Un grand ancien : le Stade Roubaisien

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Plaque du Stade Roubaisien

La création du Stade Roubaisien remonte à l’année 1896, année qui vit son affiliation à l’Union des Sociétés Françaises de Sports Athlétiques (USFSA) fédération nationale omnisports qui éclata en plusieurs fédérations sportives spécialisées dès la fin de la première guerre mondiale. Le Président du Stade Roubaisien, Albert Bonnier, venait à peine d’avoir 16 ans. Le club louait alors une pâture au Pont de Croix, et son siège se trouvait au café Bellevue, à l’angle de la Grand Place et de la rue du Vieil Abreuvoir. Il comptera bientôt plus de cent membres, et s’installera après la première guerre mondiale sur une partie de l’ancien Parc Cordonnier qui prendra le nom de Parc Maurice Maertens, du nom du capitaine de l’équipe première du Stade, tombé au champ d’honneur. Les Stadistes ont construit eux-mêmes l’installation du Parc Cordonnier, se faisant peintres, menuisiers et manœuvres. Arthur Lepers, puis Edouard Toulet seront les présidents du club omnisports qui connaîtra ses premiers succès dès avant 1914…Le Stade Roubaisien fut la première société de France affiliée à la Fédération Française de Football le 9 juin 1919.

Photo Nord Éclair

L’inauguration du Groupe Scolaire Jules Guesde

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Programme inauguration 1933 doc AmRx

C’est le dimanche 3 Septembre 1933 qu’est inauguré le Groupe Scolaire Jules Guesde, dans la cour de l’école récemment construite dans la rue Jean Macé. A cette occasion, l’amicale laïque Jules Guesde organise des festivités pendant deux jours, avec retraites aux flambeaux, spectacles, concerts, bal et foire aux plaisirs. La cérémonie d’inauguration sera présidée par Jean Lebas, Député Maire de Roubaix et Conseiller Général, qui prononcera un discours ponctué par l’ouverture et la fermeture des bans par la Clique scolaire de la Fédération des Amicales Laïques. Ah, on savait inaugurer en ce temps là ! Depuis ce groupe scolaire a été le théâtre de nombreuses fêtes, spectacles et même compétitions sportives. A vos souvenirs !

Les 103 logements de 1955

1955 : après les sept semaines d’intempéries qui ont paralysé les travaux en janvier et février, trois nouveaux chantiers pour l’OMPHLM.

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Immeuble rue Horace Vernet Photos AmRx et NE

Un Collectif de six étages, 51 logements

Le collectif élevé à l’angle du boulevard de Fourmies et de la rue Horace Vernet est l’œuvre de Marcel Spender, comme l’indique la petite plaque sur le mur latéral côté boulevard. Les logements de ce collectif sont destinés à des jeunes mariés, ou des célibataires, des ménages sans enfants. Les appartements sont relativement petits : 22 studios de 28 m² comprenant une grande salle de séjour, une petite cuisine, une salle d’eau avec douche, wc, buanderie. Il y a aussi 17 logements de même composition avec une chambre en plus, soit une superficie de 44 m². Six autres avec deux chambres et six autres avec trois chambres. En tout 51 logements qui ont tous un grenier et une cave. Particularité : un ascenseur ne dessert que les 4ème, 5ème et 6ème étages.

Rue Weerts hier et aujourd’hui Photos Nord Eclair et PhW

Un groupe de maisons rue Weerts

Second chantier, le groupe de l’avenue Linné, œuvre de l’architecte Finet, est composé de vingt logements individuels. Douze ont trois chambres, les huit autres quatre chambres. Ce sont des maisons pour familles nombreuses. Dix garages seront construits à proximité. Ces logements seront habités le 1er août.

Le troisième chantier

Il se trouve rue Léonard de Vinci prolongée. Ce bâtiment de quatre étages, aux coursives arrière identiques à l’immeuble de la rue Horace Vernet, donne sur la cour de l’école Léon Marlot. Il est composé comme suit : seize studios de 29 m², huit logements F2, huit logements F3.

Lors de l’ouverture, il y aura de nombreuses demandes :  750 candidats pour les 103 logements proposés. Les personnes désireuses de louer un logement s’adressent à l’office municipal des habitations à loyer modéré qui a son siège à l’hôtel de ville de Roubaix entrée rue Foch.

Constructions HLM 1949-1950

La poursuite des HBM, les HLM.

Dès 1949, la ville poursuit l’effort enclenché avant guerre sur des terrains encore libres entre la rue Jean Macé et la rue Rubens.  Il est prévu qu’on construise dix sept blocs pour deux cents  logements et un centre sportif scolaire. En novembre 1950, deux cents habitations sont sorties de terre entre les rue Jean Macé, Horace Vernet, Rubens, et Raphaël, édifiées par l’office municipal HLM.

hcnv7 copieLes HLM des années cinquante (photos PhW et AmRx)

Particularités

La rue Fragonard ne traverse pas complètement le quartier. Elle part en effet de l’avenue Motte et vient donner dans la rue Jean Joseph Weerts sans atteindre l’avenue Linné. Sans doute le lotissement suivant était-il déjà prévu. Autre phénomène, l’allée Bonnard dans laquelle autrefois, se faisait l’entrée des immeubles est désormais fermée à la circulation. Aujourd’hui l’entrée se fait allée Renoir, du côté opposé.

hcnv7b copieLe terrain rouge, jour de l’inauguration, et jeux des enfants (photos Nord Éclair)

Le terrain rouge

C’est en juillet 1954 qu’est livré aux enfants le nouveau terrain de jeux dit le terrain rouge: des tourniquets verts et blancs, une cage à écureuil (sic) argentée, des barres fixes miniatures, un toboggan rutilant, un bac à sable, des balançoires. Ce jardin d’enfants est l’œuvre de M. Bernard, chef du service des jardins et ingénieur paysagiste, qui guide le maire Victor Provo et son équipe venus pour une inauguration sans grande pompe ni discours. Les arbres et les haies ont grandi, mais les équipements de jeux ont disparu pour des raisons d’entretien et de sécurité. Le terrain rouge sera un temps occupé par des terrains de baskets, et la question de l’occupation de sa surface reste à l’ordre du jour: certains y voient le marché, et même un marché couvert, d’autres préféreraient lui garder sa fonction de square et d’espace vert. Le débat est ouvert depuis quelques temps.

Constructions CIL 1949-1950

Dès 1948, les quartiers du Nouveau Roubaix et des Trois Ponts sont cités comme terrains disponibles pour bâtir…

CIL et Toit familial

En Janvier 1949 le CIL construit 110 maisons et un immeuble de 30 appartements. Dans le quartier du Nouveau Roubaix, dans le triangle avenue Motte, Gustave Delory et Horace Vernet, En octobre 1949 le CIL  a pratiquement terminé les alentours de la rue Mignard. L’opération se poursuit en janvier 1950 : on construit dans le même périmètre avec le Toit Familial. Le lotissement portera le nom évocateur de vertes allées.

vertesallees&fourmiesVertes allées et Boulevard de Fourmies Photos PhW

La maison plébiscitée

La cité expérimentale CIL de Mouvaux lancée et construite dans l’immédiat après guerre présentait un grand nombre de nouveaux modèles de maisons, parmi lesquels on en plébiscita  un en particulier. Ce type de maisons se retrouve dans les lotissements de cette époque, d’un côté et de l’autre de l’avenue Motte, à l’angle de l’avenue Delory, ou dans la cité de la gare de débord.

La cité de la gare de débord

Face à la rue Mignard et juste en dessous de la cité des Trois Baudets à Hem, qui est historiquement le premier chantier CIL de l’après seconde guerre mondiale, se poursuit le chantier démarré en janvier 1949. Le lotissement prendra le nom de l’ancienne affectation ferroviaire des lieux.

maisonmodeleLa maison plébiscitée  Photo PhW

L’avenue Motte

On l’a d’abord appelé avenue des Villas, puis boulevard industriel. Sa double voie est d’origine,  mais son terre-plein vient d’être débarrassé des derniers rails qui menaient autrefois les convois ferroviaires de la gare du Pile à l’emplacement de la gare de débord sur lequel sont apparues des maisons. L’avenue Motte est devenue une splendide artère à la suite du boulevard Clemenceau qui descend de Hem, et qui trouve dans son prolongement l’avenue Salengro à hauteur de la rue de Lannoy. Le macadam a remplacé les pavés.

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L’avenue Motte CP Médiathèque de Roubaix

Les immeubles HBM 1927-1930

Deuxième tranche de travaux

La ville de Roubaix développe un important programme de logements après une délibération d’août 1923, achète les parcelles entre le boulevard de Fourmies, l’avenue Alfred Motte et des Villas et la rue Linné pour l’Office Public Municipal d’Habitations à Bon Marché. Ces parcelles forment une vaste propriété de plus de 7 hectares dont la société Lemaire Frères et Lefebvre est propriétaire. L’achat est réalisé en 1923. La construction des immeubles HBM commence en 1927, dans une deuxième tranche de travaux.

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Des noms d’arbres pour les immeubles

La deuxième tranche de construction des HBM a permis de réaliser sept immeubles collectifs à quatre niveaux. Comme pour la première tranche, le même cahier des charges a été donné à sept architectes différents qui en ont donné leur interprétation personnelle, ce qui donne un certain cachet à l’ensemble. Des noms d’arbres ont été donnés à chacun des îlots : les Acacias, les palmiers, les Chênes, les Saules, les Châtaigniers, les Merisiers.

Des noms de peintres pour les rues

Les rues qui desservent ces HBM seront créées pendant leur construction. La municipalité choisit de leur donner des noms de peintres célèbres : Léonard de Vinci, Rubens, Fragonard, Van Dyck. Un peintre roubaisien figure parmi ce panthéon : Jean Joseph Weerts.

Présence du commerce

Les angles des îlots HBM accueillent bien souvent un commerce. Sur les 28 angles formés par les immeubles, on peut dénombrer: trois boucheries, trois épiceries, deux magasins de fruits et légumes, un fleuriste, un marchand de volailles, une boulangerie, une mercerie, une droguerie, un cordonnier, un salon de coiffure, une laverie automatique, et un restaurant. Quelques commerces ont aujourd’hui disparu et ont été reconvertis en logements, ou servent d’agence pour les bailleurs locaux.

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Les premières maisons HBM 1924-1928

Les projets de Jean Lebas

Au lendemain de la première guerre mondiale, un projet d’aménagement général d’un ensemble d’habitations destinées à la population ouvrière de Roubaix est impulsé par Jean Baptiste Lebas, Maire de Roubaix. Ce dernier a créé par décret le 3 juin 1921, l’Office Public d’Habitations à Bon Marché, ancêtre des H.L.M. Le Conseil Municipal du 31 janvier 1924 va émettre la demande d’utilité publique et les terrains sont achetés à la société Lemaire frères et Lefebvre, dans le but d’être cédés aux H.B.M. La rue Jean Macé fait partie de ce plan d’ensemble, avec cinq autres rues (Léon Marlot, Raphaël, Léonard de Vinci, Van Dyck et Fragonard) qui formeront le quartier du Nouveau Roubaix. La ville de Roubaix lance un premier chantier d’ensemble de maisons dans la rue Jean Macé.

Cinq architectes roubaisiens

Les travaux de construction des immeubles démarrent en janvier 1925, en partant de l’avenue Linné. L’Office des H.B.M. a attribué par lots les plans des constructions aux principaux architectes roubaisiens. C’est ainsi que Paul Destombes construira la première partie des immeubles constituée par une tranche de huit maisons, en façade latérale du Groupe scolaire de l’avenue Linné. Les huit maisons suivantes sont attribuées à l’architecte Poubel, puis huit autres encore à l’architecte Dupire, le lot suivant à l’architecte Barbotin, auquel succédera l’architecte Derveaux . C’est Paul Destombes qui clôturera les constructions par un projet déposé le 11 juin 1928. Le cahier des charges des constructions était le même, mais chaque architecte en donnera son interprétation personnelle, ce qui donne une variété de formes à des maisons qui ont cependant gardé un air de famille.

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Nouvelles rues

Le 27 juin 1924 , le Conseil Municipal donne le nom de Léon Marlot, jeune héros de la guerre 14-18, à une rue non viabilisée. Il faudra attendre cinq ans pour avoir une chaussée convenablement construite. La rue Léon Marlot se termine alors dans le chemin vicinal n°9 qui rejoint à l’avenue Alfred Motte. Son parcours sera rectifié en 1929 afin qu’elle se poursuive en ligne droite jusqu’à l’avenue Motte. La rue Jean Macé devient une voie publique en 1931 et elle rejoint l’avenue Motte après un parcours rectiligne, quelques mètres après une école communale de filles et de garçons (Groupe scolaire Jules Guesde) dont la construction a été rendue nécessaire par le développement de la population du quartier, et dont les plans ont été établis en décembre 1930, la réalisation étant achevée en 1934.

Que devient le terrain rouge ?

Quelques années après la libération, le Nouveau Roubaix poursuit sa construction. Il est ainsi prévu l’édification de dix sept blocs pour deux cents logements et un centre sportif scolaire. En novembre 1950, deux cents habitations sont sorties de terre entre les rues Jean Macé, Horace Vernet, Rubens, et Raphaël, édifiées par l’office municipal HLM. Dans ce nouveau cadre aéré, il reste un grand espace à aménager, situé entre les rues Ingres, Raphaël, Fragonard et Van Dyck.

L’espace dit le terrain rouge CP Méd Rx

En juillet 1954 est livré aux enfants un nouveau terrain de jeux : des tourniquets verts et blancs, une cage à écureuil (sic) argentée, des barres fixes miniatures, un toboggan rutilant, des bacs à sable, des balançoires[1]. Ce jardin d’enfants est l’œuvre de M. Bernard, ingénieur paysagiste, chef du service des jardins, lequel guide le maire Victor Provo et son équipe venus pour une inauguration sans grande pompe ni discours. L’appellation jardin d’enfants laissera bientôt place à celle de terrain rouge,  de la couleur du schiste qui recouvrait le sol. Un premier bac à sable se trouve du coté de la rue Van Dyck, un deuxième longe la rue Ingres, près duquel se dresse la cage à poules[2] (sic). On a installé des barres fixes dans l’angle formé par les rues Ingres et Raphael, et un grand portique de balançoires se trouve aligné avec la dernière rue citée.

Les jeux pour les enfants Photo NE

C’est en juillet 1954 qu’est livré aux enfants le nouveau terrain de jeux dit le terrain rouge: des tourniquets verts et blancs, une cage à écureuil (sic) argentée, des barres fixes miniatures, un toboggan rutilant, un bac à sable, des balançoires. Ce jardin d’enfants est l’œuvre de M. Bernard, chef du service des jardins et ingénieur paysagiste, qui guide le maire Victor Provo et son équipe venus pour une inauguration sans grande pompe ni discours. Les arbres et les haies ont grandi, mais les équipements de jeux ont disparu pour des raisons d’entretien et de sécurité. Le terrain rouge sera un temps occupé par des terrains de baskets, et la question de l’occupation de sa surface reste à l’ordre du jour: certains y voient le marché, et même un marché couvert, d’autres préféreraient lui garder sa fonction de square et d’espace vert. Le débat est ouvert depuis quelques temps.

[1] D’après le Nord Eclair de 1954

[2] Des propres paroles d’un témoin

Un train sur l’avenue Motte

En 1910, les roubaisiens souhaitent un boulevard industriel comme à Douai ou à Lille, avec une voie ferrée. Ils veulent relier la Gare de Roubaix Wattrelos (dite du Pile) qui est au Carihem et une gare de débord qui se trouverait près du Contour des Petites Haies, en bas du boulevard Clémenceau qui vient d’Hem. Le train viendra alimenter les usines en charbon et en matières premières, et transportera leur fabrication. Quelles sont les usines concernées ? Il y a principalement l’usine Motte Bossut construite en 1903 (aujourd’hui plus connue sous le nom de l’Usine, importante surface de vente de textiles), mais d’autres industriels vont venir s’installer, comme Auguste Cavrois qui fera construire la Filature de Maufait, en 1928 et Léon Frasez un tissage juste en face de Motte Bossut en 1925.

La Ville de Roubaix commence la réalisation du boulevard industriel (avenue Salengro et avenue Motte). Elle fait construire le terre-plein pour le train et les deux voies de chaque côté pour les voitures. La Compagnie des Chemins de fer du Nord donne son accord en 1911 et un projet de gare de débord est élaboré le 26 mai de la même année, elle doit se trouver en face du boulevard de Fourmies. Mais deux évènements importants vont retarder le projet. En 1912, l’industriel Eugène Motte est battu aux élections municipales et remplacé par le socialiste Jean Lebas. La vente des terrains n’avance pas et les décrets d’expropriation sont longs à obtenir. L’opération va pouvoir démarrer en 1914 quand éclate la première guerre mondiale. Il faudra attendre 1920 pour reprendre les travaux. On doit changer d’entrepreneur, le dernier étant mort pour la France. A l’emplacement de la future gare de débord, il y a des baraquements montés par la Préfecture avant l’invasion allemande, qui sont dans un état d’insalubrité. Des mesures sont prises, les rails sont posés, mais le train ne circulera qu’à partir des années trente. Les personnes interviewées disent qu’il n’y a pas eu de gare de débord, et qu’il n’y avait qu’une seule voie…

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Les rails sur l’avenue Motte CP Méd Rx

Par contre le train circule. Une fois par jour, toujours à la même heure, un peu avant midi, il remonte le boulevard industriel et traverse les importantes rues Pierre de Roubaix, de Lannoy et Lecomte Baillon. Ces endroits sont dangereux, car il y a des passages à niveau sans barrières.

Ce train était-il rentable ? Servait-il vraiment à quelque chose ? Le développement de l’automobile et du transport routier l’a sûrement concurrencé, comme il le fait aujourd’hui. La seconde guerre mondiale va l’achever. Une personne nous a dit que les allemands ont démonté les rails pour les emmener en Russie. Après la libération, des arbres ont été plantés sur le terre-plein et cet endroit est devenu un grand boulevard.

Notre article et les recherches de Dalila ont suscité des commentaires :

En 2001, j’ai eu l’occasion de m’entretenir avec monsieur Fayolle (service Patrimoine de la SNCF), au sujet de la voie ferrée désaffectée reliant Somain à Halluin et passant par Herseaux-Wattrelos-Roubaix-Lys Lez Lannoy-Hem-Forest-Ascq : il y a bien eu un « itinéraire de rocade » avec sa gare de marchandises dite « Annexe du Nouveau-Roubaix », en parallèle à la ligne ferroviaire principale Ascq-Forest-Hem-Roubaix-Wattrelos à double voie.
D’après les documents d’archives de la SNCF, cette petite rocade devait venir « aérer » la ligne principale et elle fût réalisée par la Compagnie du Nord-Est. A la différence de la ligne principale, cette rocade était bien à voie unique. Aucun de mes documents ne fait mention du transport de voyageurs comme ce fût le cas pour la ligne principale qui transportait voyageurs ou travailleurs à bord de trains appelés « trains-omnibus » ou « navettes ».
Il n’y avait pas de barrière pour séparer la chaussée de la voie ferrée et les gens passaient de l’une à l’autre… Des affiches signalétiques, aux dessins très expressifs, rappelaient aux passants « Ne marchez pas sur la voie ferrée ! »
Je ne sais pas quel type de marchandises y était acheminé, sachant que sur la voie principale, matières premières et textiles y transitaient, mais aussi des courriers (trains de messagerie), des produits chimiques notamment avec l’usine Péchiney-Ugine-Kuhlmann qui réceptionnait des trains entiers de soude en provenance de Jarrie-Vizille… Son site (fermé et ultra pollué ) est devenu un point noir à Roubaix !

Dalila poursuit

J’ai repris contact avec les archives de la SNCF, mais également avec un groupe d’anciens cheminots du Nord qui sont organisés en diverses associations et qui collectionnent photos, articles, revues spécialisées… : l’un d’eux m’a répondu et il est OK pour étendre la recherche auprès de son réseau.
Autre info : l’époque de la construction de la voie ferrée du bd Industriel correspond à la période des chantiers d’aménagement des voies industrielles secondaires (canaux et rails) sous le Plan Freycinet. Ainsi, les voies ferrées passant par Roubaix étaient inscrites au programme 2 et programme 3 de ce Plan national.

Philippe Armand complète notre information :

J’ai été informé de cet article par Dalila et c’est avec plaisir que je partagerais mes modestes connaissances relatives aux deux sujets de cete discussion à savoir la ligne Halluin-Somain et la desserte ferroviaire de l’Avenue Alfred Motte. Il s’avère que je suis natif de Roubaix où j’ai vécu jusqu’en 1990. Mes premiers commentaires vont être un peu négatifs. Je suis un peu surpris qu’il soit fait allusion à la Compagnie du Nord-Est pour l’embranchement de l’Avenue Motte dans la mesure où il s’agit d’un dossier du 20° Siècle alors que cette compagnie a disparu suite à la Guerre de 1870 et les concessions qu’elle avait obtenues de l’Etat furent ré attribuées à la Compagnie du Nord.
D’après les éléments dont j’ai entendu parler, cet embranchement industriel n’avait pour but que de desservir des industriels riverains un peu comme en Gare de Croix-Wasquehal. Il n’a jamais été question d’une ligne complémentaire à une section de la ligne Halluin-Somain.
Je pense que des reportages sont déjà parus dans Nord Eclair à ce sujet lors d’une période estivale.
J’ai déjà eu l’occasion de voir des photos de cet embranchement avec des wagons stationnés. Il s’agissait de tombereaux à essieux avec une version à trappes supérieures pour l’un d’eux. Ces wagons étaient sur une voie annexe à la voie principale.
J’aurais l’occasion d’effectuer d’autres interventions destinées à faire avancer vos recherches.

Les premiers lotissements 1922-1924

La société anonyme roubaisienne d’habitations ouvrières

Les maisons de l’avenue Linné Photo PhW

En 1921, cette société, dont le président est Edouard Rasson et le secrétaire Victor Hache, entreprend la construction de 22 maisons de part et d’autre de l’avenue Linné. Ce chantier donnera le superbe alignement de l’avenue Linné et en face, le square des Platanes. Les premiers habitants s’installent en 1924. Un témoin raconte : il n’y a jamais eu de réhabilitation, sauf un coup de peinture pour le square des platanes en plus de 90 ans d’existence. Victor Hache demeurait lui-même dans une des maisons de l’avenue Linné. Cette société a bâti le même type de maisons dans le quartier du Hutin, également à Croix, Wattrelos, Lys et Leers.

Le square des Platanes doc AmRx

Lotissements ou HBM

Le nom d’Henri Sellier donné à une petite rue située au milieu des constructions du quartier du Nouveau Roubaix rappelle les choix qui ont été faits à l’époque en matière de construction de logements. Henri Sellier était en effet Président des HBM de la Seine, et sa grande cause était l’amélioration de l’habitat des populations ouvrières. On se trouve en effet en présence de deux logiques dans l’entre deux guerres : l’une, d’initiative privée, les lotissements, dont le square des Platanes est un exemple  roubaisien, et l’autre d’initiative publique, les cités-jardins et les HBM. Les habitations à bon marché, ou HBM ont été réalisées dans l’ensemble de la France. C’est la loi Siegfried du 30 novembre 1894 qui crée l’appellation d’« habitations à bon marché » (HBM) incitant la mise à disposition de logements à prix social avec une exonération fiscale.

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Square des Platanes Coll Particulière