38 avenue Gustave Delory

Edmond Cau Voreux est un industriel roubaisien dans le domaine du textile au début des années 1900. Il est précisément négociant en laines, commerce mais également préparation et traitement des laines destinées à l’industrie textile. Cau-Voreux est une maison à renommée internationale car elle travaille énormément avec l’étranger et en particulier avec l’Australie et le Maroc. Edmond habite au 39 rue d’Inkerman, et ses bureaux se situent au 168 b rue du Collège.
Les affaires sont florissantes, il souhaite se faire construire une maison près du Parc de Barbieux. Il fait appel à l’architecte Auguste Georges Dubois, 4 rue de la Fosse aux Chênes à Roubaix, en Mars 1908, pour établir les plans de sa future maison sur un terrain vierge de 3.741 m2 avec 30 mètres de façade, situé avenue des Villas à Roubaix
( aujourd’hui avenue Gustave Delory ).

Doc 1

Plan cadastral
Permis de Construire ( document archives municipales )

Ce sera un hôtel particulier, construit en 1912, en front à rue, dont l’entrée se situe latéralement à droite, derrière une imposante grille en fer forgé. Les dimensions de cette immense bâtisse sont de 17m pour la largeur et 21 m pour la longueur. Elle est construite sur 3 niveaux.

façade ( document archives municipales )

Au rez de chaussée, on trouve le hall d’entrée avec un escalier pour accéder aux étages, un vestibule, un vestiaire, une salle à manger, un petit salon, un très grand salon, un WC, une cuisine, un office, une salle intime et une terrasse extérieure qui donne sur le parc à l’arrière. L’étage est composé d’un vestibule, de 4 grandes chambres d’environ 35 m2, chacune d’entre elles possèdant une salle de bain d’environ 15 m2. Le deuxième étage est identique au premier. Dans le jardin, sur la droite, un local est construit, est destiné à l’écurie et à la calèche au rez de chaussée et à l’étage se trouve une remise.

Plan du rez-de-chaussée ( document archives municipales )

Edmond Cau Voreux reste dans sa propriété jusqu’au début des années 1930. Lui succède ensuite le notaire A. Bayart d’Halluin pour son domicile personnel, son cabinet se trouvant quant à lui au 43 rue du Maréchal Foch à Roubaix.

Document Ravet Anceau

Après la seconde guerre mondiale, le bâtiment du 38 de l’avenue Gustave Delory est occupé par le C.P.C Centre de Perfectionnement des Cadres professionnels et de promotion ouvrière. Dans ce centre, on enseigne certes des connaissances techniques mais également l’esprit d’analyse du travail et l’étude méthodique. On élargit l’horizon du stagiaire en lui donnant le sentiment d’être le trait d’union entre la direction de l’entreprise et l’ensemble du personnel.

Document Nord Eclair 1957

C’est Jean-Baptiste Pennel, ancien professeur à l’ITR, l’IPR et fondateur avec son associé Joseph Flipo de l’entreprise roubaisienne « Pennel et Flipo », qui est à l’origine de la création du C.P.C.

Document Nord Eclair

En 1957, près de 1.000 personnes ont déjà bénéficié de cette précieuse formation, Lors du Conseil d’administration de 1960, le président Jean-Baptiste Pennel ( laisse la place à Félix Duquesne, Mr Van de Sype restant le directeur du Centre.

Document Nord Eclair
Vue aérienne 1964 ( document IGN )

En 20 années d’existence, en 1966, le CPC a accueilli 12.000 personnes en formation : cadres, agents de maîtrise et techniciens provenant de 210 entreprises textiles de la région.

L’organisme CPC a continué son activité pendant des années au 38 avenue Gustave Delory. En 1988, le Centre change d’emplacement et s’installe au 15 avenue André Diligent à Roubaix.

la façade en 1990 ( document archives municipales )

En 1990, le bâtiment est repris par la Société Comexpert, société d’expertise comptable et de commissariat aux comptes. Les deux gérants sont Thierry Tabardel et Hugues Verkest. Toute l’équipe Comexpert accompagne les entrepreneurs et les dirigeants dans la gestion globale de leurs activités à tous les moments-clés de la vie de l’entreprise. Au début des années 2000, l’ancienne écurie est aménagée en annexe de bureaux, pour faire face au développement de l’entreprise.

Comexpert ( Photo BT )
Vue arrière du bâtiment, à gauche l’annexe de bureaux ( Photo BT )

L’entreprise comptable Comexpert n’utilise guère le parc de 3.000 m2 qui se trouve derrière l’immense bâtisse. Les dirigeants proposent, en 2002, la cession du terrain au promoteur immobilier Kaufman & Broad. Le cabinet d’architecte de Jacques Lapchin dépose un dossier pour la construction d’une résidence privée de 25 appartements sur 5 niveaux et un sous-sol pour les places de parking et les caves.

L’entrée de cette résidence baptisée : « Le Clos Beaumont » se situe à gauche de l’immeuble Comexpert après démolition d’un escalier extérieur de secours. Les travaux se terminent en début d’année 2005.

Projet d’entrée de la résidence ( document archives municipales )
Publicité Kaufman & Broad ( document Nord Eclair )

L’entreprise Comexpert reste sur place jusqu’au 1er Avril 2024 puis déménage ses locaux à Saint André lez Lille. Cette même année 2024, la grande école de commerce Edhec, située un peu plus loin au 24 de l’avenue, souhaite étendre ses bureaux de direction pour faire face à son développement. La grande école prestigieuse saute sur l’occasion et reprend l’ancien bâtiment Comexpert pour y aménager les bureaux du staff de direction.

Plaque façade Edhec ( document Edhec )
Photo de nos jours avec à l’arrière plan, la résidence « Le Clos Beaumont » ( Photo BT )

Remerciements aux archives municipales

L’école Marie Curie (suite)

Pourtant en décembre 1994, la décision tombe au conseil municipal, suite au passage de la commission de sécurité : l’école primaire Marie Curie va être détruite. Dès la rentrée de janvier 1995, les élèves rejoindront ceux du groupe scolaire Longchamp. Les réserves émises par la commission de sécurité ont été confirmées par un bureau de contrôle technique agréé.

Le verdict est sans appel : le bâtiment n’est plus sûr ; sa non utilisation et même sa démolition s’imposent. Ont été constatées des fissures des maçonneries porteuses au 1er étage, une fissure dans une poutre en béton du préau où l’humidité, en pénétrant, va faire rouiller les armatures basses d’où, par la suite, éclatement du béton et affaissement supplémentaire. L’école Marie Curie va donc se retrouver pour un temps sans domicile fixe, au grand dam des parents et des enseignants.

L’école va être détruite (Document Nord-Eclair)

Si l’inspection académique penche pour la fermeture administrative de l’école, les parents ne veulent pas en entendre parler et réclament l’installation de « translocaux », autrement dit des constructions modulaires en préfabriqué qui dureraient 3 ans, le temps de la reconstruction éventuelle d’une nouvelle école. C’est cette option qui est choisie, à la quasi unanimité, par les parents d’élèves et les enseignants.

Des « translocaux » sont donc installés sur le parking de l’école durant les vacances scolaires, l’ancienne cour servira de parking et le plateau d’évolution, inutilisé depuis un moment, va être nettoyé et servira de nouvelle cour de récréation. Une commission de travail se met en place, réunissant parents, enseignants, municipalité et inspection académique, pour décider ensemble de la construction d’une nouvelle école ou de la réalisation de travaux d’aménagement.

Marie Curie prête à camper 3 ans et rentrée de janvier dans des translocaux (Document Nord-Eclair)
On veut une nouvelle école (Document Nord-Eclair)

Une période d’attente se déroule alors pour les parents d’élèves qui réclament la construction d’une nouvelle école sans obtenir d’engagement rapide et ferme de la mairie. A la cérémonie des vœux il leur a en effet été expliqué que rien n’était encore décidé. Fin janvier de jeunes hémois et leurs parents envahissent donc la salle du conseil municipal, obligeant Mme Massart, à rentrer d’urgence du conseil général où elle siégeait, pour obtenir la quasi certitude de la reconstruction.

Les Hemois impatients d’obtenir un engagement (Document Nord-Eclair)

Enfin, en avril 1995, un plan de la nouvelle école sort et les travaux sont programmés de façon a être terminés pour la rentrée de janvier 1997. L’école, toute en briques et en tuiles aura une toute autre allure. Elle comprendra six classes, une salle informatique, une bibliothèque, une salle d’arts plastiques et une salle d’activités ainsi qu’un bureau pour la directrice, des sanitaires pour le personnel et les élèves, une salle de détente et une tisanerie.

Le projet de la nouvelle école et un extrait du cadastre actuel (Documents Nord-Eclair et plan cadastral)

Durant l’été 1996, les anciens bâtiments de l’école primaire, non utilisés depuis leur évacuation 18 mois plus tôt, sont entièrement démolis par les bulldozers et la reconstruction commence sur 1200 mètres carrés. Une tranchée mène au chantier à côté des « translocaux » qui abritent toujours les élèves.

L’école primaire sera reliée à l’école maternelle restée dans ses locaux et un patio vitré reliera les bâtiments. Ainsi la grande salle d’activité pourra être utilisée par les 2 écoles. Afin d’assurer la sécurité des enfants, l’entrée à l’école aura lieu rue Lannelongue et non plus avenue Laennec.

Le projet de la nouvelle école et un extrait du cadastre actuel (Documents Nord-Eclair et plan cadastral)

En janvier 1997, l’école n’est pas terminée mais une visite est organisée pour les élus, les enseignants et les parents. On peut déjà se rendre compte que la nouvelle école aura fière allure même si les classes sont encore ouvertes aux quatre vents, les tuiles, portes et fenêtres tardant à être posées en raison du froid et des intempéries. Si les plus optimistes parient sur une ouverture en avril il est plus prudent de se projeter sur la rentrée des classes en septembre.

Visite organisée sur le chantier en janvier 1997 (Document Nord-Eclair)

L’inauguration de la nouvelle école a lieu en juin 1997. Les travaux sont terminés mais le mobilier n’est pas encore arrivé et la nouvelle Marie Curie n’ouvrira donc pas avant la rentrée de septembre. L’école est gaie, vaste et moderne et la directrice Mme Thery est heureuse d’en recevoir une énorme clef jaune symbolique. Restent à faire les cours de récréation d’ici la prochaine rentrée scolaire et les élèves seront heureux de pouvoir y étudier dans un cadre à la hauteur des attentes.

L’école est finie (Document Nord-Eclair)
Nouvelle école Marie Curie (Document Historihem)

Des travaux de voirie restent à réaliser pour assurer la sécurité des enfants aux alentours de l’école. C’est l’objectif de la réunion à laquelle la mairie a convié les parents d’élèves. L’adjoint aux travaux et le directeur des services techniques expliquent que la rue Lannelongue sera désormais en sens unique et que des chicanes vont y être disposées pour casser la vitesse des véhicules. Face à l’école les enfants seront canalisés derrière des barrières pour traverser obligatoirement la rue par le passage piétons.

Réunion sur la sécurité des enfants en octobre 1997 (Document Nord-Eclair)
Photo de l’école au début des années 2000 (Document collection privée)

C’est en 2013 que l’école se pare de couleurs pendant les vacances; les façades sont repeintes en vert, rose, bleu, jaune. Cette rénovation donne le petit coup de neuf nécessaire à une école qui va déjà sur ses bientôt 20 ans. Par ailleurs les couleurs vives choisies égayent les bâtiments.

L’école revêtue de ses plus belles couleurs pour la rentrée de 2013 (Documents site web et Voix du Nord)

Les années 2010 voient également dans l’école la création de l’Open de Rubik’s Cube, annuel. Christophe Wattequand, enseignant en classe de CE2 a d’abord créé, en 2008, un club pour et avec ses élèves avant d’avoir l’idée de mettre en place un open où se rencontrent des joueurs mondiaux dans de vraies conditions de compétition. Ainsi en 2014, 54 joueurs de France, de Belgique, des Pays-Bas et même de Mongolie et d’Ukraine s’affrontent.

Open de Rubik’s Cube en 2014 (Document Voix du Nord)

Cette décennie est aussi celle où l’association Ecole et Quartier, laquelle fête ses 30 ans en 2016, étend son action sur le langage auprès des tout-petits. Concrètement l’action se décline en thèmes : le jeu pour apprendre à parler, le livre et le langage, les troubles du langage… Des ateliers d’ échanges ont lieu dans les écoles maternelles des Hauts-Champs en 2015 et 2016.

Pour parfaire le projet l’ouverture d’une bibliothèque est prévue dans l’école maternelle Marie Curie où les parents de maternelle sont invités à rester un peu dans la classe pour lire une histoire à leurs enfants. Le projet langage doit en effet renforcer le lien entre parents et enfants grâce aux livres. La bibliothèque doit à terme être tenue conjointement par les parents et les enseignants.

Ecole et Quartier (Christian Camerlynck) en 2016 et 2017 (Documents Voix du Nord)

2018 est l’année du dédoublement des classes de CP (lequel cessera 4 ans plus tard en raison de la baisse des effectifs). Une classe supplémentaire est donc aménagée dans le local informatique. Par ailleurs, comme dans toutes les écoles primaires hémoises des travaux de remise aux normes électriques, de changements d’alarmes, de peintures et autres aménagements ont lieu pendant les vacances d’été.

Une années spéciale et l’accueil des élus en 2018 (Document Voix du Nord)

Menacée de fermeture au début des années 1990 après plus de trente ans d’existence, l’école Marie Curie a donc réussi à renaître de ses cendres et continue, plus de 60 ans après sa création à recevoir les élèves de maternelle et d’élémentaire dans le quartier des Hauts-Champs.

Remerciements à l’association Historihem

Les pâtes les plus rapides

On l’a vu avec les soupes en sachet, le temps est à la rapidité. Les pâtes n’échappent pas à l’ambiance générale. C’est à qui cuira ses pâtes le plus rapidement. En 1955, c’est la marque Buitoni qui en fait son cheval de promotion. Cinq minutes, puis deux minutes. Bientôt on cuira les pâtes d’un simple jet de vapeur !

La campagne Buitoni (pubs NE)

Précisons que les pâtes à cuisson rapide, généralement prêtes en 3 minutes, cuisent plus vite car elles sont fabriquées de manière plus fine que les pâtes classiques. On en mange donc plus vite mais moins. Leur fabrication et leur cuisson permettent toujours de réduire la consommation d’énergie (par exemple, la gamme Panzani Les 3 Minutes affiche une économie d’énergie importante).

Lustucru s’en tient aux œufs frais Pub NE

Alexandra Murcier, experte en pâtes, nous apprend qu’elles sont modifiées en amont, et non juste « cuites plus vite ». Concrètement, cela signifie qu’elles sont pré-hydratées et pré-cuites, résultat, l’apport en nutriments est peu modifié, mais en revanche l’indice glycémique est plus élevé. On n’a pas non plus d’effet positif sur le microbiote et la digestion est plus rapide, avec moins de satiété à la clé. Autrement dit, en consommant ces pâtes « express », on a plus vite faim… et on s’expose ainsi davantage à des grignotages. On peut dire aussi que, lorsque la cuisson est rapide, les pâtes ne sont pas très riches en vitamines. Enfin, dernier conseil de l’experte, n’oubliez pas de bien accompagner vos pâtes (avec des protéines et des légumes) pour maîtriser votre glycémie.

La ligne 8 ter, dite de l’Epeule

Dès 1895, la municipalité envisage de prolonger la ligne, jugée trop courte, reliant la place de la Fosse aux chênes à la gare. Le nouveau tracé partirait de la place Faidherbe, au Pile et emprunterait les boulevards de Colmar, de Strasbourg et de Metz, puis suivrait les rues Daubenton, de l’Alma, de l’Alouette et de l’Epeule, et enfin les boulevards Montesquieu, de Cambrai et de Douai pour parvenir à son terminus à l’Hospice.

Quatre ans plus tard, en 1899, la conseil municipal opte pour un tracé tout différent : Partant de la gare de Roubaix-Wattrelos, la ligne se dirigerait par les boulevards de Mulhouse, de Reims, de Lyon et Lacordaire jusqu’à l’Hospice, puis suivrait à l’envers l’itinéraire précédent vers la gare, la place de la Fosse aux chênes et la rue Daubenton jusqu’à un terminus placé boulevard de Metz.

Le Journal de Roubaix 1906

Dans un article de 1902, le journal La Croix de Roubaix-Tourcoing évoque la création de plusieurs nouvelles lignes dont une, numéro 8 est dite « de l’Epeule ». Le terminus de celle-ci sera placé devant l’Hospice, tout comme celui de la ligne 2bis, avec laquelle elle partagera la voie posée boulevard de Douai. Son itinéraire empruntera, partant de la gare, la rue du Chemin de fer, puis les rues de l’Alouette et de l’Epeule, et remontera jusqu’à l’Hospice par les boulevards de Montesquieu, et de Cambrai, puis celui de Douai comme nous venons de le voir.

En 1906, les travaux sont en cours et la ligne doit être terminée pour le premier juillet, mais la livraison des nouvelles voitures destinées à l’exploiter semble tarder. Finalement, la ligne est inaugurée en mars 1907. Elle prend d’abord l’indice 8 ter, puis G dans le courant de l’année. Elle est peu après jumelée à la ligne K du Crétinier sous l’indice GK, et allongée en 1912 par le boulevard Lacordaire jusqu’à la place du Travail, où elle rencontre la ligne DI. Le terminus est placé à l’entrée du boulevard de Lyon. Après la première guerre mondiale, la ligne, sous l’égide de l’ELRT, est prolongée jusqu’au passage à niveau du Cartigny pour une longueur de plus de 5000 mètres. En 1926, on diminue le nombre d’arrêts de 31 à 26 pour diminuer les temps de parcours. En 1939, elle reprend l’indice G, tout en continuant à desservir le Crétinier. Elle sera fermée dans les années 50, comme toutes les autres lignes de l’époque.

Comme à notre habitude, suivons donc cette ligne, issue de la gare principale, où se situe le terminus.


Une voiture de la ligne face à la gare

La ligne emprunte la rue de l’Alma sur quelques mètres, avant d’emprunter à gauche la rue du chemin de fer, où se situe le premier arrêt facultatif. C’est l’ancien chemin du Fresnoy, coupé lors de la construction de la première gare. puis d’emprunter à droite la rue de l’Alouette.

Vue vers l’avenue Jean Lebas

Le second arrêt est placé au carrefour avec la rue de l’Espérance. Cette rue est courte, et nous parvenons très vite au carrefour avec la rue du Grand Chemin, où se trouve l’arrêt suivant, à la rencontre de la ligne 4. La vue suivante, montrant le carrefour, est prise encore vers l’avenue de la Gare.

L’immeuble à droite au premier plan n’a pas changé d’aspect, mais ce n’est plus aujourd’hui un commerce.

Nous voyons sur la photo suivante, prise en direction de la rue du Grand Chemin, le croisement des deux lignes. Celui-ci se faisait quasiment à angle droit et devait provoquer bien des chocs sur les roues !

Ici de nos jours, l’estaminet est devenu un café-brasserie ; il n’a pas changé de raison d’être.

La photo suivante est prise quelques dizaines de mètres plus loin, devant l’abreuvoir, où l’on pouvait baigner les chevaux grâce à un plan incliné. La voie se dédouble et constitue un garage où se situe l’arrêt obligatoire des trams. De nos jours l’espace a été occupé par une place qui se prolonge sur l’autre trottoir devant le Colisée.

C’est ce même Colisée que l’on retrouve sur la vue suivante, un peu plus loin sur la zone de garage à double voies. Le fil de contact électrique est supporté par des poteaux situés sur le trottoir côté nord de la rue.

Retournons-nous en direction de Croix pour découvrir l’aiguille de sortie du garage. La vue est prise pratiquement au même endroit. On voit à droite l’entrée de la rue du Parc, et, au fond de l’image, le carrefour avec la rue des arts, où se trouvait l’arrêt suivant. De nos jours, une partie des immeubles a été reconstruite, ce qui rend difficile la localisation sur les photos anciennes.

La ligne continue ensuite en voie unique quelques dizaines de mètres avant le garage suivant, dont nous voyons l’entrée sur l’illustration suivante, prise en direction de la gare. Le mur sur la gauche est celui de la teinturerie Roussel au 144. A droite, juste avant l’auvent du magasin, la rue de l’Industrie, où était placé l’arrêt suivant.

La photo suivante est prise au même endroit dans les années 50. A droite la boutique du photographe Charier , au 132,

Mais l’extrémité de la rue de l’Epeule est proche : nous nous trouvons au carrefour avec la rue des Ogiers et la rue Watt. La voie est double , ce qui permet le croisement des voitures, comme on le voit sur la photo suivante. La motrice du premier plan se dirige vers la gare. Celle au second plan va la croiser. Nous avons un autre arrêt à cet endroit.

La ligne va maintenant obliquer à gauche pour emprunter le boulevard Montesquieu, puis, traverser la rue de Lille et croiser à niveau la ligne des tramways Lillois F qui court au premier plan sur la photo. A l’angle, l’octroi. A ce carrefour avec la rue de l’Amiral Courbet est placé un arrêt facultatif.

Poursuivant toujours tout droit, le long du boulevard de Cambrai, la ligne parvient au croisement avec le boulevard de Paris où elle croise la ligne de Mongy et la ligne 2bis. A gauche le café du Parc. Ici encore, un arrêt facultatif.

Passé le boulevard de Paris, la ligne va partager les rails de la ligne 2bis le long du boulevard de Douai jusqu’à l’approche de l’hospice. Les deux lignes se séparent alors. Nous voyons sur l’illustration une motrice de la ligne 8 dans son état d’origine passer devant l’hospice pour emprunter le boulevard Lacordaire. Au premier plan, la ligne 2bis prend à droite la rue de Barbieux. L’arrêt était placé devant l’hospice.

La ligne descend alors, entre le mur de l’hospice et les réservoirs d’eau, le boulevard Lacordaire arrive enfin à la place du Travail, où l’on voit circuler une motrice 600 suivie de sa remorque de la série 800 devant l’ancienne ferme Cruque.

La ligne contourne la place et entre dans la boulevard de Lyon, où elle parvient à son terminus.

Document Translille

Les documents non autrement légendés proviennent des archives municipales et de la médiathèque de Roubaix.

Louis Le Danois

Louis Le Danois naît en 1921, en Normandie, où il poursuit ses études et passe son diplôme d’électricien. Après la seconde guerre mondiale, il arrive à Roubaix, en 1949, avec son épouse Marie et s’installe au 128 rue de Mouvaux en tant qu’artisan électricien. Sa petite échoppe lui permet de proposer à la clientèle des articles de lustrerie : lampes, abat-jour, lustres, lampadaires, mais également des postes de radio et de télévision.

Publicité ( document Nord Eclair )

Peu de temps après, il cède son affaire de la rue de Mouvaux à Mme Denneulin-Desbonnet et reprend le 56 rue Jules Guesde, pour y établir son commerce qui était auparavant un estaminet tenu par C. Boncourt. Marie s’occupe du magasin.

Louis et Marie devant leur magasin du 56 rue Jules Guesde ( document P. Le Danois )
Intérieur du magasin ( document P. Le Danois )
Publicité ( document Nord Eclair 1955 )

Les affaires démarrent de façon très correcte, Louis n’hésite donc pas un seul instant pour développer la vente de produits complémentaires, au début des années 1950 : postes de radio, machines à laver, aspirateurs, gaufriers, petit électro-ménager.

Photo au 56 ( document P. Le Danois )

Les affaires fonctionnent de mieux en mieux et, bien évidemment, le local du 56 rue Jules Guesde ne convient plus car beaucoup trop exigu. L’occasion se présente lorsque les bâtiments voisins des 58 et 60 se libèrent en 1955 ; le N° 58 était libre et le 60 était occupé jusqu’à lors, par le commerce de tissus d’ H. Desseaux.

Louis fait l’acquisition de ces 2 maisons voisines pour y installer son nouveau commerce. Il confie la direction technique des travaux et, en particulier pour la réfection de la façade, à A. Kimmel, métreur expert au 476 rue de Lannoy à Roubaix.

Plan de la façade ( document archives municipales )
Façade ( document P. Le Danois )
Publicité 1958 ( document Nord Eclair )

Les plus grandes marques d’électro-ménager sont proposées par le magasin : Hoover, Tévéa, Arthur Martin, Conord etc. Une dizaine de personnes travaillent dans l’entreprise : Louis et Marie bien sûr, mais également Françoise leur fille et Jean leur fils, 2 vendeurs, 2 dépanneurs TV,1 plombier et 1 dépanneur électro-ménager, et André Trachet comptable et fidèle ami de la famille.

document Nord Eclair
Estafette Renault de livraison 1963 ( document P. Le Danois )

En 1965, Louis rachète la maison voisine située au N° 2 de la rue de Maubeuge, juste à l’angle de la rue Jules Guesde. Cette acquisition lui permet d’agrandir la façade et d’avoir une meilleure visibilité.

La nouvelle façade du « Magasin Pilote Hoover » avec le véhicule publicitaire aspirateur Hoover ( document Nord Eclair 1965 )

Fidèles revendeurs des produits Hoover depuis des années, Louis et Marie décident de marquer un grand coup pour l’inauguration de leur magasin transformé et agrandi en Mars 1966. Pierre Prouvost, représentant le maire de Roubaix, prend la parole pour souligner l’importance des maisons telles que celle de Louis Le Danois qui assurent toujours le contact direct de commerçant à client.

Inauguration ( document Nord Eclair 1966 )

L’entrepôt au 107 rue Jules Guesde qui se trouve juste en face du magasin à l’angle de la rue de Tunis, sert au stockage des produits repris chez les clients et aux bouteilles de gaz, et de parking pour les véhicules de dépannage et de livraison.

Durant les années 1960 1970, Louis multiplie sa présence aux grandes manifestations sur la métropole, et en particulier à La Foire Commerciale de Lille, le Salon des Arts Ménagers à la salle Watremez à Roubaix et dans bien d’autres villes également.

Louis à droite de la photo, Marie au centre, lors d’une manifestation à la Foire Commerciale de Lille ( document P. Le Danois )

Présence au salon des Arts Ménagers de la Salle Watremez ( document P. Le Danois )

En 1972, Louis Le Danois est élu président de l’Union des commerçants de la rue Jules Guesde. Louis apporte son expérience pour l’animation commerciale, lors d’événements comme la braderie de la rue J. Guesde, les fêtes du quartier, les allumoirs, l’animation des événements de fin d’année, page publicitaire dans la presse locale, etc.

Louis président de l’Union des commerçants de la rue Jules Guesde ( document Nord Eclair 1972 )

Louis est également membre de l’Union des Commerçants de Roubaix, dont les responsables sont les frères Bernard et Gustave Boulanger créateurs de l’entreprise Boulanger au 55 de la Grande rue ; des confrères.

Louis ne compte pas ses heures de bénévolat, puisqu’il est président de la Grande Fanfare de Roubaix et président du comité des fêtes du quartier Moulin Potennerie.

Quartier Moulin Potennerie ( document P. Le Danois )
Quartier Moulin Potennerie ( document P. Le Danois )
Grande Fanfare de Roubaix, présence de Victor Provo et Pierre Prouvost ( document P. Le Danois )

Louis et Marie Le Danois aiment la communication ; ils organisent une tombola intitulée « Promotion Charbon » en 1974, animé par les Charbonnages de France. C’est Françoise Favier-Le Danois qui a le plaisir de remettre le lot au gagnant ; un superbe appareil de chauffage.

Françoise Favier-Le Danois ( document Nord Eclair 1974 )

En Décembre 1977, un incendie ravage l’entrepôt du 107 de la rue Jules Guesde. Les pompiers alertés arrivent rapidement sur place, ils ont juste le temps de sortir les bouteilles de gaz avant qu’elles n’explosent et d’éteindre l’incendie. Tout est détruit et les véhicules calcinés. C’est la désolation pour Louis et Marie qui s’aperçoivent que le cadenas de la porte d’entrée a été forcé.

Incendie de l’entrepôt ( document Nord Eclair 1977 )
Document Nord Eclair

Le début des années 1980 est laborieux pour Louis et Marie. Les affaires sont difficiles, les ventes chutent, la rue Jules Guesde n’est plus aussi attrayante qu’au début. De plus, de nombreux vols sont commis lors de cambriolages dans le magasin, l’incendie de l’entrepôt porte un grand coup à la trésorerie et surtout la concurrence des Grandes Surfaces, installées en périphérie de la ville, devient très féroce. En Décembre 1985, c’est malheureusement le dépôt de bilan, suivi d’une liquidation judiciaire. Le magasin cesse son activité définitivement.

En 1986, Louis prend sa retraite et poursuit une activité d’agent mandataire auprès des assurances UAP, dans le quartier de la Potennerie pendant quelques années. Depuis de nombreux et divers commerces se sont succédé dans le bâtiment du 58 62 de la rue Jules Guesde.

Photo BT

Remerciements à Philippe Le Danois ainsi qu’aux archives municipales.

Rue du Général Leclerc 1ère Partie : de Hem-Bifur à l’avenue Maurice de Vlaminck 1

Il s’agit au départ d’un chemin de grande communication, venant de Lille et de Flers, qui mène d’Hempempont à la place du village de Hem. Sur le plan cadastral napoléonien de 1890 elle se nomme rue Poivrée et devient ensuite la rue de Lille. La première liaison Lille-Lannoy par la rue de Lille est assurée par un omnibus à chevaux jusqu’en 1908 année au cours de laquelle il est remplacé par un tramway. C’est en 1953, que la rue est renommée rue du Général Leclerc.

Extrait du plan cadastral de 1890 comprenant la rue Poivrée et une des premières cartes postales sur laquelle la rue porte encore ce nom (Document Archives Départementales du Nord et collection privée)
Vue panoramique de cette partie de la rue de Lille en 1933 (Document IGN)

Sur la vue panoramique de 1933, on aperçoit bien la ferme Franchomme, côté impair, et, un peu plus loin les usines Gabert et Meillassoux et, côté pair les Châteaux Catrice (future mairie), Meillassoux (future mairie annexe) et de la Marquise (sur tous ces sujets voir de précédents articles édités sur notre site). Au 21 ème siècle, les seuls bâtiments qui demeurent sont : la ferme Franchomme, espace culturel de la ville et les anciens Châteaux Catrice devenu la mairie de Hem et Meillassoux devenu le Centre d’action sociale.

Côté impair : Ferme Franchomme dans les années 1915-1930, les teintureries Gabert et Meillassoux et Mulaton dans les années 1920-1930 et Meillassoux peu avant la fermeture en 1999 et 2001 (Documents collection privée)
Côté pair : le château Catrice dans les années 1930, le château Meillassoux au début du 20ème siècle, le château de la Marquise en hiver et en été dans les années 1910 (Documents collection privée)

Dans l’annuaire de 1923, outre les industriels cités on peut remarquer l’entrepreneur O. Briffaut au n°20, lequel redevient très vite une maison d’habitation et le plombier Zingueur J.Vergotte au n°3 qui voit se succéder ensuite de nombreux cafés et activités annexes dont celui de César Lestudier puis de son fils Marcel, à l’enseigne « Café des Sports » qui propose des bières et du tabac, bien entendu, mais aussi des articles pour fumeurs et des briquets, ainsi que des cadeaux pour fêtes, cartes postales et même maroquinerie, et fait également office de recette buraliste. Puis dans les années 1950, l’établissement étend son activité aux articles pour cycles et lorsque Jules Vergotte (neveu de Marcel) reprend l’activité pour une dizaine d’année il est répertorié dans la rubrique café et cycles puis café-tabac PMU.

Publicités César Lestudier et CPA et photo de l’établissement dans les années 1930 puis1950 et publicité Vergotte en 1962 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

Puis le commerce devient le café Dallenne au début des années 1970 et 5 ans plus tard c’est le couple Roffiaen-Rembry qui prend la suite sous l’enseigne Le Longchamp. L’établissement est malheureusement détruit par un incendie en 1976 et ne rouvre ses portes qu’après une rénovation comprenant agrandissement et modernisation.

Le Longchamp dans les années 1970-80 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

C’est ensuite le couple Duthoit qui reprend la gérance et, en 1990, par 2 fois le gros lot du loto y est remporté par un hémois. Le café conserve la même enseigne durant plus de 30 ans, jusqu’au tout début des années 2000 avant de devenir le Twickenham de 2005 à 2009 sous la gérance de Fabien Coustenoble puis durant quelques temps une brasserie-pizzaria au début des années 2010. Depuis 2018, l’établissement abrite un restaurant tenu par Julie Lincelles sous l’enseigne « Les Cancans ».

Encore un hémois millionnaire en 1990, publicités de 2004 et 2005, photo du Twickenham en 2008, de la brasserie-pizzaria en 2012 et du Cancan’s en 2021 (Documents Nord-Eclair et Google Maps)

En face, au n°2 on trouve un électricien, L.Decarpentry et Cie, spécialisé en lumière, force motrice sonneries et téléphone, qui s’occupe aussi de la TSF et des machines à laver  « nec plus ultra ». Son voisin, au n°4, est le tissage mécanique de Jules Corman et la chapellerie de son épouse Marthe Corman-Delporte. Leur commerce perdure jusqu’au début des années 1970. Après leur fin d’activité, pour cause de retraite, l’ancien commerce reprend un usage d’habitation.

Publicité Decarpentry et photos de la chapellerie, noces de diamant des Corman ; le n° 4 dans les années 2000 (Documents Historihem et Google Maps)

Leur voisin, après-guerre, au n°6 est le charpentier et menuisier Louis Gauquié-Lambin, qui cède la place, dans les années 1970 au médecin René Hauwel qui y exercera jusqu’à sa retraite. En face, au n°7, après la mercerie Leleu, c’est Mme Claise qui exerce le métier de coiffeuse pour dames, remplacée dans les années 1950 par l’horticulteur fleuriste J. Losfeld.

En-tête de courrier de Louis Gauquié-Lambin après-guerre et photo de la façade du n°6 en 2008 (Documents Historihem et Google Maps)

Durant la décennie suivante c’est Gérard Losfeld qui lui succède avec son entreprise générale de parcs, jardins et espaces verts et son magasin de fleurs. L’horticulteur consacre ses loisirs à la musique et, titulaire d’un prix de flûte au conservatoire de Roubaix, il tient un pupitre de flûte à l’harmonie Municipale de Croix, et son fils Dominique obtient un prix régional de flûte au conservatoire de Lille dans les années 1970.

Publicités de Gérard Losfeld, Dominique prix régional de flûte en 1977 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

A la fin des années 1970, Odile Fleurs Maison Losfeld, devient adhérent du groupe Interflora. Puis, dans les années 1980, le commerce devient l’ Atelier Floral des Hauts-de-France, avec un 2ème magasin à Toufflers. Brigitte Bonneville gère le magasin durant 26 ans et préside également l’Union des Commerçants « Hem j’aime ».

Publicités Odile Fleurs et Atelier Floral des Hauts-de-France, vitrines atelier floral et photos de Brigitte Bonneville (Documents Historihem, Google Maps, Nord-Eclair, Tout Hem et Voix du Nord)

Elle cède la place, en 2013, à Sylvain Ducoulombier, déjà propriétaire de 3 boutiques à Lille, Villeneuved’Ascq et La Madeleine, sous l’enseigne Fanchon Fleurs. Quelques années plus tard c’est Cécile Deschoemaker qui lui succède sous l’enseigne l’Olivier Blanc comme son 1er commerce ouvert en 2012 à Roubaix.

Photos de Sylvain Ducoulombier et Cécile Deschoemaker, vitrines du commerce en 2015, 2016 et 2021 (Documents Tout Hem et Google Maps)

Pendant les décennies 50 et 60 le commerce de fleurs est encadré par 2 autres commerces. Au n°9 en effet, au coin de la rue Vaillant, une alimentation générale est tenue par L. et G. Dubus puis par Mlle Dubus et enfin par J. et L. Dubus, selon l’annuaire Ravet-Anceau. Puis l’épicerie laisse la place à la mercerie de Mme Delcroix à l’enseigne Au petit coup d’oeil dans les années 1970.

Publicité Mme Delcroix en 1978 et photo du n°9 dans les années 2000 (Document Nord-Eclair)

Durant la décennie suivante c’est Claude Pottié qui investit les lieux. Electro-mécanicien de métier et passionné de vélo, il a ouvert, en 1977, un commerce à Roubaix, et se trouve être le seul dans l’agglomération à fabriquer des vélos sur mesure pour ses clients. Associé à des clubs cyclistes Leersois et Wattrelosien, il découvre à Hem une nouvelle clientèle et se spécialise dans la création de vélos de course tout en continuant à assurer les réparations de tout type de vélos.

Le vélo sur mesure à Hem en 1984 (Document Nord-Eclair)

Lorsqu’en 1988, une jeune croisienne, Bénédicte Storm, décide de faire le tour du monde à vélo c’est à Claude Pottié, artisan hémois, que la fabrication de sa « super bécane » est confiée. Le cadre, réalisé sur mesure, doit être aussi léger que possible, construit en acier spécial allié avec du chrome. L’ensemble de l’équipage étant lourd un deuxième circuit de freinage est ajouté pour assurer la sécurité de la cycliste. Claude Pottié est certain que le vélo tiendra bien 4 ans (durée estimée du voyage).

Le vélo du Tour du monde en 1988 (Document Nord-Eclair)

De l’autre côté, au n°5, se trouve le siège du café d’Auguste Caus dans les années 1920. La boulangerie J. Wadja s’ yinstalle dans les années 1950. Lui succède ensuite Christophe Rambour-Laleeuw jusqu’au début des années 1980, époque à laquelle les successeurs sont Paul Durik puis Gérard Gay. Ensuite, en 2000, la boulangerie est gérée par Mr Stievenard puis par son successeur Fabrice Ramet.

Le café d’Auguste Caus dans les années 1920 (Document collection privée)

Publicités Rambour dans les années 60-70, Durik puis Gay dans les années 1980 et Ramet en 2005 et 2006 (Documents Nord-Eclair)

Steeve Dewildeman et Benjamin Muldermans prennent sa suite durant quelques années, en 2008, sous l’enseigne Au Moulin d’Hem avant de céder la place à Mathieu Philippe 4 ans plus tard. Il réalise dès 2014 une opération publicitaire inédite en glissant 2 véritables napoléons en or d’une valeur de 174 euros dans 2 galettes des rois sur le mois.

Photos de la vitrine en 2008, 2012 et 2025 (Documents Google Maps)
Opération marketing en 2014 (Document Nord-Eclair)

Un peu plus loin, sur l’autre coin de la rue Vaillant, au n°11, se situe, après-guerre, le café Trefel. Dans les années 1950, il est tenu par G. Van de Vyver puis par G. Delcourt durant la décennie suivante, puis par Mme Paulette Mathieu pendant les années 1970 sous l’enseigne « Au Lutétia » avec une salle de réunion et de banquets et l’incontournable Juke-Box de l’époque. Lors du passage du grand prix cycliste Emile Delcourt en 1984, le café a changé d’enseigne et se nomme « A l’Abreuvoir ». Il sera démoli lors de l’agrandissement de la rue Vaillant.

Photos du café Trefel, publicité du Lutétia et photo de l’Abreuvoir en 1984 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

Suite au réaménagement du carrefour c’est le n°13 qui fait l’angle entre la rue Leclerc et la rue Vaillant. A l’époque la maison abrite un domicile et ce n’est qu’en 2017 que Sandra Senaffe y ouvre son agence immobilière. Après un passage dans l’hôtellerie, elle a en effet bifurqué vers l’immobilier et, depuis 7 ans, c’est sur Hem qu’elle a réalisé la majorité de ses transactions. L’agence est toujours en activité en 2026.

Photos du n°13 en 2008 et 2021 et publicités de l’ agence immobilière en 2017, 2018 et 2021 (Documents Tout Hem et Google Maps)

Remerciements à l’association Historihem

à suivre…

Histoire de la rue Carnot

Un projet de route départementale.

C’est en 1857 qu’il est question de classer le chemin de grande communication n°9 de Mouvaux à Dottignies dans le réseau départemental. Il s’agit de relier la route vicinale de Lille à Tourcoing qui passe par Marquette, Marcq et Mouvaux, avec la route royale de Tournai à Courtrai. Cette nouvelle départementale débute à Mouvaux, (on partira un peu plus tard de Bondues pour établir la jonction avec la grand route Lille Menin, par Marquette, Bondues, Roncq, Halluin…), passe par Roubaix, et cette route traverse la grand place, par la rue du Grand Chemin, la rue du Général Sarrail, la Grand Rue, et enfin Wattrelos.

Accéder de Roubaix à Wattrelos avant la rue Carnot

Wattrelos regarde plutôt du côté de la ville de Tourcoing avec laquelle elle est reliée par un grand chemin, au moins jusqu’à la Vieille Place. Le chemin de fer (1842 et 1876) et le canal (1843) n’amélioreront pas les relations entre Roubaix et Wattrelos. On passait soit par le Crétinier, en venant de la fosse-aux-chênes, par le pont de la Vigne, pour rejoindre le chemin de Tourcoing cité plus haut. Ou alors on passait par le sud, le Sartel par une passerelle dont la future gare du Pile souligna l’exiguïté. Enfin, il y avait le chemin de grande communication n°9 dont le parcours zigzaguant n’était en tous cas pas dans l’alignement de l’une ou l’autre place de Wattrelos, la vieille et la future en travers de laquelle se trouvait encore en 1883 l’ancienne église de la Trinité.

Le chemin de grande communication n°9, fin du tronçon roubaisien

Les roubaisiens terminèrent le redressement de leur partie du futur chemin départemental entre 1868 et 1870, notamment par le redressement de la partie située entre la place Nadaud et la place Chaptal, la route passant autrefois par les actuelles rue Perrot et Papin; la départementale économisait deux virages, gagnait ainsi quelques mètres et un pont dit de Wattrelos sur le Canal. Cet aménagement permit de ménager un nouvel accès au cimetière de Roubaix. Le redressement ne s’arrêta pas là : le chemin suivait autrefois le tracé de l’actuelle rue d’Avelghem, mais l’alignement se prolongea en ligne droite jusqu’au quartier du Laboureur.

Le chemin de Grande communication n°9 avant la rue Carnot

Ce chemin passait entre deux fermes en arrivant sur le territoire wattrelosien (la ferme de Pierre Salembier, cultivateur à Wattrelos et celle de Jules Lézy brasseur au Laboureur) , puis bifurquait sur la gauche après 200 mètres environ pour se diriger vers une ferme appartenant aux hospices de Roubaix, située non loin de la ferme Tombequine, à laquelle elle aboutissait par un petit chemin d’accès. Cependant le chemin de grande communication reprenait vers la droite, à hauteur de la rue des trois bouteilles (‘actuelle rue de Londres) pour rejoindre la rue de l’Industrie (actuelle rue de Stalingrad) et rattraper à l’église (future grand place) la direction de la frontière qu’on lui connaît actuellement.

Les projets de travaux wattrelosiens.

Jusqu’alors, il n’avait pas été question de redresser ce chemin. Ce n’est que le 22 août 1889 que le Conseil Général autorise l’ouverture des travaux, après que que la question ait été débattue en conseil municipal, notamment à la date du 27 avril 1888. Le projet est complexe et doit aboutir à la création de deux rues: la future rue Faidherbe, qui reprend en partie le tracé initial de l’ancien chemin à partir de la Place du Laboureur, et traverse ensuite les terres de la ferme de Tombequine pour aller rejoindre la Vieille Place, et la future rue Carnot, appelée à cette époque route de Roubaix à Wattrelos. Le 27 février 1890, les Wattrelosiens décident d’un emprunt pour couvrir la somme correspondant au devis du double projet. Le 19 mai 1890, on demande la déclaration d’utilité publique et il est décidé de faire intervenir le député Émile Moreau pour faire avancer le dossier. Le 30 mai 1890, les agents voyers du canton ont dressé les plans du projet: la nouvelle route partira du Laboureur pour rejoindre la Place de Wattrelos sur une longueur de 1191 mètres. Le total des travaux est passé à 275 000 francs, répartis comme suit : 203 000 francs à la charge de la Ville, par le biais d’un emprunt à la Caisse Nationale des retraites pour la vieillesse, remboursable en trente ans à partir de 1891, par une imposition extraordinaire de 12 centimes 46 centimes additionnels par franc, la ville de Roubaix 30 000 francs, le Conseil Général 14 500 francs, l’État 27 500 francs.

à suivre

La chapelle ND de Pellevoisin, rue de Leers

En 1935, les roubaisiens habitant les quartiers du Sartel, des 3 Ponts et des hameaux avoisinants la ville de Leers, n’ont que la paroisse Saint Rédempteur, comme lieu de culte le plus proche. Cette paroisse, dirigée par l’abbé Georges Treutenaere, compte 18.000 âmes, elle rayonne sur une étendue tellement vaste que de nombreux fidèles se trouvent fort éloignés de leur église. Aussi, l’abbé Treutenaere dépose un permis de construire en Mai 1935, pour l’édification d’une chapelle sur le chemin de Leers ( aujourd’hui le 164 rue de Leers ) au delà du passage à niveau de Beaurepaire.

Projet de construction de la chapelle 1935 ( document archives municipales

L’autorisation est accordée immédiatement et les travaux démarrent de suite. La chapelle se trouve un peu en retrait de la rue, d’une longueur de 30 mètres et d’une largeur de 10 mètres. Les travaux d’édification vont bon train et se terminent à la fin de l’été 1935

Projet de construction de la chapelle 1935 ( document archives municipales )

La chapelle dédiée à ND de la Miséricorde reçoit S E le cardinal Liénart pour la cérémonie de l’inauguration le 22 Septembre 1935 à 16h.

Document Journal de Roubaix 1935

Après les travaux de finition, programmés en Octobre, la chapelle est prête à accueillir les fidèles chaque dimanche pour la messe célébrée par un vicaire de Saint Rédempteur. L’avenir s’annonce plein de promesses. Georges Treutenaere est fier de son œuvre, mais compte bien sur la générosité des roubaisiens pour terminer le financement de cette construction.

Les travaux de finition ( document Journal de Roubaix 1935 )

La chapelle fête ses 20 années d’existence en Octobre 1955. Elle se nomme désormais Notre Dame de Pellevoisin, nom d’un petit village du département de l’Indre où, chaque année, le fondateur de la chapelle venait effectuer un pèlerinage pour vénérer la Vierge.

La chapelle, au fil des années, a pris peu à peu, l’ampleur et l’importance d’une communauté paroissiale, elle est alors dirigée par l’abbé Paul Caulliez prêtre résident, nommé en 1952, avec un beau zèle apostolique. Les habitants du quartier aiment leur chapelle qui organise désormais toutes les cérémonies du culte: les messes bien sûr, mais également les baptêmes, mariages et enterrements. Les fidèles participent activement à la liturgie, à la chorale et à l’aménagement de la chapelle.

la chapelle en 1955 ( document Nord Eclair )

Le 4 Novembre 1955 à 9h30, Monseigneur Dupont, évêque auxiliaire de Lille, vient célébrer cet événement. La messe est dite par le supérieur des pères du Sacré-Coeur d’Issoudun, entouré de nombreux prêtres, chanoines et curés des églises de Roubaix et Leers. Mgr Dupont procède à la bénédiction des fonds baptismaux, puis celle de la statue de Notre Dame de Pellevoisin qui orne désormais la façade de la chapelle, juste au dessus de l’immense croix.

Mgr Dupont bénit la statue de ND de Pellevoisin ( document Nord Eclair 1955 rectifié IA )

En 1985, la chapelle a 50 années d’existence. Elle a été dirigée pendant de nombreuses années par l’abbé Paul Caulliez décédé accidentellement en Janvier 1982 à l’âge de 71 ans. Paul a apporté une animation nouvelle à ce quartier qui, depuis, a connu la construction de la cité du Carihem toute proche, et du centre commercial de Leers. Il a été à l’origine de la création d’une troupe scoute très dynamique. La chapelle est toujours incluse dans la paroisse St Rédempteur, elle continue de recevoir les fidèles pour la messe dominicale. Au 80 de la rue de Leers, dans le local créé par Paul Caulliez, se trouve l’école qu’on appelle aussi la garderie, qui abrite la troupe des scouts. La catéchèse est assurée par les dames du secteur.

Après la messe du cinquantenaire célébrée par l’abbé Mathias curé de Ste Elisabeth, tout le monde se retrouve dans le local de la rue de Leers où l’on évoque les souvenirs de 50 années d’existence.

La réception qui a suivi la messe du cinquantenaire ( document Nord Eclair 1985 )

A compter du décès de l’abbé Paul Caulliez, la situation de la chapelle connaît quelques difficultés. Le nombre décroissant de fidèles lors de la messe dominicale dans les années 1990, amène l’évêché à prendre la décision de désacraliser le bâtiment. La chapelle ferme ses portes. En 1999, elle devient la propriété de la ville, l’évêché a simplement demandé à la municipalité qu’elle ne soit pas démolie et qu’elle puisse servir à des actions collectives. Le comité de quartier du Sartel demande alors à la mairie que Notre Dame de Pellevoisin devienne une salle polyvalente.

Le projet fait son chemin, la ville voit d’un bon œil cette transformation qui permettrait à la salle Watremez d’alléger son planning d’activité très chargé, et puis cette salle devrait faire 250 places seulement, ce « petit Watremez » devrait mieux convenir aux associations plus modestes.

Les riverains devraient être satisfaits, mais en fait, ils sont plutôt inquiets. Le sentiment qui domine, c’est l’inquiétude, la peur du bruit, de la musique tard dans la nuit, des dégradations etc. Face à ses questions, la municipalité rassure : « la salle sera insonorisée, nous allons construire un parking un peu plus loin, dans la rue de Leers, ce qui évitera des nuisances sonores à proximité ». Le règlement intérieur sera rédigé avec le comité de quartier. Le programme sera finement étudié, la salle accueillera des expositions, des spectacles de café théâtre, des assemblées générales d’associations etc. A priori, il n’est pas question d’accueillir des mariages ou des fêtes de famille. Voici les habitants du quartier rassurés.

document Nord Eclair 2001

C’est l’architecte de la ville, Stéphanie Legrand qui est chargée du projet. Les importants travaux de construction de la salle Pellevoisin avancent de manière satisfaisante : la structure du bâtiment est confortée, une salle de 150 m2 est aménagée, un système de chauffage à air pulsé est installé. En revanche, le dallage de la chapelle est sauvegardé.

documents Nord Eclair

Les travaux se terminent en fin d’année 2007. Cette salle de réunion, tant attendue par les riverains, est inaugurée en Février 2008. Les personnes présentes peuvent alors admirer une salle très vaste, jouxtée d’une cuisine aménagée dernier cri. L’ensemble comprend également les sanitaires, un vaste bureau réservé aux membres de l’association et un dégagement sur une salle de stockage de 9m2.

L’avancement des travaux Aout 2007 ( document Nord Eclair )

Roger Sinko, président et mémoire vivante du quartier Sartel-Carihem, présente aux élus assistant à l’inauguration dont René Vandierendonck, toute l’histoire de cette ancienne chapelle, à partir de coupures de presse de l’époque.

Roger Sinko ( document Nord Eclair 2008 rectifié IA )

C’est que Roger s’est battu pendant ces 3 décennies pour que cette salle de quartier à vocation associative puisse voir le jour, ainsi que les aménagements des abords ; le jardin, le parvis et le parking de 32 places juste en face.

document Nord Eclair

Remerciements aux archives municipales

L’école Marie Curie

A cheval sur les villes de Roubaix-Hem, au début des années 1960, le quartier des Hauts-Champs c’est un grand ensemble tout neuf : des bâtiments terminés la veille, des voies nouvelles, certaines à peine ébauchées. En l’espace d’un an, sur le seul territoire de la ville de Hem, on y relève la construction de 427 maisons individuelles et 195 appartements soit le logement de 2500 habitants dont une majorité de familles nombreuses. (Sur le sujet voir un précédent article édité sur notre site : Les Hauts-Champs).

Vue aérienne des Hauts-Champs, au bout de la rue Briet, dans les années 1950 (Document IGN)

Le 28 avril 1961, le Conseil Municipal projette la construction d’un groupe scolaire dans le quartier des Hauts Champs qui comprendrait : une école primaire de garçons (5 classes) et une école primaire de filles (5 classes) avec chacune : un bureau de direction, un logement pour le directeur, un logement d’adjoint, une chambre de suppléant et un plateau simple d’éducation physique, une cantine de 120 rationnaires et une salle d’éducation physique double, commune aux deux écoles.

Afin de permettre la réalisation de ce projet, le Conseil décide l’acquisition d’une parcelle de terrain, dans l’avenue Laennec, appartenant à Madame HILST DEGALLAIX, 2r boulevard du Cateau à Roubaix et désigne Monsieur Marc DELPLANQUE, architecte à Roubaix pour étudier ce projet. Le projet de construction du groupe scolaire dans le quartier des Hauts Champs est de fait en attente depuis 1959 et n’a pu bénéficier de l’aide financière de l’État en 1961. Le 12 décembre 1961, le projet de construction du groupe scolaire des Hauts Champs est adopté.

Ecole Marie Curie en 1964 (Document Historihem)

Le 13 juin 1962, compte tenu que la population de ce quartier s’est encore accrue et à la demande de Madame l’Inspectrice de Ecoles Maternelles, le projet initial est complété par l’adjonction d’une école maternelle de trois classes avec salle de jeux et salle de repas privées. En mai 1963, le projet de construction du groupe scolaire des Hauts Champs est approuvé par les services techniques ministériels.

La population est en constante progression et en 1965 l’augmentation est supérieure à 20 % par rapport au chiffre de 1962 (13.687 habitants). Bien sûr les effectifs scolaires suivent la même voie et le 6 juillet 1965 deux bâtiments de deux classes mobiles chacun sont implantés dans le groupe scolaire des Hauts Champs. L’un est destiné à compléter l’école maternelle, l’autre l’école des garçons du dit groupe.

Entrée par l’avenue Laennec et la cour de récréation dans les années 1960 (Documents Historihem)

A la rentrée scolaire 1966 – 1967, à la demande de Monsieur l’Inspecteur primaire dans un but pédagogique, deux classes des écoles primaires de garçons et de filles du groupe des Hauts Champs sont géminées. Par ailleurs, des malfaçons sont constatées dans ce groupe (caves et sous sols non étanches, murs lézardés, …. ) et une action auprès du Tribunal administratif est intentée par la ville. Suite à ces malfaçons, des poutres de soutènement doivent être ajoutées. Aux deux écoles s’ajoute une cantine de 280 rationnaires et un logement de concierge. Le projet estimé à 2.317.446 Frs est confié à Monsieur André GAILLARD, architecte à Cambrai.

Au cours de sa séance du 10 juin 1967, sur proposition de la Commission des écoles, le Conseil Municipal décide de dénommer le groupe scolaire des Hauts Champs « Groupe scolaire Marie Curie« , les rues du quartier portant des noms de personnalités du monde scientifique. Les effectifs scolaires continuent de croître et 2 classes mobiles supplémentaires sont encore implantées à l’école des filles en 1969.

Photo de classe de 1968-69 (Document copains d’avant)

La fête des écoles publiques, en 1973, est l’occasion d’un beau spectacle pour le groupe scolaire Laennec Marie Curie : danses folkloriques, courses relais, tournoi de handball, lendit (grand mouvement gymnique d’ensemble). A cette occasion la fanfare de la Gauloise, les majorettes d’Hellemmes et des Hauts-Champs, et le club cynophile lyssois prêtent leur concours à la fête.

Répétition du lendit, majorette et club cynophile en 1973 à la fête des écoles publiques au groupe scolaire de Laennec (Documents Nord-Eclair)

En janvier 1974, du fait de l’accroissement des effectifs scolaires dans le quartier des Hauts Champs, il s’avère encore indispensable de construire deux classes mobiles pour compléter le groupe scolaire Marie Curie. Une classe fonctionne en effet dans une partie du restaurant scolaire et la seconde, tout en restant attachée administrativement à l’école Marie Curie, fonctionne, non sans inconvénient dans le groupe scolaire Longchamp. A compter de la rentrée scolaire 1976-1977, l’école de garçons et l’école de filles du groupe Marie Curie sont transformées en deux écoles mixtes de niveau 1 et 2.

Vue aérienne du groupe scolaire en 1976 (Document IGN)
Des groupes d’élèves dans la cour dans les années 1970 et une classe en 1977 (Documents collection privée et copains d’avant)

En 1975, la fête de l’école reçoit la visite de la fanfare la Gauloise qui exécute une parade très prisée du public au sein de la cour de récréation. Puis l’école accueille durant l’été le centre aéré des Hauts-Champs et les 165 enfants participent à des activités ayant pour thème les jeux du cirque chez les Romains : épreuves de marche, basket, penalty et parcours du combattant se succèdent pour leur plus grande joie. C’est également l’année de l’installation d’oeuvres de E. Dodeigne dans les deux écoles des Hauts-Champs et Longchamp.

Fête de l’école et centre aéré en 1975 (Documents Nord-Eclair)
Installation des œuvres de E.Dodeigne en 1975 (Document Nord-Eclair)

Les années 1976 et 1977 sont des années problématiques. En 1976 c’est la sécurité des enfants à la sortie de l’école qui soulève question et le préfet est sollicité par l’association de parents d’élèves au motif que la sortie de l’école primaire s’effectue directement sur l’avenue Laennec, avenue à 2 voies très fréquentée par de nombreux véhicules circulant à vitesse excessive.

En 1977, malgré les poutres de soutènement ajoutées quelques années plus tôt, des profondes lézardes apparaissent dans les murs des logements des instituteurs et de la cantine. L’entreprise ayant exécuté le chantier étant en faillite, la municipalité doit faire appel à un architecte pour trouver un remède. Même si le danger n’est pas immédiat des inconvénients persistent : infiltration d’air, murs décalés, caves inondées…

Problèmes en 1976 et 1977 (Documents Nord-Eclair)

Un incendie se déclare dans un bâtiment en préfabriqué de l’école, en 1983, un matin, en l’absence des élèves. Le sinistre, dont l’origine résiderait dans un court-circuit, endommage sérieusement 2 classes de cours élémentaire, dont les élèves doivent être répartis dans d’autres salles. 2 armoires contenant livres et dossiers sont détruites ainsi que cloisons et plafonds.

Incendie en 1983 (Document Nord-Eclair)

Cinq ans plus tard c’est la cantine qui est entièrement rénovée : murs blanc crème, dessins bleu pastel, plantes vertes et, peinte sur la fenêtre, une enseigne « le Resto ». Lors de l’inauguration, l’inspecteur départemental et Mme Massart, maire de la ville, rendent hommage, dans leurs discours, aux services technique de la ville et aux ouvriers municipaux pur ce bel ouvrage tandis que les enfants entonnent la célèbre chanson de Pierre Perret.

Rénovation de la cantine en 1988 (Document Nord-Eclair)

La décennie suivante voit l’aménagement d’une classe de maternelle particulière, en vue de l’aménagement du cadre de vie et de la socialisation de l’enfant. Dans la salle, où une classe classique et un dortoir accueillait 35 élèves, le cadre a bien changé et ceux-ci disposent de plusieurs coins à leur échelle : un dortoir en mezzanine avec un escalier pour y monter et un tobogan pour en descendre, un magasin, une cuisine, un vestiaire, des ateliers, un lieu de lecture, un autre pour jouer au sable et un dernier pour faire de l’exercice. Ces aménagements, financés par la ville, ont été réalisés par les services techniques de la mairie.

Le nouveau décor des tout-petits en 1990 (Document Nord-Eclair)

Les olympiades de 1991, organisées par le centre aéré, remportent un franc succès : tous les enfants des centres des maternelles y participent à des jeux réalisés par les animateurs de Marie Curie, basés sur le respect de la nature et la préservation de l’environnement, de vrais jeux olympiques avec des juges, des points et même la flamme olympique.

Les Olympiades de 1991 (Document Historihem)

Remerciements à l’association Historihem

A suivre…

Le garde champêtre

Archange Vosdey est né le 14 mai 1885 dans le Hameau du Trieu à Leers, fils d’un couple de tisserands leersois. Il est l’aîné d’une famille de trois enfants. Il effectue sa période militaire en 1905. Sur sa fiche militaire, il est décrit de la manière suivante : cheveux et sourcils blonds foncés, yeux marron clair, front haut, nez fort, bouche moyenne, menton rond, visage ovale, il mesure 1,69 mètre. Soldat, il est mitrailleur. Il est déclaré bon pour le service le 1er octobre 1906, devient chasseur 1ere classe le 21 décembre 1907 puis il est mis en disponibilité le 25 septembre 1908 et en réserve le 1er octobre 1908. Il est tisserand quand il se marie avec Marie Prez, le 25 novembre 1910.

Archange Vosdey (1885-1967)

Durant la première guerre mondiale, il est incorporé le 3 août 1914, au 62e régiment d’infanterie. Il est fait caporal le 11 juin 1916, puis il est blessé le 3 novembre 1916 au fort de Vaux à la phalangette de l’annulaire gauche. Il est placé le 3 avril 1917 en sursis jusqu’à nouvel ordre au titre des mines de Blanzy à Montceau les mines, puis il reprend du service. Au moment de la dernière tentative de percée des Allemands, il est fait prisonnier au chemin des Dames le 27 mai 1918, et il est interné en arrière du front. Il subit la captivité du 25 mai 1918 au 31 décembre 1918, puis il est rapatrié le 11 décembre 1918, avant d’être mis en congé illimité par le 43e RI le 3 avril 1919. à cette date, il se retire à Leers rue d’Audenarde 19.

Il se présente aux élections et il est élu conseiller municipal sur la liste de Joseph Leroy en 1919. Il démissionne ensuite pour intégrer la police et devenir garde champêtre de Leers. Admis dans ses fonctions le 30 avril 1920, il succède à ce poste à Jules Joseph Delcourt. Le 29 juin 1921, il habite rue de Wattrelos au n°9 bis, qui est l’adresse de l’ancienne mairie de l’époque.

Archange Vosdey fut garde champêtre de Leers de 1920 à 1946.