Centenaire de l’église Saint François

En juin 1960, l’église Saint François va célébrer le centenaire de sa construction. Au milieu du dix neuvième siècle, Roubaix s’agrandit et la population augmente. Il n’y a que deux églises à cette époque Saint Martin et Notre Dame. De plus, il y a beaucoup d’ouvriers flamands. On décide alors de faire appel aux franciscains pour le service des prêtres flamands. C’est à eux qu’on doit le nom du quartier qui se construit alors : St Joseph, dont une rue garde le souvenir, qui mène au parvis de l’église. Ces prêtres franciscains étaient des Récollets, et ils vinrent tout d’abord s’installer dans une maison de la rue du Collège, puis rue Saint Antoine, près de l’ancien carmel.

De généreux paroissiens, parmi lesquels la famille Dujardin, offrent un grand terrain situé en plein champ à la basse masure. Le 21 novembre 1857, la première brique du couvent Saint Joseph est posée. Le 15 mai 1859, c’est au tour de la première pierre de la chapelle du couvent. Ce sanctuaire est l’œuvre de l’architecte Dewarlez, et il fait 50 mètres de long sur 21 de large. Le 23 juin 1860, la nouvelle chapelle est bénite.

La chapelle des Récollets doc Med Rx

 

Une première injonction de quitter les lieux est faite aux Récollets en 1880, les frères franciscains étant belges sont frappés d’un arrêté d’expulsion.  Les portes de l’église sont ré ouvertes en 1896. Puis la loi sur les congrégations religieuses de 1903 force les religieux à quitter les lieux. Après avoir servi de dépôt de pain, de logements, d’école d’apprentissage, l’église reprend ses activités cultuelles en 1919. La même année, intervient la création de la paroisse qui englobe les quartiers du cul de four et de la basse masure, et on donne à l’église des pères le nom de Saint François, fondateur de l’ordre franciscain.

Notre Dame d'Assistance et les petits pages Photo Nord Eclair
Notre Dame d’Assistance et les petits pages Photo Nord Éclair

Les cérémonies du centenaire donnent lieu à diverses manifestations : le 9 juin une conférence par le R.P. Pol de Léon Albaret à la maison paroissiale de la rue Richard Lenoir, le 14 juin au Colisée, gala en l’honneur de Saint François d’Assise par « Jeunesse et famille », le 19 juin à 10 h 30 en l’église Saint François, cérémonie d’actions de grâce, sous la présidence de Son Eminence le Cardinal Liénart. Il est accueilli à dix heures rue Philippe Lebon, au domicile de M. Jules Georges Duquesne, adjoint au maire. Une procession conduit ensuite le chef du diocèse jusqu’à l’église dont le fronton est orné des armoiries épiscopales et de l’inscription 1860-1960. En tête de la procession, le groupe des enfants de chœur, les communiants et communiantes de l’année, la communauté des Pères franciscains de Roubaix, une délégation des Pères de la province de Paris, de Belgique.

Les Pères Franciscains en tête de la procession Photo Nord Eclair
Les Pères Franciscains en tête de la procession Photo Nord Éclair

Le cardinal est accompagné de Mgr Prévost, vicaire général. Il est accueilli sous le porche de l’église par le curé Vincent Guegen et le gardien du couvent Alexis Castro. A l’entrée dans l’église, les grandes orgues tenues par M. Paul Carrière. La messe sera célébrée par le TRP Gustave Boulez, ministre provincial. La chorale paroissiale et la maitrise des Frères du couvent de Mons en Baroeul exécutent le Missa Festiva. Le RP Alexis Castro donne ensuite lecture en chaire d’une lettre du Père Général des Franciscains à la communauté de Roubaix, ainsi que d’un télégramme du Vatican. A son tour le cardinal prend la parole. Il dit notamment : nous devons faire de nos paroisses des communautés chrétiennes ouvertes aux autres et accueillantes.

Le Cardinal Liénart à Saint François Photo Nord Eclair
Le Cardinal Liénart à Saint François Photo Nord Éclair

Après la messe, le cardinal donne à l’assistance sa bénédiction et regagne la sortie en procession. L’après midi fut récréatif, les Canterelles d’Anne Marie Debatte exécutent musiques et danses, puis les frères du noviciat de Mons interprètent avec finesse et esprit plusieurs chœurs.

 

 

 

Le foyer des jeunes travailleurs

C’est en août 1968, que l’Office municipal d’HLM de Roubaix a terminé les travaux de construction du Foyer de Jeunes Travailleurs. L’initiative de cette réalisation est due à MM Pierre Catrice et Germain Wiart, Président et Vice Président de l’Association pour le logement des jeunes isolés. Construit dans le parc d’une ancienne maison de maître appartenant à la famille Meillassoux, le foyer est l’œuvre de l’architecte roubaisien Michel Delplanque. Les plans ont été réalisés sur les bases d’un travail d’équipe entre l’architecte et le conseil d’administration.

Le foyer en 1969 Photo Nord Éclair

Le foyer est un bâtiment de quatre étages sur pilotis triangulaires, avec  une vaste surface de rez-de-chaussée et une partie habitation qui comprend  148  chambres. Le hall d’entrée s’ouvre sur la Grand-Rue. Quand on y pénètre, à droite en entrant, on découvre une salle de restaurant self service d’une contenance de 250 places. L’autre côté du rez-de-chaussée est consacré aux activités socio-culturelles. Il y a une cafétéria pour l’après repas, un foyer de lecture, une salle de jeux de 165 m², des salles de télévision,  deux salles de réunion, une bibliothèque. En sous sol, sept pièces sont aménageables en ateliers, labo-photo, et une grande salle de 200m² permet de faire du sport.

La cafétéria et le self Photos Nord Éclair

La chambre type fait 10,75 m², comprend un petit vestibule, un cabinet de toilette, avec eau chaude et eau froide, et un grand placard de rangement. Les chambres ont vue sur le parc, et à chaque étage, il y a des douches et des  installations sanitaires. Dans le parc, on trouve un terrain de sport (basket et volley ball). Il y a des douches dans les sous sols. Un parking pour vélomoteurs et bicyclettes se trouve entre les pilotis. Les conditions d’admission sont les suivantes : être célibataire, être âgé de 18 à 25 ans, travailler. L’ouverture aux étudiants est envisagée. Le prix de la pension mensuelle est de 320 francs, comprenant la location de la chambre, le petit déjeuner et quarante repas à 4,50 frs.

Salles de loisirs et de TV Photos Nord Éclair

La structure possède un encadrement permanent : un directeur, un intendant, deux animateurs. Le modus vivendi reste à définir, mais le Foyer ne sera pas un ghetto, car il s’ouvrira aux jeunes du quartier et de l’agglomération. Le restaurant sera ouvert aux non-résidents (capacité 500 repas matin et soir en deux services). Le premier directeur se nomme Henri Lepers. Tourquennois d’origine, 28 ans, il est diplômé de l’école de formation et d’application pour l’animation des collectivités, titulaire du diplôme d’état de conseiller d’éducation populaire de la Jeunesse et des Sports. Il a déjà œuvré au foyer de Bayonne, au foyer des apprentis jockeys de Chantilly, et il a participé à l’animation globale d’un quartier d’Evreux.

Henri Lepers, premier directeur du foyer Photo Nord Eclair

Le foyer des jeunes travailleurs est un véritable hôtel tout confort qui a coûté 35 millions d’anciens francs. Son budget de financement se répartit de la manière suivante : 2,5 millions crédit HLM, 548.000 francs par la sécurité sociale et la Caf, 310.000 francs par le ministère des affaires sociales, 300.000 par la ville, 100.000 par le Conseil Général, le FAS, et le CIL. La ville de Roubaix a acheté le terrain et l’a cédé à l’office municipal HLM qui est propriétaire du terrain et du foyer, lequel est mis en location à l’A.L.J.I,  seule responsable de sa gestion. Il sera inauguré par Robert Schumann, ministre des affaires sociales en mars 1969.

Maurice Schumann inaugure le foyer Photo Nord Éclair

 

 

 

 

 

 

 

La salle paroissiale

C’est en 1952, dans le bâtiment qui allait devenir par la suite la salle paroissiale, que Marthe Lecat accueille ses premiers élèves. La configuration des locaux ne se prêtant pas aux besoins de l’école, la nouvelle école de la Sainte Famille fut érigée rue de Constantine en 1956.

Devant la salle paroissiale Coll Particulière

L’association populaire Cartigny-Hutin (A.P.C.H.) put ainsi disposer des locaux et en faire son cercle paroissial. Les familles Avet, Arickx, Balcaen, Belleverghe, Bouckaert, Crohin, Hennion, Holvoët, Lecat, Leman, Lerat, Marissal, Messen, Poucet, Prusse, Stellamans, Vanneste, Waelès (Que de là-haut nous soit pardonné un éventuel oubli !) ont grandement contribué à la bonne marche de l’association, et l’ont perpétuée en passant le flambeau à leur descendance !

Beaucoup de projets ont vu le jour dans cette salle. Parmi eux, le club des jeunes, avec billard, table de ping pong, juke-box, baby-foot, mais aussi le club de belote et de pétanque, le goûter des anciens. La sainte Famille a aussi été le témoin de nombreuses rencontres suivies de nombreux mariages !

Les enfants de la Sainte Famille Coll Particulière

Les enfants du catéchisme assistaient pour la plupart au patronage. Les sorties en autocar, au château d’Estaimbourg ou à Dadizeele, étaient vécues comme une aventure exceptionnelle. Il faut  dire qu’en ce temps-là, nous ne parlions pas encore beaucoup de vacances. Plus tard, ces escapades menèrent à la mer ou à Bellewaerde.

Les veillées de Noël étaient appréciées de tous. La crèche vivante attirait beaucoup de familles, et l’église était trop petite pour accueillir tout le monde. A l’issue de la cérémonie, les jeunes distribuaient des marrons chauds, et le pot de l’amitié offert par l’association paroissiale, faisait l’unanimité. Une tombola au profit de la Conférence Saint Vincent de Paul clôturait cette sympathqie réunion. Les enfants étaient entourés de leurs catéchistes : Evelyne Belleverghe, Patricia Bourgois, Bernadette Deroubaix, Maria Mélikeiche, Nadine Plet, Rosine Vandendriessche.

Kermesse des jeunes Photo Nord Eclair

Chaque année, la kermesse était l’occasion de se rappeler les anciens, les durs, les vétérans qui furent les piliers de toutes es batailles, et qui malgré les contraintes, connaissaient le prix du bénévolat, de l’amitié, du dévouement. Ce que nous savions faire, c’est d’eux-mêmes que nous l’avions appris, avec le secret espoir de le transmettre à nos enfants. Jusqu’au tout début des années 70, les kermesses se déroulaient sur trois jours. Elles resteront à jamais gravées dans l’esprit des paroissiens. Chacun y avait un rôle à jouer. L’installation des stands (tout en bois) sous la responsabilité de Maurice Messen, prenait quelques week-ends. Les répétitions du spectacle ou de la comédie musicale duraient un mois, sous la baguette de Marthe Lecat, qui avait fort à faire, non seulement avec les enfants et les adolescents, mais aussi avec les adultes souvent très dissipés. Michèle Hennion, styliste à ses heures, passait ses vacances à réaliser des costumes tous aussi exceptionnels les uns que les autres, et dignes des grands couturiers. Les « petites mains » confectionnaient les accessoires et les décors. Des centaines de kilos de frites, d’assiettes anglaises, de sandwiches et de crêpes étaient servies dans la joie et la bonne humeur.

Goûter des anciens Photo Nord Eclair

C’est vers 1985, à la fin d’une kermesse, que les membres de l’association dépités de rester un long moment sans se voir, décidèrent d’organiser, en plus et quatre fois dans l’année, des soirées familiales à thème. Ces rencontres furent très appréciées jusqu’au dernier buffet campagnard d’octobre 2012, qui signera la fin de l’association, dissoute le 31 décembre 2012. Les habitués du cercle, accueillis par Jocelyne Peere durant de nombreuses années, regretteront encore longtemps leur partie de cartes du dimanche matin.

Merci à Micheline Masure-Cagnet pour ce témoignage

 

 

 

Grand Marché Grand-Rue

Le magasin A la Pensée au CP Méd Rx
Le magasin A la Pensée au CP Méd Rx

L’entrée de la Grand Rue, côté pair, va bientôt accueillir une nouvelle surface commerciale. Il y a cinquante ans s’ouvrait au même endroit un magasin ultramoderne, le Grand Marché. Avant d’évoquer cet événement, il faut revenir sur la constitution de cet ensemble, n°4 à n°12, qui est bien antérieur, et que les roubaisiens ont mieux connu à une époque sous l’enseigne A la Pensée.

Le magasin Loucheur est créé en 1871 au n°10 de la Grand-Rue, c’est une mercerie tenue par le couple Loucheur-Facques. L’affaire se développe et le magasin se double du n°12, avant 1889. En 1895, le magasin de mercerie et d’articles de mode Loucheur-Facques s’est encore agrandi, il occupe désormais les n°8 à 12. En 1908, la société Loucheur Facques fait démolir la maison située au n°6 de la Grand Rue autrefois occupée par une chapellerie, et qui lui appartient, et fait reconstruire pour compléter le magasin. C’est la génération suivante, sous la raison sociale de Loucheur et fils, qui réalisera l’ensemble que nous connaissons de nos jours, du n°4 au n°12. Après la grande guerre, l’établissement Loucheur frères est un magasin de lingerie. On ne sait pas exactement quand l’enseigne « à la pensée » est apparue, mais certains cartons publicitaires l’emploient dès la première génération Loucheur Facques.

Buvard publicitaire Doc Méd Rx
Buvard publicitaire Doc Méd Rx

En 1953 le magasin est toujours au Ravet Anceau, mais dix ans plus tard, il va changer d’apparence et de vocation. En effet, en 1963, la société Loucheur propose sa nouvelle enseigne, un peu inspirée de son voisin de toujours le Bon Marché, située au n°2 de la Grand-Rue. Mais il s’agit de bien autre chose. Il est 14 heures, le 9 septembre, quand  le Grand Marché ouvre ses portes au public. On assiste à la création d’un grand magasin populaire proposant des articles de nouveautés, de bazar et d’alimentation générale, sur 1000 m² de vente, sur deux étages et autant de surface réservée aux stocks. Ce qui rompt avec la vocation première des établissements Loucheur. Un escalator permet l’accès à l’étage où se trouvent les produits d’alimentation, sous la forme d’un libre service avec des caddies. On y trouve boucherie, charcuterie, primeurs, produits laitiers.

Le Grand Marché sera inauguré le mardi 17 septembre 1963. Le directeur général de la société M. Michel Brémard et ses collaborateurs MM Brière directeur administratif, Pigny directeur commercial, et De Hooghe directeur du magasin, accueillent les personnalités au cours d’un cocktail. MM. Brière, Jacques Motte, président de la chambre de commerce, et Liébart président de l’union des commerçants du centre, rendent hommage au nom bien connu de Loucheur, à la transformation du magasin (impossible de reconnaître les lieux, selon l’un d’entre eux) et à l’évolution constante de Roubaix. Le Grand Marché fut donc officiellement installé à cette date. L’architecte de cette réalisation est le tourquennois M. Forest, et le chantier a mobilisé quelques entrepreneurs roubaisiens, parmi la quinzaine d’entrepreneurs cités : la Société Noral (41 rue Pellart) pour le bardage de façade en alliage léger, les carrelages Bonnet (158 rue de Lannoy), les Ets Jackson & Delbar (232 rue Edouard Anseele) pour l’installation du chauffage, les Ets Delannoy et Deparis (81/83 rue de l’Hommelet) chauffage et plomberie, les Ets Deschepper (63 rue de Béthune) menuiserie, aménagement intérieurs, l’entreprise Bourgois (30 rue du Trichon) couverture et plomberie, l’entreprise Zurawski (28 boulevard d’Armentières) plâtrerie et cimentage, les Miroiteries Gekière (56 rue St Hubert) miroiterie et portes en glace sécurit, et l’entreprise Fernand Gilmant (rue de Beaumont) peinture.

Vues de l’intérieur du Grand Marché Photos Nord Éclair

Le début des années soixante correspond à la période de création des supermarchés. Ainsi Auchan est-il apparu dans les quartiers sud en 1961. La Grand-Rue était alors une importante rue commerçante, qui possédait déjà son Minifix, sur le même trottoir que le Grand Marché, une vingtaine de numéros plus loin. Sans oublier le Monoprix de la rue Pierre Motte, ces deux dernières moyennes surfaces étant présentes depuis 1953, au moins. Que dire de la concurrence ainsi créée ? Au moment où nous rédigeons ces lignes, nous ne savons pas encore quand le Grand Marché a cessé de fonctionner. Il figure encore au Ravet Anceau de 1973. Les 3 Suisses vont occuper un temps cet emplacement. Qui va prendre le relais ? Cela rendra-t-il à la Grand-Rue plus d’attractivité ? Comment cette activité complétera-t-elle les commerces déjà existants ? Toutes ces questions se posaient déjà en 1963.

Les premières publicités du Grand Marché Nord Éclair

 

 

Travaux sur le pont

Le pont Saint Vincent d'autrefois, vu de la place de la Patrie CP Méd Rx
Le pont Saint Vincent d’autrefois, vu de la place de la Patrie CP Méd Rx

Depuis 1864, le pont Saint Vincent permettait de relier la rue Saint Vincent de Paul et la place de la Patrie, par-dessus la voie de chemin de fer. Nous évoquerons bientôt l’historique de sa création. Pour l’instant, nous allons aborder dans l’article présent sa modification, consécutive à la création de l’avenue des Nations Unies. Notons tout d’abord que le pont a pris le nom de la rue, qui lui fut antérieure de quelques années. Cent ans plus tard, le pont Saint Vincent, aux heures de pointe du matin, c’est 550 véhicules à l’heure dans un sens, 650 dans l’autre. Aux heures de pointe du soir, 800 dans un sens, 1.000 dans l’autre. Six kilomètres de bouchon, en moyenne.  

Le pont est aligné avec la rue de Lorraine Photo Nord Eclair
Le pont est aligné avec la rue de Lorraine Photo Nord Éclair

La réalisation d’une grande voie pénétrante entre Roubaix et Tourcoing est décidée en 1975, ce qui va entraîner un certain nombre de modifications, dont celle du pont.  Le Conseil Municipal du 16 novembre 1979 donne à la nouvelle avenue le nom de Nations-Unies. Au cours des années 1980 à 1983, les délibérations du Conseil Municipal sont abondamment marquées par les décisions prises pour le bon fonctionnement de la circulation dans cette nouvelle avenue. En Février 1982, le Pont Saint Vincent est coupé pour neuf mois, à cause des travaux pour mettre ce pont dans l’alignement de l’avenue des Nations Unies, et de la rue de Lorraine. On va également le rehausser pour permettre l’électrification de la ligne Lille Tourcoing.

Le pont est ré ouvert en novembre 1982. Photo Nord Eclair
Le pont est ré ouvert en novembre 1982. Photo Nord Éclair

Deux types de déviations mises en place : les éloignées et les rapprochées. Les éloignées, par les boulevards de Strasbourg, Metz, (Rx) des Couteaux, avenue Léon Jouhaux (Wos), pont et rue du Tilleul (Tg). Ou par les rue Carnot, de Roubaix (Tg) de Tourcoing, Collège, Grand rue (Rx). Les rapprochées : Gambetta (Tg) Alsace, Ouest, Mouvaux, Grand Chemin, ou Grand Chemin, Epeule, Arts, Boucher-de-Perthes, Mackellerie, Cuvier, Armentières, République. Après six mois de travaux, on a changé l’orientation du pont qui regarde à présent vers la rue d’Alsace (avant c’était la rue de Lorraine). On l’a aussi relevé de 80 centimètres pour permettre le passage de câbles.

L'élargissement du pont en 1983. Photos Nord Eclair
L’élargissement du pont en 1983. Photos Nord Éclair

Fin novembre, le Pont est rendu à la circulation, mais on n’en a pas fini avec lui. Il sera doublé en 1983, afin de passer les quatre voies de l’avenue des Nations Unies.

D’après l’histoire des rues de Roubaix par les Flâneurs, le journal du Comité de Quartier Fresnoy-Mackellerie, Nord Éclair

 

La disparition du petit Degas

Quand le pôle ressource Laennec ouvre en décembre 2008, le « petit Degas » était encore debout à côté du « grand Degas ». Le « petit Degas », c’est-à-dire le plus petit des deux morceaux suite à la première ouverture du bâtiment Degas pour le passage du prolongement de la rue Marlot (voir article antérieur sur ce sujet dans le blog). Il a été progressivement vidé de tous ses locataires.

Le petit Degas en passe d’être démoli Coll Particulière

En 2009, on l’a détruit afin de construire de jolies maisons avec jardins et garages. Beaucoup de vieux et de beaux arbres ont disparu, mais la qualité de vie des habitants s’est beaucoup améliorée dans leurs nouveaux logements. Puis ce fut le tour de grand terrain de football de disparaître, afin d’y construire le même type de logements, rue Charles Pranard.

Les nouvelles maisons de la rue Degas Coll Particulière

Ensuite on a attaqué la démolition des entrées C et D du « grand Degas » afin d’ouvrir une percée vers l’avenue Motte. Il y a eu beaucoup de débats autour de cette trouée, suivant les souhaits des uns et des autres. Certains voulaient des parkings, d’autres des jardins potagers, et pire encore, on envisageait d’y faire passer une ligne de bus.

Le grand Degas avant Coll Particulière

La percée a été réalisée, ce qui aère l’espace de vie, et le projet de passage d’une ligne de bus a vu le jour, du côté de la rue Michelet.

Les nouvelles maisons rue Pranard Coll Particulière

Merci à Patricia pour le texte et les illustrations.

 

 

 

La naissance de la sainte Famille

C’est le 11 janvier 1949, que le Cardinal Achille Liénart, Evêque de Lille, confie à l’abbé Alfred Potdevin la charge de fonder une paroisse dans le quartier du Hutin à Roubaix. Sous le vocable de la Sainte Famille, va naître cette nouvelle communauté chrétienne, entre le canal, le cimetière de Roubaix et Wattrelos. Investi de cette « incroyable mission », à vélo et avec entrain, l’Abbé Potdevin parcourt le quartier, qui est riche de plus de 3.000 habitants, afin de faire connaissance avec ses ouailles, et d’annoncer la bonne nouvelle : la construction d’une église dont la réalisation dépendra de leur bonne volonté. Sa parole est entendue, puisque de nombreux futurs paroissiens répondent favorablement à son appel.

L’abbé Alfred Potdevin Photo Collection Particulière

Quatre ans après la fin de la seconde guerre mondiale, le quartier bénéficiait du renouveau et du plein essor de nombreuses entreprises : la Lainière, rue d’Oran, le peignage Amédée Prouvost, rue de Cartigny, Dubar-Delespaul, Pennel et Flipo, Gallant  rue d’Alger, Olivier rue de Constantine, Lestienne, rue du Caire, Clarel rue Delespaul, pour ne citer que les plus importantes. On parlait de la future construction d’immeubles : en 1954, les appartements de la rue d’Oran, puis la cité des dominos, les appartements de la rue du Caire. Un peu plus tard, les premières tours, dont la tour du Hutin.

A cette époque la marche était pour la plupart le seul moyen de locomotion ! Pour assister à la messe dominicale, il fallait se rendre à l’église du Sacré Cœur boulevard de Strasbourg (aujourd’hui disparue) ou à Saint Vincent de Paul (aujourd’hui reconstruite). Comme il fallait agir dans l’urgence, la première messe fut célébrée le 1er février 1949, dans une maison de la rue Mazagran. Mais tout ceci ne pouvait être que provisoire, et nécessitait qu’on voie rapidement plus grand. L’Eglise se mit donc en marche, et c’est le 3 avril 1949, soit moins de trois mois après la naissance du projet que sera posée la première pierre. Sur le terrain allant accueillir le nouvel édifice, une foule de fidèles assiste à la messe concélébrée, parmi les officiants par le Cardinal Achille Liénart, Evêque de Lille, de Monseigneur Henri Dupont, Evêque auxiliaire, de Monsieur l’Abbé Alfred Potdevin, et de Monsieur l’Abbé Jacques Testelin.

L’événement dans la presse en mai 1949 Nord Éclair

Rendez-vous fut pris, trois mois plus tard, pour l’inauguration ! C’est un « sacré défi » que vont relever les membres de cette nouvelle communauté. Tout le monde s’investit tant financièrement que physiquement. C’est à celui qui achète le plus de briques, le plus de ciment, qui fournit le plus d’outils, qui se découvre de talents de manœuvre, de métreur, de maçon, de menuisier, de vitrier, de plombier et de couvreur. Les épouses et les mères assurent l’intendance. C’est une histoire de famille ! Une trentaine de gamins cassent, sans se lasser, des pierres nécessaires pour réaliser le sol de l’église et sur lesquelles sera coulé le béton. Les scouts charrient des brouettes de cailloux, de sable et de ciment sous la houlette des « chefs de chantier ». Tout se fait dans la joie et la bonne humeur, avec la même motivation pour tous. Mi-juin, le gros œuvre est déjà terminé, mais c’est le 23 juin 1949 que fut baptisée la Cloche Madeleine-Françoise, conçue et fondue, également dans le quartier. Le cérémonial se déroule selon les rites et tous les paroissiens bénéficient de la traditionnelle distribution de dragées.

La Cloche Madeleine-Françoise Photo PhW

Ce pari fou qui paraissait irréalisable pour certains, a été tenu, car le 3 juillet 1949, soit trois mois, jour pour jour, après la pose de la première pierre, l’église a été inaugurée, pleine de ces hommes et femmes qui ont cru et ont pris part à sa création. Seul le fronton, et quelques fenêtres, restaient à poser.

Le Cardinal Liénart se rendant à l’inauguration de la sainte Famille Photo Collection Particulière

Ce fut la fête dans le quartier. Les enfants, tout de blanc vêtus, les scouts, la fanfare, le clergé, les laïcs, ont parcouru les rues du quartier avant de se rendre à la Sainte Famille pour participer à la première messe. A l’issue de la cérémonie, le Cardinal Achille Liénart a remercié les bâtisseurs d’amour et de paix, en rappelant que c’est au milieu des actes de votre vie que s’accomplit l’œuvre de votre salut. Cette citation sera reprise par Monseigneur Adrien Gand, lors de la messe célébrée en plein air, pour le vingtième anniversaire de la paroisse en 1969, qui fut suivie d’un repas où tous les fidèles furent conviés.

La Chapelle de la Saint Famille CP Collection Particulière

 

Merci à Micheline Masure-Cagnet pour ce magnifique témoignage, et ce n’est qu’un début !

Les commerçants du Lido

Les commerçants du Lido ont tous adhéré à l’Union Commerciale du Centre, ce qui entraîne fin 1965 la formation d’un nouveau comité de commerçants de la rue de Lannoy restante avec l’unification des deux tronçons Belfort Guesde et Guesde Fraternité, soit 150 commerçants. Ainsi la rue de Lannoy a-t-elle survécu à l’amputation du début de son parcours.

Publicité Lido parue dans Nord Eclair
Publicité Lido parue dans Nord Éclair

Les anciens commerçants de la rue de Lannoy ont gardé tout leur savoir-faire pour l’organisation des campagnes commerciales. C’est ainsi qu’en décembre 1965, ils lancent l’opération « les dindes au champagne au Lido ». Le 1er mars 1966, à l’occasion du premier anniversaire, le géant Atlas visite le Lido, et donne le coup d’envoi des manifestations commerciales du 3 au 19 mars. Un grand concours anniversaire est lancé, « donnez votre avis sur le fonctionnement du Lido », basé sur le classement des six avantages importants du centre commercial : concentration des magasins et choix, cadre agréable, économie de temps pour les achats, magasins modernes et attractifs, pas de circulation automobile, parking attenant au centre. Nous n’avons pas trouvé le classement idéal, mais ces six critères décrivent le commerce moderne, qui anticipe bien entendu le futur Roubaix 2000.

 

Les n°4 et 12 (Roubaix ameublement)

En mars 1966, les commerçants s’expriment dans la presse. M. Gamin (au n°19 du Lido) trouve l’expérience excellente, affirme que la clientèle ancienne a suivi, et qu’une nouvelle est venue. La gare routière ELRT est toute proche, c’est un avantage, et le centre commercial présente une belle vue. Il manque toutefois une surface de stockage plus importante. M. Gazier (au n°8 du Lido) : pour les affaires, le bilan est positif, il n’y a rien de négatif dans cette opération, mais il pense déjà aux efforts pour le nouveau centre commercial. M. Duvet Dupreelle : (vice-président du Lido commerce d’ameublement) malgré un démarrage lent, nos commerces ont monté leur standing d’un cran en venant ici, mais finalement ça marche. Un point noir toutefois, l’accès difficile au Lido pour les piétons qui viennent de la rue Pierre Motte. M.Devaux (trésorier du Lido, droguerie) dit qu’il est difficile de comparer, le chiffre d’affaires est en hausse, mais les charges également. Les points forts sont la parfaite entente entre les commerçants, les magasins sont attractifs, à proximité de la bibliothèque, de la caisse d’épargne, de la mairie, de la poste. Le parking est en zone bleue, tout ça est parfait. Il faudrait cependant faciliter la traversée aux piétons de la rue Pierre Motte. M. Jankielewicz (président des commerçants du lido, vêtements) : il règne une bonne entente entre les commerçants, le bilan des affaires est positif, l’ancienne clientèle a suivi en partie, et une nouvelle est venue. Les souhaits des commerçants du Lido sont les suivants : prévoir un logement plus proche pour les commerçants, poursuivre l’éclairage tardif des vitrines, et rendre la traversée de la rue Pierre Motte plus facile.

 

N°30 (Papillon Bonte)

En 1967 Le Lido se présente comme le paradis du lèche-vitrine et du shopping, et en  novembre, les commerçants organisent « la farandole des automates » dans leurs vitrines, en quelque sorte, une promenade spectacle…Un grand tiercé gratuit des automates est organisé avec le patronage de Nord Éclair et de la Caisse d’épargne.

Les n° 31 (Lucien) n°32 (Violette) et n°18 (Nord Matin) Collection particulière

En mars 1967, les commerçants s’expriment à nouveau sur leurs affaires et la perspective du nouveau centre commercial de la rue de Lannoy. Mme Devaux (droguiste) se félicite du dynamisme et de la solidarité des commerçants du centre. L’arrivée de nouveaux locataires dans le bloc Anseele a renforcé la clientèle. La transition avec le futur centre commercial n’est pas automatique pour elle, car il faut voir les conditions financières et la situation du travail à Roubaix. Le chauffage moderne de M. Dujardin se porte bien. Le déplacement vers le centre urbain a entraîné une modification de la clientèle, on achète beaucoup moins à crédit ! Le commerçant rassure sa clientèle, les prix et l’accueil n’ont pas changé pour autant. Pour le futur centre commercial de la rue de Lannoy, n’a-t-on pas vu trop grand ? Les jeunes ne s’intéressent plus à la profession commerciale, il faut cependant de la jeunesse et du dynamisme pour un tel centre. Les établissements Blondeau (vêtements) constatent un fléchissement du pouvoir d’achat sur Roubaix, malgré un superbe équipement et le fait que les articles de qualité, bien que plus coûteux, prennent un part plus importante dans le chiffre d’affaires. Le futur centre commercial a l’avantage de regrouper tout ce que l’acheteur recherche, mais il faut voir les conditions et peut être faut-il une période transitoire pour préparer la clientèle à  changer de magasins. Jean Papillon (chaussures) signale que le Lido ne fait que progresser, la formule de l’allée à piéton est un succès. Cette expérience fait école, des représentants de la ville de Metz sont venus voir. Tous les corps de métier sont représentés, cela contribue au succès. On vient au centre en famille, ce qui n’était pas le cas avant. Il manque cependant les commerces traditionnels (boucheries, épiceries, boulangeries), dont le nouveau centre de la rue de Lannoy sera pourvu. Il faut encore faciliter l’accès aux piétons, car traverser la rue Pierre Motte n’est pas une sinécure. M. Oteman (magasin le Rouet) confirme le progrès par rapport à la rue de Lannoy, mais il se plaint des charges, de la situation locale du travail, et du fait que la vie dans le nord est plus chère qu’ailleurs. La formule Lido est payante, car il y a de nouveaux clients, mais le centre n’est pas encore assez connu. 

 

 

Le déplacement du monument

C’est en juin 1990, qu’on apprend le déplacement imminent du monument de Jean Lebas, pour cause d’aménagement de l’interconnexion bus Mongy métro, qui sera installée à proximité de Motte-Bossut. La future station de métro Roubaix 2000 sera la première à être achevée sur le territoire roubaisien. La CUDL demande donc à la mairie de déplacer le monument. Il n’est pas question de détruire, juste déplacer, mais où ?

L’emplacement initial CP Méd Rx

En juin 1945, la notification officielle du décès de Jean Lebas parvient à Roubaix. Le député maire de la ville, ancien ministre, est mort d’épuisement au camp de Sonnenburg en Prusse Orientale, où il était retenu prisonnier. En 1948, un comité a recueilli des fonds pour l’érection d’un monument à sa mémoire. Ce monument se dressera à l’entrée du boulevard Gambetta, à proximité de la Place de la Liberté. Comme la semelle qui supportera le mémorial fait vingt mètres de long sur douze de large, il faudra modifier la configuration du boulevard. A cette époque, le boulevard Gambetta est encore constitué d’une chaussée centrale avec deux terre-pleins latéraux, plus deux bas côtés pavés de 9 mètres de large. Il faudra donc modifier le profil du boulevard, qui aura désormais deux chaussées latérales avec un terre-plein central. Les chaussées pavées seront supprimées. On envisage d’ores et déjà la construction d’un nouveau pont pour relier le boulevard Gambetta avec la place Chaptal. Le réaménagement de la partie du boulevard entre la place de la Liberté et la rue Pierre de Roubaix entraînera une déviation par la rue Bernard (aujourd’hui rue Jules Watteuw) pour les véhicules allant vers le canal.

Configuration initiale du boulevard CP Méd Rx

En janvier 1949, après que le boulevard Gambetta ait été modifié, la construction du monument démarre et on prévoit l’inauguration le 1er mai. L’auteur de l’œuvre est le sculpteur roubaisien Albert Dejaeger, grand prix de Rome, et la Maison Ferret marbrier, 210 Grand-rue, spécialiste de la belle pierre, est chargée du chantier. L’ensemble représente une colonne de douze mètres sur laquelle se trouve le buste de Jean Lebas, vers lequel deux statues allégoriques la France et Roubaix élèvent leurs bras désespérés. Derrière la colonne, une autre figure symbolique représente un ouvrier en tenue de travail. On peut lire sur la colonne qui était Jean Lebas, quel rôle il a joué pendant les deux guerres mondiales. Ce monument est finalement inauguré le 23 octobre 1949, et l’on craint déjà que les inscriptions qui sont en bronze métal, s’oxydent et que le vert de gris se délaie sous l’action de la pluie, en coulées salissantes. Deux ans plus tard, les corps de Jean Lebas et de son fils seront ramenés à Roubaix.

Démontage, numérotation, remontage Photos Nord Éclair

La CUDL avait prévu de démonter le monument, de le stocker pendant trois ou quatre ans, soit la durée des travaux du métro, et de le remonter une fois les travaux terminés. Les roubaisiens ne sont pas d’accord, pour des raisons sentimentales, mais aussi financières. Le coût de l’opération se monte à 50 millions de centimes, et il sera pris en charge par la CUDL, si on le remonte tout de suite. Il faut donc trouver un emplacement de manière urgente.

Après concertation avec le Parti Socialiste, plusieurs propositions sont émises : le mettre à hauteur de la rue Henri Dunant, mais c’est encore trop près de l’installation métro. Le situer à l’angle de la rue Pierre de Roubaix et du boulevard Gambetta près de la Caisse d’Allocations Familiales, sur un terrain lui appartenant. On mettra là un chapiteau de l’ancien hospice Blanchemaille. Autre emplacement proposé : avenue des nations unies sur un terrain situé face au centre d’action sociale  On propose place de la gare, au dessus de la station qui s’appellera aussi Lebas, mais cela masquerait la gare, et la place est trop petite. On parle du Rond Point de l’Europe…Mais on va rester sur le terre plein du boulevard Gambetta, à hauteur de la CAF. Le monument sera retourné vers le pont qui permet d’accéder à Wattrelos.

Le monument Lebas aujourd’hui

En juillet,  l’entreprise Cazeaux de la Chapelle d’Armentières est chargée de démonter, et de numéroter les morceaux du monument. Le monument Lebas est désassemblé comme ces châteaux écossais achetés par des milliardaires américains, dit la presse. Dès octobre, on reconstruit…

Vie et mort de Saint Antoine

L'église Saint Antoine de Padoue CP Méd Rx
L’église Saint Antoine de Padoue CP Méd Rx

Les habitants du Fresnoy dépendaient de la paroisse Notre Dame avant que ne soit édifiée l’église Saint Antoine de Padoue, sur l’initiative du Chanoine Evrard, doyen de Notre Dame. Elle est construite en 1897 sur les terrains de la ferme Ducatteau Six. L’autorisation de célébrer le culte se fait attendre et c’est seulement le 12 août 1900 qu’elle sera consacrée et ouverte au public. A cette occasion, une superbe cérémonie sera conduite par le Chanoine Evrard devant une foule énorme de fidèles, et l’abbé Dehaeze, qui sera son premier curé, monte en chaire et prononce un sermon de circonstance. Il rend ensuite hommage aux dames de l’œuvre de Sainte Élisabeth, à la société chorale Saint Antoine, à la fanfare La Liberté qui contribue à la fête par l’exécution d’un morceau d’un grand effet. Sous le ministère de l’abbé Marais, il y aura la création d’une maison pastorale rue de Remiremont, d’une école de filles en 1909 et de garçons en 1913, d’un cercle d’études, de deux patronages. Les orgues seront installées en 1926.

Collection particulière
Collection particulière

Avril 1990, c’en est fini de l’église Saint Antoine. L’abbé Gand, qui dirigeait l’archiprêtré de Roubaix, disait que ce local n’était plus adapté à la vie de la paroisse. Trop grand, trop abîmé, trop vandalisé. L’évêché a décidé de démolir. La ville a donc accordé le permis de démolir. Aurait-on pu utiliser le bâtiment qui n’était pas en si mauvais état ? On aurait pu y installer un très beau marché couvert, mais non. Que fera-t-on des terrains ?

Les derniers jours de Saint Antoine Photo Nord Eclair
Les derniers jours de Saint Antoine Photo Nord Éclair

En fait, il y eut trois destructions : l’église, le presbytère et l’école. On démolissait beaucoup à Roubaix à cette époque : les magasins généraux, l’église Saint Rédempteur, la maison des docteurs, une grande partie de la rue de la fosse aux chênes, et bientôt l’église Sainte Bernadette. Le 7 septembre, c’est la fin de l’édifice, et commence le temps de la récupération : les cloches partiront pour la nouvelle église Saint Rédempteur au Pile. Le 15 septembre 1990, c’était la sixième édition de la journée des monuments historiques, qui allait devenir européenne, et que nous connaissons aujourd’hui sous l’appellation journées du patrimoine.