La première école de la rue de Beaurewaert à Roubaix a été construite en 1856. Elle était divisée en deux parties : l’école de filles et l’asile ( école du premier âge, appelée aujourd’hui : école maternelle ). A la fin des années 1890, l’école prend le nom d’Ernest Renan, célèbre écrivain décédé en 1892.
Plan cadastral 1884
Au début des années 1930, l’école s’est fortement dégradée. L’administration municipale songe sérieusement à construire un nouveau groupe scolaire pour obtenir le maximum de confort et d’hygiène pour les élèves.
La décision est prise en 1934. Le projet est confié à Jean Selle, architecte agréé, situé au 35 rue Richard Lenoir à Roubaix, et Marcel Spender architecte DPLG ( diplômé par le gouvernement ).
Marcel Spender ( document Nord Eclair )
Pour pouvoir offrir aux enfants une cour de récréation assez vaste, la municipalité décide d’annexer le terrain voisin, celui du presbytère appartenant à la ville et le terrain rectangulaire a désormais une superficie de 3.200m2. Le groupe scolaire est divisé en 2 sections : la maternelle composée de 4 classes et l’élémentaire de 6 classes. C’est une école de filles.
Projet ( document archives municipales )
Ce projet, tel qu’il est présenté, est très judicieux, car il n’apporte aucune gêne au fonctionnement de l’ancienne école. En effet, les vieux bâtiments seront rasés pendant les grandes vacances, pour permettre l’ouverture de la nouvelle école à la rentrée des classes.
Construction 1937 ( document archives municipales )
La façade, longue de 48,87m avec deux entrées latérales séparées, se situe sur la rue de Beaurewaert,. Cette façade moderne de style paquebot, est composée de briques de couleur chaude, le soubassement est en pierre de Soignies, une corniche en pierre couronne l’édifice. De grandes baies vitrées apportent dans les locaux l’air et la lumière à profusion. A chaque extrémité, les escaliers occupent la partie avancée : deux oriels en demi-cylindres en verre futuriste.
Façade rue de Beaurewaert ( document collection privée )Façade arrière rue Ste Elisabeth ( document collection privée )
Sur la façade arrière ( rue Ste Elisabeth, aujourd’hui renommée rue Henri Lefebvre ), se situent deux maisons individuelles latérales pour le logement des deux directrices.
maison de la directrice ( document archives municipales )maison de la directrice ( document archives municipales )
Le grand bâtiment sur la rue de Beaurewaert, comprend en demi sous sol, une immense salle de réfectoire qui peut également être utilisé en tant que salle des fêtes ou cinéma. Dans les années 1960, les élèves de l’école de garçons Pierre de Roubaix fréquentent cette salle pour des films projetés par Alain Sailly ( fils de l’instituteur Gilbert Sailly ).
salle de réfectoire ( document archives municipales )
Aux étages se trouvent les salles de classe : les maternelles au 1° étage, les élémentaires au second.
plan du rez de chaussée ( document archives municipales )perspective ( document archives municipales )
Marcel Spender construit cette école pour le bien-être des enfants, l’hygiène, le confort et la lumière sont au programme. Belle reconnaissance, l’école est distinguée en 1938 par la revue l’Architecte d’Aujourd’hui comme l’une des plus belles réalisations scolaires françaises.
L’école va se développer très fortement après la seconde guerre mondiale, avec le baby-boom des années 1960. Les crises économiques des années 1970 vont amener la municipalité à moderniser l’établissement en installant, en 1982, des nouveaux châssis de fenêtres extérieures en aluminium, pour une meilleure isolation thermique mais également phonique.
document Nord Eclair
En 1991, des lézardes apparaissent dans les murs de l’école. Certes le bâtiment n’est pas prêt de tomber sur la tête des élèves, mais le plâtras qui commence à dégringoler des fissures a de quoi inquiéter. Il est donc urgent d’effectuer quelques travaux de rénovation sur les cloisons intérieures à partir des vacances de Février.
document Nord Eclair
Mais deux semaines de fermeture paraissent un délai très court pour accomplir les travaux, et une école en chantier à la rentrée, entraînerait forcément des perturbations. On a donc décidé de fermer complètement l’établissement pendant 6 semaines et d’y revenir dès que tout sera terminé. Les deux directrices Mesdames Pavy et Maes, avec le service technique, programment le déménagement du matériel dans d’autres écoles : PaulBert/EdgarQuinet mais également Chanzy et Gambetta pour recevoir les enfants. Il faut songer aussi à préparer les services de car pour les déplacements chaque jour, la restauration à renforcer etc. Dans un cadre agréable et confortable, les 317 élèves reprennent possession de leurs classes, début Avril 1991.
document Nord Eclair
L’inauguration des locaux rénovés a lieu en Octobre 1991, en présence de André Diligent, sénateur-maire de Roubaix.
document archives municipales
L’école Ernest Renan, ouverte depuis 90 années, accueille toujours les élèves du quartier Ste Elisabeth.
Cyclisme. Le Grand Prix de l’exposition de Tourcoing au Vélodrome de Roubaix. C’est un véritable championnat du monde auquel vont assister les amateurs de cyclisme. Les meilleurs champions des diverses nations européennes seront présents : Rutt (Allemagne) Schilling (Hollande) Gardelliu (Italie) Rettich (Suisse) Nédela (Russie) Heller (Autriche) Dupré, Comès, Marcelli, Henry, Boutellier (France). Les diverses épreuves se déroulent avec un temps magnifique. Le Grand Prix de l’Exposition est remporté par Rutt au sprint devant Schilling et Rettich. Des réclamations sont déposées, une altercation se produit entre Rettich et Schilling, mais on sépare les combattants. Pour la course des primes, Bouteillier remporte facilement les quatre premières manches. La course de tandems voit la victoire de Bouteillier Schilling devant Marcelli Rutt. La Grande Harmonie vient clore la séance en musique.
Athlétisme. Un roubaisien champion de France du lancement du disque. Louis Vasseur du Stade Roubaisien s’est classé premier en battant tous les spécialistes de la capitale.
Tour de France. C’est la 4e édition. Première étape Paris Lille (275 kms). L’événement fait l’objet d’un encart particulier dans le journal. Émile Georget gagne devant Passerieu et Trousselier. Le tourquennois Catteau est 8e, le roubaisien Crupelandt est 20e. La deuxième étape mène les coureurs de Douai à Nancy (400 kms). René Pottier gagne devant Petit-Breton et Deboeuf. Émile Georget est quatrième. Alois Catteau est 11e, Charles Crupelandt n’a pas pris le départ, il a abandonné.
Courses hippiques. L’été est le moment privilégié des courses hippiques. On retrouve des annonces des hippodromes de Maisons-Lafitte, d’Ostende, de Saint-Omer, de Compiègne, de Courtrai…
Alois Catteau Champion belge et tourquennois doc Gallica
Le Tour de France 1906, s’est déroulé du 4 au 29 juillet 1906 sur 13 étapes pour 4 545 km. Il s’agit du second Tour de France à utiliser un système de points (et non au temps) pour calculer le classement général. Les nouveautés de cette année sont des passages à l’étranger (Allemagne, Italie et Espagne) et la flamme rouge. René Pottier a pris une belle avance dans les premières étapes. Il va dominer toute la course.
Tour de France 1906. Initialement, 100 coureurs sont inscrits à la course, 78 signent la feuille de départ de la première étape, finalement seuls 76 d’entre eux prennent le départ. Seulement 49 cyclistes terminent la première étape, 37 la deuxième étape, 29 la suivante et 16 la huitième. À ce stade, les points donnés dans les huit premières étapes sont redistribués entre les coureurs restants en fonction de leurs positions dans ces étapes. À la fin du Tour de France, le nombre d’arrivants est de seulement 14. Alois Catteau, le coureur belge et tourquennois, à qui l’Auto a donné du roubaisien, termine finalement 6e du classement général. Il court sur Alcyon Dunlop, comme les frères Georget.
Souscription pour Alois Catteau doc JdeRx
À son retour Aloîs Catteau est accueilli par ses nombreux supporters qui ont lancé une souscription pour le remercier de ses efforts. Le tourquennois reprend ses activités de marchand de cycles à Tourcoing.
C’est au tout début du 20ème siècle, le 02 mars 1900, qu’est adopté le projet d’ouverture d’une avenue reliant Roubaix à Hem. La nouvelle artère va de l’avenue des Villas à Roubaix (aujourd’hui avenue Gustave Delory) à la route départementale 19 à Hem qui relie Hem à Lannoy (rue Jules Guesde aujourd’hui) en passant par le carrefour du cabaret du Dernier sou, point le plus élevé de Hem (lieu où se situe actuellement Damart).
La nouvelle artère ouvre à la circulation en 1902. Le premier pavage de l’avenue d’abord sobrement appelée route d’Hem ou boulevard d’Hem n’est pas réalisé de suite. En 1908, la ligne C (puis 4 puis S) du tramway qui permet de relier Hem à Roubaix est mise en service et sera supprimée en 1951.
La route d’Hem dans les années 1920 (Document CPA collection privée)
Sur la carte postale d’illustration on peut observer le tramway qui arrive au niveau de l’observatoire de la commune. Fils de Louis Jonckeere, dirigeant d’une manufacture de lainage et draperie, rue Pasteur à Roubaix, Robert Jonckeere venu au monde en 1888, dans cette même ville a une passion pour l’astronomie.
Pour sa majorité, il envisage la construction d’un véritable observatoire et finit par trouver le site idéal, de près de 2 ha, au lieu dit La Citadelle, hameau des 3 baudets à Hem, sur une petite colline de 53m d’altitude, lieu où avait été installé par l’armée, à la fin du siècle précédent, le Fort de la Lionderie.Ce terrain est acheté par parcelles à des cultivateurs de Hem en janvier 1908. L’accès se situe sur le boulevard qui prendra un temps le nom de boulevard de l’Observatoire jusqu’au transfert du matériel de l’établissement à Lille en 1928 et la vente du domaine en 1931, les bâtiments étant presque tous rasés, hormis la maison principale et celle du concierge. (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site)
La maison principale et l’ensemble avec la maison du concierge dans les années 1920 (Documents Historihem)La maison principale et l’ancienne maison du concierge au n°82 du bd dans les années 2020 (Documents Google Maps)
C’est alors que l’avenue devient le boulevard Gustave Delory puis le boulevard Georges Clémenceau en 1931. Enfin, c’est en 1987 que la partie du boulevard au delà de la rue Colbert et jusqu’au rond-point des 3 Baudets est renommée De Gaulle. Pour autant la numérotation des adresses ne change pas, sans doute par commodité.
La nouvelle artère renommée dans les années 1930 (Cpa collection privée)
Comme le montre le document n°1, le boulevard d’Hem, au début du 20ème siècle, à la mise en service de la ligne de tramway, est presque vide de tout bâtiment, en dehors de l’observatoire. C’est ce que confirme la photo aérienne de 1933 sur laquelle seules quelques bâtiments apparaissent de ci de là au milieu des champs qui bordent la rue.
Photo aérienne de 1933 (Document IGN)
Pendant le 1er demi-siècle de l’existence du boulevard des résidences vont peu à peu voir le jour. L’annuaire du Ravet-Anceau de 1948 nous permet ainsi de recenser dans l’immédiat après-guerre sous la rubrique consacrée aux professions diverses quelques grandes demeures, notamment les maisons de maîtres de gros industriels principalement roubaisiens.
Photo aérienne de 1951 (document IGN)
Ainsi l’industriel L. Glorieux-Flipo a fait construire au n°209 une demeure reprise sous le nom de Château de Beaumont, son ancien domicile avant-guerre (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site). La majestueuse maison de maître existe toujours de nos jours au 209 avenue Charles de Gaulle.
Photo du 209 bd de gaulle en 2018 (Document Google Maps)
C’est également sur cette avenue que JB Pennel-Mignot (orthographe Ravet-Anceau) fait construire une superbe maison avec un très grand terrain au n°190 (sur ce sujet voir une précédent article édité sur notre site). En 1985, cette magnifique bâtisse deviendra le premier foyer pour l’enfance hémois, baptisé « Le Magnolia », hébergeant une quinzaine de jeunes.
Photo du n°190 en 2012 (Document Google Maps)
On retrouve également la famille Firmin Gabert-Fremaux (fils du fondateur de la teinturerie Gabert ; (sur le sujetvoir un précédent article édité sur notre site) au n°103. La famille Horent-Desprez fait construire au n°197 une demeure au nom de La Roseraie qui deviendra ensuite, sous le même nom, la propriété des Delerue-Delarue. Leurs voisins du n°199, la famille P.Thieffry nomment leur propriété « les Capucines »
Photos des n°197 en 2025 et 199 en 2023 (Documents Google Maps)
Des professions libérales y élisent également domicile, comme le Docteur Jean Leplat au n°200 et le Dr Gahyde au n°218. Enfin quelques entrepreneurs ou négociants s’y domicilient tels que : JB Amoris (entrepreneur en bâtiment) puis Mrs Calonne puis Copejans au n°125, P. Thieffry-Loridant (fabricant et négociant en bonneterie) au n°146, ou Mr. Bruggeman qui remplace la famille Glorieux au n°209.
Doc 9.0 Photos des n°200, 125 ; publicité Thieffry bonneterie et 146 dans les années 2020 (Documents Google Maps)
Ajoutons au n°216 le peintre décorateur Beghin-Briffaut, devenu par la suite Beghin et Cie puis Georges Beghin dans les années 1980. N’oublions pas non plus le fabriquant de salaisons Claude Desloovere, installé au milieu des années 1960 jusqu’à la fin des années 1970 au n°65.
Publicités Georges Beghin et Desloovere dans les années 1980 ; les n° 216 et 65 dans les années 2000-2020 (Documents guide hémois, Historihem,Nord-Eclair et Google Maps)
Au milieu du 20ème siècle, le nouveau boulevard est devenu une adresse prestigieuse et une artère résidentielle haut de gamme. La première partie comporte encore de nombreux champs tandis que la 2ème partie, à la frontière de la ville de Roubaix comporte déjà beaucoup plus de constructions. Cela s’accentue encore dans les années 1950 avec la construction d’immeubles collectifs côté impair et de petites maisons individuelles du CIL à proximité du rond-point des 3 Baudets.
Constructions CIL des années 1950 (Documents collection privée)Photos aériennes du boulevard Clémenceau vers Hem et vers Roubaix en 1962 et carte postale des années 1960 : panorama resserré sur le bd Clémenceau côté Hem et CP du rond-point des 3 Baudets dans les années 70 avec les immeubles collectifs sur la droite et les maisons individuelles sur la gauche (Documents IGN et collection privée)
Les ascensions se déroulent sur tout le territoire national. Une ascension aérostatique est toujours un événement exceptionnel pour le public, c’est un spectacle nouveau et attrayant qui voit accourir de toutes parts, une foule immense. En 1883, Jean Baptiste Glorieux a déjà effectué 320 ascensions, dont quelques unes ont été exécutées avec une hardiesse qui donne le vertige. Depuis son premier vol à Roubaix, on calcule alors qu’il a passé plus de deux mois de sa vie dans les nuages !
document Bernard Thiebaut
Le 22 Juin 1884, Jean-Baptiste Glorieux embarque à bord son ami Zéphirin Disdal et décolle de la place de la République à Lille. Arrivé à l’altitude de 4.000 mètres, Zéphirin saute dans le vide, le corps accroché à son parachute. Quelques minutes plus tard, une prairie lilloise accueille le premier parachutiste du Nord.
document Bernard Thiebaut
Le 14 Juillet 1898, pour notre fête nationale, alors qu’il prend place sur le trapèze, sous la nacelle, il est projeté sur la façade de la maison Rammaert-Jeu ( devenue ensuite la Bibliothèque Municipale ) sur la Grand Place de Roubaix. Le ballon arrive quand même à se dégager et termine son vol à Dottignies.
Jean-Baptiste est un homme de petite taille, mais vif, nerveux et intrépide, cachant sous des apparences modestes et simples, des connaissances variées et étendues sur sa passion. Dans la conversation, c’est un charmant et agréable conteur, sans prétention mais laissant toujours sentir le feu sacré de son art.
En 1900, il habite au 13 rue de l’Industrie à Roubaix. Il est père de 4 enfants : Sur la photo ci-dessous, de gauche à droite, Juliette Viane, son épouse, Jean-Baptiste Glorieux, puis les trois filles Rachel, Angèle et Berthe, et le fils George, coiffeur à Bruxelles.
Photo de famille ( document archives municipales )
Le 23 Mars 1905, Jean-Baptiste décède dans son lit, à son domicile, au 21 rue Vauban à Roubaix, à l’âge de 71 ans. Au total il a réalisé pendant ses 40 années d’activité, 635 ascensions toutes plus intrépides les unes que les autres dont certaines faillirent même lui coûter la vie.
Le Conseil municipal décide alors de donner le nom de Jean-Baptiste Glorieux, à une rue de la ville qui relie la rue Saint Antoine à la rue du Collège, aujourd’hui disparue lors de la création de l’avenue des Nations Unies.
JB Glorieux avait un cœur généreux et son concours bénévole était toujours acquis aux œuvres charitables et de bienfaisance. Il a participé à toutes les manifestations organisées par la ville de Roubaix. Il repose au cimetière de Roubaix sous une tombe originale et symbolique, ornée d’un ballon sphérique en miniature s’élançant sous la voûte céleste. Ce monument a pu être érigé le 29 octobre 1905, grâce à une souscription publique.
Cimetière de Roubaix ( document Nord Eclair )
En 1985, pour le 80° anniversaire du décès de Jean-Baptiste Glorieux, la municipalité décide de lui rendre un hommage aérostatique et ce, en deux parties. La première par un lâcher de trois ballons le 15 Septembre au parc de Barbieux, et la deuxième par une exposition en Décembre à la salle Watremez, avec de nombreux documents qui retracent la vie et les exploits de l’aéronaute, dans le contexte de son époque.
Exposition salle Watremez ( document Nord Eclair )document Nord Eclair
Remerciements à Bernard Thiebaut ainsi qu’aux archives municipales
Alors que les fêtes du moulin honorent leur rendez vous de juin, comme chaque année, avec une braderie et des animations sur la plaine du Moulin, il est bon de se souvenir que Leers eut autrefois trois moulins sur son territoire. C’étaient des moulins à vent car il n‘y avait pas de cours d’eau susceptible de prêter à leur manœuvre.
Les trois moulins sur la carte doc ADN
Ils existaient tous en 1870. Le premier, à son origine était construit en bois et se trouvait, se trouve encore sur la colline du Quevaucamp, longé par une route appelée jadis carrière du Moulin, devenue un peu plus tard rue Hoche. Ce moulin dont nous avons déjà parlé a l’aspect d’une imposante tour en briques dont les murs de base font 70 centimètres d’épaisseur pour finir à son sommet avec 30 centimètres d’épaisseur. Les Leersois consultés par voie de référendum se prononcèrent pour sa réhabilitation (voir notre article à ce sujet).
Les deux autres moulins se trouvaient dans la rue de Wattrelos et sont aujourd’hui disparus. L’un construit en bois était appelé Moulin Druon du nom de celui qui en avait la charge. Il était utilisé au broyage des graines de lin et de colza pour la fabrication de l’huile. Tombé de vétusté en 1918, il se trouvait aux alentours du 46 de la rue de Wattrelos, non loin de la cité Bauwens.
L’autre se trouvait de l’autre côté de la rue et on l’utilisait sans doute pour la mouture du blé, ce qui n’est pas confirmé vu le souvenir très lointain qu’il a laissé aux leersois. Ces deux moulins appartenaient à la famille Lezaire puis devinrent la propriété des familles Courier et Salembier.
Le moulin actuel doc Cirkwi
Revenons au survivant, qui fut érigé en bois vers 1836 et exploité par Simon Hubert Fourez qui décéda en 1847. Sa veuve Lucie-Marie Delneste poursuivit l’exploitation avec ses quatre enfants. Vers 1852, le moulin fut abattu par un coup de vent et Mme Fourez le remplaça par un moulin en briques. Son fils Simon Fourez l’exploita juqu’à sa mort intervenue en 1893. En 1895, les frères Derache, neveux de M. Fourez, lui succèdent. Ils utilisent le moulin pour moudre le blé et le seigle, dont le grain provenait d’autres contrées.
Le moulin cessa toute activité en 1914 à cause de la guerre. Le meunier n’acceptait plus que de moudre de petites quantités pour satisfaire ses clients et de ce fait il devait souvent arrêter la marche de son moulin. Un général allemand de passage remarqua les mouvements du moulin et imagina qu’il renseignait les Français sur les mouvements de troupe allemands. Arthur Derache échappa de peu au poteau d’exécution, un caporal allemand ayant intercédé en sa faveur. Le moulin lui s’arrêta définitivement.
D’après Nord éclair
On consultera avec intérêt l’article de fond consacré aux moulins de Leers par l’association Leers Historique.
Sur les terres de la ferme Duthoit se construit une rangée de maisons individuelles le long de la rue du Docteur Yersin et des dominos pour les anciens, entourés d’espaces verts entre celle-ci et la rue des Ecoles.
Vue des maisons individuelles et des dominos et vue aérienne de l’ensemble (Documents Google Maps)
En janvier 1974, s’ouvre l’école primaire privée Saint-André, au 124 rue des Ecoles, face à l’emplacement de l’ancienne ferme Duthoit. Cette petite école de quartier n’est ouverte que durant 20 ans puisqu’elle ferme ses portes au 31 Août 1995. Il en subsiste peu de traces si ce n’est des photos de presse des fêtes annuelles notamment en 1974 et 1975. En revanche elle apparaît distinctement sur les photos aériennes de 1976 et de 1995.
Fêtes d’école en 1974 et 1975 (Documents Nord-Eclair)Photo aérienne de 1976 et de 1995 (Documents IGN)
Il faut dire que cette école a malheureusement fait l’objet de vandalisme notamment en 1982 où une douzaine de fenêtres sont brisées en mai à coup de pierres lancées depuis la rue par des adolescents du quartier qui fait face à une petite délinquance en augmentation en raison de l’oisiveté des jeunes habitants.
Ce vandalisme se répète une douzaine de fois sur le reste de l’année 1982. C’est ainsi qu’en juin un spectacle de désolation s’offre à nouveau aux enseignants et aux élèves dans les salles de classe : vitres brisées, papiers déchirés, chaises renversées, matériel jeté par terre…
Docs vandalisme en 1982 (Documents Nord-Eclair)
C’est la raison pour laquelle un groupe de parents accompagne en fin d’année scolaire voir le maire Jean-Claude Provo à l’hôtel de ville, avec le directeur Bernard Florte, pour lui signifier leur ras le bol face à la situation. Le maire s’est alors rendu sur place pour prendre la mesure du problème et chercher une solution.
Pourtant à cette époque, ni le directeur de l’école ni le diocèse n’envisagent la fermeture de cet établissement en raison des problèmes d’insécurité qu’il rencontre. Ils attendent une réponse adaptée des pouvoirs publics et l’assurance d’une sécurisation du lieu ainsi que des enfants qui y sont accueillis. C’est donc certainement pour une autre raison que l’école ferme ses portes un peu plus de 10 ans plus tard.
Docs délégation en mairie (Documents Nord-Eclair)
Suite à la fermeture de l’école et sa destruction, le site reste en friche plusieurs années et des dépôts sauvages d’ordures y sont effectués. Ce n’est qu’en 2000 que le journal Nord-Eclair se fait l’écho d’un projet de nettoyage du site. Logicil, propriétaire du terrain va enfin y enlever les immondices qui se sont accumulés au fil des ans et la municipalité quant à elle va débarrasser le site des fondations en béton et vestiges de l’ancienne école.
Réunion sur le site à l’abandon : le discours de Francis Vercamer, les habitants à l’écoute et le cadavre de rat brandi par une participante excédée (Documents Nord-Eclair)
Francis Vercamer, maire de Hem, organise une réunion sur le site pour y expliquer aux riverains que les remblais inutiles vont être évacués, que le terrain nettoyé recevra un apport de terre végétale puis qu’un gazon sera planté sur le terrain clôturé et que quelques arbres y seront également implantés pour y apporter un peu d’ombre.
Le site débarrassé et clôturé en attente d’être engazonné (Document Nord-Eclair)
En Octobre 2003, c’est la Maison de la Petite Enfance qui est inaugurée à l’emplacement de l’ancienne école, en présence de Jean-Louis Borloo, Ministre délégué à la Ville et à la Rénovation Urbaine. Elle est créée en vue de fédérer toutes les structures d’accueil petite enfance déjà existantes mais disséminées à travers la ville et de proposer de nouveaux services aux familles.
La maison de la Petite Enfance vue de face et vue aérienne (Documents Google Maps)
Les projets y sont nombreux : accueil et éveil des enfants bien sûr, mais aussi mise en place de nouvelles activités, rencontres et sorties, nouveaux partenariats avec la résidence des seniors de la ville et avec les écoles maternelles pour permettre aux petits de s’enrichir culturellement et socialement.
En 2013, la MPE fête ses dix ans d’existence en grande pompe en présence de Francis Vercamer, maire de la ville, avec les membres du Conseil Municipal. Sont également présents une représentante du Conseil Géneral, une déléguée du préfet et le médecin chef de la PMI.
Anniversaire de la MPE (Document La Voix du Nord)
De l’emplacement de la MPE jusqu’à la rue des 3 Fermes, laquelle traverse la rue des écoles là où se situaient auparavant les 2 autres fermes, Bayart et Crepel, on retrouve plusieurs rangées de maisons individuelles Logicil, et ce jusqu’aux anciennes terres de la ferme Crepel.
Les maisons Logicil à l’ancien emplacement de la ferme Crepel de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)
En face, à l’ancien emplacement de la Ferme Bayart, se trouve le square Berthelot, un triangle entre la rue Henri Dunant et l’avenue Laennec, la rue des 3 Fermes et la rue des Ecoles. En juin 2007, les bâtiments s’y trouvant sont démolis et l’espace dégagé par ces démolitions est laissé libre quelques mois avant que ne débute, à la fin de l’année, les travaux de construction, sur 1825 mètres carrés, de l’actuelle Maison de l’Emploi et des Services Publics, abritant le Pôle Emploi de Hem, qui voit le jour en 2009.
Photo aérienne de la zone en 1969 et 1995 avec le Square Berthelot (Documents IGN)
Une structure du Conseil Général : l’Union Territoriale de Prévention et d’Action sociale, anciennement installée avenue Dunant, reconstruit quant à elle un nouveau bâtiment en vis-à-vis de la future Maison de l’Emploi, qui ouvre en 2010. Le but de l’ UTPAS est de fournir un service de proximité et surtout de permettre à tous d’accéder à des droits fondamentaux, de bénéficier de prestations sociales, médico-sociales et individuelles adaptées aux difficultés de chacun, d’être accompagné dans son parcours personnel (insertion logement, santé), d’être soutenu dans son rôle de parent.
La Maison de l’Emploi et des Services Publics en travaux en 2009 et vue aérienne des 2 bâtiment en 2020 (Documents Google Maps)L’UTPAS côté rue des Ecoles et la Maison de l’emploi côté rue des 3 Fermes (Documents Google Maps)
Ce secteur essentiellement rural du village d’antan aura donc cédé la place dans un premier temps à des immeubles à usage d’habitation collectifs et à de nombreuses maisons individuelles à la fin des années 60 alors que le village devenait une petite ville, essentiellement cité dortoir, avant qu’à leur tour ces habitations ne cèdent pour une partie d’entre elles, la place dans les années 2000 à des services publics devenus incontournables avec la croissance du nombre d’habitants de la ville.
Le plan actuel du quartier (Document IGN) reprenant les emplacements des 3 fermes
Des 3 fermes du début du siècle ne subsiste donc plus que le nom d’une rue bordée d’habitations, celui du quartier entourant cette rue ainsi que d’un béguinage installé dans ledit quartier. La transformation de celui-ci en moins d’un siècle est à l’image de celle subie par la commune de Hem tout entière (et bien d’autres) du petit village à vocation essentiellement agricole à la ville.
Remerciements à la ville de Hem et à l’Association Historihem ainsi qu’à Jacquy Delaporte pour son ouvrage Hem 1000 ans d’histoire
Au 94 rue de la gare à Roubaix, se trouve un imposant bâtiment construit à la fin du siècle dernier, et occupé par « La Flandre », grosse compagnie d’assurance, administrée par Mrs Eeckman et Tettelin.
Le 94 rue de la Gare ( document collection privée )Publicité « La Flandre » ( document collection privée )
André Eeckman habite sur place dans l’un des étages. En 1927, il souhaite se faire construire une villa. Il négocie l’achat d’un terrain vierge de 1324 m2, situé au 33 bis boulevard de Beaurepaire, appartenant à la famille de son épouse : les frères Courouble, meuniers au 35 du boulevard de Beaurepaire. André fait appel à l’architecte Maillard à Tourcoing, pour établir les plans de sa future propriété.
cadastrefaçade ( document archives municipales )
La propriété est immense, le rez de chaussée d’une surface de près de 300 m2 comprend, le hall d’entrée, un garage pour deux voitures, un salon, un vestiaire, un living-room, une salle à manger, une cuisine, un office et une terrasse.
Plan du rez de chaussée ( document archives municipales )
Le 1° étage est composé de 4 chambres dont une suite parentale, une salle de jeux, un vestibule, deux salles de bains, des toilettes et une lingerie. Le second étage a pratiquement la même surface.
Façade avant ( document archives municipales )Vue du jardin ( document archives municipales )
André Eeckmann-Courouble et son épouse, habitent cette demeure, pendant de nombreuses années. Au décès d’André, au début des années 1950, sa veuve reste dans les locaux jusqu’au début des années 1970.
De nos jours, la villa Eeckmann est inoccupée et semble même à l’abandon.
Alfred Damez est né à Audruicq dans le Pas de Calais le 18 décembre 1870. Après ses études, il entra dans l’administration des finances et vint s’installer comme percepteur à Roubaix en 1894. Son esprit d’organisation et sa vive intelligence l’incitent à développer son activité, ainsi devient-il secrétaire général fondateur de la Fédération Industrielle et commerciale de Roubaix Tourcoing. Puis il fonde le Comptoir Cotonnier Français, organisme collectif d’exportation en 1918. il en assure le secrétariat général ainsi que celui du Syndicat des fabricants de tissus de Roubaix-Tourcoing. Il prendra une part primordiale dans le fonctionnement des principaux groupements textiles tels que la Fédération lainière internationale, le Contentieux général des industries textiles, ou encore l’Association française des fabricants de tissus, l’Union française des filateurs de laines peignées, et le Comité central de la laine dont il sera le directeur.
Alfred Damez 1870-1956
Voilà un homme important et déjà fort occupé. Cependant il intéresse particulièrement le monde sportif, car il fut chargé de la rubrique sportive du Journal de Roubaix avant la première guerre. Grace à lui nous sommes informés sur l’évolution du sport en ce début de vingtième siècle. Il collabora aussi à d’autres hebdomadaires. Alfred Damez était un passionné de sport, et il ne se contenta pas d’écrire, il fut le premier animateur du Nord Touriste dont il fut le secrétaire général fondateur. Il apporta également son concours au développement de l’Automobile Club du Nord de la France. Il obtint les palmes académiques en 1906 et de nombreuses autres décorations, dont la rosette d’officier de la Légion d’Honneur en 1936. Il est décédé à Paris le vendredi 10 février 1956 après une vie bien remplie.
C’est en 1979 que la chorale hémoise Cantar’Hem voit le jour ; composée d’une trentaine de personnes elle se présente au 2ème festival de Chant Choral avant de fonder une association présidée par Christian Lebrun. Dirigée par Jean-Jacques Delneste elle est aidée, pour ses débuts, par deux animateurs de l’Atelier Régional de Musique qui en deviennent membres d’honneur.
Fondation de l’association Cantar’Hem en 1979 (Document Nord-Eclair)
Très vite le succès est au rendez-vous et les 20 personnes qui la composent au début des années 1980 ne suffisent plus, notamment au niveau des voix masculines. C’est la raison pour laquelle, en 1985, pour pouvoir assurer ses concerts au meilleur niveau, la chorale lance un appel dans la presse locale en vue de recruter de nouveaux chanteurs. Cela n’empêche pas la chorale de se produire dans les rues pour la 1ère fête de la musique en juin 1983.
Le succès de Cantar’Hem au début des années 1980 (Documents Nord-Eclair)
Les répétitions ont alors lieu dans la cantine de l’école du Parc de la Mairie, avant d’être accueillies à l’école Notre Dame de Lourdes et ce jusqu’à la construction de la Cantoria. En 1988, c’est Luc Delva, professeur de musique et chef de choeur exigeant, qui prend la direction de Cantar’Hem. Renée Prévot est alors présidente de l’association dont elle laissera les rênes à Armelle Drouffe en 1999 alors que la chorale fête ses 20 ans.
Cantar’Hem fête ses 20 ans en chantant (Document Nord-Eclair)
Au début des années 2000, avec la chef de cœur Ariane Stelandre, la soixantaine de choristes se produit en public à plusieurs occasions alternant une première partie plutôt classique et une deuxième nettement plus contemporaine, quelques soient les lieux qui l’accueillent : églises dont l’acoustique n’a que peu de concurrents et salle Leplat pour la Sainte Cécile par exemple.
Cantar’Hem au début des années 2000 (Documents Nord-Eclair)
Par la suite la chorale se dote d’un piano numérique, grâce à une subvention exceptionnelle de 2000 euros attribuée par l’Etat. La présidente de l’époque, Thérése Noclain, explique que cet instrument doit permettre à la soixantaine de choristes hémois de se faire régulièrement accompagner par un musicien sur les morceaux qui le nécessitent sans entraîner de frais de location.
Le piano numérique acheté en 2009 (Document Tout’Hem)
Culture et Liberté
2 ans après la création de Cantar’Hem, une nouvelle chorale fait son apparition, en 1981. L’association, créée par Lucien Delvarre, se compose à la fois d’un groupe de réflexion apolitique et d’une chorale dont il est le chef de choeur, mais aussi guitariste et pianiste sur synthétiseur. Composée d’une vingtaine de choristes, la chorale a un répertoire varié et répète au Centre Social des Hauts-Champs, avenue Laennec.
Les logos de l’association et de la chorale et une idée de leur répertoire varié et leur participation à la fête de la musique en 1989 (Documents Historihem)
Pour son dixième anniversaire, en 1991, la chorale, qui compte alors une cinquantaine de personnes, se produit lors d’un concert où elle mélange tous les styles, toujours sous la direction de son chef de choeur historique : Lucien Delvarre. C’est au cours de cette même décennie que Culture et Liberté se produit sur la prestigieuse scène du Colisée à Roubaix, en 1994.
Dixième anniversaire en 1991 et le Colisée en 1994 (Documents Historihem)
Dans la seconde moitié de la décennie, Culture et Liberté participe au forum des associations et la chorale, qui répète toujours au Centre Social des Hauts-Champs, se produit à l’église Saint-André pour la Sainte-Cécile, après avoir dûment participé à la fête de la musique, mais elle entonne aussi l’hymne hémois en 1999 en accompagnement de l’orchestre dirigé par Patrick Salmon.
Forum des associations en 1995, Fête de la Musique et Sainte-Cécile en 1998, hymne hémois en 1999 et les répétitions au Centre Social (Documents Historihem et Nord-Eclair)
Les années 2000 ne font pas exception à la règle et la chorale, qui a fêté ses 20 ans, toujours menée par Lucien Delvarre, fête la Sainte-Cécile à l’église Saint-André, et participe à la fête de la musique hémoise.
Anniversaire des 20 ans, fête de Sainte-Cécile à Saint-André en 2002 et 2004, fête de la musique en 2006 (Documents Historihem)
La chorale intervient également régulièrement pour des animations musicales dans les écoles mais aussi dans les maisons de retraite, les résidences seniors et les foyers logement. Depuis janvier 2010, Culture et Liberté a déménagé à l’Espace Linné, 277 avenue Linné à Roubaix.
Interventions dans les écoles mais aussi dans les maisons de retraite (Documents Historihem)
Décibel
Créée en septembre 1990, c’est en 1991 que Décibel, l’association de jeunes chanteurs en mouvement, émanation de l’atelier musical de Toufflers, donne son 1er gala à la salle des fêtes de Hem avec l’aide de l’association Bien vivre à Hem à l’organisation. Moments forts : Pascale Selosse accompagnée par son frère à la guitare, l’apparition de la troupe hémoise avec masque et gants blancs dans une lumière noire. Citons aussi la participation de la troupe wattrelosienne « le temps de vivre ».
1er gala pour Décibel en 1991 (Documents Nord-Eclair et Tout Hem)
Le groupe hémois dispose de ses propres musiciens : Maïté Willem aux claviers, Stéphane Leriche à la batterie, et Florence Fotinar au saxophone, même si certaines des chansons sont interprétées sur bande orchestre. Son président Luc Brunin peut compter sur 37 talents, âgés de 14 à 25 ans, qu’il fait répéter à l’école Notre Dame de Lourdes, rue du Docteur Coubronne.
Les 3 musiciens et la troupe lors de la dernière répétition avant gala à l’école en 1991 (Document Nord-Eclair)
Durant l’été 1991, ils ont l’opportunité de rencontrer Michel Fugain à Tourcoing, et lui dédicacent un tee-shirt de Decibel. Leur but, dès lors, est de faire vivre une sorte de big bazar. Ils sont maintenant 47 : chanteurs-danseurs, techniciens, administrateurs, chorégraphes et musiciens. La moyenne d’âge du groupe a rajeuni : 17 ans, et quelques membres du groupe fabriquent eux-mêmes les costumes.
Decibel rêve du Big Bazar (Document Nord-Eclair)
Durant les années qui suivent Décibel, dont la troupe augmente régulièrement, poursuit ses spectacles colorés et en mouvement : à la salle des fêtes de Hem bien sûr mais également dans d’autres villes de la région, en Allemagne dans le cadre du jumelage avec Wiehl et au festival Nuits de Champagne à Troyes. Les répétitions ont à présent lieu à la salle des fêtes de Hem. Décibel devient « la vedette » du Festival de Musique et de chant de la ville.
Décibel à Hem, à Calais pour un défilé historique et répétitions en salle des fêtes en 1993, durant le festival de musique et de chant en 1994 (Documents Nord-Eclair)
Decibel fête ses 5 ans en 1995 avec un spectacle spécialement préparé pour l’occasion à la salle des fêtes de Hem. Durant la deuxième partie de la décennie, cette chorale pas comme les autres se produit non seulement à Hem, mais aussi à Mouvaux, Bousbecque et Wattrelos. En 1999, pour le printemps musical, Décibel reçoit le renfort d’Esser, un groupe d’amis composé en partie d’anciens de Décibel, qui se produit pour la 1ère fois sur la scène hémoise.
Décibel fête ses 5 ans en 1995, à Mouvaux en 1996, à Hem en 1997 et 1998, au printemps musical en 1999 (Documents Nord-Eclair)
L’entrée dans le 21ème siècle voit la troupe se renouveler avec des jeunes de 14 à 25 ans chantant à 4 voix et évoluant toujours sur des chorégraphies originales.
Week-end studieux à La Gorgue en 2000 et printemps musical hémois en 2003 (Documents Nord-Eclair)
Fabien Tartare, président de l’association, et ses décibélistes, âgés de 14 à 27 ans, enchainent toujours les représentations durant la décennie 2010. Avec une trentaine d’artistes, Décibel offre un spectacle à la fois musical et chorégraphique qui met en couleur la variété française et qui attire plusieurs centaines de spectateurs. Elle continue à chercher de nouvelles voix chaque année.
Une troupe haute en couleur en 2012, 3 jours sur les routes sentimentales en 2014, cherche de nouvelles voix en 2015 (Documents Voix du Nord)
En 2015, Décibel fête ses 25 ans. Chaque année un nouveau spectacle, présenté en avant première à Hem, tourne ensuite beaucoup : manifestations caritatives, fêtes de la musique ou festivités diverses dans les villes voisines comme pour des entreprises voire même des particuliers qui souhaitent leur présence pour des fêtes familiales.
Les 25 ans de Décibel (Document Tout Hem et Voix du Nord)
Autant en emporte le chant, c’est le nom du tout nouveau spectacle que présente Décibel en 2016, toujours dans l’héritage de Michel Fugain et de son Big Bazar, dans l’idée de proposer quelque chose de très varié dans des costumes très colorés. Puis ce sera Vivre à enchanter qui revisitera un répertoire musical toujours très varié 2 ans plus tard.
Décibel en 2016 (Documents You Tube et Voix du Nord)
En 1894, la Compagnie Nouvelle des Tramways de Roubaix-Tourcoing se substitue à la première du nom. Sa naissance est impatiemment attendue par les roubaisiens qui réclamant à cor et à cris des lignes nouvelles pour compléter les existantes. La municipalité, de son côté, fait pression depuis le début des années 80 sur l’ancienne société, régie par un syndic de liquidation, pour obtenir ces lignes et achever le réseau.
En particulier, elle prévoit dans son cahier des charges une ligne numéro 5 dite de Roubaix à Tourcoing par les boulevards et qui, partant de la grand place de Roubaix et passant par la gare, emprunterait les rues de l’Alma, Saint Vincent de Paul, la rue d’Alsace et le boulevard de la République. Longue de près de 2000 mètres à Roubaix, elle se poursuivrait à Tourcoing par le boulevard Gambetta et la rue Faidherbe pour aboutir à la place principale.
Le tracé de la ligne sur un plan de 1919
Une communication du maire au conseil municipal établit qu’ en 1895, la ligne est construite et exploitée. La compagnie pose un second fil aérien par souci de sécuriser l’alimentation venue du dépôt du laboureur vers Roubaix et vers Tourcoing avec l’approbation de la ville. Il s’agit « d’alimenter les lignes du réseau de Tourcoing, en même temps qu’à secourir, en cas d’accident, le fil actuel ». Par ailleurs, la voie est doublée dans l’avenue de la Gare dans un premier temps, puis, progressivement, tout le long de son parcours.
Lors de la modification des appellations en 1905, la ligne prend l’indice E.
Partant du terminus situé devant l’église St Martin grand Place, la ligne emprunte, après une large courbe à droite, la toute nouvelle rue de la gare dont on voit l’entrée au premier plan sur la photo.
La grand place
La voie est toute droite ensuite jusqu’à la gare, suivant l’alignement de la rue.
La rue de la gare
Après avoir remonté cette prestigieuse avenue, et avant de parvenir à la gare, nous rencontrons une bretelle double permettant l’échange entre les voies dans les deux sens, installée là pour faciliter les manœuvres sur la place.
L’arrivée à la place de la gare
La ligne parvient alors à la place de la gare que nous voyons sur la photo suivante, prise vers la grand-place. Il faut à ce moment ignorer la raquette qui permet de faire demi-tour devant la gare, et se diriger à droite (à gauche sur la vue suivante) et emprunter la rue de l’Alma après être passé devant le kiosque central.
Nous allons suivre un instant la rue de l’Alma, partageant les rails avec la ligne 1bis, jusqu’au carrefour avec la rue St Vincent que nous prendrons à gauche pour traverser le pont sur le chemin de fer.
La courbe vers le pont
L’ouvrage traversé, nous nous trouvons sur la place de la Patrie, face à la rue d’Alsace que nous allons emprunter. Au coin sur la gauche, le débit de boissons, tenu en 1906 par monsieur Parsis, a conservé son état jusqu’à récemment, sous l’enseigne de « la Patrie ». Ici encore, la voie est double et en alignement. Les deux motrices qui se croisent sur la photo tractent chacune une remorque.
la place de la Patrie
Après une longue ligne droite, la voie parvient au croisement avec le boulevard d’Armentières et prend en face le boulevard de la république. L’estaminet qui fait le coin à gauche est avant la première guerre sous la férule de monsieur Baillon. C’est aujourd’hui une agence immobilière. Celui de droite, à l’enseigne « aux deux villes », sous celle de monsieur Vandenbroecke. Il abrite aujourd’hui une pharmacie.
La ligne suit le boulevard de la République, toujours en droite ligne vers Tourcoing. Les alignements d’arbres ont disparu de nos jours. Sur ce parcours, le métro a remplacé le tramway, ce qui prouve la pertinence des choix de tracé faits à l’époque.
La ligne poursuit son chemin, toujours en alignement, jusqu’au quai de Dunkerque et le canal, qu’elle franchit sur le pont de la République, construit en 1874, démoli par les allemands en 1918, et reconstruit en 1922. Il sera de nouveau reconstruit lors de la création de la voie rapide qui a profondément modifié les berges du canal.
Le pont de la République. A droite, Tourcoing
La ligne va maintenant pénétrer sur le territoire de Tourcoing.
A suivre…
Les documents proviennent des archives municipales et de la médiathèque de Roubaix.