La ruelle des vicaires est à peine ébauchée sur le cadastre de 1825 mais on peut discerner un chemin qui part de la longue rue (future rue Joseph Leroy) à hauteur de la ferme Desreux. Pourquoi ce nom ? Sans doute cette petite ruelle permettait le passage en toute sécurité des vicaires se rendant à l’église qui en l’empruntant ne subissaient pas le flux de la circulation de la longue rue.
Cadastre 1890
Sur le cadastre de 1890 la ruelle des vicaires est mentionnée comme chemin rural n°11. Une allée bordée d’arbres part de la ruelle des vicaires sur la droite et après un bel angle droit rejoint la longue rue. Un autre chemin rural n°18 dit ruelle Delcroix rejoint la ruelle des vicaires au moment où elle tourne sur la gauche pour rejoindre la rue de la mairie (?) et ainsi aboutir à une cinquantaine de mètres de l’église.
En 1926 la ruelle des vicaires comporte 71 numéros, elle part de la longue rue future rue joseph Leroy et rejoint en diagonale la rue de la Mairie (future rue du Général de Gaulle) à quelques mètres de l’église st Vaast. La directrice de l’école privée, Gabrielle Macron y habite au n°4, c’est une ruelle de tisserands et d’ouvriers avec aux n°49 et 51 des préposés des douanes. Le nom ruelle des vicaires disparaît en 1936, elle est devenue rue Marceau sur le cadastre de cette année là.
La ruelle des vicaires, derniers jours Photo NE
En 1952 le petit chemin caillouteux a cessé d’exister. Là où il ne pouvait être utilisé que par les piétons, c’est à présent une rue de trois mètres de large, qui peut livrer passage aux automobiles et aux camions, en sens unique bien entendu, ce qui facilite l’accès des livreurs et autres déménageurs. Un aqueduc a été installé. On a garni la route d’un fond de scories que l’on a recouvert d’une épaisse couche de terre. Dans quelques temps, la chaussée sera bien tassée et on la revêtira de ciment. Le revêtement en macadam est plus contemporain.
Rue Marceau Google maps
De nos jours, l’allée bordée d’arbres est devenue la rue Masséna, et le chemin rural n°18 a pris le nom de rue Marceau ce qui lui assure un deuxième débouché sur la rue Joseph Leroy, où se trouve l’école privée Jeanne d’Arc. Le tracé initial de la rue Marceau jusqu’à la rue du Général de Gaulle est conservé mais ce n’est qu’un petit boyau étroit qui longe le parking attenant au centre de soins infirmiers.
La rue de l’église sur le cadastre début XIXe extrait ADN
La rue des Patriotes commence au carrefour formé par la rue Joseph Leroy et la rue de Néchin, et se termine devant l’église Saint Vaast, ce qui lui valut d’être autrefois nommée rue de l’église. Elle devint ensuite la rue Thiers en 1927 puis par décision du 5 mai 1948, rue des Patriotes. C’est la rue commerçante de Leers qui s’est construite année après année, comme on peut le découvrir par la lectures des recensements.
La rue de l’église (>1926)
Elle n’apparaît dans les recensements qu’en 1926 entre la Place et la rue de Néchin pour une vingtaine de numéros. Côté impairs, la rue s’ouvre avec au n°1, une maison qui était un genre de café hôtel pour voyageurs de passage ou pour douaniers, et qui comportait cinq chambres pour logeurs. Au n°9 se trouvaient des charpentiers, au n°15 un commerce de lingerie.
La rue de l’église autrefois. CP Collection Particulière
Côté pairs, au n°10 un menuisier, au n°16 un maréchal constructeur et ses fils, au n°18 un commerce de phonographes. Au n°20 un commerce de lingerie, au 24, le boulanger, au 26 un marchand de tissus. À cette époque, la rue de l’église est donc majoritairement une rue d’artisans avec peu de commerces.
Rue Thiers (>1948)
En vingt ans, la rue a affirmé et diversifié sa vocation commerciale : des cafés, des épiceries côtoient désormais les artisans. Côté impairs, le café hôtel n°1 a été repris par un facteur et sa femme tient le café. Au n°3 une fleuriste s’est installée en 1945. Au n°7 un café s’est ouvert en 1933. Au n°9 les charpentiers sont toujours là, en 1946 leur succède un électricien. Une boucherie coopérative est mentionnée au n°13, une chapelière au n°17, puis en 1946 un imprimeur et une librairie. Au n°19 en 1936, des menuisiers, père et fils, en 1946 le fils a repris seul l’affaire. Au n° 27 en 1936 sont mentionnées deux épicières dont les enfants vont se marier et vont reprendre le magasin en 1946.
La rue Thiers et ses commerces CP collection familiale
Côté pairs, au n°2 se trouve un laitier devenu crémerie en 1946. Au n°6 une mercerie est indiquée en 1936. Au n°8 en 1936, un estaminet avec une bourloire. Au n°10 il y avait un bâtiment de boulangerie, bientôt remplacé en 1936 par un café. En 1946 le cafetier est receveur buraliste. Au n°12 on trouve le gérant d’une coopérative de boulangerie et au n°14 le gérant de la coopérative l’Avenir de Lannoy. Au n°16 le maréchal ferrant est toujours présent et sa femme tient une quincaillerie. Au n°18 l’électricien est toujours là. Au n°20 il y a un commerce de lingerie, qui deviendra une mercerie en 1946. Au n°24 le boulanger est toujours là. En 1946, la boulangerie se poursuit avec un successeur. Au n°26 une mercerie en 1936, reprise en 1946. Au n° 32 en 1936 une épicière, dont le commerce est repris en 1946.
L’alignement de 1953 Photo NE
En 1953, il est procédé à l’alignement de la rue Thiers et ainsi disparaît le n°7 bientôt remplacé par un nouvel établissement pour le café Vandamme.
Rue des Patriotes
Aujourd’hui la rue des Patriotes a conservé sa vocation commerciale, tout en accueillant de nouveaux services. Côté impairs, on trouve au n°1 marchand de fromages, au n°3 une mercerie, au n°5 une supérette. La poissonnerie de la rue du Général de Gaulle est venue s’adjoindre au café du n°7. Le n°13 est toujours une boucherie charcuterie, au n°15 il y a à présent un salon de coiffure. Au n°17 un magasin de vêtements. Au n°23 un établissement de vente à emporter précède la Caisse d’Épargne au n°25. Un salon de coiffure au n°27 et un magasin d’optique au n°29 terminent la rue.
La rue des Patriotes années soixante CP collection familiale
Côté pairs, une agence immobilière est au n°2, suivie de plusieurs deux instituts de beauté. Au n°14, un restaurant pizzeria fait aussi de la vente à emporter. On retrouve le café buraliste qui occupe à présent le n°16. Puis ce sont deux banques l’une à côté de l’autre, aux n°18 et 20. Un espace audition occupe le n°22, et le boulanger du n°24 a dû fermer. Un espace santé est mentionné au n°28, un marchand de fruits au n°32 et la rue se termine avec une agence immobilière au n°34.
La rue des Patriotes subit la concurrence des supermarchés tout proches mais continue de défendre ses services de proximité. La réfection prochaine de sa chaussée et de ses trottoirs devrait améliorer l’accès et l’attractivité de la rue des Patriotes moderne.
On lira avec intérêt les relevés effectués par Leers Historiques dans ses cahiers d’histoire locale de Leers : les estaminets leersois (2009) l’évolution du commerce à Leers (2020) pour y trouver les noms des commerçants.
Né à Leers dans le hameau du Grimonpont, le 8 octobre 1911, de parents également leersois, Anatole Deffrenne comptable et Rosa Leroy, fille de Joseph Leroy, ancien maire de Leers, Edgar Deffrenne a toujours manifesté un grand attachement aux œuvres laïques.
Membre de l’Amicale dès 1924, il en fut le secrétaire adjoint en 1932, puis secrétaire général en 1933 et ce jusqu’en 1946. Edgar Deffrenne fut aussi secrétaire du groupe Lyrique et acteur de ce même groupe de 1929 à 1951. Il s’est également consacré à la clique scolaire de 1932 à 1936.
Mobilisé en 1939, M. Deffrenne fut fait prisonnier, s’évada et fut déporté à ce titre au camp de Rawa Ruska. Chauffeur lors de son mariage en 1946, le 11 mai à Roubaix, il habite toujours le Grimonpont à Leers au 100 rue de Wattrelos.
En octobre 1951, il est élu vice-président de la FAL de Leers et c’est en 1954 qu’il succède à Alfred Heye décédé un an plus tôt, à la présidence.
Edgar Deffrenne reçoit le nouveau drapeau de l’Amicale laïque des mains de M. Pottier en 1958 doc NE
Le bilan de l’amicale de 1968 nous permet d’en savoir plus sur ses activités. Le Président est Edgar Deffrenne, JC Heye est le trésorier, Adelon Delrue le secrétaire. Une séance de cinéma est offerte aux enfants à la Saint Nicolas, l’Amicale organise des bals, participe à la fête fédérale de Willems.
La Bibliothèque dont s’occupent Claude Autern, Melle Yvette Fougnies, Melle Marie Claude Deffrenne et Jacques Deffrenne, compte 3000 volumes et fidélise 50 lecteurs. La section de Tir est dirigée par M. Lucien Rutten, M. Madern en est le secrétaire. La section de pétanque affiche 56 cpoupes et une plaquette. La section football compte 763 licenciés UFOLEP, sous le nom d’Union Sportive Leersoise. Une Caisse d’épargne vient d’être créée, ainsi qu’un club de dessin et peinture.
Edgar Deffrenne devient officier des palmes académiques en février 1973. Il décèdera en 1983. Une salle jouxtant l’Amical ciné porte désormais son nom. Son successeur est Adelon Delerue.
L’histoire commence par un mariage. Le 24 mars 1945, Achille Vantieghem fils de M. et Mme Vantieghem Beckaert épouse Marcelle Moreels, fille de M. et Mme Moreels Vosdey. La cérémonie a lieu en l’église Saint Vaast de Leers. À ce moment, Achille travaille en mairie puis il fait son service militaire. Pendant ce temps, Marcelle travaille encore chez Mme Delebois rue des lignes, déjà à faire des fleurs. Les fleurs, on en faisait aussi au 15 rue Victor Hugo, avec Joséphine, la maman, qui vendait aussi des articles funéraires.
15 rue Victor Hugo Leers photo familiale
Vient le jour de la libération d’Achille, et avec Marcelle ils prennent la décision de s’installer au 3 rue Thiers à Leers. Il fera le quincailler et elle continuera de faire des fleurs, ce qu’elle n’a cessé de faire depuis qu’elle a quitté Madame Delebois et qu’elle s’est installée artisane.
La biscuiterie Roussiaux 3 rue Thiers archives familiales
Le 3 rue Thiers fut autrefois une biscuiterie tenue par un oncle d’Achille, M. Roussiaux. Il y avait là un atelier et un four. On y entassa bientôt toutes sortes d’ustensiles : casseroles, seaux, ferblanteries domestiques diverses. Achille livrait les fleurs de Marcelle dans un grand carton à vélo. Henri Moreels, le beau père retraité, venait en demi-journée donner la main au découpage des matières pour les fleurs. Il y avait du papier, du rodoïde, du celluloïd. Les fleurs étaient faites à la main, avec des moules, on les montait pétale par pétale avec une tige.
Achille devant le 3 rue Thiers archives familiales
L’affaire prit de l’extension, on abandonna la quincaillerie, le vélo ne suffit plus aux livraisons, Achille acheta à vil prix une vieille jeep qu’il fallait pousser pour la mettre en route. Il fut décidé d’agrandir la clientèle et ils prirent des apprenties : deux filles de Leers et deux filles de Néchin et quelques ouvrières de l’atelier Delebois qui ne tournait pas bien.
En tête de facture archives familiales
Le manque de place et le démon du déménagement poussèrent Achille et Marcelle à chercher un endroit plus vaste. L’histoire se poursuit à Roubaix en 1950.
Le moins qu’on puisse dire c’est qu’on aime le théâtre à Leers, comme le prouve le nombre de troupes et de spectacles organisés en ville, dont le Journal de Roubaix rend compte en cette année 1939.
Ainsi en janvier, le groupe lyrique de l’amicale des anciennes et anciens élèves présente son programme de mars : il s’agit d’un vaudeville militaire en un acte « Panouille a gagné le gros lot » suivi d’une opérette à grand succès, « la chanteuse inconnue » en trois actes et un tableau. La Symphonie Bernard accompagnera musicalement la séance et un bal aura lieu à l’issue de la représentation.
Un programme du groupe lyrique en 1941 Collection familiale
Entre-temps, la troupe Bodart-Timal vient jouer sur la scène du Cercle Saint Louis une opérette bruxelloise, « la petite millionnaire » dont la musique est d’Eddy Jura, le compositeur bien connu, complice de Charles Bodart-Timal. Cette représentation est donnée au profit des œuvres du Cercle saint Louis.
Les représentations du cercle dramatique « l’amitié franco-belge » se déroulent les dimanches en février dans le cadre du Salon Meurisse dans le quartier du Gibraltar. On y joue les deux œuvres suivantes : « le berceau » drame en trois actes de Brieux et « on purge bébé » amusante comédie de Georges Feydeau. Un concert musical sous la haute direction de M. de Tollenaere complète ce programme qui se termine par un bal de famille.
Le Cercle de l’amitié franco-belge en 1949 doc NE
Le Cercle Saint Louis accueille la troupe Lyris qui compte dans ses rangs des artistes réputés dont plusieurs de radio PTT Nord. Ils viennent interpréter la dernière opérette du compositeur roubaisien Jean Ernst : « Ginette ».
Le club artistique « les XIV » vient donner une représentation dans la salle du cinéma Léontini au profit de la caisse de secours du groupement. Le programme comprend une partie de music-hall et une revue par la troupe du club.
Le Cercle Saint Louis vue Google Maps
En mars, la JOC propose deux représentations de gala qui doivent servir à recueillir des fonds pour le pèlerinage jociste de Rome. Deux pièces sont au programme : « la nuit rouge » un drame émouvant en quatre actes de Botrel et une comédie en un acte de Leroy-Villars, « le moulin du chat qui fume ». Ces pièces seront jouées sur la scène du Cercle Saint Louis rue Jean Jaurès.
Les prochaines matinées artistiques du cercle dramatique « l’amitié franco-belge » sont programmées pour avril. La troupe interprète l’œuvre de MM. Crémieux et Decourcelle, « l’abbé Constantin » et reprend le vaudeville en un acte de Durafour « l’Automate ». Les organisateurs se sont également assuré le concours de M. Maurice Gil’Mey de Radio PTT, grand prix de la ville de Roubaix et de Fernand Gil’Mey chanteur fantaisiste premier prix des grands concours d’amateurs du 14 juillet. L’orchestre dirigé par M. Oscar de Tollenaere se fera entendre et un bal terminera chaque soirée.
L’inventaire s’interrompt en août car les évènements ne sont plus propices aux loisirs. En septembre la mobilisation générale est décrétée. Les séances théâtrales se feront désormais au profit des soldats mobilisés.
Une première école de filles est créée en 1852 rue de la Mairie, il est fait appel aux Dames de la Sainte Union pour la faire fonctionner. Mais en 1888, l’application de la loi portant sur l’organisation de l’enseignement primaire du 30 octobre 1886, dite loi Goblet qui prolonge les lois Ferry, confie à un personnel exclusivement laïque l’enseignement dans les écoles publiques. Elle remplace les instituteurs religieux des congrégations enseignantes. Les religieuses sont « congédiées » de l’école communale.
L’abbé Bordoduc résolut alors de transformer le patronage de la ruelle des vicaires en trois classes, puis une quatrième et une maison d’habitation pour les religieuses. L’école confessionnelle Saint Henri s’ouvre le 20 novembre 1888, ainsi dénommée car son mentor n’est autre qu’Henri Salembier, à cette époque Maire de Leers et fermier de la cense de Quevaucamps. Une cinquième classe s’ouvre bientôt.
Mais le 15 juillet 1902, les Dames de la sainte Union se voient contraintes de fermer leur école, sous prétexte qu’elles n’avaient pas demandé l’autorisation requise sur les associations religieuses de 1901. Elles partent le 19 juillet. Au mois d’octobre 1902, on ré-ouvre l’école sous la direction de Melle Cécile Boeykens qui n’a accepté cette mission que pour quelques mois, afin de permettre l’ouverture de cette école au 1er octobre dernier.
Gabrielle Macron Photo JdeRx
C’est là qu’intervient Gabrielle Macron. Née d’un père comptable à Flers lez Lille en 1875, Gabrielle Macron se destine à la carrière d’institutrice. Elle est directrice adjointe au Blanc Seau quand elle vient à Leers en 1903 pour prendre la direction de l’école de filles Saint Henri. Excellemment douée sous tous les rapports, la dévouée directrice a su acquérir la pleine confiance des familles. L’école compte alors 210 élèves réparties en trois classes et une garderie. Gabrielle Macron est donc directrice de l’école, assistée de sa sœur Lucie Macron et de Marthe Béghin, ses deux adjointes, ainsi que d’une gardienne Melle Hélène Delgrange.
En avril 1929, elle reçoit la croix du Mérite diocésain des mains de Monseigneur Jansoone, évêque de Lille, pour son dévouement de 26 années à l’enseignement catholique. En 1938, alors que l’école Saint Henri fête ses cinquante années d’existence, Gabrielle Macron célèbre sa 35eme année de professorat à Leers, elle aura ainsi formé deux générations de population féminine.
Sur cette photo aérienne de 1960, on peut distinguer l’ancien emplacement du dépôt de tramways, dont les portes s’ouvraient sur la rue de Lys, avec un bâtiment restant le long de la rue du Maréchal Leclerc.
Le chantier de la Maison Roubaisienne en 1962 doc NE
Au début de l’année 1962, la Maison Roubaisienne a déjà lancé un grand chantier de 26 maisons sur l’emplacement de l’ancien dépôt des tramways à ce moment disparu. Il n’en reste à vrai dire qu’un grand bâtiment longeant la rue Maréchal Foch, qui sera lofté de manière contemporaine.
Le lotissement et ses rues doc Google Maps
Le chantier de la maison roubaisienne s’étend donc de la rue du Maréchal Leclerc à la rue de la Lys et nécessitera l’ouverture de plusieurs rues, dont la décision sera prise le 30 mai 1964. Venant de la rue du Maréchal Leclerc, il y a d’abord la rue Colbert qui forme la voie principale du lotissement sur laquelle viennent se joindre la rue Émile Zola sur la droite, formant anneau, la rue Racine et une petite rue, la rue Voltaire. La rue Colbert et la rue Racine donnent dans la rue de la Lys. C’est un nouveau quartier qui s’est construit en quelques années.
Elle s’est déroulée en juin 1951 dans la paisible commune de Leers qui a revêtu une parure de verdure pour accueillir les nombreux amicalistes du canton. Un temps idéal favorise le déroulement des concours, du cortège et des exhibitions. Ces deux journées ont été un succès.
L’ouverture de la fête a lieu le samedi vers 20 heures 30, avec une retraite aux flambeaux. Le départ se fait au parc des sports, et l’animation est assurée par la Clique de la FAL de Roubaix. La population prend part au cortège et les enfants ne sont pas oubliés. À l’issue de la manifestation, ils sont rassemblés au parc des sports pour recevoir des friandises. Un bal de famille termine cette première journée.
La clique de la FAL en 1947 doc Coll Part
Dimanche très tôt, la fête fédérale prend de grandes proportions : organisation d’un concours de tir à la carabine dans la cour de l’école des garçons, concours de clairon et tambours, tournoi de basket, match de volley ball au Parc attirent la jeunesse. À 11 heures on inaugure la fête, à l’école des garçons rue Joseph Leroy, avec l’exposition des travaux d’élèves. M. Kints inspecteur primaire préside, entouré par MM. Duchatelet vice président de la FAL du Nord et secrétaire de la fédération du canton, Theeten secrétaire Fédération du Nord, Pottier président de la fédération du canton et Heye président de l’amicale de Leers. Les directrices et directeurs d’école entourent le personnel enseignant, ainsi que tous les présidents des amicales du canton. Au cours de cette réception, M. Bailleul, directeur de l’école des Garçons, accueille les autorités.
La Mairie de Leers en 1951 doc Coll Part
Mme Wipliez directrice de l’école des filles dirige deux chants excellement interpétés par les enfants des écoles. Un vin d’honneur précéde l’inauguration de l’exposition des travaux d’élèves. À l’issue de la réception, la délégation se rend à la Mairie où elle est reçue par M. Kerkhove maire entouré de son conseil municipal. Il dit combien il est heureux de recevoir les amicalistes du canton. Il dit aussi tout le bien qu’il pense du personnel enseignant des écoles laïques. M. Duchatelet répond en souhaitant que dans un avenir prochain, il serait envisagé à Leers la reconstruction complète des écoles publiques qui menacent ruine. Un vin d’honneur termine la réception. Les personnalités fleurissent ensuite le monument aux morts de la Ville et observent une minute de silence en souvenir des leersois tombés pour l’idéal de la République.
Amicalistes leersois en 1950 doc NE
Vers 13 heures, un banquet rassemble dans la salle des fêtes de l’école, officiels et invités, et c’est l’occasion une fois encore de resserrer les liens d’amitié qui existent entre les laïques. Au cours du repas, M. Heye président de l’amicale de Leers remercie le corps enseignant de l’aide efficace apportée pour l’organisation de cette fête. M. Pottier excuse le représentant du Préfet et remercie ceux qui contribuèrent à cette fête. Il félicite M. Louis Decourcelle et les instituteurs et institutrices qui ont si bien dirigé les travaux manuels des élèves. Il présente à l’assistance M. Theeten, cheville ouvrière de l’action laïque dans le Nord. Ce dernier dit combien il est heureux de prendre part à cette quatrième fête fédérale du canton de Lannoy depuis la libération. Il félicite M. Pierre Duchatelet, promoteur de la colonie de vacances de la FAL de Lannoy, qui a su convaincre les municipalités du canton. M. Theeten relate ensuite brièvement le succès obtenu au rassemblement laïque du 3 juin.
École de garçons rue Joseph Leroy Leers CP Coll Part
À l’issue du repas, on se retrouve rue Joseph Leroy pour prendre part à l’imposant cortège de 5.000 personnes venues des divers coins du canton. À 16 heures le cortège s’est formé à Leers-Bifur et s’ébranle par les rues De Gaulle et Victor Hugo prolongée, Jean-Jaurès, Place Carnot, Joseph Leroy, Pasteur et fait une entrée spectaculaire au Parc des Sports. Parmi les sociétés et groupements qui ont défilé, la clique de la FAL d’Hem, l’Harmonie Municipale de Leers, les enfants des écoles primaires, les commissions des différentes amicales du canton précédées de leur drapeau. Sur le terrain du Parc des Sports, les enfants des écoles dirigés par M. Héduin, exécutent une série de mouvements gymniques. Ils sont longuement applaudis. Puis une cérémonie se déroule sur le podium, pour la remise du drapeau fédéral. M. Cattelain président de la Fraternelle Laïque d’Hem, détentrice de l’étendard depuis la dernière fête, le remet au président de l’amicale laïque de Leers M. Heye. Après quoi on procède à la lecture des récompenses fédérales : médailles de bronze, breloques et diplômes d’honneur décernés à certains amicalistes.
Le parc des sports de Leers Coll Part
La foule qui a pénétré dans le Parc des Sports y séjourne tard dans la soirée tant la température était douce. Elle assiste ainsi à une kermesse flamande où se trouve un concert permanent et à une belle exhibition gymnique de La Gauloise de Wattrelos. La journée se termine par une fête chorégraphique organisée par la section féminine La Gauloise d’Hem. Le succès remporté cette fois prouve combien est grand le mérite de M. et Mme Doise-Harpagès qui s’occupent utilement des loisirs des enfants de la commune. L’équipe première de Sailly remporte le concours de tir, Robert Courcelle de Forest sur Marque le concours de clairons 2eme catégorie, Félicien Lesne également de Forest sur Marque le concours de clairons de 3eme catégorie. En basket pour les hommes Tressin bat Annapes en finales et pour les femmes Forest sur Marque bat Ascq en finale.
La nouvelle ligne des tramways Mongy de Leers à Roncq, dite ligne D, est construite et équipée sur son parcours de 12,496 kms au mois d’octobre 1911. Les premiers essais ont lieu le 10 octobre 1911, un service spécial des tramways de la nouvelle ligne Mongy Leers-Roncq est fait le dimanche 15 octobre à l’occasion des courses de Tourcoing, de la Grand-Place au champ de courses. Le départ des voitures a lieu toutes les sept minutes et demie. Des essais se poursuivent le 16 octobre après midi sur la ligne.
Partant de la place, le tramway prenait la rue de Wattrelos CP Coll Part
L’inauguration de la nouvelle ligne des tramways Mongy de Leers à Roncq s’est déroulée le vendredi 29 décembre 1911, selon le Journal de Roubaix. Cette réception a été effectuée avec un certain cérémonial. Les membres de la commission de réception, ainsi que les notabilités officielles et personnalités administratives étaient invités à se rendre sur la Place de Leers où les attendaient deux trams Mongy chargés de les véhiculer sur tout le parcours. Les voitures avaient été ornées de faisceaux de drapeaux tricolores et elles étaient pilotées la première par le wattman Dubois et l’autre par le wattman Dessicy. Le conducteur Ryckling dirigeait le trajet.
Puis le tramway passait le carrefour de la Motelette et s’en allait rejoindre le Grimonpont CP Coll Part
On put ainsi voir arriver à Leers, qui en tram, qui en auto, MM. Allain secrétaire général de la Préfecture, Stoclet ingénieur départemental de la voirie, Grimprez ingénieur départemental des Ponts et Chaussées et de nombreux représentants de divers services préfectoraux. M. Guillon directeur de l’Électrique Lille Roubaix Tourcoing était accompagné de différents membres de la Compagnie. Le personnel politique était constitué de MM. Cordier adjoint au maire de Tourcoing, Thérin maire de Wattrelos accompagné de ses adjoints, Courier maire de Leers et ses adjoints.
Quand tous les invités ont pris place dans les deux trams, le signal du départ est donné. Il est dix heures et demie. On passe devant la mairie de Leers, joliment décorée pour la circonstance. Elle se trouve encore à deux pas de l’église sur le trottoir d’en face. On poursuit la route au milieu de deux rangées de curieux. On marque une pause à l’extrémité du territoire de Leers. Toutes les personnes invitées descendent en face de l’habitation de M. Courier, maire de Leers, où l’on sable un champagne de bienvenue. À 10 heures trois quarts, le convoi reprend son itinéraire et l’on arrive à la douane de Grimonpont, après avoir franchi le canal de l’Espierre, aux confins de Leers, sans encombres. Là, un bref arrêt et l’on se remet en marche vers Wattrelos. On lira la suite de ce voyage dans l’article Leers-Roncq par Wattrelos.
Il existait une ligne Gare de Roubaix, Gare du Pile mise en service par la Compagnie nouvelle des Tramways de Roubaix Tourcoing, le 27 juillet 1895, avec un service électrique à voie métrique. Son parcours transitait par l’avenue de la Gare, la Grand-Place, la rue Pierre Motte, le boulevard Gambetta (Mal Leclerc) rue de Lannoy, Boulevard de Belfort, Beaurepaire, rue Molière, Sévigné.
La Compagnie des TRT propose le 12 septembre 1899 un projet de réorganisation et de restructuration de son réseau avec notamment des prolongations. C’est ainsi qu’on prévoit une ligne Roubaix Leers par la gare du Pile d’une longueur de 7080 mètres qui prévoyait 60 départs quotidiens. Ce projet sera réalisé par l’Électrique Lille Roubaix Tourcoing. Cette ligne est livrée à l’exploitation le 3 avril 1909 sous l’indice 6 (ligne F) d’une longueur de 4905 mètres.
Le tramway à la Place de Leers Coll Part
Elle est inaugurée le 1er avril 1909 par MM. Richard secrétaire général de la Préfecture, Stoclet ingénieur départemental, Grimpret ingénieur des Ponts et Chaussées, Dumas directeur de la Compagnie des TRT, Francq directeur des tramways Mongy. Tout a fort bien marché et l’inauguration terminée, ces messieurs ont regagné Lille par le chemin de fer.
Le tramway rue Joseph Leroy Coll Part
Le parcours : place de Leers, rue de l’église (rue des Patriotes) la longue rue (rue Joseph Leroy) la route de Leers à Roubaix, le Buisson, le Carihem jusqu’au passage à niveau du boulevard Beaurepaire à Roubaix.
Les travaux pour le tramway au Carihem doc JdeRx
Un transbordement était nécessaire pour continuer sur Roubaix, avant la construction d’un pont dit passage supérieur, au dessus de la ligne de chemin de fer Somain Menin. On lira avec intérêt les trois articles de Jean Pierre Maerten sur le pont de Beaurepaire.
La grève devant le dépôt de Leers doc JdeRx
Une grande grève des tramways interrompt le trafic en 1936. La ligne a son terminus un temps place de Roubaix puis elle revient gare de Roubaix en 1936, et le terminus est reporté à Leers. On parle désormais du H barré.
En 1938 intervient la construction du Passage Supérieur Beaurepaire, la liaison est directe, Roubaix Leers sans transbordement !
Pendant la seconde guerre, les têtes de ligne et les terminus changent beaucoup. La suppression de la ligne des tramways intervient le 2 mai 1953. Les autobus prendront la suite mais c’est une autre histoire.