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Interroger le passé pour comprendre le présent et préparer l'avenir

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En 1993, une étude de faisabilité concernant la voie ferrée Lille/Mouscron avait pour but de relever les points de vue à l’arrivée sur Roubaix. Le quartier de l’Épeule fait déjà partie de cette «mise en scène du panorama de Roubaix». En novembre 1994, le Grand Projet Urbain de Roubaix est lancé. L’étude de l’agence Devillers est axée sur les territoires de la Boucle du Canal comprenant les communes de Roubaix et Tourcoing, un complément d’étude incluant les quartiers de l’Epeule/ Fresnoy/ Mackellerie. Le foisonnement végétal bordant la voie de chemin de fer est mis en avant, et on a l’idée d’aménager un grand parc longitudinal du côté de l’Epeule.

Un concours est alors lancé par la ville de Roubaix en mai 1996. Vingt quatre réponses locales ont été reçues, trois équipes sont finalement retenues, qui ont trois mois pour proposer une esquisse. Finalement, le 5 novembre 1996, c’est l’équipe B3L Paysages qui est retenue. Leur proposition se distingue par la volonté de placer les équipements sportifs perpendiculairement à la voie. Ils composent ainsi le parc par une trame longitudinale essentiellement végétale composée de bandes boisées, et d’une voie verte. Cette trame longitudinale est ensuite entrecoupée par les équipements programmés (terrains multisports, terrains de foot) et les éléments installés (butte, jardins familiaux). De plus, ils suggèrent la conservation des déchets de démolition pour constituer une butte culminant à sept mètres de haut, qui permettrait une vue sur la Mackellerie séparée de l’Epeule par la voie ferrée. Son flanc Est servirait de tribunes sur le stade. Sa face exposée au sud serait utilisée comme lieu de détente et comme point de vue privilégié sur les toits de Roubaix. Sur la face nord de cette butte, un amphithéâtre en gabions serait réalisé afin de conserver un bosquet de bouleaux déjà présent sur le site.

C’est en septembre 1997 que démarrent les travaux de démolition en vue de réaliser le parc Bell-Brondeloire. Sont concernés deux hectares de bâtiments en état de décomposition avancée, et les jardins familiaux. On va détruire tout ce qui se trouve entre le groupe Bell de l’OPAC de Roubaix, le supermarché Match, la rue du Brondeloire, le bâtiment Flipo Richir et la voie de chemin de fer. Cela représente une longue bande de terrain à assainir le long du remblai du chemin de fer. Les travaux de démolition doivent durer deux mois et demi. Les jardins ouvriers vont être déplacés de 150 mètres par rapport à leur situation initiale. Douze parcelles seront installées durant le premier semestre 1998, au beau milieu du futur parc. On a prévu un espace clôturé et gardienné pour les nouveaux jardins familiaux, un terrain de football avec vestiaires, des espaces de détente, un autre terrain multisports (foot, basket) aménagé en accès libre, et suffisamment loin des habitations pour ne pas gêner les riverains.

En 1998 est inauguré le parc du Brondeloire dont l’emplacement a été choisi parce que la grande surface libre appartenait déjà à la Mairie. De plus, le comité du quartier de l’Epeule réclamait depuis une dizaine d’années des équipements sportifs, car la population du quartier est jeune, notamment dans les logements du «groupe Bell». La décision de faire un parc sportif est prise immédiatement. Les entrepreneurs SOREVE et Nord Espace vert se sont occupés du chantier. L’Agence Paysages a abandonné le suivi du chantier en cours, et on constatera des différences entre la phase chantier et ce qui a été réalisé. Conséquence, les bouleaux qui définissent la forme du forum dans la butte du parc, sont pour la plupart morts ou en très mauvaise santé. Comment justifier ce forum si les bouleaux disparaissent? Les voliges destinées à délimiter les différentes pièces du jardin à l’ouest du parc n’ont pas été installées. Il en résulte une dégradation de ces espaces. Des adventices poussent sur les rebords des allées en grave. Les matériaux se mélangent (graves et terres végétales). On distingue encore les différents massifs.

Il est vrai que l’appropriation du site a été très rapide. Une association d’habitants a réalisé l’entretien et l’animation du parc pendant un temps. Le parc était attendu depuis dix longues années. Cette attente et la sur-utilisation ont très vite eu des répercutions sur le site. Le parc du Brondeloire a subi de nombreuses dégradations, il n’a pas connu de trêve en terme d’utilisation. Le site ne ferme pas totalement, il y a des brèches dans l’enceinte du parc et il n’est pas gardé la nuit. Dès Mai 1998, l’amphithéâtre en gabion est remis en cause. Il a subi de petites dégradations aux conséquences importantes. Son accès et son utilisation ne se font pas en toute sécurité. De plus des pierres ont été arrachées des grillages et projetées contre les trains passant à proximité, ou sur des voitures. On projette de noyer les galets dans du béton et de poser des garde-corps. Finalement on comblera l’amphithéâtre par de la terre et pour retenir celle-ci on posera des rondins de bois, et on sécurisera l’accès par un grillage. L’amphithéâtre a donc perdu sa forme et son utilité. Seule une assise a été installée à la base de la butte.

Le terrain de sport est également très dégradé, le parc est soumis à de très grosses contraintes d’usure notamment en hiver durant les périodes de gel et parce qu’il est très sollicité. Selon les services des sports, il serait déjà à reconstruire. Le parc est très utilisé, notamment en été ou les activités manquent terriblement dans le quartier. Les enfants viennent donc jouer dans le parc, terrain de foot et terrains de sports sont saturés. Les potagers sont également très vivants à la belle saison. On signale cependant des conflits dans les potagers (vols de légumes). En hiver, le parc offre moins de possibilités mis à part le terrain de foot. Des problèmes de trafics de drogues sont récurrents, et empêchent parfois d’autres usagers d’utiliser les infrastructures sportives, comme par exemple les écoles qui n’ont pas eu accès au parc pendant plusieurs jours. Dix ans à peine et une grande partie du parc est à refaire.

à suivre
Lucien Delvarre est ouvrier typographe à l’imprimerie Collin, au 27 rue Nationale à Roubaix. Après sa journée de travail, il s’occupe des nombreuses associations dont il fait partie : MLO (Mouvement de Libération Ouvrière), Culture et Liberté, Citoyens du monde, Comité de quartier.
Lucien est également passionné par la musique. Il joue de plusieurs instruments : le violon, le piano, la basse, la guitare, le cor pour lequel il a obtenu le 1° prix au conservatoire. Il fait partie de la célèbre fanfare Delattre et chante dans diverses chorales. C’est à l’occasion de sa participation dans un groupe vocal qu’il rencontre sa future épouse Betty,

Au milieu des années 1950, ils habitent au 81 avenue Alfred Motte, dans un appartement HBM ( Habitation Bon Marché ) au 3° étage. Le logement est petit mais coquet. L’immeuble se situe à l’angle de la rue Ingres.

Lucien et Betty ont 3 enfants et commencent bien sûr à les motiver sur leur passion musicale. En 1966, l’aîné, Jean-Luc, 17 ans, est typographe comme son père ; il joue de la guitare et de la basse. Emmanuel, 14 ans, joue de la guitare et de la batterie. Christophe, 11 ans, étudie le piano et la contrebasse au conservatoire de la rue de Soubise, et joue de la guitare également. Très rapidement, les trois garçons, passionnés et motivés par leur père, sont doués pour la musique, et jouent de leur instrument avec plaisir, bien souvent acheté chez Waeterloos, rue de Lannoy.

Lucien et Betty décident donc de créer un ensemble vocal comprenant les 5 membres de la famille. Ils travaillent fréquemment, lors de répétitions dans leur appartement de l’avenue Alfred Motte, sur des musiques très diverses comme la variété, le folk, le negro-spiritual. Lucien devient l’homme orchestre du groupe. Il fait également les arrangements et compose parfois avec son ami Jean Prez, comme par exemple : Valse Printanière.


Lucien est sollicité pour participer à un premier concours de chant, à Croix. L’organisateur lui demande de trouver un nom de scène pour son groupe. Lucien décide, rapidement, d’appeler son ensemble vocal : «la famille Pratt » car il s’est souvenu d’un film : La Mélodie du Bonheur avec la famille Von Trapp. Il inverse simplement les lettres du nom Trapp.

La famille Pratt connaît un franc succès lors de cette première présentation. Les spectacles se succèdent alors très régulièrement, au gré des demandes, car Lucien ne fait aucune publicité pour communiquer. Le »bouche à oreille » est le meilleur moyen pour faire reconnaître le talent de la famille Pratt. Lucien souhaite, avant tout, que le groupe reste amateur. Jouer un instrument de musique et chanter doit rester un plaisir.
Les déplacements sont toujours épiques ; à cinq dans l’ Ami 6 break, les guitares dans le coffre, et la basse sur le toit du véhicule ! Les concerts se déroulent non seulement à Roubaix, mais également dans toute la région, et même à Blankenberge en Belgique. Leur costume de scène est très simple ; chemise blanche, gilet et cravate fantaisie.

Au début des années 1970, les adolescents deviennent adultes. L’aîné, Jean Luc, se marie et part habiter en Savoie. La famille Pratt continue à 4. Puis les deux autres garçons se tournent également vers d’autres horizons ; Emmanuel part en Bourgogne, Christophe reste sur la métropole lilloise.
La petite famille continue néanmoins à faire de la musique dans les réunions familiales ou en animant les messes dominicales à l’église Sainte Bernadette de Roubaix. Lucien se consacre également à d’autres passions dont la photographie. Dans les années 1980, il prend des milliers de clichés de sa ville de Roubaix, qu’il aime tant. En 1999, à 79 ans, il présente une projection de ses diapositives, dans le local du comité de son quartier au Nouveau Roubaix, au 58 rue Jean Macé.

Plus tard, il offrira beaucoup de ces diapositives à la ville. Ces photos sont d’ailleurs toujours visibles, sur le site Internet de la B.N.R. Bibliothèque Numérique de Roubaix. Lucien décède en 2016. On garde de lui, une excellente image : un homme heureux, passionné, bénévole, simple, modeste, généreux.

Remerciements à Christophe Delvarre
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La décision de reporter grand place le terminus du Mongy une fois prise, on prend l’option de déplacer les voies qui vont désormais emprunter le centre de la place. On supprime celles qui longeaient la banque de France, et on crée une nouvelle courbe.
Les tramways vont circuler là où stationnent les voitures : on se borne dans un premier temps à modifier les traits tracés au sol pour laisser la place aux rails. On fait confiance aux automobilistes qui devront être attentifs à ne pas dépasser les limites fixées pour laisser le libre passage aux motrices.
Sans doute la cohabitation est-t-elle difficile à régler, car on décide très vite d’aménager un site propre pour la voie ferrée. On réserve donc dans l’axe de la place une bande de terrain dont les limites sont matérialisées par des haies basses. Les motrices reprendront leur place au sein de la circulation après la courbe les amenant dans la grand rue. Il leur faudra ensuite cohabiter avec les voitures sur le chemin de retour vers Lille jusqu’à l’entrée du parc Barbieux. Les automobilistes continueront à côtoyer les trams grand rue, grand place et rue du Maréchal Foch d’ailleurs à sens unique, alors que les autobus remplacent les anciens tramways partout ailleurs dans les rues de Roubaix. Ces aménagements sont terminés en 1955.
Les aménagements de la place de la Liberté n’évoluent pas pendant une vingtaine d’années : Une photo de 1976 nous montre qu’à cette date, si les modèles de voitures ont changé, la physionomie de la place n’a pas évolué.

Pourtant la circulation n’est plus la même : depuis les années 50 la presse insiste de façon récurrente sur les problèmes liés à la circulation. Nord Matin fait état en 1972 de grosses difficultés dues à la cohabitation avec les piétons qui traversent le boulevard devant le Broutteux. Le problème va trouver sa solution dans la création d’un secteur piétonnier. On projette en effet en 1976 de faire de l’extrémité de la grand rue une voie piétonne pour redonner un attrait au centre ville (voir notre article à ce sujet). Après étude, la décision se précise : le Mongy, un instant menacé par le projet, continuera à emprunter cette section.

La place de la Liberté est directement concernée par ce projet visant visant également à intégrer le centre historique et Roubaix 2000 dans un seul ensemble à travers le boulevard Gambetta. Les commerçants concernés sont conviés pour information par la chambre de commerce à une visite du secteur piétonnier de Dieppe qui date d’un an. Ils y découvrent un espace dotée de mobilier urbain, où animations et promotions commerciales permettent de donner une âme.

Dans le projet pour la place, seule la moitié côté banque de France, placée en sens unique, reste dévolue aux automobilistes. Le reste, le côté commerçant, est partagé entre les transports en commun et les piétons. Un première zone large d’une dizaine de mètres le long des magasins sera ornée de végétaux et de mobilier urbain. L’architecte prévoit des vitrines où les commerçants pourront installer leurs produits. Plus loin, un couloir sera réservé à la circulation des bus entre la zone piétons et la plate-forme centrale du Mongy.

En 77, on attaque les travaux qui vont durer plusieurs mois, mettant les patiences à l’épreuve. La Voix du Nord titre à cette occasion : « il faut souffrir pour être beau » ! L’équipement urbain est complété en 82 par une sanisette, sujet de curiosité pour les roubaisiens.
L’aspect de la place semble attirer les photographes, inspirés également par le spectacle des lumières nocturnes :
Dans années 90, les voies du tramway quittent définitivement la place ; il s’arrête désormais à Eurotéléport. On peut enlever les rails de la place, qui renoue avec les travaux : En effet, le percement des galeries du métro vont livrer une nouvelle fois, à la fin de la décennie, la place aux engins de terrassement. Il faut, après la station Eurotéléport, que les rames changent de direction en passant sous la place pour se diriger vers la grand place, avant, par une nouvelle courbe, de se diriger vers la gare.
Ces travaux terminés, on réaménage la place juste avant le tournant du siècle, et c’est alors un parking qui occupe la majorité de l’espace. Seule demeure ouverte à la circulation une voie placée le long de la banque de France.

Les documents proviennent de la médiathèque de Roubaix et des archives municipales.

La vaste plaine de Beaulieu était constituée de terres agricoles. Entre le quartier du Beau Chêne (sur la gauche de la photo aérienne) et le hameau de Beaulieu (sur la droite de la photo) regroupé autour de l’église Notre Dame de Bon Conseil dont nous reparlerons bientôt, il n’y a que de larges espaces de forme rectangulaires avec quelques fermes : le grand Beaulieu, visible en bas à droite de la photo et le petit Beaulieu. C’est là que les urbanistes des années soixante vont implanter une nouvelle cité, estimant que le site est privilégié, par le fait qu’il soit le plus haut de Wattrelos, et qu’il soit à proximité du centre de la ville.

En février 1964, lors de la présentation de la maquette de la future zone de Beaulieu, on annonce la construction de 2.400 nouveaux logements et une augmentation probable de dix mille habitants pour la commune de Wattrelos. La réalisation se fera en trois étapes. La fin des travaux est prévue en 1970. Mais on voit plus loin que le logement. Il faut prévoir des équipements collectifs. Trois groupes scolaires d’un total de 23 classes de garçons et 21 classes de filles, 17 classes maternelles, deux écoles maternelles. Avec équipement sportif, salles vestiaires et douches.
Puis la ZUP qui fait 50 hectares va comprendre un stade de compétition, un gymnase, une piscine couverte, des terrains de jeux pour les enfants. Pour le domaine socio-médical, une halte garderie est prévue. Un équipement commercial, nécessaire à l’approvisionnement de la population : on prévoit trois centres principaux, l’un au cœur même de la cité, le second à l’ouest, le troisième à l’est. Une vingtaine de commerces seraient ouverts dans la cité ? On parle d’une nouvelle église à proximité de la Baillerie ?

En juin 1965, une première tranche de 342 logements (182 collectifs et 160 individuels) est commencée. La première tranche a démarré en octobre 1964, et le gros œuvre est bientôt en voie d’achèvement à la fin de l’année. Le samedi 12 juin 1965 à 11 heures, le Préfet du Nord Pierre Dumont inaugure ces logements qui ont été réalisés par le CIL de Roubaix Tourcoing pour le compte de la société anonyme le Bien être familial.

L’agencement intérieur de l’appartement témoin a été réalisé par les établissements Desmarchelier rue Henri Briffaut meubles et appareils ménagers, la décoration et l’ameublement ont été confiés à M. Henri Ducoulombier décorateur, maison Rido décor, place du Crétinier Wattrelos. Cette réalisation va entraîner des aménagements routiers, pour réaliser la future « ceinture routière » de la ZUP de Beaulieu : on va procéder à l’élargissement de la rue Leruste, de la rue de la Boutillerie, et de la rue de la Baillerie jusqu’à 8,50 ou 9 mètres. La rue Vallon et la rue de Beaulieu seront également restaurées.



à suivre
Au début des années 80, alors adolescent, j’habitais rue Gabriel Péri, à mi-chemin entre la place de Wattrelos et le Sartel. J’avais pour habitude, en rentrant du collège, de me rendre à la boulangerie Destriez pour y acheter les fameux puddings maison ou la délicieuse baguette aux raisins, enroulée dans son emballage bien identifiable.
Cette boulangerie, située à l’angle de la rue de France et de la rue Négrier, était l’un des derniers commerces qui subsistait alors dans cette rue qui compta près d’une vingtaine de boutiques en tout genre dans les années 70 ; librairie, boucherie, coiffeur, garagiste, imprimerie, épiceries, boulangeries…et même un vendeur de chapeaux.
A cette époque j’ignorais qu’Alain Destriez était le « représentant » de la quatrième génération de boulangers et que ce commerce avait plus de 75 ans.
C’est en effet au début du 20ème siècle que le couple (Alphonse) Pollet- (Madeleine) Briffaut (de la famille du Maire de l’époque, Henri) ouvre un commerce à l’angle de la rue de France et de la rue Négrier. Si on y trouvait bien évidemment du pain, le magasin faisait également office d’épicerie…et de coiffeur. Le concept de multi-services n’est donc pas récent !

Dans les années 20, un des fils Pollet (également prénommé Alphonse) prend avec son épouse Madeleine Reuscart, la succession de ses parents et limite son activité à la boulangerie.

C’est en effet au début du 20ème siècle que le couple (Alphonse) Pollet- (Madeleine) Briffaut (de la famille du Maire de l’époque, Henri) ouvre un commerce à l’angle de la rue de France et de la rue Négrier. Si on y trouvait bien évidemment du pain, le magasin faisait également office d’épicerie…et de coiffeur. Le concept de multi-services n’est donc pas récent !
Paule, leur deuxième fille, épouse dans les années 40 un dénommé Jacques Destriez , alors apprenti dans la boulangerie. Salarié par ses beaux-parents, ce dernier reprend le commerce avec son épouse et élargit son activité en proposant des gâteaux et pâtisseries diverses en plus de la traditionnelle boulangerie.
Le couple Pollet-Destriez a une fille et deux garçons (Alain et Christian) et c’est « naturellement » que ces derniers suivent les pas de leur père en devenant à leur tour apprentis boulangers-pâtissiers.
En 1975, Alain et son épouse Evelyne, reprennent le commerce qu’ils gèrent jusqu’en 1994, date à laquelle Alain passe le flambeau à son frère cadet Christian…qui était auparavant salarié dans cette entreprise familiale.

Christian dirigera la boulangerie jusqu’en 2013 et cèdera son affaire à Isabelle et Marc, les actuels propriétaires, qui ont dignement repris le relais à la tête de ce commerce centenaire.

Quelques patrons roubaisiens du syndicat mixte de l’Industrie roubaisienne, soucieux d’améliorer le sort de la classe ouvrière, créent en 1892 une coopérative : « L’Union », afin de concurrencer l’autre coopérative socialiste « La Paix ».
Ces généreux fondateurs désintéressés et dévoués à la classe ouvrière, ne cherchent que le »mieux vivre », en fournissant des produits de bonne qualité, à un prix le plus avantageux possible. Ils souhaitent même améliorer le sort matériel et moral de leurs membres.
La boulangerie économique L’Union est crée le 1er décembre 1892 et permet d’importantes économies pour les familles, sur le prix du pain.

Le premier siège social de l’Union se trouve au 90 rue des Longues Haies, à deux pas de l’estaminet de la Planche Trouée et de la rue de Lannoy.
La boulangerie économique de l’Union dispose d’un magasin de vente de pain, de charbon et d’une bibliothèque populaire.
Les débuts de la boulangerie sont certes difficiles, mais prometteurs. Quelques mois après, elle compte 1600 adhérents, et une vente de 2000 pains par jour. Pour intensifier le développement, l’Union décide d’ouvrir plusieurs points de vente dans différents quartiers de Roubaix : rues de Flandre, de Mouvaux, Jacquart, Brezin, de Lannoy et de l’Ermitage.

Le développement devient de plus en plus important. En 1893, la production est de 832 tonnes, et passe, en 1902, à 6104 tonnes. Le local principal de la rue des Longues Haies devient rapidement trop petit. L’Union déménage alors dans un vaste local inoccupé, au 59 Grande Rue. L’inauguration a lieu en 1904 ; 30.000 personnes se pressent pour visiter ces nouveaux locaux, très modernes.

La quantité de pain vendu atteint 22 tonnes par jour, dont 5 tonnes vendues par les magasins, et 17 tonnes vendues à domicile par les livreurs.
15 voitures à bras, et 13 voitures hippomobiles sillonnent les rues de la ville, pour la livraison du pain frais. Des sachets de 500 g de farine sont également proposés à la clientèle.

Le directeur Édouard Duquenne est à la tête d’une entreprise comptant une centaine de personnes ( production, livreurs et encadrement ). Des douches sont mises à disposition pour le personnel, car l’administration de l’Union est, bien sûr, préoccupée d’assurer les meilleures conditions d’hygiène pour les ouvriers.

L’Union se doit de participer à l’Exposition Universelle de Roubaix en 1911, vu son importance industrielle et sociale. Le Pavillon construit près du lac, est un remarquable moulin de style hollandais.

Au fil des années, la boulangerie l’Union adjoint à sa fabrication de pain, celle d’articles de biscuiterie ( secs et fourrés ) et de produits de suralimentation ( macarons, galettes flamandes, gaufres, biscotines ). Ces produits de suralimentation sont très riches en éléments nutritifs et digestifs. Ils constituent une nourriture réconfortante et substantielle pour toute la population.


Le charbon a également une place importante dans le budget des ménages roubaisiens. L’administration de l’Union décide donc de fournir ce combustible à des prix intéressants et avantageux. Elle passe des accords avec des sociétés minières, et peut désormais livrer le charbon à domicile, depuis l’entrepôt situé au 457 bis Grande rue, avec embranchement sur la ligne de chemin de fer du Nord

L’Union fait bénéficier ses adhérents de nombreux autres avantages sociaux. Elle crée, pour le personnel, une »Société de Secours Mutuels ». C’est la Sécurité Sociale avant l’heure !
Elle met également en place une caisse de retraite : »Les Prévoyants de l’Industrie et du Commerce Roubaisiens ».
Elle propose aussi, aux familles, des logements sociaux à bon marché, des petites maisons confortables qui permettent de réunir toutes les conditions d’agrément, d’hygiène et de moralité. L’Union abrite également sous son toit, le journal »Nord Mutualiste » ainsi que le »Dispensaire Mutualiste » et une »Bibliothèque Populaire d’ Économie Sociale ».




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à suivre . . .
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En 1898, Victor Waeterloos répare quelques instruments de musique et en particulier des accordéons diatoniques, pour subvenir à ses besoins. Son fils, François Waeterloos, né en 1893 à Lille, aide son père dès l’âge de 12 ans en commençant à réparer également les accordéons.
En 1927, François vient s’installer à Roubaix, au 173 bis rue de Lannoy. C’est une petite échoppe, bien située, qui lui permet de se faire connaître très rapidement. Le succès est immédiat et il se trouve très rapidement à l’étroit dans sa petite boutique.
L’occasion se présente deux années plus tard, en 1929, puisqu’il déménage juste en face au 186 rue de Lannoy où se situait auparavant l’atelier d’un tailleur : F. Ponteville.

Le local est beaucoup plus vaste. François installe son atelier au fond de la maison. et peut y loger à l’étage avec son épouse Hélène, et leur fils Francis.
François est un homme passionné. Il signe un accord d’exclusivité pour vendre les accordéons Scandalli ( marque prestigieuse italienne ) après avoir bénéficié d’une formation chez le fabricant, car seule l’industrie italienne possède la technologie nécessaire.

L’accordéon est un instrument de musique complexe, composé de 5000 pièces différentes. Sa réparation nécessite donc du matériel important, des machines outils de précision.
L’accordéon n’a plus de secrets pour François qui les répare très facilement. Il décide alors de fabriquer lui-même ses propres pianos à bretelles ! Il crée la marque Stella. Il s’agit d’un accordéon chromatique, ce qui permet à l’instrument de proposer une gamme de sons plus étendue et améliore de façon très sensible, la plage musicale. Son épouse Hélène s’occupe de la gestion du magasin.

Leur fils, Francis ( 3° génération ) apporte une aide précieuse à l’atelier pour la fabrication, et au commerce pour la vente. Il devient passionné, tout comme son père et son grand père. Il décide de développer l’activité en proposant à la clientèle des partitions, des cahiers de musique, des méthodes de solfèges.


Le conservatoire de musique de la rue de Soubise lui passe des commandes très importantes et régulières de matériel et de partitions. Francis prend conscience de l’importance des contacts avec la clientèle ; il entreprend alors une démarche commerciale auprès des professeurs de musique, des fanfares, des harmonies, des écoles de musique, et des accordéonistes célèbres comme Charles Verstraete ou Jean Prez.

En plus de la gamme « Stella », fortement appréciée par les musiciens professionnels et virtuoses, Francis crée une nouvelle marque qu’il appelle« Pierfi » en l’honneur de la naissance de son fils, Pierre. C’est un accordéon, plus léger, plus compact, et donc mieux adapté pour les jeunes amateurs.

Francis profite de ce lancement pour présenter sa gamme complète, à la foire commerciale de Lille, en 1956.

Francis part dans les Vosges pour se former au métier de luthier, car il souhaite développer la vente et la réparation de tous les instruments de musique. Pendant cette période, son père François gère le magasin, aidé par sa belle fille Marguerite Tanghe, qui s’occupe également de l’éducation de leurs deux fils, Pierre et François. Une fois son diplôme obtenu, Francis propose alors à sa clientèle des instruments à corde, des instruments à vent, en bref une gamme complète, sauf peut-être, les pianos.


Dans les années 1960-1970, la guitare électrique se développe de façon importante. De nombreux groupes viennent s’approvisionner chez Waeterloos, en particulier les frères Cogoni : « les Sunlights ».
Les orgues, synthétiseurs, amplis, micros, font partie aussi de la nouvelle gamme de produits demandés par les groupes de rock.

A la fin des années 1960, Francis a l’opportunité de louer le commerce voisin au 188 rue de Lannoy. Cela lui permet d’étendre sa vitrine et de développer la gamme de produits proposés. La place disponible de l’arrière boutique lui permet de stocker les instruments et de créer un bureau.

Les deux fils de Francis ne souhaitent pas continuer l’activité : Pierre devient professeur d’éducation physique, et François s’oriente vers la pharmacie. Francis continue donc seul. En 1992, il a 65 ans et souhaite prendre une retraite bien méritée. Ne trouvant pas de repreneur à son affaire, il se voit malheureusement contraint de fermer le magasin de musique Waeterloos, en fin d’année 1992.

Remerciements à Pierre et François Waeterloos pour leurs témoignages, documents et photos.
Cette fameuse tranchée verte commence au pont de la rue de Mouvaux, en face de la descente de la rue de l’Alma, autrefois occupée par la société anonyme de fabrication de tissus du même nom. Voici un relevé des rues situées entre le chemin de fer et la rue de l’épeule, à partir de la rue du grand chemin, ainsi que leur date de création : rue du Lieutenant Castelain (1894), qui rejoint la rue du Parc (rue particulière existant dès 1860 et entrée dans le réseau vicinal en 1905), de laquelle repart la rue du Vivier (id). Celle-ci croise la rue des Arts, à partir de laquelle se trouve la petite rue de la digue (1867) à hauteur d’un autre pont de chemin de fer qui rejoint la rue du Marquisat (existante en 1867, vicinalisée en 1892) d’où démarre la rue du Brondeloire (classée en 1887), dans laquelle aboutissent la rue Heilmann et la rue Brézin.

Un certain nombre d’entreprises étaient adossées au talus de la voie de chemin de fer. La percée s’est faite à l’endroit où se trouvaient autrefois les bureaux de la Compagnie des Mines d’Anzin au n°56, au ras du mur et des sheds de l’atelier de carrosserie Verplancke au n°32. On se retrouve là au bout de la rue du Parc, laquelle rejoignait autrefois la rue de la digue au pied du remblai de chemin de fer. Elle fut désaffectée sur plus de vingt mètres de son parcours, dont l’espace réapparaît aujourd’hui avec la percée verte.

Le long de la rue du Vivier, côté pair, se trouvaient aux n°8 à 12 la société Coussement, et au n°18 la cité Lequain. Côté impair, on peut encore apercevoir les locaux d’entreprises aujourd’hui disparues, au n°5 les eaux gazeuses, au n°7 les magasins Chatiliez, au n°9 un dépôt de matières colorantes Kuhlmann. Sur le même trottoir, un poste EDF fait toujours l’angle avec la rue des Arts. Dans la rue des Arts se faisaient face en regardant vers le pont à gauche au n°215 les transports Valcke et à droite au n°244-246 la fromagerie Marcillat, produits laitiers.

La rue du Vivier donne donc dans la rue du Marquisat, où étaient les locaux de l’épicerie en gros Kuhn au n°51, après le débouché de la rue du Brondeloire. Celle-ci reçoit dans son côté impair l’arrivée des rues de Turenne et Heilmann. De fait elle était donc constituée des façades arrières de l’importante usine Selliez laquelle donnait sur les trois rues. Sur son côté pair, dans les années soixante dix, elle comprenait au n°34 les Ets Flipo Richir qui occuperont également l’usine Selliez un peu plus tard, au n°36 l’usine de la société d’articles de sports Vroman, et aux n°38-40 les transports Delachaussée.

Il faut ajouter à cette liste contemporaine des implantations plus anciennes comme celle du Peignage de l’Epeule qui occupèrent tout le côté pair de la rue du Brondeloire au début du vingtième siècle avant de disparaître dans un mémorable incendie.