La démolition du Théâtre

Le 5 novembre 1882, un nouveau théâtre, d’initiative privée, est inauguré, il s’agit de l’Hippodrome Théâtre. Il se situe sur le boulevard Gambetta, à côté de l’Usine Motte Bossut que l’on distingue sur le document ci-dessous.

document archives municipales 1882
La façade ( document collection privée )

Cette salle de spectacle, qui peut contenir entre 1500 et 1800 personnes, accueille des représentations très diversifiées, entre opérette et opéra, théâtre dramatique et comédies, vaudevilles et grands drames. Le célèbre Cirque Franco-Belge y vient chaque année au moment de la grande foire. Des meetings politiques, conférences et débats électoraux s’y déroulent également. Pendant des décennies, l’Hippodrome théâtre devient une scène d’audience nationale, qui reçoit des artistes prestigieux.

La salle de spectacle en 1936 ( document collection privée )

Voir sur notre site l’article sur l’histoire de l’Hippodrome, en cliquant sur le lien :

https://ateliers-memoire.com/themes/commerces/ah-lhippodrome-theatre/ 

Après la seconde guerre mondiale, le Grand Théâtre change de direction : Angèle Vandorselaere et Léon Delmulle qui l’ont dirigé jusqu’ici, laissent la place à Jean Dubois qui arrive avec de l’expérience et des projets de programmes de variétés. En 1947, M. Dubois a pour projet de transformer le grand théâtre en Capitole, et de passer du théâtre lyrique à des programmes plus variés.

Transformation L’Hippodrome devient le  Capitole ( document collection privée )
Rénovation ( document collection privée )

Des travaux énormes sont engagés : réfection de la façade, élargissement des portes d’entrée, installation de véritables sièges pour remplacer les banquettes des premières galeries. On souhaite moderniser la décoration de la salle, en blanc et rouge, avec des éclairages et installations électriques conformes, et du chauffage au mazout. On supprime les anciens décors et on les remplace par des toiles de fond. La réouverture a lieu en Janvier 1948.

Le capitole ( document collection privée )

Voir sur notre site, l’article sur le Capitole, en cliquant sur le lien : 

https://ateliers-memoire.com/roubaix/centre/et-lhippodrome-devint-le-capitole/

Le début des années 1950, s’annonce difficile. Mr Catriens directeur du Capitole, nommé en 1951, s’interroge. Pourquoi les spectateurs boudent-ils les spectacles proposés malgré les gros travaux de rénovation. La désaffection croissante du public envers les spectacles lyriques rendent l’entreprise hasardeuse. On tente de le moderniser, un écran de cinéma est installé, on organise même des combats de catch. En 1957, la situation se dégrade encore, la municipalité reproche au Capitole sa vétusté et en particulier l’inconfort des sièges ainsi que sa forme de rotonde qui l’empêche d’accueillir des spectacles nouveaux.

document Nord Eclair 1957

Pour sauver le Capitole, l’hypothèse la plus réaliste reste celle des galas : quelques vedettes connues et un choeur d’amateurs comme le CAR, Cercle Artistique Roubaisien, mais l’argent manque. La solution la plus radicale serait alors, de fermer le Capitole !

Un dimanche de mai 1957, le rideau du Capitole théâtre tombe définitivement sur la dernière représentation des « Mousquetaires au Couvent ». C’est le dernier spectacle. La vénérable salle s’endort alors d’un sommeil pesant : le brouhaha, les applaudissements, les strophes vocales, tout cet aspect merveilleux du théâtre s’enlise doucement dans l’indifférence, après une carrière longue de 80 années. L’évolution des mœurs, le tourisme, la télévision, le cinéma ont été cités comme responsables de cette fermeture.

La société Le Capitole est dissoute le 16 avril 1964. En Juillet de cette même année, le bulldozer arrive et massacre tout. Il ne lui faut que peu de temps pour jeter bas toute la structure du bâtiment, la façade monumentale s’écroule sous les coups de boutoir des engins. Il ne reste plus qu’un terrain vague jonché de gravats et de débris de toutes sortes.

la démolition du théâtre 1964 ( document Nord Eclair )

La COMIF, Compagnie d’Investissements Fonciers, reprend le terrain ainsi que le café voisin. Un projet immobilier voit le jour pour la construction sur cette surface de 2700 m² d’un immeuble de dix étages baptisé « La Résidence du théâtre », aligné sur le boulevard Leclerc, et d’une station service « Total ».

La construction de la « Résidence du théâtre » en 1975
Document Nord Eclair 1977
La station « Total » boulevard Leclerc

Ainsi disparaît à jamais un des grands lieux culturels et historiques de notre ville.

Remerciements aux archives municipales

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