Carlier Vogliazzo ( suite )

En 2004, Pascal Carlier et Paulo, le responsable du magasin de Roubaix, reprennent l’entreprise qui se nomme désormais CVA. Dans les rayons de Carlier Vogliazzo, les produits incontournables qui ont fait la réputation de la maison, sont bien sûr toujours présents : charcuteries, fromages, pâtes fraîches, antipasti, mais aussi les vins, les huiles d’olives bio, ou encore les lasagnes importées directement d’Italie.

Pascal Carlier ( document Nord Eclair )
document Nord Eclair

En 2013, le local de Lille, situé à l’intérieur du marché couvert de Wazemmes, devient trop petit. On le déplace alors un peu plus loin, au 381 rue Léon Gambetta. Le magasin de 300 m2 est pittoresque et authentique. On voyage en méditerranée, au fil des produits pendus au plafond ou humés (épices, jambons, olives, fromages…).

14 salariés travaillent désormais dans l’entreprise sur les magasins de Roubaix et Lille, pour proposer d’innombrables références allant de la gelée royale d’Espagne au Jambon de Parme en passant par la Saucisse de Sardaigne, la Figatelle de Corse à la Mozarella di Buffala italienne.

le magasin de Lille ( document Carlier Vogliazzo )

« 70 % de la clientèle de Carlier Vogliazzo est issue de l’immigration » soulignent Pascal et Paulo. « La politique est de proposer le meilleur produit au meilleur prix. Résultat, les clients du Grand Nord de la France et même de Belgique y ont leurs habitudes : « Des gens qui font 80 km pour venir chez nous, ce n’est pas exceptionnel ! On dure dans le temps, parce qu’on est une entreprise familiale, traditionnelle qui ne prend pas le client pour de la marchandise. Ici, ça parle toutes les langues, ça met du charme, du folklore, une ambiance qui sent le vécu, l’évasion ! ».

document Nord Eclair

En 2016, le magasin de Roubaix ferme tout le mois d’Août pour travaux. Il en avait bien besoin, en effet, depuis 1949, il était resté dans son jus, ou presque ! Le principal changement que constate le client, c’est l’implantation de la boutique. L’entrée se fait toujours par la même porte, à l’angle de la rue Emile-Moreau, mais on ne se heurte plus aux clients patientant devant le grand comptoir frigorifique. Ce dernier va être installé un peu plus loin, au centre de la boutique, pour assurer une meilleure circulation. Autre nouveauté : une fois le panier rempli, le client sort juste à côté de la caisse, par la grande porte vitrée donnant sur la rue de l’Alma. « L’idée, c’est d’améliorer l’accueil et le service à la clientèle. La boutique va être plus fonctionnelle, plus belle », souligne Nathalie Carlier, l’épouse de Pascal.

document Nord Eclair

En 2020, la crise sanitaire touche tous les pays. Le Covid change les habitudes de consommation. Carlier Vogliazzo s’adapte et propose un service supplémentaire, un site de vente en ligne voit le jour. 

document Carlier Vogliazzo

Aujourd’hui, avec presque 80 années d’existence, Carlier Vogliazzo est toujours présent dans les 2 magasins de Roubaix et Lille. Plus de 3000 références directement importées d’Italie, d’Espagne, du Portugal, de Grèce sont proposées à la clientèle en collaboration avec les plus grandes marques mais aussi avec des petits producteurs.

Carlier Vogliazzo : C’est l’un des plus illustres commerces de bouche roubaisien ! La devise des magasins est donc : « Le temps passe, les goûts et la qualité restent ».

document Nord Eclair
Les lettres effacées de l’enseigne indiquent la longévité impressionnante du magasin de Roubaix ( Photo BT )

Remerciements aux archives municipales

La disparition des rails

La fin des tramways urbains de Roubaix-Tourcoing (réseau ELRT) s’effectuera de 1951 jusqu’en 1956. Confrontée à des pertes financières et à la vétusté, la compagnie remplace progressivement ses lignes par des autobus, les premières suppressions majeures (lignes D, H, LN) commençant cette année-là. En juin 1951, le conseil municipal roubaisien a souhaité l’arrivée des autobus. Le 27 avril 1952, un protocole d’accord concernant la prorogation de la concession et la modernisation des réseaux est signé entre les maires de Roubaix et Tourcoing et la société ELRT, qui valide entre autres décisions la transformation des lignes de tramways en autobus, selon un calendrier pré établi.

L’enlèvement des rails rue Daubenton photo NE

En 1951, les lignes urbaines et suburbaines, dont la ligne D (Roubaix – Mouvaux) et H (Roubaix – Leers), sont les premières à être remplacées par des bus. Des autobus de marque Chausson, remplacent les motrices électriques de la compagnie. En juillet 1956, la quasi-totalité du réseau urbain de Roubaix-Tourcoing a disparu, excepté le « Mongy » (ligne Lille-Roubaix-Tourcoing) .

L’enlèvement des rails boulevard Leclerc photo NE

Les tramways ont disparu mais il faut à présent enlever les rails, les pylônes. Le trajet de la ligne F représente soixante deux kilomètres de rails à enlever ! On s’y emploie à une cadence accélérée. Mais on estime qu’il faudra près d’un an pour en venir à bout. Après avoir démonté les fils aériens, les ouvriers s’attaquent aux rails, ce qui entraîne de véritables chantiers qui nécessiteront de réparer la chaussée défoncée.

La disparition des trams fut un événement heureux pour les cyclistes, pour lesquels les rails étaient de véritables pièges, fauteurs de chutes !

Ecole Marcel Pagnol (suite)

Dans les années 1990, l’école développe des activités diverses à côté de la scolarité classique des enfants. Ainsi, les élèves de CM2 écrivent, en 1990, un article dans la presse locale sur les structures existant au niveau de leur ville pour venir en aide aux personnes du 3ème âge. En 1993, la Metro Goldwing Beaumont installe son siège dans la cour de l’école à la recherche d’acteurs pour son prochain film : les Aventuriers de l’Elixir Perdu. Puis les enfants participent, plus classiquement au carnaval.

Chronique « le petit écolier roubaisien » en 1990, ils en font un cinéma et le carnaval en 1993(Documents Nord-Eclair)

C’est en 1994 que « la cantine » devient un self-service tout ce qu’il y a de plus moderne. C’est une première à Hem quand Marcel Pagnol bénéficie d’un réaménagement des cuisines et de cette nouvelle formule de restauration proposée par Lys Restauration. Désormais les enfants choisissent leur menu tout en équilibrant leur repas au moyen d’un jeu d’assiettes de couleurs dont chacune correspond à un groupe d’aliments. Ce sont eux qui débarrassent ensuite leur place, vident leurs assiettes et rangent leurs plateaux.

Un self pour choisir seul et manger sain (Documents Nord-Eclair)

En mars 1999, c’est un incendie à l’origine mystérieuse qui se déclare dans l’école dans la soirée. S’il ne fait pas beaucoup de dégâts, seul un meuble servant de bibliothèque ayant été détruit, l’incident aurait pu être dramatique, une femme, agent d’entretien, qui se trouvait seule dans l’établissement y ayant été retrouvée inanimée, en état de choc et intoxiquée par la fumée.

Incendie en 1999 (Documents Nord-Eclair)

L’odeur de plastique brûlé prononcée persiste le lendemain et la salle de classe adjacente, bien que n’ayant subi aucun dégât est fermée pour quelques jours jusqu’à ce que l’air y redevienne respirable. Fort heureusement la dame de service est sortie de l’hôpital mais les parents d’élèves s’inquiètent de cet incident qui intervient après une série de 4 cambriolages survenue sur quelques semaines. Fort heureusement le suspect interpellé, qui reconnaît les faits, est une personne dépressive ayant agi dans un moment d’égarement et il ne s’agit pas de violence urbaine susceptible d’avoir une suite.

Inquiétude des parents (Documents Nord-Eclair)

Durant cette même année, des portes sont remplacées et on passe du bois au PVC. Puis les toitures des bâtiments sont refaites et l’éclairage est installé dans la cour de récréation. A l’été, ce sont les peintures qui sont refaites avec une entrée couleur vanille-fraise du plus bel effet ; par ailleurs le vert pâle et le jaune sont plébiscités par les enseignants. Le remplacement des châssis de fenêtres est programmé pour l’année suivante.

La réfection des peintures en 1999 (Document Nord-Eclair)

A la rentrée scolaire 2002-03, le député maire vient découvrir les nouveaux sanitaires du bâtiment B de l’école primaire, refaits durant les vacances. Restent à rénover ceux du bâtiment A, dans un piteux état. Un local pour les archives, sécurisé anti-feu a également été installé. La directrice, Danièle Delannoy, accueille pour cette année scolaire 6 classes et environ 140 élèves en primaire.

Le député maire est de la rentrée (Document Nord-Eclair)

Durant cette même année scolaire, les élèves profitent de la prestation d’une artiste, venue présenter ses contes pour enfants : silhouettes d’animaux au bout de bâtons et décors tout simples mais l’imagination des enfants fait le reste. Ce sont également qui travaillent sur l’affiche du spectacle ; puis une bande dessinée retraçant les histoires contées est exécutée par les élèves du CP.

Pagnol à l’heure du conte (Document Nord-Eclair)

Au début des années 2010, l’établissement fait l’objet de l’attention de la municipalité qui profite des vacances scolaires estivales pour rénover les bâtiments dans le cadre de son plan pluriannuel d’investissement. Cela commence avec une réfection des sanitaires et de la cour de récréation, suivie d’une remise en état des menuiseries et des peintures. Ensuite vient la réfection de la toiture de l’école maternelle, les châssis de fenêtre et l’étage de l’école élémentaire.

Enfin, l’école est dotée d’un nouveau restaurant scolaire à la rentrée des vacances de Pâques 2013, tandis que l’école maternelle est dotée d’un dortoir et que l’école primaire voit ses menuiseries remplacées. L’année suivante l’école doit être remise en conformité aux nouvelles normes d’accessibilité.

L’école en 2012 avec l’ancien restaurant scolaire (Document Google Maps)

L’ancien restaurant scolaire est démoli pendant les grandes vacances de 2014 et un parvis pavé engazonné est aménagé sur l’espace gagné et un parking de 22 places est créé pour les parents et enseignants. La première cour est également refaite avec de l’enrobé drainant laissant passer les eaux de pluie, pour éviter d’engorger les égouts. Grâce à la place récupérée les trottoirs sont reculés et des places de stationnement matérialisées tout au long. Une nouvelle clôture et des potelets de sécurité sont posés. Quant à la seconde cour, elle va être refaite et un terrain multisports devrait être créé aux vacances de Toussaint.

Le parvis refait à neuf en 2014 (Documents Google Maps et Ville d’Hem)

Le rez-de-chaussée de l’école élémentaire fait quant à lui l’objet d’une rénovation en 2016, avec suppression des baies vitrées donnant sur le couloir, peu propices à la concentration des élèves, réfection de certains bâtis de porte et de certaines peintures, ainsi que de l’ensemble du réseau électrique. Ce devrait être le dernier chantier d’ampleur dans cet établissement.

Le dernier chantier d’ampleur en 2016 (Document Voix du Nord)

En 2021, pour accroitre la sécurité routière aux abord de l’école, la ville décide de placer des petites silhouettes colorées au niveau des passages piétons jouxtant l’école pour sensibiliser la population aux excès de vitesse en ville et mieux identifier les zones où la vigilance doit être renforcée. Il s’agit de personnages sans visage de couleur jaune ou rouge aux bandes réfléchissantes tout le long du corps, sur le point de traverser à un passage piéton.

Les silhouettes au passage piéton de part et d’autre de l’ avenue de la Marne devant l’école (Documents Google Maps)

Depuis plus de soixante ans, au cœur du quartier de Beaumont, l’école Marcel Pagnol accueille donc les enfants en maternelle et en élémentaire dans des locaux spacieux et entièrement rénovés au fil des décennies. Elle dispose d’une garderie et d’un restaurant scolaire mais aussi d’un potager en son cœur permettant aux enfants de découvrir le travail de la terre et aux parents de goûter les légumes qui en sont issus.

Extraits du guide de l’école édité dans les années 2010 (Document Ville de Hem)
Photo panoramique de l’école en 2023 au cœur du quartier de Beaumont (Document Google Maps)

Remerciements à l’association Historihem

80 avenue Jean Lebas

La rue de la Gare a été percée en 1882 pour relier la Grand Place à la future gare de Roubaix. Dès 1885, des constructions s’élèvent et très rapidement l’avenue, large de 25 mètres, est bordée de magnifiques immeubles occupés par des sièges d’entreprises textiles et par des banques.

Le 80 avenue Jean Lebas ( document plan cadastral )

Le numéro 80 de cette avenue est un immeuble cossu. Une porte cochère permet l’entrée de l’établissement occupé par la Banque Nationale de Crédit, au milieu des années 1880. Cet établissement bancaire propose toutes les opérations de bourse, de banque, de locations de coffre forts etc.

document collection privée
document collection privée

La Banque Nationale de Crédit ferme ses portes au début des années 1930, Le bâtiment est repris ensuite par le cabinet d’assurances d’André Piat. Il propose tous types d’assurances et, plus tard, se spécialise dans les contrats de l’assurance automobile, dans les années 1950.

document collection privée
document collection privée

Dans les années 1970 c’est le cabinet d’assurances Ricour qui est installé dans l’immeuble, jusqu’au milieu des années 1980.

document collection privée

L’E.R.J : Espace Ressources Jeunes est créé en 1988 et s’installe dans les locaux. L’ERJ permet à des jeunes ayant un projet de le développer. Si le projet est bien construit, il sera accepté et permettra aux jeunes d’avoir une insertion sociale, une prise de conscience, une autonomie et en définitive de leur donner confiance en eux et en l’avenir. Le C.L.A.P : le Comité Local d’Aide aux Projets, quant à lui, permet à des jeunes porteurs de projets de présenter leur action et d’obtenir des aides financières.

document archives municipales
document Nord Eclair

En 2005, Juliette Bughin ouvre son atelier créatif : la « Maison Marotte » et s’installe dans les locaux, car il se trouve alors en plein quartier des modes. C’est une enseigne qui permet d’apprendre à créer soi-même des objets, vêtements ou bijoux. Pourquoi Maison Marotte ? Maison, pour le côté désuet et Marotte pour le hobby avec un grain de folie en plus. L’idée créative bien que séduisante ne donne pas les résultats escomptés et Maison Marotte cède la place à un salon de coiffure.

Juliette Bughin ( document Nord Eclair )

En 2010, David Pollet, ancien commercial et autodidacte, cherche une entreprise à reprendre. Ce sera le salon de coiffure à enseigne « Le Monde Addict », au 80 de l’avenue Jean Lebas. Dans cet immeuble de cachet, c’est un salon atypique où les portes et le comptoir sont en bois massif, de l’époque de la Banque Nationale de Crédit, et même l’ancien coffre fort s’y trouve encore !

David y installe son propre salon avec du mobilier design créé par son frère, recrute une équipe fidélisée et crée une ambiance sympathique. Le démarrage est satisfaisant et très rapidement, David ouvre plusieurs autres salons de coiffure sur la métropole. Le Monde Addict est toujours présent dans les mêmes locaux après 16 années d’expérience.

David Pollet ( document Nord Eclair )
Le salon de coiffure ( document Nord Eclair )

Remerciements à Julien ainsi qu’aux archives municipales.

Alphonse le bourleux

Nous avons déjà évoqué le géant Don Carlos Charles Philippe de la Mottelette qui a été créé en 1959 par un comité de riverains formé dans le quartier de la Mottelette. Il est aussi connu par les adeptes du patois comme étant l’Ro des Minteux. Haut de 4 mètres et pesant près de 150 kilos, il rappelle l’image de ces travailleurs à domicile que l’on appelait autrefois travailleurs à l’otil. On peut l’apercevoir dans l’entrée de la mairie de Leers.

Alphonse le bourleux doc Mairie de Leers

Mais un second géant leersois est né le 1er octobre 2011 : Alphonse le bourleux. Il mesure 4 mètres de hauteur et pèse 57 kilos. Fabriqué en osier et en rotin, il représente le bourleux typique du Nord. On peut l’apercevoir lors des fêtes leersoises.

La bourloire Saint-Louis doc Mairie de Leers

Ce géant rend hommage au jeu de bourles. Il rappelle que les bourloires étaient nombreuses à Leers. L’excellent ouvrage Leers mon village en a dénombré seize sur le territoire de la commune, réparties en six bourloires extérieures, trois bourloires de salon et sept bourloires couvertes. La bourloire du Cercle Saint-Louis, classée à l’inventaire des Monuments Historiques depuis 2006, perpétue la tradition du jeu de bourles, connu dans notre région depuis le Moyen-âge.

Boulevard Clémenceau/ avenue De Gaulle (suite)

Qu’en est-il des commerces alors ? Si l’on revient au document 3 à savoir la CPA colorisée du boulevard côté Jules Guesde : au premier plan de la carte postale on voit une maison blanche qui se situe au n°2 du boulevard et qui abrite une maison d’habitation. En 1955 c’est celle de l’industriel Duquesne-Joveneau puis du placier en laines Ch. Delemme avant qu’il ne s’installe au n°66.

CP moderne des années 1960 avec le carrefour Clémenceau Guesde et, au 1er plan, la café des Fleurs (Document collection privée)

Ce n’est qu’en 1958 que Léopold Duquesnoy y installe son commerce de cycles et également, comme il est d’usage à l’époque, un café mais aussi un hôtel. L’établissement est aussi le siège du club des « Dingos » qui réunit, en 1960 et 1961, une quarantaine d’anciens pour un banquet en présence du maire le Dr Jean Leplat.

Le repas des anciens en 1960 et 1961 au café sis bd Clémenceau (Document Nord-Eclair)

Repris en 1965 par Albert Verhille, le commerce à l’enseigne Hôtel des Fleurs, poursuit une activité de café-hôtel-restaurant mais aussi de vente et réparation de cycles et cyclos. Il continue également son œuvre de comité d’entraide aux anciens et devient le siège de l’USH (Union Sportive Hémoise).

Publicité de l’hôtel des Fleurs en 1968 (Document Nord-Eclair)

L’établissement continue ensuite son activité de café, hôtel et taxi dans les années 1970 sous la gérance de Mrs Everharde puis Delepau. S’y succédent également les Choteau-Benoit qui mettent l’accent sur les jeux automatiques pour cafés et J.Y.Briche. Ensuite, le café-hôtel des Fleurs est repris par le couple Henri Pollet-Moncheaux puis par Danièle Pollet.

Publicités de l’Hôtel des Fleurs en 1972 et 1974 et photo de l’établissement en 1977 ; publicités des années 1980 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

Par la suite, le commerce perd son activité hôtellerie mais le café des Fleurs perdure au 21ème siècle et s’enrichit d’une activité friterie dans une annexe au bâtiment principal. A partir de 2000, plusieurs gérants vont se succéder à la tête du café-brasserie et de la friterie jusqu’aux années 2020 au cours desquelles la restauration est assurée par Sophie Destailleurs à la tête de Basilik Pizza et Arnaud Lamblain qui gère la friterie O Clémenceau.

Publicité du café des Fleurs en 2000, façade du café en 2008 et 2025 (Documents guide pratique de Hem et Google Maps)
La friterie en 2008, 2016 et 2022 (Documents Google Maps)

A la même époque, à l’autre extrémité du boulevard, au rond-point des 3 Baudets, au n°252, une alimentation générale épicerie ouvre ses portes. Géré par H. D’Hoedt-Maubrun puis par Mrs Macquet puis Dufaye le petit commerce cède la place à la banque Scalbert au début des années 1970. Dès 1972, la succursale bancaire fait l’objet d’une tentative de hold-up qui se solde par un échec…La voiture volée ayant servi au forfait est retrouvée très vite sur Roubaix.

Publicité du guide hémois en 1970 ; la tentative de hold-up à la banque Scalbert en 1972 (Document Nord-Eclair)

Devenue ensuite Scalbert-Dupont la banque effectue des travaux, 20 ans plus tard pour continuer à recevoir la clientèle dans des locaux modernes et fonctionnels en offrant tous les services d’une banque moderne tels qu’un guichet automatique utilisable 7 jours/7 et 24h/24. Lors de l’inauguration, en 1993, l’établissement accueille un public ravi: conseillers municipaux, chefs d’entreprise du secteur et nombreux clients. L’agence est toujours en activité de nos jours sous l’enseigne CIC.

Publicité de 1978 et inauguration de la banque Scalbert-Dupont en 1993 et photo de l’agnec CIC dans les années 2020 (Documents Nord-Eclair et Google Maps)

Au n°70, on trouve, durant quelques temps dans les années 50, les Declercq-Goditiabois, commerçants en articles de ménage, avant que la maison ne devienne le domicile de l’industriel J Duhot-Pau,et au n°93 le négociant Flipo-Verspieren dans les années 60 à 80. En 1989, un foyer de l’enfance est ouvert dans cette magnifique bâtisse.

« Les 4 saisons » y hébergent une quinzaine d’enfants sous la responsabilité de Mme Barbedette. C’est OPHLM (Office Public de l’Habitat à Loyer Modéré) qui a racheté l’immeuble, l’a rénové et le loue à l’EPDSAE (Etablissement Public Départemental pour Soutenir Accompagner Eduquer).

Le n°93 devient le deuxième foyer de l’enfance du boulevard en 1989 (Document Nord-Eclair)
le n°93 en 2008 et 2019 (Documents Google Maps)

Le commerce de produits laitiers de Marie-Louise Doutreligne au n°61 est en activité dans les années 1940. La crémerie Debuy se situe au n°224 durant la décennie 60, et le glacier J. Walczak au 61 bis de la fin des années 60 à 1985. Il y a également le tailleur Lepers-Fontaine au n°194. Plus insolite, face au n°190 de l’avenue De Gaulle, au début des années 1990, Jean-Luc Provost installe sa friterie.

Située à la sortie de la voie rapide, à proximité d’une station-service, la petite baraque se fait vite une clientèle d’habitués venant de Hem, Lys et Roubaix. Les automobilistes et routiers de passage et les ouvriers d’usines alentours trouvent là une halte sympathique pour manger un morceau le midi ou le soir.

La carte professionnelle de Marie-Louise Doutreligne dans les années 1940 ; la friterie Provost en 1994 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

Depuis 20 ans en effet une station-service Total a ouvert ses portes au 186-188 avenue De Gaulle. Le Relais des Trois-Baudets, tenu par différents gérants, assure à la fois la vente de carburants, d’accessoires mais aussi le lavage et le graissage des véhicules. Depuis quelques années l’établissement, qui existe toujours, a été « relooké » Total Energies.

Publicités du relais des 3 baudets dans les années 1970-1980 ; Station-service Total en 2008 et 2025 (Documents Historihem, guide hémois et Google Maps)

Enfin, pendant quelques années, durant les années 1980, Marie Freté tient le salon Parenthèse, au n°113. Elle y propose : soins esthétiques, relaxation, séances de bronzage, et y assure la vente de cosmétiques. Après cette activité la maison retrouve son usage d’habitation.

Publicité du salon Parenthèse dans les années 1980 et la maison en 2008 (Documents Historihem et Google Maps)

En ce qui concerne les services : avec la croissance rapide de la ville de Hem, un nouveau bureau de poste, répondant aux besoins d’une ville moyenne, est mis en chantier au n°122, à l’angle du boulevard Clemenceau et de la rue Jean Jaurès en 1968 pour être ouvert au public au début de l’année 1969. Le nouveau bureau de poste bénéficie de places de parking ainsi que d’un distributeur de billets de manière à améliorer la vie des habitants du quartier des 3 Baudets, où un nouveau lotissement vient de voir le jour en face de l’église Saint-Joseph. (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site).

chantier de la nouvelle poste en 1968 et bureau finalisé en 1969; photo couleur des années 1970 et photo en 2025 ( Document Nord-Eclair et bulletin municipal de Hem, collection privée et Google Maps)

Une seule entreprise industrielle à savoir Damart, s’installe sur le boulevard. Le centre d’expédition y ouvre ses portes en septembre 87 et son inauguration a lieu en Novembre en présence de nombreuses personnalités : parmi elles, Mr Longuet, ministre délégué chargé de la Poste et des Télécommunications, Mr Aurousseau, préfet de la région, Mr Diligent, sénateur-maire de Roubaix, et bien sûr Mme Massart maire de Hem. (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site).

Photos de l’inauguration et de la coupure du ruban (Documents Nord-Eclair)

De nos jours les boulevard Clémenceau et avenue De Gaulle sont toujours essentiellement résidentiels et les quelques champs qui demeuraient entre la rue de la Tribonnerie et Damart disparaissent depuis peu pour laisser place à un chantier de construction d’ immeubles collectifs de standing et maisons individuelles. La photo aérienne de 2025 montre encore la présence des champs avant la mise en œuvre du chantier.

Vues aériennes de 1981 et 2025 (Documents IGN et Google Maps)

Malgré la bétonisation croissante et la disparition des champs qui la bordaient cette artère de la ville fait encore la part belle aux arbres et aux fleurs, comme c’était déjà le cas en 1989 lorsqu’elle avait été récompensée par la plaque de la rue fleurie ajoutée près de la plaque classique portant son nom.

L’avenue Clémenceau est la plus fleurie en 1989 et bordée d’arbres en 2025 (Document Nord-Eclair)

La ligne 5 (suite)

Après avoir traversé le canal, nous nous trouvons sur le boulevard Gambetta, à Tourcoing, dans une zone qui a été complètement remaniée de nos jours. Cette zone s’étend jusqu’au delà du double pont de chemin de fer, qui a perdu aujourd’hui une de ses branches. Ce pont supportait des voies formant un triangle à hauteur de la gare des marchandises de l’Union.

Photo IGN 1931

Il ne reste que les culées de l’autre partie. La photo nous montre dans son intégrité la succession des deux ponts.

Les ponts de chemin de fer

Poursuivant notre chemin, nous assistons au croisement de deux motrices, toutes deux des mêmes premières séries, et en état d’origine, au carrefour avec la rue des Carliers, placée dans le prolongement de la rue du Blanc seau. Un habitant à la chaîne de montre avantageuse regarde le photographe. Le bâtiment du tabac qui fait le coin à gauche existe toujours ; c’est maintenant une Pizzeria. Les constructions au premier plan à droite sont toujours là.

Au coin de la rue des Carliers

Un peu plus loin, la ligne passe devant le Lycée Gambetta, ornement du boulevard, dont la façade n’a pas changé aujourd’hui, et dont les mêmes fenêtres sont protégées par les mêmes grilles.

Le Lycée Gambetta

La voie dépasse ensuite l’église du Sacré Coeur, autre ornement du boulevard, qu’elle laisse sur sa gauche. Les maisons à gauche avant l’église n’ont pratiquement pas changé, le bâtiment qui fait l’angle après non plus.

L’église

Encore une centaine de mètres et nous parvenons à l’extrémité du boulevard, à sa rencontre avec la place des Victoires. A cet endroit, la voie rencontre celle du Mongy issue de Lille par le Croisé Laroche, qui vient de traverser le canal sur le pont Hydrauique. Les deux itinéraires se mêlent alors en empruntant la rue Faidherbe. La première photo nous montre une rame TRT qui se dirige vers Roubaix, la suivante une voiture du Mongy en route pour le centre de Tourcoing.

Notre ligne suit donc la rue Faidherbe et, à partir d’ici, tous les bâtiments d’origine ont laissé la place à des constructions récentes. Un arrêt au coin de la rue Thiers, un à la rencontre de la rue Fidèle Dehouck, et la ligne rejoint celle qui suit la rue Carnot par une courbe à gauche.

La première photo montre une rame qui, venant de la place, bifurque pour emprun ter la rue Faidherbe vers Roubaix. La suivante, prise également au carrefour des rues Faidherbe et Carnot, montre une circulation venant de Roubaix vers la place.

La voie suit alors la rue Carnot jusqu’à la place de la République où elle prend à droite pour arriver au faisceau des voies situé près de l’église.

La dernière photo nous montre une motrice de la ligne au terminus devant la kiosque-abri.

Photo Au fil des trams

Les documents présentés sans autre origine proviennent des archives municipales et de la médiathèque de Roubaix

Carlier Vogliazzo

Jean Carlier est né dans le Pas-de-Calais, Elvira Vogliazzo est d’origine italienne. Ils ouvrent une petite épicerie, au 96 rue de l’Alma à Roubaix, en 1949. C’est une toute petite échoppe de 20 m2, dans laquelle le couple propose des spécialités italiennes. Les débuts de leur activité sont encourageants, ils ont tous deux, le sens du commerce, et bénéficient d’une clientèle italienne nombreuse dans le quartier, des immigrés italiens qui ont du quitter leur pays et le régime fasciste.

document Carlier Vogliazzo

En 1952, le manque de place de leur magasin se fait cruellement sentir, mais aucune possibilité pour Jean et Elvira d’agrandir leur point de vente. Ils ont alors l’occasion de reprendre un local voisin, au 110 de la rue, à l’angle de la rue Emile Moreau. C’était auparavant le Foyer des Gardiens de la Paix. Ils aménagent à l’intérieur leur nouveau magasin d’alimentation et font appel à un entrepreneur local, Mr Pagliano, situé rue Philibert Delorme, pour des travaux de façade : remplacer 4 petites fenêtres par deux baies vitrées, une sur la rue de l’Alma et une sur la rue Emile Moreau. La gamme de produits s’étoffe, l’immigration italienne depuis la dernière guerre se développe, les quotas d’importation de produits étrangers baissent: les affaires du nouveau magasin deviennent alors prospères. En 1959, Jean confie des travaux de rénovation de sa façade ( rejointoiement et cimentage ) à l’entreprise de René Buil, au 27 rue Voltaire.

document Carlier Vogliazzo

Jean Carlier est non seulement bon commerçant, il est également curieux, Tout l’intéresse et en particulier les voyages. C’est lors de déplacements en Espagne et au Portugal qu’il découvre d’autres produits et d’autres saveurs. Au début des années 1960, Jean et son épouse développent donc leur gamme de produits pour satisfaire leur clientèle tout en évitant les intermédiaires afin de proposer des prix bas.

Jean Carlier précise : « Les clients recherchent « les produits du pays », les voyageurs qui ont un souvenir gustatif de leurs vacances en Espagne, en Italie, au Portugal, les curieux qui aiment goûter des saveurs nouvelles, différentes et enfin les connaisseurs qui ne viennent pas chez nous par hasard ! »

En 1968, Jean développe son entreprise en reprenant un magasin d’alimentation : Le Comptoir Français de Distribution, situé au 8 Contour Saint Martin. Il demande à l’architecte Raymond Lecocq, de la rue d’Inkerman, de transformer et d’agrandir le magasin et d’aménager 2 appartements dans les étages.

Façade et plan du 8 Ctr St Martin ( document archives municipales )
Publicité 1971

Par la suite, Jean Carlier reprend la maison voisine de la rue Emile Moreau. L’architecte choisi est Emile De Plasse au 230 rue Pierre de Roubaix, qui organise une légère transformation de la façade avec le percement d’une porte de garage.

La façade de la maison rue Emile Moreau ( document archives municipales )

En 1974, Jean ouvre un troisième point de vente à Tourcoing, au 40 rue de Moscou.

Publicité 1975

Au début des années 1970, Henri, et Jean-Pierre, les deux fils fils de Jean et Elvira entrent dans la petite entreprise, pour créer l’activité de vente en gros destinée aux restaurants, pizzerias et autres commerces. Le volume engendré nécessite d’agrandir les locaux en reprenant un entrepôt de stockage de 300 m2, avec 3 chambres froides, et situé au 33, rue Cadeau. Un parking est aménagé dans cette même rue, après la démolition de quelques maisons insalubres.

document Carlier Vogliazzo
Entrepôt rue Cadeau ( Publicité 1981 )

Carlier Vogliazzo devient alors la référence régionale de la profession. En 1977, Henri rachète la maison voisine du 108 rue de l’Alma pour agrandir le magasin. La surface de vente et la réserve à l’arrière s’étalent désormais sur 159 m2.

document archives municipales et plan cadastral
Façade 1980 document Carlier Vogliazzo

A la fin des années 1980, Henri et son jeune fils Pascal, sont présents sur le marché de Wazemmes à Lille, tous les dimanches en matinée. Excellente école pour le jeune garçon qui commence à apprendre le métier. Il finit ensuite sa formation dans l’entrepôt de la rue Cadeau.

En 1995, la famille Carlier arrive en Belgique. L’objectif est de proposer leurs gammes de produits de la Méditerranée : « Les produits du Soleil » aux professionnels belges.

document Carlier Vogliazzo

A suivre . . .

Remerciements aux archives municipales

La Filature Saint Liévin

Wattrelos a accueilli sur son large territoire plusieurs grandes entreprises textiles : ainsi dès 1845 c’est le tissage D’Halluin-Lepers qui s’installe, suivi 20 ans plus tard, par l’usine Leclercq-Dupire, à cette époque première fabrique de Wattrelos, avec 600 ouvriers. Le peignage Amédée-Prouvost est transféré du centre de Roubaix à la limite des deux communes puis, non loin de là, en 1912, est créée La Lainière de Roubaix, dont la plus grande partie des installations est située sur Wattrelos. Après la première guerre, l’industrie textile se relève et d’autres sites sont créés, comme la filature Saint Liévin.

Désireux de se mettre à son compte, après son mariage en 1900, Louis Mulliez Lestienne avait ouvert une petite affaire de retordage de laine. L’entreprise démarre vite, se développe, mais sera durement affectée par la Première Guerre mondiale. En 1923, avec son ami Jules Toulemonde, qui exploite un tissage de laine, Louis Mulliez entreprend de monter une nouvelle affaire, de filature et de peignage de laine cette fois. C’est l’acte de naissance des filatures de Saint-Liévin.

L’usine principale s’installe à Wattrelos. Spécialisée dans le filage et le traitement de la laine (notamment le fil à tricoter), l’usine s’installe sur un site immense de près de 9 hectares, stratégiquement situé à Wattrelos, près du centre-ville sur le lieudit les Près. L’accès principal historique et les bâtiments administratifs de l’usine se situent le long de la rue Édouard Vaillant (notamment autour des numéros 57 à 88).

Vue aérienne de l’usine doc IGN

Dans les années 1940, sous l’impulsion des enfants de Louis Mulliez, l’entreprise innove de manière décisive. C’est la naissance de la marque Phildar (contraction de Fil d’Art), qui s’appuie directement sur la production de la filature de Wattrelos. Phildar ouvre ses premières boutiques et développe un système de franchise ultra-performant. Dans les années 1950-1960, la marque devient le leader incontesté du fil à tricoter en France, employant des milliers de personnes.

Produit Phildar Site Tricolaine

Au plus fort de son activité, durant les décennies glorieuses du textile de la région de Roubaix-Tourcoing (notamment dans les années 1960 et 1970), le site wattrelosien a compté plus de 1 000 salariés et ouvriers.

À la suite du déclin progressif de l’industrie textile en France et des restructurations successives, les effectifs ont massivement diminué jusqu’à la fermeture définitive de l’usine en 2004, laissant derrière elle une friche industrielle de 9 hectares. À partir de la fin des années 1970, le secteur textile du Nord subit de plein fouet la crise, la concurrence internationale et les délocalisations, et la filature Saint-Liévin n’échappe pas à cette dynamique. Après plus de 80 ans d’existence, l’usine ferme définitivement ses portes en 2004, laissant derrière elle une immense friche industrielle au cœur de la ville et une vive émotion chez les Wattrelosiens.

L’ancienne filature Saint-Liévin occupait un très vaste site industriel situé en plein cœur de la ville de Wattrelos. Fermée au début des années 2000, cette friche a laissé place à la création d’un tout nouveau quartier mixte : le quartier de l’Hippodrome.

Ecole Marcel Pagnol

Au début des années 1950, on compte 200 nouvelles habitations implantées dans le quartier de Beaumont et d’autres cités HLM sont prévues. Le 21 décembre 1954, le conseil municipal adopte le programme établi par l’ Inspecteur Primaire et approuvé pas Mr l’Inspecteur d’Académie afférent au projet de construction d’un groupe scolaire pour la rentrée 1955 dans le quartier.

Photo panoramique du quartier en 1950 (Document IGN)

Le projet est confié à l’architecte de Hem, Joseph Delplanque et la municipalité acquiert un terrain d’1,50 hectare afin de permettre sa réalisation. Il est prévu que le groupe comprenne : une école de garçons de 4 classes, une école de filles de 4 classes, une école maternelle de 3 classes et leurs annexes ainsi qu’un logement de direction pour chaque école.

Ce n’est finalement qu’en janvier 1958 que les membres de l’administration municipale visitent le nouveau chantier du futur groupe scolaire de Beaumont. Il a fallu en effet attendre que soit écartée la possibilité d’implantation du cimetière de Beaumont pour pouvoir commencer les travaux (sur ce sujet voir un précédent article, intitulé le cimetière de Hem, précédemment édité sur notre site).

Inauguration des travaux de construction du groupe scolaire en janvier 1958 (Document Nord-Eclair)

Pourtant courant 1958, la presse locale annonce un chantier toujours en cours avec une probabilité d’ouverture à la rentrée de Pâques 1959. Elle présente le futur groupe, situé à l’extrémité de la rue Mozart, comme : «  édifié sur un emplacement idéal, vaste et aéré, où les jeunes écoliers pourront profiter du soleil et de l’air si salubre en cet endroit surélevé. »

Le groupe solaire en chantier en 1958 (Document Nord-Eclair)

Une nouvelle artère a déjà été tracée et créée, partant du boulevard Clémenceau pour accéder rapidement aux abords du nouveau groupe scolaire. La construction, de chaque côté de cette nouvelle rue, de maisons d’habitation est prévue très prochainement et le nom qui devrait lui être donné est celui d’avenue de la Résistance . Elle se nommera finalement avenue de la Marne.

Toutefois, en mars 1959, force est de constater que seule l’école maternelle est en voie d’achèvement. L’inauguration du groupe est donc retardée et devrait avoir lieu à la rentrée de septembre 1959. Ce sont alors 3 écoles, dont le gros œuvre est d’ores et déjà achevé qui seront mises à disposition des garçons et filles du quartier.

Prochaine inauguration du groupe scolaire de Beaumont (Document Nord-Eclair)

A l’été 1959, la municipalité procède à la réception provisoire de l’établissement et visite toutes les salles et les préaux. Les 3 grands bâtiments sont séparés par des cours : celui de la maternelle contient 3 classes, et les 2 autres, munis d’un étage, l’un destiné aux filles et l’autre aux garçons, possèdent une classe et une salle de travaux pratiques au rez de chaussée et 3 classes à l’étage.

Les murs sont recouverts d’une peinture dite fonctionnelle et les sanitaires ont été particulièrement soignés de même que les installations de carrelage pour effectuer des expérience de physique et chimie. Quant aux fenêtres, elles sont très nombreuses et très grandes ce qui procure à la fois une luminosité et une aération remarquable. C’est aussi au mois d’août que le mobilier fait son apparition dans toutes les classes et que l’on apprête les chemins à l’extérieur.

Réception provisoire par la municipalité et une vue extérieure de l’un des bâtiments ; la nouvelle école en hiver (Documents Nord-Eclair et Historihem))

Ce n’est donc qu’en septembre 1959 que le groupe scolaire comprenant 7 classes (et non 9), clôturé et pourvu de radiateurs de chauffage central, accueille enfin 400 enfants avec 4 ans de retard. L’inauguration officielle est quant à elle fixée au 4 octobre.

Vue d’un bâtiment avec préau et d’un logement de direction situé non loin de l’entrée de l’école (Document Nord-Eclair)

L’inauguration a lieu en présence de 3 députés et de 3 sénateurs ainsi que de Mr l’Inspecteur d’Académie. La maire d’Hem et des membres du conseil municipal sont bien évidemment présents ainsi que des maires et des représentants de la plupart des communes du canton. Après une réception à la mairie, un cortège se dirige vers l’établissement scolaire , emmené par les cavaliers de la vallée de la Marque, rassemblant les sociétés locales et les enfants des écoles encadrés par leurs enseignants. Puis vient l’heure de couper le ruban symbolique et d’écouter les discours.

Inauguration du groupe scolaire de Beaumont en octobre 1959 (Documents Nord-Eclair et Historihem)

A la fin de l’année scolaire, 2 événements ont lieu : une belle fête enfantine, en mai, en présence de personnalités, donnée par les enfants de maternelle déguisés, dans un mini spectacle de danse et une exposition des travaux des tout-petits à l’école maternelle, visitée par de nombreuses personnalités locales, en juin.

Fête enfantine en mai 1960 et exposition à la maternelle en juin 1960 ; une photo en maternelle (Documents Nord-Eclair et Historihem)

Presque un an plus tard, à l’été 1960, est inauguré le jardin d’enfants de Beaumont. Réservé aux familles du quartier, il est installé provisoirement sur le plateau d’évolution du groupe scolaire de l’avenue de la Marne et accueille 250 enfants. Il est pourvu de jeux multiples : cages à poules, tobogans, tourniquets, balançoires tournantes…

Inauguration du jardin d’enfants de Beaumont en juillet 1960 (Document Nord-Eclair)

C’est également à cette époque qu’est décidée la construction de trois restaurants scolaires, l’un au Parc, l’autre à Beaumont, le troisième à l’école La Fontaine pour un coût total de 750.000 Frs qui sera financé par un prêt de somme égale d’une durée de 20 ans auprès de la Caisse d’Epargne de Roubaix.

Cantine du groupe scolaire (Document Historihem)

Enfin, c’est en 1976 que le groupe scolaire reçoit le nom de Marcel Pagnol par le conseil municipal sur proposition de la directrice. L’année suivante, une association de parents d’élèves est créée avec pour objectif : la plus grande compréhension possible entre les enseignants, l’administration et les parents au bénéfice des enfants fréquentant l’établissement.

Une vue d’un bâtiment de Marcel Pagnol dans les années 1970 et l’élection d’un nouveau président de l’APE en 1978 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

Remerciements à l’association Historihem

A suivre…