230 rue d’Alger

Les participants de l’atelier mémoire évoquent ensemble une entreprise qui occupa cette adresse pendant près d’un siècle, et qui a laissé de bons souvenirs dans le quartier. Nous racontons son histoire. La société des rubans Gallant s’est installée à Roubaix au n°230 de la rue d’Alger en 1922. Cette entreprise est originaire de Comines, ville réputée pour être la cité des rubans, où elle est née en 1796, fondée à l’époque par les frères Lauwick.

La société Lauwick Gallant Extrait de la Plaquette anniversaire
La société Lauwick Gallant Extrait de la Plaquette anniversaire

Cette fabrique de rubans tissés en lin et en coton changera de nom après qu’Henri Gallant ait développé la société avec des innovations techniques, qui lui vaudront d’être récompensé par la société des sciences, de l’agriculture et des arts.

La société Henri Gallant Extrait de la Plaquette anniversaire
La société Henri Gallant Extrait de la Plaquette anniversaire

Son fils, Albert Gallant, monte la capacité de production à sept cents métiers. Mais la première guerre mondiale réduit à néant l’usine de Comines. Cependant, pendant la guerre, la société Gallant a ouvert des ateliers en Normandie et à Saint Etienne, et elle a travaillé pour la défense nationale.

La société Gallant à Roubaix Collection Particulière
La société Gallant à Roubaix Collection Particulière

Après la guerre, la décision de venir s’installer à Roubaix est prise, et en 1922, l’usine du 230 rue d’Alger est construite. Albert Gallant n’est pas le premier cominois à venir s’installer à Roubaix. Soixante ans plus tôt, Pierre Catteau était venu y faire fortune, et son palais deviendra le Palais de Justice de Roubaix. Albert Gallant sait ce qu’il veut : il a dressé lui-même les plans de l’usine de Roubaix, et c’est une entreprise moderne que son fils, également prénommé Albert dirigera après la disparition prématurée du père.

L'usine au 230 rue d'Alger Extrait Plaquette anniversaire
L’usine au 230 rue d’Alger Extrait Plaquette anniversaire

Cette usine contient tout le process de fabrication : du bobinage au canetage, en passant par l’ourdissage et le rentrage, le tissage, la teinture, jusqu’à l’empaquetage.

Les produits de l’entreprise Gallant sont des rubans, mais on ne s’imagine pas tous les usages qui en sont faits : articles de mercerie, pour vêtements et confection (pantalons, chemiserie, ganterie, chapellerie), pour corsetterie, pour les chaussures (rubans à border, de renfort, tirants, pantoufles, plage, espadrilles), pour l’isolation en électricité, et pour des industries diverses (fermetures à glissières, carrossiers, sièges, articles de voyage).

Les rubans Gallant Extrait Plaquette Anniversaire
Les rubans Gallant Extrait Plaquette Anniversaire

L’entreprise Gallant crée d’autres sociétés : en 1953, la marque Nigal fabrique des pièces de tissu collantes pour réparer les vêtements, une société Couture et service patron, pour la couture et la confection à domicile, et la Société Magam, accessoires métalliques pour le funéraire.

Patrice Gallant prend la direction de l’entreprise de 1973 à 2004. En janvier 2006, la société RUBANS GALLANT décide de retourner à Comines. Cette magnifique entreprise produit désormais pour des clients aussi prestigieux et exigeants que l’automobile ou l’aéronautique (N.A.S.A).

Remerciements à Maria, ancienne de chez Gallant pour son témoignage et les documents (plaquette anniversaire de l’entreprise)

Rue du Caire

La rue du Caire débute rue de Cartigny et traverse les rues d’Oran et de Constantine. Elle mesure 670 mètres de long sur 12 de large. Elle nous permet d’avoir un regard sur l’évolution de l’urbanisme roubaisien. On trouve en effet trace sur son parcours de différents habitats qui se sont succédé au cours des années. Réalisée au début du vingtième siècle, la rue du Caire comportait plusieurs courées qui ont aujourd’hui été murées, la cour Bonnard Pollet au n°14 (12 maisons), la cour Larnou au n°9 (20 maisons) et la cour Cruquenaire au n°128 (4 maisons). Mais elle connut aussi des expériences intéressantes d’urbanisme. La cité Saint Henri, des numéros 96 à 110, est construite en 1894 et inaugurée le 2 décembre 1894. Réalisée sur un terrain offert par les fils d’Henri Dubar Ferrier (d’où le nom de la cité), elle avait pour ambition de proposer des logements répondant à leurs aspirations. La construction fut réalisée par une entreprise de Wattrelos, cela coûtait 2310 francs par maison, et la location était fixée à 14,50 francs par mois. A cette époque, un bon ouvrier tisserand gagnait de 3,50 francs à 4,50 francs par jour.

La cité Saint Henri en 1894 Dessin paru dans le Journal de Roubaix
La cité Saint Henri en 1894 Dessin paru dans le Journal de Roubaix

Citons aussi la série de maisons réalisée par la société anonyme Roubaisienne d’habitations ouvrières.  Ces habitations sont reconnaissables à leur décrochement caractéristique.  Victor Hache était le directeur de cette société, qui construisit notamment à Roubaix (avenue Linné, rue Michelet), à Wattrelos, et à Leers. Leur réalisation date des années vingt et ces maisons ont toujours fière allure.

Maisons de la Société anonyme roubaisienne d'habitations ouvrières Photo PhW
Maisons de la S.A. roubaisienne d’habitations ouvrières Photo PhW

Depuis 1965, le CIL de Roubaix Tourcoing a construit des dominos, qui sont des résidences pour personnes âgées. Les premiers dominos réalisés se trouvent dans le quartier de Beaumont à Hem derrière l’église Saint Paul, et rue du Caire à Roubaix. Cette cité des Dominos se situe entre les numéros 105 à 143. Elle représente un véritable îlot résidentiel qui porte à présent le nom du Béguinage du Bon Repos. Depuis il y en a eu d’autres, à Leers, Wattrelos, rue de Toul, à Toufflers, à Lys lez Lannoy et à Roubaix, comme le béguinage Marlot ou le béguinage Brossolette, dans la rue et près de la tour du même nom.

Le béguinage du bon repos Photo PhW
Le béguinage du bon repos Photo PhW

Enfin, un immeuble résidentiel du CIL existait au bout de la rue du Caire, édifié au cours des années soixante. Il est mentionné dans le Ravet-Anceau, et il possédait neuf entrées, réparties entre les n°188 et 230. Nous n’en avons pas retrouvé d’images, ni la date de sa démolition. Le témoignage de personnes y ayant résidé nous permettrait de savoir quelles étaient les conditions de vie de cet immeuble, quel était son état et ce qui a décidé de sa destruction. Aux dernières nouvelles, une mosquée serait bientôt construite sur son emplacement.

D’après l’Histoire des rue de Roubaix par les Flâneurs et les témoignages des participants de l’atelier mémoire

 

Les huileries de Roubaix et d’Odessa

Juste avant la première guerre mondiale apparaît dans le Ravet-Anceau, au 121 de la rue d’Alger, l’entreprise des huileries de Roubaix, dont le directeur est M. Desprez. Elle forme un vaste ensemble limité par la rue d’Alger, la rue de Cartigny, et le mur du cimetière.

Document coll. particulière
Document coll. particulière

Cette société fonde en Russie une huilerie et savonnerie à Odessa, à la direction de laquelle elle place M. Thieux en 1914. L’entreprise roubaisienne est dirigée en 1918 à 1921 par M. Grelaud. Ses affaires semblent prospérer, puisque, avec la participation de la banque Worms, elle est à l’origine de la fondation de la Société d’études industrielles et commerciales, dont le but est l’exploitation d’entreprises agricoles, industrielles et commerciales en France, dans les colonies, et à l’étranger. Pourtant, la société éprouve des difficultés financières au début des années 20, et elle doit se résoudre à dissoudre cette filiale. Elle prend en 1927 la dénomination de Société des huileries de Roubaix et d’Odessa, avec pour directeur M. Ego.

 

Document archives municipales
Document archives municipales

En 1939 la raison sociale de l’entreprise change et devient les Huileries Darier de Rouffio, huiles comestibles. En 1953, nouveau changement : on trouve maintenant au 121 la société Chimie dans l’agriculture (Y. Dubois) et la société Lestarquit. S’y ajoutent en 1965 France pigments et les transports Wenderbecq et fils, transporteur. En 1973, on ne trouve plus que Y. Dubois, fabricant cette fois ci des aliments, et les transports Wenderbecq. S’y adjoignent en 1979 les SARL Omnico et Taquin, puis en 1981 Hyperemball, une société d’emballage.

 

L'usine en 1965 – Document IGN
L’usine en 1965 – Document IGN

La société des huileries de Roubaix et d’Odessa se préoccupe très tôt de son approvisionnement en matières premières et de l’expédition de sa production : on trouve trace d’un projet de raccordement ferroviaire avec le quai de Marseille, daté de 1920, et non abouti. La voie aurait traversé des terrains appartenant à la société pour accéder au quai. Finalement, la direction opte pour un raccordement à la voie menant à la gare du Pile. La voie traverse par une courbe serrée la rue d’Alger, pour rejoindre la voie de la compagnie des chemins de fer du Nord en traversant les emprises de la société Amédée Prouvost. Ce raccordement est déjà visible sur les photos aériennes de 1932.

 

Le raccordement prévu avec le canal - Document Archives municipales 1920
Le raccordement prévu avec le canal – Document Archives municipales 1920

Par ailleurs, on pouvait remarquer jusqu’à une époque récente un ouvrage militaire fortifié en béton dépassant le mur d’enceinte de l’usine à côté de son issue s’ouvrant rue de Cartigny et empiétant sur cette même rue. Il apparaît que cette casemate, qui n’apparaît pas sur les photos anciennes, a été construite lors de la dernière guerre, sans doute à l’instigation de l’occupant allemand.

 

La casemate de la rue de Cartigny – document IGN
La casemate de la rue de Cartigny – document IGN

 

Un Lycée technique sur une filature

Dans les années 50, l’institut Turgot comporte  des classes allant de la sixième à la terminale, ainsi que des sections professionnelles préparant aux CAP et BEP, et il est un peu à l’étroit dans ses murs. Dans un article de 1961, Nord Matin attire l’attention sur les difficultés croissantes qu’éprouve l’établissement pour accueillir les élèves. Il est question de reporter des classes sur le « petit Lycée », boulevard Gambetta, rattaché à l’institut en 1948. Mais on voudrait implanter l’établissement ailleurs. On parle d’abord de l’emplacement de l’ancien abattoir, puis du quartier du Carihem, près du nouveau Lycée de garçons flambant neuf, mais rien n’est défini. En attendant, on profite de tout espace resté libre pour construire salles de classes et ateliers.

Le nouveau bâtiment en bordure de la rue de la Paix - photos Nord Matin 1961-La Voix du Nord 1962
Le nouveau bâtiment en bordure de la rue de la Paix – photos Nord Matin 1961-La Voix du Nord 1962
Le nouveau bâtiment en bordure de la rue de la Paix – photos Nord Matin 1961-La Voix du Nord 1962

 Si on construit de nouveaux locaux sur place, on envisage toujours d’édifier un nouvel établissement. Finalement, l’ancien Institut sera partagé en trois parties : les classes jusqu’à la troisième seront reprises par le collège Anne Frank, la partie secondaire (classes de seconde à la terminale), iront au Lycée Jean Rostand. Le collège technique, lui, reste rue du Collège.

C’est le site des anciens établissements Motte, rue d’Alger, qui est choisi pour construire le Lycée Rostand . Il partagera l’espace disponible avec le collège Samain, lequel est ouvert en 1972.

Le site en 1953, 1975 et 1981 – documents IGN

Le site en 1953, 1975 et 1981 – documents IGN

Le site en 1953, 1975 et 1981 – documents IGN

Mis en chantier en 1975, les bâtiments sont constitués de modules identiques préfabriqués. La construction est l’œuvre de l’entreprise Caroni, sur des plans des architectes Jourdain et Lecroart. Le lycée est prévu pour accueillir à terme 750 élèves.

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Le lycée en construction documents Nord Eclair

Le lycée en construction documents Nord Eclair

Le lycée en construction documents Nord Eclair

Le bâtiment des logements des personnels administratifs est construit à l’angle de la grand-rue, là où se trouvait le logement du propriétaire de l’usine. L’architecte fait en sorte de conserver une partie de l’ancien parc et des magnifiques arbres qui l’ornaient. Les fenêtres du de la bibliothèque donnent directement sur les arbres du parc.

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L’établissement n’attend plus que les élèves.

 Documents Archives municipales

 

 

La cité disparue

En 1972 la Sarhnord entame la démolition d’une ancienne usine textile, située aux n°309 à 313 de la Grand-rue. On y trouvait autrefois les industriels Bonte & Lesur et leur fabrique de tissus, puis le tissage Bonte et Cie. Un temps inoccupés, les lieux furent ensuite repris par une société de fabrication de meubles, la  société Dupont-Mobildar, à laquelle succédera vers 1970 la société de meubles Leville-Mobildar réunies, dernière entreprise sur les lieux. Un projet de lotissement, présenté comme une formule originale de logement social est alors mis en œuvre, qui sera appelé la cité de promotion. Cela fait suite à une première expérience roubaisienne qui s’est déroulée  dans la rue St Antoine, dont l’objet était d’accueillir des personnes socialement handicapées et perturbées. Il s’agit donc ici de créer une cité sur les 11.127 m² qu’occupaient les anciens établissements textiles et mobiliers. Les travaux sont menés par La Sahrnord et l’entreprise Théry d’Arras.

plan du lotissement

L’expérience débute en juillet 1974. Le CIL, le bureau d’aide sociale, la communauté urbaine de Lille, la direction de l’action sanitaire et sociale, le ministère de l’équipement se sont associés pour l’opération, et le CAL de Roubaix va gérer ce lotissement original. Cette cité se trouve donc dans le quartier de l’entrepont, et ses maisons en ciment seront construites sur un chantier détrempé par les mauvaises conditions climatiques. Une partie du lotissement est consacrée aux espaces verts, ce qui lui vaut d’être présenté comme un poumon de verdure pour l’Entrepont. Cependant la cité de promotion est un monde à part, avec son centre social avec salle de soins médicaux, et salles pour activités diverses. Elle comprend 27 logements de type F6 ou F7 pour familles nombreuses, plus 8 maisons rénovées de la rue de la Conférence, soit 32 logements proposés. Un monde à part, mais ouvert sur le quartier, car les enfants vont dans les écoles du quartier, et les habitants feront leurs courses dans les magasins du quartier.

entrée de la cité familiale

Ces  maisons hautes d’un étage, ont une surface de 110 m² au sol,  attenante à un lopin d’espaces verts. L’Orsucomn, le Pact, le Bureau d’aide sociale seront à l’origine des placements, et  l’administration du centre social sera confiée à la CAF et au PACT. Il s’agissait d’un public en très grande difficulté, et les familles étaient suivies par des travailleurs sociaux. Les témoins racontent que ces familles étaient renfermées sur elles-mêmes, coupées du monde, elles n’allaient pas vers les autres, elles étaient sauvages. Qui étaient-elles ? D’où venaient-elles ? On évoque des familles immigrées, des familles ayant connu des accidents de la vie, des familles d’origine rurale, Dès le début, en tous cas, des familles en détresse, peu acceptées par la population.

La cité familiale en 1986 Photo Coll Particulière

On se demande très vite dans le quartier pourquoi on a fait un ghetto.  Au départ, ça s’appelait la cité promotion, puis on a parlé de cité de transit, enfin de cité familiale, Les personnes ne devaient pas rester dans cette cité, elles ne faisaient que passer. De ce fait, les maisons étaient très mal tenues. Il y avait aussi la découverte de l’habitat urbain, pour une famille de la campagne, comment s’adapter à l’usage du nouvel habitat. On évoque la présence de poulets, de lapins, dans les maisons. Bientôt, il n’y a plus de permanence sociale sur place, le suivi est fait par des extérieurs.

Vue de la cité Photo Coll Particulière

On tire alors un constat d’échec : cette concentration de personnes en difficulté  est jugée inopérante. Les familles partent, ne sont pas remplacées, et on mure les maisons. La cité se vide, on commence à démolir. Quinze ans à peine après sa construction, les pavillons sont à l’état de ruine, la cité s’est transformée en terrain d’aventure pour les enfants du quartier, ou en chantier de récupération de matériaux divers, ou encore en dépôts d’ordures.  Deux ou trois locataires occupent encore les logements, assez vindicatifs. La ville met en demeure la Sahrnord de démolir, car il y a danger pour les enfants qui jouent au milieu des ruines et des gravats, La destruction de la cité est décidée en décembre 1988.

Derniers instants de la cité en 1988 Photo Nord Éclair

Quelques années plus tard, l’endroit est devenu un petit coin de nature : le Jardin de Chlorophylle,  un havre de paix, à deux pas de l’agitation de la ville. Entretenu par une structure d’insertion sociale, il est animé depuis par l’association Angle 349, qui s’applique à faire découvrir au public le milieu naturel sous ses diverses formes et à initier aux notions d’écologie, en particulier à destination des enfants.

Vue actuelle Extrait Google Maps
Remerciements aux membres de l’atelier mémoire pour leurs témoignages et leurs documents

 

Le foyer des jeunes travailleurs

C’est en août 1968, que l’Office municipal d’HLM de Roubaix a terminé les travaux de construction du Foyer de Jeunes Travailleurs. L’initiative de cette réalisation est due à MM Pierre Catrice et Germain Wiart, Président et Vice Président de l’Association pour le logement des jeunes isolés. Construit dans le parc d’une ancienne maison de maître appartenant à la famille Meillassoux, le foyer est l’œuvre de l’architecte roubaisien Michel Delplanque. Les plans ont été réalisés sur les bases d’un travail d’équipe entre l’architecte et le conseil d’administration.

Le foyer en 1969 Photo Nord Éclair

Le foyer est un bâtiment de quatre étages sur pilotis triangulaires, avec  une vaste surface de rez-de-chaussée et une partie habitation qui comprend  148  chambres. Le hall d’entrée s’ouvre sur la Grand-Rue. Quand on y pénètre, à droite en entrant, on découvre une salle de restaurant self service d’une contenance de 250 places. L’autre côté du rez-de-chaussée est consacré aux activités socio-culturelles. Il y a une cafétéria pour l’après repas, un foyer de lecture, une salle de jeux de 165 m², des salles de télévision,  deux salles de réunion, une bibliothèque. En sous sol, sept pièces sont aménageables en ateliers, labo-photo, et une grande salle de 200m² permet de faire du sport.

La cafétéria et le self Photos Nord Éclair

La chambre type fait 10,75 m², comprend un petit vestibule, un cabinet de toilette, avec eau chaude et eau froide, et un grand placard de rangement. Les chambres ont vue sur le parc, et à chaque étage, il y a des douches et des  installations sanitaires. Dans le parc, on trouve un terrain de sport (basket et volley ball). Il y a des douches dans les sous sols. Un parking pour vélomoteurs et bicyclettes se trouve entre les pilotis. Les conditions d’admission sont les suivantes : être célibataire, être âgé de 18 à 25 ans, travailler. L’ouverture aux étudiants est envisagée. Le prix de la pension mensuelle est de 320 francs, comprenant la location de la chambre, le petit déjeuner et quarante repas à 4,50 frs.

Salles de loisirs et de TV Photos Nord Éclair

La structure possède un encadrement permanent : un directeur, un intendant, deux animateurs. Le modus vivendi reste à définir, mais le Foyer ne sera pas un ghetto, car il s’ouvrira aux jeunes du quartier et de l’agglomération. Le restaurant sera ouvert aux non-résidents (capacité 500 repas matin et soir en deux services). Le premier directeur se nomme Henri Lepers. Tourquennois d’origine, 28 ans, il est diplômé de l’école de formation et d’application pour l’animation des collectivités, titulaire du diplôme d’état de conseiller d’éducation populaire de la Jeunesse et des Sports. Il a déjà œuvré au foyer de Bayonne, au foyer des apprentis jockeys de Chantilly, et il a participé à l’animation globale d’un quartier d’Evreux.

Henri Lepers, premier directeur du foyer Photo Nord Eclair

Le foyer des jeunes travailleurs est un véritable hôtel tout confort qui a coûté 35 millions d’anciens francs. Son budget de financement se répartit de la manière suivante : 2,5 millions crédit HLM, 548.000 francs par la sécurité sociale et la Caf, 310.000 francs par le ministère des affaires sociales, 300.000 par la ville, 100.000 par le Conseil Général, le FAS, et le CIL. La ville de Roubaix a acheté le terrain et l’a cédé à l’office municipal HLM qui est propriétaire du terrain et du foyer, lequel est mis en location à l’A.L.J.I,  seule responsable de sa gestion. Il sera inauguré par Robert Schumann, ministre des affaires sociales en mars 1969.

Maurice Schumann inaugure le foyer Photo Nord Éclair

 

 

 

 

 

 

 

La salle paroissiale

C’est en 1952, dans le bâtiment qui allait devenir par la suite la salle paroissiale, que Marthe Lecat accueille ses premiers élèves. La configuration des locaux ne se prêtant pas aux besoins de l’école, la nouvelle école de la Sainte Famille fut érigée rue de Constantine en 1956.

Devant la salle paroissiale Coll Particulière

L’association populaire Cartigny-Hutin (A.P.C.H.) put ainsi disposer des locaux et en faire son cercle paroissial. Les familles Avet, Arickx, Balcaen, Belleverghe, Bouckaert, Crohin, Hennion, Holvoët, Lecat, Leman, Lerat, Marissal, Messen, Poucet, Prusse, Stellamans, Vanneste, Waelès (Que de là-haut nous soit pardonné un éventuel oubli !) ont grandement contribué à la bonne marche de l’association, et l’ont perpétuée en passant le flambeau à leur descendance !

Beaucoup de projets ont vu le jour dans cette salle. Parmi eux, le club des jeunes, avec billard, table de ping pong, juke-box, baby-foot, mais aussi le club de belote et de pétanque, le goûter des anciens. La sainte Famille a aussi été le témoin de nombreuses rencontres suivies de nombreux mariages !

Les enfants de la Sainte Famille Coll Particulière

Les enfants du catéchisme assistaient pour la plupart au patronage. Les sorties en autocar, au château d’Estaimbourg ou à Dadizeele, étaient vécues comme une aventure exceptionnelle. Il faut  dire qu’en ce temps-là, nous ne parlions pas encore beaucoup de vacances. Plus tard, ces escapades menèrent à la mer ou à Bellewaerde.

Les veillées de Noël étaient appréciées de tous. La crèche vivante attirait beaucoup de familles, et l’église était trop petite pour accueillir tout le monde. A l’issue de la cérémonie, les jeunes distribuaient des marrons chauds, et le pot de l’amitié offert par l’association paroissiale, faisait l’unanimité. Une tombola au profit de la Conférence Saint Vincent de Paul clôturait cette sympathqie réunion. Les enfants étaient entourés de leurs catéchistes : Evelyne Belleverghe, Patricia Bourgois, Bernadette Deroubaix, Maria Mélikeiche, Nadine Plet, Rosine Vandendriessche.

Kermesse des jeunes Photo Nord Eclair

Chaque année, la kermesse était l’occasion de se rappeler les anciens, les durs, les vétérans qui furent les piliers de toutes es batailles, et qui malgré les contraintes, connaissaient le prix du bénévolat, de l’amitié, du dévouement. Ce que nous savions faire, c’est d’eux-mêmes que nous l’avions appris, avec le secret espoir de le transmettre à nos enfants. Jusqu’au tout début des années 70, les kermesses se déroulaient sur trois jours. Elles resteront à jamais gravées dans l’esprit des paroissiens. Chacun y avait un rôle à jouer. L’installation des stands (tout en bois) sous la responsabilité de Maurice Messen, prenait quelques week-ends. Les répétitions du spectacle ou de la comédie musicale duraient un mois, sous la baguette de Marthe Lecat, qui avait fort à faire, non seulement avec les enfants et les adolescents, mais aussi avec les adultes souvent très dissipés. Michèle Hennion, styliste à ses heures, passait ses vacances à réaliser des costumes tous aussi exceptionnels les uns que les autres, et dignes des grands couturiers. Les « petites mains » confectionnaient les accessoires et les décors. Des centaines de kilos de frites, d’assiettes anglaises, de sandwiches et de crêpes étaient servies dans la joie et la bonne humeur.

Goûter des anciens Photo Nord Eclair

C’est vers 1985, à la fin d’une kermesse, que les membres de l’association dépités de rester un long moment sans se voir, décidèrent d’organiser, en plus et quatre fois dans l’année, des soirées familiales à thème. Ces rencontres furent très appréciées jusqu’au dernier buffet campagnard d’octobre 2012, qui signera la fin de l’association, dissoute le 31 décembre 2012. Les habitués du cercle, accueillis par Jocelyne Peere durant de nombreuses années, regretteront encore longtemps leur partie de cartes du dimanche matin.

Merci à Micheline Masure-Cagnet pour ce témoignage

 

 

 

La naissance de la sainte Famille

C’est le 11 janvier 1949, que le Cardinal Achille Liénart, Evêque de Lille, confie à l’abbé Alfred Potdevin la charge de fonder une paroisse dans le quartier du Hutin à Roubaix. Sous le vocable de la Sainte Famille, va naître cette nouvelle communauté chrétienne, entre le canal, le cimetière de Roubaix et Wattrelos. Investi de cette « incroyable mission », à vélo et avec entrain, l’Abbé Potdevin parcourt le quartier, qui est riche de plus de 3.000 habitants, afin de faire connaissance avec ses ouailles, et d’annoncer la bonne nouvelle : la construction d’une église dont la réalisation dépendra de leur bonne volonté. Sa parole est entendue, puisque de nombreux futurs paroissiens répondent favorablement à son appel.

L’abbé Alfred Potdevin Photo Collection Particulière

Quatre ans après la fin de la seconde guerre mondiale, le quartier bénéficiait du renouveau et du plein essor de nombreuses entreprises : la Lainière, rue d’Oran, le peignage Amédée Prouvost, rue de Cartigny, Dubar-Delespaul, Pennel et Flipo, Gallant  rue d’Alger, Olivier rue de Constantine, Lestienne, rue du Caire, Clarel rue Delespaul, pour ne citer que les plus importantes. On parlait de la future construction d’immeubles : en 1954, les appartements de la rue d’Oran, puis la cité des dominos, les appartements de la rue du Caire. Un peu plus tard, les premières tours, dont la tour du Hutin.

A cette époque la marche était pour la plupart le seul moyen de locomotion ! Pour assister à la messe dominicale, il fallait se rendre à l’église du Sacré Cœur boulevard de Strasbourg (aujourd’hui disparue) ou à Saint Vincent de Paul (aujourd’hui reconstruite). Comme il fallait agir dans l’urgence, la première messe fut célébrée le 1er février 1949, dans une maison de la rue Mazagran. Mais tout ceci ne pouvait être que provisoire, et nécessitait qu’on voie rapidement plus grand. L’Eglise se mit donc en marche, et c’est le 3 avril 1949, soit moins de trois mois après la naissance du projet que sera posée la première pierre. Sur le terrain allant accueillir le nouvel édifice, une foule de fidèles assiste à la messe concélébrée, parmi les officiants par le Cardinal Achille Liénart, Evêque de Lille, de Monseigneur Henri Dupont, Evêque auxiliaire, de Monsieur l’Abbé Alfred Potdevin, et de Monsieur l’Abbé Jacques Testelin.

L’événement dans la presse en mai 1949 Nord Éclair

Rendez-vous fut pris, trois mois plus tard, pour l’inauguration ! C’est un « sacré défi » que vont relever les membres de cette nouvelle communauté. Tout le monde s’investit tant financièrement que physiquement. C’est à celui qui achète le plus de briques, le plus de ciment, qui fournit le plus d’outils, qui se découvre de talents de manœuvre, de métreur, de maçon, de menuisier, de vitrier, de plombier et de couvreur. Les épouses et les mères assurent l’intendance. C’est une histoire de famille ! Une trentaine de gamins cassent, sans se lasser, des pierres nécessaires pour réaliser le sol de l’église et sur lesquelles sera coulé le béton. Les scouts charrient des brouettes de cailloux, de sable et de ciment sous la houlette des « chefs de chantier ». Tout se fait dans la joie et la bonne humeur, avec la même motivation pour tous. Mi-juin, le gros œuvre est déjà terminé, mais c’est le 23 juin 1949 que fut baptisée la Cloche Madeleine-Françoise, conçue et fondue, également dans le quartier. Le cérémonial se déroule selon les rites et tous les paroissiens bénéficient de la traditionnelle distribution de dragées.

La Cloche Madeleine-Françoise Photo PhW

Ce pari fou qui paraissait irréalisable pour certains, a été tenu, car le 3 juillet 1949, soit trois mois, jour pour jour, après la pose de la première pierre, l’église a été inaugurée, pleine de ces hommes et femmes qui ont cru et ont pris part à sa création. Seul le fronton, et quelques fenêtres, restaient à poser.

Le Cardinal Liénart se rendant à l’inauguration de la sainte Famille Photo Collection Particulière

Ce fut la fête dans le quartier. Les enfants, tout de blanc vêtus, les scouts, la fanfare, le clergé, les laïcs, ont parcouru les rues du quartier avant de se rendre à la Sainte Famille pour participer à la première messe. A l’issue de la cérémonie, le Cardinal Achille Liénart a remercié les bâtisseurs d’amour et de paix, en rappelant que c’est au milieu des actes de votre vie que s’accomplit l’œuvre de votre salut. Cette citation sera reprise par Monseigneur Adrien Gand, lors de la messe célébrée en plein air, pour le vingtième anniversaire de la paroisse en 1969, qui fut suivie d’un repas où tous les fidèles furent conviés.

La Chapelle de la Saint Famille CP Collection Particulière

 

Merci à Micheline Masure-Cagnet pour ce magnifique témoignage, et ce n’est qu’un début !

La ferme du Hutin

Le quartier du Hutin était autrefois situé en pleine campagne, et divisé en Bas-Hutin et Haut-Hutin. Il englobait les terres situées entre la Grande Vigne (ferme Salembier rue d’Oran) et le territoire de Wattrelos. Il était traversé par plusieurs sentiers, parmi lesquels le Sentier du Mont-à-Leux qui passait près des fermes. Le Hutin était d’ailleurs le nom d’une cense et d’un hameau qui apparaissent dans les recensements de 1596 et de 1673. D’après l’historien Leuridan, la cense est occupée pendant deux siècles par la famille des de Lespaul, et elle prendra le nom de cense Delespaul. En 1850, un Constantin Delespaul, propriétaire, assiste au mariage du couple de cultivateurs Auguste Ferret et Elisa Houzet qui va exploiter la ferme.

La ferme du Hutin en 1868, au moment du projet de rue du Hutin, et à gauche du projet de canal doc AmRx

En 1868 est établi le tracé de la future rue du Hutin qui reprend en partie le sentier du mont à leux. On parle alors de la ferme Ferret. La ferme sera reprise par le couple Théodore Joseph Houzet et Amélie Joseph Lutun. Mariés à Roubaix le 31 juillet 1872, ce wasquehalien et cette tourquennoise d’origine vont exploiter la ferme désormais dénommée Houzet. En effet, leur fils et leur petit fils leur succèderont. Ils deviennent également propriétaires de la ferme, qu’ils rachètent à une dame Watine. Cependant le quartier se développe à partir de 1889. Le 24 mai 1889, les propriétaires riverains s’engagent à abandonner les terrains nécessaires et à participer aux frais de voirie. En 1890, c’est l’ouverture de la rue Delespaul, prélude à la réalisation du quartier, qui fait l’objet d’un projet d’urbanisme le 22 juin 1894. C’est le début de la fin des champs et pâtures de la ferme du Hutin.   

La structuration du quartier du Hutin en 1914 doc AmRx

Le petit fils de Théodore,  Henri Théodore Houzet-Bouckaert, reprend la ferme en 1924. Cette ferme a changé plusieurs fois de numéro (on cite les n° 6 18 44). Elle comportait une étable pour les vaches, une écurie pour deux chevaux, un pigeonnier, un poulailler, avec poules pintades et canards. On y stockait aussi les betteraves, le foin, les graines et futures semailles pour le potager. La cave était fraîche et bien garnie : conserves de pâté, jambon, lait, beurre, fromage, légumes, vins, tonneaux de bière, la température était idéale. Le fermier récupérait les drèches de la brasserie moderne, fraiches ensilées ou séchées pour la nourriture des bovins, ce qui donnait parfois au beurre un gout de bière. On y tuait le cochon, et on préparait le boudin, les pâtés de tête et de foie, des saucisses, on faisait fumer le jambon dans des tonneaux puis ils étaient cuits lentement dans un bouillon de légumes.

Photo aérienne 1953 IGN

Quand Henri Théodore Houzet reprend la ferme,  il n’y a que deux maisons et un café à proximité et des pâtures et des champs. Mais la ferme est peu à peu enserrée par les constructions. Bientôt l’exploitation de la ferme ne suffit pas, le fermier envisage sa reconversion dans une entreprise de transport. Il achète un camion Chevrolet que conduira son fils. Puis, sur le coin de pâture qui lui reste, il construit des garages. Les terrains de la ferme avaient une superficie de près de 10 hectares.

Les garages derrière la ferme, vue aérienne de 1964 Photo IGN

Les enfants ne reprendront pas l’exploitation : le fils sera contremaître dans le textile et la fille partira en Afrique du Sud. Faute de pâtures, le fermier vend ses six vaches. Né dans la ferme comme son père et son grand-père, Henri Houzet cessera son activité en 1956. Si l’exploitation a cessé, le bâtiment existe toujours avec sa cour carrée typique des vieilles censes d’autrefois.

La ferme du Hutin en 2013 vue Google

Remerciements à Agnès Deffrenne Houzet à qui nous devons la description de la ferme et de ses activités.

 

 

 

 

Le quartier ECHO

Le quartier ECHO est un regroupement contemporain de lieux dits et de rues. La lettre E pour entrepont, correspond aux habitations et aux rues se trouvant entre les deux ponts, celui du canal et celui du Laboureur à l’orée de Wattrelos. La lettre C reprend l’initiale de la rue de Cartigny.  La lettre H est l’initiale d’un très ancien lieudit le Hutin. La lettre O est l’initiale d’une rue importante, la rue d’Oran. Le regroupement opéré donne un quartier situé au nord est et à l’est de la ville, délimité par le parcours du canal à l’ouest, le cours de l’Espierre au nord, la voie de chemin de fer à l’est et à nouveau le canal au sud.

Extrait Plan début du XXème siècle Médiathèque de Roubaix

En partant du nord, le Hutin était le nom d’une cense et d’un hameau au début du XIXème siècle. C’était la pleine campagne; et le Hutin divisé en « Bas-Hutin » et « Haut-Hutin » par le sentier du Mont à Leux, englobait tout le secteur situé entre la Grande Vigne et le territoire de Wattrelos.

La ferme Brasserie Salembier Photo PhW

Plus au sud,  la rue d’Oran traverse le lieudit la Grande Vigne. Ouverte en 1887, elle part de la ferme brasserie Salembier, et se dirige en ligne droite vers le passage à niveau du chemin de fer. En 1894 démarre la construction de l’école publique, futur groupe scolaire Paul Bert Edgar Quinet. De 1910 à 1939, la rue sera presque entièrement urbanisée. L’industrie y était fortement présente avec La Lainière de Roubaix  créée en 1911. C’est là que naîtront les laines du  Pingouin, les chaussettes Stemm, les tricots Korrigan, les créations  Intexa, et Rodier. La Lainière a cessé ses activités à la fin de l’année 1999.

Collection particulière

Plus bas encore se trouvait le chemin de Cartigny qui menait au hameau du Crétinier à Wattrelos. La rue de Cartigny se développe à partir de 1895. On y relève la présence du cimetière communal de Roubaix qui fut établi de 1848 à 1920. Rue de fleuristes et de marbriers, elle a connu très tôt un fort trafic surtout avec la desserte du Peignage Amédée Prouvost et de la Lainière.  Les matches du stade Amédée Prouvost amenaient beaucoup de monde.  Les nouvelles rues de la fin du dix neuvième siècle portent les noms de villes d’Algérie: Constantine, Oran, Philippeville, Biskra, Blida, Mascara, Mazagran, Bône. C’est dans la rue d’Alger que se trouvaient en 1895  la filature de coton Etienne Motte et Cie au n°30, la Société Anonyme des Peignages de Roubaix au n°176, le tissage Henri Bonnet au n°232, et le tissage Dubar Delespaul au n°292.

La rue d’Avelghem autrefois CP Médiathèque de Roubaix

La Grand Rue traverse l’actuel quartier de l’Entrepont, lieu d’habitation et d’industrie. Ainsi la société de filature et de retorderie Etienne Motte constituée en 1887 s’étendait sur cinq hectares. De même la rue d’Avelghem sépare les habitations des industries dont le nombre s’est fortement restreint à la fin du siècle dernier. Sur les terrains situés entre cette rue et le canal, Alfred Motte (frère de Louis Motte-Bossut) avait fait construire dès 1878 un peignage important s’étendant sur 14 hectares.