Le 6 Janvier 2002, la société « Les Compagnons Menuisiers du Nord » rue de Naples, est fermée car c’est dimanche. Vers 15h30, le feu se déclare dans l’entreprise. Les riverains alertent les secours. Les pompiers arrivent rapidement et commencent à arroser le foyer. Le feu se propage et les fumées noires sont épaisses.
Document Nord Eclair
Au moment où les sapeurs arrivent à pénétrer dans l’entreprise, on entend des craquements et le commandant donne l’ordre de repli. Un pompier n’a pas le temps de reculer : la façade et une partie de la toiture s’effondrent sur lui. Il est mortellement blessé. Michael Dufermont avait 27 ans.
Document Nord Eclair
C’est la stupeur dans toute l’équipe des pompiers, mais il faut continuer à combattre l’incendie qui risque de se propager aux maisons à proximité, et surtout au dépôt de pneus de l’entreprise « Crépy pneus »
La façade ( Document Nord Eclair )Le mur de la menuiserie s’est effondré dans l’entreprise » Crépy Pneus » ( Document Nord Eclair )
Le feu est maintenant maîtrisé. Mais cette énième victoire contre le feu a un goût amer. Le commandant Bruno Moulard est effondré. Il vient de perdre un de ses hommes. Et pourtant le sinistre n’était pas un feu exceptionnel d’après lui. C’est presque un cas d’école : un local industriel très enclavé, dans un tissu urbain, comme c’est souvent le cas en ville. Le feu a été violent, les poutres métalliques brûlantes ont fait vaciller toute la structure de briques et de béton.
Michel Leminque ( Document Nord Eclair )
« Les Compagnons Menuisiers du Nord » est une SCOP : une coopérative dont le capital appartient aux ouvriers. C’est « leur » entreprise. La menuiserie a été créé en 1985. Michel Leminque, le gérant, est particulièrement choqué par le désastre, mais ce n’est rien par rapport à la mort de ce jeune pompier.
Michael Dufermont ( Document Nord Eclair )
Michael Dufermont avait 27 ans. Il devait se marier en Juin avec sa compagne Cécile Huygue qui attend son enfant pour le printemps. Quelques jours plus tard, a lieu la cérémonie, empreinte d’émotion, à l’église Saint Pierre de Croix. Daniel Vaillant, le ministre de l’intérieur et Noël Dejonghe le directeur de la SDIS ( Service Départemental d’Incendie et de Secours ) ont surtout mis en avant l’altruisme, la générosité et la motivation de Michael Dufermont.
Photos BT
Michael est en quelque sorte, un compagnon du devoir et, les Compagnons Menuisiers savent bien ce que ce mot veut dire.
Quelques temps après, une plaque est apposée sur la façade de la menuiserie. Elle y figure encore de nos jours.
C’est en septembre 1962 que l’ancien cinéma Jacobs dit le Métro est reconverti en magasin. En effet la chaîne des super-marchés Libéral vient s’installer rue Carnot à Wattrelos, après avoir ouvert à Lille, Lambersart, Faches-Thumesnil, Quiévrechain, Calais et Armentières. La surface de l’ancien cinéma dancing est adaptée et on y installe les différents rayons suivants : alimentation, boucherie, charcuterie, plats cuisinés, crémerie, volailles, fruits et légumes, vins, confiserie. Auprès desquels on trouvera la droguerie, parfumerie, les articles de vaisselle, linge, chaussures, jusqu’aux disques et aux livres ! Dans les projets de la direction du Libéral, la création d’un stand ressemelage et d’un rayon nettoyage vêtements.
L’entrée rue Carnot du Libéral Photo NM
Le gain de temps et d’argent est l’argument fort du nouveau super-marché qui possède deux entrées : l’une donne sur la rue Carnot, l’autre sur la rue Faidherbe. Six caisses enregistreuses permettent d’éviter les longues attentes de certaines supérettes. Ce magasin Libéral fonctionne en mode libre service et ses prix défient la concurrence à qualité égale. Des cadeaux sont prévus pour remercier et fidéliser la clientèle.
Au cours de l’inauguration du Libéral Photo NM
Lors de l’inauguration, parmi les personnalités on pouvait remarquer MM. Missu père et Pierre et Serge Missu, respectivement président directeur général et gérants des établissements Libéral, ainsi que les représentants de la municipalité, adjoints au maire et conseillers municipaux. Des représentants de la marque Copelait, de l’Indépendante et du Crédit du Nord étaient également présents. Une foule d’acheteurs se précipite dès l’ouverture pour découvrir ce superbe magasin dont la formule de vente se généralise, annoncée comme plus pratique et plus économique dans le souci de « vivre mieux et moins cher ».
Le marché métro en 1966 Photo NE
C’est l’une des transformations de l’ancien cinéma Jacobs qui en connut plusieurs et non des moindres. Ainsi en 1966, l’enseigne a-t-elle déjà changé et le supermarché est devenu le Marché Métro, retrouvant ainsi une partie de son passé. Ravivez vos souvenirs et n’hésitez pas à témoigner !
Le N° 1 du boulevard de la République, est le premier bâtiment que l’on aperçoit, quand on arrive du Pont Saint Vincent, par la rue d’Alsace, en direction de Tourcoing.
( Photo BT et document P. Simoens )
Cet immeuble, assez imposant, sur 4 niveaux ( 1 rez-de-chaussée et 3 étages ), se trouve à l’angle du Boulevard d’Armentières. Le début de la construction date de 1878. En 1885, la brasserie Pollet-Jonville, sise au 52 rue de l’Espérance, se porte acquéreur du bâtiment, pour y créer un estaminet, car l’emplacement est idéal.
Estaminet Buyse en 1906 ( document collection privée )
Divers commerçants se succèdent alors pour gérer le café tenu par la brasserie : H. Liénard en 1900, Mlle Buyse en 1906, Ch Baillon en 1914, J Delbecq en 1928. En 1932, un incendie ravage une partie du commerce. La brasserie propriétaire des lieux qui s’appelle désormais Pollet-Watine, demande à l’entreprise d’André Dussart d’effectuer les travaux de rénovation. Ensuite, Mme Mullier gère le café à partir de 1937. Après la seconde guerre mondiale, Mlle Renée Desmul reprend le commerce, et le transforme en parfumerie-papeterie.
Renée Desmul s’occupe donc de 2 commerces différents, sous le même toit ; des articles de parfumerie de grandes marques, des produits de beauté d’instituts parisiens, mais également des articles de papeterie : crayons, stylos, cahiers. A la fin des années 1950, le commerce de parfumerie-papeterie est géré par Mme Vve Dumonteil, et peu de temps après, par G Pinchart. Au milieu des années 1960, Amédée Henon-Doye reprend le point de vente, mais abandonne les articles de parfumerie, pour ne se consacrer qu’à son commerce de librairie-papeterie. Christian Pezellier rachète l’immeuble en 1979. Le rez de chaussée commercial est occupé en 1982 par un fournituriste de bureau : Buro-Service et, en 1987, par une agence de travail intérimaire : Flandres Interim.
Travaux de 1989 ( document archives municipales )
En 1989, le propriétaire entreprend de gros travaux de rénovation du bâtiment, et, après quelques mois, en 1990, la façade est entièrement rénovée : le résultat est magnifique. Le rez de chaussée peut être remis en location.
Document archives municipales 1990
Au début des années 2000, une agence immobilière s’installe : Valeurs sûres.
Document Google Maps 2008
Puis au début des années 2010, lui succède un salon de coiffure : L’esprit coiffure.
Document Google Maps 2011
En 2014, Philippe Simoens, gérant de l’entreprise Arliane, ( diagnostic immobilier ), dont les bureaux sont installés au 25 rue d’Alsace, souhaite déménager pour trouver un meilleur emplacement, plus spacieux . Il déménage ses locaux au rez de chaussée du 1 Bld de la Republique
Photo BT
Philippe Simoens rachète l’immeuble en 2018 et demande à son architecte de transformer la salle d’accueil pour en faire un lieu plus accueillant, plus chaleureux et sympathique.
Documents P Simoens
Remerciements aux archives municipales et à Philippe Simoens
Henri Bausier est commerçant. Il gère un commerce Phildar, à Tourcoing, dans les années 1950. Il devient dépositaire Pingouin-Stemm, en 1960, et s’installe à Roubaix au 3 rue Pierre Motte. C’est un endroit idéalement bien placé, car situé dans une artère très commerçante de la ville, à 10 mètres de la Grand-Place. Le 3 rue Pierre Motte est un ancien café-friture, qu’Henri fait transformer en magasin de détail des produits Pingouin-Stemm, qui sont, bien sûr, les célèbres marques de la »Lainière de Roubaix », leader en pelotes de laine Pingouin et en chaussettes Stemm.
Façade ( documents archives municipales )
Publicités ( documents collection privée )
Il fait construire un mur de séparation à l’intérieur, entre le couloir et le magasin, de façon à ce que les propriétaires du bâtiment, les deux sœurs Victorine et Jeanne-Alphonsine Van Weynsberger, puissent regagner leur habitation à l’étage, sans devoir traverser le magasin. Les travaux sont confiés à l’entreprise d’Isidore Baseotto à Tourcoing.
Ouverture du magasin ( document Nord Eclair Nov 1960 )
L’ouverture a lieu début Novembre 1960. Les roubaisiens découvrent un magasin accueillant et chaleureux : les comptoirs sont en laque, les pelotes de laine aux coloris infinis sont exposées sur toute la longueur du mur, les chaussettes sont vendues en libre-service. L’inauguration se fait en présence de Mr le maire, Victor Provo. Pendant toute la semaine d’ouverture, Henri Bausier offre des louis d’or, à la clientèle, par tirage au sort.
Henri Bausier dans son magasin ( document JJ Bausier )
Le démarrage de l’activité est satisfaisant. Henri Bausier est bon commerçant, très sensible au service apporté à la clientèle, et passionné par la publicité qu’il utilise très régulièrement, dans la presse locale.
( documents Nord Eclair )
Henri développe ensuite une gamme de produits complémentaires : les bas, collants, cravates, les tapis Pingouin à faire soi-même et également les machines à tricoter. Gisèle, son épouse, lui apporte une aide précieuse à la tenue du magasin et à l’accueil de la clientèle principalement féminine. A côté de son magasin, au 1 bis, se trouve une mini-cave. Henri Bausier connaît bien son voisin M Delepierre, commerçant en légumes. Les deux hommes vont créer ensemble, un commerce de tricots, pour distribuer dans ce point de vente, des produits de la marque Rodier en 1967, à l’enseigne »Jeune ».
Le magasin »Jeune » au 1 bis – Façade et intérieur ( documents JJ Bausier)
Henri Bausier confie à son fils, Jean-Jacques et à une jeune vendeuse, la gestion du magasin. Le succès n’est pas vraiment au rendez-vous, car les tricots Rodier sont peut-être un peu trop haut de gamme pour les roubaisiens. Ils décident donc d’arrêter leur activité en 1968. Jean Jacques Bausier a 20 ans ; jeune et passionné de musique, il propose à son père d’ouvrir un magasin de disques vinyles dans cette cave qui est un endroit plutôt sympa pour les jeunes. La façade extérieure est en bois ; 7 marches seulement sont nécessaires pour descendre au niveau intermédiaire ; 3 petites pièces se succèdent sur toute la longueur du magasin ; le plafond est en lambris acajou vernis. L’ouverture de la »Discocave » a lieu, cette même année : 1968.
( document collection privée )
Jean Jacques se spécialise en musique Pop, Rock, Variétés. La vente se fait essentiellement en disques vinyles et surtout en 33 tours. Les deux hommes communiquent alors ensemble, par des publicités communes pour les deux magasins, dans la presse locale.
Publicités communes ( documents Nord Eclair )
En 1973, le succès aidant, Henri et Jean-Jacques décident d’ouvrir un second magasin de disques, dans le tout nouveau centre commercial Roubaix 2000. L’enseigne sera : Discocave 2.
Discocave 2 à Roubaix 2000 ( documents JJ Bausier et Nord Eclair )
Le père et le fils se relaient pour assurer une présence permanente, dans les deux magasins de disques. Jean-Jacques est spécialisé en musique Pop Rock. Henri préfère plutôt la variété française.Le magasin Discocave 1 ferme ses portes, en 1977, car Jean Jacques Bausier choisit une autre orientation pour sa carrière et part dans le domaine des photocopieurs. Henri continue le magasin Discocave 2, jusque la fin du centre commercial Roubaix 2000. Il continue ensuite de gérer son magasin Pingouin Stemm de la rue Pierre Motte avec son épouse, jusqu’au milieu des années 1980, date à laquelle ils prennent une retraite bien méritée.
Henri Bausier ( document JJ Bausier )
Remerciements aux Archives Municipales, et à Jean Jacques Bausier.
L’abattoir vient de fêter le centenaire de sa construction quand le constat est fait de sa vétusté et de l’impossibilité d’une réfection totale de ses locaux car il est à présent situé quasiment en centre ville. Un projet de nouvel abattoir coûtant trois millions de francs est à l’étude. On pense à l’implanter en lieu et place de l’ancien dépôt de tramways rue de Mascara au Laboureur devenu propriété communale. La voie de chemin de fer toute proche est un argument pour cette implantation. Finalement en 1974, par arrêté du préfet, les abattoirs de Roubaix et Tourcoing sont condamnés, ils ne feront pas partie de la liste des neuf abattoirs du nord qui subsisteront à savoir Dunkerque, Hazebrouck, Valenciennes, Saint Amand, Douai, Avesnes, Maubeuge, Caudry et Lille.
Dernières images de l’abattoir Photo NE
Tous les abattoirs non autorisés doivent cesser de fonctionner au plus tard dans les quatre ans (1978 pour Roubaix et Tourcoing) avec une prime incitative pour fermeture de 334.160 francs. Il est vrai que les tonnages abattus étaient en baisse. Le reclassement du personnel est prévu : 22 personnes à Roubaix iront dans d’autres services, d’autres sont proches de la retraite, d’autres iront à Lille, ce sont principalement des chevillards.
Le lycée professionnel rue Lavoisier Photo VDN
L’abattoir fut démoli en 1978 et on établit sur son emplacement un lycée d’enseignement professionnel, dont la construction démarra en décembre 1978 pour s’achever en novembre 1980. Cet établissement propose aujourd’hui des filières vers un CAP ou un Bac pro dans les domaines de la restauration ou des services à la personne. La fonction de l’établissement jouxtant la Place ayant changé, le nom de la Place en fit autant : elle fut rebaptisée Place Jean Baptiste Clément, du nom de l’auteur du « Temps des cerises » le 28 février 1979.
Le lycée a remplacé l’abattoir plein centre de la photo Vue IGN 1982
Cet abattoir fut agrandi plusieurs fois (1894, 1908 et 1925), modernisé en 1899 et équipé de chambres froides en 1919. Cette année là, un peu partout, les municipalités des grandes villes installent des services frigorifiques pour maintenir les produits congelés importés à basse température jusqu’au moment de leur consommation. Roubaix ne fait pas exception. Un projet d’installation pouvant abriter 200 tonnes de viandes est examiné. Il s’agirait de transformer une écurie de l’abattoir en un frigorifique et en une anti chambre de décongélation. La salle des machines serait établie sur un petit terrain libre à côté dépendant de l’abattoir.
Le quartier se développe autour de l’abattoir. Parmi ses riverains, on trouve deux tailleurs, deux estaminets, dont l’un s’appela un temps A la vache d’or, et bien sûr deux bouchers. La Place de l’Abattoir reçut sa disposition actuelle en 1925 : elle fut composée de deux terre-pleins plantés de tilleuls argentés, agrémentés de bancs pour les promeneurs, et elle fut alignée en son centre avec la rue de l’abattoir (future rue Léon Allart).
L’abattoir des années trente CP Méd
À cette époque, l’Abattoir communal est ouvert de 6 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures, du 1er Avril au 30 Septembre. De 7 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures, du 1er Octobre au 31 Mars. L’établissement est fermé les dimanches et jours de fêtes.
L’abattoir accueille un grand nombre de professions : bouchers, charcutiers, chevilleurs, tripiers, fondeurs de suif et leur accès est sévèrement réglementé. MM. le Vétérinaire Inspecteur de l’Abattoir, le Directeur du Bureau d’Hygiène et le Commissaire Central de Police, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du règlement.
L’Administration Motte avait projeté en 1909 la construction d’un nouvel abattoir aux Trois-Ponts près du Tir National. Ce projet avait plusieurs gros inconvénients : il portait préjudice au commerce du quartier. Trop éloigné du centre, il perdait une partie importante de sa clientèle de bouchers qui se seraient rendus aussi rapidement à Lille ou à Tourcoing. D’où augmentation de dépenses et diminution des recettes.
L’abattoir modernisé CP Méd Rx
En 1925, on fait le choix de la modernisation. Les travaux vont pourvoir l’abattoir d’un outillage moderne et des perfectionnements pour l’hygiène : aqueducs, eau saine et abondante sous forte pression, lumière électrique dans les halls d’abattage, échaudoirs lambrissés en grès émaillés, monorails avec crocs ou baquets suspendus pour le transport, augmentation du nombre de pendoirs, salles de grattage et de dégraissage conformes aux exigences de l’hygiène, écuries, étables, bergeries, vestiaires et lavabos pour le personnel. Partout de l’air et de la lumière. Les recettes, loin de diminuer vont augmenter. Double bénéfice pour la Ville. Et pas de perte pour le commerce du quartier. L’abattoir sera complètement modernisé en 1928.
Le 9 de la rue Pierre Motte a été, pendant très longtemps, occupé par un débit de boissons : l’estaminet de L. Rousseaux dans les années 1900, puis celui de M. Deffrenne ( chez Marius ) dans les années 1920 et 1930.
( document collection privée )
Après la libération, le café est tenu par Stanislas Ryba Coppens. L’enseigne est le « LA MI DO » Trois notes de musique ! car Stanislas, musicien passionné, profite de cette période d’après guerre, pour transformer son établissement en café-concert. L’activité musicale roubaisienne se concentre au cœur de la ville, autour des halles, et la rue Pierre Motte se transforme en « rue du jazz ». Les principaux commerces créent leur formation de jazz et de swing. Dans cette rue, nous trouvons le Celtic au 11, le Bazar des Halles au 35, l’orchestre de Jean Poulin au 55, la Rotonde à l’angle du Boulevard Gambetta, et un peu plus loin, le café du Broutteux.
( document Nord Eclair )
Au début des années 1950, Claude Ryba, le jeune fils de Stanislas, est accordéoniste. Il anime les après-midi dansants pour divertir la clientèle. Le « LA MI DO » devient un lieu renommé et apprécié.
( documents Nord Éclair )
En 1962, l’opticien André Her, installé au 94 96 rue de l’Epeule, reprend le café et demande à l’architecte Henry Hache, situé place de la Fraternité, des travaux de transformation de la vitrine pour la création d’un magasin de prêt-à-porter et plus précisément d’imperméables et de manteaux à l’enseigne : Toutemps. M et Mme Lagast sont responsables du commerce jusqu’en 1966.
( document collection privée )
Daniel Jacquart reprend le commerce du 9 rue Pierre Motte, en 1966. Daniel est déjà commerçant ; il possède un commerce de bonneterie, à l’enseigne « La Bicoque », au 53 bis rue de Lannoy, en 1962. Trois années plus tard, une grande partie de la rue de Lannoy est rasée pour faire place au futur centre commercial Roubaix 2000. Daniel Jacquart comme beaucoup de commerçants, s’installe au Lido à l’emplacement N° 15, toujours avec son enseigne « La Bicoque ». Le Lido étant un centre de transit provisoire, Daniel pense déménager pour trouver un commerce digne de ce nom, et choisit donc, le 9 rue Pierre Motte. En Septembre 1966, il demande à l’entreprise Trousson une modification de la vitrine.
( document Archives Municipales )
Il abandonne l’enseigne La Bicoque pour afficher son nom : Jacquart, et, en 1968, il fait transformer complètement le magasin par l’entreprise Delcour de Wasquehal. Son enseigne est désormais ; Jacq’bis.
La façade en 1986 ( document Archives Municipales )
Daniel continue son commerce de bonneterie, mais va surtout développer la vente de prêt-à-porter féminin, avec des grandes marques, connues du grand public. Sa devise est : Jacq’bis, la plus parisienne des boutiques roubaisiennes
publicités ( documents collection privée )La façade en 1999 ( document F. Hamès )
En 1999, Daniel Jacquart cède son commerce à Fabien Hamès et son épouse Nathalie. Fabien est opticien adhérent Krys depuis 1989, au N° 13 de la rue Pierre Motte ( 2 commerces plus loin ! ). Les affaires fonctionnent très correctement, mais dix ans après, le développement se fait de plus en plus difficile, par un manque cruel de place. Ne pouvant agrandir son petit magasin de 70m2, Fabien souhaite déménager son commerce. Il entretient de bonnes relations avec les commerçants voisins, et l’occasion se présente quand Daniel Jacquart lui annonce vouloir céder son affaire.
La façade Krys en 2000 ( document F. Hamès )
Fabien réalise les travaux nécessaires, pour transformer le magasin de prêt-à-porter en commerce d’opticien. Il ouvre son nouveau magasin au 9 rue Pierre Motte, en Février 2000. La surface de vente est désormais de 120 m2, ce qui lui permet de développer le choix des montures de lunettes et de devenir spécialiste en lentilles de contact et en basse vision pour les mal-voyants.
La façade du magasin Krys ( document F. Hamès )L’Intérieur du magasin ( document F. Hamès )
En Janvier 2009, Fabien Hamès et son épouse Nathalie, reprennent le magasin de la bijouterie Soyez de Philippe Heim, au N° 7 de la rue Pierre Motte. (voir sur notre site, l’article intitulé : La bijouterie Soyez)
.
Remerciements aux archives municipales, ainsi qu’à Fabien et Nathalie Hamès.
Au début des années 1900, le 7 de la rue Pierre Motte est composé de deux magasins jumeaux : le 7 et le 7 bis.
Les magasins jumeaux 7 et 7 bis ( document collection privée )
Sur cette photo, à gauche le N° 7 est une bijouterie tenue par M et Mme Desagre-Verfaillie. A droite, au N° 7 bis, se trouve l’imprimerie Castelain.
( document collection privée )
Au N° 7, la bijouterie du couple Desagre-Verfaillie est un commerce de bijoux, certes, mais également d’articles religieux, cadres photos, articles fumeurs, meubles. On peut se demander comment gérer autant d’articles dans une si petite échoppe, car le magasin est peu profond, et très étroit. La maison Verfaillie a été crée en 1880.
Au N° 7 bis, F. Castelain a créé son commerce en 1895. Il imprime des journaux, des brochures, des catalogues, des registres. Il vend également des articles de papeterie et des cartes postales. Curieusement, sur leurs publicités de l’époque, les deux commerçants préfèrent indiquer leur adresse : Place des Halles, plutôt que le 7 rue Pierre Motte, probablement car leurs points de vente se trouvent juste en face des célèbres Halles de la ville, que tous les roubaisiens connaissent. Pendant de très nombreuses années, les deux magasins vont rester jumeaux : Au N° 7 bis – Le commerce est repris par un ébéniste : J. Herbeau dans les années 1910, puis deviendra un magasin de chaussures tenu par Mlle Chavet dans les années 1920 et par G. Rouzé dans les années 1930-1940.
Au N° 7 – Albert Soyez et son épouse Jeanne, née Delerue, reprennent le commerce d’Hélène Verfaillie, vers 1910. Il était installé bijoutier, au 133 rue de Lannoy, et son souhait est de se rapprocher du centre ville. Il décide de se limiter uniquement au commerce de bijoux, en supprimant le reste des produits vendus jusqu’alors.
Albert Soyez et son épouse Jeanne ( documents P. Heim )( document collection privée )
Albert Soyez décède en 1914. Sa veuve, Jeanne, continue seule l’activité du commerce. Quelques années plus tard, elle rencontre Fernand Heim. Il reprend la bijouterie, au milieu des années 1920, et garde l’enseigne Soyez qui a une très bonne notoriété : une maison de confiance qui rassure la clientèle. Ils habitent sur place, à l’étage.
( document P. Heim )
Fernand est excellent commerçant et développe son commerce de façon très satisfaisante, toujours avec l’enseigne Soyez, et ce, pendant des années.
Publicités Soyez ( documents collection privée )
Jacques Heim ( le fils de Fernand ) aide son père, dès 1945, à la gestion du commerce. Dans les années 1950, il habite au 112 rue de Lannoy ; Fernand a toujours son domicile rue Pierre Motte.
De gauche à droite : Jacques Heim, Hermance la mère de Fernand, Fernand, et Jeanne devant le magasin en 1945 ( document P. Heim )
En 1963, la locataire du commerce de chaussures du 7 bis, Mlle C Rouzé, quitte les locaux et part s’installer au 14 de la rue du Maréchal Foch. Jacques Heim reprend le point de vente, fermé depuis peu. Il fait effectuer des travaux pour ne faire qu’un seul magasin : le 7 et 7 bis sont ainsi regroupés. Les travaux d’aménagement sont confiés à l’entreprise Romain d’Arras.
La façade avant travaux en 1962 ( document P. Heim )La façade après travaux en 1964 ( documents Nord Eclair )
La nouvelle Bijouterie-Horlogerie-Joaillerie Soyez ouvre en 1964. Le commerce est bien connu des roubaisiens depuis plusieurs générations et s’est constitué une clientèle désireuse d’acheter dans une maison de confiance.
Intérieur du magasin 1964 ( document P. Heim )
L’installation du nouveau magasin est moderne et de grand standing : vastes rayons, larges comptoirs vitrés ; c’est une véritable exposition permanente. Un personnel compétent conseille les acheteurs pour choisir les prestigieuses pièces de bijouterie joaillerie, ainsi que les montres des plus grandes marques, dont Lip, Universal. Après cette transformation, Jacques Heim continue de développer fortement le commerce dans les années 1970-1980, son fils Philippe vient l’aider en 1978 en tant qu’employé.
Publicités années 70 80 ( documents collection privée )
En 1975, intervient une nouvelle modification de façade et d’aménagement intérieur. Les travaux sont à nouveau confiés à l’installateur Romain à Arras. Il créé un concept moderne, avec hall d’entrée, porte automatique, et de magnifiques vitrines d’exposition.
Nouvelle façade 1975 ( document P. Heim )Intérieur du magasin en 1985 ( document P. Heim )
En 1985, Jacques Heim prend sa retraite après 40 ans d’activité. Il transmet le magasin à son fils, Philippe. Celui-ci et son épouse Joëlle vont désormais assurer la gestion complète du commerce.
Philippe Heim en 1996 ( document P. Heim )
Philippe Heim cesse son activité en 2008, après 30 années passées derrière le comptoir. La bijouterie Soyez fondée en 1889, ferme ses portes en 2008.
La façade en 2008 ( document Google Maps )
Philippe Heim propose à son voisin Fabien Hamès, opticien adhérent Krys, installé au N° 9 de la rue Pierre Motte, de lui céder son commerce. Un accord est conclu en début d’année 2009 ( voir sur notre site, l’article intitulé : 9 rue Pierre Motte ). Fabien et son épouse Nathalie décident de regrouper les deux magasins en un seul point de vente. Ils confient le dossier à leur architecte d’intérieur Didier Leclercq ; les travaux sont réalisés par l’entreprise Gruson 177 rue de Maufait à Roubaix. Fabien et Nathalie décident de ne pas fermer leur point de vente pendant les 2 ou 3 mois de travaux nécessaires. Le 7 et le 9 de la rue Pierre Motte, sont ainsi regroupés et l’ouverture se fait dans le courant de l’année 2009. Le magasin est superbe.
( document Google maps )
La surface de vente de 240 m2 permet de proposer un choix plus large en montures, de développer les verres progressifs, la basse vision, et l’espace audition. Aujourd’hui, le magasin Krys de Roubaix, est l’un des plus grand point de vente de la marque Krys sur la région.
( documents F Hamès )
Remerciements aux Archives Municipales, ainsi qu’à Philippe Heim, à Fabien et Nathalie Hamès
Notre ami Bernard, grand collectionneur devant l’éternel, nous a trouvé dans ses tiroirs un petit jeton en plastique de couleur violette, sur lequel était écrit Parc de Barbieux, bon pour une personne. Comme il n’est pas avare de questions, il nous demande de chercher bon pour quoi exactement ?
Le fameux jeton Coll Bernard Termeulen
Après avoir soumis la question à la mémoire collective et populaire, il en ressort un certain nombre de réponses assez variées. Une grande majorité se prononce pour les tours de manège, suivi par les tours en barque/ou pédalo, puis le mini-golf. On nous parle aussi d’un carrousel avec des chevaux et un carrosse ?
Le Bol d’Air CP Méd Rx
Nous avons donc décidé de chercher des témoins. Un cousin de notre ami Gérard lui indique le nom de M. Jean Paul Colin, qui a exploité le Bol d’air de 1976 à 1981 et donc était susceptible de nous renseigner. Ce qu’il a fait de bonne grâce. Voici ce qu’il nous a dit : ces jetons servaient à gérer les tours en barque ou en pédalo.
Pédalos et barques Coll Particulière
D’autres questions restent en suspens : pourquoi pour une personne ? On pouvait en mettre quatre dans un bateau et deux sur un pédalo. Fallait-il un bon par personne ? De même, il semble que le tour en barque ou en pédalo ne devait pas excéder la demi-heure, sans doute pour que plus de monde puisse en profiter. La gestion de cette animation était-elle confiée à un concessionnaire particulier ou faisait-elle partie d’un ensemble avec le manège et le mini-golf. Quelles étaient les mesures de sécurité autour de ces barques et pédalos ? D’autres se souviennent de couleurs différentes, lesquelles ? Avaient-elles un sens particulier ? Et finalement quel était le tarif ?
L’enquête ne fait que commencer mais vous pouvez toujours participer. On vous tient au courant.
En 1992, afin d’élargir sa gamme de produits, Union Biscuits rachète la société Preneel à Bergues, spécialisée dans la fabrication artisanale de pains d’amandes. Une grue immense est nécessaire pour soulever le four Preneel, et l’amener au premier étage de la cour intérieure de l’entreprise roubaisienne.
Le four de cuisson Preneel ( document J. Duparcq )
Eugène et Donat Duquesne décident de vendre Union Biscuits, en 1994, au groupe Leroux, leader mondial de la chicorée, désireux d’élargir son image, en créant un univers « P’tit Déj » : café, café-chicorée et biscuits. Union Biscuits fait donc désormais partie de Finaler ( holding du groupe Leroux ) qui investit fortement dans la rénovation de l’entreprise de la Grande Rue.
Plan cadastral ( document Archives Municipales )
A la fin des années 1990, la circulation de plus en plus dense des automobiles entraîne des problèmes de logistique pour l’entreprise, surtout pour les transports. Les camions d’approvisionnement et de livraison ont de plus en plus de difficulté à circuler en centre ville, et à manœuvrer dans la minuscule cour intérieure de la société. D’ailleurs, le restaurant asiatique « La Grande Muraille » situé juste en face, au N° 62 de la Grande rue, a eu sa vitrine fracassée, à trois reprises, par des camions de livraison !
De plus, l’entreprise a un mur mitoyen avec l’école Saint Louis de l’avenue des Nations Unies. Or, la municipalité, désireuse de prendre des mesures de protection des enfants roubaisiens, et, compte tenu des risques de pollution et d’incendie, souhaite le départ de la société, d’autant plus que le complexe cinématographique « Le Duplexe » a également un mur commun avec la biscuiterie.
L’entreprise au 59 Grande rue, à côte de la droguerie de J. Paoli, au début des années 2000 ( document Google Maps )document Nord Eclair
La ville de Roubaix n’ayant pas de terrain à proposer, le Directeur Général de l’Union Biscuits, François Vatelot, décide alors de déménager, en 2002, à Marcq-en-Baroeul, dans la Z.I. de la Pilaterie, dans les anciens locaux de la CERP ( grossiste en produits pharmaceutiques ). Le déménagement d’une grosse entreprise n’est pas une simple affaire. Plusieurs semi-remorques sont nécessaires pour transporter, le matériel, les machines, le stock … Les camions doivent assurer plusieurs trajets, pour effectuer les déplacements.
Déménagement vers Marcq en Baroeul ( documents J. Duparcq )
De 2.000 m2 sur trois niveaux à Roubaix, l’entreprise s’étend désormais sur 4000 m2 de plein pied, sur un terrain de 10.000 m2. Jean Duparcq qui était responsable des travaux à Roubaix, devient directeur de ce nouveau site de production.
L’entreprise de Marcq-en-Baroeul ( documents UB et J. Duparcq )
Ce déménagement permet d’investir dans du nouveau matériel, avec des lignes de production performantes. La marque Régal est supprimée du catalogue. Il reste bien évidemment, les deux produits leaders : Familial et Big Choco.
Le nouveau four »Imaforni » installé à Marcq en B ( document J. Duparcq )David Portet, conducteur de machine ( Document VDN )
L’entreprise est reprise en 2006 par le groupe de Monique Piffaut qui crée : Les Comptoirs du Biscuit. Après divers aléas économiques et revirements de situation, l’entreprise est sauvée de la liquidation judiciaire, en 2013, par Vincent Duprez, patron du Comptoir des Flandres. La société entre alors dans un réseau de fabricants nordistes de confiseries, biscuits, gâteaux et gaufres ( Eugène Blond, La Dunkerquoise, Afchain ). Le nom : Union Biscuits est repris. L’entreprise est toujours dirigée par Jean Duparcq.
En 2019, l’entreprise connaît quelques difficultés financières, suite à des pertes de marchés, comme l’armée ou des marques de distributeurs, et à la concurrence de grands groupes internationaux. L’union Biscuits de Marcq-en-Baroeul ferme ses portes, cette même année.
La biscuiterie Eugène Blond, de Lambersart, qui fabrique des gaufres, des gaufrettes, des biscuits, depuis 1894, reprend, en 2020, l’activité et les 2 marques de l’Union Biscuits : Familial et Big Choco.
Que reste-t-il aujourd’hui d’ Union Biscuits à Roubaix ?
– Les deux produits leaders sont désormais fabriqués à Lambersart.
– L’usine de la Grande Rue a été rasée.
Ne subsiste, dès lors, que le célèbre tableau « Les vaches hollandaises » au Musée de la Piscine et le buste d’Édouard Duquenne, au square Pierre Catteau.
( document collection particulière )
Sur cette photo de 1910, dans le bureau de l’administration de la boulangerie de l’Union, est exposé un tableau de très grande taille ( 1,84m sur 2,42m ). Cette œuvre a été réalisée, en 1890, par le peintre Gustave Krabansky (1852 – 1902). Gustave Krabansky était le beau frère d’Édouard Duquenne, le fondateur de la boulangerie de l’Union. Ce dernier avait en effet, épousé Coralie Krabansky ( la sœur du peintre ) en 1896.
Donat Duquenne ( le fils d’Édouard ) fait don du tableau au musée de Roubaix, en 1986 ( quelques temps avant la vente de l’entreprise au groupe Leroux ). De nos jours, nous pouvons toujours admirer cette œuvre au musée d’art et d’industrie André Diligent » La Piscine » à Roubaix.
( Photo BT 2020 )Le buste d’Edouard Duquenne, au square Pierre Catteau (Photo BT 2020)
Remerciements aux Archives Municipales, à Jean Duparcq, cadre dirigeant d’Union Biscuits, et à Bruno Gaudichon, conservateur du musée »La Piscine ».