La Piscine des Trois Villes à Hem (Suite)

Organisation d’un stage de plongée en 2001 (Document Nord-Eclair)

En 2001, dans le cadre du « Contrat Temps Libre » financé par la ville et la CAF (Caisse d’allocations familiales) Mr Meyer, moniteur de la section plongée de la Fraternelle Laïque, encadre un stage d’initiation à la plongée pour les 10-12 ans, en 12 séances pendant lesquelles les élèves apprennent les rudiments de l’activité : préparation et vérification du matériel, signes élémentaires de communication en plongée, retrait et réajustement des masques sous l’eau, respect des règles de sécurité…

Cérémonie des vœux en 2002 (Document Nord-Eclair)

Après l’an 2000, année de transition difficile, la cérémonie des vœux de 2002 est l’occasion de faire un bilan positif d’une année 2001 riche en visites : plus de 30 000 enfants, scolarisés dans les 3 villes ont en effet fréquenté le bassin. La piscine, accessible depuis toujours aux personnes à mobilité réduite, décide la création en 2002 d’une section handisport au club de plongée où 3 encadrants ont suivi une formation à cet effet.

Par ailleurs, le stage de plongée organisé en 2001 ayant remporté un vif succès auprès des ados, deux initiations à la plongée subaquatique sont à nouveau inscrites au planning de 2002, cette fois pour la tranche d’âge de 10 à 14 ans. C’est le club de plongée des 3 villes qui met le matériel et l’encadrement à disposition. L’opération est renouvelée à plusieurs reprises dans les années 2000.

Initiation à la pongée pour les ados en 2002 (Document Nord-Eclair)

Très motivés les jeunes s’inscrivent au brevet et la liste d’attente est longue, 60 candidats sur Hem comme sur Lys-lez-Lannoy. Les 25 postulants de 2002 ont tous réussi leur examen de passage et ont reçu leur diplôme, bronze ou argent en fonction de la distance parcourue en apnée. Le club des 3 villes, section de la Fraternelle Laïque, compte à présent 160 licenciés.

Le succès des candidats au brevet (Document Nord-Eclair)
Piscine des 3 villes en 2008 (Document Google Maps)

Au début des années 2010, le succès de cette discipline ne se dément pas d’autant qu’en 2011, le vice-champion de France de plongée en apnée est un Hémois : Alexis Duvivier. Calme et maître de lui il a parcouru 200,5 mètres sous l’eau, ce qui fait de lui le champion de France de la catégorie apnée dynamique. Pour lui l’apnée est un plaisir et la compétition un jeu.

Alexis Duvivier vice champion de France (Document Nord-Eclair)

Puis la piscine ferme pour un an pour une importante rénovation, impliquant nouvelle façade et nouvelle toiture, et une nouvelle remise aux normes, avec travaux additionnels destinés à faire baisser le coût de fonctionnement. Sont ainsi effectués, pour un coût de 2,5 millions d’euros : remodelage et déménagement de l’entrée, réfection des vestiaires et de l’infirmerie, réfection des réseaux électriques et de l’étanchéité du bassin ainsi que des équipements de traitement des eaux, remplacement des carrelages des couloirs et du fond du bassin, installation de capteurs solaires sur la toiture, meilleure isolation permettant une baisse de 35% de la consommation d’énergie…

La nouvelle piscine extérieure et intérieure (Documents La Voix du Nord)

A l’occasion de la réouverture de la piscine en avril 2012, le magazine Tout’ Hem se fait l’écho des multiples activités proposées à savoir : plongée, leçons de natation pour enfants et adultes, aquagym et des nouveautés : jardin aquatique dans une eau à 32 degrés pour les 2 à 5 ans, séance senior le samedi matin dans une eau à 32 degrés et vélo aquatique.

Réouverture de la piscine (Document Voix du Nord)
Les vélos aquatiques et les médaillés de l’école de natation (Document La Voix du Nord)

En 2015, des cours sont proposés aux enfants le samedi après-midi par l’association Osez l’Eau, alors que la piscine est fermée au public. En outre, la même année un des rares clubs d’apnée est créé: Apnée Plongée Hem. Les adhérents ont la joie d’être rejoints par le désormais champion et recordman du monde d’apnée dynamique avec palmes : Alexis Duvivier.

Apnée Plongée Hem et Alexis Duvivier (Documents La Voix du Nord)

En 2018, un maître-nageur, titulaire d’une licence et d’un master en activités physiques adaptées ainsi que d’un doctorat en sciences du sport est embauché pour proposer des activités aquatiques pour personnes atteintes d’obésité ou du cancer du sein un jour où la piscine est fermée au public.

Enfin en 2019, la ville lance un plan natation anti-noyades dans les écoles en collaboration avec l’ Education Nationale et avec le soutien du Ministère des Sports et de la Jeunesse : à la clef des leçons, un brevet de natation pour les élèves de CE2 et des cours de renfort en CM1 en cas d’échec à l’examen ou de grosses difficultés.

En près de 50 ans la piscine des 3 villes est donc passée d’un simple rôle d’équipement de loisirs et d’animation de quartier à un véritable rôle essentiel dans le bien-être et la sécurité de l’ensemble des usagers des communes concernées.

Remerciements à la ville de Hem et à l’Association Historihem

La Marque : Nature et Ruralité (suite)

La Marque et la Petite Marque subissent au vingtième siècle le contrecoup de la pollution industrielle (Voir sur ce sujet un précédent article édité sur notre site et intitulé : « l’industrialisation de la Marque »). Un engorgement dans le lit même des rivières est constaté, créé par la rencontre de matières en suspension et d’hydrocarbures suivi de déserts craquelants et blanchâtres quand l’eau se retire ou au contraire un sol poisseux d’huile…

Ainsi en 1974, la presse locale se fait l’écho des problèmes rencontrés sur Willems, du fait de la pollution de la Petite Marque et du Riez Simon, son affluent, presque totalement obstrué, au grand dam des agriculteurs. A l’époque la communauté urbaine a posé un diagnostic mais n’a pas encore oeuvré à la solution. Curer le cours d’eau équivaudrait à poser un emplâtre sur une jambe de bois et il faut donc réfléchir à une solution d’ampleur.

L ‘opération anti pollution de 1974 (Documents Nord-Eclair)

Par ailleurs des irresponsables considèrent le lit de la rivière comme un déversoir de détritus et n’hésitent pas à s’y débarrasser de leurs déchets encombrants. Ainsi en 1976, des tonnes de mazout sont déversées dans la rivière avant d’y brûler et l’on y retrouve souvent des cadavres d’animaux victimes de la pollution, notamment un héron de passage englué dans le mazout.

Un héron englué dans le mazout ensuite incendié à Forest (Documents Nord-Eclair)

Un plan est alors élaboré, en 1976, pour « dépolluer la rivière qui brûle » : la petite Marque. L’agence de bassin Artois-Picardie attribue le problème à 2 sources principales : les pollutions urbaines (environ 20.000 équivalents habitants) et industrielles (environ le double). Il en existe de 3 types : la pollution organique, les matières en suspension émises principalement par l’entreprise Balamundi de Baisieux et les hydrocarbures issus essentiellement de l’entreprise Imperator de Baisieux et Willems.

Les pollutions urbaines et industrielles organiques devront donc être acheminées jusqu’à la station d’épuration de la ville nouvelle implantée sur Forest-sur-Marque. L’usine Imperator devra traiter elle-même sa pollution et procéder à une épuration classique et Balamundi devra faire de même au moins en partie le reste étant acheminé à la station d’épuration de Villeneuve d’Ascq.

Quant à toutes les teintureries de Hem et Forest elles devront installer un appareillage de pré-traitement des eaux qui seront ensuite acheminées vers cette même station. Resterait le problème de l’entreprise Brabant, régénératrice de solvants à Tressin, qui pollue en discontinu.

Dépolluer la rivière qui brûle (Document Nord-Eclair)

Sur Hem, une association dynamique, l’association de promotion des activités nautiques de Hem pratique le canoë-kayak et œuvre pour le nettoyage de la rivière dans les années 1980. A cette époque la balade sur la rivière est plutôt agréable au moins jusqu’à l’arrivée de la Petite Marque venue de Willems, noire et charriant des matières en suspension, et dont les rives paraissent mazoutées et huileuses. Ce n’est que passé le pont d’Hempempont que la rivière redevient agréable.

Retour à la vie et à la lumière après Hempempont en 1984 (Document Nord-Eclair)

Au niveau de la ville de Hem, c’est en 1989 qu’ une nouvelle canalisation est installée derrière la Résidence de la Marque, laquelle passe par l’avenue Delecroix et se branche sur la station d’épuration de Forest-sur-Marque afin de collecter les eaux usées des habitations et des entreprises riveraines : Lenfant et SIH. Ces travaux sont financés par la Communauté Urbaine.

Le nouveau collecteur de la ville de Hem (Document Nord-Eclair)

En 1990, la ville s’attaque au problème des dégâts causés par les rejets industriels dans la rivière. La presse locale annonce qu’un tout nouveau réseau sous forme d’un gros collecteur de 80 cm de diamètre va être installé entre l’ancien site Gabert, drainé dans le cadre de l’aménagement de la zone d’activité Le Rivage, et la rue Jules Ferry. Son rôle consistera à recueillir les eaux de ruissellement ainsi que les eaux usées et il sera ensuite prolongé jusqu’à Hempempont.

Une station de refoulement sera créée au niveau de l’ancien site Gabert, un dispositif qui permet d’envoyer sous pression et dans la bonne direction les eaux collectées. Enfin un séparateur de flots effectuera un tri entre les eaux usées des riverains qui doivent être traitées et les eaux de pluie qui peuvent être rejetées directement dans la Marque.

La Marque va mieux respirer 1990 (Document Nord-Eclair)

Mais la pollution n’est pas le seul problème rencontré. Réduite à un modeste filet d’eau en été, la rivière peut au contraire se répandre sur des centaines de mètres de large en hiver au grand dam des chemins, cultures, caves, voire même des maisons, surtout dans les plaines humides. Les villes de Hem et de Forest mais aussi celle de Willems notamment sont souvent confrontées au problème.

Zones inondables (Document Historihem)

La situation s’aggrave dans les années 1970, avec l’urbanisation galopante. En effet jusqu’alors la surface cultivée était suffisante pour absorber les eaux de pluie, mais l’extension des surfaces couvertes par des bâtiments ou des routes a entrainé l’imperméabilisation du sol qui, couvert de béton, n’absorbe plus les eaux de pluie et les entraine dans la Marque. En parallèle l’urbanisation croissante augmente le débit de celle-ci qui reçoit donc à la fois les eaux d’écoulement et les eaux usées.

Par ailleurs la rivière n’est plus curée depuis que la Communauté Urbaine a repris les compétences de l’ancien syndicat de la vallée de la Marque. Or la pollution et l’écoulement des boues rendent plus nécessaire que jamais le curage de la rivière.

En période de fortes pluies les champs se couvrent presque entièrement d’une eau qui les fait ressembler à des étangs. Parfois le phénomène commence dès le mois d’octobre et peu durer jusqu’à la fin du printemps. Il a alors des conséquences importantes pour les agriculteurs dont le rendement des fourrages et des cultures peut diminuer de moitié sur certaines terres.

Les inondations s’aggravent dans la vallée de la Marque (Document Nord-Eclair)

L’aggravation des crues au fil des décennies est en partie due au fait que le bassin de la Marque dépend de plusieurs organismes lesquels manquent de coordination. Le constat s’impose : il faut un aménagement global et, en 1985, est créé le syndicat intercommunal de la Marque, présidé par le maire de Willems.

Après une étude demandée à la direction départementale de la navigation, la solution adoptée consiste en l’aménagement de bassins inondables en périodes de crues, capables d’éponger les hautes eaux et de restituer de l’eau ensuite pour soutenir le débit. Il faut aussi préserver les haies et les arbres et contrôler les constructions.

En 1985, on estime à 40 le nombre de barrages importants constitués essentiellement par la chute d’arbres. Ils empêchent l’eau de s’écouler normalement, ce qui a pour effet d’amplifier les inondations. Un nettoyage léger s’impose : les arbres concernés sont coupés et redéposés sur les rives.

Un nettoyage léger de la rivière en 1985 (Document Nord-Eclair)

Il faut également faire le nécessaire pour que les eaux usées soient traitées et un gros travail reste à faire sur ce point. Sur 3 ans d’énormes progrès ont lieu avec le rattachement des secteurs de Croix Barbieux et Roubaix à la station d’épuration de Marquette et celui de Forest-sur-Marque à la station de Villeneuve d’Ascq. Restent à y rattacher Hem, Willens, Tressin et Baisieux.

Par ailleurs un plan de curage de la rivière en 4 tranches à partir de Wasquehal est monté par le syndicat en accord avec les services du département, de la région et de l’Etat. Les subsides de ces 2 partenaires doivent être versés dans le cadre d’un contrat de plan de rivière d’une part et d’un autre d’hydraulique agricole (chaque année des centaines d’hectares de terres agricoles étant noyés par les débordements de la rivière). Malheureusement un blocage dans le versement entraîne le report des travaux.

Et en 1988, sur les communes d’Hem et Forest-sur-Marque, les débordements sont particulièrement spectaculaires. Les raisons sont multiples : de fortes précipitations alliées à une absence de gel, l’absence de curage de la rivière depuis longtemps, et l’imperméabilisation des terres due à la construction en nombre de routes et de maisons.

Les inondations de Hem et Forest-sur-Marque en 1988 (Document Nord-Eclair)

L’année suivante l’opération de curage de la rivière, commencée entre la Planche Epinoy et Wasquehal, se poursuit entre Hempempont et la Planche Epinoy. Le chantier commence par l’aménagement de 2 sites de dépôt pour recevoir la vase, laquelle contient notamment des produits chimiques qui ne doivent pas atteindre la nappe phréatique.

A l’Hempempont un accord est trouvé avec les propriétaires des terrains traversés et des pelles hydrauliques peuvent donc entrer en action depuis les rives. Par ailleurs des techniques spéciales sont utilisées comme le fraisage et le pompage à partir d’une barge, avec rejet dans un bassin de décantation installé sur l’ancien site de la teinturerie Gabert.

Curage de 1989 et techniques spéciales de curage (Document Historihem)

La troisième section de curage programmée concernera la partie de la rivière entre Hempempont et les lacs villeneuvois. Le plus gros du curage sera alors achevé, la hauteur de la vase au delà des lacs villeneuvois étant nettement moindre. Mais, une fois le curage réalisé jusqu’aux lacs les inondations des secteurs d’Hem et Forest-sur-marque sont considérablement réduites mais non totalement supprimées car il faudrait pour cela doubler le gabarit de la rivière ce qui s’avère impossible en milieu urbain. La durée des inondations est également moindre puisque les eaux s’éliminent plus vite grâce à un écoulement plus facile dans la Marque.

Le Conseil Général au fil de la Marque (Document Historihem)

Mme Massart, maire de la ville, et Mr Deffontaine, président du syndicat intercommunal du bassin de la Marque et vice-président de la CUDL peuvent descendre la Marque, en 1991, en compagnie de Bernard Derosier, président du Conseil Général et constater, au cours de cette promenade bucolique au fil de l’eau, les énormes progrès alors réalisés en matière d’environnement et d’assainissement. Pourtant il reste beaucoup à faire et le Conseil Général s’engage alors dans un programme d’aide à l’assainissement des communes d’une durée de 10 ans.

La crue de janvier 2003 et les inondations importantes survenues sur Hem démontrent en effet que 2 zones sises le long de la Marque Nord restent principalement exposées aux aléas inondation et principalement Hem et Forest-sur-Marque ainsi que Villeneuve d’Asq, Anstaing, Tressin et Chereng. Un plan de prévention des risques d’inondations (PPRI) de la Marque a été approuvé en 2015 visant les phénomènes de débordement de cette rivière et de ses affluents.

La crue de janvier 2003 à Hem (Document nord.gouv)

Par ailleurs la Métropole Européenne de Lille s’engage en 2022 dans un programme de reconquête écologique des cours d’eau métropolitains dont la Marque et décide de lancer différents projets visant à améliorer leurs conditions écologiques au bénéfice de la biodiversité locale, la maîtrise des inondations et l’atténuation des effets des changements climatiques.

Remerciements à l’association Historihem ainsi qu’à Jacquy Delaporte, Christian Tell et Chantal Guillaume pour leur bande dessinée Au Temps d’Hem et enfin à Paul Delsalle pour son ouvrage sur l’ Histoire de la Vallée de la Marque.

La Piscine des Trois Villes à Hem

Le 21 mars 1972, les municipalités de Roubaix, Hem et Lys-lez-Lannoy décident de la création d’un syndicat inter-communal à vocation unique : l’équipement sportif du quartier des Trois Villes. C’est Mr Desmulliez, député et maire de Lys-lez-Lannoy qui en est le président.

Les 3 maires se mettent également d’accord sur la réalisation d’un premier équipement : une piscine à construire entre la maison médicale et l’école de Longchamp, le long de l’avenue du président Coty. Le modèle de piscine « Plein Ciel » choisi est accepté par le Secrétariat d’ Etat à la jeunesse et au sport.

Exemple de piscine plein ciel en 1973 (Document Nord-Eclair)

La piscine à construire aux Hauts-Champs fait partie de l’opération Mille Piscines lancée par le gouvernement et qui consiste à couvrir le pays d’autant de bassins de natation. L’ouvrage doit coûter 1,2 million de francs subventionnés par l’Etat à hauteur de 45% et par le Conseil Général à hauteur de 10%, le reste étant à la charge du syndicat inter-communal (à participation égale pour chacune des 3 communes).

La piscine plein ciel est un modèle tout temps dont l’originalité consiste dans le fait que, bien qu’elle se présente comme une piscine couverte, elle s’ouvre complètement, le toit, la façade et un côté s’escamotant ; seul est inamovible le mur de protection contre le vent côté Nord. La piscine va comporter un bassin de 25m sur 10, des vestiaires, des douches et une chaufferie.

Vues aériennes du quartier en 1971 et 1976 (Documents IGN)
La piscine en construction en 1975 (Document Nord-Eclair)

La piscine qui devait ouvrir idéalement en 1974 est encore en travaux en 1975 mais le bassin en pente douce commence à prendre forme et une ouverture en mai ou juin 1975 apparaît possible. Les habitants du quartier suivent le projet avec intérêt et une commission de l’Union des Associations des 3 Villes s’est déjà mise en place pour réfléchir au meilleur usage du futur équipement.

La piscine en cours de travaux en 1975 (Document Nord-Eclair)

En Juin 1975, les travaux sont en voie d’achèvement, l’aménagement des voies d’accès est en cours et la construction du logement du concierge va bientôt commencer. Reste à effectuer le nivellement des abords, le semis du gazon et la pose d’une clôture. En revanche reste le problème de recrutement du personnel à régler, seuls le gérant et le chef de bassin ayant été trouvés. La piscine doit employer 10 personnes, 3 employés administratifs, 4 maîtres-nageurs dont un maître de bassin et 3 personnes de service.

Ouverture prochaine en 1975 (Document Nord-Eclair)

L’ouverture de la piscine étant initialement prévue pour la rentrée de septembre en raison du retard pris dans les travaux puis dans le recrutement de personnel, le mécontentement des futurs usagers a poussé les enfants à manifester dans la rue leur volonté de pouvoir accéder à leur nouvel équipement dès l’été.

Manifestation des enfants en 1975 (Document Nord-Eclair)

Le syndicat inter-communal, soucieux à la fois de contenter les futurs usagers et à la fois d’assurer une sécurité maximale à ceux-ci, tant en termes de finition des locaux, qu’en termes d’encadrement, a donc opté pour une ouverture début août. Le public y a accès de 9h à 12h et de 14h à 19h. En revanche pour cette année les centres aérés ne pourront pas y accéder.

1ers plongeons dans la piscine des 3 villes (Document Nord-Eclair)

La piscine, payée à égalité par les 3 communes, doit obligatoirement être à disposition des 3 populations de manière équitable. Chaque commune dispose donc, dès la prochaine rentrée, de 2 demi-journées par semaine pour ses établissements scolaires à charge, pour chaque municipalité, de répartir celles-ci entre les écoles de sa compétence. Quant au club de natation, qui doit être représentatif des 3 communes, il a droit à 2 séances par semaine en soirée au départ.

Bien vite le bilan des activités de ce nouvel équipement sportif, au sein d’un quartier à la moyenne d’âge très jeune, est élogieux. La piscine assume pleinement ses fonctions d’éducation, de loisirs et de service public dans le quartier Hauts-Champs-Longchamp.

Piscine en 1990 (Document Historihem)

Dans les années 1990, la piscine des 3 villes nécessite quelques travaux de réfection et de remise aux normes, notamment par la pose d’un toit fixe ainsi que par l’agrandissement des vestiaires. Au cours des 5 mois de fermeture le hall d’entrée est également modifié, l’isolation améliorée et une extension des bâtiments permet la création d’une pataugeoire pour enfants, d’un sauna ainsi que d’un solarium en terrasse.

La piscine avant les travaux et en travaux en 1992 (Document Historihem)
L’inauguration de la piscine rénovée en 1993 (Documents Historihem)

Dans les années 2000, des problèmes financiers se font sentir, car si la piscine est très appréciée, force est de constater qu’elle coûte cher : un budget de 4 millions de francs mangé à 70% par les salaires et l’eau. La ville de Roubaix ne cache pas sa volonté de se désengager d’autant qu’elle assume déjà le coût de 2 autres piscines à savoir la Potennerie et Thalassa.

Les difficultés de l’an 2000 (Document Nord-Eclair)

Impossible de trouver d’autres partenaires pour les villes d’Hem et de Lys car les villes voisines, contactées, préfèrent largement continuer à payer un ticket d’entrée plutôt que de se lancer dans une opération aussi onéreuse. Or si la situation financière de la piscine de 3 villes est délicate celle de 2 villes ne serait pas tenable.

Un audit rendu en 1999 pointe les difficultés de gestion de l’équipement et prévoit les conséquences si Roubaix venait à se retirer du syndicat inter-communal, ce qui, pour l’instant, fait l’objet d’un refus préfectoral. D’ores et déjà, 2 salariés sur 11 sont mutés dans les mairies d’ Hem et de Lys-lez-Lannoy, afin de soulager les frais de personnel. Il faut resserrer l’équipe sans toucher aux maîtres-nageurs et restreindre les créneaux horaires.

A suivre…

Remerciements à la ville de Hem et à l’Association Historihem

La Marque : Nature et Ruralité

Le nom de cette rivière, affluent de la Deûle, vient d’un mot germanique : « marko » qui signifie « la marécageuse ». Longue d’une quarantaine de kilomètres seulement, elle a pourtant joué un très grand rôle dans l’histoire et la vie économique de l’agglomération de Lille-Roubaix-Tourcoing où elle dessine un demi-cercle depuis sa source à Mons-en-Pévèle jusqu’à sa confluence avec la Deûle à Marquette. Dès Pont-à-Marcq elle entre dans une plaine humide et marécageuse qu’elle retrouve à nouveau après Tressin, et d’où elle tire certainement son nom.

Le village de Ham en bande dessinée (Document Au temps d’Hem)

Hem vient de Hamma qui signifie : langue de terre se projetant en terrain d’inondation, soit un segment avançant dans les marais de la Marque. Une des premières orthographes de Hem est d’ailleurs Ham. Ses premiers occupants d’après les historiens : « peu d’hommes, des friches, des marécages, des taillis, des huttes de boue et de branchages réunies en hameaux qu’entourent des haies d’épines ».

Le bassin de la Marque est d’abord rural : un peu d’élevage, essentiellement des bovins ; énormément de terres labourables avec prépondérance des céréales mais aussi des pommes de terre et des endives. Le petit peuple vit alors de l’élevage des oies et de l’extraction de la tourbe. Les prairies se trouvent essentiellement au sud de Hem le long de la Marque de Hempempont jusqu’au Château d’Hem et ses terres labourables.

L’agriculture autour du Château d’Hem en bande dessinée (Document Au temps d’Hem)

« Le domaine est composé de la basse cour et du château proprement dit accompagné de ses jardins. Chacun de ces éléments est entouré de fossés remplis de l’eau de la petite Marque qui y serpente et fertilise les prairies où paissent des animaux. La basse cour, en briques, couverte de tuiles, comprend une série de bâtiments disposés sur trois côtés seulement et où se situe un imposant portail d’entrée, précédé d’un pont et accompagné d’une tour ronde à gauche, carrée à droite, d’un corps de logis à gauche, d’un pigeonnier à toiture en bâtière, d’une grange et d’étables.

Un pont relie cette ferme au château dont l’organisation est complexe puisqu’il est composé de deux cours et que la courtine se prolonge vers l’horizon au delà de la deuxième cour. Des tours cantonnent chacun des angles de ces deux cours, les unes carrées, les autres rondes, les unes modestes, les autres imposantes ou élancées. La destination des bâtiments est difficile à identifier. Tous sont disposés autour de la deuxième cour, tandis qu’autour de la première n’existent que des courtines régulièrement percées, hormis les tourelles précédemment citées et les portes. L’une d’entre elles donne sur un jardin dont le dessin figure une croix de Saint Louis, semble t il. »

Peinture d’Adrien de Montigny représentant le château en 1603 (Document Historihem)

La petite Marque, affluent de la Marque, longue de 9kms, prend sa source à Willems et dans son eau autrefois limpide on pêchait le brochet et la carpe. Ses eaux alors alimentaient les douves du Château d’Hem . Toute la zone comprise entre le parc du Château Wattine, à la limite de Forest et d’Hem, était drainée par une myriade de fossés.

Dès l’avènement des Comtes de Gand, du temps du premier château féodal d’Hem, des rouissoirs dotés d’écluses font parfois monter les eaux des cultures de ses voisins de Willems, suscitant leur mécontentement. Au dessus des terres du château d’Hem, au 18ème siècle, des moulins se trouvent sous le hameau de Valet (actuelle vallée) à l’emplacement approximatif de la briqueterie de la rue du Calvaire.

Les moulins de Hem en 1726 (Document Historihem)

Entre 1800 et 1920, la partie agricole d’Hem garde une place importante dans l’activité des villageois. Les rendements des terres sont remarquables tant elles sont bien entretenues et abritées des vents par toutes les crêtes boisées et elles bénéficient de l’humidité provenant de la Marque.

Au vingtième siècle, la rivière attire les habitants dans la partie amont et l’aval se tertiarise. Hem se structure en 3 parties : les industries sont localisées au bord de la Marque, des grands ensembles sont construits au nord à la limite de Roubaix pour loger la population ouvrière et au sud se situe un quartier plus résidentiel.

Photo aérienne de 1932 (Document IGN)
La famille sur le pont enjambant le cours d’eau (Documents collection privée)

Ainsi, dans la rue de Croix qui mène dans la ville du même nom, s’établit le Château de la Roseraie au n°111. Il est construit par Louis Leclercq-Huet qui descend d’une famille d’industriels. Comme le montre la vue aérienne de 1932, La Roseraie, ce n’est pas qu’une grande demeure majestueuse. C’est également un énorme terrain qui comprend, outre la bâtisse principale : plusieurs dépendances puis une ferme, des jardins, des prés, un cours d’eau…

Série de cartes postales de la Roseraie et une photo sur l’élevage dans le domaine (Documents collection privée)

Ainsi que le montre la série de cartes postales éditées sur le domaine à l’époque de sa construction, de multiples activités s’y déroulent, liées au cadre champêtre de l’endroit et à la présence du cours d’eau : élevage de bovins, d’ovins, de poules, pêche, canotage, vergers et magnifiques jardins.

Série de cartes postales de la Roseraie sur les jardins et vergers, la pêche et le canotage (Document collection privée)

La Marque alors poissonneuse fournit carpes et anguilles. Celles-ci deviennent d’ailleurs le plat de référence d’un restaurant fort prisé et fréquenté situé plus près du centre d’Hem, dans la même rue : l’Auberge d’Hempempont. Dans la série de cartes postales consacrée à celle-ci les viviers, l’écorcherie et la cuisine sont mises en valeur afin d’assurer la publicité de l’établissement.

Série de cartes postales de l’Auberge d’Hempempont (Documents collection privée)

La pêche se fait alors à la fois en rivière et en viviers. : les anguilles sont une source de nourriture fraîche ou fumée ; des viviers de carpes et tanches peuvent être aménagés en tous endroits. La chasse est également beaucoup pratiquée, Hem étant un terrain accueillant de multiples oiseaux sauvages : des échassiers de toute taille comme les cigognes qui chaque année passent à Hem, Lannoy et Lys. En 1968 à Hem, La Marque est encore une réserve de poissons. Aujourd’hui seuls les étangs permettent ce loisir tels que la base de loisirs du 90, avenue Delecroix avec son étang de pêche.

La base de loisirs et l’étang de pêche (Documents site internet)

En revanche, la Marque n’est pas un axe de circulation car son débit est trop faible. Bien au contraire, elle représente surtout un obstacle dans la mesure où elle coule souvent dans une plaine inondable, voire au milieu des marais et son passage est donc difficile. D’où l’importance stratégique des ponts qui le permettent.

La Marque et ses marécages sont ainsi, au cours de l’histoire, un obstacle important pour les troupes armées. Le pont de l’Hempenpont est alors l’ un des seuls passages praticables entre la Chastellenie de Lille et le château de Lannoy. Les armées vivent en ce temps-là sur le dos des habitants. A chaque conflit, le village de Hem et ses habitants subissent les pillages des troupes quelle que soit leur nationalité.

Croquis des ponts (Document Historihem)

Les 2 routes donnant accès à Hem par le sud traversent la rivière, l’une venant de Flers à l’Hempempont au « panpont d’Hem » et l’autre venant de Forest au pont de Forest. Ce pont est situé sur le territoire de Forest, village devenu plus tard la ville de Forest-sur-Marque.

CPA du pont de Forest qui enjambe la Marque (Documents collection privée)

Le pont d’Hempempont est encore aujourd’hui le seul pont existant sur le territoire de Hem. Le marquis d’Hem dispose à l’époque féodale, d’un droit de péage sur ce pont. Sans ces péages dédiés aux routes, la presque totalité des ponts et autres ouvrages destinés à franchir les passages difficiles, construits en France jusqu’au dix-septième n’auraient en effet pas existé et, après la construction, il fallait entretenir, réparer et surtout reconstruire.

Pont d’ Hempempont (Document BD Au Temps d’Hem)

Ce pont, en bois et très étroit à la fin du 19ème siècle, est d’une grande importance pour la liaison Lille-Lannoy, tant pour le commerce que pour l’armée. Il est alors surveillé par les policiers du commerce extérieur (douaniers).

Au début du vingtième siècle la meunerie Dufermont à Hempempont a une petite déviation sur La Marque, coupée par des vannes. Pour actionner ces vannes, on a construit au dessus de l’eau une petite passerelle d’ailleurs très étroite.

En octobre 1918, les allemands, qui ont fait sauter le Pont d’Hempempont, ont omis de faire sauter la passerelle de la meunerie Dufermont. Les anglais, profitant de cette aubaine inespérée, se lancent à la poursuite des allemands qui, de ce fait, n’ont pas le temps de faire sauter les habitations et les usines d’Hem.

Vue de la passerelle de la meunerie en 1964 (Document Historihem)

Au cours de la seconde guerre mondiale le pont d’Hempempont conserve également son importance stratégique. Les uns le font sauter et les autres le réparent comme sur une photo de 1940 où les soldats allemands travaillent à sa réparation après le départ des anglais.

Les allemands réparent le pont en 1940 (Document collection privée)

A part ces deux ponts, seules quelques passerelles pour piétons permettent de traverser la Marque dans la commune. Après la seconde guerre mondiale il n’est pas rare de voir les habitants se baigner encore dans la rivière pourtant déjà bien polluée en raison de l’industrialisation de ses rives.

Photos de passerelles et baignades dans la Marque (Documents Historihem)

A suivre …

Remerciements à l’Association Historihem ainsi qu’à Jacquy Delaporte, Christian Tell et Chantal Guillaume pour leur bande dessinée Au Temps d’Hem et enfin à Paul Delsalle pour son ouvrage sur l’ Histoire de la Vallée de la Marque.

Complexe Michel Hidalgo (Suite)

L’année suivante quatre courts de tennis supplémentaires rejoignent les 3 premiers, deux courts couverts en terre battue dans le prolongement du bâtiment existant ainsi que 2 courts extérieurs en béton poreux. S’ajoutent à la nouvelle construction un club-house agrandi, un local à matériel et un large couloir permettant au public de suivre ce qui se passe sur les courts à travers des vitres et aux joueurs revenant des terrains en terre battue de ne pas traverser et donc salir les terrains synthétiques. Un an plus tard le tennis club reçoit la visite de Philippe Chatrier, président de la Fédération Française et de la Fédération Internationale de Tennis.

Inauguration des 4 nouveaux courts par Mme Massart (Document Nord-Eclair)
Visite de Philippe Chatrier en 1991 (Documents Historihem)

Dix ans plus tard, la refonte du site Hidalgo-Lionderie fait partie du Grand Projet Hémois : au programme la maison du foot et également l’aménagement des terrains et d’espaces de jeux avec accès réglementé. Pourquoi une maison du foot ? Parce que la ville compte 7 clubs pour 594 licenciés répartis en 31 équipes. L’objectif est donc de les fédérer en y rassemblant leurs sièges.

Le bâtiment en lui même ouvre sur la rue de la Lionderie. Il est simple, avec un socle en briques et un étage en bois. La partie gauche du bâtiment accueille les vestiaires et la droite une salle polyvalente. L’étage abrite les bureaux et les locaux annexes, un espace détente, une bibliothèque et un centre de documentation.

La plaine de jeu actuelle côté Lionderie et la future maison du foot (Documents Nord-Eclair)

Ainsi les photos aériennes du site Hidalgo-Lionderie montrent en 1995 un aspect qui reste champêtre surtout côté Lionderie pour faire place, 10 ans plus tard à un site beaucoup plus structuré avec l’apparition de la maison du football rue de la Lionderie.

En 2005, lors d’une journée portes ouvertes, les visiteurs découvrent la magnifique bâtisse dédiée au foot et à la convivialité et les clefs sont remises aux dirigeants des clubs qui vont occuper le lieu. Et quel lieu : auprès du terrain synthétique en fonction depuis un an, une aire de jeux accessible aux tout-petits, des vestiaires, un club-house, des bureaux pour les 4 clubs hémois (Olympic Hémois, AJTF Foot, Union Saint-Louis et Femina Omni Sport), une salle de convivialité à réserver auprès du service des Actions Culturelles, prouvent qu’il s’agit bien d’un espace dédié tant au sport qu’à la convivialité. Les deux agents en charge de la structure sont présents : Mohamed Benakouche, concierge et Saïd Demdoum qui va coordonner l’école de foot. Le nom est choisi, après consultation des habitants, à savoir : Aimé Jacquet.

Photos aériennes du site Hidalgo-Lionderie de 1995 et 2004 (Documents IGN)
Photo du maire et de son adjoint aux sports et de la maison du foot intérieur en 2005 et extérieur rue de la Lionderie en 2005 et 2008 (Documents Tout Hem, Ville de Hem et Google Maps)

Un skate park voit le jour la même année au stade Hidalgo. Mais ce n’est qu’en 2014 au moment de la sécurisation du stade, avec le remplacement du vieux grillage par une grille destinée à empêcher les intrusions, que le skate park obtiendra une entrée indépendante donnant directement sur la rue. Un an plus tard, pour ses dix ans, de nouveaux modules seront installés pour accueillir, en plus des skateurs, les amateurs de trottinette acrobatique.

Photos du skate park (Documents Facebook et Voix du Nord)

Pendant ce temps la tribune du stade Hidalgo présente des signes certains de vieillissement : son toit fuit, ce qui provoque d’une part la grogne des supporters les jours de pluie et d’autre part la détérioration du revêtement qui couvre le sol de la tribune. Il faut donc réparer la charpente et procéder à des travaux de peinture et d’étanchéité afin de redonner belle allure à cet équipement qui se voulait « de standing ».

Parallèlement les installations du Hem Tennis Club bénéficient elles aussi d’améliorations au niveau de l’éclairage. Une réfection totale du réseau s’accompagne de l’installation d’un double niveau : intensité moyenne pour les entrainements et plus forte pour les compétitions, afin de parvenir à réduire la facture électrique du club.

Réfection de la tribune (Documents Tout Hem)

Et, deux ans plus tard une superbe piste d’athlétisme en résine synthétique est construite, longue de 400 mètres, composée de 6 couloirs en anneaux ainsi que 6 couloirs en ligne droite, installée sur la piste pré dessinée lors de l’ouverture du stade en 1989. La piste est de suite investie par les jeunes adhérents d’Atlemouv (ou Athl’Hemouv), association d’initiation à l’athlétisme, pour les garçons et filles de 8 à 12 ans, créée quelques mois plus tôt et qui s’ouvrira aux adultes 2 ans plus tard en 2009.

Athlemouv et la nouvelle piste d’athlétisme en 2007 (Documents Tout Hem)

En 2008, Daouda Sow, boxeur hémois devient vice champion olympique aux jeux de Pekin et tout naturellement le nouvel engouement pour ce sport amène la construction sur le site Hidalgo d’une nouvelle salle dédiée de 260 mètres carrés, équipée de deux rings à même le sol, de deux vestiaires et d’un sauna, toute en bois, ossature et charpente, avec un revêtement extérieur en mélèze.

Daouda Sow, vice champion olympique hémois en 2008 et la nouvelle salle de boxe en construction en 2008-2009 et terminée en 2009 (Documents Tout Hem)

Depuis le stade Hidalgo, outre les matchs de foot, le tennis, la boxe et le skate, accueille de multiples événements sportifs, caritatifs ou de simples loisirs pour les quartiers alentour. On peut citer entre autres : la première journée de prévention routière ou l’immersion des jeunes du centre social dans le métier de footballeur professionnel et l’athlétisme dans les quartiers, la course des enfants des écoles hémoises avec Oxyg’Hem, des animations pour ouvrir le complexe Hidalgo sur tous les quartiers à l’initiative de l’Olympic Hémois et du Boxing Club, la course au profit de l’association ELA qui soutient la recherche contre les leucodystrophies ou enfin « Sea Hem and Sun » avec une dizaine de jeux gonflables en tous genres dispersés sur la pelouse.

Si l’on ajoute à tout ce qui a été cité les 2 équipements sportifs de la rue Jean Jaurés, à savoir la salle Emile Delcourt où se pratique le basket ball et la salle Cruyppeninck qui accueille le tennis de table, toutes deux reliées au stade Hidalgo situé dans une rue perpendiculaire, on obtient un complexe sportif impressionnant qui révèle les ambitions de la ville en matière de sport et la vitalité des différents clubs hémois.

Photo aérienne de 2023 (Document Google Maps)

Remerciements à l’association Historihem et à la Ville de Hem

Salle Leplat

A la fin des années 1970, la rue du Docteur Coubronne, bien qu’elle se situe au centre ville et conduise directement à la place d’Hem, est encore une rue bordée de champs, comme le montrent la photo panoramique de 1976. Pourtant durant les années suivantes, la rue va changer d’aspect avec 2 constructions importantes de part et d’autre de la chaussée à savoir la Résidence de la Marque en 1981 et la Salle Leplat en 1982.

En effet en 1982, l’Etat ayant versé à la région une somme destinée à combler le déficit en halles de sport des collèges la ville de Hem saisit l’occasion en choisissant de construire une salle polyvalente sur un terrain tout proche du collège Elsa Triolet mais situé rue du Docteur Coubronne face à la résidence de la Marque.

Cette salle octogonale est semblable à la Halle Breughel construite à Villeneuve d’Ascq. D’une surface de 1250 mètres carrés environ elle est destinée à accueillir tous les sports.Son coût s’élève à plus de 4.000 000 de francs subventionné pour plus de 850.000 francs par la région et 300.000 francs pour le département. Le reste, à la charge de la commune, est financé par des emprunts échelonnés sur 2 ans.

Maquette de la future salle (Document Nord-Eclair)

En 1982, la première pierre du chantier de construction de la salle Leplat est posée par Jean-Claude Provo, alors maire de la ville, mais c’est Marie-Marguerite Massart, nouvellement élue qui, en 1983, en compagnie de Noël Josephe, président du conseil régional, inaugure la halle de sport qui porte le nom d’un ancien maire de Hem, de 1947 à 1977, à savoir Jean Leplat, auquel Mme Massart rend au passage un vibrant hommage.

Inauguration de la salle Leplat en octobre 1983 (Document Nord-Eclair)
Photo panoramique de 1988 avec la nouvelle salle face à la Résidence de la Marque (Document IGN)

L’installation de cette salle polyvalente marque en fait la volonté commune des élus locaux, de l’ancienne comme de la nouvelle municipalité, de doter la ville d’équipements sportifs et publics de qualité afin de permettre l’épanouissement de la vie associative et collective.

Ainsi la salle est très vite utilisée par les collégiens d’Elsa Triolet et les membres des associations sportives du centre ville. Plus tard elle sera surtout occupée par les élèves des deux écoles les plus proches, à savoir De Lattre de Tassigny et Notre Dame de Lourdes.

Mais, de par sa conception, elle est aussi appelée à accueillir diverses manifestations, banquets et réunions publiques et se trouve dotée des équipements nécessaires à sa transformation éventuelle en salle de spectacles. C’est ainsi que, dès lors, se succèdent les thés dansants et même, en 1984, un tournoi de belote organisé par l’Office Municipal des Sports qui réunit plus de 200 personnes en 92 équipes.

Tournoi de belote en 1984 (Document Nord-Eclair)

Toutefois la salle a, au départ , été créée pour le sport. Elle sert donc au club de volley-ball de Hem, qui a alors son siège au café d’Hem Bifur et qui y pratique le volley détente. Y sont aussi pratiqués le football en salle (Futsal) pour les entrainements et le Handball pour les compétitions.

Club de volley-ball de Hem en 1975-76 (Document Historihem)
Club de handball (Documents Facebook du club)
Affiches et logos de handball à Hem (Documents Facebook)

La salle au fil des ans montre aussi sa véritable polyvalence en servant de salle de banquet par exemple. Ainsi 1994 est l’année de « La Brasserie du Commerce », c’est-à-dire, « l’opération moules » le jour de la braderie. Ce jour-là les commerçants de Hem régalent 350 convives dans la salle Leplat où ont été installées de longues tables recouvertes de sets « Hem en fête ». Après plusieurs soirées de préparation et plusieurs heures de nettoyage sur le parking de la salle, quelques 400 kilos de moules et 200 kilos de frites sont servis à table le midi pour le plus grand plaisir des « bradeux ».

Photos de la salle Leplat et publicité pour l’événement (Doc MPD)

La salle Leplat ce sont aussi des salons multiples. Ainsi, dans les années 2000 une exposition y est organisée : le salon de la femme, en 2002, où, parmi bien d’autres, le « stand » du commerce Marie-Paule Cadeaux est le plus attractif possible et représente au mieux les différents types de produits accessibles dans sa boutique, petite par la taille mais grande par le contenu proposé.

Photo de l’exposition de 2002 à la salle Leplat (Document collection privée)

C’est également le lieu où sont organisés les salons des collectionneurs : bourses multi-collections, salon du disque. Ainsi dans les années 2010, le salon du disque remporte un vif succès chaque année et c’est le personnage dessiné par Teel pour la bande dessinée « Au temps d’Hem » qui inspire l’annonce de l’événement sur affiche et la réception des visiteurs à l’arrivée à la salle.

Affiches et accueil au salon du disque (Documents internet)
Bourses multi-collections des années 2010 (Documents Voix du Nord)

C’est enfin un lieu de concerts, alors que le Zéphyr n’existe pas encore. En témoigne notamment le printemps musical organisé en 2011. Comme souvent c’est l’occasion pour l’ensemble orchestral d’Hem de se produire devant de nombreux spectateurs et cette fois des chorales d’hommes de Tournai et Halluin font entendre leurs choeurs entre les morceaux de musique variée (Classique, variétés, musique de films)

Affiche du printemps musical de 2011 (Document Historihem)
Les spectateurs, l’ensemble orchestral et l’orchestre junior (Documents Historihem)

En 2014, c’est à nouveau le sport qui est à l’honneur. Le boxeur hémois Daouda Sow, vice-champion olympique à Pékin et champion de France, organise un vendredi à Hem la soirée « Noble Art’s », un gala mêlant combats de boxe et spectacle.   Au menu : trois combats professionnels et cinq combats amateurs dont un féminin, entrecoupés de prestations de parkour (acrobaties urbaines), de hip-hop, de beat-box et de street work out (musculation sur mobilier urbain).

Daouda Sow de retour à Hem (Document Voix du Nord)

La salle est également mise à contribution pour les causes solidaires. En Mai 2016, c’est la mobilisation pour Lyana, 3 ans, atteinte d’une maladie orpheline. Le papa de Lyana organise un tournoi de futsal de 8h à 18 h à la salle Leplat à Hem. Est aussi organisé un loto au profit de la petite Lyana qui rassemble 300 personnes, à Hem, salle Leplat. L’association de gymnastique la Vaillante et le club de foot l’Ajustrelens, à l’initiative du projet, remettent le chèque aux parents de la petite.

Le loto organisé au profit de Lyana et la remise du chèque à ses parents (Document Voix du Nord)

En 2021, plus de 10.000 euros sont collectés durant le week-end du Téléthon à Hem. Yohann Delattre, champion du monde de handball avec l’équipe de France en 1995, est venu soutenir le Téléthon à la salle Leplat autour du Hem Handball Club. Ancien gardien des «Barjots» et actuel entraîneur des U21 nationaux, Yohann Delattre n’a pas oublié ses origines nordistes : «Je suis venu ici pour la bonne cause et aussi parce que j’y ai conservé des amis.»

Yohann Delattre à Hem salle Leplat pour le Téléthon 2021 (Document Voix du Nord)

Mais 40 ans après sa construction, force est de constater que la salle est en piteux état : manque d’isolation, chauffage défectueux, vitres cassées non remplacées sauf par du plastique, accessibilité à revoir…L’option de la réhabilitation de la salle Leplat est vite écartée au profit de celle de sa démolition.

La salle Leplat actuelle (Documents Voix du Nord et Google Maps)

Hem a besoin d’un nouvel équipement, plus adapté au monde moderne et permettant notamment des économies d’énergie. Finie la forme octogonale qui occupe trop de terrain et n’est pas très pratique et place à une salle de forme rectangulaire adaptée à tous types de sports collectifs.

A l’avenir, la salle Jean Leplat n’aura plus pignon sur rue et sera cachée derrière de nouvelles constructions : appartements surplombant des cellules commerciales. D’ores et déjà quatre arbres ont été abattus aux abords de l’ancienne salle et les travaux de démolition commenceront après la fin des cours de sports des écoles qui l’utilisent encore.

Abattage des arbres le 02 février 2023 (Document Voix du Nord)

Puis, à la rentrée 2023, les travaux de construction devraient s’enchaîner : nouvelle salle Jean Leplat et 350 mètres carrés de cellules commerciales surplombées de 8 logements. A terme, après l’agrandissement du Zéphyr, un passage couvert permettra de rejoindre la nouvelle salle Leplat qui sera ainsi reliée à la salle de spectacle hémoise.

Projet de la nouvelle salle en retrait derrière des cellules commerciales et logements en front à rue (Documents Voix du Nord)

C’est finalement le 05 décembre 2023 que commence la destruction de la Salle Leplat, ainsi que nous l’indique la Ville De Hem sur sa page Facebook. Et en janvier 2024, le terrain attend sa future construction.

Destruction de la salle Leplat en décembre 2023 (Document Ville de Hem)
Le terrain en janvier 2024 (Photo Isabelle Termeulen)

Remerciements à l’Association Historihem.

Théâtre à Leers en 1939

Le moins qu’on puisse dire c’est qu’on aime le théâtre à Leers, comme le prouve le nombre de troupes et de spectacles organisés en ville, dont le Journal de Roubaix rend compte en cette année 1939.

Ainsi en janvier, le groupe lyrique de l’amicale des anciennes et anciens élèves présente son programme de mars : il s’agit d’un vaudeville militaire en un acte « Panouille a gagné le gros lot » suivi d’une opérette à grand succès, « la chanteuse inconnue » en trois actes et un tableau. La Symphonie Bernard accompagnera musicalement la séance et un bal aura lieu à l’issue de la représentation.

Un programme du groupe lyrique en 1941 Collection familiale

Entre-temps, la troupe Bodart-Timal vient jouer sur la scène du Cercle Saint Louis une opérette bruxelloise, « la petite millionnaire » dont la musique est d’Eddy Jura, le compositeur bien connu, complice de Charles Bodart-Timal. Cette représentation est donnée au profit des œuvres du Cercle saint Louis.

Les représentations du cercle dramatique « l’amitié franco-belge » se déroulent les dimanches en février dans le cadre du Salon Meurisse dans le quartier du Gibraltar. On y joue les deux œuvres suivantes : « le berceau » drame en trois actes de Brieux et « on purge bébé » amusante comédie de Georges Feydeau. Un concert musical sous la haute direction de M. de Tollenaere complète ce programme qui se termine par un bal de famille.

Le Cercle de l’amitié franco-belge en 1949 doc NE

Le Cercle Saint Louis accueille la troupe Lyris qui compte dans ses rangs des artistes réputés dont plusieurs de radio PTT Nord. Ils viennent interpréter la dernière opérette du compositeur roubaisien Jean Ernst : « Ginette ».

Le club artistique « les XIV » vient donner une représentation dans la salle du cinéma Léontini au profit de la caisse de secours du groupement. Le programme comprend une partie de music-hall et une revue par la troupe du club.

Le Cercle Saint Louis vue Google Maps

En mars, la JOC propose deux représentations de gala qui doivent servir à recueillir des fonds pour le pèlerinage jociste de Rome. Deux pièces sont au programme : « la nuit rouge » un drame émouvant en quatre actes de Botrel et une comédie en un acte de Leroy-Villars, « le moulin du chat qui fume ». Ces pièces seront jouées sur la scène du Cercle Saint Louis rue Jean Jaurès.

Les prochaines matinées artistiques du cercle dramatique « l’amitié franco-belge » sont programmées pour avril. La troupe interprète l’œuvre de MM. Crémieux et Decourcelle, « l’abbé Constantin » et reprend le vaudeville en un acte de Durafour « l’Automate ». Les organisateurs se sont également assuré le concours de M. Maurice Gil’Mey de Radio PTT, grand prix de la ville de Roubaix et de Fernand Gil’Mey chanteur fantaisiste premier prix des grands concours d’amateurs du 14 juillet. L’orchestre dirigé par M. Oscar de Tollenaere se fera entendre et un bal terminera chaque soirée.

L’inventaire s’interrompt en août car les évènements ne sont plus propices aux loisirs. En septembre la mobilisation générale est décrétée. Les séances théâtrales se feront désormais au profit des soldats mobilisés.

Fêtes du Gibraltar

La douane du quartier du Gibraltar CP collection familiale

En 1930, les fêtes du Gibraltar attirent une foule nombreuse avec un programme s’étalant sur trois jours. Le samedi, la traditionnelle retraite aux flambeaux avec le concours de l’harmonie « l’Amitié Franco-Belge ». Des gâteaux sont distribués aux enfants porteurs de lampes vénitiennes. Le Dimanche matin, vers 6 heures, des sonneries de clairon suivies de salves d’artillerie annoncent aux alentours que les fêtes vont commencer. Toute la matinée des jeux sont organisés chez les débitants qui attirent de nombreux amateurs. Vers 16 heurs 30, après la réception des sociétés participantes, un cortège défile dans les différentes rues du quartier. Trois sociétés musicales sont présentes : la Fanfare Municipale de Lys, sous la direction de M. Pierre Demey, sous chef ; l’harmonie royale « La Lyre » d’Estaimpuis, sous la direction de son chef M. Émile Broux ; et l’harmonie « l’Amitié franco-belge » sous la direction de son chef M. Édouard Parent. La société de gymnastique La Féminine de Leers exécute ensuite de gracieux mouvements rythmés et le grand ballet des Polichinelles. La journée se termine par une fête de nuit des plus réussies et par un grand bal dans la salle de l’Harmonie. Le Lundi, une grande braderie attire nombre de forains et d’acheteurs. À 10 heures, chez Henri Ladmirault, a lieu l’élection du maire, lequel est reçu dans l’après midi à la mairie du quartier. Un match de football a été disputé entre l’Union de Néchin et les Ballons Rouges du Gibraltar. Pour clôturer la fête, un grand concert est donné par la Fanfare communale d’Estaimbourg. Cette grande fête, répétée chaque année démontre ce que l’union des habitants d’un quartier est capable de faire. Le journaliste souhaite que l’exemple soit suivi et que bientôt les autres quartiers de Leers aient aussi leur fête propre.

L’harmonie « l’amitié franco-belge » a été fondée en 1923 à Gibraltar, populeux hameau formé par l’extrême frontière de Leers-France et celle de Néchin-Belgique. Ses débuts sont modestes : vingt exécutants de Leers et de Néchin et une commission civile formée de cinq membres. La société est ainsi dénommée pour commémorer les liens d’affection qui de tous temps ont uni nos deux pays et qui se sont encore considérablement resserrés pendant la grande tourmente de 14 18. M. Pierre Le Blan, industriel à Lille, a accepté d’en être le président d’honneur et il a offert un magnifique drapeau. D’un côté figure le drapeau français avec les armes de Leers, encadré d’une bande aux couleurs belges ; de l’autre côté le drapeau belge avec les armes de Néchin, encadré d’une bande aux couleurs françaises.

Les médaillés de l’amitié franco-belge Photo J de Rx

Le premier président actif est Georges Benoist, membre d’une honorable famille roubaisienne. Il est prématurément décédé le 10 mai 1926. La direction musicale est confiée pendant quatre années à un vétéran de la musique, M. Auguste Quique de Leers. Puis c’est M. Édouard Parent de Roubaix, clarinettiste de talent, donne une nouvelle impulsion à « l’amitié franco-belge ». La société compte à l’époque 54 exécutants inscrits et des cours sont donnés à 11 élèves musiciens. Son idéal est non seulement de marcher de progrès en progrès dans l’art musical, mais aussi d’entretenir et de développer parmi ses membres avec un véritable esprit de famille, une atmosphère de confiance réciproque. Quatre membres de l’Harmonie ont été honorés par la Médaille de la Fédération du Nord et du Pas de Calais pour leurs trente années passés au sein de cette fédération. Il s’agit de MM. Jules Blin, Albert Bataille, Jules Carrette et Désiré Ponthieu.

D’après le Journal de Roubaix

Nou Parlache a vingt ans !

C’est depuis quelque temps pour nous le rendez-vous incontournable du patois et de la bonne humeur. Un jeudi par mois nous nous retrouvons au centre socio-éducatif de Wattrelos pour prendre une bonne tranche de rires et de plaisir. Et voilà que le 25 avril dernier, Nou Parlache fête ses vingt ans et nous concocte un spectacle spécial !

Affiche Nou Parlache Off Tourisme Wattrelos

En 2003, l’excellent joueur de bourle et spécialiste de la garlouzette Christian Ladoë se voit confier la promotion des traditions du coin : les jeux anciens et la langue picarde. Au départ, il propose ses services dans les clubs et les foyers logement, mais ça n’a pas pris. Alors, avec son camarade Francis Delcourt, ils ont pensé à un atelier sous forme de cabaret. En avril 2004, le premier atelier patoisant Nou parlache est proposé à la Maison de l’éducation permanente. Il y avait 37 personnes, dont 12 intervenants et pas mal d’élus, se souvient Christian. Mais le jour choisi pour l’atelier ne convient pas : le mercredi, les aînés gardent leurs petits-enfants. Du coup le mois suivant, on a fait ça un jeudi et il y a eu 57 personnes. Le succès est au rendez-vous et la MEP va vite devenir trop petite pour contenir tous ceux qui veulent assister à l’atelier. Du coup, il a fallu opérer une nouvelle adaptation : l’atelier sera transféré au CSE pour sa 17e édition. Là, les chiffres de fréquentation continuent de grimper jusqu’à atteindre le plafond de 500 entrées. Aujourd’hui, l’atelier accueille désormais chaque mois une moyenne de 300 personnes.

À la manœuvre, on trouve Christian Ladoë, l’un des fondateurs de l’atelier Nou Parlache, accompagné par son acolyte Francis Delcourt. En 2003, ce sont eux qui ont lancé ce rendez-vous, avec le soutien de la ville : « Le public a tout de suite été au rendez-vous », se souvient Christian, avec une pensée émue pour le troisième chansonnier de l’équipe, Jacques Viger, décédé depuis. Jacques Viger, Francis Delcourt, Valentin et Christian Ladoë ont aussi porté l’atelier grâce au succès de la troupe des Copés in Deux, qui beaucoup tourné durant 10 ans.

L’atelier Nou parlache fait donc 300 entrées chaque mois, tandis que d’autres ont disparu comme à Wasquehal, ou vivotent comme à Roubaix, Leers, Lys ou Tourcoing. Comment expliquer cela ? Peut-être par la capacité d’adaptation des intervenants. « Pour survivre, il faut capter un public nouveau, car nos aînés qui étaient familiarisés avec le patois disparaissent. Il y a une évolution à faire, sinon, on meurt », analyse Christian Ladoë.

Mais celui qui a la chance d’en faire un métier ne jette la pierre à personne : « Nous avons la chance de pouvoir compter sur le noyau dur des Copés in deux, où il y a des jeunes ! » relève Christian Ladoë, faisant référence à ses fils Valentin et Jonathan, mais aussi à Joséphine Delannoy et Baptiste Polite, qui ont tous moins de 30 ans ! Du coup, les thèmes abordés dans les sketchs et les chansons permettent d’emporter le rire d’un public lui aussi plus jeune.

Des animateurs dynamiques et plein d’humour ! Photo VDN

Et avec Francis Delcourt, nous formons un couple proche du public entre les interventions, je crois que les gens aiment ça aussi », ajoute Christian. Aujourd’hui, l’atelier Nou parlache attire des spectateurs de toute la métropole et pas seulement de Wattrelos. Certaines pointures ont rejoint le groupe d’intervenants, comme le Belge Pierre Noël ou Christelle Lemaire, tous deux primés en langue picarde. Longue vie à Nou Parlache !

De 15h à 17h les jeudis 11 janvier, 8 février, 21 mars, 25 avril et 23 mai 2024Au Centre Socio-Educatif, rue Georges Delory à Wattrelos

D’après quelques articles de Nord éclair.

Les fêtes du Grimonpont

En 1937, les fêtes du Grimonpont se déroulèrent les 28, 29 et 30 août, avec le programme suivant. Samedi 28 août à 17 heures 30 course à la valise, 18 heures 15 concours du costume le plus excentrique, formation du cortège et installation de la Muse, avec la participation de la société de bigophones Les Philanthropes. On apprend que la Symphonie Bernard donnera une audition à partir de 15 heures le samedi et ce concert constituera l’ouverture des festivités.

La muse, le « maire » et le « garde champêtre » Photo JdeRx

Dimanche 29 août, à 7 heures réveil par une salve d’artillerie, à 9 heures 30 match de football, deux équipes de novices, une pour chaque rive du canal, s’opposent, la rive gauche l’emporte sur la rive droite. À 15 heures ouverture du concours international de pêche, doté de 2.500 frs de prix. À partir de 16 heures 30 jeux sur l’eau et grande fête de natation avec la participation du Sport Ouvrier Roubaisien. Courses de vitesse, course aux canards, démonstration de sauvetage et une épreuve comique. Suit un match de water polo. À 20 heures bal public avec le concours du Jazz franco-italien.

Lundi 30 août, vers 18 heures course au sac et divers jeux populaires (jeu de ciseau, course aux œufs) pour clôturer la fête.

Le concours international de pêche Photo JdeRx

Pour le concours de pêche, le droit d’inscription est de 4 frs et la durée du concours est de 1 heure 30. Concours à la plus lourde pêche, un point par gramme, règlement habituel des concours de Roubaix. Les pêcheurs qui le désireront pourront moyennant une mise supplémentaire de 1 fr concourir pour la coupe qui sera attribuée au détenteur du plus gros poisson pris pendant le concours. Les inscriptions sont reçues chez M. Albert Desmet siège des Pauvres Pêcheurs Leersois 1 rue de Wattrelos à Leers. Les adhésions peuvent être également données aux sièges des sociétés de pêche. Celles de dernière heure seront reçues chez M. Delavallée à Leers-Grimonpont. Tirage au sort à 10 heures et distribution des numéros à 14 heures 30 chez M. Delavallée. Pesage chez Melle Leroy et chez M. C. Bourse. Remise des prix à 17 heures 30 chez M. Henri Deronne.

Le concours de pêche réunit 404 pêcheurs. M. Albert Brun de la fine ligne roubaisienne remporte la palme avec quatre poissons totalisant 500 points. M. Cyrille Lemaire des Poissons Rouges a pris le plus gros poisson 478 grammes et M. Julien Naert en a pris onze. Le palmarès nous permet de connaitre le nom des sociétés participantes : la fine ligne roubaisienne, les poissons rouges, le brochet argenté, la tanche d’or, l’amicale de Tourcoing, les Poissons Blancs de Wattrelos, les Amis du Beau Dimanche, les Petits Pêcheurs.

Le comité organisateur Photo JdeRx

Le comité organisateur était composé de MM. Vandenbrouck, Guilleme et Mme Guillerme (de gauche à droite, assis sur la photo). Debout MM. Deronne, Antoing, Delavallée, Bourse et Verhelt (de gauche à droite).

D’après le Journal de Roubaix