La ligne 8 ter, dite de l’Epeule

Dès 1895, la municipalité envisage de prolonger la ligne, jugée trop courte, reliant la place de la Fosse aux chênes à la gare. Le nouveau tracé partirait de la place Faidherbe, au Pile et emprunterait les boulevards de Colmar, de Strasbourg et de Metz, puis suivrait les rues Daubenton, de l’Alma, de l’Alouette et de l’Epeule, et enfin les boulevards Montesquieu, de Cambrai et de Douai pour parvenir à son terminus à l’Hospice.

Quatre ans plus tard, en 1899, la conseil municipal opte pour un tracé tout différent : Partant de la gare de Roubaix-Wattrelos, la ligne se dirigerait par les boulevards de Mulhouse, de Reims, de Lyon et Lacordaire jusqu’à l’Hospice, puis suivrait à l’envers l’itinéraire précédent vers la gare, la place de la Fosse aux chênes et la rue Daubenton jusqu’à un terminus placé boulevard de Metz.

Le Journal de Roubaix 1906

Dans un article de 1902, le journal La Croix de Roubaix-Tourcoing évoque la création de plusieurs nouvelles lignes dont une, numéro 8 est dite « de l’Epeule ». Le terminus de celle-ci sera placé devant l’Hospice, tout comme celui de la ligne 2bis, avec laquelle elle partagera la voie posée boulevard de Douai. Son itinéraire empruntera, partant de la gare, la rue du Chemin de fer, puis les rues de l’Alouette et de l’Epeule, et remontera jusqu’à l’Hospice par les boulevards de Montesquieu, et de Cambrai, puis celui de Douai comme nous venons de le voir.

En 1906, les travaux sont en cours et la ligne doit être terminée pour le premier juillet, mais la livraison des nouvelles voitures destinées à l’exploiter semble tarder. Finalement, la ligne est inaugurée en mars 1907. Elle prend d’abord l’indice 8 ter, puis G dans le courant de l’année. Elle est peu après jumelée à la ligne K du Crétinier sous l’indice GK, et allongée en 1912 par le boulevard Lacordaire jusqu’à la place du Travail, où elle rencontre la ligne DI. Le terminus est placé à l’entrée du boulevard de Lyon. Après la première guerre mondiale, la ligne, sous l’égide de l’ELRT, est prolongée jusqu’au passage à niveau du Cartigny pour une longueur de plus de 5000 mètres. En 1926, on diminue le nombre d’arrêts de 31 à 26 pour diminuer les temps de parcours. En 1939, elle reprend l’indice G, tout en continuant à desservir le Crétinier. Elle sera fermée dans les années 50, comme toutes les autres lignes de l’époque.

Comme à notre habitude, suivons donc cette ligne, issue de la gare principale, où se situe le terminus.


Une voiture de la ligne face à la gare

La ligne emprunte la rue de l’Alma sur quelques mètres, avant d’emprunter à gauche la rue du chemin de fer, où se situe le premier arrêt facultatif. C’est l’ancien chemin du Fresnoy, coupé lors de la construction de la première gare. puis d’emprunter à droite la rue de l’Alouette.

Vue vers l’avenue Jean Lebas

Le second arrêt est placé au carrefour avec la rue de l’Espérance. Cette rue est courte, et nous parvenons très vite au carrefour avec la rue du Grand Chemin, où se trouve l’arrêt suivant, à la rencontre de la ligne 4. La vue suivante, montrant le carrefour, est prise encore vers l’avenue de la Gare.

L’immeuble à droite au premier plan n’a pas changé d’aspect, mais ce n’est plus aujourd’hui un commerce.

Nous voyons sur la photo suivante, prise en direction de la rue du Grand Chemin, le croisement des deux lignes. Celui-ci se faisait quasiment à angle droit et devait provoquer bien des chocs sur les roues !

Ici de nos jours, l’estaminet est devenu un café-brasserie ; il n’a pas changé de raison d’être.

La photo suivante est prise quelques dizaines de mètres plus loin, devant l’abreuvoir, où l’on pouvait baigner les chevaux grâce à un plan incliné. La voie se dédouble et constitue un garage où se situe l’arrêt obligatoire des trams. De nos jours l’espace a été occupé par une place qui se prolonge sur l’autre trottoir devant le Colisée.

C’est ce même Colisée que l’on retrouve sur la vue suivante, un peu plus loin sur la zone de garage à double voies. Le fil de contact électrique est supporté par des poteaux situés sur le trottoir côté nord de la rue.

Retournons-nous en direction de Croix pour découvrir l’aiguille de sortie du garage. La vue est prise pratiquement au même endroit. On voit à droite l’entrée de la rue du Parc, et, au fond de l’image, le carrefour avec la rue des arts, où se trouvait l’arrêt suivant. De nos jours, une partie des immeubles a été reconstruite, ce qui rend difficile la localisation sur les photos anciennes.

La ligne continue ensuite en voie unique quelques dizaines de mètres avant le garage suivant, dont nous voyons l’entrée sur l’illustration suivante, prise en direction de la gare. Le mur sur la gauche est celui de la teinturerie Roussel au 144. A droite, juste avant l’auvent du magasin, la rue de l’Industrie, où était placé l’arrêt suivant.

La photo suivante est prise au même endroit dans les années 50. A droite la boutique du photographe Charier , au 132,

Mais l’extrémité de la rue de l’Epeule est proche : nous nous trouvons au carrefour avec la rue des Ogiers et la rue Watt. La voie est double , ce qui permet le croisement des voitures, comme on le voit sur la photo suivante. La motrice du premier plan se dirige vers la gare. Celle au second plan va la croiser. Nous avons un autre arrêt à cet endroit.

La ligne va maintenant obliquer à gauche pour emprunter le boulevard Montesquieu, puis, traverser la rue de Lille et croiser à niveau la ligne des tramways Lillois F qui court au premier plan sur la photo. A l’angle, l’octroi. A ce carrefour avec la rue de l’Amiral Courbet est placé un arrêt facultatif.

Poursuivant toujours tout droit, le long du boulevard de Cambrai, la ligne parvient au croisement avec le boulevard de Paris où elle croise la ligne de Mongy et la ligne 2bis. A gauche le café du Parc. Ici encore, un arrêt facultatif.

Passé le boulevard de Paris, la ligne va partager les rails de la ligne 2bis le long du boulevard de Douai jusqu’à l’approche de l’hospice. Les deux lignes se séparent alors. Nous voyons sur l’illustration une motrice de la ligne 8 dans son état d’origine passer devant l’hospice pour emprunter le boulevard Lacordaire. Au premier plan, la ligne 2bis prend à droite la rue de Barbieux. L’arrêt était placé devant l’hospice.

La ligne descend alors, entre le mur de l’hospice et les réservoirs d’eau, le boulevard Lacordaire arrive enfin à la place du Travail, où l’on voit circuler une motrice 600 suivie de sa remorque de la série 800 devant l’ancienne ferme Cruque.

La ligne contourne la place et entre dans la boulevard de Lyon, où elle parvient à son terminus.

Document Translille

Les documents non autrement légendés proviennent des archives municipales et de la médiathèque de Roubaix.

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