Visite de Ste Bernadette

En 1938, un an après la construction de l’église Sainte Bernadette, la vie de la paroisse s’organise : 220 enfants suivent les cours de catéchisme, 250 les activités du patronage. Une foire aux plaisirs réunit les paroissiens en Juillet. Le 11 décembre, on profite du premier anniversaire de l’église pour inaugurer les fresques, œuvres d’André Trebuchet, la principale étant située sur la partie incurvée de l’abside.

La nef est large et dégagée, les piliers étant écartés au maximum, grâce à la technique de construction choisie par l’architecte roubaisien Dupire.  Les bas-côtés sont de simples passages.

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L’église Sainte Bernadette est construite en briques et en béton armé. D’aspect massif, ses murs extérieurs, ornés de croix grecques, présentent à leur sommet une évocation de créneaux et de mâchicoulis, et évoquent un château fort.

Le parvis, auquel on accède par quelques marches, fait toute la largeur de la façade. Les fidèles y devisaient à la sortie de la messe.

Le baraquement qui avait abrité provisoirement les cérémonies du culte durant la construction de l’église n’est pas démoli : il sert désormais pour diverses activités, comme le patronage.

Bernard nous confie : « Oui, quand j’étais gamin, on allait jouer ; on allait au patronage là. Il y avait de l’espace ! » Et Jeanine ajoute : « c’est la chapelle provisoire… C’est là où était le patronage. On y avait des petites soirées. Je l’ai vue démolir, beaucoup avant l’église. »

En 1960, le cardinal Liénart vient célébrer le 25 ème anniversaire de la paroisse. Il rappelle à cette occasion qu’il était venu poser la première pierre de l’église en 1935, et conclut son allocution en demandant aux paroissiens d’accueillir fraternellement les nouveaux habitants qui vont bientôt s’installer dans les 885 logements nouvellement construits dans le quartier. A cette époque, en effet, le quartier va voir sa population considérablement augmenter avec la mise en location des nouveaux immeubles.

Informations Journal de Roubaix et Nord Eclair, photos Lucien Delvarre

St Jean Baptiste, avant et maintenant

L’église Saint Jean Baptiste carte postale Médiathèque de Roubaix, photo Michel Farge

Pendant une réunion de l’atelier mémoire, les participants se sont exprimés sur les deux images de l’église Saint Jean Baptiste, l’une datant de la belle époque, et l’autre du mois d’août 2010. Le compte rendu suivant relate les observations, les remarques et les pistes de recherches énoncées par tous les membres de l’atelier. On trouvera en italique quelques éléments de réponse extraits du bulletin de la Société d’Emulation consacré aux églises de Roubaix. Mais le travail est loin d’être terminé !

Sur la photo ancienne, l’église est encore en construction, la rue semble être un sol de scories.

L’église Saint Jean Baptiste, dite du Raverdi, a été conçue par l’architecte Auguste Dupire dont les plans datent du 2 août 1887. Sa première pierre est posée en 1888, et l’église sera construite du 16 avril 1889 au 15 novembre 1890. La rue Jean Goujon fut classée dans le réseau urbain de la ville par une décision du Conseil Municipal du 21 octobre 1904.

Les flèches ont changé. A mi hauteur des deux clochers, des éléments ont disparu, des ornements (clochetons ou pignons).Ont-ils mal vieilli et posé des problèmes de sécurité ? Sont-ils tombés ? On cite deux rénovations, l’une après la première guerre, et l’autre, il y a une dizaine d’années.

Une délibération municipale du 6 février 1959 nous apprend qu’il est question de faire procéder à d’importants travaux : consolidation de la charpente, réfection de la maçonnerie, réfection des grillages de protection des vitraux et reconstruction du parvis. Tous ces travaux seront menés à bien dans le cours de l’année.

Les abat-sons sont plus nombreux, par contre, on a procédé à la suppression des « balcons », le garde corps a disparu, pouvait-on autrefois y marcher ? La statue aurait été descendue et rénovée il y a quelques années… L’Horloge est toujours la même, il est rare de trouver une horloge sur les frontons des églises.

En janvier 1892, les habitants du quartier ont pétitionné pour obtenir une horloge à leur église.

Autrefois, il y avait plus de vitraux, ils ont été rénovés. Sur la photo de gauche, il semble y avoir un vitrage provisoire, ou des planches…Les deux colonnades latérales du fronton autour du vitrail central ont disparu. Les portes n’ont pas changé, elles ont été repeintes lors de la dernière rénovation, ce qui fait l’objet d’une anecdote. La couleur employée, le violet, ne plaisait pas aux paroissiens, les portes furent donc repeintes couleur sang, en référence à la Pâque juive.

L’atelier s’interroge sur la présence de deux tours. Une autre église, aujourd’hui disparue, Saint Antoine, rue de Remiremont avait la même configuration. Pourquoi donc deux tours ?

Une signification symbolique est-elle attachée à cette caractéristique ? Sans doute la réponse se trouve-t-elle dans les travaux de l’architecte Dupire, qui a également construit le temple protestant de la rue des Arts. Un autre témoignage historique pour terminer : avant l’église, il y avait des fermes et des vignes, et le vin fournissait l’évêché de Tournai.

Cet échange commun pose de nombreuses pistes de recherches. Un travail similaire sera effectué avec des vues comparatives de l’intérieur de l’église. A vos commentaires et compléments !

Une nouvelle église, Ste Bernadette

L’accroissement de la population au Nouveau-Roubaix dans les années trente appelle l’implantation d’une nouvelle église. En attendant cette construction, on bâtit une chapelle provisoire avenue Motte. Celle-ci aura bien des malheurs : lors de la tempête de février 1935, son toit fait de plaques d’« Eternit », est emporté par le vent. Son vicaire, l’abbé Carissimo, aidé de quelques paroissiens, est contraint d’effectuer une réparation de fortune. En janvier 1937, elle est cambriolée, les voleurs, entrés par une fenêtre, ne réussissant qu’à retirer de leur larcin qu’un butin infime. Cette même année, on prolonge la rue Léon Marlot de l’autre côté de l’avenue Motte.

Construction du prolongement de la rue Marlot, à droite la chapelle provisoire.

En Avril 35, à l’occasion de la fête de Pâques, on organise une fête en plein air sur le terrain de la future église. Le projet de construction de l’église définitive se précise, et c’est le cardinal Lienart qui pose la première pierre en Juillet 1935. Un défilé processionnaire était prévu sur l’avenue Motte pour accueillir le cardinal, mais il ne fut finalement pas autorisé par la municipalité, celle-ci venant d’interdire un défilé socialiste prévu le samedi suivant. L’abbé Carissimo devient curé de la nouvelle paroisse.

Le discours de M André Lepoutre – Remarquons les champs à perte de vue

La construction commence. Elle s’étendra sur les années 1936 et 1937.

Deux vues de la construction. Au premier plan des deux photos, l’avenue Motte et les barrières protégeant la voie ferrée.

L’église est enfin consacrée en 1937 ; elle est ouverte au culte en fin d’année. En décembre 38, à l’occasion du premier anniversaire de l’église, sont inaugurées les fresques d’André Trebuchet dans l’abside et les fonts baptismaux.

Les informations et les photos sont tirées du Journal de Roubaix

Le Suisse de Saint Jean Baptiste

Le Suisse, l’église façade et intérieur Photo coll. Particulière, Cartes Postales Coll. Médiathèque de Roubaix

Chaque église de Roubaix avait autrefois un Suisse. Un paroissien rémunéré par la paroisse,  accomplissait les fonctions de suisse : il conduisait les cortèges, plaçait les membres de l’assistance à leurs places, dirigeait les aspects pratiques des cérémonies. Il indiquait les places libres, faisait respecter le silence. Il frappait sur le sol avec sa canne lors de ses déplacements, ou pour ramener l’assistance à plus de calme. Il indiquait le chemin à suivre au de la présentation de l’hostie par le prêtre. Cette fonction était encore exercée il y a une trentaine d’années dans certaines paroisses.

Le Suisse de notre photo était celui de la paroisse Saint Jean Baptiste, mais il arrivait qu’il officie également à l’église Saint Michel. Monique Dhalluin, qui habitait le petit château Dhalluin, l’évoque dans ses mémoires : un Suisse en culotte courte et bas blancs, aux mollets impressionnants, nous accueillait coiffé d’un bicorne, une hallebarde à la main…

La description générale corrobore ce souvenir : le Suisse était vêtu d’un uniforme rappelant l’Ancien Régime, avec bicorne, bas et culottes courtes, gilet brodé de fils d’or, épaulettes, chaussures à boucles. Il tenait une hallebarde et une haute canne à gros pommeau de cuivre évasé, en forme de poire.

Une anecdote concernant un mariage de 1903 à l’église Saint Martin nous donne un aperçu de la tenue du début de siècle. Les familles des mariés ont en quelque sorte rhabillé le Suisse de l’époque : comme les vêtements de cérémonie (du Suisse) n’étaient plus de toute fraîcheur, Mme Motte Lepoutre lui fit faire sur mesure une superbe tenue rutilante (sic) d’or et d’argent. Elle lui fit même confectionner de faux mollets qu’elle l’obligea à porter sous ses bas pour qu’il précédât en beauté, avec un galbe parfait, le cortège nuptial.

Cependant le cliché nous montre un Suisse plus contemporain, en pantalons, mais ayant gardé bicorne et canne. Après le Suisse, c’est un laïque qui exerçait ces fonctions, mais il n’était plus en tenue.

Beaucoup de questions restent posées : comment on devenait Suisse ? Qui était le Suisse de la photo ? Quelle différence entre le Suisse et le Bedeau ? Quand la fonction a-t-elle disparu ? A vos souvenirs…

Source anecdote 1903 Jean Piat : Jean Lebas de la Belle Époque à la Résistance

L’église Sainte Bernadette

La pose de la première pierre par le Cardinal Liénart doc JdeRx

La première pierre de l’église Sainte Bernadette est posée en juillet 1935 par le cardinal Liénart, alors que le quartier des Hauts Champs et du Nouveau Roubaix est encore campagnard, avec des fermes, des jardins ouvriers, des briqueteries. L’église Sainte Bernadette remplace une humble chapelle de bois construite quelques années plus tôt. René et Maurice Dupire en furent les architectes. A vos souvenirs !

Un premier baraquement datant de 1934 sert de chapelle provisoire, ce qui montre l’importance de la demande du quartier. En effet, l’église Saint Jean Baptiste, improprement appelée église du Nouveau Roubaix est trop éloignée du quartier. La première pierre de la nouvelle église est posée le 28 juillet 1935 par le cardinal Liénart. C’est la 14ème église de Roubaix. L’Evêché a acheté les terrains qui appartenaient à la compagnie de chemin de fer du nord,. On a donc  construit une église, un presbytère, une école et un patronage. Elle devait s’appeler l’église Ste Famille, mais l’abbé Carissimo, promoteur du projet s’y est opposé. Ce sera donc Ste Bernadette. Cette église  n’a jamais été finie, des salles avaient été prévues,  sur les côtés, c’était écrit c’est ici la maison de Dieu, c’est ici la porte du Ciel. En 1936, à la fin de la construction, des ouvriers ont mis un drapeau rouge en haut de l’échafaudage. Un vicaire en soutane est monté à l’échelle pour le décrocher.

L’église Ste Bernadette doc NE

Un mariage de tisserands

mariageblogCe mariage sous les navettes se déroule en 1961, et la photo de Nord Éclair est prise à la sortie de la Chapelle Saint Jean Bosco, rue Bernard. Qui pourra nous apporter des précisions sur cet endroit ?

Robert peut !

Histoire véridique du mariage de M. Antoine HUYGHE et de Marie Thérèse TIKHOMIROFF, rédigée par cette dernière, et publiée dans le blog avec leur accord. En ce samedi 7 Novembre 1959, nous nous préparons à la célébration de notre mariage, et attendons notre chauffeur (un « ami » de la mère du futur marié), avec sa belle voiture noire : une PANHARD, pour se rendre à la Mairie de ROUBAIX à 10h, puis à la Chapelle DON BOSCO. Toute la famille attend désespérément au domicile de la future mariée 41 bis Rue Henri Lefebvre cour Delplanque n°3. De guerre lasse, ne voyant pas arriver la voiture, il ne nous restait plus qu’une solution : y aller à pied, accompagnés de toute la famille. Il faisait un froid de canard et en plus les moyens financiers n’avaient pas permis à Antoine d’acquérir un costume de grande qualité, d’où notre crainte de voir arriver la pluie et l’effondrement du costume. Quant à Marie Thérèse, elle avait du mettre son manteau porté plusieurs hivers et plus de première fraîcheur, sur sa petite robe blanche. Tout le long de la route, la belle-mère, voulait lui faire enlever ce manteau pour disait elle , »être plus présentable », mais la mariée refusait car il faisait très froid.. Enfin arrivés à la Mairie et ensuite à la Chapelle rue Bernard, devinez qui nous voyons à la fin de la cérémonie? Le chauffeur en train de se chamailler avec la belle-mère qui lui faisait de reproches de ne pas être venu en voiture, mais ….en mobylette !! Nous avons appris plus tard le pourquoi de cette incident mémorable : pour se venger après une dispute de couple, la femme du fameux chauffeur, avait mis un produit dans le réservoir d’essence pour l’empêcher de prendre sa PANHARD, qui de ce fait n’a jamais démarré ! C’était il y aura bientôt 50 ans !!! Gageons que pour leurs noces d’or, tout ira mieux !!!

Et Robert complète :

Pour le mariage de tisserands, je m’aperçois que je n’ai pas communiqué les précisions sur les mariés qui étaient donc : Claude WARLOP de la cour Bernard rue Bernard et Christiane RIVIERE 174 rue Edouard Anseele. J’ai aussi récupéré une photo d’un autre mariage célébré dans cette chapelle : il s’agit de M. et Mme Roland TOMBELLE, qui habitaient à l’étage du 9 rue Beaurewaert, dans le même immeuble que les abbés DALLE et LENGLART. L’entrée principale du dispensaire et des salles de maternelle était située au 102 rue Bernard, et la chapelle au n°104,derrière la maison occupée par la famille GORCZAK. Mon frère Bernard (encore un bernard) est d’ailleurs rentré dans cette famille en épousant ma belle sœur Monique. Tous les deux m’ont aussi établi un plan détaillé de tous ces locaux. En se rendant sur place, ils ont retrouvé la plaque d’égout de 1950, juste en face du n°102 de la rue Bernard , devenue aujourd’hui rue Jules Watteuw.

robert2003Collection particulière

La maison Saint Jean Bosco

Un lieu de vie et de culte

Dès le mois de janvier 1945, le principe d’un groupe d’œuvres Saint-Jean-Bosco est envisagé par l’abbé-doyen de Sainte Elisabeth Carissimo, avec la bénédiction de son Eminence le cardinal Liénart. Ce groupe devait comprendre des salles de réunion pour conférence, un cercle d’études, un jardin d’enfants, un terrain de sport, une cantine. Mais ce fut aussi un lieu de culte avec une chapelle, où l’on pratiqua des baptêmes, des communions et des mariages.

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Mariage et communion Photo Brunin et NE
Les personnes

L’abbé André Dalle est vicaire à la chapelle Dom Bosco depuis 1949. Il exerce dans le quartier des longues haies un apostolat méritoire, quand en 1955 il est désigné par l’autorité diocésaine aux importantes fonctions d’aumônier de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne de Roubaix. Pendant six ans, avec l’abbé Langlart et l’abbé Cockenpot, il se dévoue corps et âme au bien matériel et moral de ses humbles paroissiens, vivant au milieu d’eux, travaillant comme eux, ce qui lui vaut le respect et l’amitié de la population du quartier. Sœur Saint-Ignace, Petite Sœur de l’ouvrier a longtemps dirigé un jardin d’enfants dans cette maison. Les petits roubaisiens de 3 à 6 ans y sont accueillis, à condition qu’ils résident dans le quartier des Longues Haies. C’est un lieu d’accueil et d’éducation apprécié par la population.

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Sœur Ignace et Abbé Dalle Photos Brunin

La visite

La maison Saint Jean Bosco se trouve dans la rue Bernard. L’entrée est au n°102. Dans le hall, sur la droite, il y a une salle de dispensaire et de soins médicaux donnés par les bonnes sœurs, puis la salle de bibliothèque. Sur la gauche, le logement des sœurs. On accède ensuite à une cour intérieure qui donne sur deux classes pour les petits, la salle de cantine et le dortoir. Au fond, la chapelle et à l’étage, une salle pour le catéchisme.

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La façade de la chapelle St Jean Bosco Coll Particulière
à suivre