Château Hannart

Le château Hannart se trouve au 66 rue de Barbieux à Roubaix, juste à côté du château Ternynck, au 68 de la rue. Sur la photo ci-dessous, on distingue parfaitement sur la gauche, les anciennes écuries du château Ternynck qui est occupé aujourd’hui par l’institution Jeanne d’Arc.

le château Hannart ( document archives municipales )
la façade avant ( document archives municipales )
la façade arrière ( document archives municipales )

Le château appartient à la famille Hannart qui dirige la grande teinturerie à Wasquehal et trois usines d’apprêt à Roubaix. Le château se trouve en front de rue. Il est très vaste. Au rez de chaussée, on trouve : l’entrée, le hall, le living, le petit salon, le grand salon, le bureau, l’office et une immense salle de billard. A l’étage, se situent : le hall, 4 chambres, un bureau, un vestibule, une lingerie, les toilettes et 2 salles de bain. Il en est de même pour le deuxième étage.

plan du rez de chaussée ( document archives municipales )

Derrière l’immeuble, l’immense parc se termine sur l’avenue Le Nôtre. Depuis plus d’un siècle, cet imposant édifice appartient à Mme Amicie Hannart-Ménart qui y habite. Amicie est veuve depuis 1899. Son mari Georges Hannart dirigeait, de son vivant, son entreprise de teinturerie et apprêts à Roubaix.

plan cadastral ( document archives municipales )

Amicie décède à la fin des années 1940. Les consorts de la famille Hannart confient le dossier à l’architecte A. Lemay, 29 rue Colson à Lille, en 1951, pour transformer l’immeuble en 8 appartements locatifs. Le permis de construire est accordé, les travaux peuvent ainsi commencer. Les premiers locataires prennent possession de leur logement en 1952. En 1960, il n’y a plus de locataires et le château Hannart est rasé quelques temps après. Sur le terrain vierge, se construit alors une maison individuelle occupée par J. Heroult, ingénieur, au milieu des années 1960.

maison individuelle ( document archives municipales )

L’institution Jeanne d’Arc reprend ensuite l’ensemble du terrain, fait construire sa nouvelle école maternelle et fait pratiquer une ouverture, en 1998, sur l’avenue Le Notre pour une deuxième entrée.

Plan Cadastral
Vue aérienne ( Document IGN )

Un peu plus tard, en 2008, l’institution fait raser la petite maison sur la rue de Barbieux, pour y construire l’extension du collège Jeanne d’Arc. ( voir sur notre site, un article précédemment édité et intitulé : du château Ternynck à l’école Jeanne d’Arc ).

Document archives municipales

Remerciements aux archives municipales

Rue des Ecoles

Sur le plan cadastral de 1824, la rue n’est qu’un chemin vicinal à savoir le chemin de la Fosse de la Léverie à Lannoy. Ce n’est que sur le plan de 1928 qu’elle est répertoriée en tant que rue des Ecoles après la construction des écoles Paul Bert (pour les filles) et Jules Ferry (pour les garçons) au n°31 au début du vingtième siècle et l’inauguration de l’Eglise Paroissiale du quartier des Trois Baudets : l’Eglise Saint-Joseph à la même époque.

Extrait du plan cadastral de 1824 sur lequel on retrouve, reliant les 3 Baudets aux Hauts-Champs le chemin de la Fosse de la Léverie (Document archives départementales)

Malgré la construction de l’école et de l’église, la rue des Ecoles au début du 20ème siècle reste une rue de pleine campagne essentiellement bordée de champs et dépourvue tant d’habitation que de commerce. Les seules habitations isolées présentes sur la photo aérienne de 1933 sont les 3 Fermes qui ont donné leur nom à une rue et au quartier par la suite. (Sur ce sujet voir un précédent article paru sur notre site et intitulé Les 3 fermes).

Plan de 1928 (Document Historihem)
Vue aérienne de 1933 (Document IGN)

On y voit également le Parc du Château Olivier, aussi dénommé Château de la Lionderie, puisqu’il se trouve à l’angle que la rue des Ecoles fait avec la rue du même nom. Le château, qui sert de dépôt de munitions allemand est entièrement détruit durant la seconde guerre mondiale et c’est le lotissement de la Lionderie qui est construit sur ses terres. (Sur ce sujet voir un précédent article paru sur notre site et intitulé Période de guerre au Château Olivier).

Le Château Olivier (Documents Historihem)

En 1953, sans doute en raison du commencement du chantier, seule une alimentation générale est répertoriée au n°84 de la rue, dans les anciennes écuries du château, tenue par J. Picavet. Elle est ensuite reprise par les Van Vynckt Lehouck puis, dans les années 1960 par Paul Desmettre jusqu’au début des années 1970. C’est Ahmed Khalesse qui, au début des années 1980, sera le dernier à faire tourner cette épicerie de quartier. La maison abrite aujourd’hui une maison d’assistantes maternelles : Mes copains hémois.

Publicité des années 1950 puis des années 1960-1970 et photo de la maison en 2023 (Documents Historihem, Nord-Eclair et Google Maps)

Mais très vite le quartier change avec la construction de ce lotissement, situé entre la rue de la Lionderie et les 3 Fermes, et l’arrivée massive des nouveaux habitants, clients potentiels pour le petit commerce. Ces nouvelles familles s’ajoutent en effet à celles qui sont déjà logées dans les maisons des rue Ribot, Lemire et Foch. L’épicerie du quartier voit alors des voisins s’installer.

Construction du futur lotissement de la Lionderie en 1951 (Document IGN)
Le lotissement de la Lionderie en gros plan (Documents Histotihem)

Ainsi une entreprise de parquets apparaît dans le Ravet-Anceau de 1958, au nom de E. Dewitte, au n°81 de la rue des Ecoles, laquelle y restera en activité pendant plus de 20 ans avant que la maison qui l’abrite redevienne une simple maison d’habitation. La même année apparaît au n°88 le tabac-presse Lobry (Sur ce sujet voir sur notre site un précédent article intitulé Lobry-Milidée). Aujourd’hui ce bâtiment abrite les locaux d’Horizon9 : Association de prévention et d’éducation spécialisées intervenant auprès des jeunes de 11 à 25 ans et leur famille.

Le 81 rue des Ecoles, une ancienne publicité Lobry puis Mauricette Duquenne et le 88 en 2023 (Document Google Maps)

Puis c’est une alimentation générale, le magasin Hem-Service, qui ouvre ses portes. Sa publicité de 1961 spécifie que celui-ci se trouve face à l’église, ce qui n’est, de fait, pas du tout le cas puisque le magasin est en fait situé au coin de la rue des Ecoles et de la rue de la Lionderie. Au gré des annuaires il est ainsi référencé au 82 rue des Ecoles ou au 0 rue de la Lionderie. (Sur ce sujet voir sur notre site un précédent article intitulé Hem-Service)

Publicité pour le magasin d’alimentation générale au début des années 1960 et dans les années 1980 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

En janvier 1968, un groupe de 99 maisons, en accession à la propriété, construit par « la Maison Roubaisienne, est en voie d’achèvement face à l’église Saint-Joseph. Cette construction entraîne la création de 4 nouvelles rues : rue de Flandre, rue d’Artois, rue de Picardie et rue d’Alsace.

Le groupe de maisons construit rue des Ecoles et dans les 4 nouvelles rues situées derrière (Document Nord-Eclair)

Ce groupe s’ajoute au vaste lotissement des 3 Fermes, sorti de terre en 1 an, comprenant 264 logements neufs répartis dans les rues des Ecoles et des Trois Fermes ainsi que dans 3 nouvelles rues : Nadaud, Jules Watteeuw et Desrousseaux. La vue panoramique de janvier 1969 est à cet égard impressionnante car on n’y retrouve plus trace des 3 fermes de la rue ni de ses champs mais une ville semble sortie de terre.

Vue aérienne de la rue des Ecoles en janvier 1969 (Document IGN)

1968 est aussi l’année où apparaît, au n°43 de la rue, la bonneterie de Nicole Coquempot, boutique petite par la taille, mais où chacune trouve son bonheur pendant de nombreuses années, la boutique ne fermant ses portes qu’à la toute fin des années 1990. (Sur ce sujet voir sur notre site un précédent article intitulé Nicole Coquempot) Puis deux ans plus tard, dans le groupe de maisons créé en 1968 face à l’église Saint-Joseph, c’est un artisan peintre qui s’installe au n°4 à savoir Michel Decauchy. De nos jours, ces 2 maisons ont retrouvé leur usage d’habitation.

Publicité pour la boutique Coquempot et pour l’entreprise artisanale Decauchy (Documents Historihem)

Remerciements à l’Association Historihem

A suivre…

Un premier immeuble à la Baillerie

Un immeuble collectif vient d’être achevé en février 1959 rue Jules-Guesde à Wattrelos dans le quartier de la Baillerie. Haut de quatre étages, il comporte quatre-vingt-dix appartements, répartis selon plusieurs types de logements. Le CIL construit de nouveaux logements qui innovent en matière de construction et notamment en termes de préfabrication. Il s’agit ici d’une formule industrielle techniquement très poussée que l’on a déjà expérimentée à Tourcoing. Cette technique nouvelle répond à toutes les nécessités de l’habitat moderne. Elle est axée sur une conception spéciale de la construction où les cellules sont assemblées par pans entiers, au lieu de s’élever brique par brique. D’où un gain énorme de temps, le collectif de la Baillerie n’a demandé que huit mois de travail. Avec les moyens habituels il aurait fallu au bas mot quinze mois pour l’achever.

L’immeuble de la Baillerie doc NE

Des parties de logement (murs, cloisons, planchers) ont été construits en usine pour être ensuite assemblés sur le chantier. Cet immeuble de 90 logements est construit sur cinq niveaux : sa longueur est de 180 mètres et l’épaisseur de 10 m 50. Chaque cage d’escalier comporte 10 appartements, deux par étage. Ce sont des appartements du type F3 (trois pièces principales) F4 (quatre pièces principales) dont les surfaces sont celles imposées par la législation. Ces logements ont été étudiés de manière à séparer les pièces de jour (séjour et cuisine) des pièces de nuit (chambre et salle d’eau). Les dégagements ont été réduits au minimum. La cage d’escalier très large permet un accès agréable et facile aux appartements.

L’appartement de la Baillerie donne une très grande sensation d’espace et de confort. Le chauffage collectif évite à la ménagère les fatigues insupportables du chauffage individuel, il est réalisé par sol et plafonds chauffants. Ainsi sont supprimés les tuyauteries et radiateurs encombrants. La parfaite isolation du logement permet de limiter la dépense du chauffage à des chiffres très bas et garantis.

L’insonorisation parfaite est obtenue par l’emploi de matériaux appropriés : cloisons en dur et en lourd, planchers recouverts de plastique feutre absorbant les bruits de choc, revêtements muraux spécialement étudiés amortissant les résonances. Les chambres sont spacieuses et habitables par deux personnes. De larges baies dans la salle de séjour et la chambre principale donnent de l’ampleur à ces pièces. La lumière pénètre ainsi à flot dans toutes les parties du logement.

Le salon de l’appartement témoin doc NE

La cuisine est largement dimensionnée et facile à aménager. Elle offre la possibilité de placer une table pour les repas, un réfrigérateur, des éléments hauts de placard. Le service de la cuisine est complété par un vide-ordures.

Un des appartements du nouveau collectif de la rue Jules-Guesde à Wattrelos pourra être visité deux week-ends de suite en février et mars. Des autobus de l’E.L.R.T. transporteront gratuitement les visiteurs aller et retour. Dimanche 1er mars, présentation officielle de cet appartement à 11 heures à diverses personnalités par des dirigeants du CIL. Le jour dit, l’appartement-type du premier collectif d’une cité de 2.500 logements reçoit d’innombrables visiteurs. Ce premier immeuble est en effet appelé à être suivi par plusieurs autres collectifs et logements qui constitueront une importante cité.

Le Colisée ( 1) 1927 – 1950

Jean Deconinck naît en 1876 à Roubaix. En 1901, il rachète les écuries du château Descat à Tourcoing qui a été démoli pour construire le boulevard Descat.

Jean Deconinck ( document D Najberg )

Sur les 10.000 m2 du terrain, il crée un cinéma en plein air, en 1905, et construit ensuite « Le Fresnoy » qui devient un haut lieu de divertissement au début du 20° siècle. Après la première guerre mondiale, c’est l’essor du cinéma. Au début des années 1920, Jean demande alors un permis de construire pour une salle de cinéma, au 41 rue de l’Epeule à Roubaix : « Le Coliseum ». Le projet est de rénover l’hôtel particulier de Paul Descat qui se trouve à cet emplacement, et de le transformer en salle de cinéma. L’architecte choisi est le cabinet : Jacques Barbotin situé au 34 rue de Lille à Roubaix. Sur la façade, on remarque l’inscription : « Instruire en Récréant »

Projet Coliseum ( document archives municipales )

Finalement, l’option n’est pas retenue : la maison est détruite et Jean Deconinck construit le cinéma « Colisée » avec une façade plus moderne, dans le style Art-déco. Il s’investit pleinement dans son projet avec les mêmes architectes Barbotin père et fils, réalise des croquis sur sa planche à dessin, réfléchit aux moindres détails sur la qualité de construction, la technicité des appareils de projection, l’esthétique de la décoration etc. L’inauguration et l’ouverture du cinéma est programmée pour 1926.

Jean Deconinck devant sa table à dessin ( document C. Desrousseaux )
Projet Colisée accepté et signé ( document archives municipales )

Les travaux démarrent par la construction de la charpente métallique. C’est une ossature type Eiffel. Jean Deconinck exige que le Colisée soit bâti sur des bases solides. Il suit de près toute évolution technologique du moment.

Charpente métallique ( documents Daniel Najberg )

Avec plus de 2000 places, c’est le plus grand cinéma au nord de Paris. Le projet est impressionnant. La salle de cinéma mesure 45m de long sur 21m de large. Aucun pilier ne vient gêner la vue des spectateurs, qu’ils soient assis aux places les plus chères ou aux dernières. Dans le hall d’entrée, se trouve un bassin et un jet d’eau qui monte à vingt mètres de hauteur et qui traverse le foyer à l’étage par une trémie, jusqu’au sommet de l’édifice.

La trémie à l’étage ( document Le Colisée )

Dans le hall, des colonnes impsantes soutiennent le plafond de couleur ocre et rouge, de style orientaliste et moderne.

Le plafond d’origine ( document Bernard Vanalderwelt )

La salle de cinéma est dotée d’un parterre et de balcons, des bars permettent au public de boire une consommation pendant l’entracte. Jean dirige les deux établissements : le Fresnoy qui est un lieu de distraction populaire, et le Colisée qui s’adresse à la bonne société de Roubaix-Tourcoing

Publicité ( document collection privée )
la rue de l’Epeule 1932 ( document collection privée )

Les travaux de grande ampleur ont pris un peu de retard, et c’est en Mai 1927 que Jean Deconinck peut enfin ouvrir son établissement. Il a décidé de frapper fort en publicité, en réservant une page complète sur « Le Journal de Roubaix » sur les 6 pages habituelles du quotidien.

publicité pleine page ( document Le Journal de Roubaix 19 Mai 1927 )

Pour cet événement, le cinéma propose un programme cinématographique hors-pair avec 4 films muets exceptionnels tels que « Michel Strogoff » avec Ivan Mosjoukine.

Michel Strogoff ( documents collection privée )

Jusqu’à l’achèvement définitif des travaux, la direction de l’établissement ne projette que des films dans la salle. Au mois de Septembre 1927, les locaux réservés aux artistes sont achevés et complètement aménagés. Les séances de music-hall alternent alors avec celles du cinéma.

Jean Deconinck suit l’évolution des techniques et procédés cinématographiques. Il adapte son équipement et le Colisée est le premier cinéma à Roubaix à proposer des séances de cinéma parlant. Le premier film français sonorisé : Les Trois Masques sort en 1929 à Paris et est projeté, très peu de temps après, au Colisée.

Programme de 1929 ( document collection privée )
Pièce de théâtre en 1929 ( document collection privée )

Le Colisée est certes une salle de cinéma, mais c’est aussi une salle de spectacle pour le music-hall ou des pièces de théâtre. De très nombreux chansonniers s’y succèdent : Tino Rossi, Maurice Chevalier, Fernandel et bien d’autres. Jean Deconinck peut ainsi approcher de près d’immenses vedettes talentueuses comme Joséphine Baker ou Arletty. Le succès du Colisée est colossal dans ce fourmillant quartier de l’Epeule

Fernandel entouré de la famille Deconinck, lors de l’un de ses passages au Colisée ( document C. Desrousseaux )

Pendant la deuxième guerre mondiale, le Colisée reste ouvert mais l’activité est très réduite : quelques pièces de théâtre y sont jouées. Le cinéma quant à lui, redémarre en Septembre 1944.

document collection privée
Publicité 1942 ( document collection privée )
Redémarrage du cinéma Septembre 1944 ( document Nord Eclair )

Puis, le Colisée redémarre peu à peu son activité complète.

1944 ( document collection privée )
1945 ( document collection privée

A la fin des années 1940 les dessins animés de Walt Disney ( Cendrillon ) arrivent sur ses écrans pour le plus grand bonheur des jeunes spectateurs

Cendrillon 1950 ( document collection privée )

Jean Deconinck décède en 1943. Il laisse le Fresnoy et le Colisée à ses enfants, dont Henri qui devient directeur et ensuite à son petit fils Hubert Desrousseaux.

Jean Deconinck ( document collection privée )

À suivre . . .

Remerciements à Bertrand Millet, Bernard Vanalderwelt ainsi qu’aux archives municipales.

Quartier Longchamp

C’est en 1964 que le CIL programme la construction de 1146 logements dans le quartier Longchamp, laquelle va être réalisée à partir de 1966, la population de Hem étant passée de 9059 habitants en 1954 à 13687 habitants en 1962. Le groupe Longchamp compte dans sa 1ère tranche 646 logements et un programme triennal prévoit, avant 1970, 1300 logements supplémentaires, tous collectifs.

Physionomie du groupe Lonchamp en 1966 (Document Nord-Eclair)

Après l’énorme concentration des Hauts Champs, c’est en effet encore la campagne, et le bâtisseur n’a pas encore annexé ce coin de nature qui s’étend très loin, jusque vers la gare de Lannoy. C’est sur cette morne plaine qu’une énorme cité de 1200 logements devrait sortir du sol en 3 ans, sur les communes de Hem et Lys-lez-Lannoy.

De la morne plaine à la cité Longchamp en 1965 (Document Nord-Eclair/ Voix du Nord)

En octobre 66, Edgar Pisani, ministre de l’équipement se rend dans le nouveau quartier pour y inaugurer le 20.000 ème logement du Comité Interprofessionnel du Logement, événement local et régional, dans le groupe des 3 Fermes qui se compose de plus de 250 logements dont une quarantaine de maisons individuelles.

Inauguration du 20.000ème logement du Cil de Roubaix-Tourcoing en octobre 1966 (Document Nord-Eclair)

Le remarquable agencement de l’appartement témoin intéresse fortement le ministre et les visiteurs. C’est Mme Robert Delannoy, épouse du président du CIL, et présidente de l’Association pour la Décoration des cités et l’Encouragement aux Arts, qui a assuré la décoration de l’appartement. Elle a fait appel au peintre roubaisien Paul Hemery pour réaliser les 3 belles toiles qui ornent le séjour et la gouache destinée à la chambre d’enfants.

Intérieur de l’appartement témoin (Document Nord-Eclair)

La première tranche du groupe scolaire Longchamp, en 1968, rendu indispensable avec l’arrivée de la nouvelle population familiale (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site) comprend une école primaire mixte avec 10 classes mixtes, une salle polyvalente de 72 m2, un bureau de direction, une cour de récréation de 1.100 m2, un local de détente de 220 m2, un groupe sanitaire pour garçons et un pour filles, un dépôt de 6 m2, un logement de direction et un logement d’adjoint .L’école maternelle comprend quatre salles de classe, une cour de 600 m2, une salle de jeux de 120 m2, une salle de repas de 36 m2, une salle de propreté de 36 m2, un hall d’entrée formant salle d’attente, un logement de direction . Aux deux écoles s’ajoute une cantine de 280 rationnaires et un logement de concierge.

1ère tranche du groupe scolaire (Document Nord-Eclair)

1968 est aussi l’année de construction de la chapelle Saint-André (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site) et de 2 tours de 12 étages, l’une avenue Schweitzer au pied de laquelle s’ouvre un centre commercial indispensable à la nouvelle population du quartier (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site),l’autre non loin de la nouvelle chapelle.

Le centre commercial Longchamp en construction en 1967 puis en 1968 et la chapelle Saint-André en 1969 (Document Nord-Eclair)

Une seconde tranche de travaux s’engage ensuite pour le groupe scolaire Longchamp, sur le même terrain, en 1970, pour la construction d’une seconde école maternelle de 4 classes, ouverte en fin d’année, puis d’une école primaire mixte de 10 classes plus 2 classes de perfectionnement, dont l’ouverture est prévue pour le printemps 1971, ainsi que 2 logements de fonction pour un directeur et une directrice. Il y a également un plateau d’évolution mais pas de salle des sports, une telle salle existant déjà dans l’école Marie Curie des Hauts Champs (sur le sujet voir un précédent article édité sur notre site). Au total 1000 élèves peuvent être accueillis dans le groupe scolaire.

2 ème tranche du groupe scolaire (Document Nord-Eclair)

A l’amorce de la nouvelle décennie, la presse locale annonce un quartier Longchamp totalement achevé pour 1973. A l’été 1970, sont ainsi achevés : 12 immeubles sur les 25 tours et immeubles prévus. Leur achèvement est prévu pour le début de l’années 1973. A ce moment là on pourra parler, sur les territoires de Hem et Lys-lez-Lannoy, d’une véritable ville nouvelle accueillant 4.500 habitants.

Plan du quartier Lonchamp en 1970 avec emplacement des constructions achevées et à venir (Document Nord-Eclair)

Un foyer logement est construit, derrière l’église Saint-André, rue Galilée, sous forme d’un immeuble identique aux autres et haut de 4 étages. Dans ce foyer, qui devrait être terminé pour l’été 1972, il y a 80 appartements, 59 de 33 mètres carrés et les autres de 23 mètres carrés seulement. Une salle de soins, une salle de réunion de 150 places et un véritable restaurant y sont aménagés ce dernier devant également être ouvert aux habitants du quartier.

Construction du futur foyer logement en 1971 (Document Nord-Eclair)

C’est en 1974 que le quartier des Hauts Champs/Longchamp s’enrichit d’une toute nouvelle cheminée, de 53 mètres de haut, au niveau de la chaufferie, située rue Edgar Degas, sur le territoire de Roubaix, à la demande du services des Mines de la Préfecture, après des plaintes formulées par les riverains. Ceux-ci se plaignent, en effet, que l’actuelle cheminée, beaucoup plus petite, dégage, à certaines périodes des « noirons » qui se répandent sur le quartier. Pour éviter toute interruption de chauffage celle-ci fonctionne jusqu’à la mise en service de la nouvelle. La cheminée sera démolie en 1995.

Une nouvelle cheminée à Longchamp en 1974, vues aériennes de 1965 et 1975, et démolition en 1995 (Documents Nord-Eclair, ateliers mémoire et google maps)

Le 21 mars 1972, les municipalités de Roubaix, Hem et Lys-lez-Lannoy décident de la création d’un syndicat inter-communal à vocation unique : l’équipement sportif du quartier des Trois Villes. C’est Mr Desmulliez, député et maire de Lys-lez-Lannoy qui en est le président.

Les 3 maires se mettent également d’accord sur la réalisation d’un premier équipement : une piscine à construire entre la maison médicale et l’école de Longchamp, le long de l’avenue du président Coty. Le modèle de piscine « Plein Ciel » choisi est accepté par le Secrétariat d’ Etat à la jeunesse et au sport.(sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site). L’équipement est construit en 1975.

Construction de la piscine en 1975 (Document Nord-Eclair)

Au milieu des années 1970, Longchamp est un quartier populaire qui abrite des familles nombreuses. Les témoignages recueillis dans le livre « Un temps de passage » font état de convivialité et de solidarité. En 1978, la tour 90 , rue du Dr Schweitzer obtient même le 3 ème prix du concours départemental des villes fleuries dans la catégorie « immeuble collectif ». Puis la délinquance s’installe et les témoins parlent d’insécurité, de drogue, de voitures brûlées et des immeubles du quartier se vident.

Une photo dans le quartier en 1975 et le prix des villes fleuries en 1978 ; vue aérienne de 1976 (Documents Historihem, Nord-Eclair et IGN)

Remerciements à l’association Historihem, la mairie de Hem et Richard Baron et Olivier de Solminihac pour leur ouvrage « Un temps de passage »

A suivre…

Janvier 1906

Le journal des sports de Janvier 1906

Football. Quelques difficultés pour constituer l’équipe des meilleurs footballeurs du Nord qui doit rencontrer l’équipe de Paris. Discussions de club à club, de ville à ville, de région à région. Les terriens s’estiment meilleurs que les maritimes. Un match devait mettre en présence Maritimes contre Terriens mais il n’aura finalement pas lieu. On continue de discuter, poste par poste. Sartorius, le capitaine de l’équipe du Nord, membre du Racing Club Roubaisien, devrait gérer cette sélection aux mieux, dès que la commission de football aura fait ses choix. L’important, c’est toujours de battre Paris !

Jiu Jitsu. Le professeur Ré-Nié relève le défi qui lui est lancé par l’athlète roubaisien Paul Boghaert. Dans sa lettre au journal l’Auto, il confie qu’en principe il ne relevait pas les défis qui lui sont lancés de toutes parts, mais qu’il ne laissera pas passer celui de M. Boghaert car il sait que celui-ci a toutes les aptitudes voulues pour se défendre et qu’avec lui la rencontre sera loyale. Il ne sera pas fâché de se mesurer avec un champion de la lutte libre et de montrer une fois encore la supériorité du jiu jitsu sur toutes les méthodes appliquées d’une façon sincère. Un dépôt de 3000 francs entre les mains du Journal et Ré-Nié viendra rencontrer Boghaert à Roubaix, ville éminemment sportive. La parole est à M. Boghaert.

Football. Match Paris Nord. Les choix sont arrêtés qui soulèvent, c’est fatal, quelques protestations. L’équipe du Nord comprend trois joueurs de l’Olympique Lillois, quatre de l’Union Sportive Tourquennoise et quatre du Racing Club Roubaisien. Aucun joueur du Stade Roubaisien, de l’Iris Stade Lillois, ni de maritime. Quelles que soient les critiques, le onze régional doit gagner dimanche !

Jiu Jitsu. La réponse de Boghaert. Alors qu’il reçoit le célèbre athlète Apollon dans sa salle de l’académie des sports rue Jeanne D’Arc, Paul Boghaert est interviewé par la presse. Il déclare que depuis le fameux combat Dubois contre Ré-Nié, il avait l’intention de porter un défi au professeur de jiu jitsu. Il a ainsi cédé aux sarcasmes de des amis et de ses élèves. Mais il ne s’attendait pas à une telle somme. 3000 francs ! Heureusement quelques bons amis et chauds partisans ont aidé à réunir cette somme. Elle sera bientôt déposée et Paul Boghaert attendra son rival.

Football. Match Paris Nord ; on connaît la composition de l’équipe du Nord. Dans les buts, Baton (Olympique Lillois), arrières Lambotte et Moigneu (Union Sportive Tourquennoise) demis Schubert (Olympique lillois), Jean Dubrulle (Racing Club Roubaix) et Prouvost (Union Sportive Tourquennoise), avants Sartorius, François, Jénicot (Racing Club Roubaix) Tellier (Olympique Lillois) et Filez (Union Sportive Tourquennoise). Si la cohésion et la discipline viennent compléter la valeur des brillantes individualités, le Nord peut espérer remporter la victoire.

Image de la rencontre Paris-Nord doc La Vie au grand air

Football. Match Paris Nord. Victoire de Paris 3-0. Il semble que l’équipe nordiste n’est pas celle annoncée. Trois avants n’ont pas voulu venir (Sartorius, François et Jénicot tous RCR) remplacés par Dubly (UST) Defrenne (SR) et Deboeuf (SCT).

Football. Championnat du Nord. Résultats. Après une partie mouvementée, le RCR bat l’Iris Stade Lillois 4-3. Lille a ouvert le score, puis double la marque. Chutes et charges dues au terrain détrempé. Roubaix échoue régulièrement dans ses tirs au but. À la reprise les lillois marquent un troisième but. Sur un dégagement de Jean Dubly, contre attaque et but de Hargrave pour le RCR. Les roubaisiens dominent le jeu. Jénicot marque un second but pour le RCR. François est récompensé de sa débauche d’énergie, il score le troisième but pour le RCR. André Dubly envoie un shoot magistral du milieu du terrain qui vient raser la barre des buts lillois. Un magistral but de la tête de François et Roubaix remporte la partie.

502 rue de Lannoy

Le n°502 rue de Lannoy à Roubaix se situe à l’angle de la rue du Chemin Neuf, dans un quartier appelé autrefois « le Pont Rouge ».

Plan cadastral

Au début du siècle dernier, s’y trouve, l’estaminet baptisé « au Pont Rouge » de H Dejonckeere.

estaminet ( document collection privée )

Dans les années 1920, à cet endroit c’est le commerce de lingerie de J. Verhenneman qui occupe les lieux, et, dans les années 1920 et 1930, la boucherie de D. Roussiaux. Après guerre, la boucherie du 502 rue de Lannoy est gérée par M.Lietaert, puis Jean-Claude Lemaitre qui se spécialise en charcuterie, et enfin par M. Fournel qui développe un rayon hippophagique.

Publicité 1967 ( document collection privée )
Publicité 1969 ( document collection privée )

Par la suite, le bâtiment est toujours occupé par une boucherie. Dans les années 1970, elle est tenue par D. Paris et dans les années 1980 par Mr DeWulf.

Publicité 1976 ( document collection privée )
Boucherie Dewulf ( document archives municipales )

Mr Dewulf est un commerçant très dynamique. Aidé par son épouse, il organise régulièrement des concours et tombolas pour ses clients.

tombola 1987 ( document Nord Eclair )

Alberto, un vrai italien d’origine sicilienne, y ouvre, en Janvier 2004, une pizzeria à enseigne « Il Piccolo Mondo », Le Petit Monde, avec son épouse Anne-Marie issue d’une famille napolitaine qui a de la famille à Roubaix. Alberto propose des pizzas faites maison, avec de la pâte fraîche préparée chaque matin. Il fait appel à la presse locale pour se faire connaître et, malgré la qualité de ses pizzas, il ne parvient pas à remplir son restaurant et assurer les 20 couverts. Il ferme la boutique en 2007.

Publicité 2004 ( document Nord Eclair )
Alberto ( document Nord Eclair

En 2007, le local du 502 rue de Lannoy voit arriver la création d’une boulangerie par Thabet Kaled à enseigne Le Fournil de Lannoy, qui ferme en 2015.

document Google Maps 2008

Catherine Brien y ouvre un salon de coiffure Femmes et Hommes à enseigne « JC Coiffure », en 2016 qui reste ouvert jusqu’en 2024.

document Google Maps 2016

Et en 2025 un commerce d alimentation : O’Bueno Shop, voit le jour.

document Google Maps 2025

Depuis plus d’un siècle, on ne peut que constater que de très nombreux commerces ont occupé ce local situé pourtant dans une des plus grandes artères de la ville.

Remerciements aux archives municipales.

Les succès de l’Avenir Leersois

Cinq jeunes athlètes de l’Avenir Leersois ont participé le dimanche 1er mai 1960 aux épreuves du Critérium départemental de l’UFOLEP organisé à Lille. Tout d’abord impressionnées par le caractère officiel de l’épreuve et la superbe piste du stade Félix Grimonprez, les leersoises se sont très bien comportées. En catégorie minimes, trois d’entre elles furent qualifiées pour la finale du 60 mètres. Denise Bataille remporta l’épreuve du saut en hauteur, Jocelyne Verstraeten enlevant la troisième place dudit concours. Pour le lancer du poids, Marie-Claude Deffrennes se classa quatrième. Le relais 4×60 fut remporté par l’équipe leersoise.

Les sportives de l’Avenir Leersois Photo NM

En finale du 60 mètres, Denise Bataille franchit la ligne d’arrivée dans le même temps que la concurrente classée première. Les juges eurent quelques difficultés à départager les concurrentes. Finalement Denise Bataille fut classée deuxième, Jocelyne Verstraeten troisième, Marie-Claude Deffrennes cinquième.

Les sportives de l’Avenir leersois étaient accompagnées à Lille par leurs entraîneurs : Mme Delplanque présidente, Melle Devoet institutrice et M. Devoet. Les équipières de l’Avenir Leersois avaient précédemment brillé lors du meeting de Comines ce qui augurait de beaux succès pour la formation sportive féminine leersoise.

Les courées de Hem

Contrairement à la ville de Roubaix, l’habitat ouvrier à Hem ne date pas du 19ème siècle. Mais les courées, petite touche architecturale du Nord sont bel et bien présente dans la ville et y existent encore de nos jours.

La courée comporte généralement une ou deux rangées de petites maisons, dans une ruelle privée à laquelle on accède par un passage étroit. Jusque dans le milieu du 20ème siècle la plupart ne disposent que d’un point d’eau unique et de cabinets d’aisance extérieurs communs à l’ensemble des maisons lesquelles sont, en général, mal isolées, humides et parfois insalubres.

Exemples de différentes courées du Nord (Doc Wikipedia)

Contrairement aux corons, construits par les compagnies minières, les courées n’ont pas été construites par les industriels mais par une nébuleuse de rentiers, commerçants, cabaretiers voire d’artisans, à la recherche d’un placement sûr pour leurs économies. Les terrains en bord de rue étant trop chers, ces investisseurs achètent alors un étroit rectangle de terrain à front sur rue. On y édifie par exemple un cabaret, au loyer plutôt rentable, auquel on accole un couloir étroit donnant accès aux rangées de maisons construites au rabais, d’une quarantaine de mètres carrés habitables au maximum, avec des escaliers raides où il n’est pas rare de vivre à dix.

Une courée de la métropole lilloise au 19ème siècle (Document Voix du Nord)

Après la fin de la seconde guerre mondiale, les courées sont la cible des plans d’aménagement urbains. À l’époque, la mode est au logement collectif et social. Les courées sont détruites ou se dégradent, jusqu’à devenir le symbole de l’habitat insalubre. « Taudis. Le mot n’est pas exagéré pour caractériser le logement des ouvriers roubaisiens d’après les observateurs de l’époque comme les historiens contemporains. »

Des propriétaires, découragés par l’insalubrité finissent par partir à la fin du 20ème siècle. Ces départs successifs sont “un cercle vicieux de dégradation”. Aux côtés des portes fleuries de maisons coquettes et entretenues, des planches de bois obstruent ce qui fut une entrée ou une fenêtre. Certaines maisons sont ainsi laissées à l’abandon. “Elles se dégradent rapidement puisqu’elles ne sont plus entretenues et elles contaminent les maisons voisines.

Pourtant, le fait est là : à la fin du 20ème siècle, ces maisonnettes typiques mais aux abords parfois inhospitaliers, mal éclairés et souvent sans réseaux d’assainissement, sont désormais considérés comme un vestige de notre patrimoine historique et, dès 1992, la ville de Hem adhère à l’ « OPAH courée » (Opération Programmée d’Amélioration de l’Habitat) qui réalise de nombreuses études.

Ce n’est pourtant que 10 ans plus tard que l’ARIM (Association nationale de Rénovation Immobilière) établit un diagnostic pour déterminer quelles courées à Hem, parmi les 37 impasses et courées recensées, nécessitent les premiers soins. 6 d’entre elles sont alors répertoriées pour être les premières à se voir proposer des travaux entre 2003 et 2005.

Le dispositif est conçu comme un levier pour inciter les habitants à rénover leurs installations sanitaires ainsi que l’isolation des murs avec l’aide de grosses subventions.

OPAH courée à Hem en 2003 (Document Nord-Eclair)

Dans la ville de Hem, cet habitat se retrouve principalement au centre de la ville. Ainsi le quartier de la Place de la République en compte trois :

– La cour Beghin est une toute petite courée du quartier de la Place qui donne dans la rue Jules Ferry à hauteur du n°1 ; elle tient son nom du propriétaire des maisons de la cour.

La cour Beghin en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)

-Une autre toute petite cour, la cour Droissart, dont le nom est commun à une impasse et une voie communale toutes proches donne sur la rue Henri Delecroix, juste à la sortie de la Place de la République, et ne compte que quelques maisons.

La cour Droissart en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)

-C’est dans ce même quartier que l’on trouve la Cour Ducatillon, d’une longueur de 70m, qui donne entre les n°5 et 6 de la Place de la République, laquelle a également pris le nom du propriétaire des 6 maisons qui la constituent. L’objectif de l’OPAH courées en 2003 est d’y refaire, à sa charge, le réseau d’égouts, de rénover l’éclairage public alors en mauvais état, et d’installer un système de gouttières et de gestion des eaux de pluie.

La cour Ducatillon en 2003, puis en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Nord-Eclair et Google Maps)

Egalement dans le centre mais en direction d’Hempempont, on trouve 5 autres courées :

– La cour Boussemart, se situe dans le quartier d’Hempempont et joint l’allée qui conduit à l’usine Meillassoux-Mulaton à la rue du Général Leclerc. Il s’agit d’un petit groupe de quatre ou cinq maisons, au lieu-dit : « la Grande Halte », séparé du supermarché par l’allée Mulaton. Son nom est également celui du propriétaire du terrain et le lotissement remonte au début du 20ème siècle.

La cour Boussemart en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)

-La cité Dancorai, se situe rue du Général Leclerc, en face du Centre Communal d’Action Sociale et porte également le nom de son propriétaire, un maréchal ferrant, tenancier d’un estaminet en 1857, à l’enseigne « Au Bellevue ».

La cité Dancorai en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)

-La cité Droulers donne sur la Rangée du Général Leclerc ; elle est perpendiculaire à l’allée Gabert et compte une dizaine de maisons.

La cité Droulers en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)

-C’est dans la rue Edouard Vaillant que se situe la cour Jacquart. Cette rangée de 8 maisons relie la rue à la ferme Franchomme.

La cour Jacquart en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)

-Et c’est également sur la rue Vaillant que donne la cité Picard qui relie celle-ci à la Rangée du Général Leclerc, laquelle se jette dans l’allée Gabert. Sa particularité est d’être constituée d’une trentaine de maisons rangées en quadrilatère.

La cité Picard en 2023 de face par le sentier qui la relie à la rue Vaillant et en vue aérienne (Documents Google Maps)

Sur la rue Jules Guesde, on dénombre également 5 courées, dans le quartier du Petit Lannoy, à savoir :

– Dans le quartier de la Vallée, la cour Loridan donne dans la rue Jules Guesde. Plus semblable aux courées roubaisiennes elle a son entrée semblable à une porte dans le n°160 de la rue Jules Guesde et compte 5 logements.

La cour Loridan en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)

-On trouve la petite cour Pipart, qui rassemble 3 logements, dans le quartier du Petit Lannoy, rue Jules Guesde, pratiquement face à l’impasse Desurmont. En 2003, après diagnostic de l’ARIM, le Cal-Pact qui en est alors propriétaire propose aux habitants de remplacer la fosse à vidange par un réseau d’assainissement, d’installer un éclairage public jusqu’alors inexistant, de réaménager la voie d’accès fort étroite et peu entretenue et de créer un système de gestion des eaux de pluie.

La cour Pipart en 2003 puis en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Nord -Eclair et Google Maps)

-La cour Plouvier, est située dans le quartier du Petit Lannoy, donnant dans la rue Jules Guesde et porte le nom d’un maçon. Elle a été réhabilitée en 1989.

La cour Plouvier en 2023 en vue aérienne (Document Google Maps)

-La cité Six a la particularité de donner dans une impasse, l’impasse Vandemeulebrouck, qui donne elle-même dans la rue Jules Guesde. Elle ne compte même pas une dizaine de maisons.

La cité Six en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)

-C’est encore dans le quartier du Petit Lannoy que l’on trouve la cité Vandendorpe, d’une longueur de 51 m, qui prend accès dans la rue de la Lèverie et tient son nom d’un ancien boucher. Elle a depuis été rebaptisée allée Vandendorpe.

La cité Vandendorpe en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)

Non loin de là, dans le quartier des Trois Fermes, se situe la cour Christiaens, qui le relie à la rue Jules Guesde près de l’école Saint Charles. Elle tient son nom du propriétaire qui a mis le terrain en construction avant la 1ère guerre mondiale et comporte 8 maisons.

La cour Christiaens en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)

Enfin, à la frontière de la ville de Roubaix et dans la rue du même nom, se situe la cour Leplat, qui ne compte que quelques maisons à proximité du collège Saint Paul.

La cour Leplat en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)

Il est intéressant de constater qu’en 2011, une rue inspirée des courées d’antan est sortie de terre dans le quartier des Hauts-Champs à Hem basée sur le concept d’une nouvelle manière de partager la route à savoir : des maisons le long d’une chaussée mais pas de trottoirs. Résultat : en 2015 la Voix du Nord, dans sa rétrospective de l’année parle de cette rue comme de la rue la plus mal fichue, arguant que les riverains craignent pour leur sécurité.

Vue aérienne de la rue Dolto, une parallèle des rues du Professeur Nobel et Henri Dunant (Document Google Maps).

Plus récemment, certaines annonces immobilières vantent les qualités des maisons de courées, il est vrai rénovées, que les agences proposent à la vente. Elles ont été réhabilitées et bénéficient de tous les éléments de confort moderne. En fait, la courée cesse d’être une forme d’habitat dévalorisée et paraît de nature à faire revivre un idéal de convivialité.

Il existe donc encore des courées et des cités aujourd’hui, à Hem comme dans le reste de la métropole lilloise. Elles appartiennent à des particuliers qui y habitent. Elles n’attirent cependant plus les mêmes catégories de population et sont paradoxalement recherchées pour leur « promiscuité », qui était un de leurs désavantages auparavant mais qui attire notamment les artistes et les étudiants.

Remerciements à l’association Historihem pour son Histoire des Rues

L.P.A – Ligue Protectrice des Animaux ( suite )

En 2012, la journée Portes Ouvertes se déroule en Octobre. L’occasion de rappeler dans la presse locale que la situation devient urgente pour le refuge roubaisien. Les locaux ne sont plus aux normes et sont inadaptés depuis bien longtemps. La directrice Dominique Dupont ne voit toujours rien arriver de la part de la communauté urbaine et constate que lorsqu’il pleut, ça dégouline de partout. Un peu de dignité pour les animaux et les hommes, ce serait effectivement la moindre des choses.

documents Nord Eclair 2012

Cette même année 2012, la LPA fête son centenaire. Les animaux de compagnie sont à l’honneur sur les grilles du parc Jean Lebas à Lille. Dominique Dupont précise : « Il existe un paradoxe. Il y a deux mouvements contraires. D’un côté, une sensibilité de plus en plus forte envers la détresse animale, de l’autre, une marchandisation accrue de l’animal qui génère beaucoup de profits. Cela engendre des achats d’impulsion qui, souvent, se terminent en abandon ».

document Nord Eclair 2012

En 2013, un terrain est proposé sur la commune de Wasquehal. Mais manifestement, il n’est pas adapté à l’accueil des animaux. La LPA de Roubaix-Tourcoing est donc toujours en recherche de nouveaux locaux.

Les 69 chiens et 86 chats du refuge, en 2013 attendent toujours leurs nouveaux maîtres pour une nouvelle vie pleine d’une affection qu’ils leur rendront bien : « Les oubliés de la LPA à Roubaix n’attendent que vous ».

document Nord Eclair 2013

En 2018, cela fait maintenant plus de cinquante ans que la Ligue protectrice des animaux de Roubaix est installée quai de Gand. Ou plutôt que l’association, ses salariés, bénévoles et les animaux qu’elle abrite y « survivent »… Vétustes, exigus, inadaptés, les locaux sont dans un état déplorable. Mais les travaux nécessaires sont freinés par la perspective d’un déménagement, lui-même compliqué pour cette structure qui n’est pas sans nuisances pour les voisins…

document Nord Eclair 2018
document Nord Eclair 2018

La situation ne s’améliore guère en 2020. A chaque averse, c’est la catastrophe : trous dans la toiture, fuites dans les couloirs d’adoption. Marion Lepage responsable du refuge, accueille dans son bureau plusieurs cages de chats, mais ne peut déplacer tous les chiens. En dehors de ces problèmes de fuites, c’est tout le bâtiment qui, petit à petit, tombe en ruine : fissures, moisissures, trous, rats, il devient de plus en plus difficile pour les salariés et bénévoles de travailler dans ces conditions. Et cela dure depuis des années !

document Nord Eclair 2020
document Nord Eclair 2020

Suite à de très fortes intempéries et à l’effondrement partiel du plafond, le 20 Janvier 2021, la LPA de Roubaix ferme en partie, car l’espace est interdit d’accès. Quelques salariés assure une petite permanence, les autres font du télétravail. Une grande partie des animaux sont accueillis dans d’autres associations.

document Nord Eclair 2021

Enfin, le mois suivant, en Février 2021, ça bouge ! Xavier Bertrand, président de la région, s’engage personnellement à trouver une solution. Il indique : « la recherche d’un terrain est un préalable à tout projet d’implantation d’un nouveau refuge et je ne doute pas que les élus locaux sauront se montrer à la hauteur de cet enjeu et que ce point bloquant depuis de nombreuses années trouvera une issue favorable dans les plus proches délais. »

document Nord Eclair 2021

En Avril 2021, la presse locale annonce qu’une solution est trouvée : la région et la MEL vont financer l’acquisition d’un terrain contigu aux locaux existants, situé au 160 rue Turgot à Roubaix, ainsi que la construction de bâtiments modulaires à savoir : 20 boxes pour les chiens, 30 pour les chats, une zone d’accueil, un bureau, des sanitaires avec douche, un local vétérinaire, un local toilettage et des locaux techniques. Bref, un refuge en bonne et due forme. La construction des bâtiments démarre début juillet pour une ouverture prévue le 11 octobre.

document Nord Eclair 2021

Les travaux avancent à bon rythme. Alors, certes, c’est un bâtiment provisoire qui abritera le nouveau refuge, mais c’est une bouffée d’oxygène, déclare Juliette Moranval chargée de communication, et cela nous permettra d’avoir suffisamment de temps pour trouver une solution pérenne. Les travaux se terminent en Novembre 2021. Le personnel prend possession des nouveaux locaux du 160 rue Turgot. Ils se composent de deux bâtiments préfabriqués : une enfilade de boxes, avec un robinet dans chaque pièce pour alimenter en eau les gamelles, l’électricité aux normes, et surtout des plafonds qui ne risquent pas de tomber à chaque épisode pluvieux.

document Google Maps
document Nord Eclair 2021
document Nord Eclair 2021

Damien Castelain, le président de la Métropole européenne de Lille, vante un projet « exemplaire », mais aussi et surtout « provisoire » car les bâtiments pourront être démontés pour être réinstallés ailleurs. Mais où ? En attendant, toute l’équipe de la LPA de Roubaix est heureuse de s’installer en cette fin d’année 2021, dans ces locaux flambant neufs.

document LPA Nord de France en 2025

Remerciements aux archives municipales.