Le charbon était encore l’énergie la plus importante dans les foyers de l’après guerre. On se souvient encore de ces cuisinières qui chauffaient la pièce et la maison, et sur lesquelles mijotaient ragoûts et divers plats en sauce. Jusqu’au café qui frémissait encore, pas trop chaud n’est ce pas parce que café bouillu café foutu !
Campagne équipement au gaz printemps 1951 pub NE
Le gaz avait déjà fait son apparition pour l’éclairage public avec les fameux becs de gaz des réverbères. Mais son entrée dans les maisons fut progressive. Lors du salon des arts ménagers des années cinquante, l’EDF et du GDF créées en 1946, venaient informer la population sur les nouveaux équipements.
Campagne équipement au gaz printemps 1951 pub NE
En 1956 le salon des arts ménagers inaugure la journée du gaz et de l’électricité, entrepreneurs et commerçants viennent rencontrer les grands organismes autour des nouveautés conçues pour l’emploi du gaz et de l’électricité. En 1959 sont présentées salles de bains douches cuisines dans le stand du Gaz de France. On parle de prime d’équipement, et des démonstrations de cuisine au gaz sont organisées sur le même stand.
Campagne équipement au gaz printemps 1951 pub NE
Le gaz naturel nécessitera des aménagements particuliers de tout son réseau de distribution, appareils de chauffe et autres, méthode de stockage et de transport : canalisations, gazoducs, méthaniers et ports méthaniers.
Dès l’avènement du chemin de fer, les compagnies mettent en marche des « trains de plaisir » desservant les plages littorales le dimanche. A l’été 1953, la SNCF propose encore des billets spéciaux dits « un jour à la mer ». On peut également prendre le car, mais, c’est surtout le développement du parc automobile à partir des années 50 qui fait affluer des citadins vers le sable des plages françaises et belges à travers la campagne flamande.
Journal de Roubaix Août 1856
Quand on choisit l’autocar, on est nombreux à profiter de l’aubaine. On peut partager le plaisir, on chante tous en chœur « la mer, qu’on voit danser… », et on se retrouve, le soir à l’heure dite, pour le voyage de retour.
Photo Autocars baie des Anges
Pour les autres, vous en souvenez vous ? La malle de la voiture nouvellement acquise est remplie de paniers à pique-nique, de seaux et de pelles pour édifier les châteaux de sable, de chambres à air patiemment cherchées, pour faire office de bouées. Le Graal est la chambre de camion, ou mieux, mais inaccessible pour le citadin celle d’un tracteur, pour étendre le jeu à plusieurs participants. La galerie sur le toit est chargée de transats de bois et de toile qui pincent les doigts lors des manœuvres, mais où on est si bien allongé face à la mer.
Photo Alamy
Les plus aisés louent une cabine pour se changer, les plus prévoyants ont amené une tente de plage, abri imparable contre le vent. Les autres se débrouillent autrement et se cachent pudiquement à l’aide de serviettes de bain. Certains utilisent une vaste serviette cousue qu’on enfile par la tête, serrée autour du cou par un élastique.
On n’a pas oublié le parasol de couleurs vives, aux baleines duquel on accroche ses vêtements pour qu’ils ne traînent pas dans le sable.
Photo Alamy
Le midi, on peut pique-niquer d’un simple sandwich ou d’un repas froid préparé à l’avance par la maîtresse de maison, tout ça défendu chèrement contre l’invasion du sable. On peut aussi aller au restaurant qu’on choisit soigneusement parmi ceux placés le long de la digue. A La Panne, le prix d’un poulet-frites était de cinq francs français !
La digue de La Panne Photo Facebook
L’après-midi se passe en jeux de toutes sortes sur la plage et dans l’eau, sans oublier les dunes sources infinies d’aventures.
Photo Marc Held
On sort les ballons, les raquettes, cet anneau en caoutchouc-mousse qu’on se renvoie l’un à l’autre des heures durant… Les jours fastes, on était parfois passé au préalable chez le marchand de jouets de plage tout proche !
Document collection particulière
Bien sûr, on va trouver des embouteillages, le soir, sur la route du retour, mais comment éviter l’inévitable ? On traverse à la queue leu-leu villes et villages le long de rues où les habitants ont sorti des chaises pour mieux regarder passer ces vacanciers d’un jour au retour de leur périple.
Aujourd’hui encore, certains nostalgiques essaient de revivre ces voyages avec des accessoires d’époque
L’été approche, bientôt les vacances. Mais il est important de commander son charbon avant de partir.
commande charbon pub NE
Livré à dos d’homme, le précieux combustible arrive dans les caves où il est déversé prestement. Pour ceux qui disposent d’un soupirail, c’est d’autant plus pratique pour les charbonniers. La presse de l’époque rappelle régulièrement ces rendez vous avec les gueules noires, car il fut un temps où le charbon était essentiel. On se chauffait au charbon, on cuisinait au charbon, aussi valait-il mieux prévoir des réserves avant les premiers froids de l’automne.
livraison avant l’été pub NE
Au moment de la livraison, il fallait prendre quelques précautions car l’arrivée des gaillettes s’accompagnait souvent de celle de la poussière. Pour éviter d’avoir à refaire le nettoyage de printemps, il fallait se protéger de la livraison de l’été. Bien fermer portes et fenêtres si l’on passait par le soupirail. On passerait la wassingue après le départ des charbonniers, ainsi toute trace de poussière disparaissait.
Un apéritif, ou familièrement un apéro, est une boisson, généralement alcoolisée, servie avant le repas afin d’ouvrir l’appétit. L’apéritif est souvent bu après avoir trinqué, selon la tradition. Sont choisies en général des boissons à base de plantes connues pour leurs vertus apéritives, comme l’anis ou la gentiane.
L’apéritif pour la troupe mars 1912 JdeRx
Par extension, l’apéritif désigne en français le moment de convivialité pendant lequel des personnes se retrouvent pour consommer ces boissons en discutant, sans même qu’il soit prévu de prendre un repas en commun ensuite.
Le lunch Dubonnet 1912 JdeRx
À ce titre, l’apéritif est aussi un repas léger, où peuvent également être consommés des cocktails, on le qualifie souvent dans ce cas d’« apéritif dînatoire ». Cela englobe alors les amuse-gueules ou les amuse-bouches, parmi lesquels les plus classiques sont les pistaches, les chips ou les cacahuètes. Par extension, l’apéritif s’applique à tous les aliments qui accompagnent le verre, fruits découpés, olives, charcuteries, tapas, fromages et autres assortiments variés. Ce qui correspond au concept de tapas (apéritif espagnol) et à celui des zakouski russes.
La rentrée des classes 1913 JdeRx
En France l’apéritif moderne a été popularisé en 1846, par Joseph Dubonnet, chimiste français, qui élabora une boisson à base de vin et de quinine pour lutter contre le paludisme. Ce médicament ayant un goût amer, il le masqua avec une décoction d’herbes et d’épices à la saveur forte. Les soldats de la Légion étrangère l’utilisèrent dans un premier temps dans les marécages infestés de moustiques en Afrique du Nord. Puis l’épouse de Joseph servit la première la potion en apéritif auprès de ses amis, et le bouche à oreille, puis la publicité développèrent la popularité du Dubonnet.
Vous souvenez-vous des chanteurs de votre jeunesse ? On les appelait les Yéyés…
Après la deuxième guerre, les jeunes français fredonnent les succès américains . Alors que dans les années 50 émerge aux états unis le Rock and Roll, toute une série de chanteurs apparaissent au tout début des années 60, qui reprennent ces chansons traduites dans notre langue et les font découvrir en France.
Elvis Presley, Little Richard, Jerry Lee Lewis – photos George Vreeland Hill, et Wikipedia
L’un des premiers, Johnny Hallyday commence une longue carrière au golf Drouot en 1958, signe en 1960 un contrat chez Vogue et produit son premier succès. C’est un choc pour la population jeune, et le tollé chez les plus âgés. Il est très vite rejoint par d’autres qui tentent leur chance en tant que chanteurs : Eddy Mitchell et son groupe « Les Chaussettes Noires », Dick Rivers et les « Chats Sauvages », Richard Anthony connaissent le succès dès 1961. Claude François connaît son premier « tube » avec « Belles, belles, belles » en 1962.
Johnny Hallyday, Les chaussettes noires, Les chats sauvages – documents Wikipedia et Nostalgie
Les filles ne sont pas en reste. Sylvie Vartan commence sa carrière en 1961 par un duo avec Franckie Jordan, « Panne d’essence », Françoise Hardy prépare sa carrière au Petit conservatoire de Mireille diffusé à la télévision en 1962, Sheila, dont le premier succès « L’école est finie » date de 1963, France Gall connaît également son premier succès en 1963 avec « Ne sois pas si bête ».
Dans les années qui suivent de nouveaux artistes vont venir grossir le nombre de ces quelques précurseurs et finir par offrir un choix pléthorique.
Le succès des ces musiques est favorisé par leur diffusion par les radios dites « périphériques », et notamment la jeune Europe numéro 1 créée en 1955 et l’émission fétiche « Salut les copains », présentée par Franck Ténot et Daniel Filipacchi à partir de 1959, épaulés par Albert Raisner, qui produit « Age tendre et tête de bois » à la télévision. Des revues dont « Salut les Copains » aident à les faire connaître.
Le hit parade officiel date de 1968 ; il reprend le classement des meilleures ventes de disques en France. On ne distingue les variétés françaises et étrangères qu’à partir de 1973. Repris par les journaux, il devient l’indicateur principal de la cote des vedettes.
Mais les radios diffusent leur palmarès bien avant cette année. (hit parade de Salut les Copains)
documents Pinterest et cicatrice Hautefort
Les maisons de disques souhaitent lancer de jeunes chanteurs ; ils auditionnent les prétendants et les portes des studios s’ouvrent largement aux nouveaux talents. Les bénéfices produits augmentent considérablement. L’industrie du disque s’étend et fait des affaires grâce à ceux qui veulent faire une carrière dans la chanson.
Mais c’est l’arrivée sur le marché des transistors et les électrophones à piles, ainsi que les Juke Box installés dans les cafés, qui contribuent à baigner le jeune public dans une ambiance musicale permanente, les rendent de plus en plus dépendants et les poussent à acheter en nombre les 45 tours. Les tournées tournées d’été, gratuites, sur les lieux de vacances amplifient encore le phénomène.
Le podium et la coulisse, documents lalettre-pro et charge utile
La photo du siècle en avril 1966, réalisée par Jean Marie Perrier, le photographe des idoles nécessitera trois semaines de préparatifs. Pour cette photo, 46 vedettes sont réunies devant l’objectif au studio Mac Mahon rue des Acacias. Elle paraît en page centrale de Salut les Copains numéro 47 pour fêter le quatrième anniversaire du magazine.
Photo Jean Marie Perrier – document Historia-Les Echos
L’arrivée de ce qu’on appelait à l’époque les « Idoles des jeunes » provoque un bouleversement dans la société et, en particulier, chez les adolescents qui s’identifient à elles et dont l’énergie est canalisée par ces musiques qui apparaissent brusquement dans une société restée très conformiste. Cela provoque un engouement extraordinaire auprès de la jeunesse. Le mouvement provoque la disparition d’une part non négligeable des chanteurs qu’on qualifie de « plus dans le coup ». D’autres essaient d’attraper le train en marche et de s’adapter aux nouveaux rythmes : Maurice Chevalier enregistre un twist en duo avec Eddy Mitchell, alors militaire.
Maurice Chevalier et les Chaussettes noires – Document Zupimage
Le reste de la population finira par accepter cette musique, qui devient de plus en plus consensuelle avec le temps et les jeunes vedettes seront progressivement intégrées dans les émissions de variétés « grand public ». Le mouvement y perdra son originalité et se diluera dans la société pour disparaître à la fin des années 60, avec la jeunesse des « baby boomers ».
Selon cette campagne publicitaire de l’année 1950, la chicorée intéresse le cœur et les nerfs, le foie et les glandes. Et c’est aussi un excellent petit déjeuner.
Publicité NE 1950
Il convient de distinguer les chicorées cultivées comme plantes alimentaires, médicinales ou industrielles, principalement pour leurs feuilles (salades, endives), ou pour leurs racines (production d’un succédané du café appelé chicorée, ou extraction de l’inuline).
Publicité NE 1950
Ici nous intéressent les variétés sélectionnées sur le développement de la racine dont le volume est considérablement augmenté et rappelle celui de la carotte fourragère. C’est une plante bisannuelle en culture. Cette culture s’est développée d’abord aux Pays-Bas à la fin du XVIIe siècle. Le Blocus continental au début du XIXe siècle lui a donné un élan considérable notamment dans le nord de la France, en Belgique et en Allemagne. De nos jours, la récolte mondiale annuelle de racines de chicorée représente environ 1 million de tonnes. La France est le premier producteur en Europe.
Publicité NE 1950
La transformation des racines passe par plusieurs étapes : la transformation en cossettes, fragments de racines déshydratés, puis par la torréfaction suivie du concassage. La chicorée industrielle est utilisée comme économiseur de café en l’ajoutant à la poudre à café non soluble. Elle peut être également consommée seule par les personnes qui apprécient son goût, intermédiaire entre celui du café au lait et celui du caramel.
Publicité NE 1950
Il n’est de bonne santé qu’avec la chicorée ! Elle est rafraîchissante et dépurative, favorise la digestion et est excellente pour le foie. Elle ménage le cœur et les nerfs. Le café est un excitant dont les effets sont modérés par la chicorée. Concernant le foie, la chicorée contient un principe amer qui active la sécrétion des glandes. Elle stimule et régularise le fonctionnement du foie.
C’est enfin un petit déjeuner nutritif au bon goût de noisette, digeste et rafraîchissant.
Cette campagne publicitaire « Mangez des pâtes » démarre en janvier 1952 dans les journaux pour quelques semaines. Les français ont-ils suffisamment inscrit les pâtes dans leurs menus quotidiens ? Les pâtes sont-elles un produit de consommation courante à l’époque ? Elles seraient encore vendues au poids chez certains épiciers. Certes, il existe des marques mais elles sont peu ou pas connues. D’où l’idée d’une campagne en faveur des pâtes.
doc NE
Bien que la seconde guerre soit terminée depuis quelques années, la période de crise qui a suivi a été longue et très dure : on manquait de tout et le ravitaillement vient à peine de disparaître. Les pâtes sont présentées comme l’aliment le plus économique. Leur prix est abordable. On gagne du temps car il n’y a pas de déchets ni d’épluchures (pommes de terre et légumes). La cuisson est rapide, on ne mijote pas trop. Et l’apport nutritif est important : 250 grammes de pâtes à la semoule de blé dur valent 6 côtelettes de mouton, 12 œufs ! L’accent est mis sur l’économie : produit abordable, gain de temps pour la préparation et la cuisson, économie à l’achat comparativement à d’autres produits.
doc NE
Ensuite, les pâtes sont présentées comme l’aliment le plus léger, le plus rapide à assimiler. Fabriquées avec de la semoule de blé dur, elles ont une valeur nutritive exceptionnelle. On se régale et on garde la ligne ! De plus on peut ménager son foie, supprimer la somnolence après le repas. Le soir, mangez des pâtes cela ne chargera pas votre estomac et vous dormirez mieux.
doc NE
Les pâtes sont aussi l’aliment le plus simple à préparer. Pas d’épluchage, de lavage, de grattage. Finies les mains rouges, gercées et les ongles cassants. On conserve de belles mains. De plus chaque sorte de pâtes possède une saveur particulière comme chaque légume !
doc NE
Italiens et français ont légiféré sur la composition des pâtes sèches depuis les années trente. En France, une loi de 1934 impose de fabriquer les pâtes alimentaires à partir de semoule de blé dur. Les pâtes sèches présentent de nombreux avantages : aliment économique, facile à conserver grâce à la déshydratation, énergétique et facile à cuire puisqu’il suffit d’une casserole d’eau. Cette campagne de 1952 annonce que les pâtes sèches sont en passe de devenir des produits industriels de consommation courante avec des emballages adaptés.
Les ordinateurs ont fait leur apparition au bureau dans les années 60, mais c’étaient des machines chères, imposantes, et multi-utilisateurs, c’est à dire que, grâce à des terminaux ou consoles, plusieurs utilisateurs pouvaient l’utiliser « en temps partagé ». De taille considérable, il était hors de question de les déplacer ; ils étaient réservés aux entreprises.
Photo Digital Equipment Corporation
La révolution va consister à fournir des ordinateurs mono-utilisateurs petits et bon marché, visant la catégorie naissante des amateurs individuels. Le premier micro-ordinateur à apparaître sera le Micral N, breveté en 1973 par le Français François Gernell et développé par la société française R2E.
On verra ensuite apparaître L’Apple II d’Apple, le PET de Commodore International, et le TRS-80 de Tandy en 1977.
L’apple II – Document Rama
Très vite viennent sur le marché des concurrents : l’Altair 8800, vendu en kit, le Sinclair ZX80, le Commodore 64, le plus vendu, le ZX Spectrum au clavier en caoutchouc, l’ Oric 1 et, en France, les Thomson TO7 puis MO5 qui pénètrent dans les écoles, tandis qu’Amstrad produit le CpC64, très répandu dans le grand public.
Ils sont tous animés par un micro-processeur unique capable d’effectuer des calculs sur 8 bits, et animés soit par un système d’exploitation dédié, soit par un nouveau standard, dénommé CP/M.
L’amstrad – Pages de la revue l’Ordinateur Individuel
Les acheteurs les utilisent le plus souvent pour jouer : les premiers jeux, aux graphismes rudimentaires, voient le jour (Pacman, Tennis…). Mais ils sont aussi équipés d’un logiciel de programmation, le Basic, qui permet d’écrire ses propres programmes. La revue l’Ordinateur individuel, par exemple propose à partir de 1978 une rubrique qui énumère des scénarios d’applications à réaliser, pour susciter l’imagination des programmeurs. Jeux et programmes sont enregistrés sur des lecteurs de mini-cassettes, et pour certains, sur des disquettes, beaucoup plus fiables.
Ping-Pong (document Youtube) et Pacman (Bandai Namco Entertainment)
E n 1981, IBM produit l’IBM PC qui va progressivement prendre le pas sur tous les autres. Et possède une carte graphique permettant, en plus du mode texte, d’afficher des dessins en 4 couleurs. Il sera copié de nombreuses marques qui produiront ce qu’on a appelé des « Compatibles PC ». Avec cette génération de machines émerge un nouveau système d’exploitation, MS Dos, produit par Microsoft.
Le PC d’IBM avec ses deux lecteurs de disquettes – Document Rama
A ce moment apparaît un concurrent au PC, basé sur un concept complètement différent qui fait appel à une interface nouvelle avec écran graphique et souris qui permettra de réaliser pratiquement toutes les actions sans faire appel au clavier. Ce sera le premier Macintosh d’Apple.
Le premier Macintosh – document Wikipedia
Pour répondre au défi d’Apple, le PC va se convertir également au graphique. Il se complétera d’une souris, branchée sur un port extérieur. Pour cela IBM va faire appel à Microsoft qui lance en 1985 Windows 1, très rustique encore, mais premier d’une lignée prolifique.
La version 1,0 de Windows
Après les grandes disquettes 5 pouces et les petites, rigides, de 3 pouces et demi, on stocke ensuite les données sur disque dur, d’une capacité de 10 Méga-Octets pour les premiers. Viendront ensuite lecteurs de CD/DVD enregistrables, alors que les calculs des processeurs se feront sur 16, puis 32, puis 64 bits. Pendant ce temps, les ordinateurs se connecteront en réseau, d’abord par Modem sur la ligne téléphonique, puis sur Internet, mais ceci est une autre histoire…
Au tout début des années 60, les femmes portaient des jupes au dessous du genou : robe Corolle avec bustier ajusté taille serrée, la corolle de la jupe est amplifiée par le jupon chez Christian Dior ; jupe crayon associée avec des chapeaux à larges bords et illustrée ici par Audrey Hepburn. Le comble de l’indécence était de laisser apparaître un genou.
Photos Marie Claire. A droite, Audrey Hepburn
Mais la jeunesse du « baby-boom », qui commence à représenter un pouvoir d’achat important pour l’industrie du vêtement, aspire à autre chose. Cette aspiration va se traduire dans la mode.
La première minijupe est imaginée par la styliste Marie Quant, qui la commercialise en 1962 dans sa boutique appelée Bazaar sur King’s Road dans le quartier de Chelsea à Londres. On dit qu’elle a été nommée ainsi par référence à la voiture anglaise. Elle voulait innover par rapport à la mode précédente :“Je voulais que ces vêtements soient en rupture totale avec ceux de nos mères” (Quant by Quant). Elle imagine de raccourcir les jupes ramenées à mi-cuisse. Les jeunes apprécient immédiatement la liberté de mouvements qu’elle permet.
Marie Quant à droite – photo Getty
Cette mode est liée au développement des collants importés des Etats-Unis en 1960, souvent associés à des bottes ou à des chaussettes longues. Elle sonne le glas des bas, tributaires de porte-jarretelles. En quelques années, on assiste à la quasi-disparition des bas nylons ; les collants conquièrent le marché pour les jeunes, puis, peu à peu, pour les moins jeunes. Dans ce domaine s’illustre la marque Dim, originalement « Bas Dimanche », fondée en 1953, dont les collants sont lancés 10 ans plus tard par les campagnes de Publicis, associées à une musique qui reste dans tous les esprits.
Photo Belle-en-collant.fr
En France, André Courrèges est le premier à amplifier le phénomène en faisant de la minijupe la pièce maîtresse de sa collection printemps-été 1965. Ceci provoque un scandale dans les esprits conservateurs : en 1964, Noële Noblecourt, présentatrice, est licenciée de la RTF pour avoir montré ses genoux à l’écran.
Document INA
Dans les années suivantes, le mouvement s’étend jusqu’à former une « mode mini » qui prône le raccourcissement des jupes et des robes, et qui les associent à des manteaux et imperméables. La chanson de Jacques Dutronc prend acte du phénomène.
Document Liberation.fr
Coco Chanel n‘a pas compris cette demande de la jeunesse ; elle déteste la minijupe : « Je me suis battue avec tous les couturiers pour ces robes courtes. C’est affreux de faire voir les genoux. Je trouve ça indécent ! (…) Je crois que quand on déballe tout comme ça, on n’a plus envie de rien ». Indépendamment de ce jugement, la mini jupe connaît un formidable essor dans la société et le mot « minijupe » fait son entrée dans les dictionnaires français dès 1966. Les femmes n’hésitent désormais plus à dévoiler leurs jambes, et on découvre qu’il n’y a pas d’âge pour porter la minijupe. Toutes les vedettes et idoles « yéyées » convaincues dès la première heure (sauf Sheila, qui commence sa carrière avec une robe écossaise longue), donnent l’exemple.
L’emploi du personnel a toujours été limité dans les mines : la loi leur interdit le travail « au fond » depuis la fin du 19ème siècle. On les limite au triage de charbon, ou à la lampisterie pour distribuer les lampes aux mineurs avant leur descente, mais les progrès technologiques et les réglementations plus soucieuses du bien-être vont progressivement leur fermer ces deux tâches. Elles se retrouvent petit à petit sans emploi dans le Pas de Calais qui n’offre pas, à l’époque, de solutions de remplacement.
Par ailleurs, dans le Nord, l’industrie textile manque de bras. Après guerre, on se tourne donc naturellement vers la main-d’œuvre féminine issue du Pas de Calais où les jeunes filles se sentent attirées vers les emplois stables qu’offre le textile dans la métropole Lille-Roubaix-Tourcoing pour un personnel non qualifié.
Mais il est impensable de transporter cette population et on imagine d’organiser chaque matin un ramassage et un retour après chaque journée de travail, c’est à dire après-midi, pour l’équipe du matin,et le soir pour celle de la mi-journée. On emploiera pour ça dans des essaims d’autocars qu’on appelle les « bus des mines » . Nord Eclair en 1964 estime leur nombre à près de 400.
Photo L’Usine
Il faut se lever à 2h du matin pour prendre son poste à 5. Pour l’équipe du soir, le retour se fait à 22 heures 30. On se rend souvent à vélo sur le lieu de ramassage. Le temps de trajet est accru par le nombre d’arrêts pour ramasser ou déposer d’autres ouvrières. L’hiver, il faut braver brouillard et verglas pour faire les 60 à 80 kilomètres du trajet qu’elles parcourent, ensommeillées, chaque jour matin et chaque soir. Entre les trajets d’arrivée et de retour, une dure et longue journée de travail.
Photo Archives municipales
Les passagères doivent souvent participer aux frais de transport, le restant étant à la charge de l’entreprise. Elles sont jeunes, parfois très jeunes, tout juste titulaires du certificat d’études, et prêtes à prendre n’importe quel poste pour faire « bouillir la marmite ». Souvent, elles arrêtent le travail lorsqu’elles se marient pour se consacrer aux enfants. Parfois, elle reprennent le métier quelques années plus tard.
Un article de Nord Matin fait état en 1961 de 1000 ouvrières et ouvriers venus du Pas de Calais et précise que le pourcentage du personnel féminin est en décroissance, passant de 50 % en 1954 à 46 % en 1960. A partir de ce moment, la crise du secteur textile des années soixante-dix va entraîner progressivement des licenciements et finalement la fermeture des usines et la disparition des bus de ramassage.
Nord Matin 1961
Nord Matin 1961
Avec le plan de formation mis en place dans le cadre de la reconversion du Bassin minier, on tentera de leur trouver d’autres débouchés dans de nouveaux secteurs pour des emplois qui seront assurément situés plus près de chez elles.
Photo Médiathèque de la Source – Harnes – Pas de Calais
Les documents proviennent des archives municipales et de la médiathèque de Roubaix.