80 avenue Jean Lebas

La rue de la Gare a été percée en 1882 pour relier la Grand Place à la future gare de Roubaix. Dès 1885, des constructions s’élèvent et très rapidement l’avenue, large de 25 mètres, est bordée de magnifiques immeubles occupés par des sièges d’entreprises textiles et par des banques.

Le 80 avenue Jean Lebas ( document plan cadastral )

Le numéro 80 de cette avenue est un immeuble cossu. Une porte cochère permet l’entrée de l’établissement occupé par la Banque Nationale de Crédit, au milieu des années 1880. Cet établissement bancaire propose toutes les opérations de bourse, de banque, de locations de coffre forts etc.

document collection privée
document collection privée

La Banque Nationale de Crédit ferme ses portes au début des années 1930, Le bâtiment est repris ensuite par le cabinet d’assurances d’André Piat. Il propose tous types d’assurances et, plus tard, se spécialise dans les contrats de l’assurance automobile, dans les années 1950.

document collection privée
document collection privée

Dans les années 1970 c’est le cabinet d’assurances Ricour qui est installé dans l’immeuble, jusqu’au milieu des années 1980.

document collection privée

L’E.R.J : Espace Ressources Jeunes est créé en 1988 et s’installe dans les locaux. L’ERJ permet à des jeunes ayant un projet de le développer. Si le projet est bien construit, il sera accepté et permettra aux jeunes d’avoir une insertion sociale, une prise de conscience, une autonomie et en définitive de leur donner confiance en eux et en l’avenir. Le C.L.A.P : le Comité Local d’Aide aux Projets, quant à lui, permet à des jeunes porteurs de projets de présenter leur action et d’obtenir des aides financières.

document archives municipales
document Nord Eclair

En 2005, Juliette Bughin ouvre son atelier créatif : la « Maison Marotte » et s’installe dans les locaux, car il se trouve alors en plein quartier des modes. C’est une enseigne qui permet d’apprendre à créer soi-même des objets, vêtements ou bijoux. Pourquoi Maison Marotte ? Maison, pour le côté désuet et Marotte pour le hobby avec un grain de folie en plus. L’idée créative bien que séduisante ne donne pas les résultats escomptés et Maison Marotte cède la place à un salon de coiffure.

Juliette Bughin ( document Nord Eclair )

En 2010, David Pollet, ancien commercial et autodidacte, cherche une entreprise à reprendre. Ce sera le salon de coiffure à enseigne « Le Monde Addict », au 80 de l’avenue Jean Lebas. Dans cet immeuble de cachet, c’est un salon atypique où les portes et le comptoir sont en bois massif, de l’époque de la Banque Nationale de Crédit, et même l’ancien coffre fort s’y trouve encore !

David y installe son propre salon avec du mobilier design créé par son frère, recrute une équipe fidélisée et crée une ambiance sympathique. Le démarrage est satisfaisant et très rapidement, David ouvre plusieurs autres salons de coiffure sur la métropole. Le Monde Addict est toujours présent dans les mêmes locaux après 16 années d’expérience.

David Pollet ( document Nord Eclair )
Le salon de coiffure ( document Nord Eclair )

Remerciements à Julien ainsi qu’aux archives municipales.

Alphonse le bourleux

Nous avons déjà évoqué le géant Don Carlos Charles Philippe de la Mottelette qui a été créé en 1959 par un comité de riverains formé dans le quartier de la Mottelette. Il est aussi connu par les adeptes du patois comme étant l’Ro des Minteux. Haut de 4 mètres et pesant près de 150 kilos, il rappelle l’image de ces travailleurs à domicile que l’on appelait autrefois travailleurs à l’otil. On peut l’apercevoir dans l’entrée de la mairie de Leers.

Alphonse le bourleux doc Mairie de Leers

Mais un second géant leersois est né le 1er octobre 2011 : Alphonse le bourleux. Il mesure 4 mètres de hauteur et pèse 57 kilos. Fabriqué en osier et en rotin, il représente le bourleux typique du Nord. On peut l’apercevoir lors des fêtes leersoises.

La bourloire Saint-Louis doc Mairie de Leers

Ce géant rend hommage au jeu de bourles. Il rappelle que les bourloires étaient nombreuses à Leers. L’excellent ouvrage Leers mon village en a dénombré seize sur le territoire de la commune, réparties en six bourloires extérieures, trois bourloires de salon et sept bourloires couvertes. La bourloire du Cercle Saint-Louis, classée à l’inventaire des Monuments Historiques depuis 2006, perpétue la tradition du jeu de bourles, connu dans notre région depuis le Moyen-âge.

Boulevard Clémenceau/ avenue De Gaulle (suite)

Qu’en est-il des commerces alors ? Si l’on revient au document 3 à savoir la CPA colorisée du boulevard côté Jules Guesde : au premier plan de la carte postale on voit une maison blanche qui se situe au n°2 du boulevard et qui abrite une maison d’habitation. En 1955 c’est celle de l’industriel Duquesne-Joveneau puis du placier en laines Ch. Delemme avant qu’il ne s’installe au n°66.

CP moderne des années 1960 avec le carrefour Clémenceau Guesde et, au 1er plan, la café des Fleurs (Document collection privée)

Ce n’est qu’en 1958 que Léopold Duquesnoy y installe son commerce de cycles et également, comme il est d’usage à l’époque, un café mais aussi un hôtel. L’établissement est aussi le siège du club des « Dingos » qui réunit, en 1960 et 1961, une quarantaine d’anciens pour un banquet en présence du maire le Dr Jean Leplat.

Le repas des anciens en 1960 et 1961 au café sis bd Clémenceau (Document Nord-Eclair)

Repris en 1965 par Albert Verhille, le commerce à l’enseigne Hôtel des Fleurs, poursuit une activité de café-hôtel-restaurant mais aussi de vente et réparation de cycles et cyclos. Il continue également son œuvre de comité d’entraide aux anciens et devient le siège de l’USH (Union Sportive Hémoise).

Publicité de l’hôtel des Fleurs en 1968 (Document Nord-Eclair)

L’établissement continue ensuite son activité de café, hôtel et taxi dans les années 1970 sous la gérance de Mrs Everharde puis Delepau. S’y succédent également les Choteau-Benoit qui mettent l’accent sur les jeux automatiques pour cafés et J.Y.Briche. Ensuite, le café-hôtel des Fleurs est repris par le couple Henri Pollet-Moncheaux puis par Danièle Pollet.

Publicités de l’Hôtel des Fleurs en 1972 et 1974 et photo de l’établissement en 1977 ; publicités des années 1980 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

Par la suite, le commerce perd son activité hôtellerie mais le café des Fleurs perdure au 21ème siècle et s’enrichit d’une activité friterie dans une annexe au bâtiment principal. A partir de 2000, plusieurs gérants vont se succéder à la tête du café-brasserie et de la friterie jusqu’aux années 2020 au cours desquelles la restauration est assurée par Sophie Destailleurs à la tête de Basilik Pizza et Arnaud Lamblain qui gère la friterie O Clémenceau.

Publicité du café des Fleurs en 2000, façade du café en 2008 et 2025 (Documents guide pratique de Hem et Google Maps)
La friterie en 2008, 2016 et 2022 (Documents Google Maps)

A la même époque, à l’autre extrémité du boulevard, au rond-point des 3 Baudets, au n°252, une alimentation générale épicerie ouvre ses portes. Géré par H. D’Hoedt-Maubrun puis par Mrs Macquet puis Dufaye le petit commerce cède la place à la banque Scalbert au début des années 1970. Dès 1972, la succursale bancaire fait l’objet d’une tentative de hold-up qui se solde par un échec…La voiture volée ayant servi au forfait est retrouvée très vite sur Roubaix.

Publicité du guide hémois en 1970 ; la tentative de hold-up à la banque Scalbert en 1972 (Document Nord-Eclair)

Devenue ensuite Scalbert-Dupont la banque effectue des travaux, 20 ans plus tard pour continuer à recevoir la clientèle dans des locaux modernes et fonctionnels en offrant tous les services d’une banque moderne tels qu’un guichet automatique utilisable 7 jours/7 et 24h/24. Lors de l’inauguration, en 1993, l’établissement accueille un public ravi: conseillers municipaux, chefs d’entreprise du secteur et nombreux clients. L’agence est toujours en activité de nos jours sous l’enseigne CIC.

Publicité de 1978 et inauguration de la banque Scalbert-Dupont en 1993 et photo de l’agnec CIC dans les années 2020 (Documents Nord-Eclair et Google Maps)

Au n°70, on trouve, durant quelques temps dans les années 50, les Declercq-Goditiabois, commerçants en articles de ménage, avant que la maison ne devienne le domicile de l’industriel J Duhot-Pau,et au n°93 le négociant Flipo-Verspieren dans les années 60 à 80. En 1989, un foyer de l’enfance est ouvert dans cette magnifique bâtisse.

« Les 4 saisons » y hébergent une quinzaine d’enfants sous la responsabilité de Mme Barbedette. C’est OPHLM (Office Public de l’Habitat à Loyer Modéré) qui a racheté l’immeuble, l’a rénové et le loue à l’EPDSAE (Etablissement Public Départemental pour Soutenir Accompagner Eduquer).

Le n°93 devient le deuxième foyer de l’enfance du boulevard en 1989 (Document Nord-Eclair)
le n°93 en 2008 et 2019 (Documents Google Maps)

Le commerce de produits laitiers de Marie-Louise Doutreligne au n°61 est en activité dans les années 1940. La crémerie Debuy se situe au n°224 durant la décennie 60, et le glacier J. Walczak au 61 bis de la fin des années 60 à 1985. Il y a également le tailleur Lepers-Fontaine au n°194. Plus insolite, face au n°190 de l’avenue De Gaulle, au début des années 1990, Jean-Luc Provost installe sa friterie.

Située à la sortie de la voie rapide, à proximité d’une station-service, la petite baraque se fait vite une clientèle d’habitués venant de Hem, Lys et Roubaix. Les automobilistes et routiers de passage et les ouvriers d’usines alentours trouvent là une halte sympathique pour manger un morceau le midi ou le soir.

La carte professionnelle de Marie-Louise Doutreligne dans les années 1940 ; la friterie Provost en 1994 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

Depuis 20 ans en effet une station-service Total a ouvert ses portes au 186-188 avenue De Gaulle. Le Relais des Trois-Baudets, tenu par différents gérants, assure à la fois la vente de carburants, d’accessoires mais aussi le lavage et le graissage des véhicules. Depuis quelques années l’établissement, qui existe toujours, a été « relooké » Total Energies.

Publicités du relais des 3 baudets dans les années 1970-1980 ; Station-service Total en 2008 et 2025 (Documents Historihem, guide hémois et Google Maps)

Enfin, pendant quelques années, durant les années 1980, Marie Freté tient le salon Parenthèse, au n°113. Elle y propose : soins esthétiques, relaxation, séances de bronzage, et y assure la vente de cosmétiques. Après cette activité la maison retrouve son usage d’habitation.

Publicité du salon Parenthèse dans les années 1980 et la maison en 2008 (Documents Historihem et Google Maps)

En ce qui concerne les services : avec la croissance rapide de la ville de Hem, un nouveau bureau de poste, répondant aux besoins d’une ville moyenne, est mis en chantier au n°122, à l’angle du boulevard Clemenceau et de la rue Jean Jaurès en 1968 pour être ouvert au public au début de l’année 1969. Le nouveau bureau de poste bénéficie de places de parking ainsi que d’un distributeur de billets de manière à améliorer la vie des habitants du quartier des 3 Baudets, où un nouveau lotissement vient de voir le jour en face de l’église Saint-Joseph. (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site).

chantier de la nouvelle poste en 1968 et bureau finalisé en 1969; photo couleur des années 1970 et photo en 2025 ( Document Nord-Eclair et bulletin municipal de Hem, collection privée et Google Maps)

Une seule entreprise industrielle à savoir Damart, s’installe sur le boulevard. Le centre d’expédition y ouvre ses portes en septembre 87 et son inauguration a lieu en Novembre en présence de nombreuses personnalités : parmi elles, Mr Longuet, ministre délégué chargé de la Poste et des Télécommunications, Mr Aurousseau, préfet de la région, Mr Diligent, sénateur-maire de Roubaix, et bien sûr Mme Massart maire de Hem. (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site).

Photos de l’inauguration et de la coupure du ruban (Documents Nord-Eclair)

De nos jours les boulevard Clémenceau et avenue De Gaulle sont toujours essentiellement résidentiels et les quelques champs qui demeuraient entre la rue de la Tribonnerie et Damart disparaissent depuis peu pour laisser place à un chantier de construction d’ immeubles collectifs de standing et maisons individuelles. La photo aérienne de 2025 montre encore la présence des champs avant la mise en œuvre du chantier.

Vues aériennes de 1981 et 2025 (Documents IGN et Google Maps)

Malgré la bétonisation croissante et la disparition des champs qui la bordaient cette artère de la ville fait encore la part belle aux arbres et aux fleurs, comme c’était déjà le cas en 1989 lorsqu’elle avait été récompensée par la plaque de la rue fleurie ajoutée près de la plaque classique portant son nom.

L’avenue Clémenceau est la plus fleurie en 1989 et bordée d’arbres en 2025 (Document Nord-Eclair)

La ligne 5 (suite)

Après avoir traversé le canal, nous nous trouvons sur le boulevard Gambetta, à Tourcoing, dans une zone qui a été complètement remaniée de nos jours. Cette zone s’étend jusqu’au delà du double pont de chemin de fer, qui a perdu aujourd’hui une de ses branches. Ce pont supportait des voies formant un triangle à hauteur de la gare des marchandises de l’Union.

Photo IGN 1931

Il ne reste que les culées de l’autre partie. La photo nous montre dans son intégrité la succession des deux ponts.

Les ponts de chemin de fer

Poursuivant notre chemin, nous assistons au croisement de deux motrices, toutes deux des mêmes premières séries, et en état d’origine, au carrefour avec la rue des Carliers, placée dans le prolongement de la rue du Blanc seau. Un habitant à la chaîne de montre avantageuse regarde le photographe. Le bâtiment du tabac qui fait le coin à gauche existe toujours ; c’est maintenant une Pizzeria. Les constructions au premier plan à droite sont toujours là.

Au coin de la rue des Carliers

Un peu plus loin, la ligne passe devant le Lycée Gambetta, ornement du boulevard, dont la façade n’a pas changé aujourd’hui, et dont les mêmes fenêtres sont protégées par les mêmes grilles.

Le Lycée Gambetta

La voie dépasse ensuite l’église du Sacré Coeur, autre ornement du boulevard, qu’elle laisse sur sa gauche. Les maisons à gauche avant l’église n’ont pratiquement pas changé, le bâtiment qui fait l’angle après non plus.

L’église

Encore une centaine de mètres et nous parvenons à l’extrémité du boulevard, à sa rencontre avec la place des Victoires. A cet endroit, la voie rencontre celle du Mongy issue de Lille par le Croisé Laroche, qui vient de traverser le canal sur le pont Hydrauique. Les deux itinéraires se mêlent alors en empruntant la rue Faidherbe. La première photo nous montre une rame TRT qui se dirige vers Roubaix, la suivante une voiture du Mongy en route pour le centre de Tourcoing.

Notre ligne suit donc la rue Faidherbe et, à partir d’ici, tous les bâtiments d’origine ont laissé la place à des constructions récentes. Un arrêt au coin de la rue Thiers, un à la rencontre de la rue Fidèle Dehouck, et la ligne rejoint celle qui suit la rue Carnot par une courbe à gauche.

La première photo montre une rame qui, venant de la place, bifurque pour emprun ter la rue Faidherbe vers Roubaix. La suivante, prise également au carrefour des rues Faidherbe et Carnot, montre une circulation venant de Roubaix vers la place.

La voie suit alors la rue Carnot jusqu’à la place de la République où elle prend à droite pour arriver au faisceau des voies situé près de l’église.

La dernière photo nous montre une motrice de la ligne au terminus devant la kiosque-abri.

Photo Au fil des trams

Les documents présentés sans autre origine proviennent des archives municipales et de la médiathèque de Roubaix

Carlier Vogliazzo

Jean Carlier est né dans le Pas-de-Calais, Elvira Vogliazzo est d’origine italienne. Ils ouvrent une petite épicerie, au 96 rue de l’Alma à Roubaix, en 1949. C’est une toute petite échoppe de 20 m2, dans laquelle le couple propose des spécialités italiennes. Les débuts de leur activité sont encourageants, ils ont tous deux, le sens du commerce, et bénéficient d’une clientèle italienne nombreuse dans le quartier, des immigrés italiens qui ont du quitter leur pays et le régime fasciste.

document Carlier Vogliazzo

En 1952, le manque de place de leur magasin se fait cruellement sentir, mais aucune possibilité pour Jean et Elvira d’agrandir leur point de vente. Ils ont alors l’occasion de reprendre un local voisin, au 110 de la rue, à l’angle de la rue Emile Moreau. C’était auparavant le Foyer des Gardiens de la Paix. Ils aménagent à l’intérieur leur nouveau magasin d’alimentation et font appel à un entrepreneur local, Mr Pagliano, situé rue Philibert Delorme, pour des travaux de façade : remplacer 4 petites fenêtres par deux baies vitrées, une sur la rue de l’Alma et une sur la rue Emile Moreau. La gamme de produits s’étoffe, l’immigration italienne depuis la dernière guerre se développe, les quotas d’importation de produits étrangers baissent: les affaires du nouveau magasin deviennent alors prospères. En 1959, Jean confie des travaux de rénovation de sa façade ( rejointoiement et cimentage ) à l’entreprise de René Buil, au 27 rue Voltaire.

document Carlier Vogliazzo

Jean Carlier est non seulement bon commerçant, il est également curieux, Tout l’intéresse et en particulier les voyages. C’est lors de déplacements en Espagne et au Portugal qu’il découvre d’autres produits et d’autres saveurs. Au début des années 1960, Jean et son épouse développent donc leur gamme de produits pour satisfaire leur clientèle tout en évitant les intermédiaires afin de proposer des prix bas.

Jean Carlier précise : « Les clients recherchent « les produits du pays », les voyageurs qui ont un souvenir gustatif de leurs vacances en Espagne, en Italie, au Portugal, les curieux qui aiment goûter des saveurs nouvelles, différentes et enfin les connaisseurs qui ne viennent pas chez nous par hasard ! »

En 1968, Jean développe son entreprise en reprenant un magasin d’alimentation : Le Comptoir Français de Distribution, situé au 8 Contour Saint Martin. Il demande à l’architecte Raymond Lecocq, de la rue d’Inkerman, de transformer et d’agrandir le magasin et d’aménager 2 appartements dans les étages.

Façade et plan du 8 Ctr St Martin ( document archives municipales )
Publicité 1971

Par la suite, Jean Carlier reprend la maison voisine de la rue Emile Moreau. L’architecte choisi est Emile De Plasse au 230 rue Pierre de Roubaix, qui organise une légère transformation de la façade avec le percement d’une porte de garage.

La façade de la maison rue Emile Moreau ( document archives municipales )

En 1974, Jean ouvre un troisième point de vente à Tourcoing, au 40 rue de Moscou.

Publicité 1975

Au début des années 1970, Henri, et Jean-Pierre, les deux fils fils de Jean et Elvira entrent dans la petite entreprise, pour créer l’activité de vente en gros destinée aux restaurants, pizzerias et autres commerces. Le volume engendré nécessite d’agrandir les locaux en reprenant un entrepôt de stockage de 300 m2, avec 3 chambres froides, et situé au 33, rue Cadeau. Un parking est aménagé dans cette même rue, après la démolition de quelques maisons insalubres.

document Carlier Vogliazzo
Entrepôt rue Cadeau ( Publicité 1981 )

Carlier Vogliazzo devient alors la référence régionale de la profession. En 1977, Henri rachète la maison voisine du 108 rue de l’Alma pour agrandir le magasin. La surface de vente et la réserve à l’arrière s’étalent désormais sur 159 m2.

document archives municipales et plan cadastral
Façade 1980 document Carlier Vogliazzo

A la fin des années 1980, Henri et son jeune fils Pascal, sont présents sur le marché de Wazemmes à Lille, tous les dimanches en matinée. Excellente école pour le jeune garçon qui commence à apprendre le métier. Il finit ensuite sa formation dans l’entrepôt de la rue Cadeau.

En 1995, la famille Carlier arrive en Belgique. L’objectif est de proposer leurs gammes de produits de la Méditerranée : « Les produits du Soleil » aux professionnels belges.

document Carlier Vogliazzo

A suivre . . .

Remerciements aux archives municipales

La Filature Saint Liévin

Wattrelos a accueilli sur son large territoire plusieurs grandes entreprises textiles : ainsi dès 1845 c’est le tissage D’Halluin-Lepers qui s’installe, suivi 20 ans plus tard, par l’usine Leclercq-Dupire, à cette époque première fabrique de Wattrelos, avec 600 ouvriers. Le peignage Amédée-Prouvost est transféré du centre de Roubaix à la limite des deux communes puis, non loin de là, en 1912, est créée La Lainière de Roubaix, dont la plus grande partie des installations est située sur Wattrelos. Après la première guerre, l’industrie textile se relève et d’autres sites sont créés, comme la filature Saint Liévin.

Désireux de se mettre à son compte, après son mariage en 1900, Louis Mulliez Lestienne avait ouvert une petite affaire de retordage de laine. L’entreprise démarre vite, se développe, mais sera durement affectée par la Première Guerre mondiale. En 1923, avec son ami Jules Toulemonde, qui exploite un tissage de laine, Louis Mulliez entreprend de monter une nouvelle affaire, de filature et de peignage de laine cette fois. C’est l’acte de naissance des filatures de Saint-Liévin.

L’usine principale s’installe à Wattrelos. Spécialisée dans le filage et le traitement de la laine (notamment le fil à tricoter), l’usine s’installe sur un site immense de près de 9 hectares, stratégiquement situé à Wattrelos, près du centre-ville sur le lieudit les Près. L’accès principal historique et les bâtiments administratifs de l’usine se situent le long de la rue Édouard Vaillant (notamment autour des numéros 57 à 88).

Vue aérienne de l’usine doc IGN

Dans les années 1940, sous l’impulsion des enfants de Louis Mulliez, l’entreprise innove de manière décisive. C’est la naissance de la marque Phildar (contraction de Fil d’Art), qui s’appuie directement sur la production de la filature de Wattrelos. Phildar ouvre ses premières boutiques et développe un système de franchise ultra-performant. Dans les années 1950-1960, la marque devient le leader incontesté du fil à tricoter en France, employant des milliers de personnes.

Produit Phildar Site Tricolaine

Au plus fort de son activité, durant les décennies glorieuses du textile de la région de Roubaix-Tourcoing (notamment dans les années 1960 et 1970), le site wattrelosien a compté plus de 1 000 salariés et ouvriers.

À la suite du déclin progressif de l’industrie textile en France et des restructurations successives, les effectifs ont massivement diminué jusqu’à la fermeture définitive de l’usine en 2004, laissant derrière elle une friche industrielle de 9 hectares. À partir de la fin des années 1970, le secteur textile du Nord subit de plein fouet la crise, la concurrence internationale et les délocalisations, et la filature Saint-Liévin n’échappe pas à cette dynamique. Après plus de 80 ans d’existence, l’usine ferme définitivement ses portes en 2004, laissant derrière elle une immense friche industrielle au cœur de la ville et une vive émotion chez les Wattrelosiens.

L’ancienne filature Saint-Liévin occupait un très vaste site industriel situé en plein cœur de la ville de Wattrelos. Fermée au début des années 2000, cette friche a laissé place à la création d’un tout nouveau quartier mixte : le quartier de l’Hippodrome.

Ecole Marcel Pagnol

Au début des années 1950, on compte 200 nouvelles habitations implantées dans le quartier de Beaumont et d’autres cités HLM sont prévues. Le 21 décembre 1954, le conseil municipal adopte le programme établi par l’ Inspecteur Primaire et approuvé pas Mr l’Inspecteur d’Académie afférent au projet de construction d’un groupe scolaire pour la rentrée 1955 dans le quartier.

Photo panoramique du quartier en 1950 (Document IGN)

Le projet est confié à l’architecte de Hem, Joseph Delplanque et la municipalité acquiert un terrain d’1,50 hectare afin de permettre sa réalisation. Il est prévu que le groupe comprenne : une école de garçons de 4 classes, une école de filles de 4 classes, une école maternelle de 3 classes et leurs annexes ainsi qu’un logement de direction pour chaque école.

Ce n’est finalement qu’en janvier 1958 que les membres de l’administration municipale visitent le nouveau chantier du futur groupe scolaire de Beaumont. Il a fallu en effet attendre que soit écartée la possibilité d’implantation du cimetière de Beaumont pour pouvoir commencer les travaux (sur ce sujet voir un précédent article, intitulé le cimetière de Hem, précédemment édité sur notre site).

Inauguration des travaux de construction du groupe scolaire en janvier 1958 (Document Nord-Eclair)

Pourtant courant 1958, la presse locale annonce un chantier toujours en cours avec une probabilité d’ouverture à la rentrée de Pâques 1959. Elle présente le futur groupe, situé à l’extrémité de la rue Mozart, comme : «  édifié sur un emplacement idéal, vaste et aéré, où les jeunes écoliers pourront profiter du soleil et de l’air si salubre en cet endroit surélevé. »

Le groupe solaire en chantier en 1958 (Document Nord-Eclair)

Une nouvelle artère a déjà été tracée et créée, partant du boulevard Clémenceau pour accéder rapidement aux abords du nouveau groupe scolaire. La construction, de chaque côté de cette nouvelle rue, de maisons d’habitation est prévue très prochainement et le nom qui devrait lui être donné est celui d’avenue de la Résistance . Elle se nommera finalement avenue de la Marne.

Toutefois, en mars 1959, force est de constater que seule l’école maternelle est en voie d’achèvement. L’inauguration du groupe est donc retardée et devrait avoir lieu à la rentrée de septembre 1959. Ce sont alors 3 écoles, dont le gros œuvre est d’ores et déjà achevé qui seront mises à disposition des garçons et filles du quartier.

Prochaine inauguration du groupe scolaire de Beaumont (Document Nord-Eclair)

A l’été 1959, la municipalité procède à la réception provisoire de l’établissement et visite toutes les salles et les préaux. Les 3 grands bâtiments sont séparés par des cours : celui de la maternelle contient 3 classes, et les 2 autres, munis d’un étage, l’un destiné aux filles et l’autre aux garçons, possèdent une classe et une salle de travaux pratiques au rez de chaussée et 3 classes à l’étage.

Les murs sont recouverts d’une peinture dite fonctionnelle et les sanitaires ont été particulièrement soignés de même que les installations de carrelage pour effectuer des expérience de physique et chimie. Quant aux fenêtres, elles sont très nombreuses et très grandes ce qui procure à la fois une luminosité et une aération remarquable. C’est aussi au mois d’août que le mobilier fait son apparition dans toutes les classes et que l’on apprête les chemins à l’extérieur.

Réception provisoire par la municipalité et une vue extérieure de l’un des bâtiments ; la nouvelle école en hiver (Documents Nord-Eclair et Historihem))

Ce n’est donc qu’en septembre 1959 que le groupe scolaire comprenant 7 classes (et non 9), clôturé et pourvu de radiateurs de chauffage central, accueille enfin 400 enfants avec 4 ans de retard. L’inauguration officielle est quant à elle fixée au 4 octobre.

Vue d’un bâtiment avec préau et d’un logement de direction situé non loin de l’entrée de l’école (Document Nord-Eclair)

L’inauguration a lieu en présence de 3 députés et de 3 sénateurs ainsi que de Mr l’Inspecteur d’Académie. La maire d’Hem et des membres du conseil municipal sont bien évidemment présents ainsi que des maires et des représentants de la plupart des communes du canton. Après une réception à la mairie, un cortège se dirige vers l’établissement scolaire , emmené par les cavaliers de la vallée de la Marque, rassemblant les sociétés locales et les enfants des écoles encadrés par leurs enseignants. Puis vient l’heure de couper le ruban symbolique et d’écouter les discours.

Inauguration du groupe scolaire de Beaumont en octobre 1959 (Documents Nord-Eclair et Historihem)

A la fin de l’année scolaire, 2 événements ont lieu : une belle fête enfantine, en mai, en présence de personnalités, donnée par les enfants de maternelle déguisés, dans un mini spectacle de danse et une exposition des travaux des tout-petits à l’école maternelle, visitée par de nombreuses personnalités locales, en juin.

Fête enfantine en mai 1960 et exposition à la maternelle en juin 1960 ; une photo en maternelle (Documents Nord-Eclair et Historihem)

Presque un an plus tard, à l’été 1960, est inauguré le jardin d’enfants de Beaumont. Réservé aux familles du quartier, il est installé provisoirement sur le plateau d’évolution du groupe scolaire de l’avenue de la Marne et accueille 250 enfants. Il est pourvu de jeux multiples : cages à poules, tobogans, tourniquets, balançoires tournantes…

Inauguration du jardin d’enfants de Beaumont en juillet 1960 (Document Nord-Eclair)

C’est également à cette époque qu’est décidée la construction de trois restaurants scolaires, l’un au Parc, l’autre à Beaumont, le troisième à l’école La Fontaine pour un coût total de 750.000 Frs qui sera financé par un prêt de somme égale d’une durée de 20 ans auprès de la Caisse d’Epargne de Roubaix.

Cantine du groupe scolaire (Document Historihem)

Enfin, c’est en 1976 que le groupe scolaire reçoit le nom de Marcel Pagnol par le conseil municipal sur proposition de la directrice. L’année suivante, une association de parents d’élèves est créée avec pour objectif : la plus grande compréhension possible entre les enseignants, l’administration et les parents au bénéfice des enfants fréquentant l’établissement.

Une vue d’un bâtiment de Marcel Pagnol dans les années 1970 et l’élection d’un nouveau président de l’APE en 1978 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

Remerciements à l’association Historihem

A suivre…

Ecole Ernest Renan, rue de Beaurewaert

La première école de la rue de Beaurewaert à Roubaix a été construite en 1856. Elle était divisée en deux parties : l’école de filles et l’asile ( école du premier âge, appelée aujourd’hui : école maternelle ). A la fin des années 1890, l’école prend le nom d’Ernest Renan, célèbre écrivain décédé en 1892.

Plan cadastral 1884

Au début des années 1930, l’école s’est fortement dégradée. L’administration municipale songe sérieusement à construire un nouveau groupe scolaire pour obtenir le maximum de confort et d’hygiène pour les élèves.

La décision est prise en 1934. Le projet est confié à Jean Selle, architecte agréé, situé au 35 rue Richard Lenoir à Roubaix, et Marcel Spender architecte DPLG ( diplômé par le gouvernement ).

Marcel Spender ( document Nord Eclair )

Pour pouvoir offrir aux enfants une cour de récréation assez vaste, la municipalité décide d’annexer le terrain voisin, celui du presbytère appartenant à la ville et le terrain rectangulaire a désormais une superficie de 3.200m2. Le groupe scolaire est divisé en 2 sections : la maternelle composée de 4 classes et l’élémentaire de 6 classes. C’est une école de filles.

Projet ( document archives municipales )

Ce projet, tel qu’il est présenté, est très judicieux, car il n’apporte aucune gêne au fonctionnement de l’ancienne école. En effet, les vieux bâtiments seront rasés pendant les grandes vacances, pour permettre l’ouverture de la nouvelle école à la rentrée des classes.

Construction 1937 ( document archives municipales )

La façade, longue de 48,87m avec deux entrées latérales séparées, se situe sur la rue de Beaurewaert,. Cette façade moderne de style paquebot, est composée de briques de couleur chaude, le soubassement est en pierre de Soignies, une corniche en pierre couronne l’édifice. De grandes baies vitrées apportent dans les locaux l’air et la lumière à profusion. A chaque extrémité, les escaliers occupent la partie avancée : deux oriels en demi-cylindres en verre futuriste.

Façade rue de Beaurewaert ( document collection privée )
Façade arrière rue Ste Elisabeth ( document collection privée )

Sur la façade arrière ( rue Ste Elisabeth, aujourd’hui renommée rue Henri Lefebvre ), se situent deux maisons individuelles latérales pour le logement des deux directrices.

maison de la directrice ( document archives municipales )
maison de la directrice ( document archives municipales )

Le grand bâtiment sur la rue de Beaurewaert, comprend en demi sous sol, une immense salle de réfectoire qui peut également être utilisé en tant que salle des fêtes ou cinéma. Dans les années 1960, les élèves de l’école de garçons Pierre de Roubaix fréquentent cette salle pour des films projetés par Alain Sailly ( fils de l’instituteur Gilbert Sailly ).

salle de réfectoire ( document archives municipales )

Aux étages se trouvent les salles de classe : les maternelles au 1° étage, les élémentaires au second.

plan du rez de chaussée ( document archives municipales )
perspective ( document archives municipales )

Marcel Spender construit cette école pour le bien-être des enfants, l’hygiène, le confort et la lumière sont au programme. Belle reconnaissance, l’école est distinguée en 1938 par la revue l’Architecte d’Aujourd’hui comme l’une des plus belles réalisations scolaires françaises.

L’école va se développer très fortement après la seconde guerre mondiale, avec le baby-boom des années 1960. Les crises économiques des années 1970 vont amener la municipalité à moderniser l’établissement en installant, en 1982, des nouveaux châssis de fenêtres extérieures en aluminium, pour une meilleure isolation thermique mais également phonique.

document Nord Eclair

En 1991, des lézardes apparaissent dans les murs de l’école. Certes le bâtiment n’est pas prêt de tomber sur la tête des élèves, mais le plâtras qui commence à dégringoler des fissures a de quoi inquiéter. Il est donc urgent d’effectuer quelques travaux de rénovation sur les cloisons intérieures à partir des vacances de Février.

document Nord Eclair

Mais deux semaines de fermeture paraissent un délai très court pour accomplir les travaux, et une école en chantier à la rentrée, entraînerait forcément des perturbations. On a donc décidé de fermer complètement l’établissement pendant 6 semaines et d’y revenir dès que tout sera terminé. Les deux directrices Mesdames Pavy et Maes, avec le service technique, programment le déménagement du matériel dans d’autres écoles : PaulBert/EdgarQuinet mais également Chanzy et Gambetta pour recevoir les enfants. Il faut songer aussi à préparer les services de car pour les déplacements chaque jour, la restauration à renforcer etc. Dans un cadre agréable et confortable, les 317 élèves reprennent possession de leurs classes, début Avril 1991.

document Nord Eclair

L’inauguration des locaux rénovés a lieu en Octobre 1991, en présence de André Diligent, sénateur-maire de Roubaix.

document archives municipales

L’école Ernest Renan, ouverte depuis 90 années, accueille toujours les élèves du quartier Ste Elisabeth.

document archives municipales
document archives municipales

Remerciements aux archives municipales.

Juillet 1906

Le journal des sports de juillet 1906

Cyclisme. Le Grand Prix de l’exposition de Tourcoing au Vélodrome de Roubaix. C’est un véritable championnat du monde auquel vont assister les amateurs de cyclisme. Les meilleurs champions des diverses nations européennes seront présents : Rutt (Allemagne) Schilling (Hollande) Gardelliu (Italie) Rettich (Suisse) Nédela (Russie) Heller (Autriche) Dupré, Comès, Marcelli, Henry, Boutellier (France). Les diverses épreuves se déroulent avec un temps magnifique. Le Grand Prix de l’Exposition est remporté par Rutt au sprint devant Schilling et Rettich. Des réclamations sont déposées, une altercation se produit entre Rettich et Schilling, mais on sépare les combattants. Pour la course des primes, Bouteillier remporte facilement les quatre premières manches. La course de tandems voit la victoire de Bouteillier Schilling devant Marcelli Rutt. La Grande Harmonie vient clore la séance en musique.

Athlétisme. Un roubaisien champion de France du lancement du disque. Louis Vasseur du Stade Roubaisien s’est classé premier en battant tous les spécialistes de la capitale.

Tour de France. C’est la 4e édition. Première étape Paris Lille (275 kms). L’événement fait l’objet d’un encart particulier dans le journal. Émile Georget gagne devant Passerieu et Trousselier. Le tourquennois Catteau est 8e, le roubaisien Crupelandt est 20e. La deuxième étape mène les coureurs de Douai à Nancy (400 kms). René Pottier gagne devant Petit-Breton et Deboeuf. Émile Georget est quatrième. Alois Catteau est 11e, Charles Crupelandt n’a pas pris le départ, il a abandonné.

Courses hippiques. L’été est le moment privilégié des courses hippiques. On retrouve des annonces des hippodromes de Maisons-Lafitte, d’Ostende, de Saint-Omer, de Compiègne, de Courtrai…

Alois Catteau Champion belge et tourquennois doc Gallica

Le Tour de France 1906, s’est déroulé du 4 au 29 juillet 1906 sur 13 étapes pour 4 545 km. Il s’agit du second Tour de France à utiliser un système de points (et non au temps) pour calculer le classement général. Les nouveautés de cette année sont des passages à l’étranger (Allemagne, Italie et Espagne) et la flamme rouge. René Pottier a pris une belle avance dans les premières étapes. Il va dominer toute la course.

Tour de France 1906. Initialement, 100 coureurs sont inscrits à la course, 78 signent la feuille de départ de la première étape, finalement seuls 76 d’entre eux prennent le départ. Seulement 49 cyclistes terminent la première étape, 37 la deuxième étape, 29 la suivante et 16 la huitième. À ce stade, les points donnés dans les huit premières étapes sont redistribués entre les coureurs restants en fonction de leurs positions dans ces étapes. À la fin du Tour de France, le nombre d’arrivants est de seulement 14. Alois Catteau, le coureur belge et tourquennois, à qui l’Auto a donné du roubaisien, termine finalement 6e du classement général. Il court sur Alcyon Dunlop, comme les frères Georget.

Souscription pour Alois Catteau doc JdeRx

À son retour Aloîs Catteau est accueilli par ses nombreux supporters qui ont lancé une souscription pour le remercier de ses efforts. Le tourquennois reprend ses activités de marchand de cycles à Tourcoing.

Pub Catteau doc JdeRx

Boulevard Clémenceau/ avenue De Gaulle

C’est au tout début du 20ème siècle, le 02 mars 1900, qu’est adopté le projet d’ouverture d’une avenue reliant Roubaix à Hem. La nouvelle artère va de l’avenue des Villas à Roubaix (aujourd’hui avenue Gustave Delory) à la route départementale 19 à Hem qui relie Hem à Lannoy (rue Jules Guesde aujourd’hui) en passant par le carrefour du cabaret du Dernier sou, point le plus élevé de Hem (lieu où se situe actuellement Damart).

La nouvelle artère ouvre à la circulation en 1902. Le premier pavage de l’avenue d’abord sobrement appelée route d’Hem ou boulevard d’Hem n’est pas réalisé de suite. En 1908, la ligne C (puis 4 puis S) du tramway qui permet de relier Hem à Roubaix est mise en service et sera supprimée en 1951.

La route d’Hem dans les années 1920 (Document CPA collection privée)

Sur la carte postale d’illustration on peut observer le tramway qui arrive au niveau de l’observatoire de la commune. Fils de Louis Jonckeere, dirigeant d’une manufacture de lainage et draperie, rue Pasteur à Roubaix, Robert Jonckeere venu au monde en 1888, dans cette même ville a une passion pour l’astronomie.

Pour sa majorité, il envisage la construction d’un véritable observatoire et finit par trouver le site idéal, de près de 2 ha, au lieu dit La Citadelle, hameau des 3 baudets à Hem, sur une petite colline de 53m d’altitude, lieu où avait été installé par l’armée, à la fin du siècle précédent, le Fort de la Lionderie.Ce terrain est acheté par parcelles à des cultivateurs de Hem en janvier 1908. L’accès se situe sur le boulevard qui prendra un temps le nom de boulevard de l’Observatoire jusqu’au transfert du matériel de l’établissement à Lille en 1928 et la vente du domaine en 1931, les bâtiments étant presque tous rasés, hormis la maison principale et celle du concierge. (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site)

La maison principale et l’ensemble avec la maison du concierge dans les années 1920 (Documents Historihem)
La maison principale et l’ancienne maison du concierge au n°82 du bd dans les années 2020 (Documents Google Maps)

C’est alors que l’avenue devient le boulevard Gustave Delory puis le boulevard Georges Clémenceau en 1931. Enfin, c’est en 1987 que la partie du boulevard au delà de la rue Colbert et jusqu’au rond-point des 3 Baudets est renommée De Gaulle. Pour autant la numérotation des adresses ne change pas, sans doute par commodité.

La nouvelle artère renommée dans les années 1930 (Cpa collection privée)

Comme le montre le document n°1, le boulevard d’Hem, au début du 20ème siècle, à la mise en service de la ligne de tramway, est presque vide de tout bâtiment, en dehors de l’observatoire. C’est ce que confirme la photo aérienne de 1933 sur laquelle seules quelques bâtiments apparaissent de ci de là au milieu des champs qui bordent la rue.

Photo aérienne de 1933 (Document IGN)

Pendant le 1er demi-siècle de l’existence du boulevard des résidences vont peu à peu voir le jour. L’annuaire du Ravet-Anceau de 1948 nous permet ainsi de recenser dans l’immédiat après-guerre sous la rubrique consacrée aux professions diverses quelques grandes demeures, notamment les maisons de maîtres de gros industriels principalement roubaisiens.

Photo aérienne de 1951 (document IGN)

Ainsi l’industriel L. Glorieux-Flipo a fait construire au n°209 une demeure reprise sous le nom de Château de Beaumont, son ancien domicile avant-guerre (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site). La majestueuse maison de maître existe toujours de nos jours au 209 avenue Charles de Gaulle.

Photo du 209 bd de gaulle en 2018 (Document Google Maps)

C’est également sur cette avenue que JB Pennel-Mignot (orthographe Ravet-Anceau) fait construire une superbe maison avec un très grand terrain au n°190 (sur ce sujet voir une précédent article édité sur notre site). En 1985, cette magnifique bâtisse deviendra le premier foyer pour l’enfance hémois, baptisé « Le Magnolia », hébergeant une quinzaine de jeunes.

Photo du n°190 en 2012 (Document Google Maps)

On retrouve également la famille Firmin Gabert-Fremaux (fils du fondateur de la teinturerie Gabert ; (sur le sujetvoir un précédent article édité sur notre site) au n°103. La famille Horent-Desprez fait construire au n°197 une demeure au nom de La Roseraie qui deviendra ensuite, sous le même nom, la propriété des Delerue-Delarue. Leurs voisins du n°199, la famille P.Thieffry nomment leur propriété « les Capucines »

Photos des n°197 en 2025 et 199 en 2023 (Documents Google Maps)

Des professions libérales y élisent également domicile, comme le Docteur Jean Leplat au n°200 et le Dr Gahyde au n°218. Enfin quelques entrepreneurs ou négociants s’y domicilient tels que : JB Amoris (entrepreneur en bâtiment) puis Mrs Calonne puis Copejans au n°125, P. Thieffry-Loridant (fabricant et négociant en bonneterie) au n°146, ou Mr. Bruggeman qui remplace la famille Glorieux au n°209.

Doc 9.0 Photos des n°200, 125 ; publicité Thieffry bonneterie et 146 dans les années 2020 (Documents Google Maps)

Ajoutons au n°216 le peintre décorateur Beghin-Briffaut, devenu par la suite Beghin et Cie puis Georges Beghin dans les années 1980. N’oublions pas non plus le fabriquant de salaisons Claude Desloovere, installé au milieu des années 1960 jusqu’à la fin des années 1970 au n°65.

Publicités Georges Beghin et Desloovere dans les années 1980 ; les n° 216 et 65 dans les années 2000-2020 (Documents guide hémois, Historihem,Nord-Eclair et Google Maps)

Au milieu du 20ème siècle, le nouveau boulevard est devenu une adresse prestigieuse et une artère résidentielle haut de gamme. La première partie comporte encore de nombreux champs tandis que la 2ème partie, à la frontière de la ville de Roubaix comporte déjà beaucoup plus de constructions. Cela s’accentue encore dans les années 1950 avec la construction d’immeubles collectifs côté impair et de petites maisons individuelles du CIL à proximité du rond-point des 3 Baudets.

Constructions CIL des années 1950 (Documents collection privée)
Photos aériennes du boulevard Clémenceau vers Hem et vers Roubaix en 1962 et carte postale des années 1960 : panorama resserré sur le bd Clémenceau côté Hem et CP du rond-point des 3 Baudets dans les années 70 avec les immeubles collectifs sur la droite et les maisons individuelles sur la gauche (Documents IGN et collection privée)

à suivre…