L’ inauguration du monument Eugène Motte

Eugène Motte est né en 1860. Industriel et fils d’industriel, enfant de Roubaix, marié à vingt-quatre ans, il prend la succession de l’entreprise au décès de son père Alfred Motte en 1887. Il est, à quarante et un ans, responsable de neuf usines donnant du travail à 8.000 ouvriers et père de huit enfants. Il a, en outre, fondé deux usines en Pologne.

Eugène Motte est un homme très simple. On le décrit aussi comme « sachant parler aux ouvriers avec leur langage » et peu enclin à envisager une carrière politique.
Il devient pourtant maire de Roubaix en 1902 et le restera jusqu’en 1912. Il est député de 1898 à 1906 et membre du Conseil général de 1895 à 1907.

Eugène Motte décède à Roubaix le 23 Octobre 1932. En 1935, la municipalité décide d’ériger un monument en sa mémoire sur lequel apparaît l’effigie de celui à qui la ville accorde officiellement l’hommage du souvenir.

Le monument ( document collection privée )

Le monument se trouve à l’angle du boulevard Gambetta et de la rue de l’Union. Son emplacement n’a pas été choisi au hasard puisque le terrain appartient à la famille Motte. C’est en effet Louis Motte qui avait créé sur cet emplacement,  »la filature monstre » Motte Bossut vers 1850, ravagée par l’incendie de 1866.

document collection privée rectifié IA
document bnr – D. Labbé

C’est un monument en pierre de Boulogne et en marbre blanc, réalisé par le statuaire Raoul Bénard, Grand Prix de Rome et par l’architecte, Gustave Poubel.

photo BT
photo BT

De part et d’autre du monument, se trouvent deux allégories formant les bas reliefs : à gauche l’Abondance avec en arrière plan l’hôtel de ville et à droite Mercure se détachant sur un fond d’usines.

la cérémonie pendant les discours ( document le Grand Hebdomadaire illustré rectifié IA )

L‘inauguration du monument se déroule le Dimanche 22 Septembre 1935, sous la présidence d’ Armand Guillon, préfet du Nord et de Maurice Colrat, ancien ministre.

une partie de l’assemblée ( document Le Dimanche de Roubaix-Tourcoing rectifié IA )

Sur la photo ci-dessus, on distingue de gauche à droite : M. Nicolle député, Eugène Motte fils, Mme Eugène Motte, M. Guillon préfet du Nord, M. Colrat ancien garde des Sceaux, M. Carissimo président de la chambre de commerce de Roubaix et Robert Motte.

les nombreuses sociétés (associations) regroupées aux abords du monument ( document Le Dimanche de Roubaix-Tourcoing rectifié IA )
La partie gauche du monument ( Photo BT )

La partie gauche du monument, rappelle qu’en 1915, l’armée allemande impose aux usines la fabrication de vêtements de guerre et de sacs de tranchées pour ses soldats. Eugène Motte refuse alors de participer à cet effort de guerre : « Nous ne pouvons pas accepter le rôle de collaborateur de l’ennemi. Vous pouvez réquisitionner nos biens. Vous ne pouvez réquisitionner nos personnes. Notre conscience de Français s’y refuse ».

Carton d’invitation du repas offert par la famille ( document bnr )
le cercle de l’industrie ( document collection privée )

Pour clôturer la cérémonie, un banquet est ensuite servi dans la magnifique salle de réception du Cercle de l’Industrie de la Grande rue.

Le buste d’Eugène Motte ( document musée de La Piscine )

Remerciements aux archives municipales

2 grands noms hémois de la boxe sur 2 siècles (2)

Partie 2 Daouda Sow au 21ème siècle (1)

Né le 19 janvier 1983 à Roubaix, il grandit dans le quartier des Hauts-Champs où, un peu par hasard, pendant la décennie suivante, il est repéré par le Boxing Club Hémois BCH), né en 1995 au sein du CASH (Centre d’Activités Sportives Hémois). Le BCH, présidé par Gilbert Lacroix et entraîné par Abdel-Hakim Zehrir, n’a, à l’époque pas de salle adaptée à son sport : les petits s’entrainent au Mail Dunant et les grands à la salle Leplat mais il leur manque le principal à savoir un Ring et de temps en temps l’entrainement a lieu sur Roubaix mais l’association veut rester hémoise.

Le boxing club hémois en 1995 et 1997 (Documents Nord-Eclair)

A 14 ans, Daouda y débute la boxe, en 1997, sous la houlette d’ Abdel-Hakim Zehrir. Deux ans plus tard il remporte le titre de champion de France dans la catégorie cadet, en poids mouche. L’année suivante il est champion de France junior en poids coq. En 2002, il intègre l’INSEP et dès l’année suivante, il obtient le 1er niveau du brevet d’état spécifique de boxe anglaise.

Champion de France catégorie cadet en 1999 (Document Nord-Eclair)

En 2004, il arrive finaliste du championnat de France amateur senior. Une victoire le qualifierait pour les championnats d’Europe et le propulserait favori pour la sélection des prochains jeux olympiques. Pour ça, il doit perdre du poids car, pour boxer dans la catégorie coq, il ne faut pas dépasser les 54 kgs et il est donc obligé de s’affamer. Finaliste également en 2005 il reste vice champion de France. Il ferme alors la parenthèse INSEP et acquiert le statut externe de l’équipe de France et commence à penser aux JO de Pékin de 2008.

Daouda en 2004 finaliste au championnat de France et en 2006 en route pour les JO de Pékin (Documents Nord-Eclair)

Pourtant, au printemps 2006, manquant de motivation, il lâche tout et se trouve un travail d’éducateur sportif à Marcq-en-Baroeul. Mais la boxe lui manque trop et il reprend l’entraînement dès la rentrée en vue du championnat de France au cours duquel il espère conquérir le titre et c’est avec la rage de vaincre à nouveau qu’il effectue un retour fracassant en 2007et devient champion de France senior. Pourtant aux mondiaux de la même année il est malheureusement éliminé dès le 1er tour.

Défi ardennais pour le Boxing Club et la rage de vaincre en 2007 et champion de France senior (Documents Nord-Eclair)

Enfin en août 2008, il vit son rêve : participer aux jeux olympiques. Il est à Pékin pour gagner, comme tous les athlètes engagés dans la compétition. Pour son 1er combat dans la catégorie des 60 kgs il affronte un adversaire de taille : Kim Song-Guk, nord-coréen, vice champion olympique à Athènes en 2004. A Hem, tout le monde est derrière lui et, pour le soutenir, deux associations retransmettent le combat devant une centaine de supporters.

Participation aux JO : le rêve et un 1er match retransmis devant une centaine de supporters hémois (Documents Nord-Eclair)

Malgré la réputation de son adversaire, il ne se laisse pas impressionner et signe une victoire aux points qui lui permet d’accéder aux 8èmes de finale où il rencontre le portoricain José Pedraza Gonzalez. Ses supporters, réunis pour l’occasion à la maison du foot où le match est retransmis, malgré la déception de ne voir que le dernier round retransmis par France 3, exultent de le voir à nouveau gagner aux points et se qualifier ainsi pour les quarts de finale.

Sow sort le grand jeu et accède aux 8èmes de finale avant d’atteindre les quarts devant des supporters hémois en délire (Documents Nord-Eclair)

Son adversaire, le chinois Qing Hu a bien évidemment toute une salle pour le porter mais, malgré les applaudissements de ses milliers de compatriotes et un match où les retournements de situation se succèdent, c’est bien Daouda Sow qui finit par l’emporter. Dans la salle de retransmission hémoise on hurle et on exulte : il est en demi-finale et ramènera pour le moins une médaille de bronze à la maison.

Daouda assure le show et ramènera au moins une médaille de bronze (Documents Nord-Eclair)

En demi-finale, il affronte le cubain Yordenis Ugas qu’il a déjà affronté à la Havane, lors d’un match de préparation et ce dernier, l’un des meilleurs techniciens du tournoi, avait alors pris le dessus. Pourtant, malgré un début de match compliqué, le boxeur hémois réussit à laminer son adversaire, se propulsant ainsi en finale devant un parterre de supporters hémois en liesse dans la salle Dunant.

Daouda Sow, du rêve à la réalité ? Sow must go on !

Le brillant sportif hémois savoure cette victoire même s’il sait qu’il sera opposé, en finale, au russe Alexey Tishchenko, champion olympique en titre, sacré à Athènes en 2004, champion du monde en 2005 et 3ème au championnat du monde de 2007. Plus de 500 personnes se réunissent au mail Dunant pour assister à cette finale de rêve. Hélas, Daouda Sow s’incline 11 touches à 9, face à son adversaire, et, si sa déception est visible sur la 2ème marche du podium, les hémois eux sont aux anges.

Incroyable arrivée en finale mais les jeux sont faits pour Daouda Sow sur la 2ème marche du podium (Documents Nord-Eclair)

La promesse de construire une salle de boxe à son nom, non loin du stade Hidalgo est déjà faite par le maire Francis Vercamer et la construction est déjà budgétisée. Amis, supporters, voisins, une centaine de supporters se précipitent à Roissy-Charles de Gaulle pour l’accueillir à sa descente d’avion et le porter en triomphe. Près de 500 personnes fêtent le retour des athlètes français sur les Champs-Elysées à Paris et Daouda Sow se retrouve avec les autres nordistes à l Elysée.

Hem l’accueille en héros à Roissy et il se prête à une séance de dédicace à Paris (Documents Nord-Eclair)

Le lendemain soir la ville d’Hem organise une réception pour son héros médaillé olympique dans son quartier Les Hauts-Champs: un véritable show avec podium, écran géant, feu d’artifice, jet de confettis et plus d’un millier d’Hémois sur l’esplanade du Mail Dunant. Il est interrogé en direct par France 3 devant une foule en délire puis se livre à une séance de dédicace pour le plus grand plaisir des enfants et la plus grande fierté de son entraîneur historique du Boxing Club Hémois.

Hem dit merci à Daouda Sow à l’issue des JO (Documents Nord-Eclair)

Le retour Triomphal de l’enfant du pays se termine par un tour d’honneur le jour d’Hem en Fête dans une voiture aux côtés de Francis Vercamer, maire de la ville. C’est durant cette même année, à l’issue des Jeux Olympiques que le Boxing Club Hémois obtient donc de la municipalité la décision de construire sur le site Hidalgo une salle de boxe de 260 mètres carrés, équipée de 2 rings à même le sol, de 2 vestiaires et d’un sauna. La salle est toute en bois, avec une façade revêtue d’un isolant couleur pistache que l’on apercevra encore à travers l’ossature bois qui la recouvrira, et une charpente en bois également. Cette salle, tant attendue par le BCH, est inaugurée en 2009 et porte bien sûr le nom de Daouda Sow.

La braderie en septembre lui permet de faire un tour d’honneur dans les rues de Hem aux côtés de Francis Vercamer (Documents collection privée)
Construction de la salle de boxe en 2008-2009, logo du BCH, le local rue des Trois Baudets et inauguration en 2009 (Documents Historihem, BCH, Ville de Hem et Voix du Nord)

à suivre…

Remerciements à l’association Historihem

Georges Richardson

Georges Richardson, un jeune anglais, né à Londres en 1869, arrive à l’âge de 20 ans, en France en 1889. Il s’installe à Roubaix pour travailler dans une entreprise textile locale, avant de reprendre en 1898 l’entreprise d’Augustin Morel, située au 129 rue de Tourcoing à Roubaix, affaire commanditée par Alphonse Lemaire père

Plan cadastral 1884 rectifié IA

L’entreprise se situe à l’angle de la rue de la Guinguette d’un côté, et de l’autre côté à l’angle du quai de Dunkerque, au bord du canal de Roubaix, et en face du Pont Morel. Elle est spécialisée dans la fabrication de tissu en laine cardée, de draperies pure laine et de draps militaires. L’entreprise se développe fortement grâce à Georges Richardson qui introduit les procédés de fabrication des draps « Union » et « Scoot Tweed » qui jusqu’à lors, étaient importés d’Angleterre. En 1902, la société devient : Ets Lemaire et Richardson par l’arrivée des 3 fils Lemaire : Léon, Alphonse et Henri

Intérieur de l’usine ( document Nord illustré )

Pendant la guerre 14-18, l’entreprise souffre terriblement des exactions de l’occupant, l’usine est occupée et pillée entièrement. Georges, resté sur place, tient tête à l’occupant pour préserver le matériel, ce qui lui vaut d’être pris en otage et d’être déporté à Gustrow en Allemagne. De plus, l’usine est partiellement détruite par l’explosion du Pont Morel que les allemands font sauter avant de se retirer en 1918.

( document Nord illustré )
Usine détruite ( document Nord illustré )
Usine détruite ( document Nord illustré )

Après ce conflit mondial, Georges Richardson reprend la totalité des parts de l’entreprise et la société G.W.Richardson et cie prend un nouveau départ. Les affaires redeviennent florissantes au début des années 1920.

( document Nord illustré rectifié IA )

Parallèlement à ses activités professionnelles, Georges s’intéresse à diverses associations locales, il est président des « Aviculteurs du Nord », d’une société colombophile et président d’honneur de la société de gymnastique « L’Ancienne ».

Georges décède en 1929. Ses funérailles sont célébrées à Croix en l’église anglicane rue Holden. En tant qu’industriel, Georges a droit à la reconnaissance de tous les roubaisiens, car présent dans la ville depuis 40 années.

Document Journal de Roubaix 1929 rectifié IA

L’entreprise continue néanmoins son activité jusque la fin des années 1950.

Publicité 1955 ( document collection privée )
Vue aérienne 1953 ( document IGN )

Comme de nombreuses entreprises textiles roubaisiennes, Richardson subit la crise du textile traditionnel et ferme ses portes définitivement en 1959. En 1960, l’hôtel particulier situé à l’angle de la rue de Tourcoing et du quai de Dunkerque est rasé

Une des magnifiques cheminées ( document Nord Eclair rectifié IA )
La façade ( document Nord Eclair rectifié IA )

Ensuite, la partie de l’entreprise de la rue de Tourcoing est démolie, la société Nefitex s’ y installe au 129 et une station Total s’implante au 131. De l’autre côté, le bâtiment sur le quai de Dunkerque est conservé, la « chocolaterie Saint Pierre » de Léon Desprets s’y installe peu après ( voir sur notre site, un précédent article édité ). Le bâtiment sera rasé en 1984.

Vue du Pont Morel ( document archives municipales rectifié IA)
Ancienne station Total rue de Tourcoing ( document archives municipales )
document collection privée

Remerciements aux archives municipales

Groupe scolaire de Longchamp (suite)

En 1986, c’est une délégation de parents d’élèves qui est reçue en mairie par Mme Massart, maire de la ville, et ses adjoints à la sécurité et à l’enseignement, Mrs Grabovski et Nys, cette fois pour tenter de remédier aux cambriolages de matériel pédagogique et au saccages des locaux répétitifs. Une étude est demandée aux services techniques de la mairie pour la mise en place d’alarmes et de radars.

Réunion avec les élus sur les problèmes de sécurité en 1986 (Document Nord-Eclair)

Pourtant 3 ans plus tard l’école Lamartine subit à nouveau, comme tant d’autres malheureusement, un acte de vandalisme, relaté par la presse locale, en 1989.Trois jeunes adolescents pénètrent dans l’établissement en brisant un carreau et mettent à sac une classe de CP : bacs de fleurs renversés, bancs sans dessus dessous, tableaux arrachés, armoires défoncées, livres cahiers et matériel scolaire répandus sur le sol, sachets de plâtre éventrés, bouteilles de solvant et de diluant brisées…

Vandalisme à l’école élémentaire Lamartine, rue Charcot, en 1989 (Document Nord-Eclair)

Durant la décennie suivante l’école fait plus heureusement parler d’elle à l’occasion de l’installation du site informatique en lieu et place d’une bibliothèque déplacée à l’étage pour l’occasion, dans une salle spécialement aménagée et protégée par la municipalité. Le matériel à savoir 8 micro-ordinateurs, reste propriété de l’Education Nationale durant 3 ans avant de revenir à la ville. Chaque élève passera environ 1 heure et demi par semaine devant un écran pour s’initier aux mathématiques et au français.

Installation du site informatique à l’école Lamartine dans les années 1990 (Documents Historihem)

Ce n’est qu’en 1995 que les travaux nécessaires à la rénovation du groupe scolaire déjà vieillissant commencent. En 1998, c’est la maternelle Georges Sand qui se refait une beauté : changement de l’installation électrique (des fusibles aux prises et interrupteurs en passant par les câbles), changement des vieux plafonniers au profit de rampes lumineuses encastrés et de spots orientables.

Par ailleurs, 560 mètres carrés de vieux plafonds ondulés sont remplacés par des plafonds suspendus ce qui permet de mieux chauffer les locaux. Enfin, sur un plan esthétique, la municipalité pousse le soin jusqu’à mettre des dalles de couleur (bleue, jaune et saumon) pour égayer les pensées des bambins rêveurs. La sécurité n’est pas oubliée : alarme incendie près du tableau électrique, issue de secours ouvrant les dortoirs sur l’extérieur et porte, cloisons et plafond coupe-feu pour le local des fournitures.

Rénovation de l’école Georges Sand en 1998 (Document Nord-Eclair)

A l’été 1999, en raison du coût excessif des devis demandés aux entreprises, ce sont les employés municipaux qui réalisent électricité, isolation, faux plafonds et refont les issues de secours pour remettre le reste du groupe scolaire aux normes. Les classes, une fois terminées bénéficient d’un nettoyage de fond en comble, murs compris. En revanche, les peintures attendront, faute de financement.

Remise aux normes du groupe scolaire à l’été 1999 (Documents Nord-Eclair)

Au début du 21ème siècle, les différents corps de métier s’activent toujours aux 4 coins de l’établissement. Des entreprises extérieures y assurent : la rénovation du restaurant scolaire, la réfection des 2 cours d’écoles maternelles, l’achat de quelques jeux et bancs et le remplacement des bandeaux en haut des façades. Les services techniques municipaux réalisent quant à eux les peintures des écoles élémentaires.

Photos de l’école en chantier en 2001 et photo de l’école avant sa démolition (Documents Nord-Eclair et Un temps de passage)

Pourtant en 2006, les écoliers désertent le groupe scolaire rénové 10 ans plus tôt et les locaux sont vidés, déshabillés et nettoyés pendant de longs mois. Les anciens locaux sont enfin grignotés par 2 pelleteuses et la démolition dure moins de 2 semaines : les 4 bâtiments composant cet ensemble scolaire disparaissent. En 2007, c’est le réaménagement de l’assainissement et des réseaux qui commence afin de permettre la construction, sur le terrain, de 74 logements individuels et semi-collectifs dont la livraison est prévue pour 2009.

Photos aériennes de 2007 avant démolition et 2009 après construction des logements (Documents IGN)

Il faut dire qu’en 2005, au n°100 de l’avenue Schweitzer, a commencé la construction d’un tout nouvel établissement scolaire dont l’arrière donne sur la rue Denis Cordonnier, sur le terrain laissé libre par la destruction un an plus tôt de l’école Denis Cordonnier (évoquée plus haut). Ce nouvel ensemble se compose d’une école maternelle et d’une école élémentaire.

Ville de Hem – Construction du groupe scolaire Longchamp (2005)

Le groupe scolaire Antoine de Saint-Exupery est un établissement moderne, spacieux et lumineux, qui accueille 180 élèves en élémentaire et 130 en maternelle. Il est composé de 17 salles de classe, 2 bibliothèques, 2 salles d’art plastique, un site informatique, 2 salles d’évolution, un restaurant scolaire, 2 cours de récréation et un jardin pédagogique.

Le groupe scolaire Antoine de Saint-Exupery (Documents Google Maps 2023(côté Schweitzer et 2008 côté Cordonnier et site internet)
Vue aérienne du terrain entre 2000 et 2004 et le terrain après la construction du nouveau groupe scolaire entre 2005 et 2010)

Le tout nouveau quartier de Longchamp disposait donc d’un groupe scolaire regroupé rue Charcot en 1974, constitué de 2 écoles primaires (Lamartine et Saint-Exupéry) et de 2 écoles maternelles (Mme de Sévigné et Georges Sand) à savoir les groupes Lonchamp 1 et 2. A cette époque, il y avait également le groupe Lonchamp 3 constitué de l’école Denis Cordonnier (maternelle et élémentaire) ouverte sur la commune de Lys-lez-Lannoy. 50 ans plus tard, en 2024, l’offre scolaire du quartier se résume à la nouvelle école Antoine de Saint-Exupery (maternelle et élémentaire) qui donne sur les rues Schweitzer et Denis Cordonnier.

Photo aérienne des 2 groupes scolaires en 1976 et offre scolaire par quartier en 2024 (Document IGN et Ville de Hem)

Remerciements à l’association Historihem

La ligne 2 bis, dite de Barbieux

Dans un article de 1902, le journal La Croix de Roubaix-Tourcoing évoque la création de plusieurs nouvelles lignes dont une, numérotée 2bis, est dite « de Roubaix à Barbieux ». Le terminus de celle-ci sera situé devant l’Hospice.

La nouvelle est un peu anticipée, et il faut attendre avril 1905, pour que la compagnie nouvelle des Tramways de Roubaix-Tourcoing obtienne la concession de lignes à établir d’urgence pour satisfaire au cahier des charges. Parmi elles celle qui prend le nom de « ligne de Barbieux » et doit relier le centre et l’avenue des Villas (aujourd’hui la rue Gustave Delory).

Le Journal de Roubaix de Juin 1906 nous présente cette ligne qui empruntera, pour une longueur totale de plus de 1900 mètres, la rue Neuve (du maréchal Foch), le boulevard de Paris, puis la rue de Douai et la rue de Barbieux. La compagnie est autorisée à mettre en service cette ligne qui est inaugurée en mars 1907. Pour pouvoir emprunter cet itinéraire, on a installé un troisième rail dans la rue Neuve à titre provisoire, car la voie, prévue pour les tramways de Lille, est à l’écartement de 1 mètre 44.

En Avril de la même année, le Journal de Roubaix présente les arrêts sur le parcours de la ligne qui, partant de la Grand-Place, sont situés aux carrefours avec la rue de l’Union, la rue du Moulin à l’entrée du boulevard de Paris, la rue Dammartin, le boulevard de Cambrai, l’Hospice de Barbieux et dont le terminus est boulevard Lacordaire devant les réservoirs des eaux.

Les voies s’étendent ensuite dans la rue de Barbieux jusqu’à l’avenue des Villas, et la commission municipale de Tramways préconise en 1909 sa prolongation jusqu’au carrefour avec la rue de Beaumont.

La ligne prend la dénomination A bis en 1911, puis AE en 1925. Elle disparaît en 1930 sous l’indice AB, ainsi que l’indique le quotidien « l’Echo de Roubaix-Tourcoing » qui fait référence à une protestation de la chambre de commerce déplorant cette fermeture.

Mais n’anticipons pas, et suivons la ligne depuis la Grand-place où son terminus est placé face à l’église. Nous voyons au premier plan la double voie qui fait une courbe à 90 degrés pour entrer dans la rue Neuve.

La grand place

La voie se mêle alors à la ligne F des tramways de Lille pour descendre la rue Neuve, aujourd’hui du maréchal Foch. Après détournement de cette dernière ligne, la voie retrouvera ses deux simples rails à l’écartement métrique, qui seront plus tard réutilisés par la ligne du Mongy après l’arrêt au terminus de la Grand-Place. Une première photo, prise depuis le trottoir de la mairie, nous montre le haut de la rue.

Le haut de la rue Neuve

La photo suivante, prise un peu plus loin aux abords de la rue de Lille, nous montre en arrière plan une motrice vestibulée des premières séries.

La ligne arrive alors au lieu-dit « la barque d’or », au croisement des rues de Lille et Neuve, des boulevards Gambetta, de Paris, et de la rue du Moulin. Cet important carrefour Roubaisien a été également le point de rencontre de plusieurs lignes de tramway comme on le constate avec les deux illustrations qui suivent. Sur la première, une motrice se prépare à suivre le boulevard de Paris.

la barque d’or

Le plan suivant nous détaille les lignes concernées.

Notre ligne 2bis suit alors le trottoir de gauche du boulevard en venant du centre ville. Mais, à partir de 1908, le Mongy fait son apparition sur le boulevard. Pour cette ligne de prestige, l’ELRT installe deux voies, l’une descendante et l’autre montante qu’elle place le long des deux trottoirs. Notre ligne ne manque pas d’utiliser ces deux voies qui remplacent avantageusement la simple voie unique dont elle disposait jusque là. La photo suivante nous montre au premier plan une motrice du Mongy, et, tout au fond, une motrice des TRT qui la suit.

Le boulevard de Paris

Sur la photo suivante, nous voyons une motrice 300 de la ligne de Barbieux parvenir en haut du boulevard, et qui se prépare à suivre la courbe à gauche pour pénétrer sur le boulevard de Douai. Le long de l’autre trottoir, la ligne descendante.

La ligne monte donc le boulevard de Douai en suivant le trottoir de droite. Elle va suivre la courbe du trottoir sur la droite devant l’institut des jeunes filles.

Le collège, en face de l’hospice Barbieux

Arrivé à ce carrefour, la ligne dont le terminus a été un moment situé en face sur le boulevard Lacordaire et ses réservoirs, se dirige ensuite vers son nouveau terminus de l’avenue des Villas par la rue de Barbieux. La photo nous montre une motrice qui se dirige vers le centre ville. L’absence de bâtiments à gauche a forcé l’érection de poteaux pour soutenir la ligne aérienne. A droite, la maison de la directrice de l’institut des jeunes filles.

Les documents proviennent des archives municipales et de la médiathèque de Roubaix

« Au Carrefour » 84 Grande rue

Dans les années 1880, Jeanne Galpin est propriétaire de 4 parcelles de terrain au 84 de la Grande Rue à Roubaix. Elles sont situées les unes derrière les autres et se terminent de l’autre côté, au 53 boulevard Gambetta. Jeanne habite quant à elle au 66 de la rue de Lille.

Plan cadastral de 1884

Dans les années 1890, la parcelle 782 se trouve en front à rue au 84 de la Grand rue, la parcelle 781 est juste derrière, c’est une grande bâtisse de deux étages, elle-même suivie par la parcelle 780 où se trouve une bourloire. Le dernier morceau de terrain se trouve au 53 boulevard Gambetta, c’est une écurie. La façade de la parcelle 782 se compose d’une vitrine centrale et de deux portes latérales. Celle de droite le 84 est un long couloir qui aboutit à la parcelle suivante, celle de gauche, le 84 bis est un commerce qui bénéficie d’une vitrine sur la rue. Dans les années 1910, le 84 est occupé par l’école de couture du patronage Jeanne d’Arc et le 84 bis c’est le commerce de bonneterie de Mme Duforest et toutes deux vont occuper les locaux durant une trentaine d’années.

En 1938, une équipe de militants issus des mouvements ouvriers catholiques créent un lieu de rencontre baptisé « Carrefour » au 84 de la Grande rue. Cet organisme est composé de très nombreuses associations diverses : Amicale Photo, Mouvement Populaire des Familles, Aides familiales Populaires, Repos et Santé, Centre d’ Etudes et d’applications communautaires.

document collection privée
document collection privée

Les objectifs des bénévoles sont de développer l’entraide sociale, la culture sous toutes ses formes, l’éducation et les loisirs populaires. Dans notre ville, c’est répondre à d’immenses besoins.

En 1941, le Service Familial d’Entraide organise chaque jeudi un repas pour les enfants nécessiteux qui profitent ainsi d’un repas complet composé d’un potage, une viande, un légume et un dessert.

Document Journal de Roubaix 1941

Dans les années 1950, à la place de la bourloire, est créée la cafétéria « Au Carrefour » qui se développe rapidement. La salle est régulièrement réservée pour des banquets, des réveillons de Nouvel An etc

document Nord Eclair
document Nord Eclair

En Avril 1966, une superbe soirée est organisée par « Chez Nous Jeunes » et animée par un charmant et talentueux couple : Jean Pierre et Nathalie.

document Nord Eclair
document Nord Eclair

Dans les années 1970, la salle Au Carrefour devient dancing-discothèque : « Au Cross Streets ». De nombreux groupes de rock et disco viennent sur place pour que les jeunes roubaisiens puissent s ‘éclater sur le parquet.

document Nord Eclair

Le 84 bis est toujours occupé par des associations : Culture et Liberté, l’AFAD Association Aide A Domicile et l’ADAR Aide à Domicile Aux Retraités au début des années 1980.

document collection privée

Des travaux importants et coûteux sont entrepris en 1994 ( rénovation de la façade et aménagement plus fonctionnel ) mais cela n’empêche malheureusement pas l’exode quelques années plus tard de nombreuses associations qui souhaitent rompre le cordon ombilical et avoir pignon sur rue. En 2004, il ne reste plus sur place que l’ADAR et Culture et Liberté présidé par Lucien Delvarre.

document Nord Eclair 2004

En Avril 2004, le 84 de la Grand rue change de pavillon. En effet les administrateurs des différentes associations gestionnaires du bâtiment, ont décidé de leur dissolution et d’en faire don à titre gratuit à une association reconnue d’utilité publique : les Papillons Blancs. Sur la photo ci-dessous, le président, Maurice Morelle remet symboliquement les clés du 84 Grand Rue à Jean-Pierre Lannoo, président des Papillons Blancs.

Document Nord Eclair Avril 2004
La façade en 2008

Depuis 2010, le 84 de la Grande rue a été occupé par de nombreux commerces divers et variés. Notons entre autres : en 2013, la maison culturelle Franco-Kurde, en 2016 le boucherie Label Côte, en 2018 le salon de beauté Beauty Dolls, en 2020 le coiffeur barbier B et G et en 2026 le restaurant La Nonna.

Documents Google Maps
photo BT

La salle « Au Carrefour » quant à elle, après avoir été une bourloire, un restaurant, une discothèque, est devenue de nos jours : FIBR&CO. C’est un atelier de création de mobilier en bois et d’insertion sociale, dépendant de l’association Arcadis Roubaix, et qui bénéficie d’une vitrine en façade pour l’exposition des articles en bois produits sur place, au 53 boulevard Gambetta.

documents FIBR&CO

Remerciements aux archives municipales

2 grands noms hémois de la boxe sur 2 siècles

Partie 1 Jean Motte au 20ème siècle

Né le 3 mars 1914 à Hem, Jean s’inscrit dès l’adolescence à l’Académie des sports de Roubaix, forte de 60 adhérents, dont le siège se trouve au 41 rue du Chemin de Fer, où il s’entraine avec le « maître » Edouard Dubus, qui y tient un estaminet. Son 1er combat, mené à l’âge de 16 ans en Belgique, se solde par une défaite. Mais, dès la même année 1930, après un combat perdu à Tourcoing, il remporte sa 1ère victoire par KO à Lille et se voit octroyer une bourse.

L’académie des sports de Roubaix en 1923 et extrait du Ravet-Anceau de 1928 (Documents Réveil du Nord et Ravet-Anceau)

Suivent 3 combats perdus à Courrières, Menin et Roubaix, avant 3 combats gagnants à la salle Watremez à Roubaix en 1931. L’année suivante est également une année faste pour ce boxeur qu’Edouard Dubus décrit comme un garçon rangé et calme et un modèle de persévérance, et qui aligne 4 victoires d’affilée, en 1932, à Roubaix, Douai puis Lille, puis à nouveau 4 victoires de suite à Frevent, Roubaix (salle Watremez et à l’Hippodrome-Théâtre en enfin à Paris.

En 1933 et 34, il enchaine un nombre de victoires impressionnant à Lille comme à Paris. Son entraîneur dit de lui qu’il cogne dur (et ce rien qu’en bloquant ses coups à l’entraînement). A son retour du régiment, en 1936, âgé de 22 ans, c’est un athlète de 82 kilos qui reprend l’entraînement avec Edouard Dubus et qui continue à enchainer les victoires de façon impressionnante durant 2 années de suite.

Jean Motte à 22 ans en 1936 (Document Historihem)

C’est en 1938, lors de son 53ème combat, qu’il remporte, aux points, son titre de champion du Nord à Roubaix. Un an plus tard, son patron, Robert Page (sur le sujet de la tapisserie Page voir un précédent article édité sur notre site), l’autorise à cesser son métier de tisserand pour se préparer au championnat de France Poids Lourds. A 25 ans, 85 kgs, il est opposé au marseillais Di Meglio, 24 ans, 90 kgs. Le 12 février 39, dans l’enthousiasme général, à Lille, il devient champion de France par KO à la 2ème reprise.

Jean Motte, champion de France à 25 ans, en 1939 (Documents Ateliers Mémoire et Historihem)

Deux mois plus tard il remporte sa dernière victoire contre Verbeeren, champion de Belgique, à Bruxelles. Puis il est mobilisé en août 1939 et participe à la campagne de Belgique, d’Argonne et de la Somme. Cité à l’ordre du régiment le 17 juillet 1940, il est décoré de la Croix de Guerre avec étoile de Bronze.

Jean Motte lors d’une cérémonie officielle aux côtés du maire Jules Delesalle, en poste de 1935 à 1944 (Document Historihem)

En mauvaise condition physique après un an et demi de mobilisation, sans entrainement, il est battu à Bruxelles en avril 1941 par Gustave Roth, ex-champion du monde, sur arrêt de l’arbitre au 5ème round. Après cette défaite, il ne parvient pas à retrouver son niveau et, malgré deux derniers combats victorieux en 1943 à Hem et à Paris, se voit contraint de mettre un terme à sa carrière en 1944. Il a cependant l’occasion de donner des cours à nombre de jeunes fervents de préparation militaire.

La carrière de Jean Motte (Documents Box Rec)

Après la guerre, Jean, domicilié rue Gutenberg, reprend la café-tabac de la rue Jean Lebas à Lys-lez-Lannoy et devient moniteur d’éducation physique à la Stella de Lys dont il tient également le siège. Même lorsque son état de santé l’amène à céder son affaire, il tient à demeurer membre de la commission de la Stella.

Il décède en décembre 1969 à Roubaix et ses funérailles ont lieu à l’église Saint-Luc à Lys-lez-Lannoy, en présence d’un grand nombre de membres de la Stella. Jean Cholle, vice-président de la Stella prononce une courte allocution, à l’issue de la messe célébrée par l’abbé Lamblot, pour lui rendre hommage devant une assistance comprenant de nombreux sportifs et membres de l’équipe municipale.

Le décès de Jean Motte en décembre 1969 et ses funérailles (Documents Nord-Eclair)

Remerciements à l’association Historihem

à suivre…

Une directrice d’école honorée

Mme Desplanque directrice de l’école des filles se voit remettre les insignes de chevalier de l’Ordre des Palmes Académiques un beau dimanche de 1961. La salle des fêtes municipales a accueilli la cérémonie à laquelle de nombreux amis et collègues de l’impétrante assistaient.

M. André Kerkhove maire de Leers a accepté la présidence du comité d’organisation et à ses côtés il y avait Melle Colon inspectrice, Melle Leclercq représentant le corps enseignant et MM. Vanderpote directeur, Deffrenne président de l’Amicale Laïque et Melle Leroy déléguée cantonale.

La remise des insignes doc Nord Matin

Melle Leclercq collaboratrice de Mme Desplanque retrace la carrière de sa collègue : après avoir exercé à Roubaix puis à Flines lez Raches en 1938, elle arrive à Leers en 1945 et depuis jamais elle ne cessa de se dévouer au service des enfants. Elle joignit également ses efforts à ceux de l’Amicale laïque pour cntribuer au développement de l’école laïque et des oeuvres post-scolaires. Elle prit notamment part dans l’extension de l’Avenir Leersois, pour lequel elle inculque à ses élèves l’amour du sport et leur fait connaître les joies du stade.

Le maire y va de son compliment en disant que quand on connaît le rôle de l’institutrice on peut parler davantage de vocation que de profession.

Melle Leroy remercie Mme Desplanque de l’avoir choisie comme marraine dans l’ordre des Palmes Académique et lui remet les insignes. Les élèves de l’école Lannoy Blin interprètent alors un chœur avant que des fleurs soient remises à Mme Desplanque.

À Leers, l’établissement public correspondant (souvent nommé Blin / Péri) fait partie du Groupe scolaire du Centre, qui regroupe une école maternelle et une école élémentaire, au 25 de la rue Jean Jaurès à Leers.

Des souvenirs concernant Mme Desplanque ? À vos commentaires…

Groupe scolaire de Longchamp

En 1964, le C.I.L. programme la construction de 1.146 logements dans le quartier Longchamp. En octobre 1965, le conseil municipal de la ville de Lys-lez-Lannoy désigne un architecte chargé d’étudier l’avant-projet de la construction d’un groupe scolaire dans le quartier Longchamp. Il est question de subventionner, en 1967, les travaux de construction d’un groupe scolaire de 16 classes sur un terrain situé rue Cavrois (rue parallèle à l’avenue Schweitzer de Hem, les 2 rues étant reliées par une perpendiculaire : la rue Denis Cordonnier à Lys-lez-Lannoy). L’ouverture est programmée pour la rentrée scolaire de 1968.

Le quartier Longchamp avant construction entre 1950 et 1965 avec pour points de repère la fin de la rue Briet sur la future avenue Calmette et les 3 fermes de la rue des Ecoles (Document IGN)

Pour faire face à l’accroissement brutal de la population dans ce quartier autrefois occupé par des surfaces agricoles, la municipalité hémoise adopte quant à elle, dès le 30 juin 1965, le programme de construction d’un groupe scolaire comprenant une école primaire de garçons et une de filles de 10 classes chacune, une école maternelle de 6 classes avec logements, annexes et cantines. A cet effet, le 6 juillet 1965, le Conseil Municipal décide l’acquisition de deux parcelles de terrain d’une superficie totale de 1 hectare 41 ares 17 centiares.

La première tranche du groupe scolaire Longchamp peut finalement être financée par l’État en 1967 et comprendra une école primaire mixte avec 10 classes mixtes, une salle polyvalente de 72 m2, un bureau de direction, une cour de récréation de 1.100 m2, un local de détente de 220 m2, un groupe sanitaire pour garçons et un pour filles, un dépôt de 6 m2, un logement de direction et un logement d’adjoint .

L’ école maternelle comprendra quatre salles de classe, une cour de 600 m2, une salle de jeux de 120 m2, une salle de repas de 36 m2, une salle de propreté de 36 m2, un hall d’entrée formant salle d’attente, un logement de direction . Aux deux écoles s’ajouteront une cantine de 280 rationnaires et un logement de concierge. Le projet estimé à 2.317.446 Frs est confié à Monsieur André GAILLARD, architecte à CAMBRAI .

Plan de la zone en 1969 et photo de l’école maternelle déjà terminée (Documents Nord-Eclair)

Le 28 Novembre 1967, la deuxième tranche du groupe scolaire du quartier Longchamp est adopté suivant le programme pédagogique établi le 16 février 1967 par Monsieur l’Inspecteur d’Académie et comprenant 10 classes primaires, deux classes de perfectionnement, 4 classes maternelles, une cantine pour 300 rationnaires, 3 logements, les bureaux, les groupes sanitaires, cours et annexes.

En juin et juillet 1968, la communauté urbaine entreprend une première partie de travaux, en bordure de la rue Claude Bernard. Cette tranche comprend une école maternelle de plain pied de 4 classes qui doit être livrée dès le printemps 1969 et dont le mobilier sera fourni dans la foulée en vue d’une ouverture à la rentrée 69-70.

Une école primaire mixte abritera 10 classes réparties au rez-de-chaussée et sur un étage. La construction des 2 logements de fonction des directeur et directrice est en cours en début d’année 1969. Face à l’école maternelle des bâtiments de plain-pied également sont destinés à abriter des cuisines et un restaurant scolaire. L’adresse du groupe scolaire est la rue du Docteur Charcot.

Le groupe scolaire derrière la grande barre au début des années 1970 et photo de la cantine en 1971 (Documents Nord-Eclair et Historihem)

Une seconde tranche de travaux s’engage ensuite, sur le même terrain, en 1970, pour la construction d’une seconde école maternelle de 4 classes, ouverte en fin d’année, puis d’une école primaire mixte de 10 classes plus 2 classes de perfectionnement, dont l’ouverture est prévue pour le printemps 1971, ainsi que 2 logements de fonction pour un directeur et une directrice. Il y a également un plateau d’évolution mais pas de salle des sports, une telle salle existant déjà dans l’école Marie Curie des Hauts-Champs (sur le sujet voir un précédent article édité sur notre site). Au total 1000 élèves peuvent être accueillis dans le groupe scolaire.

La deuxième école du groupe scolaire en 1971 (Longchamp 2) et photo d’élèves de maternelle devant l’école (Documents Nord-Eclair et collection privée)

Toutefois, si le premier groupe avait été construit par la Communauté urbaine, le quartier Longchamp n’étant plus considéré comme une zone d’aménagement concerté, et c’est à la ville d’assurer la construction du groupe n° 2. Le 28 avril 1970, Monsieur le Maire est autorisé à passer les marchés pour un montant de 2.143.181 Frs auxquels devront s’ajouter 86.720 Frs d’honoraires à Monsieur GAILLARD, architecte à Cambrai et 85.000 Frs de mobilier.

Photo panoramique du groupe scolaire en 1976 derrière la grande barre et en 1989 après démolition de celle-ci (Documents IGN)

Le 10 juillet 1970, sur proposition de la Commission des écoles, le Conseil décide de dénommer l’école primaire mixte du 1er groupe Longchamp : école Lamartine et l’école maternelle école Mme de Sévigné. La population scolaire continuant d’augmenter, le 26 octobre 1970, une classe supplémentaire est ouverte à l’école mixte Lamartine. En 1972, une classe est à nouveau ouverte à l’école Lamartine et une à Mme de Sévigné. Le 28 février 1974, l’école primaire mixte Longchamp II prend la dénomination : école Saint Exupéry et l’école maternelle celle de Georges Sand.

vues du groupe scolaire au début des années 1970 avec la grande barre en arrière plan (Document Mémento Public de Hem et Hem d’hier et d’aujourd’hui)

Les Associations de Parents d’Elèves ayant pris conscience dès 1974 des difficultés rencontrées par un certain nombre d’enfants, ont entrepris des actions répétées et ont cru leurs efforts récompensés lors de la création, en 1976, d’une amorce de Groupe d’Aide Psychopédagogique (G.A.P.P.) comprenant un psychologue et une rééducatrice en psychomotricité travaillant à mi-temps. Le groupe est installé à l’école Saint Exupéry et s’occupe des élèves des Groupe Longchamp et de Marie Curie.

Plan du quartier Longchamp en 1968 reprenant en n°6 une école publique située à la limite des 2 villes (Document Nord-Eclair)

Pressenti depuis plus de 5 ans, ce n’est finalement qu’en 1974 que le groupe scolaire « Longchamp 3 » sort de terre sur la commune de Lys-lez-Lannoy, rue Denis Cordonnier, avec tout d’abord les logements de fonction puis les bâtiments scolaires comprenant quatorze classes de la maternelle à la septième avec un réfectoire pour 180 rationnaires. L’école Denis Cordonnier est inaugurée en octobre 1975. Ce groupe scolaire ne vivra que 30 ans, ayant été démoli en novembre 2004.

Construction et inauguration de l’école Denis Cordonnier en 1974 et 1975 (Documents Nord-Eclair)
Ville de Hem – Ecole Denis Cordonnier – Démolie en novembre 2004

Dès la décennie 1980 des problèmes se posent au groupe scolaire et l’APE (Association de Parents d’Elèves) cherche des solutions. Pour la température dans les classes oscillant en hiver de 13 à 16 degrés, elle préconise l’installation d’un système d’isolation peu couteux, à mettre en place pendant les vacances scolaires. Rue Charcot à l’entrée et la sortie des écoles un trou énorme dans la chaussée oblige les automobilistes à faire un écart dangereux pour les enfants tandis que l’éclairage déficient du quartier fait courir des risques aux élèves mal vus par les automobilistes. Au pied d’un pylône électrique des fils vecteurs de 380 volts sont accessibles et simplement recouverts de plastique par EDF. Enfin le trottoir boueux menant à la piscine oblige les enfants qui s’y rendent à descendre sur la chaussée pour le contourner. Les travaux recensés par les services techniques de la mairie sont toujours en attente à fin novembre 1980.

L’APE du groupe Longchamp en 1980 (Document Nord-Eclair)

Remerciements à l’association Historihem

A suivre…

La démolition de l’église Saint Antoine

L’église Saint Antoine de Padoue, située au 8 rue d’Epinal à Roubaix, a été construite sur l’ancienne ferme Ducatteau-Six, sur un terrain de 4.000 m2. Les travaux de construction datent de 1887 mais l’église n’a été ouverte au culte, qu’en 1900.

Plan Cadastral
Documents collection privée

Peu de temps après, se construit la maison paroissiale, au 12 de la rue de Remiremont, rue perpendiculaire à la rue d’Epinal. Le bâtiment comprend une entrée, une salle des fêtes, et au fond une bourloire.

En 1909, se construit l’école Saint Antoine de garçons au 8 bis de la rue d’Epinal, puis l’école libre Sainte Odile pour filles au 8 bis : les deux cours de récréation sont séparées par un muret en béton. Deux patronages sont également créés rue Charles Gounod. Les orgues de l’église sont installées en 1926.

A droite, la maison paroissiale rue de Remiremont ( document P. Vanhove )

L’église Saint Antoine se situe dans un quartier populaire. Pendant une cinquantaine d’années, le nombre de paroissiens augmente régulièrement. En 1950, on fête le 50°anniversaire de l’église en grande pompe, avec grand cortège d’enfants du quartier et la messe est présidée par le cardinal Lienart en personne.

Document collection privée

Au début des années 1960, d’importants travaux de réfection sont réalisés et, en particulier, la maçonnerie des deux tours ainsi que le remplacement des deux toits en chapeau chinois de l’époque par deux toits de cuivre plus pointus. On envisage même d’installer des cloches dans le double clocher.

Documents Nord Eclair

L’histoire récente de l’église est bien moins gaie. Tout le quartier situé derrière la gare connaît dans les années 1980 un dépeuplement et un appauvrissement. Par ailleurs, la communauté musulmane y est de plus en plus importante et parallèlement le nombre de catholiques ne cesse de fondre. Quant à l’église elle même et à son environnement immédiat, ils ont connu de multiples malheurs. Le presbytère ainsi que l’école Sainte Odile ont été incendiés et le tout a subi les assauts répétés de vandales.

Documents Nord Eclair

L’église, encore ouverte en été pour les offices, est fermée en période hivernale d’où des dégradations en tous genres, vitraux brisés etc. Et puis il faut bien le reconnaître, cette petite église est devenue encore trop grande, pour les paroissiens qu’elle devrait accueillir, et le quartier n’est pas dénué de lieux de culte avec l’église Saint Joseph toute proche.

Trop grande, trop abîmée, trop vandalisée, trop chère à entretenir ; alors l’évêché, à la fin des années 1980, choisit la seule mesure qui s’impose à ses yeux : démolir !

documents P. Vanhove
document P. Vanhove
le démontage de la statue de Saint Antoine ( document P. Van Hove )

Les travaux de démolition de l’église Saint Antoine sont confiés à l’entreprise Simon et débutent en 1990. Les bulldozers interviennent et, en très peu de temps, l’église, éventrée comme par un tremblement de terre, ne possède plus que la façade.

La façade ( documents P. Vanhove )

Le bâtiment âgé de 90 ans disparaît en quelques jours. Il ne reste qu’un gros tas de pierres. L’association Art Action surveille les travaux pour que toutes les pièces de valeur soient gardées et mises en lieu sûr.

Toute une vie qui disparaît, l’église bien sûr, mais également la maison paroissiale, l’école Sainte Odile, les patronages. C’est un crève-cœur pour tous les habitants du quartier.

documents P. Vanhove
documents P. Vanhove

Cette démolition intervient après celle de l’église du Sacré Coeur, de la fermeture de l’église Notre Dame et la démolition prochaine de l’église St Rédempteur remplacée par une chapelle.

Les paroissiens de Saint Antoine souhaitent absolument garder un lieu de prière et trouvent au 46 boulevard d’Armentières une maison « Leur Maison ». Le seul signe distinctif de cette habitation se trouve sur la façade, c’est une simple croix en bois. En cette fin d’année 1990, la paroisse a son lieu de prières. C’est une nouvelle époque, une autre conception de la vie paroissiale qui débute ainsi.

le 46 Boulevard d’Armentières ( document Nord Eclair et Photo BT )

A la place de l’église Saint Antoine, Logicil construit un lotissement, en 2004, de 17 maisons individuelles et 3 appartements en HQE Haute Qualité Environnementale. La livraison de ces logements est programmée pour la fin de l’année 2005.

document Nord Eclair

Remerciements à Patrick Vanhove ainsi qu’aux archives municipales