Juin 1900

Cyclisme. Réunion du Club des joyeux cyclistes au local rue Montgolfier 2 chez Henri Vreck à l’estaminet « Aux joyeux cyclistes ». Nomination de la commission dans laquelle on retrouve les noms suivants : Féréol Lecomte, Pierre Cnudde, Eugène Petit, Henri Vreck. Le capitaine de route est André Lobstein avec un lieutenant, Auguste Delomeilleur. Commissaires Alfred Pollet et Henri Prévost. On peut s’inscrire au local.

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Cyclisme. Un groupe de sportsmen de Roubaix et de Vimy organise pour le dimanche 17 juin une grande course cycliste Roubaix Vimy aller et retour soit 100 kilomètres. Cette épreuve est ouverte à tous les coureurs non professionnels. Aucune licence n’est exigée, l’entraînement par bicyclette est le seul autorisé. L’itinéraire part de Roubaix, puis passe par Hem, Forest, Ascq, Lesquin, Fâches, Wattignies, Seclin, Carvin, Lens, Vimy, contrôle à l’hôtel des pompiers et retour. Parmi les nombreux prix décernés aux vainqueurs, le premier est une bicyclette, le second un superbe objet d’art offert par M. Motte député du Nord. Les engagements seront adressés accompagnés d’un droit de deux francs à M. Théo Callens, 34 rue du Général Chanzy, Roubaix.

Escrime. M. Victor Fort, membre du Contre de Quarte de Roubaix, a remporté dimanche dernier un succès remarquable au tournoi de Liège en se classant 4e dans un concours auquel ont pris part 47 grands maîtres de Belgique, de France, d’Italie, d’Allemagne et de Hollande.

Gymnastique JO 1900 à Vincennes doc Gallica

Gymnastique. La population roubaisienne a fait un accueil enthousiaste aux vaillants gymnastes de la Roubaisienne de retour de Paris, couverts de lauriers. Dès sept heures et demie la rue de la Gare est envahie par la foule. La Grande Harmonie entame la Marseillaise à l’arrivée des héros. Un cortège se forme alors, en tête l’Union des Trompettes, puis la Fanfare Delattre, la Fanfare de Beaurepaire, la Concordia, la Fanfare des Trompettes, la Revanche, la Caecilia, les Mélomanes Roubaisiens, la musique municipale de la Grande Harmonie, la société de gymnastique l’Ancienne et la Roubaisienne. Sur la Grand Place, les gymnastes sont acclamés par la foule avant d’être accueillis par les membres du Conseil Municipal avec à leur tête le maire Henri Carrette. M. Mouvaux président de la Roubaisienne prend la parole et rend hommage aux champions et à leur moniteur chef, M Piesvaux. Le maire de Roubaix répond qu’il est heureux du succès remporté par la société roubaisienne qui est à présent renommée dans le monde entier. Des vivats sont alors chantés pour la Roubaisienne, M. Piesvaux et M. Demey le champion athlétique. Des vins d’honneur sont ensuite offerts, pendant lesquels M. Durand membre de la Roubaisienne explique en détail le succès de la société classée première du concours de Paris.

Athlétisme. Les championnats du Nord d’athlétisme ont eu lieu sur le terrain de l’Iris Club Lillois, au Vélodrome de Lille. Le tourquennois Malfait remporte les 100 et 400 mètres. Les 800 et 1500 mètres reviennent au lillois Bandeville, le 110 mètres haies et le saut en longueur au lillois Buchet, le 400 mètres haies au lillois Varet. Les roubaisiens remportent les épreuves suivantes : Dansette, le saut en hauteur, Cunin, le saut à la perche, le poids et Scrépel le disque. Tous les résultats sont de bon augure avant les championnats de France qui auront bientôt lieu.

Vélodrome et arènes. Des pourparlers pour la réouverture des arènes de Roubaix et du vélodrome, avec la société en liquidation. On étudie la possibilité de louer le vélodrome pour une ou deux réunions d’essai. Si les démarches aboutissent, des courses de taureaux seront donnée dès le mois de juillet. La société qui a la ferme intention de reprendre les arènes a déjà annoncé son programme : deux ou trois courses espagnoles, deux courses landaises et une grande fête musicale et artistique dans le genre de la représentation de Mireille qui n’a pu avoir lieu l’année précédente.

Cyclisme. Le ministre des finances vient de faire adresser aux maires et aux percepteurs des instructions en vue de la mise en exécution des nouvelles dispositions relatives au remplacement gratuit des plaques de vélocipède perdues ou soustraites. Il convient d’avoir fait une déclaration de perte ou de soustraction à la mairie sur papier timbré à 60 centimes aux frais du contribuable, dans les deux jours à partir du constat de la perte. Toutefois jusqu’au 1er juillet prochain, on pourra déclarer exceptionnellement au-delà des deux jours auprès des percepteurs.

Cyclisme. Une grande course vélocipédique sur route pour amateurs, Roubaix Fleurbaix et retour va être organisée par la Renaissance Vélocipédique le dimanche 1er juillet. Les inscriptions sont reçues chez M. Géry Haeck rue de Mouvaux 64, Blanc Seau, Tourcoing. Droit d’inscription 1,50 francs. Le départ se fera à deux heures précises chez M. Guillaume Saverys, rue de Mouvaux 99 à Roubaix.

Nord Touriste

La société le Nord Touriste vient d’obtenir l’autorisation de la douane belge pour la libre circulation à la frontière, des véhicules automobiles sous le couvert de permis spéciaux délivrés par ladite société. Il ne reste plus pour profiter de cette faveur qui sera très appréciée par les pratiquants du teuf teuf (l’expression est de l’époque), qu’à régulariser la question du cautionnement à fournir par la société. MM Les chauffeurs peuvent dès maintenant s’inscrire auprès du bureau du Nord Touriste, à l’hôtel Ferraille rue de la Gare. Il faut prévoir les renseignements suivants : noms et domicile, nombre et description des automobiles et motocycles, estimation de leur valeur. Il faut bien entendu au préalable être membre du Nord Touriste. Cotisation annuelle cinq francs et 50 centimes pour l’insigne.

La Roubaisienne en 1902

Les membres de la Roubaisienne Coll Particulière

La « Roubaisienne », Société municipale de Gymnastique et de Tir , dont le siège se trouvait à l’époque au N° 20 rue Jeanne d’Arc, a été autorisée par un arrêté préfectoral du 8 Juin 1883. Rappelons que le but de cette société est de «propager le goût pour les exercices du corps, de développer la force, l’adresse et le courage, afin de faire des hommes vigoureux, en un mot, de préparer, pour le Pays, des hommes vaillants ». Sa devise est « Pro Patria ».

La commission de la Roubaisienne Coll Particulière

En 1902, la Commission administrative se compose comme suit : Président honoraire, G. Pennel, Président actif Lucien Mouraux. 1er Vice-Président, Ch. Weill, 2e Vice Président, Carlos Roussé. Secrétaire Henri Lepaul. adjoint Albert Inglebert. Trésorier, Arthur Desrousseaux, adjoint J. Piesvaux. Chef de gymnastique, J. Piesvaux. Porte drapeau Wardavoir. Commissaire des fêtes, E. Draux. Garde du matériel et d’habillement L. Farcy. Commissaire des Pupilles A. Tettelin. Natation Vanmullen. Tir et instruction militaire, E. Bleuse. Commissaires d’ordre : MM. Alfred Vandeputte, Dejonghe, J. Wardavoir, Henri Vergin, Léon Cunin, U. Vanmullen. La société compte 160 membres actifs, 25 membres anciens, 35 pupilles, 12 membres donateurs, 50 membres honoraires et protecteurs, plus environ 60 sociétaires sous les drapeaux.

Les bains roubaisiens rue Pierre Motte CP Méd Rx

Ses cours ont lieu : pour les membres actifs, les mercredis et samedis de 8 heures et demie à 11 heures du soir ; pour les pupilles, les mardis et jeudis, de 8 à 10 heures du soir ; pour les anciens, le Vendredi de 8 heures et demie à 11 heures du soir. Le cours de natation s’est fait le Mardi, de 8 à 9 heures et demie du soir, à l’établissement des Bains roubaisiens, Rue Pierre Motte. Le cours d instruction militaire a été donné le Dimanche matin, de 9 heures à 10 heures et demie, et le Vendredi de 8 heures et demie à 9 heures et demie, au local, Rue Jeanne d’Arc. Le tir à la carabine et au tir réduit aux fusils Gras et Lebel, au Stand, Boulevard Gambetta. Le tir a 1’arme de guerre, au Stand du Tir National, Grand Rue. (Distance 200 mètres).

La cotisation annuelle est de 10 francs pour les membres honoraires et de 20 francs pour les membres protecteurs. Pour les membres actifs, anciens et pupilles, elle est de 1 fr. 50 par mois. Des jetons de présence, à déduire des cotisations, sont remis aux gymnastes assidus.

Les activités de 1902

Pendant l’année 1902, la Roubaisienne a organisé, entre ses sociétaires adultes et pupilles, des concours de saut a la perche, de jeux athlétiques, de natation, d’instruction militaire et des concours individuels. Les cours des moniteurs de l’Association régionale des gymnastes du Nord et du Pas-de-Calais ont été suivis par les meilleurs élèves. La Roubaisienne a obtenu les succès suivants : le 9 Février, lors de la fête organisée par l’Union des sports, M. Bauwens a été proclamé Champion du Nord pour la lutte libre. Cinq gymnastes ont participé, le 5 Juin, à un petit concours à Lens, tous sont revenus lauréats.

Fête fédérale du Mans 1902 Coll Particulière

Une section de 60 membres s’est rendue, le 15 Août, au concours d’Issy les Moulineaux. Malgré la valeur des sociétés rivales de Calais, de Paris, de Tourcoing, elle obtint la plus haute récompense ; à son retour, elle fut chaleureusement félicitée par l’Administration municipale et la population qui leur a organisé une superbe réception.

La Société a participé aux fêtes suivantes : le 22 Juin, à la Fête fédérale du Mans avec une délégation dont faisaient partie MM. L. Mouraux, Président, Piesvaux, Directeur, Juré des concours, H. Lepaul, Cl. Durant, A. Desrousseaux et A. Vandeputte. C’est à cette fête que M. Mouraux a reçu de M. le Président de la République, les palmes d’Officier d ’Académie.

Le même jour, deux sections se rendaient, l’une à Mouscron et l’autre à Dunkerque.

La Roubaisienne en action CP Méd Rx

Le 14 Juillet, elle donne une séance de nuit au Square Pierre Catteau et, le 28 du même mois, elle organise une fête au profit des sinistrés de la Martinique. Elle prête son concours, le 12 Octobre, à la Société des Vétérans de terre et de mer. Le 27 du même mois, elle offre à l’Hippodrome, à ses membres honoraires, une grande solennité gymnique dont la partie musicale a été confiée à la Fanfare Delattre. Le 2 Novembre, les gymnastes danseurs sont allés exécuter un ballet à Wattrelos.

La Société n’a pas oublié ses membres sous les drapeaux ; elle leur a envoyé à chacun, le 14 Septembre, un mandat au moyen des ressources provenant du tronc du « Sou des soldats » et des amendes infligées par application du Règlement. Et le 8 Novembre, un punch a été offert aux 31 conscrits qui devaient quitter la Société pour accomplir leur service militaire.

D’après les Rapports du Maire

Un grand événement sportif

L’événement, c’est le match de lutte qui doit avoir lie le lundi 29 janvier 1900 à l’Hippodrome de Roubaix entre les lutteurs Nourlah et Peyrouse. Le colosse turc engagé dans la « ceinture d’or » à Paris, tombe tous ses adversaires avec une grande facilité. Sa masse prodigieuse de 154 kgs est un atout extraordinaire. Il n’a jamais été battu. Peyrouse est moins imposant mais il est un challenger intéressant. Très grand, sec et nerveux, il est capable dans un effort calculé de triompher de son adversaire, car il possède à fond la science de la lutte.

Les attractions diverses qui composent les autres parties en feront une véritable soirée de gala. La société de gymnastique l’Ancienne participe à la fête ainsi que l’excellente fanfare du centre (70 exécutants). M. Jules Vroman, chef de l’Ancienne a composé pour cette soirée un grand ballet en trois parties intitulé la Moisson. Ballet accompagné par la fanfare sous la direction de M. Albert Duhamel. Puis on prévoit une fine comédie représentant une scène de la vie militaire, un travail artistique de gymnastique et une batoude américaine (sorte de tremplin), il y en aura pour tous les goûts.

Nourlah, l’imbattable turc dessin JdeRx

Nourlah, ou Nouroula Hassan est né en 1866 à Sebournia (Bulgarie Turque). Il mesure deux mètres et pèse 155 kgs. D’une force herculéenne, il a étudié de manière approfondie la lutte et spécialement la lutte française dont il connaît toutes les finesses et qu’il pratique avec autant d’élégance que de souplesse. Venu en France pour la première fois en 1895 avec Youssouf et Kara Osman, il n’a jamais connu la défaite depuis.

Peyrouse le lion de Valence dessin JdeRx

Peyrouse dit le lion de Valence est le plus grand par la taille et le poids, de tous les lutteurs français. Il mesure 1,95 m et pèse 122 kgs. Né à Montélimar le 26 juin 1872, il a tombé tous les lutteurs du midi et a encore progressé depuis un an. Ce sera donc une vraie lutte de géants.

Nourlah a tombé successivement les plus redoutables lutteurs comme Constant le boucher, Dumont le havrais, Aimable de la Calmette, Cresté, Van den berg. D’autres ont préféré s’abstenir, comme Pons, Pytlanslovski malgré les dix mille francs de prime au défi.

Le règlement de la rencontre sera celui des championnats du monde à Paris avec interdiction des coups suivants : colliers de force, cravates, retournements de bras, crocs en jambe, torsions de doigt. L’adversaire soit être accompagné à terre ; la durée des reprises est fixée à 15 minutes. Bref, la lutte française à mains plates, dans son caractère de simplicité imposante.

Un jury impartial est composé de M. Victors directeur du Nord Sportif, Leplat du journal des sports et Damez du Vélo. L’arbitre sera M. Émile Truffaut un des sportsmen les plus compétents de notre ville.

L’hippodrome théâtre doc Coll Particulière

Les portes de l’hippodrome sont ouvertes à sept heures et demie et c’est salle comble ! Cependant Peyrouse fait défaut, empêché par la maladie. Heureusement les organisateurs ont un adversaire à opposer au turc, c’est un redoutable champion belge, Van Thys, qui a fait preuve de courage et d’une science approfondie de la lutte. Nourlah n’a pas pu en venir à bout en une reprise. Le belge avec crânerie attaque sans cesse le turc qu’il met au tapis plusieurs fois sous les applaudissements. Mais Nourlah a raison de Van Thys dès le début de la seconde reprise et lui fait toucher les épaules par un bras roulé à terre. L’arbitre siffle la fin. Le combat a duré 16 minutes et 3 secondes.

La société l’Ancienne doc AmRx

Les autres numéros ont été très appréciés : avec une réserve pour la scène militaire qui aurait pu être mieux choisie. La Fanfare du centre a ouvert avec deux morceaux bien exécutés, les mouvements ont été rendus avec une précision remarquable par les gymnastes de l’Ancienne, comme les exercices au tremplin, les luttes libres et les sauts périlleux font honneur aux gymnastes et à leur chef M. Vroman. Enfin une mention spéciale au ballet la Moisson. On a terminé avec le tirage de la tombola de l’Ancienne. Une belle soirée de gala.

Le p’tit chef de la Roubaisienne

Jules Piesvaux Coll Particulière

Né à Reims le 2 février 1858, c’est dans cette ville que Jules Piesvaux fera ses premières armes dans la gymnastique: dès l’âge de 15 ans il est parmi les meilleurs éléments de « la Gauloise », société de sa ville natale, dont il prendra la direction quelques années plus tard. Il effectuera ensuite son service militaire dans les chasseurs à pied. En 1887, il quitte Reims pour Dunkerque où il devient professeur de gymnastique à la « Dunkerquoise », l’espace d’un an, le temps de rejoindre en 1888 « la Roubaisienne » pour succéder à M Libouton, qui accède à la Présidence de cette société. Il est engagé le 18 avril 1888 comme professeur municipal de gymnastique et détaché comme tel à la société municipale de gymnastique « la Roubaisienne ». Son contrat inclut des leçons de gymnastique dans les établissements scolaires qui lui seront désignés par l’administration municipale avec l’assentiment de l’Autorité Académique » et l’approbation du Préfet.

Pendant près de quarante ans, il accompagnera le développement de « la Roubaisienne », dans ses pérégrinations à la recherche de locaux, mais également dans tous ses déplacements et ses succès nationaux et internationaux. Il participa activement à l’organisation de la 23ème fête fédérale des sociétés de gymnastique de France qui eut lieu à Roubaix en 1897. Un an plus tôt, il épousait une roubaisienne, Jeanne Hélène Hennion, le 12 décembre 1896.

La Roubaisienne et son moniteur chef CP Méd Rx

Le moniteur chef deviendra bientôt le directeur de la Roubaisienne. Jules Piésvaux est décrit comme un homme énergique et plein de savoir faire. Il sera nommé officier de l’Instruction publique en 1905, puis Chevalier de la Légion d’Honneur en 1921. Membre permanent de l’Association régionale des gymnastes du Nord, Jules Piesvaux est unaniment reconnu comme un grand gymnaste, un technicien remarquable, mais également comme un  « honnête homme, un sportif animé du plus pur idéal », qui avait trouvé à Roubaix « les plus chaudes et vibrantes sympathies ».

Il prend sa retraite en 1922, laissant le souvenir d’une carrière sportive personnelle brillante, mais également auréolé des succès que la Roubaisienne obtint dans de nombreux concours. C’est le 26 septembre 1941 soit à l’âge de 83 ans, que Jules Piesvaux décédera en son domicile roubaisien de la rue Colbert.

Achille Libouton

Achille Libouton Coll Particulière

Né en 1856 à Roubaix où il passe toute sa jeunesse, Achille Libouton entre en 1876 à la société de gymnastique et d’armes dont il fut l’un des premiers membres. Il s’y fait remarquer par des qualités tant morales que physiques. Avec ses camarades il montre un fond de bonne humeur toujours égale, et une grande aménité de caractère. Pour les exercices il fait preuve de souplesse et d’endurance. Quatre ans après son entrée dans la société, il en devient le moniteur directeur, prenant la succession de M. Peterman. Trois ans plus tard, en 1883, c’est la fusion entre les trois sociétés de gymnastique de Roubaix : l’Ancienne, la Jeunesse et la Française. Il est le moniteur général de la nouvelle société qui est appelée La Roubaisienne. Le Président de la Roubaisienne, Isidore Roche, décède en 1888, Achille Libouton lui succède, tout en conservant ses fonctions de moniteur général jusqu’à l’arrivée de M. Piesvaux.

Lettre de la main d’Achille Libouton doc AmRx

Sous sa présidence, la Roubaisienne récolte les succès, à Calais en 1888, à Paris 1889, Tourcoing 1890. Elle remporte de nombreuses palmes dans d’autres villes et se fait connaître comme une des meilleurs phalanges de gymnastique de France. Achille Libouton est également vice président de l’association régionale des gymnastes du Nord et du Pas de Calais. De profession, il était fabricant de tissus. Il quittera Roubaix en 1894 pour reprendre un grand commerce de fers à Cambrai. Nommé président d’honneur de la Roubaisienne, il sera de tous les jurys dans les grands concours. Ainsi en 1897, il présidera le jury de la XXIIIe fête de gymnastique de Roubaix. À Cambrai, il était membre du comité de la société de gymnastique La Cambrésienne. Il décède à l’âge de 43 ans d’un mal fulgurant au ventre, malgré une opération chirurgicale. (D’après le Journal de Roubaix)

La société Vroman Sports, une institution roubaisienne

Jules Vroman est né le 3 juin 1864 à Roubaix, rue du Calvaire (nom de la Grand–rue à l’époque). Ses parents étaient commerçants : le père Alexandre était boulanger et quand il décède,  Jules n’est âgé que de 13 ans. Sa mère reprend le commerce situé au 225 Grand Rue, elle apparaît au Ravet Anceau de 1883 comme épicière. Un article de journal retraçant sa carrière nous apprend qu’il est un élève d’une intelligence précoce et d’un amour ardent de l’étude. Il quitte l’école à l’âge de quinze ans, avec des connaissances dans des matières aussi diverses que le solfège, le dessin de menuiserie.

Jules Vroman & La Roubaisienne Photo Coll Privée et En tête AmRx
Jules Vroman La Roubaisienne Photo Coll Privée et En tête AmRx

A 20 ans, il est gymnaste à la Roubaisienne. Jules Vroman est un jeune homme sportif parmi les sportsmen de l’époque qui fréquentent cette  importante société de gymnastique. Cette pratique sportive l’amène à s’orienter vers la fabrication d’appareils de gymnastique. Habile menuisier, il crée ainsi dès 1884 sa société, dont les locaux se trouvent dans la maison maternelle, au 225 de la grand-rue. Le réseau grandissant des sportifs va constituer sa clientèle. Il fait preuve d’innovation, et d’un vrai sens commercial : son matériel est aisément démontable, avec des tarifs adaptés et il est testé par la Roubaisienne. A 29 ans, il devient aussi professeur de danse et de gymnastique.

La première société Vroman Coll Privée
La première société Vroman Coll Privée

Jules Vroman épouse Zoé Marie Millescamps le 31 mars 1894. Le commerce se développe et les locaux de la Grand Rue deviennent trop petits, Jules Vroman va s’installer rue des Fabricants au n°28 et il participe à la fondation de l’Ancienne le 14 juillet 1895. C’est une société de gymnastique et de jeux athlétiques et d’instruction militaire, dont il sera le directeur technique, puis le président. Les sociétés de gymnastique sont nombreuses et florissantes à cette époque. Comme elles voyagent et remportent de nombreux concours. Jules Vroman voit ses affaires prospérer avec le développement de son réseau sportif. Dans un premier temps, le siège de l’Ancienne est situé 28 rue des Fabricants, et Jules Vroman voit ainsi se développer la société sportive et sa société de fabrication.

En tête de l'Ancienne et catalogue Vroman En tête AmRx Catalogue Coll Privée
En tête de l’Ancienne et catalogue Vroman En tête AmRx Catalogue Coll Privée

Le 30 juillet 1898 naît Jules Vroman, deuxième du nom, qui prendra la succession de son père en 1928. Entre-temps, le succès de la société Vroman nécessite de nouveaux locaux et la maison se retrouve au n°30 de la rue du Grand Chemin.

La société Vroman au 30 rue du Grand Chemin En tête Méd Rx
La société Vroman au 30 rue du Grand Chemin En tête Méd Rx

En 1900, Jules Vroman loue l’établissement sis Grand-rue n°50, jusque là occupé par un fabricant de cardes, M. Beaumont. Il y crée le franco-américain skating rink, lieu de loisirs inspiré des patinoires américaines, bientôt consacré aux patins à roulettes sur plancher de bois. Cette reconversion d’un vaste hangar rencontrera un grand succès. Le même type d’établissement existera au Fresnoy un peu plus tard. C’est sur cet emplacement du n°50 de la Grand-rue que sera créé le Casino Théâtre de Roubaix, grande salle de spectacles de music hall, qui deviendra un des grands cinémas de la ville.

Le skating rink de la Grand Rue CP Méd Rx
Le skating rink de la Grand Rue CP Méd Rx

Après la première guerre, la société Vroman a développé ses fabrications : la gymnastique les sports collectifs, la natation, pour lesquels sont fabriqués les installations et équipements appropriés.

à suivre

Merci à Mme Vroman pour les témoignages et les illustrations