La diagonale des paraboles

Motte-Porisse derrière l’Hippodrome Théâtre CP Méd Rx

La rénovation de la friche Motte-Bossut, de 1983 à 1993, a permis la création du Centre international de la communication, espace de diffusion des nouvelles technologies de l’information et de la communication, et celles des archives du monde du travail. Une zone d’activité tertiaire s’organise, dès 1990, avec la création de la ZAC Motte-Porisse. Continuer la lecture de « La diagonale des paraboles »

Câble et télévision

Janvier 1989, c’est l’an 1 du câble à Roubaix. Les premiers abonnés sont connectés à la fin du mois, par une société privée filiale de la Générale de chauffe qui construit et gère le réseau. Cette société a été choisie car elle propose des délais intéressants et des possibilités technologiques. Pour la conférence de présentation, 1200 prises sont installées dans le centre de Roubaix. En février le réseau câblé est inauguré, il dessert 300.000 habitants les premiers abonnés reçoivent les images du monde depuis quinze jours, ils ont « le monde au bout des doigts ». En mai, un grand photographe couturier, Thierry Mugler, vient à Roubaix pour faire la campagne de promotion de l’Eurotéléport.

Les pionniers de Thierry Mugler Photo NE

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Du château Ternynck à l’école Jeanne d’Arc (suite)

L’école des sœurs dominicaines se situe au 25 rue de Lille (bâtiment acheté à la famille Ternynck en 1919). Les locaux deviennent trop petits car l’école ne cesse de se développer. Il faut donc songer à s’installer ailleurs. Le président de l’école, Fernand Lepoutre, fait l’acquisition du château Ternynck le 1er Juin 1946. Le financement a pu être réalisé grâce à des emprunts, des dons de la congrégation et des familles, mais aussi par des ventes de charité et des séances théâtrales.

document Institution Jeanne d’Arc

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Du château Ternynck à l’école Jeanne d’Arc

Henri Ternynck est un industriel roubaisien, dans le domaine du textile. Il possède une usine de tissage et filature, située sur le Boulevard de Fourmies ( voir un précédent article sur notre site, intitulé : l’usine Ternynck ) ainsi qu’une entreprise rue de la Fosse aux Chênes. Ses immenses bureaux se situent au 50 rue de la gare ( à l’angle de la rue de l’hospice ). Henri Ternynck gère ses affaires avec ses enfants, et crée l’entreprise Henri Ternynck et fils. Tous les membres de la famille Ternynck habitent dans différents endroits à Roubaix.

Edmond et Marie Ternynck ( document C. Baccarrere et A. Charpentier )

Un des fils d’Henri, Edmond Ternynck, se marie avec Marie Dormeuil, en 1878. Il décide de faire construire son hôtel particulier vers 1880. Il fait l’acquisition d’un terrain vierge de 13.519 m2, situé au 32 rue de Barbieux, pour y faire construire sa demeure. L’extrémité de cette immense parcelle se situe avenue Le Notre, en bordure du parc de Barbieux. Il confie le projet à l’architecte M. Dupire, qui s’inspire du château de Raray dans l’Oise, pour édifier les plans de la demeure.

L’hôtel particulier d’Edmond Ternynck 1880 ( document Archives Municipales  )
L’hôtel particulier d’Edmond Ternynck  ( document C. Baccarrere )

Le château du Huchon, comme on l’appelle à l’époque, est très imposant, Il est composé de très nombreuses pièces, sur trois niveaux. Au rez de chaussée, une galerie de 24m de long fait face à la rue, c’est une galerie de façade pour y exposer des tableaux et œuvres d’art. La décoration des salles est luxueuse : cheminée dans chaque pièce, moulures bois, portes intérieures monumentales. Au 2° étage, se situent les chambres pour le personnel : les femmes de chambre et les femmes de ménage sont en effet très nombreuses et nécessaires pour le service des châtelains.

Les pièces intérieures ( documents C. Baccarrere )

A l’extérieur, côté sud, est édifiée une terrasse couverte pour les beaux jours.

La terrasse couverte ( document C. Baccarrere )

De chaque côté du château, ( côté rue ) sont édifiés deux bâtiments séparés. Le premier est réservé aux écuries, car les déplacements à l’époque se font essentiellement en véhicules hippomobiles ( fiacres, calèches ). Le deuxième, appelé bâtiment des communs, est consacré aux nombreux jardiniers. On y trouve la resserre et un hangar pour stocker le matériel. Le long du mur de clôture, se trouvent un clapier et un poulailler.

Les extérieurs ( documents Archives Municipales et C. Baccarrere )

Dans les années 1920, de nombreuses nouvelles constructions sont érigées dans la rue de Barbieux. La municipalité décide alors d’une nouvelle numérotation des habitations. C’est ainsi que le 32 rue de Barbieux devient le 68.

Côté rue ( document C. Baccarrere )
Côté jardins ( document C. Baccarrere )

Edmond décède en 1914. Son épouse, Marie Ternynck, continue à gérer seule la demeure. La propriété est immense. Une partie du château ( la moitié du rez de chaussée et la moitié du sous sol, sur le côté sud ) est louée, en 1929, à Léon Tack et son épouse Gabrielle née Catry.

Léon Tack est grossiste et importateur en fruits, primeurs et légumes. Son entreprise est installée au 23-25 rue de la Halle, où la famille occupe le 1° étage. Le couple et leurs enfants apprécie alors ce nouveau logement spacieux, dans un cadre idyllique et verdoyant.

Publicité Léon Tack ( document collection privée )

Marie Ternynck décède en 1934. La famille Tack reste locataire de la demeure rue de Barbieux. En Mai 1940, Léon Tack, son épouse et leurs 7 enfants quittent Roubaix, et partent à Mélicourt dans l’Eure, pour quelques mois, puis descendent dans le sud de la France, et résident à Tarbes pendant quelques mois également. La famille Tack est de retour à Roubaix en 1941 ; les allemands occupent la moitié de la demeure. Léon Tack déménage à la fin de l’année 1942, et part s’installer au 52 rue Dammartin.

À suivre . . .

Remerciements à Carole Baccarrere, Annick Charpentier, Gabrielle et Dany Tack, Béatrice Martin, Florence Tellier, Virginie Samyn ainsi qu’aux Archives Municipales.

Les Maisons des Docteurs

Deux maisons ont été construites en 1897, par l’architecte Dupire, pour Louis Derville, sur le boulevard Gambetta ( entre l’usine Motte Bossut et la rue de Lannoy ). Aujourd’hui, le boulevard a été rebaptisé boulevard du Général Leclerc ( entre les Archives Nationales du Monde du Travail et Mac Arthur Glen ).

Photo Xavier Lepoutre

On a appelé ces grandes bâtisses : les Maisons des Docteurs, car de nombreux médecins se sont succédé dans cet immeuble depuis la construction. Notons au passage au N° 80 les présences des docteurs De Gandt et Puistienne, au 82 le docteur ophtalmologiste R. Laude, au 86 le docteur Boudailliez-Loridan, au 88 et 90 les dentistes Jacques Prouvost et P. Ferrette,

document Daniel Labbé 1985

Les deux maisons sont remarquables, de style florentin, composées de briques et de pierres, avec la présence de médaillons, d’impostes en terre cuite et des loggias à l’italienne, parfaitement dans le style de fin XIX siècle. C’est un patrimoine architectural inestimable, et de surcroît, une valeur « sentimentale » pour bon nombre de Roubaisiens.

Mais voilà, l’ensemble de ces maisons est en danger car la municipalité a programmé de les raser en 1988. Elles sont condamnées pour des raisons techniques et financières.

document Nord Eclair

En Octobre 1988, tout le monde n’accepte pas la démolition programmée de ces maisons ; l’association Art-Action qui veut remettre en valeur le patrimoine roubaisien est prêt à se battre pour éviter cette hérésie.

document Nord Eclair 1988

L’ensemble des maisons des docteurs, offre un prolongement naturel avec l’ancienne usine Motte Bossut, qui, après sa restauration complète, va retrouver une fière allure.

documents Nord Eclair 1988

Pourquoi démolir ? Ravaler ces deux bâtisses ferait un ensemble harmonieux, de même type que ce qui a été réalisé avec les Drapiers du boulevard De Gaulle : conserver la façade, tout en construisant par derrière des logements ou des bureaux.

documents Nord Eclair 1988

Mais la municipalité en a décidé autrement. Mr Tachau, responsable des services techniques de la ville, précise que le nouveau bâtiment sera composé de bureaux intelligents, c’est à dire  équipés des toutes dernières technologies de communication. L’ensemble sera sur 6 niveaux, et garder l’ancienne façade engendrerait un surcoût considérable pour la commune, comme ce qui a été réalisé pour la résidence « Hotelia » pour personnes âgées du 7 Grande rue ( ancienne C.A.F ).

De plus la future station de métro « Eurotéléport » va se trouver en partie, sous l’ensemble des maisons des docteurs. L’ensemble des maisons est donc rasée en début d’année 1989.

document Google maps
Photo BT

Remerciements aux Archives Municipales

N° 1 boulevard de la République

Le N° 1 du boulevard de la République, est le premier bâtiment que l’on aperçoit, quand on arrive du Pont Saint Vincent, par la rue d’Alsace, en direction de Tourcoing.

( Photo BT et document P. Simoens )

Cet immeuble, assez imposant, sur 4 niveaux ( 1 rez-de-chaussée et 3 étages ), se trouve à l’angle du Boulevard d’Armentières. Le début de la construction date de 1878. En 1885, la brasserie Pollet-Jonville, sise au 52 rue de l’Espérance, se porte acquéreur du bâtiment, pour y créer un estaminet, car l’emplacement est idéal.

Estaminet Buyse en 1906 ( document collection privée )

Divers commerçants se succèdent alors pour gérer le café tenu par la brasserie : H. Liénard en 1900, Mlle Buyse en 1906, Ch Baillon en 1914, J Delbecq en 1928. En 1932, un incendie ravage une partie du commerce. La brasserie propriétaire des lieux qui s’appelle désormais Pollet-Watine, demande à l’entreprise d’André Dussart d’effectuer les travaux de rénovation. Ensuite, Mme Mullier gère le café à partir de 1937. Après la seconde guerre mondiale, Mlle Renée Desmul reprend le commerce, et le transforme en parfumerie-papeterie.

Publicité 1946 ( Document collection privée )
Publicité 1948 ( Document collection privée )

Renée Desmul s’occupe donc de 2 commerces différents, sous le même toit ; des articles de parfumerie de grandes marques, des produits de beauté d’instituts parisiens, mais également des articles de papeterie : crayons, stylos, cahiers. A la fin des années 1950, le commerce de parfumerie-papeterie est géré par Mme Vve Dumonteil, et peu de temps après, par G Pinchart. Au milieu des années 1960, Amédée Henon-Doye reprend le point de vente, mais abandonne les articles de parfumerie, pour ne se consacrer qu’à son commerce de librairie-papeterie. Christian Pezellier rachète l’immeuble en 1979. Le rez de chaussée commercial est occupé en 1982 par un fournituriste de bureau : Buro-Service et, en 1987, par une agence de travail intérimaire : Flandres Interim.

Travaux de 1989 ( document archives municipales )

En 1989, le propriétaire entreprend de gros travaux de rénovation du bâtiment, et, après quelques mois, en 1990, la façade est entièrement rénovée : le résultat est magnifique. Le rez de chaussée peut être remis en location.

Document archives municipales 1990

Au début des années 2000, une agence immobilière s’installe : Valeurs sûres.

Document Google Maps 2008

Puis au début des années 2010, lui succède un salon de coiffure : L’esprit coiffure.

Document Google Maps 2011

En 2014, Philippe Simoens, gérant de l’entreprise Arliane, ( diagnostic immobilier ), dont les bureaux sont installés au 25 rue d’Alsace, souhaite déménager pour trouver un meilleur emplacement, plus spacieux . Il déménage ses locaux au rez de chaussée du 1 Bld de la Republique

Photo BT

Philippe Simoens rachète l’immeuble en 2018 et demande à son architecte de transformer la salle d’accueil pour en faire un lieu plus accueillant, plus chaleureux et sympathique.

Documents P Simoens

Remerciements aux archives municipales et à Philippe Simoens

Le 19 rue Galvani

Quand on passe dans la rue Galvani, on constate que toutes les maisons se ressemblent. Ce sont des maisons de ville assez étroites et semblables, sauf une ! Au 19 de la rue, la façade de la maison est très large : une porte centrale et deux fenêtres latérales ; à gauche se trouve un garage. C’est un bâtiment très imposant, par rapport aux maisons voisines.

Photo BT

La maison a été construite en 1894-1895 par Alphonse Verfaillie. Au 17 de la rue, se trouve une courée qui porte son nom : la cour Verfaillie.

Photo BT

Alphonse Verfaillie est cordonnier. La concurrence est rude entre les artisans ( 225 cordonniers sont recensés, en 1913, dans notre ville ). Pour se démarquer de ses confrères, Alphonse Verfaillie se spécialise : il crée et fabrique des chaussures sur mesure. Sa clientèle est vaste : des particuliers bien sûr, mais aussi des entreprises et des collectivités, comme en atteste le document ci-dessous : facture de 26 Frs à la ville, pour livraison de deux paires de chaussures à l’institut Turgot, en 1902.

( Document collection privée )
( Document BNR )

Au début des années 1920, Henri Verfaillie, apporte une aide précieuse à son père Alphonse. Il a 24 ans, est également chausseur-cordonnier et habite au N° 11 de la rue Galvani. Au début des années 1930, Henri gère seul la petite entreprise. Son épouse Marguerite est professeure de musique. Ils habitent désormais sur place au rez de chaussée du N° 19. Quant aux deux étages de la maison, ils sont occupés par des locataires.

( Documents collection privée )

Après guerre, le 19 rue Galvani est occupé par un imprimeur, Émile Meunier ; il fournit également des papiers en gros. La profondeur importante de la maison lui permet de stocker du matériel et des fournitures. Son activité est maintenue jusqu’au milieu des années 60. La maison est pendant quelques temps, inoccupée, puis louée à différents locataires particuliers dans les années 1970-1980. La façade est peinte en blanc. La cour Verfaillie existe encore.

( Documents Daniel Labbé et Archives Municipales )

En Août 2013, la municipalité accorde un permis de démolir les 5 habitations de la cour Verfaillie.

( Documents Archives Municipales )

De nos jours, la façade actuelle du N° 19 a été rénovée, grâce à un ravalement complet. Les briques d’origine sont de nouveau mises en valeur. Cette maison est désormais superbement bien entretenue.

( Photo BT )

Remerciements aux Archives Municipales

L’îlot de l’Hôtel des ventes

Aussitôt l’avenue des Nations Unies tracée, la salle des sports et le parking-Silo construits, on s’aperçoit, au milieu des années 80, que le virage de l’avenue offre à la vue de l’automobiliste un alignement de façades disparates datant du siècle précédent, peu attrayantes et incompatibles avec le standing de la nouvelle avenue. Dans la foulée des restructurations réalisées dans le quartier, on envisage alors une nouvelle opération de modernisation.

Photo Nord Eclair

Très vite, c’est l’ensemble du pâté de maisons limité par l’avenue des Nations Unies, la rue Pauvrée, la grand rue et la rue du curé qui retient l’attention des pouvoirs publics : après avoir restructuré l’Alma gare et l’Alma centre, on veut poursuivre les travaux de reconstruction. Cet ensemble est dénommé Îlot de l’hôtel des ventes.

L’îlot en 1953

Cette dénomination vient du fait qu’en 1968 s’est installé sur des parcelles au centre du pâté de maisons l’hôtel des ventes, venu de la rue du Collège en quête de l’espace qui lui manquait cruellement. Cet hôtel des ventes se trouvait rue du Collège depuis les années 30, après avoir déménagé de la grand rue. On construit sur le site un vaste bâtiment et des parkings, qui vont accueillir enchérisseurs et curieux.

Photos IGN et Nord Eclair

L’entrée principale s’ouvre au 22 rue du curé, face à la rue du vieil abreuvoir. Là se trouvait déjà une porte cochère. Un autre accès donne sur la rue Pellart

Avant et après – Photos Nord Eclair et Daniel Labbe

Pourtant, le projet de restructuration prévue de l’îlot reste modeste : comme on ne désire toucher ni à l’hôtel des ventes lui-même, construit récemment, ni au commissariat, dont le remplaçant est encore en projet et qu’on prévoit d’agrandir. Ces deux ensembles constituent avec la CAF, qui doit être reconstruite rue Gambetta en 1984, l’essentiel du centre de l’îlot. On projette seulement deux ensembles d’immeubles d’habitation donnant sur l’avenue des Nations Unies. L’un comportera 100 logements, et l’autre 90. Leurs emprises sont colorées sur le plan ci-après.

La Voix du Nord 1982

Tout l’alignement qui constitue les numéros pairs de la rue Pellart jusqu’au commissariat seraient donc amenés à disparaître. Ces immeubles en bon état, quoique souffrant d’un manque d’entretien abritaient depuis l’origine diverses entreprises de taille modeste, dont les locaux ont été repris après guerre par des associations. On y trouvait en effet, dans les années 60-70, au 8 l’atelier de réadaptation de l’association des paralysés de France, au 12-14 le centre d’apprentissage de filature du coton, au 34 le foyer des travailleurs africains, ainsi que plusieurs commerces et petites entreprises, sans compter quelques habitations individuelles.

Les immeubles du coin de la rue Pellart pendant les travaux de construction du Parking-Silo

Mais, au final, ce projet ne se concrétise pas. Il faut attendre la fin de la décennie suivante pour que les premières démolitions interviennent. Elles seront les prémices à un projet beaucoup plus vaste.

En 1996, le maire, René Vandirendonck, conscient de la disparition progressive du commerce dans le centre de la ville, défend devant la communauté urbaine un plan de réimplantation commerciale.

Celui-ci se concrétise d’abord par l’implantation de l’ensemble Mac Arthur Glenn sur les ruines de Roubaix 2000. Ce premier pas est suivi du projet d’ouverture d’un centre commercial Casino qui s’implanterait sur notre îlot de l’hôtel des ventes. Il comporterait un hypermarché de 8300 mètres carrés et une galerie marchande, l’ensemble représentant la création de 600 emplois pour les roubaisiens. On prévoit également de compléter cet ensemble par l’ouverture d’un complexe de neuf salles de cinéma juste à côté. Pour le coup, le projet va entraîner la destruction presque totale de l’îlot.

Photo Lucien Delvarre

La photo, reprenant le même point de vue que la précédente, nous montre le coin des rues du Curé et Pellart après les démolitions. Les immeubles de la rue Pauvrée disparaissent également, la rangée de gauche pour faire place au centre commercial, l’autre pour le complexe cinématographique.

Photo Lucien Delvarre

Quand à la grand rue, elle y perd quelques immeubles pour permettre l’implantation des accès au centre commercial.

Photo Nord Eclair

Mis à part le reste des commerces de la grand rue, l’ancien commissariat et quelques bâtiments à l’entrée de la rue du Curé, tout est rasé. On a fait place nette.

Photos IGN et Daniel Labbe

Il ne reste qu’à procéder à l’édification de ce qui prendra le nom d’Espace Grand Rue.

Photos la Voix du Nord

Les documents proviennent des archives municipales, de la médiathèque de Roubaix, et des sites de la Voix du Nord et de l’Institut Géographique National.

Rue du Vieil Abreuvoir, la rue-piétons

L’une des plus anciennes rues de Roubaix est relativement étroite : elle atteint à peine sept mètres par endroits, et on y rencontre des difficultés de circulation. Les trottoirs manquent également de largeur, et n’incitent pas au « lèche vitrine ». Pourtant, les boutiques y ont toujours été nombreuses : dans la première partie, de la grand place à la rue Nain, elles ont de tout temps constitué le rez de chaussée de presque tous les immeubles, et couvrent, par leur variété, pratiquement tous les besoins.

Photo Nord Eclair 1965

C’est ainsi que dans les années 60, on rencontre, avant la rue Nain, du côté impair successivement une maroquinerie, une chemiserie, un café, une confiserie, un autre chemisier, une boutique vendant des accessoires pour le dessin industriel, une parfumerie, un magasin d’alimentation, une librairie, une coutellerie, et un coiffeur. Côté pair, à droite, après deux cafés,deux boutiques de confection, un magasin de décoration, un marchand de radio-télé, une charcuterie, un coiffeur, un commerce de linge de maison, une teinturerie, une banque, une épicerie et un café.

La partie située entre la rue Nain et la rue du Curé, quoique plus longue que l’autre, a toujours abrité moins de commerces, mais on y voit quand même dans les années 60 quatre cafés, la pharmacie Willot, un antiquaire, un institut de beauté, un commerce radio-télévision, et un cordonnier côté impair, un magasin de cadeaux, un sellier, une agence immobilière, un commerce de fruits, une teinturerie, un opticien, un horloger, un magasin d’imperméables, et un restaurant côté pair.

Pourtant à cette époque, l’abondance de l’offre n’attire qu’une clientèle un peu trop rare au yeux des commerçants de la rue. Prenant exemple sur d’autres villes telles Courtrai et Cologne, l’UCC, l’Union des Commerçants du Centre, sous la houlette de M. Harmand, son président, audacieusement d’interdire la rue aux voitures, pour la réserver aux piétons. Cette proposition qui va de l’avant vise à promouvoir le commerce dans la rue. Les clients de la première partie de la rue (avant la rue Nain) pourront effectuer leurs achats en toute quiétude, sans se préoccuper de la circulation. Répondant à cette demande, la municipalité organise en 1965 une expérience qui va s’étendre sur trois mois dénommée « rue-piétons ». A l’issue de l’expérience, si elle s’avère concluante, elle pourra devenir définitive. L’idée est neuve à cet époque où on privilégie le développement de l’automobile !

On inaugure la rue-piétons, comme la surnomme la presse, avec force personnalités.

Photo Nord Éclair 1965

A l’heure du bilan, les commerçants de la seconde partie partie, celle située entre la rue Nain et la rue du Curé se montrent critiques. Ils n’ont pas fait partie de l’expérience et n’ont pas été consultés. Ils insistent sur l’hiatus important entre les deux parties de la rue : Leurs clients venaient en voiture de la grand place en passant par la partie de la rue désormais interdite aux autos, et ajoutent qu’ils ne profitent pas non plus du passage des piétons qui ne viennent pas jusque là. En bref, ils s’opposent à la confirmation du secteur piétonnier. Nord Matin titre « la rue à piétons piétine ».

En 1979 on reparle de la piétonisation de la première partie. Le projet qui se fait jour complète celui visant la place de la Liberté pour faire un ensemble englobant la grand rue et plusieurs autres, à terme. Le maire, Pierre Prouvost, y voyant un élément de renaissance du centre ville, tend une oreille favorable à la demande et la presse une réalisation toute proche.

Document La Voix du Nord 1979

Cette « piétonisation » doit se faire en relation avec la percée de l’avenue des Nations Unies et la construction du nouveau quartier d’habitations dit « Alma-centre » dont le chantier va de toute manière interrompre la circulation dans la rue du Vieil Abreuvoir. En effet, dans le cadre de ces travaux, une partie des bâtiments côté impair de la seconde partie de la rue vont disparaître. On y voit l’occasion, en prévoyant des magasins au rez de chaussée des nouvelles constructions de renforcer le caractère commercial de la rue. C’est chose faite à la fin de l’année et, dans la foulée, fin novembre 1980, on assiste à l’inauguration de la deuxième partie de la rue.

Photo Nord Éclair

L’inauguration de la seconde partie préfigure la mise en piétonnier de la grand rue entre la place de la Liberté et la grand place, qui doit avoir lieu en 1982. La rue a changé d’aspect : trottoirs supprimés, fil d’eau au centre de la chaussée, installation de luminaires de style ancien au tiers de la largeur de la chaussée et de vasques de verdure. On assiste alors à quelques changements : Nord Éclair s’installe au coin de l’avenue Jean Lebas et la Maison du livre quitte le 21 pour investir l’immeuble de l’ancienne poste au 27, et une pharmacie remplace le crédit agricole, côté pair à la hauteur de la rue Nain. La rue est investie dans toute sa longueur par les piétons.

Comme prévu, des immeubles neufs viennent boucher les « dents creuses » laissées par les démolitions consécutives à la construction de l’avenue des Nations Unies. Leur rez-de-chaussée doit abriter des commerces nouveaux, au nombre de neuf, qui renforceront l’attractivité de la deuxième partie de la rue.

Photo La Voix du Nord 1982

Néanmoins, après le premier engouement, la fréquentation de la zone piétonnière se montre inférieure aux espérances ; les passants se font trop rares : peut-être que l’habitude est prise, et qu’ils préfèrent prendre leur voiture pour se rendre à la périphérie et fréquenter les centres commerciaux des environs.

Photo Lucien Delvarre

La piétonisation ne semble plus suffisante pour attirer la clientèle dans la rue ; on envisage peut-être même comme un inconvénient le fait de d’obliger les chalands à se priver de voiture pour faire les courses. En dernière analyse, on choisit à la fin des années 90 un moyen terme et on décide de laisser à nouveau pénétrer l’automobile dans le secteur piétonnier. Les zones réservées aux piétons sont délimitées par des poteaux métalliques, et on réintroduit le stationnement à certains endroits.

Photo la Voix du Nord 2018

Mais, avec le recul, cette réintroduction ne semble pas avoir eu une action très efficace sur la fréquentation du public, et le promeneur s’y sent toujours esseulé. Décidément cette rue a bien du mal retrouver son animation d’antan !

Les illustrations proviennent des archives municipales et de la médiathèque de Roubaix.

Le jardin, la cathédrale et le stade

Au début des années 2000, le parc du Brondeloire va subir de profondes mutations. Les installations sportives sont sur utilisées, preuve de leur nécessité. Mais les terrains sont à refaire, les équipements à sécuriser. Les jardins familiaux n’ont pas survécu aux querelles intestines, et les aménagements initiaux du parc sont à revoir, notamment la butte et la végétation qui l’entoure.

Le parc du Brondeloire aujourd’hui Vue Google Maps

Le jardin

C’est au printemps 2006, que naît le jardin de traverse, installé sur une friche dans le prolongement du parc du Brondeloire à l’Épeule, en contrebas de la voie ferrée. La regrettée Anne-Sophie Danjou est à l’origine de cet espace où l’on cultive la terre tout autant que le contact humain. Son leitmotiv, « c’était de partager avec les gens, de discuter avec eux du fait qu’on peut changer les choses à son échelle, de faire en commun ». Elle avait aussi créé les géants de la Garden Pride, « le carnaval des jardins où l’on devait se fendre la pêche sans se prendre le chou ».

Le jardin de traverse de Roubaix Photo Roubaix XXL

Aujourd’hui l’Association Jardin de Traverse gère 3 sites (Jardin de Traverse, Jardins du Hêtre, Jardin de Myosotis) dont deux jardins partagés écologiques (Jardin de Traverse, Jardin de Myosotis) à Roubaix. Elle développe des animations et activités autour du compostage, de la Biobox, du zéro déchet, de la trame verte et bleue, cabanes à livres, troc de plantes, pique nique, rendez-vous des composteurs, permaculture, apiculture, ateliers cuisine, couture, animation parents, enfants. Elle accueille le marché Bio AB Ecocert. L’espace Jardin de traverse se situe entre la rue du grand chemin et la rue des arts, à l’angle de la rue du Parc et de la rue du Vivier à Roubaix, le long de la voie ferrée, en plein cœur du quartier Ouest .

Les jardiniers du Jardin de Traverse sont engagés dans une démarche d’appropriation collective. Le jardin est conçu comme un endroit paisible et agréable, avec un verger, une vigne, des plantes grimpantes, un potager, des fleurs, des plantes indigènes mais aussi exotiques, des ruches, une petite mare pour favoriser l’écosystème et la biodiversité. Les visiteurs et les jardiniers s’engagent à maintenir le lieu propre et entretenu. Les propriétaires de chien sont priés de ne pas faire entrer leur animal sur le site. Les jeux de ballons se font hors du jardin.

L’association Jardin de Traverse s’articule autour de valeurs de solidarité, de tolérance et de bonne entente entre jardiniers. L’association cultive le plaisir de se retrouver et de partager ensemble. On trouvera au bas de cet article les coordonnées de l’association.

La cathédrale

Fin 2016, entre la rue du Marquisat et le Parc de Brondeloire démarre le creusement d’un énorme trou, qui formera la future cathédrale d’orage du Brondeloire. On creuse à près de 30 mètres de profondeur dans le but d’engloutir les millions de litres d’eau d’un orage. La MEL et l’entreprise Caroni gèrent ce chantier destiné à lutter contre les problèmes d’inondations. Une installation identique à Tourcoing (sur le site sportif Melbourne), permet aux habitants des quartiers du Trichon à Roubaix, de Wasquehal (quai des Alliés) et Tourcoing (Blanc-Seau) d’éviter de se retrouver les pieds dans l’eau.

La cathédrale d’orage Photo Patrick James VDN

L’eau usée et l’eau de pluie jusqu’ici dévalaient tout droit jusqu’à la station d’épuration de Wattrelos, et débordaient du réseau d’assainissement en cas de trop fortes précipitations, Et c’est depuis le grand canal de 50 mètres de long, actuellement creusé depuis la rue des Arts, qu’elles seront détournées vers la cathédrale. Les eaux arriveront par le canal d’amenée puis rejoindront la cuve et ses équipements, capables de retenir les polluants.

Le nouveau bassin de rétention a été inauguré le mercredi 24 octobre 2018. Ce dispositif n’est pas sans rappeler l’existence d’un vivier au dix neuvième siècle qui a laissé son nom à la rue. C’était une sorte d’étang à l’orée de la ville qui a disparu avec l’urbanisation et les canalisations successives. Ainsi a-t-on renoué avec les pratiques du passé ?

Le stade

En septembre 2013, une école de football voit le jour à l’Épeule. Son nom : Académie football. Lancée à l’initiative de la Ville et de Roubaix Sport Culture, l’école de football labellisée par la Fédération Française de Football organise son premier stage pendant les vacances de Toussaint pour une équipe de 46 enfants âgés de 6 à 12 ans. Entraînements, tournois et jeux au programme, mais aussi une sortie au LOSC pour assister à la rencontre Lille/Auxerre. Les parents sont présents pour soutenir les activités, ce qui a permis selon André Lazaoui, président de l’académie, de faciliter la transmission des valeurs prônées par l’école de football, à savoir respect, travail, entraide et volonté de réussite. Valeurs incarnées par Jamel Haroun, responsable de la structure et connu du grand public comme le gardien de but de l’équipe de France de futsal. En Juin 2016, le directeur de Roubaix Sport Culture annonce que l’académie de football est sur le point de s’arrêter à cause d’un problème de subvention. L’action n’a pas été retenue dans le cadre du contrat de ville. À ce moment, cette académie de football occupe entre 80 et 100 enfants âgés de 6 à 8 ans.

Le stade Photo Hubert Van Maele VDN

Le 27 janvier 2017, la ville lance une concertation sur l’avenir du parc de Brondeloire. Au centre des débats, le terrain de football, toujours en piteux état. Cet équipement, mis en service en 2004 dispose d’un sol en gazon synthétique. La ville propose aux joueurs une rénovation a minima du stade, en attendant un projet beaucoup plus ambitieux dans le cadre de l’ANRU, qui traitera l’ensemble du parc du Brondeloire. Coût de l’opération : 350 000 euros. Malgré ce budget, on est loin d’un beau stade flambant neuf. Et les footballeurs, qui font tourner avec bien du mal l’Académie de football de l’Épeule, l’ont vite compris : « On a honte quand on reçoit les gamins des autres équipes ». La Ville propose de refaire la moquette, de la peinture dans les anciens vestiaires, et de poser des préfabriqués. Le complexe viendra ensuite avec l’aide de l’ANRU.

D’après les articles de presse de l’époque

ANRU : Agence nationale pour la rénovation urbaine

Jardins de traverse : 12 rue du Vivier 59100 ROUBAIX Blog : http://www.jardindetraverse.fr