Les trois moulins de Leers

Alors que les fêtes du moulin honorent leur rendez vous de juin, comme chaque année, avec une braderie et des animations sur la plaine du Moulin, il est bon de se souvenir que Leers eut autrefois trois moulins sur son territoire. C’étaient des moulins à vent car il n‘y avait pas de cours d’eau susceptible de prêter à leur manœuvre.

Les trois moulins sur la carte
doc ADN

Ils existaient tous en 1870. Le premier, à son origine était construit en bois et se trouvait, se trouve encore sur la colline du Quevaucamp, longé par une route appelée jadis carrière du Moulin, devenue un peu plus tard rue Hoche. Ce moulin dont nous avons déjà parlé a l’aspect d’une imposante tour en briques dont les murs de base font 70 centimètres d’épaisseur pour finir à son sommet avec 30 centimètres d’épaisseur. Les Leersois consultés par voie de référendum se prononcèrent pour sa réhabilitation (voir notre article à ce sujet).

Les deux autres moulins se trouvaient dans la rue de Wattrelos et sont aujourd’hui disparus. L’un construit en bois était appelé Moulin Druon du nom de celui qui en avait la charge. Il était utilisé au broyage des graines de lin et de colza pour la fabrication de l’huile. Tombé de vétusté en 1918, il se trouvait aux alentours du 46 de la rue de Wattrelos, non loin de la cité Bauwens.

L’autre se trouvait de l’autre côté de la rue et on l’utilisait sans doute pour la mouture du blé, ce qui n’est pas confirmé vu le souvenir très lointain qu’il a laissé aux leersois. Ces deux moulins appartenaient à la famille Lezaire puis devinrent la propriété des familles Courier et Salembier.

Le moulin actuel doc Cirkwi

Revenons au survivant, qui fut érigé en bois vers 1836 et exploité par Simon Hubert Fourez qui décéda en 1847. Sa veuve Lucie-Marie Delneste poursuivit l’exploitation avec ses quatre enfants. Vers 1852, le moulin fut abattu par un coup de vent et Mme Fourez le remplaça par un moulin en briques. Son fils Simon Fourez l’exploita juqu’à sa mort intervenue en 1893. En 1895, les frères Derache, neveux de M. Fourez, lui succèdent. Ils utilisent le moulin pour moudre le blé et le seigle, dont le grain provenait d’autres contrées.

Le moulin cessa toute activité en 1914 à cause de la guerre. Le meunier n’acceptait plus que de moudre de petites quantités pour satisfaire ses clients et de ce fait il devait souvent arrêter la marche de son moulin. Un général allemand de passage remarqua les mouvements du moulin et imagina qu’il renseignait les Français sur les mouvements de troupe allemands. Arthur Derache échappa de peu au poteau d’exécution, un caporal allemand ayant intercédé en sa faveur. Le moulin lui s’arrêta définitivement.

D’après Nord éclair

On consultera avec intérêt l’article de fond consacré aux moulins de Leers par l’association Leers Historique.

Alfred Damez chroniqueur sportif

Alfred Damez est né à Audruicq dans le Pas de Calais le 18 décembre 1870. Après ses études, il entra dans l’administration des finances et vint s’installer comme percepteur à Roubaix en 1894. Son esprit d’organisation et sa vive intelligence l’incitent à développer son activité, ainsi devient-il secrétaire général fondateur de la Fédération Industrielle et commerciale de Roubaix Tourcoing. Puis il fonde le Comptoir Cotonnier Français, organisme collectif d’exportation en 1918. il en assure le secrétariat général ainsi que celui du Syndicat des fabricants de tissus de Roubaix-Tourcoing. Il prendra une part primordiale dans le fonctionnement des principaux groupements textiles tels que la Fédération lainière internationale, le Contentieux général des industries textiles, ou encore l’Association française des fabricants de tissus, l’Union française des filateurs de laines peignées, et le Comité central de la laine dont il sera le directeur.

Alfred Damez 1870-1956

Voilà un homme important et déjà fort occupé. Cependant il intéresse particulièrement le monde sportif, car il fut chargé de la rubrique sportive du Journal de Roubaix avant la première guerre. Grace à lui nous sommes informés sur l’évolution du sport en ce début de vingtième siècle. Il collabora aussi à d’autres hebdomadaires. Alfred Damez était un passionné de sport, et il ne se contenta pas d’écrire, il fut le premier animateur du Nord Touriste dont il fut le secrétaire général fondateur. Il apporta également son concours au développement de l’Automobile Club du Nord de la France. Il obtint les palmes académiques en 1906 et de nombreuses autres décorations, dont la rosette d’officier de la Légion d’Honneur en 1936. Il est décédé à Paris le vendredi 10 février 1956 après une vie bien remplie.

L’église de Beaulieu

Quelques arbres balancent leurs hautes cimes dans le lointain. Ils forment ce qu’on a appelé autrefois le bois de Beaulieu. Sur la même éminence de terrain, à gauche, on trouve le cœur de la nouvelle paroisse, le centre vivant qui réunira l’église en projet, le presbytère déjà commencé et la salle d’œuvres qui s’achève. C’est dans cette dernière servant d’église provisoire que sera installé dimanche prochain M. l’abbé Huart, le sympathique vicaire de Notre Dame de Roubaix, nommé curé de ce populeux quartier.

L’église provisoire de Beaulieu et le presbytère doc JdeRx

Cette construction assez vaste a 36 mètres de longueur sur 11 de largeur. Elle est rectangulaire et présente dans toute son étendue les mêmes dimensions. Qu’on ne s’attende pas à trouver des nefs et des autels latéraux. Cette salle n’est que provisoire et sera ramenée à son véritable rôle celui de patronage et de salle d’œuvres aussitôt la nouvelle église édifiée.

Un élégant autel a été dressé pour les besoins du culte et ses colonnettes légères et gracieusement sculptées ainsi que ses autres parties proviennent du reposoir que l’on dressait rue du Grand Chemin, lors des processions de Roubaix. Au dessus de la porte d’entrée s’élève un campanile ajouré qui contient la cloche d’un poids de 430 kilos. Elle épandra désormais dans l’immense plaine qui comprend les multiples hameaux groupés autour de l’humble clocher ses nouvelles rumeurs. À son appel, les habitants de Beaulieu, de la Houzarde, du Petit-Paris, du Malgré-Tout, du Nouveau-Monde, du Nouveau-Riche, de la Martelotte, du Plouys viendront en foule se grouper dans leur maison commune.

Car dans cette partie de Wattrelos, commente le journaliste conservateur, se trouve l’ancienne population restée fidèle à ses traditions religieuses. On y rencontre de jolies fermes, et d’antiques maisons tassées sur elles-mêmes, où l’on entend le murmure incessant des métiers à tisser. L’atelier est encore inconnu dans ces coins retirés où subsiste le travail familial (artisanal?). Aussi ne faut-il pas s’étonner que la foi y soit restée profonde et que les habitants aient conservé avec leurs pratiques religieuses, des âmes droites et foncièrement honnêtes. Les habitations sont éparpillées parmi les champs en groupes très divers, dont les noms ont ce parfum vieillot qui n’est pas sans charme. Mais la variété des hameaux ne sera pas un obstacle à l’unité de la paroisse. Ils auront d’ailleurs pour les réunir et les garder dans le même culte un prêtre au cœur dévoué et à l’expérience très sûre. Son départ de la paroisse de Notre-Dame où il était vicaire et dirigeait le cercle d’études laisse de grands regrets. Ses nombreux amis de Roubaix vont sûrement lui faire cortège dimanche prochain et visiter la nouvelle paroisse où s’exercera désormais son zèle sacerdotal. Nul doute que cette manifestation de sympathie n’obtienne un magnifique succès. Depuis deux mois déjà, les habitants préparent les décorations, les guirlandes qui se dérouleront sur tout le parcours. Des trois mille paroissiens, bien peu manqueront de suivre leur pasteur. Tous se feront un plaisir d’assister à l’éveil de la vie religieuse à l’éclosion de la nouvelle paroisse de Beaulieu dont le fonctionnement commencera dès lundi prochain.

L’abbé Huart doc JdeRx

Une société de musique comprenant soixante membres a été formée à l’occasion de l’installation de M. l’abbé Huart et prêtera son concours au cortège. Les cavaliers et les cyclistes sont convoqués pour deux heures précises dimanche rue d’Audenarde en face de la Perche. La commission les y attendra et elle fait par la même occasion un appel à tous les cavaliers et cyclistes désireux de participer. Le cortège démarre de l’église Saint Maclou à Wattrelos. Il partira à deux heures et demie de la première maison de la rue de la Baillerie, où commence la nouvelle paroisse. Participent à ce cortège outre les cavaliers et les cyclistes, les enfants de chœur, le suisse, la musique de Roubaix « La Fanfare de la Liberté », le patronage Saint Germain de Roubaix, les petites filles en blanc, les jeunes filles, les enfants de Marie de Wattrelos, les garçons, les jeunes gens, les gymnastes de Wattrelos, la musique de la paroisse, les hommes, le clergé. Quatre cavaliers fermeront la marche. Le cortège suit la rue de la Baillerie, et arrive à l’église par la ferme Leruste.

à suivre

d’après le Journal de Roubaix

Juin 1906

Le journal des sports juin 1906

Course à pied. Le Challenge Dupont organisé par le Stade Roubaisien comprend les épreuves suivantes : 80 mètres, lancement du poids et saut en longueur, marche, lancement du disque, 200 mètres, sur deux jours. Un 500 mètres et un 1500 mètres par relais composent le Prix de la Commission.

Le Bonner Fussball Verein doc Wikipedia

Football. Le RCR en Allemagne va affronter le Bonner Fussball Verein (Bonn). Le lendemain les roubaisiens rencontreront une équipe de Cologne. La composition de l’équipe du RCR est la suivante : dans les buts Renaux, arrières Lavoignet, Jean Dubly, demis, Vandendriessche, Charles Renaux, Smeets, avants, Sartorius, Jénicot, François, Hargrave (cap), Perche.

Concours de véhicules industriels à Tourcoing. Organisé par l’Automobile Club du Nord de la France, ce concours s’est déroulé en sept étapes, la dernière étant complétée par une épreuve de consommation, tenant compte de la capacité de liquide (sic) nécessaire à chaque véhicule pour transporter 1000 kilos de charge utile sur un kilomètre. Dans la catégorie des transports en commun (12 à 24 personnes) c’est l’Auto Omnibus Delahaye qui l’emporte devant un véhicule Bayard Clément. Les autres catégories concernaient les véhicules de transport de marchandises, répartis en différentes sous catégories.

Le transporteur Bayard Clément [Collection Jules Beau. Année 1906 / [Concours International de véhicules industriels, Paris – Tourcoing, 

Tennis. Les engagements pour le prix Maurice Dubrulle Handicap Single sont reçus au Chalet de Beaumont jusqu’au vendredi 8 au soir. Les matchs commenceront le dimanche 10 juin à 9 heures. Parmi les compétiteurs, les frères Léon et Jean Dubly, Albert Jénicot, Hargrave, Sartorius.

Pub tennistique Vroman doc JdeRx

Aviron. Régates internationales du Blanc Seau. Le 10 juin, le Cercle Nautique de l’Aviron Roubaisien organise des régates auxquelles participeront les équipes de Boulogne, Calais, Dunkerque, Douai, Valenciennes, Abbeville, Gand, Bruxelles et Roubaix. Il y aura de la qualité, les champion de France et d’Europe 1906 sont également engagés. Un match de water-polo clôturera cette réunion sportive, qui opposera les équipes premières des Enfants de Neptune de Tourcoing et du Racing Club de Roubaix et qui sera arbitré par M. Treffel de Lille. Le temps ne favorisera pas le déroulement des épreuves. Pour la course des débutants, l’Éclair du Sport Nautique d’Abbeville remporte l’épreuve. La course des juniors voit la victoire de l’Union Nautique de Lille. La troisième courses, juniors seniors, est gagnée par la Fine Allure du Sport Nautique de Douai. La 4e course des seniors est remportée par l’Union Nautique de Lille. La 5e course des juniors a été gagnée par Aubépine de l’Émulation Nautique de Calais. La 6e courses seniors a vu la victoire de Papa Reuze du Sporting Dunkerquois. La malchance s’est acharnée sur les embarcations du Cercle Nautique de l’Aviron Roubaisien : divers incidents ou accidents tels que avirons brisés ont empêché le cercle de bien participer. Le match de water-polo a été remporté par les roubaisiens sur le score de 4-1.

Course à pied. Championnats du Nord à Calais. En finale du 100 mètres, Malfait du RCR gagne et s’attribue également le 400 mètres. Le 800 mètres revient au calaisien Dufourneau ainsi que le 1000 mètres. Le 110 mètres haies est remporté par Édouard Catteau du RCR. Vasseur du Stade Roubaisien remporte le concours de lancer du disque. Les roubaisiens auront donc remporté quatre titres de champion du Nord.

Cyclisme. Grande journée du demi-fond au vélodrome. Avec César Garin, Lepoutre, Dupuis, et une course de motocyclettes. César Garin remporte les trois manches. Chute de Lepoutre, commotion cérébrale et contusions sur tout le corps. La course des motocyclettes est remportée par Olieslagers devant Dupuis.

Tir. Le roubaisien Albert Courquin a été classé premier de l’équipe française et champion du monde de tir debout. Cela se passait à Milan dans le cadre du match des nations. M. Courquin est un membre de la société du Tir National de Roubaix.

L’arrivée du gaz

Le charbon était encore l’énergie la plus importante dans les foyers de l’après guerre. On se souvient encore de ces cuisinières qui chauffaient la pièce et la maison, et sur lesquelles mijotaient ragoûts et divers plats en sauce. Jusqu’au café qui frémissait encore, pas trop chaud n’est ce pas parce que café bouillu café foutu !

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Le gaz avait déjà fait son apparition pour l’éclairage public avec les fameux becs de gaz des réverbères. Mais son entrée dans les maisons fut progressive. Lors du salon des arts ménagers des années cinquante, l’EDF et du GDF créées en 1946, venaient informer la population sur les nouveaux équipements.

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En 1956 le salon des arts ménagers inaugure la journée du gaz et de l’électricité, entrepreneurs et commerçants viennent rencontrer les grands organismes autour des nouveautés conçues pour l’emploi du gaz et de l’électricité. En 1959 sont présentées salles de bains douches cuisines dans le stand du Gaz de France. On parle de prime d’équipement, et des démonstrations de cuisine au gaz sont organisées sur le même stand.

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Le gaz naturel nécessitera des aménagements particuliers de tout son réseau de distribution, appareils de chauffe et autres, méthode de stockage et de transport : canalisations, gazoducs, méthaniers et ports méthaniers.

Henri Bailleul directeur d’école

Henri Bailleul est né à Leers le 13 septembre 1899 d’un père et d’une mère tisserands. Ses parents habitaient hameau de Gibraltar. Il a été formé à l’École Normale. Il est affecté à l’école de Leers comme intérimaire de guerre du 18 septembre 1917 au 31 décembre 1918, Un instituteur intérimaire de guerre est un enseignant recruté en urgence par l’État pour remplacer les maîtres titulaires mobilisés au front. Ces remplaçants étaient souvent des jeunes de l’école normale, d’anciens instituteurs rappelés, ou des femmes.

Il quittera ce poste pour effectuer son service militaire. À sa rentrée du régiment, il est nommé instituteur adjoint à Steene, commune qui se trouve à proximité de Bergues et de Dunkerque le 4 avril 1921. Puis il assure le poste d’adjoint en octobre 1921 à Loon Plage, commune du Westhoek français au bord de la mer du Nord, entre Calais et Dunkerque. Il est ensuite en poste à à Hem aux Trois Baudets en avril 1923. Cette rue de Hem, longue de 1041 mètres, relie la rue Jean Jaurès à la rue Jules Guesde et figure sur les plans de la ville sous ce nom depuis les années 1920.

Le 19 avril 1924, il se marie à Leers avec Madeleine Prévot, hémoise d’origine, fille d’un cabaretier leersois de la rue de Roubaix. Le voici en poste à Wattrelos Crétinier en octobre 1925. A cette époque, le quartier du Crétinier à Wattrelos voit fleurir les lotissements, notamment sous la direction de M. Fastenackels. Avant la Première Guerre mondiale, ce secteur était encore en grande partie à l’état de sentier ou de zone peu construite.

Henri Bailleul, enseignant médaillé doc NM

En octobre 1927, Henri Bailleul est nommé directeur à Berthen, une commune en pleine période de reconstruction. Le village, situé au pied du Mont des Cats, reconstruit ses infrastructures agricoles et son habitat. En octobre 1934, il est en poste à Estaires, dont l’élan industriel a été brisé par la Première Guerre mondiale. En octobre 1937, il revient sur Lys-lez-Lannoy dans le canton de Lannoy, commune limitrophe d’ Hem, Lannoy, Leers, Roubaix et Toufflers. Enfin Henri Bailleul revient à Leers en octobre 1946. La commune entame sa reconstruction d’après-guerre.

Il se révèle un excellent pédagogue, et sa courtoisie lui vaut l’estime de la population de ses adjoints et le respect de ses élèves. Il est distingué en 1955 Officier de l’Instruction publique, après avoir été médaillé de bronze de l’enseignement (1945) Officier d’Académie (1946) médaille d’argent des instituteurs (1950). Henri Bailleul sera le directeur de l’école des garçons de Leers de 1946 à 1958.

Saint Gérard épisode 1

En Août 1907, le Journal de Roubaix annonce qu’une nouvelle église va être construite très prochainement au Touquet sur un terrain dépendant de la ferme de M. Castel-Mercier près de la rue de Boulogne et près du groupe scolaire municipal de ce quartier. La paroisse du Touquet comprendra le quartier lui-même et le hameau du Fleury ; le hameau de la Marlière ne lui sera pas rattaché, pas plus que le Sapin-Vert. Ses limites seront donc au Nord La Marlière, à l’est le Mont-à-Leux, ville de Mouscron, à l’ouest le territoire de Tourcoing, au sud le Sapin-Vert, la Martinoire et le Winhoute. Le nouveau curé est un prêtre dévoué, énergique et connu pour son zèle. M. l’abbé Maretz vicaire à Tourcoing à l’église de la Croix Rouge, est nommé curé de la nouvelle paroisse Saint Gérard à Wattrelos.

L’abbé Maretz curé du Touquet doc JdeRx

Les fonds nécessaires à la construction de l’église du Touquet ont été réunis par M. l’abbé Maretz en grande partie. Les plans sont dressés par un architecte spécialiste en églises qui habite Bergues. Déjà les entrepreneurs ont jalonné le terrain et pris leurs dispositions pour commencer les fouilles sans délai. L’installation du curé de la nouvelle paroisse Saint Gérard aura lieu le dimanche 20 octobre à 2 heures. Le comité d’organisation fait appel aux habitants pour assister à la fête, et ils sont invités à arborer drapeaux et bannières et décorer leurs maisons afin de recevoir dignement le premier pasteur de la paroisse. Un cortège formé de cavaliers et de sociétés diverses partira du Pont-Neuf et parcourra les rues du Mont-à-Leux, du Vieux Bureau, des Trois Pierres, carrière Florin, rues du Petit-Château et de Boulogne pour se rendre à l’église Saint Gérard. La composition du cortège : cavaliers, Cyclistes du Touquet, Chorale La Renaissance, Cyclistes de la Martinoire, La Jeune Garde de Saint Joseph, Chorale les amis réunis, Philharmonie du Crétinier, Groupe de Jeunes filles.Le doyen Bonnet de Saint-Maclou procède à cette cérémonie. Il y a une grande affluence dimanche après-midi pour l’installation de M. l’abbé Maretz au Touquet Wattrelos.

L’église Saint Gérard doc Wos Découvertes

Cette église dédiée à saint Gérard est une église de briques de style néo-gothique. Sa construction a avec les fonds et dons de simples paroissiens regroupés en une association Saint-Gérard. Elle a été achevée en 1912. Elle présente un haut clocher en façade flanqué de deux tourelles hexagonales et coiffé d’une haute flèche recouverte d’ardoises ; au-dessus du portail un tympan triangulaire sculpté montre saint Gérard flanqué de deux anges en bas-relief. Le tympan est surmonté d’une croix en son faîte. L’inscription « St Gérard protégez-nous » se lit sur le linteau. La façade possède une haute verrière en ogive. L’intérieur à trois nefs a conservé ses vitraux d’origine décrivant des épisodes de la vie de saints et de Jésus. On remarque aussi deux fresques dépeignant sainte Bernadette.

Le vendredi 7 mars 1914 à midi et demi, les ouvriers couvreurs ont procédé à la pose au sommet de la jolie flèche de l’église Saint Gérard haute de 67 mètres, d’un coq tout en cuivre. Avant ce travail dangereux, M. le curé avait fait sonner la grosse cloche pour inviter les paroissiens à prier pour la réussite de ce périlleux travail. Les travaux de l’église Saint Gérard touchent donc à leur fin. Le coq vient d’être posé au sommet du clocher et les derniers échafaudages extérieurs ont disparu. Seuls des travaux de plafonnage restent à accomplir à l’intérieur du clocher ainsi que la pose de quelques vitraux. La nouvelle église se distingue par ses proportions et son architecture élégante.

À l’intérieur de l’église, les trois voûtes sont d’un pur style gothique. Autour de l’église sont édifiés divers bâtiments abritant un patronage, une école. Voici qu’avec la création de la paroisse le hameau du Touquet présente l’ébauche d’un nouveau quartier car près de l’église, des rues et de belles habitations s’élèvent construites sous l’égide de la loi Ribot dans des conditions particulièrement avantageuses.

Mai 1906

Le journal des sports mai 1906

Football. La Coupe Nationale qui constitue le championnat de France pour les équipes secondes a mis en présence à Suresnes le Racing Club de France et le Racing Club de Roubaix. À la fin du temps réglementaire, les deux équipes étaient à égalité 1-1. Pendant les prolongations, les roubaisiens marquent un second but et remportent le titre.

Hockey sur gazon. La finale du championnat de France est disputée le 6 mai sur le terrain du Racing Club de Roubaix. Elle oppose le Club Athlétique International (champion de Paris) à l’Iris Stade Lillois (champion du Nord). C’est la troisième finale pour les lillois qui ont perdu la première contre ce même adversaire par 3-1. L’année dernière, ils affrontaient le Stade Français et perdaient 2-1. Cette année ils ont disposé des roubaisiens en demi-finale et présentent une équipe homogène face aux internationaux parisiens.

Cyclisme. Vanderstuyft, Lepoutre, Bouhours au vélodrome. Le lillois Lepoutre est champion du Nord de demi fond et son palmarès est important. Il est imbattable sur les pistes lilloises et roubaisiennes où il s’entraîne régulièrement. Très en forme et doué d’un courage à toute épreuve, il compte bien remporter la confrontation avec les rois du demi-fond Vanderstuyft et Bouhours qui aura lieu le 13 mai. Arthur Vanderstuyft est le champion du monde des longues distances. Il a brillé dans les Six Jours de New York et dans l’épreuve du Bol d’or. Un sérieux candidat ! Bouhours quant à lui, a été quatre fois champion de France et sept fois recordman du monde de l’heure. À son palmarès le Paris Roubaix de 1900 et plus récemment la course des 24 heures au vélodrome d’hiver de Paris. Par un temps menaçant et un vent glacial, Lepoutre sort vainqueur de l’épreuve.

Course à pied. La première réunion interclubs U.S.F.S.A se déroule sur le terrain de l’Iris Stade lillois avenue de Dunkerque à Lille. Le Racing Club de Roubaix y est représenté par ses champions : Malfait, Dupuis, Catteau, Millez. Il y a aussi Vasseur et Noël du Stade Roubaisien, Ledieu du Racing Club d’Arras, et des athlètes du Racing Club de Bruxelles. Malgré le mauvais temps, les épreuves ont présenté un intérêt soutenu. Au 200 mètres, Petrowski de Bruxelles est premier devant Malfait et Gloves de Roubaix. Pour le lancement du disque, Vasseur du Stade Roubaisien remporte l’épreuve devant Catteau du RCR.

Le Racing Club de Roubaix a organisé mercredi 23 mai à huit heures et demie dans un des salons de l’hôtel Ferraille un « smoking concert » suivi d’un punch en l’honneur des champions de France. Le programme de la soirée est des mieux composés et promet quelques moments de douce hilarité qui reposeront les Racingmen d’une saison aussi chargée. (sic le Journal de Roubaix).

Course à pied. Les membres du Racing Club de Roubaix viennent de créer un Challenge International de Sports Athlétiques, sur l’initiative de la commission de course à pied. Ce challenge est constitué d’un superbe objet d’art en bronze Pro Patria avec socle de marbre d’une valeur de 1200 francs. Ce challenge est ouvert aux sociétés de l’U.S.F.S.A et comprend les épreuves traditionnelles d’athlétisme. Les équipes seront composées de deux concurrents par épreuve, et le club vainqueur aura la garde du challenge pour un an. Le challenge se disputera sur le terrain du Racing Club de Roubaix dans le courant du mois de juin.

Cyclisme. Lorgeou, récent vainqueur de Vanderstuyft à Anvers, sera présent au vélodrome roubaisien face à Lepoutre et Bouhours. Le programme comporte également des courses de vitesse et une course de motocyclettes qui feront de cette réunion un  « event » sans précédent.

Football. La finale du Challenge International du Nord opposait l’Antwerp football Club à l’Union Sportive Tourquennoise sur le terrain du Sporting Club Tourquennois. L’équipe belge l’emporte sur le score de 3-2 après prolongations.

Courses à pied. En compétition à Bruxelles, les athlètes du Racing Club de Roubaix ont brillé : Malfait remporte le 100 mètres, Dupuis le 1500 mètres, Malfait à nouveau le 400 mètres. Les épreuves de saut n’ont pas été favorables aux roubaisiens.

Avant l’été, passez commande

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L’été approche, bientôt les vacances. Mais il est important de commander son charbon avant de partir.

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Livré à dos d’homme, le précieux combustible arrive dans les caves où il est déversé prestement. Pour ceux qui disposent d’un soupirail, c’est d’autant plus pratique pour les charbonniers. La presse de l’époque rappelle régulièrement ces rendez vous avec les gueules noires, car il fut un temps où le charbon était essentiel. On se chauffait au charbon, on cuisinait au charbon, aussi valait-il mieux prévoir des réserves avant les premiers froids de l’automne.

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Au moment de la livraison, il fallait prendre quelques précautions car l’arrivée des gaillettes s’accompagnait souvent de celle de la poussière. Pour éviter d’avoir à refaire le nettoyage de printemps, il fallait se protéger de la livraison de l’été. Bien fermer portes et fenêtres si l’on passait par le soupirail. On passerait la wassingue après le départ des charbonniers, ainsi toute trace de poussière disparaissait.

Le décès de Victor Bailleul

Triste nouvelle en ce mois de novembre 1958, le décès de Victor Bailleul, le dévoué professeur manager du Boxing Club de Roubaix Wattrelos, après une longue maladie.

Victor Bailleul photo NE

Victor Bailleul né en 1906 à Herseaux débute très jeune la boxe, dès l’âge de 15 ans. Après quelques intéressants succès, il doit interrompre sa carrière. Mais cet ancien de l’école de Joinville, professeur-manager diplômé, se consacre alors à la formation des jeunes. Il participe à la création du Boxing Club de Wattrelos au début des années trente. Parmi ses élèves, on trouve Pujo, Mamadou, Marcel Jooris, Batiss, Cyrille et Pierre Duponchel, Noël Charles. Ses deux fils Roland et Arthur seront également de la partie, le second devenant même président du Boxing Club Roubaix-Wattrelos, après la migration vers Roubaix..

Victor Bailleul était un homme engagé. Au cours de l’occupation, il fut déporté politique pendant près d’une année à la citadelle de Huy en Belgique. Après la guerre, il fut élu au Conseil municipal de Wattrelos, dans l’équipe de François Mériaux, mais ce fut surtout la boxe qui occupa tout le temps que lui laissait libre le travail qu’il effectuait à la Grande Brasserie Moderne.