Parler de Jean Sunny, c’est pour moi évoquer un souvenir d’enfance à Roubaix au début des années soixante. J’ignorais alors que Jean Sunny alias Jean Moussalli de son vrai nom était roubaisien d’origine. Fils d’un chirurgien dentiste de la rue du Collège, il est né à Roubaix le 15 août 1928 et il est décédé le 27 août 2007 à Gonesse (Val-d’Oise) Il fut élève du collège Notre Dame des Victoires, pratiqua le football à l’Excelsior sous la direction du fameux Henri Hiltl. Son père le destinait à la médecine mais la guerre en décida autrement. En 1939 il quitte Roubaix pour s’installer dans les Deux Sèvres où il s’occupe un temps de bonneterie. Mais le garçon est chaud bouillant et il se passionne pour les courses de stock car. Le stock-car, qui est autant un spectacle qu’un sport, n’a pas réussi au début à trouver un large public en France. Il faut attendre 1953 et 1957 pour que des courses-exhibition de stock-car soient organisées en France. Jean Sunny va y gagner notoriété et expérience automobile.
Jean Sunny Photo NE
Il s’oriente ensuite vers la cascade et l’acrobatie automobile. Il précise : ne confondons pas, il s’agit ici d’expériences mécaniques soigneusement calculées et mathématiquement préparées. Il m’a fallu trois années de recherches pour arriver à un tel résultat. Il organise ce qu’il appelle ses « rodéos » avec des voitures de série, c’est à dire l’automobile de Monsieur Tout le Monde. Il opère généralement sur des Simca Ariane ou Chambord mais ne dédaigne pas exécuter les mêmes exercices sur n’importe quel véhicule qu’on lui confierait. Et cela arrivait quelquefois ! Les exhibitions de Jean Sunny sont basées sur le calcul de l’équilibre et celui de l’adhérence au sol.
Le roi de la conduite sur deux roues Photo NE
Il devient donc le roi des casse-cou automobile qui roule sur une voiture penchée à 80 degrés. Il fut le premier qui descendit les Champs Élysées avec deux roues en l’air. Il fut d’ailleurs champion du monde de la spécialité avec un parcours de 1,420 km sur une voiture sur deux roues. Le succès entraîne d’autres activités, il devient le cascadeur du cinéma français, on peut admirer ses prestations dans des films comme le Fantômas d’André Hunebelle en 1964.
Il se produit toujours dans ses « rodéos » où il pratique les dérapages, risque à tout instant le tonneau. À bord de sa voiture déséquilibrée, il ramasse un tas d’objets posés sur la route, du plus grand au plus petit : un casque, un coquetier, un mouchoir, un dé à coudre ! L’homme est heureux, détendu, désinvolte et affable, selon le journaliste Marcel Leclercq. Je me souviens l’avoir vu à Roubaix en 1961, c’était l’un des héros de mon enfance.
L’Académie des Sports de Roubaix fut fondée en 1911 par le professeur Édouard Dubus, si l’on en croit l’en tête de lettre. C’était une société agréée par le Ministère de la Guerre et de la Marine, enregistrée SAG n°8477, comme beaucoup de sociétés sportives à l’époque, dont l’un des objectifs était de préparer la jeunesse à s’entraîner en vue d’une hypothétique revanche. Cette société était affiliée à la Fédération Nationale des Sociétés d’Éducation Physique et de préparation au service militaire, mais également à la Fédération Française de Boxe, dont elle était l’un des plus beaux fleurons, se déclarant la plus importante société de boxe de France au début des années vingt.
En tête de lettre de l’ASR doc AmRx
Elle proposait des activités de boxe française et anglaise, d’éducation physique, d’escrime, de canne, de poids et haltères et de lutte. Son siège et sa salle d’entraînement se trouvaient au n°41 de la rue du chemin de fer à Roubaix. Elle était dirigée par le professeur Édouard Dubus, ex-moniteur de l’École Normale de Gymnastique et d’Escrime de Joinville le Pont. Il s’agit du fameux Bataillon de Joinville, une ancienne unité militaire de l’armée française accueillant des appelés sportifs, qui figure dans les établissements de formation à la pratique sportive constitués au sein des armées depuis 1852 avec l’École normale militaire de gymnastique de Joinville. C’était donc une référence !
Le professeur Dubus devant la galerie de portraits de ses champions Photo NE
Pendant près d’un demi-siècle, le professeur Dubus y forme un nombre impressionnant de champions du Nord, de Flandre, de France et même un champion d’Europe. Citons Fernand Detré, Vandeleene et Bodard, Emile Vanlancker, Alfred Baete, Voisin, Dejaghère, Lequenne. Pour le champions de France, Arthur Vermaut, Tiger, Defer, Motte, Deckmyn, les frère Schackels, Dewancker. Auguste Gydé fut champion de France militaire mais c’est son frère Praxille Gydé qui fut champion d’Europe au début des années trente.
Edouard Dubus prend sa retraite en 1956 et s’en va vivre à Nantes. La section de boxe disparaît en septembre 1959 alors que l’ASR s’est tournée depuis 1954 vers la marche et organise pour un temps les fameuses 28 heures de Roubaix. Les dirigeants de l’époque, tous honorés par le Mérite philanthropique et de l’oeuvre humanitaire de France en 1957, sont Gaston Duthilleul, Louis Bourgois, Cyrille Vandewalle, Georges Hasbroucq, Raoul Dujardin, Henri Hiroux, Marcel Mouriaux, Edgard Deflorence et Victor Vandermeiren.
1954 : la première édition des 28 heures remportée par Gilbert Roger Photo NE
L’Académie des Sports de Roubaix animera les 28 heures de Roubaix de 1954 à 1968, date à laquelle le Racing Club de Roubaix prendra le relais de 1969 à 1975 avant que ne soit créé le Club des Marcheurs Roubaisiens.
La question de l’alimentation en eau potable est récurrente à Wattrelos comme dans les autres communes alentour. Avec l’urbanisation croissante, les besoins ne font qu’augmenter. À tel point qu’en 1960, les stations élévatrices de Pecquencourt, de Wattrelos (Sapin Vert) de Tourcoing et de Roubaix aux Trois Ponts peinent à répondre à la demande. En dix ans, de 1945 à 1959, la consommation des roubaisiens et tourquennois a presque quadruplé passant d’un peu plus de 3 millions de m³ à près de 12 millions de m³. On évalue la moyenne journalière à 32.000 m³ mais c’est sans compter avec les pointes saisonnières de l’été. Les pompes travaillent jour et nuit, les réservoirs s’épuisent et on approche de la pénurie.
Forage au Beck en février 1960 Photo NE
Les géologues cherchent alors et découvrent une nappe aquifère suffisamment importante sur le territoire de Wattrelos au hameau du Beck, non loin du canal. Le Syndicat intercommunal des eaux de Roubaix Tourcoing et la commune de Wattrelos décident d’y édifier une nouvelle usine élévatrice en février 1960. Trois forages ont atteint la mappe et une citerne de 1200 m³ a été installée dans la proximité. Une salle des machines va être bâtie et on espère qu’au début de 1961 on débitera 20.000 m³ par jour !
Forage à proximité du canal Photo NE
La station du Beck sera commandée et contrôlée automatiquement, ce sera une sorte d’usine-robot, selon l’expression de l’époque. Elle va coûter deux millions de francs et elle couvrira les besoins en eau potable jusqu’en 1970. Mais il faut déjà se préoccuper de l’avenir. Rappelons que la ZUP de Beaulieu n’existe pas encore, entre autres chantiers importants. Des stations sont prévues à Billy Berclau, Pont-à-Marcq, Wavrin, Emmerin, comme une large ceinture d’usines élévatrices. L’eau potable est alors vendue 34 francs le m³, ce qui est plus bas que la normale, compte tenu des taxes prélevées par l’État pour les adductions d’eau dans les campagnes et le syndicat pour le renouvellement du réseau.
Une autre vue aujourd’hui disparue : un morceau de place du Trichon avec de la verdure (!) et la rue Rémy Cogghe, avant la construction du bâtiment de la Sécurité Sociale. Pour en savoir plus : http://www.ateliers-memoire-roubaix.com/la-secu-a-roubaix/
Place d’Amiens sans l’église Saint Sépulcre Photo NE
Une vue éphémère, car elle présente la place d’Amiens sans l’église Saint Sépulcre. Cela n’a pas troublé Ghislaine Dequeant (bravo à elle !) qui nous donne son commentaire : la place où il y avait l’église St Sépulcre, Le magasin dont le store est baissé au centre, est la boulangerie et le magasin en face, au coin, est le fleuriste !…. sur la gauche, avec la grande cheminée, c’est la rue de Brézin, et la rue qui fait coin avec le fleuriste c’est la rue Newcommen. Pour en savoir plus retrouvez l’article sur l’église Saint Sépulcre dans ce site http://www.ateliers-memoire-roubaix.com/eglise-saint-sep…glise-de-lepeule/
C’est le dimanche 1er juin 1924 que se déroule la première édition du circuit franco-belge, organisé par le Journal de Roubaix avec le concours de l’Amicale des Arts. Le grand quotidien régional contribue déjà aux manifestations sportives, attribuant des primes aux coureurs régionaux qui participent au Paris-Roubaix, et prêtant son concours à la belle épreuve motocycliste Roubaix-Paris-Roubaix. Cette nouvelle épreuve répond à l’attente de nombreux coureurs de la région. Cette course de 165 kilomètres emprunte un itinéraire qui va de part et d’autre de la frontière : départ à Roubaix, Pont du Laboureur, Wattrelos, Grimonpont, Leers, Lys, Lannoy, Petit Lannoy, Hem Forest, Ascq, Sainghin, Bouvines, Cysoing, Baisieux, Hertain, Tournai, Froyennes, Templeuve, Bailleul, Pecq, Warcoing, Espierres, Dottignies, Luingne, Mouscron, Aelbeke, Courtrai, Wevelghem, Menin, Halluin, Roncq, Bousbecque, Wervicq, Comines, Warneton, Deulémont, Quesnoy sur Deule, Linselles, gravier de Bondues, Tourcoing (gare des Francs) , rues de Dunkerque, Calais, Canal, Mouvaux, Croisé Laroche, Wasquehal, Croix, Roubaix, arrivée à la Laiterie du Parc de Barbieux.
Le circuit franco-belge du Journal de Roubaix est ouvert aux coureurs licenciés de l’Union Vélocipédique de France de 1ers, 2e, 3e, 4e catégories et débutants des départements du Nord, Pas de Calais, Somme, Aisne, Ardennes. Un délégué de l’UVF suivra l’épreuve en tant qu’arbitre, et l’arrivée sera jugée par un délégué de l’UVF et quatre dirigeants de club. Les coureurs devront être en règle avec les douanes belges et françaises.
Le parcours publié dans JdeRx
Quatre mille francs de prix viendront récompenser les vainqueurs. Les clubs pourront également concourir pour le challenge du Journal de Roubaix et le Challenge des débutants. Le premier consiste en un objet d’art remis au club vainqueur selon le nombre de points calculé sur les cinq premiers arrivés d’un même club. Des breloques seront offertes aux équipiers. Le second challenge est régi de la même manière pour les participants de cette catégorie. Les engagements sont reçus au siège de l’amicale des Arts, section cycliste, au n°86 rue de l’Epeule. On paie 3 francs, non remboursables et le dernier délai est fixé au 25 mai, minuit. MM. Maurice Taeck délégué régional de l’UVF sera le juge arbitre de l’épreuve, assisté par M. Ingelbrecht délégué sportif du comité du Nord de l’UVF. Jean Derycke président de l’Amicale des Arts remplira les fonctions de commissaire général de la course, assisté de quatre commissaires : MM. Léon Dumont et Léon Vandenhaute de l’Amicale des Arts, Victor Vankelsbecq du vélo club croisien et David Deruyter du vélo club tourquennois. Les chronométreurs seront MM.Pierre Benoît et Emaille.
Le poinçonnage des vélos Photo JdeRx
Les coureurs doivent se mettre en règle avec la douane : les belges doivent faire plomber leur vélo à la douane belge et avant le départ être en possession de la carte de libre passage. Idem pour les français à la douane française.Le 25 mai, on a dépassé la centaine de coureurs engagés ! On cite déjà quelques favoris : le belge Omer Huysse, vainqueur du Tour de Belgique indépendants, et Omer Vermeulen d’Anzin, vainqueur de Paris Lille.
Le matin de la course, il y a 142 engagés ! D’autres prix s’ajoutent à ceux déjà annoncés, avec comme contributeurs l’Amicale des Arts, et des primes de passage par différentes sociétés cyclistes.
Le départ est donné à dix heures et on attend les coureurs à l’arrivée vers 15 h 30. Finalement, ils sont 117 au départ pour cette première édition et les régionaux présents en nombre s’illustrent rapidement. La victoire revient au sympathique Julien Perrain de l’Amicale des Arts, qui a longtemps mené la course avec un train d’enfer, accompagné par le courageux Vandecasteele et l’accrocheur Gaston Dhaene. Entre Cysoing et Baisieux, un peloton d’une trentaine coureurs était en tête qui fut en quelques minutes complètement désagrégé. Le Mouscronnois Durieux fut avec Perrain l’artisan de ce lâchage, mais il creva peu après, ce qui le mit hors course. Ils sont alors six en tête, au contrôle de Tournai : Parmentier, Bourgois, Perrain, Vandecasteele, Vanmerhaeghe et Dhaene. Au pont de Pecq, Vanmerhaeghe prend sa chaussure dans sa chaîne, il est lâché. À Luingne il pleut et cela est fatal à Bourgeois. À Mouscron, ils ne sont plus que trois, Perrain, Vandecasteele, et Dhaene qui fait l’élastique. À Tourcoing, Dhaene est lâché dans la montée des Francs, il recolle un moment mais Perrain attaque à nouveau. À Mouvaux, Vandecasteele crève et laisse filer Perrain vers la victoire. Le deuxième sera le dottignien Dhaene et le troisième le malchanceux Vandecasteele. Omer Vermeulen se classe 4e.
Le vainqueur Julien Perrain doc le site du cyclisme
Le Challenge du Journal de Roubaix va à l’Amicale des Arts qui classe cinq coureurs dans les trente premiers (Perrain, Dhaene, Dossche (5e) Poupaert (20e) Vanderdonkt (23e). En deuxième position, le Vélo club croisien et en troisième le vélo club tourquennois. Le Challenge des débutants va au Vélo club tourquennois, en deuxième Amicale des Arts. Un peu de publicité en passant : le vainqueur a roulé sur une bicyclette Peugeot. La voiture Berliet de la maison Thersen et Lepault et conduite de main de maître par Vincent Dhulst, ancien coureur, a permis aux rédacteurs sportifs de suivre la course aux premières loges.
Cet article fait suite à « La Boulangerie de l’Union » précédemment édité.
En 1914, la première guerre mondiale éclate. L’état ordonne à la »Boulangerie de l’Union », de fabriquer des biscuits pour l’armée française, pour les poilus qui se battent au front. A la fin du conflit, en 1918, la situation est catastrophique pour la population. Il a été très difficile, en effet, de pouvoir se nourrir correctement pendant ces quatre années. L’Union continue et développe alors fortement la production de biscuits de suralimentation, très nutritifs et fortifiants, pour satisfaire les besoins énormes des roubaisiens, qui souffrent de carence alimentaire.
( documents collection particulière )
Sur ce catalogue de 1923, une gamme très complète de biscuits est proposée à la clientèle : biscuit sec, petit beurre, sablé, galette, pain d’amande, gaufrette, madeleine, boudoir, langue de chat, macaron, biscotine, biscuit de régime, et même biscotte pour potage !
La marge bénéficiaire sur les biscuits étant plus confortable que sur le pain, à la fin des années 1920, la société stoppe son activité de boulangerie pour ne fabriquer que des biscuits, et devenir la « Biscuiterie de l’Union ». Édouard Duquenne, le fondateur de l’Union, passe le relais, en 1927, à ses deux plus jeunes fils, Eugène et Donat.
L’entreprise cesse également toutes les actions sociales qui avaient été entreprises jusqu’alors. C’est en 1936 que l’entreprise prendra le nom d’ « Union Biscuits ».
( document collection particulière )
L’Union met en place, dans les années 1930, un système de points fidélité. Des bons sont remis à la clientèle, à chaque achat. Les bons cumulés donnent la possibilité d’obtenir des pièces d’un magnifique service de table en porcelaine de Limoges.
Publicités Familial et Régal ( documents collection particulière )
Dans les années 1950, la société Union Biscuits crée deux nouveaux produits : »le Familial » et »le Régal ».
Le Familial ( document J. Duparcq
« Le Familial » est un biscuit feuilleté, très digeste, destiné à toute la famille. C’est l’inimitable et incomparable casse-croûte.
Le Régal ( document J. Duparcq )
« Le Régal » est fourré d’une délicieuse pâte à base de vanille ou de chocolat, apprécié en particulier par les enfants, pour leur goûter de 4 heures. Ces deux nouveaux produits connaissent un énorme succès.
Début des années 1970 ( Document D Labbé )
En 1974, Joseph Desmarecaux, qui est entré dans l’entreprise en tant que représentant, est nommé PDG par les deux frères Eugène et Donat Duquenne. Particulièrement commerçant et dynamique, il multiplie les actions de communication et d’animation sur les produits de l’entreprise : présence lors de salons professionnels, animation-jeux ( bicyclettes ) dans des galeries marchandes, ou dans diverses fêtes locales.
Joseph Desmarecaux au centre, entouré de deux représentants ( document J. Duparcq )( documents J. Duparcq )
Le Big Choco est créé au début des années 1980. C’est un casse-croûte familial, nappé de chocolat. Ce produit est fortement apprécié de la clientèle. De nombreux roubaisiens se souviennent certainement de ces odeurs très agréables, de biscuit et de chocolat, qui parfumaient la Grande Rue.
Big Choco ( document collection particulière )
Ces 3 produits leaders du marché ( Familial, Régal et Big Choco ) sont à l’origine du développement de l’entreprise Union Biscuits, dans les années 1980, mais la concurrence commence à devenir agressive sur le marché, avec des marques comme Lu, Brun, BN, Delacre, Belin et même des entreprise belges Parein et DeBeukelaer. Union Biscuits résiste, et, en 1985, l’entreprise rachète les biscuits IDC à la gare des Francs, à Tourcoing qui est le principal concurrent en biscuits casse-croûte.
( document J. Duparcq )
En 1988, le PDG de la société Union Biscuits, Joseph Desmarecaux conclut un accord avec Jean-Pierre Bourgois du club des collectionneurs de Roubaix pour présenter une magnifique exposition de l’entreprise, lors du salon des 5 et 6 Mars 1988, au Centre aéré du Parc des sports. Il confie à trois étudiantes de l’école ESAD, ( dont sa fille Anne Caroline Desmarecaux ) la mission d’organiser la présentation des affiches, des publicités et même des objets comme une caisse de comptoir de la boulangerie, datant des années 1910. C’est l’occasion de rappeler aux nombreux roubaisiens, l’importance d’Union Biscuits, de son histoire depuis 1892 et de ses produits de qualité.
( documents J. Duparcq )
A suivre . . .
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Remerciements aux Archives Municipales et à Jean Duparcq pour son témoignage et ses documents.
En 1926, Gaston Isorez ouvre son cinéma « Le Familia », rue David d’Angers, dans le quartier du Nouveau Roubaix en pleine construction. C’est à la fois un cinéma, une salle des fêtes, une salle de bal du dimanche. Dans les années 1930, les H.B.M. Habitations à Bon Marché amènent une population dense dans ce nouveau quartier populaire. Joseph Rigamensi prend la direction de l’établissement.
document Nord Éclair
En 1944, le nouveau directeur, M. Dhollander, rénove cette salle des fêtes qui devient alors un véritable cinéma, respectueux des consignes strictes de sécurité. Les années 1950 -1960 sont propices au développement des cinémas de quartier, mais les années 1970 sont beaucoup plus difficiles, à cause de l’apparition de la télévision dans les foyers. Le cinéma Le Familia ferme ses portes au début des années 1980.
Le Familia à la fin des années 1970 ( document Archives Municipales )
En 1983, les trois frères Castelain (François-Xavier, Jean-Bruno et Pierre-Damien), passionnés de musique, décident de créer un nouveau concept branché, un espace-rencontres à Roubaix : le café-restaurant-spectacle. Ils reprennent le cinéma Familia, rue David d’Angers, fermé depuis peu de temps. L’architecte Jean Marie Dillies, à Villeneuve d’Ascq, est chargé de faire réaliser les travaux qui démarrent en Avril 1983, et, en particulier, la rénovation de la façade.
La façade, avant et après ( documents Archives Municipales )François-Xavier Castelain lors des travaux ( document Nord Éclair )
Dans un premier temps, le 1er Septembre 1983, le café ouvre tous les soirs. Un mois plus tard, le 1er Octobre, c’est l’inauguration officielle avec un premier spectacle à l’affiche, et à partir du lundi 3 Octobre, le restaurant ouvre tous les midis. La proximité d’entreprises importantes du boulevard de Fourmies permet d’envisager un développement conséquent de l’activité restauration. L’enseigne choisie est : Côté Jardin.
Le projet est ambitieux, les frères Castelain très motivés, l’accueil sympathique, mais le succès n’est pas au rendez-vous : Côté Jardin ferme ses portes définitivement quelques temps plus tard. Le bâtiment reste inoccupé un certain temps, puis, en 2005, Kamel Kamli reprend le bâtiment et dépose une demande de permis de construire pour le maintien d’une surface commerciale au rez de chaussée, et la construction de 4 logements à l’étage, en duplex, avec pose de Velux sur le toit.
( document Archives Municipales )
La façade atypique est conservée et repeinte ; les menuiseries sont en PVC bleu foncé. 4 places de parking couvertes sont prévues. Le résultat est magnifique ; la bonne réalisation des travaux de ravalement de façade incite d’ailleurs la municipalité à accorder une subvention conséquente.
( document Archives Municipales )Photo BT 2020
Remerciements aux Archives Municipales, et à Alain Chopin et Philippe Waret pour leur livre : Les cinémas de Roubaix.
L’une des plus anciennes rues de Roubaix est relativement étroite : elle atteint à peine sept mètres par endroits, et on y rencontre des difficultés de circulation. Les trottoirs manquent également de largeur, et n’incitent pas au « lèche vitrine ». Pourtant, les boutiques y ont toujours été nombreuses : dans la première partie, de la grand place à la rue Nain, elles ont de tout temps constitué le rez de chaussée de presque tous les immeubles, et couvrent, par leur variété, pratiquement tous les besoins.
Photo Nord Eclair 1965
C’est ainsi que dans les années 60, on rencontre, avant la rue Nain, du côté impair successivement une maroquinerie, une chemiserie, un café, une confiserie, un autre chemisier, une boutique vendant des accessoires pour le dessin industriel, une parfumerie, un magasin d’alimentation, une librairie, une coutellerie, et un coiffeur. Côté pair, à droite, après deux cafés,deux boutiques de confection, un magasin de décoration, un marchand de radio-télé, une charcuterie, un coiffeur, un commerce de linge de maison, une teinturerie, une banque, une épicerie et un café.
La partie située entre la rue Nain et la rue du Curé, quoique plus longue que l’autre, a toujours abrité moins de commerces, mais on y voit quand même dans les années 60 quatre cafés, la pharmacie Willot, un antiquaire, un institut de beauté, un commerce radio-télévision, et un cordonnier côté impair, un magasin de cadeaux, un sellier, une agence immobilière, un commerce de fruits, une teinturerie, un opticien, un horloger, un magasin d’imperméables, et un restaurant côté pair.
Pourtant à cette époque, l’abondance de l’offre n’attire qu’une clientèle un peu trop rare au yeux des commerçants de la rue. Prenant exemple sur d’autres villes telles Courtrai et Cologne, l’UCC, l’Union des Commerçants du Centre, sous la houlette de M. Harmand, son président, audacieusement d’interdire la rue aux voitures, pour la réserver aux piétons. Cette proposition qui va de l’avant vise à promouvoir le commerce dans la rue. Les clients de la première partie de la rue (avant la rue Nain) pourront effectuer leurs achats en toute quiétude, sans se préoccuper de la circulation. Répondant à cette demande, la municipalité organise en 1965 une expérience qui va s’étendre sur trois mois dénommée « rue-piétons ». A l’issue de l’expérience, si elle s’avère concluante, elle pourra devenir définitive. L’idée est neuve à cet époque où on privilégie le développement de l’automobile !
On inaugure la rue-piétons, comme la surnomme la presse, avec force personnalités.
Photo Nord Éclair 1965
A l’heure du bilan, les commerçants de la seconde partie partie, celle située entre la rue Nain et la rue du Curé se montrent critiques. Ils n’ont pas fait partie de l’expérience et n’ont pas été consultés. Ils insistent sur l’hiatus important entre les deux parties de la rue : Leurs clients venaient en voiture de la grand place en passant par la partie de la rue désormais interdite aux autos, et ajoutent qu’ils ne profitent pas non plus du passage des piétons qui ne viennent pas jusque là. En bref, ils s’opposent à la confirmation du secteur piétonnier. Nord Matin titre « la rue à piétons piétine ».
En 1979 on reparle de la piétonisation de la première partie. Le projet qui se fait jour complète celui visant la place de la Liberté pour faire un ensemble englobant la grand rue et plusieurs autres, à terme. Le maire, Pierre Prouvost, y voyant un élément de renaissance du centre ville, tend une oreille favorable à la demande et la presse une réalisation toute proche.
Document La Voix du Nord 1979
Cette « piétonisation » doit se faire en relation avec la percée de l’avenue des Nations Unies et la construction du nouveau quartier d’habitations dit « Alma-centre » dont le chantier va de toute manière interrompre la circulation dans la rue du Vieil Abreuvoir. En effet, dans le cadre de ces travaux, une partie des bâtiments côté impair de la seconde partie de la rue vont disparaître. On y voit l’occasion, en prévoyant des magasins au rez de chaussée des nouvelles constructions de renforcer le caractère commercial de la rue. C’est chose faite à la fin de l’année et, dans la foulée, fin novembre 1980, on assiste à l’inauguration de la deuxième partie de la rue.
Photo Nord Éclair
L’inauguration de la seconde partie préfigure la mise en piétonnier de la grand rue entre la place de la Liberté et la grand place, qui doit avoir lieu en 1982. La rue a changé d’aspect : trottoirs supprimés, fil d’eau au centre de la chaussée, installation de luminaires de style ancien au tiers de la largeur de la chaussée et de vasques de verdure. On assiste alors à quelques changements : Nord Éclair s’installe au coin de l’avenue Jean Lebas et la Maison du livre quitte le 21 pour investir l’immeuble de l’ancienne poste au 27, et une pharmacie remplace le crédit agricole, côté pair à la hauteur de la rue Nain. La rue est investie dans toute sa longueur par les piétons.
Comme prévu, des immeubles neufs viennent boucher les « dents creuses » laissées par les démolitions consécutives à la construction de l’avenue des Nations Unies. Leur rez-de-chaussée doit abriter des commerces nouveaux, au nombre de neuf, qui renforceront l’attractivité de la deuxième partie de la rue.
Photo La Voix du Nord 1982
Néanmoins, après le premier engouement, la fréquentation de la zone piétonnière se montre inférieure aux espérances ; les passants se font trop rares : peut-être que l’habitude est prise, et qu’ils préfèrent prendre leur voiture pour se rendre à la périphérie et fréquenter les centres commerciaux des environs.
Photo Lucien Delvarre
La piétonisation ne semble plus suffisante pour attirer la clientèle dans la rue ; on envisage peut-être même comme un inconvénient le fait de d’obliger les chalands à se priver de voiture pour faire les courses. En dernière analyse, on choisit à la fin des années 90 un moyen terme et on décide de laisser à nouveau pénétrer l’automobile dans le secteur piétonnier. Les zones réservées aux piétons sont délimitées par des poteaux métalliques, et on réintroduit le stationnement à certains endroits.
Photo la Voix du Nord 2018
Mais, avec le recul, cette réintroduction ne semble pas avoir eu une action très efficace sur la fréquentation du public, et le promeneur s’y sent toujours esseulé. Décidément cette rue a bien du mal retrouver son animation d’antan !
Les illustrations proviennent des archives municipales et de la médiathèque de Roubaix.
Au début des années 2000, le parc du Brondeloire va subir de profondes mutations. Les installations sportives sont sur utilisées, preuve de leur nécessité. Mais les terrains sont à refaire, les équipements à sécuriser. Les jardins familiaux n’ont pas survécu aux querelles intestines, et les aménagements initiaux du parc sont à revoir, notamment la butte et la végétation qui l’entoure.
Le parc du Brondeloire aujourd’hui Vue Google Maps
Le jardin
C’est au printemps 2006, que naît le jardin de traverse, installé sur une friche dans le prolongement du parc du Brondeloire à l’Épeule, en contrebas de la voie ferrée. La regrettée Anne-Sophie Danjou est à l’origine de cet espace où l’on cultive la terre tout autant que le contact humain. Son leitmotiv, « c’était de partager avec les gens, de discuter avec eux du fait qu’on peut changer les choses à son échelle, de faire en commun ». Elle avait aussi créé les géants de la Garden Pride, « le carnaval des jardins où l’on devait se fendre la pêche sans se prendre le chou ».
Le jardin de traverse de Roubaix Photo Roubaix XXL
Aujourd’hui l’Association Jardin de Traverse gère 3 sites (Jardin de Traverse, Jardins du Hêtre, Jardin de Myosotis) dont deux jardins partagés écologiques (Jardin de Traverse, Jardin de Myosotis) à Roubaix. Elle développe des animations et activités autour du compostage, de la Biobox, du zéro déchet, de la trame verte et bleue, cabanes à livres, troc de plantes, pique nique, rendez-vous des composteurs, permaculture, apiculture, ateliers cuisine, couture, animation parents, enfants. Elle accueille le marché Bio AB Ecocert. L’espace Jardin de traverse se situe entre la rue du grand chemin et la rue des arts, à l’angle de la rue du Parc et de la rue du Vivier à Roubaix, le long de la voie ferrée, en plein cœur du quartier Ouest .
Les jardiniers du Jardin de Traverse sont engagés dans une démarche d’appropriation collective. Le jardin est conçu comme un endroit paisible et agréable, avec un verger, une vigne, des plantes grimpantes, un potager, des fleurs, des plantes indigènes mais aussi exotiques, des ruches, une petite mare pour favoriser l’écosystème et la biodiversité. Les visiteurs et les jardiniers s’engagent à maintenir le lieu propre et entretenu. Les propriétaires de chien sont priés de ne pas faire entrer leur animal sur le site. Les jeux de ballons se font hors du jardin.
L’association Jardin de Traverse s’articule autour de valeurs de solidarité, de tolérance et de bonne entente entre jardiniers. L’association cultive le plaisir de se retrouver et de partager ensemble. On trouvera au bas de cet article les coordonnées de l’association.
La cathédrale
Fin 2016, entre la rue du Marquisat et le Parc de Brondeloire démarre le creusement d’un énorme trou, qui formera la future cathédrale d’orage du Brondeloire. On creuse à près de 30 mètres de profondeur dans le but d’engloutir les millions de litres d’eau d’un orage. La MEL et l’entreprise Caroni gèrent ce chantier destiné à lutter contre les problèmes d’inondations. Une installation identique à Tourcoing (sur le site sportif Melbourne), permet aux habitants des quartiers du Trichon à Roubaix, de Wasquehal (quai des Alliés) et Tourcoing (Blanc-Seau) d’éviter de se retrouver les pieds dans l’eau.
La cathédrale d’orage Photo Patrick James VDN
L’eau usée et l’eau de pluie jusqu’ici dévalaient tout droit jusqu’à la station d’épuration de Wattrelos, et débordaient du réseau d’assainissement en cas de trop fortes précipitations, Et c’est depuis le grand canal de 50 mètres de long, actuellement creusé depuis la rue des Arts, qu’elles seront détournées vers la cathédrale. Les eaux arriveront par le canal d’amenée puis rejoindront la cuve et ses équipements, capables de retenir les polluants.
Le nouveau bassin de rétention a été inauguré le mercredi 24 octobre 2018. Ce dispositif n’est pas sans rappeler l’existence d’un vivier au dix neuvième siècle qui a laissé son nom à la rue. C’était une sorte d’étang à l’orée de la ville qui a disparu avec l’urbanisation et les canalisations successives. Ainsi a-t-on renoué avec les pratiques du passé ?
Le stade
En septembre 2013, une école de football voit le jour à l’Épeule. Son nom : Académie football. Lancée à l’initiative de la Ville et de Roubaix Sport Culture, l’école de football labellisée par la Fédération Française de Football organise son premier stage pendant les vacances de Toussaint pour une équipe de 46 enfants âgés de 6 à 12 ans. Entraînements, tournois et jeux au programme, mais aussi une sortie au LOSC pour assister à la rencontre Lille/Auxerre. Les parents sont présents pour soutenir les activités, ce qui a permis selon André Lazaoui, président de l’académie, de faciliter la transmission des valeurs prônées par l’école de football, à savoir respect, travail, entraide et volonté de réussite. Valeurs incarnées par Jamel Haroun, responsable de la structure et connu du grand public comme le gardien de but de l’équipe de France de futsal. En Juin 2016, le directeur de Roubaix Sport Culture annonce que l’académie de football est sur le point de s’arrêter à cause d’un problème de subvention. L’action n’a pas été retenue dans le cadre du contrat de ville. À ce moment, cette académie de football occupe entre 80 et 100 enfants âgés de 6 à 8 ans.
Le stade Photo Hubert Van Maele VDN
Le 27 janvier 2017, la ville lance une concertation sur l’avenir du parc de Brondeloire. Au centre des débats, le terrain de football, toujours en piteux état. Cet équipement, mis en service en 2004 dispose d’un sol en gazon synthétique. La ville propose aux joueurs une rénovation a minima du stade, en attendant un projet beaucoup plus ambitieux dans le cadre de l’ANRU, qui traitera l’ensemble du parc du Brondeloire. Coût de l’opération : 350 000 euros. Malgré ce budget, on est loin d’un beau stade flambant neuf. Et les footballeurs, qui font tourner avec bien du mal l’Académie de football de l’Épeule, l’ont vite compris : « On a honte quand on reçoit les gamins des autres équipes ». La Ville propose de refaire la moquette, de la peinture dans les anciens vestiaires, et de poser des préfabriqués. Le complexe viendra ensuite avec l’aide de l’ANRU.
D’après les articles de presse de l’époque
ANRU : Agence nationale pour la rénovation urbaine
Jardins de traverse : 12 rue du Vivier 59100 ROUBAIX Blog : http://www.jardindetraverse.fr