poursuit avec difficulté ses déplacements, en juin à Hem et à Wasquehal. En août la section des mutilés de Leers organise une fête à l’occasion de la remise de son drapeau. L’Harmonie de Leers y joue ainsi que les Amis Réunis de Lys-lez-Lannoy et la musique de Lannoy. En juin 1922, l’Harmonie est invitée à Haubourdin, puis à Lannoy. En juillet, elle est à Pecq, le même mois elle participe à la réception de la société municipale de gymnastique de Leers, les Volontaires pour la réception de leurs lauréats au concours d’Armentières. En septembre, l’Harmonie Leersoise est à Néchin.
L’Harmonie défile en 1924 dimdeRx
En mai 1923, les leersois participent au cinquantenaire de la fanfare de Toufflers. Le 17 juin, c’est la remise des décorations aux musiciens leersois par la Fédération : trois étoiles fédérales pour 50 ans de présence, cinq médailles d’honneur pour 30 ans de présence, trois diplômes d’honneur pour 20 ans de présence. Une fête est organisée à cette occasion avec cortège de la place de la Fabrique jusqu’à la place de Leers, concert apéritif, banquet, réception des sociétés route de Néchin, remise des décorations, défilé et concert par les différentes musiques de Lys, Lannoy, Toufflers. En juin encore, une fête de bienfaisance est organisée au profit des convalescents nécessiteux de l’Hôpital de la Fraternité, l’Harmonie Leersoise défile et donne un concert. En mars 1924, le congrès des mutilés de Roubaix, Lannoy et ses cantons est organisé à Leers, l’Harmonie y joue un pas redoublé, les scènes légendaires d’Alfred Richard et la marche des fiançailles de Pares. En juillet, les leersois jouent à Lys. Le 14 août, le Président sortant Anatole Desmet est reconduit dans ses fonctions pour cinq années. Un comité de membres bienfaiteurs est créé pour aider la trésorerie de l’Harmonie. La cotisation est de 50 francs et elle est versée à la Sainte Cécile.
Le 125e anniversaire DimdeRx
En 1925, l’Harmonie participe à toutes les fêtes de quartier et autres défilés, moyennant des primes allant de 50 à 100 francs. À l’époque les professeurs recevaient une petite allocation du Président, mais voulant continuer à encourager les bénévoles, le Maire obtient de son administration une prime annuelle de 400 francs. Le directeur de la société, Monsieur Bernard quitte ses fonctions, une annonce paraît dans le Journal de Roubaix pour recruter son successeur qui sera Victor Cottignies bien connu des musiques du canton de Lannoy. En 1928, le siège de l’Harmonie est situé rue de Wattrelos (ex rue de la mairie, aujourd’hui rue du Général de Gaulle, au café de l’Harmonie qui deviendra plus tard la poissonnerie Delescluse. En 1929, la société fête son 125e anniversaire.
Les années trente
Le siège de l’Harmonie est fixé chez M. Paul Lory (rue Thiers devenue rue des Patriotes) actuellement le café tabac le Liberty. Les festivités du 125e anniversaire ont entraîné un déficit de 769,90 francs que l’Harmonie doit emprunter sur la subvention 1930. L’Harmonie Leersoise est toujours beaucoup sollicitée : Annappes, Gibraltar, Ypres, Néchin, Lys, Estaimpuis. Elle participe également aux cérémonies à caractère officiel comme l’inauguration à Leers d’un monument élevé à la mémoire des aînés morts au champ d’honneur. Sans oublier la traditionnelle fête de Sainte Cécile.
En 1931, l’Harmonie participe à l’inauguration de la Maison des Œuvres de Toufflers en présence du Cardinal Achille Liénart, évêque de Lille. Puis ce sera Lys, Néchin, Lille, et les cérémonies officielles de la Toussaint et du 11 novembre. En 1933, l’Harmonie participe à la kermesse de Néchin. En 1934, c’est une audition à la Messe de Pâques sous la direction de Victor Cottignies : l’Harmonie Leersoise joue la marche héroïque de Saint-Saëns et la bohème de Puccini. Elle participe en juin aux fêtes de la musique municipale de Lannoy et après le concert du 14 juillet à Leers, elle donne un concert pour le 60e anniversaire de la fondation de la Musique de Toufflers. Puis ce sera Néchin en septembre, Lille, et Roubaix le 25 novembre.
Les membres de la commission 1934 DimdeRx
1935, le 14 avril, l’Harmonie Leersoise participe à l’inauguration de l’école des garçons, le dimanche de Pâques elle donne une audition à l’église puis à la fête Jeanne d’Arc. Le 14 juillet concert sur la Place. Elle est associée au 75e anniversaire des Enfants de la Lyre de Wattrelos. En août, elle est à Knocke le Zout. En 1936, l’Harmonie compte 65 musiciens. Le 22 et 23 août elle se voit offrir un nouveau drapeau par M. Oscar Fournie vice président d’honneur gracieux donateur. En 1937, en dehors des rendez-vous leersois, l’Harmonie Leersoise participe aux fêtes du cinquantenaire de l’Harmonie de Mouvaux. L’école de musique de l’Harmonie est florissante : dix sept élèves sont ainsi récompensés à l’occasion des examens de fin d’année.
Décorations 1935 DimdeRx
En 1938, le programme est le suivant : auditions de Pâques à l’église, fête de Jeanne d’Arc en mai, fête musicale de la musique de Lannoy le même mois, fêtes du Sartel en juin, en juillet c’est au tour de la kermesse flamande des Amis réunis de Lys lez Lannoy organisée dans le parc Boutemy. En juillet encore, gala à Toufflers, les fêtes du 11 novembre, et la Sainte Cécile du 11 décembre. Cette année-là, une allocation de chauffage est versée à l’Harmonie sous la forme d’une livraison annuelle de 200 kgs de charbon. En 1939, la saison musicale s’arrêtera après le 23 juillet quand l’Harmonie de Leers reprend son répertoire du 14 juillet à Lys Lez Lannoy. La guerre vient interrompre les concerts et les programmes pour une durée de six années.
Les drapeaux 1936 DimdeRx
à suivre
Sources :
Leers mon village, A.L.E.H.P
1804-2004, 200 ans de musique à Leers avec l’Harmonie Municipal par Michel Bourgois
Leers et les leersois sous la seconde République (1848-1852) par Lucien Demonchaux Association Leers Historique
Quatre musiciens leersois sont à l’origine de la création d’une phalange musicale qui allait devenir l’Harmonie municipale de Leers. Le 19 mai 1804, ces quatre musiciens, clairons et tambours, fêtent la nomination de Napoléon Bonaparte comme Empereur des français survenue la veille. On défile dans les rues en exécutant des marches et des pas redoublés. Le pas redoublé est un pas cadencé qui correspond au pas de charge et au pas de marche des armées de Napoléon Ier. Son rythme est le double de celui du « pas ordinaire ». D’autres musiciens rejoignent le mouvement et forment ainsi la mouture initiale de l’harmonie leersoise. Les aïeux fondateurs de la société sont issus des vieilles familles leersoises et musiciennes : Quique, Delbroucq, Broux, Delbecq.
Les leersois participent à leur premier concours à Tourcoing le 27 août 1820 où ils obtiennent le second prix, ayant disputé les places d’honneur avec les musiques de Courtrai et de Comines. Parmi les dirigeants de la société, il y a Narcisse Quique, décédé en 1855, son fils Auguste Quique, Jules Moulart, Henri Salembier (1886-1891). Narcisse Quique était cabaretier à la Place de Leers et il fut musicien dans un régiment d’Afrique avant de diriger la société leersoise. Son fils Auguste Quique entre à l’âge de 10 ans comme piston dans la société leersoise. Étant soldat, il fut caporal clairon. Musicien et compositeur, il dirigea la société leersoise dès l’âge de 30 ans ainsi que diverses sociétés de musique des alentours, comme Lys, Ascq, Sailly, Templeuve, l’Harmonie Franco-Belge de Néchin. Auguste Quique fut honoré par l’Institut Populaire de France et reçut huit médailles dans différents concours. Il décède le 27 octobre 1933.
Le siège de la société était alors au café Louis Leclercq au lieu dit l’Estocoi, à l’angle de la rue de Néchin et de la rue de la Marne. Le 17 juin 1850, la société de musique forte de 22 membres participe à la cérémonie de la pose du premier pavé de la nouvelle route, portant ainsi pour la première fois le drapeau municipal. Cette nouvelle route pavée permettra de joindre Leers à Lannoy.
Festival 1857 doc Leers Historique
Le 19 juillet 1857, la société leersoise organise un festival de musique dont elle fera l’ouverture, avec la participation de nombreuses sociétés de musique. Le 13 août 1867, elle participe aux fêtes d’inauguration des Eaux de la Lys à Roubaix.
Médaille des fêtes d’inauguration des Eaux de la Lys
Le 13 février 1875 la société prend officiellement le nom de société philharmonique de la commune de Leers. Le 14 juillet 1878, la commune de Leers organise un festival de musique et un carrousel. Le député Georges Brame offre un objet d’art.
Le 14 septembre 1880 intervient une scission qui entraîne la création d’une société dite l’Union musicale, établie chez Madame Veuve Quique avec les 16 musiciens dissidents. Le Président de la société est le brasseur Oscar Brame. Pendant la décennie, deux autres sociétés sont créées, ce qui montre l’importance de la pratique musicale à Leers : le 28 mai 1893, l’Union des Trompettes est installée chez Henri Englebert, Estaminet du Clairon à Leers. Le 18 mars 1897, naissait la Leersoise Philharmonique établie chez Jules Leruste.
L’Harmonie en 1898 doc Leers Historique
En 1886, la société philharmonique de la commune de Leers était dirigée par Henri Salembier, avec comme sous directeur Joseph Leroy et comme Président Monsieur Salembier Dhalluin. Le 23 septembre 1894 se déroule la fête du Hameau de la Royère à Néchin. Puis le 13 juin 1897, un grand concert de fanfares d’harmonies et d’orphéons est organisé à Leers par la musique municipale.
Le festival de 1904 doc Leers Historique
Pour son centenaire en 1904, la société municipale organise un grand festival international de musique le 14 août. Cinquante six sociétés sont affectées aux différents quartiers de Leers. La musique municipale ouvre les festivités avec la Marseillaise et une composition pour l’occasion intitulée le Centenaire. Elle comptait alors 45 exécutants et son directeur était M. Drieu.
À suivre
Sources :
Leers mon village, A.L.E.H.P
1804-2004, 200 ans de musique à Leers avec l’Harmonie Municipal par Michel Bourgois
Leers et les leersois sous la seconde République (1848-1852) par Lucien Demonchaux Association Leers Historique
Il existe à Leers une rue Aurèle Guénard, qui relie le carrefour de la rue Léon Gambetta et de la rue Louise de Bettignies à Leers France à la rue de la Reine Élisabeth, territoire de Leers-Nord en Belgique. À un endroit frontalière, cette rue aurait pu convenir à la ronde d’un douanier entre France et Belgique. On peut penser que c’est à dessein qu’on lui donna le 12 novembre 1927 le nom d’Aurèle Guénard, qui fut douanier et patrouilla sans doute en ces lieux.
Né à Charleville-Mézières en 1879, Aurèle Guénard s’est engagé pour quatre ans dans l’armée et il est affecté dans l’infanterie de marine. On le retrouve au Tonkin (Vietnam) du 3 février 1899 au 4 novembre 1900. Au terme de son contrat, il revient dans les Ardennes, se marie et intègre l’administration des douanes en 1909. Il est gabelou à Wattrelos où il habite caserne de la douane. Il sera ensuite mobilisé comme soldat télégraphiste à Dunkerque avant d’être redirigé sur Lille le 7 septembre 1914. L’armée française est repoussée. Le 25 août 1914, alors que l’ennemi est signalé sur la frontière franco-belge, Aurèle Guénard abat un soldat allemand.
Aurèle Guénard photo Égalité de Rx Tg
Ne voulant pas être fait prisonnier, il quitte l’uniforme pour des vêtements civils. Avec un autre soldat, le caporal Gaston Briclair, il va former un redoutable duo de franc-tireurs. Après l’occupation de Lille, à partir d’octobre 1914, Guénard passe des courriers clandestins entre la France et les Pays-Bas tout en organisant l’évasion de soldats français emprisonnés dans la capitale des Flandres. À la Noël 1916, Aurèle et son épouse sont cachés à Lille rue Léon Gambetta. Il est recherché mais demeure introuvable.
Dénoncé, il est finalement arrêté le 14 novembre 1917 dans un café de la rue Gambetta à Lille nommé « Au Mont Cassel ». Le douanier est incarcéré à la citadelle. Le conseil de guerre le condamne à mort le 12 juillet 1918 pour espionnage. Il est fusillé le 23 août à la citadelle de Lille. Son corps repose au cimetière du sud. Lors de son décès il est domicilié à Lille rue Manuel l’une des nombreuses adresses où il résidait il devait en changer souvent.
Excepté la médaille militaire, décernée à titre posthume en 1922, personne n’a jamais vraiment rendu hommage à l’action et à la mémoire d’Aurèle Guénard. Dans les années 30, la municipalité lilloise avait envisagé de lui dédier un monument mais le héros n’eut pas cet honneur. Leers lui consacrera une rue.
Sources
La Voix du Nord août 2018, novembre 2019
L’Égalité de Roubaix Tourcoing 9 et 10 décembre 1931
Cinq jeunes athlètes de l’Avenir Leersois ont participé le dimanche 1er mai 1960 aux épreuves du Critérium départemental de l’UFOLEP organisé à Lille. Tout d’abord impressionnées par le caractère officiel de l’épreuve et la superbe piste du stade Félix Grimonprez, les leersoises se sont très bien comportées. En catégorie minimes, trois d’entre elles furent qualifiées pour la finale du 60 mètres. Denise Bataille remporta l’épreuve du saut en hauteur, Jocelyne Verstraeten enlevant la troisième place dudit concours. Pour le lancer du poids, Marie-Claude Deffrennes se classa quatrième. Le relais 4×60 fut remporté par l’équipe leersoise.
Les sportives de l’Avenir Leersois Photo NM
En finale du 60 mètres, Denise Bataille franchit la ligne d’arrivée dans le même temps que la concurrente classée première. Les juges eurent quelques difficultés à départager les concurrentes. Finalement Denise Bataille fut classée deuxième, Jocelyne Verstraeten troisième, Marie-Claude Deffrennes cinquième.
Les sportives de l’Avenir leersois étaient accompagnées à Lille par leurs entraîneurs : Mme Delplanque présidente, Melle Devoet institutrice et M. Devoet. Les équipières de l’Avenir Leersois avaient précédemment brillé lors du meeting de Comines ce qui augurait de beaux succès pour la formation sportive féminine leersoise.
Il était environ 16 heures, le vendredi 3 janvier 2014, quand une tornade de faible intensité a traversé, dans un couloir d’une centaine de mètres, Roubaix, Lys-lez-Lannoy, Leers et Wattrelos.
Les témoins s’accordent sur une durée de passage inférieure à 10 secondes. L’orage s’est manifesté par de fortes pluies, puis des chutes de grêle. La tornade, avec des vents estimés entre 135 et 175 km/h, est survenue juste après la grêle.Elle a atteint son paroxysme à Leers, selon l’observatoire des tornades et orages violents.
Leers, commune du Nord de la France, a été frappée par un évènement météorologique hors-norme. Si seulement deux blessés sont à dénombrer, les dégâts matériels sont considérables. Selon Jean-Claude Vanbelle, le maire de Leers, de nombreux logements ont été endommagés par les rafales de vent survenues vendredi. Un phénomène météo identifié comme une tornade de niveau 1 par les spécialistes. Reste à savoir désormais si l’État la reconnaitra comme catastrophe naturelle.
La chute de la cheminée doc France 3
A l’extérieur, tout était noir, il y avait de la fumée, de la poussière, témoigne le gardien de la briqueterie, particulièrement touchée. Nous avons une cheminée qui mesure environ 50 mètres de haut, explique un habitant de Leers, et elle est tombée par terre. Dans mon jardin il n’y a plus rien, c’est tout retourné, ajoute-t-il.
Le maire de Leers, Jean-Claude Vanbelle, était l’invité du 19/20 de France 3 Nord Pas-de-Calais, samedi. Selon lui, « 150 à 200 logements ont été fortement abimés par les violentes rafales de vent qui se sont brièvement abattues sur sa commune vendredi après-midi. Nous allons faire un dossier complet pour pouvoir expliquer au préfet que nous souhaitons être déclarés en catastrophe naturelle, a-t-il ajouté.
Des maisons endommagées doc France 3
La mini-tornade de Leers a endommagé plus d’une centaine d’habitations et soufflé sur son passage la cheminée de la briqueterie. Dans les heures qui ont suivi la catastrophe, la ville a demandé l’état de catastrophe naturelle. Elle ne l’obtiendra pas. La préfecture a expliqué que cette procédure exclut en effet les coups de vent.
En 1963, il est décidé de construire une route reliant la rue Roger-Salengro (ex rue de la Papinerie) à la rue des Patriotes. Mais pour cela, il est nécessaire de démolir une partie de la ferme de Monsieur Lampe, qui doit être diminuée de quinze mètres sur toute sa longueur. Cette vieille cense dont le portail date de 1815, doit être amputée de sa grange qui est plus ancienne puisqu’elle remonte au 17eme siècle, comme d’ailleurs tous les autres bâtiments. Les travaux devraient commencer à l’hiver 1964, afin que la route soit ouverte à la fin de l’été. Sur la photo aérienne ci-dessus, on peut apercevoir la ferme Lampe au bout de la rue des Patriotes et en bas à gauche l’arrivée de la rue Salengro.
Les travaux de 1963 photo NE
De la ferme Lampe, il n’y a aujourd’hui plus aucune trace, et le tronçon créé a repris le nom de la rue Roger-Salengro. Un carrefour s’est formé à la jonction de la rue des Patriotes, de la rue Roger-Salengro, de la rue Joseph Leroy et de la rue de Néchin. Un parking occupe aujourd’hui l’emplacement de l’ancienne ferme.
Le carrefour d’aujourd’hui vue Google maps
Après des années de procédures interminables, en 2005, la mairie récupère le terrain de la ferme Lampe. Il faut une dizaine de jours pour que l’entreprise Messien de Villeneuve d’Ascq fasse place nette.
Les derniers instants de la ferme Lampe Photo NE
Après la phase de démolition intervient une phase de consolidation du terrain. Mi février un parking de 160 places va voir le jour. C’est l’entreprise STPV qui est chargée de l’aménagement du terrain. Une bouffée d’oxygène pour le centre ville et ses commerces !
En ce mois d’août 1945, les leersois rendent hommage à la mémoire des résistants assassinés par les nazis. Une grande manifestation va être organisée par les Jeunesses Socialistes en hommage à Léon Wolf secrétaire de la section socialiste et Bernard Wolf secrétaire des Jeunesses Socialistes et de l’intercantonale de Roubaix, tous deux assassinés dans les bagnes nazis. Ils associent à cette manifestation Édouard Dubrunfaut des Jeunesses Socialistes de Leers dont on est encore à ce moment sans nouvelles. Ardent propagandiste du Parti Socialiste, résistant de la première heure, il fut arrêté par la Gestapo le 13 juillet 1943 en même temps que Pantigny, Wolf, Thiberghien (tous décédés depuis) Coquerel et Delabre. Il fut jeté en prison et odieusement torturé par les brutes nazies. Transféré dans divers camps, il a été vu la dernière fois en avril dernier à Buckenwald par Eugène Thomas. Des recherches entreprises par le Ministère des Déportés sont jusqu’alors demeurées vaines mais ses nombreux amis espèrent encore son retour.
Émile Dujardin résistant doc NM
Avant que cette manifestation du souvenir ait lieu, on apprend le décès d’Émile Dujardin. Depuis quelques semaines le bruit courait, mais nul n’osait y croire. Il n’y a plus de doute à présent. Un camarade de captivité vient de confirmer la triste nouvelle. Né le 26 août 1912, Émile Dujardin était dès son jeune âge membre du Parti Socialiste. Colporteur actif des idées socialistes, il fut mobilisé en septembre 1939 au 90e bataillon de chasseurs à pied. Fait prisonnier en juin 1940, il fut interné au Stalag IX A. Après 45 mois d’une dure et pénible captivité, il devait décéder le 20 mars 1945, victime d’un bombardement anglo-américain. Il sera associé à l’hommage de la manifestation souvenir du 19 août.
Augustin Laurent, Victor Provo et Léandre Dupré doc NM
Le dimanche 19 août, une émouvante manifestation se déroule à Leers où plus de 3000 personnes venues de toutes les communes environnantes se sont rassemblées en cortège derrière la clique Les Volontaires de Leers et la Fanfare La Paix de Roubaix. Les drapeaux d’une trentaine de sections flottent en tête du défilé. Parmi les personnalités, on reconnaît Augustin Laurent ancien ministre des PTT, A. Van Wolput, Just Evrard, Émilienne Moreau membres de l’assemblée consultative, Victor Provo maire de Roubaix, Marcel Guislain président de l’association des déportés, Camille Delabre et René Coquerel compagnons de captivité de Léon Wolf, A. Delebecque, secrétaire administratif de Nord Matin, le docteur Léandre Dupré, M. Dequenne maire de Flers, Lepoutre de Libé-Sud et le conseil d’administration de la caisse d’épargne sociale Le Travail.
Le cortège dans lequel a pris place la famille se rend au cimetière communal où une plaque et des fleurs ont été déposées au monument aux morts. Henri Sury de la fédération des Jeunesses socialistes et A. Van Gysel président du comité de Libération au nom de la section rendent un suprême hommage à ceux qui sont morts pour la France et le Socialisme.
Puis place Sadi Carnot a lieu un grand meeting. Augustin Laurent parle du rôle joué dans la clandestinité par ces héros de la Résistance dont on honore la mémoire. Pour leur rester fidèles, il faudra établir la France sur des bases solides qui ne peuvent être que socialistes. Roger Impens des Jeunesses Socialistes rappelle combien les socialistes et notamment les jeunes ont été nombreux dans les rangs de la Résistance et réclame pour ces combattants le droit à une vie normale et à l’éducation. Henri Massein secrétaire fédéral des J.S. de son côté salue la mémoire des camarades et réclame pour la jeunesse ouvrière l’échelle mobile des salaires et son droit au travail. Marcel Guislain parle ensuite de l’action menée dans la clandestinité par les Wolf, Dubrunfaut et bien d’autres. Leur tâche n’est pas terminée, déclare-t-il, il faut travailler pour instaurer la société socialiste qui nous débarrassera du capitalisme. C’est ainsi que nous resterons fidèles à l’idéal pour lequel nos camarades sont morts. Victor Provo associe à la mémoire des Wolf tous ceux qui ont fait le même sacrifice dans le combat pour la liberté. Le Parti fut dès le début au premier rang de la Résistance et peut réclamer sa place dans l’avenir du pays. Il termine en évoquant la grande figure de Jean Lebas, lui aussi victime du fascisme. Just Evrard qui fut le compagnon de Bernard Wolf dans la Résistance évoque le rôle joué à Lyon par ce héros. Devant le sacrifice de tels hommes, dit-il, nous ne pouvons désespérer des destinées de notre parti. Evrard insiste sur le sens de la prochaine consultation électorale qui assurera les idées de l’internationale socialiste. Il termine par ces mots : si le peuple ne vient pas au socialisme, tous nos morts seront tombés une fois de plus pour le capitalisme. Camille Delabre clôture cette cérémonie en demandant à tous de se mettre au travail pour le triomphe du socialisme. Et la foule se disperse en chantant l’Internationale.
Édouard Dubrunfaut résistant doc NM
Quelques jours après cette cérémonie du souvenir on apprend d’une camarade de captivité demeurant à Bruxelles la triste nouvelle du décès d’Édouard Dubrunfaut à la mi-avril 1943 en Tchécoslovaquie, des suites des privations et mauvais traitements de la barbarie nazie.
Février 1965, l’administration municipale leersoise a réussi à équilibrer son budget, alors qu’elle a mis en chantier pour 130 millions de travaux. André Kerkhove, le maire de Leers fait le point sur les différents chantiers avec la presse. Ce sont d’abord de nouvelles voies qui ont été créées. Dans le quartier du centre, une nouvelle artère va relier la Place Carnot à la Croix des Bergers (rue Léon Gambetta), il y a aussi la rue Roger Salengro qui relie la rue de Néchin à la rue Molière, et la rue Clémenceau.
Travaux rue de Wattrelos photo NE
Puis il y a les rues qui ont été refaites : la rue du Général de Gaulle, la rue Jean-Jaurès, la rue Joseph Leroy. Actuellement en cours de réfection, la rue de Wattrelos sur toute la longueur. Le re-profilage de la place Carnot a été achevé à la satisfaction générale. Un peu partout des élargissements de voies ont été réalisés. Le réseau d’électricité est désormais assuré par des câbles souterrains. La commune est à présent totalement électrifiée. Le problème de l’extension du réseau d’eau potable est résolu. Un important programme de travaux d’assainissements (pose d’aqueducs) commencé en 1965 sera terminé en 1966. La réfection des trottoirs suivra.
Les logecoop de 1966 photo NE
La question du logement est l’un des principaux soucis de l’administration leersoise qui suit plusieurs projets actuellement en cours d’exécution. C’est ainsi que dans le quartier autour de la rue Pierre Catteau, trente deux logements seront habités au printemps prochain.
derrière l’église, le lotissement de 64 maisons et le collectif de 21 appartements Coll familiale
De son côté la Maison Roubaisienne fait construire derrière l’église au lieu dit le Village un groupe de soixante-quatre logements, en accession à la petite propriété. Au même endroit, on a prévu la construction d’un petit collectif de vingt appartements pour jeunes ménages. L’office HLM doit entreprendre en 1966 un programme de quatorze logements locatifs qui complètera le groupe d’habitations de la rue du Capitaine-Bauwens.
les dominos leersois aujourd’hui photo Google maps
Enfin, sur une initiative de M. André Kerkhove, l’administration a été amenée à se prononcer sur un projet de construction de logements pour personnes âgées (dits dominos) qui comprendra quarante cinq logements de plain-pied. Il y aura également une salle de réunions et une salle de soins incluses dans l’ensemble présenté par l’architecte M. Pucheaux. Ces logements seront construits par la Société anonyme d’HLM pour l’amélioration de l’habitat de la région du Nord à Roubaix. Les travaux débuteront dans un mois sur un terrain situé entre les rues Victor-Hugo et Franklin.
C’est au mois de mars 1963 qu’Edgar Deffrenne, président de l’amicale laïque mixte de Leers, reçoit les insignes de chevalier des Palmes académiques des mains de M. Gaston Devriendt, sous directeur du lycée technique Turgot à Roubaix, son parrain dans l’ordre.
Étaient présents dans la salle du cinéma Réal rue Joseph Leroy, MM. Duchatelet représentant le bureau de l’Union des amicales laïques du Nord, Pottier, Président de la Fédération des amicales laïques du canton de Lannoy, Decoster, secrétaire et les membres du bureau de l’amicale de Leers, ainsi que Melle Leroy déléguée cantonale.
M. Henri Heye le premier remercie les personnalités et exprime sa sympathie pour le récipiendaire. Quelques personnalités sont excusées, M. Kints inspecteur primaire et Kerkhove maire de Leers. M. Decoster secrétaire de l’amicale et directeur de l’école de Leers, trace un portrait fidèle de son président honoré ce jour, bien connu de tous ses concitoyens. Il rappelle que M. Deffrenne est le petit-fils de M. Joseph Leroy qui fut maire de Leers pendant un certain nombre d’années. Il évoque l’attitude courageuse de M. Deffrenne durant la dernière guerre et sa volonté sitôt la Libération d’assurer un plus grand rayonnement de l’école publique.
Au nom de la Fédération des combattants républicains, M. Gaston Fiévet apporte le salut de cette organisation et rappelle l’action héroïque de M. Deffrenne pendant les durs combats de mai et juin 1940. Mais c’est surtout sur le rôle joué par lui comme président de la section locale des combattants républicains qu’il met l’accent en associant dans son hommage Mme Deffrenne.
Après la remise des insignes de son nouveau grade, Edgar Deffrenne remercie tous les amis venus lui apporter les marques de leur estime. On remarque la présence de MM Jean Delvainquière maire de Wattrelos, Kléber Sory et Georges Pluquet adjoints au maire de Roubaix, André Desmulliez maire de Lys, Roger Six président de la FAL de Roubaix, Dequesnes secrétaire cantonal du Parti Socialiste…