Cette rue de Hem, longue de 1041 mètres, relie la rue Jean Jaurès à la rue Jules Guesde et figure sur les plans de la ville sous ce nom depuis les années 1920. Dans les années 1930, il ne s’agit encore que d’une rue bordée de champs des deux côtés.
La famille Masquelier y possède une ferme à la fin du 19 ème siècle qu’elle revend au début du 20 ème à Georges Paul Dufermont qui la cède à son fils Robert au mariage de celui-ci, en 1946. Robert exploite la ferme jusque dans les années 1970 avant de vendre les terres. Dans les années 80, il est encore domicilié au n°41 de la rue.
La rue des Trois Baudets en 1933 (Document IGN)
C’est encore le cas juste après guerre mais, dans les années 1950, la rue des Trois Baudets commence à accueillir des entreprises, la première, en 1953, étant celle de M. Labbé au n°19, répertoriée dans l’annuaire comme entreprise de radio, électricité industrielle. L’entreprise, également installée 40 rue Jean Jaurès à Croix, deviendra une « station service Philips » avant de rester classée dans la catégorie électricité générale jusqu’au milieu des années 1970.
Publicité des Ets Labbé des années 1950 à 1970 (Documents Ravet-Anceau, Historihem et Mémento Commerce Industrie Tourisme de Hem)
Lui succèdent dans les années 1980 la Plâtrerie Hémoise, spécialisée dans la plâtrerie, le cimentage, le carrelage, l’isolation et toutes transformations. Celle-ci cède la place dans les années 1990-2000 à Hem TV qui propose des dépannages Télé Hifi Vidéo. Puis l’entreprise ferme et le bâtiment subit de lourds travaux de rénovation pour devenir celui que l’on connait aujourd’hui.
Publicités de la Plâtrerie Hémoise dans les années 1980 (Documents Historihem et Nord-Eclair)Publicités Hem TV dans les années 1990 (Documents collection privée et guide pratique de Hem en 2000)Le bâtiment au début des années 2000 puis en 2008 et 2023 (Documents collection privée et Google Maps)
Dans les années 1950, on note de manière éphémère, l’apparition au n°104 d’un maraîcher : les sœurs Delberghe ainsi que d’un marchand forain de chaussures au n°42 : A. Vercort. A la fin de la décennie s’installe, au n°108, la boucherie hippophagique (chevaline) Th. Delattre et ce pendant une dizaine d’années. Aujourd’hui le bâtiment abrite une habitation.
Publicités Delattre et la maison en 2008 et 2023 (Documents Historihem et Google Maps)
Puis, au milieu des années 1960, s’installent trois nouvelles entreprises à savoir : Claude Brissart, Jacques Lainé et Jean et Pierre Deren. Le premier est imprimeur au n°21, avec un atelier à Lannoy, et demeure dans les lieux jusque dans les années 1980. Le second est réparateur de meubles et sera ensuite répertorié comme entrepreneur de menuiserie. En 1986, l’entreprise devient la SARL Entreprise Lainé.
Publicités Claude Brissart (Documents collection privée, Mémento CIT de Hem et Office Municipal d’Informations de Hem)Publicités Lainé des années 1960, 1970, 1980 et 2000 (Documents Nord-Eclair, collection privée, Office Municipal d’Information de Hem et guide pratique de Hem)Photos de 2008 et 2023 de l’entreprise Lainé (Documents Google Maps)
La troisième entreprise, Deren, est installée, en tant que commissionnaire en produits laitiers, au n° 88 de la rue. Sous forme de société anonyme elle commercialise, jusqu’au milieu des années 1980 : beurre, œufs, fromage et margarine, dont elle assure commission, représentation et importation. Depuis la fin des années 1980, l’ancienne entreprise Deren abrite dans ses locaux l’association cultuelle Lectorium Rosicrucianum.
En-tête de facture et publicités des années 1970 (Documents collection privée, Historihem et Mémento CIT de Hem)Photos du n°88 en 2008 et 2023 (Documents Google Maps)
Durant les années 1970, de nombreuses constructions de maisons changent l’aspect de la rue des Trois Baudets qui avait jusqu’alors conservé un caractère général très champêtre. A la fin de cette décennie, s’installe, au début de la rue, au n°11, une entreprise de couverture : Emile Dewailly-Despinoy, laquelle y demeure active durant une dizaine d’années. En 1979, se trouve également un autre artisan couvreur Eugène Dewailly dont un incendie ravage l’atelier, au n°2, lequel est complétement détruit ainsi que les matériaux de couverture qui s’y trouvent.
Photo aérienne de l’année 1976 (Document IGN)Publicité des années 1970 pour Dewailly-Despinoy (Documents Historihem, Nord-Eclair et Mémento CIT de Hem)L’incendie de 1979 au n°2 (Document Nord-Eclair)
C’est à partir de la décennie 1980 que la rue prend son aspect actuel avec la construction du tennis-club en 1985 et surtout du stade Hidalgo en 1988 (sur le sujet voir sur notre site un article intitulé : le complexe Michel Hidalgo). Dès lors l’ancienne petite rue champêtre devient une rue essentiellement résidentielle mais aussi le point d’entrée sur l’un des principaux ensembles sportifs de la ville.
Durant cette décennie, le docteur Leplat est sur tous les fronts au plan professionnel. Secrétaire du conseil général et membre des commissions des finances, des travaux et du plan, il est désigné par ses collègues pour faire partie des commissions départementales de la famille, de la lutte contre la tuberculose et le cancer, de la commission départementale d’appel en matière d’aide sociale et du comité interdépartemental d’éducation sanitaire ainsi que de la commission de la protection maternelle et infantile. Il est également président du conseil d’administration du comité départemental d’hygiène et de prophylaxie dentaire, président d’honneur du comité de gestion du dispensaire d’hygiène sociale de la ville, administrateur du Centre Oscar Lambret et de l’association les papillons blancs.
Chevalier de l’ordre de la Santé Publique en 1957 (Document Nord-Eclair)
En 1957, la Croix de Chevalier de l’Ordre de la Santé Publique vient récompenser cette grande activité au service de la Communauté. A l’époque, le nouveau chevalier est déjà titulaire de la Croix de Chevalier de l’ordre des Palmes Académiques et de la médaille de vermeil de la gendarmerie pour services rendus.
A l’occasion de cette remise de distinction, une manifestation est organisée dans la salle d’honneur de la mairie en présence de la famille du maire mais aussi de nombreuses personnalités telles que le docteur Leborgne et le chanoine Derville, ses amis, Jules Delsalle, maire honoraire et tant d’autres et un vin d’honneur clôture cet événement festif émaillé de discours en hommage au docteur Leplat.
Manifestation en salle d’honneur de la mairie (Document Nord-Eclair)
L’année suivante, au 14 juillet, Jean Leplat est nommé chevalier de la légion d’honneur. La remise de cette nouvelle distinction est réalisée par Louis Christiaens, député, ancien ministre et grand-croix de la Légion d’Honneur. Enfin il reçoit, en 1959, une nouvelle distinction en étant nommé Chevalier du Mérite Social.
Doc 7.0 Chevalier de la Légion d’Honneur et la foule qui assiste à la remise de sa distinction, puis du Mérite social en 58 et 59 (Documents Nord-Eclair)
Les années 1960 voient apparaître un groupe scolaire dans le quartier des Hauts-Champs comprenant une école maternelle, 2 écoles primaires (une de filles et une de garçons, une cantine et une salle d’éducation physique commune, l’école Marie Curie, puis le groupe scolaire Longchamp regroupant 2 écoles primaires, une école maternelle et une cantine. La décennie est également celle de la construction du CES Albert Camus rue Jean Jaurès, inauguré en 1970.
Ecole Marie Curie et groupe scolaire Longchamp (Document Hem d’hier et d’aujourd’hui)Jean Leplat, maire de la ville (Document Historihem)
La fin de la décennie 1960 voit également adoptés différents projets par le conseil municipal de Jean Leplat : un club de jeunes aux Trois Fermes, l’inauguration d’une rue du Docteur Leborgne en hommage au médecin hémois fondateur du dispensaire d’hygiène social et la dissolution du corps des sapeurs pompiers de la ville suite à la réorganisation complète du service d’incendie de la communauté urbaine (sur ce sujet voir un précédent article intitulé Les pompiers à Hem), la construction de dominos avenue Foch et enfin la construction d’un nouveau bureau de poste (sur ce sujet voir un précédent article intitulé La Poste à Hem).
Le conseil municipal à la fin de la décennie 1960 (Documents Nord-Eclair et Historihem)
Puis, au cours des années 1970, toujours sous le mandat de Jean Leplat, l’école De Lattre de Tassigny est construite rue de la Vallée avec une école primaire mixte, une école maternelle et une cantine. En revanche, le collège technique un temps projeté ne voit pas le jour mais un deuxième CES est construit rue Jules Guesde à savoir le collège Elsa Triolet.
Ecole De Lattre de Tassigny (Document Hem d’hier et d’aujourd’hui)
L’administration Leplat décide en 1972 un jumelage avec la cité anglaise de Moosley, petite ville de 10000 habitants du Lancashire, au sud-est de Manchester. La municipalité hémoise reçoit le maire, son adjoint, des conseillers municipaux et le secrétaire de la mairie anglaise. Le protocole de jumelage est officiellement signé et de nombreux liens durables sont ainsi noués avec la commune d’outre-manche.
Une délégation hémoise à Moosley (Document Hem d’hier et d’aujourd’hui)
Le conseil municipal en 1972 (Document Historihem)
Jean Leplat exerce toujours en qualité de médecin au 96 rue Jean Jaurès, comme le démontre un extrait du livret édité par la ville en 1970. En revanche en ce début de décennie 1970, Jean, maire de la ville depuis la fin de la guerre est remis en question par les jeunes élus, désireux de dynamiser la municipalité et le conflit de générations s’aggrave au fil du temps, les jeunes conseillers contestant l’autoritarisme du maire et son style de gestion. En octobre 1973, au cours d’une réunion des bilans des centres aérés dont Mr Leplat critique vivement la gestion, des propos assez vifs sont échangés et plusieurs adjoints adressent une lettre de démission au Préfet qui accepte.
Extrait du livret publicitaire de la ville édité en 1970 (Document collection privée)Jean Leplat et son épouse dans les années 1970 (Document Historihem)
Cependant il n’y a pas d’élections partielles et c’est amputé de 7 membres que le conseil municipal prend ses décisions jusqu’en 1977 sous la présidence de Jean Leplat, nommé maire honoraire à la fin du mois de juin 1977. Venant de perdre son épouse il décide alors de ne pas se représenter aux élections de 1977 et va s’éteindre à son domicile le 22 août 1980, à l’âge de 80 ans.
Proche du Centre National des Indépendants et du mouvement gaulliste sur le plan politique il aura été maire de la ville de Hem pendant 30 ans puis maire honoraire durant les 3 dernières années de sa vie. Il aura été aussi conseiller général du canton de Lannoy pendant plus de 10 ans et conseiller à la communauté urbaine de Lille pendant 3 ans.
Ses funérailles sont célébrées à l’église Saint Corneille, place de la République, devant une foule nombreuse et recueillie, parmi laquelle nombre de familles hémoises dont il avait été le médecin, de nombreux représentants d’associations et de sociétés locales ainsi que de nombreux maires de villes voisines et enfin du nouveau maire de la ville Jean-Claude Provo.
Décès et obsèques de Jean Leplat en 1980 (Documents Nord-Eclair)
Remerciements à l’association Historihem ainsi qu’à André Camion et Jacquy Delaporte pour leur ouvrage Hem d’hier et d’aujourd’hui.
Jean Leplat nait à Hem, en 1900, de parents cultivateurs. Son père, Désiré Leplat, a construit, quelques années avant sa naissance, le bâtiment abritant le café du Congo, au coin de la rue des Ecoles et de la rue des Trois-Baudets (actuellement 76 rue Jean Jaurès). L’établissement est ouvert par Alphonse Delattre, un tisserand, puis repris par Mr Penneville qui y organise des combats de coqs.
Le café du Congo, au début du 19ème siècle (Document Historihem)
Etudiant en médecine en Lorraine, puis médecin major en Allemagne, Jean épouse, en 1925, Adrienne Coudert dont il aura 2 enfants. Il installe son cabinet médical 200, boulevard Delory (actuellement avenue De Gaulle) où se trouve également le domicile conjugal.
Le domicile de Jean Leplat ( Document Google Maps)
Pendant la deuxième guerre mondiale, sa première épouse décède en mars 1941 et, en décembre 1941, alors qu’il est prisonnier de guerre, il épouse en secondes noces Isabelle Verret. Médecin capitaine de réserve, au cours de sa captivité, il a l’occasion de soigner de nombreux prisonniers de guerre belges, ce qui lui vaut une lettre de félicitations de la part du gouvernement belge.
Il se dépense beaucoup au cours d’une épidémie de typhus et tombe malade à son tour. En 1943, il est rapatrié pour raison de santé. Après guerre, le médecin installe son cabinet médical au 76 rue Jean Jaurès, à l’angle de la rue des Ecoles, où il exercera jusqu’à sa retraite.
Le 76 rue Jean Jaurès en 2023 (Document Google Maps)
Suite aux élections municipales du 26 octobre 1947, le docteur Jean Leplat, conseiller municipal de 1929 à 1935, prend les fonctions de maire de Hem, avec Georges Marquette et Alexandre Windels pour adjoints. Il va assurer pendant 30 ans les fonctions de premier magistrat d’une ville dont la population va quadrupler pour passer de 6105 habitants après-guerre à 23183 habitants 30 ans plus tard. Deux ans plus tard, en 1949, il devient conseiller général du Canton de Lannoy et le restera jusqu’en 1961.
Affiche électorale pour les élections du conseil général en 1949 (Document Historihem)
Si l’entre-deux-guerres a vu se construire dans l’ancien bourg rural une nouvelle génération d’habitations ouvrières, les habitations à bon marché, rue Victor Hugo, rue de Beaumont ainsi que la cité « loi Loucheur » aux Trois Baudets, c’est à partir de 1948 qu’avec la cité des Trois Baudets commence le processus de croissance de la ville d’Hem.
Groupe des Trois Baudets Roubaix-Hem (Documents collection privée)Vue aérienne des années 1950 avec les immeubles et le lotissement de maisons situé à la limite d’Hem et Roubaix en bas du boulevard Clémenceau au rond-point avec les avenues Motte et Delory (Document IGN)
Sous l’égide de deux sociétés d’habitations à loyer modéré (HLM-CIL) va dès lors s’ériger une série de cités sur 3 générations :
de 1948 à 59 les cités jardins de Beaumont et Trois-Baudets
1959 à 1967 la première génération d’HLM industrialisées sur la plaine des Hauts-Champs (où se trouvera un collectif à 4 niveaux de 450 mètres de long : la Grande Barre)
de 1967 à 1975 l’ensemble de Longchamp, des cités des Trois Fermes, de la Lionderie, des Provinces et de la Vallée
Puis une série de lotissements de plus haute gamme se réalise plus au Sud dont le plus important est celui de la Marquise, à la Tribonnerie, sur les terres de l’ancien château du même nom.
Les maisons des Hauts-Champs, celles des Provinces et de Longchamp (Documents Hem d’hier et d’aujourd’hui)La grande barre illustrée (Document Au temps d’Hem)
De nombreuses artères nouvelles sillonnent alors ces quartiers et l’administration municipale répartit leurs dénominations selon un plan bien concerté pour faciliter la recherche des visiteurs :
à Beaumont, en mémoire de l’exposition de 1911 et du terrain éphémère d’aviation, les aviateurs célèbres : Védrines, Roland-Garros etc
aux Hauts-Champs les médecins : Laennec, Ambroise Paré etc
aux Trois-Baudets les héros prestigieux : Surcouf, Saint-Exupéry etc
à la Tribonnerie les grands peintres modernes : Matisse, Vlaminck etc
Qui dit population nouvelle dit création d’écoles et c’est ainsi que la municipalité décide, dans les années 1950, d’acquérir un terrain rue du Maréchal Foch pour y construire l’école maternelle La Fontaine, puis d’implanter un groupe scolaire dans le quartier de Beaumont à savoir l’école Marcel Pagnol (maternelle et primaire).
Ecole Marcel Pagnol (Document Hem d’hier et d’aujourd’hui)
Ce projet sera retardé par l’affaire de Beaumont, la ville de Roubaix souhaitant créer un cimetière sur la plaine de Beaumont. (sur ce sujet voir un précédent article intitulé Cimetière de Hem dans lequel l’affaire est longuement évoquée). Jean Leplat n’hésite pas alors à s’impliquer personnellement en s’opposant au maire de Roubaix.
Illustration de l’affaire de Beaumont (Document Au temps d’Hem)
Puis l’équipe municipale décide de se servir du parc de la mairie pour y faire bâtir l’école du Parc (maternelle et primaire). La création d’un service de cantines scolaires date de la fin de cette décennie avec un réfectoire pour les écoles des Trois-Baudets, un pour l’école du Parc et un à Beaumont.
Ecole Victor Hugo ou école du Parc (Document Hem d’hier et d’aujourd’hui)Jean Leplat et son Conseil Municipal (Document Historihem)
A suivre…
Remerciements à l’association Historihem ainsi qu’à André Camion et Jacquy Delaporte pour leur ouvrage Hem d’hier et d’aujourd’hui.
En 1988, Mme Massart met à l’honneur les enseignants des écoles libres lors d’une cérémonie en fin d’année, et félicite Mme Plouvier pour son départ en retraite en 1988 après 13 années passées à enseigner à Sainte Thérése. Elle récidive en 1989, avec un hommage appuyé au dévouement des enseignants et des félicitations à Mlle Delannay qui quitte Sainte Thérése pour une retraite bien méritée.
Mise à l’honneur des enseignants de l’école libre en 1988 (Documents Nord-Eclair)
En 2000, cette cérémonie traditionnelle perdure et Mr Vercamer organise une réception à la salle des fêtes avec Mr Grabowski, adjoint à l’enseignement. Tous deux mettent en avant les nombreux projets éducatifs menés à bien et « l’honorable mission » remplie par les enseignants. Trois enseignantes partant en retraite sont particulièrement mises à l’honneur et reçoivent la médaille de la ville parmi lesquelles Mme Demeulenaere, enseignante à Sainte Thérése.
Mise à l’honneur des enseignantes en 2000 à la salle des fêtes (Documents Nord-Eclair)
En 2004, François Bonte, directeur de l’école établit un projet d’école sur le thème « associer nos différences ». Il tient à rappeler qu’à l’origine, l’enseignement privé s’est installé là où il n’y avait pas assez d’écoles publiques et afin d’apporter l’enseignement à tous. Cette dimension d’accueil et d’ouverture a persisté pour toutes religions confondues. Le thème du spectacle de la kermesse de l’année est donc basé sur les rythmes des 5 continents.
Le spectacle de la kermesse de 2004 (Document Nord-Eclair )
A la fin de cette même année scolaire, la traditionnelle cérémonie consacrée aux enseignants par la municipalité est égayée par une prestation d’élèves de CM2 des écoles Saint-Exupéry et Sainte Thérése, qui, en l’honneur des instituteurs, présentent des extraits du spectacle Regards d’enfance. François Bonte, qui quitte Hem, est félicité ainsi que Laurent Alavoine qui l’a accompagné en classe de découverte.
Les instits… au tableau d’honneur (Document Nord-Eclair)
La presse locale met en avant les jeunes talents de l’école qui font chauffer les planches en 2014. L’école Sainte Thérése compte alors 10 classes avec un total de 273 élèves. Les maternelles jouent sur les couleurs et les primaires réalisent des chorégraphies endiablées pour cette kermesse offrant également animations, tombola et restauration.
Les jeunes talents font chauffer les planches en 2014 et photo aérienne de 2012 (Documents Voix du Nord et IGN)
Enfin en 2021, un important projet d’agrandissement voit le jour. L’objectif est double : accueillir les enfants inscrits sur liste d’attente et ceux de l’école Saint Charles Sainte Marie qui ferme ses portes. Laurent Alavoine, à la tête des deux écoles doit superviser le regroupement des deux établissements rue Jean Jaurès pour la rentrée 2022.
Laurent Alavoine chef d’établissement (Document Voix du Nord)
Pour ce faire un terrain mitoyen de 4600 mètres carrés a été acquis par l’Association Immobilière Roubaisienne, qui gère le foncier d’une partie des établissements relevant de l’enseignement catholique du diocèse de Lille. La maison de maître qui y était bâtie (une ancienne Maison d’Enfants) a été démolie et c’est là que vont être construits : une extension du réfectoire et des espaces administratifs, et un nouveau bâtiment accueillant 3 classes élémentaires supplémentaires.
L’ancienne Maison de l »Enfance et de la famille Les Loupiots mitoyenne (Document site agence immobilière)Maison de maître rasée et préfabriqué installé dans le cour en Aout 2021 (Documents Voix du Nord)
Sur une autre parcelle, située au fond de la cour des maternelles, une autre extension va être réalisée, pour doter l’école d’une voire deux nouvelles classes de maternelle et d’une salle de garderie. L’école devrait ainsi pouvoir accueillir un effectif de 400 élèves dans 10 classes élémentaires et 4 classes maternelles. Dès la rentrée de 2021 une classe sera transférée de Saint Charles Sainte Marie (un préfabriqué est installé dans la cour dans l’attente de la fin des travaux) et les trois autres classes le seront à la rentrée 2022.
Projet de nouvelle école en façade sur la rue Jean Jaurès (Document Voix du Nord)
A la rentrée 2022, le chantier a pris du retard et tout n’est pas terminé mais le transfert des élèves peut avoir lieu comme prévu. Les anciens élèves de Saint Charles Sainte Marie seront accueillis dans le nouveau bâtiment flambant neuf qui a trouvé sa place au centre de la cour de récréation et accueille 3 classes de primaire ornées d’un tableau numérique.
Le bâtiment neuf accueillant 3 classes de primaires (Document Voix du Nord)
La classe de maternelle déjà installée depuis un an dans un préfabriqué va devoir y demeurer plus longtemps que prévu. Quant à l’extension de deux salles de classes prévues au fond de la cour, seule la dalle est actuellement existante.
Le bâtiment d’accueil, qui réunit les bureaux administratifs et le réfectoire, doit être étendu pour que ce dernier puisse accueillir confortablement maternelles et primaires. Les anciens locaux serviront à la création d’une salle de professeurs, l’équipe pédagogiques ayant été renforcée. A terme plus de 1000 mètres carrés auront été créés pour la rentrée 2023.
La dalle du futur bâtiment des maternelles et les classes initiales de l’école (Documents Voix du Nord)
En janvier 2023, les travaux avancent et le mur d’enceinte qui bordait le terrain est abattu et les fondations d’un futur bâtiment apparaissent (qui doit à terme accueillir le nouveau réfectoire et la nouvelle partie dédiée à l’administration) et le bâtiment destiné aux maternelles avance bien. Au printemps les deux classes de maternelle sont livrées et la salle de sieste déménage dans des locaux plus adaptés.
Les travaux avancent en janvier 2023 (Documents site internet)Nouvelles classes et nouvel espace dédié à la sieste (Documents site internet)
La toute petite école de quartier, construite voici près d’un siècle, a bien grandi au fil des décennies et sa transformation apparaît à l’oeil nu tant lorsque l’on regarde sa façade sur la rue Jean Jaurès que lorsque l’on observe les photos panoramiques notamment celle de 2024 sur Google Maps et les photos de la cour de récréation avant travaux accolée à la maison de maître et après démolition de celle-ci.
Photos avant/après en façade, de la cour de récréation et photos aériennes (Document Google Maps, photos IT et site internet)
En 1933, le vingt cinquième anniversaire de l’église Saint Joseph se fête dans le quartier des Trois Baudets. Les paroissiens pavoisent et, pour la circonstance, Mlle Pennel offre à la paroisse un terrain situé rue Jean Jaurès pour y construire une école privée: l’école maternelle et primaire Sainte Thérése qui reçoit la bénédiction le 1er Octobre.
Photo panoramique de la rue Jean Jaurès en 1933 (Document IGN)
Dix ans plus tard, alors qu’une Caisse des Ecoles Libres se crée dans la municipalité hémoise, on note que les quatre écoles privées de la ville (deux de garçons et deux de filles) regroupent 470 élèves contre 435 pour les écoles publiques. La cantine scolaire du quartier se trouve à l’école Paul Bert dans la rue des Ecoles voisine. En cette période d’après-guerre, c’est Mlle Lepers qui dirige l’école.
Photos de classe de l’école Sainte Thérése avant et après guerre et photo aérienne de 1947 avec la petite école sous forme d’un bâtiment allongé (Documents Historihem et IGN)
Dans les années 1950, chaque année, les anciennes élèves organisent, au profit de leur école, des séances cinématographiques tous publics à la salle des fêtes paroissiales. Ces comédies ravissent la population et assurent une rentrée d’argent pour l’école grâce au prix des places à réserver. Ainsi, en 1955, on note deux représentations du Manoir aux Oiseaux, alors que l’école est dirigée par Mlle Morel.
Publicité dans la presse locale en 1955 (Document Nord-Eclair)
Par ailleurs, en 1959, les parents d’élèves de l’association « Ecole et famille » de l’école Sainte Thérése assistent à une conférence donnée par Mr Henri Dubled, secrétaire général de la fédération des associations familiales d’éducation populaire de Lille et des Flandres, sur le thème de la situation de l’enseignement libre en France.
La situation de l’enseignement libre en France en 1959 (Document Nord-Eclair)
En 1964, l’école qui accueille 78 élèves dans une classe enfantine, un cours préparatoire et des cours élémentaires a besoin d’une rénovation. La restauration des classes est faite dans les meilleures conditions et aux moindres frais par une équipe dévouée de papas qui, durant les congés, apportent bénévolement la main d’oeuvre et les fournitures pour que leurs enfants bénéficient d’un cadre confortable et accueillant.
Restauration des classes en 1964 et photo de classe en 1965 (Documents Nord-Eclair et Copains d’avant)
Mlle Nelly Meunier, directrice de l’école, reçoit, en 1969, la croix de l’enseignement chrétien des mains de Mgr Gand, dans la salle des fêtes de l’évêché. C’est une récompense bien méritée pour ses 25 ans de dévouement dans les écoles du diocèse dont 12 ans dans la petite école hémoise.
La directrice décorée de la croix de l’enseignement chrétien en 1969 (Document Nord-Eclair)
Au début des années 1970, l’école a considérablement augmenté ses effectifs et compte 154 élèves. C’est la raison pour laquelle, en 1971, deux nouvelles classes sont construites, destinées aux élèves du cours moyen et du cours élémentaire 2. Une opération portes ouvertes a lieu à la rentrée de 1971, pour permettre aux enfants et à leurs parents de découvrir les nouveaux locaux et les enseignants.
Deux nouvelles classes pour l’école en 1971 et photo aérienne de 1976 où l’on constate l’allongement du bâtiment tout au fond (Documents Nord-Eclair et IGN)
Durant la décennie 70, les fêtes d’écoles se succèdent, dans les écoles libres comme dans les écoles publiques, et l’école Sainte Thérése n’échappe pas à la règle. La fête peut se dérouler dans la cour d’école comme dans la salle des fêtes de la rue Leclerc, voire même dans le cadre des installations sportives municipales de Beaumont afin d’accueillir le maximum de monde dans des conditions optimales.
Les fêtes d’école de la décennie en 1975 et 1978 (Documents Nord-Eclair)
Le directeur de l’école, dans les années 1980, Mr Gamelin, n’hésite pas à exporter la fête notamment, en 1982, à la salle Hieronsens, rue de Beaumont, les gains de la journée étant destinés à financer des classes vertes. Il est aussi de la partie quand ce sont les parents d’élèves qui font appel à un magicien lors de l’organisation d’un goûter de Saint Nicolas à la salle des fêtes.
La fête d’école de 1982 et le goûter de Saint Nicolas de 1984 (Documents Nord-Eclair)
1984 est aussi l’année de la première classe blanche ou classe de neige pour une cinquantaine d’élèves de l’école. Ceux-ci se livrent donc à une activité de lavage de voitures durant tout un week-end pour réunir des fonds supplémentaires, tandis que, dans la grande salle de l’école, les mamans procèdent à une vente de gâteaux et de billets de loterie.
Première classe blanche en 1984 et lavage de voitures pour les élèves (Documents Nord-Eclair)
Un an plus tard, la petite école, qui compte à présent 9 classes, fête avec quelques temps de retard ses cinquante bougies, son ouverture remontant à septembre 1933. La fête a lieu dans les locaux de l’école Notre Dame de Lourdes, plus apte à accueillir le public attendu. Les anciennes directrices de l’école ont également été conviées pour l’occasion.
Le cinquantenaire de l’école fêté en 1985 (Document Nord-Eclair)
C’est en 1988 que 225 enfants de l’école, âgés de 2 à 12 ans, jouent en public leur comédie musicale « SOS Loisirs » à la salle des fêtes et se mettent sous la baguette magique du « passeur d’ennui ». Ils emmènent les spectateurs en voyage à travers le monde en une succession de costumes superbes et de maquillages scintillants dans des décors féériques.
La comédie musicale SOS Loisirs en 1988 (Document Nord-Eclair)
Durant la même année, l’école Sainte Thérése est considérablement agrandie avec trois nouvelles classes de maternelle, flambant neuves, des nouveaux sanitaires, et fait sa rentrée avec un tout nouveau macadam pour sa cour de récréation. Mme Smeets et son équipe de 9 enseignants peuvent accueillir sereinement les 230 élèves.
Cet agrandissement permet le rapatriement et l’installation définitive dans les locaux de la rue Jaurès des trois classes de primaire jusqu’ici situées derrière l’église Saint Joseph. Après l’achat, l’année précédente, de la maison voisine pour y installer la cantine scolaire, l’acquisition d’un nouveau terrain a donc permis la construction de trois classes de maternelle et de sanitaires.
Une fois les anciens locaux repeints à neuf, l’agrandissement permettra l’ouverture d’une salle d’évolution ainsi qu’une autre salle réservée pour la sieste des petits. Les ouvriers ayant fait le maximum pour terminer à temps ce sont les enseignants qui ont mis la dernière main aux travaux en lavant, dépoussiérant et rangeant les différentes classes pour cette rentrée.
Agrandissement de l’école pour la rentrée 1988-89 et vue aérienne de 1989 (Documents Nord-Eclair et IGN)
L’avenue Foch dans les années 1930 (Document Hem Images d’hier)Vue aérienne de l’avenue Foch dans les années 1950 (Document IGN)
Cette rue, longue de 391 mètres, joint la rue des Ecoles à la rue Louis Loucheur, dans le quartier des 3 Baudets. Elle est entièrement bordée de champs côté pair et de maisons CIL côté impair. Au début des années 1950, elle accueille l’école La Fontaine et ses 3 classes de maternelle. (Sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site consacré à l’école Jules Ferry).
L’école La Fontaine (Document Historihem)
La rue est alors déjà essentiellement résidentielle, même si quelques commerces la parsèment durant cette décennie et les trois qui la suivent. Ainsi l’alimentation générale tenue par Maurice Monier au n°15 y restera jusqu’au début des années 1980. Ce marchand, très connu du quartier, possède une camionnette qui lui permet de sillonner les quartiers pour y proposer sa marchandise. Il gère son commerce avec son épouse Jeanne et bénéficie plus tard de l’aide de sa fille Joëlle et de son gendre André. Après la fin d’activité de ce commerce emblématique de la ville, la maison retrouve un usage d’habitation comme c’est encore le cas de nos jours.
L’alimentation M.Monier et sa camionnette Citroën type H (Documents Facebook, Tu sais que tu es un vrai hémois si tu connais…)Publicité de 1972, Maurice et Jeanne dans les années 1970-80 et le n’° 15 en 2023 (Document Nord-Eclair, Facebook, Tu sais que tu es un vrai hémois si tu connais…, et Google Maps)
Au début des années 1960, 3 artisans et une autre commerçante rejoignent l’avenue. Il s’agit de L. Blin, spécialisé en radio et télévision au n°17 voisin, lequel deviendra par la suite Blin-Delestrée TSF en 1965, mais dont on ne trouve plus trace dans les années 1970. Au n°41 on trouve un temps J. Cloart : plâtrerie, décoration, transformation.
J Cloart publicité (Document Historihem)les n°17 et 41 de nos jours (Documents Google Maps)
Au n°63, s’installe Louis Van de Putte, artisan en couverture, plomberie et zinguerie, lequel reste en activité jusqu’à la toute fin des années 1970 à cette même adresse. Enfin une épicerie ouvre ses portes au n°101, au début des années 1960 et pour une décennie, tenue par Mme Leclercq.
Louis Van de Putte publicité (Document Historihem)Les n°63 et 101 de nos jours (Documents Google Maps)
La rue Foch est alors une belle artère qui porte le nom d’avenue et l’école maternelle est l’une des plus belles de la région d’après la presse locale. Pourtant à la fin des années 1960, force est de constater que de multiples dépôts d’ordures et immondices y sont entassés sur un terrain vague, tout contre l’école, ce que déplorent les riverains.
Trop d’ordures avenue Foch en 1969 (Document Nord-Eclair)
Dans les années 1970, c’est le stade Liétanie qui y est créé. Ce terrain de football, qui accueille les entraînements des enfants, porte le nom d’un dirigeant de club et footballeur hémois. Il reçoit également les enfants des centres aérés des quartiers de la Lionderie et des Trois-Baudets.
Un groupe d’enfants de centre aéré au stade (Document Nord-Eclair)
A la toute fin des années 1980, le square des Bleuets, d’une longueur de 137 mètres, apparaît aux côtés de l’école La Fontaine, à l’angle de l’avenue du Docteur Calmette, constitué de « dominos » destinés aux personnes âgées. Sur les plans et la photo aérienne des années 2000 on voit clairement le stade Liétanie suivi de l’école La Fontaine et du Square des Bleuets.
Le square des bleuets, extrait de plan de Hem et photo panoramique des années 2000-2005 (Documents Gralon et IGN)
Les arbres qui bordaient la rue Foch étant considérés comme trop envahissants sont remis en question en 1994 et suite à une réunion de Mr Decourcelle (adjoint à l’urbanisme) et des riverains, dans le restaurant scolaire de l’école La Fontaine, une décision est prise : la totalité des arbres situés côté impair sera abattue et côté pair entre les n°2 à 12 . Le reste des tilleuls subsistant côté pair seront élagués et taillés en espalier. Par ailleurs une bande cyclable est prévue.
Réunion scellant le sort des arbres de la rue en 1994 (Document Nord-Eclair)
Le vingt et unième siècle signe la fin d’une époque dans le quartier et un ambitieux projet qui va changer la physionomie de la vieille rue du Maréchal Foch. L’école Paul Bert-Jules Ferry, vieille de plus d’un siècle, située rue des Ecoles ne va plus accueillir d’élèves à la rentrée 2022. (Sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site consacré à l’école Jules Ferry).
A partir de 2020 et courant 2021 des travaux impressionnants ont lieu dans la rue du Maréchal Foch, occasionnant de sérieux problèmes de circulation. 2 chantiers y sont en effet menés de concert : la rénovation de La Fontaine ( durant les week-end et vacances scolaires) et la construction de la nouvelle école Jules Ferry, en lieu et place de l’ancien stade Liétanie et de la maison qui le séparait de l’école maternelle. Le chantier de construction avance comme prévu en vue d’une ouverture à la rentrée 2022.
La rue Foch avec le stade Liétanie en 2008, le terrain vague en 2017 et 2020 puis avec l’école Jules Ferry flambant neuve en 2023 (Documents Google Maps)
A ce jour la rue Foch a retrouvé sa vocation exclusivement résidentielle, sans aucun commerce, mais aussi scolaire. Elle est toujours bordée des maisons des années 30 sur son côté impair et abrite sur son côté pair un groupe scolaire comprenant une école maternelle presque centenaire mais rénovée et une école élémentaire flambant neuve. Les travaux se poursuivent pour ouvrir une rue face à celle de l’abbé Lemire qui rejoindra la rue Blaise Pascal parallèle à la rue Foch.
Vue aérienne de la rue en 2023 (Document Google Maps)
La rue Alexandre Ribot, longue de 380 mètres, est située dans le quartier des Trois-Baudets et relie la rue de la Lionderie à la rue Louis Loucheur. Elle porte le nom d’un homme politique français du dix-neuvième siècle, ministre des affaires étrangères, Président du Conseil, promoteur des habitations à bon marché et membre de l’Académie des Sciences Morales et de l’Académie Française.
Photo aérienne de 1933 où l’on distingue le domaine du Château Olivier et la nouvelle rue Alexandre Ribot et sa perpendiculaire, la rue de l’Abbé Lemire (Document IGN)
La rue qui mène au Château Olivier, est apparue en 1931. Elle est bordée de maisons ouvrières pour répondre à l’augmentation rapide de la population en raison de l’industrialisation galopante de la ville à partir de la fin du 19ème siècle et du début du vingtième siècle. Elle est de celles qui change la physionomie de Hem, ancien village rural où les champs font place aux habitations.
Photos de la rue Ribot bordée de maisons ouvrières, sous 2 angles différents (Documents Hem Mémoire en Images)
Sa perpendiculaire, la rue de l’Abbé Lemire, longue de 184 mètres, relie quant à elle, dès la même époque, la Chapelle Saint-Joseph à la rue du Maréchal Foch. Elle porte le nom d’un prêtre du dix-neuvième siècle, élu député du Nord et qui sera Maire d’Hazebrouck. A l’origine de lois interdisant le travail des enfants dans les usines à feu continu, il est également promoteur des habitations à bon marché et président de l’Office International des Jardins Ouvriers.
La rue de l’Abbé Lemire vers Saint-Joseph (Document Hem Mémoire en Images)
Ces deux rues sont à priori destinées à loger des familles ouvrières lors de la construction des maisons les composant. Pourtant, dans les années 1950 à 1970, certaines sont investies par des artisans et commerçants dans des activités assez variées.
Juste après-guerre on retrouve un marchand de cycles, Fontaine, dans le Ravet-Anceau au n°81 de la rue Ribot. Puis dans la décennie suivante c’est Mme R. Fontaine qui tient un magasin de confection pour dames et enfants à la même adresse mais son commerce n’est ensuite plus repris et laisse place à une habitation.
Dans les années 1950, ce sont l’épicier Danel au n°2 et le cordonnier Pycke au n°8 qui s’installent dans la rue. L’épicerie est reprise, à la fin des années 1950, par J.Moutier jusqu’au début des années 1960 avant de devenir un 8 à 8, transféré ensuite rue des Ecoles.
Dans les années 1970, c’est Cnet Teinturerie ou Cnet Pressing qui s’y installe durant quelques années avant de céder la place à la boucherie charcuterie Debruyne-Van Meerhaege, laquelle y demeure jusqu’à la fin des années 1980 . Quant à Jean-Baptiste Pycke, c’est l’un des derniers cordonniers de « l’ancienne école », avec Alfred Willekens de l’impasse Belin, à avoir exercé dans la commune, et ce jusqu’à la fin des années 1960, avant que son adresse redevienne un simple domicile.
Publicités de l’épicerie Danel et de Cnet Pressing ainsi que de la boucherie Debruyne ( Documents Historihem)Photo de JB Pycke dans son échope (Document Hem Images d’Hier)
Le n° 2 bis abrite ensuite des boulangeries : Rasson-Delcroix dans les années 1970 puis James dans les années 1980 avant d’être occupé dans les années 2000 par des snacks : Hem Sn:ck et Green Ice Burgers.
Publicités de Rasson-Delcroix et James (Documents Historihem)Photos du n°2 bis en 2008 et 2016 (Documents Google Maps)
Au milieu des années 1950 et pendant une dizaine d’année, c’est au n°10 de la rue Lemire que s’installe un coiffeur pour hommes : P. Rousseau. Ce numéro redevient ensuite un simple domicile, le salon n’ayant pas de successeur. A la même époque les n° 82,83 et 84 de la rue Ribot accueillent de nouveaux commerces.
Au n° 82, c’est la bonneterie Delemmes qui reste ouverte jusqu’à la fin des années 1960 avant de fermer ses portes, sans repreneur. Au 83, la lingerie mercerie Deloge est reprise dans la décennie suivante par Mme Vve Mullier-Blanchatte jusqu’au début des années 1970 puis par Mme Leclercq-Vanmanssart, dont le conjoint fait radio-taxi à la même adresse, pendant la décennie suivante avant de laisser la place à un domicile. Enfin, au 84, c’est une épicerie des Docks du Nord qui fonctionne de la moitié des années 1950 à la moitié des années 1960.
Publicités de Mmes Mullier et Leclercq (Documents Historihem)
A la fin des années 1950 et jusqu’au milieu des années 1960, Mme Tribalat ouvre, au n° 76 de la rue Ribot, un dépôt de teinturerie dégraissage. Outre les publicités classiques elle distribue à sa clientèle des reproductions de peintures ou photographies encadrées avec la mention « offert par la maison Tribalat-Clément ».
Publicités de Mme Tribalat (Documents Historihem)
La décennie 1960 voit arriver dans la rue Ribot un fabricant de bonneterie : Facheaux qui y reste au n°1 jusqu’au début des années 1970. A la même époque Jean Janssens installe son atelier de tailleur pour homme au n°64 et sa fille y ouvre ensuite en parallèle un salon de coiffure pour dames avant de se marier et de déménager son salon au n°36 jusqu’au milieu des années 1970, sous le nom de Deschamps-Janssens, avant de partir s’installer rue Louis Loucheur.
Publicités du salon de coiffure de Mme Deschamps (Documents Historihem)
Au n ° 67, à la même époque et jusqu’à la fin des années 1970, Marcel Delbecq ouvre son entreprise de peinture et vitrerie. Par la suite, il tient également commerce de droguerie au 3 bis de la même rue. La fin de son entreprise voit le numéro 67 de la rue Ribot redevenir une simple maison d’habitation.
Publicités de Marcel Delbecq, artisan et de Hem Décor, sa droguerie (Documents Historihem et Mémento public CIT)
A la fin des années 1960, un artisan : J. Selosse s’installe au n°16 de la rue Lemire et se spécialise en pose de revêtements de sols. Il n’a pas de successeur, commerçant ou artisan à cette adresse. Mais, à la fin des années 1970, un autre artisan : C. Deschoemaker s’installe temporairement comme plombier au n°1, également sans successeur.
Les derniers à ouvrir un nouvel établissement dans ces 2 petites rues sont la confection Scouflaire, au n° 18 de la rue Lemire, à la fin des années 1970 pour quelques années et les Ets Bergeman, dont le siège est situé au 85 de la rue de la Lionderie, au n° 3 bis de la rue Ribot dans les années 1980. Si le 18 de la rue Lemire est redevenu de suite un domicile, il semble que le 3 bis de la rue Ribot qui portait encore l’enseigne Hem Décor et le panneau des Ets Bergeman en 2008 soit à présent inoccupé.
Publicité des Ets Bergeman et photos du bâtiment en 2008 et de nos jours (Documents Historihem et Google Maps)
Hormis les numéros 2 bis et 3 bis de la rue Ribot, devenus des locaux professionnels et dont le premier abrite encore à l’heure actuelle une activité commerciale, les rues de l’Abbé Lemire et Alexandre Ribot ont donc, de nos jours, retrouvé leur vocation première et résidentielle et, vues du ciel, ces 2 voies présentent toujours la même apparence qu’à leur création au vingtième siècle même si leur environnement s’est considérablement densifié.
Vue aérienne de la rue en 2022 (Document Google Maps)
Remerciements à l’Association Historihem, à Jacquy Delaporte pour son ouvrage Hem Images d’Hier et à Bernard Thiébaut pour son livre Mémoire en Images de Hem.
L’année suivante quatre courts de tennis supplémentaires rejoignent les 3 premiers, deux courts couverts en terre battue dans le prolongement du bâtiment existant ainsi que 2 courts extérieurs en béton poreux. S’ajoutent à la nouvelle construction un club-house agrandi, un local à matériel et un large couloir permettant au public de suivre ce qui se passe sur les courts à travers des vitres et aux joueurs revenant des terrains en terre battue de ne pas traverser et donc salir les terrains synthétiques. Un an plus tard le tennis club reçoit la visite de Philippe Chatrier, président de la Fédération Française et de la Fédération Internationale de Tennis.
Inauguration des 4 nouveaux courts par Mme Massart (Document Nord-Eclair)Visite de Philippe Chatrier en 1991 (Documents Historihem)
Dix ans plus tard, la refonte du site Hidalgo-Lionderie fait partie du Grand Projet Hémois : au programme la maison du foot et également l’aménagement des terrains et d’espaces de jeux avec accès réglementé. Pourquoi une maison du foot ? Parce que la ville compte 7 clubs pour 594 licenciés répartis en 31 équipes. L’objectif est donc de les fédérer en y rassemblant leurs sièges.
Le bâtiment en lui même ouvre sur la rue de la Lionderie. Il est simple, avec un socle en briques et un étage en bois. La partie gauche du bâtiment accueille les vestiaires et la droite une salle polyvalente. L’étage abrite les bureaux et les locaux annexes, un espace détente, une bibliothèque et un centre de documentation.
La plaine de jeu actuelle côté Lionderie et la future maison du foot (Documents Nord-Eclair)
Ainsi les photos aériennes du site Hidalgo-Lionderie montrent en 1995 un aspect qui reste champêtre surtout côté Lionderie pour faire place, 10 ans plus tard à un site beaucoup plus structuré avec l’apparition de la maison du football rue de la Lionderie.
En 2005, lors d’une journée portes ouvertes, les visiteurs découvrent la magnifique bâtisse dédiée au foot et à la convivialité et les clefs sont remises aux dirigeants des clubs qui vont occuper le lieu. Et quel lieu : auprès du terrain synthétique en fonction depuis un an, une aire de jeux accessible aux tout-petits, des vestiaires, un club-house, des bureaux pour les 4 clubs hémois (Olympic Hémois, AJTF Foot, Union Saint-Louis et Femina Omni Sport), une salle de convivialité à réserver auprès du service des Actions Culturelles, prouvent qu’il s’agit bien d’un espace dédié tant au sport qu’à la convivialité. Les deux agents en charge de la structure sont présents : Mohamed Benakouche, concierge et Saïd Demdoum qui va coordonner l’école de foot. Le nom est choisi, après consultation des habitants, à savoir : Aimé Jacquet.
Photos aériennes du site Hidalgo-Lionderie de 1995 et 2004 (Documents IGN)Photo du maire et de son adjoint aux sports et de la maison du foot intérieur en 2005 et extérieur rue de la Lionderie en 2005 et 2008 (Documents Tout Hem, Ville de Hem et Google Maps)
Un skate park voit le jour la même année au stade Hidalgo. Mais ce n’est qu’en 2014 au moment de la sécurisation du stade, avec le remplacement du vieux grillage par une grille destinée à empêcher les intrusions, que le skate park obtiendra une entrée indépendante donnant directement sur la rue. Un an plus tard, pour ses dix ans, de nouveaux modules seront installés pour accueillir, en plus des skateurs, les amateurs de trottinette acrobatique.
Photos du skate park (Documents Facebook et Voix du Nord)
Pendant ce temps la tribune du stade Hidalgo présente des signes certains de vieillissement : son toit fuit, ce qui provoque d’une part la grogne des supporters les jours de pluie et d’autre part la détérioration du revêtement qui couvre le sol de la tribune. Il faut donc réparer la charpente et procéder à des travaux de peinture et d’étanchéité afin de redonner belle allure à cet équipement qui se voulait « de standing ».
Parallèlement les installations du Hem Tennis Club bénéficient elles aussi d’améliorations au niveau de l’éclairage. Une réfection totale du réseau s’accompagne de l’installation d’un double niveau : intensité moyenne pour les entrainements et plus forte pour les compétitions, afin de parvenir à réduire la facture électrique du club.
Réfection de la tribune (Documents Tout Hem)
Et, deux ans plus tard une superbe piste d’athlétisme en résine synthétique est construite, longue de 400 mètres, composée de 6 couloirs en anneaux ainsi que 6 couloirs en ligne droite, installée sur la piste pré dessinée lors de l’ouverture du stade en 1989. La piste est de suite investie par les jeunes adhérents d’Atlemouv (ou Athl’Hemouv), association d’initiation à l’athlétisme, pour les garçons et filles de 8 à 12 ans, créée quelques mois plus tôt et qui s’ouvrira aux adultes 2 ans plus tard en 2009.
Athlemouv et la nouvelle piste d’athlétisme en 2007 (Documents Tout Hem)
En 2008, Daouda Sow, boxeur hémois devient vice champion olympique aux jeux de Pekin et tout naturellement le nouvel engouement pour ce sport amène la construction sur le site Hidalgo d’une nouvelle salle dédiée de 260 mètres carrés, équipée de deux rings à même le sol, de deux vestiaires et d’un sauna, toute en bois, ossature et charpente, avec un revêtement extérieur en mélèze.
Daouda Sow, vice champion olympique hémois en 2008 et la nouvelle salle de boxe en construction en 2008-2009 et terminée en 2009 (Documents Tout Hem)
Depuis le stade Hidalgo, outre les matchs de foot, le tennis, la boxe et le skate, accueille de multiples événements sportifs, caritatifs ou de simples loisirs pour les quartiers alentour. On peut citer entre autres : la première journée de prévention routière ou l’immersion des jeunes du centre social dans le métier de footballeur professionnel et l’athlétisme dans les quartiers, la course des enfants des écoles hémoises avec Oxyg’Hem, des animations pour ouvrir le complexe Hidalgo sur tous les quartiers à l’initiative de l’Olympic Hémois et du Boxing Club, la course au profit de l’association ELA qui soutient la recherche contre les leucodystrophies ou enfin « Sea Hem and Sun » avec une dizaine de jeux gonflables en tous genres dispersés sur la pelouse.
Si l’on ajoute à tout ce qui a été cité les 2 équipements sportifs de la rue Jean Jaurés, à savoir la salle Emile Delcourt où se pratique le basket ball et la salle Cruyppeninck qui accueille le tennis de table, toutes deux reliées au stade Hidalgo situé dans une rue perpendiculaire, on obtient un complexe sportif impressionnant qui révèle les ambitions de la ville en matière de sport et la vitalité des différents clubs hémois.
Photo aérienne de 2023 (Document Google Maps)
Remerciements à l’association Historihem et à la Ville de Hem
Puis, en janvier 1974, s’ouvre l’école primaire privée Saint-André, au 124 rue des Ecoles, face à l’emplacement de l’ancienne ferme Duthoit. Cette petite école, la seule école privée du quartier, n’est ouverte que durant 20 ans puisqu’elle ferme ses portes au 31 Août 1995, d’après le site de l’éducation nationale. Suite à la fermeture de l’école et sa destruction, le site reste en friche plusieurs années.(Sur ce sujet voir sur notre site un précédent article intitulé Les 3 Fermes à Hem).
Vue aérienne de l’école dans les années 1970 (Document Google Maps)
Enfin, en Octobre 2003 , c’est la Maison de la Petite Enfance qui est inaugurée, à l’emplacement de l’ancienne école, à l’angle des rues des Ecoles et Jules Watteeuw en présence de Jean-Louis Borloo, Ministre délégué à la Ville et à la Rénovation Urbaine. Bâti sur un espace vert de 6500 mètres carrés, l’immeuble n’occupe que 1200 mètres carrés et l’entrée se fait côté rue des Ecoles.
La Maison est composée de 3 bâtiments rectangulaires parallèles reliés par une sorte de rue intérieure entièrement vitrée et entre eux un espace minéral offre une cour pour les enfants. Le bâtiment de plain-pied est construit en briques, bois et béton enduit côté rue. Rouge, jaune et vert, chaque aille a sa couleur.
La crèche (24 places) et la halte-garderie (32 places) en occupent les deux tiers soit l’aile qui borde la rue Watteeuw et le bâtiment du milieu. L’aile d’entrée accueille l’animation/activité avec une salle d’éveil, une ludothèque, une bibliothèque et les locaux pour les assistantes maternelles à domicile, une salle de rencontre parents-enfants et enfin les locaux de la PMI situés auparavant rue Dominique Larrey.
Le projet de Maison de la Petite Enfance en 2002 (Document Nord-Eclair)Maison de la Petite enfance en 2023 (Document Google Maps)
Le chantier de construction du Théâtre commence en 1990, au n°27, entre l’église St Joseph et l’Ecole Jules Ferry-Paul Bert, et ce n’est qu’en novembre 1991, cela fait donc plus de 30 ans, que l’Atelier Théâtre L’Aventure est inauguré. Très vite pourtant, principalement en raison du succès remporté par l’Atelier, celui-ci s’avère trop exigu et en 2005, l’Atelier théâtre bénéficie de travaux d’extension, venant ajouter à la salle de répétitions et la salle de spectacles, un espace régie, décors et accessoires, ainsi que deux loges équipées. La salle de spectacles peut alors accueillir 84 personnes.(Sur ce sujet voir sur notre site un précédent article intitulé Théâtre de l’Aventure).
La fin du chantier en 1991 et l’atelier théâtre dans les années 2000 (Documents collection privée)
L’église Saint-Joseph et le théâtre ne vont pas cohabiter longtemps puisqu’en 1995 la décision est prise de fermer l’église au 31 décembre, les travaux nécessaires à sa mise aux normes s’avérant trop coûteux à réaliser. Le temps de trouver le budget nécessaire à sa démolition et 4 ans plus tard l’Eglise Saint-Joseph est rasée. L’année suivante les travaux d’aménagement de la nouvelle place Saint-Joseph démarrent et, en 2001, un campanile y est installé en lieu et place de la vieille église.
L’église Saint-Joseph va fermer ses portes en 1995 et démolition en 1999 (Documents Historihem)Aménagement du square et inauguration du campanile (Documents Nord-Eclair)
A partir de 2020 et courant 2021, des travaux impressionnants ont lieu dans la rue du Maréchal Foch : rénovation de l’école La Fontaine et construction de la nouvelle école Jules Ferry. A la rentrée 2022, les élèves investissent les locaux de la nouvelle école Jules Ferry qui voit son inauguration officielle organisée le 30 septembre 2022.
L’ancienne école voit donc ses derniers élèves la quitter en juin 2022. Une fois désaffectée il est possible qu’elle soit transformée en logements et en bureaux après d’importants travaux durant lesquels une partie des bâtiments historiques devrait sans doute disparaître. Elle pourrait également devenir un espace de projets accueillant à la fois un centre de formation, un espace de co-working et un espace culturel.
Vue aérienne de la rue des Ecoles en 2012 (Document IGN)
A l’automne 2010, l’épicerie solidaire de Hem s’est installée à l’angle de la rue Ambroise Paré et de la rue des Ecoles, au n° 733 de celle-ci, dans un local de 180 mètres carrés mais elle y est devenue très rapidement à l’étroit pour accueillir les 307 foyers qui recourent à ses services, rendus par 5 personnes : 2 salariés et 3 bénévoles. Après la désacralisation de l’église Saint-André, c’est dans ces locaux plus vastes qu’elle déménage ensuite sous le nom de « Petit Magasin des 3 villes ». (Sur ce sujet voir sur notre site un précédent article intitulé l’Eglise Saint-André).
L’épicerie solidaire en 2010 et le n° 733 en 2023 (Document Ville de Hem et Google Maps)
Plus récemment, en 2014, une micro-crèche s’est installée au n°220 de la rue des Ecoles. « Ma Cabane »ouvre ses portes aux enfants de 3 mois à 3 ans, avec une capacité d’accueil de 10 enfants à la fois. Fermée en janvier 2023, elle a cédé la place à une autre micro-crèche « Rigolo comme la vie », qui accueille les enfants de l’âge de 10 semaines à 4 ans.
Photos de la micro-crèche « Rigolo comme la vie » (Documents site internet)
Seuls les anciens de Hem se souviennent encore de la rue des Ecoles bordée de champs avec la vieille église Saint-Joseph pour repère dans ce quartier de campagne des Trois-Baudets du village de Hem. La longue rue bordée de maisons et d’immeubles qui relie le quartier à celui de Longchamp est à présent une rue citadine comme une autre où plus rien ne rappelle le caractère champêtre de la rue d’antan et les commerces des années 1960 l’ont totalement déserté à ce jour.
En 1985, rue des Trois-Baudets, est édifié le bâtiment comprenant les 3 courts couverts du tennis club hémois. D’une surface de 36 mètres sur 18, il est ceinturé de murs entièrement briquetés, à l’exception de quelques fenêtres, au sol habillé d’un revêtement spécifique synthétique, et comprend également un club-house avec douches et une salle de réunion. C’est sous la pluie qu’est inauguré ce complexe, alors présenté comme le premier maillon d’un parc urbain, délimité par les rues de la Lionderie, des Trois-Baudets et Jules Guesde et qui doit se voir adjoindre un terrain de foot dans les années à venir.
Le squelette métallique du tennis club des trois baudets et la visite de chantier en 1984-85 et l’inauguration en 1985 par Mme Massart et une vue du club-house (Documents Historihem)Photo aérienne de la rue des Trois Baudets en 1971, avant la construction du stade, et en 1995, après celle-ci (Documents IGN)
Puis, en 1988, rue des Trois Baudets, là où ne se trouvaient jusqu’alors que des champs puis les trois courts de tennis couverts, la première pierre du futur stade d’honneur de la ville de Hem est posée puis un parchemin est inséré dans le mini mur élevé à leur intention, par Mme Massart, maire de la ville, et ses 2 adjoints, aux travaux et aux sports, Mrs Decourcelle et Naert, qui scellent ensuite la cachette. Ce parchemin contient tous les renseignements susceptibles d’intéresser les futurs archéologues qui le mettront à jour dans un avenir lointain et représente un témoignage de ce futur vestige de la fin du vingtième siècle.
Plan du stade et scellement de la pierre renfermant le parchemin (Document Nord-Eclair)
L’installation d’une plaine de sports et de loisirs entre la rue de la Lionderie et celle des Trois Baudets figurait en effet dans le programme de l’union Municipale Hémoise en 1982 et le terrain de football en herbe de 105m sur 68 et les tribunes dont la première pierre vient d’être posée entrent dans ce programme d’aménagement. Un anneau d’athlétisme de 400 mètres comprenant 6 couloirs et 7 lignes droites devrait ensuite être aménagé autour du terrain de football.
Le bloc tribune vestiaires sera construit en briques rouges et béton beige sur une surface au sol de 28 mètres sur 10 et pourra accueillir 270 spectateurs assis et 80 debout. Sous les tribunes seront aménagés quatre vestiaires douches, deux loges équipées de sanitaires pour les arbitres, un local de rangement et un bureau infirmerie. Enfin une buvette sera incorporée au bâtiment pour permettre aux spectateurs de se désaltérer et les futurs visiteurs disposeront d’un parking de 140 places à proximité pour stationner leurs véhicules.
La tribune en briques rouges (Document Historihem)
Pour le nom du stade d’honneur deux grands footballeurs français sont pressentis à savoir Michel Platini et Michel Hidalgo. Tous deux sont d’accord sur le principe mais seul le deuxième confirme d’ores et déjà sa présence pour l’inauguration en février 1989. En Janvier la décision est donc arrêtée, ce sera le stade Michel Hidalgo. Le 22 février ce sera donc celui-ci qui coupera le ruban lors de l’inauguration officielle du site.
Le nom du célèbre footballeur apposé sur le stade (Document Nord-Eclair)
Michel Hidalgo est un célèbre footballeur natif du Nord. Il est en effet né à Leffrinckoucke en 1933. Durant les années 1950-1960 il a évolué au poste d’ailier droit puis de milieu récupérateur en commençant sa carrière au sein de l’US Normande pour la terminer en 1966 à l’AS Monaco. Puis il est devenu entraîneur au RC Menton avant de devenir sélectionneur de l’équipe de France de 1976 à 1984. Enfin il est devenu directeur technique national de la Fédération Française de Football avant de rejoindre Bernard Tapie à l’Olympic de Marseille pour en devenir directeur général jusqu’en 1991.
Michel Hidalgo en 1981
Sa célébrité explique sans aucun doute que plusieurs centaines de personnes se pressent à l’inauguration du nouveau stade en février 1989. Alors, même si les travaux ne sont pas tout à fait terminés, et s’il reste quelques tuyaux à raccorder et quelques faux plafonds à poser dans les vestiaires, les visiteurs sont là pour pouvoir approcher celui qui a mené le football français au sommet de la hiérarchie européenne.
La foule au stade Hidalgo (Document Nord-Eclair)
Mme Massart coupe donc le ruban sous les yeux de son prestigieux invité mais aussi de son adjoint aux sports et de ceux de Roubaix et Croix, des responsables des différents clubs de football hémois et de nombreux dirigeants de clubs des environs, de quelques 200 amateurs de foot et d’une centaine de joueurs en herbe et en tenue. Les quelques policiers dépêchés sur place ne sont pas de trop pour canaliser le flot des supporters inconditionnels désireux de repartir avec une photo et un autographe de Michel Hidalgo, très souriant et disponible.
Mme Massart coupe le ruban (Document Nord-Eclair)Le nouveau stade avec sa tribune et une photo du héros du jour et celui-ci entouré de supporters (Documents Voix du Nord et Historihem)
Puis, après que la plaque inaugurale apposée sur la tribune toute neuve ait été dévoilée, l’adjoint aux sports, prononce un discours en forme de remerciement pour Michel Hidalgo, « un grand monsieur du football français et mondial, dont les qualités humaines, la gentillesse et le dévouement pour la jeunesse ne sont plus à décrire ». Puis Mme Massart rappelle que la ville est très sportive et compte pas moins de 3150 licenciés.
La plaque est dévoilée (Document Nord-Eclair, Voix du Nord et Tout Hem)
Le héros du jour, quant à lui, parle de son émotion face à tant de chaude amitié, de sa fierté de voir son nom lié à une telle réalisation et de son espoir de voir le sport continuer à se développer car « il s’agit du moyen de prévention le plus efficace qu’on ait trouvé contre la drogue, l’alcoolisme et la délinquance » concluant par ces mots « au calendrier du cœur, Hem sera toujours présente».
Puis en Août, la même année, c’est l’inauguration du terrain qui a lieu, le terrain en herbe étant à présent prêt à supporter 22 joueurs, un ballon et un arbitre. C’est l’Union Sportive Hémoise qui organise le spectacle : une rencontre amicale entre l’équipe de Roubaix Foot (Division IV) et celle du Lille OSC (Division III). Puis, à la reprise de la saison sportive le terrain accueille en alternance les matchs à domicile de l’Union Sportive Hémoise et de l’Olympic Hémois. En revanche, pour ménager le terrain, les entraînements des 2 équipes continueront à avoir lieu rue de Beaumont, au stade Dubus, où se déroulaient les matchs jusqu’alors.
La tribune pleine de spectateurs en août 1989 (Document Nord-Eclair)
Remerciements à l’association Historihem et à la Ville de Hem