Ballet du Nord ( 2 )

Après le décès d’Alfonso Catà, Jean Paul Comelin prend alors la direction du Ballet du Nord. En 1991, il présente le « Requiem » ( la messe des morts ) sur la musique de Wolfgang Amadeus Mozart. Ce ballet se veut un hymne pour tous les artistes de la terre. Créée quatre ans auparavant aux Etats Unis, confirmée deux ans après à Roubaix à l’invitation d’Alfonso Catà, cette chorégraphie revient au Colisée en ce mois de Février 1991 avant d’être présentée sur les scènes du monde, de Leningrad, au Canada en passant par de nombreux pays européens. Ce requiem ne marque pas une fin, mais le début d’une nouvelle et riche aventure.

Jean Paul Comelin ( document collection privée )

Requiem de mozart ( document bnr et Nord Eclair )
Jean-Paul Comelin au centre de la photo, entouré de son équipe de danseurs, techniciens et administratifs ( document B. Vanalderwelt )

En 1992, Jean-Paul Comelin, avec le peintre Mahdjoub Ben Bella et la costumière Yvonne Sassinot de Nesle, créent « Signatures », une pièce audacieuse, une œuvre tout simplement géniale. En effet, le talentueux Ben Bella réalise chaque soir en 47 minutes une toile de plus de dix mètres de long, en direct, le temps d’une chorégraphie sur scène, alors que les arabesques des danseurs semblent s’extraire de la toile.

Comelin et Ben Bella : « Signatures » ( document Nord Eclair )

Jean-Paul Comelin s’attaque ensuite à un monument de la danse, le ballet le plus représenté dans le monde : « Casse-Noisette ». Il quitte la direction artistique en 1993. La situation financière de la compagnie connaît des difficultés. Un collectif de plusieurs danseurs est alors mis en place pour assurer l’intérim en 1993-1994.

L’augmentation constante des effectifs de l’Ecole du Ballet du Nord et le développement de son projet pédagogique et artistique engendrent la création et l’installation de son activité en 1999, dans les anciennes usines textiles Roussel, situées au 139 rue des Arts, à proximité du Colisée. D’importants travaux de rénovation sont entrepris et financés par la ville de Roubaix.

Roussel ( document archives municipales )

Pascal Minam-Borier, danseur soliste, puis danseur principal du Ballet du Nord est nommé officiellement directeur de l’école. Ancien enseignant, Pascal cumule depuis 1985, les deux fonctions, danseur et responsable de la formation des élèves. Désormais, l’École bénéficie de 1600 m² d’équipements comprenant quatre vastes et lumineux studios, des vestiaires équipés, une salle d’échauffement, un espace de réunion et de ressources ainsi qu’une tisanerie. Les locaux permettent en plus, l’accueil d’actions pédagogiques à destination des classes de Roubaix, des activités danse des ALSH (centres de loisirs), l’accueil de compagnies en résidence et plus tard l’installation du département Pédagogie de la danse de l’Ecole Supérieure Musique et Danse Hauts-de-France – Lille.

Pascal Minam-Borier au centre de la photo ( document Nord Eclair )
Pascal Minam-Borier, de nos jours ( document Ballet du Nord )

Claude Bartolone, ministre de la ville profite de son passage à Roubaix en 2001, pour visiter les locaux de l’école du Ballet du Nord, en compagnie de René Vandierendonck.

Claude Bartolone ( documents Nord Eclair )

Suite au départ de Jean-Paul Comelin, en 1994 la direction du Ballet du Nord est assurée en intérim pendant un an, par Françoise Adret, co-fondatrice du Ballet Théâtre Contemporain d’Amiens, ancienne directrice artistique du « Lyon Opéra Ballet ». En 1995, Maryse Delente prend le relais de la direction du Ballet du Nord. Arrivant de Vaulx-en-Velin où elle dirigeait sa propre compagnie, Maryse Delente construit à Roubaix, des pièces dramaturgiques et néo-classiques avec un talent artistique incontestable. Roméo et Juliette (1996) sur la musique d’Hector Berlioz, Nous n’irons plus au bois (1998) ou Barbe Bleue (2000) sont créées pour la troupe du Ballet du Nord. Elle signe également une pièce emblématique, Gisèle ou le mensonge romantique, relecture contemporaine de la célèbre œuvre classique du XIXe siècle. Elle soutient l’Ecole, offrant une de ses chorégraphies, Ninna Nanna interprétée de très nombreuses fois par les élèves les plus avancés. Elle accueille également dans la compagnie, des stagiaires issus de l’école qui rejoindront le corps de ballet et démarreront leur carrière professionnelle. Malheureusement sa gestion en ressources humaines est décriée par son équipe et elle quitte le Ballet en 2002.

Françoise Adret ( document Google )
Maryse Delente ( document Google )
Affiche Maryse Delente ( document bnr )

Jean Guizerix, un ancien danseur de l’Opéra de Paris, prend la direction du Ballet en 2002. Il présente le spectacle « Comme un souffle » et assure le redémarrage de l’activité des danseurs après une période tumultueuse et pour fêter dignement la double décennie du Ballet.

Jean Guizerix ( Documents Spike et B. Vanalderwelt )

Le Ballet du Nord fête en effet son 20° anniversaire en 2003. Quel chemin parcouru ! Le Ballet aura connu de nombreux épisodes et des coups de théâtre. Il suffit d’évoquer les directions très contrastées pour comprendre que ces 20 années n’ont pas été un long fleuve tranquille. Mais le Ballet s’est forgé une image de choix dans le monde de la danse.

Les 20 ans ( document Nord Eclair )

Pour fêter dignement son 20° anniversaire, du 9 au 30 Mars 2003, le Ballet du Nord propose d’exposer au musée de la Piscine, les plus beaux costumes de scène utilisés par les danseurs : des robes de soie, des costumes en velours, des tutus, des perruques, des tenues baroques etc. Le résultat est impressionnant, c’est en quelque sorte une deuxième vie, une deuxième mise en scène que cette exposition offre à ses costumes.

20 ans de costumes au musée de la Piscine en 2003 ( document B. Vanalderwelt et Nord Eclair

En décembre 2004, Carolyn Carlson est nommée à la direction du Ballet du Nord. D’origine franco-finlandaise et né, aux U.S.A, Carolyn Carlson, danseuse, chorégraphe ainsi que poète et calligraphe, est une grande figure de la Nouvelle Danse Française. Elle a joué un rôle central dans la promotion de la danse contemporaine en France avec le « GRTOP » Groupe de Recherches Chorégraphiques de l’Opéra de Paris, mais également en Italie où elle chorégraphie à La Fenice de Venise durant 11 ans puis en Finlande d’où sont originaires ses parents. Sa notoriété et ses œuvres génèrent un rayonnement de Roubaix sur le territoire et à l’international. Très impliquée sur le territoire, elle redonne couleur et légèreté, apporte de la poésie au CCN devenu incontournable.

Carolyn Carlson ( document Google )

La première apparition de la compagnie sous la direction de Carolyn Carlson se fait en juin 2005 au musée de la Piscine de Roubaix dans un mémorable happening, investissant ce lieu emblématique, jusqu’à danser dans la travée d’eau. L’adhésion du public est pleine et entière et ne se démentira pas durant chacune des neuf années de son mandat artistique. Elle signe la chorégraphie de plusieurs œuvres, citons entre autres : Inanna (2005), spectacle fondateur pour son installation au Colisée de Roubaix, cette pièce est une ode à la puissance créatrice instinctive et guerrière ainsi qu’à la sensibilité et aux mystères féminins, Hidden (2007), pièce d’inspiration chamanique, Eau (2008) chorégraphie écologique et contemporaine sur des images d’Alain Fleisher, directeur du Fresnoy à Tourcoing pour la partie scénographie, Mundus Imaginalis (2010) cycle chorégraphique pour musées et galeries d’art qui propose une immersion dans les visions picturales et plastiques qui animent la chorégraphe avec pour sources d’inspiration Schiele, Magritte, Kieffer, Van Gogh, Pollock, Warhol Zao Wou-Ki, Picasso…

document Pascal Minam-Borier

La compagnie constitue également pour la chorégraphe une pépinière de jeunes créateurs qu’elle soutient et encourage. Elle investit des lieux improbables pour ses présentations (musées, piscines, friches industrielles, … ). En parallèle, le projet du Colisée s’élargit, à partir de 2004, avec l’arrivée de Bertrand Millet qui y développe un théâtre pluridisciplinaire. Leur, collaboration sera fructueuse.

Carolyn Carlson

En 2006, l’œuvre de Carolyn Carlson est couronnée par le premier Lion d’Or jamais attribué à un chorégraphe par la Biennale de Venise. Elle est aussi commandeur des Arts et Lettres et dans l’ordre de la Légion d’honneur. En 2009, Carolyn Carlson accueille une compagnie dont l’équipe du CCN porte la charge administrative : la compagnie Zahrbat du danseur hip hop Brahim Bouchelaghem. Carolyn Carlson compose plusieurs poèmes pour sa création What did you say véritable source d’inspiration pour Brahim Bouchelaghem.

Document bnr

C’est également en 2009, que Carolyn crée « Le Roi Penché » une pièce pour jeune public, imaginée à partir d’un conte écrit par Marie Desplechin, célèbre autrice roubaisienne.

L’Ecole du Ballet du Nord de la rue des Arts est reconnue par le Ministère de la Culture et de la Communication en 2009. Elle devient le département des études chorégraphiques du Conservatoire à Rayonnement Départemental de Roubaix. Ce statut lui permet de former les élèves à partir de la classe éveil jusqu’au cycle 3, soit de l’âge de 5 à 20 ans. Ce parcours de formation initiale permet à chaque élève de choisir son niveau de pratique dans la discipline qui lui correspond (classique ou contemporaine), de l’activité de loisirs à la formation pré-profesionnelle. L’école se produit d’ailleurs chaque année sur la scène du Colisée dans des conditions professionnelles de représentation, faisant appel à des chorégraphes confirmés pour les élèves les plus avancés et présentant des spectacles à destination du jeune public. Elle crée une version du « Sacre du Printemps » avec l’ensemble des 150 élèves, dont la composition retient l’attention de Carolyn Carlson qui souhaitera la proposer au public de la compagnie, en ouverture de soirée lors des 30 ans du CCN.

Carolyn Carlson s’investit d’ailleurs beaucoup dans le programme pédagogique de l’Ecole encadrant des master-class et des ateliers. Elle signe deux pièces pour les élèves de l’Ecole. Plusieurs danseurs désormais dans la troupe, ont suivi l‘ensemble de leur formation à l’école. Carolyn Carlson et Bartabas, écuyer, scénographe, fondateur du Théâtre équestre Zingaro. et directeur de l’Académie du spectacle équestre de Versailles , créent un spectacle un peu fou en 2011 : « We were horses » durant lequel 16 danseurs, 12 écuyers et leurs magnifiques chevaux évoluent sur la piste de façon harmonieuse, avec grâce et élégance. Créée à Bruay la Buissière, la pièce est diffusée à Lyon-Fourvière, Monaco et Paris-La Villette. Elle sera présentée devant plus de 20.000 spectateurs.

Bartabas ( document Nord Eclair )

En 2014, Carolyn quitte Roubaix pour créer sa propre compagnie : la « Carolyn Carlson Company ». Au cours de ses dix années passées à la direction du Ballet du Nord, son influence et ses succès ont été considérables à Roubaix, sur le territoire français et dans de nombreux pays européens. Elle a joué un rôle clef dans l’éclosion des danses contemporaines.

document Nord Eclair

à suivre . . .

Remerciements à Bernard Vanalderwelt, Robert Pereira, Pascal Minam-Borier et Henri Mayet ainsi qu’aux archives municipales.

Hem et le jumelage : Aljustrel

Dès 1973, Aljustrelense, club de foot est fondé à Hem. Rapidement des coupes ornent les murs, rappel des nombreuses participations de la communauté portugaise hémoise à différents tournois de foot, en France comme à l’étranger. En 1993, Mme Massart est invitée à fêter les 20 ans du club et, entourée de quelques élus, elle découvre le nouvel équipement des joueurs ainsi que le nouveau drapeau du club.

Anniversaire du club hémois Aljustrelense (Document Nord-Eclair)

Cinq ans plus tard Nord-Eclair titre : Hem et Aljustrel, bientôt jumelées. En effet, dans le cadre de la manifestation « Pays en choeur, pays de coeur », la ville met à l’honneur, après le Maroc et le Cap Vert, la communauté hémoise originaire du Portugal. C’est l’occasion de souligner le dynamisme des associations portugaises de la ville : les Roses du Portugal et le club de foot Aljustrelense notamment.

Photos d’Aljustrel au Portugal (Documents Hem 1000 ans d’histoire et Nord-Eclair et Bienvenue Aljustrel en octobre 1998)

C’est une étape vers le jumelage qui doit prochainement unir Hem à Aljustrel, cité minière du sud du Portugal. Après un tournoi de foot entre l’Olympic hémois et Aljustrelense, une soirée cabaret réunit les officiels hémois, le consul du Portugal à Lille et le maire d’Aljustrel. Le lendemain on assiste aux prestations de 6 groupes folkloriques vêtus de costumes traditionnels et permettant de retrouver l’ambiance chaleureuse du Portugal.

Hem et Aljustrel bientôt jumelées en novembre1998 (Document Nord-Eclair)

C’est en 2000 qu’est finalement officialisé le jumelage entre les deux villes. Cela commence par le voyage d’une délégation hémoise à Aljustrel en vue de découvrir les lieux. La ville ne se trouve qu’à 180 kms de Lisbonne, dans la région de l’Alentejo, longtemps appelé « le grenier du Portugal ». C’est l’occasion d’une visite dans la mine fermée en 1993.

La délégation hémoise à Aljustrel début 2000 (Documents Nord-Eclair)

Fin avril, Hem organise les cérémonies auxquelles assistent des délégations de Mossley et Wiehl. La cérémonie officielle a lieu à la salle des fêtes suivie d’une soirée dansante à la salle Leplat. Le lendemain, les maires des villes jumelées font le tour de la ville en tandem avant un spectacle de patinage artistique en rollers, une messe à l’église Saint Corneille avec la participation d’une chorale portugaise puis un concert apéritif à la salle Leplat.

Cérémonies du jumelage à Hem le dernier week-end d’avril 2000 (Documents Nord-Eclair)

L’année 2003 est l’occasion de retrouvailles chaleureuses à Aljustrel avec un programme chargé : soirée musicale et leçon de Fado, le lendemain visite des villages voisins suivie de la grande soirée du week-end, des interventions d’orchestres entre les discours dans le grand hall d’exposition : un séjour inoubliable immortalisé par une belle photo de famille.

Chaleureuses retrouvailles à Aljustrel en 2003 (Documents Nord-Eclair)

C’est en juin 2011 que sont fêtés les dix ans du jumelage. Les hémois se rendent au Portugal quelques mois après la venue des portugais à Hem. Pour l’occasion, sur la foire commerciale d’Aljustrel qui compte 200 exposants, les hémois de la délégation présentent leurs produits et visitent également un magasin social où ils trouvent des idées pour leur épicerie solidaire hémoise.

10 ans de jumelage avec Aljustrel (Documents Nord-Eclair)

Nelson Brito, le maire, veut rester positif malgré la crise économique qui touche son pays et n’épargne pas sa ville. Il a en projet la construction de 3 hôtels dont un 5 étoiles, pour faire venir les touristes, à qui il entend faire visiter le patrimoine minier de sa région, l’un des plus anciens d’Europe, et leur faire découvrir l’observation des oiseaux.

Le maire et les mineurs (Documents Nord-Eclair)

Pour fêter les 15 ans du jumelage, en 2015, la Ville et l’association Hem ville d’Europe, organisent un week-end de retrouvailles chaleureuses. Un groupe visite une entreprise hémoise tandis que les plus jeunes se rendent au studio Hemix en vue d’enregistrer un chant traditionnel. Le lendemain la délégation portugaise rejoint l’Hôtel de Ville pour y signer la charte de jumelage. Enfin, un arbre commémoratif est planté au Jardin des Perspectives, face à la Maison du Portugal dans l’esprit de faire grandir toujours plus le jumelage.

Les 15 ans du jumelage (Document Voix du Nord)

De même une délégation hémoise se rend au Portugal où elle alterne visites du Centre d’Art, de l’ancienne mine en passe de devenir un musée, de l’entreprise leersoise Pronal qui vient d’y ouvrir une succursale, ainsi que des propriétés viticoles, nombreuses dans la région. Sans oublier la foire culturelle et gastronomique et bien sûr le repas de gala et la traditionnelle ratification de la charte du jumelage.

L’anniversaire du jumelage au Portugal (Documents Ville de Hem)

10 ans plus tard, pour la célébration des 25 ans du jumelage, en 2025, la sculpture d’un coq en métal, d’une cinquantaine de centimètres de haut, est inaugurée, sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Hem, en présence de la délégation portugaise. Elle est réalisée par l’artiste hémois Bernard Vignoble en collaboration avec le fondeur Pascal Radar et symbolise le lien entre les deux villes jumelles.

Les 25 ans du jumelage en 2025 (Document Voix du Nord)

Il est à noter que l’une des nouvelles rues de Hem situées autour du Jardin des Perspectives, nouveau centre de la ville, est à présent nommée Avenue d’Aljustrel et relie la rue Jules Guesde à la Zone d’activité des 4 Vents, en traversant la rue du 06 juin 1944 et la rue de la Vallée.

La nouvelle avenue d’Aljustrel à Hem (Document Google Maps)

Remerciements à l’association Historihem, à la Ville de Hem, à Jacquy Delaporte pour les livres Hem d’Hier et d’Aujourd’hui et Hem 1000 ans d’Histoire

Henri Bailleul directeur d’école

Henri Bailleul est né à Leers le 13 septembre 1899 d’un père et d’une mère tisserands. Ses parents habitaient hameau de Gibraltar. Il a été formé à l’École Normale. Il est affecté à l’école de Leers comme intérimaire de guerre du 18 septembre 1917 au 31 décembre 1918, Un instituteur intérimaire de guerre est un enseignant recruté en urgence par l’État pour remplacer les maîtres titulaires mobilisés au front. Ces remplaçants étaient souvent des jeunes de l’école normale, d’anciens instituteurs rappelés, ou des femmes.

Il quittera ce poste pour effectuer son service militaire. À sa rentrée du régiment, il est nommé instituteur adjoint à Steene, commune qui se trouve à proximité de Bergues et de Dunkerque le 4 avril 1921. Puis il assure le poste d’adjoint en octobre 1921 à Loon Plage, commune du Westhoek français au bord de la mer du Nord, entre Calais et Dunkerque. Il est ensuite en poste à à Hem aux Trois Baudets en avril 1923. Cette rue de Hem, longue de 1041 mètres, relie la rue Jean Jaurès à la rue Jules Guesde et figure sur les plans de la ville sous ce nom depuis les années 1920.

Le 19 avril 1924, il se marie à Leers avec Madeleine Prévot, hémoise d’origine, fille d’un cabaretier leersois de la rue de Roubaix. Le voici en poste à Wattrelos Crétinier en octobre 1925. A cette époque, le quartier du Crétinier à Wattrelos voit fleurir les lotissements, notamment sous la direction de M. Fastenackels. Avant la Première Guerre mondiale, ce secteur était encore en grande partie à l’état de sentier ou de zone peu construite.

Henri Bailleul, enseignant médaillé doc NM

En octobre 1927, Henri Bailleul est nommé directeur à Berthen, une commune en pleine période de reconstruction. Le village, situé au pied du Mont des Cats, reconstruit ses infrastructures agricoles et son habitat. En octobre 1934, il est en poste à Estaires, dont l’élan industriel a été brisé par la Première Guerre mondiale. En octobre 1937, il revient sur Lys-lez-Lannoy dans le canton de Lannoy, commune limitrophe d’ Hem, Lannoy, Leers, Roubaix et Toufflers. Enfin Henri Bailleul revient à Leers en octobre 1946. La commune entame sa reconstruction d’après-guerre.

Il se révèle un excellent pédagogue, et sa courtoisie lui vaut l’estime de la population de ses adjoints et le respect de ses élèves. Il est distingué en 1955 Officier de l’Instruction publique, après avoir été médaillé de bronze de l’enseignement (1945) Officier d’Académie (1946) médaille d’argent des instituteurs (1950). Henri Bailleul sera le directeur de l’école des garçons de Leers de 1946 à 1958.

Les dimanches à la mer.

Photo LaMarseillaise.fr

Dès l’avènement du chemin de fer, les compagnies mettent en marche des « trains de plaisir » desservant les plages littorales le dimanche. A l’été 1953, la SNCF propose encore des billets spéciaux dits « un jour à la mer ». On peut également prendre le car, mais, c’est surtout le développement du parc automobile à partir des années 50 qui fait affluer des citadins vers le sable des plages françaises et belges à travers la campagne flamande.


Journal de Roubaix Août 1856

Quand on choisit l’autocar, on est nombreux à profiter de l’aubaine. On peut partager le plaisir, on chante tous en chœur « la mer, qu’on voit danser… », et on se retrouve, le soir à l’heure dite, pour le voyage de retour.

Photo Autocars baie des Anges

Pour les autres, vous en souvenez vous ? La malle de la voiture nouvellement acquise est remplie de paniers à pique-nique, de seaux et de pelles pour édifier les châteaux de sable, de chambres à air patiemment cherchées, pour faire office de bouées. Le Graal est la chambre de camion, ou mieux, mais inaccessible pour le citadin celle d’un tracteur, pour étendre le jeu à plusieurs participants. La galerie sur le toit est chargée de transats de bois et de toile qui pincent les doigts lors des manœuvres, mais où on est si bien allongé face à la mer.

Photo Alamy

Les plus aisés louent une cabine pour se changer, les plus prévoyants ont amené une tente de plage, abri imparable contre le vent. Les autres se débrouillent autrement et se cachent pudiquement à l’aide de serviettes de bain. Certains utilisent une vaste serviette cousue qu’on enfile par la tête, serrée autour du cou par un élastique.

On n’a pas oublié le parasol de couleurs vives, aux baleines duquel on accroche ses vêtements pour qu’ils ne traînent pas dans le sable.

Photo Alamy

Le midi, on peut pique-niquer d’un simple sandwich ou d’un repas froid préparé à l’avance par la maîtresse de maison, tout ça défendu chèrement contre l’invasion du sable. On peut aussi aller au restaurant qu’on choisit soigneusement parmi ceux placés le long de la digue. A La Panne, le prix d’un poulet-frites était de cinq francs français !

La digue de La Panne Photo Facebook

L’après-midi se passe en jeux de toutes sortes sur la plage et dans l’eau, sans oublier les dunes sources infinies d’aventures.

Photo Marc Held

On sort les ballons, les raquettes, cet anneau en caoutchouc-mousse qu’on se renvoie l’un à l’autre des heures durant… Les jours fastes, on était parfois passé au préalable chez le marchand de jouets de plage tout proche !

Document collection particulière

Bien sûr, on va trouver des embouteillages, le soir, sur la route du retour, mais comment éviter l’inévitable ? On traverse à la queue leu-leu villes et villages le long de rues où les habitants ont sorti des chaises pour mieux regarder passer ces vacanciers d’un jour au retour de leur périple.

Aujourd’hui encore, certains nostalgiques essaient de revivre ces voyages avec des accessoires d’époque

photo site abva.forumactif.fr

L’histoire de la musique à Hem 7

Partie 6 Les chorales

Les anciennes chorales du 19ème siècle

Dès la fin du 19ème siècle la ville compte plusieurs chorales : la Chorale d’Hem, les Enfants du Nord, la Jeune Lyre, la Jeunesse d’Hem, la Sainte Cécile et les Intimes.

Enregistrement en préfecture et demandes de subsides des anciennes chorales et logo de la dernière d’entre elles (Documents Historihem)

Les chorales du 20ème siècle

Chorales paroissiales

La chorale Saint-Corneille

Née au tout début du vingtième siècle la chorale de l’église Saint-Corneille est indissociable de l’orgue installé dans cette église, bâtie au centre du village, et électrifié en 1933 (sur le sujet de l’église voir un précédent article édité précédemment sur notre site). A l’époque c’est Claire Boussemart qui est l’organiste de l’église.

La chorale Saint-Corneille en 1902 et facture relative à l’électrification de l’orgue en 1933 (Documents Historihem)

Dans les années 1950, c’est Madeleine Tricoit qui, en qualité d’organiste, accompagne la chorale pour la première audition de Sainte Cécile. En 1954, 3 membres de la chorale reçoivent la croix du mérite diocésain. Et c’est en 1959 que la chorale fête son cinquantenaire

1ère auditions de Sainte-Cécile en 1953  croix du mérite diocésain en 1954 et fête du cinquantenaire en 1959 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

Durant les années 1960, la Sainte-Cécile est fêtée annuellement par la chorale, accompagnée à l’orgue par Madeleine Rusquart-Lallemand, également présente pour accompagner la chorale des jeunes, lors d’une messe célébrée en l’honneur de son père, résistant, mort en déportation. Durant cette même année 63, la chorale chante en l’honneur de Sainte-Thérése à la Chapelle d’Hempempont. L’année suivante c’est la Sainte-Cécile pour la chorale et celle des jeunes.

Sainte Cécile en 1961, messe en l’honneur du capitaine Lallemand en 1963, Sainte-Cécile en 1964 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

Dans les années 70, Thérése Cousin, ancienne élève du conservatoire de Roubaix, accompagnatrice à l’harmonium de la manécanterie des petits chanteurs de l’église Saint Michel à Roubaix depuis la fin de la seconde guerre mondiale, devenue ensuite organiste dans cette même église, accepte de tenir l’orgue de Saint-Corneille pour dépanner, après son installation à Hem.

Après un passage à vide de quelques années pour la chorale qui disparait, elle répond présente lorsqu’en 1988, un groupe de paroissiens décide de recréer une nouvelle chorale dont Jean-François Leclercq, de retour de l’armée prend la direction tandis qu’elle-même reprend sa place à l’orgue.

La nouvelle chorale Saint-Corneille en 1989 et dans les années 1990 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

Peu de changement pour l’entrée dans le 21ème siècle, avec la traditionnelle fête de Sainte-Cécile en 2002. C’est toutefois en 2007 que Thérése Cousin, après un dépannage de 35 ans, tient pour la dernière fois l’orgue à l’église Saint-Corneille, avant de goûter à une retraite bien méritée, vivement remerciée et félicitée par Jean-François Leclercq.

Le départ en retraite de Thérése Cousin en 2007 (Documents Historihem)

Depuis la chorale continue à fêter chaque année la Sainte-Cécile et à animer des messes. En 2009, elle en est à plus de 900 répétitions, dans la maison paroissiale, et quelques centaines de chants appris. 25 choristes la composent alors et c’est Jean-Paul Traoré qui est aux commandes du magnifique orgue de l’église Saint-Corneille.

La chorale dans les années 2000 (Documents Nord-Eclair Historihem et Voix du Nord)

Manécanterie des Petits Chanteurs d’Hem Saint Corneille

La chorale est créée, en 1953, à l’initiative de Messieurs Pierre Motte, Jean Loosfeld et l’abbé Rogeau, vicaire de la paroisse Saint Corneille. Jean Loosfeld en assure la direction musicale. Elle porte le nom de « Manécanterie des Petits Chanteurs d’Hem Saint Corneille » et les choristes, jeunes garçons, sont essentiellement issus de l’école Saint Corneille et de son foyer. Les répétitions se déroulent dans les locaux de l’école, rue Jules Ferry, le jeudi en fin d’après-midi.

Journée musicale à Hem en 1954 (Documents Historihem)

Dans les années 1960, la chorale compte 42 chanteurs, et, chaque saison, elle donne une audition dans les paroisses hémoises et aux alentours lors des différentes fêtes religieuses. Elle organise aussi des galas dont le bénéfice sert à financer des voyages. En 1962, elle est invitée au 10ème anniversaire de la manécanterie roubaisienne « les Rossignolets » et l’année suivante elle prend le nom de Petits Chanteurs de Dominique Savio (patron des Petits Chanteurs).

La Manécanterie en 1961 (Documents Historihem)
La Manécanterie en 1963 (Documents Historihem)

Remerciements à l’association Historihem

à suivre…

La Maison du Tablier

Au début des années 1930, Suzanne Bossut reprend le commerce de ses parents. C’est une lingerie, située au 72 rue de Lannoy à Roubaix, une des deux plus grandes artères commerçantes de la ville. Suzanne est mariée depuis 1924, avec Albert Carette, négociant en tissus. Ils habitent ensemble au 294 de la rue de Lannoy.

Albert et Suzanne en 1926 ( document E. De Rycker )

Suzanne est douée pour la couture et la création de vêtements. Rapidement elle se spécialise, en fabriquant elle-même des tabliers. Son commerce prend alors l’enseigne « La Maison du Tablier ». Elle propose à la clientèle des tissus qu’elle négocie auprès des nombreux fournisseurs roubaisiens, et fabrique sur mesure toutes sortes de tabliers, pare-poussières, et même des peignoirs. Suzanne travaille seule dans son échoppe, coupe les tissus, les assemble et les coud sur sa machine à coudre.

La vitrine du 72 rue de Lannoy ( document E. De Rycker )

La clientèle féminine est ravie, car la proposition de Suzanne lui permet d’acquérir des vêtements personnalisés et uniques. Les affaires fonctionnent très correctement. Suzanne profite de quelques occasions, comme la braderie de la rue de Lannoy, pour communiquer par de la publicité dans la presse locale ou par la distribution de buvards publicitaires.

Publicité ( document Nord Eclair )
Buvard ( document E. De Rycker )

Suzanne et Albert habitent sur place, au 72 de la rue de Lannoy. Le commerce n’est pas très grand, la machine à coudre est placée dans l’arrière boutique. Au fond se trouve une cuisine et à l’étage la salle principale et les chambres. Suzanne, lors de ses rares moments de détente, confectionne des tabliers pour les poupées de ses petits enfants

Tablier de poupée ( document E. De Rycker )

En 1960, Suzanne prend sa retraite et sa fille Suzette reprend le magasin mais ferme peu de temps après. Le commerce ne sera pas cédé, car le projet de la mairie, dans le cadre de la rénovation urbaine du quartier, prévoit de raser toute cette partie de la rue de Lannoy. René Violette la chemiserie voisine au 70 de la rue, loue alors la vitrine pour y présenter ses chemises durant quelques temps.

Vitrine Violette ( document archives municipales )

Tous les commerces de la rue de Lannoy situés entre le boulevard Gambetta et le boulevard de Belfort sont rasés en 1965.

Remerciements à Evelyne De Rycker Carette ainsi qu’aux archives municipales

Saint Gérard épisode 1

En Août 1907, le Journal de Roubaix annonce qu’une nouvelle église va être construite très prochainement au Touquet sur un terrain dépendant de la ferme de M. Castel-Mercier près de la rue de Boulogne et près du groupe scolaire municipal de ce quartier. La paroisse du Touquet comprendra le quartier lui-même et le hameau du Fleury ; le hameau de la Marlière ne lui sera pas rattaché, pas plus que le Sapin-Vert. Ses limites seront donc au Nord La Marlière, à l’est le Mont-à-Leux, ville de Mouscron, à l’ouest le territoire de Tourcoing, au sud le Sapin-Vert, la Martinoire et le Winhoute. Le nouveau curé est un prêtre dévoué, énergique et connu pour son zèle. M. l’abbé Maretz vicaire à Tourcoing à l’église de la Croix Rouge, est nommé curé de la nouvelle paroisse Saint Gérard à Wattrelos.

L’abbé Maretz curé du Touquet doc JdeRx

Les fonds nécessaires à la construction de l’église du Touquet ont été réunis par M. l’abbé Maretz en grande partie. Les plans sont dressés par un architecte spécialiste en églises qui habite Bergues. Déjà les entrepreneurs ont jalonné le terrain et pris leurs dispositions pour commencer les fouilles sans délai. L’installation du curé de la nouvelle paroisse Saint Gérard aura lieu le dimanche 20 octobre à 2 heures. Le comité d’organisation fait appel aux habitants pour assister à la fête, et ils sont invités à arborer drapeaux et bannières et décorer leurs maisons afin de recevoir dignement le premier pasteur de la paroisse. Un cortège formé de cavaliers et de sociétés diverses partira du Pont-Neuf et parcourra les rues du Mont-à-Leux, du Vieux Bureau, des Trois Pierres, carrière Florin, rues du Petit-Château et de Boulogne pour se rendre à l’église Saint Gérard. La composition du cortège : cavaliers, Cyclistes du Touquet, Chorale La Renaissance, Cyclistes de la Martinoire, La Jeune Garde de Saint Joseph, Chorale les amis réunis, Philharmonie du Crétinier, Groupe de Jeunes filles.Le doyen Bonnet de Saint-Maclou procède à cette cérémonie. Il y a une grande affluence dimanche après-midi pour l’installation de M. l’abbé Maretz au Touquet Wattrelos.

L’église Saint Gérard doc Wos Découvertes

Cette église dédiée à saint Gérard est une église de briques de style néo-gothique. Sa construction a avec les fonds et dons de simples paroissiens regroupés en une association Saint-Gérard. Elle a été achevée en 1912. Elle présente un haut clocher en façade flanqué de deux tourelles hexagonales et coiffé d’une haute flèche recouverte d’ardoises ; au-dessus du portail un tympan triangulaire sculpté montre saint Gérard flanqué de deux anges en bas-relief. Le tympan est surmonté d’une croix en son faîte. L’inscription « St Gérard protégez-nous » se lit sur le linteau. La façade possède une haute verrière en ogive. L’intérieur à trois nefs a conservé ses vitraux d’origine décrivant des épisodes de la vie de saints et de Jésus. On remarque aussi deux fresques dépeignant sainte Bernadette.

Le vendredi 7 mars 1914 à midi et demi, les ouvriers couvreurs ont procédé à la pose au sommet de la jolie flèche de l’église Saint Gérard haute de 67 mètres, d’un coq tout en cuivre. Avant ce travail dangereux, M. le curé avait fait sonner la grosse cloche pour inviter les paroissiens à prier pour la réussite de ce périlleux travail. Les travaux de l’église Saint Gérard touchent donc à leur fin. Le coq vient d’être posé au sommet du clocher et les derniers échafaudages extérieurs ont disparu. Seuls des travaux de plafonnage restent à accomplir à l’intérieur du clocher ainsi que la pose de quelques vitraux. La nouvelle église se distingue par ses proportions et son architecture élégante.

À l’intérieur de l’église, les trois voûtes sont d’un pur style gothique. Autour de l’église sont édifiés divers bâtiments abritant un patronage, une école. Voici qu’avec la création de la paroisse le hameau du Touquet présente l’ébauche d’un nouveau quartier car près de l’église, des rues et de belles habitations s’élèvent construites sous l’égide de la loi Ribot dans des conditions particulièrement avantageuses.

Ballet du Nord ( 1 )

L’Opéra du Nord est créé le 20 février 1979, composé du théâtre lyrique de Lille, du Ballet du Nord de Roubaix et de l’atelier Lyrique de Tourcoing. Pierre Mauroy maire de Lille, Pierre Prouvost maire de Roubaix, et Guy Chatiliez maire de Tourcoing, signent un accord qui permet le lancement de cette structure pour une renaissance de l’Art Lyrique sur les deux départements du Nord et du Pas de Calais. La direction de l’Opéra du Nord est assurée par Elie Delfosse. En 1980, la ville de Roubaix rachète le Colisée de Roubaix ( voir sur notre site, un article précédemment édité et intitulé : Le Colisée 3 ). Après de gigantesques travaux, le Ballet du Nord s’y installe, en 1983, sous la direction de Alfonso Catà, chorégraphe d’origine cubaine, dont le travail de style néoclassique, s’inscrit dans la lignée de George Balanchine. Le 28 Janvier 1983, c’est l’ inauguration du Colisée-Opéra, en présence de Pierre Mauroy, premier ministre de l’époque, Pierre Prouvost député-maire de Roubaix, Monique Bouchez présidente de l’Opéra du Nord, Noël Josèphe président du Conseil Régional et Alfonso Catà bien sûr chorégraphe du Ballet du Nord. À l’invitation de ce dernier, c’est Roland Petit et le Ballet de Marseille qui prêtent leur concours avec la pièce les « Hauts de Hurlevent » pour cette soirée d’inauguration. Le Ballet du Nord alors en répétition donne à son tour sa grande première au Colisée le 11 mars qui suit.

Inauguration ( document B. Vanalderwelt )
Ballet du Nord 1983 ( document bnr )

Lors de la première production, le programme de la soirée est exclusivement composé de pièces de George Balanchine. Alfonso Catà se fait seconder par Brigitte Thom, maîtresse de ballet à l’Opéra de Paris, qui a repris ces dernières années la plupart des créations du directeur artistique du « New-York City Ballet ». Cette même année 1983, le Ballet du Nord devient Centre Chorégraphique National, labellisé par ce nouveau dispositif du Ministère de la Culture dans le cadre de la décentralisation. Ce dispositif a pour but de favoriser l’essor de la danse classique et moderne sur le territoire, permettant de structurer et de soutenir la création, la diffusion et la sensibilisation. Roubaix est un des premiers centres labellisés. Le Ballet du Nord se détache ensuite de l’Opéra, en 1985 et devient porteur de ces nouvelles missions en premier lieu sur le Nord Pas-de-Calais: création de nouvelles productions, diffusion d’œuvres d’artistes locaux, formation des danseurs etc.

Alfonso Catà ( document Pascal Minam-Borier )
Alfonso Catà ( document Pascal Minam-Borier )

Alfonso Catà construit le répertoire de la compagnie sur quatorze ballets de Balanchine, dont il a été un proche collaborateur, ainsi que de nombreuses œuvres de chorégraphes internationaux réputés mais également certaines de sa propre conception. Alfonso entame parallèlement la sensibilisation avancée de ses danseurs au style néoclassique propre au travail de son mentor George Balanchine avec pour objectif d’assurer rapidement cette cohésion de style, développant pour l’ensemble de la troupe une fiabilité de haut niveau quelle que soit la position hiérarchique au sein de la troupe.

Répétitions de la troupe dans le studio encore en travaux ( document Nord Eclair 1983 )

.En 1984, Alfonso Catà propose au public une version du célèbre ballet classique Coppélia. La pièce avec une orientation jeune public, est donnée avec succès près d’une centaine de fois, partout dans le monde entier. Dans la région, la version est d’ailleurs présentée au Colisée avec la participation d’un groupe de jeunes danseurs issus de l’Ecole et en compagnie d’un orchestre situé dans la fosse devant la scène.

Alfonso Catà dans un souci d’implantation locale solide, dès le début de la création du Ballet du Nord, fait se produire la compagnie partout sur le territoire régional. Il ambitionne également bien sûr que la compagnie puisse rayonner en France mais également à l’étranger. (Biennale de la danse de Lyon – Festival de Kuopio – Eté de la Danse de Paris – Festival de Montpellier – Biennale de la danse du Val de Marne – Festival de Tunisie – Festival international de la danse de Paris au Théâtre des Champs Elysées, Festival de Brighton …)

Coppelia 1984 ( document bnr )

En 1987, il propose au public de la métropole Lilloise une soirée « américaine » qu’il présente en octobre de cette même année, au Colisée et à l’Opéra de Lille, en avant-première d’une tournée de la compagnie aux USA.

New York 1987 ( document bnr )

Alfonso Catà emmène sa troupe aux Etats Unis, à New York pour une série de représentations dont celles au « Brooklyn Center », devant 2500 spectateurs américains. La célèbre critique de danse new-yorkaise Anna Kisselgoff conclut son article « Le ballet du Nord offre une image convaincante de la vitalité et de la diversité de la danse française en région, loin de Paris ». D’autres représentations de la troupe suivent dans une tournée des universités américaines, se produisant au Texas, en Arkansas, dans le Vermont, l’Illinois et l’Ohio. C’est un immense succès, une tournée triomphale. C’est en quelque sorte, un retour aux sources, pour Alfonso, de nationalité américano-cubaine.

New York ( document Nord Eclair )

Parallèlement à ces missions de diffusion et de création, Alfonso Catà choisit de mettre en place une école de formation initiale à l’image de ce qui se pratique dans les grandes compagnies américaines. L’école de danse du ballet du Nord a été créée en 1985. Les danseurs de la compagnie en assurent les cours hebdomadaires. L’objectif de cette école est de pouvoir constituer un corps de ballet d’enfants propres à intégrer des prestations professionnelles dans des rôles leur correspondant, comme c’est le cas dans la production de Coppélia, mais également d’envisager la mise en place d’un lieu de formation pour de futurs danseurs professionnels rompus au style de la compagnie. Les jeunes danseurs profitent de l’exemple de leurs aînés, suivant leurs cours de danse dans les mêmes studios du Colisée à l’issue des répétitions. De nombreux danseurs professionnels seront issus de cette école. Forte de son succès aux Etats-Unis, la compagnie est appelée à se produire encore plus et à multiplier ses représentations à l’étranger, dans le monde entier. Du milieu des années 1980 au début 1990, il déplace sa troupe en Yougoslavie, Turquie, Jordanie, Finlande, Suisse, Côte d’Ivoire, Espagne, Italie, Angleterre, Belgique, Amérique du Sud, Chine, Canada, Thaïlande, Corée, Taïwan, Singapour, Russie sans oublier les Antilles et la Guyane, la Réunion, … Partout les spectacles sont fort bien accueillis. Les tournées sont longues et éprouvantes, bien souvent prolongées par des semaines de production à l’Opéra de Lille ou au Colisée, ce qui nécessite de rentrer à Roubaix après des déplacements de plusieurs semaines d’affilée.

Les représentations à l’étranger ( documents B. Vanalderwelt )

En 1989, pour fêter le bicentenaire de la Révolution Française, Alfonso Catà propose un spectacle inédit : « Marie Antoinette ». C’est la création d’une grande fresque historique sur la scène du Colisée. La chorégraphie d’Alfonso Catà met en scène l’histoire de cette femme qui est allée des sommets de la gloire à la déchéance la plus humiliante, et ce, en très peu de temps.

Marie Antoinette 1989 ( documents bnr et B. Vanalderwelt )

Auteur de nombreux autres succès qui font la renommée du Ballet du Nord tels que Coppélia (1984), Tango Féline (1989), La Mer (1986) sur la musique de Claude Debussy, sans oublier Les Mots d’amour (1988) sur les célèbres chansons de Piaf, Alfonso Catà décède en 1990. L’intérim est assuré pendant quelques mois, par Pascal Minam-Borier, Yanis Pikieris, Boudewijn Pleines.

À suivre . . .

Remerciements à Bernard Vanalderwelt, Robert Pereira, Pascal Minam-Borier et Henri Mayet ainsi qu’aux archives municipales.

Hem et le jumelage : Wiehl

Au fil des 40 ans écoulés, 2 autres jumelages ont été réalisés par la ville, l’un en 1993 avec la ville allemande de Wiehl et l’autre en 2000 avec la ville portugaise d’Aljustrell.

Les 3 jumelages de la ville d’Hem vus en bande dessinée (Document Au temps d’Hem)

En octobre 1992, un comité de jumelage est constitué sous la dénomination Hem ville d’Europe et de jeunes hémois effectuent un stage en Allemagne. Une petite délégation hémoise conduite par Denise Houdry, adjointe à la culture, se rend à Wiehl où elle est reçue par Mme Stitz, adjointe du Bourgmestre, et ses collègues du Conseil Municipal. L’officialisation du jumelage est dès lors envisagée pour l’année suivante.

Vue de la ville de Wiehl et prémices du jumelage avec Wiehl en octobre 1992 (Documents Hem 1000 ans d’histoire et Nord-Eclair)

Très vite, après les échanges scolaires, sportifs et culturels, des échanges économiques sont prévus. Mme Massart reçoit à Hem les officiels de la ville allemande et Mr Vercamer, chargé des affaires économiques effectue une présentation du projet : création d’un comité de jumelage économique, comparaisons, études et moyens de développement du tissu économique des 2 villes.

Echanges économiques à la réunion d’avril 1993 (Document Nord-Eclair)

C’est en septembre 1993 que le jumelage est officialisé Outre-Rhin. 280 personnes hémoises, réparties en 5 bus, font partie du voyage, emmenées par Denise Houdry, adjointe à la culture : écoliers, collégiens, musiciens, membres du conseil municipal. La charte est signée par Mme Massart et Mr Bergerhoff dans la grande salle du lycée dont l’orchestre donne ensuite une aubade. L’après-midi, l’arbre du jumelage ramené par les hémois est planté en terre de Wiehl, avant une succession de promenades, inaugurations et spectacles.

Douce idylle entre Wiehl et Hem (Document Nord-Eclair)

En septembre 1994, c’est Hem qui invite pour les festivités retour du jumelage. Une importante délégation de Wiehl assiste ainsi à diverses manifestations : fête champêtre, tournois sportifs (tennis, échecs et pétanque) et cérémonies officielles (signature de la charte). Les géants hémois Gustave et Augustine profitent de ce week-end d’exception pour célébrer leur union et Mr Ron Senior de Moosley offre 2 gravures identiques aux villes d’Hem et de Wiehl. Puis l’arbre du jumelage est planté dans les jardins de l’Hôtel de Ville.

Les jeunes géants mariés, signature de la charte et cadeaux offerts par Moosley, le public en nombre et attentif (Documents Nord-Eclair)
Pétanque, tournoi d’échecs et jeux, lâcher de pigeons et plantation de l’arbre (Documents Nord-Eclair)

En 1998 , l’association Hem, ville d’Europe, qui existe depuis 6 ans, peut se targuer d’une belle vitalité et 50 personnes assistent aux cours d’anglais et d’allemand qu’elle propose. Principalement centrée sur ses activités de jumelage avec Moosley et Wiehl, elle propose : week-end familial, échanges entre établissements scolaires, tournois sportifs, échanges entre anciens combattants, expositions culturelles…Cette même année se dessinent des fiançailles avec Aljustrel, ville portugaise avec laquelle existent déjà des échanges sportifs.

L’association Hem, ville d’Europe, et les fiançailles avec Aljustrel au Portugal (Documents Nord-Eclair)

A la fin de l’année, ce sont 180 allemands qui viennent passer le week-end dans des familles hémoises. Le comité de jumelage fait en sorte que les familles hémoises qui les reçoivent aient des choses en commun afin que tout se passe au mieux. Le samedi soir est prétexte à la fête tandis que le dimanche matin est réservé à la messe ou à la randonnée avant un apéritif festif.

Un week-end en famille en octobre 1998 à Hem (Document Nord-Eclair)

2004 sonne déjà les 10 ans du jumelage franco-allemand et après qu’une délégation hémoise se soit rendue à Wiehl pour les fêter en mai 2003 et voir rebaptiser la place de Wiehl en place de Hem, c’est au tour de Hem d’inviter une délégation allemande en y associant les 2 villes jumelles de Mossley et Aljustrel ; au programme: réunion de travail à la ferme Franchomme et grande soirée d’anniversaire à la salle Leplat.

Les 10 ans du jumelage en mai 2004 (Document Nord-Eclair)

Une statue est érigée, au Jardin des Perspectives, en 2014, pour célébrer les 20 ans du jumelage et l’amitié qui lient désormais les deux villes. C’est Maurice Hache, artiste hémois qui crée une œuvre en acier inoxydable racontant leur histoire commune et nommée Héléonord.

Heleonord en 2014 (Documents Voix du Nord)

5 ans plus tard, pour les 25 ans du jumelage, les amis allemands organisent une fête pleine d’animation avec le traditionnel gâteau. Et c’est en mai 2019 que les 25 ans sont fêtés à Hem avec une sculpture d’un artiste mexicain installée au Jardin des Perspectives au son des ensembles de cordes des 2 villes sœurs.

Fête des 25 ans à Wiehl avec le traditionnel gâteau et à Hem avec l’installation d’une sculpture au Jardin des Perspectives (Documents Ville de Hem et Voix du Nord)

De même en 2023, pour les trente ans du jumelage c’est d’abord une délégation hémoise qui se rend en Allemagne pour des retrouvailles amicales et des festivités entre les deux villes. L’anniversaire est également fêté à Hem en 2024, en présence d’une délégation de la ville d’Aljustrel, pour accompagner les 2 communes dans le renouvellement de leurs vœux d’amitié : signature traditionnelle des chartes de jumelage et repas festif ponctué d’animations se déroulent au Zephyr.

Festivités des 30 ans à Wiehl en 2023 et Hem en 2024 (Documents Ville de Hem)

Remerciements à l’association Historihem, à la Ville de Hem, à Jacquy Delaporte pour les livres Hem d’Hier et d’Aujourd’hui et Hem 1000 ans d’Histoire, enfin à Jacquy Demaporte, Christian Teel et Chantal Guillaume pour leur bande dessinée Au temps d’Hem.

Mai 1906

Le journal des sports mai 1906

Football. La Coupe Nationale qui constitue le championnat de France pour les équipes secondes a mis en présence à Suresnes le Racing Club de France et le Racing Club de Roubaix. À la fin du temps réglementaire, les deux équipes étaient à égalité 1-1. Pendant les prolongations, les roubaisiens marquent un second but et remportent le titre.

Hockey sur gazon. La finale du championnat de France est disputée le 6 mai sur le terrain du Racing Club de Roubaix. Elle oppose le Club Athlétique International (champion de Paris) à l’Iris Stade Lillois (champion du Nord). C’est la troisième finale pour les lillois qui ont perdu la première contre ce même adversaire par 3-1. L’année dernière, ils affrontaient le Stade Français et perdaient 2-1. Cette année ils ont disposé des roubaisiens en demi-finale et présentent une équipe homogène face aux internationaux parisiens.

Cyclisme. Vanderstuyft, Lepoutre, Bouhours au vélodrome. Le lillois Lepoutre est champion du Nord de demi fond et son palmarès est important. Il est imbattable sur les pistes lilloises et roubaisiennes où il s’entraîne régulièrement. Très en forme et doué d’un courage à toute épreuve, il compte bien remporter la confrontation avec les rois du demi-fond Vanderstuyft et Bouhours qui aura lieu le 13 mai. Arthur Vanderstuyft est le champion du monde des longues distances. Il a brillé dans les Six Jours de New York et dans l’épreuve du Bol d’or. Un sérieux candidat ! Bouhours quant à lui, a été quatre fois champion de France et sept fois recordman du monde de l’heure. À son palmarès le Paris Roubaix de 1900 et plus récemment la course des 24 heures au vélodrome d’hiver de Paris. Par un temps menaçant et un vent glacial, Lepoutre sort vainqueur de l’épreuve.

Course à pied. La première réunion interclubs U.S.F.S.A se déroule sur le terrain de l’Iris Stade lillois avenue de Dunkerque à Lille. Le Racing Club de Roubaix y est représenté par ses champions : Malfait, Dupuis, Catteau, Millez. Il y a aussi Vasseur et Noël du Stade Roubaisien, Ledieu du Racing Club d’Arras, et des athlètes du Racing Club de Bruxelles. Malgré le mauvais temps, les épreuves ont présenté un intérêt soutenu. Au 200 mètres, Petrowski de Bruxelles est premier devant Malfait et Gloves de Roubaix. Pour le lancement du disque, Vasseur du Stade Roubaisien remporte l’épreuve devant Catteau du RCR.

Le Racing Club de Roubaix a organisé mercredi 23 mai à huit heures et demie dans un des salons de l’hôtel Ferraille un « smoking concert » suivi d’un punch en l’honneur des champions de France. Le programme de la soirée est des mieux composés et promet quelques moments de douce hilarité qui reposeront les Racingmen d’une saison aussi chargée. (sic le Journal de Roubaix).

Course à pied. Les membres du Racing Club de Roubaix viennent de créer un Challenge International de Sports Athlétiques, sur l’initiative de la commission de course à pied. Ce challenge est constitué d’un superbe objet d’art en bronze Pro Patria avec socle de marbre d’une valeur de 1200 francs. Ce challenge est ouvert aux sociétés de l’U.S.F.S.A et comprend les épreuves traditionnelles d’athlétisme. Les équipes seront composées de deux concurrents par épreuve, et le club vainqueur aura la garde du challenge pour un an. Le challenge se disputera sur le terrain du Racing Club de Roubaix dans le courant du mois de juin.

Cyclisme. Lorgeou, récent vainqueur de Vanderstuyft à Anvers, sera présent au vélodrome roubaisien face à Lepoutre et Bouhours. Le programme comporte également des courses de vitesse et une course de motocyclettes qui feront de cette réunion un  « event » sans précédent.

Football. La finale du Challenge International du Nord opposait l’Antwerp football Club à l’Union Sportive Tourquennoise sur le terrain du Sporting Club Tourquennois. L’équipe belge l’emporte sur le score de 3-2 après prolongations.

Courses à pied. En compétition à Bruxelles, les athlètes du Racing Club de Roubaix ont brillé : Malfait remporte le 100 mètres, Dupuis le 1500 mètres, Malfait à nouveau le 400 mètres. Les épreuves de saut n’ont pas été favorables aux roubaisiens.