Le n°502 rue de Lannoy à Roubaix se situe à l’angle de la rue du Chemin Neuf, dans un quartier appelé autrefois « le Pont Rouge ».
Plan cadastral
Au début du siècle dernier, s’y trouve, l’estaminet baptisé « au Pont Rouge » de H Dejonckeere.
estaminet ( document collection privée )
Dans les années 1920, à cet endroit c’est le commerce de lingerie de J. Verhenneman qui occupe les lieux, et, dans les années 1920 et 1930, la boucherie de D. Roussiaux. Après guerre, la boucherie du 502 rue de Lannoy est gérée par M.Lietaert, puis Jean-Claude Lemaitre qui se spécialise en charcuterie, et enfin par M. Fournel qui développe un rayon hippophagique.
Par la suite, le bâtiment est toujours occupé par une boucherie. Dans les années 1970, elle est tenue par D. Paris et dans les années 1980 par Mr DeWulf.
Mr Dewulf est un commerçant très dynamique. Aidé par son épouse, il organise régulièrement des concours et tombolas pour ses clients.
tombola 1987 ( document Nord Eclair )
Alberto, un vrai italien d’origine sicilienne, y ouvre, en Janvier 2004, une pizzeria à enseigne « Il Piccolo Mondo », Le Petit Monde, avec son épouse Anne-Marie issue d’une famille napolitaine qui a de la famille à Roubaix. Alberto propose des pizzas faites maison, avec de la pâte fraîche préparée chaque matin. Il fait appel à la presse locale pour se faire connaître et, malgré la qualité de ses pizzas, il ne parvient pas à remplir son restaurant et assurer les 20 couverts. Il ferme la boutique en 2007.
Publicité 2004 ( document Nord Eclair )Alberto ( document Nord Eclair
En 2007, le local du 502 rue de Lannoy voit arriver la création d’une boulangerie par Thabet Kaled à enseigne Le Fournil de Lannoy, qui ferme en 2015.
document Google Maps 2008
Catherine Brien y ouvre un salon de coiffure Femmes et Hommes à enseigne « JC Coiffure », en 2016 qui reste ouvert jusqu’en 2024.
document Google Maps 2016
Et en 2025 un commerce d alimentation : O’Bueno Shop, voit le jour.
document Google Maps 2025
Depuis plus d’un siècle, on ne peut que constater que de très nombreux commerces ont occupé ce local situé pourtant dans une des plus grandes artères de la ville.
Contrairement à la ville de Roubaix, l’habitat ouvrier à Hem ne date pas du 19ème siècle. Mais les courées, petite touche architecturale du Nord sont bel et bien présente dans la ville et y existent encore de nos jours.
La courée comporte généralement une ou deux rangées de petites maisons, dans une ruelle privée à laquelle on accède par un passage étroit. Jusque dans le milieu du 20ème siècle la plupart ne disposent que d’un point d’eau unique et de cabinets d’aisance extérieurs communs à l’ensemble des maisons lesquelles sont, en général, mal isolées, humides et parfois insalubres.
Exemples de différentes courées du Nord (Doc Wikipedia)
Contrairement aux corons, construits par les compagnies minières, les courées n’ont pas été construites par les industriels mais par une nébuleuse de rentiers, commerçants, cabaretiers voire d’artisans, à la recherche d’un placement sûr pour leurs économies. Les terrains en bord de rue étant trop chers, ces investisseurs achètent alors un étroit rectangle de terrain à front sur rue. On y édifie par exemple un cabaret, au loyer plutôt rentable, auquel on accole un couloir étroit donnant accès aux rangées de maisons construites au rabais, d’une quarantaine de mètres carrés habitables au maximum, avec des escaliers raides où il n’est pas rare de vivre à dix.
Une courée de la métropole lilloise au 19ème siècle (Document Voix du Nord)
Après la fin de la seconde guerre mondiale, les courées sont la cible des plans d’aménagement urbains. À l’époque, la mode est au logement collectif et social. Les courées sont détruites ou se dégradent, jusqu’à devenir le symbole de l’habitat insalubre. « Taudis. Le mot n’est pas exagéré pour caractériser le logement des ouvriers roubaisiens d’après les observateurs de l’époque comme les historiens contemporains. »
Des propriétaires, découragés par l’insalubrité finissent par partir à la fin du 20ème siècle. Ces départs successifs sont “un cercle vicieux de dégradation”. Aux côtés des portes fleuries de maisons coquettes et entretenues, des planches de bois obstruent ce qui fut une entrée ou une fenêtre. Certaines maisons sont ainsi laissées à l’abandon. “Elles se dégradent rapidement puisqu’elles ne sont plus entretenues et elles contaminent les maisons voisines.
Pourtant, le fait est là : à la fin du 20ème siècle, ces maisonnettes typiques mais aux abords parfois inhospitaliers, mal éclairés et souvent sans réseaux d’assainissement, sont désormais considérés comme un vestige de notre patrimoine historique et, dès 1992, la ville de Hem adhère à l’ « OPAH courée » (Opération Programmée d’Amélioration de l’Habitat) qui réalise de nombreuses études.
Ce n’est pourtant que 10 ans plus tard que l’ARIM (Association nationale de Rénovation Immobilière) établit un diagnostic pour déterminer quelles courées à Hem, parmi les 37 impasses et courées recensées, nécessitent les premiers soins. 6 d’entre elles sont alors répertoriées pour être les premières à se voir proposer des travaux entre 2003 et 2005.
Le dispositif est conçu comme un levier pour inciter les habitants à rénover leurs installations sanitaires ainsi que l’isolation des murs avec l’aide de grosses subventions.
OPAH courée à Hem en 2003 (Document Nord-Eclair)
Dans la ville de Hem, cet habitat se retrouve principalement au centre de la ville. Ainsi le quartier de la Place de la République en compte trois :
– La cour Beghin est une toute petite courée du quartier de la Place qui donne dans la rue Jules Ferry à hauteur du n°1 ; elle tient son nom du propriétaire des maisons de la cour.
La cour Beghin en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)
-Une autre toute petite cour, la cour Droissart, dont le nom est commun à une impasse et une voie communale toutes proches donne sur la rue Henri Delecroix, juste à la sortie de la Place de la République, et ne compte que quelques maisons.
La cour Droissart en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)
-C’est dans ce même quartier que l’on trouve la Cour Ducatillon, d’une longueur de 70m, qui donne entre les n°5 et 6 de la Place de la République, laquelle a également pris le nom du propriétaire des 6 maisons qui la constituent. L’objectif de l’OPAH courées en 2003 est d’y refaire, à sa charge, le réseau d’égouts, de rénover l’éclairage public alors en mauvais état, et d’installer un système de gouttières et de gestion des eaux de pluie.
La cour Ducatillon en 2003, puis en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Nord-Eclair et Google Maps)
Egalement dans le centre mais en direction d’Hempempont, on trouve 5 autres courées :
– La cour Boussemart, se situe dans le quartier d’Hempempont et joint l’allée qui conduit à l’usine Meillassoux-Mulaton à la rue du Général Leclerc. Il s’agit d’un petit groupe de quatre ou cinq maisons, au lieu-dit : « la Grande Halte », séparé du supermarché par l’allée Mulaton. Son nom est également celui du propriétaire du terrain et le lotissement remonte au début du 20ème siècle.
La cour Boussemart en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)
-La cité Dancorai, se situe rue du Général Leclerc, en face du Centre Communal d’Action Sociale et porte également le nom de son propriétaire, un maréchal ferrant, tenancier d’un estaminet en 1857, à l’enseigne « Au Bellevue ».
La cité Dancorai en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)
-La cité Droulers donne sur la Rangée du Général Leclerc ; elle est perpendiculaire à l’allée Gabert et compte une dizaine de maisons.
La cité Droulers en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)
-C’est dans la rue Edouard Vaillant que se situe la cour Jacquart. Cette rangée de 8 maisons relie la rue à la ferme Franchomme.
La cour Jacquart en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)
-Et c’est également sur la rue Vaillant que donne la cité Picard qui relie celle-ci à la Rangée du Général Leclerc, laquelle se jette dans l’allée Gabert. Sa particularité est d’être constituée d’une trentaine de maisons rangées en quadrilatère.
La cité Picard en 2023 de face par le sentier qui la relie à la rue Vaillant et en vue aérienne (Documents Google Maps)
Sur la rue Jules Guesde, on dénombre également 5 courées, dans le quartier du Petit Lannoy, à savoir :
– Dans le quartier de la Vallée, la cour Loridan donne dans la rue Jules Guesde. Plus semblable aux courées roubaisiennes elle a son entrée semblable à une porte dans le n°160 de la rue Jules Guesde et compte 5 logements.
La cour Loridan en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)
-On trouve la petite cour Pipart, qui rassemble 3 logements, dans le quartier du Petit Lannoy, rue Jules Guesde, pratiquement face à l’impasse Desurmont. En 2003, après diagnostic de l’ARIM, le Cal-Pact qui en est alors propriétaire propose aux habitants de remplacer la fosse à vidange par un réseau d’assainissement, d’installer un éclairage public jusqu’alors inexistant, de réaménager la voie d’accès fort étroite et peu entretenue et de créer un système de gestion des eaux de pluie.
La cour Pipart en 2003 puis en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Nord -Eclair et Google Maps)
-La cour Plouvier, est située dans le quartier du Petit Lannoy, donnant dans la rue Jules Guesde et porte le nom d’un maçon. Elle a été réhabilitée en 1989.
La cour Plouvier en 2023 en vue aérienne (Document Google Maps)
-La cité Six a la particularité de donner dans une impasse, l’impasse Vandemeulebrouck, qui donne elle-même dans la rue Jules Guesde. Elle ne compte même pas une dizaine de maisons.
La cité Six en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)
-C’est encore dans le quartier du Petit Lannoy que l’on trouve la cité Vandendorpe, d’une longueur de 51 m, qui prend accès dans la rue de la Lèverie et tient son nom d’un ancien boucher. Elle a depuis été rebaptisée allée Vandendorpe.
La cité Vandendorpe en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)
Non loin de là, dans le quartier des Trois Fermes, se situe la cour Christiaens, qui le relie à la rue Jules Guesde près de l’école Saint Charles. Elle tient son nom du propriétaire qui a mis le terrain en construction avant la 1ère guerre mondiale et comporte 8 maisons.
La cour Christiaens en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)
Enfin, à la frontière de la ville de Roubaix et dans la rue du même nom, se situe la cour Leplat, qui ne compte que quelques maisons à proximité du collège Saint Paul.
La cour Leplat en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)
Il est intéressant de constater qu’en 2011, une rue inspirée des courées d’antan est sortie de terre dans le quartier des Hauts-Champs à Hem basée sur le concept d’une nouvelle manière de partager la route à savoir : des maisons le long d’une chaussée mais pas de trottoirs. Résultat : en 2015 la Voix du Nord, dans sa rétrospective de l’année parle de cette rue comme de la rue la plus mal fichue, arguant que les riverains craignent pour leur sécurité.
Vue aérienne de la rue Dolto, une parallèle des rues du Professeur Nobel et Henri Dunant (Document Google Maps).
Plus récemment, certaines annonces immobilières vantent les qualités des maisons de courées, il est vrai rénovées, que les agences proposent à la vente. Elles ont été réhabilitées et bénéficient de tous les éléments de confort moderne. En fait, la courée cesse d’être une forme d’habitat dévalorisée et paraît de nature à faire revivre un idéal de convivialité.
Il existe donc encore des courées et des cités aujourd’hui, à Hem comme dans le reste de la métropole lilloise. Elles appartiennent à des particuliers qui y habitent. Elles n’attirent cependant plus les mêmes catégories de population et sont paradoxalement recherchées pour leur « promiscuité », qui était un de leurs désavantages auparavant mais qui attire notamment les artistes et les étudiants.
Remerciements à l’association Historihem pour son Histoire des Rues
En 2012, la journée Portes Ouvertes se déroule en Octobre. L’occasion de rappeler dans la presse locale que la situation devient urgente pour le refuge roubaisien. Les locaux ne sont plus aux normes et sont inadaptés depuis bien longtemps. La directrice Dominique Dupont ne voit toujours rien arriver de la part de la communauté urbaine et constate que lorsqu’il pleut, ça dégouline de partout. Un peu de dignité pour les animaux et les hommes, ce serait effectivement la moindre des choses.
documents Nord Eclair 2012
Cette même année 2012, la LPA fête son centenaire. Les animaux de compagnie sont à l’honneur sur les grilles du parc Jean Lebas à Lille. Dominique Dupont précise : « Il existe un paradoxe. Il y a deux mouvements contraires. D’un côté, une sensibilité de plus en plus forte envers la détresse animale, de l’autre, une marchandisation accrue de l’animal qui génère beaucoup de profits. Cela engendre des achats d’impulsion qui, souvent, se terminent en abandon ».
document Nord Eclair 2012
En 2013, un terrain est proposé sur la commune de Wasquehal. Mais manifestement, il n’est pas adapté à l’accueil des animaux. La LPA de Roubaix-Tourcoing est donc toujours en recherche de nouveaux locaux.
Les 69 chiens et 86 chats du refuge, en 2013 attendent toujours leurs nouveaux maîtres pour une nouvelle vie pleine d’une affection qu’ils leur rendront bien : « Les oubliés de la LPA à Roubaix n’attendent que vous ».
document Nord Eclair 2013
En 2018, cela fait maintenant plus de cinquante ans que la Ligue protectrice des animaux de Roubaix est installée quai de Gand. Ou plutôt que l’association, ses salariés, bénévoles et les animaux qu’elle abrite y « survivent »… Vétustes, exigus, inadaptés, les locaux sont dans un état déplorable. Mais les travaux nécessaires sont freinés par la perspective d’un déménagement, lui-même compliqué pour cette structure qui n’est pas sans nuisances pour les voisins…
document Nord Eclair 2018document Nord Eclair 2018
La situation ne s’améliore guère en 2020. A chaque averse, c’est la catastrophe : trous dans la toiture, fuites dans les couloirs d’adoption. Marion Lepage responsable du refuge, accueille dans son bureau plusieurs cages de chats, mais ne peut déplacer tous les chiens. En dehors de ces problèmes de fuites, c’est tout le bâtiment qui, petit à petit, tombe en ruine : fissures, moisissures, trous, rats, il devient de plus en plus difficile pour les salariés et bénévoles de travailler dans ces conditions. Et cela dure depuis des années !
document Nord Eclair 2020document Nord Eclair 2020
Suite à de très fortes intempéries et à l’effondrement partiel du plafond, le 20 Janvier 2021, la LPA de Roubaix ferme en partie, car l’espace est interdit d’accès. Quelques salariés assure une petite permanence, les autres font du télétravail. Une grande partie des animaux sont accueillis dans d’autres associations.
document Nord Eclair 2021
Enfin, le mois suivant, en Février 2021, ça bouge ! Xavier Bertrand, président de la région, s’engage personnellement à trouver une solution. Il indique : « la recherche d’un terrain est un préalable à tout projet d’implantation d’un nouveau refuge et je ne doute pas que les élus locaux sauront se montrer à la hauteur de cet enjeu et que ce point bloquant depuis de nombreuses années trouvera une issue favorable dans les plus proches délais. »
document Nord Eclair 2021
En Avril 2021, la presse locale annonce qu’une solution est trouvée : la région et la MEL vont financer l’acquisition d’un terrain contigu aux locaux existants, situé au 160 rue Turgot à Roubaix, ainsi que la construction de bâtiments modulaires à savoir : 20 boxes pour les chiens, 30 pour les chats, une zone d’accueil, un bureau, des sanitaires avec douche, un local vétérinaire, un local toilettage et des locaux techniques. Bref, un refuge en bonne et due forme. La construction des bâtiments démarre début juillet pour une ouverture prévue le 11 octobre.
document Nord Eclair 2021
Les travaux avancent à bon rythme. Alors, certes, c’est un bâtiment provisoire qui abritera le nouveau refuge, mais c’est une bouffée d’oxygène, déclare Juliette Moranval chargée de communication, et cela nous permettra d’avoir suffisamment de temps pour trouver une solution pérenne. Les travaux se terminent en Novembre 2021. Le personnel prend possession des nouveaux locaux du 160 rue Turgot. Ils se composent de deux bâtiments préfabriqués : une enfilade de boxes, avec un robinet dans chaque pièce pour alimenter en eau les gamelles, l’électricité aux normes, et surtout des plafonds qui ne risquent pas de tomber à chaque épisode pluvieux.
document Google Mapsdocument Nord Eclair 2021document Nord Eclair 2021
Damien Castelain, le président de la Métropole européenne de Lille, vante un projet « exemplaire », mais aussi et surtout « provisoire » car les bâtiments pourront être démontés pour être réinstallés ailleurs. Mais où ? En attendant, toute l’équipe de la LPA de Roubaix est heureuse de s’installer en cette fin d’année 2021, dans ces locaux flambant neufs.
Dans les années 1950, la vue aérienne de cette portion de la rue ne présente pas beaucoup de différences avec celle de la décennie précédente. Pourtant nombre de nouveaux commerçants et artisans s’y installent ainsi que le commissariat de la ville qui prend place au n°69, au coin de l’impasse Vandemeulebrouck. Auparavant un salon de coiffure se trouvait à cette adresse, tenu d’abord par Mme Delhaye puis par Mme Duthoit. 25 ans plus tard, comme il n’est plus question de la construction d’un nouveau commissariat, une cure de rajeunissement est prévu pour ces locaux. (sur le sujet de la police à Hem voir un précédent article édité sur notre site).
Vue aérienne de cette portion de rue en 1951 (Document IGN)Le commissariat de police en 1979 et en 2018 (Documents Nord-Eclair et Google Maps)
Ensuite apparaît une nouvelle épicerie, au n°78 : l’épicerie Lefebvre, qui sera remplacée 10 ans plus tard par l’épicerie/alimentation générale Leroy, laquelle assure les livraisons à domicile et fera également commerce de chaussures (d’après l’annuaire) dans les années 1980. Cette adresse accueillera par la suite un prothésiste dentaire.
Publicités et photos intérieures du magasin dans les années 70-80 et photo de la façade actuelle (Documents Historihem et Google Maps)
Le coiffeur Roussiaux s’installe à la même époque au n°87 où est également exploitée une boutique de parfumerie d’après le Ravet-Anceau, mais n’y demeure pas longtemps. Au 98, c’est l’entreprise de mécanique générale Beulens qui voit le jour et cédera la place à la fin de la décennie suivante aux ateliers Defebvre Frères. Ensuite la cordonnerie Kostec, auparavant installée 25 rue du Docteur Coubronne, occupera les locaux jusqu’à sa cessation d’activité.
Publicité Kostec, carte de visite et photo de la façade en 2016 (Documents Historihem, collection privée et Google Maps)
Puis, au, n°123 s’installe la fonderie d’aluminium Vanende G., au coin de l’impasse Briffaut. Ensuite c’est une boulangerie qui ouvre au n°134, au coin de l’impasse Lienart, d’abord tenue par Mrs Gesquières puis Olivier qui vendent également confiserie et vins au détail, boulangerie reprise au début des années 1960 et durant 2 décennies par Joseph Kolodziejczak.
Publicité de la boulangerie Kolodziejczak (Document Historihem)
En 1980, Mr. Kolodziejczak junior, Michel, de retour du service militaire crée un palais de Dame Tartine en chocolat qui a les honneurs de la presse locale. La boulangerie devient « la Maison Polonaise » et Michel expose plusieurs œuvres en chocolat dans sa vitrine, en particulier le stadium. Lui succédera la boulangerie de Michel Sagnier puis le salon de coiffure Valérie dans les années 1990.
La maison polonaise fait sa publicité au début des années 1980 (Documents Nord-Eclair)Publicité boulangerie Michel Sagnier et publicité du salon Valérie et photo du n° 134 en 2008 (Documents Historihem, collection privée et Google Maps)
Face à la boulangerie, sur l’autre coin de l’impasse, au n°132, c’est la boucherie Lepers qui a ouvert ses portes et fait sa publicité sur sa spécialité de jambon et de lard fumé du pays préparé par la maison Lepers-Tournemine, qui assure également des livraisons à domicile pour sa clientèle.
Publicités de la maison Lepers-Tournemine (Documents Historihem)
La boucherie cède ensuite la place, dans les années 1960, à la maison Vanhasbrouck-Cimetière, spécialisée dans le hachis et les saucisses. Dans les années 1970-1980, Jean Vanhasbrouck varie son activité de boucher en proposant des hors d’oeuvre et spécialités puis des pains surprise et des plats préparés.
Publicités de la maison Vanhasbrouck-Cimetière, de Jean Vanhasbrouck dans les années 1970-1980 (Documents Nord-Eclair et Historihem)
Au début des années 1990, c’est Didier Vanhasbrouck qui reprend l’affaire avec son épouse Christine jusqu’en mai 2024. La façade de la boucherie connait plusieurs transformations au fil des décennies. Quant à Didier il est fier de sa certification artisan en or qu’il met en avant par une petite vidéo sur Facebook en décembre 2023 avant d’y annoncer sa retraite en 2024.
Publicité de 2004, et photo du comptoir en 2017, de Didier Vanhasbrouck et de la façade en 2022 (Documents Nord-Eclair et Google Maps)
L’épicerie R. Delhaye-Pollet est installée également, au début des années 1950, au n°160, où elle tient commerce d’alimentation générale, fruits primeurs et vins. S’agit-il de la même maison que celle que l’on retrouve en 1955 au n°50 de la rue (comme indiqué dans l’article consacré à la première portion de la rue Jules Guesde). Toujours est-il que le 160 disparaît alors des Ravet-Anceau…
Publicité de la maison Delhaye-Pollet et photo de la façade en 2008 (Document Historihem)
C’est au milieu des années 1950 qu’apparait le café Chastain, au n°106. Le café sera repris par la suite par Mrs Lapage puis Hayart avant de laisser la place à une crèche (sur le sujet voir un précédent article édité sur notre site). A la même époque au n°121, est installé un magasin de chaussures anciennement tenu par M. Loosfeld devenu la maison « Chaussures Duquenne-Loosfeld ». Puis le commerce devient le salon Joelle de Mme. Legrand Van Wambeke et, dans les années 1970-80, le salon de coiffure Nady Coiffure. Dans les années 2000, c’est l’alimentation générale De Oliveira qui occupe les lieux.
Publicité du café Hayart et annonce de la transformation du café en crèche en 2008 puis logo de la crèche (Document collection privée, Tout Hem et site internet)Publicités Loosfeld, Duquenne-Loosfeld, Nady Coiffure et photo de l’ancien commerce en 2022 (Documents Historihem, Nord-Eclair, collection privée et Google Maps)
Au n°162 est alors installée la quincaillerie Mol-Homerin puis Vandenabeele, reprise au début des années 1960 par Gérard Leysens. C’est dans l’ancien magasin de ses parents que Marie-Paule installera ensuite sa fameuse boutique Marie-Paule Cadeaux (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site). Après sa cessation d’activité, c’est l’auto-école Olivier qui occupe les lieux.
Publicités Mol-Homerin, Leysens, Marie-Paule Cadeaux et Olivier et photo de l’auto-école (Documents Historihem, Nord-Eclair, collection privée et Google Maps)
Le Tissage de la Vallée d’Hem est installé au n°144 durant la 2ème partie de la décennie 1950. Il sera remplacé par la fabrique de gants Flinois durant la décennie suivante. Puis les lieux hébergeront le garage du tissage et, dans les années 1997à 1999, la société de menuiserie bois et matière plastique : Idéal Concept.
En-tête de lettre et publicité du Tissage de la Vallée, publicité du garage fiat WilliamTuszynski (Documents collection privée, Historihem et Nord-Eclair)
Dans les années 1960, la vocation agricole de Hem commence à faiblir et la présence des commerces dans cette rue principale de la ville s’accroit. Ainsi, c’est un autre commerce de chaussures : Bernard Chaussures qui ouvre, au début des années 1960, au n°110. Louis Bernard était auparavant cordonnier au 35 rue Victor Hugo. C’est sa veuve qui reprend la boutique après son décès, et ce jusqu’au milieu des années 1970.
Vue aérienne de 1964 (Document IGN)Publicités de la maison Bernard et façade du N°110 en 2022 (Documents Historihem, Nord-Eclair et Google Maps)
L’ébéniste Marcel Desloovère est installé au n°109 où il a pris la suite d’Albert Desloovère-Bauduin. Ce dernier était spécialisé dans les cabinets de travail de tous styles et proposait des bureaux et classeurs pour usines en chêne, noyer, acajou et plaquage en tous genres et par la suite du formica pour les comptoirs. Marcel quant à lui se spécialise en cuisines sur mesure salons et literies et ce jusqu’à sa retraite dans les années 2000.
Publicités d’Albert et Marcel Desloovère (Documents Historihem et Nord-Eclair)Photo de la vitrine du magasin au début des années 2000 et de la façade en 2008 (Documents Historihem et Google Maps)
Ajoutons qu’au n°170 l’imprimerie Brissart s’est installée durant quelques années. Par ailleurs l’impasse Briffaut, située entre le 121 et le 123 accueille les menuiseries Deroissart puis Duforest et Monagheddu ainsi que l’entreprise de couverture Vanhuysse. L’impasse Lienart entre les n°132 et 134 abrite un temps le garage Scopi. Enfin les charbons Dhulst s’installent au n°95 dans les années 1970 après avoir été un temps au n°15.
Les impasses Lienart et Briffaut et publicités Duforest et Monagheddu (Documents Google Maps et Historihem)Publicités des charbons Dhulst aux N° 15 et 95 (Documents Historihem)
Aujourd’hui cette portion de la rue Jules Guesde n’a plus du tout l’apparence encore fortement agricole du début du vingtième siècle. Elle reste très animée même si elle a perdu nombre de ses commerces emblématiques des années 1950-60, comme bon nombre d’autres rues commerçantes des environs.
Vues aériennes de cette portion de rue en 2008 et 2023 (Document Google Maps)
Alfred Gabriel naît en 1920 à Roubaix. Passionné de musique, il poursuit ses études et devient facteur de piano, c’est à dire qu’il construit, répare et entretient tout type de piano. Son travail concerne toutes les parties de l’instrument, structure, mécanique et meuble. Après la seconde guerre mondiale, il installe son atelier dans un tout petit local, au 145 de la rue Jules Guesde, à l’enseigne « Symphonie », avec l’aide de son père Léon Gabriel.
le 145 rue Jules Guesde de nos jours
Dans les années 1950, les affaires s’avèrent un peu difficiles. Alfred décide donc, pour compléter ses revenus, de proposer à la clientèle, la vente de disques microsillon Pathé Marconi, en 33t et 45t, ainsi que des électrophones et tourne-disques.
Publicité 1956 ( document collection privée )
Cette activité complémentaire lui convient parfaitement, mais le manque de place se fait cruellement sentir. Ambitieux, Alfred cherche à trouver un local plus spacieux, dans une rue plus commerçante, afin de pouvoir se développer. Il trouve un local de 84 m2, au 115 rue de Lannoy, à l’angle de la place de l’église Sainte-Elisabeth, en 1958.
Plan Cadastral
C’était auparavant l’estaminet de Jules Ducoulombier dans les années 1920-1930, puis de Mr Dannequin dans les années 1940-1950.
Estaminet de Jules Ducoulombier années 1920 ( document archives municipales )
Par l’entreprise de Désiré Delfosse rue de la Potennerie, il fait transformer complètement la façade, et fait aménager une entrée de garage.
Modification de la façade en 1958 ( document archives municipales )
D’un local délaissé, il crée un commerce confortable et pimpant avec des couleurs fraîches et gaies. Le local très spacieux lui permet de proposer la vente de différents instruments de musique, en plus des disques vinyles. Il garde la même enseigne « Symphonie » que précédemment rue Jules Guesde, et continue bien sûr son activité de facteur de pianos. C’est un véritable palais de la musique. De très nombreux disques vinyles sont présentés dans des meubles modernes et attendent d’être écoutés par la clientèle, sur des électrophones mis à leur disposition.
Document Nord Eclair 1958
De nombreuses personnalités sont présentes pour cette inauguration de la Maison du disque et de la musique. Notons la présence de Mr le chanoine Carissimo, de l’église Ste Elisabeth, Mr VanHove, président de l’Union des Commerçants de la rue de Lannoy, et Francis Waeterloos, le principal confrère voisin.
Publicité ( document collection privée )
Pendant de nombreuses années, Alfred communique par de la publicité dans la presse locale, et se spécialise dans la vente de disques. Il bénéficie alors des différentes modes de musique qui se succèdent dans les années 1960 1970 : jazz, rock, yéyé, pop, disco, et informe ses clients lorsque des grandes vedettes de la chanson sont de passage dans les grandes salles de spectacle de notre ville.
Publicité Nord Eclair
Alfred décide de donner un coup de jeune à son magasin en 1984. Il fait repeindre complètement la façade par l’entreprise de Jean Marie Verguchten, au 93 rue d’Italie : les boiseries en blanc, et les murs en blanc également mais avec de longues bandes diagonales de haut en bas de couleurs flashy vertes et rouges. En 1985, Alfred alors âgé de 65 ans, prend sa retraite et ferme définitivement son magasin.
Document Nord Eclair 1985
L’entreprise Ecco, société de Travail Temporaire, reprend le local en 1988 pour y installer ses bureaux. Ecco garde les couleurs de la façade de l’étage.
document archives municipales
Jérôme Andrieux reprend le bâtiment, en 2003 pour y créer 2 logements à l’étage. Le commerce du rez-de-chaussée, quant à lui connaît différents changements d’orientation, dans les années suivantes.
Le changement des noms de rues de la commune marque la volonté des membres du conseil municipalité de rendre hommage aux héros du passé. Voici une nouvelle série de dénominations décidée en séance du conseil municipal début 1947.
La rue Gabriel Péri vue google maps
La rue Thiers prend le nom de rue Gabriel Péri, en hommage au député communiste, résistant fusillé par les allemands le 15 décembre 1941. Journaliste et homme politique français, membre du Comité central du Parti communiste français, responsable du service de politique étrangère de L’Humanité et député de Seine-et-Oise, il est arrêté comme résistant par la police française et fusillé comme otage par les Allemands au fort du Mont-Valérien.
la rue de l’industrie
La rue de l’Industrie se transforme en rue de Stalingrad, en hommage à la vaillance de l’armée rouge soviétique. La bataille de Stalingrad est la succession de combats qui, du 17 juillet 1942 au 2 février 1943, ont opposé les forces de l’URSS à celles du Troisième Reich et ses alliés pour le contrôle de la ville de Stalingrad. Cette bataille constitue, avec plus d’un million de soldats de l’Armée rouge engagés simultanément à la mi-novembre 1942, l’une des grandes défaites de l’armée allemande sur le front de l’Est et un tournant stratégique majeur de la Seconde Guerre mondiale, qui coïncide avec le débarquement sur le front de l’Ouest des 700 000 hommes de l’opération Torch en Afrique du Nord. La bataille de Stalingrad reste dans les mémoires pour l’ampleur des moyens déployés et des destructions, le nombre de victimes principalement militaires, les conditions hivernales rudes, la férocité de combats urbains qui ont aussi touché les civils, ainsi que pour ses impacts psychologiques et symboliques au moment de l’évènement puis dans l’après-guerre.
La rue de Londres vue google maps
La rue des Trois Bouteilles devient la rue de Londres à titre d’hommage public à la vaillance de l’armée et de la population anglaise.
Rue du Président Roosevelt vue Google Maps
La rue traversière est remplacée par la rue du Président Roosevelt, grand démocrate et au peuple américain. Franklin Roosevelt est l’un des principaux acteurs de la Seconde Guerre mondiale, rompant avec l’isolationnisme traditionnel de son pays. Avant l’entrée en guerre des États-Unis, il lance le programme prêt-bail afin de fournir les pays alliés en matériel de guerre. Après l’attaque de Pearl Harbor par les Japonais, il assume pleinement ses fonctions de commandant en chef de l’armée américaine et prépare largement la victoire des Alliés. Il tient un rôle de premier plan dans la transformation du monde à la sortie du conflit, inspirant notamment la fondation de l’ONU.
Cette rue de Hem, longue de 1041 mètres, relie la rue Jean Jaurès à la rue Jules Guesde et figure sur les plans de la ville sous ce nom depuis les années 1920. Dans les années 1930, il ne s’agit encore que d’une rue bordée de champs des deux côtés.
La famille Masquelier y possède une ferme à la fin du 19 ème siècle qu’elle revend au début du 20 ème à Georges Paul Dufermont qui la cède à son fils Robert au mariage de celui-ci, en 1946. Robert exploite la ferme jusque dans les années 1970 avant de vendre les terres. Dans les années 80, il est encore domicilié au n°41 de la rue.
La rue des Trois Baudets en 1933 (Document IGN)
C’est encore le cas juste après guerre mais, dans les années 1950, la rue des Trois Baudets commence à accueillir des entreprises, la première, en 1953, étant celle de M. Labbé au n°19, répertoriée dans l’annuaire comme entreprise de radio, électricité industrielle. L’entreprise, également installée 40 rue Jean Jaurès à Croix, deviendra une « station service Philips » avant de rester classée dans la catégorie électricité générale jusqu’au milieu des années 1970.
Publicité des Ets Labbé des années 1950 à 1970 (Documents Ravet-Anceau, Historihem et Mémento Commerce Industrie Tourisme de Hem)
Lui succèdent dans les années 1980 la Plâtrerie Hémoise, spécialisée dans la plâtrerie, le cimentage, le carrelage, l’isolation et toutes transformations. Celle-ci cède la place dans les années 1990-2000 à Hem TV qui propose des dépannages Télé Hifi Vidéo. Puis l’entreprise ferme et le bâtiment subit de lourds travaux de rénovation pour devenir celui que l’on connait aujourd’hui.
Publicités de la Plâtrerie Hémoise dans les années 1980 (Documents Historihem et Nord-Eclair)Publicités Hem TV dans les années 1990 (Documents collection privée et guide pratique de Hem en 2000)Le bâtiment au début des années 2000 puis en 2008 et 2023 (Documents collection privée et Google Maps)
Dans les années 1950, on note de manière éphémère, l’apparition au n°104 d’un maraîcher : les sœurs Delberghe ainsi que d’un marchand forain de chaussures au n°42 : A. Vercort. A la fin de la décennie s’installe, au n°108, la boucherie hippophagique (chevaline) Th. Delattre et ce pendant une dizaine d’années. Aujourd’hui le bâtiment abrite une habitation.
Publicités Delattre et la maison en 2008 et 2023 (Documents Historihem et Google Maps)
Puis, au milieu des années 1960, s’installent trois nouvelles entreprises à savoir : Claude Brissart, Jacques Lainé et Jean et Pierre Deren. Le premier est imprimeur au n°21, avec un atelier à Lannoy, et demeure dans les lieux jusque dans les années 1980. Le second est réparateur de meubles et sera ensuite répertorié comme entrepreneur de menuiserie. En 1986, l’entreprise devient la SARL Entreprise Lainé.
Publicités Claude Brissart (Documents collection privée, Mémento CIT de Hem et Office Municipal d’Informations de Hem)Publicités Lainé des années 1960, 1970, 1980 et 2000 (Documents Nord-Eclair, collection privée, Office Municipal d’Information de Hem et guide pratique de Hem)Photos de 2008 et 2023 de l’entreprise Lainé (Documents Google Maps)
La troisième entreprise, Deren, est installée, en tant que commissionnaire en produits laitiers, au n° 88 de la rue. Sous forme de société anonyme elle commercialise, jusqu’au milieu des années 1980 : beurre, œufs, fromage et margarine, dont elle assure commission, représentation et importation. Depuis la fin des années 1980, l’ancienne entreprise Deren abrite dans ses locaux l’association cultuelle Lectorium Rosicrucianum.
En-tête de facture et publicités des années 1970 (Documents collection privée, Historihem et Mémento CIT de Hem)Photos du n°88 en 2008 et 2023 (Documents Google Maps)
Durant les années 1970, de nombreuses constructions de maisons changent l’aspect de la rue des Trois Baudets qui avait jusqu’alors conservé un caractère général très champêtre. A la fin de cette décennie, s’installe, au début de la rue, au n°11, une entreprise de couverture : Emile Dewailly-Despinoy, laquelle y demeure active durant une dizaine d’années. En 1979, se trouve également un autre artisan couvreur Eugène Dewailly dont un incendie ravage l’atelier, au n°2, lequel est complétement détruit ainsi que les matériaux de couverture qui s’y trouvent.
Photo aérienne de l’année 1976 (Document IGN)Publicité des années 1970 pour Dewailly-Despinoy (Documents Historihem, Nord-Eclair et Mémento CIT de Hem)L’incendie de 1979 au n°2 (Document Nord-Eclair)
C’est à partir de la décennie 1980 que la rue prend son aspect actuel avec la construction du tennis-club en 1985 et surtout du stade Hidalgo en 1988 (sur le sujet voir sur notre site un article intitulé : le complexe Michel Hidalgo). Dès lors l’ancienne petite rue champêtre devient une rue essentiellement résidentielle mais aussi le point d’entrée sur l’un des principaux ensembles sportifs de la ville.
La Ligue Protectrice des Animaux du Nord de la France a été fondée en 1912 pour venir en aide aux animaux errants. Le principal souci de la LPA est de créer un refuge pour recueillir tous ces animaux que la municipalité n’a plus la possibilité de ramasser et qui peuvent représenter un danger pour le public et en particulier les enfants. L’obstacle essentiel pour fonder un refuge est d’abord de trouver un endroit ( loin des habitations pour éviter les nuisances sonores des animaux ) et ensuite bien sûr de trouver le financement. En 1955, la presse locale se fait écho de Pierre Lenglent président de la LPA qui lance un appel pour la création d’un refuge sur Roubaix.
document archives municipales 1955
A la fin des années 50, la LPA ne possède qu’un modeste local composé de deux pièces et situé dans l’enceinte de l’abattoir de Roubaix, puis ensuite dans les bâtiments désaffectés du dépôt de tramways, rue de Mascara près du Laboureur. C’est mieux, mais encore insuffisant et surtout précaire.
document archives municipales 1962
Au début des années 1960, la LPA est toujours à la recherche d’un local pour la création d’un refuge à Roubaix. En 1963 un permis de construire est déposé pour la construction d’une fourrière municipale quai de Gand à Roubaix.
En 1965, la LPA ouvre enfin son local au 6 quai de Gand, à l’angle de la rue Turgot. C’est un bâtiment d’apparence simple, mais pourtant moderne. On y trouve 26 boxes pour accueillir les chiens. Derrière ces cellules, un espace permet aux animaux de se dégourdir les pattes. Au bout du hall, une chatière est prévue pour recevoir les chats qui trouvent à la fois, le gîte et le couvert. Un bureau est à la disposition de la directrice, une infirmerie est dirigée par un vétérinaire.
document Nord Eclair 1966
La première année est encourageante. Plus de 300 chiens et à peu près autant de chats sont accueillis par le refuge du quai de Gand. On songe sérieusement à agrandir par la construction d’autres cellules sur un terrain contigu. Ce refuge sert également la commune de Tourcoing, car le refuge situé à la ferme de la Bourgogne est désormais fermé. En 1966, la LPA est reconnue d’utilité publique, par décret ministériel.
document Nord Eclair
La LPA du Nord de la France gère 3 refuges : Lille, Calais et Roubaix. Elle a pour but de secourir les animaux abandonnés ou perdus, et vient en aide aux animaux blessés sur la voie publique. Elle permet à l’animal perdu de retrouver son maître et replace l’abandonné grâce à des contrats d’adoption. La LPA lutte contre la prolifération par l’euthanasie indolore et gratuite des chiots et des chatons.
document Nord Eclair
Dans les années 1990, l’activité de la LPA se développe malheureusement à cause des abandons qui arrivent régulièrement. Comme ce Rotweiler ( photo ci-dessous ) retrouvé attaché à un poteau jouxtant le bâtiment : l’animal présente des signes de mauvais traitement, il est maigre et visiblement, a été éduqué pour combattre. Pour Mr Packet, le président de la LPA ce lâche abandon met une fois de plus en évidence, l’importance des services que la Ligue rend aux communes de Roubaix et Tourcoing.
document Nord Eclair
En 1999, le président de la LPA est inquiet pour l’avenir. En effet, le refuge se trouve sur le quai de Gand : voie qui va être élargie au début des années 2000, dans le cadre du prolongement de la voie urbaine. Les travaux vont ils entraîner une destruction d’une partie du bâtiment ? Le président estime qu’il incombe aux municipalités de se préoccuper de l’avenir du refuge.
document Nord Eclair
René Vandierendonck, maire de Roubaix propose un terrain rue Kellerman avec construction d’un bâtiment neuf aux normes en vigueur. Mais ; problème ! le local serait à moins de 100 mètres des habitations et donc non conforme car il y a risque de nuisances sonores. Le dossier est alors transmis à la préfecture. Hé oui, tout le monde aime les animaux, mais personne n’en veut près de chez soi, surtout s’ils font du bruit !
document Nord Eclair
La canicule d’Août 2003 n’arrange pas les choses pour nos amis à 4 pattes. Les cellules sous les tôles ondulées se transforment en véritable fournaise. Pour lutter contre la déshydratation des animaux, un seul remède : arroser les locaux au tuyau d’arrosage, deux fois par jour.
document Nord Eclair 2003
Comme chaque année, la LPA organise une opération Portes Ouvertes. Ce rendez vous est important car il permet d’avoir deux fois plus de fréquentation qu’un jour normal. En 2003, entre 120 et 150 chiens et chats vivent au refuge. Les candidats à l’adoption sont nombreux lors de cette journée. L’achat d’un animal coûte 126 €, vacciné et tatoué. La directrice Jennifer Dubrulle se méfie des « coups de coeur ». L’adoption n’est pas un caprice, il faut choisir l’animal qui convient au mode de vie et bien y réfléchir, et il est toujours possible de ramener l’animal au refuge, sous 10 jours s’il ne s’acclimate pas dans le nouveau foyer.
document Nord Eclair 2003
Le refuge du quai de Gand accueille les chiens et chats de 76 communes de la métropole. Depuis des années, il est question de déménager, mais cela n’intéresse plus grand monde. Les locaux se dégradent et Claude Hisette le vice président de la LPA hésite à effectuer les travaux de rénovation nécessaires, persuadé que la LPA va quitter les locaux du refuge qui datent de 1965.
document Nord Eclair 2003
La LPA a besoin d’argent pour financer les remises en état des boxes, que tout un chacun peut parrainer en donnant 80 €. Les 120 chiens qui vivent au refuge en 2003, où ils attendent un maître, ne disent pas non à un peu plus de confort.
Une fois traversé le boulevard Clémenceau, la rue Jules Guesde comporte encore, à la fin de la seconde guerre mondiale de nombreux champs et une ferme importante, côté impair. Celle-ci existait déjà au 19ème siècle et appartenait à la famille Delcroix qui l’exploite encore à l’époque, et ce jusqu’à ce que Françoise Delcroix épouse, en 1964, François Lefranc. Le couple a un fils François-Xavier l’année suivante qui reprendra l’exploitation.
Vue aérienne de cette portion de la rue Jules Guesde en 1946 (Document IGN)
Dans les années 1980-2000, il n’est pas rare de voir la circulation interrompue dans la rue par la traversée des vaches, revenant de leur pâtures dans la rue du Cimetière et débouchant dans la rue par un petit sentier situé entre 2 maisons juste en face de la ferme. Autobus comme automobiles patientent alors de bonne grâce tandis que le troupeau regagne la ferme.
Vues de la ferme à l’époque et en 2023 (Documents Historihem et Google Maps)Vaches en pâture et leur retour à la ferme et le sentier emprunté pour leur retour en 2008 (Documents Historihem et Google Maps)
Au début du 20ème siècle, au coin de la rue de la Vallée, et tantôt répertorié au n°128 de cette rue ou au n°174 de la rue Jules Guesde, au carrefour des 4 Chemins, se trouve un estaminet. D’abord nommé Au Pinson, il devient ensuite « Aux quatre chemins » et sera tenu par Marcel Walla, avant que Blanche Depresteer n’en prenne la direction dans les années 1960. Le café fonctionne jusqu’au début des années 2000 avant de céder la place à une agence immobilière.
Photos de l’estaminet au Pinson 128 rue de la Vallée, cachet de la Maison Walla et publicité du café Depresteer au 174 rue Jules Guesde (Documents Historihem)CPA de l’endroit vu vers la Vallée et vu vers Jules Guesde début 20ème siècle et les mêmes vues aujourd’hui (Documents collection privée et Google Maps)
En dehors de l’agriculture, dans les années 1920, peu de commerçants ou artisans sont installés dans la rue Jules Guesde, laquelle porte alors le nom de rue de Lannoy ou encore rue du Petit-Lannoy. Parmi eux on peut citer, au n°68 de la rue du Petit-Lannoy, Henri Liagre, secrétaire de l’UN des Mutilés pour la section d’Hem, mais aussi dépositaire de l’entreprise générale d’électricité roubaisienne Albert Deny.
Carte publicitaire des Ets Albert Deny (Document collection privée)
On trouve également à cette époque la maison Lemenu-Mathon, au n°63 de la rue du Petit-Lannoy, spécialisée dans la peinture, la vitrerie, les décors, papiers peints, les brosses et toiles cirées. L’entreprise est-elle ensuite partie au n°115 de la rue Jules Guesde où on la retrouve dans les années 1950 (voir plus loin) ou bien y a t’il eu un changement de la numérotation au moment où la rue a changé de dénomination, voire plus tard ?
Publicité de la maison Lemenu-Mathon en 1928 (Document collection privée)
Presqu’en face, au n°56 et 58 de la rue du Petit-Lannoy, est alors installé le charpentier menuisier Edouard Bélin, spécialisé en ébénisterie mais aussi cercueils et meubles en tous genres, qui a donné à son entreprise le nom « A la ville d’Hem ». On retrouvera aussi, dans les années 1950, la maison Deffontaine Bélin au n°92 de la rue Jules Guesde (voir plus loin).
Publicité de 1928 « A la ville d’Hem » (Document collection privée)
Puis, dans les années 30, apparaît l’artisan Z.Duhamel, spécialisé en peinture, décors, vitrerie et tapisserie, au n°81 bis de la rue Jules Guesde. On peut suivre le même raisonnement à moins qu’il ne s’agisse d’une simple homonymie, le prénom étant différent, lorsque l’on retrouve une maison du même nom , avec la même activité, dans les années 1950 au n°139.
Publicité de Z Duhamel dans les années 1930 (Document collection privée)
Côté pair, au n°92, dans les années 1940 est installé un charpentier, nommé Deffontaine. De fait la maison Deffontaine Bélin a des activités multiples : charpentier, menuisier, pompes funèbres et meubles. Elle demeure en activité durant plusieurs décennies, cédant la place à la maison Deffontaine Parent dans les années 1970, avant de cesser totalement son activité.
Publicités des années 1960 à 1990 (Documents Nord-Eclair et Historihem)Photos du commerce dans les années 1980-1990 et après la cessation de l’activité en 2008 (Documents Historihem et Google Maps)
A la même époque le n°97 abrite l’électricien Van Eeckout qui cède la place à l’épicerie Van Eeckout durant la décennie suivante puis à l’épicerie Lietanie Marescaux dans les années 1960 et enfin à l’alimentation générale Hovart dans les années 1980. Actuellement cette adresse n’héberge plus d’activité commerciale.
Publicité et intérieur dans les années 1970, façade du commerce en 2008 et façade actuelle (Documents Nord-Eclair, Historihem et Google Maps)
A la fin des années 40, au n°69, plus exactement dans l’impasse Vandemeulebrouck, s’installe le garage Van den Bruwaene, tenu par Maurice Van den Bruwaene qui est aussi un pilote automobile renommé (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site). C’est le garage Delecroix qui prend la suite dans les années 1970 et on retrouve toujours aujourd’hui le garage de Pascal Delecroix au n°63 de la rue et ce depuis les années 2000.
CPA du début du siècle à hauteur du 63 au 69Photos de Maurice Van den Bruwaene et publicités du garage dans les années 1960 (Documents Nord-Eclair)Publicités du garage Delecroix dans les années 1980 et photo du garage au n°63 et publicité dans les années 1990 et photo en 2022 (Documents Nord-Eclair, Historihem et Google Maps)
A la même époque l’artisan peintre Lemenu est installé au n°115 où il tient aussi un commerce de droguerie et vend des papiers peints. Prendront la suite les drogueries Deraedt et Lepers dans les années 1960 puis Burlin avant qu’une agence de la banque Société Générale n’investisse les lieux au milieu des années 1970 jusqu’à son déménagement dans la ZAC de la Blanchisserie (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site). C’est depuis une agence notariale qui a investi les lieux.
Publicités Lemenu, Deraedt, Société Générale et photos de la banque (Documents Historihem, Nord-Eclair et Google Maps)
Plus loin dans la rue, au n°139, est installé un autre artisan peintre qui tient également un commerce de droguerie et de papiers peints : la Maison Jean Duhamel. La publicité se fait dans les journaux mais aussi à l’aide de portes clés distribués à la clientèle. Dans les années 1980, c’est Jacques Duhamel (le fils) qui occupe les lieux et y exerce son activité de décorateur.
Publicités de Jean et Jacques Duhamel et photo de la façade en 2022 (Documents Nord-Eclair, Historihem, collection privée et Google Maps)
Un marbrier est installé durant la même période au n°150 de la rue : la maison Waulter, qui, jusqu’à la fin des années 1960 fait commerce de caveaux et de monuments funéraires mais aussi de pierres de construction et de cheminées de tous styles. Ses bureaux sont à l’adresse indiquée mais ses ateliers se situent dans l’impasse Lienart toute proche.
Publicités de la Maison Waulter et façade du 150 en 2008 (Documents Nord-Eclair, collection privée, Historihem et Google Maps)
Ajoutons pour être complet la bonneterie Cochez-Beghin au n°129 et la blanchisserie Boussemart au 172 indiquées dans le Ravet Anceau de 1947 à 1949 et qui n’apparaissent plus dans les annuaires de la décennie suivante. Si le n°129 n’a manifestement plus abrité d’activité professionnelle par la suite, un chirurgien dentiste a exercé dans les années 1970 au n°172.
Façades des 129 et 172 en 2008 et publicité d’installation du chirurgien dentiste en 1976 (Documents Google Maps et Nord-Eclair)
Dans les années 1930 et jusque dans les années 1950, le 151 rue de l’Epeule à Roubaix est occupé par Georges Créteur, qui exerce la profession de costumier, puis ensuite par Mr J.Ricour, et l’immeuble voisin du 153 est toujours un commerce d’épicerie.
Plan cadastral
En 1962, Albert Van Malleghem reprend les 151 et 153 de cette rue de l’Epeule et demande un permis de construire pour un magasin d’alimentation à la place des deux bâtiments qui ont été démolis à la fin des années 1950. Les travaux sont confiés à l’architecte Marcel Forest. La surface de vente est de 250 m2. A l’arrière du terrain, le hangar construit en 1949 par les Ets Roussel, propriétaire du terrain à l’époque, est bien sûr conservé et sert au stockage des produits.
document archives municipales
L’enseigne choisie pour le magasin est UNA ( Union des Commerçants en Alimentation ) car bien connue des consommateurs. Cette organisation regroupe plus de 2000 adhérents, détaillants en alimentation, sur le territoire.
document collection privée
L’ouverture a lieu en Octobre 1962. Albert Van Malleghem annonce cet événement dans la presse locale, propose des prix dynamiques et compétitifs, des cadeaux et des surprises. Il sponsorise la fête champêtre du parc Masurel à Mouvaux.
Publicité 1962 ( document Nord Eclair )Publicité 1963 ( document Nord Eclair )
Peu de temps après son ouverture, Albert étoffe sa gamme de produits et en particulier la gamme des « vins Nicolas ». Il propose alors toute l’alimentation sous un même toit.
document collection privéePublicité ( document Nord Eclair )
Albert transforme de plus en plus son magasin en supérette, met à disposition des clientes des petits chariots « caddie » pour plus de facilité, communique régulièrement dans la presse par de la publicité, comme celle ci-dessous de 1964 où il annonce le prix de la bouteille de lait à 0,70 Frs.
Publicité 1964 ( document Nord Eclair )
Albert est un homme dynamique, il organise en 1965, devant son magasin, des courses de « chars ». Ce sont des anciens bacs à légumes sur lesquels il a monté des roulettes. Une vingtaine de chars sont ainsi réalisés, mais pas suffisamment pour satisfaire l’énorme demande des jeunes concurrents. Albert doit alors prendre la décision d’arrêter les inscriptions. Cette course de chars est un brillant prélude à la fête des allumoirs du quartier.
Publicité 1962 ( document Nord Eclair )
En Février 1974, le magasin change d’enseigne et devient « ECO Service », puis, en 1977, la supérette devient « Corso ». Enfin dans les années 1980 c’est l’enseigne « Lauda Shop » que l’on trouve à cet emplacement. C’est une solderie : un point de vente où l’on trouve de tout à des prix très bas.
Publicité 1974 ( document Nord Eclair )Publicité 1977 ( document Nord Eclair )Publicité 1986 ( document Nord Eclair )
En Décembre 2004, un incendie se déclare à deux heures du matin, au 153 rue de l’Epeule. Les secours arrivent rapidement, mais l’incendie s’est déjà propagé à l’ensemble du bâtiment. Plusieurs heures après, le magasin est entièrement détruit, les produits ( objets en tout genre ) ont brûlé également. Il ne reste rien. En revanche, les pompiers ont pu éviter que le feu ne détruise également la boucherie ( chez Kamel ) et l’épicerie voisines.
( document Nord Eclair 2004 )
Mr Taleb Abdelaziz dépose ensuite un projet de construction d’un d’immeuble de 5 appartements en 2005, mais le projet est refusé et n’aboutit pas.
terrain vierge en 2005maquette du projet 2005 ( document archives municipales )Le terrain en 2008 ( Photo BT )
Le terrain de 626 m2 est toujours vide d’occupation en 2008, mais en 2010, un permis est déposé en mairie par Mr Kamel Kamoun, pour la construction d’un local commercial sur les deux parcelles du 151 et 153 rue de l’Epeule, mais également pour un accès pour la livraison à la boucherie voisine.
Le point de vente ainsi construit est destiné à la location. En 2013 un magasin Super Cours de Halles est annoncé, il ouvre en 2014 à l’enseigne « Fa-wa-ki » spécialisé en fruits et légumes. Aujourd’hui c’est le commerce « Aux Marchés Frais » qui occupe les lieux.