Les pompiers de Hem – 2

La caserne est à présent reliée téléphoniquement avec la poste centrale de Hem pour la journée et avec le poste téléphonique du Docteur Leborgne, relié à Roubaix, pour la nuit. Un réseau de sonneries relie chaque sapeur-pompier avec sa caserne ce qui permet un départ immédiat.

Quant à la nouvelle autopompe qui assure un transport rapide des hommes et du matériel, elle permet en moins de 3 minutes après l’arrivée des pompiers sur les lieux du sinistre de faire monter l’eau à plus de 15 mètres à l’aide de 3 lances en batterie. Mille mètres de tuyaux permettent d’aller chercher l’eau à bonne distance grâce à l’installation de l’eau potable chaque borne fontaine jalonnant les rues hémoises ayant été munie d’une bouche d’incendie.

Exemple de borne fontaine (Document inventaire des bornes fontaines)

En présence de membres de la commission municipale et de la commission civile et du maire de la ville, Mr Delesalle, le corps réorganisé des sapeurs pompiers se livre à une manœuvre de démonstration en exécutant, autour de la salle des fêtes, divers exercices de simulacres d’extinction d’incendie, après avoir rapidement branché une lance sur la bouche d’incendie située à proximité, dans la rue de Lille (actuelle rue du Général Leclerc).

Manoeuvre de démonstration (Document Journal de Roubaix)

20 ans plus tard la nouvelle autopompe a toujours fière allure lorsque les sapeurs pompiers prennent la pose. Mais en 1957 le conseil municipal, conscient du vieillissement du matériel pourtant toujours en service, décide d’investir dans un nouveau véhicule.

L’équipe prend la pose en 1947 (Documents Historihem)
L’ancienne autopompe toujours en service en 1957 (Document Nord-Eclair) et le nouveau véhicule en 1958 (Document Historihem)

Quelques années plus tard une petite cité est construite juste à côté de la place de la République et, pour en assurer l’accès à partir de la place, une nouvelle rue doit être ouverte face à l’église Saint-Corneille. Pour ce faire il faut détruire le bâtiment qui abrite le garage des sapeurs-pompiers.

Emplacement de la nouvelle cité et de la future nouvelle rue (Document Historihem)

Les pompiers doivent provisoirement remiser leurs véhicules dans l’ancienne école de filles d’Hem Bifur, l’école Pasteur, dont les locaux sont réaménagés pour la circonstance.

L’ancienne école Pasteur (Documents collection privée)

Enfin en 1967, après la démolition de l’école de garçons Victor Hugo, sur la place de la République et la construction d’un nouveau garage municipal, contigu à l’ancienne mairie, d’un millier de mètres carrés, les véhicules de pompiers trouvent leur dernier casernement auprès des autres véhicules de la ville.

Un logement y est construit pour le sapeur-pompier permanent et responsable du service d’incendie. Si l’entrée du garage se trouve sur la place, une large sortie fonctionne également derrière le bâtiment afin de laisser toujours le libre passage de part et d’autres aux véhicules.

Construction du nouvel immeuble (Document Nord-Eclair)
Vue aérienne en 1969 montrant l’entrée place de la République et la sortie vers la rue du Cimetière (Document IGN)

De nos jours les services de lutte contre l’incendie sont regroupés au sein de groupements territoriaux faisant eux-mêmes partie de SDIS (Services Départementaux d’Incendie et de Secours). Le SDIS 59 compte ainsi 9 CIS (Centres d’Incendie et de secours) dans son groupe territorial n°2 consacré aux villes sises au Nord de la métropole lilloise.

Remerciements à Historihem, la Ville de Hem et André Camion et Jacky Delaporte pour leur ouvrage Hem d’Hier et d’Aujourd’hui.

Wattrelos : les églises du Crétinier

Le projet de construction de la première église du Crétinier remonte au mois de Mars 1891 dans ce hameau de Wattrelos mieux relié à Roubaix par deux rues (rue d’Oran et rue des Champs, actuelle rue Charles Casterman) et une halte de chemin de fer sur la ligne Somain Tourcoing qu’au centre de Wattrelos.

Bénir la première pierre

Usine Dhalluin Lepers de Wattrelos https://lessegardderoubaix.wordpress.com

Mais le lieu est déjà industrialisé, car l’entreprise textile roubaisienne Dhalluin-Lepers s’y est installée, la pose de la première pierre de la future église coïncidant avec le 50ème anniversaire de cette maison, le 24 juin 1895. A cette date, Monseigneur Monnier, évêque de Lydda, vint en cortège bénir la pierre, l’église et la foule, puis se rendit pour le banquet chez Monsieur Dhalluin-Lepers, lequel était à l’origine de l’idée de l’église et en sera l’un des généreux donateurs. Le terrain avait été offert par Monsieur Watteau, un important fermier du Crétinier, les plans et la direction des travaux revinrent à l’architecte roubaisien Destombes, et les travaux qui démarrèrent en Mars 1895 à l’entrepreneur Pennel.

Monseigneur Monnier évêque de Lydda Coll. Particulière

C’est en présence de Monseigneur Monnier évêque de Lydda qu’a lieu la bénédiction de la première pierre de l’église du Crétinier en avril 1895. Une procession est prévue pour accueillir le Prélat, Grand Place, rue Pierre Catteau, Vieille Place, rue des Champs, et rue de Tourcoing. Le jour dit, le lundi 24 juin, Mgr Monnier a béni la première pierre. Arrivé de Lille à dix heures, après avoir pris en passant le chanoine Evrard de l’église Notre Dame à Roubaix, il est reçu au presbytère par M. Lejeune, doyen de Wattrelos et après avoir revêtu ses habits sacerdotaux, il a été conduit à l’église, précédé par la Chorale St Maclou que dirige M. Deflandre. Puis il s’est dirigé pour prendre place dans le cortège. Un peloton de cavaliers ouvre la marche du cortège, un autre ferme la marche. Le cortège se met en marche vers onze heures. Un accident de voiture arrête sa progression. Le chemin est vite dégagé, il n’y a pas de blessés. Les maisons sont décorées de bannières et les rues jonchées d’herbes entremêlées de fleurs. Des arcs de triomphe ont été dressés rendant hommage au Prélat. Une banderole porte ces mots : in excelsis Deo.

Édifiée dans le quartier du Crétinier, l’église Saint Vincent de Paul répond à un vrai besoin, compte tenu de l’éloignement de St Maclou. Les travaux ont été commencés le 25 mars dernier et les assises de l’église mesurent cinquante mètres de long sur vingt de large. On espère l’achever pour le milieu de l’année prochaine.

Bénir l’église

Le fait marquant de ce mois de mai est incontestablement la double cérémonie religieuse qui eut lieu dans le quartier du Crétinier le 16 mai 1897: la bénédiction de la nouvelle église Saint Vincent de Paul au Crétinier et l’installation de son desservant, l’abbé Coqueriaux. C’est le 14 avril 1897 qu’est reçue en Mairie l’ampliation du décret présidentiel autorisant l’ouverture d’une chapelle de secours dite de St Vincent de Paul.

l’église du Crétinier Coll Particulière

C’est donc par un temps particulièrement favorable, que les habitants du Crétinier s’apprêtent à fêter la bénédiction de l’église Saint Vincent de Paul, et l’installation du curé, l’abbé Coquériaux. Ce dernier est accueilli le 16 mai 1897 par Monsieur Charles Agache sur une estrade dressée près de l’estaminet « à ma campagne », qui lui souhaite la bienvenue au nom du comité organisateur de la fête, et lui offre au nom des paroissiens les divers objets du culte. Le bon curé le remercie et lui donne l’accolade, ainsi qu’à Henri Lagache, secrétaire de la société d’archers.

Un grand cortège constitué de cavaliers, de vélocipédistes, de croix, d’enfants de chœurs et d’un grand nombre de bannières se met en route vers la nouvelle église.Tout au long du parcours, les sociétés défilent en ordre au milieu des oriflammes, guirlandes et drapeaux, les chorales se font entendre avec succès.

L’église Saint Vincent de Paul CP Coll Particulière

A la porte de la nouvelle église, un groupe d’enfants attend le prêtre et à son arrivée, l’un d’eux lui adresse un compliment. Monsieur le curé les bénit et procède à la bénédiction de l’édifice religieux en commençant par l’extérieur. Puis la porte est ouverte et l’église est très vite remplie. Monté en chaire, le vicaire général Carlier fait l’éloge de la manifestation, celui de l’administration diocésaine, et celui de ses collègues, puis Monsieur le doyen de Wattrelos procède à l’installation de l’abbé Coquériaux, en remerciant également le curé de Ste Elisabeth, l’abbé Tilman, pour le magnifique don du maître autel.

Ainsi dotée d’un curé, des divers objets et mobiliers nécessaires, et de paroissiens enfin comblés, l’église Saint Vincent de Paul est ouverte au culte en cette fin d’après midi de mai 1897, au milieu des cités ouvrières du Crétinier, passé du statut de hameau à celui de quartier urbain.

(à suivre)

Théâtre de l’Aventure

Instantané de Mémoire :« A mon arrivée à Hem en 1968, dans le nouveau lotissement qui fait face à l’église St Joseph, rue des Ecoles, il n’existe pas de construction immédiatement à côté de l’église en front à rue. Seules des herbes folles envahissent le terrain qui jouxte l’école Jules Ferry-Paul Bert ».

Vue Aérienne de la rue des Ecoles en 1969 (Document IGN)

Jean Maurice Boudeulle, animateur socio-culturel sur le quartier de la Lionderie, raconte dans une brochure éditée en 2018 et contant les petites et grandes histoires des quartiers de la Lionderie et des Trois Baudets, comment il a commencé, en lien avec les animateurs d’autres quartiers, à développer des ateliers pour enfants et notamment pour les initier au théâtre.

Il explique que « le théâtre à l’Antenne c’était 2 fois par semaine en moyenne, du théâtre forum pour reprendre des scènes du quotidien, simuler des procès au tribunal »

C’est dans une suite logique qu’un premier festival de théâtre voit le jour à Hem en 1982. Comme quelques autres qui suivront, il a l’allure d’un concours. Douze troupes théâtrales s’inscrivent pour venir « s’affronter » devant un jury composé d’enfants et d’adultes.

En juillet 1983, après la réussite du second festival, à la demande de l’office culturel d’animation hémois, un poste de permanent à l’action culturelle est créé à la Mairie de Hem. Jean Maurice Boudeulle est nommé à ce poste.

Jean-Maurice Boudeulle (Document l’Aventure)

Il organise des ateliers théâtre dans les classes primaires avec les instituteurs volontaires. Mais il n’a pas de salle attitrée pour ces activités. Peu à peu les préfabriqués de l’école Jules Ferry qui ne servent plus deviennent le QG du théâtre.

En 1985, une tournée en Avignon est organisée, 30 enfants hémois, de 13 à 16 ans, partent en camionnette, durant 3 semaines afin de vivre ensemble autour du théâtre. D’autres tournées suivront. L’association : «l’Aventure» naît en 1986. En 1990, les préfabriqués de l’école sont démolis et l’Aventure déménage temporairement rue de la Vallée dans les anciens locaux de l’entreprise Jydé.

Logo de la Compagnie Théâtrale (Document l’Aventure)

Reste à bâtir un local permettant de concrétiser le travail déjà en cours depuis près de 10 ans en permettant aux jeunes désireux de s’investir dans l’activité théâtrale de pouvoir travailler dans de bonnes conditions. Le chantier de construction commence en 1990, entre l’église St Joseph et l’école Jules Ferry-Paul Bert, et ce n’est qu’en novembre 1991, cela fait plus de 30 ans, que l’Atelier Théâtre L’Aventure est inauguré.

Pose de la 1ère pierre en 1990 (Document Nord-Eclair)
Fin de chantier en 1991 (Document collection privée)

C’est un lieu d’accueil de compagnies amateurs ou professionnelles, d’initiation au théâtre sous toutes ses formes grâce aux ateliers enfants et adultes, de création et de représentation de spectacles réalisés par la compagnie et d’autres qu’elle invite.

Logo de l’Atelier Théâtre (Document l’Aventure)

Instantané de mémoire :«  Ma fille fait partie de l’atelier théâtre enfants pendant une année scolaire et même si sa timidité l’empêche de renouveler l’expérience les années suivantes elle aura toujours plaisir ensuite à nous emmener aux spectacles de ses camarades dans une salle chaleureuse mais malheureusement trop petite pour contenir tous les spectateurs ».

L’atelier Théâtre (Collection Privée)

Très vite pourtant, en effet, principalement en raison du succès remporté par l’Atelier, celui-ci s’avère trop exigu et en 2005, l’Atelier théâtre bénéficie de travaux d’extension, venant ajouter à la salle de répétitions et la salle de spectacles, un espace régie, décors et accessoires, ainsi que deux loges équipées. La salle de spectacles peut alors accueillir 84 personnes.

Aujourd’hui Jean-Maurice Boudeulle a cessé de diriger l’atelier qu’il gérait depuis sa fondation et c’est une femme, Céline Liagre, qui en a pris la direction.

Le but reste le même à savoir :

Favoriser l’éveil de la personnalité au travers de toutes activités artistiques.

Promouvoir la création théâtrale, vidéo et musicale, tant en milieu scolaire qu’associatif, sur l’ensemble de la région.

Et depuis 2013 : Promouvoir et organiser des actions de formation professionnelle à destination de différents publics.

Photo aérienne de la rue des Ecoles en 2020 (Document Google Maps)

Remerciements à la Ville de Hem, l’Association Historihem.

Un défi roubaisien au jiu-jitsu

Le 26 octobre 1905, un combat organisé par le journal l’Auto opposait le boxeur Dubois sur la terrasse des usines Védrine à Courbevoie au professeur de jiu-jistu Ré-Nié, lequel a eu raison de son adversaire en 29 secondes. Les critiques ne manquent pas : le célèbre professeur Charlemont niait les qualités de M. Dubois et disait à qui voulait l’entendre qu’il n’était pas qualifié pour représenter l’école française. Théodore Vienne, le directeur de l’Éducation Physique, reproche à Charlemont de ne pas avoir relevé le défi du jiu-jistu, lui qui est un champion, et de ne pas monter sur le ring pour affronter Ré-Nié.

Le professeur Ré-Nié tel qu’il apparaît dans son livre Coll particulière

Mais qui est donc ce Ré-Nié et ce nouveau sport qui nous arrive d’extrême orient ? Le professeur Ré-Nié, de son vrai nom Ernest Régnier, enseignant et pratiquant de Jiu-jitsu, ayant une école à Paris, est célèbre pour avoir défié les pratiques de combat d’Europe dans le but de prouver la supériorité du Jiu-jitsu sur les autres pratiques à mains-nues. Il a écrit un ouvrage intitulé les secrets du jiu-jitsu dans lequel il présente ce nouveau sport venu du Japon et qu’il espère voir figurer bientôt aux côtés de la boxe française et de la boxe anglaise. Jiu-jitsu signifie « Brise-muscles » et il est le sport national japonais depuis plus de deux mille ans. Il peut être défini comme l’art de combattre et de vaincre la force brutale par la vitesse et l’habilité musculaire1 C’est après la guerre en Mandchourie qu’il a été introduit en Angleterre, aux États Unis et en France, nations qui ont permis par leur médiation que les russes vaincus par les japonais obtiennent un armistice, qui précède le traité de paix signé le 5 septembre 1905 à Portsmouth. La découverte du jiu-jitsu par le monde occidental est donc toute récente, et c’est un nouveau sport qui vient de faire son apparition.

Le jiu-jitsu vu par le Journal de Roubaix

Ce premier combat victorieux avec le champion Dubois lui fait une bonne publicité mais rencontre le scepticisme des champions français de l’époque.

Un défi roubaisien

Le champion de Jiu-jitsu Ré-Nié, directeur de l’école japonaise de jiu-jitsu de Paris rue de Ponthieu 55bis à Paris, reçoit un courrier de la part de Paul Boghaert champion athlétique de France depuis le concours d’Issy les Moulineaux en 1903, et vainqueur de divers concours de lutte libre. Cette lettre datée du 27 décembre 1905 l’informe que le mystérieux jiu-jitsu n’a pas convaincu le champion de lutte libre qui affirme s’entraîner avec ardeur, persuadé que la méthode du jiu-jitsu basée surtout sur l’agilité devra baisser pavillon devant la lutte libre. Et il propose un match avec l’enjeu qu’il plaira à son futur adversaire. Une seule condition, que cette rencontre ait lieu à Roubaix, la province pouvant bien pour une fois prendre sa revanche sur la capitale.

Boghaert, le challenger roubaisien doc JdeRx

Un défi crânement lancé, commente le Journal de Roubaix. Le défi est relevé et le professeur Ré-Nié exige un enjeu de 3.000 francs ! La réponse est parue dans l’Auto du 1er janvier. Le champion Boghaert est estomaqué par la somme qui ne se trouve pas journellement sur un tapis de lutte. Il pensait dans un premier temps se récuser mais des amis, partisans convaincus de la lutte libre, ont bien voulu appuyer le projet. La somme est donc réunie et sera déposée au journal l’Auto. Il est bien entendu que le match ne prendra fin que sur la demande de l’un des adversaires, suivant un règlement préalablement établi et devant un jury composé de trois personnes et désigné d’un commun accord.

Les avis et le combat

Le Journal De Roubaix consacre un article à la présentation du jiu-jitsu dans son édition du 28 janvier. On apprend que le match aura lieu à l’Hippodrome roubaisien le 3 février pendant une exhibition comme Roubaix sait en organiser. Le 2 février, on procède à la présentation des combattants : Ré-Nié a 36 ans, pèse 63 kilos et mesure 1 mètre 65, il a appris le jiu-jitsu avec les maîtres japonais Yukio-Tani et Miyaki. Il fut auparavant champion de lutte gréco-romaine (amateurs) champion de catch en Angleterre. Son challenger roubaisien est Paul Boghaert le lutteur roubaisien bien connu, si connu que le Journal de Roubaix en oublie de donner ses mensurations.

L’Hippodrome de Roubaix, lieu du combat doc BNRx

De l’avis de Jean Desruelles qui a vu travailler Ré-Nié, il l’a trouvé vif et agile, et il pense que s’il peut amener Boghaert au tapis, le roubaisien ne se relèvera pas. Le combat sera mené rapidement et ne durera peut-être que quelques secondes. Louis Delescluse, le dévoué chef moniteur de la Jeunesse Sportive du Blanc Seau, sera l’arbitre de la rencontre. Il connaît bien Paul Boghaert pour avoir été son professeur de lutte libre. Pour lui, s’il ne se laisse pas impressionner, il possède suffisamment de force et d’agilité pour triompher de son adversaire.

Ré-Nié croqué par le JdeRx

Finalement le match se déroulera en faveur de Ré-Nié, malgré la résistance et les attaques incessantes de Boghaert qui sera vaincu en 5 minutes et 21 sec sans avoir démérité. Une prise irrésistible sur la carotide lui fit crier grâce. Il sera le vainqueur moral de ce combat, mais le jiu-jitsu avait fait ses preuves !

1D’après les secrets du jiu-jitsu page 22

Les pompiers de Hem – 1

C’est le 18 septembre 1811 que Napoléon, qui vient de peu d’échapper à un incendie lors de son mariage, décide de professionnaliser l’action contre le feu dans la capitale française et confie cette mission à un corps militaire : le bataillon des sapeurs pompiers de la ville de Paris, en remplacement du corps des gardes pompe créé dans la capitale au 18ème siècle.

Il prévoit que le cadre communal s’impose pour mettre en œuvre les moyens humains et matériels pour faire face aux risques. C’est une loi de 1831 qui institue la constitution de corps communaux de sapeurs-pompiers. En 1907, la ville de Hem édifie un bâtiment communal face à l’église Saint-Corneille comportant morgue, prison et pompe à incendie.

Emplacement du bâtiment communal (Document Historihem)

Le bâtiment (Document Nord-Eclair)

Le bâtiment (Document Au Temps d’Hem)

Au début du vingtième siècle les compagnies et escouades de sapeurs-pompiers volontaires de province sont principalement équipées de pompes à bras : engin hippomobile ou tiré à bras dont le service nécessite un personnel nombreux (au moins une vingtaine de personnes) pour approvisionner la cuve en eau (chaîne humaine) et pour pomper (équipes de 4 ’’batteurs’’ qui se relaient après une ou deux minutes de battage.

Pompes à incendie début 20ème siècle à Hem (Document au temps d’Hem)

A l’époque la commune de Hem, dont la population compte environ 5.000 habitants, dispose d’un corps de sapeurs-pompiers composé de 23 hommes. Ils sont peu rémunérés, dispersés dans la commune, sans lien entre eux, et ne disposent que d’un matériel extrêmement vétuste et concrètement la ville ne dispose donc d’aucun moyen sérieux de lutte contre l’incendie.

Lors du tournage, dans les années 1960 du feuilleton « En famille » qui reconstitue la lutte contre un incendie fin 19ème, on peut se faire une idée claire des faibles moyens de l’époque face à un incendie qui fait rage. Une pompe à bras d’époque est intégrée au tournage pour rendre la scène crédible.

Tournage du feuilleton et usage d’une pompe à bras (Document Nord-Eclair)

Dès 1925, le Conseil Municipal s’occupe de la question de la protection des pompiers. Il contracte une assurance minimale pour chaque homme, non assuré jusque là contre les accidents possibles, et le pourvoit d’un casque, les soldats du feu ne disposant jusqu’alors que d’une vareuse et d’un képi. Malheureusement les disponibilités budgétaires ne permettent pas, de suite, l’achat d’une autopompe.

Fin 1926, le corps de pompiers est réduit de 23 à 12 hommes dont la commune s’engage à fournir l’habillement et l’équipement. Elle s’engage également à pourvoir à l’entretien du matériel et à contracter des assurances pour chacun contre les accidents et la mort pouvant subvenir durant l’exercice de ses fonctions.

Nouvelle autopompe garée devant l’église (Documents Historihem et Au temps d’ Hem)

Un sergent mécanicien est recruté pour l’entretien de l’autopompe qui est finalement acquise en 1927 grâce à une souscription lancée par l’amicale des sapeurs-pompiers juste fondée. Pour ce faire il est autorisé à construire un petit atelier de planches attenant à la caserne qui lui permet d’effectuer des travaux accessoires pour gagner sa vie.

L’inauguration du nouveau matériel a lieu le 22 mai 1927 sous la présidence d’honneur du commandant Mahieu, inspecteur du corps des sapeurs-pompiers du Nord Pas-de-Calais et la nouvelle auto défile au son de la Marseillaise exécutée par la musique municipale.

Inauguration du nouveau matériel d’incendie (Documents Historihem et Le Dimanche de Roubaix-Tourcoing)

Puis le cortège se rend à l’ Hempempont pour assister à une manœuvre de la pompe et à divers exercices de sauvetage et d’escalade, puis à un banquet à l’Auberge et enfin au grand carrousel monté qui a lieu dans la cour de l’estaminet Boussemart à la Place où la journée se termine par un grand bal familial.

A suivre…

Remerciements à Historihem, la Ville de Hem et André Camion et Jacquy Delaporte pour leur ouvrage Hem d’Hier et d’Aujourd’hui ainsi qu’à Jacquy Delaporte, Christian Teel et Chantal Guillaume  pour leur bande dessinée Au Temps d’Hem

La mercerie « Margaret »

Le commerce, situé 32 Grand Place à Roubaix, a toujours été occupé par une mercerie, depuis de très nombreuses années. En 1902, le commerce est tenu par Delannoy-Carré, puis par Carré-Desfontaines.

Publicité 1902 ( document collection privée )
document collection privée

Dans les années 1910, la succession est assurée par Mlle Hélèna Deguent, puis, dans les années 1920-1930, par Mmes Durivet et Grenier, avec leur enseigne : « Le Petit Paris ».

En 1940, Marguerite Carette reprend la mercerie et achète les murs à la famille Reboux fondatrice du prestigieux « Journal de Roubaix ».

Sa mercerie propose toutes sortes de fournitures pour couturières, à savoir : boutons, fil et aiguilles, passementerie, galons, paillettes, fourrures, fermetures à glissière, colifichets, ceintures, tissus, cotons, soieries, satins, écharpes etc

document collection privée
document collection privée

Au début des années 1950, sa fille Jeanine, vient l’aider au commerce, et en 1960, mère et fille, décident de commencer à faire de la publicité dans la presse locale avec leur enseigne « Margaret »

Instantané de mémoire : Dans une mercerie, il faut de l’ordre, j’ai en stock dans le magasin ; 5.000 fermetures à glissière, 10.000 boucles, des milliers de mètres de galon et de guipure, des milliers de boutons, 90 tiroirs pleins et bourrés de produits divers de mercerie. De quoi tenir un siège !

Chez Margaret, c’est la mercerie à l’ancienne. Tous les produits doivent être disponibles alors que mes confrères travaillent en flux tendu ».

Le sens commercial de Jeanine est apprécié de la clientèle. Son succès lui permet d’embaucher du personnel (jusqu’à 4 vendeuses !). Marguerite décide d’investir en 1969, en faisant transformer sa façade, par l’agence Antoine Addic de Lille.

La façade avant et après transformation ( documents archives municipales )

Dans les années 1970, Jeanine prend la succession de sa mère Marguerite. Elle gère seule le magasin, car son mari Roger Van Hooland, menuisier, travaille à l’extérieur.

Au début des années 1980 , Jeanine adhère au groupement des commerçants  »Élégance et Distinction », afin de pouvoir développer sa gamme de produits. Les clientes viennent parfois de très loin, pour trouver des boutons Haute Couture comme Louis Féraud, Chanel etc

document collection privée
document collection privée
document archives municipales

A la fin des années 1990, Jeanine constate que les temps changent :

Instantané de mémoire ; Les femmes font de moins en moins de couture. La Chine est en train de gagner la guerre des boutons. On achète bon marché et puis on jette.

En 2000, Jeanine Van Hooland décide de prendre sa retraite à 72 ans, après de très nombreuses années passées derrière son comptoir. Elle s’installe à deux pas, dans un petit appartement, contour St Martin, pour ne pas quitter le quartier.

document Nord Éclair 2000

Le commerce est alors cédé à Pedro Perez en 2001, qui transforme l’établissement en salle de jeux en réseau sur ordinateurs. Malheureusement le succès n’est pas au rendez-vous et l’établissement ferme en 2003.

Document Google Maps 2008

Ensuite c’est la librairie « Les Lisières » qui était auparavant implantée au N° 33 qui déménage au N° 32 pour profiter d’un espace plus grand et d’un loyer plus modéré.

La librairie ferme en 2019. La clientèle est invitée alors à se reporter sur les deux autres magasins de Croix et de Villeneuve d’Ascq. Une agence immobilière doit s’implanter sous peu au N° 32.

Remerciements aux archives municipales

La ligne Lille-Leers, huitième partie : la traversée de Lannoy

Sortant de Hem, la ligne de tramway pénètre dans Lannoy à hauteur de l’’hospice. Nous sommes dans la rue de Lille, et les rails continuent à longer le trottoir situé du côté gauche de la chaussée. La voie va maintenant suivre un parcours très sinueux vers Lys.
La photo qui suit, tirée du site d’Historihem, nous montre une fois encore la motrice 13 dans son état d’’origine. Ici, elle vient de Hem et se dirige vers Leers.

Photo Historihem

La photo suivante, prise d’un peu plus loin dans le même sens, nous fait découvrir les premières maisons de Lannoy avec, au fond, l’’hospice et l’’institution St Charles. On remarque la largeur de la chaussée pavée et le double fil de contact au dessus de la voie.

Photo collection particulière

Voici une autre vue, prise quelques dizaines de mètres plus loin en direction de Leers. Nous sommes à l’’emplacement de l’’ancienne porte de Lille, un des rares endroits où la largeur de la chaussée est suffisante pour autoriser l’’éloignement des rails par rapport au trottoir et laisser ainsi un espace pour le stationnement. Nous approchons de l’’église, dont on voit le clocher au second plan à droite, alors qu’’au premier plan on découvre l’’amorce d’’un aiguillage qui dédouble la voie. A gauche l’’ancienne rue des trois rois, aujourd’hui la rue de la Gendarmerie, et à droite la rue St Jacques qui n’a pas changé de nom.

Photo collection particulière

Avançons encore de quelques mètres. Nous sommes maintenant à hauteur de la place de l’’église. La voie a repris place le long du trottoir de gauche. La circulation ne semble pas très dense ; les gens peuvent s’’installer sur la chaussée pour prendre la pose. L’’église est à notre droite. A gauche, la rue des religieuses, maintenant rue des martyrs de la résistance.

Document collection particulière

Nous continuons d’avancer dans la rue de Lille qui va faire coude brutal vers la gauche, le premier d’une série pour la ligne de tramways. Nous voyons au fond une belle propriété, remplacée aujourd’hui’ par des immeubles neufs. La grille qu’’on voit au fond à droite est celle du parc du château Jean de Lannoy.

Photo collection particulière

La vue suivante, prise en sens inverse nous montre l’’extrémité de la rue de Lille après la courbe que nous venons de rencontrer. On y voit au premier plan à gauche la Poste et au fond le château Jean de Lannoy. La voie tourne à droite devant la poste pour s’’engager dans la rue Royale, renommée depuis rue Nationale.

Photo collection particulière

Nous poursuivons notre chemin dans cette dernière rue, où la photo suivante, prise vers Hem, nous montre la voie qui continue à suivre le trottoir de gauche. Dans cette rue étroite, il semble que croiser un tramway devait constituer un problème pour un lourd charroi….

Document collection particulière

Au bout de la rue, la voie vire à droite pour rejoindre la rue des Bouchers en contournant une maison ancienne bien restaurée aujourd’hui.

Le coin des rues Nationale (à droite) et des Bouchers Photo Jpm

La ligne va suivre la rue des bouchers pendant une vingtaine de mètres en déployant une double voie, ainsi que nous pouvons le voir sur la photo qui suit, prise dans le sens opposé vers Hem, au temps des becs de gaz. La rue Nationale est au deuxième plan à gauche, alors qu’’au premier plan à droite se trouve l‘’ancienne rue de Roubaix, aujourd’’hui rue des trois frères Rémy. Tout au fond on distingue la rue des remparts, limite de Lannoy, et la cheminée de l’’usine Boutemy. Remarquons la signalisation routière, redondante mais sommaire, car peinte directement sur les façades.

Photo collection particulière

La ligne de tramways va donc suivre une contre-courbe à angle droit vers la gauche pour pénétrer dans cette rue des trois frères Rémy, où se trouvait l’’octroi de Lannoy, qui la mène à Lys par la porte de Roubaix. La chaussée de cette courte rue supportait bon nombre de voies. La photo suivante nous montre en effet la ligne ELRT (Electrique Lille-Roubaix-Tourcoing) Lille-Leers, avec la pointe d’’une aiguille située dans la courbe, qui croise puis rejoint, venant de la rue des bouchers à gauche, la ligne C Roubaix-Toufflers des TRT (Tramways de Roubaix-Tourcoing), qui, elle, se dirige vers la rue de Tournai à droite.

Photo collection particulière

La photo suivante est prise en sens inverse. On y voit la voie commune aux deux compagnies effectuer son virage vers la gauche gauche pour s’engager, en direction de Lys, dans la rue Jules Guesde, l’’ancienne route départementale de Roubaix à Tournai et St Amand, avant de tourner à droite en direction de Leers. On voit sur le deuxième bâtiment à gauche la pancarte signalant l’’octroi, alors que le bâtiment blanc à droite a aujourd’’hui disparu. La belle maison au premier plan à gauche a, heureusement, été préservée jusqu’’ici.

Photo site Delcampe.

En résumé, voici une vue aérienne montrant les méandres suivis par la ligne dans Lannoy. Les voyageurs de l’ELRT devaient avoir l’’estomac bien accroché !

Photo IGN 1947

A suivre…

Juin 1902

Journal des sports juin 1902

Cyclisme. Les francs pédaleurs roubaisiens, société établie chez M. Van Soye, angle des rues Boucher de Perthes et du Luxembourg, donneront dimanche 1er juin un carrousel vélocipédique dans la rue du Luxembourg, avec deux cents francs de prix. Le jeu commencera à deux heures et demie.

Football. Dimanche aura lieu le return-match entre la première équipe de l’étoile roubaisienne et le seconde du sporting club roubaisien. Réunion des équipiers au local à deux heures et demie précises, contour Saint Martin.

Course à pied. Le Stade Roubaisien va disputer à Saint Omer les courses interclubs organisées par l’US Audomaroise. Départ au train gare de Roubaix à 9 h 48. Inscrits pour les courses : Toulet, Honorez, Bovie, Donat Rohart, Henri Catteau.

Boxe. Salle de la société artistique, rue de l’Alouette à Roubaix, fête sportive organisée par l’Académie de Boxe de Roubaix. La Concordia Harmonie prêtait son concours à la fête, sous la direction de son chef M. Lauridan. MM. René Wibaux, président de la société la Boxe française, Delescluse, président de l’Union des Sports athlétiques et Leriche président du Contre de Quarte étaient présents. Les combats sont annoncés par le speaker Louis Delaplace. On a applaudi M. Petit de la salle Charlemont de Paris, Maingret directeur de l’école normale de boxe de Paris, Léon Albert directeur de l’Institut de Boxe de Paris, Chabrier professeur de la salle Castérès et les roubaisiens Jean et Hubert Desruelles. Les excellents amateurs roubaisiens étaient présents: Huvenne, Grau, Villard, les jeunes Bôle et Crépel et les tout jeunes Jonville et Delannoy, 9 ans. Il faut également signaler le succès remporté par les extraordinaires exercices de Van Hooland alias le roi des sauteurs.

Les jeunes Jonville et Delannoy et leur professeur Desruelles Photo La Vie au Grand Air

Tennis. Racing Club Roubaisien. Le prix Maurice Dubrulle réunit 22 engagements en simple. En demi-finale, Maurice Dubly bat Charles Lefebvre, F Bocquet bat Henry Dubly. La finale est enlevée par Bocquet.

Concours international de tir de Roubaix. Organisé par la société du Tir National de Roubaix, ce concours s’est déroulé du 13 avril au 25 mai. Les prix se répartissent entre tireurs roubaisiens, Dorez, Vandaele, Wauquier, Masson et tireurs d’autres villes comme Villette d’Arras, Leclerck d’Hem, Flament de Bully, Chérubin de Somain, Demulder de Gand. La distribution des prix aura lieu au siège de la société le dimanche 8 juin à cinq heures du soir.

Cyclisme. La société des sourds muets établie chez M. Dupont rue des Vosges à Roubaix, organise un grand carrousel vélocipédique au mois d’août.

Cyclisme. Les coureurs Pagie (cinquième du dernier Bordeaux Paris) et Baert (vainqueur de la course des 24 heures de Roubaix lancent un défi aux deux coureurs lillois Dutrieu et Lepoutre, sur 50 ou 100 kilomètres au vélodrome de Roubaix. On pense que les lillois vont relever le défi.

Marque Liberator Coll. Particulière

Cyclisme. Le jeune Crupelandt 15 ans est arrivé 3e dans la course Wasquehal Fleurbaix, il courait sur une Liberator. Dépôt M. Olivier 48 rue des Anges à Roubaix.

Aviron. Le Cercle Nautique l’Aviron présentera aux régates internationales d’Amiens le 22juin : son équipe à quatre rameurs (Delmotte, Wullens, Guyot, Duhayon) à deux rameurs juniors (Roussel, Delobel ou Pietri) à quatre rameurs juniors , et à deux rameurs seniors « Amicitia » (Delchambre et Hazebroucq) ; à quatre rameurs seniors « crocodile »  (Delchambre, Cau, Bouckaert, Hazebroucq).

Cercle nautique d’Amiens doc Courrier Picard

Athlétisme. Le Racing Club Roubaisien enverra une équipe complète disputer les Championnats de France le 29 juin. Masure pour le 100 et 400 mètres plat, Dubrulle pour le 800 et 1500 mètres plat. Waeles pour le 110 mètres haies, Bellon pour le 400 mètres haies, Scrépel pour le lancer du poids et Dubeaurepaire pour le lancement du disque.

Marche. De Paris à Roubaix à pied. Le jeune marcheur rémois Eugène Césard qui fit en 1900 et 1901 le tour de France à pied et se fit applaudir au vélodrome roubaisien, informe qu’il va chercher à établir le record pédestre de Paris à Roubaix, soit 255 kilomètres en moins de 48 heures. Le départ serait donné aux bureaux de l’Auto Vélo le 12 juillet et l’arrivée est prévue au vélodrome roubaisien le 14 juillet.

Athlétisme. À l’Union des Sports, rue Jeanne d’Arc une fête est organisée où l’on pourra assister à un travail athlétique par MM. Florent Stinaut, Léon Vanhuyse, Louis Briche et Achille Dericker.

Le bazar du Pile

A la fin des années 1930, Théophile et Julie Pittillioen, désireux de créer leur affaire et de s’installer à leur compte, décident de reprendre le commerce de jouets de Mr A. Delepaut au 16 rue de Condé à Roubaix. C’est une petite boutique dans un quartier populaire de la ville qui convient parfaitement à ce commerce.

Le 16 rue de Condé ( document Y. Pittillioen )

Julie s’occupe du magasin et Théophile vend ses jouets lors des ducasses, fêtes foraines et braderies. Quotidiennement, il charge les jouets sur sa baladeuse de marchand forain, pour se déplacer sur des lieux à chaque fois différents. Il a astucieusement aménagé sa petite voiture de marchand ambulant, par un système d’extension de son plateau, ce qui lui permet de présenter ses produits sur un étal beaucoup plus large, comme le montre la photo ci-dessous.

La charrette à bras de Théophile Pittillioen ( document Y. Pittillioen )

A la fin des années 1940, les affaire reprennent et ils acquièrent la petite maison voisine de M. Juvenet au N° 18. Ils disposent désormais d’une surface de 148 m2 au sol.

En 1952, Théophile Pittillioen demande un permis de construire pour transformer la façade du N° 18. Il souhaite en effet, créer une porte de garage pour pouvoir garer sa baladeuse. L’arrière très étroit de la maison sert dès lors de réserve au magasin, désormais baptisé : le « bazar du Pile ».

Le N° 16 et 18 avant et après la transformation (documents archives municipales )

Le bazar est un commerce où on trouve de tout ! Des jouets bien sûr mais également de la parfumerie, bijouterie, maroquinerie, papeterie, bimbeloterie, confiserie, petite horlogerie, cartes postales, et même des poissons rouges !

Julie et Théophile Pittillioen profitent également des activités saisonnières pour proposer :

en Décembre des décorations de Noël, des guirlandes et des santons,

en Septembre des pétards et des feux d’artifice, lors de la fête des allumoirs

en Mai du muguet artificiel

en Juin des cocardes tricolores pour la réussite au certificat d’études.

Théophile et Julie dans leur magasin ( document Y. Pittillioen )

Théophile profite également, des fêtes du quartier du Pile, pour proposer le « concours des ballonnets » : l’enfant remplit le carton, l’accroche au ballon de baudruche gonflé et le lâche dans les airs. Le ballon de baudruche qui parcourt la plus longue distance fait gagner à l’enfant un jouet offert par le Comité d’organisation et le Bazar du Pile.

Le carton attaché au ballonnet ( document collection privée )
Michel, le fils de Théophile et Julie, aide ses parents en gonflant les ballons de baudruche (document Y. Pittillioen )

Julie décède à la fin des années 50. Théophile prend sa retraite en 1960. Son fils, Michel Pittillioen, se marie avec Yvette née Pietersoone. Ils reprennent le magasin. Michel est fraiseur-ajusteur à la CIMA à Croix le matin, de 5h à 13h et l’après midi il part vendre les jouets sur les ducasses et les braderies, comme son père le lui a enseigné. Yvette quant à elle, s’occupe seule du magasin. Les affaires fonctionnent très correctement.

Yvette et Michel dans leur magasin ( document Y. Pittillioen )

Michel Pittillioen délaisse la baladeuse de son père. Il possède en effet sa voiture pour effectuer les déplacements. Il présente désormais ses jouets sur un étal abrité par un énorme parapluie.

Michel devant son étal, lors d’une ducasse. ( document Y. Pittillioen )

Yvette continue à gérer seule, le point de vente. Elle ne compte pas ses heures. Le magasin est ouvert de 8h à 19h tous les jours de la semaine et le dimanche matin de 8h à 13h.

Le magasin avec les décorations de fin d’année ( document Y. Pittillioen )

La particularité du Bazar du Pile par rapport aux autres commerces du même genre, c’est qu’il s’agit d’un bazar bien rangé ! En effet, les jouets sont déposés sur les étagères, les trottinettes et les voitures à pédales accrochées au plafond, les cartes de St Nicolas et Ste Catherine dans des cartons, les peluches dans le nouveau comptoir vitré, etc. Chaque chose est à sa place, de façon à ce que Yvette puisse trouver facilement le produit souhaité par le client.

Yvette et Michel ( document Y. Pittillioen )

Au milieu des années 1960, Michel a l’opportunité de racheter un camion-boutique. C’est un camion aménagé pour un commerce de loterie, idéal pour les fêtes foraines, ducasses et braderies. Il abandonne son étal pour se consacrer à cette nouvelle activité. La « loterie Michel » propose pour un prix modique, cinq billets roulés et entourés d’une bague en papier. Sur chaque billet figure un numéro, et s’il correspond à l’un des numéros affiché sur le tableau, le client emporte l’objet gagné.

Michel devant son camion-boutique. ( document Y. Pittillioen )

Malheureusement le camion-boutique de Michel Pittillioen est détruit par un incendie lors d’une fête foraine à Deulemont, dans les années 1980. Michel ne se décourage pas et reprend une remorque qu’il transforme lui-même en loterie. Il achète un fourgon Renault pour pouvoir tracter sa remorque et continuer son activité. Yvette continue à tenir le magasin de la rue de Condé et vient aider son époux, lors des ducasses le dimanche après-midi.

Yvette devant la loterie Michel ( document Y. Pittillioen )

A la fin des années 1990, Michel et Yvette décident de prendre une retraite bien méritée. Leur fils, Yves, ne souhaitant pas reprendre l’affaire ils décident donc de vendre l’immeuble.

Le « Bazar du Pile » tenu par les deux générations Pittillioen, pendant une soixantaine d’années, ferme donc définitivement ses portes en 1998.

Publicités ( documents Y. Pittillioen et collection privée )

Remerciements à Yvette Pittillioen, à Christiane, ainsi qu’aux archives municipales.

Boucheries Au Fin Palais

C’est avant 1883 que remonte l’ouverture du Café Saint-Pierre, au 240 rue Jules Guesde à Hem, à l’angle de celle-ci et de l’impasse Saint-Pierre. En 1883 en effet, les participants à la société de secours mutuel Saint-Pierre s’y assemblent comme le font d’autres sociétés dans divers autres estaminets du village.

Carte postale (document Historihem)

Ce n’est qu’en 1889 qu’il est possible de nommer la tenancière de ce café, lequel appartient à Henri Delecroix, brasseur et futur maire, en la personne d’Apolline  Dereux épouse Delepaul. Le cabaret est repris plus tard par les Vercruys.

Puis pendant près de 30 ans, de 1934 à 1961, l’établissement est tenu par Léon  Guevart à la fois répertorié dans les Ravet-Anceau de l’époque comme cafetier et boucher. Le commerce a pour enseigne : « A Saint-Pierre », comme le démontre une publicité effectuée pour la boucherie charcuterie.

Publicité (document collection privée)

En 1944, au lendemain du massacre d’Ascq, de nombreuses arrestations ont lieu sur Hem, pour tenter de mettre à mal une résistance active, les premières se produisant au café Saint-Pierre et dans l’impasse Saint-Pierre. Les « feld-gendarmes » traversent le café et gagnent les maisons de l’impasse par les jardins. Ils arrêtent également Léon Guevart et son frère et les conduisent à la prison de Loos.

Fin 1944, un camion de ravitaillement anglais passe devant l’établissement, des partisans accrochés à la cabine du véhicule accompagnant les alliés dans la traversée de la commune. Comme on peut le constater sur la photo amateur le drapeau français flotte fièrement au fronton du Saint-Pierre. Après la guerre le café-boucherie rouvre ses portes et Léon Guevart continue d’apparaître dans les annuaires au moins jusqu’en 1965.

Photo du camion de ravitaillement anglais devant l’établissement (Document Mémoire en images de Hem)

En 1968, au 240 rue Jules Guesde c’est la boucherie de A. Mylle qui est répertoriée, commerce que l’on retrouve ensuite dans la rubrique boucherie chevaline du Ravet-Anceau de 1979, mais au 2 bis rue Jules Guesde. Dès 1969, en effet c’est Aloïs Coulier qui apparait comme boucher au 240 rue Jules Guesde puis comme cafetier à la même adresse sous l’enseigne : « Au mainate parlant ».

Publicité (document collection privée)

Ensuite, Mr et Mme Dejonckheere, déjà propriétaires d’une boucherie-charcuterie de renom sur Lys-lez-Lannoy, ouvrent leur charcuterie à l’enseigne : « Au fin palais », à Hem, en faisant de la publicité dans le journal Nord-Eclair, en 1973. Ainsi apprenons-nous que la charcuterie est fabriquée sur place suivant des recettes transmises de père en fils dans la famille.

Photo de l’ouverture de la charcuterie en 1973 (document Nord-Eclair)

Lorsque Daniel Lemort, employé des Ets Dejonckheere, reprend l’établissement en 1980, il procède également à une publicité dans le journal pour se faire connaître. Les clients y trouvent des viandes de 1er choix, des charcuteries réalisées sur place grâce à l’installation d’un laboratoire et des articles d’épicerie pour compléter un éventuel repas.

Photo du changement de propriétaire en 1980 (document Nord-Eclair)

Photo du magasin (Document collection privée)
Publicité de 1983 (Document collection privée)

Pendant ce temps, au 68 rue du Docteur Coubronne, on retrouve, à partir des années 40  et pendant une vingtaine d’années André Dusquesne et frères, propriétaires d’une fabrique de machines à laver et de bacs pour teinture mais aussi d’une tonnellerie.

Enveloppe à en-tête des Ets Duquesne (Document collection privée)
Publicité Duquesne frères (Document collection privée)

Dans les années 80, c’est une crémerie volaillerie qui s’y installe en la personne de Mme Mylle-Duquesne.

Publicité La Fermette d’Hem Bifur (Document collection privée)

Enfin Daniel Lemort, désireux de s’implanter aussi au centre de Hem y ouvre son deuxième établissement à l’enseigne : « Au fin palais », où il propose les mêmes services qu’à son commerce principal de la rue Jules Guesde.

Publicité reprenant les 2 magasins (Document collection privée)
Photo du magasin de la rue Coubronne (Document collection privée)

Depuis la fin d’activité de Daniel Lemort et la fermeture de ses 2 magasins, les commerces abritant ses boucheries ont aujourd’hui changé d’activité. La boucherie de la rue Jules Guesde a bien été reprise un temps par Cédric Gochon qui y a obtenu le prix d’excellence du jambon artisanal en 2010. Puis le local ayant été libéré a vu ouvrir en 2013 un salon de coiffure à l’enseigne Beautiful Coiffure, géré par Franck Becq.

Photo du salon Beautiful Coiffure (Document collection privée)
Franck Becq dans son salon et publicité pour celui-ci (Document Tout’Hem)

Celui du 68 rue du Docteur Coubronne a connu l’installation d’une entreprise de restauration sur place ou à emporter à l’enseigne Fée Maison.

Photo du commerce Fée maison (Document collection privée)
Publicité (Document Tout’Hem)

Curieuse destinée pour un ancien estaminet puis boucherie-charcuterie rue Jules Guesde d’être à présent consacré à la coiffure tandis que dans le même temps une ancienne tonnellerie travaillant pour les brasseurs de la région est devenue, après avoir abrité une crémerie puis une boucherie-charcuterie, un lieu de restauration-traiteur.

Remerciements à Historihem et la ville de Hem ainsi qu’à Bernard Thiébaut pour son ouvrage Mémoires en Images de Hem