Carlier Vogliazzo ( suite )

En 2004, Pascal Carlier et Paulo, le responsable du magasin de Roubaix, reprennent l’entreprise qui se nomme désormais CVA. Dans les rayons de Carlier Vogliazzo, les produits incontournables qui ont fait la réputation de la maison, sont bien sûr toujours présents : charcuteries, fromages, pâtes fraîches, antipasti, mais aussi les vins, les huiles d’olives bio, ou encore les lasagnes importées directement d’Italie.

Pascal Carlier ( document Nord Eclair )
document Nord Eclair

En 2013, le local de Lille, situé à l’intérieur du marché couvert de Wazemmes, devient trop petit. On le déplace alors un peu plus loin, au 381 rue Léon Gambetta. Le magasin de 300 m2 est pittoresque et authentique. On voyage en méditerranée, au fil des produits pendus au plafond ou humés (épices, jambons, olives, fromages…).

14 salariés travaillent désormais dans l’entreprise sur les magasins de Roubaix et Lille, pour proposer d’innombrables références allant de la gelée royale d’Espagne au Jambon de Parme en passant par la Saucisse de Sardaigne, la Figatelle de Corse à la Mozarella di Buffala italienne.

le magasin de Lille ( document Carlier Vogliazzo )

« 70 % de la clientèle de Carlier Vogliazzo est issue de l’immigration » soulignent Pascal et Paulo. « La politique est de proposer le meilleur produit au meilleur prix. Résultat, les clients du Grand Nord de la France et même de Belgique y ont leurs habitudes : « Des gens qui font 80 km pour venir chez nous, ce n’est pas exceptionnel ! On dure dans le temps, parce qu’on est une entreprise familiale, traditionnelle qui ne prend pas le client pour de la marchandise. Ici, ça parle toutes les langues, ça met du charme, du folklore, une ambiance qui sent le vécu, l’évasion ! ».

document Nord Eclair

En 2016, le magasin de Roubaix ferme tout le mois d’Août pour travaux. Il en avait bien besoin, en effet, depuis 1949, il était resté dans son jus, ou presque ! Le principal changement que constate le client, c’est l’implantation de la boutique. L’entrée se fait toujours par la même porte, à l’angle de la rue Emile-Moreau, mais on ne se heurte plus aux clients patientant devant le grand comptoir frigorifique. Ce dernier va être installé un peu plus loin, au centre de la boutique, pour assurer une meilleure circulation. Autre nouveauté : une fois le panier rempli, le client sort juste à côté de la caisse, par la grande porte vitrée donnant sur la rue de l’Alma. « L’idée, c’est d’améliorer l’accueil et le service à la clientèle. La boutique va être plus fonctionnelle, plus belle », souligne Nathalie Carlier, l’épouse de Pascal.

document Nord Eclair

En 2020, la crise sanitaire touche tous les pays. Le Covid change les habitudes de consommation. Carlier Vogliazzo s’adapte et propose un service supplémentaire, un site de vente en ligne voit le jour. 

document Carlier Vogliazzo

Aujourd’hui, avec presque 80 années d’existence, Carlier Vogliazzo est toujours présent dans les 2 magasins de Roubaix et Lille. Plus de 3000 références directement importées d’Italie, d’Espagne, du Portugal, de Grèce sont proposées à la clientèle en collaboration avec les plus grandes marques mais aussi avec des petits producteurs.

Carlier Vogliazzo : C’est l’un des plus illustres commerces de bouche roubaisien ! La devise des magasins est donc : « Le temps passe, les goûts et la qualité restent ».

document Nord Eclair
Les lettres effacées de l’enseigne indiquent la longévité impressionnante du magasin de Roubaix ( Photo BT )

Remerciements aux archives municipales

Carlier Vogliazzo

Jean Carlier est né dans le Pas-de-Calais, Elvira Vogliazzo est d’origine italienne. Ils ouvrent une petite épicerie, au 96 rue de l’Alma à Roubaix, en 1949. C’est une toute petite échoppe de 20 m2, dans laquelle le couple propose des spécialités italiennes. Les débuts de leur activité sont encourageants, ils ont tous deux, le sens du commerce, et bénéficient d’une clientèle italienne nombreuse dans le quartier, des immigrés italiens qui ont du quitter leur pays et le régime fasciste.

document Carlier Vogliazzo

En 1952, le manque de place de leur magasin se fait cruellement sentir, mais aucune possibilité pour Jean et Elvira d’agrandir leur point de vente. Ils ont alors l’occasion de reprendre un local voisin, au 110 de la rue, à l’angle de la rue Emile Moreau. C’était auparavant le Foyer des Gardiens de la Paix. Ils aménagent à l’intérieur leur nouveau magasin d’alimentation et font appel à un entrepreneur local, Mr Pagliano, situé rue Philibert Delorme, pour des travaux de façade : remplacer 4 petites fenêtres par deux baies vitrées, une sur la rue de l’Alma et une sur la rue Emile Moreau. La gamme de produits s’étoffe, l’immigration italienne depuis la dernière guerre se développe, les quotas d’importation de produits étrangers baissent: les affaires du nouveau magasin deviennent alors prospères. En 1959, Jean confie des travaux de rénovation de sa façade ( rejointoiement et cimentage ) à l’entreprise de René Buil, au 27 rue Voltaire.

document Carlier Vogliazzo

Jean Carlier est non seulement bon commerçant, il est également curieux, Tout l’intéresse et en particulier les voyages. C’est lors de déplacements en Espagne et au Portugal qu’il découvre d’autres produits et d’autres saveurs. Au début des années 1960, Jean et son épouse développent donc leur gamme de produits pour satisfaire leur clientèle tout en évitant les intermédiaires afin de proposer des prix bas.

Jean Carlier précise : « Les clients recherchent « les produits du pays », les voyageurs qui ont un souvenir gustatif de leurs vacances en Espagne, en Italie, au Portugal, les curieux qui aiment goûter des saveurs nouvelles, différentes et enfin les connaisseurs qui ne viennent pas chez nous par hasard ! »

En 1968, Jean développe son entreprise en reprenant un magasin d’alimentation : Le Comptoir Français de Distribution, situé au 8 Contour Saint Martin. Il demande à l’architecte Raymond Lecocq, de la rue d’Inkerman, de transformer et d’agrandir le magasin et d’aménager 2 appartements dans les étages.

Façade et plan du 8 Ctr St Martin ( document archives municipales )
Publicité 1971

Par la suite, Jean Carlier reprend la maison voisine de la rue Emile Moreau. L’architecte choisi est Emile De Plasse au 230 rue Pierre de Roubaix, qui organise une légère transformation de la façade avec le percement d’une porte de garage.

La façade de la maison rue Emile Moreau ( document archives municipales )

En 1974, Jean ouvre un troisième point de vente à Tourcoing, au 40 rue de Moscou.

Publicité 1975

Au début des années 1970, Henri, et Jean-Pierre, les deux fils fils de Jean et Elvira entrent dans la petite entreprise, pour créer l’activité de vente en gros destinée aux restaurants, pizzerias et autres commerces. Le volume engendré nécessite d’agrandir les locaux en reprenant un entrepôt de stockage de 300 m2, avec 3 chambres froides, et situé au 33, rue Cadeau. Un parking est aménagé dans cette même rue, après la démolition de quelques maisons insalubres.

document Carlier Vogliazzo
Entrepôt rue Cadeau ( Publicité 1981 )

Carlier Vogliazzo devient alors la référence régionale de la profession. En 1977, Henri rachète la maison voisine du 108 rue de l’Alma pour agrandir le magasin. La surface de vente et la réserve à l’arrière s’étalent désormais sur 159 m2.

document archives municipales et plan cadastral
Façade 1980 document Carlier Vogliazzo

A la fin des années 1980, Henri et son jeune fils Pascal, sont présents sur le marché de Wazemmes à Lille, tous les dimanches en matinée. Excellente école pour le jeune garçon qui commence à apprendre le métier. Il finit ensuite sa formation dans l’entrepôt de la rue Cadeau.

En 1995, la famille Carlier arrive en Belgique. L’objectif est de proposer leurs gammes de produits de la Méditerranée : « Les produits du Soleil » aux professionnels belges.

document Carlier Vogliazzo

A suivre . . .

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