L’histoire de la musique à Hem 4

Partie 4 Les groupes de la Cantoria

L’ensemble orchestral et l’orchestre junior

En juin 1993, après une année de fonctionnement de l’école de musique hémoise « La Cantoria » (sur ce sujet voir un précédent article publié sur notre site), son directeur Patrick Salmon, qui en avait lancé le pari dès la rentrée de septembre 1992, a mis sur pied une classe d’orchestre. Sa première audition publique étant prévue pour le 1er juillet, à l’occasion de la fête de l’école, une première répétition a lieu.

ère répétition de la classe d’orchestre en juin 1993 (Document Nord-Eclair)

C’est en janvier 1994 que l’orchestre de l’école municipale se produit à la Résidence de la Marque. Sous la direction de Patrick Salmon, 25 jeunes musiciens, âgés d’une dizaine d’années, interprètent les traditionnelles mélodies de Noël sous les applaudissements fournis d’un public ravi. Le but avoué est de redonner vie à une harmonie municipale pour la ville qui en a été privée durant 30 ans.

Un concert à la Résidence de la Marque en janvier 1994 (Document Nord-Eclair)

Dès la fin de la même année, il n’est plus question de classe d’orchestre, ni même d’orchestre de l’école de musique mais de l’Ensemble Orchestral de Hem, lequel célèbre la Sainte-Cécile, à la salle Leplat, le 29 novembre. Avec la participation de la fanfare « La Gauloise », de l’orchestre junior de l’école municipale de musique nouvellement créé et de 120 choristes issus des ensembles vocaux hémois : Cantar’Hem, Cascade, Saint-Corneille, Saint-Paul ainsi que de Jeanne d’Arc (de Villeneuve d’Ascq), l’ensemble orchestral, fort de 70 musiciens, interprète un medley de musiques de films.

La Sainte-Cécile 1994 à la salle Leplat (Document Historihem)

Le répertoire de la nouvelle formation hémoise est composé de transcriptions d’oeuvres classiques et modernes (jazz, variétés, musiques de films) mais également de pièces spécialement écrites pour orchestres d’harmonies. Les musiciens qui le composent sont : des élèves de 2ème cycle de l’école municipale de musique (formés en 1er cycle à l’orchestre junior) et des musiciens adultes amateurs habitant Hem ou ses environs. A chaque prestation, l’encadrement de tous les pupitres est assuré par les professeurs de l’école de musique.

Logo de l’ensemble orchestral et vue de l’ensemble en concert avec la chorale à la Sainte-Cécile en 1994 (Document Historihem)

Pour la fête de la Cantoria et la remise de diplômes de fin d’année, en 1995, l’ensemble orchestral choisit d’interpréter un medley des musiques des succès de Disney. Ensuite, à l’occasion de la Sainte-Cécile, le concert apéritif a lieu à la salle des fêtes puis Mme Massart, Maire de Hem, et les musiciens posent devant l’ancienne fontaine de la résidence de la Marque.

Fête de l’école en juin 95 et Sainte-Cécile en novembre 1996 (Documents Historihem)

Pour fêter ses 5 ans d’existence, en novembre 1997, l’ensemble réunissant une cinquantaine d’élèves de l’école, une dizaine de professeurs et des musiciens amateurs de la commune, le plus jeune ayant 10 ans et le plus ancien 75, décide d’interpréter un programme allant des Beatles au jazz, en passant par des morceaux plus graves tels que la musique de la Liste de Schindler.

La Sainte-Cécile 1997 soit le 5ème anniversaire de la formation (Document Nord-Eclair)

La fin des années 1990 voit se succéder des fêtes de Sainte Cécile toujours plus brillantes avec le renfort de l’orchestre junior, de la fanfare La Gauloise et de nombreux choristes des environs. C’est à l’été 1999 que l’ensemble orchestral se confronte à 35 autres sociétés musicales et obtient un premier prix au concours national, revenant de Saint-Omer avec une coupe, un diplôme et du matériel musical offert par le conseil général.

Sainte-Cécile 1998 avec les 2 orchestres et plus de 200 choristes, le premier prix au concours national de 1999 et la Sainte-Cécile en 1999 (Documents Voix du Nord et Nord-Eclair)

L’orchestre propose dès lors généralement trois concerts par saison au public hémois (un concert de Ste Cécile, un concert de printemps, et un concert d’été pour la fête de la musique). Il lui arrive également de se produire dans d’autres pays comme dans les villes jumelées de Wiehl ou Aljustrel (sur le sujet du jumelage voir un précédent article édité sur notre site), mais aussi en Belgique.

Concert de printemps à Hem, à Aljustrel et à Kain en 2000 (Documents Nord-Eclair et Historihem)

Remerciements à l’association Historihem

à suivre…

Les magasins L. Lagache ( suite )

En 1972, l’entreprise Lagache continue son expansion. Elle reprend les n° 226 et 228 de la même rue. Des travaux d’aménagement de façade sont réalisés de façon à ce que les 226 et 226 soient réunis en un seul magasin de 210 m2.

Le 226 228 rue de Lannoy ( document archives municipales )

Les meubles  »contemporains » haut de gamme sont présentés dans ce point de vente du 226-228. Le 1° étage est également aménagé», ce qui permet de doubler la surface de vente. L’entreprise Lagache est alors adhérent à « Europe Meubles » en 1973.

Publicité 1973 ( document Nord Eclair )

Cette même année 1973, L. Lagache ouvre un point de vente supplémentaire au 197 de la rue de Lannoy. Tous les articles d’électro ménager y sont présentés , de façon à libérer de la place pour l’exposition de meubles  »traditionnels » au 183-185.

En 1974, ce sont donc 5 magasins de meubles et d’électroménager qui font partie de l’entreprise L. Lagache. Ils sont tous situés dans la rue de Lannoy : au 183, 185, 226, 228 et 197.

Publicité 1974 ( document Nord Eclair )

Lucette recrute sa petite fille, Cécile ( 4° génération Lagache ) et fille de Jean-Luc, pour des tâches administratives au départ, puis lui confie des responsabilités commerciales. L’entreprise fonctionne alors à plein régime. La réussite a toujours été au rendez vous depuis une vingtaine d’années. Lucien et Lucette songent sérieusement à regrouper tous ces points de vente de la rue de Lannoy. Ils sont ambitieux et confiants. Pourquoi, par exemple, ne pas ouvrir un supermarché de meubles et d’électro-ménager d’environ 2.000 m2 dans une zone commerciale, en périphérie de la ville ? En 1978, le couple est informé que la clinique Descarpentries de 2.500 m2, située au 75 boulevard de la République, est à vendre.

document collection privée

Lucien et Lucette visitent l’ancienne clinique et tombent sous le charme de cet immense bâtiment. La vente est signée. Le coût de l’opération est assez vertigineux : les magasins Lagache ( fonds de commerce et stocks ) seront vendus pour financer l’acquisition.

Lucien et Lucette Lagache devant la clinique Descarpentries ( document Nord Eclair )

D’importants travaux d’aménagement sont évidemment nécessaires, ils seront réalisés en grande partie par le personnel des magasins. Le concept est intéressant et original. L’idée est de proposer des meubles de très haut de gamme, de grande qualité et de finition parfaite à la clientèle, en conservant l’architecture et l’agencement intérieur. Lucette Lagache passionnée de décoration, veut que chaque meuble soit présenté un peu « comme chez soi ». Les chambres de la clinique deviennent des salons, des salles de séjour ou des cuisines. Il est nécessaire que le meuble soit présenté dans une ambiance adéquate, comme par exemple un meuble Louis XV dans une pièce de couleur vieux rose, un style Empire dans un décor vert. Le nom choisi est « La Châtellenie ».

document Nord Eclair

Lucien dirige les travaux sont réalisés en 1981 : rénovation de la façade et peintures intérieures. L’emplacement des deux maisons situées au 71 et 73 du Boulevard, qui avaient été rasées, devient le parking clients pour le magasin. Une mini cafétéria sera créée prochainement.

Publicité 1981 ( document Nord Eclair )

Le démarrage est difficile : retard dans les travaux, manque de trésorerie, peu de rotation des stocks, tracasseries administratives etc Lucien perd peu à peu tous ses anciens clients de la rue de Lannoy, car la gamme de produits haut de gamme ne leur convient pas. Lucien se démène pour s’en sortir. Il trouve un accord avec son ami Henri Deconinck, directeur du Fresnoy tout proche, pour exposer et solder les meubles provenant des anciens magasins et depôts L. Lagache. Mais cette vente qui devait durer deux semaines, ne peut malheureusement pas se réaliser pour des raisons administratives.

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Deux ans plus tard «La Châtellenie» dépose le bilan. En 1986, celui-ci est assorti d’un concordat en vue de l’apurement des dettes. En 2001, le bâtiment est vendu aux enchères. S’en suit alors un imbroglio juridique sur les actes de propriété du bâtiment, qui va durer quelques années, Lucien et Lucette continuent à se battre. Ils ouvrent alors une agence immobilière pour essayer d’éponger les dettes, puis quittent la région pour le Lubéron.

Agence immobilière ( document JL Lagache )

A leur retour à Roubaix, Lucette transforme le bâtiment vide en location de bureaux, avec succès. Jean Luc, le fils, continue seul à gérer l’agence, il devient un peu plus tard agent immobilier à Lannoy.

Les magasins Lagache de la rue de Lannoy ont tous été cédés entre 1978 et 1980 ; les 183-185 aux Ets Caron ( cheminées Philippe ), le 176 à la quincaillerie Gamin, le 226 228 à « Sud-Ouest à Roubaix », le 197 à l’armurier Derly. Il ne reste rien des anciens points de vente.

Le magasin du 183-185 fermé en 1978 ( document JL. Lagache )

Lucien bouleversé par les tracasseries, les constats d’huissier, les saisies, fait plusieurs infarctus, et décède en 2015. Lucette continue à se battre seule, fait appel à de nombreux avocats pour défendre sa cause mais sans succès. Elle décède en 2021.

Leur fils, Jean-Luc Lagache se souvient : Mon père était un homme simple, il a fait un métier qu’il adorait ; la vente bien sûr, mais surtout le contact humain, il considérait ses clients comme des amis, des gens qu’il respectait.

Remerciements à Jean-Luc Lagache, ainsi qu’aux archives municipales

Harmonie municipale de Leers

Quatre musiciens leersois sont à l’origine de la création d’une phalange musicale qui allait devenir l’Harmonie municipale de Leers. Le 19 mai 1804, ces quatre musiciens, clairons et tambours, fêtent la nomination de Napoléon Bonaparte comme Empereur des français survenue la veille. On défile dans les rues en exécutant des marches et des pas redoublés. Le pas redoublé est un pas cadencé qui correspond au pas de charge et au pas de marche des armées de Napoléon Ier. Son rythme est le double de celui du « pas ordinaire ». D’autres musiciens rejoignent le mouvement et forment ainsi la mouture initiale de l’harmonie leersoise. Les aïeux fondateurs de la société sont issus des vieilles familles leersoises et musiciennes : Quique, Delbroucq, Broux, Delbecq.

Les leersois participent à leur premier concours à Tourcoing le 27 août 1820 où ils obtiennent le second prix, ayant disputé les places d’honneur avec les musiques de Courtrai et de Comines. Parmi les dirigeants de la société, il y a Narcisse Quique, décédé en 1855, son fils Auguste Quique, Jules Moulart, Henri Salembier (1886-1891). Narcisse Quique était cabaretier à la Place de Leers et il fut musicien dans un régiment d’Afrique avant de diriger la société leersoise. Son fils Auguste Quique entre à l’âge de 10 ans comme piston dans la société leersoise. Étant soldat, il fut caporal clairon. Musicien et compositeur, il dirigea la société leersoise dès l’âge de 30 ans ainsi que diverses sociétés de musique des alentours, comme Lys, Ascq, Sailly, Templeuve, l’Harmonie Franco-Belge de Néchin. Auguste Quique fut honoré par l’Institut Populaire de France et reçut huit médailles dans différents concours. Il décède le 27 octobre 1933.

Le siège de la société était alors au café Louis Leclercq au lieu dit l’Estocoi, à l’angle de la rue de Néchin et de la rue de la Marne. Le 17 juin 1850, la société de musique forte de 22 membres participe à la cérémonie de la pose du premier pavé de la nouvelle route, portant ainsi pour la première fois le drapeau municipal. Cette nouvelle route pavée permettra de joindre Leers à Lannoy.

Festival 1857 doc Leers Historique

Le 19 juillet 1857, la société leersoise organise un festival de musique dont elle fera l’ouverture, avec la participation de nombreuses sociétés de musique. Le 13 août 1867, elle participe aux fêtes d’inauguration des Eaux de la Lys à Roubaix.

Médaille des fêtes d’inauguration des Eaux de la Lys

Le 13 février 1875 la société prend officiellement le nom de société philharmonique de la commune de Leers. Le 14 juillet 1878, la commune de Leers organise un festival de musique et un carrousel. Le député Georges Brame offre un objet d’art.

Le 14 septembre 1880 intervient une scission qui entraîne la création d’une société dite l’Union musicale, établie chez Madame Veuve Quique avec les 16 musiciens dissidents. Le Président de la société est le brasseur Oscar Brame. Pendant la décennie, deux autres sociétés sont créées, ce qui montre l’importance de la pratique musicale à Leers : le 28 mai 1893, l’Union des Trompettes est installée chez Henri Englebert, Estaminet du Clairon à Leers. Le 18 mars 1897, naissait la Leersoise Philharmonique établie chez Jules Leruste.

L’Harmonie en 1898 doc Leers Historique

En 1886, la société philharmonique de la commune de Leers était dirigée par Henri Salembier, avec comme sous directeur Joseph Leroy et comme Président Monsieur Salembier Dhalluin. Le 23 septembre 1894 se déroule la fête du Hameau de la Royère à Néchin. Puis le 13 juin 1897, un grand concert de fanfares d’harmonies et d’orphéons est organisé à Leers par la musique municipale.

Le festival de 1904 doc Leers Historique

Pour son centenaire en 1904, la société municipale organise un grand festival international de musique le 14 août. Cinquante six sociétés sont affectées aux différents quartiers de Leers. La musique municipale ouvre les festivités avec la Marseillaise et une composition pour l’occasion intitulée le Centenaire. Elle comptait alors 45 exécutants et son directeur était M. Drieu.

À suivre

Sources :

Leers mon village, A.L.E.H.P

1804-2004, 200 ans de musique à Leers avec l’Harmonie Municipal par Michel Bourgois

Leers et les leersois sous la seconde République (1848-1852) par Lucien Demonchaux Association Leers Historique

Journal de Roubaix

Zone d’activité des 4 Vents (suite 1)

Durant la décennie 1990, s’installent également dans la nouvelle zone des entreprises de programmation informatique comme Delssi ou d’impression d’étiquettes adhésives comme Stratus Etinord. Par ailleurs Stim-Climelec qui travaille dans le domaine de l’électricité et de la climatisation rejoint dans la zone son plus gros client : Saint Maclou.

La ZAC des 4 Vents en 1997 (Document Nord-Eclair)

Delssi et Etinord en 2023 (Documents Google Maps)

Etinord, c’est une petite entreprise, fondée par Philippe Ferez, dans les années 1980, dans un garage à Roubaix, arrivée quelques années plus tard dans la zone artisanale Marcel Lecoeur à Hem (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site). Elle ne possédait à l’époque que 2 machines pour imprimer ses étiquettes adhésives. Mais le local de 650 mètres carrés s’est rempli. La société compte à présent 35 salariés et a besoin d’espace d’où l’achat de 11.500 mètres carrés de terrain dans la zone d’activité pour y construire 1.400 mètres carrés d’atelier et 400 mètres carrés de bureaux.

Déménagement d’Etinord dans la zone des 4 Vents (Document Nord-Eclair)

L’inauguration des nouveaux locaux a lieu en janvier 1999, et les 15 ans d’Etinord sont donc fêtés dans une toute nouvelle usine. Celle-ci est claire, pratique et climatisée ; les murs sont jaune pâle et les volumes confortables, et des portes coupe-feu ont été installées partout. La direction a pour projet de compléter le parc de machines existant et une certification Iso est dans l’air.

Inauguration des nouveaux locaux en janvier 1999 (Document Nord-Eclair)

En 2014, l’usine s’étend, grâce à une expansion de 1.000 mètres carrés, sur 2.500 mètres carrés dans la zone des 4 Vents, avenue Antoine Pinay. Désormais le groupe Stratus Packaging, spécialiste Belge, qui dispose de 3 entreprises en France, compte 220 collaborateurs dont 45 à Hem. 200 mètres carrés y sont destinés à la production, le reste à la logistique : stockage des matières premières et produits finis pour les clients. L’entreprise dispose de 5 presses rotatives et se prépare à l’obtention de la certification BRC-IoP qui garantit la sécurité et l’hygiène de la production des étiquettes et emballages et va apporter une reconnaissance supplémentaire au site hémois.

Etinord s’étend en 2014 (Documents Voix du Nord et Nouvelles Graphiques)

On peut ajouter à cette liste les entreprises : Acofluid, spécialisée dans la réparation de machines et équipements mécaniques, toujours active, Climelec, spécialisée dans les travaux électriques, entreprise qui ferme ses portes à l’aube des années 2000 et Decoservice, spécialisée en manutention , toujours active au n°14 de l’avenue Pinay.

Photos Acofluid, (Documents site internet)
Publicité Climelec de 2000 et photos Decoservice (Documents Nord-Eclair et site internet)

Quant à Leclercq-Leroux, entreprise de tissage, il s’agit d’une très ancienne entreprise à l’origine tourquennoise, fondée par JL Leclercq, spécialisée dans le tissu d’ameublement. Elle a pris ce nom de société en 1971, après une fusion avec l’entreprise Leroux Frères de Roubaix, alors qu’elle était encore à Tourcoing et fabrique des tissus et velours jacquard pour l’ameublement. Ses locaux étant devenus trop exigus, elle emménage à Hem à la toute fin des années 1990 dans une usine de 12.000 mètres carrés pouvant abriter sans problèmes les 50 métiers à tisser informatisés.

L’entreprise présente son savoir-faire à Mme Massart maire de Hem en 1998 (Document Voix du Nord)

L’inauguration a lieu en 2000, en présence de Francis Vercamer, nouveau maire de la ville. L’accent est mis sur le tissu d’ameublement haut de gamme produit dans l’établissement à destination du monde entier (Maison Blanche, Orient-Express), au moyen des techniques les plus modernes. 90 personnes travaillent alors dans l’usine hémoise et le recrutement d’autres ouvriers est encore en cours avec formation assurée par l’entreprise.

Inauguration de la société en 2000 (Documents Nord-Eclair)

Pourtant malgré son modernisme et sa volonté d’aller de l’avant cette entreprise centenaire ferme les portes de son usine hémoise 10 ans plus tard, plus exactement en 2011. Quant à Bayart Tissage, l’établissement secondaire créé à Hem en 2000, ferme ses portes en 2016 tandis que le siège social de Marcq-en-Barœul reste actif.

Photos du tissage Leclercq-Leroux (Documents Historihem)

En 2000 également, c’est le n°9 de l’avenue Pinay qui est construit puis les n°11 et 12 ainsi que le 3 dans les années qui suivent. Les n° 1 puis 5 apparaissent en 2009 et 2012.

Photos aériennes de 2000, 2004, 2009 et 2012 (Documents IGN)

Les années 2000 voient l’avenue Antoine Pinay accueillir de nombreuses entreprises dont un groupe informatique bien connu à savoir : Goto International, lequel quitte le château de la Bonnerie (sur le château voir un article précédemment édité sur notre site intitulé Château de la Bonnerie) pour un siège tout neuf au sommet d’une butte des 4 Vents.

Installation de Goto International (Documents Nord-Eclair)

Le bâtiment de 1850 mètres carrés construit sur 3 hectares abrite, au n°3 de l’avenue Pinay : Goto Software (créateur de logiciels de communication Internet et Minitel), Goto Games (créateur de logiciels de jeux on-line et off line) et Point Soft (premier distributeur européen de CD-roms multimedia à petit prix).

Sarbacane Software en 2019 (Documents Voix du Nord)

Le Goto Campus est rejoint, quelques années plus tard par Sarbacane Software, éditeur de logiciels, qui, dès 2019 bénéficiera de locaux rénovés. Et en 2012 est inaugurée sur le campus la micro crèche d’entreprise « Les Zigotos », pour les enfants de 2 mois à 3 ans. Malheureusement l’année suivante intervient le décès du fondateur et PDG du groupe Thierry Tarnus.

Inauguration de la crèche les Zigotos en présence de Thierry Tarnus et de Francis Vercamer maire de Hem (Document Voix du Nord)

Par ailleurs, durant la décennie 2000, le n°3 avenue Pinay abrite : 2A Concept, et You don’t need a crm, entreprises de programmation informatique, toujours actives, Avianor ULM, spécialisée en enseignement de la conduite, toujours active, Lasius Productions, entreprise de design, fermée en 2011.

Sigle de 2A Concept, you don’t need a crm et illustration d’Avianor ULM (Documents sites internet)

A suivre…

Remerciements à l’association Historihem

Ecole Saint Benoît

Le bâtiment, situé au 116 boulevard d’Armentières, a été construit dans les années 1880 par Henri Dubar, industriel roubaisien. Cet hôtel particulier est vendu en 1894 à Achille Bayart, puis dans les années 1920 à la famille Lefebvre. Le parc a toujours été superbement entretenu par un jardinier résidant sur place. De nombreux témoignages évoquent un jardin merveilleux, avec une serre remplie de plantes vertes, palmiers, plan d’eau avec plantes aquatiques. Dans ce parc un pont en bois se situe à proximité d’un pavillon style colonial, d’un poulailler et du hangar du jardinier.

Document A. d’Orgeville

Florentin Lefebvre, industriel dans le textile, épouse Rose-Marie Ducatteau, la fille des agriculteurs de la grande ferme Ducatteau, qui s’étend du pont Vanoutryve au conditionnement et au pont Saint Vincent de Paul à Roubaix. Le couple s’installe donc au 116 boulevard d’Armentières, une vaste propriété de plus de 6.500 m2 sur lequel est construit l’hôtel particulier de 630 m2 habitables sur 4 niveaux, qui appartient à la famille.

plan cadastral

Les époux fondent ensemble la société Lefebvre-Ducatteau, une des plus grandes maisons de fabrique de Roubaix. Plus tard, en 1852, Amédée Prouvost s’associe avec les frères Lefebvre-Ducatteau pour créer dans le centre ville de Roubaix, un des premiers peignages mécaniques : la société « Amédée Prouvost et cie ». Au décès prématuré de son mari, Rose-Marie Lefebvre-Ducatteau prend la direction de la filature Lefebvre-Bastin du boulevard d’Halluin. Après la guerre 14-18, la famille possède deux usines, une grosse filature boulevard d’Armentières et une petite filature de cardée à Wattrelos. 500 ouvriers travaillent alors dans l’entreprise qui ferme en 1924.

Trente ans plus tard, en 1954, l’hôtel particulier du 116 boulevard d’Armentières est loué à l’association des parents d’élèves de Saint Benoît. L’institution Saint Benoît est un collège privé, spécialisé dans l’accueil des élèves en rupture avec le système scolaire classique. La direction est assurée par Maurice Dierickx, qui a pour principal objectif, de recevoir des jeunes dont l’échec scolaire relève d’un manque de discipline ou de paresse affichée, et de les remettre dans le droit chemin. « Ora, Labora Pax » L’exactitude, le travail et la Paix, telle est la devise de Maurice Dierickx.

document collection privée

En 1966, l’association des parents d’élèves de Saint Benoît disposant de moyens financiers importants rachète l’hôtel particulier, et en 1968, elle demande l’autorisation de construire une salle de jeux d’environ 30 m2, située au fond du parc à la limite de la propriété du 114 appartenant à la société CARTEX.

document archives municipales
document archives municipales

Dès que l’on entre dans la vieille maison de maître, chacun peut sentir le bois patiné par les ans et l’encaustique.

document Nord Eclair
document Nord Eclair

Le système d’éducation de Saint Benoît est aux antipodes de la conception pédagogique des autres établissements scolaires ! L’enseignant a pour fonction de s’assurer que l’enfant assimile, qu’il progresse, qu’il travaille dur, en un mot qu’il se dépasse. Avec une interro à chaque cours, il convient de transpirer. L’école est complètement à part. C’est le seul établissement hors contrat, constitué en association, au nord de Paris. Une singularité qui lui permet d’affirmer son indépendance, mais qui le contraint à demander des frais de scolarité nettement plus élevés.

salle de classe ( document Nord Eclair )

En 1989, c’est la fête des anciens de St Benoît. Depuis la création en 1954 l’institution a accueilli plus de 3000 élèves. Tous avouent aisément qu’il avaient une expérience difficile avec l’éducation, mais grâce à l’équipe d’enseignants de choc de St Benoît, ils ont pu retrouver le chemin du diplôme et de la réussite.

document Nord Eclair 1989

En 1994, Saint Benoît fête ses 40 ans. L’établissement garde le même cap à savoir : venir en aide aux élèves en difficulté. C’est toujours la même philosophie. Christian Descamps, le directeur, et l’ensemble des professeurs veillent au grain et tentent de rendre aux enfants le goût de l’effort et celui de la scolarité.

document Nord Eclair 1994

En 2001, l’établissement compte 125 élèves, de la 6° à la seconde, dont une trentaine d’internes. Le directeur Denis Courdent dirige son établissement et motive ses 11 enseignants dont 5 permanents.

document Nord Eclair

En 2004, l’école Saint Benoît fête ses 50 ans. Le directeur, Bernard Declercq rappelle que la méthode pédagogique est toujours la même et qu’elle n’a pas changé depuis un demi siècle. Une structure de remise en forme qui permet à l’élève de se remotiver et de réintégrer un collège ou un lycée traditionnel. En cette année 2004, 120 élèves sont scolarisés. Les classes sont petites et le nombre d’élèves également ( 15 élèves en 6° et en 5° ).

Cinquante ans ( document Nord Eclair 2004 )

En 2008, la situation se complique, le nombre d’élèves est en baisse constante depuis 3 ou 4 années. L’effectif est passé de 120 élèves à 55. Avec la crise, les frais de scolarité s’élèvent désormais à 4000 € annuels, et sont donc impossibles à financer pour la plupart des familles. Thierry Pick, président de l’association, et Mme Dubar directrice, annoncent, en Avril 2010, que Saint Benoit ne rouvrira pas à la rentrée prochaine. 4000 élèves ont pu se réconcilier avec l’école pendant ces cinquante années. Les 14 enseignants et les 3 salariés assurant l’entretien sont licenciés et reclassés par le diocèse. Le bâtiment, quant à lui est magnifique et devrait pouvoir trouver un repreneur sans trop de difficultés.

Fermeture ( document Nord Eclair 2020 )
document Xavier Lepoutre

Deux ans plus tard, en 2012, la ville de Roubaix achète le bâtiment de 630 m2 habitables et le terrain et, en 2017, la municipalité met en vente le château et une partie du terrain. Le 8 Juillet 2021, la société Ankama, spécialisée dans la création numérique et artistique, installée à Roubaix au 75 boulevard d’Armentières, propose de reprendre le prestigieux immeuble, pour fêter ses 20 ans d’existence et y installer des bureaux.

document Nord Eclair 2021

Malheureusement, la négociation avec Ankama n’aboutit pas et se termine en queue de poisson. En Novembre 2025, la presse locale annonce la vente aux enchères de l’ancienne école Saint Benoît. C’est un investisseur qui souhaite y aménager des appartements de luxe, et des constructions à l’arrière du parc pour rentabiliser l’investissement. Espérons que la négociation aboutisse enfin !

document Nord Eclair

Remerciements à Alain d’Orgeville ainsi qu’aux archives municipales

L’histoire de la musique à Hem 3

3ème partie : la clique « La Gauloise »

Elle est issue d’une formation familiale, crée en 1923, par Mr Sueur, sous le nom d’Amicale d’Hem, reprise ensuite par son fils Gaston, puis, en 1969, par son petit-fils René. La clique elle-même est fondée plus tard, en 1936, par Mrs Charlet et Sequin.

La Gauloise en 1932, devant l’estaminet Corteville sur la place de la République (Document Historihem)

Après-guerre, la Gauloise se reconstitue et, dans les années 1950 elle est de toutes les fêtes, notamment la Sainte-Cécile. Ainsi, en 1956, la clique scolaire défile dans le quartier des Trois-Baudets avant de se réunir autour d’un banquet servi au Saint-Louis, rue Jean Jaurès avec de nombreuses personnalités de la ville.

La Gauloise en 1949 et 1956 (Documents Historihem)

Raymond Guyssens est nommé directeur chef de la clique en 1959, succédant ainsi à Gaston Vandecasteele, tandis que Jean Sequin reste président. Et c’est une clique renforcée de nombreux jeunes qui défile lors de l’inauguration officielle du groupe scolaire de Beaumont. Mr Jean Sequin est nommé quant à lui chevalier dans l’Ordre des Palmes Académiques.

Nomination de Raymond Guyssens, les jeunes cliquards et Jean Sequin à l’honneur en 1959 (Documents Nord-Eclair)

C’est le directeur de l’école Jules Ferry , René Birembaut, qui succède à Jean Sequin, en tant que président, en 1964, jusqu’à son départ en retraite quatre ans plus tard. La clique est alors forte de 35 instrumentistes et de 40 tambours et clairons. L’ambition affichée est de multiplier le nombre de sorties et de renforcer le succès déjà prometteur de cette fanfare scolaire. Cela n’empêche pas la clique, l’année suivante, d’honorer Jean Sequin, son ancien président actif devenu président honoraire.

Nomination de René Birembaut à la présidence en 1964 et son départ en retraite en 1968 et Jean Sequin mis à l’honneur en 1965 (Documents Nord-Eclair)

C’est Emile Taeckens qui lui succède à la présidence en 1969. Au cours de la réception organisée pour fêter l’événement, le maire, Jean Leplat indique l’espoir qu’il fonde dans « la Gauloise », surtout après la disparition de l’Harmonie. 2 ans plus tard, c’est Gaston Vandecasteele qui est le président de la formation.

Réception en 1969 et soirée de la Gauloise en 1971 avec les majorettes d’Hellemmes (Documents Nord-Eclair)

Notons que dans les années 1970, le chef est alors René Sueur et le tambour majeur Gaston Sueur petit-fils et fils du fondateur de la formation initiale. Jean-Pierre Sueur est, quant à lui, instructeur des fifres. La société compte alors un effectif de 50 membres, composé en grande partie de jeunes de moins de 20 ans, et participe à de nombreuses sorties dans la région. Le décès de Jean Sequin, l’un des fondateurs, survient en 1977.

Photo des minimes en 1974, la société au complet, lors du tournoi des minimes en 1976 et le décès de Jean Sequin en 1977 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

1978 marque l’année du cinquantenaire de la Gauloise. A cette occasion est organisé un brillant gala de variétés à la salle des fêtes de Hem. C’est René Sueur qui en est alors le président actif et Mr Segard, président de la délégation des fanfares du Nord Pas-de-Calais, lui remet la médaille de la fédération des musiques de France. Notons la présence de la Musique Municipale de Wattrelos, du Musical Group’parade de Phalempin accompagné de ses majorettes.

Photo des minimes en 1974, la société au complet, lors du tournoi des minimes en 1976 et le décès de Jean Sequin en 1977 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

A l’occasion du tournoi national des cadets, en 1985, la Gauloise défile à travers la commune, en compagnie des majorettes d’Hellemmes et du géant hémois Gustave le Teinturier. A partir de la rue Jean Jaurés, le défilé passe par la Tribonnerie et la rue du Général Leclerc jusqu’à Hem Bifur puis la place de la République avant de revenir par le parking de la mairie au stade Dubus.

Un ballon de bonne humeur en 1985 (Document Nord-Eclair)

Dans les années 1990, la Gauloise, qui possède un répertoire très varié : variétés, jazz, rock et morceaux militaires assure tous les défilés officiels de la ville de Hem. En 1994, elle est sélectionnée par le Conseil Général et la chaîne de télévision France 3 pour animer le départ à Lille du Tour de France cycliste. Elle est alors rhabillée de neuf et défile dans un uniforme rouge qui lui donne fière allure. Elle compte à son actif de nombreuses coupes et trophées dans diverses régions en France mais aussi à l’étranger.

Une prestation à la mairie en 1993 et un défilé dans Hem en 1994 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

En 2002, témoignant de sa vitalité, la fanfare, qui a participé à de nombreuses manifestations l’année précédente, procède à un gros achat d’instruments. Une salle va lui être attribuée, pour ses répétitions, dans le nouvel aménagement du site de la salle Blaise Pascal. La bonne nouvelle est annoncée lors de l’Assemblé Générale de la Fraternelle Laïque.

Assemblée générale de la Fraternelle Laïque en avril 2002 (Document Nord-Eclair)

En ce début du 21ème siècle, la Gauloise compte 18 musiciens auxquels s’ajoute une formation de 4 filles au maniement « du fusil ». Son président est René Sueur et son directeur chef Jeremy Sol. La fanfare continue à défiler lors de manifestations telles que la cérémonie du souvenir en novembre 2012 où elle emmène le cortège de la mairie au cimetière ou le défilé du carnaval la même année.

La Gauloise et le groupe de filles au maniement du fusil (Documents You tube)

En 2013, la fanfare La Gauloise et son Drum and Bugle Corps, dirigés par René Sueur, président, depuis 45 ans, peut avoir la satisfaction d’enregistrer de nouveaux jeunes inscrits dans toutes les sections, clavier, cuivres, percussions. Le renouvellement est en marche, puisque René Sueur laissera sa place, en décembre, à Jérémy Sol.

Une réunion de la fraternelle laïque en juin 2013 comprenant la section de la fanfare la Gauloise avec René Sueur et une photo de la Gauloise nouvelle version (Documents Voix du Nord et Historihem)

René Sueur prend donc sa retraite en 2013 après 60 années de bons et loyaux services : il y a fait ses premiers pas en qualité de tambour à l’âge de 5 ans, avant d’y jouer du clairon puis de la trompette, avant d’être chef, directeur et enfin président. Les musiciens, dirigés par Jeremy Sol, lui rendent hommage avant que le maire Francis Vercamer lui remette la médaille de la ville.

Le départ en retraite de René Sueur en décembre 2013 (Document Ville de Hem)

Après son départ, la fanfare continue dans la même lignée, comme en novembre 2014 où elle interprète l’hymne national pour clôturer la cérémonie du souvenir qui a lieu face à la stèle du général De Gaulle, au jardin des perspectives. C’est aussi le cas le 8 mai 2018, pour la commémoration de l’armistice du 8 mai 1945, en présence du maire Pascal Nys, des élus, des représentants d’associations d’anciens combattants et de nombreux hémois, lorsque le traditionnel dépôt de la gerbe de fleurs se déroule au son de la fanfare qui a emmené le cortège.

La fanfare en mai 2018 (Document Voix du Nord)

Remerciements à l’association Historihem et la Ville de Hem

à suivre…

Les Tapis Saint-Maclou

En 1963, un cousin de Gérard Mulliez, le créateur d’Auchan, Gonzague Mulliez, développe une société de vente par correspondance de moquette : Les Tapis Saint-Maclou, une entreprise française spécialisée dans la décoration des sols, murs et fenêtres. Gonzague Mulliez est le fils de Louis Mulliez (1901-1947) industriel filateur, directeur gérant des Filatures Saint-Liévin et le petit-fils de Louis Georges Mulliez (1877-1952), industriel retordeur de laine, filateur de laine à tricoter « au fil d’art » devenu « Phildar ». Il a donc de qui tenir !

Au début, il fait du porte à porte pour vendre de la moquette importée d’Angleterre. Mais le système ne présente pas de possibilité de développement. En 1963, Gonzague Mulliez crée à Wattrelos une première usine et la société de vente par correspondance de tapis et de moquettes : Les Tapis Saint Maclou, mais on ne vend pas un tapis comme on vend un pull-over.

Les Tapis Saint-Maclou pub NE 1980

En 1966, un million de francs sont investis en matériel. C’est le véritable début des Tapis Saint-Maclou qui sont installés rue du Pétrole à Wattrelos dans l’ancienne usine de la Compagnie Générale des textiles Roubaisiens (ex Allart Rousseau). Le voici donc fabricant et il en fait l’argument publicitaire de sa société : vente directe de l’usine au particulier.

Puis les Tapis Saint-Maclou vont ouvrir des magasins partout en France, le premier étant ouvert à Paris près de la Gare Saint Lazare. On y fait du commerce de détail de tapis, moquettes et revêtements de murs et de sols en magasin spécialisé. Les produits sont les parquets, stratifiés, vinyles, carrelages, moquettes, sols naturels, gazons, tapis, papiers peints, peinture , terrasses bois et dalles. Les Tapis Saint-Maclou fabriquent à l’époque 70 % de la moquette qu’ils vendent, pour le luxe et les tapis à dessin ils font appel à d’autres producteurs.

À Wattrelos, c’est deux millions de m² de moquette qui sont fabriqués par an. D’autres produisent plus mais l’avantage des Tapis Saint-Maclou, c’est que l’entreprise vend directement ses produits dans ses magasins. Elle fait de la vente au cm² sur une soixantaine de modèles, ainsi le client paie ce dont il a besoin, pas les chutes. Une commande passée dans un magasin est livrée en 48 heures de Wattrelos au client.

Les Tapis Saint-Maclou en 1980 pub NE

En 1979, les Tapis Saint-Maclou réalisent un chiffre d’affaires de 160 millions de francs, emploient 500 personnes, 200 à la fabrication, 200 vendeurs et 100 poseurs. En 1989, Saint-Maclou rachète la société Home Market en Belgique. En 1999, Saint-Maclou prend une dimension internationale, notamment après le rachat des sociétés Essers et Teppichfreund en Allemagne, Allied Carpets en Angleterre et de Svět koberců en République Tchèque. En 2007, le groupe Saint-Maclou reprend les 40 magasins de l’enseigne Mondial moquette.

En février 2014, après 38 ans de présence en Belgique, Saint-Maclou se retire des territoires belge, suisse et tchèque. En mai 2014, sa filiale belge Home Market qui compte 41 magasins est cédée au groupe Orchestra-Prémaman. Saint-Maclou se lance dans la modernisation de sa marque et de ses concepts magasins et dévoile en 2015 son nouveau slogan « On fait tout pour que ce soit beau chez vous ! ».

Le spécialiste des revêtements rejoint le groupe Adeo (Leroy Merlin), en espérant bénéficier de sa puissance. En octobre 2023, Saint Maclou rejoint le groupe Adeo, propriétaire de Leroy Merlin, et détenu également par la famille Mulliez, afin de relancer l’enseigne.

Les magasins L. Lagache

Lucien Lagache est électricien, dans les années 1950, il habite rue Marceau dans le quartier du Pile à Roubaix, avec son épouse Lucette, secrétaire dans une entreprise textile roubaisienne. Pour arrondir les fins de mois, le couple vend quelques produits électriques ( piles, lampes de poche, radio-transistor etc ) exposés et présentés à la fenêtre de leur petite habitation. Cette activité se développe fort bien, car Lucien a le sens du commerce. Le succès aidant, Lucien et Lucette songent sérieusement à ouvrir leur commerce et souhaitent trouver un magasin situé dans une rue commerçante. L’occasion se présente en 1959, lorsqu’ils trouvent leur local au 183 rue de Lannoy. C’était auparavant le commerce de jouets de Mme Choquet. Lucien entreprend quelques travaux d’aménagement nécessaires et peut enfin ouvrir son point de vente. Il garde la confiance de ses fournisseurs, puisqu’il est dépositaire des produits Grammont, célèbre marque française de téléviseurs. Le succès est immédiat, car tous les anciens clients du quartier du Pile continuent de lui accorder leur confiance.

Publicité 1959 ( document Nord Eclair )

Leur fidèle fournisseur Grammont est d’ailleurs heureux d’amener une partie de l’équipe cycliste Libéria-Grammont, au magasin du 183 rue de Lannoy, lors du Paris Roubaix 1960.

Lucette et Lucien Lagache au centre, entourés des coureurs cyclistes de Liberia Grammont, et de quelques clients ( document JL Lagache )

En 1961, Lucien et Lucette Lagache obtiennent le statut de dépositaire exclusif des produits Brandt sur la ville de Roubaix et environs. C’est encore l’occasion de développer leur affaire. Le couple embauche du personnel ; vendeur, livreur, technicien SAV.

Publicité 1961 ( document Nord Eclair )

Un an plus tard, le couple Lagache décide de proposer à la clientèle, des meubles de qualité et de tous styles ( salles à manger, salons, cuisines, chambres à coucher etc ). La surface de vente de leur magasin de 385 m2 est certes importante, mais le manque de place commence à se faire sentir. Lucien propose alors à ses clients la vente sur catalogue, et même de les emmener dans son véhicule, chez un fournisseur à Lille, afin de pouvoir conclure la vente. Il accorde des facilités de paiement à ses clients fidèles, propose des ventes à crédit en 3 ou 4 fois, et lorsque la dernière traite arrive, il leur rend visite pour leur proposer d’autres produits.

Publicité 1963 ( document Nord Eclair )
Le 183 rue de Lannoy ( document JL Lagache )

Le développement des produits proposés, c’est encore l’occasion de communiquer par voie de presse. Leur slogan publicitaire en cette année 1965  : Un seul nom pour toute votre maison.

Publicité 1965 ( document Nord Eclair )

Lucien et Lucette Lagache sont des commerçants dynamiques. Ils font venir la caravane Grammont à Roubaix, composée d’un car-podium et de 6 voitures publicitaires qui circulent dans toute la ville, distribuant des catalogues, et provoquant partout de l’intérêt et de la curiosité, légitimes bien entendu.

Caravane Grammont – Publicité 1966 ( document Nord Eclair )

L’entreprise fonctionne à plein régime et, pour le stockage des meubles, ils louent des entrepôts dans les rues A. de Musset, Victor Hugo et La Fontaine. Ils ouvrent, en 1967, au 176 rue de Lannoy, un magasin de Camping-Caravaning. C’était auparavant une droguerie. Les vastes locaux couvrant une surface de 400 m2, permettent d’exposer de façon permanente, ce qui se fait de mieux dans ce domaine du camping-caravaning. Des marques très connues sont ainsi proposées ; les caravanes « Baillou », « Le Cardinal », les tentes « Messager ».

Publicité 1967 ( document Nord Eclair )

Le succès de ce commerce de Camping-Caravaning étant mitigé, le couple Lagache décide très vite de cesser cette activité et de créer un magasin de bricolage à enseigne « Multi-Service ». Il finance le magasin et les stocks et propose la gestion de ce commerce, au frère de Lucette, Roger Delemarre.

Multi Service – Publicité 1968 ( document Nord Eclair )

Au début des années 1970, ils ouvrent un autre point de vente au 138 de la rue de Lannoy ( sur la place de l’église Sainte Elisabeth ) pour y proposer des articles d’électro-ménager. C’est l’occasion de publier une publicité commune aux 3 magasins.

Publicité commune ( document Nord Eclair )

Lucien et Lucette Lagache continuent de développer leur entreprise, ils reprennent également la maison voisine du premier magasin, au 185 de la rue de Lannoy, autrefois occupée par la librairie de Mme Vve Vergote, et ceci dans le but d’agrandir l’établissement. Ils organisent alors, une vente avec des remises de 30% sur tout le magasin, pour liquider les stocks avant travaux.

Le 183 et 185 de la rue de Lannoy avant travaux ( document Nord Eclair )

Les travaux d’agencement sont confiés à l’entreprise Delcour de Wasquehal, la surface de vente totale est désormais de 570 m2. Le premier étage du 185 leur permet également d’y emménager avec leur petite famille.

La façade avant et après ( document archives municipales )

Pour faire face à leur expansion, Lucien et Lucette recrutent à tour de bras : une secrétaire, 2 vendeurs, 2 à 3 livreurs, 4 à 5 techniciens SAV qui disposent de véhicules publicitaires pour leurs déplacements. Leur fils, Jean-Luc Lagache, est recruté comme commercial puis vient aider ses parents en s’occupant de la gestion du personnel et des achats. Lucien continue son activité de vendeur, Lucette s’occupe de l’agencement, de la déco des magasins, de la publicité de l’administratif et de la comptabilité. Une quinzaine de personnes y travaillent à présent en permanence.

Les véhicules ( document JL Lagache )

à suivre . . .

Remerciements à Jean-Luc Lagache, ainsi qu’aux archives municipales

Zone d’activité des 4 Vents

Au début du 19ème siècle le village de Hem était composé de 9 hameaux auxquels s’est rajouté sur le plan cadastral de 1890 celui des quatre Vents entouré de celui du Vieux Sailly et celui du Civron, celui du Petit Vinage et de la Vallée et celui de la Place et du Rivage. Sur un plan de 1953, on retrouve ces anciens hameaux en tant que quartiers de Hem.

Extraits du plan cadastral de 1890 et du plan de 1953 (Document archives départementales et Historihem)

La zone d’activité des 4 Vents est actuellement le principal parc économique de la commune de Hem, tant en termes de nombre de salariés, de superficie,  que de taille d’entreprises. Elle est située au sud-est de la ville et desservie par les rues du Calvaire et Antoine Pinay. 

Pourtant cette zone était encore, au début du 20ème siècle composée de terres agricoles et, jusqu’en 1930 aucune entreprise n’y était implantée. C’est cette année là que la première industrie : la « Briqueterie de l’Entreprise de Roubaix et ses environs », la briqueterie « dite d’Hem », Comptoir Régional de la Terre Cuite, s’implante au 187 rue du Calvaire au lieu dit «  Au-Dessus du Petit-Voisinage ». (Sur le sujet voir un précédent article sur notre site intitulé Briqueterie d’Hem)

Photo aérienne de 1933 montrant la briqueterie isolée au milieu des champs (Document IGN)

Peu à peu la ville de Hem change de visage. Sa population s’accroit au fur et à mesure de l’industrialisation de la ville. Pourtant le centre d’Hem garde quant à lui une vocation agricole pendant longtemps et ce n’est qu’en 1990 que les Etablissements Kiabi y installent leur siège au n°100 de la rue du Calvaire, juste en face de la briqueterie. (Sur le sujet voir un précédent article sur notre site intitulé Kiabi)

Photo aérienne de 1992 montrant le siège de Kiabi installé en face de la briqueterie, les deux entreprises étant alors encore au milieu des champs (Document IGN)

Puis dans les années 1990, peu à peu se construit la zone d’activité des 4 Vents avec l’arrivée d’entreprises plus ou moins connues qui exercent des activités assez diversifiées. En 1994, la nouvelle zone d’activité hémoise fait les gros titres de la presse locale : les Trois Suisses et Saint-Maclou attirés par Hem.

Photo des dirigeants des 2 entreprises en réunion avec Mme Massart, maire de la ville ; plan de la ZAC en 1994 et nouvelle voie vers la zone des 4 Vents (Document Nord-Eclair)

Sur les photos aériennes de 1995 puis de 1997, on voit ainsi apparaître les bâtiments n°14 avenue Antoine Pinay abritant Saint Maclou et n°6 abritant les 3 Suisses.

Photos aériennes de 1995 et 1997 (Documents IGN)

L’entreprise Saint Maclou a son siège et son usine de production à Wattrelos mais fait en effet construire à Hem sa toute nouvelle unité de stockage en 1995. Les locaux wattrelosiens sont en effet saturés et, de fait, la production s’en trouve réduite.

Le bâtiment Saint-Maclou sorti de terre en 1995 et vue aérienne du bâtiment Saint-Maclou en 2023 (Documents Nord-Eclair et Google Maps)

La construction d’un bâtiment de découpe et de stockage à Hem sur 24.000 mètres carrés devrait permettre de relancer la production à Wattrelos. On y trouve notamment la plus grande machine du monde à découper les moquettes. Dès l’année suivante, vendeurs et poseurs de toute la France s’y réunissent en congrès afin de découvrir tous les nouveaux produits.

Le congrès des vendeurs et poseurs en 1996 (Documents Nord-Eclair)

En 2022, une partie des hangars de l’enseigne est soufflée par une explosion. L’explosion d’une bouteille de gaz entraine un incendie lequel, s’il ne fait fort heureusement aucun blessé, est à l’origine de l’effondrement de 800 mètres carrés de structure sur une cellule d’environ 6.000 mètres carrés.

Explosion à Saint-Maclou en 2022 (Documents Voix du Nord)

L’entreprise les 3 Suisses veut quant à elle y installer un grand centre de tri pour les colis, sur 10.000 mètres carrés, qui emploierait 100 personnes dès 1996 avant de faire construire un centre de préparation de commandes dans les 2 années suivantes avec, à terme, l’emploi d’un millier de personnes sur la commune.

Un chantier vert (Documents Nord-Eclair)

Le chantier se veut vert : des bennes de récupération cartons, plastiques, métaux et bois sont installées autour du chantier. Tout est récupéré pour être recyclé. Le bois et les métaux, hors ferraille, sont gérés par la société roubaisienne Dobigies. Le bâtiment, une fois achevé sera chauffé au bois, lequel pourra provenir de récupération. Dès 1996, le centre de tri dernier cri, utilisé par 6 filiales du groupe : 3 Suisses France, Cidal, l’Exemplaire, la Blanche Porte, Becquet et Beauté Créateurs, est inauguré.

Un outil ultra moderne (Document Nord-Eclair)

Dès l’année suivante, la direction du groupe a besoin de 10 hectares de plus pour son organisation logistique, afin de disposer de 30 ha d’un seul tenant. Une concertation avec les habitants est donc organisée dans le restaurant scolaire de l’école De Lattre de Tassigny en présence de représentants de la municipalité et de la CUDL. Les phases d’aménagement seront ensuite successives.

La réunion de concertation en mars 1997 (Document Nord-Eclair)

Un an plus tard, la société choisit de chauffer au bois son centre de tri : mode de chauffage économique et écologiquement propre. Sur les 5 ha de réserve foncière acquis les 3 Suisses ont planté leur propre bois de chauffage : des saules à croissance rapide venus de Suède, destinés à couvrir un quart des besoins en bois de la chaufferie tous les 3 ans.

Les 3 Suisses font feu de leur bois : le pdg de la société et le président de la chambre d’agriculture du Nord (Document Nord-Eclair)

Le premier bâtiment Mondial Relay et la plate-forme Dispeo en 2023 (Documents Google Maps)

Cette plate-forme d’expédition Mondial Relay ne sera plus suffisante après le tournant des années 2000 et, en 2012, la société lance le chantier de construction du plus grand centre français de préparation de commandes ouvert aux enseignes du e-commerce sur 40.000 mètres carrés soit l’équivalent de 6 terrains de football : Dispeo.

Le plus grand centre français de préparation de commandes en 2012 et son inauguration en 2013 (Documents Tout Hem)
Photos de Dispeo dans la zone d’activité de 2018 à 2023 (Documents site internet et Google Maps)

A suivre

Remerciements à l’association Historihem

Buffalo Bill à Roubaix

William Frederick Cody naît en 1846 dans l’Iowa. Il est initialement chasseur de bisons, et se fait appeler Buffalo Bill car il vend de la viande de bison ( Buffalo : bison en anglais ).

Buffalo Bill, jeune

Après la guerre de sécession, Buffalo Bill décide d’organiser un spectacle populaire, le « Buffalo Bill’s Wild West ». En 1889, il est de passage à Paris pour l’Exposition Universelle et transforme la Ville lumière en un décor de western grandeur nature, avec des cavalcades endiablées, des bisons en cavale, des indiens à cheval et des coups de feu en ville.

Publicité américaine

Avec son spectacle itinérant, Buffalo Bill recrée les scènes mythiques de la conquête de l’Ouest avec un réalisme à couper le souffle. Il installe alors son show au Champ de Mars, au pied de la Tour Eiffel fraîchement inaugurée.

Buffalo Bill lors de son passage à Paris en 1889

C’est lors de son passage à Paris, que la peintre Rosa Bonheur fait son portrait. Il fera de ce tableau sa publicité par la suite.

Portrait de Buffalo Bill, par Rosa Bonheur

Quelque seize années plus tard, en 1905, le héros de la conquête de l’Ouest est de retour à Paris dans le cadre du Carnaval. Mais, cette fois-ci, il a prévu d’entamer une grande tournée à travers toute la France, dans 110 villes, dont Arras, Douai, Roubaix et Lille, dans la région. La mairie de Roubaix est informée par courrier début Janvier 1905, de l’arrivée de Buffalo Bill. La lettre précise des informations sur le type de spectacle proposé : exercices d’équitations, défilés militaires etc.

En-tête du courrier de Buffalo Bill adressé à la mairie de Roubaix ( document archives municipales )

Les administrateurs du spectacle s’occupent de toute la logistique, il faut juste prévoir un emplacement. Un terrain de 4 ha est nécessaire pour installer le campement, les tribunes et l’arène pour le spectacle. L’emplacement devra faire 400 mètres de long sur 100 mètres de large. Il est nécessaire de répondre immédiatement et la municipalité accepte évidemment la proposition car le spectacle de Buffalo Bill tourne dans le monde entier. Accueillir ce spectacle gigantesque, c’est aussi une reconnaissance pour la ville qui n’a jamais présenté une telle exhibition.

La ferme de Maufait en 1899 ( document JP Maerten )

L’endroit choisi par la municipalité est la plaine de Maufait à Roubaix, un terrain privé où se trouvait la ferme du même nom, au « Pont Rouge », au bout de la rue de Lannoy. Le show est programmé pour les jeudi 29 et vendredi 30 Mai 1905.

le déchargement à Dunkerque

La promotion du spectacle se fait par voie de presse, par encarts publicitaires, et par affichage sur les murs de la ville : une campagne de publicité à l’américaine qui annonce un formidable divertissement.

l’arrivée à Roubaix ( Journal « Echo du Nord » 30 Juin 1905 )
document « Journal de Roubaix »

L’arrivée à Roubaix est spectaculaire : 4 trains de 20 wagons arrivent en gare de Croix ; ils transportent 1000 figurants et 500 chevaux, du matériel dont des tentes immenses, des gradins, l’arène etc. Le convoi arrive à Roubaix par la rue de Lille, la Grand Place, la rue Pierre Motte puis la rue de Lannoy jusque la plaine de Maufait qui se trouve derrière l’hôpital de la Fraternité. Tout est prévu par les administrateurs du spectacle : et en particulier la logistique pour leur déplacement et leur campement ; chaque jour il faut prévoir d’acheter sur place, 600 kgs de viande 400 kgs de pommes de terre et 300 kgs de pain, 300 litres de lait, 75 kgs de café. Les vins et alcools sont prohibés.

Le campement ( document collection privée )

L’ arrivée ébouriffante de l’équipe crée l’événement et l’excitation des roubaisiens est à son comble. Ils sont nombreux à accourir pour voir de leurs propres yeux et acclamer :« l’élégant cavalier, aux yeux d’acier, aux cheveux magnifiques, ce champion des tueurs de buffles sauvages, cet intrépide héros ».

document collection privée
document collection privée

Quatre spectacles sont programmés pour les 29 et 30 Juin, à 14h et 20h chaque jour. Le ticket d’entrée varie de 1,5 à 8 Francs, un peu cher peut-être, compte tenu du prix de 5 centimes, du journal de l’époque ! Mais les spectateurs arrivent en masse car le show promet d’être exceptionnel : deux heures de représentation, des scènes pittoresques représentant l’Ouest américain, des combats, des rodéos, des attaques de diligence par des bandits, des indiens ( des vrais ). On raconte aux spectateurs la vie des pionniers, la chasse au bison, l’histoire du Pony Express. Le spectacle est fabuleux, les roubaisiens sont ravis. C’est rythmé, ça tire à la Winchester, les indiens crient, les cow-boys font des acrobaties à cheval. C’est du jamais vu ! Surtout à cette époque alors que le cinéma n’en est encore qu’à ses débuts.

document bnr

Le public vient nombreux, les communes voisines ont fourni de forts contingents de spectateurs. Le public abrité sous les tribunes, suit avec intérêt les exercices des cavaliers intrépides. Les spectateurs sont ravis, malgré l’orage subi lors de la quatrième représentation du vendredi soir.

document collection privée
document collection privée

Le vendredi soir à 22h, le spectacle est fini. La troupe remballe et le démontage commence aussitôt. A minuit, en deux heures de temps, c’est terminé ! Plus aucune trace de l’exhibition sur la plaine de Maufait. Buffalo Bill et son équipe, partent immédiatement à Lille pour 4 représentations du 1 au 4 Juillet.

Une seule ombre au tableau. Le Journal de Roubaix du 5 Juillet, titre : « Une épidémie dans la cavalerie de Buffalo Bill. En effet, quatre chevaux ont été abattus car porteurs de la « Morve » maladie équine fortement contagieuse.

Cependant, William Frederick Cody laisse aux roubaisiens un souvenir exceptionnel. Comme dans toutes les villes traversées, le Buffalo Bill’s show s’est acquis une réputation unique, non seulement par son énormité, par l’extraordinaire curiosité qu’il soulève, mais encore par l’indiscutable réalisme des tableaux de la vie des plaines du Far-West américain.

Buffalo Bill ( document collection privée )

Après deux tournées mondiales, Buffalo Bill se retire dans son ranch pour s’occuper de ses 5.000 chevaux et de ses 15.000 têtes de bétail.

Le ranch de William Frederic Cody en 1913 ( document collection privée )

Remerciements à Philippe Waret pour son livre « Les Apaches du Pont Rouge » ainsi qu’aux archives municipales.