Le Crétinier Palace

Le 25 septembre 1937 on procède à l’inauguration d’une nouvelle salle de cinéma au Crétinier. Elle se trouve au milieu de la rue de Tourcoing (aujourd’hui la rue Saint Vincent de Paul), en plein centre du populeux quartier du Crétinier à Wattrelos. C’est un splendide cinéma, dénommé le Crétinier Palace, présentant de nombreuses qualités d’esthétique, de sécurité, d’hygiène et de confort. Il est l’œuvre de l’architecte Adrien Moerman. À cette soirée d’ouverture étaient présents plusieurs personnalités de Wattrelos et des environs et de nombreux invités. La Philharmonie du Crétinier exécuta plusieurs morceaux qui furent très appréciés. Les spectateurs assistèrent ensuite à la projection de plusieurs films. Cette séance inaugurale démontra la perfection des appareils cinématographiques. Un vin d’honneur fut servi aux invités.

Le Crétinier Palace Dimanche du JdeRx

Les artisans qui collaborèrent à la construction de l’édifice sont les suivants : le gros œuvre fut confié à l’entreprise Augustin Léon Masquilier de Tourcoing, et notamment le beau travail de la tribune en béton armé. Les établissements Beuque et Roubaix Tourcoing 23 rue d’Amsterdam à Tourcoing se sont occupés de la charpente métallique et de la ferronnerie d’art. Les voutes, voussures et toute la décoration intérieure traitées au staff, offrent un aspect plaisant. Ce travail soigné est l’œuvre de la maison Louis Allard 24 rue Notre-Dame à Roubaix dont l’excellente réputation pour ce genre de travaux est le fruit d’une longue expérience. Les travaux de carrelage et de parquets ont été réalisés par la maison Dermaux et fils 63 rue de la Cloche à Tourcoing, toujours qualifiée pour mener à bien et dans les plus brefs délais les travaux qui lui sont confiés.  Pour les travaux de plomberie, (canalisations, installations sanitaires et postes d’incendie) c’est la maison Robert Henry 20 boulevard de l’égalité à Tourcoing qui a mis en œuvre ses qualités techniques et mis en relief sa très juste conception de l’art sanitaire. Choix particulièrement heureux que celui de la maison Lemahieu frères 37 rue du Crétinier à Wattrelos pour l’installation électrique. L’éclairage indirect est du plus bel effet. La peinture a été exécutée par la société Le Projet 22 boulevard de l’égalité qui possède un personnel spécialisé et un matériel adéquat pour ce type de travaux.

Une des premières séances du Crétinier Palace pub JdeRx

Les fauteuils présentent un aspect confortable, avec un cachet d’élégance et de modernisme. Les établissements Rompais frères, Marquilly et Cie à Harnes dans le Pas de Calais sont spécialistes dans l’agencement général des théâtres. La projection et la sonorisation ont été réalisées par la maison Nurbel à Lille, place de la République.

Après sa fermeture, le cinéma est transformé en supermarché qui depuis a également fermé vue google maps

D’après le Journal de Roubaix

Mai 1904

Le Journal des sports de mai 1904

Boxe. Contre de sixte de Roubaix. Plusieurs adhésions sont déjà parvenues au local pour la section de boxe française dirigée par l’excellent professeur roubaisien M. Henri Lorthiois. Les jeunes gens désirant y être inscrits peuvent se présenter au local de la société 109 rue d’Inkermann.

Hockey. Championnat du nord (2e série). L’équipe seconde du Racing Club de Roubaix a battu l’équipe seconde de l’Iris Stade Lillois sur le terrain de l’Union Sportive Tourquennoise. C’était le quatrième match que ces deux équipes jouaient pour le titre de champion du nord. L’équipe roubaisienne est composée de : But R. Vallet, arrières Gobinet (cap), Duthoy ; demis A. Renaux, Froidure, Machoulas ; avants Colette, M. Vandendriessche, Bossut, Perche, Rys.

Football. Challenge international du Nord. La finale s’est déroulée par un temps épouvantable sur le nouveau et superbe terrain du sporting club Tourquennois rue de Varsovie à Tourcoing. Malgré la pluie, un public aussi nombreux qu’élégant est présent. La finale oppose l’Union Saint Gilloise (Bruxelles) à l’United Sports de Paris. Les belges l’ont emporté par 5 buts à 0.

L’Union Saint Gilloise 1904 ext Wikipedia

Cyclisme. La course Paris Roubaix au vélodrome roubaisien va réunir un certain nombre de champions parmi lesquels Emile Pagie, Léon Gorget, le tourquennois Catteau, Paul Trippier, Henri Cornet et le petit roubaisien Cruppelandt, Proy et Colsaet, le belge Samson, Beaugendre. Les redoutables pistards que sont Petit Breton, Oscar Lepoutre et le belge Vanderstuypft se mettront sur les rangs pour remporter cette épreuve de 265 kms. De nombreux outsiders seront présents. Les portes du vélodrome ouvriront à neuf heures et il ne sera pas délivré de carte de sortie. Un buffet restaurant chaud et froid sera ouvert toute la journée du 15 mai.

Course à pied. La course pédestre Roubaix Forest et retour a réuni cinquante partants et a obtenu un grand succès. Le départ a été donné à trois heures chez Mme Houckenooghe 25 rue Jouffroy à Roubaix au milieu d’une foule nombreuse. Voici le classement : 1er Rohart Donat, 2e Léopold Bouquet, 3e Jules Dubar, 4e Adolphe Petit. Pour les moins de 18 ans, 1er Louis Desbarbieux, 2e Victorien Craye, 3e Ducarin.

Publicité parue dans le JdeRx

Cyclisme. La course Paris Roubaix sur piste a vu la victoire de Petit Breton. Cette épreuve sans entraîneurs a été favorisée par le beau temps. La vitesse moyenne fut de 34 km/h. Classés ensuite Vanderstuyft et le jeune Cruppelandt (il a 17 ans). À noter qu’Emile Pagie s’est marié la veille et est arrivé au vélodrome en redingote, chapeau haut de forme et cravate blanche. Il a bien vite enfilé le maillot de course. Il y avait 22 partants.

Course à pied. Au cours de la réunion cycliste du vélodrome roubaisien a eu lieu un match pédestre entre Missant le champion roubaisien et Rohart Donat remplaçant Prévost le coureur parisien blessé. Deux manches sont courues sur 1000 et 5.000 mètres, remportées par Missant.

Cyclisme. Course Roubaix Armentières. Le départ a été donné au Pont Saint Vincent de Paul à Roubaix. Cinquante cinq partants ont pris part à la course de 55 kilomètres. Voici l’ordre des arrivées : 1er Paul Semet, 2e Eugène Plateaux 3e Jean Abry.

Après le dépôt

vue de Leers en 1960 doc IGN

Sur cette photo aérienne de 1960, on peut distinguer l’ancien emplacement du dépôt de tramways, dont les portes s’ouvraient sur la rue de Lys, avec un bâtiment restant le long de la rue du Maréchal Leclerc.

Le chantier de la Maison Roubaisienne en 1962 doc NE

Au début de l’année 1962, la Maison Roubaisienne a déjà lancé un grand chantier de 26 maisons sur l’emplacement de l’ancien dépôt des tramways à ce moment disparu. Il n’en reste à vrai dire qu’un grand bâtiment longeant la rue Maréchal Foch, qui sera lofté de manière contemporaine.

Le lotissement et ses rues doc Google Maps

Le chantier de la maison roubaisienne s’étend donc de la rue du Maréchal Leclerc à la rue de la Lys et nécessitera l’ouverture de plusieurs rues, dont la décision sera prise le 30 mai 1964. Venant de la rue du Maréchal Leclerc, il y a d’abord la rue Colbert qui forme la voie principale du lotissement sur laquelle viennent se joindre la rue Émile Zola sur la droite, formant anneau, la rue Racine et une petite rue, la rue Voltaire. La rue Colbert et la rue Racine donnent dans la rue de la Lys. C’est un nouveau quartier qui s’est construit en quelques années.

De la machine à laver au cinéma

Il y a des personnes dont le parcours de vie a pu marquer la mémoire d’une ville. C’est le cas de Paul Jacobs. Né en 1873 à Château l’abbaye, une petite commune du valenciennois, Paul Jacobs vient s’installer à Roubaix où il exerce la profession de menuisier. Il se marie le 6 février 1907 avec Alphonsine Poulin et il est alors à la tête d’une fabrique de machines à lessiver et tonneaux mécaniques qui se trouve basée au n°298 du boulevard Beaurepaire.

Paul Jacobs à Roubaix, puis à Wattrelos pubs JdeRx

Il vient ensuite s’installer à Wattrelos et poursuit la fabrication de ses machines à laver. Il sera l’inventeur de la lessiveuse La Merveilleuse. À la naissance de son fils Paul le 9 septembre 1910 il est encore menuisier et domicilié 236 rue Carnot, de même à la naissance de son deuxième fils Georges le 13 août 1912, et à la naissance de sa fille Lucienne en 1913.

Après la première guerre mondiale, il est démobilisé en 1919. Le 22 décembre, le Journal de Roubaix annonce par une simple ligne la réouverture du Cinéma du Laboureur, matinée dimanche à 2 heures et soirée à six heures. Programme nouveau. Cette salle a donc été créée par Paul Jacobs avant la guerre, au n°236 de la rue Carnot. Le programme du cinéma du Laboureur de l’époque alterne des films patriotiques, des images d’actualité et des programmes plus divertissants. Cinéma du Laboureur, Wattrelos. Mercredi et jeudi matinée à 2 heures, soirée mercredi à 6 h. Programme français : Le héros de 1918, Ne touchez pas au drapeau. Et d’autres vues nouvelles.

Le cinéma du Laboureur en 1924 pub JdeRx

Le succès rencontré l’amène à augmenter le nombre de ses séances. Matinée dimanche, lundi, jeudi à 2 heures, soirée dimanche à 6 h. Programme français : Kit ou l’homme qui est resté chez lui, grand drame d’espionnage Mourir pour la Patrie et d’autres vues très intéressantes. Le 12 janvier : grandes séances de cinéma : Guerre de 1870-1871 ; Jacques l’honneur ; l’Entrée de MM. Clemenceau et Poincaré à Strasbourg et d’autres films nouveaux. Matinée à 2 h les dimanche, lundi, jeudi. En soirée le dimanche à 6 h. Programme français. Toutes les soirées de la semaine magnifique programme anglais.

Le cinéma bal en 1926 pub JdeRx

En 1926, il ne s’agit plus simplement de cinéma. La publicité dans le journal indique : Cinéma-Bal. Il y a donc toujours des séances de cinéma mais également un grand bal animé par deux orchestres. Car Paul Jacobs aimait le cinéma, le chant et le théâtre. Il a d’ailleurs longtemps fait partie du faisait partie du Choral Nadaud dont il fut un premier baryton1. C’est l’époque où l’on développe de véritables lieux de loisirs, les plus célèbres étant le Fresnoy de le Colisée de M. Deconninck et le Casino de M. Gheldorf. Paul Jacobs fit ainsi de son établissement un endroit très couru à Wattrelos, il fut le premier avant que d’autres suivent son exemple le Pax rue St Joseph, la salle de la Concorde rue de Lisieux.

Le ciné bal Jacobs en 1927 pub JdeRx

Le Ciné Bal Jacobs fit donc les beaux jours du Laboureur par l’organisation de fêtes et d’un grand bal permanent avec des séances de cinéma toujours variées. Il suivit la tendance au moment de l’arrivée du cinéma parlant en s’équipant pour l’occasion.

Le cinéma parlant en 1931 pub JdeRx

Dans les années trente, on parle du Dancing Jacobs avec bal le dimanche et séances de cinéma dans une salle bien chauffée. Le Bal Jacobs à Wattrelos vantait sa piste, son ciné et son orchestre !

Le nouveau nom du cinéma en 1940 pub JdeRx

En 1940, signe des temps, le ciné bal Jacobs devient le Dancing Ciné Métro, avec les mêmes ingrédients de spectacle. La guerre interrompra les séances et sonnera le glas du cinéma. Un supermarché prendra la suite. Paul Jacobs nous a quittés en mars 1955.

On lira la suite de l’histoire avec l’article intitulé le Supermarché du Laboureur

1D’après Nord Éclair

Sous le joug allemand

Les allemands à Leers du 22 août 1914 au 11 novembre 1918, édité le 19 octobre 1919 en l’anniversaire de la délivrance de Leers, chez Desclée De Brouwer & Cie, imprimeurs de l’Evéché.

La couverture du livre Coll Particulière

Si son Histoire de Leers parue en 1905 était un véritable livre d’historien et d’érudit, le livre de l’abbé Monteuuis sur l’occupation allemande à Leers est un véritable témoignage qui se présente comme un journal de guerre relatant les difficiles heures de cette période. L’abbé a cru bon de publier ses notes de guerre, et ce journal est écrit en face des réalités et sous l’émotion des événements.

Son livre se découpe en grands chapitres respectant la chronologie des événements : tout d’abord l’invasion, qui relate l’arrivée et le passage des allemands. Puis l’occupation, chapitre dans lequel l’abbé rencontre le Commandant Hofmann après que celui-ci ait réquisitionné son église pour réunir ses soldats. Il lui demande de pouvoir emprunter le tramway pour faciliter son ministère auprès des malades. Ce qui lui est refusé, car le chef de l’étape estime que ses pires ennemis ce sont les prêtres !

« Je comprends votre désir et je trouve que vos motifs sont raisonnables. Mais je ne puis accorder aucune faveur à vous autres, prêtres, car nos pires ennemis, ce sont les prêtres. Ce sont les prêtres qui refusent de se soumettre à l’autorité allemande. Ce sont les prêtres qui défendent de travailler pour les allemands. Ce sont les prêtres qui favorisent la fuite des jeunes gens. Ce sont les prêtres qui reçoivent les nouvelles de France et qui organisent la télégraphie sans fil ».

L’abbé Monteuuis et sa dédicace

Puis ce sont les réquisitions, à domicile, dans l’église, chez les commerçants, chez les fermiers. Il y aura aussi des réquisitions dans les fabriques, les impositions à la commune avant que les allemands ne pensent à réquisitionner des hommes, ouvriers civils et brassards rouges.

Un chapitre suit qui porte sur la vie dure et chère avec le froid, la faim. Il évoque le ravitaillement hispano américain, et le prix des denrées, jusqu’aux prix invraisemblables de 1918. Il dit comment on communiquait avec la France et la famille. Il fait ensuite le bilan de son action pastorale, et définit la mission du pasteur pendant la guerre.

Un premier post-scriptum est écrit du 13 septembre au 24 octobre 1918, au moment où l’on croit que la guerre tire à sa fin. Un deuxième post-scriptum du 24 octobre au 11 novembre décrit l’utilisation des gaz asphyxiants et aveuglants par les allemands qui continuent à bombarder Leers du haut du Mont Saint-Aubert où ils se sont repliés. Ce seront les heures les plus tragiques pour les leersois et les leersoises. Il conclut sur l’armistice et la paix déclarée le lundi 11 novembre.

Un dernier appendice est rédigé pour les éloges funèbres des soldats, prisonniers et ouvriers civils.

Ce livre est un document précieux et essentiel pour comprendre le calvaire qu’a subi Leers pendant la première guerre mondiale, d’autant plus important qu’il a été rédigé de l’intérieur et en temps réel, ce qui en fait un témoignage irremplaçable.

Je tiens à remercier ici chaleureusement l’ami qui m’a offert ce livre et m’a ainsi permis de prendre connaissance d’un témoignage que je désespérais de pouvoir trouver un jour.

Avril 1904

Cyclisme. On prépare la 9eme édition de la course Paris-Roubaix. Un concours de pronostics est lancé sur qui sera vainqueur et le temps qu’il aura mis. Le pronostic le plus juste recevra une superbe bicyclette La Française (marque Diamant) avec tous ses accessoires, offerte par la maison Debeuf-Couvreur et actuellement exposée au 68 rue de la Gare à Roubaix. Le programme de la réunion encadrant l’arrivée du Paris Roubaix est le suivant : match pédestre, course pédestre avec handicap de 5.000 mètres, course cycliste amateurs, course internationale pour professionnels. Les places pour l’entrée au vélodrome se retirent au bureau du vélodrome, 1 rue de la gare à Roubaix.

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Football. Grande rencontre prévue pour le lundi de Pâques entre le South London Football club et le Racing Club de Roubaix. Les anglais l’emportent sur le score de sept buts à un.

Aucouturier vainqueur Paris-Roubaix 1904 JdeRx

Cyclisme. Aucouturier remporte la 9e édition de Paris Roubaix au sprint devant César Garin. Le troisième est Pothier et tous trois montaient une machine de la même marque : la Française marque Diamant confirmant ainsi les belles performances réalisées avec Maurice Garin dans Paris-Bordeaux, Paris Brest et le tour de France.

Les deux premiers de Paris Roubaix 1904 : Aucouturier et César Garin doc VAGA

Football. Challenge international du Nord. Sur le nouveau terrain du Sporting club de Tourcoing, rue de Varsovie, la demi-finale va opposer le Racing Club de France au Racing Club de Roubaix. Pour cause d’incompatibilité de calendrier le Racing Club de France se désiste.

Hockey. Championnats du Nord (USFSA). L’Iris Stade Lillois a remporté une double victoire en battant le Racing Club de Roubaix par deux buts à un. L’ISL est donc champion du nord première série et jouera la finale du championnat de France contre le champion de Paris.

Escrime. La fête d’escrime qui a eu lieu lundi dernier à la salle de la Société Artistique a obtenu le succès prévu. La présence de l’escrimeur sicilien San Malato et du professeur Spinnenwyn de Paris avait attiré beaucoup de monde. Autres participants : le professeur lillois Riant et le lieutenant au 51e de ligne Nicolle, Emile Nys de la salle Dubar de Roubaix, Herpin professeur à Lille, Victor Fort professeur à Roubaix Guillermin adjudant maître d’armes au 43e de ligne.

Football. Championnat de France. Match à Amiens entre les équipes secondes du Racing Club de France et du Racing Club de Roubaix. Les roubaisiens l’emportent sur le score de quatre buts à deux. Ils sont champions de France.

Cyclisme. Réunion populaire au vélodrome roubaisien. Programme : course de vitesse sur 1000 mètres, course de demi-fond (20 kms). Les engagements pour ces deux épreuves réservées aux amateurs libres seront reçus au bureau du vélodrome roubaisien, 1 rue de la Gare à Roubaix. Le programme sera complété par un match d’entraînement entre le stayer lillois Oscar Lepoutre et le champion roubaisien Jean Marcelli. Première manche sur 5000 mètres, seconde manche sur 15000 mètres, la belle s’il y a lieu sur 10000 mètres. Le prix des places : du côté gauche 30 centimes, du côté droit (premières et tribunes) 50 centimes.

Football. Finale du championnat de France. À Lille, sur le terrain de l’Iris Stade Lillois, l’United Sports Club de Paris rencontrera le Racing Club de Roubaix, tenant du titre pour les deux dernières années. L’équipe du Racing Club de Roubaix : But : Renaux, arrières Scott, Maurice Dubly, demis : Dubrulle, Léon Dubly, André Dubly, avants : Géo Hargrave, Renaux, François, Jénicot, Perche.

Léon Dubly capitaine du RCR champion de France doc Wikipedia

Football. Le Club Français vient à Roubaix matcher le Stade Roubaisien sur le terrain du Stade Roubaisien Parc Cordonnier au Pont Rouge. Les équipes secondes de ces clubs se rencontreront également le même jour. Pour les équipes secondes, le Club Français gagne sur le score de un à zéro. Pour les équipes premières, c’est le Stade Roubaisien qui l’emporte sur le score de trois à zéro.

Football. Le Racing Club de Roubaix est champion de France pour la troisième fois après avoir remporté la victoire par quatre buts à deux sur l’United Sports Club de Paris. Les parisiens ont mené deux à zéro avant que les roubaisiens ne reviennent avec un but de Jean Dubrulle, le jeu se durcit mais Hargrave marque sur corner un second but pour Roubaix. Les deux équipes sont à égalité après vingt minutes de jeu. À la mi-temps, égalité. À la reprise le jeu reprend toujours aussi dur. Jénicot marque un troisième but pour Roubaix et peu de temps avant la fin Perche va inscrire un quatrième but.

Cyclisme. Une course Roubaix Armentières aller et retour soit 50 kms est organisée par M. Charles Crupelandt, chez M. Vanspeybrouck rue de l’Alma 46 Roubaix le dimanche 16 mai. La course est ouverte aux amateurs libres n’ayant jamais gagné de premier prix.

Le collège abandonné

Quand on emprunte la rue du Gauquier à Wattrelos et qu’on atteint le relais du vieux puits, on franchit la frontière et on se retrouve dans la rue de Moscou d’Estaimpuis. Une centaine de mètres plus loin, on aperçoit sur la droite un imposant bâtiment abandonné. Il s’agit du collège Jean-Baptiste de la salle d’Estaimpuis.

Vue du collège doc Google Maps

Cet établissement d’enseignement confessionnel fait partie de la nombreuse liste d’instituts s’étant installés le long de la frontière, côté belge, au moment de la loi du 7 juillet 1904 qui était relative à la suppression de l’enseignement congréganiste, dite « loi Combes », loi de la République française qui interdit l’enseignement en France à tous les congréganistes et les congrégations religieuses, même autorisées, et organise la liquidation de leurs biens.

Le pensionnat du temps de sa splendeur Coll Part

Des groupes de pères de famille (l’expression est celle du Journal de Roubaix) désireux de conserver à leurs enfants leurs maîtres et enseignements religieux s’étaient associés un peu partout pour créer et confier ces établissements aux Frères des écoles chrétiennes en Belgique. Ainsi trouve-t-on à Leers-Nord le pensionnat des sœurs de la Sagesse, ou le Pensionnat de la Sainte Union à Estaimpuis.

Vue aérienne du Collège Coll Part

Le collège Jean-Baptiste de la salle fut d’abord provisoirement installé à Kain les Tournai en 1904, avant d’être transféré en octobre 1908 sur son emplacement actuel, près de la gare d’Herseaux. La remise des prix de l’année 1907/1908 eut d’ailleurs lieu dans la toute nouvelle chapelle du collège, avant que la rentrée d’octobre n’accueille les nouveaux collégiens.

Le collège aujourd’hui doc Google Maps

Ouvert en 1908, le collège fermera définitivement ses portes en 1984. Le somptueux bâtiment subit alors une lente dégradation, jusqu’à tomber en ruines. Un premier projet de réhabilitation en logements privés de luxe a été présenté en 2004, puis un autre en 2010. Il s’agissait de transformer l’établissement en 65 appartements, lofts et duplex, 3 200 m2 de bureaux et une piscine privée. Ce second projet a été mis en œuvre, mais n’a pas pu aller à son terme en raison d’incendies à répétition et de la fiabilité du promoteur. Depuis, le bâtiment est de nouveau à l’abandon.

Motte-Bossut 1926

Une vieille photo retrouvée dans un grenier et il n’en faut pas plus pour réactiver l’envie de faire quelques recherches. La photo est signée Alexandre Mischkind qui était un grand photographe roubaisien de l’entre deux guerres. Elle a été offerte comme souvenir de la fête en l’honneur des médaillés du travail qui s’est déroulée le 29 aout 1926. Bien qu’elle ait un peu souffert, elle reste un document de l’époque et notamment pour les salariés des établissements Motte-Bossut fils de Leers.

Motte-Bossut 1926 doc coll fam

Nous parcourons la presse de l’époque et nous y trouvons un compte-rendu que nous vous livrons in extenso ci-dessous.

Une fête des médaillés du travail.

Trente cinq ouvriers de la maison Motte-Bossut récemment décorés de la médaille du travail ont été l’objet d’une charmante réception dimanche après-midi. Les décorés s’étaient réunis à l’usine où l’Harmonie municipale est allée les chercher pour les conduire à la Mairie, où ils ont été reçus par l’Administration municipale. Monsieur Joseph Leroy, maire, entouré du Conseil Municipal, a félicité chaleureusement les braves ouvriers, dont la vie de labeur vient d’être récompensée, et a formulé à leur adresse et à celle de leurs familles, les meilleurs vœux. M. Jules Couque, au nom des médaillés, a remercié en termes excellents l’Administration municipale. Après l’exécution de la Marseillaise et le chant d’un chaleureux vivat en l’honneur des décorés, un vin d’honneur a été servi et la fête s’est prolongée dans une atmosphère de franche et cordiale sympathie.

La maternité de Wattrelos

En janvier 1935, les travaux d’agencement étant complètement terminés, les services de la maternité vont pouvoir fonctionner. L’inauguration officielle a lieu le dimanche 20 janvier à 10 heures 30 en présence de l’administration municipale, du Conseil Municipal et du représentant de M. le Préfet du Nord.

Cette cérémonie marque la fin de toute une série de travaux dont le montant s’élève à plus de un million et six cents cinquante mille francs. Le programme a pu être réalisé grâce au concours financier de la ville, qui a voté un crédit de 936.000 francs et une subvention allouée par le Pari Mutuel de 750.000 francs. En plus de la construction de la Maternité, la commission administrative a pu étendre son programme primitif en raison des rabais obtenus lors de l’adjudication du gros œuvre soit environ 400.000 francs. Elle a apporté d’appréciables améliorations dans l’ensemble des services : installation d’une chaufferie générale avec canalisations souterraines la reliant aux différents pavillons, construction d’un pavillon pour les religieuses, installation d’une cuisine moderne mixte gaz vapeur. L’amélioration des services de l’hôpital par le déplacement du Centre chirurgical va permettre de séparer par la suite d’une façon plus complète et plus pratique les services de médecine et de chirurgie. La construction de huit nouveaux logements pour vieux ménages porte leur nombre à vingt. Ces travaux terminés, les établissements hospitaliers comptent actuellement environ 380 lits (hospice hommes et femmes), vieux ménages, hôpital, contagieux et maternité.

Vue aérienne, la maternité est le bâtiment de droite Coll Part

Une cérémonie d’une grande simplicité se déroule le dimanche 20 janvier à l’hôpital de Wattrelos, à l’occasion de l’inauguration de la maternité et des autres travaux importants. Une réunion s’est tenue dans le coquet intérieur de la nouvelle maternité en présence de M. le docteur Vieilledent, inspecteur de l’hygiène, délégué de M. le Préfet du Nord, de M. Paul Debeurme, président de la commission administrative des hospices, de MM les docteurs Victor Leplat, Maillard, Jean et René Leplat, de l’administration municipale, représentée par M. Delvainquière et de nombreux conseillers municipaux, de MM. Cuenot commissaire de police, Lepercq architecte, Lombaert, Delcroix, Arbion, Brunelle, administrateurs des hospices, Honoré économe des établissements hospitaliers, Dusoulier secrétaire adjoint de la mairie, Couillet chef des travaux, Houttemane secrétaire de police, Tonneau brigadier de police.

Paul Debeurme doc JdeRx

M. Paul Debeurme fit l’historique des établissements hospitaliers et parla de leur développement. Il salua ensuite M. Vieilledent et félicita M. Lepercq architecte. Il remercia l’administration municipale de sa générosité envers les hospices et rendit hommage à M. Honoré aux religieuses et au personnel dévoué. Il exprima sa reconnaissance à MM. Les docteurs et particulièrement à M. Victor Leplat qu’il salua comme le doyen des établissements puisque le distingué praticien les fait bénéficier de sa science depuis le 11 juin 1888, soit presque un demi-siècle.

M. Vieilledent exprima les regrets de M. le Préfet retenu par ailleurs. Il se dit heureux de venir à Wattrelos et se plut à reconnaître la parfaite organisation qui règne dans les établissements hospitaliers. Il félicite les personnalités qui ont contribué à l’édification de la maternité et à l’exécution des autres travaux. Il assure enfin les personnes présentes de la bienveillance de M. le Préfet pour le succès de l’œuvre, qui se développera grâce aux concours intelligents de la sage-femme, des religieuses et du personnel. Après ces allocutions, les personnalités visitent la maternité la salle de chaufferie et les différents pavillons où d’utiles améliorations ont été effectuées. Une délégation a tenu après l’inauguration à aller déposer une gerbe sur la tombe de M. Ledoux ancien économe.

À l’occasion de l’ouverture, le public est admis à visiter les nouvelles installations le dimanche 27 janvier de 10 heures à midi et de 14 heures 30 à 16 heures 30.

à suivre

Histoire de Leers

Lorsqu’il entreprend l’écriture de ce livre, l’abbé Monteuuis a déjà été lauréat du prix Montyon décerné par l’académie française pour son ouvrage « l’âme d’un missionnaire ». Il est arrivé à Leers en 1898 et très vite il a été concerné par le projet de Monseigneur Sonnois archevêque de Cambrai qui souhaitait que ses curés écrivent la monographie de leur paroisse1.

Il se met donc au travail. Il consulte les archives communales, qui ne remontent qu’en 1837 et les registres paroissiaux qui ne vont pas au-delà de 1700. Il élargit l’horizon de ses recherches et s’intéresse à l’histoire de la châtellenie de Lille à laquelle appartenait la plus grande partie du pays et celle de l’évêché de Tournai dont dépendait la paroisse de Leers.

La couverture du livre Histoire de Leers

Dans l’introduction, il présente le Leers de son temps, en 1905, puis raconte l’histoire de Leers en trois parties : les origines, la féodalité, l’église et la paroisse. Pour la première partie, il travaille sur l’étymologie de Leers, les triez, l’origine et l’ancienneté du village et les armes de Leers (héraldique).Pour la seconde partie, il reprend les travaux de Théodore Désiré Joseph Leuridan (1819-1900) bibliothécaire archiviste roubaisien qu’il rencontre en sa maison de Roubaix pour échanger avec l’aimable érudit, quelques mois avant sa mort.

Il dépouilla si bien toute sa science, nous parlant des vieilles censes et des vieux châtelains comme il nous causait de ses petits enfants que nous pûmes puiser abondamment à cette source lumineuse et féconde.

Suit un inventaire précis des lieux dits composant la terre de Leers et de leurs propriétaires. Pour la troisième partie, il établit l’histoire chronologique de l’église et de la paroisse de Leers, en évoquant les principaux évènements et en listant la vie des curés qui se sont succédé à la tête de la paroisse. Une conclusion très morale sur l’histoire qui vient d’être racontée vient achever ce bel ouvrage.

Autographe de l’abbé Monteuuis extrait du livre

Ce livre très précis et rigoureusement écrit est un outil précieux pour la mémoire des leersois qui y retrouveront la trace de leurs ancêtres sinon l’évocation historique de la vie de leur paroisse. Il est paru en 1905 chez un imprimeur lillois Lefebvre-Ducrocq et il a été réédité par les soins de l’Association Leersoise d’études historiques et folkloriques en 1985 dans la collection Histoire, Westhoek, les éditions des Beffrois. Plus récemment il a été publié dans la collection des monographies des villes et villages de France en 2008 aux éditions le livre d’histoire, Lorisse éditeur, Paris.

1Histoire Leers page 12