Louis Le Danois

Louis Le Danois naît en 1921, en Normandie, où il poursuit ses études et passe son diplôme d’électricien. Après la seconde guerre mondiale, il arrive à Roubaix, en 1949, avec son épouse Marie et s’installe au 128 rue de Mouvaux en tant qu’artisan électricien. Sa petite échoppe lui permet de proposer à la clientèle des articles de lustrerie : lampes, abat-jour, lustres, lampadaires, mais également des postes de radio et de télévision.

Publicité ( document Nord Eclair )

Peu de temps après, il cède son affaire de la rue de Mouvaux à Mme Denneulin-Desbonnet et reprend le 56 rue Jules Guesde, pour y établir son commerce qui était auparavant un estaminet tenu par C. Boncourt. Marie s’occupe du magasin.

Louis et Marie devant leur magasin du 56 rue Jules Guesde ( document P. Le Danois )
Intérieur du magasin ( document P. Le Danois )
Publicité ( document Nord Eclair 1955 )

Les affaires démarrent de façon très correcte, Louis n’hésite donc pas un seul instant pour développer la vente de produits complémentaires, au début des années 1950 : postes de radio, machines à laver, aspirateurs, gaufriers, petit électro-ménager.

Photo au 56 ( document P. Le Danois )

Les affaires fonctionnent de mieux en mieux et, bien évidemment, le local du 56 rue Jules Guesde ne convient plus car beaucoup trop exigu. L’occasion se présente lorsque les bâtiments voisins des 58 et 60 se libèrent en 1955 ; le N° 58 était libre et le 60 était occupé jusqu’à lors, par le commerce de tissus d’ H. Desseaux.

Louis fait l’acquisition de ces 2 maisons voisines pour y installer son nouveau commerce. Il confie la direction technique des travaux et, en particulier pour la réfection de la façade, à A. Kimmel, métreur expert au 476 rue de Lannoy à Roubaix.

Plan de la façade ( document archives municipales )
Façade ( document P. Le Danois )
Publicité 1958 ( document Nord Eclair )

Les plus grandes marques d’électro-ménager sont proposées par le magasin : Hoover, Tévéa, Arthur Martin, Conord etc. Une dizaine de personnes travaillent dans l’entreprise : Louis et Marie bien sûr, mais également Françoise leur fille et Jean leur fils, 2 vendeurs, 2 dépanneurs TV,1 plombier et 1 dépanneur électro-ménager, et André Trachet comptable et fidèle ami de la famille.

document Nord Eclair
Estafette Renault de livraison 1963 ( document P. Le Danois )

En 1965, Louis rachète la maison voisine située au N° 2 de la rue de Maubeuge, juste à l’angle de la rue Jules Guesde. Cette acquisition lui permet d’agrandir la façade et d’avoir une meilleure visibilité.

La nouvelle façade du « Magasin Pilote Hoover » avec le véhicule publicitaire aspirateur Hoover ( document Nord Eclair 1965 )

Fidèles revendeurs des produits Hoover depuis des années, Louis et Marie décident de marquer un grand coup pour l’inauguration de leur magasin transformé et agrandi en Mars 1966. Pierre Prouvost, représentant le maire de Roubaix, prend la parole pour souligner l’importance des maisons telles que celle de Louis Le Danois qui assurent toujours le contact direct de commerçant à client.

Inauguration ( document Nord Eclair 1966 )

L’entrepôt au 107 rue Jules Guesde qui se trouve juste en face du magasin à l’angle de la rue de Tunis, sert au stockage des produits repris chez les clients et aux bouteilles de gaz, et de parking pour les véhicules de dépannage et de livraison.

Durant les années 1960 1970, Louis multiplie sa présence aux grandes manifestations sur la métropole, et en particulier à La Foire Commerciale de Lille, le Salon des Arts Ménagers à la salle Watremez à Roubaix et dans bien d’autres villes également.

Louis à droite de la photo, Marie au centre, lors d’une manifestation à la Foire Commerciale de Lille ( document P. Le Danois )

Présence au salon des Arts Ménagers de la Salle Watremez ( document P. Le Danois )

En 1972, Louis Le Danois est élu président de l’Union des commerçants de la rue Jules Guesde. Louis apporte son expérience pour l’animation commerciale, lors d’événements comme la braderie de la rue J. Guesde, les fêtes du quartier, les allumoirs, l’animation des événements de fin d’année, page publicitaire dans la presse locale, etc.

Louis président de l’Union des commerçants de la rue Jules Guesde ( document Nord Eclair 1972 )

Louis est également membre de l’Union des Commerçants de Roubaix, dont les responsables sont les frères Bernard et Gustave Boulanger créateurs de l’entreprise Boulanger au 55 de la Grande rue ; des confrères.

Louis ne compte pas ses heures de bénévolat, puisqu’il est président de la Grande Fanfare de Roubaix et président du comité des fêtes du quartier Moulin Potennerie.

Quartier Moulin Potennerie ( document P. Le Danois )
Quartier Moulin Potennerie ( document P. Le Danois )
Grande Fanfare de Roubaix, présence de Victor Provo et Pierre Prouvost ( document P. Le Danois )

Louis et Marie Le Danois aiment la communication ; ils organisent une tombola intitulée « Promotion Charbon » en 1974, animé par les Charbonnages de France. C’est Françoise Favier-Le Danois qui a le plaisir de remettre le lot au gagnant ; un superbe appareil de chauffage.

Françoise Favier-Le Danois ( document Nord Eclair 1974 )

En Décembre 1977, un incendie ravage l’entrepôt du 107 de la rue Jules Guesde. Les pompiers alertés arrivent rapidement sur place, ils ont juste le temps de sortir les bouteilles de gaz avant qu’elles n’explosent et d’éteindre l’incendie. Tout est détruit et les véhicules calcinés. C’est la désolation pour Louis et Marie qui s’aperçoivent que le cadenas de la porte d’entrée a été forcé.

Incendie de l’entrepôt ( document Nord Eclair 1977 )
Document Nord Eclair

Le début des années 1980 est laborieux pour Louis et Marie. Les affaires sont difficiles, les ventes chutent, la rue Jules Guesde n’est plus aussi attrayante qu’au début. De plus, de nombreux vols sont commis lors de cambriolages dans le magasin, l’incendie de l’entrepôt porte un grand coup à la trésorerie et surtout la concurrence des Grandes Surfaces, installées en périphérie de la ville, devient très féroce. En Décembre 1985, c’est malheureusement le dépôt de bilan, suivi d’une liquidation judiciaire. Le magasin cesse son activité définitivement.

En 1986, Louis prend sa retraite et poursuit une activité d’agent mandataire auprès des assurances UAP, dans le quartier de la Potennerie pendant quelques années. Depuis de nombreux et divers commerces se sont succédé dans le bâtiment du 58 62 de la rue Jules Guesde.

Photo BT

Remerciements à Philippe Le Danois ainsi qu’aux archives municipales.

Rue du Général Leclerc 1ère Partie : de Hem-Bifur à l’avenue Maurice de Vlaminck 1

Il s’agit au départ d’un chemin de grande communication, venant de Lille et de Flers, qui mène d’Hempempont à la place du village de Hem. Sur le plan cadastral napoléonien de 1890 elle se nomme rue Poivrée et devient ensuite la rue de Lille. La première liaison Lille-Lannoy par la rue de Lille est assurée par un omnibus à chevaux jusqu’en 1908 année au cours de laquelle il est remplacé par un tramway. C’est en 1953, que la rue est renommée rue du Général Leclerc.

Extrait du plan cadastral de 1890 comprenant la rue Poivrée et une des premières cartes postales sur laquelle la rue porte encore ce nom (Document Archives Départementales du Nord et collection privée)
Vue panoramique de cette partie de la rue de Lille en 1933 (Document IGN)

Sur la vue panoramique de 1933, on aperçoit bien la ferme Franchomme, côté impair, et, un peu plus loin les usines Gabert et Meillassoux et, côté pair les Châteaux Catrice (future mairie), Meillassoux (future mairie annexe) et de la Marquise (sur tous ces sujets voir de précédents articles édités sur notre site). Au 21 ème siècle, les seuls bâtiments qui demeurent sont : la ferme Franchomme, espace culturel de la ville et les anciens Châteaux Catrice devenu la mairie de Hem et Meillassoux devenu le Centre d’action sociale.

Côté impair : Ferme Franchomme dans les années 1915-1930, les teintureries Gabert et Meillassoux et Mulaton dans les années 1920-1930 et Meillassoux peu avant la fermeture en 1999 et 2001 (Documents collection privée)
Côté pair : le château Catrice dans les années 1930, le château Meillassoux au début du 20ème siècle, le château de la Marquise en hiver et en été dans les années 1910 (Documents collection privée)

Dans l’annuaire de 1923, outre les industriels cités on peut remarquer l’entrepreneur O. Briffaut au n°20, lequel redevient très vite une maison d’habitation et le plombier Zingueur J.Vergotte au n°3 qui voit se succéder ensuite de nombreux cafés et activités annexes dont celui de César Lestudier puis de son fils Marcel, à l’enseigne « Café des Sports » qui propose des bières et du tabac, bien entendu, mais aussi des articles pour fumeurs et des briquets, ainsi que des cadeaux pour fêtes, cartes postales et même maroquinerie, et fait également office de recette buraliste. Puis dans les années 1950, l’établissement étend son activité aux articles pour cycles et lorsque Jules Vergotte (neveu de Marcel) reprend l’activité pour une dizaine d’année il est répertorié dans la rubrique café et cycles puis café-tabac PMU.

Publicités César Lestudier et CPA et photo de l’établissement dans les années 1930 puis1950 et publicité Vergotte en 1962 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

Puis le commerce devient le café Dallenne au début des années 1970 et 5 ans plus tard c’est le couple Roffiaen-Rembry qui prend la suite sous l’enseigne Le Longchamp. L’établissement est malheureusement détruit par un incendie en 1976 et ne rouvre ses portes qu’après une rénovation comprenant agrandissement et modernisation.

Le Longchamp dans les années 1970-80 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

C’est ensuite le couple Duthoit qui reprend la gérance et, en 1990, par 2 fois le gros lot du loto y est remporté par un hémois. Le café conserve la même enseigne durant plus de 30 ans, jusqu’au tout début des années 2000 avant de devenir le Twickenham de 2005 à 2009 sous la gérance de Fabien Coustenoble puis durant quelques temps une brasserie-pizzaria au début des années 2010. Depuis 2018, l’établissement abrite un restaurant tenu par Julie Lincelles sous l’enseigne « Les Cancans ».

Encore un hémois millionnaire en 1990, publicités de 2004 et 2005, photo du Twickenham en 2008, de la brasserie-pizzaria en 2012 et du Cancan’s en 2021 (Documents Nord-Eclair et Google Maps)

En face, au n°2 on trouve un électricien, L.Decarpentry et Cie, spécialisé en lumière, force motrice sonneries et téléphone, qui s’occupe aussi de la TSF et des machines à laver  « nec plus ultra ». Son voisin, au n°4, est le tissage mécanique de Jules Corman et la chapellerie de son épouse Marthe Corman-Delporte. Leur commerce perdure jusqu’au début des années 1970. Après leur fin d’activité, pour cause de retraite, l’ancien commerce reprend un usage d’habitation.

Publicité Decarpentry et photos de la chapellerie, noces de diamant des Corman ; le n° 4 dans les années 2000 (Documents Historihem et Google Maps)

Leur voisin, après-guerre, au n°6 est le charpentier et menuisier Louis Gauquié-Lambin, qui cède la place, dans les années 1970 au médecin René Hauwel qui y exercera jusqu’à sa retraite. En face, au n°7, après la mercerie Leleu, c’est Mme Claise qui exerce le métier de coiffeuse pour dames, remplacée dans les années 1950 par l’horticulteur fleuriste J. Losfeld.

En-tête de courrier de Louis Gauquié-Lambin après-guerre et photo de la façade du n°6 en 2008 (Documents Historihem et Google Maps)

Durant la décennie suivante c’est Gérard Losfeld qui lui succède avec son entreprise générale de parcs, jardins et espaces verts et son magasin de fleurs. L’horticulteur consacre ses loisirs à la musique et, titulaire d’un prix de flûte au conservatoire de Roubaix, il tient un pupitre de flûte à l’harmonie Municipale de Croix, et son fils Dominique obtient un prix régional de flûte au conservatoire de Lille dans les années 1970.

Publicités de Gérard Losfeld, Dominique prix régional de flûte en 1977 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

A la fin des années 1970, Odile Fleurs Maison Losfeld, devient adhérent du groupe Interflora. Puis, dans les années 1980, le commerce devient l’ Atelier Floral des Hauts-de-France, avec un 2ème magasin à Toufflers. Brigitte Bonneville gère le magasin durant 26 ans et préside également l’Union des Commerçants « Hem j’aime ».

Publicités Odile Fleurs et Atelier Floral des Hauts-de-France, vitrines atelier floral et photos de Brigitte Bonneville (Documents Historihem, Google Maps, Nord-Eclair, Tout Hem et Voix du Nord)

Elle cède la place, en 2013, à Sylvain Ducoulombier, déjà propriétaire de 3 boutiques à Lille, Villeneuved’Ascq et La Madeleine, sous l’enseigne Fanchon Fleurs. Quelques années plus tard c’est Cécile Deschoemaker qui lui succède sous l’enseigne l’Olivier Blanc comme son 1er commerce ouvert en 2012 à Roubaix.

Photos de Sylvain Ducoulombier et Cécile Deschoemaker, vitrines du commerce en 2015, 2016 et 2021 (Documents Tout Hem et Google Maps)

Pendant les décennies 50 et 60 le commerce de fleurs est encadré par 2 autres commerces. Au n°9 en effet, au coin de la rue Vaillant, une alimentation générale est tenue par L. et G. Dubus puis par Mlle Dubus et enfin par J. et L. Dubus, selon l’annuaire Ravet-Anceau. Puis l’épicerie laisse la place à la mercerie de Mme Delcroix à l’enseigne Au petit coup d’oeil dans les années 1970.

Publicité Mme Delcroix en 1978 et photo du n°9 dans les années 2000 (Document Nord-Eclair)

Durant la décennie suivante c’est Claude Pottié qui investit les lieux. Electro-mécanicien de métier et passionné de vélo, il a ouvert, en 1977, un commerce à Roubaix, et se trouve être le seul dans l’agglomération à fabriquer des vélos sur mesure pour ses clients. Associé à des clubs cyclistes Leersois et Wattrelosien, il découvre à Hem une nouvelle clientèle et se spécialise dans la création de vélos de course tout en continuant à assurer les réparations de tout type de vélos.

Le vélo sur mesure à Hem en 1984 (Document Nord-Eclair)

Lorsqu’en 1988, une jeune croisienne, Bénédicte Storm, décide de faire le tour du monde à vélo c’est à Claude Pottié, artisan hémois, que la fabrication de sa « super bécane » est confiée. Le cadre, réalisé sur mesure, doit être aussi léger que possible, construit en acier spécial allié avec du chrome. L’ensemble de l’équipage étant lourd un deuxième circuit de freinage est ajouté pour assurer la sécurité de la cycliste. Claude Pottié est certain que le vélo tiendra bien 4 ans (durée estimée du voyage).

Le vélo du Tour du monde en 1988 (Document Nord-Eclair)

De l’autre côté, au n°5, se trouve le siège du café d’Auguste Caus dans les années 1920. La boulangerie J. Wadja s’ yinstalle dans les années 1950. Lui succède ensuite Christophe Rambour-Laleeuw jusqu’au début des années 1980, époque à laquelle les successeurs sont Paul Durik puis Gérard Gay. Ensuite, en 2000, la boulangerie est gérée par Mr Stievenard puis par son successeur Fabrice Ramet.

Le café d’Auguste Caus dans les années 1920 (Document collection privée)

Publicités Rambour dans les années 60-70, Durik puis Gay dans les années 1980 et Ramet en 2005 et 2006 (Documents Nord-Eclair)

Steeve Dewildeman et Benjamin Muldermans prennent sa suite durant quelques années, en 2008, sous l’enseigne Au Moulin d’Hem avant de céder la place à Mathieu Philippe 4 ans plus tard. Il réalise dès 2014 une opération publicitaire inédite en glissant 2 véritables napoléons en or d’une valeur de 174 euros dans 2 galettes des rois sur le mois.

Photos de la vitrine en 2008, 2012 et 2025 (Documents Google Maps)
Opération marketing en 2014 (Document Nord-Eclair)

Un peu plus loin, sur l’autre coin de la rue Vaillant, au n°11, se situe, après-guerre, le café Trefel. Dans les années 1950, il est tenu par G. Van de Vyver puis par G. Delcourt durant la décennie suivante, puis par Mme Paulette Mathieu pendant les années 1970 sous l’enseigne « Au Lutétia » avec une salle de réunion et de banquets et l’incontournable Juke-Box de l’époque. Lors du passage du grand prix cycliste Emile Delcourt en 1984, le café a changé d’enseigne et se nomme « A l’Abreuvoir ». Il sera démoli lors de l’agrandissement de la rue Vaillant.

Photos du café Trefel, publicité du Lutétia et photo de l’Abreuvoir en 1984 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

Suite au réaménagement du carrefour c’est le n°13 qui fait l’angle entre la rue Leclerc et la rue Vaillant. A l’époque la maison abrite un domicile et ce n’est qu’en 2017 que Sandra Senaffe y ouvre son agence immobilière. Après un passage dans l’hôtellerie, elle a en effet bifurqué vers l’immobilier et, depuis 7 ans, c’est sur Hem qu’elle a réalisé la majorité de ses transactions. L’agence est toujours en activité en 2026.

Photos du n°13 en 2008 et 2021 et publicités de l’ agence immobilière en 2017, 2018 et 2021 (Documents Tout Hem et Google Maps)

Remerciements à l’association Historihem

à suivre…

Histoire de la rue Carnot

Un projet de route départementale.

C’est en 1857 qu’il est question de classer le chemin de grande communication n°9 de Mouvaux à Dottignies dans le réseau départemental. Il s’agit de relier la route vicinale de Lille à Tourcoing qui passe par Marquette, Marcq et Mouvaux, avec la route royale de Tournai à Courtrai. Cette nouvelle départementale débute à Mouvaux, (on partira un peu plus tard de Bondues pour établir la jonction avec la grand route Lille Menin, par Marquette, Bondues, Roncq, Halluin…), passe par Roubaix, et cette route traverse la grand place, par la rue du Grand Chemin, la rue du Général Sarrail, la Grand Rue, et enfin Wattrelos.

Accéder de Roubaix à Wattrelos avant la rue Carnot

Wattrelos regarde plutôt du côté de la ville de Tourcoing avec laquelle elle est reliée par un grand chemin, au moins jusqu’à la Vieille Place. Le chemin de fer (1842 et 1876) et le canal (1843) n’amélioreront pas les relations entre Roubaix et Wattrelos. On passait soit par le Crétinier, en venant de la fosse-aux-chênes, par le pont de la Vigne, pour rejoindre le chemin de Tourcoing cité plus haut. Ou alors on passait par le sud, le Sartel par une passerelle dont la future gare du Pile souligna l’exiguïté. Enfin, il y avait le chemin de grande communication n°9 dont le parcours zigzaguant n’était en tous cas pas dans l’alignement de l’une ou l’autre place de Wattrelos, la vieille et la future en travers de laquelle se trouvait encore en 1883 l’ancienne église de la Trinité.

Le chemin de grande communication n°9, fin du tronçon roubaisien

Les roubaisiens terminèrent le redressement de leur partie du futur chemin départemental entre 1868 et 1870, notamment par le redressement de la partie située entre la place Nadaud et la place Chaptal, la route passant autrefois par les actuelles rue Perrot et Papin; la départementale économisait deux virages, gagnait ainsi quelques mètres et un pont dit de Wattrelos sur le Canal. Cet aménagement permit de ménager un nouvel accès au cimetière de Roubaix. Le redressement ne s’arrêta pas là : le chemin suivait autrefois le tracé de l’actuelle rue d’Avelghem, mais l’alignement se prolongea en ligne droite jusqu’au quartier du Laboureur.

Le chemin de Grande communication n°9 avant la rue Carnot

Ce chemin passait entre deux fermes en arrivant sur le territoire wattrelosien (la ferme de Pierre Salembier, cultivateur à Wattrelos et celle de Jules Lézy brasseur au Laboureur) , puis bifurquait sur la gauche après 200 mètres environ pour se diriger vers une ferme appartenant aux hospices de Roubaix, située non loin de la ferme Tombequine, à laquelle elle aboutissait par un petit chemin d’accès. Cependant le chemin de grande communication reprenait vers la droite, à hauteur de la rue des trois bouteilles (‘actuelle rue de Londres) pour rejoindre la rue de l’Industrie (actuelle rue de Stalingrad) et rattraper à l’église (future grand place) la direction de la frontière qu’on lui connaît actuellement.

Les projets de travaux wattrelosiens.

Jusqu’alors, il n’avait pas été question de redresser ce chemin. Ce n’est que le 22 août 1889 que le Conseil Général autorise l’ouverture des travaux, après que que la question ait été débattue en conseil municipal, notamment à la date du 27 avril 1888. Le projet est complexe et doit aboutir à la création de deux rues: la future rue Faidherbe, qui reprend en partie le tracé initial de l’ancien chemin à partir de la Place du Laboureur, et traverse ensuite les terres de la ferme de Tombequine pour aller rejoindre la Vieille Place, et la future rue Carnot, appelée à cette époque route de Roubaix à Wattrelos. Le 27 février 1890, les Wattrelosiens décident d’un emprunt pour couvrir la somme correspondant au devis du double projet. Le 19 mai 1890, on demande la déclaration d’utilité publique et il est décidé de faire intervenir le député Émile Moreau pour faire avancer le dossier. Le 30 mai 1890, les agents voyers du canton ont dressé les plans du projet: la nouvelle route partira du Laboureur pour rejoindre la Place de Wattrelos sur une longueur de 1191 mètres. Le total des travaux est passé à 275 000 francs, répartis comme suit : 203 000 francs à la charge de la Ville, par le biais d’un emprunt à la Caisse Nationale des retraites pour la vieillesse, remboursable en trente ans à partir de 1891, par une imposition extraordinaire de 12 centimes 46 centimes additionnels par franc, la ville de Roubaix 30 000 francs, le Conseil Général 14 500 francs, l’État 27 500 francs.

à suivre

La chapelle ND de Pellevoisin, rue de Leers

En 1935, les roubaisiens habitant les quartiers du Sartel, des 3 Ponts et des hameaux avoisinants la ville de Leers, n’ont que la paroisse Saint Rédempteur, comme lieu de culte le plus proche. Cette paroisse, dirigée par l’abbé Georges Treutenaere, compte 18.000 âmes, elle rayonne sur une étendue tellement vaste que de nombreux fidèles se trouvent fort éloignés de leur église. Aussi, l’abbé Treutenaere dépose un permis de construire en Mai 1935, pour l’édification d’une chapelle sur le chemin de Leers ( aujourd’hui le 164 rue de Leers ) au delà du passage à niveau de Beaurepaire.

Projet de construction de la chapelle 1935 ( document archives municipales

L’autorisation est accordée immédiatement et les travaux démarrent de suite. La chapelle se trouve un peu en retrait de la rue, d’une longueur de 30 mètres et d’une largeur de 10 mètres. Les travaux d’édification vont bon train et se terminent à la fin de l’été 1935

Projet de construction de la chapelle 1935 ( document archives municipales )

La chapelle dédiée à ND de la Miséricorde reçoit S E le cardinal Liénart pour la cérémonie de l’inauguration le 22 Septembre 1935 à 16h.

Document Journal de Roubaix 1935

Après les travaux de finition, programmés en Octobre, la chapelle est prête à accueillir les fidèles chaque dimanche pour la messe célébrée par un vicaire de Saint Rédempteur. L’avenir s’annonce plein de promesses. Georges Treutenaere est fier de son œuvre, mais compte bien sur la générosité des roubaisiens pour terminer le financement de cette construction.

Les travaux de finition ( document Journal de Roubaix 1935 )

La chapelle fête ses 20 années d’existence en Octobre 1955. Elle se nomme désormais Notre Dame de Pellevoisin, nom d’un petit village du département de l’Indre où, chaque année, le fondateur de la chapelle venait effectuer un pèlerinage pour vénérer la Vierge.

La chapelle, au fil des années, a pris peu à peu, l’ampleur et l’importance d’une communauté paroissiale, elle est alors dirigée par l’abbé Paul Caulliez prêtre résident, nommé en 1952, avec un beau zèle apostolique. Les habitants du quartier aiment leur chapelle qui organise désormais toutes les cérémonies du culte: les messes bien sûr, mais également les baptêmes, mariages et enterrements. Les fidèles participent activement à la liturgie, à la chorale et à l’aménagement de la chapelle.

la chapelle en 1955 ( document Nord Eclair )

Le 4 Novembre 1955 à 9h30, Monseigneur Dupont, évêque auxiliaire de Lille, vient célébrer cet événement. La messe est dite par le supérieur des pères du Sacré-Coeur d’Issoudun, entouré de nombreux prêtres, chanoines et curés des églises de Roubaix et Leers. Mgr Dupont procède à la bénédiction des fonds baptismaux, puis celle de la statue de Notre Dame de Pellevoisin qui orne désormais la façade de la chapelle, juste au dessus de l’immense croix.

Mgr Dupont bénit la statue de ND de Pellevoisin ( document Nord Eclair 1955 rectifié IA )

En 1985, la chapelle a 50 années d’existence. Elle a été dirigée pendant de nombreuses années par l’abbé Paul Caulliez décédé accidentellement en Janvier 1982 à l’âge de 71 ans. Paul a apporté une animation nouvelle à ce quartier qui, depuis, a connu la construction de la cité du Carihem toute proche, et du centre commercial de Leers. Il a été à l’origine de la création d’une troupe scoute très dynamique. La chapelle est toujours incluse dans la paroisse St Rédempteur, elle continue de recevoir les fidèles pour la messe dominicale. Au 80 de la rue de Leers, dans le local créé par Paul Caulliez, se trouve l’école qu’on appelle aussi la garderie, qui abrite la troupe des scouts. La catéchèse est assurée par les dames du secteur.

Après la messe du cinquantenaire célébrée par l’abbé Mathias curé de Ste Elisabeth, tout le monde se retrouve dans le local de la rue de Leers où l’on évoque les souvenirs de 50 années d’existence.

La réception qui a suivi la messe du cinquantenaire ( document Nord Eclair 1985 )

A compter du décès de l’abbé Paul Caulliez, la situation de la chapelle connaît quelques difficultés. Le nombre décroissant de fidèles lors de la messe dominicale dans les années 1990, amène l’évêché à prendre la décision de désacraliser le bâtiment. La chapelle ferme ses portes. En 1999, elle devient la propriété de la ville, l’évêché a simplement demandé à la municipalité qu’elle ne soit pas démolie et qu’elle puisse servir à des actions collectives. Le comité de quartier du Sartel demande alors à la mairie que Notre Dame de Pellevoisin devienne une salle polyvalente.

Le projet fait son chemin, la ville voit d’un bon œil cette transformation qui permettrait à la salle Watremez d’alléger son planning d’activité très chargé, et puis cette salle devrait faire 250 places seulement, ce « petit Watremez » devrait mieux convenir aux associations plus modestes.

Les riverains devraient être satisfaits, mais en fait, ils sont plutôt inquiets. Le sentiment qui domine, c’est l’inquiétude, la peur du bruit, de la musique tard dans la nuit, des dégradations etc. Face à ses questions, la municipalité rassure : « la salle sera insonorisée, nous allons construire un parking un peu plus loin, dans la rue de Leers, ce qui évitera des nuisances sonores à proximité ». Le règlement intérieur sera rédigé avec le comité de quartier. Le programme sera finement étudié, la salle accueillera des expositions, des spectacles de café théâtre, des assemblées générales d’associations etc. A priori, il n’est pas question d’accueillir des mariages ou des fêtes de famille. Voici les habitants du quartier rassurés.

document Nord Eclair 2001

C’est l’architecte de la ville, Stéphanie Legrand qui est chargée du projet. Les importants travaux de construction de la salle Pellevoisin avancent de manière satisfaisante : la structure du bâtiment est confortée, une salle de 150 m2 est aménagée, un système de chauffage à air pulsé est installé. En revanche, le dallage de la chapelle est sauvegardé.

documents Nord Eclair

Les travaux se terminent en fin d’année 2007. Cette salle de réunion, tant attendue par les riverains, est inaugurée en Février 2008. Les personnes présentes peuvent alors admirer une salle très vaste, jouxtée d’une cuisine aménagée dernier cri. L’ensemble comprend également les sanitaires, un vaste bureau réservé aux membres de l’association et un dégagement sur une salle de stockage de 9m2.

L’avancement des travaux Aout 2007 ( document Nord Eclair )

Roger Sinko, président et mémoire vivante du quartier Sartel-Carihem, présente aux élus assistant à l’inauguration dont René Vandierendonck, toute l’histoire de cette ancienne chapelle, à partir de coupures de presse de l’époque.

Roger Sinko ( document Nord Eclair 2008 rectifié IA )

C’est que Roger s’est battu pendant ces 3 décennies pour que cette salle de quartier à vocation associative puisse voir le jour, ainsi que les aménagements des abords ; le jardin, le parvis et le parking de 32 places juste en face.

document Nord Eclair

Remerciements aux archives municipales

L’école Marie Curie

A cheval sur les villes de Roubaix-Hem, au début des années 1960, le quartier des Hauts-Champs c’est un grand ensemble tout neuf : des bâtiments terminés la veille, des voies nouvelles, certaines à peine ébauchées. En l’espace d’un an, sur le seul territoire de la ville de Hem, on y relève la construction de 427 maisons individuelles et 195 appartements soit le logement de 2500 habitants dont une majorité de familles nombreuses. (Sur le sujet voir un précédent article édité sur notre site : Les Hauts-Champs).

Vue aérienne des Hauts-Champs, au bout de la rue Briet, dans les années 1950 (Document IGN)

Le 28 avril 1961, le Conseil Municipal projette la construction d’un groupe scolaire dans le quartier des Hauts Champs qui comprendrait : une école primaire de garçons (5 classes) et une école primaire de filles (5 classes) avec chacune : un bureau de direction, un logement pour le directeur, un logement d’adjoint, une chambre de suppléant et un plateau simple d’éducation physique, une cantine de 120 rationnaires et une salle d’éducation physique double, commune aux deux écoles.

Afin de permettre la réalisation de ce projet, le Conseil décide l’acquisition d’une parcelle de terrain, dans l’avenue Laennec, appartenant à Madame HILST DEGALLAIX, 2r boulevard du Cateau à Roubaix et désigne Monsieur Marc DELPLANQUE, architecte à Roubaix pour étudier ce projet. Le projet de construction du groupe scolaire dans le quartier des Hauts Champs est de fait en attente depuis 1959 et n’a pu bénéficier de l’aide financière de l’État en 1961. Le 12 décembre 1961, le projet de construction du groupe scolaire des Hauts Champs est adopté.

Ecole Marie Curie en 1964 (Document Historihem)

Le 13 juin 1962, compte tenu que la population de ce quartier s’est encore accrue et à la demande de Madame l’Inspectrice de Ecoles Maternelles, le projet initial est complété par l’adjonction d’une école maternelle de trois classes avec salle de jeux et salle de repas privées. En mai 1963, le projet de construction du groupe scolaire des Hauts Champs est approuvé par les services techniques ministériels.

La population est en constante progression et en 1965 l’augmentation est supérieure à 20 % par rapport au chiffre de 1962 (13.687 habitants). Bien sûr les effectifs scolaires suivent la même voie et le 6 juillet 1965 deux bâtiments de deux classes mobiles chacun sont implantés dans le groupe scolaire des Hauts Champs. L’un est destiné à compléter l’école maternelle, l’autre l’école des garçons du dit groupe.

Entrée par l’avenue Laennec et la cour de récréation dans les années 1960 (Documents Historihem)

A la rentrée scolaire 1966 – 1967, à la demande de Monsieur l’Inspecteur primaire dans un but pédagogique, deux classes des écoles primaires de garçons et de filles du groupe des Hauts Champs sont géminées. Par ailleurs, des malfaçons sont constatées dans ce groupe (caves et sous sols non étanches, murs lézardés, …. ) et une action auprès du Tribunal administratif est intentée par la ville. Suite à ces malfaçons, des poutres de soutènement doivent être ajoutées. Aux deux écoles s’ajoute une cantine de 280 rationnaires et un logement de concierge. Le projet estimé à 2.317.446 Frs est confié à Monsieur André GAILLARD, architecte à Cambrai.

Au cours de sa séance du 10 juin 1967, sur proposition de la Commission des écoles, le Conseil Municipal décide de dénommer le groupe scolaire des Hauts Champs « Groupe scolaire Marie Curie« , les rues du quartier portant des noms de personnalités du monde scientifique. Les effectifs scolaires continuent de croître et 2 classes mobiles supplémentaires sont encore implantées à l’école des filles en 1969.

Photo de classe de 1968-69 (Document copains d’avant)

La fête des écoles publiques, en 1973, est l’occasion d’un beau spectacle pour le groupe scolaire Laennec Marie Curie : danses folkloriques, courses relais, tournoi de handball, lendit (grand mouvement gymnique d’ensemble). A cette occasion la fanfare de la Gauloise, les majorettes d’Hellemmes et des Hauts-Champs, et le club cynophile lyssois prêtent leur concours à la fête.

Répétition du lendit, majorette et club cynophile en 1973 à la fête des écoles publiques au groupe scolaire de Laennec (Documents Nord-Eclair)

En janvier 1974, du fait de l’accroissement des effectifs scolaires dans le quartier des Hauts Champs, il s’avère encore indispensable de construire deux classes mobiles pour compléter le groupe scolaire Marie Curie. Une classe fonctionne en effet dans une partie du restaurant scolaire et la seconde, tout en restant attachée administrativement à l’école Marie Curie, fonctionne, non sans inconvénient dans le groupe scolaire Longchamp. A compter de la rentrée scolaire 1976-1977, l’école de garçons et l’école de filles du groupe Marie Curie sont transformées en deux écoles mixtes de niveau 1 et 2.

Vue aérienne du groupe scolaire en 1976 (Document IGN)
Des groupes d’élèves dans la cour dans les années 1970 et une classe en 1977 (Documents collection privée et copains d’avant)

En 1975, la fête de l’école reçoit la visite de la fanfare la Gauloise qui exécute une parade très prisée du public au sein de la cour de récréation. Puis l’école accueille durant l’été le centre aéré des Hauts-Champs et les 165 enfants participent à des activités ayant pour thème les jeux du cirque chez les Romains : épreuves de marche, basket, penalty et parcours du combattant se succèdent pour leur plus grande joie. C’est également l’année de l’installation d’oeuvres de E. Dodeigne dans les deux écoles des Hauts-Champs et Longchamp.

Fête de l’école et centre aéré en 1975 (Documents Nord-Eclair)
Installation des œuvres de E.Dodeigne en 1975 (Document Nord-Eclair)

Les années 1976 et 1977 sont des années problématiques. En 1976 c’est la sécurité des enfants à la sortie de l’école qui soulève question et le préfet est sollicité par l’association de parents d’élèves au motif que la sortie de l’école primaire s’effectue directement sur l’avenue Laennec, avenue à 2 voies très fréquentée par de nombreux véhicules circulant à vitesse excessive.

En 1977, malgré les poutres de soutènement ajoutées quelques années plus tôt, des profondes lézardes apparaissent dans les murs des logements des instituteurs et de la cantine. L’entreprise ayant exécuté le chantier étant en faillite, la municipalité doit faire appel à un architecte pour trouver un remède. Même si le danger n’est pas immédiat des inconvénients persistent : infiltration d’air, murs décalés, caves inondées…

Problèmes en 1976 et 1977 (Documents Nord-Eclair)

Un incendie se déclare dans un bâtiment en préfabriqué de l’école, en 1983, un matin, en l’absence des élèves. Le sinistre, dont l’origine résiderait dans un court-circuit, endommage sérieusement 2 classes de cours élémentaire, dont les élèves doivent être répartis dans d’autres salles. 2 armoires contenant livres et dossiers sont détruites ainsi que cloisons et plafonds.

Incendie en 1983 (Document Nord-Eclair)

Cinq ans plus tard c’est la cantine qui est entièrement rénovée : murs blanc crème, dessins bleu pastel, plantes vertes et, peinte sur la fenêtre, une enseigne « le Resto ». Lors de l’inauguration, l’inspecteur départemental et Mme Massart, maire de la ville, rendent hommage, dans leurs discours, aux services technique de la ville et aux ouvriers municipaux pur ce bel ouvrage tandis que les enfants entonnent la célèbre chanson de Pierre Perret.

Rénovation de la cantine en 1988 (Document Nord-Eclair)

La décennie suivante voit l’aménagement d’une classe de maternelle particulière, en vue de l’aménagement du cadre de vie et de la socialisation de l’enfant. Dans la salle, où une classe classique et un dortoir accueillait 35 élèves, le cadre a bien changé et ceux-ci disposent de plusieurs coins à leur échelle : un dortoir en mezzanine avec un escalier pour y monter et un tobogan pour en descendre, un magasin, une cuisine, un vestiaire, des ateliers, un lieu de lecture, un autre pour jouer au sable et un dernier pour faire de l’exercice. Ces aménagements, financés par la ville, ont été réalisés par les services techniques de la mairie.

Le nouveau décor des tout-petits en 1990 (Document Nord-Eclair)

Les olympiades de 1991, organisées par le centre aéré, remportent un franc succès : tous les enfants des centres des maternelles y participent à des jeux réalisés par les animateurs de Marie Curie, basés sur le respect de la nature et la préservation de l’environnement, de vrais jeux olympiques avec des juges, des points et même la flamme olympique.

Les Olympiades de 1991 (Document Historihem)

Remerciements à l’association Historihem

A suivre…

Le garde champêtre

Archange Vosdey est né le 14 mai 1885 dans le Hameau du Trieu à Leers, fils d’un couple de tisserands leersois. Il est l’aîné d’une famille de trois enfants. Il effectue sa période militaire en 1905. Sur sa fiche militaire, il est décrit de la manière suivante : cheveux et sourcils blonds foncés, yeux marron clair, front haut, nez fort, bouche moyenne, menton rond, visage ovale, il mesure 1,69 mètre. Soldat, il est mitrailleur. Il est déclaré bon pour le service le 1er octobre 1906, devient chasseur 1ere classe le 21 décembre 1907 puis il est mis en disponibilité le 25 septembre 1908 et en réserve le 1er octobre 1908. Il est tisserand quand il se marie avec Marie Prez, le 25 novembre 1910.

Archange Vosdey (1885-1967)

Durant la première guerre mondiale, il est incorporé le 3 août 1914, au 62e régiment d’infanterie. Il est fait caporal le 11 juin 1916, puis il est blessé le 3 novembre 1916 au fort de Vaux à la phalangette de l’annulaire gauche. Il est placé le 3 avril 1917 en sursis jusqu’à nouvel ordre au titre des mines de Blanzy à Montceau les mines, puis il reprend du service. Au moment de la dernière tentative de percée des Allemands, il est fait prisonnier au chemin des Dames le 27 mai 1918, et il est interné en arrière du front. Il subit la captivité du 25 mai 1918 au 31 décembre 1918, puis il est rapatrié le 11 décembre 1918, avant d’être mis en congé illimité par le 43e RI le 3 avril 1919. à cette date, il se retire à Leers rue d’Audenarde 19.

Il se présente aux élections et il est élu conseiller municipal sur la liste de Joseph Leroy en 1919. Il démissionne ensuite pour intégrer la police et devenir garde champêtre de Leers. Admis dans ses fonctions le 30 avril 1920, il succède à ce poste à Jules Joseph Delcourt. Le 29 juin 1921, il habite rue de Wattrelos au n°9 bis, qui est l’adresse de l’ancienne mairie de l’époque.

Archange Vosdey fut garde champêtre de Leers de 1920 à 1946.

Octobre 1906

Le journal des sports d’octobre 1906

Football. La finale du tournoi international football de l’exposition de Tourcoing opposait l’Union Saint Gilloise au Football Club de Bruges. Elle se déroule par un temps magnifique. Les Bruxellois ouvrent le score mais les Brugeois égalisent rapidement. L’Union Saint Gilloise est supérieure et score à nouveau. Tel sera le résultat 2-1 en faveur de l’Union Saint Gilloise.

Conscrits. C’est l’époque du départ des conscrits qui rejoignent leur régiment. Toutes les sociétés organisent des soirées d’adieux, parmi lesquelles le Racing Club de Roubaix, la Roubaisienne, l’Ancienne, la Gauloise de Wattrelos.

Médaille d’or. Le Racing Club de Roubaix a ét récompensé par une médaille d’or à l’Exposition de Tourcoing. Le jury a été séduit par le stand présenté par le club et a accordé cette médaille en y associant les quatre dévoués sportsmen qui ont successivement présidé le RCR, à savoir MM. Henry Lesur, Valéry Waeles, Paul Bellon et Edouard Bleuez.

Football. Le Canadian Challenge est un tournoi organisé par le RCR et ouvert uniquemebnt aux clubs de la région. Se sont engagés cette année, l’Union Sportive Tourquennoise, l’Olympique Lillois, le Stade Roubaisien et le Racing club de Roubaix. Les matchs se déroulent les 7, 21 et 26 octobre.

Football. On connaît à présent les clubs engagés pour le championnat du Nord 1906-1907. Pour la série B, on trouve le Racing Club Tourquennois, Douai Athlétic Club, Racing Club d’Arras, chaque club engageant deux équipes. Pour la série A, le Racing Club de Roubaix, l’Iris Stade Lillois, l’Union Sportive Tourquennoise, le Stade Roubaisien, l’Olympic Lillois.

Football. Le Canadian Challenge. Deux matchs, l’UST et le S R font match nul (1-1) le RCR bat l’OL (4-1). Puis pour la phase finale, l’UST bat le RCR (4-2) l’Olympique Lillois bat le Stade Roubasien (3-0). Dans le classement interviennent aussi les résultats des équipes secondes. LOL bat le SR (3-1) et l’UST bar le RCR (7-3). à noter que le RCR a joué à neuf. L’Union Sportive Tourquennoise remporte donc le Canadian Challenge.

Cyclisme. Les résultats de Paris-Tourcoing sont homologués malgré quelques réclamations. Rappelons que c’est Trousselier qui est arrrivé le premier, devant Passerieu, Catteau, Cornet, Privat et Crupelandt. Aloïs Catteau a remporté la médaille offerte par les sportsmen lillois au premier coureur régional passant à Lille.

La démolition du Théâtre

Le 5 novembre 1882, un nouveau théâtre, d’initiative privée, est inauguré, il s’agit de l’Hippodrome Théâtre. Il se situe sur le boulevard Gambetta, à côté de l’Usine Motte Bossut que l’on distingue sur le document ci-dessous.

document archives municipales 1882
La façade ( document collection privée )

Cette salle de spectacle, qui peut contenir entre 1500 et 1800 personnes, accueille des représentations très diversifiées, entre opérette et opéra, théâtre dramatique et comédies, vaudevilles et grands drames. Le célèbre Cirque Franco-Belge y vient chaque année au moment de la grande foire. Des meetings politiques, conférences et débats électoraux s’y déroulent également. Pendant des décennies, l’Hippodrome théâtre devient une scène d’audience nationale, qui reçoit des artistes prestigieux.

La salle de spectacle en 1936 ( document collection privée )

Voir sur notre site l’article sur l’histoire de l’Hippodrome, en cliquant sur le lien :

https://ateliers-memoire.com/themes/commerces/ah-lhippodrome-theatre/ 

Après la seconde guerre mondiale, le Grand Théâtre change de direction : Angèle Vandorselaere et Léon Delmulle qui l’ont dirigé jusqu’ici, laissent la place à Jean Dubois qui arrive avec de l’expérience et des projets de programmes de variétés. En 1947, M. Dubois a pour projet de transformer le grand théâtre en Capitole, et de passer du théâtre lyrique à des programmes plus variés.

Transformation L’Hippodrome devient le  Capitole ( document collection privée )
Rénovation ( document collection privée )

Des travaux énormes sont engagés : réfection de la façade, élargissement des portes d’entrée, installation de véritables sièges pour remplacer les banquettes des premières galeries. On souhaite moderniser la décoration de la salle, en blanc et rouge, avec des éclairages et installations électriques conformes, et du chauffage au mazout. On supprime les anciens décors et on les remplace par des toiles de fond. La réouverture a lieu en Janvier 1948.

Le capitole ( document collection privée )

Voir sur notre site, l’article sur le Capitole, en cliquant sur le lien : 

https://ateliers-memoire.com/roubaix/centre/et-lhippodrome-devint-le-capitole/

Le début des années 1950, s’annonce difficile. Mr Catriens directeur du Capitole, nommé en 1951, s’interroge. Pourquoi les spectateurs boudent-ils les spectacles proposés malgré les gros travaux de rénovation. La désaffection croissante du public envers les spectacles lyriques rendent l’entreprise hasardeuse. On tente de le moderniser, un écran de cinéma est installé, on organise même des combats de catch. En 1957, la situation se dégrade encore, la municipalité reproche au Capitole sa vétusté et en particulier l’inconfort des sièges ainsi que sa forme de rotonde qui l’empêche d’accueillir des spectacles nouveaux.

document Nord Eclair 1957

Pour sauver le Capitole, l’hypothèse la plus réaliste reste celle des galas : quelques vedettes connues et un choeur d’amateurs comme le CAR, Cercle Artistique Roubaisien, mais l’argent manque. La solution la plus radicale serait alors, de fermer le Capitole !

Un dimanche de mai 1957, le rideau du Capitole théâtre tombe définitivement sur la dernière représentation des « Mousquetaires au Couvent ». C’est le dernier spectacle. La vénérable salle s’endort alors d’un sommeil pesant : le brouhaha, les applaudissements, les strophes vocales, tout cet aspect merveilleux du théâtre s’enlise doucement dans l’indifférence, après une carrière longue de 80 années. L’évolution des mœurs, le tourisme, la télévision, le cinéma ont été cités comme responsables de cette fermeture.

La société Le Capitole est dissoute le 16 avril 1964. En Juillet de cette même année, le bulldozer arrive et massacre tout. Il ne lui faut que peu de temps pour jeter bas toute la structure du bâtiment, la façade monumentale s’écroule sous les coups de boutoir des engins. Il ne reste plus qu’un terrain vague jonché de gravats et de débris de toutes sortes.

la démolition du théâtre 1964 ( document Nord Eclair )

La COMIF, Compagnie d’Investissements Fonciers, reprend le terrain ainsi que le café voisin. Un projet immobilier voit le jour pour la construction sur cette surface de 2700 m² d’un immeuble de dix étages baptisé « La Résidence du théâtre », aligné sur le boulevard Leclerc, et d’une station service « Total ».

La construction de la « Résidence du théâtre » en 1975
Document Nord Eclair 1977
La station « Total » boulevard Leclerc

Ainsi disparaît à jamais un des grands lieux culturels et historiques de notre ville.

Remerciements aux archives municipales

2 grands noms hémois de la boxe sur 2 siècles (3)

Partie 2 Daouda Sow au 21ème siècle (2)

Dans les années qui suivent, le vice champion olympique se met au service d’associations telles que ELA, association européenne contre les leucodystrophies, notamment à Hem où il lit, en 2010, la traditionnelle dictée pour les collégiens hémois ou « les enfants d’ici et d’ailleurs » association wattrelosienne qui récolte des jouets pour les enfants défavorisés. Il n’en néglige pas pour autant sa carrière de boxeur, et pour cela, il s’entraîne dans la région parisienne, cœur de la boxe professionnelle. Cette façon de se recentrer sur Paris est une préparation nécessaire pour briguer un titre national et, à terme, un titre de champion du monde.

En 2010, dictée ELA aux collégiens de Hem, participation à une collecte de jouets et préparation en région parisienne (Documents Nord-Eclair)

Champion de France des légers en 2008 et 2009, il passe professionnel mi 2009 et c’est en tant que tel qu’en juillet 2011 Daouda Sow devient champion de France des poids légers, titre qu’il remet en jeu en 2012. c’est durant cette même année qu’ il crée l’association Action Boxe, dont il est le président (il veut être acteur de la boxe, dans et hors du ring) et grâce à laquelle il entend apporter sa pierre à l’édifice qu’est la boxe et en défendre les valeurs.

Champion de France des poids légers en 2011, remise en jeu en 2012, association action Boxe et soirées Noble Art’s (Documents Voix du Nord)

C’est l’association qui organise les soirées Noble Art’s, dont la première doit se dérouler à Liévin. Malheureusement, la soirée prévue est annulée au dernier moment pour des motifs de sécurité et Daouda Sow se retrouve avec près de 10.000 euros de dettes à rembourser. Par ailleurs, sur le ring rien ne se déroule comme prévu et il peine à poursuivre une carrière qu’il espérait boostée par sa médaille d’argent aux jeux de Pékin. En 2013, il effectue un retour gagnant sur le ring et retourne au collège à Hem pour la dictée de l’association ELA.

Retour sur le ring et au collège en 2013 (Documents Voix du Nord)

En 2014, il devient conseiller au club de boxe d’Avesne-sur-Helpe en y aidant les dirigeants à mettre en place des ateliers techniques de la boxe pour promouvoir sa discipline. Il profite également de cette année pour mettre en place dans sa ville de Hem une soirée Noble Art’s à la salle Leplat et, devant une salle pleine à craquer, il fait le show en remontant sur le ring devant son public pour une victoire éclatante.

Revanche en 2014 à Avesne-sur-Helpe et à Hem (Documents Voix du Nord)

En 2015, Daouda Sow participe à un gala souvenir organisé à Pont-Audemer, au cours duquel les amis boxeurs d’Alexis Vastine montent sur le ring en mémoire du jeune boxeur, également médaillé à Pékin en 2008, et tragiquement décédé dans un accident d’hélicoptère. Il part ensuite s’entraîner durant 3 semaines en Floride, avant de participer brillamment à la soirée Noble Art’s organisé cette année à Wasquehal.

Gala souvenir, entraînement à Miami et soirée Noble Art’s à Wasquehal en 2015 (Documents Voix du Nord)

L’année suivante commence par Levallois-Perret où, dans la catégorie super légers, il subit sa première défaite chez les professionnels. Puis il donne un gala de solidarité à Lille en faveur de la petite Lyana : une partie de la billetterie alimentera la cagnotte constituée par ses parents pour adapter leur maison à son handicap. Passé 30 ans il songe à sa retraite du ring et prépare une reconversion en ouvrant un commerce de restauration rapide indienne « le Jaldi Jaldi » boulevard de Fourmies à Roubaix. Il reste toutefois dans le milieu de la boxe à travers sa présidence de l’association Action Boxe.

1ère défaite à Levallois-Perret en 2016, gala de solidarité pour Lyana, multiples projets après sa prochaine retraite du ring, dont la restauration à Roubaix (Documents Voix du Nord et Google Maps)

Pourtant, dès le début d’année suivante il est bien décidé à remonter sur le ring pour tenter d’obtenir une 3ème ceinture nationale en super léger cette fois, devant le public roubaisien, au Stab. Malheureusement il sort de son combat battu aux points. Daouda Sow, déçu, s’arrête à nouveau avant de revenir, cette fois licencié au club d’Hénin-Beaumont, sur un ring à Douai en 2019, et d’y gagner son combat contre un adversaire géorgien.

Retour sur le ring en 2017 et défaite au Stab devant le public roubaisien et nouveau retour gagnant en 2019 à Gayant Expo à Douai en 2019 (Documents Voix du Nord)

Toujours partant pour les actions solidaires il participe, en 2021, à la journée internationale des droits de l’enfant, à l’Hôpital Victor Provo à Roubaix. Pendant ce temps Abdel-Hakim Zehrir, son entraîneur historique, qui lui avait prédit une participation aux JO, continue à former, à Hem, dans la salle qui porte son nom, des nouvelles générations de jeunes boxeurs qui rêvent de suivre les traces de Daouda Sow.

Journée solidaire en 2021 et le BCH continue à former les jeunes générations (Documents Voix du Nord)

En 2022, Daouda Sow publie son autobiographie « La médaille du Coeur » où il raconte son parcours et livre ses conseils pour toucher du doigt la réussite. Il fonde également son propre club de boxe dans le Vieux Lille, au 30 rue Royale, lieu qui abritait déjà, dans les années 1920 une salle de boxe. L’« Apollo Sporting Club » est destiné à devenir le nouveau temple de la boxe loisir, dans une décoration soignée.

Une autobiographie et un club de boxe à Lille en 2022 (Documents Voix du Nord)

Remerciements à l’association Historihem

Bibliothèque et félicitations

En séance du conseil municipal du 2 avril 1952, Albert D’hondt lit une lettre reçue du Ministre de l’éducation nationale, suite à une inspection de la bibliothèque municipale. Cette lettre est datée du 29 mars et elle est adressée au Maire de Wattrelos.

Elle évoque une tournée d’inspection dans un certain nombre de villes industrielles. L’inspecteur M. Brun a été vivement frappé par l’installation de la bibliothèque de Wattrelos.

Le local avec ses vues largement ouvertes d’un côté sur la Grand Place, et de l’autre sur des jardins, le choix pertinent du mobilier, la méthode avec laquelle les livres ont été placés de façon rationnelle et mis à la libre disposition des emprunteurs, tous ces éléments qu’on trouve réunis, et que j’apprécie tout particulièrement, vous ont permis de réaliser une bibliothèque accueillante et attractive qui fait honneur à l’administration de la ville de Wattrelos.

Cette réussite pour laquelle je vous adresse mes sincères félicitations ne manquera pas de susciter une heureuse émulation et notre inspecteur général n’a pas manqué toutes les fois où il en a eu l’occasion de conseiller aux autorités municipales et aux bibliothèques des villes voisines de s’inspirer de votre exemple.

Soucieux de vous marquer de manière tangible l’intérêt que je porte à votre entreprise et à son succès, je me fais un plaisir de vous accorder une subvention de 60.000 francs sous forme d’un envoi de livres, et pour répondre au vœu formulé par votre secrétaire général M. Ghetemme qui avec l’aide de M. Erkens veille à l’organisation de votre bibliothèque, je vous ferai adresser des listes de livres de technique, d’instruction artistique et d’ouvrages pour la jeunesse, afin de faciliter votre choix.

Le courrier est signé de la main de M. Cain directeur des bibliothèques de France pour le Ministre et par son autorisation. Il s’agit de Pierre Olivier Lapie, ministre de l’éducation nationale étiquette SFIO.

Il faut rappeler que la bibliothèque wattrelosienne a été inaugurée en mars 1951, soit un an à peine avant ce courrier. Telle qu’elle est décrite, on comprend qu’elle n’est pas à l’emplacement de celle que nous connaissons à présent. Par ailleurs, les archives ont-elles conservé ce précieux document et la liste des livres envoyée par le Ministère ? Des recherches à mener…