
Dès l’avènement du chemin de fer, les compagnies mettent en marche des « trains de plaisir » desservant les plages littorales le dimanche. A l’été 1953, la SNCF propose encore des billets spéciaux dits « un jour à la mer ». On peut également prendre le car, mais, c’est surtout le développement du parc automobile à partir des années 50 qui fait affluer des citadins vers le sable des plages françaises et belges à travers la campagne flamande.

Journal de Roubaix Août 1856
Quand on choisit l’autocar, on est nombreux à profiter de l’aubaine. On peut partager le plaisir, on chante tous en chœur « la mer, qu’on voit danser… », et on se retrouve, le soir à l’heure dite, pour le voyage de retour.

Pour les autres, vous en souvenez vous ? La malle de la voiture nouvellement acquise est remplie de paniers à pique-nique, de seaux et de pelles pour édifier les châteaux de sable, de chambres à air patiemment cherchées, pour faire office de bouées. Le Graal est la chambre de camion, ou mieux, mais inaccessible pour le citadin celle d’un tracteur, pour étendre le jeu à plusieurs participants. La galerie sur le toit est chargée de transats de bois et de toile qui pincent les doigts lors des manœuvres, mais où on est si bien allongé face à la mer.

Les plus aisés louent une cabine pour se changer, les plus prévoyants ont amené une tente de plage, abri imparable contre le vent. Les autres se débrouillent autrement et se cachent pudiquement à l’aide de serviettes de bain. Certains utilisent une vaste serviette cousue qu’on enfile par la tête, serrée autour du cou par un élastique.
On n’a pas oublié le parasol de couleurs vives, aux baleines duquel on accroche ses vêtements pour qu’ils ne traînent pas dans le sable.

Le midi, on peut pique-niquer d’un simple sandwich ou d’un repas froid préparé à l’avance par la maîtresse de maison, tout ça défendu chèrement contre l’invasion du sable. On peut aussi aller au restaurant qu’on choisit soigneusement parmi ceux placés le long de la digue. A La Panne, le prix d’un poulet-frites était de cinq francs français !

L’après-midi se passe en jeux de toutes sortes sur la plage et dans l’eau, sans oublier les dunes sources infinies d’aventures.

On sort les ballons, les raquettes, cet anneau en caoutchouc-mousse qu’on se renvoie l’un à l’autre des heures durant… Les jours fastes, on était parfois passé au préalable chez le marchand de jouets de plage tout proche !

Bien sûr, on va trouver des embouteillages, le soir, sur la route du retour, mais comment éviter l’inévitable ? On traverse à la queue leu-leu villes et villages le long de rues où les habitants ont sorti des chaises pour mieux regarder passer ces vacanciers d’un jour au retour de leur périple.

Aujourd’hui encore, certains nostalgiques essaient de revivre ces voyages avec des accessoires d’époque
