Théâtre de l’Aventure

Instantané de Mémoire :« A mon arrivée à Hem en 1968, dans le nouveau lotissement qui fait face à l’église St Joseph, rue des Ecoles, il n’existe pas de construction immédiatement à côté de l’église en front à rue. Seules des herbes folles envahissent le terrain qui jouxte l’école Jules Ferry-Paul Bert ».

Vue Aérienne de la rue des Ecoles en 1969 (Document IGN)

Jean Maurice Boudeulle, animateur socio-culturel sur le quartier de la Lionderie, raconte dans une brochure éditée en 2018 et contant les petites et grandes histoires des quartiers de la Lionderie et des Trois Baudets, comment il a commencé, en lien avec les animateurs d’autres quartiers, à développer des ateliers pour enfants et notamment pour les initier au théâtre.

Il explique que « le théâtre à l’Antenne c’était 2 fois par semaine en moyenne, du théâtre forum pour reprendre des scènes du quotidien, simuler des procès au tribunal »

C’est dans une suite logique qu’un premier festival de théâtre voit le jour à Hem en 1982. Comme quelques autres qui suivront, il a l’allure d’un concours. Douze troupes théâtrales s’inscrivent pour venir « s’affronter » devant un jury composé d’enfants et d’adultes.

En juillet 1983, après la réussite du second festival, à la demande de l’office culturel d’animation hémois, un poste de permanent à l’action culturelle est créé à la Mairie de Hem. Jean Maurice Boudeulle est nommé à ce poste.

Jean-Maurice Boudeulle (Document l’Aventure)

Il organise des ateliers théâtre dans les classes primaires avec les instituteurs volontaires. Mais il n’a pas de salle attitrée pour ces activités. Peu à peu les préfabriqués de l’école Jules Ferry qui ne servent plus deviennent le QG du théâtre.

En 1985, une tournée en Avignon est organisée, 30 enfants hémois, de 13 à 16 ans, partent en camionnette, durant 3 semaines afin de vivre ensemble autour du théâtre. D’autres tournées suivront. L’association : «l’Aventure» naît en 1986. En 1990, les préfabriqués de l’école sont démolis et l’Aventure déménage temporairement rue de la Vallée dans les anciens locaux de l’entreprise Jydé.

Logo de la Compagnie Théâtrale (Document l’Aventure)

Reste à bâtir un local permettant de concrétiser le travail déjà en cours depuis près de 10 ans en permettant aux jeunes désireux de s’investir dans l’activité théâtrale de pouvoir travailler dans de bonnes conditions. Le chantier de construction commence en 1990, entre l’église St Joseph et l’école Jules Ferry-Paul Bert, et ce n’est qu’en novembre 1991, cela fait plus de 30 ans, que l’Atelier Théâtre L’Aventure est inauguré.

Pose de la 1ère pierre en 1990 (Document Nord-Eclair)
Fin de chantier en 1991 (Document collection privée)

C’est un lieu d’accueil de compagnies amateurs ou professionnelles, d’initiation au théâtre sous toutes ses formes grâce aux ateliers enfants et adultes, de création et de représentation de spectacles réalisés par la compagnie et d’autres qu’elle invite.

Logo de l’Atelier Théâtre (Document l’Aventure)

Instantané de mémoire :«  Ma fille fait partie de l’atelier théâtre enfants pendant une année scolaire et même si sa timidité l’empêche de renouveler l’expérience les années suivantes elle aura toujours plaisir ensuite à nous emmener aux spectacles de ses camarades dans une salle chaleureuse mais malheureusement trop petite pour contenir tous les spectateurs ».

L’atelier Théâtre (Collection Privée)

Très vite pourtant, en effet, principalement en raison du succès remporté par l’Atelier, celui-ci s’avère trop exigu et en 2005, l’Atelier théâtre bénéficie de travaux d’extension, venant ajouter à la salle de répétitions et la salle de spectacles, un espace régie, décors et accessoires, ainsi que deux loges équipées. La salle de spectacles peut alors accueillir 84 personnes.

Aujourd’hui Jean-Maurice Boudeulle a cessé de diriger l’atelier qu’il gérait depuis sa fondation et c’est une femme, Céline Liagre, qui en a pris la direction.

Le but reste le même à savoir :

Favoriser l’éveil de la personnalité au travers de toutes activités artistiques.

Promouvoir la création théâtrale, vidéo et musicale, tant en milieu scolaire qu’associatif, sur l’ensemble de la région.

Et depuis 2013 : Promouvoir et organiser des actions de formation professionnelle à destination de différents publics.

Photo aérienne de la rue des Ecoles en 2020 (Document Google Maps)

Remerciements à la Ville de Hem, l’Association Historihem.

Les pompiers de Hem – 1

C’est le 18 septembre 1811 que Napoléon, qui vient de peu d’échapper à un incendie lors de son mariage, décide de professionnaliser l’action contre le feu dans la capitale française et confie cette mission à un corps militaire : le bataillon des sapeurs pompiers de la ville de Paris, en remplacement du corps des gardes pompe créé dans la capitale au 18ème siècle.

Il prévoit que le cadre communal s’impose pour mettre en œuvre les moyens humains et matériels pour faire face aux risques. C’est une loi de 1831 qui institue la constitution de corps communaux de sapeurs-pompiers. En 1907, la ville de Hem édifie un bâtiment communal face à l’église Saint-Corneille comportant morgue, prison et pompe à incendie.

Emplacement du bâtiment communal (Document Historihem)

Le bâtiment (Document Nord-Eclair)

Le bâtiment (Document Au Temps d’Hem)

Au début du vingtième siècle les compagnies et escouades de sapeurs-pompiers volontaires de province sont principalement équipées de pompes à bras : engin hippomobile ou tiré à bras dont le service nécessite un personnel nombreux (au moins une vingtaine de personnes) pour approvisionner la cuve en eau (chaîne humaine) et pour pomper (équipes de 4 ’’batteurs’’ qui se relaient après une ou deux minutes de battage.

Pompes à incendie début 20ème siècle à Hem (Document au temps d’Hem)

A l’époque la commune de Hem, dont la population compte environ 5.000 habitants, dispose d’un corps de sapeurs-pompiers composé de 23 hommes. Ils sont peu rémunérés, dispersés dans la commune, sans lien entre eux, et ne disposent que d’un matériel extrêmement vétuste et concrètement la ville ne dispose donc d’aucun moyen sérieux de lutte contre l’incendie.

Lors du tournage, dans les années 1960 du feuilleton « En famille » qui reconstitue la lutte contre un incendie fin 19ème, on peut se faire une idée claire des faibles moyens de l’époque face à un incendie qui fait rage. Une pompe à bras d’époque est intégrée au tournage pour rendre la scène crédible.

Tournage du feuilleton et usage d’une pompe à bras (Document Nord-Eclair)

Dès 1925, le Conseil Municipal s’occupe de la question de la protection des pompiers. Il contracte une assurance minimale pour chaque homme, non assuré jusque là contre les accidents possibles, et le pourvoit d’un casque, les soldats du feu ne disposant jusqu’alors que d’une vareuse et d’un képi. Malheureusement les disponibilités budgétaires ne permettent pas, de suite, l’achat d’une autopompe.

Fin 1926, le corps de pompiers est réduit de 23 à 12 hommes dont la commune s’engage à fournir l’habillement et l’équipement. Elle s’engage également à pourvoir à l’entretien du matériel et à contracter des assurances pour chacun contre les accidents et la mort pouvant subvenir durant l’exercice de ses fonctions.

Nouvelle autopompe garée devant l’église (Documents Historihem et Au temps d’ Hem)

Un sergent mécanicien est recruté pour l’entretien de l’autopompe qui est finalement acquise en 1927 grâce à une souscription lancée par l’amicale des sapeurs-pompiers juste fondée. Pour ce faire il est autorisé à construire un petit atelier de planches attenant à la caserne qui lui permet d’effectuer des travaux accessoires pour gagner sa vie.

L’inauguration du nouveau matériel a lieu le 22 mai 1927 sous la présidence d’honneur du commandant Mahieu, inspecteur du corps des sapeurs-pompiers du Nord Pas-de-Calais et la nouvelle auto défile au son de la Marseillaise exécutée par la musique municipale.

Inauguration du nouveau matériel d’incendie (Documents Historihem et Le Dimanche de Roubaix-Tourcoing)

Puis le cortège se rend à l’ Hempempont pour assister à une manœuvre de la pompe et à divers exercices de sauvetage et d’escalade, puis à un banquet à l’Auberge et enfin au grand carrousel monté qui a lieu dans la cour de l’estaminet Boussemart à la Place où la journée se termine par un grand bal familial.

A suivre…

Remerciements à Historihem, la Ville de Hem et André Camion et Jacquy Delaporte pour leur ouvrage Hem d’Hier et d’Aujourd’hui ainsi qu’à Jacquy Delaporte, Christian Teel et Chantal Guillaume  pour leur bande dessinée Au Temps d’Hem

Boucheries Au Fin Palais

C’est avant 1883 que remonte l’ouverture du Café Saint-Pierre, au 240 rue Jules Guesde à Hem, à l’angle de celle-ci et de l’impasse Saint-Pierre. En 1883 en effet, les participants à la société de secours mutuel Saint-Pierre s’y assemblent comme le font d’autres sociétés dans divers autres estaminets du village.

Carte postale (document Historihem)

Ce n’est qu’en 1889 qu’il est possible de nommer la tenancière de ce café, lequel appartient à Henri Delecroix, brasseur et futur maire, en la personne d’Apolline  Dereux épouse Delepaul. Le cabaret est repris plus tard par les Vercruys.

Puis pendant près de 30 ans, de 1934 à 1961, l’établissement est tenu par Léon  Guevart à la fois répertorié dans les Ravet-Anceau de l’époque comme cafetier et boucher. Le commerce a pour enseigne : « A Saint-Pierre », comme le démontre une publicité effectuée pour la boucherie charcuterie.

Publicité (document collection privée)

En 1944, au lendemain du massacre d’Ascq, de nombreuses arrestations ont lieu sur Hem, pour tenter de mettre à mal une résistance active, les premières se produisant au café Saint-Pierre et dans l’impasse Saint-Pierre. Les « feld-gendarmes » traversent le café et gagnent les maisons de l’impasse par les jardins. Ils arrêtent également Léon Guevart et son frère et les conduisent à la prison de Loos.

Fin 1944, un camion de ravitaillement anglais passe devant l’établissement, des partisans accrochés à la cabine du véhicule accompagnant les alliés dans la traversée de la commune. Comme on peut le constater sur la photo amateur le drapeau français flotte fièrement au fronton du Saint-Pierre. Après la guerre le café-boucherie rouvre ses portes et Léon Guevart continue d’apparaître dans les annuaires au moins jusqu’en 1965.

Photo du camion de ravitaillement anglais devant l’établissement (Document Mémoire en images de Hem)

En 1968, au 240 rue Jules Guesde c’est la boucherie de A. Mylle qui est répertoriée, commerce que l’on retrouve ensuite dans la rubrique boucherie chevaline du Ravet-Anceau de 1979, mais au 2 bis rue Jules Guesde. Dès 1969, en effet c’est Aloïs Coulier qui apparait comme boucher au 240 rue Jules Guesde puis comme cafetier à la même adresse sous l’enseigne : « Au mainate parlant ».

Publicité (document collection privée)

Ensuite, Mr et Mme Dejonckheere, déjà propriétaires d’une boucherie-charcuterie de renom sur Lys-lez-Lannoy, ouvrent leur charcuterie à l’enseigne : « Au fin palais », à Hem, en faisant de la publicité dans le journal Nord-Eclair, en 1973. Ainsi apprenons-nous que la charcuterie est fabriquée sur place suivant des recettes transmises de père en fils dans la famille.

Photo de l’ouverture de la charcuterie en 1973 (document Nord-Eclair)

Lorsque Daniel Lemort, employé des Ets Dejonckheere, reprend l’établissement en 1980, il procède également à une publicité dans le journal pour se faire connaître. Les clients y trouvent des viandes de 1er choix, des charcuteries réalisées sur place grâce à l’installation d’un laboratoire et des articles d’épicerie pour compléter un éventuel repas.

Photo du changement de propriétaire en 1980 (document Nord-Eclair)

Photo du magasin (Document collection privée)
Publicité de 1983 (Document collection privée)

Pendant ce temps, au 68 rue du Docteur Coubronne, on retrouve, à partir des années 40  et pendant une vingtaine d’années André Dusquesne et frères, propriétaires d’une fabrique de machines à laver et de bacs pour teinture mais aussi d’une tonnellerie.

Enveloppe à en-tête des Ets Duquesne (Document collection privée)
Publicité Duquesne frères (Document collection privée)

Dans les années 80, c’est une crémerie volaillerie qui s’y installe en la personne de Mme Mylle-Duquesne.

Publicité La Fermette d’Hem Bifur (Document collection privée)

Enfin Daniel Lemort, désireux de s’implanter aussi au centre de Hem y ouvre son deuxième établissement à l’enseigne : « Au fin palais », où il propose les mêmes services qu’à son commerce principal de la rue Jules Guesde.

Publicité reprenant les 2 magasins (Document collection privée)
Photo du magasin de la rue Coubronne (Document collection privée)

Depuis la fin d’activité de Daniel Lemort et la fermeture de ses 2 magasins, les commerces abritant ses boucheries ont aujourd’hui changé d’activité. La boucherie de la rue Jules Guesde a bien été reprise un temps par Cédric Gochon qui y a obtenu le prix d’excellence du jambon artisanal en 2010. Puis le local ayant été libéré a vu ouvrir en 2013 un salon de coiffure à l’enseigne Beautiful Coiffure, géré par Franck Becq.

Photo du salon Beautiful Coiffure (Document collection privée)
Franck Becq dans son salon et publicité pour celui-ci (Document Tout’Hem)

Celui du 68 rue du Docteur Coubronne a connu l’installation d’une entreprise de restauration sur place ou à emporter à l’enseigne Fée Maison.

Photo du commerce Fée maison (Document collection privée)
Publicité (Document Tout’Hem)

Curieuse destinée pour un ancien estaminet puis boucherie-charcuterie rue Jules Guesde d’être à présent consacré à la coiffure tandis que dans le même temps une ancienne tonnellerie travaillant pour les brasseurs de la région est devenue, après avoir abrité une crémerie puis une boucherie-charcuterie, un lieu de restauration-traiteur.

Remerciements à Historihem et la ville de Hem ainsi qu’à Bernard Thiébaut pour son ouvrage Mémoires en Images de Hem

La ligne Lille-Leers – Septième partie : Hem, la rue de Lannoy

Passé Hem-Bifur, où les voies forment un triangle, nous pénétrons dans la rue de Lannoy. Au premier plan à droite sur la photo, la courbe de la voie menant à la mairie et à l’église de Hem. Le café visible à droite a existé jusque dans les années 2000, il est remplacé aujourd’hui par une banque. Devant la première maison à gauche, un arrêt pour les cars Citroën. L’abri des tramways était situé juste après le coin de la rue. Les rails vont maintenant suivre le trottoir de gauche.

La bifurcation – Photo collection particulière

La vue suivante est prise, en direction de la bifurcation, une cinquantaine de mètres plus loin dans la rue Jules Guesde, le nouveau nom de la rue de Lannoy. On y voit la motrice 13 dans les années qui suivent sa première rénovation en 1924 descendre vers Hem-Bifur. Le bâtiment de l’atelier qu’on voit à droite existe toujours, quoiqu’un peu modernisé. Nous sommes au niveau du numéro 13.

Le bas de la rue – Photo collection particulière

La vue suivante est prise quelques pas plus loin vers Lannoy. On y découvre l’ancienne poste, devenue aujourd’hui la marbrerie Piccini qui forme, au numéro 19, le coin avec la rue de Beaumont. La façade a été refaite, mais la forme générale du bâtiment subsiste.

Photo collection particulière

Nous sommes maintenant une centaine de mètres plus haut dans la rue et nous regardons vers Hem-Bifur. La maison à droite porte le numéro 35. Le champ à gauche, après avoir connu le collège Elsa Triolet, accueille maintenant un lotissement récent.

Le numéro 35 et l’emplacement du collège – Photo collection particulière

Un peu plus loin, nous arrivons au point culminant de la rue, au carrefour formé par par celle-ci avec la rue de la Vallée et le chemin des trois baudets. La première des photo nous montre la motrice 15 en route vers Leers après la première rénovation de 1924, la seconde est une vue prise au même endroit en sens inverse, et la troisième nous montre le carrefour lui-même. Nous sommes aux alentours des numéros 133 à 151. On voit qu’à l’époque les habitations étaient relativement clairsemées et laissaient la part belle à la végétation. Les trois documents proviennent d’une collection particulière.

Vue vers Lannoy. Le pignon daté de 1901 à droite a été cimenté depuis
Au même endroit – Vue vers Hem centre
Le carrefour de la Vallée vue vers Lannoy – Documents collection particulière

Un peu plus loin, nous arrivons aux abords de la Lionderie. A partir de cet endroit la route va descendre. Voici maintenant deux photos qui nous montrent également une courbe suivie d’une contre-courbe.

Le bâtiment de la ferme à gauche est le numéro 179
La même ferme à droite cette fois – Documents collection particulière et Historihem

Le carrefour que l’on voit sur la photo suivante n’est pas facile à situer, pourtant, il s’agit bien de celui que fait la rue Jules Guesde avec la rue de la Lionderie. La ferme avec les deux pignons encadrant un corps central qu’on voit sur les deux photos précédentes n’est pas encore construite, et la grange du fond a disparu. Le bâtiment qui la précède abrite aujourd’hui des commerces. En revanche, à gauche, les maisons de l’alignement n’ont pas changé.

Le carrefour avec la rue de la Lionderie – Photo collection particulière
Les commerces – Photo Jpm

Pour ce qui est du carrefour lui-même, il a peu près changé, hormis que le poste EDF à droite a été construit postérieurement à l’époque de la photo noir et blanc.

Le carrefour aujourd’hui – Photo Jpm

Deux cent mètres plus loin, la voie rencontre la ligne Halluin-Somain qu’elle traverse sur un passage à niveau doté de barrières oscillantes. La maison du garde-barrière à gauche sur la photo a disparu, de même que la voie de chemin de fer, qui a fait place aujourd’hui à un chemin de randonnée. La ligne de tramway ayant également été déferrée, seul un reste de talus qui formait le remblai précédant l’ancienne passerelle nous rappelle la croisée des deux voies en cet endroit.

Vers le Passage à niveau et Lannoy – Document Historihem

La photo suivante montre la traversée du passage à niveau le jour de l’inauguration de la ligne. Les passagers du tramway, comme ceux du train, devaient être secoués lors de la traversée de ce croisement formant pratiquement un angle de 90 degrés !

Le croisement – Document Au fil des trams

Cette traversée à niveau gênante est ensuite remplacée par une passerelle. Pour cela, on détourne la voie, lui faisant contourner par la droite le pâté de maisons. Cette passerelle sera détruite par les allemands en 1918, puis reconstruite en 1920. Une photo aérienne nous la montre en 1947.

Photo IGN 1947
La passerelle et des motrices en état d’origine – Document Le Journal de Roubaix – Septembre 1920

Juste après le passage à niveau, la voie se dédouble pour permettre les croisements des motrices montantes et descendantes, ainsi qu’on le distingue au premier plan à droite de la photo suivante, prise en direction du centre de Hem.

Photo collection particulière

Poursuivant sa route, le tramway passe devant l’institution St Charles inchangée aujourd’hui et l’hospice, toujours présent et dont l’aspect n’a pas évolué non plus. Nous sommes maintenant à la limite de Lannoy, que nous parcourrons durant le prochain épisode de cette série…

L’entrée de Lannoy – Document collection particulière.

 

A suivre…

La Cantoria – 2

Partie 2 Naissance de la Cantoria

Très vite la décision est prise par la municipalité. La mairie annexe, vétuste va être démolie en septembre 1991. Un nouvel immeuble sera construit sur ce site et celui de la propriété voisine, abritant l’imprimerie municipale, dans lequel seront inclus les services techniques municipaux déjà sur place et une école de musique.

Avis de destruction de la mairie annexe avec le panneau annonçant l’investissement dans une école de musique (Document collection privée)

La 1ère pierre est posée en novembre 1991, en présence de Mme Massart maire de la ville. Le cabinet d’architecte « Trace » est en charge du chantier dont le but est à la fois de regrouper des activités culturelles autrefois dispersées, pour en permettre un meilleur apprentissage, mais aussi d’améliorer la façade de l’imprimerie municipale et de lui adjoindre un étage supplémentaire.

Pose de la 1ère pierre du chantier (Document archives Historihem)

Le chantier de construction est ensuite mené à bien afin d’assurer l’ouverture de l’école hémoise à la rentrée scolaire de 1992. le bâtiment de 525 mètres carrés développés, construit sur 3 niveaux, peut accueillir 150 élèves, avec des bureaux au rez-de-chaussée, 2 très grandes salles au 1er étage, l’auditorium et la salle de danse au 2ème étage, dans laquelle « Danse Création » va pouvoir poursuivre le travail entamé depuis quelques années dans diverses salles de la ville.

La Cantoria en fin de chantier en juillet 1992 (Document Nord-Eclair)

Mme Denise Houdry a choisi l’appellation : La Cantoria car il s’agit d’un balcon d’orgue, dont les bas-reliefs sont une œuvre sculptée en marbre, de l’artiste italien Donatello, exécutée entre 1433 et 1439, pour la cathédrale Santa Maria del Fiore à Florence. Le carton d’invitation à l’inauguration est illustré par cette oeuvre. .

Invitation à l’inauguration (Document archives Historihem)

L’inauguration de l’Ecole, ouverte aux élèves dès le mois de septembre 1992, n’a lieu que le 28 novembre 1992. Elle voit défiler dans le bâtiment un public impressionnant et les officiels et visiteurs, sitôt le ruban coupé, en visite dans les différents étages, entendent tour à tour des cuivres, la flûte et la harpe et peuvent, en plus de cette aubade, voir évoluer les danseuses au dernier étage.

Ruban coupé à l’inauguration par Mme Massart et Cantoria cadeau (Document archives Historihem)

Aubade flûte et harpe et évolution danse (Documents archives Historihem et Nord-Eclair)

La fête de Ste Cécile correspondant avec la date de l’inauguration, l’association hémoise « découverte et initiation à la musique »(association des parents d’élèves de l’école de musique) invite la prestigieuse musique du 43ème Ricca pour un concert à la salle Leplat le lendemain. Lors de ce concert, cet ensemble interprète deux des œuvres au programme sous la baguette du Directeur de l’Ecole, Patrick Salmon.

Concert à la salle Leplat (Document Nord-Eclair)

Patrick Salmon est né à Roubaix en 1958, dans une famille de musiciens. A 8 ans il a fait partie de la manécanterie des petits chanteurs de Roubaix, les Rossignolets. Puis au conservatoire de Roubaix il étudie le piano, l’orgue, le tuba et la musique de chambre. Il poursuit par des études d’harmonie et de direction d’orchestre.

Mr Patrick Salmon Directeur de l’Ecole (Document collection privée)

Patrick Salmon organiste (Document over blog) et chef d’orchestre (Document confédération musicale de France)

Dès lors il enseigne et poursuit en parallèle une carrière de pianiste accompagnateur, tout en composant des pièces pédagogiques pour cuivre et en donnant régulièrement des récitals en tant qu’organiste. C’est donc tout naturellement qu’il prend la direction de l’école municipale de musique de Hem où il crée quelques années plus tard l’ensemble orchestral de Hem puis le Hem Jazz Big Band.

L’ensemble orchestral et le Hem Jazz Big Band (Documents archives Historihem)

En 2014, les ateliers municipaux déménagent sur l’ancien site industriel Meillassoux, derrière le magasin Carrefour, au bout de l’allée Boussemart. Un bâtiment de 1000 mètres carrés, des parkings et une déchetterie municipale s’y installent. 42 personnes y travaillent et on y trouve également un réfectoire municipal pour l’ensemble du personnel de la mairie à présent toute proche.

Déménagement des ateliers municipaux en 2014 (Document Voix du Nord et Google Maps)

Suite à ce départ du centre technique municipal de la place de la République et eu égard au succès croissant de l’école de musique qui s’avère de ce fait trop exigüe la décision est prise en 2016 par la municipalité de procéder à son extension finalisée en 2018.

Photo école côté jardin avant l’extension et en chantier ( Documents Google Maps)
Photo école côté jardin en fin de chantier et finalisée (Documents Google Maps et cabinet d’architecte Trace)

Côté rue, le projet se développe sur trois niveaux et s’articule autour du bâtiment existant en respectant l’alignement du front bâti. Il regroupe principalement des salles de musique (salles de répétitions solfège – Orchestre). 

Nouvelles salles côté rue (Document cabinet d’architecte Trace)

Côté jardin, la nouvelle extension ajoute à l’école deux salles de danse, mutualisables en une seule grande salle, et une salle d’orchestre pour accueillir dorénavant 650 danseurs et 150 musiciens.

Nouvelles salles côté jardin (Document cabinet d’architecte Trace)

Après toutes ces années hyperactives notamment à la tête de la Cantoria, Patrick Salmon quitte l’école pour une retraite bien méritée et laisse la place à Thomas Lehembre, en janvier 2021, pour diriger l’école de musique de Hem, qui compte alors 16 professeurs et 350 élèves.

Ce saxophoniste, chef d’orchestre a déjà dirigé le conservatoire de Mons-en-Baroeul et celui de Croix. Sa mission, en tant que nouveau directeur de la Cantoria est la suivante: l’élargissement du public, le développement de la musique en milieu scolaire, la recherche de partenariats avec les structures locales comme le studio Hemix et la création de classes d’éveil musical pour les petits…

Thomas Lehembre (Document Voix du Nord)

Il aimerait aller aussi vers des musiques jazz et contemporaines et fédérer les élèves d’instruments à corde en montant un partenariat avec les villes des alentours pour travailler en réseau. Il reprend bien sûr également la direction de l’orchestre si cher à Patrick Salmon et poursuit aussi sa carrière de saxophoniste professionnel au sein du quatuor STAB, de l’ensemble de saxophones des Hauts-de-France et du groupe de funk Body Jeez.

La Cantoria, trentenaire depuis 2021, a donc manifestement un bel avenir devant elle…

Remerciements à Historihem, la Ville de Hem, Jacquy Delaporte pour ses ouvrages Hem Images d’hier et Hem 1000 ans d’histoire et Bernard Thiebaut pour son ouvrage Hem Mémoire en images.

Résidence de la Marque

En 1966, le centre d’Hem a encore des allures de village et la rue du Docteur Coubronne, qui mène de la place d’ Hem à Hem Bifur, est encore bordée de champs des deux côtés comme en témoigne la photo aérienne prise à l’époque. Le 26 janvier 1980, la première pierre est posée et c’est en 1981 que la Résidence de la Marque sort de terre au n° 31, modifiant considérablement l’aspect de la rue.

Photos aériennes de 1966 et 1982 (Documents IGN)

A la pose de cette première pierre Jean-Claude Provo, maire de la ville, est présent et, dès le mois de septembre 80, dans la foule d’Hem en fête plusieurs milliers de personnes se précipitent pour visiter l’appartement témoin.

Le 1er Septembre 1981, le foyer logement accueille ses premiers résidents. De par sa conception, cette grande maison a pour vocation de rester chaleureuse et familiale. Pour la directrice, Mme Masson, ancienne infirmière, le foyer doit être un lieu de rencontre entre les résidents, même s’ils ont chacun leur petit appartement fonctionnel.

La résidence en 1982 (Document collection privée)
La directrice de l’établissement (Document Nord-Eclair)

Ainsi le repas du midi se prend en commun et de nombreuses activités sont prévues pour compléter ce premier élément d’insertion : voyages, veillées, goûters, ateliers, travaux artistiques, etc

L’équipe de cuisine au service des résidents (Document Nord-Eclair)

L’inauguration a lieu le 27 février 1982 en présence de Jean-Claude Provo, maire de la ville, et de Joseph Franceschi, secrétaire d’état auprès du Ministre de la solidarité, chargé des personnes âgées, lequel déclare :

« Cette résidence est un modèle du genre. On y trouve tout ce à quoi les anciens aspirent ».

Les discours des officiels mettent l’accent sur les prestations exceptionnelles mises à disposition des locataires : canalisations en cuivre rouge (meilleur conducteur de chaleur), carrelage en grès d’Artois dans la grande salle de séjour, carrelage posé sur un matelas insonorisant dans les coursives (pour éviter les bruits de pas bruyants), menuiseries en aluminium laqué au four (pour éviter les problèmes de condensation).

Concernant les espaces verts les plantations ont été faites bien avant la fin du chantier afin qu’une première floraison intervienne dès le printemps prochain et choisies pour assurer un fleurissement multicolore du début du printemps jusqu’à l’automne.

L’inauguration (Document Nord-Eclair)

Les résidents conservent des habitudes personnelles acquises chez eux : téléviseur, médecin traitant, aide-ménagère ; mais ils ont également accès à un service de buanderie, de coiffure, de pédicure et de manucure.

Des événements particuliers leur permettent de ne pas vivre repliés sur eux-mêmes et de partager la vie de la commune. Ainsi, dès février 1982, le carnaval s’invite dans la résidence et les élèves de l’école De Lattre de Tassigny viennent y fêter leur traditionnel carnaval annuel avec les anciens de la commune.

Arrivée des élèves de l’école à la résidence (Document Nord-Eclair)

Peu après les résidents fêtent à nouveau le carnaval au cours d’un thé dansant organisé avec les clubs de 3ème étage de la commune et le club J4 de Roubaix venu prêter son concours avec son orchestre.

Thé dansant avec les clubs du 3ème âge (Document Nord-Eclair)

En 1984, c’est la résidence elle-même qui s’enrichit de son propre club du 3ème âge afin de s’ouvrir sur l’extérieur en proposant des activités qui collent à la réalité et aux besoins des personnes âgées. Pour fêter la naissance du club le bureau organise un « pierrot » où sont invités 140 convives.

La vie commence à 60 ans (Document Nord-Eclair)

En 1993, ne pouvant faire face à la demande croissante des seniors de la ville, le foyer logement se dote d’une extension de 16 studios et d’une chambre d’hôtes pour la famille. Le principe : des studios de 38 mètres carrés en plein pied que les locataires aménagent comme bon leur semble.

Les bâtiments sont à proximité des commerces, de la mairie, de la salle Leplat et de l’église tout en offrant à leurs occupants le calme de la campagne puisqu’un champ les sépare de la voie rapide. Le succès de la résidence et tel que son fonctionnement nécessite bientôt l’emploi de 12 employés municipaux dont 2 jardiniers.

Deux employés à l’entretien des espaces verts (Document Nord-Eclair)

En 2002, la résidence de la Marque, qui compte alors 96 studios, fête ses 20 ans en grande pompe, en présence d’une délégation de la Résidence des Quatre Vents de Leers, avec repas, spectacle et surprises : chants, danses et sketchs, journée animée par le club de gymnastique de la Résidence. Bien entendu les officiels sont de la partie pour fêter dignement cet anniversaire.

Les officiels participent à la fête (Document Nord-Eclair)

Un atelier informatique est lancé, en 2009, démontrant que les résidents du foyer logement restent « branchés ». Quant à la chorale de la résidence celle-ci devient intergénérationnelle en accueillant parmi ses membres tous les 15 jours de jeunes choristes scolarisés à Croix, lui insufflant ainsi un dynamisme renouvelé.

En 2012, la résidence fête ses trente ans. Pendant une semaine se succèdent discours, chants, danses, lancers de confettis, portes ouvertes au public, séances de cinéma, lotos, audition de l’école de musique et un mémorable repas cabaret.

Fête des 30 ans (Document Tout Hem)

La résidence de la Marque fête ses 40 ans en 2022 et, si elle a connu des extensions et des travaux de rénovation, elle reste dans l’esprit qui a présidé à son installation : des logements coquets dans un cadre de vie verdoyant et des parties communes agréables qui servent de lieux de rencontre aux résidents.

Studios et cadre verdoyant (Site internet de la Résidence)
Lieux de rencontre (Site internet de la Résidence)

Remerciements à la Ville de Hem

La Cantoria – 1

Partie 1 L’école Victor Hugo et l’ancienne mairie de Hem

En 1841, une école pour garçons est construite sur la Place d’Hem, dénommée ensuite école Victor Hugo. Auparavant l’école était assurée dans une pièce de la maison du maître qui enseignait tout en faisant la cuisine et en soignant ses enfants. Pas question pour le moment d’une école pour les filles « qui n’ont pas besoin d’instruction pour tenir leur ménage », la municipalité n’ayant pas les moyens financiers suffisants pour ouvrir 2 écoles.

Pas d’école pour les filles ! (Document Au Temps d’Hem)

L’école de la place est fonctionnelle et dispose de latrines alors que la plupart des écoles en sont alors dépourvues. Dans un premier temps, elle ne compte qu’une seule pièce qui reçoit finalement les élèves des 2 sexes, séparés par une cloison, au milieu de laquelle se trouve le ponton (estrade) du maître d’où il peut surveiller garçons et filles. Dans le corridor il existe donc une porte d’entrée dans la classe pour chaque sexe.

L’école Victor Hugo vue de la place, la façade en gros plan et l’arrière de l’école et le mur d’enceinte de la cour de récréation vus de la rue du Cimetière (Documents collection privée)

Ce n’est qu’en 1852 qu’une école de filles est construite à Hem Bifur : l’école Pasteur. Dès la rentrée des classes de 1858, un second maître est adjoint à l’école des garçons. Bientôt, dans l’école 103 garçons occupent 41 mètres carrés dans la 1ère classe et 43 élèves se retrouvent dans 30 mètres carrés dans la seconde.

Dès 1875, l’idée d’une nouvelle mairie germe dans la tête de la municipalité, car le conseil municipal siège toujours dans la maison commune à l’Auberge du Coq et, bien qu’un cabinet des archives ait été installé dans une pièce chez l’instituteur 2 ans auparavant, cela ne suffit pas et il faut faire quelque chose.

Une maison est à vendre sur la place d’ Hem mais le projet de mairie n’est pas retenu de suite. Il faut attendre 1881 pour que la décision soit prise. Les travaux sont achevés en mai 1884 et une joyeuse inauguration met le village en fête sur la Grand Place devant la nouvelle façade, contiguë à l’école Victor Hugo.

La façade de la mairie en 1884 (Document Hem Images d’Hier), bâtiment contigu à l’école (Document Hem Mémoire en Images)
La Mairie d’ Hem en BD (Document Au Temps d’Hem)

La place d’ Hem (actuellement Place de la République) garde le même aspect pendant plusieurs décennies. Devant la façade de la mairie ont lieu de multiples fêtes et/ou commémorations au fil du temps. Ainsi les photos ci-dessous montrent une fête, occasion pour la fanfare de la commune de jouer des airs républicains, et une commémoration après la 1ère guerre mondiale avec hommage rendu aux anciens combattants.

Fête avec fanfare et commémoration de la victoire (Documents Hem Mémoire en Image)

En 1946, l’assemblée municipale décide l’acquisition de la propriété Catrice au 42 rue de Lille (actuellement rue du Général Leclerc). La maison de maître va être aménagée en Mairie et 2 écoles seront aménagées dans le parc : l’une pour remplacer l’école Victor Hugo, trop vétuste, et l’autre pour remplacer l’école Pasteur, endommagée lors de la guerre.

la mairie en 1934 ( Document Hem 1000 ans d’histoire) et la mairie annexe dans les années 70 ( Document Historihem).

Mais ce n’est finalement qu’en 1957 que le projet de l’école du Centre est lancé, et cette nouvelle école ( dite du Parc, ou de Beaumont puis Victor Hugo) scolarise enfin des enfants en 1959. L’ancienne école Victor Hugo laisse alors la place aux ateliers municipaux tandis que l’ancienne mairie continue à abriter des services municipaux et devient la mairie annexe.

vue panoramique de la Place en 1962 avec l’école et vue aérienne de 1989 avec les ateliers municipaux qui ont remplacé l’école Victor Hugo (documents IGN)
vue aérienne des années 1980 où on distingue les ateliers municipaux et la mairie annexe (Document Hem mille ans d’histoire)

A la fin des années 1970, c’est précisément un instituteur de la nouvelle école Victor Hugo qui se trouve être le premier professeur de « L’école de Musique » de Hem et, par la suite, grâce au soutien de la ville, celle-ci se développe autour d’un objectif principal : faire découvrir des instruments de musique, le solfège intervenant comme une nécessité pour la maîtrise desdits instruments.

L’initiation musicale mise en place peu à peu par la ville de Hem est alors le fait de professeurs rémunérés par la commune, qui ne disposent pas d’un lieu unique pour assurer leurs cours et vont de salle en salle au gré des disponibilités. Même si cela permet à une petite centaine d’enfants de prendre goût au solfège et à la pratique d’un instrument, très vite il leur faut s’orienter vers un conservatoire de la région…

Dès 1981, l’OCAH (Office culturel d’animation hémois) décide de la première rencontre musicale hémoise. Au programme du classique et de la variété. Puis en 1983, son 1er après-midi musical à la salle des fêtes est une réussite dont le journal Nord-Eclair se fait l’écho. La preuve est faite : les hémois sont demandeurs ; ils aiment la musique et en souhaitent le développement dans leur ville.

1er après midi musical de l’OCAH

Dès 1990, c’est l’ADHIM ( Association hémoise pour la découverte et l’initiation à la musique) qui est créée, sur proposition de Mme Houdry, adjointe à la Culture, afin de permettre de structurer l’initiation musicale dans la ville. Le but dans un premier temps est de mieux structurer l’initiation musicale existante avant de penser à des projets plus ambitieux.

A suivre…

Remerciements à Historihem, la Ville de Hem, Jacquy Delaporte pour ses ouvrages Hem Images d’hier et Hem 1000 ans d’histoire et Bernard Thiebaut pour son ouvrage Hem Mémoire en images.

L’éphémère champ d’aviation de Beaumont

A l’occasion de l’Exposition Internationale du Nord de la France, qui a lieu à Roubaix de Mai à Novembre 1911, regroupant 3429 exposants français et étrangers, un champ d’aviation de 10 hectares est construit à Hem, dans les plaines de Beaumont et sur les pâtures de la ferme Gorghemetz. Ce terrain s’étend de l’Avenue des Villas à Roubaix (aujourd’hui Avenue Gustave Delory) à la ferme de Beaumont à Hem.

croquis du champ d’aviation et photo aérienne de 1932 montrant en partie son ancien emplacement (Document archives Historihem)

Les installations se composent comme suit : le champ d’aviation, six hangars individuels, une grande tribune, des gradins et un hangar provisoire pour les grandes journées. On y accède par 2 entrées aménagées de part et d’autre du champ d’aviation.

photos des hangars et du public qui se presse pour assister aux exhibitions aériennes (Documents Roubaix 1911 centenaire de l’exposition)

Les organisateurs obtiennent la participation de nombreux aviateurs à de multiples exhibitions sur une période de 5 mois de juin à octobre. Ainsi Edouard Beaud et Florentin Champel animent le champ d’aviation en multipliant les exploits : survol de l’exposition, vols jusqu’à 800 mètres d’altitude, évolutions spectaculaires en virages courts.

Atterrissage d’ Edouard Beaud sur biplan Farman (Document archives Historihem)
L’émoi des habitants face aux avions qui virevoltent (Document Au Temps d’Hem)

Le terrain est aussi une étape du Circuit Européen qui se déroule du 18 juin au 7 juillet 1911. L’étape est remportée par Vedrines, devant Roland-Garros puis Beaumont.

Arrivée des concurrents au champ d’aviation (Document du journal illustré quotidien l’ Excelsior) (Document Au Temps d’Hem)

Les aviateurs sont ovationnés par le public et se voient offrir des gerbes de fleurs par des petites filles.

Vedrines se voit remettre une gerbe de fleurs (Document du journal illustré quotidien l’ Excelsior) (Document Roubaix 1911 centenaire de l’exposition) (Document Au Temps d’Hem)

Le général Lalorre entouré d’officiers aviateurs assiste à l’arrivée des pilotes.

Le général Lalorre et les officiers aviateurs (Document du journal illustré quotidien l’ Excelsior)

Un monoplan, Le Vautour, construit par deux roubaisiens Mrs Allard et Carbonnier, effectue également ses premiers vols lors des exhibitions du champ d’aviation, piloté par Mr Cordonnier lors du meeting du 14 juillet. Enfin, le 30 juillet évoluent dans les airs non seulement Vedrines mais aussi une aviatrice Jeanne Herveux qui fait un vol remarquable sur son biplan.

Vedrines et Jeanne Herveux (Documents archives Historihem et Roubaix 1911 centenaire de l’exposition)

Une fois l’Exposition terminée, les pâtures de la ferme Gorghemetz sont rendues aux placides vaches laitières noires et blanches. La ferme entourée d’eau jusqu’au milieu du vingtième siècle est alors exploitée par la famille Lefebvre et son adresse se trouve au 58 avenue Gustave Delory, bien que ses terres, hormis la maison elle-même se trouvent, pour la plupart, sur la commune de Hem.

Sur la photo aérienne de 1947, on voit clairement la ferme au bord de l’avenue Delory quelques temps avant qu’elle ne soit détruite en vue de la construction du quartier de Beaumont.

Photo aérienne de 1947 (Document IGN)

Dès 1948, le quartier change radicalement d’aspect avec les constructions de la cité des 3 baudets en bas du boulevard Clémenceau. Comme on le constate au fond de la photographie de 1948, au delà de l’avenue Mozart (percée en 1931), les champs et pâtures sont toujours présentes là où s’était dressé le champ d’aviation éphémère près de 40 ans plus tôt.

Début de construction de la cité CIL des 3 baudets (138 logements) en 1948 et la même cité en 2016 (Documents archives Historihem)

Puis dans les 10 années suivantes c’est au tour de la cité jardin Beaumont (381 logements), de voir le jour dans la plaine de Beaumont de l’autre côté de l’avenue Mozart. En mémoire de l’exposition universelle de 1911les rues de la cité portent des noms d’aviateurs célèbres : Vedrines, Roland Garros, Santos Dumont, Hélène Boucher…

Passage d’une ville à l’autre entre 2 maisons de la même rue et dénomination Logicil « Beaumont les aviateurs » (Document collection privée)

La particularité de ce quartier tient au fait qu’il est situé à la fois sur les communes de Hem et de Roubaix mais aussi au fait qu’il est isolé du reste de la ville de Hem, en particulier depuis la mise en service de la voie rapide Roubaix-Villeneuve d’Ascq en 1973.

Les photographies aériennes de 1962 et plus encore de 2021 démontrent comment ce quartier rural aux portes de Roubaix s’est développé au point de ne plus laisser penser qu’une ferme, des champs et un terrain d’aviation ont pu y exister un jour.

Photos aériennes du quartier en 1962 et 2021 (Documents IGN et Google Maps)

Remerciements à Philippe Waret, l’Association Historihem et la Ville de Hem

La ligne Lille-Leers – Sixième partie : Hem, la rue de Lille

Nous avons suivi la ligne à travers ce qui est aujourd’hui Villeneuve d’Ascq, et l’avons laissée à la croisée des chemins du Recueil et d’Hem. Ce dernier chemin, dit de grande communication numéro 6, marque, sur quelques centaines de mètres, la limite entre Flers et Annappes. A la création de la ligne, on est encore en pleine nature et le chemin n’est bordé que de rares constructions. Celles-ci disparaissent complètement après la courbe à droite qui nous fait abandonner Flers pour pénétrer complètement dans Annappes.

Plan cadastral 1890

Ici, le tramway circulera jusqu’à sa fin en plein champs, comme le montre cette photo aérienne de 1951.

Vue aérienne Annappes 1951 Photo IGN

Aujourd’hui le chemin est coupé dans sa partie centrale par un rond-point, puis longé ensuite par le remblai de la voie rapide.

Photo Jpm

Après une large courbe à gauche, nous abandonnons la campagne pour rencontrer les premières maisons de Hempenpont, l’entrée, tracée elle aussi en courbe, de Hem.

Photo Jpm

Ce hameau constituait le carrefour des chemins venant de Flers, qui menaient à Croix et au centre d’Hem. Le cœur névralgique en était une auberge spécialisée dans la friture d’anguilles, située sur le carrefour où se séparaient les routes de Croix et de Hem, et devant laquelle le tramway négociait une courbe brutale à droite pour se diriger vers le centre de Hem.

Entrée de la rue de Lille à Hem Document Historihem

Nous nous trouvons alors à l’entrée de la rue de Lille, qui a pris ensuite le nom du général Leclerc. La voie va emprunter cette artère en suivant de près le trottoir de droite.

Remarquez à droite sur la photo suivante, devant le mur de la teinturerie, l’abri pour les voyageurs, qui semble indiquer que l’arrêt desservant l’auberge était très utilisé par les clients. En dessous, la même vue, prise aujourd’hui.

Rue de Lille à Hem Photo collection particulière.
Photo Jpm

Le tramway poursuit sa route, remontant cette rue, l’une des plus importantes de la ville. La première partie est en ligne droite, et propose de la verdure à gauche et des constructions sur la droite. La voie est unique. L’aspect de ce tronçon a peu changé aujourd’hui.

Rue de Lille à Hem Photo collection particulière

Quittant Hempenpont, après avoir parcouru une centaine de mètres et dépassé l’intersection avec la rue de la Tribonnerie, menant aujourd’hui à la poste, nous abordons le quartier de la citadelle. Après un premier virage sur la droite, la ligne attaque un « S ». Au niveau de la première courbe, une grille marque l’endroit de l’actuelle avenue Pierre Bonnard qui dessert maintenant un quartier résidentiel. A cet endroit, on remarque l’aiguille de fin d’une zone de voie dédoublée. Les cheminées d’usine sont nombreuses à l’époque du tramway.

Photo collection particulière

Nous retrouvons ensuite sur environ deux cent mètres une zone moins lotie et plus verdoyante. Après une contre-courbe à droite, une portion droite que nous montre la photo suivante, prise vers Lille après guerre. Elle nous présente à droite une série de belles propriétés qualifiées de châteaux, et dotées, à l’époque, de grands parcs d’agrément. Le camion Renault AHN visible à gauche empiète sans vergogne sur la voie !

Photo collection particulière

Cent mètres plus loin, une large courbe vers la droite, vue vers Lille sur la photo suivante, nous approche du centre. Nous retrouvons ici des constructions serrées l’une contre l’autre de chaque côté de la rue.

Photo collection particulière

Au même endroit et dans la même courbe, mais en tournant cette fois le dos à Lille, nous apercevons tout au fond l’église de Hem :

Photo collection particulière

Poursuivant notre route, nous distinguons mieux l’église. Nous atteignons presque Hem-Bifur, le croisement avec la rue qui nous mènera à gauche vers Lannoy. Le mur blanc à droite est celui de la ferme Franchomme.

Devant cette ferme, plusieurs photos représentent des motrices de la ligne Lille Leers. En voici une mettant en scène la voiture 13, modernisée en 1934, et limitée à Hem-Bifur, ce qui place la photo dans les années peu après 1947.

Hem-Bifur Photo Historihem

Immédiatement après la ferme, l’aiguille et la courbe à gauche nous mènent dans la rue de Lannoy, qui a ensuite pris le nom de Jules Guesde. A l’angle des deux rues, un autre abri pour les voyageurs, construit sur le même modèle que celui rencontré à Hempenpont.

Photo collection particulière

A suivre la rue Jules Guesde, anciennement rue de Lannoy…

Maurice Van Den Bruwaene, pilote automobile

Dans le Ravet-Anceau de 1947-48-49, on découvre Maurice Van Den Bruwaene, en tant que garagiste, au 69 rue Jules Guesde à Hem, et ce n’est qu’à partir de 1955 que l’annuaire précise cette adresse en mentionnant : impasse Vandemeulebrouck. Ses publicités réalisées, en 1952 et 1954, dans le journal Nord-Eclair, ne font état que du 69 rue Jules Guesde, sans référence à l’impasse, et indiquent sa qualité de sous-agence Panhard.

Publicités de 1952 et 1954 (Documents Nord-Eclair)

Sans le témoignage des habitants de l’époque et les photographies il est donc difficile de localiser l’établissement à partir de sa seule adresse dans l’annuaire. En effet, dès 1953, on retrouve à la fois le commissariat au 69 et le garage Van Den Bruwaene à la même adresse mais quand on regarde la configuration des lieux, on s’aperçoit que le garage a toujours été dans l’impasse à l’arrière du bâtiment du 69 rue Jules Guesde, lequel a longtemps abrité la police nationale.

Carte postale du début du 20ème siècle (Document collection privée)
Photographie des lieux en 2020 (Document Google Maps)

Dans les années 1950 et 1960, Maurice Van Den Bruwaene est également connu comme pilote automobile. Il court, surtout sur Panhard, dans des grands prix. En 1953, il porte ainsi le numéro 35 dans une Dina Panhard, au Grand prix du cinquantenaire à Roubaix au parc de Barbieux. Il y termine à la sixième place au classement.

Photographie du grand prix en 1953 (Document D. Jouvenel)

Il participe également aux 12h de Reims, en 1953 dans une DB (Deutsch-Bonnet) Tank Rifflard avec laquelle il finit neuvième et, en 1958 dans une Panhard Monopole grâce à laquelle il se classe 1er dans la catégorie des 500 à 750 centimètres cubes. La même année il se classe 18ème au Rallye des routes du Nord dans une DB Panhard.

Résultat de la course et photo de Maurice près de sa voiture (Documents D. Jouvenel)

Pour le tour de France automobile en 1959, il conduit une Dina Panhard mais ne termine malheureusement pas la course dans laquelle il est contraint à l’abandon.

Photos du tour de France automobile de 1959 (Documents D. Jouvenel)

Enfin il compte plusieurs participations aux 24h du Mans. Ainsi, en 1960, il arrive 17ème au classement général et 2ème de sa catégorie sur sa DB Panhard HBR qui porte le numéro 47.

Photos des 24 heures du Mans en 1960 (Documents D. Jouvenel)

Sur une photo prise avec une de ses voitures de course on voit ses 2 mécaniciens devant l’atelier du garage de Hem dans l’impasse (à droite de la photo Georges Cau, chef d’atelier à Hem) ; puis sur une autre photo sont présents l’ensemble des mécaniciens de son garage.

Photo des 2 mécaniciens devant le garage ( Document D. Jouvenel) et photo prise en 2021 au même endroit (Document Google Maps)
Photo de l’ensemble des mécaniciens dans l’atelier de Hem (Document D. Jouvenel)

Il présente également au public Hémois sa voiture de compétition DB (Deutsch-Bonnet) avec laquelle il participe aux 24h du Mans. C’est son excellent mécanicien Georges Cau qui l’accompagne sur le circuit, considéré comme « un sorcier capable de sortir d’insoupçonnables chevaux supplémentaires d’un moteur » d’après les journalistes de l’époque.

Photo de la présentation de sa DB au public hémois dans la garage (Document D. Jouvenel)

Les publicités de 1963 font état du fait qu’il est concessionnaire pour les marques Panhard, René Bonnet (à la dissolution du groupe DB, René Bonnet fonde sa propre marque automobile à son nom, laquelle ne durera que 2 ans), Volvo et Neckar (Fiat Neckar constructeur automobile allemand filiale du groupe italien Fiat).

Publicité de 1963 (Document Nord-Eclair)
Publicité du véhicule Missile de René Bonnet et Photo de ce coupé sport des années 60 (Document Nord-Eclair et Wikipedia)

Dans les années 60, on retrouve enfin des publicités indiquant le garage de Hem comme atelier mais aussi deux magasins de vente et d’exposition, l’un à Lille, au 289 rue Léon Gambetta, l’autre à Roubaix, au 56 boulevard de la République, en tant que concessionnaire exclusif NSU (constructeur allemand spécialisé en moteurs rotatifs), Volvo et BMC (British Motor Corporation) Austin.

Publicité commune pour ses 3 garages (Document collection privée)

Lorsque Maurice Van Den Bruwaene décède, en 1974, l’église St Corneille à Hem est trop petite pour contenir l’ensemble de la foule venue assister aux funérailles. Celle-ci est désireuse de rendre hommage à la fois au brillant pilote automobile, virtuose du volant mais aussi au meneur d’hommes et d’affaires ayant implanté 5 garages dans l’agglomération lilloise. Nord-Eclair lui consacre un article avec photo au titre évocateur : le monde de l’automobile en deuil.

Annonce des ses funérailles (Document Nord-Eclair)

Pour rendre hommage à leur président d’honneur, les membres de la fanfare St Corneille montent une garde d’honneur avec leur drapeau. Le maire d’Hem, Mr Leplat est présent ainsi que Mr Yschard, du comité directeur de la fédération française du sport automobile et bien d’autres personnalités.

A Hem, 10 ans après c’est Pascal Delecroix qui est installé dans le garage. Il est agent Renault et fait de la publicité pour la R5. Par la suite, délaissant l’impasse Vandemeulebrouck, il installe son garage, qu’il occupe encore à ce jour, en tant qu’agent Renault et Dacia, au 63 rue Jules Guesde.

Publicité du garage Delecroix au 69 rue Jules Guesde (Document Nord-Eclair)
Publicité du même garage au 63 rue Jules Guesde et photo de celui-ci (Documents collection privée)

A Roubaix, un garagiste lillois, Mr Crequy, ouvre en 1975 un point de vente BMW, doté d’un magnifique hall d’exposition.

Publicité du garage Crequy de 1975 (Document Nord-Eclair)

Dans les années 2000, la vente automobile y cède la place à un bar, billard, pizzeria à l’enseigne Le Shanon.

Photo du garage Crequy en 1975 (Document Nord-Eclair) et du Shanon en 2021 (Document Google Maps)

Remerciements à Damien Jouvenel ainsi qu’aux archives municipales de Roubaix