Buffalo Bill à Roubaix

William Frederick Cody naît en 1846 dans l’Iowa. Il est initialement chasseur de bisons, et se fait appeler Buffalo Bill car il vend de la viande de bison ( Buffalo : bison en anglais ).

Buffalo Bill, jeune

Après la guerre de sécession, Buffalo Bill décide d’organiser un spectacle populaire, le « Buffalo Bill’s Wild West ». En 1889, il est de passage à Paris pour l’Exposition Universelle et transforme la Ville lumière en un décor de western grandeur nature, avec des cavalcades endiablées, des bisons en cavale, des indiens à cheval et des coups de feu en ville.

Publicité américaine

Avec son spectacle itinérant, Buffalo Bill recrée les scènes mythiques de la conquête de l’Ouest avec un réalisme à couper le souffle. Il installe alors son show au Champ de Mars, au pied de la Tour Eiffel fraîchement inaugurée.

Buffalo Bill lors de son passage à Paris en 1889

C’est lors de son passage à Paris, que la peintre Rosa Bonheur fait son portrait. Il fera de ce tableau sa publicité par la suite.

Portrait de Buffalo Bill, par Rosa Bonheur

Quelque seize années plus tard, en 1905, le héros de la conquête de l’Ouest est de retour à Paris dans le cadre du Carnaval. Mais, cette fois-ci, il a prévu d’entamer une grande tournée à travers toute la France, dans 110 villes, dont Arras, Douai, Roubaix et Lille, dans la région. La mairie de Roubaix est informée par courrier début Janvier 1905, de l’arrivée de Buffalo Bill. La lettre précise des informations sur le type de spectacle proposé : exercices d’équitations, défilés militaires etc.

En-tête du courrier de Buffalo Bill adressé à la mairie de Roubaix ( document archives municipales )

Les administrateurs du spectacle s’occupent de toute la logistique, il faut juste prévoir un emplacement. Un terrain de 4 ha est nécessaire pour installer le campement, les tribunes et l’arène pour le spectacle. L’emplacement devra faire 400 mètres de long sur 100 mètres de large. Il est nécessaire de répondre immédiatement et la municipalité accepte évidemment la proposition car le spectacle de Buffalo Bill tourne dans le monde entier. Accueillir ce spectacle gigantesque, c’est aussi une reconnaissance pour la ville qui n’a jamais présenté une telle exhibition.

La ferme de Maufait en 1899 ( document JP Maerten )

L’endroit choisi par la municipalité est la plaine de Maufait à Roubaix, un terrain privé où se trouvait la ferme du même nom, au « Pont Rouge », au bout de la rue de Lannoy. Le show est programmé pour les jeudi 29 et vendredi 30 Mai 1905.

le déchargement à Dunkerque

La promotion du spectacle se fait par voie de presse, par encarts publicitaires, et par affichage sur les murs de la ville : une campagne de publicité à l’américaine qui annonce un formidable divertissement.

l’arrivée à Roubaix ( Journal « Echo du Nord » 30 Juin 1905 )
document « Journal de Roubaix »

L’arrivée à Roubaix est spectaculaire : 4 trains de 20 wagons arrivent en gare de Croix ; ils transportent 1000 figurants et 500 chevaux, du matériel dont des tentes immenses, des gradins, l’arène etc. Le convoi arrive à Roubaix par la rue de Lille, la Grand Place, la rue Pierre Motte puis la rue de Lannoy jusque la plaine de Maufait qui se trouve derrière l’hôpital de la Fraternité. Tout est prévu par les administrateurs du spectacle : et en particulier la logistique pour leur déplacement et leur campement ; chaque jour il faut prévoir d’acheter sur place, 600 kgs de viande 400 kgs de pommes de terre et 300 kgs de pain, 300 litres de lait, 75 kgs de café. Les vins et alcools sont prohibés.

Le campement ( document collection privée )

L’ arrivée ébouriffante de l’équipe crée l’événement et l’excitation des roubaisiens est à son comble. Ils sont nombreux à accourir pour voir de leurs propres yeux et acclamer :« l’élégant cavalier, aux yeux d’acier, aux cheveux magnifiques, ce champion des tueurs de buffles sauvages, cet intrépide héros ».

document collection privée
document collection privée

Quatre spectacles sont programmés pour les 29 et 30 Juin, à 14h et 20h chaque jour. Le ticket d’entrée varie de 1,5 à 8 Francs, un peu cher peut-être, compte tenu du prix de 5 centimes, du journal de l’époque ! Mais les spectateurs arrivent en masse car le show promet d’être exceptionnel : deux heures de représentation, des scènes pittoresques représentant l’Ouest américain, des combats, des rodéos, des attaques de diligence par des bandits, des indiens ( des vrais ). On raconte aux spectateurs la vie des pionniers, la chasse au bison, l’histoire du Pony Express. Le spectacle est fabuleux, les roubaisiens sont ravis. C’est rythmé, ça tire à la Winchester, les indiens crient, les cow-boys font des acrobaties à cheval. C’est du jamais vu ! Surtout à cette époque alors que le cinéma n’en est encore qu’à ses débuts.

document bnr

Le public vient nombreux, les communes voisines ont fourni de forts contingents de spectateurs. Le public abrité sous les tribunes, suit avec intérêt les exercices des cavaliers intrépides. Les spectateurs sont ravis, malgré l’orage subi lors de la quatrième représentation du vendredi soir.

document collection privée
document collection privée

Le vendredi soir à 22h, le spectacle est fini. La troupe remballe et le démontage commence aussitôt. A minuit, en deux heures de temps, c’est terminé ! Plus aucune trace de l’exhibition sur la plaine de Maufait. Buffalo Bill et son équipe, partent immédiatement à Lille pour 4 représentations du 1 au 4 Juillet.

Une seule ombre au tableau. Le Journal de Roubaix du 5 Juillet, titre : « Une épidémie dans la cavalerie de Buffalo Bill. En effet, quatre chevaux ont été abattus car porteurs de la « Morve » maladie équine fortement contagieuse.

Cependant, William Frederick Cody laisse aux roubaisiens un souvenir exceptionnel. Comme dans toutes les villes traversées, le Buffalo Bill’s show s’est acquis une réputation unique, non seulement par son énormité, par l’extraordinaire curiosité qu’il soulève, mais encore par l’indiscutable réalisme des tableaux de la vie des plaines du Far-West américain.

Buffalo Bill ( document collection privée )

Après deux tournées mondiales, Buffalo Bill se retire dans son ranch pour s’occuper de ses 5.000 chevaux et de ses 15.000 têtes de bétail.

Le ranch de William Frederic Cody en 1913 ( document collection privée )

Remerciements à Philippe Waret pour son livre « Les Apaches du Pont Rouge » ainsi qu’aux archives municipales.

Les avantages de la chicorée

Selon cette campagne publicitaire de l’année 1950, la chicorée intéresse le cœur et les nerfs, le foie et les glandes. Et c’est aussi un excellent petit déjeuner.

Publicité NE 1950

Il convient de distinguer les chicorées cultivées comme plantes alimentaires, médicinales ou industrielles, principalement pour leurs feuilles (salades, endives), ou pour leurs racines (production d’un succédané du café appelé chicorée, ou extraction de l’inuline).

Publicité NE 1950

Ici nous intéressent les variétés sélectionnées sur le développement de la racine dont le volume est considérablement augmenté et rappelle celui de la carotte fourragère. C’est une plante bisannuelle en culture. Cette culture s’est développée d’abord aux Pays-Bas à la fin du XVIIe siècle. Le Blocus continental au début du XIXe siècle lui a donné un élan considérable notamment dans le nord de la France, en Belgique et en Allemagne. De nos jours, la récolte mondiale annuelle de racines de chicorée représente environ 1 million de tonnes. La France est le premier producteur en Europe.

Publicité NE 1950

La transformation des racines passe par plusieurs étapes : la transformation en cossettes, fragments de racines déshydratés, puis par la torréfaction suivie du concassage. La chicorée industrielle est utilisée comme économiseur de café en l’ajoutant à la poudre à café non soluble. Elle peut être également consommée seule par les personnes qui apprécient son goût, intermédiaire entre celui du café au lait et celui du caramel.

Publicité NE 1950

Il n’est de bonne santé qu’avec la chicorée ! Elle est rafraîchissante et dépurative, favorise la digestion et est excellente pour le foie. Elle ménage le cœur et les nerfs. Le café est un excitant dont les effets sont modérés par la chicorée. Concernant le foie, la chicorée contient un principe amer qui active la sécrétion des glandes. Elle stimule et régularise le fonctionnement du foie.

C’est enfin un petit déjeuner nutritif au bon goût de noisette, digeste et rafraîchissant.

Alors, ça ne vous donne pas envie ?

D’après Wikipédia

L’histoire de la Musique à Hem 2

2ème partie La fanfare Saint Corneille

La naissance de la Fanfare remonte à 1920. Les abbés de Saint Corneille et quelques autres personnalités, décident de fonder une société de gymnastique, souhaitée par les jeunes et en confient la gestion à M. Jules Corman. Pour la doter d’une « batterie », ils font appel à Charles Debacker assisté de Jules Nys. Les 12 membres de la formation, qui débutent, ignorent le solfège mais sont décidés à travailler en assistant régulièrement aux répétitions et très vite la nouvelle formation recrute.

La batterie Saint Corneille en 1922 (Document Historihem)

Vers 1925, l’effectif atteint une trentaine de membres et elle se transforme en batterie fanfare de trompettes et clairons. Dès lors, pour le Chef, le problème des instructeurs se pose, mais il est rejoint et secondé par un excellent musicien et ami M. Marcel Noullet qui devient son sous-chef. C’est Maurice Vandenbruwaene qui en est alors président actif. Il restera par la suite président d’honneur.

Entre 1923 et 1930, l’abbé Delebois, qui vient d’être nommé Vicaire à l’église Saint Corneille, donne une impulsion décisive à cette fanfare. De ce fait, quand, vers 1930, la section gymnastique disparaît, la batterie demeure et devient la Fanfare Saint Corneille. 

La fanfare en 1928 et 1930 (Documents Historihem)

Elle se développe et compte bientôt 45 sociétaires dévoués, assidus aux répétitions et sorties. Puis elle participe aux concours régionaux de musique de l’Union de Flandre, dans lesquels elle se classe honorablement en division «Excellence». Elle assiste également régulièrement aux fêtes communales et se produit dans de nombreuses festivités dans les villes environnantes. Après une dizaine d’années de travail ardu, c’est une formation homogène qui s’engage dans les concours nationaux. En 1937, c’est le National de Paris avec le premier prix d’excellence en 1939 avant que la fanfare ne soit dispersée en raison de la 2ème guerre mondiale.

La fanfare en 1937 (Documents Historihem)

Après-guerre, grâce au travail de tous, le Chef peut réaliser son projet : transformer la société en Fanfare de trompettes de cavalerie. Le travail musical est intensifié, de nombreux élèves sont formés et l’effectif oscille, durant une vingtaine d’années, entre 50 et 60 membres avec 45 trompettes, cors et basses et 12 tambours. Monsieur Noullet assure les répétitions de détail, les instructeurs perfectionnent leurs élèves, des oeuvres importantes et difficiles sont mises au pupitre et la fanfare participe à nouveau à des concours.

La fanfare après-guerre et lors d’un concours à Caudry en 1947 (Documents Historihem)

Ainsi, en 1951, la Fanfare participe au concours de Nantes et y obtient le premier prix d’excellence et les félicitations du jury, ramenant à Hem le fanion de champion de France de sa catégorie. L’année suivante, elle renouvelle sa performance au concours de Strasbourg. En 1953, au concours de la fédération, des musiques du Nord et du Pas-de-Calais, à Lille, elle obtient le premier prix d’honneur et les félicitations du jury. Et, en 1954, au concours national organisé à Lille, elle rencontre le même succès qu’à Nantes et Strasbourg pour la troisième fois en 4 ans. La fanfare est championne de France.

Concours de Nantes en 1951, Strasbourg en 1952, prix obtenu en 1953 et réception à la mairie en 1954 (Documents Historihem)

En tant que championne de France, la fanfare défile lors d’événements divers dans les localités avoisinantes ; ainsi à Roubaix, en 1955, lors de la visite des Anciens des Chars et leur démarche au Monument aux morts et au monument du Commandant Bossut. Puis, à l’occasion de la Sainte-Cécile à Hem, une audition a lieu à l’église Saint-Corneille avant un dépôt de fleurs aux membres décédés au cimetière. A cette occasion c’est Charles Merchez qui devient président.

La fanfare à Roubaix et la Sainte Cécile à Hem en 1955 et 4 piliers de la fanfare en 1959 (Documents Nord-Eclair)

Les années passant, le recrutement est devenu plus difficile, la jeunesse se tournant vers d’autres distractions. A compter de 1957, la fanfare est présidée par Paul Marquette, ancien porte drapeau. 1959 marque le quarantenaire de la fanfare célébré avec remise de médailles et banquet. A partir de 1960, la direction est confiée à Edouard Delattre , ex trompette solo, engagé dans la formation depuis 40 ans. La fanfare participe aux fêtes communales et, bien évidemment au concert annuel de la Sainte Cécile.

Le quarantenaire en 1959 puis la fanfare en 1960 et 1967, les concerts de Sainte-Cécile en 1964 et 1967 et les 4 piliers en 1969 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

Lorsque sont médaillés Edouard Delattre et Emile Prevot en 1974, la fanfare est en fête. C’est Mr Rofiaen qui en est alors président et tous les membres de la fanfare sont présents. Ce sont les 5 plus jeunes clairons qui jouent durant l’apéritif qui précède le banquet suivi d’une soirée dansante. 5 ans plus tard c’est Emile Weckens le nouveau président ainsi que son vice-président et plusieurs membres de la fanfare qui sont médaillés et se retrouvent à la salle des fêtes pour la traditionnelle réception.

La fanfare en fête en 1974 et une photo des minimes durant la même année et les médaillés en 1979 et au cours de la réception en salle des fêtes et photo des piliers de la formation (Documents Nord-Eclair et Historihem)

Mais, dans la décennie qui suit, la fanfare voit ses effectifs décliner jusqu’à atteindre 30 membres seulement dont 5 joueurs entre 60 et 70 ans et des difficultés à recruter les jeunes. En 1984, la fanfare arrive à assurer les sorties prévues et la formation des débutants de même que des plus âgés. Pourtant les 2 personnes chargées de ces formations ne parviennent pas à se concerter et bientôt la rupture est consommée et la fanfare n’existe plus.

Fin de la fanfare en 1985 : photo ancienne de la formation dans les années 1950 (Document Nord-Eclair)

C’est un groupe de 6 jeunes qui prend officiellement la relève et les fonctions de secrétaire et de trésorier sont confiées à Frédéric Bernard, un étudiant de 19 ans. L’ensemble de cuivres ainsi constitué garde les mêmes statuts que la défunte fanfare, et se produit pour la première fois à l’église Saint-Corneille, en mai 1985. Leur espoir : animer des soirées, des messes et des réunions de famille.

Le nouvel ensemble de cuivres en 1985 (Document Nord-Eclair)

Remerciements à l’Association Historihem

à suivre…

La ligne 10, renommée DI

Le journal de Roubaix annonce en août 1902 la création prochaine de plusieurs nouvelles lignes de tramway, et notamment une ligne numéro 10, dite ligne du Moulin menant à l’extrémité du boulevard de Fourmies à la rencontre de l’avenue de Villas.. Cette ligne devrait emprunter les rues Neuve (du Maréchal Foch), du Moulin, de Beaumont, Claude Lorrain, Nicolas Poussin, le boulevard du Cateau, la place du Travail et le boulevard de Fourmies pour un total de 2450 mètres.

Mais cette annonce est un peu prématurée, car il faudra attendre la convention du 20 avril 1905 qui va concéder à la compagnie une série de lignes nouvelles que celle-ci va se hâter de construire.

Pourtant, la réalisation de la ligne qui nous occupe aujourd’hui reste bloquée par le fait que la voie doit suivre la rue Neuve où est posée la ligne Lille-Roubaix, à l’écartement de 1m44, incompatible avec le choix de la compagnie roubaisienne qui a opté pour une voie métrique. La ligne lilloise devra changer d’itinéraire et emprunter le boulevard Gambetta. En attendant, on envisage à titre provisoire la pose d’un troisième rail qui permettrait l’utilisation de la voie par les deux compagnies. Par ailleurs, les nouvelles motrices qui permettront l’exploitation des nouvelles lignes ne sont pas encore arrivées. La ligne est finalement inaugurée en mars 1907 par une délégation officielle qui parcourt les lignes nouvellement établies à Roubaix et Tourcoing. Elle prendra très vite l’indice I, bien que désignée ligne numéro 10 dans le rapport du maire de 1910. En 1920, elle sera fusionnée avec la ligne D (Roubaix-Mouvaux) et portera désormais l’indice DI. Cette fusion répond à un besoin de la compagnie de reporter les manœuvres aux deux extrémités de la ligne au lieu d’embouteiller la grand Place.

Le terminus se situe devant la mairie et l’on voit sur la photo une voiture quitter la place pour s’engager dans la rue Neuve sur la voie à 3 files de rails rue neuve devant l’ancien Hôtel de Ville, peu avant la construction de l’actuel.

Plus tard, après la fusion avec la ligne D menant à Mouvaux on établira un branchement des voies en triangle entre la rue Neuve, celle du Maréchal Sarrail et la station de la Grand Place située devant l’église. La photo nous illustre ce branchement.

L’illustration suivante nous montre une motrice type 600 de l’ELRT de la fin des années 20 qui s’engage dans la rue Neuve où elle va rencontrer une aiguille de dédoublement de la voie. A cette époque, la voie à l’écartement de 1 mètre 44 de la compagnie lilloise aura disparu, détournée par le boulevard Gambetta et la rue de la Halle.

Le Journal de Roubaix nous détaille en 1907 les arrêts de la ligne. Le premier se situe rue Neuve (du Maréchal Foch), au croisement de la rue de l’Union (de la Poste). C’est un arrêt facultatif. Les voyageurs devaient descendre au milieu de la rue ; heureusement la circulation n’était pas très dense !

L’arrêt suivant est placé au coin du boulevard de Paris, à l’endroit où la voie se dédouble comme on le voit sur la première photo qui suit. Sur la deuxième photo on se rend compte que le dédoublement se poursuit au-delà du boulevard Gambetta, rue du Moulin. Sur la photo, on voit une voiture venant de l’hôpital par la rue de Douai et le boulevard de Paris (ligne de Barbieux) va tourner à gauche pour se rendre à la Grand Place.

Au bas de la rue du Moulin, la voie est unique, comme on le voit sur la photo prise en direction de la place. A droite, l’entrée de la rue des longues Haies, au fond la rue Neuve et le boulevard Gambetta. Le support du fil de contact est alors confié à des poteaux plantés sur le trottoir.

La voie double sera prolongée au fil du temps. La photo suivante, prise dans le sens opposé, nous monte l’aiguillage placé peu avant la courbe de l’usine Motte et Marquette, aujourd’hui remplacée par le garage Renault.

La photo qui suit nous montre la voie, toujours unique, prise un peu plus loin au coin de la rue du Havre, en direction du bas de la rue. La voie est placée dans l’axe de la rue et les poteaux sont à gauche en venant du centre ville. On remarque l’abondance des commerces dans cette zone.

La configuration des voies évolue et un plan de 1933 indiquera une double voie qui se poursuit jusqu’au carrefour avec la rue Ma Campagne, là où est placé le prochain arrêt facultatif.

La photo suivante, prise aux environs de 1908, nous montre ce carrefour qui marque pratiquement la fin de la zone commerçante dans la rue. A gauche, l’estaminet l’Epi d’Or, et à droite, la pharmacie, sous la houlette respectivement de J Boucherie et de H. Delporte, qui officieront jusqu’au milieu des années 30. La quincaillerie Nivesse Carlier aura au 114 un destin plus éphémère : d’autres types de commerces s’y succèderont.

La ligne continue ensuite en voie unique et toujours en rampe, jusqu’au point culminant au carrefour des rues de Hem et Dammartin. La photo suivante, prise dans le sens de la descente, nous montre, au fond, le carrefour avec la rue Ma Campagne. Les enfants ont trouvé un terrain de jeu devant chez le photographe J.Bauchart dont on voit le magasin au 122 sur la gauche.

Le prochain arrêt facultatif est placé au carrefour de la rue Decrême. Ensuite, un garage, arrêt obligatoire en double voie, durant lequel la voiture attend sur une voie, avant de repartir, le croisement de celle qui vient en sens inverse. L’arrêt suivant sera facultatif, placé rue Henri Bossut. que le tram va emprunter après un virage à gauche.

A suivre.

Les documents proviennent de la médiathèque de Roubaix et des archives municipales.

Colisée ( 4 ) 2000 2026

En 2000-2001, la mairie et la direction du Colisée décident de la rénovation intérieure de la salle : nouvelle entrée, plafond doré, sol clair, le hall est refait et semble plus spacieux. Il peut accueillir à l’occasion, quelques manifestations, des « extras » en quelque sorte. 1200 nouveaux fauteuils bleus ont déjà été installés l’année dernière. Des dispositions sont prises pour un meilleur accueil des PMR Personnes à Mobilité Réduite. Le restaurant est refait, avec des couleurs chaudes. La billetterie est plus spacieuse et ouverte sur le public. Le nouveau Colisée est magnifique.

document Nord Eclair
document Nord Eclair
document Nord Eclair

Pour passer le cap de l’an 2000, la directrice du Colisée, Marie Cécile Laidebeur décide de donner un coup de jeune au parvis, installé déjà depuis quelques temps. Elle fait appel à l’ESAAT, Ecole Supérieure d’Arts Appliqués et Textile de Roubaix, pour que quelques étudiants puissent y apporter quelque chose de gai, de coloré et de kitch. Cette belle expression de leur talent est baptisée : la porte des vœux du 3° millénaire.

document Nord Eclair

En Mars 2002, Marie Cécile est entrée dans la « Cour des Grands » elle reçoit, en effet, des mains de Gisèle Casadesus, la Croix de Chevalier de l’Ordre national du Mérite, le jour de la représentation de Jérome Deschamps : La Cour des Grands. Mais elle décède malheureusement en Septembre 2003 et laisse un grand vide à la direction du Colisée. Avec elle, disparaît une battante qui a su imposer « l’Olympia du Nord », grâce à une programmation éclectique. Brigitte Leman assure la direction par intérim.

document Nord Eclair 2002

Le Ballet du Nord, rebaptisé en 1985, Centre Chorégraphique National de Roubaix est confié en 2004 à Carolyn Carlson, une grande figure de la danse contemporaine. Elle génère alors un rayonnement à la fois sur le territoire et à l’international.

Carolyn Carlson ( document site C. Carlson )

En Octobre 2006, Bertrand Millet prend la direction du Colisée qui change de statut juridique. Bertrand apporte un sang nouveau : il adopte alors un théâtre pluridisciplinaire, développe la « programmation directe » et réduit la partie « location ». Il est chef d’entreprise ( il se qualifie même de taulier ), il mène le projet artistique avec la prospection, programmation et relation avec les artistes.

Bertrand Millet, nouveau directeur du Colisée ( document Nord Eclair )

Pour Bertrand, la Culture a un rôle essentiel : rassembler les gens, rapprocher les populations différentes et créer du lien. La colonne vertébrale des programmations devient le théâtre. La collaboration entre Carolyn Carlson et Bertrand Millet est de plus en plus importante.

Il présente au public, à chaque début de saison, le programme : un savant dosage entre les spectacles visuels, le théâtre, la danse, les concerts, les humoristes et même du cirque. Si le projet est essentiellement constitué de spectacles pour le grand public, l’objectif est également de faire découvrir certains artistes moins connus. Avec son équipe, il concocte la recette culturelle et met tout en œuvre pour transformer chaque soirée en moment inoubliable.

Affiche Programme saison ( document collection privée )

En Mars 2020, l’épidémie de Covid 19 se déclare. Cette pandémie perturbe fortement l’activité du Colisée car des mesures de protection sanitaires sont obligatoires. Entre toutes les vagues de confinement, le Colisée met en place des séparations originales en carton, sur les sièges entre les spectateurs d’une même famille, pour pouvoir continuer à proposer des spectacles culturels à la clientèle. « Quand on est à moins de 1 000, on replace le public pour avoir la distanciation, explique Bertrand Millet à la presse locale.

document B. Vanalderwelt
document B. Vanalderwelt
document Voix du Nord 2020

Après la pandémie, le Colisée reprend une activité normale. Il est le rendez vous des émotions, du rire, de la musique, de la danse et du spectacle. L’immense salle propose jusqu’à 1700 places dans une atmosphère intimiste, avec de nos jours, plus de 100 représentations chaque saison, accueillant plus de 100.000 spectateurs.

Bertrand Millet ( document RoubaixXL )
document Colisée

Jean Deconinck a créé le Colisée en 1926. Pour la saison 2026-2027 l’établissement va fêter son centenaire ! Nul doute que Bertrand Millet et son équipe, composée d’une vingtaine de collaborateurs, vont nous programmer des spectacles encore plus exceptionnels pour cet événement. Un siècle déjà, et toujours avec une jeunesse intacte ! De plus, le Plan de Rénovation Urbaine de la ville prévoit le réaménagement complet de la rue de l’Epeule en 2026, et en particulier la végétalisation du parvis du Colisée.

Projet 2026 ( document ville de Roubaix )
document Colisée

Remerciements à Bertrand Millet, Bernard Vanalderwelt, Patrick Bullens ainsi qu’aux archives municipales.

Wattrelos au Salon

Le Salon des Arts Ménagers de Roubaix a existé de 1951 à 19931. Il accueillait beaucoup de grands commerçants roubaisiens mais également d’autres villes proches comme Croix, Wasquehal, ou Wattrelos.

Les commerçants wattrelosiens furent fidèles à ce rendez-vous et mirent en valeur le commerce régional. Voici quelques unes des enseignes concernées.

Le Gai Logis à Wattrelos pub NE

Le Gai Logis, aux n°22-25 Grand Place de Wattrelos propose des meubles modernes ou rustiques, salons, salles de séjour, meubles de cuisine, chambres. Dépositaire des matelas Epeda, la maison Delignies offre des facilités de paiement. Elle restera fidèle au salon jusqu’au bout.

Deroo à la Vieille Place pub NE

Les meubles Deroo sont des spécialistes du mobilier de cuisine et notamment de la vogue Formica. Il sont situés au 6 de la Vieille Place de Wattrelos, et au 102 rue Pierre Catteau. Cette société accompagna longtemps le salon roubaisien.

Flandria et son dépositaire roubaisien pub NE

La marque Flandria fut d’abord proposée par un dépositaire roubaisien, le Comptoir de la Machine à Laver 27 rue de Lannoy, mais devint vite un stand à part entière les années suivantes. Flandria se trouve au 39 de la rue Jeanne d’Arc à Wattrelos, expose et vend au prix d’usine sa gamme de machine à laver le linge, la vaisselle, les réfrigérateurs, congélateurs bahuts et verticaux, combinés réfrigérateurs congélateurs, cuisinières. Facilités de paiement, service après vente, livraison immédiate sont assurés à la clientèle.

Moudart 1953 pub NE

André Moudart basé au n°290 rue Carnot participa à l’arrivée des commerçants de radio télévision en 1953 hors, puis dans le salon roubaisien. Il était dépositaire des marques Clarville, Phillips et Sonneclair.

Bernard Halleumieux Wattrelos pub NE

La maison Bernard Halleumieux proposait de la menuiserie générale (bois et plastique), escaliers, volets roulants, charpente, cuisines sur mesure, agencements de magasins. Elle se situe dans le quartier du Crétinier, au n°6 de la rue Claude Weppe et au 118 rue Saint Vincent-de-Paul.

Les établissements Willem Vincent et Plumet 58/4 rue Gabriel Péri à Wattrelos sont une entreprise spécialisée dans l’isolation. Ils firent quelques années au salon roubaisien. Pendant les années 80, la société Tradition Meubles sise 60 rue Castermant participa également au salon roubaisien.

Wattrelos Tradition pub NE

Quelques autres commerçants firent une brève apparition au salon : les établissements Sodis 127 rue Faidherbe à Wattrelos étaient d’importants distributeurs de vins et boissons. La maison Despae 10 rue de la Carluyère s’occupait de chauffage électrique.

Il est vrai que Wattrelos se dota d’une foire commerciale le Samedi 14 novembre 1970, en plein centre de la ville. Cinquante exposants, des stands très variés, des jeux, des attractions, des dégustations de toute sorte. Un succès2.

1Voir le Carnet de Mémoire consacré à ce sujet sorti en décembre 2025

2Voir notre article La foire de Wattrelos

Rue Jules Guesde entre la Vallée et la Lionderie

Une fois passé le carrefour de la rue de la Vallée et de la rue des Trois Baudets avec la rue Jules Guesde, cette dernière, en s’éloignant du centre est beaucoup moins commerçante, dans la première moitié du 20ème siècle. La vue aérienne de 1933 montre une rue de village entourée de champs et parsemée de quelques habitations de part et d’autre de la rue.

Vue aérienne de 1933 (Document IGN)

On décompte alors deux fermes, côte à côte, dans cette portion de la rue. La première, en venant du carrefour de la rue Jules Guesde et de la rue des Trois Baudets était déjà en activité au 19ème siècle, exploitée par la famille Deldalle qui avait racheté la propriété à la veuve Bayart. Dans les années 1960, c’est Jean Descamps qui reprend l’exploitation jusqu’à son expropriation au début des années 1980. C’est le lotissement de la rue Henri Waymel qui occupe le terrain de nos jours.

Vue aérienne de la ferme de Jean Descamps dans les années 1970 et vue aérienne actuelle (Documents Historihem et Google Maps)
Vue aérienne des 2 fermes côte à côte en 1962 et vue aérienne de 2024 (Documents IGN et Google Maps)

La deuxième, plus ancienne, est exploitée par la famille Boussemart, au 19ème siècle. Vers 1920, les bâtiments alors exploités par le fermier Duthoit (des 3 Fermes) sont reconstruits, puis Jules Descamps épouse Marie-Madeleine Duthoit et reprend l’exploitation. C’est en 1966 que son fils, Bernard, lui succède jusqu’à sa retraite, en 1994, année au cours de laquelle il cède ses terres à un autre agriculteur et le bâtiment sis au n°179 de la rue Jules Guesde, dans lequel il a ouvert une crémerie au début des années 1980, à un particulier.

La ferme dans les années 1970, une publicité pour la crémerie en 1989, la ferme en 2023 et une vue aérienne dans les années 2020 (Documents Historihem, Nord-Eclair et Google Maps)

C’est également au 19ème siècle que remonte l’ouverture du Café Saint-Pierre, au 240 rue Jules Guesde, à l’angle de celle-ci et de l’impasse Saint-Pierre. Puis pendant près de 30 ans, de 1934 à 1961, l’établissement est tenu par Léon Guevart à la fois répertorié dans les Ravet-Anceau de l’époque comme cafetier et boucher. A la fin des années 1960, le café laisse sa place à une boucherie-charcuterie. Enfin, en 2013, c’est le salon de coiffure Beautiful Coiffure qui s’installe dans les lieux. (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site consacré à la boucherie Au Fin Palais).

Le café Guevart, Au Fin Palais et Beautiful Coiffure (Documents Historihem, collection privée et Google Maps)

Il ne s’agit pas, à l’époque, du seul estaminet installé sur cette portion de rue. Les anciennes cartes postales nous permettent d’y situer au n°206, l’estaminet à l’enseigne « Au Printemps », exploité par le couple Prévot Liagre, dans lequel sont organisés des combats de coqs. L’établissement existe déjà depuis une trentaine d’années lorsque le couple le reprend en 1928. Par la suite ce sont des particuliers qui occupent les lieux.

L’estaminet Au printemps dans les années 1920 et la maison dans les années 2000 (Documents Historihem et collection privée et Google Maps)

A la fin de la seconde guerre mondiale est répertoriée, au n°212, la blanchisserie et teinturerie du Nord qui a ses ateliers au n°362. Puis plus rien et ce n’est que bien plus tard, et pour quelques années que la maison abritera ensuite un chauffagiste, Maurice Potelle avant de devenir le siège des Ets Bruleur service , entreprise de nettoyage de 1980 à 2012.

Le n°212 en 2025 (Document Google Maps)

En dehors de cet établissement, à l’époque, on retrouve, dans le Ravet-Anceau, quelques artisans sur cette portion de la rue Jules Guesde, à savoir : couvreurs et maçons. Ainsi le couvreur Dewailly Farvacq est installé au n°153 des années 47 à 61 puis Emille Dewailly y prend la suite jusqu’en 1972. C’est en 1977 que Sonia Scoufflaire et Danièle Demoor y créent un commerce de prêt à porter à l’enseigne Hem Confection et ce pendant une dizaine d’années. Puis le bâtiment abritera une profession libérale avant de reprendre un usage d’habitation.

Facture des Ets Dewailly Farvacq et publicités du magasin Hem Confection et la façade actuelle du 153 (Document Nord-Eclair, collection privée et google maps)

Deux maçons sont également installés, l’un au n°159, Mr Joveneaux, que l’on ne retrouve déjà plus dans les années 1950, et l’autre au n°230, Mr Laurent qui demeure répertorié à cette adresse jusqu’à la fin des années 1960. Actuellement le 159 abrite un domicile tandis que le 230 a hébergé l’entreprise de location de véhicules industriels d’Albert Degrandsart, laquelle a fermé ses portes en 1984. Actuellement aucune activité n’y est répertoriée.

Photos des n°159 et 230 dans les années 2020 (Documents Google Maps)

C’est au milieu des années 1950 qu’ouvre, au n°173, une boulangerie qui existe encore de nos jours sur ce même emplacement. Il s’agit de la boulangerie Bammez toujours gérée sous ce nom jusqu’aux années 1990, par André d’abord jusqu’à la fin des années 1980 puis par Renaud. C’est ensuite la SARL Delain qui succède à la famille Bammez et ce jusqu’en 2008. Puis le commerce est repris par les Jonckière toujours en activité en 2025.

Publicités pour les maisons Bammez et façades de la boulangerie au fil des dirigeants (Documents Historihem, collection privée et Google Maps)

Un incendie impressionnant dévaste complétement le grenier d’une habitation située au n° 210, en février 1958. Le couple Vanderdonck se trouve dans sa cuisine, au rez-de-chaussée, quand ils sont avertis par une passante et un automobiliste du sinistre qui ravage le dernier étage de leur maison et détruit leur toiture, refaite à la libération,14 ans plus tôt. Les pompiers mettent deux lances en action et viennent à bout de l’incendie en peu de temps sans pouvoir déterminer précisément l’origine de celui-ci.

L’incendie de février 1958 et la maison en 2008 (Documents Nord-Eclair et Google Maps)

Les Transports Thomas s’installent au n°222 à la fin des années 1960. Ils céderont la place aux Transports Piat une trentaine d’année plus tard et pour une dizaine d’années. Après la fermeture de la société en 2012 un parking est aménagé là où les camions étaient précédemment stationnés.

Les transports Piat en 2008 et le parking aménagé après la fermeture en 2015 (Documents Google Maps)

Dix ans plus tard Jean-Michel Clarisse installe sa boutique de fleuriste au n° 208. Jean-Michel et son épouse restent pendant près de 40 ans dans leur joli commerce où, tandis que Jean-Michel compose de magnifiques bouquets dans son atelier, son épouse sert la clientèle avec professionnalisme et une gentillesse exceptionnelle. Puis c’est Nicolas Pommart, déjà installé Place de la République, qui reprend le commerce quand le couple prend sa retraite. (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site consacré à Ancolie).

Les boutiques Clarisse puis Ancolie (Documents Historihem et Google Maps)

Enfin Pizza Nostra ouvre ses portes, au début des années 1990, juste à côté de la boulangerie, au n°175. Antonio (dit Tony) et Françoise Fisicaro y proposent des pizzas à emporter qui font le bonheur des familles. De nos jours la Pizza Nostra est toujours en activité.

Menu de la pizzaria et façade de celle-ci en 2008 et 2023 (Documents site web et Google Maps)

Les vues aériennes de cette portion de rue entre le carrefour des 4 Chemins et le carrefour Saint Pierre nous permettent de mieux percevoir l’évolution d’un quartier encore très agricole au début du 20 ème siècle et devenu plus commercial puis plus résidentiel au fil du passage des décennies.

Vues aériennes en 1962, 1989 et 2025 (Documents IGN et Google Maps)

Remerciements à l’association Historihem

Square Gustave Ansart

Gustave Ansart naît à Roubaix dans le quartier du Pile, le 5 Mai 1923. Issu d’une famille ouvrière, il commence à travailler en usine à l’âge de 13 ans et se syndique à cette occasion.

Gustave Ansart document collection privée

En 1947 il est élu conseiller municipal à Roubaix ; en 1951 il devient secrétaire de l’union CGT de la métallurgie de la région et en 1954 il est élu au comité central du PCF. Député du Nord en 1956 et député européen en 1979, Gustave Ansart est également directeur du journal Liberté à Lille de 1958 à 1982.

Il décède le 20 Septembre 1990 à Denain. De nombreuses personnalités régionales et nationales sont présentes, le 23 Septembre, pour ses obsèques dont Arthur Brabant, maire de Denain ; Noël Josèphe du Conseil régional ; Alain Bocquet, premier secrétaire du Parti Communiste et Georges Marchais, secrétaire général du Parti Communiste.

Gustave Ansart 1923 1990 document archives municipales

Gustave concevait la vie politique comme un débat d’idées et non pas comme un combat entre les hommes. Il y a certes des adversaires, mais jamais d’ennemis. Après son décès en 1990, Emile Duhamel, son fidèle ami, demande à la municipalité de la ville de Roubaix qu’un endroit de la ville porte son nom , si possible dans son quartier du Pile. La demande est acceptée à l’unanimité par le conseil municipal. Ce sera un square situé entre la rue Lannes et la rue Marceau, attenant à la Maison des Deux Quartiers.

la plaque ( document N. Duhamel )

Le 9 Juin 1993, une cérémonie est organisée pour dévoiler la plaque du square Gustave Ansart en présence de nombreuses personnalités. Sur la photo ci-dessous, on reconnaît André Diligent et à ses côtés Mme Gustave Ansart ; au deuxième rang, René Vandierendonck, Bernard Carton et à l’extrême droite, Emile Duhamel.

document N. Duhamel

En 2017, la municipalité accorde un permis pour construire à l’emplacement du square Gustave Ansart, un « Centre de petite enfance du quartier du Pile ».

Centre de petite enfance

A l’approche du 100° anniversaire de la date de naissance de Gustave Ansart, de nombreux roubaisiens sollicitent Mr le Maire Guillaume Delbart, en vue de lui rendre hommage en donnant son nom à une rue ou à un autre endroit. En Février 2025, le conseil municipal propose de réattribuer le nom du square Gustave Ansart, à l’espace vert créé à l’angle de la rue Lannes et du boulevard de Beaurepaire. Une cérémonie a lieu à cet endroit pour dévoiler la plaque du nouveau square Gustave Ansart, le mardi 2 Décembre 2025.

Invitation ( document N.Duhamel )

Sur la photo ci-dessous, on distingue sur la gauche, Gustave Ansart ( fils ) puis Nicole Duhamel, Alexandre Garcin et Michelle Demessine

document La Voix du Nord

Comme le rappelle son fils, Gustave Ansart répétait souvent : « C’est au Pile, que j’ai appris la solidarité, on y partageait la soupe et le pain ». Et quand on le questionnait sur son bagage universitaire, il répondait fièrement qu’il venait de l’Université du Pile.

Gustave Ansart ( document archives municipales )

Remerciements à Gustave Ansart fils, Nicole Duhamel ainsi qu’aux archives municipales.

Histoire de la Musique à Hem 1

1ère partie : L’Harmonie Municipale

C’est en 1845 que la Philharmonie de Hem est créée par le père du brasseur Louis Leclercq. Suite à une dissidence au sein de celle-ci, un groupe de musiciens fonde l’Harmonie de la Citadelle en 1888. Leur siège est situé au Café de la Citadelle. En 1910, leur uniforme bleu marine rappelle celui du Génie de l’époque. En 1914, les deux sociétés comptent chacune 55 membres.

Drapeau de la Philharmonie de Hem en 1845, l’Harmonie de la Citadelle à la fin du 19 ème siècle et la Philharmonie en 1913 (Documents Historihem)

En 1919, de trop nombreux membres des deux formations étant décédés durant la première guerre mondiale, les 2 sociétés se regroupent dans une seule et même association, déclarée en 1920 : l’Harmonie Municipale. Dès lors, sous la direction du chef Jules Delmet, la musique municipale de la ville participe aux différentes manifestations qui y sont organisées.

Harmonie municipale en 1922 et le chef Jules Delmet (Document Historihem)
Différentes manifestations hémoises auxquelles participe la musique municipale en 1928 et 1935 (Documents Historihem)

L’harmonie municipale, subventionnée par la ville jusqu’en 1940, se dote d’un règlement intérieur en 1935. Charles Desmet, né à Hem en 1910, intègre la formation à l’âge de 14 ans en qualité de clarinettiste. En 1939, il y occupe la fonction de 1ère clarinette. Il est en charge de la garde des instruments durant les années d’occupation.

Le règlement intérieur de 1935, Charles Desmet et sa soeur en 1920 et l’Harmonie en 1938 (Doc 2)

Après guerre l’Harmonie se reforme et Jules Delmet en reprend la direction. Charles Desmet s’éloigne un temps pour participer à l’orchestre Ambiance, avant de réintégrer les rangs de la Musique. A la même époque, Maurice Desfontaine prend la direction de la Symphonie des anciens prisonniers de guerre.

Puis, l’âge venant Jules Delmet transmet la direction de l’harmonie municipale à son fils Paul. Quant à Charles Desmet, il prend ensuite le poste de « grosse caisse ». En 1950, Une nouvelle tenue est offerte à la Musique par la municipalité de Hem.

Photos de l’orchestre Ambiance après guerre (Documents Historihem)
La Symphonie des anciens prisonniers de guerre en 1949 (Documents Historihem)
Une nouvelle tenue offerte par la municipalité et photo de l’Harmonie Municipale en 1950 (Document Nord-Eclair et Historihem)

Les fêtes musicales et sportives de l’Harmonie Municipale remportent un vif succès dans la seconde moitié des années 1950. Il en est de même pour leur audition de Sainte Cécile. Il faut donc recruter des jeunes pour prendre la relève et, en 1959, de jeunes garçons âgés de 7 à 14 ans suivent les cours gratuits donnés par Maurice Desfontaine (père) et dont les meilleurs seront destinés à renforcer les rangs de la Musique.

La fête de l’Harmonie Municipale en 1955 et la Sainte Cécile en 1956 et 1957 (Documents Nord-Eclair)
Préparation des jeunes musiciens à l’Harmonie Municipale en 1959 (Document Nord-Eclair)

Durant cette même année, Maurice Desfontaine (fils), en permission d’Algérie, participe à un concert de la formation où il joue, en tant que clarinettiste, avec son père. Durant l’année 1959, un hommage est rendu à Léon Sallez et Jean-Baptiste Amoris, vétérans de la Musique, ce dernier décédant quelques mois plus tard, après plus de 70 années d’activité musicale.

Maurice Desfontaine fils seul et avec le groupe, fête du vétéran Léon Sallez et décès de JB Amoris (Documents Nord-Eclair)
La formation à la fin des années 1950 (Documents Historihem)

L’année 1960 est marquée par le gala de l’Harmonie Municipale, sous le patronage du journal Nord-Eclair, avec des solistes 1ers prix de conservatoire : le flûtiste Bernard Wistraete et le clarinettiste Maurice Desfontaine (fils), et une audition de l’Harmonie, sous la direction de Maurice Desfontaine (père), un gala qui remporte un vif succès.

Le gala de l’Harmonie Municipale en 1960 (Documents Nord-Eclair)

C’est aussi l’année où Charles Desmet est médaillé par le maire de Hem Jean Leplat, au cours d’une cérémonie officielle rassemblant un public conquis. Durant cette même année, se produit le décès du vice-président de l’Harmonie, Louis Manche, également vice-président de l’Union des sociétés mutualistes de Roubaix et environs, mais aussi président de la commission de gestion du sanatorium de Sailly.

Remise de médaille à Charls Desmet en présence de l’ensemble de la formation (Documents Historihem)
Décès du vice-président de l’Harmonie (Document Nord-Eclair)

Le vétéran Léon Sallez prend sa retraite 2 ans plus tard, à l’âge de 81 ans, après 70 ans de pratique musicale. A cette occasion, il pose pour la presse avec la relève, à savoir Pascal Bernard âgé de 5 ans et demi et déjà musicien prometteur. Léon décèdera en 1964. C’est durant la même année 1962 qu’Alfred Vansteenkiste, entrepreneur épris de musique, accepte de reprendre la fonction de président de l’Harmonie vacante suite au départ d’Henri Mulliez pour raison de santé.

Léon Sallez et Pascal Bernard en 1962 et une photo de Léon sur sa pierre tombale (Documents Historihem)
Le nouveau président de l’Harmonie en 1962 (Document Nord-Eclair)

Avec le temps, l’Harmonie voit malheureusement ses effectifs diminuer régulièrement et peine à recruter des jeunes éléments. Elle ne survivra pas à la 2ème partie des années 1960.

Remerciements à l’association Historihem

à suivre

Aurèle Guénard

Il existe à Leers une rue Aurèle Guénard, qui relie le carrefour de la rue Léon Gambetta et de la rue Louise de Bettignies à Leers France à la rue de la Reine Élisabeth, territoire de Leers-Nord en Belgique. À un endroit frontalière, cette rue aurait pu convenir à la ronde d’un douanier entre France et Belgique. On peut penser que c’est à dessein qu’on lui donna le 12 novembre 1927 le nom d’Aurèle Guénard, qui fut douanier et patrouilla sans doute en ces lieux.

Né à Charleville-Mézières en 1879, Aurèle Guénard s’est engagé pour quatre ans dans l’armée et il est affecté dans l’infanterie de marine. On le retrouve au Tonkin (Vietnam) du 3 février 1899 au 4 novembre 1900. Au terme de son contrat, il revient dans les Ardennes, se marie et intègre l’administration des douanes en 1909. Il est gabelou à Wattrelos où il habite caserne de la douane. Il sera ensuite mobilisé comme soldat télégraphiste à Dunkerque avant d’être redirigé sur Lille le 7 septembre 1914. L’armée française est repoussée. Le 25 août 1914, alors que l’ennemi est signalé sur la frontière franco-belge, Aurèle Guénard abat un soldat allemand.

Aurèle Guénard photo Égalité de Rx Tg

Ne voulant pas être fait prisonnier, il quitte l’uniforme pour des vêtements civils. Avec un autre soldat, le caporal Gaston Briclair, il va former un redoutable duo de franc-tireurs. Après l’occupation de Lille, à partir d’octobre 1914, Guénard passe des courriers clandestins entre la France et les Pays-Bas tout en organisant l’évasion de soldats français emprisonnés dans la capitale des Flandres. À la Noël 1916, Aurèle et son épouse sont cachés à Lille rue Léon Gambetta. Il est recherché mais demeure introuvable.

Dénoncé, il est finalement arrêté le 14 novembre 1917 dans un café de la rue Gambetta à Lille nommé « Au Mont Cassel ». Le douanier est incarcéré à la citadelle. Le conseil de guerre le condamne à mort le 12 juillet 1918 pour espionnage. Il est fusillé le 23 août à la citadelle de Lille. Son corps repose au cimetière du sud. Lors de son décès il est domicilié à Lille rue Manuel l’une des nombreuses adresses où il résidait il devait en changer souvent.

Excepté la médaille militaire, décernée à titre posthume en 1922, personne n’a jamais vraiment rendu hommage à l’action et à la mémoire d’Aurèle Guénard. Dans les années 30, la municipalité lilloise avait envisagé de lui dédier un monument mais le héros n’eut pas cet honneur. Leers lui consacrera une rue.

Sources

La Voix du Nord août 2018, novembre 2019

L’Égalité de Roubaix Tourcoing 9 et 10 décembre 1931