Bibliothèque et félicitations

En séance du conseil municipal du 2 avril 1952, Albert D’hondt lit une lettre reçue du Ministre de l’éducation nationale, suite à une inspection de la bibliothèque municipale. Cette lettre est datée du 29 mars et elle est adressée au Maire de Wattrelos.

Elle évoque une tournée d’inspection dans un certain nombre de villes industrielles. L’inspecteur M. Brun a été vivement frappé par l’installation de la bibliothèque de Wattrelos.

Le local avec ses vues largement ouvertes d’un côté sur la Grand Place, et de l’autre sur des jardins, le choix pertinent du mobilier, la méthode avec laquelle les livres ont été placés de façon rationnelle et mis à la libre disposition des emprunteurs, tous ces éléments qu’on trouve réunis, et que j’apprécie tout particulièrement, vous ont permis de réaliser une bibliothèque accueillante et attractive qui fait honneur à l’administration de la ville de Wattrelos.

Cette réussite pour laquelle je vous adresse mes sincères félicitations ne manquera pas de susciter une heureuse émulation et notre inspecteur général n’a pas manqué toutes les fois où il en a eu l’occasion de conseiller aux autorités municipales et aux bibliothèques des villes voisines de s’inspirer de votre exemple.

Soucieux de vous marquer de manière tangible l’intérêt que je porte à votre entreprise et à son succès, je me fais un plaisir de vous accorder une subvention de 60.000 francs sous forme d’un envoi de livres, et pour répondre au vœu formulé par votre secrétaire général M. Ghetemme qui avec l’aide de M. Erkens veille à l’organisation de votre bibliothèque, je vous ferai adresser des listes de livres de technique, d’instruction artistique et d’ouvrages pour la jeunesse, afin de faciliter votre choix.

Le courrier est signé de la main de M. Cain directeur des bibliothèques de France pour le Ministre et par son autorisation. Il s’agit de Pierre Olivier Lapie, ministre de l’éducation nationale étiquette SFIO.

Il faut rappeler que la bibliothèque wattrelosienne a été inaugurée en mars 1951, soit un an à peine avant ce courrier. Telle qu’elle est décrite, on comprend qu’elle n’est pas à l’emplacement de celle que nous connaissons à présent. Par ailleurs, les archives ont-elles conservé ce précieux document et la liste des livres envoyée par le Ministère ? Des recherches à mener…

Les boissons au quinquina

Les boissons au quinquina sont des boissons qui contiennent des extraits d’écorce de quinquina, un arbre originaire de la cordillère des Andes. Cette écorce est naturellement riche en quinine, une substance qui apporte une amertume très caractéristique.

La plante quinquina doc Distillerie de Paris

On trouve du quinquina dans le Tonic (ou Schweppes). C’est la boisson au quinquina la plus célèbre au monde. À l’origine, au XIXe siècle, les soldats britanniques stationnés en Inde consommaient de la quinine pour se protéger du paludisme. Comme le goût était extrêmement amer, ils ont eu l’idée de la diluer avec de l’eau gazeuse et du sucre, créant ainsi l’ « Indian Tonic ».

Il y en a aussi dans les Apéritifs Traditionnels (avec alcool). En Europe, et particulièrement en France et en Italie, le quinquina a donné naissance à toute une catégorie d’apéritifs à base de vin (souvent appelés « quas » ou « quinquinas ») : Le Dubonnet est créé en 1846 à Paris pour inciter les soldats de la Légion étrangère à consommer de la quinine. Le Byrrh est originaire du Roussillon, il mélange des vins du Roussillon et des infusions de plantes et de quinquina. D’autres exemples régionaux qui utilisent cette même amertume : Le Lillet / Le Bonal.

Pub Byrrh 1912 JdeRx

Le quinquina donne une amertume « propre » et persistante en fin de bouche. Aujourd’hui, les boissons de type Tonic contiennent beaucoup moins de quinine qu’autrefois, juste assez pour donner cette saveur rafraîchissante sans être trop agressive, souvent équilibrée par des notes d’agrumes (citron, orange amère).

Une directrice d’école honorée

Mme Desplanque directrice de l’école des filles se voit remettre les insignes de chevalier de l’Ordre des Palmes Académiques un beau dimanche de 1961. La salle des fêtes municipales a accueilli la cérémonie à laquelle de nombreux amis et collègues de l’impétrante assistaient.

M. André Kerkhove maire de Leers a accepté la présidence du comité d’organisation et à ses côtés il y avait Melle Colon inspectrice, Melle Leclercq représentant le corps enseignant et MM. Vanderpote directeur, Deffrenne président de l’Amicale Laïque et Melle Leroy déléguée cantonale.

La remise des insignes doc Nord Matin

Melle Leclercq collaboratrice de Mme Desplanque retrace la carrière de sa collègue : après avoir exercé à Roubaix puis à Flines lez Raches en 1938, elle arrive à Leers en 1945 et depuis jamais elle ne cessa de se dévouer au service des enfants. Elle joignit également ses efforts à ceux de l’Amicale laïque pour cntribuer au développement de l’école laïque et des oeuvres post-scolaires. Elle prit notamment part dans l’extension de l’Avenir Leersois, pour lequel elle inculque à ses élèves l’amour du sport et leur fait connaître les joies du stade.

Le maire y va de son compliment en disant que quand on connaît le rôle de l’institutrice on peut parler davantage de vocation que de profession.

Melle Leroy remercie Mme Desplanque de l’avoir choisie comme marraine dans l’ordre des Palmes Académique et lui remet les insignes. Les élèves de l’école Lannoy Blin interprètent alors un chœur avant que des fleurs soient remises à Mme Desplanque.

À Leers, l’établissement public correspondant (souvent nommé Blin / Péri) fait partie du Groupe scolaire du Centre, qui regroupe une école maternelle et une école élémentaire, au 25 de la rue Jean Jaurès à Leers.

Des souvenirs concernant Mme Desplanque ? À vos commentaires…

Septembre 1906

Le journal des sports de septembre 1906

Football. Le 31 août à neuf heures, salle du Racing à l’Hôtel Ferraille, a eu lieu la réunion de section du RCR. Le calendrier de septembre a été remis aux membres de l’équipe première. Puis l’on a procédé à l’élection du capitaine, et c’est le sympathique Emile Sartorius qui a été choisi par ses camarades.

Émile Sartorius par Grégoire Delloye

Tir. La société Saint-Sébastien établie rue d’Hem organise pour le dimanche 2 septembre un tir de 250 francs. Au dessus de 50 tireurs il sera remis sur la perche un oiseau par tireur. Inscription et mise se feront chez Mme Veuve Dewispelaere en face de la perche.

Affiche expo Tourcoing Coll. Particulière

Football. Dans le cadre du tournoi de football de l’exposition de Tourcoing, l’Union Saint-Gilloise a battu l’Union Sportive Tourquennoise par 1-0. Malgré la chaleur tropicale, le match a été superbe d’un bout à l’autre. But de Vignaud pour l’Union Saint-Gilloise au cours de la seconde mi-temps. Les Belges sont donc qualifiés pour la demi-finale.

Course à pied. La course Roubaix Lille (sixième édition) a été remportée par le vétéran Robert Donat du Club des Sports. Son collègue de club Missant est parti trop vite et a été rejoint au contrôle de Lille, il a abandonné à Mons-en-Baroeul alors qu’il était second.

Football. La commission de football-association du Comité du Nord (U.S.F.S.A.) communique le calendrier et les engagés pour la saison 1906-1907. Les clubs engagés sont l’Union Sportive Tourquennoise, le Stade Roubaisien, le Racing Club de Roubaix, l’Olympique Lillois, l’Iris Stade Lillois. La compétition se déroulera du 4 novembre 1906 au 3 février 1907.

Louis Trousselier site Gallica

Cyclisme. Paris-Tourcoing le 23 septembre dans le cadre de l’exposition. Cette course de 270 kms réunit les plus grands noms, tel Maurice Garin qui fait son grand retour depuis deux ans. C’est Louis Trousselier qui l’emporte devant Passerieu qui bat au sprint Aloïs Catteau le régional de l’étape. Crupelant est sixième. Garin a abandonné à Saint Quentin démoralisé après plusieurs crevaisons.

Football. La finale du tournoi de l’exposition oppose l’Union Saint-Gilloise au Football Club de Bruges. Les premiers ont vaincu en demi finale l’Olympique lillois. Les Brugeois ont disposé de l’US Boulonnaise. C’est l’Union Saint-Gilloise qui remporte le match par 2-1.

La disparition des rails

La fin des tramways urbains de Roubaix-Tourcoing (réseau ELRT) s’effectuera de 1951 jusqu’en 1956. Confrontée à des pertes financières et à la vétusté, la compagnie remplace progressivement ses lignes par des autobus, les premières suppressions majeures (lignes D, H, LN) commençant cette année-là. En juin 1951, le conseil municipal roubaisien a souhaité l’arrivée des autobus. Le 27 avril 1952, un protocole d’accord concernant la prorogation de la concession et la modernisation des réseaux est signé entre les maires de Roubaix et Tourcoing et la société ELRT, qui valide entre autres décisions la transformation des lignes de tramways en autobus, selon un calendrier pré établi.

L’enlèvement des rails rue Daubenton photo NE

En 1951, les lignes urbaines et suburbaines, dont la ligne D (Roubaix – Mouvaux) et H (Roubaix – Leers), sont les premières à être remplacées par des bus. Des autobus de marque Chausson, remplacent les motrices électriques de la compagnie. En juillet 1956, la quasi-totalité du réseau urbain de Roubaix-Tourcoing a disparu, excepté le « Mongy » (ligne Lille-Roubaix-Tourcoing) .

L’enlèvement des rails boulevard Leclerc photo NE

Les tramways ont disparu mais il faut à présent enlever les rails, les pylônes. Le trajet de la ligne F représente soixante deux kilomètres de rails à enlever ! On s’y emploie à une cadence accélérée. Mais on estime qu’il faudra près d’un an pour en venir à bout. Après avoir démonté les fils aériens, les ouvriers s’attaquent aux rails, ce qui entraîne de véritables chantiers qui nécessiteront de réparer la chaussée défoncée.

La disparition des trams fut un événement heureux pour les cyclistes, pour lesquels les rails étaient de véritables pièges, fauteurs de chutes !

Alphonse le bourleux

Nous avons déjà évoqué le géant Don Carlos Charles Philippe de la Mottelette qui a été créé en 1959 par un comité de riverains formé dans le quartier de la Mottelette. Il est aussi connu par les adeptes du patois comme étant l’Ro des Minteux. Haut de 4 mètres et pesant près de 150 kilos, il rappelle l’image de ces travailleurs à domicile que l’on appelait autrefois travailleurs à l’otil. On peut l’apercevoir dans l’entrée de la mairie de Leers.

Alphonse le bourleux doc Mairie de Leers

Mais un second géant leersois est né le 1er octobre 2011 : Alphonse le bourleux. Il mesure 4 mètres de hauteur et pèse 57 kilos. Fabriqué en osier et en rotin, il représente le bourleux typique du Nord. On peut l’apercevoir lors des fêtes leersoises.

La bourloire Saint-Louis doc Mairie de Leers

Ce géant rend hommage au jeu de bourles. Il rappelle que les bourloires étaient nombreuses à Leers. L’excellent ouvrage Leers mon village en a dénombré seize sur le territoire de la commune, réparties en six bourloires extérieures, trois bourloires de salon et sept bourloires couvertes. La bourloire du Cercle Saint-Louis, classée à l’inventaire des Monuments Historiques depuis 2006, perpétue la tradition du jeu de bourles, connu dans notre région depuis le Moyen-âge.

La Filature Saint Liévin

Wattrelos a accueilli sur son large territoire plusieurs grandes entreprises textiles : ainsi dès 1845 c’est le tissage D’Halluin-Lepers qui s’installe, suivi 20 ans plus tard, par l’usine Leclercq-Dupire, à cette époque première fabrique de Wattrelos, avec 600 ouvriers. Le peignage Amédée-Prouvost est transféré du centre de Roubaix à la limite des deux communes puis, non loin de là, en 1912, est créée La Lainière de Roubaix, dont la plus grande partie des installations est située sur Wattrelos. Après la première guerre, l’industrie textile se relève et d’autres sites sont créés, comme la filature Saint Liévin.

Désireux de se mettre à son compte, après son mariage en 1900, Louis Mulliez Lestienne avait ouvert une petite affaire de retordage de laine. L’entreprise démarre vite, se développe, mais sera durement affectée par la Première Guerre mondiale. En 1923, avec son ami Jules Toulemonde, qui exploite un tissage de laine, Louis Mulliez entreprend de monter une nouvelle affaire, de filature et de peignage de laine cette fois. C’est l’acte de naissance des filatures de Saint-Liévin.

L’usine principale s’installe à Wattrelos. Spécialisée dans le filage et le traitement de la laine (notamment le fil à tricoter), l’usine s’installe sur un site immense de près de 9 hectares, stratégiquement situé à Wattrelos, près du centre-ville sur le lieudit les Près. L’accès principal historique et les bâtiments administratifs de l’usine se situent le long de la rue Édouard Vaillant (notamment autour des numéros 57 à 88).

Vue aérienne de l’usine doc IGN

Dans les années 1940, sous l’impulsion des enfants de Louis Mulliez, l’entreprise innove de manière décisive. C’est la naissance de la marque Phildar (contraction de Fil d’Art), qui s’appuie directement sur la production de la filature de Wattrelos. Phildar ouvre ses premières boutiques et développe un système de franchise ultra-performant. Dans les années 1950-1960, la marque devient le leader incontesté du fil à tricoter en France, employant des milliers de personnes.

Produit Phildar Site Tricolaine

Au plus fort de son activité, durant les décennies glorieuses du textile de la région de Roubaix-Tourcoing (notamment dans les années 1960 et 1970), le site wattrelosien a compté plus de 1 000 salariés et ouvriers.

À la suite du déclin progressif de l’industrie textile en France et des restructurations successives, les effectifs ont massivement diminué jusqu’à la fermeture définitive de l’usine en 2004, laissant derrière elle une friche industrielle de 9 hectares. À partir de la fin des années 1970, le secteur textile du Nord subit de plein fouet la crise, la concurrence internationale et les délocalisations, et la filature Saint-Liévin n’échappe pas à cette dynamique. Après plus de 80 ans d’existence, l’usine ferme définitivement ses portes en 2004, laissant derrière elle une immense friche industrielle au cœur de la ville et une vive émotion chez les Wattrelosiens.

L’ancienne filature Saint-Liévin occupait un très vaste site industriel situé en plein cœur de la ville de Wattrelos. Fermée au début des années 2000, cette friche a laissé place à la création d’un tout nouveau quartier mixte : le quartier de l’Hippodrome.

Juillet 1906

Le journal des sports de juillet 1906

Cyclisme. Le Grand Prix de l’exposition de Tourcoing au Vélodrome de Roubaix. C’est un véritable championnat du monde auquel vont assister les amateurs de cyclisme. Les meilleurs champions des diverses nations européennes seront présents : Rutt (Allemagne) Schilling (Hollande) Gardelliu (Italie) Rettich (Suisse) Nédela (Russie) Heller (Autriche) Dupré, Comès, Marcelli, Henry, Boutellier (France). Les diverses épreuves se déroulent avec un temps magnifique. Le Grand Prix de l’Exposition est remporté par Rutt au sprint devant Schilling et Rettich. Des réclamations sont déposées, une altercation se produit entre Rettich et Schilling, mais on sépare les combattants. Pour la course des primes, Bouteillier remporte facilement les quatre premières manches. La course de tandems voit la victoire de Bouteillier Schilling devant Marcelli Rutt. La Grande Harmonie vient clore la séance en musique.

Athlétisme. Un roubaisien champion de France du lancement du disque. Louis Vasseur du Stade Roubaisien s’est classé premier en battant tous les spécialistes de la capitale.

Tour de France. C’est la 4e édition. Première étape Paris Lille (275 kms). L’événement fait l’objet d’un encart particulier dans le journal. Émile Georget gagne devant Passerieu et Trousselier. Le tourquennois Catteau est 8e, le roubaisien Crupelandt est 20e. La deuxième étape mène les coureurs de Douai à Nancy (400 kms). René Pottier gagne devant Petit-Breton et Deboeuf. Émile Georget est quatrième. Alois Catteau est 11e, Charles Crupelandt n’a pas pris le départ, il a abandonné.

Courses hippiques. L’été est le moment privilégié des courses hippiques. On retrouve des annonces des hippodromes de Maisons-Lafitte, d’Ostende, de Saint-Omer, de Compiègne, de Courtrai…

Alois Catteau Champion belge et tourquennois doc Gallica

Le Tour de France 1906, s’est déroulé du 4 au 29 juillet 1906 sur 13 étapes pour 4 545 km. Il s’agit du second Tour de France à utiliser un système de points (et non au temps) pour calculer le classement général. Les nouveautés de cette année sont des passages à l’étranger (Allemagne, Italie et Espagne) et la flamme rouge. René Pottier a pris une belle avance dans les premières étapes. Il va dominer toute la course.

Tour de France 1906. Initialement, 100 coureurs sont inscrits à la course, 78 signent la feuille de départ de la première étape, finalement seuls 76 d’entre eux prennent le départ. Seulement 49 cyclistes terminent la première étape, 37 la deuxième étape, 29 la suivante et 16 la huitième. À ce stade, les points donnés dans les huit premières étapes sont redistribués entre les coureurs restants en fonction de leurs positions dans ces étapes. À la fin du Tour de France, le nombre d’arrivants est de seulement 14. Alois Catteau, le coureur belge et tourquennois, à qui l’Auto a donné du roubaisien, termine finalement 6e du classement général. Il court sur Alcyon Dunlop, comme les frères Georget.

Souscription pour Alois Catteau doc JdeRx

À son retour Aloîs Catteau est accueilli par ses nombreux supporters qui ont lancé une souscription pour le remercier de ses efforts. Le tourquennois reprend ses activités de marchand de cycles à Tourcoing.

Pub Catteau doc JdeRx

Les trois moulins de Leers

Alors que les fêtes du moulin honorent leur rendez vous de juin, comme chaque année, avec une braderie et des animations sur la plaine du Moulin, il est bon de se souvenir que Leers eut autrefois trois moulins sur son territoire. C’étaient des moulins à vent car il n‘y avait pas de cours d’eau susceptible de prêter à leur manœuvre.

Les trois moulins sur la carte
doc ADN

Ils existaient tous en 1870. Le premier, à son origine était construit en bois et se trouvait, se trouve encore sur la colline du Quevaucamp, longé par une route appelée jadis carrière du Moulin, devenue un peu plus tard rue Hoche. Ce moulin dont nous avons déjà parlé a l’aspect d’une imposante tour en briques dont les murs de base font 70 centimètres d’épaisseur pour finir à son sommet avec 30 centimètres d’épaisseur. Les Leersois consultés par voie de référendum se prononcèrent pour sa réhabilitation (voir notre article à ce sujet).

Les deux autres moulins se trouvaient dans la rue de Wattrelos et sont aujourd’hui disparus. L’un construit en bois était appelé Moulin Druon du nom de celui qui en avait la charge. Il était utilisé au broyage des graines de lin et de colza pour la fabrication de l’huile. Tombé de vétusté en 1918, il se trouvait aux alentours du 46 de la rue de Wattrelos, non loin de la cité Bauwens.

L’autre se trouvait de l’autre côté de la rue et on l’utilisait sans doute pour la mouture du blé, ce qui n’est pas confirmé vu le souvenir très lointain qu’il a laissé aux leersois. Ces deux moulins appartenaient à la famille Lezaire puis devinrent la propriété des familles Courier et Salembier.

Le moulin actuel doc Cirkwi

Revenons au survivant, qui fut érigé en bois vers 1836 et exploité par Simon Hubert Fourez qui décéda en 1847. Sa veuve Lucie-Marie Delneste poursuivit l’exploitation avec ses quatre enfants. Vers 1852, le moulin fut abattu par un coup de vent et Mme Fourez le remplaça par un moulin en briques. Son fils Simon Fourez l’exploita juqu’à sa mort intervenue en 1893. En 1895, les frères Derache, neveux de M. Fourez, lui succèdent. Ils utilisent le moulin pour moudre le blé et le seigle, dont le grain provenait d’autres contrées.

Le moulin cessa toute activité en 1914 à cause de la guerre. Le meunier n’acceptait plus que de moudre de petites quantités pour satisfaire ses clients et de ce fait il devait souvent arrêter la marche de son moulin. Un général allemand de passage remarqua les mouvements du moulin et imagina qu’il renseignait les Français sur les mouvements de troupe allemands. Arthur Derache échappa de peu au poteau d’exécution, un caporal allemand ayant intercédé en sa faveur. Le moulin lui s’arrêta définitivement.

D’après Nord éclair

On consultera avec intérêt l’article de fond consacré aux moulins de Leers par l’association Leers Historique.

Alfred Damez chroniqueur sportif

Alfred Damez est né à Audruicq dans le Pas de Calais le 18 décembre 1870. Après ses études, il entra dans l’administration des finances et vint s’installer comme percepteur à Roubaix en 1894. Son esprit d’organisation et sa vive intelligence l’incitent à développer son activité, ainsi devient-il secrétaire général fondateur de la Fédération Industrielle et commerciale de Roubaix Tourcoing. Puis il fonde le Comptoir Cotonnier Français, organisme collectif d’exportation en 1918. il en assure le secrétariat général ainsi que celui du Syndicat des fabricants de tissus de Roubaix-Tourcoing. Il prendra une part primordiale dans le fonctionnement des principaux groupements textiles tels que la Fédération lainière internationale, le Contentieux général des industries textiles, ou encore l’Association française des fabricants de tissus, l’Union française des filateurs de laines peignées, et le Comité central de la laine dont il sera le directeur.

Alfred Damez 1870-1956

Voilà un homme important et déjà fort occupé. Cependant il intéresse particulièrement le monde sportif, car il fut chargé de la rubrique sportive du Journal de Roubaix avant la première guerre. Grace à lui nous sommes informés sur l’évolution du sport en ce début de vingtième siècle. Il collabora aussi à d’autres hebdomadaires. Alfred Damez était un passionné de sport, et il ne se contenta pas d’écrire, il fut le premier animateur du Nord Touriste dont il fut le secrétaire général fondateur. Il apporta également son concours au développement de l’Automobile Club du Nord de la France. Il obtint les palmes académiques en 1906 et de nombreuses autres décorations, dont la rosette d’officier de la Légion d’Honneur en 1936. Il est décédé à Paris le vendredi 10 février 1956 après une vie bien remplie.