Groupe scolaire de Longchamp

En 1964, le C.I.L. programme la construction de 1.146 logements dans le quartier Longchamp. En octobre 1965, le conseil municipal de la ville de Lys-lez-Lannoy désigne un architecte chargé d’étudier l’avant-projet de la construction d’un groupe scolaire dans le quartier Longchamp. Il est question de subventionner, en 1967, les travaux de construction d’un groupe scolaire de 16 classes sur un terrain situé rue Cavrois (rue parallèle à l’avenue Schweitzer de Hem, les 2 rues étant reliées par une perpendiculaire : la rue Denis Cordonnier à Lys-lez-Lannoy). L’ouverture est programmée pour la rentrée scolaire de 1968.

Le quartier Longchamp avant construction entre 1950 et 1965 avec pour points de repère la fin de la rue Briet sur la future avenue Calmette et les 3 fermes de la rue des Ecoles (Document IGN)

Pour faire face à l’accroissement brutal de la population dans ce quartier autrefois occupé par des surfaces agricoles, la municipalité hémoise adopte quant à elle, dès le 30 juin 1965, le programme de construction d’un groupe scolaire comprenant une école primaire de garçons et une de filles de 10 classes chacune, une école maternelle de 6 classes avec logements, annexes et cantines. A cet effet, le 6 juillet 1965, le Conseil Municipal décide l’acquisition de deux parcelles de terrain d’une superficie totale de 1 hectare 41 ares 17 centiares.

La première tranche du groupe scolaire Longchamp peut finalement être financée par l’État en 1967 et comprendra une école primaire mixte avec 10 classes mixtes, une salle polyvalente de 72 m2, un bureau de direction, une cour de récréation de 1.100 m2, un local de détente de 220 m2, un groupe sanitaire pour garçons et un pour filles, un dépôt de 6 m2, un logement de direction et un logement d’adjoint .

L’ école maternelle comprendra quatre salles de classe, une cour de 600 m2, une salle de jeux de 120 m2, une salle de repas de 36 m2, une salle de propreté de 36 m2, un hall d’entrée formant salle d’attente, un logement de direction . Aux deux écoles s’ajouteront une cantine de 280 rationnaires et un logement de concierge. Le projet estimé à 2.317.446 Frs est confié à Monsieur André GAILLARD, architecte à CAMBRAI .

Plan de la zone en 1969 et photo de l’école maternelle déjà terminée (Documents Nord-Eclair)

Le 28 Novembre 1967, la deuxième tranche du groupe scolaire du quartier Longchamp est adopté suivant le programme pédagogique établi le 16 février 1967 par Monsieur l’Inspecteur d’Académie et comprenant 10 classes primaires, deux classes de perfectionnement, 4 classes maternelles, une cantine pour 300 rationnaires, 3 logements, les bureaux, les groupes sanitaires, cours et annexes.

En juin et juillet 1968, la communauté urbaine entreprend une première partie de travaux, en bordure de la rue Claude Bernard. Cette tranche comprend une école maternelle de plain pied de 4 classes qui doit être livrée dès le printemps 1969 et dont le mobilier sera fourni dans la foulée en vue d’une ouverture à la rentrée 69-70.

Une école primaire mixte abritera 10 classes réparties au rez-de-chaussée et sur un étage. La construction des 2 logements de fonction des directeur et directrice est en cours en début d’année 1969. Face à l’école maternelle des bâtiments de plain-pied également sont destinés à abriter des cuisines et un restaurant scolaire. L’adresse du groupe scolaire est la rue du Docteur Charcot.

Le groupe scolaire derrière la grande barre au début des années 1970 et photo de la cantine en 1971 (Documents Nord-Eclair et Historihem)

Une seconde tranche de travaux s’engage ensuite, sur le même terrain, en 1970, pour la construction d’une seconde école maternelle de 4 classes, ouverte en fin d’année, puis d’une école primaire mixte de 10 classes plus 2 classes de perfectionnement, dont l’ouverture est prévue pour le printemps 1971, ainsi que 2 logements de fonction pour un directeur et une directrice. Il y a également un plateau d’évolution mais pas de salle des sports, une telle salle existant déjà dans l’école Marie Curie des Hauts-Champs (sur le sujet voir un précédent article édité sur notre site). Au total 1000 élèves peuvent être accueillis dans le groupe scolaire.

La deuxième école du groupe scolaire en 1971 (Longchamp 2) et photo d’élèves de maternelle devant l’école (Documents Nord-Eclair et collection privée)

Toutefois, si le premier groupe avait été construit par la Communauté urbaine, le quartier Longchamp n’étant plus considéré comme une zone d’aménagement concerté, et c’est à la ville d’assurer la construction du groupe n° 2. Le 28 avril 1970, Monsieur le Maire est autorisé à passer les marchés pour un montant de 2.143.181 Frs auxquels devront s’ajouter 86.720 Frs d’honoraires à Monsieur GAILLARD, architecte à Cambrai et 85.000 Frs de mobilier.

Photo panoramique du groupe scolaire en 1976 derrière la grande barre et en 1989 après démolition de celle-ci (Documents IGN)

Le 10 juillet 1970, sur proposition de la Commission des écoles, le Conseil décide de dénommer l’école primaire mixte du 1er groupe Longchamp : école Lamartine et l’école maternelle école Mme de Sévigné. La population scolaire continuant d’augmenter, le 26 octobre 1970, une classe supplémentaire est ouverte à l’école mixte Lamartine. En 1972, une classe est à nouveau ouverte à l’école Lamartine et une à Mme de Sévigné. Le 28 février 1974, l’école primaire mixte Longchamp II prend la dénomination : école Saint Exupéry et l’école maternelle celle de Georges Sand.

vues du groupe scolaire au début des années 1970 avec la grande barre en arrière plan (Document Mémento Public de Hem et Hem d’hier et d’aujourd’hui)

Les Associations de Parents d’Elèves ayant pris conscience dès 1974 des difficultés rencontrées par un certain nombre d’enfants, ont entrepris des actions répétées et ont cru leurs efforts récompensés lors de la création, en 1976, d’une amorce de Groupe d’Aide Psychopédagogique (G.A.P.P.) comprenant un psychologue et une rééducatrice en psychomotricité travaillant à mi-temps. Le groupe est installé à l’école Saint Exupéry et s’occupe des élèves des Groupe Longchamp et de Marie Curie.

Plan du quartier Longchamp en 1968 reprenant en n°6 une école publique située à la limite des 2 villes (Document Nord-Eclair)

Pressenti depuis plus de 5 ans, ce n’est finalement qu’en 1974 que le groupe scolaire « Longchamp 3 » sort de terre sur la commune de Lys-lez-Lannoy, rue Denis Cordonnier, avec tout d’abord les logements de fonction puis les bâtiments scolaires comprenant quatorze classes de la maternelle à la septième avec un réfectoire pour 180 rationnaires. L’école Denis Cordonnier est inaugurée en octobre 1975. Ce groupe scolaire ne vivra que 30 ans, ayant été démoli en novembre 2004.

Construction et inauguration de l’école Denis Cordonnier en 1974 et 1975 (Documents Nord-Eclair)
Ville de Hem – Ecole Denis Cordonnier – Démolie en novembre 2004

Dès la décennie 1980 des problèmes se posent au groupe scolaire et l’APE (Association de Parents d’Elèves) cherche des solutions. Pour la température dans les classes oscillant en hiver de 13 à 16 degrés, elle préconise l’installation d’un système d’isolation peu couteux, à mettre en place pendant les vacances scolaires. Rue Charcot à l’entrée et la sortie des écoles un trou énorme dans la chaussée oblige les automobilistes à faire un écart dangereux pour les enfants tandis que l’éclairage déficient du quartier fait courir des risques aux élèves mal vus par les automobilistes. Au pied d’un pylône électrique des fils vecteurs de 380 volts sont accessibles et simplement recouverts de plastique par EDF. Enfin le trottoir boueux menant à la piscine oblige les enfants qui s’y rendent à descendre sur la chaussée pour le contourner. Les travaux recensés par les services techniques de la mairie sont toujours en attente à fin novembre 1980.

L’APE du groupe Longchamp en 1980 (Document Nord-Eclair)

Remerciements à l’association Historihem

A suivre…

La démolition de l’église Saint Antoine

L’église Saint Antoine de Padoue, située au 8 rue d’Epinal à Roubaix, a été construite sur l’ancienne ferme Ducatteau-Six, sur un terrain de 4.000 m2. Les travaux de construction datent de 1887 mais l’église n’a été ouverte au culte, qu’en 1900.

Plan Cadastral
Documents collection privée

Peu de temps après, se construit la maison paroissiale, au 12 de la rue de Remiremont, rue perpendiculaire à la rue d’Epinal. Le bâtiment comprend une entrée, une salle des fêtes, et au fond une bourloire.

En 1909, se construit l’école Saint Antoine de garçons au 8 bis de la rue d’Epinal, puis l’école libre Sainte Odile pour filles au 8 bis : les deux cours de récréation sont séparées par un muret en béton. Deux patronages sont également créés rue Charles Gounod. Les orgues de l’église sont installées en 1926.

A droite, la maison paroissiale rue de Remiremont ( document P. Vanhove )

L’église Saint Antoine se situe dans un quartier populaire. Pendant une cinquantaine d’années, le nombre de paroissiens augmente régulièrement. En 1950, on fête le 50°anniversaire de l’église en grande pompe, avec grand cortège d’enfants du quartier et la messe est présidée par le cardinal Lienart en personne.

Document collection privée

Au début des années 1960, d’importants travaux de réfection sont réalisés et, en particulier, la maçonnerie des deux tours ainsi que le remplacement des deux toits en chapeau chinois de l’époque par deux toits de cuivre plus pointus. On envisage même d’installer des cloches dans le double clocher.

Documents Nord Eclair

L’histoire récente de l’église est bien moins gaie. Tout le quartier situé derrière la gare connaît dans les années 1980 un dépeuplement et un appauvrissement. Par ailleurs, la communauté musulmane y est de plus en plus importante et parallèlement le nombre de catholiques ne cesse de fondre. Quant à l’église elle même et à son environnement immédiat, ils ont connu de multiples malheurs. Le presbytère ainsi que l’école Sainte Odile ont été incendiés et le tout a subi les assauts répétés de vandales.

Documents Nord Eclair

L’église, encore ouverte en été pour les offices, est fermée en période hivernale d’où des dégradations en tous genres, vitraux brisés etc. Et puis il faut bien le reconnaître, cette petite église est devenue encore trop grande, pour les paroissiens qu’elle devrait accueillir, et le quartier n’est pas dénué de lieux de culte avec l’église Saint Joseph toute proche.

Trop grande, trop abîmée, trop vandalisée, trop chère à entretenir ; alors l’évêché, à la fin des années 1980, choisit la seule mesure qui s’impose à ses yeux : démolir !

documents P. Vanhove
document P. Vanhove
le démontage de la statue de Saint Antoine ( document P. Van Hove )

Les travaux de démolition de l’église Saint Antoine sont confiés à l’entreprise Simon et débutent en 1990. Les bulldozers interviennent et, en très peu de temps, l’église, éventrée comme par un tremblement de terre, ne possède plus que la façade.

La façade ( documents P. Vanhove )

Le bâtiment âgé de 90 ans disparaît en quelques jours. Il ne reste qu’un gros tas de pierres. L’association Art Action surveille les travaux pour que toutes les pièces de valeur soient gardées et mises en lieu sûr.

Toute une vie qui disparaît, l’église bien sûr, mais également la maison paroissiale, l’école Sainte Odile, les patronages. C’est un crève-cœur pour tous les habitants du quartier.

documents P. Vanhove
documents P. Vanhove

Cette démolition intervient après celle de l’église du Sacré Coeur, de la fermeture de l’église Notre Dame et la démolition prochaine de l’église St Rédempteur remplacée par une chapelle.

Les paroissiens de Saint Antoine souhaitent absolument garder un lieu de prière et trouvent au 46 boulevard d’Armentières une maison « Leur Maison ». Le seul signe distinctif de cette habitation se trouve sur la façade, c’est une simple croix en bois. En cette fin d’année 1990, la paroisse a son lieu de prières. C’est une nouvelle époque, une autre conception de la vie paroissiale qui débute ainsi.

le 46 Boulevard d’Armentières ( document Nord Eclair et Photo BT )

A la place de l’église Saint Antoine, Logicil construit un lotissement, en 2004, de 17 maisons individuelles et 3 appartements en HQE Haute Qualité Environnementale. La livraison de ces logements est programmée pour la fin de l’année 2005.

document Nord Eclair

Remerciements à Patrick Vanhove ainsi qu’aux archives municipales

Septembre 1906

Le journal des sports de septembre 1906

Football. Le 31 août à neuf heures, salle du Racing à l’Hôtel Ferraille, a eu lieu la réunion de section du RCR. Le calendrier de septembre a été remis aux membres de l’équipe première. Puis l’on a procédé à l’élection du capitaine, et c’est le sympathique Emile Sartorius qui a été choisi par ses camarades.

Émile Sartorius par Grégoire Delloye

Tir. La société Saint-Sébastien établie rue d’Hem organise pour le dimanche 2 septembre un tir de 250 francs. Au dessus de 50 tireurs il sera remis sur la perche un oiseau par tireur. Inscription et mise se feront chez Mme Veuve Dewispelaere en face de la perche.

Affiche expo Tourcoing Coll. Particulière

Football. Dans le cadre du tournoi de football de l’exposition de Tourcoing, l’Union Saint-Gilloise a battu l’Union Sportive Tourquennoise par 1-0. Malgré la chaleur tropicale, le match a été superbe d’un bout à l’autre. But de Vignaud pour l’Union Saint-Gilloise au cours de la seconde mi-temps. Les Belges sont donc qualifiés pour la demi-finale.

Course à pied. La course Roubaix Lille (sixième édition) a été remportée par le vétéran Robert Donat du Club des Sports. Son collègue de club Missant est parti trop vite et a été rejoint au contrôle de Lille, il a abandonné à Mons-en-Baroeul alors qu’il était second.

Football. La commission de football-association du Comité du Nord (U.S.F.S.A.) communique le calendrier et les engagés pour la saison 1906-1907. Les clubs engagés sont l’Union Sportive Tourquennoise, le Stade Roubaisien, le Racing Club de Roubaix, l’Olympique Lillois, l’Iris Stade Lillois. La compétition se déroulera du 4 novembre 1906 au 3 février 1907.

Louis Trousselier site Gallica

Cyclisme. Paris-Tourcoing le 23 septembre dans le cadre de l’exposition. Cette course de 270 kms réunit les plus grands noms, tel Maurice Garin qui fait son grand retour depuis deux ans. C’est Louis Trousselier qui l’emporte devant Passerieu qui bat au sprint Aloïs Catteau le régional de l’étape. Crupelant est sixième. Garin a abandonné à Saint Quentin démoralisé après plusieurs crevaisons.

Football. La finale du tournoi de l’exposition oppose l’Union Saint-Gilloise au Football Club de Bruges. Les premiers ont vaincu en demi finale l’Olympique lillois. Les Brugeois ont disposé de l’US Boulonnaise. C’est l’Union Saint-Gilloise qui remporte le match par 2-1.

Pierre Perret chez Devianne

Après quelques courtes semaines de travaux, Jean Devianne procède à la réouverture de son magasin du 70 Grande rue à Roubaix, en Mars 1967. Le point de vente est entièrement rénové et c’est une réussite. Tout a été étudié et mis en œuvre pour pouvoir présenter à la clientèle un magasin transformé tant par sa présentation que par sa surface, tant par son style que par le choix des articles.

Cette réouverture du magasin est donc saluée comme il se doit dans la région et marquée par un gala de grande classe, offert gratuitement au public, le mercredi 8 Mars 1967. Cette manifestation permet aux clients de profiter du parking neuf aménagé spécialement à l’arrière du magasin avec son entrée sur le boulevard Gambetta.

Document Nord Eclair

Sur la terrasse qui surplombe le parking, un défilé de mode présente les dernières créations « Printemps 1967 » de la maison Devianne. La deuxième partie de cette manifestation commerciale est assurée par Pierre Perret, invité pour l’occasion, à 18h30.

Document Nord Eclair

Le public accueille triomphalement le chanteur bien sympathique qui enchaîne ses chansons : Au Tord Boyau, les jolies colonies de vacances, et bien d’autres qui sont des charges gentilles, assaisonnées à la sauce de langue verte. Pierre Perret est un poète libertaire, jouant sur les mots et la musicalité de la langue française, mais avec son argot bien connu.

Document Collection privée

De plus, l’astuce de la maison Devianne, est de diffuser le spectacle en direct, par des téléviseurs situés dans le magasin et dans le hall de « Nord Eclair », juste en face au 73 Grande Rue.

Jean Devianne ( document collection privée )

Jean Devianne réussit ainsi, à nouveau, à créer un événement exceptionnel en organisant une manifestation commerciale bien préparée.

Championnat de dactylographie à Roubaix en 1908

C’est à Roubaix, que se déroule le 5 Juin 1908, le championnat de dactylographie du Nord de la France. Ce concours se déroule dans la nouvelle salle des fêtes rue de l’Hospice. Pendant cette journée, de nombreux jeunes gens et jeunes filles se trouvent réunis devant des machines à écrire, de toutes marques. Pendant 3 heures, tous et toutes pianotent à qui mieux mieux, sans lever la tête.

document Le Nord Illustré

Le concours est basé sur la rapidité d’écriture. A la fin de l’épreuve, pour la section Hommes, Edgar Verschore réalise le tour de force d’écrire à la machine 3000 mots à l’heure, soit une moyenne de 50 mots à la minute. Ce résultat spectaculaire indique de la part du lauréat une tension d’esprit et une souplesse de doigts remarquable. Pour la section Dames, c’est Mlle A. Tobie qui termine première.

document Le Nord Illustré

Le jury présidé par Albert Navarre, président de la Revue Dactylographique de Paris, décerne donc les diplômes à Edgar Verschore de Lille sur machine Remington et pour la section Dames à Mlle A Tobie de Roubaix sur machine Oliver.

document Le Nord Illustré

Tout autour de la salle des fêtes, sont installés les stands de fournisseurs de matériel de machines à écrire, de ronéo duplicateur etc.

Ce championnat permet aux entreprises de prendre conscience de l’utilité de la dactylographie. L’employé n’est plus obligé d’écrire à la main. C’est un gain de temps, d’autant plus qu’il est aisé de faire des copies en utilisant des carbones.

Remerciements aux archives municipales

Carlier Vogliazzo ( suite )

En 2004, Pascal Carlier et Paulo, le responsable du magasin de Roubaix, reprennent l’entreprise qui se nomme désormais CVA. Dans les rayons de Carlier Vogliazzo, les produits incontournables qui ont fait la réputation de la maison, sont bien sûr toujours présents : charcuteries, fromages, pâtes fraîches, antipasti, mais aussi les vins, les huiles d’olives bio, ou encore les lasagnes importées directement d’Italie.

Pascal Carlier ( document Nord Eclair )
document Nord Eclair

En 2013, le local de Lille, situé à l’intérieur du marché couvert de Wazemmes, devient trop petit. On le déplace alors un peu plus loin, au 381 rue Léon Gambetta. Le magasin de 300 m2 est pittoresque et authentique. On voyage en méditerranée, au fil des produits pendus au plafond ou humés (épices, jambons, olives, fromages…).

14 salariés travaillent désormais dans l’entreprise sur les magasins de Roubaix et Lille, pour proposer d’innombrables références allant de la gelée royale d’Espagne au Jambon de Parme en passant par la Saucisse de Sardaigne, la Figatelle de Corse à la Mozarella di Buffala italienne.

le magasin de Lille ( document Carlier Vogliazzo )

« 70 % de la clientèle de Carlier Vogliazzo est issue de l’immigration » soulignent Pascal et Paulo. « La politique est de proposer le meilleur produit au meilleur prix. Résultat, les clients du Grand Nord de la France et même de Belgique y ont leurs habitudes : « Des gens qui font 80 km pour venir chez nous, ce n’est pas exceptionnel ! On dure dans le temps, parce qu’on est une entreprise familiale, traditionnelle qui ne prend pas le client pour de la marchandise. Ici, ça parle toutes les langues, ça met du charme, du folklore, une ambiance qui sent le vécu, l’évasion ! ».

document Nord Eclair

En 2016, le magasin de Roubaix ferme tout le mois d’Août pour travaux. Il en avait bien besoin, en effet, depuis 1949, il était resté dans son jus, ou presque ! Le principal changement que constate le client, c’est l’implantation de la boutique. L’entrée se fait toujours par la même porte, à l’angle de la rue Emile-Moreau, mais on ne se heurte plus aux clients patientant devant le grand comptoir frigorifique. Ce dernier va être installé un peu plus loin, au centre de la boutique, pour assurer une meilleure circulation. Autre nouveauté : une fois le panier rempli, le client sort juste à côté de la caisse, par la grande porte vitrée donnant sur la rue de l’Alma. « L’idée, c’est d’améliorer l’accueil et le service à la clientèle. La boutique va être plus fonctionnelle, plus belle », souligne Nathalie Carlier, l’épouse de Pascal.

document Nord Eclair

En 2020, la crise sanitaire touche tous les pays. Le Covid change les habitudes de consommation. Carlier Vogliazzo s’adapte et propose un service supplémentaire, un site de vente en ligne voit le jour. 

document Carlier Vogliazzo

Aujourd’hui, avec presque 80 années d’existence, Carlier Vogliazzo est toujours présent dans les 2 magasins de Roubaix et Lille. Plus de 3000 références directement importées d’Italie, d’Espagne, du Portugal, de Grèce sont proposées à la clientèle en collaboration avec les plus grandes marques mais aussi avec des petits producteurs.

Carlier Vogliazzo : C’est l’un des plus illustres commerces de bouche roubaisien ! La devise des magasins est donc : « Le temps passe, les goûts et la qualité restent ».

document Nord Eclair
Les lettres effacées de l’enseigne indiquent la longévité impressionnante du magasin de Roubaix ( Photo BT )

Remerciements aux archives municipales

La disparition des rails

La fin des tramways urbains de Roubaix-Tourcoing (réseau ELRT) s’effectuera de 1951 jusqu’en 1956. Confrontée à des pertes financières et à la vétusté, la compagnie remplace progressivement ses lignes par des autobus, les premières suppressions majeures (lignes D, H, LN) commençant cette année-là. En juin 1951, le conseil municipal roubaisien a souhaité l’arrivée des autobus. Le 27 avril 1952, un protocole d’accord concernant la prorogation de la concession et la modernisation des réseaux est signé entre les maires de Roubaix et Tourcoing et la société ELRT, qui valide entre autres décisions la transformation des lignes de tramways en autobus, selon un calendrier pré établi.

L’enlèvement des rails rue Daubenton photo NE

En 1951, les lignes urbaines et suburbaines, dont la ligne D (Roubaix – Mouvaux) et H (Roubaix – Leers), sont les premières à être remplacées par des bus. Des autobus de marque Chausson, remplacent les motrices électriques de la compagnie. En juillet 1956, la quasi-totalité du réseau urbain de Roubaix-Tourcoing a disparu, excepté le « Mongy » (ligne Lille-Roubaix-Tourcoing) .

L’enlèvement des rails boulevard Leclerc photo NE

Les tramways ont disparu mais il faut à présent enlever les rails, les pylônes. Le trajet de la ligne F représente soixante deux kilomètres de rails à enlever ! On s’y emploie à une cadence accélérée. Mais on estime qu’il faudra près d’un an pour en venir à bout. Après avoir démonté les fils aériens, les ouvriers s’attaquent aux rails, ce qui entraîne de véritables chantiers qui nécessiteront de réparer la chaussée défoncée.

La disparition des trams fut un événement heureux pour les cyclistes, pour lesquels les rails étaient de véritables pièges, fauteurs de chutes !

Ecole Marcel Pagnol (suite)

Dans les années 1990, l’école développe des activités diverses à côté de la scolarité classique des enfants. Ainsi, les élèves de CM2 écrivent, en 1990, un article dans la presse locale sur les structures existant au niveau de leur ville pour venir en aide aux personnes du 3ème âge. En 1993, la Metro Goldwing Beaumont installe son siège dans la cour de l’école à la recherche d’acteurs pour son prochain film : les Aventuriers de l’Elixir Perdu. Puis les enfants participent, plus classiquement au carnaval.

Chronique « le petit écolier roubaisien » en 1990, ils en font un cinéma et le carnaval en 1993(Documents Nord-Eclair)

C’est en 1994 que « la cantine » devient un self-service tout ce qu’il y a de plus moderne. C’est une première à Hem quand Marcel Pagnol bénéficie d’un réaménagement des cuisines et de cette nouvelle formule de restauration proposée par Lys Restauration. Désormais les enfants choisissent leur menu tout en équilibrant leur repas au moyen d’un jeu d’assiettes de couleurs dont chacune correspond à un groupe d’aliments. Ce sont eux qui débarrassent ensuite leur place, vident leurs assiettes et rangent leurs plateaux.

Un self pour choisir seul et manger sain (Documents Nord-Eclair)

En mars 1999, c’est un incendie à l’origine mystérieuse qui se déclare dans l’école dans la soirée. S’il ne fait pas beaucoup de dégâts, seul un meuble servant de bibliothèque ayant été détruit, l’incident aurait pu être dramatique, une femme, agent d’entretien, qui se trouvait seule dans l’établissement y ayant été retrouvée inanimée, en état de choc et intoxiquée par la fumée.

Incendie en 1999 (Documents Nord-Eclair)

L’odeur de plastique brûlé prononcée persiste le lendemain et la salle de classe adjacente, bien que n’ayant subi aucun dégât est fermée pour quelques jours jusqu’à ce que l’air y redevienne respirable. Fort heureusement la dame de service est sortie de l’hôpital mais les parents d’élèves s’inquiètent de cet incident qui intervient après une série de 4 cambriolages survenue sur quelques semaines. Fort heureusement le suspect interpellé, qui reconnaît les faits, est une personne dépressive ayant agi dans un moment d’égarement et il ne s’agit pas de violence urbaine susceptible d’avoir une suite.

Inquiétude des parents (Documents Nord-Eclair)

Durant cette même année, des portes sont remplacées et on passe du bois au PVC. Puis les toitures des bâtiments sont refaites et l’éclairage est installé dans la cour de récréation. A l’été, ce sont les peintures qui sont refaites avec une entrée couleur vanille-fraise du plus bel effet ; par ailleurs le vert pâle et le jaune sont plébiscités par les enseignants. Le remplacement des châssis de fenêtres est programmé pour l’année suivante.

La réfection des peintures en 1999 (Document Nord-Eclair)

A la rentrée scolaire 2002-03, le député maire vient découvrir les nouveaux sanitaires du bâtiment B de l’école primaire, refaits durant les vacances. Restent à rénover ceux du bâtiment A, dans un piteux état. Un local pour les archives, sécurisé anti-feu a également été installé. La directrice, Danièle Delannoy, accueille pour cette année scolaire 6 classes et environ 140 élèves en primaire.

Le député maire est de la rentrée (Document Nord-Eclair)

Durant cette même année scolaire, les élèves profitent de la prestation d’une artiste, venue présenter ses contes pour enfants : silhouettes d’animaux au bout de bâtons et décors tout simples mais l’imagination des enfants fait le reste. Ce sont également qui travaillent sur l’affiche du spectacle ; puis une bande dessinée retraçant les histoires contées est exécutée par les élèves du CP.

Pagnol à l’heure du conte (Document Nord-Eclair)

Au début des années 2010, l’établissement fait l’objet de l’attention de la municipalité qui profite des vacances scolaires estivales pour rénover les bâtiments dans le cadre de son plan pluriannuel d’investissement. Cela commence avec une réfection des sanitaires et de la cour de récréation, suivie d’une remise en état des menuiseries et des peintures. Ensuite vient la réfection de la toiture de l’école maternelle, les châssis de fenêtre et l’étage de l’école élémentaire.

Enfin, l’école est dotée d’un nouveau restaurant scolaire à la rentrée des vacances de Pâques 2013, tandis que l’école maternelle est dotée d’un dortoir et que l’école primaire voit ses menuiseries remplacées. L’année suivante l’école doit être remise en conformité aux nouvelles normes d’accessibilité.

L’école en 2012 avec l’ancien restaurant scolaire (Document Google Maps)

L’ancien restaurant scolaire est démoli pendant les grandes vacances de 2014 et un parvis pavé engazonné est aménagé sur l’espace gagné et un parking de 22 places est créé pour les parents et enseignants. La première cour est également refaite avec de l’enrobé drainant laissant passer les eaux de pluie, pour éviter d’engorger les égouts. Grâce à la place récupérée les trottoirs sont reculés et des places de stationnement matérialisées tout au long. Une nouvelle clôture et des potelets de sécurité sont posés. Quant à la seconde cour, elle va être refaite et un terrain multisports devrait être créé aux vacances de Toussaint.

Le parvis refait à neuf en 2014 (Documents Google Maps et Ville d’Hem)

Le rez-de-chaussée de l’école élémentaire fait quant à lui l’objet d’une rénovation en 2016, avec suppression des baies vitrées donnant sur le couloir, peu propices à la concentration des élèves, réfection de certains bâtis de porte et de certaines peintures, ainsi que de l’ensemble du réseau électrique. Ce devrait être le dernier chantier d’ampleur dans cet établissement.

Le dernier chantier d’ampleur en 2016 (Document Voix du Nord)

En 2021, pour accroitre la sécurité routière aux abord de l’école, la ville décide de placer des petites silhouettes colorées au niveau des passages piétons jouxtant l’école pour sensibiliser la population aux excès de vitesse en ville et mieux identifier les zones où la vigilance doit être renforcée. Il s’agit de personnages sans visage de couleur jaune ou rouge aux bandes réfléchissantes tout le long du corps, sur le point de traverser à un passage piéton.

Les silhouettes au passage piéton de part et d’autre de l’ avenue de la Marne devant l’école (Documents Google Maps)

Depuis plus de soixante ans, au cœur du quartier de Beaumont, l’école Marcel Pagnol accueille donc les enfants en maternelle et en élémentaire dans des locaux spacieux et entièrement rénovés au fil des décennies. Elle dispose d’une garderie et d’un restaurant scolaire mais aussi d’un potager en son cœur permettant aux enfants de découvrir le travail de la terre et aux parents de goûter les légumes qui en sont issus.

Extraits du guide de l’école édité dans les années 2010 (Document Ville de Hem)
Photo panoramique de l’école en 2023 au cœur du quartier de Beaumont (Document Google Maps)

Remerciements à l’association Historihem

80 avenue Jean Lebas

La rue de la Gare a été percée en 1882 pour relier la Grand Place à la future gare de Roubaix. Dès 1885, des constructions s’élèvent et très rapidement l’avenue, large de 25 mètres, est bordée de magnifiques immeubles occupés par des sièges d’entreprises textiles et par des banques.

Le 80 avenue Jean Lebas ( document plan cadastral )

Le numéro 80 de cette avenue est un immeuble cossu. Une porte cochère permet l’entrée de l’établissement occupé par la Banque Nationale de Crédit, au milieu des années 1880. Cet établissement bancaire propose toutes les opérations de bourse, de banque, de locations de coffre forts etc.

document collection privée
document collection privée

La Banque Nationale de Crédit ferme ses portes au début des années 1930, Le bâtiment est repris ensuite par le cabinet d’assurances d’André Piat. Il propose tous types d’assurances et, plus tard, se spécialise dans les contrats de l’assurance automobile, dans les années 1950.

document collection privée
document collection privée

Dans les années 1970 c’est le cabinet d’assurances Ricour qui est installé dans l’immeuble, jusqu’au milieu des années 1980.

document collection privée

L’E.R.J : Espace Ressources Jeunes est créé en 1988 et s’installe dans les locaux. L’ERJ permet à des jeunes ayant un projet de le développer. Si le projet est bien construit, il sera accepté et permettra aux jeunes d’avoir une insertion sociale, une prise de conscience, une autonomie et en définitive de leur donner confiance en eux et en l’avenir. Le C.L.A.P : le Comité Local d’Aide aux Projets, quant à lui, permet à des jeunes porteurs de projets de présenter leur action et d’obtenir des aides financières.

document archives municipales
document Nord Eclair

En 2005, Juliette Bughin ouvre son atelier créatif : la « Maison Marotte » et s’installe dans les locaux, car il se trouve alors en plein quartier des modes. C’est une enseigne qui permet d’apprendre à créer soi-même des objets, vêtements ou bijoux. Pourquoi Maison Marotte ? Maison, pour le côté désuet et Marotte pour le hobby avec un grain de folie en plus. L’idée créative bien que séduisante ne donne pas les résultats escomptés et Maison Marotte cède la place à un salon de coiffure.

Juliette Bughin ( document Nord Eclair )

En 2010, David Pollet, ancien commercial et autodidacte, cherche une entreprise à reprendre. Ce sera le salon de coiffure à enseigne « Le Monde Addict », au 80 de l’avenue Jean Lebas. Dans cet immeuble de cachet, c’est un salon atypique où les portes et le comptoir sont en bois massif, de l’époque de la Banque Nationale de Crédit, et même l’ancien coffre fort s’y trouve encore !

David y installe son propre salon avec du mobilier design créé par son frère, recrute une équipe fidélisée et crée une ambiance sympathique. Le démarrage est satisfaisant et très rapidement, David ouvre plusieurs autres salons de coiffure sur la métropole. Le Monde Addict est toujours présent dans les mêmes locaux après 16 années d’expérience.

David Pollet ( document Nord Eclair )
Le salon de coiffure ( document Nord Eclair )

Remerciements à Julien ainsi qu’aux archives municipales.

Alphonse le bourleux

Nous avons déjà évoqué le géant Don Carlos Charles Philippe de la Mottelette qui a été créé en 1959 par un comité de riverains formé dans le quartier de la Mottelette. Il est aussi connu par les adeptes du patois comme étant l’Ro des Minteux. Haut de 4 mètres et pesant près de 150 kilos, il rappelle l’image de ces travailleurs à domicile que l’on appelait autrefois travailleurs à l’otil. On peut l’apercevoir dans l’entrée de la mairie de Leers.

Alphonse le bourleux doc Mairie de Leers

Mais un second géant leersois est né le 1er octobre 2011 : Alphonse le bourleux. Il mesure 4 mètres de hauteur et pèse 57 kilos. Fabriqué en osier et en rotin, il représente le bourleux typique du Nord. On peut l’apercevoir lors des fêtes leersoises.

La bourloire Saint-Louis doc Mairie de Leers

Ce géant rend hommage au jeu de bourles. Il rappelle que les bourloires étaient nombreuses à Leers. L’excellent ouvrage Leers mon village en a dénombré seize sur le territoire de la commune, réparties en six bourloires extérieures, trois bourloires de salon et sept bourloires couvertes. La bourloire du Cercle Saint-Louis, classée à l’inventaire des Monuments Historiques depuis 2006, perpétue la tradition du jeu de bourles, connu dans notre région depuis le Moyen-âge.