L’histoire de la Musique à Hem 2

2ème partie La fanfare Saint Corneille

La naissance de la Fanfare remonte à 1920. Les abbés de Saint Corneille et quelques autres personnalités, décident de fonder une société de gymnastique, souhaitée par les jeunes et en confient la gestion à M. Jules Corman. Pour la doter d’une « batterie », ils font appel à Charles Debacker assisté de Jules Nys. Les 12 membres de la formation, qui débutent, ignorent le solfège mais sont décidés à travailler en assistant régulièrement aux répétitions et très vite la nouvelle formation recrute.

La batterie Saint Corneille en 1922 (Document Historihem)

Vers 1925, l’effectif atteint une trentaine de membres et elle se transforme en batterie fanfare de trompettes et clairons. Dès lors, pour le Chef, le problème des instructeurs se pose, mais il est rejoint et secondé par un excellent musicien et ami M. Marcel Noullet qui devient son sous-chef. C’est Maurice Vandenbruwaene qui en est alors président actif. Il restera par la suite président d’honneur.

Entre 1923 et 1930, l’abbé Delebois, qui vient d’être nommé Vicaire à l’église Saint Corneille, donne une impulsion décisive à cette fanfare. De ce fait, quand, vers 1930, la section gymnastique disparaît, la batterie demeure et devient la Fanfare Saint Corneille. 

La fanfare en 1928 et 1930 (Documents Historihem)

Elle se développe et compte bientôt 45 sociétaires dévoués, assidus aux répétitions et sorties. Puis elle participe aux concours régionaux de musique de l’Union de Flandre, dans lesquels elle se classe honorablement en division «Excellence». Elle assiste également régulièrement aux fêtes communales et se produit dans de nombreuses festivités dans les villes environnantes. Après une dizaine d’années de travail ardu, c’est une formation homogène qui s’engage dans les concours nationaux. En 1937, c’est le National de Paris avec le premier prix d’excellence en 1939 avant que la fanfare ne soit dispersée en raison de la 2ème guerre mondiale.

La fanfare en 1937 (Documents Historihem)

Après-guerre, grâce au travail de tous, le Chef peut réaliser son projet : transformer la société en Fanfare de trompettes de cavalerie. Le travail musical est intensifié, de nombreux élèves sont formés et l’effectif oscille, durant une vingtaine d’années, entre 50 et 60 membres avec 45 trompettes, cors et basses et 12 tambours. Monsieur Noullet assure les répétitions de détail, les instructeurs perfectionnent leurs élèves, des oeuvres importantes et difficiles sont mises au pupitre et la fanfare participe à nouveau à des concours.

La fanfare après-guerre et lors d’un concours à Caudry en 1947 (Documents Historihem)

Ainsi, en 1951, la Fanfare participe au concours de Nantes et y obtient le premier prix d’excellence et les félicitations du jury, ramenant à Hem le fanion de champion de France de sa catégorie. L’année suivante, elle renouvelle sa performance au concours de Strasbourg. En 1953, au concours de la fédération, des musiques du Nord et du Pas-de-Calais, à Lille, elle obtient le premier prix d’honneur et les félicitations du jury. Et, en 1954, au concours national organisé à Lille, elle rencontre le même succès qu’à Nantes et Strasbourg pour la troisième fois en 4 ans. La fanfare est championne de France.

Concours de Nantes en 1951, Strasbourg en 1952, prix obtenu en 1953 et réception à la mairie en 1954 (Documents Historihem)

En tant que championne de France, la fanfare défile lors d’événements divers dans les localités avoisinantes ; ainsi à Roubaix, en 1955, lors de la visite des Anciens des Chars et leur démarche au Monument aux morts et au monument du Commandant Bossut. Puis, à l’occasion de la Sainte-Cécile à Hem, une audition a lieu à l’église Saint-Corneille avant un dépôt de fleurs aux membres décédés au cimetière. A cette occasion c’est Charles Merchez qui devient président.

La fanfare à Roubaix et la Sainte Cécile à Hem en 1955 et 4 piliers de la fanfare en 1959 (Documents Nord-Eclair)

Les années passant, le recrutement est devenu plus difficile, la jeunesse se tournant vers d’autres distractions. A compter de 1957, la fanfare est présidée par Paul Marquette, ancien porte drapeau. 1959 marque le quarantenaire de la fanfare célébré avec remise de médailles et banquet. A partir de 1960, la direction est confiée à Edouard Delattre , ex trompette solo, engagé dans la formation depuis 40 ans. La fanfare participe aux fêtes communales et, bien évidemment au concert annuel de la Sainte Cécile.

Le quarantenaire en 1959 puis la fanfare en 1960 et 1967, les concerts de Sainte-Cécile en 1964 et 1967 et les 4 piliers en 1969 (Documents Historihem et Nord-Eclair)

Lorsque sont médaillés Edouard Delattre et Emile Prevot en 1974, la fanfare est en fête. C’est Mr Rofiaen qui en est alors président et tous les membres de la fanfare sont présents. Ce sont les 5 plus jeunes clairons qui jouent durant l’apéritif qui précède le banquet suivi d’une soirée dansante. 5 ans plus tard c’est Emile Weckens le nouveau président ainsi que son vice-président et plusieurs membres de la fanfare qui sont médaillés et se retrouvent à la salle des fêtes pour la traditionnelle réception.

La fanfare en fête en 1974 et une photo des minimes durant la même année et les médaillés en 1979 et au cours de la réception en salle des fêtes et photo des piliers de la formation (Documents Nord-Eclair et Historihem)

Mais, dans la décennie qui suit, la fanfare voit ses effectifs décliner jusqu’à atteindre 30 membres seulement dont 5 joueurs entre 60 et 70 ans et des difficultés à recruter les jeunes. En 1984, la fanfare arrive à assurer les sorties prévues et la formation des débutants de même que des plus âgés. Pourtant les 2 personnes chargées de ces formations ne parviennent pas à se concerter et bientôt la rupture est consommée et la fanfare n’existe plus.

Fin de la fanfare en 1985 : photo ancienne de la formation dans les années 1950 (Document Nord-Eclair)

C’est un groupe de 6 jeunes qui prend officiellement la relève et les fonctions de secrétaire et de trésorier sont confiées à Frédéric Bernard, un étudiant de 19 ans. L’ensemble de cuivres ainsi constitué garde les mêmes statuts que la défunte fanfare, et se produit pour la première fois à l’église Saint-Corneille, en mai 1985. Leur espoir : animer des soirées, des messes et des réunions de famille.

Le nouvel ensemble de cuivres en 1985 (Document Nord-Eclair)

Remerciements à l’Association Historihem

à suivre…

Colisée ( 4 ) 2000 2026

En 2000-2001, la mairie et la direction du Colisée décident de la rénovation intérieure de la salle : nouvelle entrée, plafond doré, sol clair, le hall est refait et semble plus spacieux. Il peut accueillir à l’occasion, quelques manifestations, des « extras » en quelque sorte. 1200 nouveaux fauteuils bleus ont déjà été installés l’année dernière. Des dispositions sont prises pour un meilleur accueil des PMR Personnes à Mobilité Réduite. Le restaurant est refait, avec des couleurs chaudes. La billetterie est plus spacieuse et ouverte sur le public. Le nouveau Colisée est magnifique.

document Nord Eclair
document Nord Eclair
document Nord Eclair

Pour passer le cap de l’an 2000, la directrice du Colisée, Marie Cécile Laidebeur décide de donner un coup de jeune au parvis, installé déjà depuis quelques temps. Elle fait appel à l’ESAAT, Ecole Supérieure d’Arts Appliqués et Textile de Roubaix, pour que quelques étudiants puissent y apporter quelque chose de gai, de coloré et de kitch. Cette belle expression de leur talent est baptisée : la porte des vœux du 3° millénaire.

document Nord Eclair

En Mars 2002, Marie Cécile est entrée dans la « Cour des Grands » elle reçoit, en effet, des mains de Gisèle Casadesus, la Croix de Chevalier de l’Ordre national du Mérite, le jour de la représentation de Jérome Deschamps : La Cour des Grands. Mais elle décède malheureusement en Septembre 2003 et laisse un grand vide à la direction du Colisée. Avec elle, disparaît une battante qui a su imposer « l’Olympia du Nord », grâce à une programmation éclectique. Brigitte Leman assure la direction par intérim.

document Nord Eclair 2002

Le Ballet du Nord, rebaptisé en 1985, Centre Chorégraphique National de Roubaix est confié en 2004 à Carolyn Carlson, une grande figure de la danse contemporaine. Elle génère alors un rayonnement à la fois sur le territoire et à l’international.

Carolyn Carlson ( document site C. Carlson )

En Octobre 2006, Bertrand Millet prend la direction du Colisée qui change de statut juridique. Bertrand apporte un sang nouveau : il adopte alors un théâtre pluridisciplinaire, développe la « programmation directe » et réduit la partie « location ». Il est chef d’entreprise ( il se qualifie même de taulier ), il mène le projet artistique avec la prospection, programmation et relation avec les artistes.

Bertrand Millet, nouveau directeur du Colisée ( document Nord Eclair )

Pour Bertrand, la Culture a un rôle essentiel : rassembler les gens, rapprocher les populations différentes et créer du lien. La colonne vertébrale des programmations devient le théâtre. La collaboration entre Carolyn Carlson et Bertrand Millet est de plus en plus importante.

Il présente au public, à chaque début de saison, le programme : un savant dosage entre les spectacles visuels, le théâtre, la danse, les concerts, les humoristes et même du cirque. Si le projet est essentiellement constitué de spectacles pour le grand public, l’objectif est également de faire découvrir certains artistes moins connus. Avec son équipe, il concocte la recette culturelle et met tout en œuvre pour transformer chaque soirée en moment inoubliable.

Affiche Programme saison ( document collection privée )

En Mars 2020, l’épidémie de Covid 19 se déclare. Cette pandémie perturbe fortement l’activité du Colisée car des mesures de protection sanitaires sont obligatoires. Entre toutes les vagues de confinement, le Colisée met en place des séparations originales en carton, sur les sièges entre les spectateurs d’une même famille, pour pouvoir continuer à proposer des spectacles culturels à la clientèle. « Quand on est à moins de 1 000, on replace le public pour avoir la distanciation, explique Bertrand Millet à la presse locale.

document B. Vanalderwelt
document B. Vanalderwelt
document Voix du Nord 2020

Après la pandémie, le Colisée reprend une activité normale. Il est le rendez vous des émotions, du rire, de la musique, de la danse et du spectacle. L’immense salle propose jusqu’à 1700 places dans une atmosphère intimiste, avec de nos jours, plus de 100 représentations chaque saison, accueillant plus de 100.000 spectateurs.

Bertrand Millet ( document RoubaixXL )
document Colisée

Jean Deconinck a créé le Colisée en 1926. Pour la saison 2026-2027 l’établissement va fêter son centenaire ! Nul doute que Bertrand Millet et son équipe, composée d’une vingtaine de collaborateurs, vont nous programmer des spectacles encore plus exceptionnels pour cet événement. Un siècle déjà, et toujours avec une jeunesse intacte ! De plus, le Plan de Rénovation Urbaine de la ville prévoit le réaménagement complet de la rue de l’Epeule en 2026, et en particulier la végétalisation du parvis du Colisée.

Projet 2026 ( document ville de Roubaix )
document Colisée

Remerciements à Bertrand Millet, Bernard Vanalderwelt, Patrick Bullens ainsi qu’aux archives municipales.

Wattrelos au Salon

Le Salon des Arts Ménagers de Roubaix a existé de 1951 à 19931. Il accueillait beaucoup de grands commerçants roubaisiens mais également d’autres villes proches comme Croix, Wasquehal, ou Wattrelos.

Les commerçants wattrelosiens furent fidèles à ce rendez-vous et mirent en valeur le commerce régional. Voici quelques unes des enseignes concernées.

Le Gai Logis à Wattrelos pub NE

Le Gai Logis, aux n°22-25 Grand Place de Wattrelos propose des meubles modernes ou rustiques, salons, salles de séjour, meubles de cuisine, chambres. Dépositaire des matelas Epeda, la maison Delignies offre des facilités de paiement. Elle restera fidèle au salon jusqu’au bout.

Deroo à la Vieille Place pub NE

Les meubles Deroo sont des spécialistes du mobilier de cuisine et notamment de la vogue Formica. Il sont situés au 6 de la Vieille Place de Wattrelos, et au 102 rue Pierre Catteau. Cette société accompagna longtemps le salon roubaisien.

Flandria et son dépositaire roubaisien pub NE

La marque Flandria fut d’abord proposée par un dépositaire roubaisien, le Comptoir de la Machine à Laver 27 rue de Lannoy, mais devint vite un stand à part entière les années suivantes. Flandria se trouve au 39 de la rue Jeanne d’Arc à Wattrelos, expose et vend au prix d’usine sa gamme de machine à laver le linge, la vaisselle, les réfrigérateurs, congélateurs bahuts et verticaux, combinés réfrigérateurs congélateurs, cuisinières. Facilités de paiement, service après vente, livraison immédiate sont assurés à la clientèle.

Moudart 1953 pub NE

André Moudart basé au n°290 rue Carnot participa à l’arrivée des commerçants de radio télévision en 1953 hors, puis dans le salon roubaisien. Il était dépositaire des marques Clarville, Phillips et Sonneclair.

Bernard Halleumieux Wattrelos pub NE

La maison Bernard Halleumieux proposait de la menuiserie générale (bois et plastique), escaliers, volets roulants, charpente, cuisines sur mesure, agencements de magasins. Elle se situe dans le quartier du Crétinier, au n°6 de la rue Claude Weppe et au 118 rue Saint Vincent-de-Paul.

Les établissements Willem Vincent et Plumet 58/4 rue Gabriel Péri à Wattrelos sont une entreprise spécialisée dans l’isolation. Ils firent quelques années au salon roubaisien. Pendant les années 80, la société Tradition Meubles sise 60 rue Castermant participa également au salon roubaisien.

Wattrelos Tradition pub NE

Quelques autres commerçants firent une brève apparition au salon : les établissements Sodis 127 rue Faidherbe à Wattrelos étaient d’importants distributeurs de vins et boissons. La maison Despae 10 rue de la Carluyère s’occupait de chauffage électrique.

Il est vrai que Wattrelos se dota d’une foire commerciale le Samedi 14 novembre 1970, en plein centre de la ville. Cinquante exposants, des stands très variés, des jeux, des attractions, des dégustations de toute sorte. Un succès2.

1Voir le Carnet de Mémoire consacré à ce sujet sorti en décembre 2025

2Voir notre article La foire de Wattrelos

Rue Jules Guesde entre la Vallée et la Lionderie

Une fois passé le carrefour de la rue de la Vallée et de la rue des Trois Baudets avec la rue Jules Guesde, cette dernière, en s’éloignant du centre est beaucoup moins commerçante, dans la première moitié du 20ème siècle. La vue aérienne de 1933 montre une rue de village entourée de champs et parsemée de quelques habitations de part et d’autre de la rue.

Vue aérienne de 1933 (Document IGN)

On décompte alors deux fermes, côte à côte, dans cette portion de la rue. La première, en venant du carrefour de la rue Jules Guesde et de la rue des Trois Baudets était déjà en activité au 19ème siècle, exploitée par la famille Deldalle qui avait racheté la propriété à la veuve Bayart. Dans les années 1960, c’est Jean Descamps qui reprend l’exploitation jusqu’à son expropriation au début des années 1980. C’est le lotissement de la rue Henri Waymel qui occupe le terrain de nos jours.

Vue aérienne de la ferme de Jean Descamps dans les années 1970 et vue aérienne actuelle (Documents Historihem et Google Maps)
Vue aérienne des 2 fermes côte à côte en 1962 et vue aérienne de 2024 (Documents IGN et Google Maps)

La deuxième, plus ancienne, est exploitée par la famille Boussemart, au 19ème siècle. Vers 1920, les bâtiments alors exploités par le fermier Duthoit (des 3 Fermes) sont reconstruits, puis Jules Descamps épouse Marie-Madeleine Duthoit et reprend l’exploitation. C’est en 1966 que son fils, Bernard, lui succède jusqu’à sa retraite, en 1994, année au cours de laquelle il cède ses terres à un autre agriculteur et le bâtiment sis au n°179 de la rue Jules Guesde, dans lequel il a ouvert une crémerie au début des années 1980, à un particulier.

La ferme dans les années 1970, une publicité pour la crémerie en 1989, la ferme en 2023 et une vue aérienne dans les années 2020 (Documents Historihem, Nord-Eclair et Google Maps)

C’est également au 19ème siècle que remonte l’ouverture du Café Saint-Pierre, au 240 rue Jules Guesde, à l’angle de celle-ci et de l’impasse Saint-Pierre. Puis pendant près de 30 ans, de 1934 à 1961, l’établissement est tenu par Léon Guevart à la fois répertorié dans les Ravet-Anceau de l’époque comme cafetier et boucher. A la fin des années 1960, le café laisse sa place à une boucherie-charcuterie. Enfin, en 2013, c’est le salon de coiffure Beautiful Coiffure qui s’installe dans les lieux. (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site consacré à la boucherie Au Fin Palais).

Le café Guevart, Au Fin Palais et Beautiful Coiffure (Documents Historihem, collection privée et Google Maps)

Il ne s’agit pas, à l’époque, du seul estaminet installé sur cette portion de rue. Les anciennes cartes postales nous permettent d’y situer au n°206, l’estaminet à l’enseigne « Au Printemps », exploité par le couple Prévot Liagre, dans lequel sont organisés des combats de coqs. L’établissement existe déjà depuis une trentaine d’années lorsque le couple le reprend en 1928. Par la suite ce sont des particuliers qui occupent les lieux.

L’estaminet Au printemps dans les années 1920 et la maison dans les années 2000 (Documents Historihem et collection privée et Google Maps)

A la fin de la seconde guerre mondiale est répertoriée, au n°212, la blanchisserie et teinturerie du Nord qui a ses ateliers au n°362. Puis plus rien et ce n’est que bien plus tard, et pour quelques années que la maison abritera ensuite un chauffagiste, Maurice Potelle avant de devenir le siège des Ets Bruleur service , entreprise de nettoyage de 1980 à 2012.

Le n°212 en 2025 (Document Google Maps)

En dehors de cet établissement, à l’époque, on retrouve, dans le Ravet-Anceau, quelques artisans sur cette portion de la rue Jules Guesde, à savoir : couvreurs et maçons. Ainsi le couvreur Dewailly Farvacq est installé au n°153 des années 47 à 61 puis Emille Dewailly y prend la suite jusqu’en 1972. C’est en 1977 que Sonia Scoufflaire et Danièle Demoor y créent un commerce de prêt à porter à l’enseigne Hem Confection et ce pendant une dizaine d’années. Puis le bâtiment abritera une profession libérale avant de reprendre un usage d’habitation.

Facture des Ets Dewailly Farvacq et publicités du magasin Hem Confection et la façade actuelle du 153 (Document Nord-Eclair, collection privée et google maps)

Deux maçons sont également installés, l’un au n°159, Mr Joveneaux, que l’on ne retrouve déjà plus dans les années 1950, et l’autre au n°230, Mr Laurent qui demeure répertorié à cette adresse jusqu’à la fin des années 1960. Actuellement le 159 abrite un domicile tandis que le 230 a hébergé l’entreprise de location de véhicules industriels d’Albert Degrandsart, laquelle a fermé ses portes en 1984. Actuellement aucune activité n’y est répertoriée.

Photos des n°159 et 230 dans les années 2020 (Documents Google Maps)

C’est au milieu des années 1950 qu’ouvre, au n°173, une boulangerie qui existe encore de nos jours sur ce même emplacement. Il s’agit de la boulangerie Bammez toujours gérée sous ce nom jusqu’aux années 1990, par André d’abord jusqu’à la fin des années 1980 puis par Renaud. C’est ensuite la SARL Delain qui succède à la famille Bammez et ce jusqu’en 2008. Puis le commerce est repris par les Jonckière toujours en activité en 2025.

Publicités pour les maisons Bammez et façades de la boulangerie au fil des dirigeants (Documents Historihem, collection privée et Google Maps)

Un incendie impressionnant dévaste complétement le grenier d’une habitation située au n° 210, en février 1958. Le couple Vanderdonck se trouve dans sa cuisine, au rez-de-chaussée, quand ils sont avertis par une passante et un automobiliste du sinistre qui ravage le dernier étage de leur maison et détruit leur toiture, refaite à la libération,14 ans plus tôt. Les pompiers mettent deux lances en action et viennent à bout de l’incendie en peu de temps sans pouvoir déterminer précisément l’origine de celui-ci.

L’incendie de février 1958 et la maison en 2008 (Documents Nord-Eclair et Google Maps)

Les Transports Thomas s’installent au n°222 à la fin des années 1960. Ils céderont la place aux Transports Piat une trentaine d’année plus tard et pour une dizaine d’années. Après la fermeture de la société en 2012 un parking est aménagé là où les camions étaient précédemment stationnés.

Les transports Piat en 2008 et le parking aménagé après la fermeture en 2015 (Documents Google Maps)

Dix ans plus tard Jean-Michel Clarisse installe sa boutique de fleuriste au n° 208. Jean-Michel et son épouse restent pendant près de 40 ans dans leur joli commerce où, tandis que Jean-Michel compose de magnifiques bouquets dans son atelier, son épouse sert la clientèle avec professionnalisme et une gentillesse exceptionnelle. Puis c’est Nicolas Pommart, déjà installé Place de la République, qui reprend le commerce quand le couple prend sa retraite. (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site consacré à Ancolie).

Les boutiques Clarisse puis Ancolie (Documents Historihem et Google Maps)

Enfin Pizza Nostra ouvre ses portes, au début des années 1990, juste à côté de la boulangerie, au n°175. Antonio (dit Tony) et Françoise Fisicaro y proposent des pizzas à emporter qui font le bonheur des familles. De nos jours la Pizza Nostra est toujours en activité.

Menu de la pizzaria et façade de celle-ci en 2008 et 2023 (Documents site web et Google Maps)

Les vues aériennes de cette portion de rue entre le carrefour des 4 Chemins et le carrefour Saint Pierre nous permettent de mieux percevoir l’évolution d’un quartier encore très agricole au début du 20 ème siècle et devenu plus commercial puis plus résidentiel au fil du passage des décennies.

Vues aériennes en 1962, 1989 et 2025 (Documents IGN et Google Maps)

Remerciements à l’association Historihem

Square Gustave Ansart

Gustave Ansart naît à Roubaix dans le quartier du Pile, le 5 Mai 1923. Issu d’une famille ouvrière, il commence à travailler en usine à l’âge de 13 ans et se syndique à cette occasion.

Gustave Ansart document collection privée

En 1947 il est élu conseiller municipal à Roubaix ; en 1951 il devient secrétaire de l’union CGT de la métallurgie de la région et en 1954 il est élu au comité central du PCF. Député du Nord en 1956 et député européen en 1979, Gustave Ansart est également directeur du journal Liberté à Lille de 1958 à 1982.

Il décède le 20 Septembre 1990 à Denain. De nombreuses personnalités régionales et nationales sont présentes, le 23 Septembre, pour ses obsèques dont Arthur Brabant, maire de Denain ; Noël Josèphe du Conseil régional ; Alain Bocquet, premier secrétaire du Parti Communiste et Georges Marchais, secrétaire général du Parti Communiste.

Gustave Ansart 1923 1990 document archives municipales

Gustave concevait la vie politique comme un débat d’idées et non pas comme un combat entre les hommes. Il y a certes des adversaires, mais jamais d’ennemis. Après son décès en 1990, Emile Duhamel, son fidèle ami, demande à la municipalité de la ville de Roubaix qu’un endroit de la ville porte son nom , si possible dans son quartier du Pile. La demande est acceptée à l’unanimité par le conseil municipal. Ce sera un square situé entre la rue Lannes et la rue Marceau, attenant à la Maison des Deux Quartiers.

la plaque ( document N. Duhamel )

Le 9 Juin 1993, une cérémonie est organisée pour dévoiler la plaque du square Gustave Ansart en présence de nombreuses personnalités. Sur la photo ci-dessous, on reconnaît André Diligent et à ses côtés Mme Gustave Ansart ; au deuxième rang, René Vandierendonck, Bernard Carton et à l’extrême droite, Emile Duhamel.

document N. Duhamel

En 2017, la municipalité accorde un permis pour construire à l’emplacement du square Gustave Ansart, un « Centre de petite enfance du quartier du Pile ».

Centre de petite enfance

A l’approche du 100° anniversaire de la date de naissance de Gustave Ansart, de nombreux roubaisiens sollicitent Mr le Maire Guillaume Delbart, en vue de lui rendre hommage en donnant son nom à une rue ou à un autre endroit. En Février 2025, le conseil municipal propose de réattribuer le nom du square Gustave Ansart, à l’espace vert créé à l’angle de la rue Lannes et du boulevard de Beaurepaire. Une cérémonie a lieu à cet endroit pour dévoiler la plaque du nouveau square Gustave Ansart, le mardi 2 Décembre 2025.

Invitation ( document N.Duhamel )

Sur la photo ci-dessous, on distingue sur la gauche, Gustave Ansart ( fils ) puis Nicole Duhamel, Alexandre Garcin et Michelle Demessine

document La Voix du Nord

Comme le rappelle son fils, Gustave Ansart répétait souvent : « C’est au Pile, que j’ai appris la solidarité, on y partageait la soupe et le pain ». Et quand on le questionnait sur son bagage universitaire, il répondait fièrement qu’il venait de l’Université du Pile.

Gustave Ansart ( document archives municipales )

Remerciements à Gustave Ansart fils, Nicole Duhamel ainsi qu’aux archives municipales.

Histoire de la Musique à Hem 1

1ère partie : L’Harmonie Municipale

C’est en 1845 que la Philharmonie de Hem est créée par le père du brasseur Louis Leclercq. Suite à une dissidence au sein de celle-ci, un groupe de musiciens fonde l’Harmonie de la Citadelle en 1888. Leur siège est situé au Café de la Citadelle. En 1910, leur uniforme bleu marine rappelle celui du Génie de l’époque. En 1914, les deux sociétés comptent chacune 55 membres.

Drapeau de la Philharmonie de Hem en 1845, l’Harmonie de la Citadelle à la fin du 19 ème siècle et la Philharmonie en 1913 (Documents Historihem)

En 1919, de trop nombreux membres des deux formations étant décédés durant la première guerre mondiale, les 2 sociétés se regroupent dans une seule et même association, déclarée en 1920 : l’Harmonie Municipale. Dès lors, sous la direction du chef Jules Delmet, la musique municipale de la ville participe aux différentes manifestations qui y sont organisées.

Harmonie municipale en 1922 et le chef Jules Delmet (Document Historihem)
Différentes manifestations hémoises auxquelles participe la musique municipale en 1928 et 1935 (Documents Historihem)

L’harmonie municipale, subventionnée par la ville jusqu’en 1940, se dote d’un règlement intérieur en 1935. Charles Desmet, né à Hem en 1910, intègre la formation à l’âge de 14 ans en qualité de clarinettiste. En 1939, il y occupe la fonction de 1ère clarinette. Il est en charge de la garde des instruments durant les années d’occupation.

Le règlement intérieur de 1935, Charles Desmet et sa soeur en 1920 et l’Harmonie en 1938 (Doc 2)

Après guerre l’Harmonie se reforme et Jules Delmet en reprend la direction. Charles Desmet s’éloigne un temps pour participer à l’orchestre Ambiance, avant de réintégrer les rangs de la Musique. A la même époque, Maurice Desfontaine prend la direction de la Symphonie des anciens prisonniers de guerre.

Puis, l’âge venant Jules Delmet transmet la direction de l’harmonie municipale à son fils Paul. Quant à Charles Desmet, il prend ensuite le poste de « grosse caisse ». En 1950, Une nouvelle tenue est offerte à la Musique par la municipalité de Hem.

Photos de l’orchestre Ambiance après guerre (Documents Historihem)
La Symphonie des anciens prisonniers de guerre en 1949 (Documents Historihem)
Une nouvelle tenue offerte par la municipalité et photo de l’Harmonie Municipale en 1950 (Document Nord-Eclair et Historihem)

Les fêtes musicales et sportives de l’Harmonie Municipale remportent un vif succès dans la seconde moitié des années 1950. Il en est de même pour leur audition de Sainte Cécile. Il faut donc recruter des jeunes pour prendre la relève et, en 1959, de jeunes garçons âgés de 7 à 14 ans suivent les cours gratuits donnés par Maurice Desfontaine (père) et dont les meilleurs seront destinés à renforcer les rangs de la Musique.

La fête de l’Harmonie Municipale en 1955 et la Sainte Cécile en 1956 et 1957 (Documents Nord-Eclair)
Préparation des jeunes musiciens à l’Harmonie Municipale en 1959 (Document Nord-Eclair)

Durant cette même année, Maurice Desfontaine (fils), en permission d’Algérie, participe à un concert de la formation où il joue, en tant que clarinettiste, avec son père. Durant l’année 1959, un hommage est rendu à Léon Sallez et Jean-Baptiste Amoris, vétérans de la Musique, ce dernier décédant quelques mois plus tard, après plus de 70 années d’activité musicale.

Maurice Desfontaine fils seul et avec le groupe, fête du vétéran Léon Sallez et décès de JB Amoris (Documents Nord-Eclair)
La formation à la fin des années 1950 (Documents Historihem)

L’année 1960 est marquée par le gala de l’Harmonie Municipale, sous le patronage du journal Nord-Eclair, avec des solistes 1ers prix de conservatoire : le flûtiste Bernard Wistraete et le clarinettiste Maurice Desfontaine (fils), et une audition de l’Harmonie, sous la direction de Maurice Desfontaine (père), un gala qui remporte un vif succès.

Le gala de l’Harmonie Municipale en 1960 (Documents Nord-Eclair)

C’est aussi l’année où Charles Desmet est médaillé par le maire de Hem Jean Leplat, au cours d’une cérémonie officielle rassemblant un public conquis. Durant cette même année, se produit le décès du vice-président de l’Harmonie, Louis Manche, également vice-président de l’Union des sociétés mutualistes de Roubaix et environs, mais aussi président de la commission de gestion du sanatorium de Sailly.

Remise de médaille à Charls Desmet en présence de l’ensemble de la formation (Documents Historihem)
Décès du vice-président de l’Harmonie (Document Nord-Eclair)

Le vétéran Léon Sallez prend sa retraite 2 ans plus tard, à l’âge de 81 ans, après 70 ans de pratique musicale. A cette occasion, il pose pour la presse avec la relève, à savoir Pascal Bernard âgé de 5 ans et demi et déjà musicien prometteur. Léon décèdera en 1964. C’est durant la même année 1962 qu’Alfred Vansteenkiste, entrepreneur épris de musique, accepte de reprendre la fonction de président de l’Harmonie vacante suite au départ d’Henri Mulliez pour raison de santé.

Léon Sallez et Pascal Bernard en 1962 et une photo de Léon sur sa pierre tombale (Documents Historihem)
Le nouveau président de l’Harmonie en 1962 (Document Nord-Eclair)

Avec le temps, l’Harmonie voit malheureusement ses effectifs diminuer régulièrement et peine à recruter des jeunes éléments. Elle ne survivra pas à la 2ème partie des années 1960.

Remerciements à l’association Historihem

à suivre

Aurèle Guénard

Il existe à Leers une rue Aurèle Guénard, qui relie le carrefour de la rue Léon Gambetta et de la rue Louise de Bettignies à Leers France à la rue de la Reine Élisabeth, territoire de Leers-Nord en Belgique. À un endroit frontalière, cette rue aurait pu convenir à la ronde d’un douanier entre France et Belgique. On peut penser que c’est à dessein qu’on lui donna le 12 novembre 1927 le nom d’Aurèle Guénard, qui fut douanier et patrouilla sans doute en ces lieux.

Né à Charleville-Mézières en 1879, Aurèle Guénard s’est engagé pour quatre ans dans l’armée et il est affecté dans l’infanterie de marine. On le retrouve au Tonkin (Vietnam) du 3 février 1899 au 4 novembre 1900. Au terme de son contrat, il revient dans les Ardennes, se marie et intègre l’administration des douanes en 1909. Il est gabelou à Wattrelos où il habite caserne de la douane. Il sera ensuite mobilisé comme soldat télégraphiste à Dunkerque avant d’être redirigé sur Lille le 7 septembre 1914. L’armée française est repoussée. Le 25 août 1914, alors que l’ennemi est signalé sur la frontière franco-belge, Aurèle Guénard abat un soldat allemand.

Aurèle Guénard photo Égalité de Rx Tg

Ne voulant pas être fait prisonnier, il quitte l’uniforme pour des vêtements civils. Avec un autre soldat, le caporal Gaston Briclair, il va former un redoutable duo de franc-tireurs. Après l’occupation de Lille, à partir d’octobre 1914, Guénard passe des courriers clandestins entre la France et les Pays-Bas tout en organisant l’évasion de soldats français emprisonnés dans la capitale des Flandres. À la Noël 1916, Aurèle et son épouse sont cachés à Lille rue Léon Gambetta. Il est recherché mais demeure introuvable.

Dénoncé, il est finalement arrêté le 14 novembre 1917 dans un café de la rue Gambetta à Lille nommé « Au Mont Cassel ». Le douanier est incarcéré à la citadelle. Le conseil de guerre le condamne à mort le 12 juillet 1918 pour espionnage. Il est fusillé le 23 août à la citadelle de Lille. Son corps repose au cimetière du sud. Lors de son décès il est domicilié à Lille rue Manuel l’une des nombreuses adresses où il résidait il devait en changer souvent.

Excepté la médaille militaire, décernée à titre posthume en 1922, personne n’a jamais vraiment rendu hommage à l’action et à la mémoire d’Aurèle Guénard. Dans les années 30, la municipalité lilloise avait envisagé de lui dédier un monument mais le héros n’eut pas cet honneur. Leers lui consacrera une rue.

Sources

La Voix du Nord août 2018, novembre 2019

L’Égalité de Roubaix Tourcoing 9 et 10 décembre 1931

Le Colisée ( 3 ) 1980 – 2000

A la fin des années 1970, la télévision se développe et envahit les foyers au détriment des salles de cinéma. Tous les cinémas sont en difficulté et ferment les uns après les autres. Le Colisée n’est pas épargné par la crise des grandes salles obscures mais s’apprête à connaître un autre sort. En effet, la ville de Roubaix rachète l’établissement, en 1980, et dépose un dossier pour la réhabilitation et la transformation du Colisée en salle de spectacles et centre de chorégraphie. Le vieux cinéma s’apprête à couler des jours différents, il va devenir un point de ralliement de l’Opéra du Nord.

Maquette de la transformation ( document archives municipales )

D’importants travaux de rénovation ( pour 12 millions de francs ) sont ainsi programmés d’ici 1982. Le chantier démarre en Mars 1981. Tout d’abord, il est nécessaire de désenclaver le Colisée. La ville de Roubaix rachète l’entreprise voisine, les Ets Libbrecht, au 39 de la rue de l’Epeule, qui est ensuite démolie. La superficie de plus de 4.000 m2 peut alors être consacrée à la création d’une place. L’entrée de la rue de l’Epeule se fait sur un parvis latéral, qui permet lui-même aux spectateurs d’accéder à la salle de spectacle.

document Nord Eclair 1982

La salle de cinéma connaît alors de grands changements. La scène est large mais pas suffisamment profonde pour se prêter à des spectacles chorégraphiques, elle est donc agrandie. Plusieurs rangées de fauteuils ( environ 200 ) devant la rampe, sont supprimées. Une fosse d’orchestre est créée. La scène ne peut pas être réaménagée, elle doit être complètement rasée, avec la création d’un nouveau plateau, l’installation d’un nouveau dispositif de cintres, la pose de perches qui supportent les projecteurs pour les jeux de lumière etc. La capacité de la salle est dès lors de 1800 personnes.

document archives municipales
document archives municipales
document B. Vanalderwelt
document archives municipales
Les travaux sur place ( document archives municipales )
Les travaux sur place ( document B. Vanalderwelt )

Un couac se produit pendant les travaux : la maison voisine de Jean Prez, accordéoniste au 43 de la rue de l’Epeule, subit quelques dommages . . .

document archives municipales

En Juin 1982, Pierre Prouvost, député maire, vient visiter le chantier. Il constate que les travaux avancent bien, et que les délais seront respectés, malgré l’ampleur de la tâche. La livraison devrait se faire fin Décembre ou en début d’année 1983.

Pierre Prouvost en visite ( document Nord Eclair 1982 )

Mr le Maire est impressionné par l’importance des travaux. Autrefois, derrière l’écran du cinéma, le mur du fond se trouvait à 4 mètres de distance. Aujourd’hui la tour de scène construite, mesure 23 m de haut, 30 m de large avec une ouverture de scène de 18 m sur 15 m de profondeur. Cette tour est vraiment très imposante.

vue aérienne des travaux ( document IGN )

La salle de spectacle peut, par ailleurs, être modifiée en fonction des spectacles. A partir du 10° rang jusqu’au 22° tous les sièges peuvent être relevés, grâce à l’installation de vérins hydrauliques. Ce système ingénieux permet de disposer les sièges en gradins. Cette disposition est particulièrement efficace au niveau acoustique pour les représentations de spectacle lyrique ou d’opéra.

la salle ( document Nord Eclair )
document B. Vanalderwelt
la salle ( document Colisée )
les vérins hydrauliques ( document B. Vanalderwelt )

Pierre Prouvost est heureux de constater que le nouveau Colisée est propre à accueillir le public, d’autant que le niveau artistique des spectacles proposés ne démentira pas la qualité de l’outil conçu.

document B. Vanalderwelt

Le 28 Janvier 1983, après près de deux ans de travaux, c’est l’ inauguration du Colisée-Opéra en présence de Pierre Mauroy premier ministre de l’époque, Pierre Prouvost député-maire, Monique Bouchez présidente de l’Opéra du Nord, Noël Josèphe président du Conseil Régional et Alfonso Catà chorégraphe du Ballet du Nord. Pour l’occasion, le ballet national de Marseille de Roland Petit présente son spectacle : « Les Hauts de Hurlevent », et ce pendant trois jours consécutifs.

Inauguration ( document Nord Eclair )
Inauguration ( document B. Vanaderwelt )

Le Colisée démarre donc, en ce début d’année 1983, de façon importante et dynamique puisque sont programmés les spectacles de Julien Clerc le 3 Février, la revue du Casino de Paris les 4 et 5, l’opéra Faust les 18 et 20, Patrick Sébastien le 25 et la revue West Side Story les 26 et 27.

C’est également en 1983, que le Ballet du Nord, antenne de l’Opéra de Lille, s’installe au Colisée, sous la direction d’Alfonso Catà. Le ballet devient Centre Chorégraphique National.

La cafétéria installée au rez de chaussée ( document B. Vanaderwelt )

La salle d’entraînement et de répétitions du Ballet du Nord est installée à l’étage dans l’ancien dancing et peut également, à l’occasion, accueillir 200 personnes. Sur la photo ci-dessous, on reconnaît, en bas, les anciens gradins du dancing, et sur la droite, la scène ou se produisaient les chanteurs et orchestres.

document Ballet du Nord

Dans les années 1980, le Colisée est géré par l’association Roubaix Culture dont le président est André Diligent et la vice présidente Thérèse Constans. La direction de Roubaix Culture a son siège dans les locaux du Colisée. La ville de Roubaix et le Colisée travaillent toujours en étroite collaboration, en matière de choix des spectacles, de budget de fonctionnement etc

Patrick Bullens directeur du Colisée et Martial Guénée de Roubaix-culture en 1985 ( document Nord Eclair )

Les 20 ans de Roubaix-Culture en 1991 : Thérèse Constans, Martial Guénée et Patrick Bullens

En 1993, soit 10 ans après l’ouverture, le directeur, Patrick Bullens, pense déjà à effectuer quelques travaux de rénovation. 1) les peintures : la totalité des peintures intérieures soit 3000 m2 sont à refaire 2) le chauffage à air pulsé doit être repensé, pour éviter à certains spectateurs d’avoir trop chaud et d’autres d’avoir des courants d’air désagréables, et surtout que le chauffage soit plus silencieux. Les devis des travaux sont acceptés et ceux-ci vont durer tout l’été.

Patrick Bullens directeur en 1993 ( document Nord Eclair )

Le Colisée accueille des spectacles prestigieux et de nombreuses vedettes de variété s’y produisent : Barbara, Charles Trenet, Michel Sardou, Niagara, Georges Moustaki, Alain Souchon, Gilbert Bécaud, Charles Aznavour etc, ainsi que des célébrités dans le monde du théâtre :

Patrick Bullens nous conte une anecdote qui prête à sourire : Bernard Blier, peu avant de monter sur scène, se trouve dans sa loge en peignoir d’intérieur. Il se dirige vers le lavabo pour se nettoyer les mains, et malheureusement s’aperçoit que les robinets ne fonctionnent pas correctement ( eau froide à la place de l’eau chaude ! ) Bernard Blier, qui a du caractère, se met en colère, le fait savoir bruyamment et monte directement sur scène en peignoir ! Tous les techniciens sur place sont forcément surpris, essaient de l’interpeller pour qu’il puisse se vêtir, mais en vain. Bernard affiche un sourire moqueur : le peignoir est sa tenue de scène du premier acte !

Bernard Blier ( document collection privée )

Dans les années 1990, de nouvelles très grandes salles spécialisées dans la distribution musicale arrivent sur la métropole comme Le Zénith ou l’Aéronef. Le Colisée voit ainsi partir les grands concerts vers les autres salles. La directrice depuis 1997, Marie-Cécile Laidebeur, parvient cependant à maintenir une offre culturelle variée et de grande qualité.

En Novembre 1998, un incident se produit lors du concert du chanteur Faudel. En effet, le public est chaud-bouillant, les filles trépignent, sautent, crient, hurlent, dansent et se trémoussent pendant ce concert de musique raï. Le pompier de service s’aperçoit que des fissures apparaissent sous le balcon. Inquiet il prévient le responsable de la sécurité qui fait arrêter immédiatement le chanteur. Faudel annonce lui-même la nouvelle au public forcément mécontent. Il semble toutefois, que ce ne sont que des fissures superficielles du plâtre.

Faudel ( document Nord Eclair )

Arnaud Verspieren et Marie Cécile Laidebeur annoncent en 1999 l’installation de 1200 nouveaux fauteuils beaucoup plus confortables et silencieux ( en effet, ils ne couinent pas ! ) et de couleur bleu comme le rideau. 600 fauteuils arriveront plus tard pour être installés au balcon.

document Nord Eclair
Le Colisée ( document bnr )

à suivre . . .

Remerciements à Bertrand Millet, Bernard Vanalderwelt, Patrick Bullens ainsi qu’aux archives municipales.

Quartier Longchamp (suite et fin)

2007 est aussi l’année de la démolition de la résidence Sterne qui comptait 40 appartements. Les pelleteuses sont au travail pendant quelques jours en commençant par la façade et il n’en reste que quelques pierres. Le Macareux quant à lui, situé rue Lavoisier en face du nouveau groupe scolaire Saint Exupéry, est réhabilité en extérieur comme en intérieur. C’est le cas aussi du Gardenia.

Démolition de la Sterne et son entrée avant démolition et rénovation du Macareux et du Gardenia (Documents Tout Hem et Temps de passage)

La salle Jacques Sockeel, victime d’un incendie en 2005, est rénovée 3 ans plus tard : réfection de la couverture du bâtiment, faux plafonds, électricité, plomberie, chauffage, sanitaires, menuiseries et peintures. Les associations peuvent ainsi reprendre possession des locaux avant que la salle Brasiello bénéficie, à son tour d’une rénovation.

Les salles Sockeel/Brasiello en 2025 (Document Google Maps)

Toujours en 2008, 3 entrées du collectif Merisier de l’avenue Schweitzer disparaissent à leur tour après une phase de désamiantage. L’espace accueillera la construction d’un nouveau collectif de 18 appartements du type immeuble Fleming pour 2010. De même l’Arbousier, un collectif de 60 appartements de la rue Charcot, est rayé de la carte.

Le nouveau collectif prévu à la place du Merisier et la démolition de l’Arbousier en 2008 (Documents Tout Hem)

Le collectif l’Olivier fait peau neuve en 2009, les mots d’ordre étant : changement d’image et résidentialisation. Toutes les parties communes sont rénovées : menuiseries, plomberie et peintures mais aussi nettoyage de la façade, pose de soubassement en briques et de panneaux en terre cuite et mise en valeur de l’entrée avec inscription en relief du nom du bâtiment. A noter également l’embellissement des abords et la création d’un parking à l’arrière de l’immeuble.

Puis 2 îlots sont réalisés côte à côte entre les avenues Schweitzer et Laennec. Les îlots D et QR constituent un mini quartier verdoyant composé d’une centaine de logements, pour la grande majorité individuels ou semi-collectifs. Des maisons allant du T2 au T5 bordent ainsi de nouvelles rues et les locataires vont bientôt les occuper.

L’Olivier en rénovation en 2008 (Document Tout Hem)
Les îlots D et QR en 2009 (Document Tout Hem)

C’est la même année qu’a lieu l’une des dernières démolitions du quartier avec le collectif Epicéa, une barre de 36 appartements : désamiantage, enlèvement des fenêtres et autres équipements, avant l’arrivée des pelleteuses. Celui-ci laissera place à plus de 2000 mètres carrés de terrain sur lesquels sera construit le nouveau centre social des Hauts Champs, ultramoderne, attractif et accueillant (sur le sujet voir un précédent article édité sur notre site).

Démolition de l’Epicéa pour laisser place au futur centre social des 3 viles (Documents Tout Hem)

C’est en 2011 qu’un espace public est aménagé à Charcot, entre les rues du Docteur Larrey et Ambroise Paré, composé d’une placette destinée à créer le lien avec le nouveau centre social et d’un espace dédié à de nombreuses activités et manifestations pour les riverains. 2011 est aussi l’année de la dernière démolition : la tour 105, ou Tour du Docteur Roux, datait de 1967 et comprenait 50 logements répartis sur 12 étages. Depuis 2004 ses habitants l’avaient quittée petit à petit pour être relogés sur Hem.

Aménagement d’un espace public à Charcot et entrée de la tour 105 ou tour du Docteur Roux en 2011 (Documents Tout Hem et Temps de passage)

L’année suivante c’est au tour du secteur Dunant d’être embelli et sécurisé. Nouvelles chaussées et nouveaux trottoirs et stationnements doivent permettre de rééquilibrer l’espace public. L’avenue Dunant passe en 2 fois une voie et des couloirs réservés aux bus y sont aménagés. C’est aussi en 2012 que le Hameau des Camélias (îlot QR) est inauguré. Sur les 13343 mètres carrés où étaient auparavant installés le groupe scolaire Longchamp et des barres d’immeubles, se dressent maintenant 44 maisons avec jardin et 30 collectifs avec espaces verts et aérés, dont la résidence Nancel séparée en 2 bâtiments de 12 et 18 logements.

L’avenue Dunant nouvelle version en 2015 et l’inauguration du Hameau des Camélias en 2012 et la résidence Nancel (Document Google Maps,Tout Hem et Voix du Nord)

Puis c’est le nouveau centre social construit en 2011 au 93 rue du Docteur Schweitzer qui est investi : le Centre Social des 3 Villes. Le nouveau bâtiment s’élève en lieu et place de l’immeuble Epicea, démoli en 2009, juste en face de l’ancienne église Saint-André, désacralisée en 2011 et sur le point de devenir une épicerie solidaire.

Le nouveau centre occupe une surface de 2000 mètres carrés et comporte de multiples pièces : des bureaux, une halte-garderie, une salle polyvalente, une bibliothèque, un clubhouse, des douches, des salles de repos, des locaux techniques et même un dojo (qui devrait être également ouvert aux écoles) et une salle de musculation. Au cœur du bâtiment un patio a été aménagé avec du gazon synthétique, ainsi qu’un espace pour le parking et une aire de jeux.

Le Centre Social des 3 Villes en 2025 (Document Google Maps)

C’est la fin des travaux entrepris dans le cadre de l’ANRU depuis 2004 dans le quartier et si les rénovations/démolitions/constructions n’ont pas réglé tous les problèmes les habitants témoignent globalement d’un quartier plus agréable à vivre.

Toutefois, depuis 2009 des habitants de la Tour Breguet, avenue Schweitzer, dénoncent des incivilités, pannes d’ascenseur et dégradations et lancent 5 ans plus tard une pétition pour dénoncer les odeurs pestilentielles émanant des cages d’escaliers. Or en 2020, le mécontentement, relayé par la presse locale, est à son paroxysme avec présence de rats, odeurs irrespirables et dépôt d’encombrants dans les parties communes.

La Tour Breguet dans la tourmente en 2020 (Document Voix du Nord)

En 2021, la municipalité met en exergue une situation sociale dans la ville globalement en amélioration mais très contrastée. Un peu moins de la moitié de la population hémoise vit en effet dans un quartier en politique de la ville (quartier prioritaires dont le quartier Longchamp fait partie) et la part d’habitat social est au dessus de la moyenne de la MEL.

Point sur la situation sociale de la ville en 2021 (Document Voix du Nord)

Le premier programme du plan de rénovation urbaine a permis de dédensifier, désenclaver et rénover les quartiers des Hauts Champs/Longchamp. Ainsi, en l’espace de 10 ans, 298 logements y ont été détruits et 364 construits. Il y a eu aussi des réhabilitations par centaines, des kilomètres de voirie réaménagés, un nouveau centre social, un centre commercial, des espaces verts…La physionomie et l’ambiance des quartiers nord, plus aérés, moins denses, moins bétonnés, a complétement changé. Reste la salle de sports attendue rue du Docteur Roux, face à l’école Saint-Exupery.

Les réalisations et le projet en 2023 (Documents Voix du Nord)

La première pierre de la nouvelle salle, le futur dojo, est posée en avril 2024 par Francis Vercamer, maire de la ville, en présence du vice-président de la région, de la vice présidente du département du Nord, du vice-président chargé des sports à la MEL et de la préfète déléguée pour l’égalité des chances. L’ouverture est prévue pour le dernier trimestre 2025.

Pose de la 1ère pierre en avril 2024 (Documents Voix du Nord)
Vue aérienne du quartier en 2025 (Document Google Maps)

Remerciements à l’association Historihem, la mairie de Hem et Richard Baron et Olivier de Solminihac pour leur ouvrage « Un temps de passage »

3 rue du Général Sarrail

Au début des années 1900, au N° 3 de la rue Saint Georges ( aujourd’hui, renommée rue du Général Sarrail ), est implanté le commerce de lingerie de E.Souty-Dupont, à l’enseigne « A la Petite Jeannette ». De nombreux produits sont proposés à la clientèle : draps, taies, serviettes, torchons, chemises de nuit, nappes, linge de toilette mais également des chemises pour hommes confectionnées sur mesure.

document collection privée

Au début des années 1910, le commerce est repris par Charles Poitevin-Aufort, qui garde bien sûr l’enseigne bien connue des roubaisiens, et tous les produits référencés jusqu’alors. Il développe fortement son affaire en y ajoutant un rayon complet de ganterie, chapellerie et toute une gamme de confections pour dames.

documents collection privée

Charles décède au début des années 1920 et son épouse continue alors seule l’activité du commerce qui est ensuite repris dans les années 1930 par le fils Jean Poitevin. Juste après guerre, Mr Levanbel reprend le fonds de commerce et crée une nouvelle enseigne « Pacherchic » qui comme son nom l’indique, propose des vêtements de qualité à des prix tout à fait raisonnables. La gamme de produits reste exclusivement féminine : dames et fillettes.

Publicité 1948 ( document collection privée )

André Picavet est né en 1916, il est mécanicien et bien décidé à créer son affaire. Il reprend donc le fond de commerce du 3 de la rue du Général Sarrail, au début des années 1950, pour y installer un magasin de cycles à enseigne Motoconfort.

Publicité Nord Eclair 1961

Au milieu des années 1960, André développe sa gamme de produits en ajoutant des accessoires pour Kart et des cyclomoteurs de la marque Motoconfort ( Mobylette et Cady )

Publicité Nord Eclair 1962
Publicité Nord Eclair 1967

En 1968, André est présent au salon du cycle à Roubaix avec ses deux roues : le cady pour les jeunes, et le SP 93 pour jeunes adultes.

Le SP 93 Motoconfort ( Publicité Nord Eclair 1968 )

Au début des années 1970, André propose la gamme complète de Motobécane-Motoconfort : bicyclettes, vélomoteurs, mobylettes, scooters et même les nouvelles motos de 125 cc.

document collection privée

Christian Trioux reprend le commerce de cycles en Mai 1976. Il est officiellement dépositaire MBK Motobecane diffusion. Il commercialise également des cyclomoteurs de marque Honda. Il poursuit son activité jusqu’en fin d’année 1990.

Publicité Nord Eclair 1978
Publicité Nord Eclair 1981
document archives municipales

Le coureur cycliste nordiste, Alain Bondue, a fait partie du Vélo Club Roubaisien, puis s’est lancé dans une longue carrière amateur et ensuite professionnel de 1980 à 1987. Il a un palmarès impressionnant de courses gagnées sur piste et sur route. Notons en particulier : deux fois champion du monde en poursuite, vice champion olympique à Moscou en 1980, il finit troisième au Paris-Roubaix en 1984.

Alain Bondue s’associe avec son ami Patrice Dejonckere, ancien membre également du vélo club de Roubaix, cycliste passionné qui a longtemps évolué au top niveau de la compétition amateur. Ensemble, ils reprennent le magasin de cycles du 3 rue du Général Sarrail en fin d’année 1990.

Alain Bondue ( document Nord Eclair 1994 )

La carrière cycliste d’Alain est exceptionnelle et assure bien sûr un bon coup publicitaire pour le démarrage de son affaire. Le commerce de cycles, cyclomoteurs et scooters fonctionne très correctement. Alain et son associé restent bien sûr fidèles à la marque MBK.

Publicité 1998 ( document collection privée )
Publicité 2001 ( document collection privée )

Le samedi 4 Octobre 2003, un incendie se déclare en pleine nuit dans le magasin de cycles. Les pompiers arrivent sur place rapidement et doivent lutter pendant des heures pour l’éteindre. Un pompier est malheureusement blessé et transporté par le SMUR, au service des grands brûlés au centre hospitalier à Lille. L’incendie a complètement détruit le magasin de cycles et endommagé fortement la boulangerie voisine de Simon Cédric.

documents Nord Eclair 2003

Pour beaucoup d’inconditionnels, c’est une des plus belles adresses en matière de deux roues, qui disparaît. Mais ce n’est qu’une étape pour les cycles Bondue. Alain et Patrice retrouvent un espace équivalent en 2004 à Lys lez Lannoy au 60 rue Jules Guesde, proche du vélodrome de Roubaix : un endroit qui permet de rebondir après ce pénible épisode de la rue Sarrail. Malheureusement le succès n’est pas au rendez vous et le magasin ferme définitivement ses portes, quelques années plus tard.

document Nord Eclair 2004

Quant à la rue du Général Sarrail, en Juin 2004, Roubaix Habitat, propriétaire des immeubles des 3 7 9 11 et 13 de la rue, songe sérieusement à faire place nette et revendre l’ensemble.

document Nord Eclair 2004

Un permis de construire est déposé en Mairie en 2005 et rectifié en 2008, pour la construction d’un ensemble immobilier constitué de cellules commerciales au rez de chaussée et de 68 logements, du 3 au 23 de la rue du Général Sarrail, avec création d’une nouvelle rue : la rue Neuve.

Travaux de démolition 2008 ( document Google Maps )
document Google Maps 2013

Remerciements aux archives municipales