Eugène Motte est né en 1860. Industriel et fils d’industriel, enfant de Roubaix, marié à vingt-quatre ans, il prend la succession de l’entreprise au décès de son père Alfred Motte en 1887. Il est, à quarante et un ans, responsable de neuf usines donnant du travail à 8.000 ouvriers et père de huit enfants. Il a, en outre, fondé deux usines en Pologne.
Eugène Motte est un homme très simple. On le décrit aussi comme « sachant parler aux ouvriers avec leur langage » et peu enclin à envisager une carrière politique.
Il devient pourtant maire de Roubaix en 1902 et le restera jusqu’en 1912. Il est député de 1898 à 1906 et membre du Conseil général de 1895 à 1907.

Eugène Motte décède à Roubaix le 23 Octobre 1932. En 1935, la municipalité décide d’ériger un monument en sa mémoire sur lequel apparaît l’effigie de celui à qui la ville accorde officiellement l’hommage du souvenir.

Le monument se trouve à l’angle du boulevard Gambetta et de la rue de l’Union. Son emplacement n’a pas été choisi au hasard puisque le terrain appartient à la famille Motte. C’est en effet Louis Motte qui avait créé sur cet emplacement, »la filature monstre » Motte Bossut vers 1850, ravagée par l’incendie de 1866.


C’est un monument en pierre de Boulogne et en marbre blanc, réalisé par le statuaire Raoul Bénard, Grand Prix de Rome et par l’architecte, Gustave Poubel.


De part et d’autre du monument, se trouvent deux allégories formant les bas reliefs : à gauche l’Abondance avec en arrière plan l’hôtel de ville et à droite Mercure se détachant sur un fond d’usines.

L‘inauguration du monument se déroule le Dimanche 22 Septembre 1935, sous la présidence d’ Armand Guillon, préfet du Nord et de Maurice Colrat, ancien ministre.

Sur la photo ci-dessus, on distingue de gauche à droite : M. Nicolle député, Eugène Motte fils, Mme Eugène Motte, M. Guillon préfet du Nord, M. Colrat ancien garde des Sceaux, M. Carissimo président de la chambre de commerce de Roubaix et Robert Motte.


La partie gauche du monument, rappelle qu’en 1915, l’armée allemande impose aux usines la fabrication de vêtements de guerre et de sacs de tranchées pour ses soldats. Eugène Motte refuse alors de participer à cet effort de guerre : « Nous ne pouvons pas accepter le rôle de collaborateur de l’ennemi. Vous pouvez réquisitionner nos biens. Vous ne pouvez réquisitionner nos personnes. Notre conscience de Français s’y refuse ».


Pour clôturer la cérémonie, un banquet est ensuite servi dans la magnifique salle de réception du Cercle de l’Industrie de la Grande rue.

Remerciements aux archives municipales