Wattrelos possédait une dizaine de moulins sur son territoire, d’après le cadastre consulaire établi au début du XIXe siècle. Ils ont disparu les uns après les autres. En voici quelques-uns dont nous avons pu repérer la démolition.
L’emplacement du moulin Laloy, devenu Place du Moulin puis Place Roger Salengro CP Coll Particulière
C’est en Juillet 1890 que les travaux de démolition du moulin Laloy, antiquité de la commune, seront menés à bien. L’affaire attirera nombre de curieux qui s’attrouperont autour des ruines. Jules Alphonse Laloy, meunier de profession, vient tout juste de décéder, le 5 mars 1890. À quoi va être consacré l’emplacement du moulin ? La question a été abordée dès le mois de mai par le conseiller municipal Jean Baptiste Flipot qui a proposé à ses collègues de transformer l’endroit en place publique. Cette excellente idée a rencontré l’aval de ses collègues et l’assentiment de la population de Wattrelos. L’argumentaire est précis : plusieurs rues et non des moins fréquentées aboutissent au moulin Laloy et nul doute qu’une place à cet endroit deviendrait un des points les plus animés de la commune. Le vieux moulin se trouve en effet à l’aboutissement de la rue Traversière, de la rue du moulin, et du chemin vers le hameau Sainte Marguerite. De plus, il est question d’une nouvelle route du laboureur vers la Grand Place. La création de cette nouvelle voie (rue carnot) va singulièrement léser les habitants de la rue du moulin dans leurs intérêts. Leur accorder une place publique, où un marché pourra s’installer, serait une bonne compensation. Quelques jours ont suffi pour démolir l’ancien moulin. L’affectation de l’emplacement reste au coeur de toutes les conversations. On espère que les commissions municipales ne tarderont pas trop, allusion à la lenteur ordinaire de prise de décision des édiles wattrelosiens. Comme argument supplémentaire, on se plaint toujours qu’il n’y ait pas assez de place pour le marché ou les ducasses de la grand place. La nouvelle place du moulin pourrait ainsi venir compléter le dispositif avec bonheur. La décision est prise le 30 mai 18901.
Les dernières heures du Moulin Glorieux doc NE
En Août 1956, on démolit le moulin Glorieux, du nom de son dernier propriétaire. On pensait l’abattre trente ans plus tôt, mais la solidité des murs arrêta les démolisseurs. Il se trouve sur la frontière belge à quelques pas de la route nationale Lille Audernarde (rue Jules Guesde). Il figure sur le plan cadastral consulaire. Il était surnommé le moulin de la fraude, car les blés belges étaient introduits en France sans payer de droits. Également surnommé le moulin des trois sots, la légende expliquait que ses trois propriétaires avaient perdu la raison après avoir été ruinés. Haut d’une trentaine de mètres, il abrite encore les énormes meules de pierre qui servaient à écraser le blé. Un des pierres du moulin porte le millésime 1780, date à laquelle il fut construit par le famille Dumortier. L’une des filles épousa Étienne Glorieux dont la famille occupa le moulin jusqu’à sa fermeture intervenue à la fin du XIXe siècle. C’était l’un des plus beaux moulins de la région2.
Le moulin de la rue Négrier doc NE
Nous sommes en 1958. Un autre moulin va disparaitre. En juin, les démolisseurs vont s’attaquer à un moulin désaffecté situé derrière la droguerie du numéro sept de la rue Négrier, tenue par M. Bogard. Il était haut d’une trentaine de mètres et devenait un risque d’accident car ses briques se détachaient une à une. Déjà le toit n’existait plus. Bâti vers 1830, ce moulin servait encore d’abri pour le reposoir de la paroisse Saint-Maclou, et de nombreux oiseaux le visitaient régulièrement. L’entreprise tourquennoise de Fernand Leblanc, rue de Gand, se charge du travail.
Le moulin de la broche de fer Coll Particulière
Un dernier moulin subsiste à l’époque selon le journaliste, c’est celui qui se trouve sur le terrain de la ferme Gallois, à la Broche de fer3.
1D’après l’article Le moulin laisse la place, in Wattrelos fin de siècle Atemem éditions
2D’après l’article de Jean Lafrance Nord Matin d’août 1956
Football. Voici la liste des sociétés indépendantes chroniquées par le Journal de Roubaix. Sporting Club Roubaisien (rue de Lannoy 441) Standard Tourquennois, Iris Club Croisien, La Gauloise de Wattrelos (café Vincent Varasse), L’Ancienne de Roubaix, l’Amical Club Roubaisien (local rue rue du Collège 104) Etoile Sportive Roubaisienne (terrain rue du Luxembourg) Football Club Croisien, Etoile Sportive st Michel.
Lutte. Inscriptions pour le championnat amateurs et professionnels du jeudi 5 au dimanche 8 février chez M. Rousseau rue Watt, organisation la Renaissance Athlétique.
Cross Country. Le championnat du nord aura lieu le 15 février avec départ et arrivée sur la piste du RCR. Les engagements doivent être envoyés à M. Maurice Dubrulle 71 rue d’Alsace à Roubaix avant le mardi 10 courant. Le parcours comprendra une dizaine de kilomètres de routes relativement faciles. Droit d’entrée de 5 francs par équipe de 6 coureurs, dont quatre comptant pour le classement.
Course à pied au vélodrome Coll BNRx
Cross Country. La F.S.A.F (Fédération des sociétés athlétiques de France) a désigné le Club des Sports de Roubaix pour l’organisation d’une épreuve régionale de cross country réservée à tous les coureurs du Nord, du Pas de Calais et de la Somme. Elle sera courue le 22 février sur un parcours de 12 kms. Départ et arrivée au siège du Club des Sports de Roubaix, 17 rue de Wasquehal.
Escrime. La première réunion générale du Contre de Sixte s’est tenue en son local 47 rue du Moulin à Roubaix, Au Cercle des Sports. Cette jeune société compte déjà une trentaine de membres. Elle inaugurera sa salle par une brillante séance d’escrime avec le bienveillant concours des sociétés suivantes : l’Union Roubaisienne, le Contre de Prime, Le Contre de Quarte de Wattrelos, et les Reconnaissants.
Cyclisme. Les Vrais Pédaleurs de Wattrelos a organisé sa réunion générale en son local estaminet Walckens rue Jeanne d’Arc à Wattrelos. Renouvellement du comité : Président Émile Decottignies, Vice Président Henri Olivier, secrétaire Charles Waelckens, adjoint Léon Destobber, trésorier Henri Waelckens, porte drapeau Arthur Dumoulin, capitaine de route, Victor Goethals, lieutenant de route, Victor Duquenne, commissaires MM. Mercier, Colzaet, Lenain et Dedoncker, trompette Octave Crucke. La prospérité de cette société ne s’est jamais démentie, elle est composée d’une cinquantaine de membres, tous inscrits au Nord Touriste. Ils préparent un programme de fêtes et d’excursions qui ne manqueront pas d’attirer de nouvelles sympathies et de nouveaux adhérents.
Cyclisme. Extrait de l’Auto. La mort d’Henri Guérin. Ceux qui ne sont pas des premiers âges du cyclisme et qui n’ont pas été à Roubaix, ne peuvent pas savoir quel bon garçon et quel excellent cœur était Henri Guérin. Il avait passé de longues années dans le commerce cycliste à Paris puis il était devenu propriétaire du Café Moderne à Roubaix. Quand on aime les sports c’est pourt longtemps et dès que ses affaires le lui permettaient, Guérin s’occupait du Vélodrome et des Arènes. Ses réceptions aux coureurs parisiens étaient charmantes. Depuis quelques mois il était souffrant il est décédé à Epinay et sera inhumé à Montélimar.
le café Moderne à droite sur la photo coll BNRx
Football. Le Stade Roubaisien crée la surprise en battant l’Union Sportive Toruquennoise par 5 buts à 3. Cela ne change rien au classement, le Racing Club Roubaisien est champion du Nord de la région terrienne.
Tour de France à pied. Le marcheur roubaisien Camille Vion vient d’écrire de Langres, après avoir fait étape à Verdun, il annonce qu’il continue son tour de France en passant par le Jura et les Alpes.
Escrime. Le cercle d’escrime Le Contre de Quarte de Wattrelos donnera une grande fête d’escrime dans son local, chez M. J. Lestienne au débit de tabacs du Laboureur le 22 février à six heures. Pour faire partie de la société, s’adresser au local.
Escrime début du XXe siècle doc Wikipedia
Cross Country. Le championnat du Nord s’est couru hier devant deux cents personnes présentes sur le terrain. Le RCR en est sorti vainqueur talonné de près par l’Iris Club Roubaisien qui pour un début a fait un coup de maître. Classement individuel : 1er Honorez (RCR) 2e Millet (RCR) 3e Hanson (ICR). Classement général : RCR vainqueur avec 16 points devant l’Iris Club Roubaisien 25 points et l’Union Tourquennoise 44 points. Aussitôt après la course, a eu lieu la remise des prix, sous la présidence de M. Henri Lesur, vice-président du Comité Régional du Nord assisté de MM Dubrulle président de la Commission Régionale de Sports Athlétiques, Catteau, Petit et Flenniau, membres.
Escrime. La fête de l’Union Roubaisienne s’est déroulée dimanche en son local au Café des Arts chez M. Duhamel, angle des rues des Arts et des Fleurs sous la présidence de M. Théodore Willem. Une foule nombreuse a applaudi les divers numéros d’un programme varié de boxe, canne, de lutte. Une section symphonique le Musical Club s’est fait entendre et applaudir.
Combat de cannes site CNCCB
Football. La finale du championnat du Nord entre terriens et maritimes se déroulera en deux manches, la première le 8 mars à Boulogne sur mer, entre l’Union Sportive de Boulogne et le Racing Club Roubaisien. Retour à Roubaix, date à déterminer.
La teinturerie Declercq est l’une des premières à utiliser un camion et Oswald figure en 1927 dans l’annuaire des grands cercles et du Grand Monde (Cercle de l’Union, Jockey-Club…) Manifestement la famille Declercq est une famille qui compte et la teinturerie fonctionne à plein régime même si Oswald a préféré cesser l’activité de teinture pour ce consacrer à l’apprêt.
Côté vie privée Oswald a épousé Aldegonde Screpel avec laquelle il occupe la maison d’habitation bâtie dans l’enceinte de l’usine et occupée auparavant par Napoléon Paul et son épouse Céline Roussel. Ils ont une voiture avec chauffeur et lorsque celle-ci le ramène à la maison, le chauffeur continue alors jusqu’au garage situé au cœur de l’usine. Là une plaque tournante lui fait effectuer un demi-tour afin qu’elle soit garée dans le bon sens pour sa prochaine sortie.
Photo d’un camion avec les chauffeurs en attente dans la rue (Document Famille Declercq)
Un important mouvement de grève se développe en France au lendemain de la victoire du Front populaire aux élections de mai 1936 : les ouvriers occupent leurs usines et s’organisent tandis que le pays est paralysé.A la mi-juin 1936, le Grand Echo du Nord de la France annonce un très important mouvement de reprise du travail dans les différents établissements en grève de l’agglomération lilloise et notamment la fin de la grève et la reprise du travail de 80 ouvriers à la teinturerie Declercq à Hem.
La teinturerie est reprise ensuite par Oswald fils, né en 1901, quand son père la lui cède après avoir racheté les parts de tous les autres membres de la famille et petits actionnaires. Elle devient sa propriété unique en 1943 et compte alors jusqu’à 162 ouvriers.
Photo d’Oswald fils (Document famille Declercq)
Pendant la 2ème guerre, l’usine continue à fonctionner comme en témoigne une facture de 1940. Le pont d’ Hempempont et, par voie de conséquence les riverains subissent également des destructions. Une facture de 1946 montre que l’entreprise survit à la guerre et continue à travailler dans l’immédiat après-guerre.
Destruction au niveau du pont pendant la seconde guerre (Document collection privée)Factures de 1946, 1949 et 1952 (Documents Historihem)
Oswald a épousé Marthe Cottaz et vit dans la maison de maître située à droite de l’accès à l’usine avec leurs 2 fils : Philippe né en 1933 et Alain né en 1937 et leurs 2 filles Nicole et Janick. Son père emmène Alain très tôt dans les ateliers car il est passionné par la mécanique.
La maison de maître habitée par la famille à côté du pont et juste à droite de l’entrée de l’usine (Documents collection privée et famille Declercq)
C’est ainsi que ce dernier commence à travailler très jeune dans l’usine, à l’âge de 17 ans. N’étant pas très scolaire il apprend à souder avec les ouvriers de l’entreprise et se fabrique un karting avec lequel il se rend de son domicile rue de la Tribonnerie jusqu’à l’usine d’Hempempont.
Alain sur son karting (Document Carnets de Cheminée)
(Sur le sujet du domicile voir l’article paru sur notre site sous le titre : Famille Declercq, 28 rue de la Tribonnerie).
Puis il se forme au métier sur chacune des machines de l’entreprise, afin de pouvoir obtenir par la suite des responsabilités. Ainsi il parvient, comme son père, à remplacer les ouvriers malades ou absents et à relancer la production sur différentes machines. A la mort de son père il reprend donc l’affaire avec son frère Philippe qui a fait l’ITR (Institut Technique Roubaisien).
Photo d’Alain et Philippe Declercq (Documents famille Declercq)Photo aérienne de l’usine en 1962 (Document IGN)
Après la mort d’Aldegonde en 1964, c’est Philippe et son épouse Mariam qui élisent domicile dans la belle maison d’habitation située rue de Croix, et ils y résident jusqu’à la vente de l’entreprise en 1991. Oswald fils quant à lui vit avec Marthe dans la maison de la rue de la Tribonnerie.
Dans les années 1970, l’entreprise devient la Société Nouvelle Declercq Frères et pratique uniquement l’apprêt de tissus de laine mixte ou imitation ainsi que divers traitements comme le calandrage, le tondage et le rasage des tissus.
Philippe s’occupe alors principalement des finances et gère l’aspect commercial et Alain quant à lui supervise tout ce qui est mécanique et le suivi du traitement des tissus. Les 2 frères gèrent l’entreprise « en bons pères de famille » et tout se gère en interne sans intervention extérieure ni syndicat.
Facture société nouvelle Declercq frères (Document Historihem)Plan de l’usine (Document famille Declercq)Un salarié sur sa machine (Document famille Declercq)
Les salariés sont alors au nombre de 120 et chacun a une machine attitrée mais Alain peut se substituer à l’un d’eux en cas de besoin afin de faire en sorte que la production ne s’interrompe pas. Puis des machines modernes sont achetées et fonctionnent en continu, entraînant un besoin en personnel moindre. Les départs en retraite et autres ne sont donc plus remplacés et l’effectif tombe à 60 personnes.
L’entreprise est alors revendue en 1991 à une société qui a d’abord racheté tous ses clients. Il s’agit du Groupe Chargeurs, une entreprise française, qui œuvre dans la protection temporaire de surfaces, l’entoilagepour l’habillement, les textiles techniqueset la laine peignéehaut de gamme.
A compter de la même année, Philippe Declercq quitte l’entreprise et la maison d’habitation datant du 19ème siècle et ayant abrité jusqu’alors la famille Declercq. C’est le nouveau directeur nommé par le groupe qui s’y installe avec sa famille.
Si une nouvelle direction est installée dans l’usine Alain Declercq y reste néanmoins jusqu’à sa retraite en 1997 en qualité de salarié. Il réalise la jonction entre la nouvelle direction et le reste du personnel. Après son départ la teinturerie Declercq fonctionne encore environ 2 ans avant que la petite quarantaine de salariés restants soient licenciés et les machines revendues à l’étranger. L’usine est alors complètement vidée et présente un spectacle de désolation.
Photos d’ateliers (Documents famille Declercq)
Désamiantée à l’initiative de la famille, toujours propriétaire des murs, elle est mise en vente mais la MEL exerce son droit de préemption en 2001. L’usine reste alors en friche pendant de nombreuses années, jusqu’à ce qu’un acheteur soit trouvé en 2013 pour le terrain sur lequel va se construire un projet immobilier.
Le projet, confié au cabinet Trace Architectes, prévoit à la fois des résidences d’appartements (une cinquantaine de logements au total), mais aussi des espaces verts et des commerces sur 700 mètres carrés (par cellule de 150 mètres carrés chacune)
Projet Jardins de la Marque (Document site internet)
Auparavant la MEL et la ville de Hem décident de tout raser, sauf la cheminée qui est classée. La première phase commence par la démolition de l’ancienne demeure construite sur le site, laquelle est atteinte par la mérule, a été squattée et vandalisée depuis le départ de son dernier occupant en 1999, et n’entre pas dans le projet immobilier .
La demeure dans les années 1970 côté façade et côté jardin (Documents Famille Declercq)Démolition de la maison de maître sur la friche en 2013 (Documents Famille Declercq)
Pourtant le site industriel quant à lui, contaminé par les métaux lourds et hydrocarbures, de par son passé industriel doit passer par une phase de dépollution. Ce n’est qu’ensuite que peut commencer la phase de démolition proprement dite qui se produit en 2015, les pelleteuses épargnant seulement la cheminée, intégrée au futur projet.
Enfin en 2016, la première pierre des jardins de la Marque est posée, les 4 bâtiments de 3 étages doivent comporter des logements sociaux. Une micro-crèche est également prévue au pied de la cheminée. Quant aux commerces un caviste et des commerces de bouche sont pressentis.
Pose de la première pierre (Document ville de Hem)
Actuellement en lieu et place de l’ancienne teinturerie, on trouve donc une petite zone commerciale variée et agréable. La cheminée a été conservée et s’est fondue dans le nouveau paysage, servant de vigie à la micro-crèche ouverte sur le site. Le long de la rue du général Leclerc l’ancien mur de briques a été conservé.
La zone commerciale Biocoop et boucherie Lesage (Documents site internet)La crèche au pied de la cheminée et le mur conservé (Documents site internet)
Des appartements sont disséminés côté rue Leclerc et côté Marque, environnés de verdure. Il s’agit de petits blocs de faible hauteur (2 étages) qui assurent à leurs habitants un cadre verdoyant et paisible. Les photos aériennes des années 2009, 2018 et 2022 nous montrent clairement l’évolution du site qui d’industriel devient résidentiel.
Résidences d’appartement (Documents Trace Architectes)Photos aériennes de 2009, 2018 et 2022 (Documents IGN et Google Maps)
Remerciements à Alain et Laurent Declercq, à la ville de Hem, l’association Historihem ainsi qu’à André Camion et Jacquy Delaporte pour leurs ouvrages Hem d’hier et d’aujourd’hui et Jacquy Delaporte, Christian Teel et Chantal Guillaume pour leur bande dessinée Au Temps d’Hem, Paul Delsalle pour son ouvrage Histoire de la vallée de la Marque et Robert Hennart pour sa promenade en Pévèle Mélantois
Les ateliers et le point de vente en 1910 (Documents collection privée)
Anne-Marie Reboux-Hottiaux, épouse d’Alfred, est journaliste au Journal de Roubaix dès 1889. Elle reprend la direction du quotidien à la mort de son mari en 1908. En 1911, à l’Exposition Internationale du Nord de la France, le Journal de Roubaix occupe un stand, hors concours, en qualité de membre du jury.
Stand à l’exposition de 1911 (Document collection privée)
Si, durant l’occupation, pendant la première guerre, Mme Reboux-Hottiaux doit cesser l’activité les ateliers ayant été vidés de leurs machines neuves par l’occupant, elle la reprend dès le départ des allemands avec des moyens de fortune : composition à la main et presse à bras.
Les bureaux et les ateliers en 1914 avec leur matériel neuf puis vidés de leurs rotatives par l’occupant (Document SER et collection privée)Photo de Mme Veuve Reboux-Hottiaux (Document SER)
Après-guerre, le Journal de Roubaix décide de concurrencer Le Grand Hebdomadaire Illustré, en faisant paraître, avant sa réapparition, Le Dimanche de Roubaix-Tourcoing, son nouvel hebdomadaire illustré, dès le 5 janvier 1919. Ces journaux hebdomadaires, présents jusqu’à la seconde guerre mondiale constituent une source remarquable de documentation sur l’entre-deux-guerres.
En-tête du Dimanche de Roubaix-Tourcoing et d’une enveloppe de l’hebdomadaire (Documents BNR et collection privée)
Dès 1920, prenant en compte le fait que près de 100.000 ouvriers belges passent chaque jour la frontière pour travailler dans l’industrie textile de Lille-Roubaix-Tourcoing, Anne-Marie Reboux procède à l’extension du Journal de Roubaix outre Quiévrain. L’édition belge est créée à Mouscron.
Elle fait également partie du comité de 27 membres sous le patronage duquel se trouve placée la première section de journalisme, placée sous la double tutelle des facultés libres de droit et des lettres, qui ouvre ses portes à Lille en 1924. C’est l’Eglise qui a choisi Lille pour l’ouverture de la première école de journalisme de la presse catholique.
En 1925, Mme Reboux sollicite un permis de démolir les écuries, magasins et bureaux, situés aux n°69 et 69 bis et de modifier le n°67 afin de construire une extension de l’immeuble sis au n°71. Dès lors la façade du journal de Roubaix s’étend du 65 au 71 de la Grande-Rue et l’immeuble comporte un hall public, une galerie d’exposition et une nouvelle façade.
Plans des aménagements conçus en 1925 (Documents archives municipales)Photo de la nouvelle façade dans la 2ème partie des années 1920 (Document collection privée)
L’intérieur abrite derrière le Hall Public le bureau de la publicité, à gauche du Hall la galerie d’attente et à l’arrière la galerie d’exposition et à sa droite le bureau de comptabilité. Il existe une salle de rédaction et des bureaux au rez-de-chaussée et une salle de rédaction à l’étage. L’imprimerie quant à elle se trouve dans un bâtiment à l’arrière n’ayant pas façade sur le Grande-Rue et l’atelier des linotypes est refait en 1930. Enfin en 1936, c’est la maison située au n°73 qui sera rachetée par la société des journaux réunis, démolie et remplacée par un mur qui prolonge celui du n°71.
Plan de l’intérieur du bâtiment ayant façade sur la Grande-Rue au rez-de-chaussée et à l’étage en 1925 (Document archives municipales)
Journaliste engagée, Anne Marie Reboux- Hottiaux participe par ailleurs à nombre d’oeuvres de bienfaisance. Elle est faite Chevalier de la Légion d’Honneur en 1923 et recevra de nombreuses autres distinctions jusqu’à sa mort en décembre 1934, date à laquelle elle était encore propriétaire et directrice du Quotidien lancé par son mari.
A la tête du journal elle ne s’est pas contentée de continuer l’oeuvre de celui-ci mais a donc contribué à son extension n’hésitant pas à démarcher les clients de ses concurrents comme on le constate dans un courrier de 1926 et multipliant les publicités pour son quotidien comme son hebdomadaire avec un calendrier édité en 1933.
Lettre de démarchage du client d’un concurrent en 1926 (Document collection privée)Calendrier publicitaire de 1933 (Document collection privée)
Dans le Grand Almanach Illustré du Journal de Roubaix, sont également multipliées les publicités pour le quotidien au travers d’articles très divers contribuant à son évocation. On peut entre autres citer un article sur Adolphe Verdonck, aveugle de naissance, qui tient un kiosque sur la Grand Place de Wattrelos où il vend le Journal de Roubaix, la chienne qui fume qui allait livrer le quotidien pour son maître Jean Dirick, marchand de journaux, ou encore cinquante exemplaires du journal livrés aux abonnés de Casablanca par Robert Dumont, un jeune aviateur roubaisien.
Adolphe à son kiosque (Document Grand Almanach Illustré du Journal de Roubaix) La chienne qui fume (Document Grand Almanach Illustré du Journal de Roubaix) Livraison au Maroc par une jeune aviateur roubaisien (Document Grand Almanach Illustré du Journal de Roubaix)Maurice Vanhove lisant le journal de Roubaix à Bizerte en Tunisie en 1929 pendant son service militaire (Document Patrick Vanhove)
En janvier 1928, Anne-Marie Reboux a la douleur, après avoir perdu sa fille, de perdre subitement son fils Jean, rédacteur en chef du journal qu’il l’aidait à diriger. Ses obsèques ont lieu en l’église Saint-Martin sur la Grand Place de Roubaix et font l’objet d’une première page dans le Dimanche de Roubaix-Tourcoing du même mois.
Le char funèbre portant les couronnes est entouré d’une foule, famille, personnel du Journal de Roubaix et diverses personnalités, venue rendre hommage au défunt et de multiples discours sont prononcés par des personnes publiques telles qu’Eugène Motte, ancien député maire de Roubaix.
Le char funèbre (Document Le Dimanche de Roubaix-Tourcoing)Le personnel du journal, la famille, le discours d’Eugène Motte (Document Le Dimanche de Roubaix-Tourcoing)
Après la mort de Mme Veuve Reboux en 1934, c’est son petit-fils Jacques Demey, fils de sa défunte fille, qui reprend la direction du quotidien. Le journal de Roubaix est alors domicilié d’après le Ravet-Anceau de 1937 du n°63 au n° 71 de la Grand-rue.
Mais en 1940, après l’invasion de l’armée allemande les quotidiens de la région lilloise laissent la place mi-Mai à un organe unique de 4 pages intitulé La Croix- La Dépêche- Grand Echo- Le Réveil- Journal de Roubaix, imprimé sur les presses du Grand Echo.
Le quotidien de la famille Reboux ne ressuscite qu’en janvier 1941, après que son directeur Jacques Demey, de retour dans le Nord, obtient la caution morale du cardinal Liénart, soucieux de la présence d’un journal catholique pour la population du département. L’année suivante le Journal de Roubaix atteint un tirage de 90.000 exemplaires et sa direction travaille déjà à la préparation d’un nouveau quotidien.
Lettre de Jacques Demey à la société des journaux réunis en novembre 1943 (Document la Presse du Nord et du Pas de Calais au temps de l’Echo du Nord)
En 1944, la direction politique des quotidiens lillois, sur décision de l’occupant, est confiée à des journalistes débarqués de Paris. C’est M.Tulliez qui est affecté au Journal de Roubaix mais en fait, comme les autres directeurs en place, il est confiné à un simple rôle d’administrateur. Dès le mois d’août, les allemands écartent définitivement les 3 directeurs lillois et nomment leurs hommes liges commissaires à l’information.
A la libération, ce sont les démocrates chrétiens qui récupèrent Le Journal de Roubaix en la personne de Jean Catrice. Un nouveau titre est recherché et l’accord se fait sur Nord-Eclair qui sera géré par la nouvelle équipe qui l’a préparé et ne risque donc pas d’être accusée de compromission avec l’ennemi, n’ayant rien publié sous l’occupation.
A suivre dans un prochain article intitulé « Nord-Eclair ».
Ferdinand Derasse est né en 1881.Il est propriétaire d’un magasin à Tournai : « La vierge Noire », célèbre commerce de vêtements, draperies, lainages et soieries.
La vierge noire ( document famille Derasse )
Au début des années 1900, il se rend à Roubaix pour rejoindre son frère Amédée, arrivé en 1898. Il s’installe à son compte en tant que maître tailleur au 243 rue Decrême.
le 243 rue Decreme de nos jours ( photo BT )Ferdinand Derasse ( document famille Derasse )document famille Derasse
Ferdinand se marie et a trois enfants : Clémence née en 1913, Fernand né en 1914 et Albert né en 1927
Clémence se marie avec Jules Leclerc qui est tailleur sur la Grand Place de Reims. Albert se dirige vers une carrière en banque. Fernand travaille avec son père, devient apprenti et s’installe ensuite également à son compte, au 26 rue de Beaurewaert.
Au rez de chaussée de cette immense maison, se trouvent l’habitation et un salon de réception pour que les clients puissent essayer leur costume sur mesure. Les chambres sont à l’étage. L’atelier très vaste, se trouve au fond de la cour, dans lequel on trouve les tables de travail mais également 5 à 6 machines à coudre professionnelles. Fernand embauche trois ouvriers, et fait travailler des personnes à l’extérieur à domicile, pour des travaux de couture sur des pantalons.
Fernand Derasse est particulièrement doué pour la création de costumes pour hommes. Pendant la période d’après guerre, les usines textiles sont à l’arrêt, les tissus sont rares et les roubaisiens ont peu d’argent. Fernand est ingénieux : il est le premier tailleur à récupérer des costumes usagés pour les retourner sur l’envers et leur donner une seconde vie.
Comme son père, Fernand est passionné par son travail. Il crée des costumes, des modèles sur patrons. Sa quantité de travail ne l’empêche cependant pas de se distraire, en effet Fernand a la réputation d’être un bon vivant.
Publicité 1974 ( document Nord Eclair )
Dans les années 1960, une partie de la rue de Beaurewaert ( qui fait partie du quartier des Longues Haies ) est rasée. Fernand, exproprié, décide donc de s’installer un peu plus loin au 151 de la rue Jules Guesde à deux pas de la rue de Saint Amand.
le 151 rue Jules Guesde de nos jours ( photo BT )
Fernand a trois enfants : Francis, Michel et Bernard. Francis s’installe artisan-tailleur à Mouscron, Michel devient directeur chez Mr De Fursac et installe des unités de production. Bernard, quant à lui, devient comédien à la Comédie Française et effectue de nombreux voyages en particulier au Canada.
Fernand Derasse cesse son activité dans les années 1980 – Ci-dessus, photo des années 1990 ( document famille Derasse )
Malheureusement, comme de nombreuses professions, les tailleurs disparaissent peu à peu suite au développement des magasins de prêt-à-porter. D’après le Ravet Anceau, on dénombre 189 artisans-tailleur en 1928 à Roubaix. Ils ne sont plus que 54 en 1968, et ont pratiquement tous disparu à ce jour.
L’avis de la population est jugé nécessaire avant de soumettre le problème au conseil municipal. Un référendum se tiendra donc le dimanche 18 de 8 heures à midi, les mardi 20, mercredi 21, jeudi 22, vendredi 23, samedi 24 de 8 heures à midi et de 14 h à 18 h ainsi que le dimanche 25 de 8 h à midi. Une urne sera prévue à la mairie rue de Lys pour recevoir les bulletins.
Mairie de Leers rue de Lys Doc Familiale
Le résultat du référendum pour ou contre la restauration de l’édifice est le suivant. Sur 53 % de votants, la moitié de la population, une majorité de 76 % répond favorablement. Les travaux débuteront la même année et se termineront en 1975.
Le moulin rénové doc coll familiale
C’est le premier moulin d’une longue série qui retrouve ses ailes le 15 janvier 1975. Une superbe fête d’inauguration a lieu le 13 juin 1976. On ne peut qu’applaudir à cette heureuse initiative, le moulin ainsi restauré devenant le lieu de promenade des leersois, et la curiosité touristique de la région. Le patrimoine local s’enrichit de l’unique représentant de ces moulins qui furent si nombreux dans la région.
à suivre
Sources : journaux Nord Matin, Nord éclair, site http://chemin.eklablog.net/le-moulin-de-leers-
Au début du siècle, l’actuelle rue du Général Leclerc à Hem comporte essentiellement , côté pair, des maisons jusqu’au numéro 28 . Plus loin, en partant du centre ville, il n’y a encore que des champs, comme le montre une carte postale des années 1900 de la rue Poivrée (ou rue de Lille), prise en regardant vers le centre.
L’atelier Nord-Vélo au premier plan à gauche et la même maison à la limite des champs au début du siècle avec une enseigne Cycles sur le pignon (Document Hem Images d’hier)
Le bâtiment sis au n° 28 abrite alors un atelier de construction mécanique, Nord-Vélo, qui fabrique des bicyclettes. Puis dans les années 1930, apparaît au n° 30 un garage à l’enseigne « Bifur-Garage » comme en témoigne une photo de 1936. Son nom commercial est dû à la proximité du carrefour d’ Hem Bifur reliant la rue de Lille et la rue de Lannoy (actuelle rue Jules Guesde). Il fait également station service Antar pour les motocyclettes.
Le Bifur-Garage en 1936 (Document Historihem) et le garage Duquesne de nos jours (Document Google Maps)La plaque rivetée du garage à l’époque (Document Duquesne)
C’est dans le Ravet-Anceau d’après guerre, en 1947-49, que l’on voit apparaître pour la première fois le nom d’ Emile Duquesne au 30 de la rue de Lille (actuelle rue du Général Leclerc) à Hem. L’ancienne enseigne Bifur-Garage n’est plus mise en valeur bien qu’elle apparaisse encore sur les factures et l’on parle dès lors plus sobrement du garage Duquesne.
Ancienne publicité (Document Historihem) et en-tête d’une ancienne facture (Document Duquesne)
Une ancienne publicité permet de constater que, s’il représente les marques automobiles Chenard et Walker, il assure les révisions et réparations de voitures toutes marques, la mécanique auto et le graissage par pression.
Voitures Chenard et Walcker années 1920 (Documents Hprint et Wikipedia)
Après guerre, comme en témoigne un vieux registre de copies de lettres, le garage entretient les véhicules de l’entreprise Meillassoux et Mulaton, sise un peu plus loin dans la rue de Lille, de l’entreprise Declercq Frères, autre Teinturerie de la rue mais située à l’extrêmité de celle-ci à Hempempont, ainsi que ceux d’ Emile Delmet, ancien maire de Hem de 1929 à 1935.
Vieux registre de l’établissement (Documents Duquesne)
Ce n’est que dans les années 1950 que le garage d’ Emile Duquesne est également répertorié dans les Ravet-Anceau, à la rubrique Station-Service Antar. Le garage fait station service jusque dans les années 1980, à une époque, pas si lointaine, où de nombreuses stations d’essence sont encore installées en centre ville.
Publicité de 1966 (Document Nord-Eclair)
Dans les années 1960, le garage Duquesne est devenu une agence Peugeot et emploie les 2 fils d’Emile : Gérard et Jean-Claude, comme mécaniciens. Il vend des véhicules neufs et achète et revend des voitures d’occasion au besoin en montant un dossier de crédit. En 1966, sa publicité propose à l’essai les 204, 403 et 404.
Extrait du Registre d’Entrées et Sorties du Personnel de l’époque (Document Duquesne)Modèles 204, 403 et 404 (Document petites observations automobiles, caradisiac et news d’anciennes)
Au départ à la retraite d’Emile, Gérard et Jean-Claude lui succèdent naturellement à la tête du garage. Tout comme Emile et son épouse Agnès au début, leur fils aîné Gérard et son épouse Nadine habitent au n°30 qui est alors toujours une maison d’habitation pourvu d’un petit hall d’exposition à gauche de l’entrée du garage, pendant que Jean-Claude est logé avec sa famille au n°28, le 26 abritant alors Emile et son épouse.
Dans les années 1970 et 1980, les publicités dans le journal sont fort nombreuses et vantent chaque nouveau modèle de la marque Peugeot. Au fils des années chaque gamme fait ainsi l’objet d’une présentation à la clientèle sur une journée spécifique avec essais des nouveaux véhicules.
Publicités des années 1970 (Documents Nord-Eclair)Publicité de 1970 (Document mémento public CIT de la ville de Hem) et de 1982 Peugeot-Talbot en commun avec le garage Lescouffe (Document Office d’Information Municipal de Hem)
En juillet 1994, au décès de Gérard suivi de la retraite de Jean-Claude, c’est Stéphane qui reprend l’affaire avec son épouse Valérie. Tous deux habitent d’abord sur place puis dans les années 2000, il refont un superbe hall d’exposition avec un bureau en enfilade là où se situait le rez-de-chaussée de l’habitation, tandis qu’à l’étage ils installent 2 appartements à louer.
Dans les années 2000, les publicités continuent à se succéder dans la presse locale mais une opération commerciale particulière a également lieu en 2003, avec l’association des « commerçants d’Hem j’aime », dans le cadre des 10 jours du commerce, au cours de laquelle le bulletin du couple Lecollier, tiré au sort, leur permet de gagner une journée en 206 neuve ainsi que bien d’autres cadeaux toute la journée chez une quinzaine de commerçants de la ville.
Publicités de 2000 et photo de la remise des clefs de la 206 par Stéphane Duquesne en 2003 (Documents Nord-Eclair et Guide Pratique Tout en Un de la municipalité de Hem en 2000)
A l’heure actuelle le garage est toujours un agent Peugeot et vend toujours des voitures neuves et d’occasion tout en assurant la maintenance et l’entretien des véhicules. Il réalise tous travaux de mécanique et d’électricité sur toute automobile et occupe une surface totale de 1351 mètres carrés.
Logos du garage Peugeot (Document logos internet)Photos de façade du garage en 2008 et 2020 (Documents Google Maps)
Le garage d’origine est toujours en fonction au niveau de l’atelier, avec son sol de pierre bleue. A droite on voit encore l’emplacement de l’ancienne fabrique de vélos qui allait jusqu’au fond, dans lequel est installée la nouvelle cabine de peinture. A droite à l’entrée se trouve l’emplacement de l’ancienne cabine de peinture et au fond à gauche, après les ponts élévateurs, l’ancien bureau.
Photos de l’intérieur du garage (Document photo IT)
Dans la salle de droite qui correspondait donc initialement au n °28, se trouve une issue de secours qui donne sur des garages à louer dont l’entrée se situe dans la rue Victor Hugo. Il s’agissait auparavant sur cet emplacement de jardins ouvriers.
Plan cadastral parcelles 184 n°28 et 185 n°30 (Document cadastre)Les garages donnant sur la rue Victor Hugo (Document photo IT)Photo aérienne de 1962 (Document IGN)
Pendant près d’un siècle trois générations de Duquesne se sont donc succédées à la tête de cette entreprise emblématique du Centre Ville de Hem.
Témoignage : « En tant que cliente du garage Duquesne depuis une quarantaine d’années, j’ai toujours apprécié le contact avec Stéphane et Valérie, au service de leur clientèle. La compétence et le sérieux de Stéphane dans son travail permettent une entière confiance pour les travaux à réaliser sur les véhicules qui lui sont confiés. »
Remerciements à la ville de Hem, l’association Historihem, Valérie et Stéphane Duquesne ainsi qu’à Joelle Lepers.
Le 28 février 1983, on procède à la pose de la première pierre du centre d’éducation permanente wattrelosien et on inaugure la salle de jeux traditionnels. C’est Noël Josephe Président du Conseil Régional qui vient pour l’occasion. Alain Faugaret Maire de Wattrelos, marque le coup : Wattrelos s’engage dans le modernisme mais reste fidèle à ses traditions.
La pose de la première pierre Doc NE
L’office municipal d’éducation permanente a été créé en 1981, avec comme but d’améliorer les connaissances et la qualification de la population. De septembre à décembre 82, vingt deux stages de formation ont été effectués dans les domaines les plus divers, concernant plus de cinq cents personnes. De nouveaux locaux plus importants sont jugés nécessaires, d’où la décision de construire. Cout de l’opération, deux milliards de francs, 540 millions de francs au Conseil Régional, le reste financé par la Caisse d’épargne sous forme de prêt.
Les pistes de bourles doc VDN
La salle des jeux traditionnels, inaugurée le même jour, est un équipement à deux étages, très clair, très chaud. C’est une bien jolie réalisation avec ses poutres de bois. Pour Marcel Buyck, président de la Fédération wattrelosienne de bourle, ce jour est historique. Cette bourloire permettra de maintenir le jeu de bourle pour un demi siècle et au-delà. Il rend hommage à l’action de M. Rucquoy adjoint aux sports.
Noël Josephe reçoit la grande plaquette d’honneur de la ville et rend hommage au dynamisme de Wattrelos, ville phare dans sa recherche en matière d’éducation et de formation permanente.
Vue de la bourloire doc Office du Tourisme
L’engouement pour le jeu de bourles ne s’est pas démenti. Une fois par mois, l’Office de tourisme de Wattrelos donne rendez-vous à la Maison des jeux de tradition, en plein parc du Lion, juste en face de la ferme. L’objectif : initier à un jeu typique de la métropole très connu aux XIXe et XXe siècles, la bourle. Tous les vendredis, samedis, dimanches (sauf en mars et avril) et lundis à partir de 15 h 30, on peut avoir accès aux pistes de la bourloire du parc du Lion (gratuit, une consommation au bar) sur réservation. Contact : Maison des jeux de tradition au 03 20 83 72 76.
Emile Rosez naît à Langemarck en Belgique Flamande le 18 février 1862. Après de brillantes études, il devient d’abord courtier en assurances à Gand puis ses bons résultats l’amènent rapidement à devenir agent général pour les Assurances Vie & Incendie ANTVERPIA, grande compagnie d’assurance en Belgique fondée vers la fin du XVIII siècle à Anvers par Charles Jean Michel de Wolf (1747-1806), et longtemps dirigée au XIX siècle par le Baron Pierre Joseph de Caters (1769-1861) à Anvers.
Parfaitement bilingue, ambitieux et visionnaire, Emile Rosez désire soumettre en 1890 à la Direction de ANTVERPIA basée à Sint Mariaburg en banlieue d’Anvers, son projet de conquérir une ville francophone prospère et en pleine expansion économique grâce au textile, celle qui fût en 1900 la ville la plus riche de France, Roubaix !
Le projet accepté, validé et financé par la Direction Flamande de ANTVERPIA, il se mit en quête d’une jolie petite demeure Roubaisienne, proche du Centre-Ville et de la Mairie, en plein coeur du quartier abritant les plus grandes et illustres familles roubaisiennes afin de signer les plus beaux contrats d’assurances.
Ce sera le Trichon, avec ses fameuses rue et place du même nom, abritant les halles et son Marché aux poissons aujourd’hui disparu.
Publicité 1901 ( document Gallica )
C’est en fin d’année 1893 qu’il emménage à Roubaix, avec sa femme Julie née Cardoen, et leur petite fille Martha âgée d’à peine 6 mois, au 18 rue des Fleurs, aujourd’hui rebaptisée rue Rémy Cogghe.
Le 18 rue des fleurs en 1904 ( document collection privée )
Emile Rosez commence à prospecter les entreprises textiles de la région de Roubaix et Tourcoing, et signe rapidement de nombreux contrats pour la Compagnie d’Assurances ANTVERPIA.
Emile Rosez ( document T. Rosez )
Sa famille s’agrandit d’un premier fils Octave en 1895 et huit autres naissances suivront jusqu’en 1906 : sa famille devient nombreuse. Les affaires sont florissantes et il faut absolument embaucher du personnel supplémentaire. La Direction d’ ANTVERPIA Belgique lui donne carte blanche et il investit alors dans une vaste demeure pour y déménager sa famille et ses bureaux en 1907, au 31 rue du Trichon. Il est alors nommé Directeur Général pour la France.
Antverpia au 31 rue du Trichon en 1914 ( document collection privée )
Fort de sa notoriété, récompensé de ses efforts, et alors que ses agents et inspecteurs travaillent sur la région, il décide de s’attaquer à un autre marché : l’Algérie ! Etat sous gérance française, ce pays est alors investi par les entrepreneurs et industries de la France, pour y bâtir toutes les infrastructures modernes du XX siècle ! Réseaux routiers, gaz électricité, usines et bâtiments, il faut absolument que nos compatriotes, travailleurs et investisseurs français expatriés puissent y trouver des assurances !
Il s’y engage de toute sa volonté, crée un réseau au-delà de la Méditerranée, puis est nommé Directeur Général pour la France et l’Algérie.
Antverpia au 31 et 33 rue du Trichon ( document collection privée )
Les affaires et le nombres d’employés grandissant, le manque de place se faisant déjà cruellement sentir, il investit la maison voisine au 33 rue du Trichon peu de temps plus tard.
L’immeuble de la rue du Trichon de nos jours ( Photo BT )
Le développement s’accentue chaque année. Sa grande famille est forte de 9 enfants dont 5 garçons ( Martha, Octave, Nestor, Blanche, Abel, Elie, André, Agnès, Jenny ) nés entre 1895 et 1906, qui deviennent adolescents autour de l’année 1915. Les employés sont également de plus en plus nombreux, il est absolument nécessaire de trouver d’autres locaux beaucoup plus vastes et prestigieux, d’autant que l’image de ANTVERPIA, grâce à Emile Rosez, entretient une réputation internationale.
La façade du 4 rue du Maréchal Foch ( document collection privée )
L’occasion se présente en 1928, lorsque l’Hôtel Particulier du 4 rue Neuve (aujourd’hui rue du Maréchal Foch) qui abritait la Banque du Rhin se libère. Cette immense bâtisse de 290 M2 au sol et sur 4 étages, était autrefois la propriété de Mme Vve Masure-Wattine.
Une partie de la famille avec les enfants les plus jeunes, ainsi que les bureaux y déménagent définitivement après quelques travaux d’aménagement en 1931 : logement de la Direction aux étages, construction d’une salle d’archives, d’un garage automobile, d’une buanderie et transformation de la loge du concierge avec création d’un étage.
Emile Rosez dans son bureau et photo de la cheminée qui existe encore de nos jours ( document et photo T. Rosez )
Déjà majeurs ou en couple, d’autres enfants restent au 31 rue du Trichon, devenu 31 et 31 bis séparant l’habitation d’un bureau-domicile loué à Mr Robyn, pour quelques années, lequel est assureur indépendant pour le compte de la compagnie d’assurances ANTVERPIA France.
Les cinq garçons du couple fondateur : Octave, Nestor, André, Elie et Abel travaillent avec leur père Emile Rosez.
Octave, André, Elie et Abel travaillent au siège de la rue du Maréchal Foch. Nestor reste assureur au 33 rue du Trichon.
À suivre . . .
Remerciement à Tanguy Rosez, et à Charlyne Dilullo, ainsi qu’aux archives municipales.
La boucherie Dekimpe produit une charcuterie d’excellente qualité, les jambons bien sûr, mais surtout le saucisson fumé à l’ail, haché finement, qui devient leur produit phare. De nombreux clients viennent de très loin ( et même de Belgique ) pour leur en acheter. Ils arrivent à exporter leurs spécialités sous vide, à l’étranger.
Alain et Jean-Pierre installent le nouveau laboratoire ( document famille Dekimpe )
Au milieu des années 1970, la famille Dekimpe investit à nouveau en remettant aux nouvelles normes le laboratoire et en installant un nouveau comptoir réfrigéré près de la chambre froide, ainsi que des meubles à surgelés Findus et un présentoir pour les conserves HAK.
Le nouveau comptoir réfrigéré ( document famille Dekimpe )
Tous les membres de la famille ne comptent pas leurs heures. Le commerce demande beaucoup de travail, pour découper les morceaux de viande, fabriquer les saucissons, les jambons etc. Ils se lèvent très tôt, car le magasin ouvre à 8 h et ferme bien souvent après 20 h. Le commerce est ouvert 6,5 jours par semaine.
Ainsi, différentes étapes sont nécessaires pour savourer un délicieux jambon Dekimpe : saler, fumer, désosser, ficeler, mettre en moule et cuire.
Le jambon ( document famille Dekimpe )
Toujours à l’affût d’idées publicitaires inédites, ils proposent des opérations originales, au fil des années. Dans les années 1970 à Pâques, ils offrent un poussin pour tout achat d’un gigot d’agneau, ce qui fait le bonheur des enfants.
Dans les années 1980, c’est l’époque des pin’s et des magnets. Dans les années 1990, avec les commerçants Leersois, ils proposent à leurs clients de tester leur chance avec le robot Télélot. Puis c’est une carte de fidélité qui est créée dans les années 2000, pour faire bénéficier les clients d’une remise de 5 € par tranche d’achat.
Objets publicitaires ( document famille Dekimpe )
En 1986, les Télécom proposent aux commerçants de remplacer leur numéro de téléphone par un numéro que les clients retiennent facilement. Ils proposent à Jean-Pierre Dekimpe le numéro 75.50.50 facile à retenir ! Et les ennuis commencent, car le 74.50.50 c’est le poste des renseignements SNCF ! Et chacun peut faire une erreur en tapant sur un clavier, si bien que notre ami Jean-Pierre sature rapidement. Enfin tout rentre dans l’ordre, il retrouve son ancien numéro, et cela lui permet de faire un peu de publicité en communiquant l’anecdote dans la presse locale.
La vendeuse Martine, Andrée et Jean-Pierre ( document Nord Eclair )
En 1992 la famille Dekimpe crée le friand en forme de moulin, afin de célébrer la restauration complète du Moulin de Leers.
le friand ( document famille Dekimpe )la façade dans les années 1990Publicité 1994 ( document Nord Eclair )
Les fabrications de fin d’année telles que la galantine, le cochon de lait, le boudin blanc deviennent également des incontournables de la maison Dekimpe.
Une préparation minutieuse est nécessaire pour produire un cochon de lait : désosser délicatement le cochon pour ne pas percer la peau, laisser la tête et les pattes, farcir et refermer, emmailloter dans un linge avec bandelettes, cuire toute une nuit et enfin glacer le cochon pour lui donner un aspect appétissant.
Jean-Pierre, Alain et Francis préparent le cochon de lait ( document famille Dekimpe )Le cochon de lait « Je suis délicieux de la tête à la queue » ( document famille Dekimpe )
A la fin des années 1990, la famille Dekimpe investit une nouvelle fois dans un nouveau comptoir réfrigéré.
document famille Dekimpe
En 2000, la modernisation du laboratoire devient à nouveau obligatoire, pour respecter les nouvelles normes sanitaires.
Façade décorée pour le passage à l’an 2000 ( document famille Dekimpe )
Jean Pierre prend sa retraite le premier en 2003 puis Andrée, Alain et Francis quelques temps après. Aucun de leurs enfants ne souhaite prendre la relève. Le magasin ferme donc le 30 Septembre 2008. Le plus jeune fils Francis reprend la boucherie chevaline 8 rue Gambetta à Leers en 2014 et prend sa retraite en 2021. Pendant 55 années, les deux générations de la famille Dekimpe ont marqué remarquablement le commerce Leersois.
Noël 2007 ( document famille Dekimpe )Noël 2007 ( document famille Dekimpe )
Le N° 1 de la rue Jean Jaurès est reprise par la pharmacie Dolicque en 2010 et le N° 3 devient une friterie à l’enseigne « La Patatine ».
photo BT 2020
Remerciements à tous les membres de la famille Dekimpe