Carlier Vogliazzo

Jean Carlier est né dans le Pas-de-Calais, Elvira Vogliazzo est d’origine italienne. Ils ouvrent une petite épicerie, au 96 rue de l’Alma à Roubaix, en 1949. C’est une toute petite échoppe de 20 m2, dans laquelle le couple propose des spécialités italiennes. Les débuts de leur activité sont encourageants, ils ont tous deux, le sens du commerce, et bénéficient d’une clientèle italienne nombreuse dans le quartier, des immigrés italiens qui ont du quitter leur pays et le régime fasciste.

document Carlier Vogliazzo

En 1952, le manque de place de leur magasin se fait cruellement sentir, mais aucune possibilité pour Jean et Elvira d’agrandir leur point de vente. Ils ont alors l’occasion de reprendre un local voisin, au 110 de la rue, à l’angle de la rue Emile Moreau. C’était auparavant le Foyer des Gardiens de la Paix. Ils aménagent à l’intérieur leur nouveau magasin d’alimentation et font appel à un entrepreneur local, Mr Pagliano, situé rue Philibert Delorme, pour des travaux de façade : remplacer 4 petites fenêtres par deux baies vitrées, une sur la rue de l’Alma et une sur la rue Emile Moreau. La gamme de produits s’étoffe, l’immigration italienne depuis la dernière guerre se développe, les quotas d’importation de produits étrangers baissent: les affaires du nouveau magasin deviennent alors prospères. En 1959, Jean confie des travaux de rénovation de sa façade ( rejointoiement et cimentage ) à l’entreprise de René Buil, au 27 rue Voltaire.

document Carlier Vogliazzo

Jean Carlier est non seulement bon commerçant, il est également curieux, Tout l’intéresse et en particulier les voyages. C’est lors de déplacements en Espagne et au Portugal qu’il découvre d’autres produits et d’autres saveurs. Au début des années 1960, Jean et son épouse développent donc leur gamme de produits pour satisfaire leur clientèle tout en évitant les intermédiaires afin de proposer des prix bas.

Jean Carlier précise : « Les clients recherchent « les produits du pays », les voyageurs qui ont un souvenir gustatif de leurs vacances en Espagne, en Italie, au Portugal, les curieux qui aiment goûter des saveurs nouvelles, différentes et enfin les connaisseurs qui ne viennent pas chez nous par hasard ! »

En 1968, Jean développe son entreprise en reprenant un magasin d’alimentation : Le Comptoir Français de Distribution, situé au 8 Contour Saint Martin. Il demande à l’architecte Raymond Lecocq, de la rue d’Inkerman, de transformer et d’agrandir le magasin et d’aménager 2 appartements dans les étages.

Façade et plan du 8 Ctr St Martin ( document archives municipales )
Publicité 1971

Par la suite, Jean Carlier reprend la maison voisine de la rue Emile Moreau. L’architecte choisi est Emile De Plasse au 230 rue Pierre de Roubaix, qui organise une légère transformation de la façade avec le percement d’une porte de garage.

La façade de la maison rue Emile Moreau ( document archives municipales )

En 1974, Jean ouvre un troisième point de vente à Tourcoing, au 40 rue de Moscou.

Publicité 1975

Au début des années 1970, Henri, et Jean-Pierre, les deux fils fils de Jean et Elvira entrent dans la petite entreprise, pour créer l’activité de vente en gros destinée aux restaurants, pizzerias et autres commerces. Le volume engendré nécessite d’agrandir les locaux en reprenant un entrepôt de stockage de 300 m2, avec 3 chambres froides, et situé au 33, rue Cadeau. Un parking est aménagé dans cette même rue, après la démolition de quelques maisons insalubres.

document Carlier Vogliazzo
Entrepôt rue Cadeau ( Publicité 1981 )

Carlier Vogliazzo devient alors la référence régionale de la profession. En 1977, Henri rachète la maison voisine du 108 rue de l’Alma pour agrandir le magasin. La surface de vente et la réserve à l’arrière s’étalent désormais sur 159 m2.

document archives municipales et plan cadastral
Façade 1980 document Carlier Vogliazzo

A la fin des années 1980, Henri et son jeune fils Pascal, sont présents sur le marché de Wazemmes à Lille, tous les dimanches en matinée. Excellente école pour le jeune garçon qui commence à apprendre le métier. Il finit ensuite sa formation dans l’entrepôt de la rue Cadeau.

En 1995, la famille Carlier arrive en Belgique. L’objectif est de proposer leurs gammes de produits de la Méditerranée : « Les produits du Soleil » aux professionnels belges.

document Carlier Vogliazzo

A suivre . . .

Remerciements aux archives municipales

La Filature Saint Liévin

Wattrelos a accueilli sur son large territoire plusieurs grandes entreprises textiles : ainsi dès 1845 c’est le tissage D’Halluin-Lepers qui s’installe, suivi 20 ans plus tard, par l’usine Leclercq-Dupire, à cette époque première fabrique de Wattrelos, avec 600 ouvriers. Le peignage Amédée-Prouvost est transféré du centre de Roubaix à la limite des deux communes puis, non loin de là, en 1912, est créée La Lainière de Roubaix, dont la plus grande partie des installations est située sur Wattrelos. Après la première guerre, l’industrie textile se relève et d’autres sites sont créés, comme la filature Saint Liévin.

Désireux de se mettre à son compte, après son mariage en 1900, Louis Mulliez Lestienne avait ouvert une petite affaire de retordage de laine. L’entreprise démarre vite, se développe, mais sera durement affectée par la Première Guerre mondiale. En 1923, avec son ami Jules Toulemonde, qui exploite un tissage de laine, Louis Mulliez entreprend de monter une nouvelle affaire, de filature et de peignage de laine cette fois. C’est l’acte de naissance des filatures de Saint-Liévin.

L’usine principale s’installe à Wattrelos. Spécialisée dans le filage et le traitement de la laine (notamment le fil à tricoter), l’usine s’installe sur un site immense de près de 9 hectares, stratégiquement situé à Wattrelos, près du centre-ville sur le lieudit les Près. L’accès principal historique et les bâtiments administratifs de l’usine se situent le long de la rue Édouard Vaillant (notamment autour des numéros 57 à 88).

Vue aérienne de l’usine doc IGN

Dans les années 1940, sous l’impulsion des enfants de Louis Mulliez, l’entreprise innove de manière décisive. C’est la naissance de la marque Phildar (contraction de Fil d’Art), qui s’appuie directement sur la production de la filature de Wattrelos. Phildar ouvre ses premières boutiques et développe un système de franchise ultra-performant. Dans les années 1950-1960, la marque devient le leader incontesté du fil à tricoter en France, employant des milliers de personnes.

Produit Phildar Site Tricolaine

Au plus fort de son activité, durant les décennies glorieuses du textile de la région de Roubaix-Tourcoing (notamment dans les années 1960 et 1970), le site wattrelosien a compté plus de 1 000 salariés et ouvriers.

À la suite du déclin progressif de l’industrie textile en France et des restructurations successives, les effectifs ont massivement diminué jusqu’à la fermeture définitive de l’usine en 2004, laissant derrière elle une friche industrielle de 9 hectares. À partir de la fin des années 1970, le secteur textile du Nord subit de plein fouet la crise, la concurrence internationale et les délocalisations, et la filature Saint-Liévin n’échappe pas à cette dynamique. Après plus de 80 ans d’existence, l’usine ferme définitivement ses portes en 2004, laissant derrière elle une immense friche industrielle au cœur de la ville et une vive émotion chez les Wattrelosiens.

L’ancienne filature Saint-Liévin occupait un très vaste site industriel situé en plein cœur de la ville de Wattrelos. Fermée au début des années 2000, cette friche a laissé place à la création d’un tout nouveau quartier mixte : le quartier de l’Hippodrome.

Ecole Marcel Pagnol

Au début des années 1950, on compte 200 nouvelles habitations implantées dans le quartier de Beaumont et d’autres cités HLM sont prévues. Le 21 décembre 1954, le conseil municipal adopte le programme établi par l’ Inspecteur Primaire et approuvé pas Mr l’Inspecteur d’Académie afférent au projet de construction d’un groupe scolaire pour la rentrée 1955 dans le quartier.

Photo panoramique du quartier en 1950 (Document IGN)

Le projet est confié à l’architecte de Hem, Joseph Delplanque et la municipalité acquiert un terrain d’1,50 hectare afin de permettre sa réalisation. Il est prévu que le groupe comprenne : une école de garçons de 4 classes, une école de filles de 4 classes, une école maternelle de 3 classes et leurs annexes ainsi qu’un logement de direction pour chaque école.

Ce n’est finalement qu’en janvier 1958 que les membres de l’administration municipale visitent le nouveau chantier du futur groupe scolaire de Beaumont. Il a fallu en effet attendre que soit écartée la possibilité d’implantation du cimetière de Beaumont pour pouvoir commencer les travaux (sur ce sujet voir un précédent article, intitulé le cimetière de Hem, précédemment édité sur notre site).

Inauguration des travaux de construction du groupe scolaire en janvier 1958 (Document Nord-Eclair)

Pourtant courant 1958, la presse locale annonce un chantier toujours en cours avec une probabilité d’ouverture à la rentrée de Pâques 1959. Elle présente le futur groupe, situé à l’extrémité de la rue Mozart, comme : «  édifié sur un emplacement idéal, vaste et aéré, où les jeunes écoliers pourront profiter du soleil et de l’air si salubre en cet endroit surélevé. »

Le groupe solaire en chantier en 1958 (Document Nord-Eclair)

Une nouvelle artère a déjà été tracée et créée, partant du boulevard Clémenceau pour accéder rapidement aux abords du nouveau groupe scolaire. La construction, de chaque côté de cette nouvelle rue, de maisons d’habitation est prévue très prochainement et le nom qui devrait lui être donné est celui d’avenue de la Résistance . Elle se nommera finalement avenue de la Marne.

Toutefois, en mars 1959, force est de constater que seule l’école maternelle est en voie d’achèvement. L’inauguration du groupe est donc retardée et devrait avoir lieu à la rentrée de septembre 1959. Ce sont alors 3 écoles, dont le gros œuvre est d’ores et déjà achevé qui seront mises à disposition des garçons et filles du quartier.

Prochaine inauguration du groupe scolaire de Beaumont (Document Nord-Eclair)

A l’été 1959, la municipalité procède à la réception provisoire de l’établissement et visite toutes les salles et les préaux. Les 3 grands bâtiments sont séparés par des cours : celui de la maternelle contient 3 classes, et les 2 autres, munis d’un étage, l’un destiné aux filles et l’autre aux garçons, possèdent une classe et une salle de travaux pratiques au rez de chaussée et 3 classes à l’étage.

Les murs sont recouverts d’une peinture dite fonctionnelle et les sanitaires ont été particulièrement soignés de même que les installations de carrelage pour effectuer des expérience de physique et chimie. Quant aux fenêtres, elles sont très nombreuses et très grandes ce qui procure à la fois une luminosité et une aération remarquable. C’est aussi au mois d’août que le mobilier fait son apparition dans toutes les classes et que l’on apprête les chemins à l’extérieur.

Réception provisoire par la municipalité et une vue extérieure de l’un des bâtiments ; la nouvelle école en hiver (Documents Nord-Eclair et Historihem))

Ce n’est donc qu’en septembre 1959 que le groupe scolaire comprenant 7 classes (et non 9), clôturé et pourvu de radiateurs de chauffage central, accueille enfin 400 enfants avec 4 ans de retard. L’inauguration officielle est quant à elle fixée au 4 octobre.

Vue d’un bâtiment avec préau et d’un logement de direction situé non loin de l’entrée de l’école (Document Nord-Eclair)

L’inauguration a lieu en présence de 3 députés et de 3 sénateurs ainsi que de Mr l’Inspecteur d’Académie. La maire d’Hem et des membres du conseil municipal sont bien évidemment présents ainsi que des maires et des représentants de la plupart des communes du canton. Après une réception à la mairie, un cortège se dirige vers l’établissement scolaire , emmené par les cavaliers de la vallée de la Marque, rassemblant les sociétés locales et les enfants des écoles encadrés par leurs enseignants. Puis vient l’heure de couper le ruban symbolique et d’écouter les discours.

Inauguration du groupe scolaire de Beaumont en octobre 1959 (Documents Nord-Eclair et Historihem)

A la fin de l’année scolaire, 2 événements ont lieu : une belle fête enfantine, en mai, en présence de personnalités, donnée par les enfants de maternelle déguisés, dans un mini spectacle de danse et une exposition des travaux des tout-petits à l’école maternelle, visitée par de nombreuses personnalités locales, en juin.

Fête enfantine en mai 1960 et exposition à la maternelle en juin 1960 ; une photo en maternelle (Documents Nord-Eclair et Historihem)

Presque un an plus tard, à l’été 1960, est inauguré le jardin d’enfants de Beaumont. Réservé aux familles du quartier, il est installé provisoirement sur le plateau d’évolution du groupe scolaire de l’avenue de la Marne et accueille 250 enfants. Il est pourvu de jeux multiples : cages à poules, tobogans, tourniquets, balançoires tournantes…

Inauguration du jardin d’enfants de Beaumont en juillet 1960 (Document Nord-Eclair)

C’est également à cette époque qu’est décidée la construction de trois restaurants scolaires, l’un au Parc, l’autre à Beaumont, le troisième à l’école La Fontaine pour un coût total de 750.000 Frs qui sera financé par un prêt de somme égale d’une durée de 20 ans auprès de la Caisse d’Epargne de Roubaix.

Cantine du groupe scolaire (Document Historihem)

Enfin, c’est en 1976 que le groupe scolaire reçoit le nom de Marcel Pagnol par le conseil municipal sur proposition de la directrice. L’année suivante, une association de parents d’élèves est créée avec pour objectif : la plus grande compréhension possible entre les enseignants, l’administration et les parents au bénéfice des enfants fréquentant l’établissement.

Une vue d’un bâtiment de Marcel Pagnol dans les années 1970 et l’élection d’un nouveau président de l’APE en 1978 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

Remerciements à l’association Historihem

A suivre…

Ecole Ernest Renan, rue de Beaurewaert

La première école de la rue de Beaurewaert à Roubaix a été construite en 1856. Elle était divisée en deux parties : l’école de filles et l’asile ( école du premier âge, appelée aujourd’hui : école maternelle ). A la fin des années 1890, l’école prend le nom d’Ernest Renan, célèbre écrivain décédé en 1892.

Plan cadastral 1884

Au début des années 1930, l’école s’est fortement dégradée. L’administration municipale songe sérieusement à construire un nouveau groupe scolaire pour obtenir le maximum de confort et d’hygiène pour les élèves.

La décision est prise en 1934. Le projet est confié à Jean Selle, architecte agréé, situé au 35 rue Richard Lenoir à Roubaix, et Marcel Spender architecte DPLG ( diplômé par le gouvernement ).

Marcel Spender ( document Nord Eclair )

Pour pouvoir offrir aux enfants une cour de récréation assez vaste, la municipalité décide d’annexer le terrain voisin, celui du presbytère appartenant à la ville et le terrain rectangulaire a désormais une superficie de 3.200m2. Le groupe scolaire est divisé en 2 sections : la maternelle composée de 4 classes et l’élémentaire de 6 classes. C’est une école de filles.

Projet ( document archives municipales )

Ce projet, tel qu’il est présenté, est très judicieux, car il n’apporte aucune gêne au fonctionnement de l’ancienne école. En effet, les vieux bâtiments seront rasés pendant les grandes vacances, pour permettre l’ouverture de la nouvelle école à la rentrée des classes.

Construction 1937 ( document archives municipales )

La façade, longue de 48,87m avec deux entrées latérales séparées, se situe sur la rue de Beaurewaert,. Cette façade moderne de style paquebot, est composée de briques de couleur chaude, le soubassement est en pierre de Soignies, une corniche en pierre couronne l’édifice. De grandes baies vitrées apportent dans les locaux l’air et la lumière à profusion. A chaque extrémité, les escaliers occupent la partie avancée : deux oriels en demi-cylindres en verre futuriste.

Façade rue de Beaurewaert ( document collection privée )
Façade arrière rue Ste Elisabeth ( document collection privée )

Sur la façade arrière ( rue Ste Elisabeth, aujourd’hui renommée rue Henri Lefebvre ), se situent deux maisons individuelles latérales pour le logement des deux directrices.

maison de la directrice ( document archives municipales )
maison de la directrice ( document archives municipales )

Le grand bâtiment sur la rue de Beaurewaert, comprend en demi sous sol, une immense salle de réfectoire qui peut également être utilisé en tant que salle des fêtes ou cinéma. Dans les années 1960, les élèves de l’école de garçons Pierre de Roubaix fréquentent cette salle pour des films projetés par Alain Sailly ( fils de l’instituteur Gilbert Sailly ).

salle de réfectoire ( document archives municipales )

Aux étages se trouvent les salles de classe : les maternelles au 1° étage, les élémentaires au second.

plan du rez de chaussée ( document archives municipales )
perspective ( document archives municipales )

Marcel Spender construit cette école pour le bien-être des enfants, l’hygiène, le confort et la lumière sont au programme. Belle reconnaissance, l’école est distinguée en 1938 par la revue l’Architecte d’Aujourd’hui comme l’une des plus belles réalisations scolaires françaises.

L’école va se développer très fortement après la seconde guerre mondiale, avec le baby-boom des années 1960. Les crises économiques des années 1970 vont amener la municipalité à moderniser l’établissement en installant, en 1982, des nouveaux châssis de fenêtres extérieures en aluminium, pour une meilleure isolation thermique mais également phonique.

document Nord Eclair

En 1991, des lézardes apparaissent dans les murs de l’école. Certes le bâtiment n’est pas prêt de tomber sur la tête des élèves, mais le plâtras qui commence à dégringoler des fissures a de quoi inquiéter. Il est donc urgent d’effectuer quelques travaux de rénovation sur les cloisons intérieures à partir des vacances de Février.

document Nord Eclair

Mais deux semaines de fermeture paraissent un délai très court pour accomplir les travaux, et une école en chantier à la rentrée, entraînerait forcément des perturbations. On a donc décidé de fermer complètement l’établissement pendant 6 semaines et d’y revenir dès que tout sera terminé. Les deux directrices Mesdames Pavy et Maes, avec le service technique, programment le déménagement du matériel dans d’autres écoles : PaulBert/EdgarQuinet mais également Chanzy et Gambetta pour recevoir les enfants. Il faut songer aussi à préparer les services de car pour les déplacements chaque jour, la restauration à renforcer etc. Dans un cadre agréable et confortable, les 317 élèves reprennent possession de leurs classes, début Avril 1991.

document Nord Eclair

L’inauguration des locaux rénovés a lieu en Octobre 1991, en présence de André Diligent, sénateur-maire de Roubaix.

document archives municipales

L’école Ernest Renan, ouverte depuis 90 années, accueille toujours les élèves du quartier Ste Elisabeth.

document archives municipales
document archives municipales

Remerciements aux archives municipales.

Juillet 1906

Le journal des sports de juillet 1906

Cyclisme. Le Grand Prix de l’exposition de Tourcoing au Vélodrome de Roubaix. C’est un véritable championnat du monde auquel vont assister les amateurs de cyclisme. Les meilleurs champions des diverses nations européennes seront présents : Rutt (Allemagne) Schilling (Hollande) Gardelliu (Italie) Rettich (Suisse) Nédela (Russie) Heller (Autriche) Dupré, Comès, Marcelli, Henry, Boutellier (France). Les diverses épreuves se déroulent avec un temps magnifique. Le Grand Prix de l’Exposition est remporté par Rutt au sprint devant Schilling et Rettich. Des réclamations sont déposées, une altercation se produit entre Rettich et Schilling, mais on sépare les combattants. Pour la course des primes, Bouteillier remporte facilement les quatre premières manches. La course de tandems voit la victoire de Bouteillier Schilling devant Marcelli Rutt. La Grande Harmonie vient clore la séance en musique.

Athlétisme. Un roubaisien champion de France du lancement du disque. Louis Vasseur du Stade Roubaisien s’est classé premier en battant tous les spécialistes de la capitale.

Tour de France. C’est la 4e édition. Première étape Paris Lille (275 kms). L’événement fait l’objet d’un encart particulier dans le journal. Émile Georget gagne devant Passerieu et Trousselier. Le tourquennois Catteau est 8e, le roubaisien Crupelandt est 20e. La deuxième étape mène les coureurs de Douai à Nancy (400 kms). René Pottier gagne devant Petit-Breton et Deboeuf. Émile Georget est quatrième. Alois Catteau est 11e, Charles Crupelandt n’a pas pris le départ, il a abandonné.

Courses hippiques. L’été est le moment privilégié des courses hippiques. On retrouve des annonces des hippodromes de Maisons-Lafitte, d’Ostende, de Saint-Omer, de Compiègne, de Courtrai…

Alois Catteau Champion belge et tourquennois doc Gallica

Le Tour de France 1906, s’est déroulé du 4 au 29 juillet 1906 sur 13 étapes pour 4 545 km. Il s’agit du second Tour de France à utiliser un système de points (et non au temps) pour calculer le classement général. Les nouveautés de cette année sont des passages à l’étranger (Allemagne, Italie et Espagne) et la flamme rouge. René Pottier a pris une belle avance dans les premières étapes. Il va dominer toute la course.

Tour de France 1906. Initialement, 100 coureurs sont inscrits à la course, 78 signent la feuille de départ de la première étape, finalement seuls 76 d’entre eux prennent le départ. Seulement 49 cyclistes terminent la première étape, 37 la deuxième étape, 29 la suivante et 16 la huitième. À ce stade, les points donnés dans les huit premières étapes sont redistribués entre les coureurs restants en fonction de leurs positions dans ces étapes. À la fin du Tour de France, le nombre d’arrivants est de seulement 14. Alois Catteau, le coureur belge et tourquennois, à qui l’Auto a donné du roubaisien, termine finalement 6e du classement général. Il court sur Alcyon Dunlop, comme les frères Georget.

Souscription pour Alois Catteau doc JdeRx

À son retour Aloîs Catteau est accueilli par ses nombreux supporters qui ont lancé une souscription pour le remercier de ses efforts. Le tourquennois reprend ses activités de marchand de cycles à Tourcoing.

Pub Catteau doc JdeRx

Boulevard Clémenceau/ avenue De Gaulle

C’est au tout début du 20ème siècle, le 02 mars 1900, qu’est adopté le projet d’ouverture d’une avenue reliant Roubaix à Hem. La nouvelle artère va de l’avenue des Villas à Roubaix (aujourd’hui avenue Gustave Delory) à la route départementale 19 à Hem qui relie Hem à Lannoy (rue Jules Guesde aujourd’hui) en passant par le carrefour du cabaret du Dernier sou, point le plus élevé de Hem (lieu où se situe actuellement Damart).

La nouvelle artère ouvre à la circulation en 1902. Le premier pavage de l’avenue d’abord sobrement appelée route d’Hem ou boulevard d’Hem n’est pas réalisé de suite. En 1908, la ligne C (puis 4 puis S) du tramway qui permet de relier Hem à Roubaix est mise en service et sera supprimée en 1951.

La route d’Hem dans les années 1920 (Document CPA collection privée)

Sur la carte postale d’illustration on peut observer le tramway qui arrive au niveau de l’observatoire de la commune. Fils de Louis Jonckeere, dirigeant d’une manufacture de lainage et draperie, rue Pasteur à Roubaix, Robert Jonckeere venu au monde en 1888, dans cette même ville a une passion pour l’astronomie.

Pour sa majorité, il envisage la construction d’un véritable observatoire et finit par trouver le site idéal, de près de 2 ha, au lieu dit La Citadelle, hameau des 3 baudets à Hem, sur une petite colline de 53m d’altitude, lieu où avait été installé par l’armée, à la fin du siècle précédent, le Fort de la Lionderie.Ce terrain est acheté par parcelles à des cultivateurs de Hem en janvier 1908. L’accès se situe sur le boulevard qui prendra un temps le nom de boulevard de l’Observatoire jusqu’au transfert du matériel de l’établissement à Lille en 1928 et la vente du domaine en 1931, les bâtiments étant presque tous rasés, hormis la maison principale et celle du concierge. (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site)

La maison principale et l’ensemble avec la maison du concierge dans les années 1920 (Documents Historihem)
La maison principale et l’ancienne maison du concierge au n°82 du bd dans les années 2020 (Documents Google Maps)

C’est alors que l’avenue devient le boulevard Gustave Delory puis le boulevard Georges Clémenceau en 1931. Enfin, c’est en 1987 que la partie du boulevard au delà de la rue Colbert et jusqu’au rond-point des 3 Baudets est renommée De Gaulle. Pour autant la numérotation des adresses ne change pas, sans doute par commodité.

La nouvelle artère renommée dans les années 1930 (Cpa collection privée)

Comme le montre le document n°1, le boulevard d’Hem, au début du 20ème siècle, à la mise en service de la ligne de tramway, est presque vide de tout bâtiment, en dehors de l’observatoire. C’est ce que confirme la photo aérienne de 1933 sur laquelle seules quelques bâtiments apparaissent de ci de là au milieu des champs qui bordent la rue.

Photo aérienne de 1933 (Document IGN)

Pendant le 1er demi-siècle de l’existence du boulevard des résidences vont peu à peu voir le jour. L’annuaire du Ravet-Anceau de 1948 nous permet ainsi de recenser dans l’immédiat après-guerre sous la rubrique consacrée aux professions diverses quelques grandes demeures, notamment les maisons de maîtres de gros industriels principalement roubaisiens.

Photo aérienne de 1951 (document IGN)

Ainsi l’industriel L. Glorieux-Flipo a fait construire au n°209 une demeure reprise sous le nom de Château de Beaumont, son ancien domicile avant-guerre (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site). La majestueuse maison de maître existe toujours de nos jours au 209 avenue Charles de Gaulle.

Photo du 209 bd de gaulle en 2018 (Document Google Maps)

C’est également sur cette avenue que JB Pennel-Mignot (orthographe Ravet-Anceau) fait construire une superbe maison avec un très grand terrain au n°190 (sur ce sujet voir une précédent article édité sur notre site). En 1985, cette magnifique bâtisse deviendra le premier foyer pour l’enfance hémois, baptisé « Le Magnolia », hébergeant une quinzaine de jeunes.

Photo du n°190 en 2012 (Document Google Maps)

On retrouve également la famille Firmin Gabert-Fremaux (fils du fondateur de la teinturerie Gabert ; (sur le sujetvoir un précédent article édité sur notre site) au n°103. La famille Horent-Desprez fait construire au n°197 une demeure au nom de La Roseraie qui deviendra ensuite, sous le même nom, la propriété des Delerue-Delarue. Leurs voisins du n°199, la famille P.Thieffry nomment leur propriété « les Capucines »

Photos des n°197 en 2025 et 199 en 2023 (Documents Google Maps)

Des professions libérales y élisent également domicile, comme le Docteur Jean Leplat au n°200 et le Dr Gahyde au n°218. Enfin quelques entrepreneurs ou négociants s’y domicilient tels que : JB Amoris (entrepreneur en bâtiment) puis Mrs Calonne puis Copejans au n°125, P. Thieffry-Loridant (fabricant et négociant en bonneterie) au n°146, ou Mr. Bruggeman qui remplace la famille Glorieux au n°209.

Doc 9.0 Photos des n°200, 125 ; publicité Thieffry bonneterie et 146 dans les années 2020 (Documents Google Maps)

Ajoutons au n°216 le peintre décorateur Beghin-Briffaut, devenu par la suite Beghin et Cie puis Georges Beghin dans les années 1980. N’oublions pas non plus le fabriquant de salaisons Claude Desloovere, installé au milieu des années 1960 jusqu’à la fin des années 1970 au n°65.

Publicités Georges Beghin et Desloovere dans les années 1980 ; les n° 216 et 65 dans les années 2000-2020 (Documents guide hémois, Historihem,Nord-Eclair et Google Maps)

Au milieu du 20ème siècle, le nouveau boulevard est devenu une adresse prestigieuse et une artère résidentielle haut de gamme. La première partie comporte encore de nombreux champs tandis que la 2ème partie, à la frontière de la ville de Roubaix comporte déjà beaucoup plus de constructions. Cela s’accentue encore dans les années 1950 avec la construction d’immeubles collectifs côté impair et de petites maisons individuelles du CIL à proximité du rond-point des 3 Baudets.

Constructions CIL des années 1950 (Documents collection privée)
Photos aériennes du boulevard Clémenceau vers Hem et vers Roubaix en 1962 et carte postale des années 1960 : panorama resserré sur le bd Clémenceau côté Hem et CP du rond-point des 3 Baudets dans les années 70 avec les immeubles collectifs sur la droite et les maisons individuelles sur la gauche (Documents IGN et collection privée)

à suivre…

Jean-Baptiste Glorieux, aéronaute ( suite )

Les ascensions se déroulent sur tout le territoire national. Une ascension aérostatique est toujours un événement exceptionnel pour le public, c’est un spectacle nouveau et attrayant qui voit accourir de toutes parts, une foule immense. En 1883, Jean Baptiste Glorieux a déjà effectué 320 ascensions, dont quelques unes ont été exécutées avec une hardiesse qui donne le vertige. Depuis son premier vol à Roubaix, on calcule alors qu’il a passé plus de deux mois de sa vie dans les nuages !

document Bernard Thiebaut

Le 22 Juin 1884, Jean-Baptiste Glorieux embarque à bord son ami Zéphirin Disdal et décolle de la place de la République à Lille. Arrivé à l’altitude de 4.000 mètres, Zéphirin saute dans le vide, le corps accroché à son parachute. Quelques minutes plus tard, une prairie lilloise accueille le premier parachutiste du Nord.

document Bernard Thiebaut

Le 14 Juillet 1898, pour notre fête nationale, alors qu’il prend place sur le trapèze, sous la nacelle, il est projeté sur la façade de la maison Rammaert-Jeu ( devenue ensuite la Bibliothèque Municipale ) sur la Grand Place de Roubaix. Le ballon arrive quand même à se dégager et termine son vol à Dottignies.

document archives municipales
document archives municipales

Jean-Baptiste est un homme de petite taille, mais vif, nerveux et intrépide, cachant sous des apparences modestes et simples, des connaissances variées et étendues sur sa passion. Dans la conversation, c’est un charmant et agréable conteur, sans prétention mais laissant toujours sentir le feu sacré de son art.

En 1900, il habite au 13 rue de l’Industrie à Roubaix. Il est père de 4 enfants : Sur la photo ci-dessous, de gauche à droite, Juliette Viane, son épouse, Jean-Baptiste Glorieux, puis les trois filles Rachel, Angèle et Berthe, et le fils George, coiffeur à Bruxelles.

Photo de famille ( document archives municipales )

Le 23 Mars 1905, Jean-Baptiste décède dans son lit, à son domicile, au 21 rue Vauban à Roubaix, à l’âge de 71 ans. Au total il a réalisé pendant ses 40 années d’activité, 635 ascensions toutes plus intrépides les unes que les autres dont certaines faillirent même lui coûter la vie.

Le Conseil municipal décide alors de donner le nom de Jean-Baptiste Glorieux, à une rue de la ville qui relie la rue Saint Antoine à la rue du Collège, aujourd’hui disparue lors de la création de l’avenue des Nations Unies.

JB Glorieux avait un cœur généreux et son concours bénévole était toujours acquis aux œuvres charitables et de bienfaisance. Il a participé à toutes les manifestations organisées par la ville de Roubaix. Il repose au cimetière de Roubaix sous une tombe originale et symbolique, ornée d’un ballon sphérique en miniature s’élançant sous la voûte céleste. Ce monument a pu être érigé le 29 octobre 1905, grâce à une souscription publique.

Cimetière de Roubaix ( document Nord Eclair )

En 1985, pour le 80° anniversaire du décès de Jean-Baptiste Glorieux, la municipalité décide de lui rendre un hommage aérostatique et ce, en deux parties. La première par un lâcher de trois ballons le 15 Septembre au parc de Barbieux, et la deuxième par une exposition en Décembre à la salle Watremez, avec de nombreux documents qui retracent la vie et les exploits de l’aéronaute, dans le contexte de son époque.

Exposition salle Watremez ( document Nord Eclair )
document Nord Eclair

Remerciements à Bernard Thiebaut ainsi qu’aux archives municipales

Les trois moulins de Leers

Alors que les fêtes du moulin honorent leur rendez vous de juin, comme chaque année, avec une braderie et des animations sur la plaine du Moulin, il est bon de se souvenir que Leers eut autrefois trois moulins sur son territoire. C’étaient des moulins à vent car il n‘y avait pas de cours d’eau susceptible de prêter à leur manœuvre.

Les trois moulins sur la carte
doc ADN

Ils existaient tous en 1870. Le premier, à son origine était construit en bois et se trouvait, se trouve encore sur la colline du Quevaucamp, longé par une route appelée jadis carrière du Moulin, devenue un peu plus tard rue Hoche. Ce moulin dont nous avons déjà parlé a l’aspect d’une imposante tour en briques dont les murs de base font 70 centimètres d’épaisseur pour finir à son sommet avec 30 centimètres d’épaisseur. Les Leersois consultés par voie de référendum se prononcèrent pour sa réhabilitation (voir notre article à ce sujet).

Les deux autres moulins se trouvaient dans la rue de Wattrelos et sont aujourd’hui disparus. L’un construit en bois était appelé Moulin Druon du nom de celui qui en avait la charge. Il était utilisé au broyage des graines de lin et de colza pour la fabrication de l’huile. Tombé de vétusté en 1918, il se trouvait aux alentours du 46 de la rue de Wattrelos, non loin de la cité Bauwens.

L’autre se trouvait de l’autre côté de la rue et on l’utilisait sans doute pour la mouture du blé, ce qui n’est pas confirmé vu le souvenir très lointain qu’il a laissé aux leersois. Ces deux moulins appartenaient à la famille Lezaire puis devinrent la propriété des familles Courier et Salembier.

Le moulin actuel doc Cirkwi

Revenons au survivant, qui fut érigé en bois vers 1836 et exploité par Simon Hubert Fourez qui décéda en 1847. Sa veuve Lucie-Marie Delneste poursuivit l’exploitation avec ses quatre enfants. Vers 1852, le moulin fut abattu par un coup de vent et Mme Fourez le remplaça par un moulin en briques. Son fils Simon Fourez l’exploita juqu’à sa mort intervenue en 1893. En 1895, les frères Derache, neveux de M. Fourez, lui succèdent. Ils utilisent le moulin pour moudre le blé et le seigle, dont le grain provenait d’autres contrées.

Le moulin cessa toute activité en 1914 à cause de la guerre. Le meunier n’acceptait plus que de moudre de petites quantités pour satisfaire ses clients et de ce fait il devait souvent arrêter la marche de son moulin. Un général allemand de passage remarqua les mouvements du moulin et imagina qu’il renseignait les Français sur les mouvements de troupe allemands. Arthur Derache échappa de peu au poteau d’exécution, un caporal allemand ayant intercédé en sa faveur. Le moulin lui s’arrêta définitivement.

D’après Nord éclair

On consultera avec intérêt l’article de fond consacré aux moulins de Leers par l’association Leers Historique.

Les 3 fermes rue des Ecoles à Hem (Suite)

Sur les terres de la ferme Duthoit se construit une rangée de maisons individuelles le long de la rue du Docteur Yersin et des dominos pour les anciens, entourés d’espaces verts entre celle-ci et la rue des Ecoles.

Vue des maisons individuelles et des dominos et vue aérienne de l’ensemble (Documents Google Maps)

En janvier 1974, s’ouvre l’école primaire privée Saint-André, au 124 rue des Ecoles, face à l’emplacement de l’ancienne ferme Duthoit. Cette petite école de quartier n’est ouverte que durant 20 ans puisqu’elle ferme ses portes au 31 Août 1995. Il en subsiste peu de traces si ce n’est des photos de presse des fêtes annuelles notamment en 1974 et 1975. En revanche elle apparaît distinctement sur les photos aériennes de 1976 et de 1995.

Fêtes d’école en 1974 et 1975 (Documents Nord-Eclair)
Photo aérienne de 1976 et de 1995 (Documents IGN)

Il faut dire que cette école a malheureusement fait l’objet de vandalisme notamment en 1982 où une douzaine de fenêtres sont brisées en mai à coup de pierres lancées depuis la rue par des adolescents du quartier qui fait face à une petite délinquance en augmentation en raison de l’oisiveté des jeunes habitants.

Ce vandalisme se répète une douzaine de fois sur le reste de l’année 1982. C’est ainsi qu’en juin un spectacle de désolation s’offre à nouveau aux enseignants et aux élèves dans les salles de classe : vitres brisées, papiers déchirés, chaises renversées, matériel jeté par terre…

Docs vandalisme en 1982 (Documents Nord-Eclair)

C’est la raison pour laquelle un groupe de parents accompagne en fin d’année scolaire voir le maire Jean-Claude Provo à l’hôtel de ville, avec le directeur Bernard Florte, pour lui signifier leur ras le bol face à la situation. Le maire s’est alors rendu sur place pour prendre la mesure du problème et chercher une solution.

Pourtant à cette époque, ni le directeur de l’école ni le diocèse n’envisagent la fermeture de cet établissement en raison des problèmes d’insécurité qu’il rencontre. Ils attendent une réponse adaptée des pouvoirs publics et l’assurance d’une sécurisation du lieu ainsi que des enfants qui y sont accueillis. C’est donc certainement pour une autre raison que l’école ferme ses portes un peu plus de 10 ans plus tard.

Docs délégation en mairie (Documents Nord-Eclair)

Suite à la fermeture de l’école et sa destruction, le site reste en friche plusieurs années et des dépôts sauvages d’ordures y sont effectués. Ce n’est qu’en 2000 que le journal Nord-Eclair se fait l’écho d’un projet de nettoyage du site. Logicil, propriétaire du terrain va enfin y enlever les immondices qui se sont accumulés au fil des ans et la municipalité quant à elle va débarrasser le site des fondations en béton et vestiges de l’ancienne école.

Réunion sur le site à l’abandon : le discours de Francis Vercamer, les habitants à l’écoute et le cadavre de rat brandi par une participante excédée (Documents Nord-Eclair)

Francis Vercamer, maire de Hem, organise une réunion sur le site pour y expliquer aux riverains que les remblais inutiles vont être évacués, que le terrain nettoyé recevra un apport de terre végétale puis qu’un gazon sera planté sur le terrain clôturé et que quelques arbres y seront également implantés pour y apporter un peu d’ombre.

Le site débarrassé et clôturé en attente d’être engazonné (Document Nord-Eclair)

En Octobre 2003, c’est la Maison de la Petite Enfance qui est inaugurée à l’emplacement de l’ancienne école, en présence de Jean-Louis Borloo, Ministre délégué à la Ville et à la Rénovation Urbaine. Elle est créée en vue de fédérer toutes les structures d’accueil petite enfance déjà existantes mais disséminées à travers la ville et de proposer de nouveaux services aux familles.

La maison de la Petite Enfance vue de face et vue aérienne (Documents Google Maps)

Les projets y sont nombreux : accueil et éveil des enfants bien sûr, mais aussi mise en place de nouvelles activités, rencontres et sorties, nouveaux partenariats avec la résidence des seniors de la ville et avec les écoles maternelles pour permettre aux petits de s’enrichir culturellement et socialement.

En 2013, la MPE fête ses dix ans d’existence en grande pompe en présence de Francis Vercamer, maire de la ville, avec les membres du Conseil Municipal. Sont également présents une représentante du Conseil Géneral, une déléguée du préfet et le médecin chef de la PMI.

Anniversaire de la MPE (Document La Voix du Nord)

De l’emplacement de la MPE jusqu’à la rue des 3 Fermes, laquelle traverse la rue des écoles là où se situaient auparavant les 2 autres fermes, Bayart et Crepel, on retrouve plusieurs rangées de maisons individuelles Logicil, et ce jusqu’aux anciennes terres de la ferme Crepel.

Les maisons Logicil à l’ancien emplacement de la ferme Crepel de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)

En face, à l’ancien emplacement de la Ferme Bayart, se trouve le square Berthelot, un triangle entre la rue Henri Dunant et l’avenue Laennec, la rue des 3 Fermes et la rue des Ecoles. En juin 2007, les bâtiments s’y trouvant sont démolis et l’espace dégagé par ces démolitions est laissé libre quelques mois avant que ne débute, à la fin de l’année, les travaux de construction, sur 1825 mètres carrés, de l’actuelle Maison de l’Emploi et des Services Publics, abritant le Pôle Emploi de Hem, qui voit le jour en 2009.

Photo aérienne de la zone en 1969 et 1995 avec le Square Berthelot (Documents IGN)

Une structure du Conseil Général : l’Union Territoriale de Prévention et d’Action sociale, anciennement installée avenue Dunant, reconstruit quant à elle un nouveau bâtiment en vis-à-vis de la future Maison de l’Emploi, qui ouvre en 2010. Le but de l’ UTPAS est de fournir un service de proximité et surtout de permettre à tous d’accéder à des droits fondamentaux, de bénéficier de prestations sociales, médico-sociales et individuelles adaptées aux difficultés de chacun, d’être accompagné dans son parcours personnel (insertion logement, santé), d’être soutenu dans son rôle de parent.

La Maison de l’Emploi et des Services Publics en travaux en 2009 et vue aérienne des 2 bâtiment en 2020 (Documents Google Maps)
L’UTPAS côté rue des Ecoles et la Maison de l’emploi côté rue des 3 Fermes (Documents Google Maps)

Ce secteur essentiellement rural du village d’antan aura donc cédé la place dans un premier temps à des immeubles à usage d’habitation collectifs et à de nombreuses maisons individuelles à la fin des années 60 alors que le village devenait une petite ville, essentiellement cité dortoir, avant qu’à leur tour ces habitations ne cèdent pour une partie d’entre elles, la place dans les années 2000 à des services publics devenus incontournables avec la croissance du nombre d’habitants de la ville.

Le plan actuel du quartier (Document IGN) reprenant les emplacements des 3 fermes

Des 3 fermes du début du siècle ne subsiste donc plus que le nom d’une rue bordée d’habitations, celui du quartier entourant cette rue ainsi que d’un béguinage installé dans ledit quartier. La transformation de celui-ci en moins d’un siècle est à l’image de celle subie par la commune de Hem tout entière (et bien d’autres) du petit village à vocation essentiellement agricole à la ville.

Remerciements à la ville de Hem et à l’Association Historihem ainsi qu’à Jacquy Delaporte pour son ouvrage Hem 1000 ans d’histoire

Villa Eeckman

Au 94 rue de la gare à Roubaix, se trouve un imposant bâtiment construit à la fin du siècle dernier, et occupé par « La Flandre », grosse compagnie d’assurance, administrée par Mrs Eeckman et Tettelin.

Le 94 rue de la Gare ( document collection privée )
Publicité « La Flandre » ( document collection privée )

André Eeckman habite sur place dans l’un des étages. En 1927, il souhaite se faire construire une villa. Il négocie l’achat d’un terrain vierge de 1324 m2, situé au 33 bis boulevard de Beaurepaire, appartenant à la famille de son épouse : les frères Courouble, meuniers au 35 du boulevard de Beaurepaire. André fait appel à l’architecte Maillard à Tourcoing, pour établir les plans de sa future propriété.

cadastre
façade ( document archives municipales )

La propriété est immense, le rez de chaussée d’une surface de près de 300 m2 comprend, le hall d’entrée, un garage pour deux voitures, un salon, un vestiaire, un living-room, une salle à manger, une cuisine, un office et une terrasse.

Plan du rez de chaussée ( document archives municipales )

Le 1° étage est composé de 4 chambres dont une suite parentale, une salle de jeux, un vestibule, deux salles de bains, des toilettes et une lingerie. Le second étage a pratiquement la même surface.

Façade avant ( document archives municipales )
Vue du jardin ( document archives municipales )

André Eeckmann-Courouble et son épouse, habitent cette demeure, pendant de nombreuses années. Au décès d’André, au début des années 1950, sa veuve reste dans les locaux jusqu’au début des années 1970.

De nos jours, la villa Eeckmann est inoccupée et semble même à l’abandon.

Porte d’entrée ( Photo BT )

Remerciements aux archives municipales