Un berceau chez Ducroquet

Nous possédons un berceau de famille un peu particulier puisqu’il s’agit d’un « chariot alsacien » fabriqué en 1956 à Virieux le Petit (département de l’Ain) par un artisan vannier itinérant. Tous les nouveaux nés de la famille ont dormi dedans et le chariot a été transmis de foyer en foyer au gré des naissances, neuf en tout à ce jour. Pour l’arrivée de notre fille, nous le récupérons fin 1995. Il a donc près de 40 ans et il a déjà beaucoup servi. Aussi va-t-il nécessiter la réparation des arceaux de la capote et, surtout, le remplacement de la parure en tissu.

Le berceau à reprendre Coll particulière

Pas moins de 14 mètres de broderie anglaise sont nécessaires et nous nous rendons chez Ducroquet , mercerie réputée de la Ville, au 95-97 Grand Rue à Roubaix. Surpris et ne sachant pas ce qu’est un « chariot alsacien », Monsieur Ducroquet nous demande quel usage sera fait d’un tel métrage, compte tenu, notamment de son coût. Après nos explications, il enregistre notre commande et nous demande à voir le travail fini, ce que nous avons fait volontiers en lui apportant la photo qui illustre cet article. Ajoutons pour finir que la facturation fut bienveillante !

Le magasin Ducroquet Grand Rue Vue Google Maps

Poste à l’épeule

Nous avons relaté l’existence d’une poste annexe dans le quartier de l’épeule. En l’espace d’une dizaine d’années au début du vingtième siècle, il y eut à Roubaix des petits bureaux de postes de quartier, des recettes auxiliaires, destinées à couvrir les besoins des quartiers. Il y en eut une dans le quartier de l’épeule, au n°21 rue Newcomen qui disparut après la première guerre.

La poste annexe rue Newcomen Coll Particulière

En 1930, le service des Postes Télégraphe et Téléphone est assuré, à Roubaix, par un bureau principal des postes et télégraphes, boulevard Gambetta. C’est là que les épeulois se rendent pour les opérations postales ordinaires et extraordinaires. Un troisième bureau de postes est en construction rue de l’Alma qui sera inauguré en 1933, un peu plus près de leur quartier. La mémoire des anciens épeulois n’a pas conservé trace de bureau de postes dans le quartier. Il faudra attendre plus de soixante ans avant qu’on reparle de la création d’un bureau annexe après la fin de l’établissement Hourez en 1990. Le bureau de poste annexe de l’épeule a été construit à partir du 10 octobre 1994, et la réception des travaux a eu lieu le 13 janvier 1995. Il se trouvait au n°179 de la rue, soit au beau milieu des locaux des anciens établissements Hourez. Il ne fera cependant pas long feu, un incendie le détruira complétement la même année.

Le plan de la poste du n°179 doc AmRx

Il est décidé de réinstaller la poste annexe provisoirement au 61 rue de l’épeule où se trouve déjà des locaux loués par la ville en vue de la création d’une maison des services (mairie de quartier, CCAS). Ce provisoire sera durable : pendant 22 ans, les services postaux et la mairie de quartier partageront ces locaux étroits et inappropriés.

Les locaux qui accueillirent la poste et la maison des services rue des Arts Vue Googlemaps

Une première tentative de reconstruction se présentera avec un projet de 2003 qui proposait l’intégration de la poste dans une une galerie perpendiculaire au supermarché Match. Mais cela ne se fera pas.

Projet de la galerie avec bureau de poste doc AmRx
Le projet vue de dessus doc AmRx

Il faudra attendre l’ouverture de la maison des services des quartiers ouest en avril 2015. Elle ouvre ses portes à l’angle des rues de l’Épeule et Watt. Elle regroupe la mairie des quartiers et le CCAS et attend encore les derniers logements LMH et la Poste. Les travaux étaient commencés depuis plus de trois ans. La mairie des quartiers-ouest a déménagé mi avril au 187 de la rue. Le bâtiment tout neuf se situe à l’angle de la rue Watt, en face de la pharmacie Sainte-Claire. Le CCAS a lui aussi emménagé dans ces nouveaux locaux. Cette mutualisation permet d’avoir un double accueil, plus pratique pour les usagers. D’autres permanences sont toujours proposées dans ces locaux. Le service intercommunal d’aide aux victimes (SIAVIC), le conciliateur de justice et le CAL-PACT y tiennent leurs permanences hebdomadaires. Il reste de la place pour accueillir d’autres associations ou d’autres permanences. « On est dans des locaux plus spacieux, plus agréables et plus lumineux », explique Didier Robin, directeur de la Mairie de Quartier.

La poste de l’épeule aujourd’hui vue Googlemaps

Il faudra encore deux ans pour que la Poste rejoigne l’ensemble. Ouvert depuis le 28 février 2017, au n°173 rue de l’épeule, le nouveau bureau de La Poste a été inauguré en mars. Plus grand, plus lumineux que l’ancien situé rue des Arts, il accueille aujourd’hui près de 120 clients par jour. Et si le projet a tardé à sortir, les clients en semblent aujourd’hui totalement satisfaits.

 

 

L’opération Bell

Vue aérienne 1962 du quartier de l’épeule doc IGN

Depuis 1876, date de son édification, le Couvent des Clarisses a vu maintes fois son environnement évoluer. Le vieux sentier des Ogiers qui passait à proximité est devenu la rue de Wasquehal et la rue des Ogiers à son débouché dans la rue de l’épeule. L’endroit s’est progressivement garni de longues rangées d’habitations ouvrières alors que l’industrie remplissait l’espace entre la voie de chemin de fer et la rue de l’épeule. A titre d’exemple, dans la rue de Wasquehal on trouvait autrefois la Fonderie de l’Epeule, la Société anonyme de finissage anglais, la Société roubaisienne de vêtements imperméables. Un certain nombre de courées y furent édifiées : en 1953, nous trouvons au n° 21 la cour du Brondeloire et la cour Delannoy, au n° 10 la cité Delporte, au n° 30 l’impasse de la Fonderie, au n° 36 la cour Baudaert-Dupriez et au n° 108 la cour Leman. En 1883, le quartier des rues de Wasquehal, des Ogiers et Watt est décrit comme l’un des plus humides et des plus boueux de la Ville, avant la construction d’un aqueduc dont la réception définitive aura lieu le 30 avril 1885. Sa construction fit disparaître les fossés et permit d’élargir la chaussée. Créée par une délibération du Conseil Municipal du 24 février 1893, la rue Bell fut approuvée par la Préfecture le 6 Mars de la même année. Située à la limite des territoires de Croix et de Roubaix, elle est dans l’immédiat voisinage de la société du Peignage de l’épeule. La rue Bell se verra complétée par une nouvelle série de constructions au cours des années 1920.

Premières démolitions angle épeule Ogiers Photo NE

Une nouvelle mutation du quartier se prépare en 1970, il s’agit d’une importante opération de résorption de l’habitat qui concerne les ilots Bell (rue de Wasquehal), Frère (cour située rue de Mouvaux), Aigle d’Or (cour située rue de la fosse aux chênes), Faidherbe II (cours situées rue Cugnot, rue des Vélocipèdes, rue de la limite), la Paix (cours situées rue du fort, rue de la longue chemise), et Petit Paradis (cour située Grand Rue, rue Lacroix, rue Fourcroy). Les locaux utilisés à des fins d’habitation dans ces zones sont déclarés impropres pour des raisons d’hygiène, de sécurité de salubrité. L’opération de résorption va concerner un périmètre en forme de rectangle constitué par la rue de la limite, la rue de Wasquehal, la rue des ogiers, la rue de l’épeule.

Quel est l’état des lieux du quartier en 1972 ? La rue Bell, créée en 1893, longue de 190 mètres sur 10-12 de large, se déroule du n°3 au 61 et du n°22 au 72. On y trouve un serrurier M. Créteur au 3, un coiffeur dames Mme Duhem au 25, après la rue Morse. Il y a des maisons inoccupées aux n° 9, 13, 39. Du côté pair, le Patronage St Sépulcre est au 36, et la maison du 72 est inoccupée. Établie de 1871 à 1888, la rue Cugnot fait 160 mètres de long sur 10 de large et présente une soixantaine de numéros pairs et impairs. Un pharmacien, M.Goddefroy occupe les n°1 à 5, la crémerie Descamps le n°11, les Taxis Vanhoorde le n°33. Côté pair, la technique électrique est aun°6, et on dénombre deux cours, Delmotte n°16, Cour Fontaine n°24. Les n°10,14,22 sont inoccupés. La petite rue Foucault date de 1891, fait 110 mètres de long sur 12 de large et s’étend du n°1 au n°41 et n°2 à 38. La rue des Ogiers est plus ancienne, établie en 1871, elle ne fait que 95 mètres de long sur 12 de large. Malgré son parcours assez court, on y trouve un boulanger au 7, deux coiffeurs au 3 et au 14. La rue des vélocipèdes fait 115 mètres de long sur 8 de large et comprend peu de numéros : du n°1 au 39 et du n°2 au 46. Une entreprise de couverture Debarge est au 17, puis une succession de courées, Cour Malfait 21bis, cour Faidherbe 25, Cour Huvelle 6, Cour Vandenbroeck 40bis. Enfin la rue de Wasquehal réalisée en 1871, fait 430 mètres de long sur 10 à 12 de large et s’étend du n°2 au 118. On y trouve les Clarisses au n°2, la cité Delporte au 10, l’impasse de la fonderie (16/18), l’impasse fleurie 32, cour Baudaert Dupriez 36, cour Leman 108, et beaucoup d’inoccupés, environ 1/3 de la rue. Il s’agit donc d’une partie de quartier relativement ancienne, près d’un siècle d’existence, où s’est développé un habitat serré fait de courées et de barres, dont on va démolir l’intégralité des bâtiments ou presque.

Le projet Lecroart Photo NE

Le projet est de supprimer 58 habitations rue Bell et de construire 117 logements PLR et pour l’ilot Faidherbe II, démolir 80 habitations et construire 92 HLMO. L’architecte chargé du dossier est Omer Lecroart. La déclaration d’utilité publique a été décidée en juillet 1970 et les mesures d’expropriation démarrent en septembre 1972 pour la partie Faidherbe II, concernant notamment la cour Vanderdonck rue des Vélocipèdes et la ruelle Cugnot, comme nous l’apprend l’encart dans le journal daté de février 1973.

La visite de M. Vivien Photo NE

En 1972, c’est le début de l’opération démolition : rue Bell 2 à 72 (tout le côté pair) et rue de Wasquehal 42-44. Pendant l’été 1972, le quartier reçoit une visite ministérielle et sa première coulée de béton. Robert-André Vivien (1923-1995) homme politique français, député de Seine puis du Val-de-Marne, est alors secrétaire d’État au Logement et il participe activement à la solution du problème des bidonvilles et à la création de l’Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat (ANAH). Il est en visite aux Ogiers.

Le premier bâtiment des Ogiers et la partie Vélocipédes dégagées Photo AmRx

Après cette visite, la première coulée de béton se déroule rue des Ogiers en présence du Préfet, en juillet. Le premier bâtiment réalisé sera celui des Ogiers. Les mesures d’expropriation prendront quelque temps, ce qui explique la chronologie de réalisation des nouvelles constructions.

Plan des immeubles Vélocipèdes Doc AmRx

En Septembre 1974, la partie Vélocipèdes est construite, et la rue Cugnot est épargnée par les démolitions. Coût trop élevé de l’opération ? Volonté de garder une rue déjà viabilisée ? Il manque encore les grands immeubles au fond qui seront réalisés en 1975.

Le quartier de nos jours vue google maps

 

 

 

 

Devianne

En 1754, Pierre François Devianne est tailleur d’habits à Blandain, en Belgique, près de Tournai (première génération de tailleurs). En 1882, Jean Louis Devianne (cinquième génération) est maître-tailleur, à Néchin, près de Leers, sur un chemin mitoyen à deux pas de la frontière, ce qui explique le nom figurant sur son enseigne : « Aux Deux Nations ».

Jean Louis Devianne ( document Sté Devianne )
Le commerce de Jean Louis Devianne est également un estaminet (document Michel Devianne )

Grâce à son expérience et à son professionnalisme, Jean Louis développe très rapidement son activité. Son fils, Albert, naît en 1881, à Templeuve. Il devient artisan tailleur à son tour, et reprend la boutique de M Vangeluwe, tailleur en 1911, à Roubaix, au 14 bis rue de Tourcoing, à l’enseigne « A la Ville de Courtrai ». Albert Devianne est tailleur pour hommes, mais également pour femmes, c’est à dire qu’il crée des « vêtements sur mesure ». Il vend aussi des vêtements confectionnés pour hommes et enfants ; c’est le début du « prêt à porter ».

Le magasin 14 bis rue de Tourcoing ( document collection privée et Michel Devianne )
La plaque de la façade du magasin de la rue de Tourcoing (document Michel Devianne )

Au début des années 1920, Albert ouvre un nouveau magasin de confection pour hommes, à Tourcoing, au 41 rue de Tournai, à l’enseigne « Au Printemps ». Le succès étant également au rendez vous, au début des années 1930, il ouvre un deuxième magasin à Tourcoing, au 50 rue Carnot. Albert habite avec son épouse Jeanne Devianne, née Mormentyn, à Roubaix, à l’étage du magasin de la rue de Tourcoing, avec leurs 5 enfants Marie-Thérèse, Jean, Pierre, Marguerite et Monique, tous nés au-dessus du magasin. En 1927, il reprend un atelier mécanique de confections au 3 bis rue Saint Joseph. Il y emploie 20 tailleurs sur place, mais également des tailleurs qui travaillent à leur domicile.

Le magasin 2 rue Pierre Motte ( document Michel Devianne )

A la fin des années 1930, il ferme le magasin de la rue de Tournai à Tourcoing, pour déménager au 50 rue Carnot à Tourcoing. Il ouvrir un deuxième magasin à Roubaix, au 2 rue Pierre Motte, à l’enseigne « A Jeanne d’Arc ». Albert possède dès lors trois magasins au service de la clientèle. Il choisit alors son nom comme enseigne : « Les Vêtements Devianne », et commence à communiquer par la publicité. Il installe également, place de la fosse aux chênes, un magasin vendant uniquement des vêtements de travail, de la marque Adolphe Lafont.

( Documents collection privée )

Dans les années 1940 et 1950, les magasins continuent de se développer, en vendant à la fois du  »sur mesures » et du  »tout fait ».

Publicité 1945 ( Document collection privée )

Jean Devianne, le fils d’Albert, après de brillantes études à l’EDHEC à Lille, reprend à son père, la tenue et la gestion des trois magasins, et en particulier celui de la rue de Tourcoing. Il devient maître tailleur, diplômé. Après cinq années de captivité, en 1945, il reprend la direction des trois points de vente, vides de tout stock. C’est une période difficile. Il habite au 151 bis rue du Collège, à Roubaix, avec Madeleine, son épouse née Callens. Ils ont 6 enfants : Michel, Philippe, Françoise, Raphaël, Bernadette et Jean-Luc.

Jean Devianne est ambitieux, bien décidé à prendre la succession de son père, et à réussir. Il souhaite ouvrir un magasin en centre ville. Il fait l’acquisition d’un hôtel particulier, au 70 de la Grande Rue, en 1954. C’est une magnifique demeure, occupée par Mme Van Nieuwenhuysse, veuve d’un chirurgien ORL, qui avait son cabinet au 5 rue Pauvrée. A droite de la propriété une porte cochère donne sur un jardin, au bout d’un long couloir au milieu duquel se trouve la porte d’entrée du bâtiment d’habitation.

La maison de Mme Van Nieuwenhuysse ( Document Archives Municipales )

L’année suivante, Jean fait appel à l’architecte Joseph Dhoosche, de Tourcoing, pour transformer la maison en magasin de prêt à porter. C’est donc un projet important : une transformation complète, avec installation d’un ascenseur pour accéder à l’habitation à l’étage. Le magasin ouvre en 1956. Jean revend alors les magasins de la rue Pierre Motte et de la rue de Tourcoing, pour en assurer le financement, avec l’aide financière de ses fournisseurs. Michel Devianne, autodidacte, le fils de Jean, entre dans l’entreprise et commence sa formation, à l’âge de 17 ans. Il obtient son CAP d’aide-comptable, après avoir suivi des cours du soir à l’institut Turgot.

La façade et le plan du magasin ( Documents Archives Municipales )

Au début des années 1960, la circulation automobile se développe de façon très importante et il devient de plus en plus difficile de trouver une place de stationnement pour se garer, près du magasin. En 1966, Jean et Michel Devianne décident donc de créer un parking privé de 41 emplacements, à la place du jardin. Ils profitent de l’occasion pour agrandir le magasin en ajoutant un nouveau bâtiment : au rez de chaussée se trouve le magasin, et au sous sol, les ateliers. Il fait transformer la façade de la Grande rue. Il fait appel à l’architecte Emile de Plasse au 230 rue Pierre de Roubaix.

Agrandissement du magasin et création du parking, accès par le porche ( Documents Archives Municipales et D. Labbé )

Devianne habille les stars. Sur la photo de gauche ci-dessous, Jean Devianne et Jacques Brel. Sur la photo de droite, Henri Salvador.

( documents Michel Devianne )

Jean et Michel Devianne, pour l’agrandissement de leur magasin, décident de marquer un grand coup publicitaire. Ils invitent le chanteur Pierre Perret, en Mars 1967, pour un gala gratuit qui réunit plus de 1500 personnes, sur le nouveau parking à l’arrière du magasin.

Pierre Perret, lors du gala de réouverture ( Document VDN 1967 )

Jean et Michel Devianne sont des hommes de communication. Ils sont parfaitement convaincus que la publicité est indispensable dans ces années 1960-1970, d’autant que la concurrence est rude entre les commerçants de prêt à porter, comme Herbaut-Denneulin, Blondeau, Marchand, ou le Palais du vêtement. Chaque semaine, ils font paraître une publicité dans Nord Eclair, différente à chaque fois, en fonction de la saison, comme par exemple :

Janvier Février – les pardessus, blousons d’hiver et lodens

Mars Avril – les imperméables pour les printemps pluvieux

Mai Juin – les costumes de communions pour garçonnets et les costumes de cérémonies pour les mariages

Juillet Août – les vêtements ultra légers, comme le « costume Plume » de 881 g

Septembre Octobre – les parkas pour la rentrée des classes

Novembre Décembre – les trench-coat, blazers, chemises et pulls

Publicités communes aux magasins de Roubaix et Tourcoing ( Documents Nord Eclair )

Ils investissent aussi, en publicité sur des panneaux bien situés ( avenue Jean Jaurès ) et sur l’avant des tramways mongys. Le nouveau slogan :  »Bien habillé par Devianne »

La Pub sur le Mongy Grand Place ( document Michel Devianne )

à suivre…

Remerciements aux Archives Municipales, et à Michel Devianne, pour son témoignage et sa documentation.

De la grande barre à l’école de Police

La grande barre est un ensemble composé de 330 appartements, construit en 1962 et situé à cheval sur les communes de Roubaix et de Hem. Les logements sont modernes avec salle de bains, chauffage central, grandes baies vitrées. La grande barre est appréciée, par les locataires, qui découvrent le confort qu’ils n’avaient pas dans leur vieille maison de courée.

La grande barre ( document collection privée )

A la fin des années 60, les problèmes surgissent : mauvaise qualité de la construction, mauvais entretien, situation précaire des locataires suite à la crise textile. A la fin des années 70, la situation se dégrade encore davantage ; incivilités, détériorations volontaires, mauvaises odeurs, humidité, insécurité . . .

De nombreux locataires quittent leur logement et il faut bien constater l’échec de cette muraille de béton d’une longueur de 300 mètres ( voir précédent article sur notre site : La fin de la grande barre )

( document Nord Eclair Sept 1985 )

En 1985, après seulement 23 ans d’existence, la grande barre est rasée. Tout le monde se pose alors la question : Que faire de cet immense terrain ? Le SGAP ( Secrétariat Général pour l’administration de la Police ), à la Cité Administrative de Lille, décide d’y faire construire une école de Police, en début d’année 1990.

( document Archives Municpales )

C’est un projet gigantesque, d’un budget de 225 millions de francs. Le terrain de 30.000 m2 est mis à disposition gratuitement par les mairies de Roubaix et de Hem. L’école comprend des bâtiments destinés à l’éducation, à l’administration, à l’hébergement, et à la restauration. La conception est confiée à l’atelier Gilles Neveux de Roubaix, et les travaux de construction à l’entreprise Norpac, aidée de quelques sous traitants locaux.

Les travaux débutent début 1991, et sont réalisés très rapidement, car moins de trois ans ont été nécessaires pour réaliser le projet. Des terrains de sport déjà aménagés par la ville de Hem, sont repris dans le périmètre de l’école.

( document ENP )

Un contrat de partenariat entre l’Etat et Norpac est signé, pour faire profiter le quartier de retombées positives pour les jeunes sans emploi. Des groupes de travail sont créés entre les élus et les associations, pour l’accueil des policiers, les relations école-habitants, dans ce quartier des Hauts Champs.

L’inauguration ( documents Nord Eclair Sept 1993 )

L’école de Police est inaugurée officiellement en Septembre 1993 par Paul Quilés, Ministre de l’Intérieur, qui vient de succéder à Pierre Joxe. La cérémonie a lieu dans la magnifique et impressionnante cour d’honneur de l’école. Le Ministre visite les bâtiments, passe en revue les gardiens de la paix, puis prononce son discours.

L’importance de l’école est de taille car, en effet, elle va assurer la formation de 400 élèves gardiens de la paix, 200 policiers auxiliaires, et une formation continue d’une centaine de policiers, pour remise à niveau.

( documents ENP )

Aujourd’hui l’ENP, l’école nationale de police, c’est : l’hébergement et la restauration pour 428 personnes, des bâtiments administratifs, 35 salles de cours dont 3 informatique, 2 amphithéâtres, 1 centre de documentation, 3 dojos, 1 parcours sportif, 1 stand de tir, 1 gymnase.

( document ENP )

Remerciements aux Archives Municipales.

Un mariage œcuménique

Le 13 juin 1973 a eu lieu un mariage à l’église réformée de la rue des Arts, et il nous est raconté par la mariée. Mon futur mari était catholique, et venant d’une famille très pratiquante. Chaque semaine ses parents et grands parents allaient à la messe. Ils allaient à l’église Saint Michel avenue Linné à Roubaix. Moi, j’étais protestante et je ne voulais pas me marier à l’église catholique.

Le Temple de la rue des Arts au n°27 CP Méd Rx

Nous sommes allés voir l’abbé Bouquillon qui était le prêtre officiant à l’église Saint Michel. Il a fait une demande à l’évêché pour que mon futur époux devienne protestant. Après l’accord obtenu, l’abbé Bouquillon nous a dit : « il vaut mieux faire un bon protestant qu’un mauvais catholique ! » Quel soulagement pour ses grands parents !

Le prêtre et le pasteur officiant de concert Coll Particulière

Mon mari s’est marié quatre jours après son vingt et unième anniversaire, car ses parents n’acceptaient pas qu’il se marie avant sa majorité. De ce fait nous avons attendu trois ans avant de convoler en justes noces. Nous nous sommes donc mariés le 23 juin 1973 et la cérémonie a été faite conjointement par l’abbé Bouquillon et le pasteur Peuron au Temple de l’église réformée de la rue des Arts.

Remerciements à Hélène Fleurbayx pour ce beau témoignage

La place de la Liberté

Au 15ème siècle, Pierre de Roubaix fait édifier une chapelle dédiée au St Sepulchre le long du chemin de Wattrelos, à ce qui était alors l’extrémité de la grand-rue, dans l’alignement de la rue Pauvrée. Un hospice pour les vieillards la jouxte. Le jardin s’étend jusqu’au Trichon. À la fin du 17ème siècle l’édifice brûle dans l’incendie du centre ville, mais il est reconstruit. Lors de la révolution, il est vendu comme bien national, et on le retrouve ensuite propriété des hospices de Roubaix qui le cèdent finalement à la municipalité.

Plan cadastral 1804 et Journal de Roubaix 1933

En 1815 on installe les services de la douane dans l’ancienne chapelle. Sur les jardins, côté Trichon, est édifiée une caserne de gendarmerie. Le reste de l’espace accueille le marché aux charbons. Un numéro du Journal de Roubaix de 1909 nous retrace ainsi cette époque : Les chariots, appelés « carabeux » apportaient le charbon de bois depuis la forêt de Mormal. Celui-ci était utilisé par l’industrie pour la préparation des laines. Ils se dirigeaient vers un terrain vague devant la chapelle… La place va garder le nom de marché aux charbons jusqu’en 1848. La rue qui longe les habitations est baptisée rue du Sépulchre.

Plan cadastral 1826

Peu de temps après, un plan de 1832 nous montre que les bâtiments de l’Hospice ont disparu et qu’on a ajouté un corps de bâtiment à la gendarmerie, qui forme maintenant un « U ». Celle-ci, servant de caserne a sans doute vu ses effectifs augmenter entre-temps.

La gendarmerie est située face au canal, creusé récemment. La rue de Lannoy le traverse sur le pont dit « de la gendarmerie ». Entre le canal et la gendarmerie, le terrain appartient au fabricant Bulteau-Prouvost, dont l’usine borde la rue du Galon d’eau.

Plan 1832

Mais le bâtiment de la chapelle se dégrade et les douaniers le quittent. L’ensemble est rasé. La place ainsi dégagée prend le nom de place du Sépulchre pour peu de temps, car on y plantera lors de la révolution de 1848 un peuplier, l’arbre de la Liberté au milieu du marché et la place prendra ainsi son nom définitif.

Eugène Grimonprez-Delaoutre, fils de Pierre Grimonprez et d’Hyacinthe Bulteau va ériger une filature sur le terrain situé entre la gendarmerie et le chemin de halage du canal.

Plan cadastral 1845

Même si les bâtiments de la gendarmerie brûlent en 1877, amenant les gendarmes à partir s’installer rue des Arts, et que la ville devient propriétaire de l’ancienne caserne qui appartenait au département, l’issue de la place vers le canal reste toujours étranglé. L’usine Grimonprez empêche encore le débouché de la place vers le boulevard Gambetta.

Les photos suivantes nous montrent, la première, les bâtiments de l’usine face au boulevard Gambetta, qu’arpentent les promeneurs, avec, à gauche la silhouette du café du Broutteux, et, la suivante, les constructions situées le long de la place jusqu’au coin de la grand rue.

Photos Nord Matin 1952

En 1889, la filature a cessé ses activités, et les bâtiments qui empiètent sur la place appartiennent à Léontine Grimonprez, veuve d’Alfred Philippe Motte. Les autres, le long de la place, sont à sa belle-mère, la veuve Liévine Grimonprez-Delaoutre, veuve du filateur Eugène Grimonprez. En outre, le coin situé en face du Broutteux, est loué au brasseur Desurmont qui y a installé un cabaret.

La municipalité, après maintes discussions, frappe d’alignement le bâtiment en mauvais état, pour empêcher les travaux de réparation et forcer ainsi sa démolition. Elle a l’idée d’y construire un théâtre puis, cette idée étant abandonnée, elle veut simplement élargir la place. Une délibération municipale de 1890 souligne que le passage entre la place et le boulevard est trop étroit pour laisser le passage aux tramways. La mairie cherche donc à acheter l’immeuble pour le démolir. Il est à noter sur le plan suivant que le passage entre l’ancienne filature et les autres bâtiments a pris le nom de rue de Lannoy, dont il est le prolongement.

Le bâtiment à démolir

Des pourparlers ont lieu avec la municipalité pour l’immeuble débordant sur la place, que Mme Grimonprez a vendu à la veuve Motte, venant elle-même de décéder en 1899. Pour ce qui est des bâtiments longeant la place et comportant des écuries et remises, les contacts sont pris avec la banque de France, qui cherche à s’implanter dans le centre-ville. Les interlocuteurs sont donc les héritiers, représentés par Albert Motte. Entre-temps, le bâtiment qui fait obstacle à l’ouverture de la place menace ruine aux dires des services de la voirie, ce qui permet à la ville, soucieuse des deniers publics, de marchander le prix d’achat. On finit en 1900 par tomber d’accord sur la vente, et la mairie va s’empresser de démolir une partie des bâtiments, tout en conservant la partie louée par M.Desurmont jusqu’à expiration de son bail en 1905. La photo suivante nous montre l’ancienne filature partiellement démolie entre 1901 et 1906. A gauche le café du Broutteux, et au fond, la grand rue.

Photo Nord Matin 1952

En 1906, la dernière partie de l’usine disparaît finalement. La ville va maintenant pouvoir aménager la place notablement agrandie, le marché aux charbons gagner un surcroît de superficie, et la banque de France ériger son agence.

Document collection particulière

A suivre…

Les documents proviennent des archives municipales et de la médiathèque de Roubaix.

31 rue Paul Lafargue

André Carissimo est un industriel roubaisien, dans le domaine du textile. Il décide de faire construire en 1928 sur un terrain de 3360 m2 avenue Gustave Delory à l’angle de la rue Paul Lafargue, une construction à usage d’habitation, par l’architecte René Dupire au 52 Boulevard de Cambrai

Document Archives Municipales
Document collection privée

C’est un hôtel particulier, une maison de maître de 265 m2 de surface au sol, la façade fait 19m de long sur plus de 14m de large avec deux étages. Au rez de chaussée, on y trouve : le hall d’entrée, le vestiaire, le vestibule, la cuisine, le salon, la salle à manger, le living-room, la salle d’enfants, l’escalier, l’ascenseur, le monte charge, l’escalier de service, et un garage de 40 m2

Documents D Gaudenzi

André Carissimo est marié avec Agnès Toulemonde. Ils ont deux filles Agnès née en 1912 et Françoise née en 1924. Pour une raison méconnue, André Carissimo décide au milieu des années 1930, de changer son adresse postale. Son habitation devient le 31 rue Paul Lafargue, et il condamne son entrée principale de l’avenue Gustave Delory, en plantant un arbre face à la grille ; arbre qui existe toujours de nos jours. André et Agnès vont résider dans leur somptueuse demeure, pendant près de trois décennies.

Photo de la grille avenue G Delory ( Photo BT )

André Carissimo décède à la fin des années 50. Son épouse reste dans la grande propriété, et décède à son tour en fin d’année 1975. En 1976 les héritiers décident de céder l’ensemble de la propriété à M Claude Duhamel qui habite 12 rue Clémentine Durieux à Wasquehal, Une promesse de vente est signée. Le projet prévoit la démolition pure et simple de l’habitation et d’y construite à la place, un immeuble de 6 étages, comprenant 23 appartements avec 23 boxes et 21 places de parking !

Document Archives Municipales

Fort heureusement le projet n’aboutit pas, et le dossier devient périmé en Mai 1978. La propriété est reprise par Mme Maes gérante de la SCI Les Hauts de Barbieux qui a son siège au 52 rue Louis Lejeune à Wasquehal. Mme Maes propose de louer l’ensemble de l’habitation au traiteur Robert Lecocq. Celui-ci décide de transformer l’immeuble en restaurant « Les Hauts de Barbieux » qui ouvre en 1979 ( voir sur notre site, un précédent article, intitulé : Robert Lecocq ) Le restaurant de Robert Lecocq continue son activité jusque dans les années 2010.

Documents collection privée

Aujourd’hui le bâtiment existe toujours. Les Hauts de Barbieux sont des salons de réception, occasionnellement loués pour des banquets et mariages

Photos BT

Remerciements aux Archives Municipales

Descartes et Beaumarchais

La création de l’ORSUCOMN intervient en 1970. Cette association a été créée en accord avec les administrations, les collectivités locales, la communauté urbaine, les offices d’HLM et plusieurs associations et organismes. Elle a pour objet de promouvoir de manière générale la résorption des courées dans la Communauté Urbaine et d’y concourir activement. Les statuts de cette association ont été déposés en Préfecture du Nord le 28 novembre 1969, et le Ministre de l’équipement et le Secrétaire d’État au logement ont passé convention avec elle le 23 avril 1970. Les programmes de résorption 1970 concernent à Roubaix et pour le quartier de l ‘épeule : l’ilot les Ogiers, l’ilot Vélocipèdes, l’ilot Fort Briet et l’ilot Fort Sioen. Les injonctions de démolir se succèdent. Les forts Briet et Sioen font alors triste figure : maisons inoccupées avec des baies murées, des murs de façade fissurés, des maçonneries dégradées.

Projet du Toit familial pour l’opération Descartes Beaumarchais doc AmRx

Le 2 novembre 1970 c’est la déclaration d’utilité publique qui est annoncée par voie de presse, et consécutivement l’acquisition par voie d’expropriation de plusieurs maisons dans les forts Sioen et Briet. Il est alors question de construire 166 logements au titre du programme à loyer réduit et 72 logements HLM. La démolition commence. C’est à présent l’opération Descartes Beaumarchais, du nom de rues du quartier. La délivrance du permis de construire intervient le 26 avril 1971 et la société « le Toit Familial » va finalement construire 81 logements PLR et 164 HLM. La fin de chantier est finalement déclarée le 10 septembre 1975. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Il y a eu des retards dans la construction qui a été rendue difficile par la faillite du maître d’oeuvre et de plusieurs entreprises, avec comme résultat un retard de deux ans dans les travaux.

Chantiers de l’épeule en 1974 Photo NE

Les locataires se constituent en association et confectionnent un livre blanc de revendications. Une invitation est lancée aux personnalités concernées : le directeur du GIL, la société HLM, mais il n’y aura pas de représentants du préfet, ni de la municipalité . L’association de défense est composée comme suit : M. Hus (président ), Mmes Robert, Gillant et Maes, MM Gouvé, Pelsmaekers, Dopierala, Martini et Bruggeman. Une liste des défauts a été réalisée : halls d’entrée non sécurisés, prospectus bouchant les boîtes aux lettres, on se fait adresser le courrier ailleurs, le nettoyage des entrées n’est pas effectué. Il y a des problèmes avec les ascenseurs et les lumières de secours dans les escaliers sont inexistantes.

Le bâtiment de la rue Descartes en 1977 Photo NE

La qualité intérieure des logements laisse à désirer : dalles de plastique sol se décollent, fissures dans les murs, fuites d’eau, portes ou fenêtres qui ferment mal, plinthes mal posées, peinture qui s’écaille, une seule prise électrique dans la cuisine, immeubles mal insonorisés. La réception définitive des travaux n’a pas eu lieu, mais la société est obligée par la municipalité de louer les appartements. Il faut donc remédier aux problèmes. 64 ont été mis en état, il en reste 96 à faire, c’est la condition de la réception définitive avec comme date limite des travaux juin 1977.

Le lotissement de nos jours Google Maps

Une demande d’abattement sur les loyers en cas de trouble de jouissance est formulée par les locataires et acceptée par les bailleurs. Il faut également faire les extérieurs et sécuriser la circulation avec des stops. Le certificat de conformité sera donné le 27 août 1979, soit quatre ans après la fin de chantier.

 

Le commissariat du boulevard de Belfort

Le vendredi 27 Novembre 1982, le secrétaire d’état à la sécurité publique, Joseph Franceschi est à Roubaix, pour visiter le commissariat au 301 avenue des Nations Unies. Il constate qu’il va être manifestement très difficile d’agrandir les locaux devenus trop étroits (voir sur notre site, l’article intitulé : le commissariat de la rue Pellart). Pourquoi, dans ce cas, ne pas créer un nouveau commissariat ? Il lorgne alors sur le terrain vide, juste en face, de l’autre côté de l’avenue. Ce terrain était l’emplacement de l’ancienne usine textile Lepoutre, rasée depuis. M Franceschi propose à la ville de Roubaix, un échange entre ce terrain de l’ancienne usine Lepoutre qui appartient à la Mairie, et le monument historique du commissariat actuel, appartenant à l’état, et qui peut devenir un lieu culturel. L’échange est conclu tacitement.

( Document NE 1982 )

Finalement, la municipalité propose un autre terrain situé boulevard de Belfort, qui est l’emplacement de l’ancienne usine textile : la SATAIN, juste à côté de la Bourse du Travail. Un accord est signé entre le Ministère de l’intérieur, M. le Préfet, le SGAP (Secrétariat général de la Police à Lille) et M. le Maire de Roubaix André Diligent.

Terrain vierge au début des années 1980 ( Document Archives Municipales )

Le terrain est loué provisoirement, en 1984, à la concession Renault, pour y présenter des voitures d’occasion. Sur la photo ci-dessous, on distingue les véhicules exposés, l’abri pour recevoir la clientèle, et surtout l’immense fresque Renault, que le garage a fait réaliser sur le mur latéral de la Bourse du Travail.

Terrain avec Renault 1984 ( Document Archives Municipales )

Le terrain de 4529 m2 est idéalement placé, à proximité du centre ville, au milieu des grandes artères de circulation ( les boulevards de Beaurepaire et Belfort, la rue Pierre de Roubaix élargie qui donne sur les boulevards Gambetta, Leclerc et l’avenue des Nations Unies ) afin que les véhicules de Police-Secours puissent arriver rapidement sur les lieux d’intervention. Une demande de permis de construire est déposée en 1986. Le cabinet d’architectes Bassez et Franck à Lille, est choisi pour mener à bien le projet.

Façade ( Document Archives Municipales )

Après avoir visité quelques commissariats sur la métropole, les architectes ont défini un projet avec des objectifs fonctionnels, comme par exemple :

– une cour intérieure ( pour les véhicules de police ) à l’abri des regards, et avec deux sorties ( boulevard de Belfort et rue Pierre de Roubaix )

– des cellules de détention avec un accès discret, à l’écart du domaine public.

Le confort de travail, la circulation, la commodité ont été pris en compte dans le projet.

Les surfaces au sol sont importantes : Bureaux 2200 m2, Garage 1100 m2, Parking 1200 m2.

Le rez de chaussée est fonctionnel et accueillant. On y trouve : le salon d’attente, le chef de poste, le service des étrangers, les renseignements, le service des accidents, le bureau des objets trouvés, la permanence pour les services de nuit.

La façade extérieure est en briques rouges.

Plans ( Documents Archives Municipales )

Les bureaux se situent aux étages. Ils sont confortables et nombreux, car affectés à un ou deux agents. Aux étages, on trouve le bureau du commissaire, le poste de commandement, la salle de réunion, une salle de cours, le fichier de l’identité judiciaire, et l’appartement de fonction du Commissaire principal.

Le stand de tir pour l’entraînement des policiers, se trouve à l’extérieur du bâtiment pour éviter les nuisances sonores, bien que l’isolation phonique soit performante.

Une cafétéria, une salle de sports avec douches sont à disposition pour l’ensemble du personnel.

Les espaces verts ne sont pas oubliés, puisqu’on décompte 240 m2 de terrasses et jardinières.

Construction ( Photos Lucien Delvarre )

Le Permis de construire est accordé et les travaux de construction commencent le 12 Janvier 1988. Plus de deux ans de travaux sont nécessaires pour la réalisation de l’ensemble, car la date de déclaration d’achèvement des travaux est le 29 Mars 1990.

Le déménagement se fait progressivement pendant le printemps et l’été 1990.

( Document NE 1989 )
( Photo Lucien Delvarre )
( Photo Google Maps )

En Octobre 1990, les policiers apprécient ce nouveau commissariat flambant neuf. Bien sûr le cadre a totalement changé, mais c’est surtout l’ambiance qui s’est métamorphosée. La tension est palpable, car le projet de réforme des services de ce nouveau commissariat, présenté par le commissaire M. Le Roy et le Directeur Départemental des Polices Urbaines M. Morineaux a du mal à être accepté par l’Intersyndicale et en particulier pour la fermeture la nuit, des commissariats des villes voisines comme Wattrelos, Wasquehal et Hem.

Les conflits de cette fin d’année 1990 sont-ils à l’origine du report de la date d’inauguration officielle de ce nouveau commissariat de police ?

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Remerciements aux Archives Municipales.

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