Tramways : la ligne 2 – la grand rue

Nous quittons la Grand-Place vers Wattrelos par la ligne 2 qui, à partir de 1900 est coupée en deux et prend, pour la partie qui nous occupe, l’indice B. Nous l’avons vu dans l’article précédent : au lieu d’emprunter la rue de Lannoy, nous effectuons un détour par la rue Pierre Motte, dans laquelle la voie unique voisine avec celles de la ligne F des tramways Lillois.

La photo suivante nous montre une voiture de type 600 aux couleurs de l’ELRT qui quitte la Grand-Place et entre dans la rue Pierre Motte par un virage serré, alors qu’au second plan, une motrice lilloise stationne à son terminus.

La photo suivante nous montre une motrice à hauteur de l’actuel « Celtic ». Dans sa livrée rouge d’origine, elle va dépasser la place des halles. Cette rue est toujours très animée, et plus encore les jours de marché. A cet endroit, la ligne F va tourner à droite dans la rue de la Halle pour se diriger vers la rue de Lille.

La ligne poursuit sa route en ligne droite et en voie unique dans la rue Pierre Motte. La photo nous montre une motrice parvenue à hauteur des bains Roubaisiens. A droite, au 49 l’enseigne d’un éphémère café cinéma Salle Philemon qui disparaît après 1914.

Après avoir suivi la rue Pierre Motte, la ligne 2 fait un virage à 90 degrés pour emprunter le boulevard Gambetta. La photo nous montre une motrice de l’ELRT dans sa livrée verte et crème inaugurée en 1922 qui, débouchant de la rue va négocier le virage vers le boulevard. Elle porte l’indice B.

La photo suivante nous montre une motrice 600 dans sa livrée des années d’après guerre et sa remorque devant l’arrêt doté d’un abri. Celui-ci sera plus tard reconverti plusieurs fois, jusqu’à abriter le syndicat d’initiative.

Quelques mètres plus loin, alors que la ligne 3 prend à droite dans la rue de Lannoy, la ligne 2 prend un nouveau virage à 90 degrés sur la gauche devant le Broutteux pour traverser la place de la Liberté. La courbe est prise au large, ce qui nécessite une contre-courbe pour reprendre l’alignement. On suit le trottoir de gauche, celui côté banque de France sera réservé aux Mongys, non encore présents sur la photo, prise avant 1908 (la motrice visible est dans son état d’origine).

La ligne reprend ensuite la grand rue par une courbe à gauche. On aperçoit sur la photo au premier plan la voie de retour qui mène directement à la Grand-Place, et, plus au fond, la courbe qui ramène sur la Grand rue par un aiguillage les trams à destination de Wattrelos. A gauche la rue Pauvrée.

Une centaine de mètres plus loin, la ligne 1 en direction de Tourcoing quitte notre ligne 2 à l’intersection de la rue du Collège. La courbe est brutale et oblige à décentrer la ligne 2 et rapprocher la voie du trottoir situé devant le magasin Bossu-Cuvelier pour obtenir un rayon de courbure plus large.

Plan des voies 1881

Un peu plus loin la ligne traverse la place Nadaud, où elle est dédoublée devant l’usine Allart qu’on voit à gauche de la photo. Cette usine va faire place dans les années 50 à la cité du Galon d’eau. On remarque l’alignement imparfait des pavés de la place.

Cinquante mètres plus loin, la photo suivante, prise vers le centre de Roubaix nous montre une motrice située sur la place Nadaud et au carrefour avec le boulevard de Strasbourg. A gauche au premier plan les maisons portent les numéros 192 et 190 dans la rue. L’aspect des maisons de la rue n’a pratiquement pas changé aujourd’hui.

Poursuivons notre chemin. Nous arrivons au canal, dont la traversée a donné lieu à la construction de plusieurs ponts successifs. Le premier fut un pont levis de deux mètres 50 de large, dont deux « trottoirs » de 22 centimètres. Il ne fallait pas chausser trop grand ! Il était assorti d’une passerelle pour les piétons. Le second, large de 7 mètres 20 était hydraulique et contre-balancé par quatre poids en facilitant la manœuvre. Sa renommée tient surtout à son inauguration, en septembre 1903. Ce jour là, les officiels, dont le maire Eugène Motte, sont venus de la grand place en tramway pour voir se lever le pont, mais force est de constater que celui-ci refuse tout service : Un tuyau hydraulique est coupé. Les ingénieurs découvriront plus tard que la coupure est due au courant électrique de retour passant par les rails du tramway qui a rongé le tuyau. Ceci n’empêchera pas les fêtes de l’inauguration de battre leur plein !

Ces courants vagabonds dus aux tramways vont entretenir les polémiques entre ingénieurs durant plusieurs années. En attendant, le public se gausse de l’incident et une chansons circule, relayée par le Journal de Roubaix :

Lève l’pont, Ugène,

Lève l’pont,

Y’a qu’ equ’ chos’ qui gêne,

Ugène, Ugène,

Tire d’sus la chaîne

Ugène, Lève l’pont.

Ce malheureux pont sera détruit en 1918 par l’armée allemande en déroute. Il sera remplacé dans les années 20 par celui qu’on connaît aujourd’hui.

Photo Lucien Delvarre

A suivre…

Les documents proviennent des archives municipales, et de la médiathèque de Roubaix que nous remercions une fois encore.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.