Alors que les fêtes du moulin honorent leur rendez vous de juin, comme chaque année, avec une braderie et des animations sur la plaine du Moulin, il est bon de se souvenir que Leers eut autrefois trois moulins sur son territoire. C’étaient des moulins à vent car il n‘y avait pas de cours d’eau susceptible de prêter à leur manœuvre.

doc ADN
Ils existaient tous en 1870. Le premier, à son origine était construit en bois et se trouvait, se trouve encore sur la colline du Quevaucamp, longé par une route appelée jadis carrière du Moulin, devenue un peu plus tard rue Hoche. Ce moulin dont nous avons déjà parlé a l’aspect d’une imposante tour en briques dont les murs de base font 70 centimètres d’épaisseur pour finir à son sommet avec 30 centimètres d’épaisseur. Les Leersois consultés par voie de référendum se prononcèrent pour sa réhabilitation (voir notre article à ce sujet).
Les deux autres moulins se trouvaient dans la rue de Wattrelos et sont aujourd’hui disparus. L’un construit en bois était appelé Moulin Druon du nom de celui qui en avait la charge. Il était utilisé au broyage des graines de lin et de colza pour la fabrication de l’huile. Tombé de vétusté en 1918, il se trouvait aux alentours du 46 de la rue de Wattrelos, non loin de la cité Bauwens.
L’autre se trouvait de l’autre côté de la rue et on l’utilisait sans doute pour la mouture du blé, ce qui n’est pas confirmé vu le souvenir très lointain qu’il a laissé aux leersois. Ces deux moulins appartenaient à la famille Lezaire puis devinrent la propriété des familles Courier et Salembier.

Revenons au survivant, qui fut érigé en bois vers 1836 et exploité par Simon Hubert Fourez qui décéda en 1847. Sa veuve Lucie-Marie Delneste poursuivit l’exploitation avec ses quatre enfants. Vers 1852, le moulin fut abattu par un coup de vent et Mme Fourez le remplaça par un moulin en briques. Son fils Simon Fourez l’exploita juqu’à sa mort intervenue en 1893. En 1895, les frères Derache, neveux de M. Fourez, lui succèdent. Ils utilisent le moulin pour moudre le blé et le seigle, dont le grain provenait d’autres contrées.
Le moulin cessa toute activité en 1914 à cause de la guerre. Le meunier n’acceptait plus que de moudre de petites quantités pour satisfaire ses clients et de ce fait il devait souvent arrêter la marche de son moulin. Un général allemand de passage remarqua les mouvements du moulin et imagina qu’il renseignait les Français sur les mouvements de troupe allemands. Arthur Derache échappa de peu au poteau d’exécution, un caporal allemand ayant intercédé en sa faveur. Le moulin lui s’arrêta définitivement.
D’après Nord éclair
On consultera avec intérêt l’article de fond consacré aux moulins de Leers par l’association Leers Historique.