Square Wibaux

Le square Wibaux, autrefois appelé « Parc du Fontenoy », se situe dans la rue de Cassel à Roubaix. Il doit son nom au château se trouvant dans cette rue, propriété de la famille Wibaux. Sur la photo ci-dessous, on distingue parfaitement le château au fond du parc, sur la gauche la rue de Cassel et l’intersection de la rue du Fontenoy qui se trouve juste en face de la demeure.

le Parc du Fontenoy ( document collection privée )

Désiré Wibaux-Florin, fondateur en 1810 des établissements du même nom, fait élever, dans la rue Cuvelle, plusieurs bâtiments industriels. En 1846, Achille Wibaux, son fils, crée sur ce même site, une grande filature de coton, avec les premiers métiers à tisser mécanique.

courrier Wibaux ( document collection privée )
Filature de la rue Cuvelle ( document bnr )

Achille Wibaux décède en 1906 et la ville de Roubaix rachète le parc de 11.000 m2. Le château devient une crèche municipale tandis que le parc privé devient un jardin public auquel on donne le nom de « Square Wibaux » du nom de la famille des anciens propriétaires. Quoi de mieux et de plus démocratique pour la municipalité que de créer un jardin ouvert au public dans ce quartier populaire du Fontenoy et de la Guinguette.

Document Journal de Roubaix 2 Juin 1907
Document archives municipales
Document archives municipale

Au début des années 1910, l’Aéro-Club du Nord est autorisé à construire un hangar pour stocker les ballons destinés aux ascensions. Le célèbre aéronaute roubaisien Jean-Baptiste Glorieux et le parachutiste Zéphirin Disdal, fréquentent régulièrement le site. Puis quelques concerts d’harmonie ont lieu également sur place.

Document bnr
Document bnr

Sur la photo aérienne ci-dessous, prise en 1953, on distingue parfaitement le parc, le château Wibaux, la rue de Cassel et la voie ferrée.

Document IGN 1953

En 1955 la municipalité crée un jardin d’enfants avec un terre-plein de jeux, des cages à poules, portiques, balançoires et agrès ainsi que des bancs pour les parents. Le parc longe la voie ferrée et un mur de soutènement est édifié tout le long par mesure de sécurité. Jean Bernard, le responsable des espaces verts de la mairie, envisage alors des vallonnements harmonieux qui descendent jusque la rue de Cassel. Les arbres majestueux sont bien sûr préservés. Des peupliers d’Italie sont plantés et une plage de sable est créée.

Document Nord Eclair 1955

Les services sanitaires et sociaux de la ville sont parfaitement adaptés en cette année 1959, mais ce qui manque le plus c’est le manque de place. La municipalité envisage donc de raser le château Wibaux et de construire à la place, un Centre Sanitaire et Social.

Document Nord Eclair 1959
La démolition du Chateau Wibaux ( Document Nord Eclair 1959 )

La construction nouvelle du Centre Sanitaire et Social de la rue de Cassel, en 1959, est conçue en fonction des exigences du moment mais aussi des prévisions de développement futur des activités sociales. Au sein du bâtiment, sont situés les différents services de santé scolaire, la PMI ( Protection Maternelle et Infantile ), l’auxiliaire médicale, les assistantes sociales et le dispensaire.

Plan du Centre Social ( document archives municipales 1959 )
Plan du Centre Social ( document archives municipales 1959 )
Construction ( Document Nord Eclair 1960 )

Sur la droite de la construction ( à la place du château Wibaux ), est édifiée la nouvelle crèche qui accueille les mères de famille dans différentes salles ; admission, allaitement, lingerie, biberonnerie, cuisine, dortoirs, réfectoire, salle de jeux, jardin et même une « halte d’enfant » qui prend en charge les enfants de mères de famille contraintes de s’absenter un moment.

Façade du bâtiment ( document archives municipales )
Salle d’attente ( document archives municipales )

A la fin des travaux, le jardin peut ouvrir à nouveau en 1961. L’ancien mur de clôture, vieux et lépreux, est démoli, remplacé par un grillage métallique. Le service des plantations de la ville, trace des allées, coupe les herbes hautes, construit un pavillon pour le gardien du parc, rénove les jeux d’enfants, les balançoires, les toboggans, les cages à poules. Tout sera terminé pour fin Juin, pour les grandes vacances d’été.

Document Nord Eclair 1961
Document Nord Eclair 1961

En 1997, la crèche familiale municipale de la rue de Cassel est rénovée. Elle est inaugurée le 17 Novembre à 18h en présence de Mr le Maire René Vandierendonck et du médecin pédiatre Maurice Titran. La directrice Mme Messien, les responsables et assistantes maternelles organisent alors une opération Portes Ouvertes les 17 et 18 Novembre 1997 pour la visite des locaux.

Carton d’inauguration ( document archives municipales )

Le jardin public, quant à lui commence à se dégrader dans les années 1990 : les herbes folles envahissent les lieux, ce n’est plus un espace vert, mais un espace dangereux pour les enfants. Les services de la Mairie réagissent enfin en 2000. Des jardiniers de la ville s’activent sur place à la plantation de fleurs et de massifs, les arbres forment des ombrages bien organisés. Le terrain de 2 hectares se dessine doucement sur deux niveaux reliés par deux escaliers en pierre.

Document Nord Eclair 2001

Le parc Wibaux est refait à neuf. Il est le bienvenu dans ce quartier de l’Alma-Fontenoy. C’est une heureuse transition verte avec le boulevard urbain qu’on s’occupe à réaliser le long du canal.

A gauche, la tour Mercure, à droite l’église Saint Joseph ( Document Nord Eclair 2001 )
Document RoubaixXL

Remerciements aux archives municipales.

L’histoire de la musique à Hem 5

Partie 4 Les groupes de la Cantoria

L’ensemble orchestral et l’orchestre junior

En août 2000, soixante des 80 musiciens participent à une tournée de concerts d’une semaine dans la région de GAP (Hautes-Alpes). Chaque concert allie le classique, la variété et la musique de film et obtient un vif succès avec une fréquentation importante ; le talent des musiciens est mis à l’honneur dans la presse régionale. C’est un très bon prélude à la Sainte-Cécile de l’an 2000.

L’ensemble orchestral à Gap et les honneurs de la presse locale (Documents Nord-Eclair et Dauphiné)
La Sainte-Cécile de l’an 2000 (Documents Historihem)

En ce début de 21ème siècle, l’ensemble orchestral continue de se produire à Hem plusieurs fois par an et se déplace également pour des concerts à Aljustrel pour célébrer le jumelage en 2001 ou à l’église Saint-Joseph, au Bizet, en 2001, à l’invitation des Amis des Orgues, où il enchante le public nombreux. C’est le concert de Sainte-Cécile qui demeure le point d’orgue de la saison et enchante les hémois comme celui de 2002 où l’orchestre revêt ses gilets ornés du logo pour la première fois.

A Aljustrel pour le jumelage et à l’église Saint Joseph au Bizet en 2001 et la Sainte-Cécile 2002 (Documents Voix du Nord et Historihem)

2003 est une année spéciale puisque l’ensemble orchestral, après avoir participé à un week-end de répétition à Amaury en mars, se rend à Arpajon, en mai, pour concourir au concours national de la confédération musicale de France, où il obtient un premier prix lui permettant d’accèder à la première division. C’est aussi l’année où l’ensemble orchestral se produit sur la scène prestigieuse du Théâtre Sébastopol à Lille et accompagne Isabelle Aubret à la soirée organisée pour le Noël des déshérités.

Répétition à Amaury, participation au concours, 1er prix et diplôme et photo souvenir (Documents Historihem)
Noël des déshérités au théâtre Sébastopol en 2003 (Documents Historihem)

L’année suivante est l’occasion d’un concert champêtre organisé à l’extérieur, dans le parc de la mairie avec la participation de l’orchestre junior, et d’une nouvelle expérience européenne liée au jumelage à Wiehl. C’est en 2007 que les caméras de France 3 consacrent 4 reportages à la formation hémoise, dans le cadre de l’émission hebdomadaire « En avant la Musique ». A cette occasion Vincent Delerm vient travailler avec l’EOH.

Concert champêtre à Hem en 2004 et nouvelle expérience européenne en 2004 et 2005 à Wiehl (Documents Nord-Eclair et Voix du Nord)
Ca tourne à l’harmonie en 2007 (Documents Nord-Eclair, Voix du Nord et Tout Hem)

Patrick Salmon se réjouit, en 2008, de constater que l’auditorium de l’école devient trop petit pour les répétitions de la formation qui compte alors 96 musiciens. Quant à l’orchestre junior, fort de 26 musiciens, il est prêt à prendre la relève ; c’est ainsi que 13 musiciens sont passés cette année de celui-ci à l’ensemble orchestral.

Succès et rançon du succès (Document Nord-Eclair)

C’est en 2011 que l’EOH décroche sa montée en division supérieure, avec mention bien, à Calais, pour la plus grande joie de son créateur et chef d’orchestre. Parti de zéro en 1994, avec 20 musiciens, l’EOH est alors l’une des plus importantes formations du département, avec 106 membres. C’est aussi une formation intergénérationnelle puisqu’il compte des musiciens âgés de 11 à 70 ans.

Montée en division supérieure en 2011 (Document Nord-Eclair)

Les palmes académiques sont décernées 6 ans plus tard en 2017 à Patrick Salmon qui, après toutes ces années hyperactives, notamment à la tête de la Cantoria, quitte l’école pour une retraite bien méritée et laisse la place à Thomas Lehembre, en janvier 2021. Ce dernier reprend alors bien sûr également la direction de l’orchestre si cher à Patrick Salmon.

Remise des palmes académiques à Patrick Salmon en 2017 (Document Voix du Nord)

Remerciements à l’association Historihem

Article dédié à mes enfants Julie et Romain qui ont fait partie de l’EOH pendant plusieurs années.

à suivre…

Harmonie municipale de Leers (suite)

La Musique municipale de Leers participe aux grands événements de la commune et bien au-delà. Ainsi le 4 mai 1908, elle exécute la Marseillaise au moment de l’inauguration de la ligne de tramways Lille-Leers, devant de nombreuses personnalités parmi lesquelles le Préfet du Nord Louis Vincent, le Député du Nord Henri Delecroix et le maire de Leers Louis Courier. La société compte alors 50 exécutants et elle est dirigée par MM. Drieu jusqu’en 1907, Montignies, puis Jung jusqu’en 1912, Auguste Béghin jusqu’en 1914. Pendant la guerre, douze de ses membres tombèrent au champ d’honneur. En 1918, M. Bernard fut nommé directeur jusqu’en 1925.

Après la guerre, l’Harmonie municipale s’est reconstituée et Monsieur Anatole Desmet en est le Président. Le 28 septembre 1919, la société leersoise est invitée à prendre part à un concert à Armentières, et elle prend un train spécial pour y jouer. Les musiques de Lys et d’Armentières participent également à ce concert. En octobre, l’Harmonie Leersoise se produit à Lannoy, et le 23 novembre elle fête la traditionnelle Sainte Cécile.

Pendant les années vingt, les déplacements sont réguliers et nombreux : Orroir (Mont de l’Enclus) en mai, Wattrelos en juin, Mouscron en juillet, Lille en août, Lys-lez-Lannoy en septembre. En mai 1921, la société crée une caisse de chômage pour venir en aide à ses membres sans travail. Elle poursuit avec difficulté ses déplacements, en juin à Hem et à Wasquehal. En août la section des mutilés de Leers organise une fête à l’occasion de la remise de son drapeau. L’Harmonie de Leers y joue ainsi que les Amis Réunis de Lys-lez-Lannoy et la musique de Lannoy. En juin 1922, l’Harmonie est invitée à Haubourdin, puis à Lannoy. En juillet, elle est à Pecq, le même mois elle participe à la réception de la société municipale de gymnastique de Leers, les Volontaires pour la réception de leurs lauréats au concours d’Armentières. En septembre, l’Harmonie Leersoise est à Néchin.

L’Harmonie défile en 1924 dimdeRx

En mai 1923, les leersois participent au cinquantenaire de la fanfare de Toufflers. Le 17 juin, c’est la remise des décorations aux musiciens leersois par la Fédération : trois étoiles fédérales pour 50 ans de présence, cinq médailles d’honneur pour 30 ans de présence, trois diplômes d’honneur pour 20 ans de présence. Une fête est organisée à cette occasion avec cortège de la place de la Fabrique jusqu’à la place de Leers, concert apéritif, banquet, réception des sociétés route de Néchin, remise des décorations, défilé et concert par les différentes musiques de Lys, Lannoy, Toufflers. En juin encore, une fête de bienfaisance est organisée au profit des convalescents nécessiteux de l’Hôpital de la Fraternité, l’Harmonie Leersoise défile et donne un concert. En mars 1924, le congrès des mutilés de Roubaix, Lannoy et ses cantons est organisé à Leers, l’Harmonie y joue un pas redoublé, les scènes légendaires d’Alfred Richard et la marche des fiançailles de Pares. En juillet, les leersois jouent à Lys. Le 14 août, le Président sortant Anatole Desmet est reconduit dans ses fonctions pour cinq années. Un comité de membres bienfaiteurs est créé pour aider la trésorerie de l’Harmonie. La cotisation est de 50 francs et elle est versée à la Sainte Cécile.

Le 125e anniversaire DimdeRx

En 1925, l’Harmonie participe à toutes les fêtes de quartier et autres défilés, moyennant des primes allant de 50 à 100 francs. À l’époque les professeurs recevaient une petite allocation du Président, mais voulant continuer à encourager les bénévoles, le Maire obtient de son administration une prime annuelle de 400 francs. Le directeur de la société, Monsieur Bernard quitte ses fonctions, une annonce paraît dans le Journal de Roubaix pour recruter son successeur qui sera Victor Cottignies bien connu des musiques du canton de Lannoy. En 1928, le siège de l’Harmonie est situé rue de Wattrelos (ex rue de la mairie, aujourd’hui rue du Général de Gaulle, au café de l’Harmonie qui deviendra plus tard la poissonnerie Delescluse. En 1929, la société fête son 125e anniversaire.

Les années trente

Le siège de l’Harmonie est fixé chez M. Paul Lory (rue Thiers devenue rue des Patriotes) actuellement le café tabac le Liberty. Les festivités du 125e anniversaire ont entraîné un déficit de 769,90 francs que l’Harmonie doit emprunter sur la subvention 1930. L’Harmonie Leersoise est toujours beaucoup sollicitée : Annappes, Gibraltar, Ypres, Néchin, Lys, Estaimpuis. Elle participe également aux cérémonies à caractère officiel comme l’inauguration à Leers d’un monument élevé à la mémoire des aînés morts au champ d’honneur. Sans oublier la traditionnelle fête de Sainte Cécile.

En 1931, l’Harmonie participe à l’inauguration de la Maison des Œuvres de Toufflers en présence du Cardinal Achille Liénart, évêque de Lille. Puis ce sera Lys, Néchin, Lille, et les cérémonies officielles de la Toussaint et du 11 novembre. En 1933, l’Harmonie participe à la kermesse de Néchin. En 1934, c’est une audition à la Messe de Pâques sous la direction de Victor Cottignies : l’Harmonie Leersoise joue la marche héroïque de Saint-Saëns et la bohème de Puccini. Elle participe en juin aux fêtes de la musique municipale de Lannoy et après le concert du 14 juillet à Leers, elle donne un concert pour le 60e anniversaire de la fondation de la Musique de Toufflers. Puis ce sera Néchin en septembre, Lille, et Roubaix le 25 novembre.

Les membres de la commission 1934 DimdeRx

1935, le 14 avril, l’Harmonie Leersoise participe à l’inauguration de l’école des garçons, le dimanche de Pâques elle donne une audition à l’église puis à la fête Jeanne d’Arc. Le 14 juillet concert sur la Place. Elle est associée au 75e anniversaire des Enfants de la Lyre de Wattrelos. En août, elle est à Knocke le Zout. En 1936, l’Harmonie compte 65 musiciens. Le 22 et 23 août elle se voit offrir un nouveau drapeau par M. Oscar Fournie vice président d’honneur gracieux donateur. En 1937, en dehors des rendez-vous leersois, l’Harmonie Leersoise participe aux fêtes du cinquantenaire de l’Harmonie de Mouvaux. L’école de musique de l’Harmonie est florissante : dix sept élèves sont ainsi récompensés à l’occasion des examens de fin d’année.

Décorations 1935 DimdeRx

En 1938, le programme est le suivant : auditions de Pâques à l’église, fête de Jeanne d’Arc en mai, fête musicale de la musique de Lannoy le même mois, fêtes du Sartel en juin, en juillet c’est au tour de la kermesse flamande des Amis réunis de Lys lez Lannoy organisée dans le parc Boutemy. En juillet encore, gala à Toufflers, les fêtes du 11 novembre, et la Sainte Cécile du 11 décembre. Cette année-là, une allocation de chauffage est versée à l’Harmonie sous la forme d’une livraison annuelle de 200 kgs de charbon. En 1939, la saison musicale s’arrêtera après le 23 juillet quand l’Harmonie de Leers reprend son répertoire du 14 juillet à Lys Lez Lannoy. La guerre vient interrompre les concerts et les programmes pour une durée de six années.

Les drapeaux 1936 DimdeRx

à suivre

Sources :

Leers mon village, A.L.E.H.P

1804-2004, 200 ans de musique à Leers avec l’Harmonie Municipal par Michel Bourgois

Leers et les leersois sous la seconde République (1848-1852) par Lucien Demonchaux Association Leers Historique

Journal de Roubaix

Clinique du docteur Omez ( 1 )

Yves Omez naît en 1914. Il poursuit ses études à la faculté de médecine à Lille. En 1939, il publie une thèse pour le doctorat en médecine : une étude clinique sur le sarcome de l’intestin grêle. Il est chef de clinique à la faculté de Lille et en 1941, il devient chirurgien spécialisé en gynécologie et ouvre son cabinet de consultation au 75 rue de la Gare à Roubaix.

Document Retro News

Yves Omez souhaite créer et construire sa propre clinique. Pour ce faire, il trouve un terrain au 16 boulevard de Cambrai à Roubaix. La surface est d’environ 2500 m2, le terrain est tout en longueur avec une façade large de 30m sur le boulevard. C’était autrefois le domicile de René Derville Dubar négociant.

Vue aérienne du château Derville Dubar au début des années 1950 au 16 boulevard de Cambrai ( document IGN )

En 1957, il dépose une demande de permis de construire pour une clinique chirurgicale sur son terrain récemment acquis. Il fait appel au cabinet de l’architecte Pierre Neveux, situé avenue Anatole France à Roubaix, pour établir son projet. Il est nécessaire de démolir le château en mauvais état, de garder les deux petits bâtiments latéraux : à droite, le logement du concierge et à gauche, le garage et dépendance qui deviendront deux logements pour le personnel.

 
documents archives municipales

La construction de la clinique démarre en 1958. Au rez de chaussée, se trouve l’entrée latérale côté droit du bâtiment, le hall, une salle d’opération très moderne, deux bureaux pour le chirurgien et l’anesthésiste, un escalier, un monte malades, plusieurs salles pour les infirmières et 9 chambres très spacieuses d’environ 20m2. A l’étage, sont situés les bureaux des infirmières, la lingerie, la réserve et des chambres identiques à celles du rez de chaussée.

plan du rez de chaussée de la clinique ( document archives municipales )

Les travaux vont bon train, et se terminent au printemps 1960. L’inauguration a lieu en Juillet de cette même année, en présence de Victor Provo et de nombreuses personnalités. Lors de la visite, chacun apprécie alors ce bâtiment magnifique, tout blanc, ombragé par quelques beaux arbres, le tout entouré de pelouses vertes ornées de rosiers. 27 chambres confortables sont prêtes pour accueillir les malades, toutes sont dotées d’un confort inhabituel, avec téléphone, télévision, radio, colonne d’oxygène etc. Tout a été étudié rationnellement pour assurer le confort et le repos du malade. La salle d’opération est parfaite, et certainement la plus moderne d’Europe à ce jour.

Inauguration de la clinique ( document Nord Eclair Juillet 1960 )

La compétence professionnelle du docteur Yves Omez et du médecin anesthésiste André Senneville amènent un succès complet. La clinique ne désemplit pas, et ce, pendant plusieurs années. Le code de déontologie interdit aux médecins de faire de la publicité, mais ce sont surtout les patients ( tes ) qui communiquent entre eux par le bouche à oreille, sur le sérieux et la réputation de la clinique Omez.

Au milieu des années 1970, le succès est tel qu’il faut songer à agrandir l’établissement. Le docteur Yves Omez, qui habite désormais au 221 rue Verte à Croix, rachète un terrain voisin à l’arrière de sa clinique avec un accès secondaire donnant sur l’impasse Planquart située sur la commune de Croix. Il demande donc un permis de construire en 1977 pour l’extension de sa clinique sur les communes de Roubaix et Croix. Le terrain s’étale alors sur une surface totale de 4960 m2 ( 2660 sur Roubaix et 2300 sur Croix ).

document archives municipales

Ce projet d’agrandissement comprend la création de 18 lits d’hospitalisation supplémentaires, ce qui porte la capacité de 27 à 45 lits, un nouveau bloc opératoire, une salle de stérilisation, une salle de radio et un parking avec 37 places de plus, soit un nombre total de 47 places de stationnement.

document archives municipales

Une nouvelle extension de la clinique a lieu en 1984, par la création d’un petit bâtiment sur le devant et le côté gauche de la façade du boulevard de Cambrai. Cet agrandissement concerne la création d’un restaurant pour le personnel, d’une réserve, de deux pharmacies et d’une chaufferie. En 1998, le docteur Yves Omez a 84 ans. Il revend son établissement à la polyclinique du Bois à Lille. Une dernière extension a lieu en 1999 laquelle consiste à installer une nouvelle salle d’opération et des locaux attenants, au deuxième étage ( au troisième niveau ) des bâtiments existants.

documents archives municipales

à suivre . . .

Remerciements aux archives municipales

Zone d’activité des 4 Vents (suite 2)

Au cours de cette même période, l’avenue Pinay accueille plusieurs sociétés au n°9 à savoir : Centradel, centrale d’achat non alimentaire, fermée en 2010, Fermière de Gally, mais aussi ID Claye, ID Gometz et IDT, commerces de détail de fleurs, fermés en 2007.

le n°9 en 2023 (Documents Google Maps)

Au n°1, dans une partie de l’immense bâtiment construit à l’emplacement de la briqueterie, lequel abrite aussi les n°2 et 8, s’installe Ensovo, entreprise d’entreposage et stockage non frigorifique, toujours active. Au 2 bis, on trouve : LTGR, activité de conseil, Scalair, traitement de données, hébergement et activités connexes, et Vade France, société d’édition de logiciels applicatifs, rejoint en 2013 par Vade Group, toujours actives.

Société Ensovo au n°1 de l’avenue Pinay (Documents Google Maps et site internet)
Le 2 bis avenue Pinay en 2020 et 2023 et Vade en 2017 (Documents Google Maps et site internet)

Le n°12 accueille durant cette même période : la centrale d’achats non alimentaire d’Auchan, OIA (Organisation Intragroupe des Achats) dont le siège se situe à Croix, laquelle abrite depuis le showroom d’Audacity Auchan, dont l’activité est la vente à distance sur catalogue. Le bâtiment abrite également les sociétés Lacoste (toujours active) et Dactyl Buro Office (fermée en 2021), commerce de gros, ainsi qu’Outillage du Nord, réparation d’ouvrages en métaux (fermée fin 2023).

Audacity Auchan en 2019 (Documents Google Maps et site internet)
Le n°12 abritant Lacoste (Documents Google Maps)

La zone des Vents abrite également dans l’avenue Pinay, durant la décennie 2000 : la société de transports Vercaigne et fils, dont le siège est à Neuville en Ferrain (fermée fin 2023), E&C Energy, ingénierie et études techniques (fermée en 2008), Go Media, édition de revues et périodiques (toujours active).

Photos de Vercaigne en 2023 (Documents Google Maps)

Par ailleurs elle accueille dans la rue du Calvaire au n°98 la société Dati Sécurité, laquelle s’installe dans une ancienne habitation vendue en 2008. L’entreprise spécialisée dans les travaux d’installation électrique dans tous locaux y est toujours active à ce jour. Au 187, c’est Vermeulen Matériaux, établissement secondaire d’une entreprise parisienne, qui s’installe à la fin des années 2000 (toujours active).

La maison du 98 vendue en 2008 et Dati Sécurité en 2023 ainsi que le 187 rue du Calvaire en 2023 (Documents Google Maps)

La décennie 2010 ne voit que peu de changements intervenir sur la physionomie de la zone d’activité. Ainsi la rue du Calvaire s’enrichit de la société Publidispatch, du groupe Staci PB3, entreprise d’affrêtement et organisation de transports (toujours actif).

Publidispatch Staci PB3 rue du Calvaire (Documents site internet)

L’avenue Pinay quant à elle accueille au n°2 bis Okto Campus qui réunit trois sociétés sur son site : Vade Secure, spécialisée dans la sécurisation des e-mails, Scalair, opérateur d’infrastructures cloud, et Open10 qui crée des plates-formes de stockage de données.

Inauguration d’Okto Campus en 2017 et photo de son sigle (Document Tout Hem et site internet)

Au n°3 c’est Change your Life, intermédiaire de commerce, qui s’installe (toujours active), Datananas, édition de logiciels applicatifs (toujours active), Primotexto, même activité (fermée en 2017) et la société Signitic, entreprise de programmation informatique, rachetée par le groupe Positive (ex-Sarbacane), dirigé par Mathieu Tarnus. Au n°8, la société Promod crée en 2013 un établissement secondaire pour entreposage et stockage, lequel ferme ses portes en 2020.

Sigles des 3 sociétés précitées au n°3 et photo de Mathieu Tarnus en 2023 (Documents sites internet et gazette du Nord Pas-de-Calais)

Le n°12 accueille durant cette période : Nord Sécurité , commerce de gros de fournitures et équipements industriels divers, établissement de la société Noyer Safia Dexis (fermé en 2022), ECP, entreprise de construction de maisons individuelles (société en cours de clôture), GCNV, entreprise de travaux (fermée en 2015) et enfin Tramac France, commerce de gros de machines pour l’extraction, la construction et le génie civil (fermé en 2020).

Nord Sécurité Dexis (Documents Google Maps) et Tramac France (Document site internet)

Des champs qui il y a presqu’un siècle entouraient la seule entreprise du secteur, il ne reste donc plus rien pas plus que de la briqueterie installée en 1930. En revanche une énorme zone d’activité, faisant la part belle aux nouvelles technologies, y a émergé peu à peu durant les 30 dernières années.

Plan général et photo aérienne de la zone des 4 Vents en 2023 (Documents Google Maps)

Remerciements à l’association Historihem

Avril 1906

Le journal des sports d’avril 1906

Tir. Société de gymnastique l’Ancienne. Dimanche 1er avril, c’est la dernière journée du concours de tir au fusil gras Jouvet à 20 mètres, organisé au 47 rue du Moulin. En international, le premier classé à ce jour a fait 38 points sur 40. La plus belle série d’honneur est de 168 points. Le stand est ouvert dimanche de neuf heures du matin à une heure et de trois heures à sept heures.

Football. Championnat de France. L’équipe première du RCR champion du Nord a battu l’équipe première du club de Reims, champion de l’Est par 7 buts à 0. Les portes de la finale sont donc ouvertes.

Géo Malfait doc Wikipedia

Course à pied. L’excellent sprinter Géo Malfait du RCR, champion de France des 100 et 400 mètres, a été choisi par l’U.S.F.S.A pour représenter la France aux Jeux Olympiques qui auront lieu prochainement à Athènes. Ces jeux olympiques auxquels prennent part les meilleurs athlètes du monde entier, constituent les véritables championnats du monde. Notre concitoyen quittera Roubaix aujourd’hui. On lui souhaite bonne chance.

Football. Grand match international à Roubaix qui accueille le Plumstead Football club de Londres. Le match retour est prévu huit jour plus tard avec une mini-tournée londonnienne. Après quoi, le 29 avril le RCR rencontrera le Club Athlétique de Paris pour la finale du championnat de France.

Football. Le Grand match international entre le RCR et le Plumstead Football club de Londres s’est terminé par une victoire anglaise (5-0). Le score était de 2-0 à la mi-temps, les roubaisiens se sont heurtés à une défense très solide et ont encaissé trois autres buts en seconde mi-temps.

Football. Match retour à Londres entre le Plumstead Football Club et le RCR. Les anglais gagnent à domicile par 3-1. Les roubaisiens ont manqué de sang froid et de précision mais il y a du mieux. François marque le but roubaisien un peu avant la fin du match. Le lendemain, un second match oppose le RCR à l’équipe de Redhill Wernembry, les anglais l’emportent par 6-2. La presse anglaise écrit que les roubaisiens ont été les meilleurs en première mi-temps, mais ont manqué de réussite en seconde. Cette tournée anglaise de préparation avant la finale du championnat de France n’aura pas été inutile pour les derniers réglages de l’équipe.

Le RCR champion de France 1906 doc l’Auto

Football. La finale du championnat de France se joue à Tourcoing. L’équipe du RCR est composée comme suit : but André Renaux, arrières Jean Dubly, Scott, demis Smeets, Charles Renaux, Vandendriessche, avants Sartorius, Hargraeve (cap), François, Jénicot et Perche. L’équipe parisienne et l’équipe roubaisienne sont conduites aux prolongations le score étant de 1-1 à la fin du match. Le RCR va marquer deux fois par François et remporte ainsi le titre pour la quatrième fois.

Tissus Delgrange

Pendant près d’un siècle, plusieurs générations de la famille Delgrange ont été commerçants en tissus à Roubaix, dans le quartier des rues de la Gare, de Blanchemaille et de l’Alma. Léonard Delgrange, né en 1849, est ouvrier dans une grande entreprise textile roubaisienne. Il décide de s’installer négociant en tissus dans une petite échoppe, au 3 rue de l’Hospice, en 1893, puis dans un commerce plus spacieux, au 35 rue de Blanchemaille. A son décès, en 1921, Alexandre, son fils, lui succède. Son deuxième fils, Eugène ouvre un magasin de tissus au 32 rue Blanchemaille. Un autre de ses fils, Léonard, s’installe commerçant en tissus à Lens. Son dernier fils Etienne-Paul tient le commerce de tissus situé au 54 56 rue de l’Alma. Ce dernier est capturé dans les rues de Roubaix par l’armée allemande, avec son fils Paul. Fort heureusement, Ils reviendront tous deux de captivité en 1915. Sa fille, Marie Delgrange, épousera Georges Dufermont et seront également commerçant en tissu au 106 de la rue de la Gare, commerce qui sera ensuite revendu pour devenir Bohin.

Ravet Anceau de 1914
Le 54 56 rue de l’Alma de nos jours ( Photo BT )
le 35 rue de Blanchemaille ( document archives municipales )

Etienne-Paul Delgrange décède en 1927. Sa veuve, Philomène Vanhautère – Delgrange, ouvre son commerce au 67 rue Nain. Lors de son décès, sa fille Elise Delgrange, épouse Ghesquières, reprend le commerce en 1947.

Publicité du 67 rue Nain ( document collection privée )

Paul Delgrange, le fils d’Etienne-Paul, né en 1895, décide à son tour de créer son commerce. Il trouve un local vide au 108 – 110 rue de la Gare, au début des années 1930. C’est un endroit idéal, à l’angle de la rue de Blanchemaille, dans un quartier où sont déjà implantés de nombreux négociants en tissus. Paul effectue quelques travaux de rénovation intérieure et commence son activité.

La façade du 108 rue de la gare ( document archives municipales )
Le plan du magasin ( document archives municipales )

En Septembre 1944, à l’issue de la seconde guerre mondiale, la liberté revient peu à peu sur la ville. Paul décide de rénover sa façade extérieure et de la transformer agréablement pour attirer l’œil des passants.

Façade ( document archives municipales )

Paul propose une gamme de tissus assez complète à sa clientèle, des draperies bien sûr, mais également des soieries, lainages, doublures etc Paul reprend ensuite le commerce voisin au 110 pour agrandir son point de vente.

Paul Delgrange ( document I. Delgrange )

Paul décède en 1961. Sa veuve cède alors l’affaire du 108-110 avenue Jean Lebas ( ancienne rue de la Gare ) à l’entreprise Fournier.

Ets Fournier ( document bnr D. Labbé )
Ets Fournier ( document collection privée )

Pierre Delgrange, le fils de Paul, devient ingénieur diplômé de l’ENSAIT en se spécialisant dans les teintures. Il sera d’abord ingénieur au secrétariat de la laine, puis sera directeur de production d’une usine de résines synthétiques à Béthune pour ensuite rejoindre le sud ouest de la France

Remerciements à Isabelle Delgrange ainsi qu’aux archives municipales

L’histoire de la musique à Hem 4

Partie 4 Les groupes de la Cantoria

L’ensemble orchestral et l’orchestre junior

En juin 1993, après une année de fonctionnement de l’école de musique hémoise « La Cantoria » (sur ce sujet voir un précédent article publié sur notre site), son directeur Patrick Salmon, qui en avait lancé le pari dès la rentrée de septembre 1992, a mis sur pied une classe d’orchestre. Sa première audition publique étant prévue pour le 1er juillet, à l’occasion de la fête de l’école, une première répétition a lieu.

ère répétition de la classe d’orchestre en juin 1993 (Document Nord-Eclair)

C’est en janvier 1994 que l’orchestre de l’école municipale se produit à la Résidence de la Marque. Sous la direction de Patrick Salmon, 25 jeunes musiciens, âgés d’une dizaine d’années, interprètent les traditionnelles mélodies de Noël sous les applaudissements fournis d’un public ravi. Le but avoué est de redonner vie à une harmonie municipale pour la ville qui en a été privée durant 30 ans.

Un concert à la Résidence de la Marque en janvier 1994 (Document Nord-Eclair)

Dès la fin de la même année, il n’est plus question de classe d’orchestre, ni même d’orchestre de l’école de musique mais de l’Ensemble Orchestral de Hem, lequel célèbre la Sainte-Cécile, à la salle Leplat, le 29 novembre. Avec la participation de la fanfare « La Gauloise », de l’orchestre junior de l’école municipale de musique nouvellement créé et de 120 choristes issus des ensembles vocaux hémois : Cantar’Hem, Cascade, Saint-Corneille, Saint-Paul ainsi que de Jeanne d’Arc (de Villeneuve d’Ascq), l’ensemble orchestral, fort de 70 musiciens, interprète un medley de musiques de films.

La Sainte-Cécile 1994 à la salle Leplat (Document Historihem)

Le répertoire de la nouvelle formation hémoise est composé de transcriptions d’oeuvres classiques et modernes (jazz, variétés, musiques de films) mais également de pièces spécialement écrites pour orchestres d’harmonies. Les musiciens qui le composent sont : des élèves de 2ème cycle de l’école municipale de musique (formés en 1er cycle à l’orchestre junior) et des musiciens adultes amateurs habitant Hem ou ses environs. A chaque prestation, l’encadrement de tous les pupitres est assuré par les professeurs de l’école de musique.

Logo de l’ensemble orchestral et vue de l’ensemble en concert avec la chorale à la Sainte-Cécile en 1994 (Document Historihem)

Pour la fête de la Cantoria et la remise de diplômes de fin d’année, en 1995, l’ensemble orchestral choisit d’interpréter un medley des musiques des succès de Disney. Ensuite, à l’occasion de la Sainte-Cécile, le concert apéritif a lieu à la salle des fêtes puis Mme Massart, Maire de Hem, et les musiciens posent devant l’ancienne fontaine de la résidence de la Marque.

Fête de l’école en juin 95 et Sainte-Cécile en novembre 1996 (Documents Historihem)

Pour fêter ses 5 ans d’existence, en novembre 1997, l’ensemble réunissant une cinquantaine d’élèves de l’école, une dizaine de professeurs et des musiciens amateurs de la commune, le plus jeune ayant 10 ans et le plus ancien 75, décide d’interpréter un programme allant des Beatles au jazz, en passant par des morceaux plus graves tels que la musique de la Liste de Schindler.

La Sainte-Cécile 1997 soit le 5ème anniversaire de la formation (Document Nord-Eclair)

La fin des années 1990 voit se succéder des fêtes de Sainte Cécile toujours plus brillantes avec le renfort de l’orchestre junior, de la fanfare La Gauloise et de nombreux choristes des environs. C’est à l’été 1999 que l’ensemble orchestral se confronte à 35 autres sociétés musicales et obtient un premier prix au concours national, revenant de Saint-Omer avec une coupe, un diplôme et du matériel musical offert par le conseil général.

Sainte-Cécile 1998 avec les 2 orchestres et plus de 200 choristes, le premier prix au concours national de 1999 et la Sainte-Cécile en 1999 (Documents Voix du Nord et Nord-Eclair)

L’orchestre propose dès lors généralement trois concerts par saison au public hémois (un concert de Ste Cécile, un concert de printemps, et un concert d’été pour la fête de la musique). Il lui arrive également de se produire dans d’autres pays comme dans les villes jumelées de Wiehl ou Aljustrel (sur le sujet du jumelage voir un précédent article édité sur notre site), mais aussi en Belgique.

Concert de printemps à Hem, à Aljustrel et à Kain en 2000 (Documents Nord-Eclair et Historihem)

Remerciements à l’association Historihem

à suivre…

Apéritif

Un apéritif, ou familièrement un apéro, est une boisson, généralement alcoolisée, servie avant le repas afin d’ouvrir l’appétit. L’apéritif est souvent bu après avoir trinqué, selon la tradition. Sont choisies en général des boissons à base de plantes connues pour leurs vertus apéritives, comme l’anis ou la gentiane.

L’apéritif pour la troupe mars 1912 JdeRx

Par extension, l’apéritif désigne en français le moment de convivialité pendant lequel des personnes se retrouvent pour consommer ces boissons en discutant, sans même qu’il soit prévu de prendre un repas en commun ensuite.

Le lunch Dubonnet 1912 JdeRx

À ce titre, l’apéritif est aussi un repas léger, où peuvent également être consommés des cocktails, on le qualifie souvent dans ce cas d’« apéritif dînatoire ». Cela englobe alors les amuse-gueules ou les amuse-bouches, parmi lesquels les plus classiques sont les pistaches, les chips ou les cacahuètes. Par extension, l’apéritif s’applique à tous les aliments qui accompagnent le verre, fruits découpés, olives, charcuteries, tapas, fromages et autres assortiments variés. Ce qui correspond au concept de tapas (apéritif espagnol) et à celui des zakouski russes.

La rentrée des classes 1913 JdeRx

En France l’apéritif moderne a été popularisé en 1846, par Joseph Dubonnet, chimiste français, qui élabora une boisson à base de vin et de quinine pour lutter contre le paludisme. Ce médicament ayant un goût amer, il le masqua avec une décoction d’herbes et d’épices à la saveur forte. Les soldats de la Légion étrangère l’utilisèrent dans un premier temps dans les marécages infestés de moustiques en Afrique du Nord. Puis l’épouse de Joseph servit la première la potion en apéritif auprès de ses amis, et le bouche à oreille, puis la publicité développèrent la popularité du Dubonnet.

Les magasins L. Lagache ( suite )

En 1972, l’entreprise Lagache continue son expansion. Elle reprend les n° 226 et 228 de la même rue. Des travaux d’aménagement de façade sont réalisés de façon à ce que les 226 et 226 soient réunis en un seul magasin de 210 m2.

Le 226 228 rue de Lannoy ( document archives municipales )

Les meubles  »contemporains » haut de gamme sont présentés dans ce point de vente du 226-228. Le 1° étage est également aménagé», ce qui permet de doubler la surface de vente. L’entreprise Lagache est alors adhérent à « Europe Meubles » en 1973.

Publicité 1973 ( document Nord Eclair )

Cette même année 1973, L. Lagache ouvre un point de vente supplémentaire au 197 de la rue de Lannoy. Tous les articles d’électro ménager y sont présentés , de façon à libérer de la place pour l’exposition de meubles  »traditionnels » au 183-185.

En 1974, ce sont donc 5 magasins de meubles et d’électroménager qui font partie de l’entreprise L. Lagache. Ils sont tous situés dans la rue de Lannoy : au 183, 185, 226, 228 et 197.

Publicité 1974 ( document Nord Eclair )

Lucette recrute sa petite fille, Cécile ( 4° génération Lagache ) et fille de Jean-Luc, pour des tâches administratives au départ, puis lui confie des responsabilités commerciales. L’entreprise fonctionne alors à plein régime. La réussite a toujours été au rendez vous depuis une vingtaine d’années. Lucien et Lucette songent sérieusement à regrouper tous ces points de vente de la rue de Lannoy. Ils sont ambitieux et confiants. Pourquoi, par exemple, ne pas ouvrir un supermarché de meubles et d’électro-ménager d’environ 2.000 m2 dans une zone commerciale, en périphérie de la ville ? En 1978, le couple est informé que la clinique Descarpentries de 2.500 m2, située au 75 boulevard de la République, est à vendre.

document collection privée

Lucien et Lucette visitent l’ancienne clinique et tombent sous le charme de cet immense bâtiment. La vente est signée. Le coût de l’opération est assez vertigineux : les magasins Lagache ( fonds de commerce et stocks ) seront vendus pour financer l’acquisition.

Lucien et Lucette Lagache devant la clinique Descarpentries ( document Nord Eclair )

D’importants travaux d’aménagement sont évidemment nécessaires, ils seront réalisés en grande partie par le personnel des magasins. Le concept est intéressant et original. L’idée est de proposer des meubles de très haut de gamme, de grande qualité et de finition parfaite à la clientèle, en conservant l’architecture et l’agencement intérieur. Lucette Lagache passionnée de décoration, veut que chaque meuble soit présenté un peu « comme chez soi ». Les chambres de la clinique deviennent des salons, des salles de séjour ou des cuisines. Il est nécessaire que le meuble soit présenté dans une ambiance adéquate, comme par exemple un meuble Louis XV dans une pièce de couleur vieux rose, un style Empire dans un décor vert. Le nom choisi est « La Châtellenie ».

document Nord Eclair

Lucien dirige les travaux sont réalisés en 1981 : rénovation de la façade et peintures intérieures. L’emplacement des deux maisons situées au 71 et 73 du Boulevard, qui avaient été rasées, devient le parking clients pour le magasin. Une mini cafétéria sera créée prochainement.

Publicité 1981 ( document Nord Eclair )

Le démarrage est difficile : retard dans les travaux, manque de trésorerie, peu de rotation des stocks, tracasseries administratives etc Lucien perd peu à peu tous ses anciens clients de la rue de Lannoy, car la gamme de produits haut de gamme ne leur convient pas. Lucien se démène pour s’en sortir. Il trouve un accord avec son ami Henri Deconinck, directeur du Fresnoy tout proche, pour exposer et solder les meubles provenant des anciens magasins et depôts L. Lagache. Mais cette vente qui devait durer deux semaines, ne peut malheureusement pas se réaliser pour des raisons administratives.

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Deux ans plus tard «La Châtellenie» dépose le bilan. En 1986, celui-ci est assorti d’un concordat en vue de l’apurement des dettes. En 2001, le bâtiment est vendu aux enchères. S’en suit alors un imbroglio juridique sur les actes de propriété du bâtiment, qui va durer quelques années, Lucien et Lucette continuent à se battre. Ils ouvrent alors une agence immobilière pour essayer d’éponger les dettes, puis quittent la région pour le Lubéron.

Agence immobilière ( document JL Lagache )

A leur retour à Roubaix, Lucette transforme le bâtiment vide en location de bureaux, avec succès. Jean Luc, le fils, continue seul à gérer l’agence, il devient un peu plus tard agent immobilier à Lannoy.

Les magasins Lagache de la rue de Lannoy ont tous été cédés entre 1978 et 1980 ; les 183-185 aux Ets Caron ( cheminées Philippe ), le 176 à la quincaillerie Gamin, le 226 228 à « Sud-Ouest à Roubaix », le 197 à l’armurier Derly. Il ne reste rien des anciens points de vente.

Le magasin du 183-185 fermé en 1978 ( document JL. Lagache )

Lucien bouleversé par les tracasseries, les constats d’huissier, les saisies, fait plusieurs infarctus, et décède en 2015. Lucette continue à se battre seule, fait appel à de nombreux avocats pour défendre sa cause mais sans succès. Elle décède en 2021.

Leur fils, Jean-Luc Lagache se souvient : Mon père était un homme simple, il a fait un métier qu’il adorait ; la vente bien sûr, mais surtout le contact humain, il considérait ses clients comme des amis, des gens qu’il respectait.

Remerciements à Jean-Luc Lagache, ainsi qu’aux archives municipales