Jean-Baptiste Glorieux naît à Tournai le 13 Juin 1834. Ses parents, Jean-Baptiste et Angélique Glorieux arrivent à Roubaix dix années plus tard. Leur fils reçoit une instruction élémentaire classique. A 15 ans, il exerce la profession de tisserand puis tourneur et entreprend son Tour de France en qualité de compagnon. Il est très curieux par nature et s’intéresse à plein de choses, il emploie ses loisirs à étudier la mécanique, la physique, la chimie et acquiert un solide bagage scientifique, toujours à la recherche de la perfection. Jean Baptiste adore également le théâtre, il fait partie de la troupe Roïau de Joseph Couvreur.
Depuis son enfance, Jean-Baptiste est passionné par les ballons et répète toujours : « Si j’avais de l’argent, je ferais un ballon, et je monterais ». Avec quelques camarades, il achète de la toile de calicot et construit son sphérique.
Jean-Baptiste Glorieux ( document Nord Eclair )
Le 15 Août 1861, dans la rue d’Inkermann, ils allument des bottes de paille pour remplacer le gaz, mais malheureusement le ballon ne veut pas décoller ! Jean-Baptiste ne se décourage pas, cet échec galvanise sa volonté. Il recommence alors, fabrique un ballon dans la salle de la Grande Harmonie, l’emmène dans les champs le 12 Septembre 1861, et enfin il décolle et atterrit un peu plus loin à la Broche de Fer. Jean Baptiste est fou de joie et ne pense qu’à repartir. Il réalise une deuxième ascension à Tourcoing avec son ballon « Le Vengeur » qu’il monte sans nacelle, assis sur une planche de bois, ce qui fait frémir les foules quand il se balance sous le ballon. Il rejoint le plancher des vaches à Wasquehal. Cette deuxième ascension marque le début de ses succès, il devient alors très connu et fait partie des aéronautes les plus remarquables de la région. Ses premiers succès le motive encore davantage. Dans sa maison de la rue Decrême, il produit d’innombrables ballons : l’Hercule, le Titan, l’Eclair, le Zephyr et le Jupiter.
document Bernard Thiebaut
Dans les années 1860, Jean Baptiste multiplie les ascensions toujours couronnées d’un plein succès. Il est acrobate et talentueux, avec son sang-froid habituel, il exécute régulièrement des exercices de gymnastique périlleux, sur un trapèze placé sous la nacelle.
document Bernard Thiebaut
Les ascensions sont nombreuses dans toutes les villes de la région et même en Belgique. En Septembre 1868, à Tournai, Jean Baptiste annonce un vol en ballon avec largage d’un parachutiste ! La foule se presse sur la place Verte, pour assister à cet événement. Jean Baptiste est accompagné, cette fois-ci de son frère qui occupe une place sous la nacelle. Lorsque le ballon arrive à la hauteur de 600 mètres, sur la plaine St Martin, Jean Baptiste coupe la corde qui relie son frère. Il tombe rapidement d’une vingtaine de mètres, et le parachute s’ouvre. Les deux frères sont ovationnés pour cette action unique et courageuse. Cette démonstration exceptionnelle permet à Jean-Baptiste d’être applaudi par le public à chaque prouesse.
Il pousse parfois l’audace jusqu’à tirer un feu d’artifice depuis son ballon. Il effectue aussi parfois des ascensions, monté à califourchon sur un baudet, ce qui lui permet d’inscrire sur son papier à lettres : « ascensions équestres » !
document Bernard Thiebaut
Les ascensions se multiplient de plus en plus, et les aventures aussi. Lors d’une démonstration à Nantes, à bord du « Zodiaque », il s’aperçoit tout à coup, que son ballon va se poser sur une voie ferrée, alors qu’un train arrive à grande vitesse. Il a juste le temps de lâcher du lest, pour reprendre un peu de hauteur et échapper à une catastrophe, mais le ballon va s’accrocher au sommet d’un arbre, d’où il faut aller le retirer de sa fâcheuse position. Quelques années plus tard, Jean-Baptiste Glorieux part de Lille avec son « Jupiter » qui jauge 500 mètres cube, et se retrouve à une heure du matin au dessus de la Manche. Il lutte pour essayer de maintenir l’altitude nécessaire, mais se retrouve en difficulté et amerrit au large. Fort heureusement, un navire « Le Brighton » qui assure la liaison Newheaven-Dieppe passe à proximité. Le capitaine du navire aperçoit le ballon qui se trouve à une distance de 4 miles et fait descendre une chaloupe pour lui porter secours. Les hommes arrivent juste à temps, car la nacelle est déjà submergée. Jean-Baptiste est sauvé.
document Journal de Roubaix
Mais la plupart des ascensions se passent bien, sans problème particulier, et les quelques incidents relatés ne ralentissent en rien la volonté de l’aéronaute de continuer d’exercer sa passion. Sa gloire grandit à la mesure de son audace.
JB Glorieux au dessus de la nacelle ( document bnr )
à suivre . . .
Remerciements à Bernard Thiebaut ainsi qu’aux archives municipales.
Quelques arbres balancent leurs hautes cimes dans le lointain. Ils forment ce qu’on a appelé autrefois le bois de Beaulieu. Sur la même éminence de terrain, à gauche, on trouve le cœur de la nouvelle paroisse, le centre vivant qui réunira l’église en projet, le presbytère déjà commencé et la salle d’œuvres qui s’achève. C’est dans cette dernière servant d’église provisoire que sera installé dimanche prochain M. l’abbé Huart, le sympathique vicaire de Notre Dame de Roubaix, nommé curé de ce populeux quartier.
L’église provisoire de Beaulieu et le presbytère doc JdeRx
Cette construction assez vaste a 36 mètres de longueur sur 11 de largeur. Elle est rectangulaire et présente dans toute son étendue les mêmes dimensions. Qu’on ne s’attende pas à trouver des nefs et des autels latéraux. Cette salle n’est que provisoire et sera ramenée à son véritable rôle celui de patronage et de salle d’œuvres aussitôt la nouvelle église édifiée.
Un élégant autel a été dressé pour les besoins du culte et ses colonnettes légères et gracieusement sculptées ainsi que ses autres parties proviennent du reposoir que l’on dressait rue du Grand Chemin, lors des processions de Roubaix. Au dessus de la porte d’entrée s’élève un campanile ajouré qui contient la cloche d’un poids de 430 kilos. Elle épandra désormais dans l’immense plaine qui comprend les multiples hameaux groupés autour de l’humble clocher ses nouvelles rumeurs. À son appel, les habitants de Beaulieu, de la Houzarde, du Petit-Paris, du Malgré-Tout, du Nouveau-Monde, du Nouveau-Riche, de la Martelotte, du Plouys viendront en foule se grouper dans leur maison commune.
Car dans cette partie de Wattrelos, commente le journaliste conservateur, se trouve l’ancienne population restée fidèle à ses traditions religieuses. On y rencontre de jolies fermes, et d’antiques maisons tassées sur elles-mêmes, où l’on entend le murmure incessant des métiers à tisser. L’atelier est encore inconnu dans ces coins retirés où subsiste le travail familial (artisanal?). Aussi ne faut-il pas s’étonner que la foi y soit restée profonde et que les habitants aient conservé avec leurs pratiques religieuses, des âmes droites et foncièrement honnêtes. Les habitations sont éparpillées parmi les champs en groupes très divers, dont les noms ont ce parfum vieillot qui n’est pas sans charme. Mais la variété des hameaux ne sera pas un obstacle à l’unité de la paroisse. Ils auront d’ailleurs pour les réunir et les garder dans le même culte un prêtre au cœur dévoué et à l’expérience très sûre. Son départ de la paroisse de Notre-Dame où il était vicaire et dirigeait le cercle d’études laisse de grands regrets. Ses nombreux amis de Roubaix vont sûrement lui faire cortège dimanche prochain et visiter la nouvelle paroisse où s’exercera désormais son zèle sacerdotal. Nul doute que cette manifestation de sympathie n’obtienne un magnifique succès. Depuis deux mois déjà, les habitants préparent les décorations, les guirlandes qui se dérouleront sur tout le parcours. Des trois mille paroissiens, bien peu manqueront de suivre leur pasteur. Tous se feront un plaisir d’assister à l’éveil de la vie religieuse à l’éclosion de la nouvelle paroisse de Beaulieu dont le fonctionnement commencera dès lundi prochain.
L’abbé Huart doc JdeRx
Une société de musique comprenant soixante membres a été formée à l’occasion de l’installation de M. l’abbé Huart et prêtera son concours au cortège. Les cavaliers et les cyclistes sont convoqués pour deux heures précises dimanche rue d’Audenarde en face de la Perche. La commission les y attendra et elle fait par la même occasion un appel à tous les cavaliers et cyclistes désireux de participer. Le cortège démarre de l’église Saint Maclou à Wattrelos. Il partira à deux heures et demie de la première maison de la rue de la Baillerie, où commence la nouvelle paroisse. Participent à ce cortège outre les cavaliers et les cyclistes, les enfants de chœur, le suisse, la musique de Roubaix « La Fanfare de la Liberté », le patronage Saint Germain de Roubaix, les petites filles en blanc, les jeunes filles, les enfants de Marie de Wattrelos, les garçons, les jeunes gens, les gymnastes de Wattrelos, la musique de la paroisse, les hommes, le clergé. Quatre cavaliers fermeront la marche. Le cortège suit la rue de la Baillerie, et arrive à l’église par la ferme Leruste.
Après le départ de Carolyn Carlson, le chorégraphe Olivier Dubois est nommé par Aurélie Filippetti, ministre française de la Culture en 2014, pour être le nouveau directeur du Ballet du Nord / Centre Chorégraphique National de Roubaix. Olivier est danseur et chorégraphe, c’est une figure majeure de la danse. Précision, audace de l’écriture et engagement physique des danseurs sont sa signature. Olivier salue le bon bilan de Carolyn, et sait qu’il a une chance exceptionnelle de disposer d’un CCN aujourd’hui sain. Il arrive confiant, avec un projet optimiste et soucieux de défendre l’audace et le plaisir.
document Nord Eclair
En 2015, il crée deux nouvelles pièces: « Mon Elue noire Sacre #2 », un solo pour Germaine Acogny, et « Les Mémoires d’un seigneur », interprété par un danseur de la Compagnie et 40 danseurs amateurs masculins. Olivier Dubois partage en effet aussi ses créations, « Envers et face à tous », avec des danseurs amateurs de tous horizons et de tous âges sur Roubaix.
Envers et face à tous au Colisée ( document YouTube )
Mais des difficultés apparaissent cette première année : La Voix du Nord parle d’un déficit important et d’un audit qui établit la souffrance psychologique au sein du personnel, résultat d’un management défaillant. Olivier annonce son départ, à la fin de son contrat fin 2017.
Sylvain Groud est nommé à la direction du Ballet du Nord, CCN Roubaix Hauts-de-France, par la ministre de la Culture Françoise Nyssen. Il succède donc officiellement à Olivier Dubois au 1 Janvier 2018.
Sylvain Groud ( document Ballet du Nord )
Sylvain Groud est un chorégraphe d’origine normande, il a créé avec sa compagnie MAD, plus de 30 pièces depuis 1994. Il a la volonté ferme de placer le CCN dans une dynamique partenariale locale, régionale et transfrontalière, notamment grâce au déploiement d’un CCN mobile.
« Si je danse depuis si longtemps, c’est pour laisser exprimer le corps et tout ce qui se passe entre les corps, dans l’espace, explique Sylvain Groud, le processus de création dans la rencontre, c’est mon leitmotiv, je ne fais que tourner autour de cette question. »
Au printemps 2018, il présente des créations majeures : « Let’s move » spectacle participatif et « La déclaration » avec Naïssam Jalal.
document Ballet du Nord
« On va sortir la danse du CCN pour aller dans la ville, en lien avec les autres structures culturelles, précise son directeur adjoint Denis Lucas. On va faire en sorte que le CCN soit un lieu de pratique pour les gens de Roubaix en mettant en place les ateliers parents-enfants, les ateliers pour les différents types de population. »
En Novembre 2018, c’est la fête au Colisée. Le public a répondu présent à Sylvain Groud, quand il propose de faire monter sur scène, une centaine de spectateurs. L’objectif de cette création « Let’s move » est de faire danser et chanter qui veut. Pari réussi ! Des volontaires qui partagent la scène avec des danseurs professionnels, c’est ça, la réussite !
document Nord Eclair
La période Covid arrive en 2020. Le confinement saisit le monde, la situation est difficile pour tous les spectacles. En réaction à la crise sanitaire, Sylvain Groud crée la pièce « 4m² » pour essayer de réduire la distance que le spectacle met entre l’artiste et le spectateur. C’est une pièce qui questionne notre rapport à l’espace, aux relations humaines, à la liberté.
Doc 32 document Nord Eclair
Dans les années 2020, Sylvain Groud continue comme l’avaient fait certains ou certaines de ses illustres prédécesseurs, de multiplier les spectacles dans des lieux divers et surprenants. Ehpad pour les personnes âgées, Vélodrome de Roubaix pour les activités sportives, l’usine Stellantis pour les gestes d’ouvriers, bassin minier, collège, commerces etc
Vélodrome de Roubaix ( document Nord Eclair )
À l’automne 2021, il crée deux duos chorégraphiques : « L’autre » et « Lorsque l’enfant était enfant ». La première de sa nouvelle création, pièce pour 5 danseurs et 5 musiciens, intitulée « Le banquet des merveilles » a lieu le 13 novembre 2024 au Colisée de Roubaix.
Sylvain Groud ( document Ballet du Nord )
L’École du Ballet du Nord, dont les liens avec l’université de Lille et le partenariat avec l’ESMD, (Ecole Supérieure de Musique et de Danse de Lille) mis en place en 2012 ont favorisé la formation au diplôme de professeur de danse de plus d’une centaine de jeunes enseignants, finalise son rattachement au Conservatoire de Roubaix à la rentrée 2025/26. Elle est désormais détachée du Centre Chorégraphique National pour devenir pleinement le département des études chorégraphiques du CRD : Conservatoire à Rayonnement Départemental.
Le 19/21 ( document Ballet du Nord )
Depuis 43 années, le Ballet du Nord reste à l’écoute du grand public. Il organise chaque premier mardi du mois de 19h à 21h, des réunions gratuites pour les participants à la soirée 19 / 21 : expérience singulière faîte d’improvisation, de liberté et de rencontres, au Grand Studio du Colisée ( ancien dancing à l’étage ), espace toujours dédié à la danse.
Ballet du Nord ( document B. Vanalderwelt )
Remerciements à Bernard Vanalderwelt, Robert Pereira, Pascal Minam-Borier et Henri Mayet ainsi qu’aux archives municipales.
C’est à l’église Saint-André qu’a lieu le festival de chant choral organisé par le syndicat d’initiative de Hem lors de la 2ème édition, en 1979. Les petits chanteurs de Lomme Bourg, la Chorale de l’Europe, la chorale A cœur Joie se produisent devant un large public de connaisseurs venus de Hem et des environs.
Festival de chant choral en 1979 (Documents Nord-Eclair)
En 1981, la quatrième édition se déroule également dans la chapelle des Hauts Champs et rassemble, outre la chorale Cantar’Hem (voir ci après) qui ouvre le spectacle, celle de l’établissement médical La Sapinière, la Chorale de l’Europe, la chorale Gustave Nadaud mais aussi Vent du Nord, lesquelles font passer une grand moment aux quelques 200 auditeurs présents.
4ème édition du festival en 1981 (Document Nord-Eclair)
Fort de son succès, l’événement s’y renouvelle en 1982, toujours co-organisée par Cantar’Hem et le syndicat d’initiative hémois, avec « Les amis de la chanson » de Tourcoing, les chorales de Wattignies et Beuvry, « Le Tourdion » de Douai et la chorale du Pays de Pévèle de Cysoing.
la 5ème édition en 1982 (Document Nord-Eclair)
L’année suivante c’est l’église Saint-Joseph qui accueille le festival et il n’est pas exclu de changer à nouveau de paroisse pour la prochaine édition afin que chaque secteur de la ville puisse bénéficier de cette animation dont le succès va croissant avec le temps. Les 45 membres de la chorale La Pastourelle de Templeuve (Belgique) y participent aux côtés de plusieurs chorales de la métropole lilloise.
la 6ème édition en 1983 (Document Nord-Eclair)
La septième édition du festival, en 1984, a les honneurs de la presse locale et se déroule à l’église Saint-Corneille, avec un programme riche et multicolore, à l’initiative de Cantar’Hem avec l’appui de la municipalité et de l’association Bien vivre à Hem. L’assistance y est plus nombreuse que jamais, supérieure au nombre de billets vendus.
Festival choral en 1984 (Documents Nord-Eclair)
4 chorales variées sont au rendez-vous : la Chorale de l’Europe, fondée en 1970 à Roubaix, qui donne des concerts à travers la France, a reçu un premier prix lors d’un concours international et a fait presser un 33 tours, la chorale wattrelosienne le Temps de Vivre, crée depuis 12 ans et membre du mouvement Chansons Contemporaines, la chorale O’Musica d’Aniche, affiliée au mouvement A Coeur Joie depuis ses 10 ans d’existence et enfin la chorale Plein Chant des choeurs de la Vallée de la Marque avec ses 16 ans d’existence.
4 chorales des environs en 1984 (Documents Nord-Eclair)
Le 9ème festival rassemble, en 1986, six excellentes chorales régionales à l’église Saint-Corneille : celle du conservatoire de Wasquehal, « Collegium Musicum » des universités de Lille, Voix Si Voix La de la Madeleine, Cohors Generosa de Saint-Omer, la Cantarella d’Arras sans oublier bien sûr la chorale organisatrice à savoir Cantar’Hem.
Six chorales régionales en 1986 (Document Nord-Eclair)
Pour mettre le succès du festival au service d’une bonne cause, il est décidé, en 1989, pour sa 11ème édition qui se déroule à Saint-Corneille, de le dédier au profit d’une association qui s’occupe notamment d’enfants handicapés par suite d’autisme ou de psychoses infantiles. Le festival rassemble des chorales de Lille, Wattrelos, Toufflers et Baisieux autour de Cantar’Hem qui fête alors déjà son 10ème anniversaire.
Le 11ème festival au service d’une bonne cause (Document Nord-Eclair)
Enfin, en décembre 1990, a lieu la 12ème et avant dernière édition de chant choral (sous cette forme) avec 5 chorales régionales réunies devant un public nombreux et enthousiaste, dont des chorales de jeunes : les chorales Saint Paul de Hem et Saint Martin de Nieppe.
Le 12ème festival de Hem en décembre 1990 (Document Tout’Hem)
C’est le festival de Musique et de chant qui prend la suite du festival de chant choral à partir de 1992, et pour 7 années consécutives à l’issue desquelles ce nouveau festival sera remplacé en 1999 par le printemps musical.
Affiches du festival de musique et de chant (Documents Historihem)
Eleuthère De Meyer est né en 1897. Il est ouvrier agricole à Blandain en Belgique. Ambitieux, il souhaite absolument ouvrir son commerce. Eleuthère et son épouse, Julia Desprets, décident alors de reprendre la boulangerie de L. Vandenberghe située au 312 de la rue de Lannoy à Roubaix. Ils n’ont que peu d’expérience dans le domaine de la boulangerie, ils apprennent donc sur le tas la fabrication des produits. Ils ouvrent leur commerce, la boulangerie « De Meyer.Desprets » en 1922.
Eleuthère De Meyer tient son cheval devant la façade de la boulangerie dans les années 1920 ( document famille De Meyer )
Leur local est très vaste. A gauche de la façade se trouve une porte cochère qui longe l’étroit magasin. Derrière celui-ci se trouve l’habitation, puis l’atelier boulangerie, le four à pain. Au fond se situent l’écurie et le jardin et de l’autre côté un local qui donne sur la rue Massillon.
plan du commerce ( documents archives municipales )
Eleuthère et Julia apprennent rapidement leur métier, fabriquent du pain d’excellente qualité, et proposent à la clientèle la livraison de leurs produits à domicile. Sur la photo ci-dessous, on distingue Eleuthère avec sa casquette, son épouse Julia en tablier blanc et leurs deux filles Andrée et Renée, et à gauche, une amie.
document famille De Meyer années 1930
Après la seconde Guerre Mondiale, à la demande des clients, Eleuthère et l’un de ses trois fils, Gérard né en 1930, commencent à produire un peu de pâtisserie et se spécialisent en desserts à base de crème chantilly.
Buvard publicitaire fin des années 1950 ( document collection privée )
Julia décède au milieu des années 1940. Eleuthère se remarie quelques temps après avec Jeanne Leclercq. La boulangerie devient ainsi « De Meyer Leclercq ».
Publicité De Meyer Leclercq ( document Nord Eclair )
Gérard travaille dans l’entreprise familiale en tant qu’apprenti boulanger. Afin de développer le rayon pâtisserie encore balbutiant, il part à Bruxelles dans les années 1950, pour parfaire sa formation et devenir chef pâtissier. A son retour, son diplôme en poche, il crée un rayon pâtisserie exceptionnel qui développe fortement l’activité du commerce. Gérard et son épouse Jacqueline créent également une activité de glacier et confiseur ainsi qu’un rayon dragées.
document famille De Meyerdocument famille De Meyer
Toujours à l’affût de bons coups publicitaires, le couple décide d’organiser, en 1965, une tombola : « Le quart d’heure de la Chance » afin de pouvoir offrir de nombreux cadeaux à la clientèle. Sur la photo ci-dessous, se trouve au centre, Jacqueline avec ses lunettes teintées, et devant elle, sa fille Julietta, entourées de nombreux clients.
Document Nord Eclair 1965
En 1965, Géry leur fils, vient aider ses parents à l’atelier. Les affaires continuent de se développer fortement. Gérard De Meyer est considéré comme un professionnel compétent par ses clients. La pâtisserie n’a plus de secrets pour lui. Il crée des pièces montées gigantesques pour les communions, des gâteaux appétissants comme son « Sourire de Mai » : une spécialité maison composée de génoise, fraises et sa superbe crème chantilly. Il produit des coquilles de Noël de grande qualité gustative mais également des petites coquilles en quantité importante pour les écoles primaires du quartier, sans oublier les délicieux chaussons aux pommes. La braderie de la rue de Lannoy au mois de Septembre est toujours un événement très attendu par les commerçants. Lors de cette journée, Julietta, la plus jeune des 3 enfants, se déguise en chef pâtissier et toque sur la tête, déambule dans la braderie face au magasin, avec son sachet de chaussons aux pommes, qu’elle propose à la vente aux « bradeux » avec un grand succès.
Gérard De Meyer ( document famille De Meyer )
Les affaires se développent, mais le magasin reste petit et étroit, le manque de place se fait alors cruellement sentir. Il faut songer à agrandir le point de vente. En 1977, Gérard et Jacqueline déposent un projet d’agrandissement du commerce en supprimant la porte cochère. Le projet est confié à l’entreprise Décora de Lambersart.
la façade avant travaux en 1973 ( document famille De Meyer )le projet ( document archives municipales )la façade en 1977 ( document famille De Meyer )
Le résultat est remarquable, l’espace est beaucoup plus grand, les produits sont bien mis en valeur dans des présentoirs vitrés, la lumière est agréable, c’est parfait. Un pot de l’amitié est offert à la clientèle en Octobre 1977.
document Nord Eclair
Au début des années 1990, Gérard a 60 ans ; il prend sa retraite et aucun des 3 enfants, Géry, Sabrina et Julietta ne reprend l’affaire. Le commerce est cédé à J.P Lalart qui continue l’activité durant quelques années.
Publicité 1993 ( document Nord Eclair )
Le commerce est ensuite repris par Magali Caron et Dimitri Guilbert en 2005 et ferme en 2011
Le commerce en 2008 ( document Google Maps )
Remerciements aux membres de la famille De Meyer ainsi qu’aux archives municipales.
C’est en 1910 que naît la chorale Saint Joseph. En 1933, le vingt cinquième anniversaire de l’église est fêté par le curé en exercice l’abbé Defossez, entouré de ses 2 prédécesseurs les abbés Billaud et Desmarecaux, en présence de Mgr Descamps, vicaire général. A cette occasion la chorale paroissiale interprète les chants liturgiques, soutenue par la Symphonie. Le chanoine Derville succède à l’abbé Defossez et pose, en 1950, avec les 20 membres de la chorale dont 3 membres reçoivent,5 ans plus tard, la croix du mérite diocésain.
Le chanoine Derville et les choristes en 1950 devant la porte de l’église , la remise de la croix diocésaine en 1955 et la chorale fête Sainte Cécile en 1956 (Documents Historihem et Nord-Eclair)
Durant la décennie suivante, la chorale reste très active autour de l’abbé Desreumaux qui a pris la suite du chanoine Derville. Selon une tradition bien établie se succèdent des moments conviviaux : apéritifs concerts, banquets sans oublier bien entendu la célébration annuelle de la Sainte-Cécile.
L’abbé Desreumaux et la chorale durant la décennie suivante : en 62, 64, 65 et 66 (Documents Historihem et Nord-Eclair)
Après un passage à vide de quelques années, la chorale Saint-Joseph est relancée en 1987 et participe à nouveau à toutes les messes de la ville et des environs, y compris des messes de mariage. Ainsi en 1994 elle participe à un concert choeur et orchestre et, l’année suivante, donne de la voix au Téléthon.
Les dernières décennies du 20ème siècle : relance en 1987, concert choeur et orchestre en 1994 et participation au téléthon en 1995 (Documents Historihem)
A l’aube du 21ème siècle, la chorale qui a survécu à la démolition de l’église Saint-Joseph et a continué ses auditions à la chapelle Saint-Joseph a toujours à cœur de fêter annuellement la Sainte-Cécile. (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site, consacré à l’église Saint-Joseph)
La Sainte-Cécile en 2000, 2008 et 2009 (Documents Historihem)
La chorale Saint-Paul
A la fin du 20ème siècle, quatre élèves du Lycée Jean XXIII, à Roubaix, sont chargés de classer les disques et partitions afin d’élargir le répertoire des chants pour les célébrations. Très vite, tous les lundis, les « quatre » se retrouvent auprès de l’électrophone et de la cafetière électrique pour trier, classer et repérer les chants qui feraient « vibrer » l’assistance.
La chorale en 1977 et 1979 (Document site internet de la chorale Saint-Paul)
Rapidement, des copains se joignent au petit groupe pour chanter et les répétitions commencent ! Peu à peu, le groupe de préparation des messes s’étoffe, et lors des célébrations de Noël, attire d’autres musiciens et chanteurs. C’était en 1975 ! Comme certains d’entre eux fréquentent la paroisse Saint Paul de Hem l’idée de rendre les célébrations plus vivantes grâce au chant y est poursuivie.
Le 20ème anniversaire de la chorale en 1995 (Document Nord-Eclair)
C’est ainsi qu’en 1995 la chorale Saint-Paul fête son 20ème anniversaire. 65 membres de la chorale interprètent une vingtaine de chants, entrecoupés de morceaux de musique joués par un trio d’harmonicas et un petit orchestre de Wasquehal. Dès lors la chorale, avec son répertoire varié alliant chants religieux et variétés, organise de nombreux concerts soit par plaisir soit pour participer à des projets caritatifs.
La chorale en concert en 1997 (Document Nord-Eclair)
Avec les années, la chorale étoffe son répertoire qui demeure pourtant toujours fondé sur les mêmes bases : solidarité, amitié et amour…Des plus jeunes rejoignent les anciens du groupe qui se met à voyager en France dans les années 2000. Autrefois appelée la chorale des jeunes de Saint-Paul, ses membres sont, dans les années 2010, pour la plupart d’âge mûr, mais le groupe garde son envie de poursuivre l’aventure.
La chorale en concert à Lens en 2018 (Document site internet)
Après le décès d’Alfonso Catà, Jean Paul Comelin prend alors la direction du Ballet du Nord. En 1991, il présente le « Requiem » ( la messe des morts ) sur la musique de Wolfgang Amadeus Mozart. Ce ballet se veut un hymne pour tous les artistes de la terre. Créée quatre ans auparavant aux Etats Unis, confirmée deux ans après à Roubaix à l’invitation d’Alfonso Catà, cette chorégraphie revient au Colisée en ce mois de Février 1991 avant d’être présentée sur les scènes du monde, de Leningrad, au Canada en passant par de nombreux pays européens. Ce requiem ne marque pas une fin, mais le début d’une nouvelle et riche aventure.
Jean Paul Comelin ( document collection privée )
Requiem de mozart ( document bnr et Nord Eclair )Jean-Paul Comelin au centre de la photo, entouré de son équipe de danseurs, techniciens et administratifs ( document B. Vanalderwelt )
En 1992, Jean-Paul Comelin, avec le peintre Mahdjoub Ben Bella et la costumière Yvonne Sassinot de Nesle, créent « Signatures », une pièce audacieuse, une œuvre tout simplement géniale. En effet, le talentueux Ben Bella réalise chaque soir en 47 minutes une toile de plus de dix mètres de long, en direct, le temps d’une chorégraphie sur scène, alors que les arabesques des danseurs semblent s’extraire de la toile.
Comelin et Ben Bella : « Signatures » ( document Nord Eclair )
Jean-Paul Comelin s’attaque ensuite à un monument de la danse, le ballet le plus représenté dans le monde : « Casse-Noisette ». Il quitte la direction artistique en 1993. La situation financière de la compagnie connaît des difficultés. Un collectif de plusieurs danseurs est alors mis en place pour assurer l’intérim en 1993-1994.
L’augmentation constante des effectifs de l’Ecole du Ballet du Nord et le développement de son projet pédagogique et artistique engendrent la création et l’installation de son activité en 1999, dans les anciennes usines textiles Roussel, situées au 139 rue des Arts, à proximité du Colisée. D’importants travaux de rénovation sont entrepris et financés par la ville de Roubaix.
Roussel ( document archives municipales )
Pascal Minam-Borier, danseur soliste, puis danseur principal du Ballet du Nord est nommé officiellement directeur de l’école. Ancien enseignant, Pascal cumule depuis 1985, les deux fonctions, danseur et responsable de la formation des élèves. Désormais, l’École bénéficie de 1600 m² d’équipements comprenant quatre vastes et lumineux studios, des vestiaires équipés, une salle d’échauffement, un espace de réunion et de ressources ainsi qu’une tisanerie. Les locaux permettent en plus, l’accueil d’actions pédagogiques à destination des classes de Roubaix, des activités danse des ALSH (centres de loisirs), l’accueil de compagnies en résidence et plus tard l’installation du département Pédagogie de la danse de l’Ecole Supérieure Musique et Danse Hauts-de-France – Lille.
Pascal Minam-Borier au centre de la photo ( document Nord Eclair )Pascal Minam-Borier, de nos jours ( document Ballet du Nord )
Claude Bartolone, ministre de la ville profite de son passage à Roubaix en 2001, pour visiter les locaux de l’école du Ballet du Nord, en compagnie de René Vandierendonck.
Claude Bartolone ( documents Nord Eclair )
Suite au départ de Jean-Paul Comelin, en 1994 la direction du Ballet du Nord est assurée en intérim pendant un an, par Françoise Adret, co-fondatrice du Ballet Théâtre Contemporain d’Amiens, ancienne directrice artistique du « Lyon Opéra Ballet ». En 1995, Maryse Delente prend le relais de la direction du Ballet du Nord. Arrivant de Vaulx-en-Velin où elle dirigeait sa propre compagnie, Maryse Delente construit à Roubaix, des pièces dramaturgiques et néo-classiques avec un talent artistique incontestable. Roméo et Juliette (1996) sur la musique d’Hector Berlioz, Nous n’irons plus au bois (1998)ou Barbe Bleue (2000) sont créées pour la troupe du Ballet du Nord. Elle signe également une pièce emblématique, Gisèle ou le mensonge romantique, relecture contemporaine de la célèbre œuvre classique du XIXe siècle. Elle soutient l’Ecole, offrant une de ses chorégraphies, Ninna Nanna interprétée de très nombreuses fois par les élèves les plus avancés. Elle accueille également dans la compagnie, des stagiaires issus de l’école qui rejoindront le corps de ballet et démarreront leur carrière professionnelle. Malheureusement sa gestion en ressources humaines est décriée par son équipe et elle quitte le Ballet en 2002.
Françoise Adret ( document Google )Maryse Delente ( document Google )Affiche Maryse Delente ( document bnr )
Jean Guizerix, un ancien danseur de l’Opéra de Paris, prend la direction du Ballet en 2002. Il présente le spectacle « Comme un souffle » et assure le redémarrage de l’activité des danseurs après une période tumultueuse et pour fêter dignement la double décennie du Ballet.
Jean Guizerix ( Documents Spike et B. Vanalderwelt )
Le Ballet du Nord fête en effet son 20° anniversaire en 2003. Quel chemin parcouru ! Le Ballet aura connu de nombreux épisodes et des coups de théâtre. Il suffit d’évoquer les directions très contrastées pour comprendre que ces 20 années n’ont pas été un long fleuve tranquille. Mais le Ballet s’est forgé une image de choix dans le monde de la danse.
Les 20 ans ( document Nord Eclair )
Pour fêter dignement son 20° anniversaire, du 9 au 30 Mars 2003, le Ballet du Nord propose d’exposer au musée de la Piscine, les plus beaux costumes de scène utilisés par les danseurs : des robes de soie, des costumes en velours, des tutus, des perruques, des tenues baroques etc. Le résultat est impressionnant, c’est en quelque sorte une deuxième vie, une deuxième mise en scène que cette exposition offre à ses costumes.
20 ans de costumes au musée de la Piscine en 2003 ( document B. Vanalderwelt et Nord Eclair
En décembre 2004, Carolyn Carlson est nommée à la direction du Ballet du Nord. D’origine franco-finlandaise et né, aux U.S.A, Carolyn Carlson, danseuse, chorégraphe ainsi que poète et calligraphe, est une grande figure de la Nouvelle Danse Française. Elle a joué un rôle central dans la promotion de la danse contemporaine en France avec le « GRTOP » Groupe de Recherches Chorégraphiques de l’Opéra de Paris, mais également en Italie où elle chorégraphie à La Fenice de Venise durant 11 ans puis en Finlande d’où sont originaires ses parents. Sa notoriété et ses œuvres génèrent un rayonnement de Roubaix sur le territoire et à l’international. Très impliquée sur le territoire, elle redonne couleur et légèreté, apporte de la poésie au CCN devenu incontournable.
Carolyn Carlson ( document Google )
La première apparition de la compagnie sous la direction de Carolyn Carlson se fait en juin 2005 au musée de la Piscine de Roubaix dans un mémorable happening, investissant ce lieu emblématique, jusqu’à danser dans la travée d’eau. L’adhésion du public est pleine et entière et ne se démentira pas durant chacune des neuf années de son mandat artistique. Elle signe la chorégraphie de plusieurs œuvres, citons entre autres : Inanna (2005), spectacle fondateur pour son installation au Colisée de Roubaix, cette pièce est une ode à la puissance créatrice instinctive et guerrière ainsi qu’à la sensibilité et aux mystères féminins, Hidden (2007), pièce d’inspiration chamanique, Eau (2008) chorégraphie écologique et contemporaine sur des images d’Alain Fleisher, directeur du Fresnoy à Tourcoing pour la partie scénographie, Mundus Imaginalis (2010) cycle chorégraphique pour musées et galeries d’art qui propose une immersion dans les visions picturales et plastiques qui animent la chorégraphe avec pour sources d’inspiration Schiele, Magritte, Kieffer, Van Gogh, Pollock, Warhol Zao Wou-Ki, Picasso…
document Pascal Minam-Borier
La compagnie constitue également pour la chorégraphe une pépinière de jeunes créateurs qu’elle soutient et encourage. Elle investit des lieux improbables pour ses présentations (musées, piscines, friches industrielles, … ). En parallèle, le projet du Colisée s’élargit, à partir de 2004, avec l’arrivée de Bertrand Millet qui y développe un théâtre pluridisciplinaire. Leur, collaboration sera fructueuse.
Carolyn Carlson
En 2006, l’œuvre de Carolyn Carlson est couronnée par le premier Lion d’Or jamais attribué à un chorégraphe par la Biennale de Venise. Elle est aussi commandeur des Arts et Lettres et dans l’ordre de la Légion d’honneur. En 2009, Carolyn Carlson accueille une compagnie dont l’équipe du CCN porte la charge administrative : la compagnie Zahrbat du danseur hip hop Brahim Bouchelaghem. Carolyn Carlson compose plusieurs poèmes pour sa création What did you sayvéritable source d’inspiration pour Brahim Bouchelaghem.
Document bnr
C’est également en 2009, que Carolyn crée « Le Roi Penché » une pièce pour jeune public, imaginée à partir d’un conte écrit par Marie Desplechin, célèbre autrice roubaisienne.
L’Ecole du Ballet du Nord de la rue des Arts est reconnue par le Ministère de la Culture et de la Communication en 2009. Elle devient le département des études chorégraphiques du Conservatoire à Rayonnement Départemental de Roubaix. Ce statut lui permet de former les élèves à partir de la classe éveil jusqu’au cycle 3, soit de l’âge de 5 à 20 ans. Ce parcours de formation initiale permet à chaque élève de choisir son niveau de pratique dans la discipline qui lui correspond (classique ou contemporaine), de l’activité de loisirs à la formation pré-profesionnelle. L’école se produit d’ailleurs chaque année sur la scène du Colisée dans des conditions professionnelles de représentation, faisant appel à des chorégraphes confirmés pour les élèves les plus avancés et présentant des spectacles à destination du jeune public. Elle crée une version du « Sacre du Printemps » avec l’ensemble des 150 élèves, dont la composition retient l’attention de Carolyn Carlson qui souhaitera la proposer au public de la compagnie, en ouverture de soirée lors des 30 ans du CCN.
Carolyn Carlson s’investit d’ailleurs beaucoup dans le programme pédagogique de l’Ecole encadrant des master-class et des ateliers. Elle signe deux pièces pour les élèves de l’Ecole. Plusieurs danseurs désormais dans la troupe, ont suivi l‘ensemble de leur formation à l’école. Carolyn Carlson et Bartabas, écuyer, scénographe, fondateur du Théâtre équestre Zingaro. et directeur de l’Académie du spectacle équestre de Versailles , créent un spectacle un peu fou en 2011 : « We were horses » durant lequel 16 danseurs, 12 écuyers et leurs magnifiques chevaux évoluent sur la piste de façon harmonieuse, avec grâce et élégance. Créée à Bruay la Buissière, la pièce est diffusée à Lyon-Fourvière, Monaco et Paris-La Villette. Elle sera présentée devant plus de 20.000 spectateurs.
Bartabas ( document Nord Eclair )
En 2014, Carolyn quitte Roubaix pour créer sa propre compagnie : la « Carolyn Carlson Company ». Au cours de ses dix années passées à la direction du Ballet du Nord, son influence et ses succès ont été considérables à Roubaix, sur le territoire français et dans de nombreux pays européens. Elle a joué un rôle clef dans l’éclosion des danses contemporaines.
document Nord Eclair
à suivre . . .
Remerciements à Bernard Vanalderwelt, Robert Pereira, Pascal Minam-Borier et Henri Mayet ainsi qu’aux archives municipales.
Dès 1973, Aljustrelense, club de foot est fondé à Hem. Rapidement des coupes ornent les murs, rappel des nombreuses participations de la communauté portugaise hémoise à différents tournois de foot, en France comme à l’étranger. En 1993, Mme Massart est invitée à fêter les 20 ans du club et, entourée de quelques élus, elle découvre le nouvel équipement des joueurs ainsi que le nouveau drapeau du club.
Anniversaire du club hémois Aljustrelense (Document Nord-Eclair)
Cinq ans plus tard Nord-Eclair titre : Hem et Aljustrel, bientôt jumelées. En effet, dans le cadre de la manifestation « Pays en choeur, pays de coeur », la ville met à l’honneur, après le Maroc et le Cap Vert, la communauté hémoise originaire du Portugal. C’est l’occasion de souligner le dynamisme des associations portugaises de la ville : les Roses du Portugal et le club de foot Aljustrelense notamment.
Photos d’Aljustrel au Portugal (Documents Hem 1000 ans d’histoire et Nord-Eclair et Bienvenue Aljustrel en octobre 1998)
C’est une étape vers le jumelage qui doit prochainement unir Hem à Aljustrel, cité minière du sud du Portugal. Après un tournoi de foot entre l’Olympic hémois et Aljustrelense, une soirée cabaret réunit les officiels hémois, le consul du Portugal à Lille et le maire d’Aljustrel. Le lendemain on assiste aux prestations de 6 groupes folkloriques vêtus de costumes traditionnels et permettant de retrouver l’ambiance chaleureuse du Portugal.
Hem et Aljustrel bientôt jumelées en novembre1998 (Document Nord-Eclair)
C’est en 2000 qu’est finalement officialisé le jumelage entre les deux villes. Cela commence par le voyage d’une délégation hémoise à Aljustrel en vue de découvrir les lieux. La ville ne se trouve qu’à 180 kms de Lisbonne, dans la région de l’Alentejo, longtemps appelé « le grenier du Portugal ». C’est l’occasion d’une visite dans la mine fermée en 1993.
La délégation hémoise à Aljustrel début 2000 (Documents Nord-Eclair)
Fin avril, Hem organise les cérémonies auxquelles assistent des délégations de Mossley et Wiehl. La cérémonie officielle a lieu à la salle des fêtes suivie d’une soirée dansante à la salle Leplat. Le lendemain, les maires des villes jumelées font le tour de la ville en tandem avant un spectacle de patinage artistique en rollers, une messe à l’église Saint Corneille avec la participation d’une chorale portugaise puis un concert apéritif à la salle Leplat.
Cérémonies du jumelage à Hem le dernier week-end d’avril 2000 (Documents Nord-Eclair)
L’année 2003 est l’occasion de retrouvailles chaleureuses à Aljustrel avec un programme chargé : soirée musicale et leçon de Fado, le lendemain visite des villages voisins suivie de la grande soirée du week-end, des interventions d’orchestres entre les discours dans le grand hall d’exposition : un séjour inoubliable immortalisé par une belle photo de famille.
Chaleureuses retrouvailles à Aljustrel en 2003 (Documents Nord-Eclair)
C’est en juin 2011 que sont fêtés les dix ans du jumelage. Les hémois se rendent au Portugal quelques mois après la venue des portugais à Hem. Pour l’occasion, sur la foire commerciale d’Aljustrel qui compte 200 exposants, les hémois de la délégation présentent leurs produits et visitent également un magasin social où ils trouvent des idées pour leur épicerie solidaire hémoise.
10 ans de jumelage avec Aljustrel (Documents Nord-Eclair)
Nelson Brito, le maire, veut rester positif malgré la crise économique qui touche son pays et n’épargne pas sa ville. Il a en projet la construction de 3 hôtels dont un 5 étoiles, pour faire venir les touristes, à qui il entend faire visiter le patrimoine minier de sa région, l’un des plus anciens d’Europe, et leur faire découvrir l’observation des oiseaux.
Le maire et les mineurs (Documents Nord-Eclair)
Pour fêter les 15 ans du jumelage, en 2015, la Ville et l’association Hem ville d’Europe, organisent un week-end de retrouvailles chaleureuses. Un groupe visite une entreprise hémoise tandis que les plus jeunes se rendent au studio Hemix en vue d’enregistrer un chant traditionnel. Le lendemain la délégation portugaise rejoint l’Hôtel de Ville pour y signer la charte de jumelage. Enfin, un arbre commémoratif est planté au Jardin des Perspectives, face à la Maison du Portugal dans l’esprit de faire grandir toujours plus le jumelage.
Les 15 ans du jumelage (Document Voix du Nord)
De même une délégation hémoise se rend au Portugal où elle alterne visites du Centre d’Art, de l’ancienne mine en passe de devenir un musée, de l’entreprise leersoise Pronal qui vient d’y ouvrir une succursale, ainsi que des propriétés viticoles, nombreuses dans la région. Sans oublier la foire culturelle et gastronomique et bien sûr le repas de gala et la traditionnelle ratification de la charte du jumelage.
L’anniversaire du jumelage au Portugal (Documents Ville de Hem)
10 ans plus tard, pour la célébration des 25 ans du jumelage, en 2025, la sculpture d’un coq en métal, d’une cinquantaine de centimètres de haut, est inaugurée, sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Hem, en présence de la délégation portugaise. Elle est réalisée par l’artiste hémois Bernard Vignoble en collaboration avec le fondeur Pascal Radar et symbolise le lien entre les deux villes jumelles.
Les 25 ans du jumelage en 2025 (Document Voix du Nord)
Il est à noter que l’une des nouvelles rues de Hem situées autour du Jardin des Perspectives, nouveau centre de la ville, est à présent nommée Avenue d’Aljustrel et relie la rue Jules Guesde à la Zone d’activité des 4 Vents, en traversant la rue du 06 juin 1944 et la rue de la Vallée.
La nouvelle avenue d’Aljustrel à Hem (Document Google Maps)
Remerciements à l’association Historihem, à la Ville de Hem, à Jacquy Delaporte pour les livres Hem d’Hier et d’Aujourd’hui et Hem 1000 ans d’Histoire
Henri Bailleul est né à Leers le 13 septembre 1899 d’un père et d’une mère tisserands. Ses parents habitaient hameau de Gibraltar. Il a été formé à l’École Normale. Il est affecté à l’école de Leers comme intérimaire de guerre du 18 septembre 1917 au 31 décembre 1918, Un instituteur intérimaire de guerre est un enseignant recruté en urgence par l’État pour remplacer les maîtres titulaires mobilisés au front. Ces remplaçants étaient souvent des jeunes de l’école normale, d’anciens instituteurs rappelés, ou des femmes.
Il quittera ce poste pour effectuer son service militaire. À sa rentrée du régiment, il est nommé instituteur adjoint à Steene, commune qui se trouve à proximité de Bergues et de Dunkerque le 4 avril 1921. Puis il assure le poste d’adjoint en octobre 1921 à Loon Plage, commune du Westhoek français au bord de la mer du Nord, entre Calais et Dunkerque. Il est ensuite en poste à à Hem aux Trois Baudets en avril 1923. Cette rue de Hem, longue de 1041 mètres, relie la rue Jean Jaurès à la rue Jules Guesde et figure sur les plans de la ville sous ce nom depuis les années 1920.
Le 19 avril 1924, il se marie à Leers avec Madeleine Prévot, hémoise d’origine, fille d’un cabaretier leersois de la rue de Roubaix. Le voici en poste à Wattrelos Crétinier en octobre 1925. A cette époque, le quartier du Crétinier à Wattrelos voit fleurir les lotissements, notamment sous la direction de M. Fastenackels. Avant la Première Guerre mondiale, ce secteur était encore en grande partie à l’état de sentier ou de zone peu construite.
Henri Bailleul, enseignant médaillé doc NM
En octobre 1927, Henri Bailleul est nommé directeur à Berthen, une commune en pleine période de reconstruction. Le village, situé au pied du Mont des Cats, reconstruit ses infrastructures agricoles et son habitat. En octobre 1934, il est en poste à Estaires, dont l’élan industriel a été brisé par la Première Guerre mondiale. En octobre 1937, il revient sur Lys-lez-Lannoy dans le canton de Lannoy, commune limitrophe d’ Hem, Lannoy, Leers, Roubaix et Toufflers. Enfin Henri Bailleul revient à Leers en octobre 1946. La commune entame sa reconstruction d’après-guerre.
Il se révèle un excellent pédagogue, et sa courtoisie lui vaut l’estime de la population de ses adjoints et le respect de ses élèves. Il est distingué en 1955 Officier de l’Instruction publique, après avoir été médaillé de bronze de l’enseignement (1945) Officier d’Académie (1946) médaille d’argent des instituteurs (1950). Henri Bailleul sera le directeur de l’école des garçons de Leers de 1946 à 1958.
Dès la fin du 19ème siècle la ville compte plusieurs chorales : la Chorale d’Hem, les Enfants du Nord, la Jeune Lyre, la Jeunesse d’Hem, la Sainte Cécile et les Intimes.
Enregistrement en préfecture et demandes de subsides des anciennes chorales et logo de la dernière d’entre elles (Documents Historihem)
Les chorales du 20ème siècle
Chorales paroissiales
La chorale Saint-Corneille
Née au tout début du vingtième siècle la chorale de l’église Saint-Corneille est indissociable de l’orgue installé dans cette église, bâtie au centre du village, et électrifié en 1933 (sur le sujet de l’église voir un précédent article édité précédemment sur notre site). A l’époque c’est Claire Boussemart qui est l’organiste de l’église.
La chorale Saint-Corneille en 1902 et facture relative à l’électrification de l’orgue en 1933 (Documents Historihem)
Dans les années 1950, c’est Madeleine Tricoit qui, en qualité d’organiste, accompagne la chorale pour la première audition de Sainte Cécile. En 1954, 3 membres de la chorale reçoivent la croix du mérite diocésain. Et c’est en 1959 que la chorale fête son cinquantenaire
1ère auditions de Sainte-Cécile en 1953 croix du mérite diocésain en 1954 et fête du cinquantenaire en 1959 (Documents Historihem et Nord-Eclair)
Durant les années 1960, la Sainte-Cécile est fêtée annuellement par la chorale, accompagnée à l’orgue par Madeleine Rusquart-Lallemand, également présente pour accompagner la chorale des jeunes, lors d’une messe célébrée en l’honneur de son père, résistant, mort en déportation. Durant cette même année 63, la chorale chante en l’honneur de Sainte-Thérése à la Chapelle d’Hempempont. L’année suivante c’est la Sainte-Cécile pour la chorale et celle des jeunes.
Sainte Cécile en 1961, messe en l’honneur du capitaine Lallemand en 1963, Sainte-Cécile en 1964 (Documents Historihem et Nord-Eclair)
Dans les années 70, Thérése Cousin, ancienne élève du conservatoire de Roubaix, accompagnatrice à l’harmonium de la manécanterie des petits chanteurs de l’église Saint Michel à Roubaix depuis la fin de la seconde guerre mondiale, devenue ensuite organiste dans cette même église, accepte de tenir l’orgue de Saint-Corneille pour dépanner, après son installation à Hem.
Après un passage à vide de quelques années pour la chorale qui disparait, elle répond présente lorsqu’en 1988, un groupe de paroissiens décide de recréer une nouvelle chorale dont Jean-François Leclercq, de retour de l’armée prend la direction tandis qu’elle-même reprend sa place à l’orgue.
La nouvelle chorale Saint-Corneille en 1989 et dans les années 1990 (Documents Historihem et Nord-Eclair)
Peu de changement pour l’entrée dans le 21ème siècle, avec la traditionnelle fête de Sainte-Cécile en 2002. C’est toutefois en 2007 que Thérése Cousin, après un dépannage de 35 ans, tient pour la dernière fois l’orgue à l’église Saint-Corneille, avant de goûter à une retraite bien méritée, vivement remerciée et félicitée par Jean-François Leclercq.
Le départ en retraite de Thérése Cousin en 2007 (Documents Historihem)
Depuis la chorale continue à fêter chaque année la Sainte-Cécile et à animer des messes. En 2009, elle en est à plus de 900 répétitions, dans la maison paroissiale, et quelques centaines de chants appris. 25 choristes la composent alors et c’est Jean-Paul Traoré qui est aux commandes du magnifique orgue de l’église Saint-Corneille.
La chorale dans les années 2000 (Documents Nord-Eclair Historihem et Voix du Nord)
Manécanterie des Petits Chanteurs d’Hem Saint Corneille
La chorale est créée, en 1953, à l’initiative de Messieurs Pierre Motte, Jean Loosfeld et l’abbé Rogeau, vicaire de la paroisse Saint Corneille.Jean Loosfeld en assure la direction musicale. Elleporte le nom de « Manécanterie des Petits Chanteurs d’Hem Saint Corneille» et les choristes, jeunes garçons, sont essentiellement issus de l’école Saint Corneille et de son foyer. Les répétitions se déroulent dans les locaux de l’école, rue Jules Ferry, le jeudi en fin d’après-midi.
Journée musicale à Hem en 1954 (Documents Historihem)
Dans les années 1960, la chorale compte 42 chanteurs, et, chaque saison, elle donne une audition dans les paroisses hémoises et aux alentours lors des différentes fêtes religieuses. Elle organise aussi des galas dont le bénéfice sert à financer des voyages. En 1962, elle est invitée au 10ème anniversaire de la manécanterie roubaisienne « les Rossignolets » et l’année suivante elle prend le nom de Petits Chanteurs de Dominique Savio (patron des Petits Chanteurs).
La Manécanterie en 1961 (Documents Historihem)La Manécanterie en 1963 (Documents Historihem)