Ballet du Nord ( 2 )

Après le décès d’Alfonso Catà, Jean Paul Comelin prend alors la direction du Ballet du Nord. En 1991, il présente le « Requiem » ( la messe des morts ) sur la musique de Wolfgang Amadeus Mozart. Ce ballet se veut un hymne pour tous les artistes de la terre. Créée quatre ans auparavant aux Etats Unis, confirmée deux ans après à Roubaix à l’invitation d’Alfonso Catà, cette chorégraphie revient au Colisée en ce mois de Février 1991 avant d’être présentée sur les scènes du monde, de Leningrad, au Canada en passant par de nombreux pays européens. Ce requiem ne marque pas une fin, mais le début d’une nouvelle et riche aventure.

Jean Paul Comelin ( document collection privée )

Requiem de mozart ( document bnr et Nord Eclair )
Jean-Paul Comelin au centre de la photo, entouré de son équipe de danseurs, techniciens et administratifs ( document B. Vanalderwelt )

En 1992, Jean-Paul Comelin, avec le peintre Mahdjoub Ben Bella et la costumière Yvonne Sassinot de Nesle, créent « Signatures », une pièce audacieuse, une œuvre tout simplement géniale. En effet, le talentueux Ben Bella réalise chaque soir en 47 minutes une toile de plus de dix mètres de long, en direct, le temps d’une chorégraphie sur scène, alors que les arabesques des danseurs semblent s’extraire de la toile.

Comelin et Ben Bella : « Signatures » ( document Nord Eclair )

Jean-Paul Comelin s’attaque ensuite à un monument de la danse, le ballet le plus représenté dans le monde : « Casse-Noisette ». Il quitte la direction artistique en 1993. La situation financière de la compagnie connaît des difficultés. Un collectif de plusieurs danseurs est alors mis en place pour assurer l’intérim en 1993-1994.

L’augmentation constante des effectifs de l’Ecole du Ballet du Nord et le développement de son projet pédagogique et artistique engendrent la création et l’installation de son activité en 1999, dans les anciennes usines textiles Roussel, situées au 139 rue des Arts, à proximité du Colisée. D’importants travaux de rénovation sont entrepris et financés par la ville de Roubaix.

Roussel ( document archives municipales )

Pascal Minam-Borier, danseur soliste, puis danseur principal du Ballet du Nord est nommé officiellement directeur de l’école. Ancien enseignant, Pascal cumule depuis 1985, les deux fonctions, danseur et responsable de la formation des élèves. Désormais, l’École bénéficie de 1600 m² d’équipements comprenant quatre vastes et lumineux studios, des vestiaires équipés, une salle d’échauffement, un espace de réunion et de ressources ainsi qu’une tisanerie. Les locaux permettent en plus, l’accueil d’actions pédagogiques à destination des classes de Roubaix, des activités danse des ALSH (centres de loisirs), l’accueil de compagnies en résidence et plus tard l’installation du département Pédagogie de la danse de l’Ecole Supérieure Musique et Danse Hauts-de-France – Lille.

Pascal Minam-Borier au centre de la photo ( document Nord Eclair )
Pascal Minam-Borier, de nos jours ( document Ballet du Nord )

Claude Bartolone, ministre de la ville profite de son passage à Roubaix en 2001, pour visiter les locaux de l’école du Ballet du Nord, en compagnie de René Vandierendonck.

Claude Bartolone ( documents Nord Eclair )

Suite au départ de Jean-Paul Comelin, en 1994 la direction du Ballet du Nord est assurée en intérim pendant un an, par Françoise Adret, co-fondatrice du Ballet Théâtre Contemporain d’Amiens, ancienne directrice artistique du « Lyon Opéra Ballet ». En 1995, Maryse Delente prend le relais de la direction du Ballet du Nord. Arrivant de Vaulx-en-Velin où elle dirigeait sa propre compagnie, Maryse Delente construit à Roubaix, des pièces dramaturgiques et néo-classiques avec un talent artistique incontestable. Roméo et Juliette (1996) sur la musique d’Hector Berlioz, Nous n’irons plus au bois (1998) ou Barbe Bleue (2000) sont créées pour la troupe du Ballet du Nord. Elle signe également une pièce emblématique, Gisèle ou le mensonge romantique, relecture contemporaine de la célèbre œuvre classique du XIXe siècle. Elle soutient l’Ecole, offrant une de ses chorégraphies, Ninna Nanna interprétée de très nombreuses fois par les élèves les plus avancés. Elle accueille également dans la compagnie, des stagiaires issus de l’école qui rejoindront le corps de ballet et démarreront leur carrière professionnelle. Malheureusement sa gestion en ressources humaines est décriée par son équipe et elle quitte le Ballet en 2002.

Françoise Adret ( document Google )
Maryse Delente ( document Google )
Affiche Maryse Delente ( document bnr )

Jean Guizerix, un ancien danseur de l’Opéra de Paris, prend la direction du Ballet en 2002. Il présente le spectacle « Comme un souffle » et assure le redémarrage de l’activité des danseurs après une période tumultueuse et pour fêter dignement la double décennie du Ballet.

Jean Guizerix ( Documents Spike et B. Vanalderwelt )

Le Ballet du Nord fête en effet son 20° anniversaire en 2003. Quel chemin parcouru ! Le Ballet aura connu de nombreux épisodes et des coups de théâtre. Il suffit d’évoquer les directions très contrastées pour comprendre que ces 20 années n’ont pas été un long fleuve tranquille. Mais le Ballet s’est forgé une image de choix dans le monde de la danse.

Les 20 ans ( document Nord Eclair )

Pour fêter dignement son 20° anniversaire, du 9 au 30 Mars 2003, le Ballet du Nord propose d’exposer au musée de la Piscine, les plus beaux costumes de scène utilisés par les danseurs : des robes de soie, des costumes en velours, des tutus, des perruques, des tenues baroques etc. Le résultat est impressionnant, c’est en quelque sorte une deuxième vie, une deuxième mise en scène que cette exposition offre à ses costumes.

20 ans de costumes au musée de la Piscine en 2003 ( document B. Vanalderwelt et Nord Eclair

En décembre 2004, Carolyn Carlson est nommée à la direction du Ballet du Nord. D’origine franco-finlandaise et né, aux U.S.A, Carolyn Carlson, danseuse, chorégraphe ainsi que poète et calligraphe, est une grande figure de la Nouvelle Danse Française. Elle a joué un rôle central dans la promotion de la danse contemporaine en France avec le « GRTOP » Groupe de Recherches Chorégraphiques de l’Opéra de Paris, mais également en Italie où elle chorégraphie à La Fenice de Venise durant 11 ans puis en Finlande d’où sont originaires ses parents. Sa notoriété et ses œuvres génèrent un rayonnement de Roubaix sur le territoire et à l’international. Très impliquée sur le territoire, elle redonne couleur et légèreté, apporte de la poésie au CCN devenu incontournable.

Carolyn Carlson ( document Google )

La première apparition de la compagnie sous la direction de Carolyn Carlson se fait en juin 2005 au musée de la Piscine de Roubaix dans un mémorable happening, investissant ce lieu emblématique, jusqu’à danser dans la travée d’eau. L’adhésion du public est pleine et entière et ne se démentira pas durant chacune des neuf années de son mandat artistique. Elle signe la chorégraphie de plusieurs œuvres, citons entre autres : Inanna (2005), spectacle fondateur pour son installation au Colisée de Roubaix, cette pièce est une ode à la puissance créatrice instinctive et guerrière ainsi qu’à la sensibilité et aux mystères féminins, Hidden (2007), pièce d’inspiration chamanique, Eau (2008) chorégraphie écologique et contemporaine sur des images d’Alain Fleisher, directeur du Fresnoy à Tourcoing pour la partie scénographie, Mundus Imaginalis (2010) cycle chorégraphique pour musées et galeries d’art qui propose une immersion dans les visions picturales et plastiques qui animent la chorégraphe avec pour sources d’inspiration Schiele, Magritte, Kieffer, Van Gogh, Pollock, Warhol Zao Wou-Ki, Picasso…

document Pascal Minam-Borier

La compagnie constitue également pour la chorégraphe une pépinière de jeunes créateurs qu’elle soutient et encourage. Elle investit des lieux improbables pour ses présentations (musées, piscines, friches industrielles, … ). En parallèle, le projet du Colisée s’élargit, à partir de 2004, avec l’arrivée de Bertrand Millet qui y développe un théâtre pluridisciplinaire. Leur, collaboration sera fructueuse.

Carolyn Carlson

En 2006, l’œuvre de Carolyn Carlson est couronnée par le premier Lion d’Or jamais attribué à un chorégraphe par la Biennale de Venise. Elle est aussi commandeur des Arts et Lettres et dans l’ordre de la Légion d’honneur. En 2009, Carolyn Carlson accueille une compagnie dont l’équipe du CCN porte la charge administrative : la compagnie Zahrbat du danseur hip hop Brahim Bouchelaghem. Carolyn Carlson compose plusieurs poèmes pour sa création What did you say véritable source d’inspiration pour Brahim Bouchelaghem.

Document bnr

C’est également en 2009, que Carolyn crée « Le Roi Penché » une pièce pour jeune public, imaginée à partir d’un conte écrit par Marie Desplechin, célèbre autrice roubaisienne.

L’Ecole du Ballet du Nord de la rue des Arts est reconnue par le Ministère de la Culture et de la Communication en 2009. Elle devient le département des études chorégraphiques du Conservatoire à Rayonnement Départemental de Roubaix. Ce statut lui permet de former les élèves à partir de la classe éveil jusqu’au cycle 3, soit de l’âge de 5 à 20 ans. Ce parcours de formation initiale permet à chaque élève de choisir son niveau de pratique dans la discipline qui lui correspond (classique ou contemporaine), de l’activité de loisirs à la formation pré-profesionnelle. L’école se produit d’ailleurs chaque année sur la scène du Colisée dans des conditions professionnelles de représentation, faisant appel à des chorégraphes confirmés pour les élèves les plus avancés et présentant des spectacles à destination du jeune public. Elle crée une version du « Sacre du Printemps » avec l’ensemble des 150 élèves, dont la composition retient l’attention de Carolyn Carlson qui souhaitera la proposer au public de la compagnie, en ouverture de soirée lors des 30 ans du CCN.

Carolyn Carlson s’investit d’ailleurs beaucoup dans le programme pédagogique de l’Ecole encadrant des master-class et des ateliers. Elle signe deux pièces pour les élèves de l’Ecole. Plusieurs danseurs désormais dans la troupe, ont suivi l‘ensemble de leur formation à l’école. Carolyn Carlson et Bartabas, écuyer, scénographe, fondateur du Théâtre équestre Zingaro. et directeur de l’Académie du spectacle équestre de Versailles , créent un spectacle un peu fou en 2011 : « We were horses » durant lequel 16 danseurs, 12 écuyers et leurs magnifiques chevaux évoluent sur la piste de façon harmonieuse, avec grâce et élégance. Créée à Bruay la Buissière, la pièce est diffusée à Lyon-Fourvière, Monaco et Paris-La Villette. Elle sera présentée devant plus de 20.000 spectateurs.

Bartabas ( document Nord Eclair )

En 2014, Carolyn quitte Roubaix pour créer sa propre compagnie : la « Carolyn Carlson Company ». Au cours de ses dix années passées à la direction du Ballet du Nord, son influence et ses succès ont été considérables à Roubaix, sur le territoire français et dans de nombreux pays européens. Elle a joué un rôle clef dans l’éclosion des danses contemporaines.

document Nord Eclair

à suivre . . .

Remerciements à Bernard Vanalderwelt, Robert Pereira, Pascal Minam-Borier et Henri Mayet ainsi qu’aux archives municipales.

L’histoire de la musique à Hem 7

Partie 6 Les chorales

Les anciennes chorales du 19ème siècle

Dès la fin du 19ème siècle la ville compte plusieurs chorales : la Chorale d’Hem, les Enfants du Nord, la Jeune Lyre, la Jeunesse d’Hem, la Sainte Cécile et les Intimes.

Enregistrement en préfecture et demandes de subsides des anciennes chorales et logo de la dernière d’entre elles (Documents Historihem)

Les chorales du 20ème siècle

Chorales paroissiales

La chorale Saint-Corneille

Née au tout début du vingtième siècle la chorale de l’église Saint-Corneille est indissociable de l’orgue installé dans cette église, bâtie au centre du village, et électrifié en 1933 (sur le sujet de l’église voir un précédent article édité précédemment sur notre site). A l’époque c’est Claire Boussemart qui est l’organiste de l’église.

La chorale Saint-Corneille en 1902 et facture relative à l’électrification de l’orgue en 1933 (Documents Historihem)

Dans les années 1950, c’est Madeleine Tricoit qui, en qualité d’organiste, accompagne la chorale pour la première audition de Sainte Cécile. En 1954, 3 membres de la chorale reçoivent la croix du mérite diocésain. Et c’est en 1959 que la chorale fête son cinquantenaire

1ère auditions de Sainte-Cécile en 1953  croix du mérite diocésain en 1954 et fête du cinquantenaire en 1959 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

Durant les années 1960, la Sainte-Cécile est fêtée annuellement par la chorale, accompagnée à l’orgue par Madeleine Rusquart-Lallemand, également présente pour accompagner la chorale des jeunes, lors d’une messe célébrée en l’honneur de son père, résistant, mort en déportation. Durant cette même année 63, la chorale chante en l’honneur de Sainte-Thérése à la Chapelle d’Hempempont. L’année suivante c’est la Sainte-Cécile pour la chorale et celle des jeunes.

Sainte Cécile en 1961, messe en l’honneur du capitaine Lallemand en 1963, Sainte-Cécile en 1964 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

Dans les années 70, Thérése Cousin, ancienne élève du conservatoire de Roubaix, accompagnatrice à l’harmonium de la manécanterie des petits chanteurs de l’église Saint Michel à Roubaix depuis la fin de la seconde guerre mondiale, devenue ensuite organiste dans cette même église, accepte de tenir l’orgue de Saint-Corneille pour dépanner, après son installation à Hem.

Après un passage à vide de quelques années pour la chorale qui disparait, elle répond présente lorsqu’en 1988, un groupe de paroissiens décide de recréer une nouvelle chorale dont Jean-François Leclercq, de retour de l’armée prend la direction tandis qu’elle-même reprend sa place à l’orgue.

La nouvelle chorale Saint-Corneille en 1989 et dans les années 1990 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

Peu de changement pour l’entrée dans le 21ème siècle, avec la traditionnelle fête de Sainte-Cécile en 2002. C’est toutefois en 2007 que Thérése Cousin, après un dépannage de 35 ans, tient pour la dernière fois l’orgue à l’église Saint-Corneille, avant de goûter à une retraite bien méritée, vivement remerciée et félicitée par Jean-François Leclercq.

Le départ en retraite de Thérése Cousin en 2007 (Documents Historihem)

Depuis la chorale continue à fêter chaque année la Sainte-Cécile et à animer des messes. En 2009, elle en est à plus de 900 répétitions, dans la maison paroissiale, et quelques centaines de chants appris. 25 choristes la composent alors et c’est Jean-Paul Traoré qui est aux commandes du magnifique orgue de l’église Saint-Corneille.

La chorale dans les années 2000 (Documents Nord-Eclair Historihem et Voix du Nord)

Manécanterie des Petits Chanteurs d’Hem Saint Corneille

La chorale est créée, en 1953, à l’initiative de Messieurs Pierre Motte, Jean Loosfeld et l’abbé Rogeau, vicaire de la paroisse Saint Corneille. Jean Loosfeld en assure la direction musicale. Elle porte le nom de « Manécanterie des Petits Chanteurs d’Hem Saint Corneille » et les choristes, jeunes garçons, sont essentiellement issus de l’école Saint Corneille et de son foyer. Les répétitions se déroulent dans les locaux de l’école, rue Jules Ferry, le jeudi en fin d’après-midi.

Journée musicale à Hem en 1954 (Documents Historihem)

Dans les années 1960, la chorale compte 42 chanteurs, et, chaque saison, elle donne une audition dans les paroisses hémoises et aux alentours lors des différentes fêtes religieuses. Elle organise aussi des galas dont le bénéfice sert à financer des voyages. En 1962, elle est invitée au 10ème anniversaire de la manécanterie roubaisienne « les Rossignolets » et l’année suivante elle prend le nom de Petits Chanteurs de Dominique Savio (patron des Petits Chanteurs).

La Manécanterie en 1961 (Documents Historihem)
La Manécanterie en 1963 (Documents Historihem)

Remerciements à l’association Historihem

à suivre…

Ballet du Nord ( 1 )

L’Opéra du Nord est créé le 20 février 1979, composé du théâtre lyrique de Lille, du Ballet du Nord de Roubaix et de l’atelier Lyrique de Tourcoing. Pierre Mauroy maire de Lille, Pierre Prouvost maire de Roubaix, et Guy Chatiliez maire de Tourcoing, signent un accord qui permet le lancement de cette structure pour une renaissance de l’Art Lyrique sur les deux départements du Nord et du Pas de Calais. La direction de l’Opéra du Nord est assurée par Elie Delfosse. En 1980, la ville de Roubaix rachète le Colisée de Roubaix ( voir sur notre site, un article précédemment édité et intitulé : Le Colisée 3 ). Après de gigantesques travaux, le Ballet du Nord s’y installe, en 1983, sous la direction de Alfonso Catà, chorégraphe d’origine cubaine, dont le travail de style néoclassique, s’inscrit dans la lignée de George Balanchine. Le 28 Janvier 1983, c’est l’ inauguration du Colisée-Opéra, en présence de Pierre Mauroy, premier ministre de l’époque, Pierre Prouvost député-maire de Roubaix, Monique Bouchez présidente de l’Opéra du Nord, Noël Josèphe président du Conseil Régional et Alfonso Catà bien sûr chorégraphe du Ballet du Nord. À l’invitation de ce dernier, c’est Roland Petit et le Ballet de Marseille qui prêtent leur concours avec la pièce les « Hauts de Hurlevent » pour cette soirée d’inauguration. Le Ballet du Nord alors en répétition donne à son tour sa grande première au Colisée le 11 mars qui suit.

Inauguration ( document B. Vanalderwelt )
Ballet du Nord 1983 ( document bnr )

Lors de la première production, le programme de la soirée est exclusivement composé de pièces de George Balanchine. Alfonso Catà se fait seconder par Brigitte Thom, maîtresse de ballet à l’Opéra de Paris, qui a repris ces dernières années la plupart des créations du directeur artistique du « New-York City Ballet ». Cette même année 1983, le Ballet du Nord devient Centre Chorégraphique National, labellisé par ce nouveau dispositif du Ministère de la Culture dans le cadre de la décentralisation. Ce dispositif a pour but de favoriser l’essor de la danse classique et moderne sur le territoire, permettant de structurer et de soutenir la création, la diffusion et la sensibilisation. Roubaix est un des premiers centres labellisés. Le Ballet du Nord se détache ensuite de l’Opéra, en 1985 et devient porteur de ces nouvelles missions en premier lieu sur le Nord Pas-de-Calais: création de nouvelles productions, diffusion d’œuvres d’artistes locaux, formation des danseurs etc.

Alfonso Catà ( document Pascal Minam-Borier )
Alfonso Catà ( document Pascal Minam-Borier )

Alfonso Catà construit le répertoire de la compagnie sur quatorze ballets de Balanchine, dont il a été un proche collaborateur, ainsi que de nombreuses œuvres de chorégraphes internationaux réputés mais également certaines de sa propre conception. Alfonso entame parallèlement la sensibilisation avancée de ses danseurs au style néoclassique propre au travail de son mentor George Balanchine avec pour objectif d’assurer rapidement cette cohésion de style, développant pour l’ensemble de la troupe une fiabilité de haut niveau quelle que soit la position hiérarchique au sein de la troupe.

Répétitions de la troupe dans le studio encore en travaux ( document Nord Eclair 1983 )

.En 1984, Alfonso Catà propose au public une version du célèbre ballet classique Coppélia. La pièce avec une orientation jeune public, est donnée avec succès près d’une centaine de fois, partout dans le monde entier. Dans la région, la version est d’ailleurs présentée au Colisée avec la participation d’un groupe de jeunes danseurs issus de l’Ecole et en compagnie d’un orchestre situé dans la fosse devant la scène.

Alfonso Catà dans un souci d’implantation locale solide, dès le début de la création du Ballet du Nord, fait se produire la compagnie partout sur le territoire régional. Il ambitionne également bien sûr que la compagnie puisse rayonner en France mais également à l’étranger. (Biennale de la danse de Lyon – Festival de Kuopio – Eté de la Danse de Paris – Festival de Montpellier – Biennale de la danse du Val de Marne – Festival de Tunisie – Festival international de la danse de Paris au Théâtre des Champs Elysées, Festival de Brighton …)

Coppelia 1984 ( document bnr )

En 1987, il propose au public de la métropole Lilloise une soirée « américaine » qu’il présente en octobre de cette même année, au Colisée et à l’Opéra de Lille, en avant-première d’une tournée de la compagnie aux USA.

New York 1987 ( document bnr )

Alfonso Catà emmène sa troupe aux Etats Unis, à New York pour une série de représentations dont celles au « Brooklyn Center », devant 2500 spectateurs américains. La célèbre critique de danse new-yorkaise Anna Kisselgoff conclut son article « Le ballet du Nord offre une image convaincante de la vitalité et de la diversité de la danse française en région, loin de Paris ». D’autres représentations de la troupe suivent dans une tournée des universités américaines, se produisant au Texas, en Arkansas, dans le Vermont, l’Illinois et l’Ohio. C’est un immense succès, une tournée triomphale. C’est en quelque sorte, un retour aux sources, pour Alfonso, de nationalité américano-cubaine.

New York ( document Nord Eclair )

Parallèlement à ces missions de diffusion et de création, Alfonso Catà choisit de mettre en place une école de formation initiale à l’image de ce qui se pratique dans les grandes compagnies américaines. L’école de danse du ballet du Nord a été créée en 1985. Les danseurs de la compagnie en assurent les cours hebdomadaires. L’objectif de cette école est de pouvoir constituer un corps de ballet d’enfants propres à intégrer des prestations professionnelles dans des rôles leur correspondant, comme c’est le cas dans la production de Coppélia, mais également d’envisager la mise en place d’un lieu de formation pour de futurs danseurs professionnels rompus au style de la compagnie. Les jeunes danseurs profitent de l’exemple de leurs aînés, suivant leurs cours de danse dans les mêmes studios du Colisée à l’issue des répétitions. De nombreux danseurs professionnels seront issus de cette école. Forte de son succès aux Etats-Unis, la compagnie est appelée à se produire encore plus et à multiplier ses représentations à l’étranger, dans le monde entier. Du milieu des années 1980 au début 1990, il déplace sa troupe en Yougoslavie, Turquie, Jordanie, Finlande, Suisse, Côte d’Ivoire, Espagne, Italie, Angleterre, Belgique, Amérique du Sud, Chine, Canada, Thaïlande, Corée, Taïwan, Singapour, Russie sans oublier les Antilles et la Guyane, la Réunion, … Partout les spectacles sont fort bien accueillis. Les tournées sont longues et éprouvantes, bien souvent prolongées par des semaines de production à l’Opéra de Lille ou au Colisée, ce qui nécessite de rentrer à Roubaix après des déplacements de plusieurs semaines d’affilée.

Les représentations à l’étranger ( documents B. Vanalderwelt )

En 1989, pour fêter le bicentenaire de la Révolution Française, Alfonso Catà propose un spectacle inédit : « Marie Antoinette ». C’est la création d’une grande fresque historique sur la scène du Colisée. La chorégraphie d’Alfonso Catà met en scène l’histoire de cette femme qui est allée des sommets de la gloire à la déchéance la plus humiliante, et ce, en très peu de temps.

Marie Antoinette 1989 ( documents bnr et B. Vanalderwelt )

Auteur de nombreux autres succès qui font la renommée du Ballet du Nord tels que Coppélia (1984), Tango Féline (1989), La Mer (1986) sur la musique de Claude Debussy, sans oublier Les Mots d’amour (1988) sur les célèbres chansons de Piaf, Alfonso Catà décède en 1990. L’intérim est assuré pendant quelques mois, par Pascal Minam-Borier, Yanis Pikieris, Boudewijn Pleines.

À suivre . . .

Remerciements à Bernard Vanalderwelt, Robert Pereira, Pascal Minam-Borier et Henri Mayet ainsi qu’aux archives municipales.

Cinéma Florimond – Roxy

Au début des années 1900, Florimond Verleyen tient un estaminet situé au 58-60 rue Bernard à Roubaix, à l’angle de la rue Magenta, dans le quartier des Longues Haies.

Plan du quartier
Document Nord Eclair

Son établissement est assez vaste, ce qui lui permet de le transformer en salle de danse. Il songe sérieusement à développer son commerce, et demande alors l’autorisation d’exploiter un cinématographe. Son estaminet-dancing prend l’enseigne « Cinéma Florimond » vers 1911. Autour de la grande salle, sur trois côtés, un large balcon sert de promenoir et permet aux clients de regarder les danseurs ou les séances de cinéma.

Document Nord Eclair

Au fond de la salle, se situe un orgue accompagnateur qui diffuse de la musique lors des projections de films muets.

Document Nord Eclair

Florimond Verleyen modifie les lieux et crée deux salles :la salle Numéro 1 pour la clientèle populaire de la rue des Longues Haies et la salle Numéro 2 fréquentée par les commerçants de la rue de Lannoy.

Document Les Cinémas de Roubaix

Après la guerre 1914-18, Charles Pacome, un Lillois, rachète l’établissement en 1919, et redémarre l’activité du cinéma en organisant des projections au profit des orphelins de guerre. Charles est un ancien champion en haltérophilie, il transforme une des salles en dancing et en salle de boxe. Pour faire face parfois, à des bagarres entre les durs du quartier, il est obligé de recruter un « gros bras » comme gardien de salle pour régler parfois les différents. Le célèbre boxeur roubaisien Mamadou et son « Boxing club colonial » viennent s’entraîner régulièrement et organisent des combats. En 1922, l’entreprise est cédée à Mr Duthoit, propriétaire du Liliana et en 1931 à la société Roxy qui effectue des travaux pour ravalement de façade. L’établissement change d’enseigne et devient le cinéma Roxy. En 1943, l’autorisation d’exploitation est de nouveau accordée et à la libération l’établissement peut reprendre son activité. La salle Numéro 1 est réservée au cinéma et peut accueillir jusqu’à 750 spectateurs, la salle Numéro 2 sert pour les bals, les jeux et la boxe. En 1957, le Boxing Club de Wattrelos y organise encore des matchs. Mais en 1960, la municipalité décide de la réorganisation du quartier des Longues Haies. Tout le quartier est rasé, et le dernier film projeté au Roxy est un western : « La Reine de la prairie ».

Document Nord Eclair et Les Cinémas de Roubaix

La démolition débute en Octobre 1962 par les Ets Maillet 95 rue du Hutin. La rénovation et reconstruction complète de cet ancien quartier des Longues Haies démarre et va durer quelques années.

Remerciements aux archives municipales, ainsi qu’à P.Waret et A.Chopin pour leur livre « Les Cinémas de Roubaix ».

L’histoire de la musique à Hem 6

Partie 5 Les groupes de la Cantoria

Le Hem Jazz Big Band

En novembre 2002, une nouvelle formation musicale émerge à la Cantoria : le Hem Jazz Big Band (HJBB), un ensemble de 18 musiciens qui cultive l’esprit du Glenn Miller des années 50, donne un premier concert à l’occasion du 10ème anniversaire de la Cantoria.

1er concert du HJBB en novembre 2002 (Document Nord-Eclair)

Dès l’année suivante le nouvel ensemble fait parler de lui en assurant, à Paris, l’ouverture officielle de la fête de la musique, en présence du député maire de Hem et de son adjoint à la culture mais aussi de la ministre de la culture.

Le HJBB applaudi à Paris en 2003 (Document Tout Hem)

2003 est également l’année où le Big Band fête son 1er anniversaire dans le cadre des samedis de la Cantoria à la salle des fêtes. Et pour clôturer cette année mouvementée, il participe avec l’EOH au Noël des déshérités au prestigieux Théâtre Sébastopol à Lille.

Le 1er anniversaire du HJBB en 2003 (Documents Nord-Eclair et Tout Hem)
Le HJBB au Théâtre Sébastopol en 2003 (Documents Historihem)

Après une tournée de l’EOH dans les Hautes-Alpes en 2000, c’est au tour de l’Accordéon-Club de Gap de venir à Hem, en 2006, et d’y donner des concerts avec le HJBB, mêlant ainsi jazz et accordéon pour faire swinguer la salle pour la plus grande joie du public rassemblé dans la salle Parsy puis dans la salle des fêtes.

Le HJBB à Gap et l’Accordéon Club de Gap et HJBB en concert à Hem en 2006 (Documents Historihem)

L’année suivante c’est à Paris que le HJBB se rend à nouveau, pour faire l’ouverture de la fête de la musique, en présence de la ministre de la culture, avant de partager un nouveau moment très jazzy, le lendemain, avec les Hémois avec les Big Band de Ronchin et Villeneuve d’Ascq, invités pour l’occasion.

HJBB à Paris et à Hem en 2007 (Document Historihem)

A noter cependant que le HJBB n’apparait plus dans les formations récapitulées dans le journal Tout’Hem en 2013. C’est peut-être la raison pour laquelle un nouveau big band voit le jour en 2025, toujours d’après le journal Tout’Hem. Créé en partenariat avec l’école de musique de Leers, composé d’une vingtaine de musiciens il est prévu pour fonctionner par sessions, en fonction des besoins des répétitions te concerts programmés.

Mise en place d’un big band en 2025 (Document Tout’Hem)

L’ensemble de cordes

C’est en 1998 qu’une première prestation publique est réalisée par les toutes nouvelles classes de violon et de violoncelle dans l’auditorium et 2 ans plus tard, l’ensemble de cordes fait ses premiers pas. La moyenne d’âge des musiciens qui le composent est de 11 ou 12 ans et, sous la baguette de Guillaume Dumoulin, professeur de violon alto, les élèves de son cours répètent avec ceux du cours de violon de Valérie Brusselle et du cours de violoncelle avec Thierry Meurin, dès l’an 2000, afin d’offrir des concerts gratuits aux hémois.

Une premières pour les violons et violoncelles en 1998 et un tout jeune ensemble de cordes en 2000 (Document Historihem)

Pendant la première décennie du 21ème siècle l’ensemble de cordes fait ses classes avec Estelle Devoldre. Comme l’orchestre junior il est ouvert aux jeunes musiciens de 1er et 2ème cycle et permet aux jeunes violons et violoncelles de s’exprimer hors de leur cours, jouer avec d’autres musiciens, respecter rythme et justesse. 10 ans après sa création, il compte 14 élèves de l’école âgés de 14 à 19 ans et un adulte musicien amateur.

Classe d’orchestre de cordes en 2003 et 2007 (Documents Historihem)

En 2005, les pupitres sont plantés dans le hall du pavillon de pédiatrie, à l’hôpital Victor Provo, pour que l’ensemble y produise un programme très éclectique, alternant œuvres classiques et chants de Noël. Cette prestation entre dans le cadre d’un projet trimestriel et constitue une première pour ces apprentis musiciens et Patrick Salmon souhaite renouveler l’expérience, afin que les jeunes musiciens se confrontent à des publics très divers.

Une sorte de fête de la musique en 2005 (Document Historihem)

L’orchestre de chambre

C’est en 2009 qu’un nouvel ensemble musical fait son apparition à l’école de musique : un orchestre de chambre. Dirigé par le directeur de l’école de musique, il compte 9 musiciens, pour la majorité professeurs à l’école et d’autres faisant partie de leurs réseaux. Le but de Patrick Salmon : donner l’opportunité à tous de pouvoir découvrir la musique classique et, plus précisément, celle de chambre et les cordes. Une prestation par an est prévue pour cet OCH.

Un nouvel ensemble musical créé en 2008, en prestation à Aljustrel en 2008 et à l’église Saint-Corneille en 2009 (Documents Historihem)

L’association Hem Loisirs en profite pour convier l’OCH, pour sa rentrée, à la salle Maurice Schumann. Pour l’occasion c’est Benoît Meurin, jeune professeur de tuba qui tient la baguette et dirige l’ensemble, au long d’un voyage dans le temps débutant avec une œuvre du 17ème siècle.

L’orchestre de chambre enchante le public (Document Historihem)

A noter cependant que l’OCH n’apparait plus dans les formations récapitulées dans le journal Tout’Hem en 2013.

Remerciements à l’association Historihem

à suivre…

Square Wibaux

Le square Wibaux, autrefois appelé « Parc du Fontenoy », se situe dans la rue de Cassel à Roubaix. Il doit son nom au château se trouvant dans cette rue, propriété de la famille Wibaux. Sur la photo ci-dessous, on distingue parfaitement le château au fond du parc, sur la gauche la rue de Cassel et l’intersection de la rue du Fontenoy qui se trouve juste en face de la demeure.

le Parc du Fontenoy ( document collection privée )

Désiré Wibaux-Florin, fondateur en 1810 des établissements du même nom, fait élever, dans la rue Cuvelle, plusieurs bâtiments industriels. En 1846, Achille Wibaux, son fils, crée sur ce même site, une grande filature de coton, avec les premiers métiers à tisser mécanique.

courrier Wibaux ( document collection privée )
Filature de la rue Cuvelle ( document bnr )

Achille Wibaux décède en 1906 et la ville de Roubaix rachète le parc de 11.000 m2. Le château devient une crèche municipale tandis que le parc privé devient un jardin public auquel on donne le nom de « Square Wibaux » du nom de la famille des anciens propriétaires. Quoi de mieux et de plus démocratique pour la municipalité que de créer un jardin ouvert au public dans ce quartier populaire du Fontenoy et de la Guinguette.

Document Journal de Roubaix 2 Juin 1907
Document archives municipales
Document archives municipale

Au début des années 1910, l’Aéro-Club du Nord est autorisé à construire un hangar pour stocker les ballons destinés aux ascensions. Le célèbre aéronaute roubaisien Jean-Baptiste Glorieux et le parachutiste Zéphirin Disdal, fréquentent régulièrement le site. Puis quelques concerts d’harmonie ont lieu également sur place.

Document bnr
Document bnr

Sur la photo aérienne ci-dessous, prise en 1953, on distingue parfaitement le parc, le château Wibaux, la rue de Cassel et la voie ferrée.

Document IGN 1953

En 1955 la municipalité crée un jardin d’enfants avec un terre-plein de jeux, des cages à poules, portiques, balançoires et agrès ainsi que des bancs pour les parents. Le parc longe la voie ferrée et un mur de soutènement est édifié tout le long par mesure de sécurité. Jean Bernard, le responsable des espaces verts de la mairie, envisage alors des vallonnements harmonieux qui descendent jusque la rue de Cassel. Les arbres majestueux sont bien sûr préservés. Des peupliers d’Italie sont plantés et une plage de sable est créée.

Document Nord Eclair 1955

Les services sanitaires et sociaux de la ville sont parfaitement adaptés en cette année 1959, mais ce qui manque le plus c’est le manque de place. La municipalité envisage donc de raser le château Wibaux et de construire à la place, un Centre Sanitaire et Social.

Document Nord Eclair 1959
La démolition du Chateau Wibaux ( Document Nord Eclair 1959 )

La construction nouvelle du Centre Sanitaire et Social de la rue de Cassel, en 1959, est conçue en fonction des exigences du moment mais aussi des prévisions de développement futur des activités sociales. Au sein du bâtiment, sont situés les différents services de santé scolaire, la PMI ( Protection Maternelle et Infantile ), l’auxiliaire médicale, les assistantes sociales et le dispensaire.

Plan du Centre Social ( document archives municipales 1959 )
Plan du Centre Social ( document archives municipales 1959 )
Construction ( Document Nord Eclair 1960 )

Sur la droite de la construction ( à la place du château Wibaux ), est édifiée la nouvelle crèche qui accueille les mères de famille dans différentes salles ; admission, allaitement, lingerie, biberonnerie, cuisine, dortoirs, réfectoire, salle de jeux, jardin et même une « halte d’enfant » qui prend en charge les enfants de mères de famille contraintes de s’absenter un moment.

Façade du bâtiment ( document archives municipales )
Salle d’attente ( document archives municipales )

A la fin des travaux, le jardin peut ouvrir à nouveau en 1961. L’ancien mur de clôture, vieux et lépreux, est démoli, remplacé par un grillage métallique. Le service des plantations de la ville, trace des allées, coupe les herbes hautes, construit un pavillon pour le gardien du parc, rénove les jeux d’enfants, les balançoires, les toboggans, les cages à poules. Tout sera terminé pour fin Juin, pour les grandes vacances d’été.

Document Nord Eclair 1961
Document Nord Eclair 1961

En 1997, la crèche familiale municipale de la rue de Cassel est rénovée. Elle est inaugurée le 17 Novembre à 18h en présence de Mr le Maire René Vandierendonck et du médecin pédiatre Maurice Titran. La directrice Mme Messien, les responsables et assistantes maternelles organisent alors une opération Portes Ouvertes les 17 et 18 Novembre 1997 pour la visite des locaux.

Carton d’inauguration ( document archives municipales )

Le jardin public, quant à lui commence à se dégrader dans les années 1990 : les herbes folles envahissent les lieux, ce n’est plus un espace vert, mais un espace dangereux pour les enfants. Les services de la Mairie réagissent enfin en 2000. Des jardiniers de la ville s’activent sur place à la plantation de fleurs et de massifs, les arbres forment des ombrages bien organisés. Le terrain de 2 hectares se dessine doucement sur deux niveaux reliés par deux escaliers en pierre.

Document Nord Eclair 2001

Le parc Wibaux est refait à neuf. Il est le bienvenu dans ce quartier de l’Alma-Fontenoy. C’est une heureuse transition verte avec le boulevard urbain qu’on s’occupe à réaliser le long du canal.

A gauche, la tour Mercure, à droite l’église Saint Joseph ( Document Nord Eclair 2001 )
Document RoubaixXL

Remerciements aux archives municipales.

L’histoire de la musique à Hem 5

Partie 4 Les groupes de la Cantoria

L’ensemble orchestral et l’orchestre junior

En août 2000, soixante des 80 musiciens participent à une tournée de concerts d’une semaine dans la région de GAP (Hautes-Alpes). Chaque concert allie le classique, la variété et la musique de film et obtient un vif succès avec une fréquentation importante ; le talent des musiciens est mis à l’honneur dans la presse régionale. C’est un très bon prélude à la Sainte-Cécile de l’an 2000.

L’ensemble orchestral à Gap et les honneurs de la presse locale (Documents Nord-Eclair et Dauphiné)
La Sainte-Cécile de l’an 2000 (Documents Historihem)

En ce début de 21ème siècle, l’ensemble orchestral continue de se produire à Hem plusieurs fois par an et se déplace également pour des concerts à Aljustrel pour célébrer le jumelage en 2001 ou à l’église Saint-Joseph, au Bizet, en 2001, à l’invitation des Amis des Orgues, où il enchante le public nombreux. C’est le concert de Sainte-Cécile qui demeure le point d’orgue de la saison et enchante les hémois comme celui de 2002 où l’orchestre revêt ses gilets ornés du logo pour la première fois.

A Aljustrel pour le jumelage et à l’église Saint Joseph au Bizet en 2001 et la Sainte-Cécile 2002 (Documents Voix du Nord et Historihem)

2003 est une année spéciale puisque l’ensemble orchestral, après avoir participé à un week-end de répétition à Amaury en mars, se rend à Arpajon, en mai, pour concourir au concours national de la confédération musicale de France, où il obtient un premier prix lui permettant d’accèder à la première division. C’est aussi l’année où l’ensemble orchestral se produit sur la scène prestigieuse du Théâtre Sébastopol à Lille et accompagne Isabelle Aubret à la soirée organisée pour le Noël des déshérités.

Répétition à Amaury, participation au concours, 1er prix et diplôme et photo souvenir (Documents Historihem)
Noël des déshérités au théâtre Sébastopol en 2003 (Documents Historihem)

L’année suivante est l’occasion d’un concert champêtre organisé à l’extérieur, dans le parc de la mairie avec la participation de l’orchestre junior, et d’une nouvelle expérience européenne liée au jumelage à Wiehl. C’est en 2007 que les caméras de France 3 consacrent 4 reportages à la formation hémoise, dans le cadre de l’émission hebdomadaire « En avant la Musique ». A cette occasion Vincent Delerm vient travailler avec l’EOH.

Concert champêtre à Hem en 2004 et nouvelle expérience européenne en 2004 et 2005 à Wiehl (Documents Nord-Eclair et Voix du Nord)
Ca tourne à l’harmonie en 2007 (Documents Nord-Eclair, Voix du Nord et Tout Hem)

Patrick Salmon se réjouit, en 2008, de constater que l’auditorium de l’école devient trop petit pour les répétitions de la formation qui compte alors 96 musiciens. Quant à l’orchestre junior, fort de 26 musiciens, il est prêt à prendre la relève ; c’est ainsi que 13 musiciens sont passés cette année de celui-ci à l’ensemble orchestral.

Succès et rançon du succès (Document Nord-Eclair)

C’est en 2011 que l’EOH décroche sa montée en division supérieure, avec mention bien, à Calais, pour la plus grande joie de son créateur et chef d’orchestre. Parti de zéro en 1994, avec 20 musiciens, l’EOH est alors l’une des plus importantes formations du département, avec 106 membres. C’est aussi une formation intergénérationnelle puisqu’il compte des musiciens âgés de 11 à 70 ans.

Montée en division supérieure en 2011 (Document Nord-Eclair)

Les palmes académiques sont décernées 6 ans plus tard en 2017 à Patrick Salmon qui, après toutes ces années hyperactives, notamment à la tête de la Cantoria, quitte l’école pour une retraite bien méritée et laisse la place à Thomas Lehembre, en janvier 2021. Ce dernier reprend alors bien sûr également la direction de l’orchestre si cher à Patrick Salmon.

Remise des palmes académiques à Patrick Salmon en 2017 (Document Voix du Nord)

Remerciements à l’association Historihem

Article dédié à mes enfants Julie et Romain qui ont fait partie de l’EOH pendant plusieurs années.

à suivre…

Harmonie municipale de Leers (suite)

La Musique municipale de Leers participe aux grands événements de la commune et bien au-delà. Ainsi le 4 mai 1908, elle exécute la Marseillaise au moment de l’inauguration de la ligne de tramways Lille-Leers, devant de nombreuses personnalités parmi lesquelles le Préfet du Nord Louis Vincent, le Député du Nord Henri Delecroix et le maire de Leers Louis Courier. La société compte alors 50 exécutants et elle est dirigée par MM. Drieu jusqu’en 1907, Montignies, puis Jung jusqu’en 1912, Auguste Béghin jusqu’en 1914. Pendant la guerre, douze de ses membres tombèrent au champ d’honneur. En 1918, M. Bernard fut nommé directeur jusqu’en 1925.

Après la guerre, l’Harmonie municipale s’est reconstituée et Monsieur Anatole Desmet en est le Président. Le 28 septembre 1919, la société leersoise est invitée à prendre part à un concert à Armentières, et elle prend un train spécial pour y jouer. Les musiques de Lys et d’Armentières participent également à ce concert. En octobre, l’Harmonie Leersoise se produit à Lannoy, et le 23 novembre elle fête la traditionnelle Sainte Cécile.

Pendant les années vingt, les déplacements sont réguliers et nombreux : Orroir (Mont de l’Enclus) en mai, Wattrelos en juin, Mouscron en juillet, Lille en août, Lys-lez-Lannoy en septembre. En mai 1921, la société crée une caisse de chômage pour venir en aide à ses membres sans travail. Elle poursuit avec difficulté ses déplacements, en juin à Hem et à Wasquehal. En août la section des mutilés de Leers organise une fête à l’occasion de la remise de son drapeau. L’Harmonie de Leers y joue ainsi que les Amis Réunis de Lys-lez-Lannoy et la musique de Lannoy. En juin 1922, l’Harmonie est invitée à Haubourdin, puis à Lannoy. En juillet, elle est à Pecq, le même mois elle participe à la réception de la société municipale de gymnastique de Leers, les Volontaires pour la réception de leurs lauréats au concours d’Armentières. En septembre, l’Harmonie Leersoise est à Néchin.

L’Harmonie défile en 1924 dimdeRx

En mai 1923, les leersois participent au cinquantenaire de la fanfare de Toufflers. Le 17 juin, c’est la remise des décorations aux musiciens leersois par la Fédération : trois étoiles fédérales pour 50 ans de présence, cinq médailles d’honneur pour 30 ans de présence, trois diplômes d’honneur pour 20 ans de présence. Une fête est organisée à cette occasion avec cortège de la place de la Fabrique jusqu’à la place de Leers, concert apéritif, banquet, réception des sociétés route de Néchin, remise des décorations, défilé et concert par les différentes musiques de Lys, Lannoy, Toufflers. En juin encore, une fête de bienfaisance est organisée au profit des convalescents nécessiteux de l’Hôpital de la Fraternité, l’Harmonie Leersoise défile et donne un concert. En mars 1924, le congrès des mutilés de Roubaix, Lannoy et ses cantons est organisé à Leers, l’Harmonie y joue un pas redoublé, les scènes légendaires d’Alfred Richard et la marche des fiançailles de Pares. En juillet, les leersois jouent à Lys. Le 14 août, le Président sortant Anatole Desmet est reconduit dans ses fonctions pour cinq années. Un comité de membres bienfaiteurs est créé pour aider la trésorerie de l’Harmonie. La cotisation est de 50 francs et elle est versée à la Sainte Cécile.

Le 125e anniversaire DimdeRx

En 1925, l’Harmonie participe à toutes les fêtes de quartier et autres défilés, moyennant des primes allant de 50 à 100 francs. À l’époque les professeurs recevaient une petite allocation du Président, mais voulant continuer à encourager les bénévoles, le Maire obtient de son administration une prime annuelle de 400 francs. Le directeur de la société, Monsieur Bernard quitte ses fonctions, une annonce paraît dans le Journal de Roubaix pour recruter son successeur qui sera Victor Cottignies bien connu des musiques du canton de Lannoy. En 1928, le siège de l’Harmonie est situé rue de Wattrelos (ex rue de la mairie, aujourd’hui rue du Général de Gaulle, au café de l’Harmonie qui deviendra plus tard la poissonnerie Delescluse. En 1929, la société fête son 125e anniversaire.

Les années trente

Le siège de l’Harmonie est fixé chez M. Paul Lory (rue Thiers devenue rue des Patriotes) actuellement le café tabac le Liberty. Les festivités du 125e anniversaire ont entraîné un déficit de 769,90 francs que l’Harmonie doit emprunter sur la subvention 1930. L’Harmonie Leersoise est toujours beaucoup sollicitée : Annappes, Gibraltar, Ypres, Néchin, Lys, Estaimpuis. Elle participe également aux cérémonies à caractère officiel comme l’inauguration à Leers d’un monument élevé à la mémoire des aînés morts au champ d’honneur. Sans oublier la traditionnelle fête de Sainte Cécile.

En 1931, l’Harmonie participe à l’inauguration de la Maison des Œuvres de Toufflers en présence du Cardinal Achille Liénart, évêque de Lille. Puis ce sera Lys, Néchin, Lille, et les cérémonies officielles de la Toussaint et du 11 novembre. En 1933, l’Harmonie participe à la kermesse de Néchin. En 1934, c’est une audition à la Messe de Pâques sous la direction de Victor Cottignies : l’Harmonie Leersoise joue la marche héroïque de Saint-Saëns et la bohème de Puccini. Elle participe en juin aux fêtes de la musique municipale de Lannoy et après le concert du 14 juillet à Leers, elle donne un concert pour le 60e anniversaire de la fondation de la Musique de Toufflers. Puis ce sera Néchin en septembre, Lille, et Roubaix le 25 novembre.

Les membres de la commission 1934 DimdeRx

1935, le 14 avril, l’Harmonie Leersoise participe à l’inauguration de l’école des garçons, le dimanche de Pâques elle donne une audition à l’église puis à la fête Jeanne d’Arc. Le 14 juillet concert sur la Place. Elle est associée au 75e anniversaire des Enfants de la Lyre de Wattrelos. En août, elle est à Knocke le Zout. En 1936, l’Harmonie compte 65 musiciens. Le 22 et 23 août elle se voit offrir un nouveau drapeau par M. Oscar Fournie vice président d’honneur gracieux donateur. En 1937, en dehors des rendez-vous leersois, l’Harmonie Leersoise participe aux fêtes du cinquantenaire de l’Harmonie de Mouvaux. L’école de musique de l’Harmonie est florissante : dix sept élèves sont ainsi récompensés à l’occasion des examens de fin d’année.

Décorations 1935 DimdeRx

En 1938, le programme est le suivant : auditions de Pâques à l’église, fête de Jeanne d’Arc en mai, fête musicale de la musique de Lannoy le même mois, fêtes du Sartel en juin, en juillet c’est au tour de la kermesse flamande des Amis réunis de Lys lez Lannoy organisée dans le parc Boutemy. En juillet encore, gala à Toufflers, les fêtes du 11 novembre, et la Sainte Cécile du 11 décembre. Cette année-là, une allocation de chauffage est versée à l’Harmonie sous la forme d’une livraison annuelle de 200 kgs de charbon. En 1939, la saison musicale s’arrêtera après le 23 juillet quand l’Harmonie de Leers reprend son répertoire du 14 juillet à Lys Lez Lannoy. La guerre vient interrompre les concerts et les programmes pour une durée de six années.

Les drapeaux 1936 DimdeRx

à suivre

Sources :

Leers mon village, A.L.E.H.P

1804-2004, 200 ans de musique à Leers avec l’Harmonie Municipal par Michel Bourgois

Leers et les leersois sous la seconde République (1848-1852) par Lucien Demonchaux Association Leers Historique

Journal de Roubaix

L’histoire de la musique à Hem 4

Partie 4 Les groupes de la Cantoria

L’ensemble orchestral et l’orchestre junior

En juin 1993, après une année de fonctionnement de l’école de musique hémoise « La Cantoria » (sur ce sujet voir un précédent article publié sur notre site), son directeur Patrick Salmon, qui en avait lancé le pari dès la rentrée de septembre 1992, a mis sur pied une classe d’orchestre. Sa première audition publique étant prévue pour le 1er juillet, à l’occasion de la fête de l’école, une première répétition a lieu.

ère répétition de la classe d’orchestre en juin 1993 (Document Nord-Eclair)

C’est en janvier 1994 que l’orchestre de l’école municipale se produit à la Résidence de la Marque. Sous la direction de Patrick Salmon, 25 jeunes musiciens, âgés d’une dizaine d’années, interprètent les traditionnelles mélodies de Noël sous les applaudissements fournis d’un public ravi. Le but avoué est de redonner vie à une harmonie municipale pour la ville qui en a été privée durant 30 ans.

Un concert à la Résidence de la Marque en janvier 1994 (Document Nord-Eclair)

Dès la fin de la même année, il n’est plus question de classe d’orchestre, ni même d’orchestre de l’école de musique mais de l’Ensemble Orchestral de Hem, lequel célèbre la Sainte-Cécile, à la salle Leplat, le 29 novembre. Avec la participation de la fanfare « La Gauloise », de l’orchestre junior de l’école municipale de musique nouvellement créé et de 120 choristes issus des ensembles vocaux hémois : Cantar’Hem, Cascade, Saint-Corneille, Saint-Paul ainsi que de Jeanne d’Arc (de Villeneuve d’Ascq), l’ensemble orchestral, fort de 70 musiciens, interprète un medley de musiques de films.

La Sainte-Cécile 1994 à la salle Leplat (Document Historihem)

Le répertoire de la nouvelle formation hémoise est composé de transcriptions d’oeuvres classiques et modernes (jazz, variétés, musiques de films) mais également de pièces spécialement écrites pour orchestres d’harmonies. Les musiciens qui le composent sont : des élèves de 2ème cycle de l’école municipale de musique (formés en 1er cycle à l’orchestre junior) et des musiciens adultes amateurs habitant Hem ou ses environs. A chaque prestation, l’encadrement de tous les pupitres est assuré par les professeurs de l’école de musique.

Logo de l’ensemble orchestral et vue de l’ensemble en concert avec la chorale à la Sainte-Cécile en 1994 (Document Historihem)

Pour la fête de la Cantoria et la remise de diplômes de fin d’année, en 1995, l’ensemble orchestral choisit d’interpréter un medley des musiques des succès de Disney. Ensuite, à l’occasion de la Sainte-Cécile, le concert apéritif a lieu à la salle des fêtes puis Mme Massart, Maire de Hem, et les musiciens posent devant l’ancienne fontaine de la résidence de la Marque.

Fête de l’école en juin 95 et Sainte-Cécile en novembre 1996 (Documents Historihem)

Pour fêter ses 5 ans d’existence, en novembre 1997, l’ensemble réunissant une cinquantaine d’élèves de l’école, une dizaine de professeurs et des musiciens amateurs de la commune, le plus jeune ayant 10 ans et le plus ancien 75, décide d’interpréter un programme allant des Beatles au jazz, en passant par des morceaux plus graves tels que la musique de la Liste de Schindler.

La Sainte-Cécile 1997 soit le 5ème anniversaire de la formation (Document Nord-Eclair)

La fin des années 1990 voit se succéder des fêtes de Sainte Cécile toujours plus brillantes avec le renfort de l’orchestre junior, de la fanfare La Gauloise et de nombreux choristes des environs. C’est à l’été 1999 que l’ensemble orchestral se confronte à 35 autres sociétés musicales et obtient un premier prix au concours national, revenant de Saint-Omer avec une coupe, un diplôme et du matériel musical offert par le conseil général.

Sainte-Cécile 1998 avec les 2 orchestres et plus de 200 choristes, le premier prix au concours national de 1999 et la Sainte-Cécile en 1999 (Documents Voix du Nord et Nord-Eclair)

L’orchestre propose dès lors généralement trois concerts par saison au public hémois (un concert de Ste Cécile, un concert de printemps, et un concert d’été pour la fête de la musique). Il lui arrive également de se produire dans d’autres pays comme dans les villes jumelées de Wiehl ou Aljustrel (sur le sujet du jumelage voir un précédent article édité sur notre site), mais aussi en Belgique.

Concert de printemps à Hem, à Aljustrel et à Kain en 2000 (Documents Nord-Eclair et Historihem)

Remerciements à l’association Historihem

à suivre…

Harmonie municipale de Leers

Quatre musiciens leersois sont à l’origine de la création d’une phalange musicale qui allait devenir l’Harmonie municipale de Leers. Le 19 mai 1804, ces quatre musiciens, clairons et tambours, fêtent la nomination de Napoléon Bonaparte comme Empereur des français survenue la veille. On défile dans les rues en exécutant des marches et des pas redoublés. Le pas redoublé est un pas cadencé qui correspond au pas de charge et au pas de marche des armées de Napoléon Ier. Son rythme est le double de celui du « pas ordinaire ». D’autres musiciens rejoignent le mouvement et forment ainsi la mouture initiale de l’harmonie leersoise. Les aïeux fondateurs de la société sont issus des vieilles familles leersoises et musiciennes : Quique, Delbroucq, Broux, Delbecq.

Les leersois participent à leur premier concours à Tourcoing le 27 août 1820 où ils obtiennent le second prix, ayant disputé les places d’honneur avec les musiques de Courtrai et de Comines. Parmi les dirigeants de la société, il y a Narcisse Quique, décédé en 1855, son fils Auguste Quique, Jules Moulart, Henri Salembier (1886-1891). Narcisse Quique était cabaretier à la Place de Leers et il fut musicien dans un régiment d’Afrique avant de diriger la société leersoise. Son fils Auguste Quique entre à l’âge de 10 ans comme piston dans la société leersoise. Étant soldat, il fut caporal clairon. Musicien et compositeur, il dirigea la société leersoise dès l’âge de 30 ans ainsi que diverses sociétés de musique des alentours, comme Lys, Ascq, Sailly, Templeuve, l’Harmonie Franco-Belge de Néchin. Auguste Quique fut honoré par l’Institut Populaire de France et reçut huit médailles dans différents concours. Il décède le 27 octobre 1933.

Le siège de la société était alors au café Louis Leclercq au lieu dit l’Estocoi, à l’angle de la rue de Néchin et de la rue de la Marne. Le 17 juin 1850, la société de musique forte de 22 membres participe à la cérémonie de la pose du premier pavé de la nouvelle route, portant ainsi pour la première fois le drapeau municipal. Cette nouvelle route pavée permettra de joindre Leers à Lannoy.

Festival 1857 doc Leers Historique

Le 19 juillet 1857, la société leersoise organise un festival de musique dont elle fera l’ouverture, avec la participation de nombreuses sociétés de musique. Le 13 août 1867, elle participe aux fêtes d’inauguration des Eaux de la Lys à Roubaix.

Médaille des fêtes d’inauguration des Eaux de la Lys

Le 13 février 1875 la société prend officiellement le nom de société philharmonique de la commune de Leers. Le 14 juillet 1878, la commune de Leers organise un festival de musique et un carrousel. Le député Georges Brame offre un objet d’art.

Le 14 septembre 1880 intervient une scission qui entraîne la création d’une société dite l’Union musicale, établie chez Madame Veuve Quique avec les 16 musiciens dissidents. Le Président de la société est le brasseur Oscar Brame. Pendant la décennie, deux autres sociétés sont créées, ce qui montre l’importance de la pratique musicale à Leers : le 28 mai 1893, l’Union des Trompettes est installée chez Henri Englebert, Estaminet du Clairon à Leers. Le 18 mars 1897, naissait la Leersoise Philharmonique établie chez Jules Leruste.

L’Harmonie en 1898 doc Leers Historique

En 1886, la société philharmonique de la commune de Leers était dirigée par Henri Salembier, avec comme sous directeur Joseph Leroy et comme Président Monsieur Salembier Dhalluin. Le 23 septembre 1894 se déroule la fête du Hameau de la Royère à Néchin. Puis le 13 juin 1897, un grand concert de fanfares d’harmonies et d’orphéons est organisé à Leers par la musique municipale.

Le festival de 1904 doc Leers Historique

Pour son centenaire en 1904, la société municipale organise un grand festival international de musique le 14 août. Cinquante six sociétés sont affectées aux différents quartiers de Leers. La musique municipale ouvre les festivités avec la Marseillaise et une composition pour l’occasion intitulée le Centenaire. Elle comptait alors 45 exécutants et son directeur était M. Drieu.

À suivre

Sources :

Leers mon village, A.L.E.H.P

1804-2004, 200 ans de musique à Leers avec l’Harmonie Municipal par Michel Bourgois

Leers et les leersois sous la seconde République (1848-1852) par Lucien Demonchaux Association Leers Historique

Journal de Roubaix