L’îlot de l’Hôtel des ventes

Aussitôt l’avenue des Nations Unies tracée, la salle des sports et le parking-Silo construits, on s’aperçoit, au milieu des années 80, que le virage de l’avenue offre à la vue de l’automobiliste un alignement de façades disparates datant du siècle précédent, peu attrayantes et incompatibles avec le standing de la nouvelle avenue. Dans la foulée des restructurations réalisées dans le quartier, on envisage alors une nouvelle opération de modernisation.

Photo Nord Eclair

Très vite, c’est l’ensemble du pâté de maisons limité par l’avenue des Nations Unies, la rue Pauvrée, la grand rue et la rue du curé qui retient l’attention des pouvoirs publics : après avoir restructuré l’Alma gare et l’Alma centre, on veut poursuivre les travaux de reconstruction. Cet ensemble est dénommé Îlot de l’hôtel des ventes.

L’îlot en 1953

Cette dénomination vient du fait qu’en 1968 s’est installé sur des parcelles au centre du pâté de maisons l’hôtel des ventes, venu de la rue du Collège en quête de l’espace qui lui manquait cruellement. Cet hôtel des ventes se trouvait rue du Collège depuis les années 30, après avoir déménagé de la grand rue. On construit sur le site un vaste bâtiment et des parkings, qui vont accueillir enchérisseurs et curieux.

Photos IGN et Nord Eclair

L’entrée principale s’ouvre au 22 rue du curé, face à la rue du vieil abreuvoir. Là se trouvait déjà une porte cochère. Un autre accès donne sur la rue Pellart

Avant et après – Photos Nord Eclair et Daniel Labbe

Pourtant, le projet de restructuration prévue de l’îlot reste modeste : comme on ne désire toucher ni à l’hôtel des ventes lui-même, construit récemment, ni au commissariat, dont le remplaçant est encore en projet et qu’on prévoit d’agrandir. Ces deux ensembles constituent avec la CAF, qui doit être reconstruite rue Gambetta en 1984, l’essentiel du centre de l’îlot. On projette seulement deux ensembles d’immeubles d’habitation donnant sur l’avenue des Nations Unies. L’un comportera 100 logements, et l’autre 90. Leurs emprises sont colorées sur le plan ci-après.

La Voix du Nord 1982

Tout l’alignement qui constitue les numéros pairs de la rue Pellart jusqu’au commissariat seraient donc amenés à disparaître. Ces immeubles en bon état, quoique souffrant d’un manque d’entretien abritaient depuis l’origine diverses entreprises de taille modeste, dont les locaux ont été repris après guerre par des associations. On y trouvait en effet, dans les années 60-70, au 8 l’atelier de réadaptation de l’association des paralysés de France, au 12-14 le centre d’apprentissage de filature du coton, au 34 le foyer des travailleurs africains, ainsi que plusieurs commerces et petites entreprises, sans compter quelques habitations individuelles.

Les immeubles du coin de la rue Pellart pendant les travaux de construction du Parking-Silo

Mais, au final, ce projet ne se concrétise pas. Il faut attendre la fin de la décennie suivante pour que les premières démolitions interviennent. Elles seront les prémices à un projet beaucoup plus vaste.

En 1996, le maire, René Vandirendonck, conscient de la disparition progressive du commerce dans le centre de la ville, défend devant la communauté urbaine un plan de réimplantation commerciale.

Celui-ci se concrétise d’abord par l’implantation de l’ensemble Mac Arthur Glenn sur les ruines de Roubaix 2000. Ce premier pas est suivi du projet d’ouverture d’un centre commercial Casino qui s’implanterait sur notre îlot de l’hôtel des ventes. Il comporterait un hypermarché de 8300 mètres carrés et une galerie marchande, l’ensemble représentant la création de 600 emplois pour les roubaisiens. On prévoit également de compléter cet ensemble par l’ouverture d’un complexe de neuf salles de cinéma juste à côté. Pour le coup, le projet va entraîner la destruction presque totale de l’îlot.

Photo Lucien Delvarre

La photo, reprenant le même point de vue que la précédente, nous montre le coin des rues du Curé et Pellart après les démolitions. Les immeubles de la rue Pauvrée disparaissent également, la rangée de gauche pour faire place au centre commercial, l’autre pour le complexe cinématographique.

Photo Lucien Delvarre

Quand à la grand rue, elle y perd quelques immeubles pour permettre l’implantation des accès au centre commercial.

Photo Nord Eclair

Mis à part le reste des commerces de la grand rue, l’ancien commissariat et quelques bâtiments à l’entrée de la rue du Curé, tout est rasé. On a fait place nette.

Photos IGN et Daniel Labbe

Il ne reste qu’à procéder à l’édification de ce qui prendra le nom d’Espace Grand Rue.

Photos la Voix du Nord

Les documents proviennent des archives municipales, de la médiathèque de Roubaix, et des sites de la Voix du Nord et de l’Institut Géographique National.

Forage au Sapin Vert

En octobre 1951, les villes de Roubaix, Tourcoing et Wattrelos se sont associées pour entreprendre en commun un nouveau forage pour trouver de l’eau potable. Jusqu’ici, le service des eaux de Roubaix Tourcoing utilisait deux stations de pompage : l’une à Pecquencourt et l’autre à Tourcoing.

Chaque jour les deux stations fournissent 22.500 m³ d’eau, or la consommation moyenne des deux villes sœurs est de 21.000 m³. La marge de sécurité est mince, d’autant que les nouvelles constructions commencent et avec elles les nouveaux branchements, sans parler des période de pointe en été.

La station de pompage du Sapin Vert en 1951 Photo NE

Le nouveau forage se trouve sur le territoire wattrelosien, au Sapin Vert, rue Alfred Delecourt. Deux forages vont chercher l’eau à plus de 120 mètres de profondeur. La production s’élèvera à 7200 m³ par jour sachant qu’un tiers de l’eau recueillie appartiendra à la ville de Wattrelos.

La station du Sapin Vert aujourd’hui vue Google Maps

Les villes de Roubaix et Tourcoing augmentent leur marge de sécurité de 4800 m³ par jour. L’autre intérêt c’est de pouvoir rétablir automatiquement toute la pression désirable par la remise en service du bassin supérieur de réservoir de Mouvaux grâce à l’apport wattrelosien. La mise en service de la station du Sapin Vert est prévue pour le Nouvel An 1952, assure Monsieur Jean Quinsace, directeur du service des eaux de Roubaix Tourcoing.

d’après la presse de l’époque

Inauguration au Beck

Les trois villes de Roubaix, Tourcoing et Wattrelos se retrouvent associées au moment de l’inauguration de de la station de pompage du Beck en novembre 1961. Cette station est en effet destinée à alimenter en eau potable les trois cités. Monsieur Quinsac, directeur du service municipal des eaux de Roubaix-Tourcoing rappelle les enjeux : les trois cités regroupent une population de plus de 230.000 habitants et le besoin en eau va croissant. En 1957, il fut envisagé de construire une usine élévatoire et le premier forage eut lieu en octobre 1957 sur le territoire de Wattrelos. L’emplacement idéal fut trouvé dans le quartier du Beck, rue Leuridan Noclain, à l’est des usines Kuhlmann, au nord du canal de Roubaix.

L’inauguration de la station de pompage du Beck Photo NE

La construction a duré quatre ans. Trois forages permettent de pomper l’eau et de la stocker dans un réservoir de 1000 m³ à travers trois batteries de déferrisation. L’eau est ensuite envoyée directement dans les réseaux de distribution de Roubaix Tourcoing Wattrelos. L’usine est entièrement électrifiée et la station est télécommandée à partir de la division « travaux » du service des eaux de Roubaix, rue de la Lys. Chaque jour c’est 23.000 m³ d’une eau très pure qui est ainsi fournie. M. Bourgin, secrétaire général de la préfecture du Nord prend alors contact par téléphone avec le service « travaux » et par télécommande la station est mise en marche.

Un banquet est alors servi au Grand Hôtel de Roubaix pendant lequel les trois maires, MM Delvainquière pour Wattrelos, Victor Provo pour Roubaix et Lecocq pour Tourcoing insistent sur l’urgence et l’importance du problème de l’eau. Ils sont suivis dans cette préoccupation par M. Bourgin représentant le Préfet du Nord.

d’après  la presse de l’époque

Jean Sunny

Parler de Jean Sunny, c’est pour moi évoquer un souvenir d’enfance à Roubaix au début des années soixante. J’ignorais alors que Jean Sunny alias Jean Moussalli de son vrai nom était roubaisien d’origine. Fils d’un chirurgien dentiste de la rue du Collège, il est né à Roubaix le 15 août 1928 et il est décédé le 27 août 2007 à Gonesse (Val-d’Oise) Il fut élève du collège Notre Dame des Victoires, pratiqua le football à l’Excelsior sous la direction du fameux Henri Hiltl. Son père le destinait à la médecine mais la guerre en décida autrement. En 1939 il quitte Roubaix pour s’installer dans les Deux Sèvres où il s’occupe un temps de bonneterie. Mais le garçon est chaud bouillant et il se passionne pour les courses de stock car. Le stock-car, qui est autant un spectacle qu’un sport, n’a pas réussi au début à trouver un large public en France. Il faut attendre 1953 et 1957 pour que des courses-exhibition de stock-car soient organisées en France. Jean Sunny va y gagner notoriété et expérience automobile.

Jean Sunny Photo NE

Il s’oriente ensuite vers la cascade et l’acrobatie automobile. Il précise : ne confondons pas, il s’agit ici d’expériences mécaniques soigneusement calculées et mathématiquement préparées. Il m’a fallu trois années de recherches pour arriver à un tel résultat. Il organise ce qu’il appelle ses « rodéos » avec des voitures de série, c’est à dire l’automobile de Monsieur Tout le Monde. Il opère généralement sur des Simca Ariane ou Chambord mais ne dédaigne pas exécuter les mêmes exercices sur n’importe quel véhicule qu’on lui confierait. Et cela arrivait quelquefois ! Les exhibitions de Jean Sunny sont basées sur le calcul de l’équilibre et celui de l’adhérence au sol.

Le roi de la conduite sur deux roues Photo NE

Il devient donc le roi des casse-cou automobile qui roule sur une voiture penchée à 80 degrés. Il fut le premier qui descendit les Champs Élysées avec deux roues en l’air. Il fut d’ailleurs champion du monde de la spécialité avec un parcours de 1,420 km sur une voiture sur deux roues. Le succès entraîne d’autres activités, il devient le cascadeur du cinéma français, on peut admirer ses prestations dans des films comme le Fantômas d’André Hunebelle en 1964.

Il se produit toujours dans ses « rodéos » où il pratique les dérapages, risque à tout instant le tonneau. À bord de sa voiture déséquilibrée, il ramasse un tas d’objets posés sur la route, du plus grand au plus petit : un casque, un coquetier, un mouchoir, un dé à coudre ! L’homme est heureux, détendu, désinvolte et affable, selon le journaliste Marcel Leclercq. Je me souviens l’avoir vu à Roubaix en 1961, c’était l’un des héros de mon enfance.

d’après Marcel Leclercq

L’Académie des Sports de Roubaix

L’Académie des Sports de Roubaix fut fondée en 1911 par le professeur Édouard Dubus, si l’on en croit l’en tête de lettre. C’était une société agréée par le Ministère de la Guerre et de la Marine, enregistrée SAG n°8477, comme beaucoup de sociétés sportives à l’époque, dont l’un des objectifs était de préparer la jeunesse à s’entraîner en vue d’une hypothétique revanche. Cette société était affiliée à la Fédération Nationale des Sociétés d’Éducation Physique et de préparation au service militaire, mais également à la Fédération Française de Boxe, dont elle était l’un des plus beaux fleurons, se déclarant la plus importante société de boxe de France au début des années vingt.

En tête de lettre de l’ASR doc AmRx

Elle proposait des activités de boxe française et anglaise, d’éducation physique, d’escrime, de canne, de poids et haltères et de lutte. Son siège et sa salle d’entraînement se trouvaient au n°41 de la rue du chemin de fer à Roubaix. Elle était dirigée par le professeur Édouard Dubus, ex-moniteur de l’École Normale de Gymnastique et d’Escrime de Joinville le Pont. Il s’agit du fameux Bataillon de Joinville, une ancienne unité militaire de l’armée française accueillant des appelés sportifs, qui figure dans les établissements de formation à la pratique sportive constitués au sein des armées depuis 1852 avec l’École normale militaire de gymnastique de Joinville. C’était donc une référence !

Le professeur Dubus devant la galerie de portraits de ses champions Photo NE

Pendant près d’un demi-siècle, le professeur Dubus y forme un nombre impressionnant de champions du Nord, de Flandre, de France et même un champion d’Europe. Citons Fernand Detré, Vandeleene et Bodard, Emile Vanlancker, Alfred Baete, Voisin, Dejaghère, Lequenne. Pour le champions de France, Arthur Vermaut, Tiger, Defer, Motte, Deckmyn, les frère Schackels, Dewancker. Auguste Gydé fut champion de France militaire mais c’est son frère Praxille Gydé qui fut champion d’Europe au début des années trente.

Edouard Dubus prend sa retraite en 1956 et s’en va vivre à Nantes. La section de boxe disparaît en septembre 1959 alors que l’ASR s’est tournée depuis 1954 vers la marche et organise pour un temps les fameuses 28 heures de Roubaix. Les dirigeants de l’époque, tous honorés par le Mérite philanthropique et de l’oeuvre humanitaire de France en 1957, sont Gaston Duthilleul, Louis Bourgois, Cyrille Vandewalle, Georges Hasbroucq, Raoul Dujardin, Henri Hiroux, Marcel Mouriaux, Edgard Deflorence et Victor Vandermeiren.

1954 : la première édition des 28 heures remportée par Gilbert Roger Photo NE

L’Académie des Sports de Roubaix animera les 28 heures de Roubaix de 1954 à 1968, date à laquelle le Racing Club de Roubaix prendra le relais de 1969 à 1975 avant que ne soit créé le Club des Marcheurs Roubaisiens.

Forage au Beck

La question de l’alimentation en eau potable est récurrente à Wattrelos comme dans les autres communes alentour. Avec l’urbanisation croissante, les besoins ne font qu’augmenter. À tel point qu’en 1960, les stations élévatrices de Pecquencourt, de Wattrelos (Sapin Vert) de Tourcoing et de Roubaix aux Trois Ponts peinent à répondre à la demande. En dix ans, de 1945 à 1959, la consommation des roubaisiens et tourquennois a presque quadruplé passant d’un peu plus de 3 millions de m³ à près de 12 millions de m³. On évalue la moyenne journalière à 32.000 m³ mais c’est sans compter avec les pointes saisonnières de l’été. Les pompes travaillent jour et nuit, les réservoirs s’épuisent et on approche de la pénurie.

Forage au Beck en février 1960 Photo NE

Les géologues cherchent alors et découvrent une nappe aquifère suffisamment importante sur le territoire de Wattrelos au hameau du Beck, non loin du canal. Le Syndicat intercommunal des eaux de Roubaix Tourcoing et la commune de Wattrelos décident d’y édifier une nouvelle usine élévatrice en février 1960. Trois forages ont atteint la mappe et une citerne de 1200 m³ a été installée dans la proximité. Une salle des machines va être bâtie et on espère qu’au début de 1961 on débitera 20.000 m³ par jour !

Forage à proximité du canal Photo NE

La station du Beck sera commandée et contrôlée automatiquement, ce sera une sorte d’usine-robot, selon l’expression de l’époque. Elle va coûter deux millions de francs et elle couvrira les besoins en eau potable jusqu’en 1970. Mais il faut déjà se préoccuper de l’avenir. Rappelons que la ZUP de Beaulieu n’existe pas encore, entre autres chantiers importants. Des stations sont prévues à Billy Berclau, Pont-à-Marcq, Wavrin, Emmerin, comme une large ceinture d’usines élévatrices. L’eau potable est alors vendue 34 francs le m³, ce qui est plus bas que la normale, compte tenu des taxes prélevées par l’État pour les adductions d’eau dans les campagnes et le syndicat pour le renouvellement du réseau.

Vestiges de l’usine du Beck ? Vue Google Maps

Une première photo

Place d’Amiens sans l’église Saint Sépulcre Photo NE

Une vue éphémère, car elle présente la place d’Amiens sans l’église Saint Sépulcre. Cela n’a pas troublé Ghislaine Dequeant (bravo à elle !) qui nous donne son commentaire : la place où il y avait l’église St Sépulcre, Le magasin dont le store est baissé au centre, est la boulangerie et le magasin en face, au coin, est le fleuriste !…. sur la gauche, avec la grande cheminée, c’est la rue de Brézin, et la rue qui fait coin avec le fleuriste c’est la rue Newcommen. Pour en savoir plus retrouvez l’article sur l’église Saint Sépulcre dans ce site  http://www.ateliers-memoire-roubaix.com/eglise-saint-sep…glise-de-lepeule/

Le premier Circuit Franco-Belge

L’annonce dans le Journal de Roubaix

C’est le dimanche 1er juin 1924 que se déroule la première édition du circuit franco-belge, organisé par le Journal de Roubaix avec le concours de l’Amicale des Arts. Le grand quotidien régional contribue déjà aux manifestations sportives, attribuant des primes aux coureurs régionaux qui participent au Paris-Roubaix, et prêtant son concours à la belle épreuve motocycliste Roubaix-Paris-Roubaix. Cette nouvelle épreuve répond à l’attente de nombreux coureurs de la région. Cette course de 165 kilomètres emprunte un itinéraire qui va de part et d’autre de la frontière : départ à Roubaix, Pont du Laboureur, Wattrelos, Grimonpont, Leers, Lys, Lannoy, Petit Lannoy, Hem Forest, Ascq, Sainghin, Bouvines, Cysoing, Baisieux, Hertain, Tournai, Froyennes, Templeuve, Bailleul, Pecq, Warcoing, Espierres, Dottignies, Luingne, Mouscron, Aelbeke, Courtrai, Wevelghem, Menin, Halluin, Roncq, Bousbecque, Wervicq, Comines, Warneton, Deulémont, Quesnoy sur Deule, Linselles, gravier de Bondues, Tourcoing (gare des Francs) , rues de Dunkerque, Calais, Canal, Mouvaux, Croisé Laroche, Wasquehal, Croix, Roubaix, arrivée à la Laiterie du Parc de Barbieux.

Le circuit franco-belge du Journal de Roubaix est ouvert aux coureurs licenciés de l’Union Vélocipédique de France de 1ers, 2e, 3e, 4e catégories et débutants des départements du Nord, Pas de Calais, Somme, Aisne, Ardennes. Un délégué de l’UVF suivra l’épreuve en tant qu’arbitre, et l’arrivée sera jugée par un délégué de l’UVF et quatre dirigeants de club. Les coureurs devront être en règle avec les douanes belges et françaises.

Le parcours publié dans JdeRx

Quatre mille francs de prix viendront récompenser les vainqueurs. Les clubs pourront également concourir pour le challenge du Journal de Roubaix et le Challenge des débutants. Le premier consiste en un objet d’art remis au club vainqueur selon le nombre de points calculé sur les cinq premiers arrivés d’un même club. Des breloques seront offertes aux équipiers. Le second challenge est régi de la même manière pour les participants de cette catégorie. Les engagements sont reçus au siège de l’amicale des Arts, section cycliste, au n°86 rue de l’Epeule. On paie 3 francs, non remboursables et le dernier délai est fixé au 25 mai, minuit. MM. Maurice Taeck délégué régional de l’UVF sera le juge arbitre de l’épreuve, assisté par M. Ingelbrecht délégué sportif du comité du Nord de l’UVF. Jean Derycke président de l’Amicale des Arts remplira les fonctions de commissaire général de la course, assisté de quatre commissaires : MM. Léon Dumont et Léon Vandenhaute de l’Amicale des Arts, Victor Vankelsbecq du vélo club croisien et David Deruyter du vélo club tourquennois. Les chronométreurs seront MM.Pierre Benoît et Emaille.

Le poinçonnage des vélos Photo JdeRx

Les coureurs doivent se mettre en règle avec la douane : les belges doivent faire plomber leur vélo à la douane belge et avant le départ être en possession de la carte de libre passage. Idem pour les français à la douane française.Le 25 mai, on a dépassé la centaine de coureurs engagés ! On cite déjà quelques favoris : le belge Omer Huysse, vainqueur du Tour de Belgique indépendants, et Omer Vermeulen d’Anzin, vainqueur de Paris Lille.

Le matin de la course, il y a 142 engagés ! D’autres prix s’ajoutent à ceux déjà annoncés, avec comme contributeurs l’Amicale des Arts, et des primes de passage par différentes sociétés cyclistes.

Le départ est donné à dix heures et on attend les coureurs à l’arrivée vers 15 h 30. Finalement, ils sont 117 au départ pour cette première édition et les régionaux présents en nombre s’illustrent rapidement. La victoire revient au sympathique Julien Perrain de l’Amicale des Arts, qui a longtemps mené la course avec un train d’enfer, accompagné par le courageux Vandecasteele et l’accrocheur Gaston Dhaene. Entre Cysoing et Baisieux, un peloton d’une trentaine coureurs était en tête qui fut en quelques minutes complètement désagrégé. Le Mouscronnois Durieux fut avec Perrain l’artisan de ce lâchage, mais il creva peu après, ce qui le mit hors course. Ils sont alors six en tête, au contrôle de Tournai : Parmentier, Bourgois, Perrain, Vandecasteele, Vanmerhaeghe et Dhaene. Au pont de Pecq, Vanmerhaeghe prend sa chaussure dans sa chaîne, il est lâché. À Luingne il pleut et cela est fatal à Bourgeois. À Mouscron, ils ne sont plus que trois, Perrain, Vandecasteele, et Dhaene qui fait l’élastique. À Tourcoing, Dhaene est lâché dans la montée des Francs, il recolle un moment mais Perrain attaque à nouveau. À Mouvaux, Vandecasteele crève et laisse filer Perrain vers la victoire. Le deuxième sera le dottignien Dhaene et le troisième le malchanceux Vandecasteele. Omer Vermeulen se classe 4e.

Le vainqueur Julien Perrain doc le site du cyclisme

Le Challenge du Journal de Roubaix va à l’Amicale des Arts qui classe cinq coureurs dans les trente premiers (Perrain, Dhaene, Dossche (5e) Poupaert (20e) Vanderdonkt (23e). En deuxième position, le Vélo club croisien et en troisième le vélo club tourquennois. Le Challenge des débutants va au Vélo club tourquennois, en deuxième Amicale des Arts. Un peu de publicité en passant : le vainqueur a roulé sur une bicyclette Peugeot. La voiture Berliet de la maison Thersen et Lepault et conduite de main de maître par Vincent Dhulst, ancien coureur, a permis aux rédacteurs sportifs de suivre la course aux premières loges.

Somme toute, une bien belle première !

Union Biscuits

Cet article fait suite à «  La Boulangerie de l’Union » précédemment édité.

En 1914, la première guerre mondiale éclate. L’état ordonne à la  »Boulangerie de l’Union », de fabriquer des biscuits pour l’armée française, pour les poilus qui se battent au front. A la fin du conflit, en 1918, la situation est catastrophique pour la population. Il a été très difficile, en effet, de pouvoir se nourrir correctement pendant ces quatre années. L’Union continue et développe alors fortement la production de biscuits de suralimentation, très nutritifs et fortifiants, pour satisfaire les besoins énormes des roubaisiens, qui souffrent de carence alimentaire.

( documents collection particulière )

Sur ce catalogue de 1923, une gamme très complète de biscuits est proposée à la clientèle : biscuit sec, petit beurre, sablé, galette, pain d’amande, gaufrette, madeleine, boudoir, langue de chat, macaron, biscotine, biscuit de régime, et même biscotte pour potage !

La marge bénéficiaire sur les biscuits étant plus confortable que sur le pain, à la fin des années 1920, la société stoppe son activité de boulangerie pour ne fabriquer que des biscuits, et devenir la « Biscuiterie de l’Union ». Édouard Duquenne, le fondateur de l’Union, passe le relais, en 1927, à ses deux plus jeunes fils, Eugène et Donat.

L’entreprise cesse également toutes les actions sociales qui avaient été entreprises jusqu’alors. C’est en 1936 que l’entreprise prendra le nom d’ « Union Biscuits ».

( document collection particulière )

L’Union met en place, dans les années 1930, un système de points fidélité. Des bons sont remis à la clientèle, à chaque achat. Les bons cumulés donnent la possibilité d’obtenir des pièces d’un magnifique service de table en porcelaine de Limoges.

Publicités Familial et Régal ( documents collection particulière )

Dans les années 1950, la société Union Biscuits crée deux nouveaux produits :  »le Familial » et  »le Régal ».

Le Familial ( document J. Duparcq

« Le Familial » est un biscuit feuilleté, très digeste, destiné à toute la famille. C’est l’inimitable et incomparable casse-croûte.

Le Régal ( document J. Duparcq )

« Le Régal » est fourré d’une délicieuse pâte à base de vanille ou de chocolat, apprécié en particulier par les enfants, pour leur goûter de 4 heures. Ces deux nouveaux produits connaissent un énorme succès.

Début des années 1970 ( Document D Labbé )

En 1974, Joseph Desmarecaux, qui est entré dans l’entreprise en tant que représentant, est nommé PDG par les deux frères Eugène et Donat Duquenne. Particulièrement commerçant et dynamique, il multiplie les actions de communication et d’animation sur les produits de l’entreprise : présence lors de salons professionnels, animation-jeux ( bicyclettes ) dans des galeries marchandes, ou dans diverses fêtes locales.

Joseph Desmarecaux au centre, entouré de deux représentants ( document J. Duparcq )
( documents J. Duparcq )

Le Big Choco est créé au début des années 1980. C’est un casse-croûte familial, nappé de chocolat. Ce produit est fortement apprécié de la clientèle. De nombreux roubaisiens se souviennent certainement de ces odeurs très agréables, de biscuit et de chocolat, qui parfumaient la Grande Rue.

Big Choco ( document collection particulière )

Ces 3 produits leaders du marché ( Familial, Régal et Big Choco ) sont à l’origine du développement de l’entreprise Union Biscuits, dans les années 1980, mais la concurrence commence à devenir agressive sur le marché, avec des marques comme Lu, Brun, BN, Delacre, Belin et même des entreprise belges Parein et DeBeukelaer. Union Biscuits résiste, et, en 1985, l’entreprise rachète les biscuits IDC à la gare des Francs, à Tourcoing qui est le principal concurrent en biscuits casse-croûte.

( document J. Duparcq )

En 1988, le PDG de la société Union Biscuits, Joseph Desmarecaux conclut un accord avec Jean-Pierre Bourgois du club des collectionneurs de Roubaix pour présenter une magnifique exposition de l’entreprise, lors du salon des 5 et 6 Mars 1988, au Centre aéré du Parc des sports. Il confie à trois étudiantes de l’école ESAD, ( dont sa fille Anne Caroline Desmarecaux ) la mission d’organiser la présentation des affiches, des publicités et même des objets comme une caisse de comptoir de la boulangerie, datant des années 1910. C’est l’occasion de rappeler aux nombreux roubaisiens, l’importance d’Union Biscuits, de son histoire depuis 1892 et de ses produits de qualité.

( documents J. Duparcq )

A suivre . . .

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Remerciements aux Archives Municipales et à Jean Duparcq pour son témoignage et ses documents.