Ecoles Notre Dame de Lourdes et Saint Corneille

En 1900, à Hem, alors que se profile au plan national la séparation de l’église et de l’état, Henri Delecroix est élu maire et le conseil est de tendance Union Républicaine et anti cléricale. Les rapports avec les catholiques et le curé Edmond Pollet se durcissent.

Ce dernier refuse de remettre la clef de l’église au maire qui la lui réclame. Le conseil municipal vote alors une indemnité de logement pour le pasteur protestant de Roubaix et fait ériger un urinoir contre l’église Saint Corneille. L’abbé Pollet est furieux et décide de faire construire deux écoles pour que les enfants chrétiens de sa paroisse continuent à bénéficier d’une éducation religieuse à l’école.

Séparation de l’église et de l’état à Hem en BD (Document Au temps d’Hem)

C’est ainsi que deux écoles libres (écoles privées), une pour les filles et une pour les garçons, s’installent au centre de la ville, au début du 20ème siècle, à proximité de l’église Saint Corneille. L’école de filles est construite au 29 de la rue du Docteur Coubronne (appelée alors route de Saint Amand) et celle des garçons s’installe au 6 de la rue Jules Ferry, dans une ancienne bourloire devenue ensuite salle de cinéma paroissiale. Les 2 écoles se rejoignent par leurs cours de récréation.

Ecole libre de filles route de Saint Amand (Document collection privée)
Photo panoramique de l’année 1933 (Document IGN)
CPA Ecole primaire et maternelle

Comme le montrent les deux cartes postales anciennes ci-dessus, l’école libre pour filles comporte deux entrées différentes, l’une à gauche du bâtiment pour l’école primaire, dirigée par Louise Vandoorne et l’autre à droite pour l’école maternelle, dirigée par Soeur Marie Louise Fournier de la Sainte Union des Sacrés Coeurs.

Le dimanche, après les vêpres, l’école fait office de patronage pour les fillettes qui jouent aux cartes, au jeu de l’oie, ou qui chantent en choeur, accompagnées au piano. Deux fois l’an elles préparent des pièces de théâtre et se déguisent. Les rôles masculins sont tenus par des filles car pas question de mixité. Mlle Dubois est la première directrice laïque de l’école.

Dans les années 1920, on retrouve dans l’école libre des filles :Notre Dame de Lourdes, l’institutrice Mme Angèle Zaingraff, née en 1888, qui, dès 1920, crée des petites pièces de théâtre avec sa troupe dans le cadre de son école. Des photos nous montrent ainsi Angèle avec sa classe et avec sa troupe en 1920. A cette époque, elle bénéficie d’une auxiliaire, Rose Pollet que l’on retrouve encore dans l’école 40 ans plus tard.

Angèle Zaingraff pose avec un livre, puis avec sa classe et sa troupe de théâtre en 1920, son auxiliaire auprès des enfants: Rose Pollet (Documents Historihem)

A la même époque, l’école libre de garçons: Saint Corneille, est dirigée pendant 17 ans par Fernand Guerrien, son premier directeur laïque, né en 1877, titulaire d’un brevet de capacité pour l’enseignement primaire. A son décès en 1929, son éloge funèbre le présente comme un éducateur dévoué, ne comptant ni son temps ni sa peine pour donner à ses élèves un enseignement complet.

Il est également fait état de son sens du devoir, l’ayant poussé, au moment de l’invasion allemande en 1914, à partir faire son devoir en bon et loyal soldat et à reprendre une fois l’armistice sonné, sa place de maître d’école patient et dévoué. Des photos nous montrent une classe en 1902, Fernand posant avec sa famille en 1914, puis son fils avec d’autres élèves.

Les garçons ont leur patronage séparé où existe une bourloire. Il est le siège d’une société de gymnastique dirigé par Jules Corman et d’une société de musique dont le fondateur est Charles Debacker.

Fernand Guerrien et sa famille, son fils et des camarades, une classe de l’école en 1902 (Documents Historihem) et une autre de la même époque (Document collection privée)

C’est un ancien élève de l’école, Marcel Veckens, qui prend sa suite pendant 38 ans à la direction de Saint Corneille. Il voit passer dans sa classe plusieurs générations de petits écolier hémois avant de prendre une retraite bien méritée en 1966. Une photo le représente ici en 1920 alors qu’il est instituteur sous la direction de Fernand Guerrien.

Marcel Veckens avec sa classe de Saint-Corneille en 1920 (Document Historihem)

En 1938, la paroisse décide la fondation d’une Amicale des Anciens Elèves et Amis des Ecoles Libres de St Corneille à Hem. Le but est de s’entraider moralement et matériellement afin de pouvoir continuer à procurer aux enfants de la paroisse une solide instruction et une éducation foncièrement chrétienne.

Photos de classe de Notre Dame de Lourdes à la même époque (Document collection privée)

Pendant ce temps à Notre Dame de Lourdes, le théâtre continue à prendre toute sa place auprès de l’éducation classique. On le retrouve ainsi en petites saynètes lors des fêtes d’école mais également dans le cadre du patronage Saint Corneille pour les plus grandes.

Fête d’école en 1920, patronage en 1938 (Documents Historihem)

En 1940, la directrice de l’école des filles depuis 1938, Marguerite Labaye, est décorée de la croix de l’enseignement chrétien par l’archiprêtre au cours d’une cérémonie qui a lieu dans l’école après la grand’messe à l’église Saint-Corneille.

L’article qui lui est consacré dans la presse relate comment, pendant la première guerre, alors institutrice à Marcq-en-Baroeul, elle s’était rendue tous les jours à son poste à pied depuis son domicile de Mouvaux, malgré les bombardements et les vicissitudes de la guerre.

Pendant la seconde guerre, l’école des filles devient un centre de distribution d’alimentation comme le montre le panneau figurant au dessus de la porte d’entrée de l’école sur cette carte postale : Unité d’alimentation du Nord de la France A.N.F.(manque le morceau gauche de la pancarte).

L’école en 1945 (Document collection privée)
Une photo de classe en 1947-48 (Document Historihem)

En 1956, une grande souscription est lancée dans la paroisse Saint Corneille pour sauver les deux écoles libres. En effet, la faillite les menace : plus assez de fonds pour payer les huit instituteurs ou institutrices, plus d’argent pour entretenir les bâtiments, repeindre les salles de classe et renouveler le mobilier scolaire, ni pour acheter le charbon.

La même année, en raison du très grand nombre de petits enfants accueillis par l’école Notre Dame de Lourdes, à savoir 80 filles de 3 à 6 ans, l’ancienne salle de classe enfantine doit être réaménagée afin de procéder à l’ouverture d’une deuxième classe pour cette tranche d’âge. La bénédiction de la nouvelle classe a lieu, à l’issue des travaux, retardés par manque de moyens financiers, en 1958, en présence d’un représentant du maire de la ville, Mr Leplat.

Bénédiction de la nouvelle classe enfantine (Document Historihem)

En 1963, Marguerite Labaye part en retraite et cède sa place de directrice à Marie-Louise Vanbesselaere, anciennement directrice de l’école de Camphin. Peu de temps après son arrivée à la tête de l’école celle-ci fait face à un cambriolage de nuit qui l’oblige à se barricader dans sa chambre.

Ses appels au secours sont fort heureusement entendus depuis le presbytère distant de 200 mètres environ, par la fenêtre restée ouverte en raison de la chaleur de cette nuit d’été. Pourtant quand les secours arrivent les cambrioleurs sont déjà repartis en vélomoteur.

Pour entrer, ils avaient escaladé la grille, puis le toit de la salle d’oratoire et de là en s’aidant du montant en fer du porte drapeau étaient entrés par une fenêtre en mauvais état du 1er étage, avant de descendre dans le bureau où ils n’ont finalement pas trouvé grand-chose : plus de peur que de mal donc pour la nouvelle directrice…

A suivre…

Remerciements à l’association Historihem

Auberge du Tilleul (suite)

Dans les années 1950, l’établissement est répertorié dans l’annuaire aux rubriques : café et «dancing» et géré par le couple Béghin-Vancauwenberghe. Au début des années 1960, toujours répertorié dans la rubrique café, c’est Jean Prez qui gère l’établissement. En 1961 il fait ainsi sa publicité dans l’annuaire Ravet-Anceau pour des salles pour réunions, bals, soirées dansantes.

Publicité de 1961 (Document annuaire Ravet-Anceau)

Jean Prez est loin d’être un inconnu surtout pour les Roubaisiens. Né en 1922, il a commencé à jouer de l’accordéon dès l’âge de 5 avant d’intégrer à l’âge de 8 ans l’orchestre paternel dans le café que tient son père au 3 rue de Lannoy à Roubaix. Il entame à l’âge adulte une vraie carrière d’accordéoniste qui l’amène entre autres à enregistrer des disques, participer à des émissions de radio et écrire des partitions.

Jean Prez fils, enfant (à droite) avec son père Jean et son frère Jules et la photo du café paternel à Roubaix (Documents collection privée)
Jean Prez dans les années 1960 (Document collection privée)

En 1965 et jusqu’à la fin des années 1960, le café du Tilleul est répertorié dans les rubriques : café et restaurant. Mais en 1971, l’établissement quitte la rubrique café pour intégrer l’unique appellation de restaurant et devient à cette occasion l’auberge du Tilleul. C’est Gilbert Bezault qui dirige l’établissement.

Dans un premier temps les publicités font état plutôt d’une brasserie avec notamment la journée cassoulet toulousain, les moules et les gratinés. Ces mêmes publicités font état d’un restaurant sur la place d’Hem ou encore d’Hem Saint-Corneille. Puis le restaurant de spécialités, de prix modérés et de repas d’affaires, propose également une salle pour noces et banquets et ce n’est que par la suite que l’adresse du 14 rue du Docteur Coubronne fait son apparition, avec la mention : le restaurant qu’il faut essayer.

Les 1ères publicités de l’auberge-brasserie (Documents Historihem et Nord-Eclair)
Les publicités des années 1970 (Documents Nord-Eclair)

En 1978, dans le cadre de la semaine gastronomique dédiée au coq, Gilbert Bezault se met au fourneau pour proposer son célèbre coq au vin qu’il met régulièrement à la carte depuis plus de 10 ans qu’il est un chef de cuisine sérieux et accueillant dans son auberge. Il s’apprête alors à céder son commerce pour retourner dans la région toulousaine dont il est originaire.

Gilbert Bezault aux fourneaux en 1978 (Document Nord-Eclair)

Dans les années 1980, le restaurant procède à une rénovation de son cadre pour monter en gamme. Il est ouvert tous les midis et le soir en fin de semaine et mise sur un cadre chaleureux et des plats maison tels que la fameuse terrine maison posée sur la table et dont les clients se servent à volonté.

Publicités des années 1980 (Documents Nord-Eclair et bulletin d’information municipal)
Carte publicitaire de l’établissement (Document collection privée)

Puis dans les années 1980, l’auberge perd son nom originaire du Tilleul pour être rebaptisée Le Contemporain. Pourtant l’expérience ne dure pas longtemps et quelques temps plus tard le nom d’Auberge du Tilleul refait son apparition tandis que le contenu des assiettes renoue avec ce qui avait fait le succès de l’auberge à ses débuts avec Gibert Bezault.

Publicité pour Le Contemporain (Document Historihem)

C’est en effet son fils Serge Bezault qui rachète l’établissement en septembre 1990 et le gère depuis avec Christian Six. Soudain, en juin 1998, une camionnette garée devant l’établissement, rue du Cimetière, prend feu durant la nuit et, sous l’effet du vent qui souffle en rafales, le feu se communique au cheneau avant l’arrivée des pompiers.

C’est alors l’ensemble de la toiture située au-dessus des salles de réception qui est détruit : plus de tuiles ni de faux plafond mais de la suie et de l’eau à l’intérieur. Les tables sont touchées également et c’est un tableau de désolation que retrouve le propriétaire qui ne peut que constater que 10 ans de travail sont réduits en cendres. Seule consolation : les cuisines et le restaurant en lui-même ne sont pas touchés.

Les dégâts de l’incendie durant la nuit et la camionnette incendiée au matin devant la façade (Documents Nord-Eclair)

Dès septembre, les 2 associés, Christian, chef de cuisine, et Serge, gestionnaire et commercial, se partagent à nouveau l’organisation des réceptions qui représentent plus de 80% du chiffre d’affaire de l’Auberge. Quatre salons entièrement rénovés peuvent accueillir 30, 50 ou 170 personnes sur place et 300 personnes à quelques centaines de mètres au Château d’Hem. Parallèlement l’Auberge continue à recevoir tous les midis une clientèle d’affaires en semaine et familiale le week-end.

Salle de réception refaite à neuf en septembre 1998 (Document Nord-Eclair)

Ces 2 co-gérants sont toujours à la tête de l’établissement 32 ans plus tard. Pourtant l’activité du lieu a un peu évolué depuis quelques années. Sur le site de l’Auberge il apparaît que, dans un cadre unique, à la fois ancien et contemporain, 4 salons, pouvant accueillir de 10 à 350 personnes chacun, sont proposés pour organiser une réception intimiste ou un événement de grande envergure, avec restaurant gastronomique et service traiteur. L’accent est mis sur la possibilité de profiter également des magnifiques jardins de l’Auberge.

Photos de l’auberge du Tilleul (Documents site internet)
Salons Monet et Picasso (Documents site internet)
Salon Gauguin et l’équipe de l’Auberge (Documents site internet)
Photo panoramique de l’auberge du Tilleul (Document Google Maps)

A la base estaminet comme tant d’autres à Hem et aux alentours, l’établissement, grâce à sa situation exceptionnelle au centre d’Hem et à la surface dont il bénéficie dans la rue du Cimetière a évolué pour devenir un grand nom de la restauration locale. Il est aujourd’hui, soit plus de 150 ans plus tard, un loueur de salles avec service traiteur renommé dans les environs.

Remerciements à la ville de Hem et à l’association Historihem

Auberge du Tilleul

C’est Jean-Louis Briffaut qui ouvre un café à l’angle de la rue du Cimetière (actuelle rue du 06 juin 1944) et de la rue du Saint-Amand (actuelle rue du Docteur Coubronne) à Hem en 1863. L’établissement à l’enseigne « Au Tilleul »est repris en 1874 par Rosalie Jouveneau.

Le choix du nom serait dû d’après les anciens à un gros tilleul qui pousse non loin de l’estaminet et auquel les coursiers peuvent attacher la bride de leur monture. La spécialité de l’établissement semble être le genièvre servi dans un verre spécial à gros fond.

Situation du café à l’angle des 2 rue au début du 20ème siècle (Document Historihem)

L’entrée est située juste au coin de la rue du Cimetière et les livreurs ramènent les boissons à l’aide de charrettes tirées par 3 ânes car les nombreuses côtes à monter sont trop épuisantes pour 2 animaux. Sur la photo, la carriole des livreurs vient d’arriver et prennent la pose avec les tenanciers de l’établissement.

Le café en gros plan au début du 20ème siècle (Document Historihem)

A l’époque, le dimanche, seul jour de repos est consacré par les hommes au cabaret où ils jouent aux cartes, aux fléchettes et aux bourles mais aussi fument et boivent, essentiellement de la bière et du genièvre mais jamais de vin, beaucoup trop cher. Alors qu’au début du 19ème siècle Hem comptait 11 estaminets, ceux-ci se sont multipliés.

6% des cabaretiers seulement sont propriétaires de leur établissement. Les locataires changent souvent mais les enseignes restent. Il y en a alors au moins 60 à Hem, même s’il est difficile d’en fixer le nombre exact tant la situation est fluctuante d’un mois sur l’autre. Au Tilleul, on danse beaucoup et les bals de la ducasse y sont organisés, durant lesquels les garçons de Hem et ceux de Forest, ville voisine, se disputent l’honneur de faire danser les jeunes hémoises.

Ensuite, c’est au tour de Georges Thieffry de reprendre le café. Pendant la première guerre, plus précisément en juin 1915, il combat avec vaillance au front quand il est atteint à la jambe par une « balle explosible ». Réformé en 1918, perçoit une pension d’invalidité et continue à souffrir de sa blessure jusqu’à son décès.

Lors de ses obsèques il reçoit un vibrant hommage de la fraternelle des anciens combattants dont il était l’un des membres fondateurs. Il reçoit également l’hommage de la municipalité en temps que conseiller municipal élu en 1929 et membre de la commission administrative du bureau de bienfaisance.

Le café du temps de Georges Thieffry (Document Historihem)

Ensuite Achille Delemme reprend la gestion du café pendant les années 1920 et sa fille, Denise Dal-Dellemme, lui succède à la fin des années 20 et jusqu’à la fin des années 1930. Durant cette époque la grande salle est prêtée gratuitement aux diverses sociétés hémoises :

Les anciens combattants y font leurs réunions ;la société mutuelle La Sécurité y tient son assemblée générale 2 fois par an et la société horticole des jardins ouvriers 2 fois par mois ; les démocrates populaires y font leur réunion mensuelle et la musique municipale sa réunion hebdomadaire ; c’est aussi Achille qui met en place le Tir à la carabine.

Le café géré par Achille Delemme (Document Historihem)

La culture n’y est pas oubliée puisqu’y siège le Comedia Club qui, dans les années 20 y présente ses représentations théâtrales telle que « Muerta la Valca » en 1924. Quant à Achille il fait lui-même partie de l’harmonie municipale et pose fièrement avec les autres musiciens au 3ème rang de la Photo prise en 1922.

La représentation de Muerta la Valca en 1924 (Document Histotihem)
L’harmonie municipale en 1922 (Document Historihem)

Mais l’établissement sert également de siège et de salle d’entraînement au club de lutte hémois dans les années 1930. Le Docteur Trinquet en est le président, Alphonse Pessé l’animateur et Stanis Drymala l’entraîneur. Le club marche fort et compte dans ses rangs plusieurs champions du Nord.

Entrainement du club en 1933 (Documents Historihem)
Le club de lutte hémois en 1934 ; sur la 2ème photo, debout au 1er rang en partant de la gauche Stanis Drymala.(Documents Historihem)

Pendant la 2ème guerre mondiale, la grande salle, auparavant dévolue aux bals, sert à entreposer les matériels réquisitionnés par les troupes allemandes d’occupation. A la fin de la guerre en 1945 c’est le ravitaillement qui est distribué par l’établissement. Le comité du ravitaillement fondé par la municipalité répartit les denrées entre les commerçants et distribue des cartes de ravitaillement aux familles pour chaque denrée.

A suivre…

Remerciements à la ville de Hem et à l’association Historihem

Teinturerie Gabert (Suite)

Après l’appel à la résistance du Général de Gaulle, une poignée de hémois et hémoises s’engage dans la résistance. Parmi eux se trouve un dénommé René Thomas, syndicaliste convaincu et ouvrier chez Gabert. Domicilié impasse Vandemeulebrouck (dans la rue Jules Guesde), il participe à la structuration d’un réseau et devient l’âme de la résistance avec le Dr Trinquet.

Les tâches du réseau sont multiples : compter les camions de ravitaillement, les camions d’essence, les avions, voir quel bâtiment vient d’être abandonné par étirement des troupes allemandes, reconnaître les barrages antichars, comme celui situé entre l’usine Duprez et le passage à niveau de la Briqueterie et fait de rails sortant de terre de 60 cm à 1,20 m.

René se dépense sans compter, à ses frais, pour les réfractaires d’Hem. Il se montre d’un dévouement et d’un courage sans faille en participant à des actes de résistance pure, tels que le sabotage de la voie ferrée Lille-Bruxelles, sur les territoires voisins de Hem et en diffusant des tracts par voie d’air.

Il est malheureusement arrêté sur dénonciation et subit de longues séances de torture par la Gestapo à La Madeleine. Pendant 90 jours il est au secret, enchaîné, blessé, laissé sans soins mais ne parle pas. Sa femme donne le jour à leur fille pendant son emprisonnement. Puis il est déporté en Allemagne en forteresse d’abord puis en camp de concentration. Il n’en reviendra pas…

Les ouvriers de chez Gabert avant1939 : à droite, tête nue, René Thomas (Document Historihem)

Après-guerre l’usine reprend son activité et de nombreuses femmes y sont employées en tant que préparatrices en écheveaux, ces assemblages de fils repliés et réunis par un fil de liage. Sur la photo ci-dessous au 1er plan c’est Mlle Decottignies qui restera la dernière ouvrière de l’usine à sa fermeture 40 ans plus tard.

Les préparatrices en écheveaux avec Mlle Decottignies au 1er plan et la même 40 ans plus tard (Document Hem 1000 ans d’histoire)

L’entreprise poursuit son activité sans problème apparent durant les 30 années qui suivent. Entre 1950 et 1960, elle emploie jusqu’à 300 personnes et connaît son apogée pendant cette décennie.

Le bulletin de paie d’un salarié en 1957 (Document collection privée)

En 1971, il devient nécessaire de recimenter, recercler et rejointoyer la cheminée haute de 40 mètres après plus d’un siècle d’existence. C’est une entreprise de la région parisienne qui se charge de cette œuvre de haute voltige pour laquelle il faut non seulement n’avoir pas le vertige mais également ne pas craindre la température des fumées de 150 à 180 degrés à la sortie de la cheminée.

Photo aérienne de l’entreprise et du château Gabert en 1971 (Document IGN)
La réparation de la cheminée en 1971 (Document Nord-Eclair)

En 1975, la société, alors dirigée par l’arrière petit fils du fondateur Philippe Gabert et son frère Jacques, fête le départ en retraite de 2 cadres qui y ont travaillé pendant 40 ans : Jean Hotot, responsable des ateliers de bobinage, et Jean Vanhamme, responsable de la teinturerie sur bobine. La société emploie alors encore 270 personnes. Philippe Gabert se félicite dans son discours du fait que le plein emploi a pu être assuré pendant toute la durée de l’année précédente.

2 départs en retraite de cadres de l’usine en 1975 (Document Nord-Eclair)

Malheureusement les années 1980 sonnent le glas de l’entreprise qui n’arrive plus à faire face économiquement après avoir dû déposer le bilan en 1977. Ainsi, alors qu’elle se trouve en concordat depuis, elle ne peut faire face à l’échéance concordataire de juin 1982.

C’est alors que le conseil municipal à l’unanimité décide le rachat des terrains et des bâtiments au moyen d’un emprunt. Le but est clair : l’entreprise devient locataire et peut relancer activité et investissements afin de sauvegarder l’emploi, tandis que la municipalité paye capitaux et intérêts de l’emprunt grâce au loyer versé.

L’entreprise Gabert se rapproche en parallèle du groupe Leblan par l’intermédiaire duquel elle devrait trouver des commandes. Pour atteindre le seuil de rentabilité il lui faut en effet assurer une charge de production de 100 tonnes par mois, résultat envisageable uniquement grâce à une modernisation de son outil de production et à la conquête d’une nouvelle clientèle. Pourtant la situation continue à empirer jusqu’à la fermeture.

L’usine en1982 (Document Nord-Eclair)

Deux ans plus tard l’usine n’emploie plus qu’une dizaine de salariés même si elle fait encore travailler à façon le personnel d’autres entreprises. Le tribunal de commerce prononce alors la liquidation des biens de la société qui, dès lors, semble condamnée à fermer définitivement ses portes.

Et en avril 1987, c’est le dernier acte, et la mairie est forcée de constater la vétusté des lieux et de décider la démolition des bâtiments (sauf un atelier et des entrepôts) construits sur 22.000 mètres carrés, y compris la mythique cheminée. Il est alors question que Kiabi y installe ses services centraux mais c’est finalement rue du Calvaire, face à la briqueterie d’Hem que cette installation aura lieu.

L’agonie d’un géant ainsi que titre le journal Nord-Eclair : les ateliers et la cheminée lors de la destruction (Document Historihem)
La cheminée Gabert tombe en 1987 (Document Au temps d’Hem)

Photo aérienne de Meillasoux et Mulaton et du terrain de l’usine Gabert après démolition.

En 1990, le réaménagement du site Gabert est décidé avec l’implantation d’un lotissement abritant des petites et moyennes entreprises accueillies sur des terrains de 1200 à 3500 mètres carrés. Cette zone d’activité est financée par un gros investissement communal, par une subvention du FEDER (Fonds Européen de Développement Régional) pour l’aménagement des friches industrielles et le solde par un emprunt qui devrait être remboursé au moyen des recettes fiscales apportées par les entreprises installées sur le site.

La friche Gabert en gros plan avec le château après la démolition puis 10 ans plus tard (Documents Historihem)
Entrepôts transformés en loft en 2008 (Document Historihem)

30 ans plus tard, soit plus d’un siècle et demi après la naissance de l’entreprise, le site Gabert a laissé place à la zone d’activités prévue et délimitée par une allée ayant reçu le nom de Gabert, au n°6 de laquelle on retrouve l’ancien château Gabert joliment restauré.

Photo aérienne de la zone en 2022 (Document Google Maps)
Le château en cours de restauration puis actuellement au milieu de la nouvelle zone d’activité (Document Historihem et Google Maps)

Remerciements à Historihem ainsi qu’à André Camion et Jacquy Delaporte pour leur ouvrage Hem d’hier et d’aujourd’hui et à ce dernier pour son ouvrage Hem 1000 ans d’histoire.

Teinturerie Gabert

Né en 1828, à Condrieu, dans le Rhône, Firmin Gabert épouse en 1858 une hémoise, Flore Flament, avec laquelle il a un fils, Claude en 1859. Domicilié rue Poivrée, actuellement rue du Général Leclerc, il y installe également sa teinturerie, et on le retrouve sur les listes électorales de 1858.

Il figure sur la liste des commerçants et industriels patentés en1870, mais exerce déjà depuis plusieurs d’années, petitement d’abord au 37 bis où il est répertorié dans l’annuaire de 1923 puis en développant rapidement son affaire au 69 de la même rue. Son installation à Hem plutôt qu’à Roubaix s’explique par le manque d’eau de cette dernière tandis que la Marque arrose la ville de Hem d’eaux abondantes et claires.

Publicité ancienne précisant que la maison date de 1863 (Document collection privée)

Avec la guerre de 1870 et la Commune, tous les centres parisiens de teinture s’arrêtent et les marchandises affluent sur Roubaix et environs dont les industries prospèrent. Les fabricants de tissus d’ameublement de Lannoy notamment vont trouver chez Gabert des spécialistes de la teinture des écheveaux de soie entre autres.

C’est à ce moment qu’apparaissent les colorants chimiques qui donnent une quantité de nouvelles possibilités en remplaçant les produits d’origine animale et végétale. C’est le fabricant de produits chimiques hémois Frédéric Tellier qui se charge alors d’approvisionner les teinturiers locaux.

Conséquence néfaste sur l’eau de la Marque (Document Au temps d’Hem)

La première demeure de la famille Gabert est voisine de celle de la famille Meillassoux, tout comme leurs deux entreprises sont également voisines. En 1887 Firmin décède mais ce n’est qu’en 1920 que leur propriété est vendue au Docteur Leborgne après le décès de Claude en 1917.

Celui-ci a eu un fils Firmin en 1892 qui a épousé Suzanne Fremaux et les époux s’installent au 103 Boulevard Clémenceau. Le couple a 2 enfants : Philippe en 1927 et Jacques en 1931. Suzanne reste domiciliée bd Clémenceau après le décès de Firmin en 1953.

En 1981, le bâtiment vendu au Docteur Leborgne 60 ans plus tôt atteint du mérule sera rasé par la commune tandis que la maison des Meillassoux devient une annexe de la mairie. Il ne reste donc aujourd’hui plus trace du 1er Château Gabert.

Le 1er château Gabert, à droite sur la photo, le bâtiment de gauche appartenant à la famille Mulaton, et sa voisine de droite étant la famille Meillassoux (Document collection privée)
Vue des 3 châteaux dans la rue avec celui de la famille Meillassoux au 1er plan et le château Gabert au 2ème plan (Document Hem 1000 ans d’histoire).
Vue aérienne de la propriété Gabert-Fremaux Firmin du 103 boulevard Clémenceau en 1971 (Document IGN)

En 1895, avec d’autres industriels le successeur de Firmin réclame la création d’un tramway qui relierait Hem à Flers puis à Lille et fait partie d’une commission créée afin de se documenter sur le sujet. Il souhaite en effet investir pour que Hem devienne une ville moderne et bien reliée aux centres industriels de Roubaix et Lille. Il sera ainsi également l’un des premiers automobilistes hémois.

Ce n’est pourtant que sous la mandature de Mr Delecroix qu’un avis favorable est donné suite à l’enquête menée sur la création d’une ligne de tramways électriques à travers la ville de Hem. La ligne Roubaix Hem sera mise en exploitation en 1908 tandis qu’une 2ème ligne est également commencée pour relier Lille à Leers en passant par Hem.

Photo aérienne des teintureries Gabert (point noir) et Meillassoux et Mulaton en 1933, et le 2ème château Gabert (point blanc) (Document IGN)

Au début du 20ème siècle, l’usine Firmin Gabert a pris son essor. C’est tout naturellement dans ses ateliers qu’est créé le géant de la ville appelé à défiler lors de la fête nationale de 1911 : Gustave le Teinturier, et les ouvriers et ouvrières de l’usine ne sont pas peu fiers de réaliser ce témoignage du savoir-faire hémois.

La création du 1er géant hémois en 1911 (Document Au Temps d’Hem)

Pendant la 1ère guerre mondiale, la fortune publique et privée est rançonnée sous prétexte de contribution de guerre et de réquisition et la ville de Hem est soumise à un pillage filtré et méthodique qui fait le vide partout. Les allemands procèdent à l’enlèvement du matériel industriel et la casse des machines, ainsi qu’au vol des marchandises stockées dans les usines dont celle des Gabert.

Des commandes attendues par les clients sont confisquées par l’armée d’occupation et à la fin de la guerre, l’entreprise Gabert établit des attestations afin que les commandes non livrées de ce fait puissent faire l’objet de réclamations pour indemnisation auprès des autorités.

Attestation de 1919 pour les Ets Deffrennes-Duplouy frères à Lannoy (Document Historihem)

Dans les années 1930, l’entreprise est devenue la SARL Firmin et Jean Gabert. La famille de Jean Gabert-Lundy s’installe dans un château qu’elle a fait construire sur le terrain où se trouve l’usine. La maison est entourée d’un parc et se situe au 69 bis de la rue de Lille comme on peut l’observer sur la photo aérienne de 1933 ( cf document plus haut).

Malgré la crise économique, les Ets Gabert s’agrandissent avec la construction de nouveaux ateliers. Pourtant en 1936, l’usine est rattrapée par la crise et les grèves qui touchent les transports charbonniers l’affectent en la forçant à l’arrêt pour cause de manque de charbon, ainsi qu’en témoigne le certificat de chômage technique établi pour leurs ouvriers.

Agrandissement de l’usine en 1934 (Document Hem 1000 ans d’histoire)
Certificat de chômage technique de 1936 (Document collection privée)

A la fin des années 1930, les temps incertains qui mèneront à la guerre, suite à l’annexion de l’Autriche par le Reich suivie de la mobilisation des réservistes en France, pèsent sur les affaires. Par arrêté du Ministère de la guerre, le droit de réquisition est ouvert dans la commune en septembre 1938. Le manque de travail se fait alors sentir et l’usine procède à des licenciements puis à du chômage partiel .

Licenciement pour manque de travail (Document collection privée)
Certificat collectif de chômage partiel (Document collection privée)

Jean Gabert appartient à l’Association des familles nombreuses et, à ce titre, apporte son aide à la recherche de logements pour les familles évacuées de leurs maisons sur ordre de l’armée d’occupation pendant la seconde guerre mondiale.

A suivre…

Remerciements à Historihem ainsi qu’à André Camion et Jacquy Delaporte pour leur ouvrage Hem d’hier et d’aujourd’hui et à ce dernier pour son ouvrage Hem 1000 ans d’histoire.

Briqueterie de Hem (Suite)

Dans les années 1980, à Hem, c’est le fils du fondateur Mr Delfosse qui dirige l’usine. Le produit est toujours fabriqué à l’ancienne, afin de lui assurer une qualité maximale permettant à cette entreprise de continuer à fonctionner. L’argile et la glaise sont extraites de carrières creusées dans les terrains environnant l’usine à l’aide d’excavatrices puis transportées par locotracteurs sur 6 kms de voie ferrée. Les carrières sont rebouchées au fur et à mesure avec des ordures ménagères.

Une excavatrice en fonctionnement en 1980 (Document Nord-Eclair)

Puis dans des doseurs on ajoute un peu de schiste à la terre pour éviter les fissures avant de passer le mélange dans une machine dont la fonction consiste à enlever les résidus métalliques et les cailloux. Puis il est broyé et fortement humidifié dans une sorte d’énorme pétrin. Après mise en forme le pain rectangulaire d’un mètre environ est découpé en tranches ou briques.

Les placeurs entreposent alors les briques dans les séchoirs et forment des murs de 200.000 unités tout en veillant à laisser des intervalles entre les briques pour permettre une meilleure circulation de l’air. Une fois sèches, soit au bout de 15 jours par beau temps et plus d’un mois en cas d’intempéries prolongées, les briques sont retirées des hangars pour être cuites au four.

Les séchoirs (Document Nord-Eclair)
Le four (Document Nord-Eclair)

Le four est maintenant un bâtiment de 2 étages de 80 mètres de long. Les briques sont entassées au niveau inférieur dans un compartiment dont le plafond est percé de plusieurs trous. Le charbon est introduit régulièrement par le haut et les briques sont cuites à une température de 1000 degrés.

Le travail à l’intérieur du four après la cuisson (Document Nord-Eclair)

L’industrie de la brique est une activité saisonnière dans la mesure où l’on ne peut fabriquer les briques que pendant 6 mois puisqu’il serait impossible de les faire sécher naturellement en hiver. Mais le four tourne toute l’année sur les réserves faites à la bonne saison. On ne l’éteint qu’une fois par an pour les indispensables réparations. 38 personnes sont donc employées pour la fabrication et la cuisson pendant 6 mois mais seulement 20 à 22 l’hiver. Les saisonniers sont alors essentiellement portugais et nord-africains.

Malgré la mécanisation intervenue améliorant les conditions de travail par rapport au début du siècle, le travail en briqueterie est toujours pénible : la poussière à la fabrication, la chaleur dans le four et le poids des briques rendent le métier difficile et les ouvriers sont payés au rendement.

Photos aériennes de 1992 et 1999 (Documents Historihem)

Pendant 20 ans encore la briqueterie de Hem continue à fonctionner avec plus ou moins de difficultés mais elle ne parvient pas à fêter son centenaire. Les réalités économiques finissent par la rattraper et à l’aube du 21ème siècle sa démolition est inéluctable, d’autant que la production a dû cesser en 1999, faute d’argile.

La vingtaine de salariés restants a dû être licenciée et les grues et marteaux piqueurs sont entrés en action pour raser les bâtiments. Le plus gros morceau du chantier s’est avéré être le vieux blockhaus en béton armé datant de la guerre et sur lequel une grue piqueuse s’est cassé les dents. Les stocks de briques restant en ce début d’année 2000 s’écoulent lentement et près d’un million et demi d’entre elles sont encore en vente.

Le blockhaus en cours de démolition et les palettes de briques à vendre (Documents Historihem)

En 25 ans le paysage de la rue du Calvaire s’est considérablement modifié comme en témoignent ces 2 photos aériennes prises l’une en 1975 à un moment où la briqueterie est encore en pic d’activité, produisant 25.000 briques par jour et celle de 2000 où la démolition est terminée.

Vues aériennes du 187 rue du Calvaire en 1975 et 2000 (Documents IGN)

Actuellement reste, au milieu des nouvelles entreprises implantées dans la zone d’activité des 4 Vents, au 187 rue du Calvaire, le siège social de la société anonyme Briqueteries de l’Entreprise Roubaix et environs, créée en 1957. Bernard Delfosse en est le président et l’activité, d’après le site société.com, est la fabrication de briques, tuiles et produits de construction, en terre cuite. Sur place on constate encore à ce jour la présence d’une boîte à lettres au nom de l’entreprise.

Les boîtes aux lettres du 187 rue du Calvaire (Document photo IT)

A la même adresse se situe également la société anonyme Vermeulen Matériaux, spécialisée dans le secteur d’activité du commerce de gros (commerce interentreprises) de bois et de matériaux de construction. Un panneau au nom de cette entreprise est apposé à la grille donnant accès au site.

Vue du site et du panneau apposé sur la grille (Document photo IT)
Vue aérienne du 187 rue du Calvaire en 2022 (Document Google Maps)

Remerciements à l’association Historihem ainsi qu’à André Camion et Jacquy Delaporte pour leur ouvrage Hem d’hier et d’aujourd’hui.

IT Room (Information Technology Room)

En 1998, Alexis Lepoutre, issu d’une famille de l’industrie textile roubaisienne, sort diplômé de l’ENIC (Ecole nouvelle d’ingénieurs en communication), actuellement IMT Nord Europe (école nationale supérieure des Mines-Télécom) et part sur Paris où il travaille pendant 18 mois en tant que développeur.

Photo Alexis (Document internet)

Un an plus tard son frère Timothée obtient également son diplôme de la même école et, tous deux animés par la passion de l’informatique, du développement et des nouvelles technologies, décident de créer leur entreprise. C’est ainsi que nait l’entreprise IT Room à Roubaix. En effet Alexis a effectué un stage en Angleterre dans une école où il s’occupait de la salle multimédia (salle où il y avait les ordinateurs) et cette salle s’appelait l’ITRoom.

Sigle (Document site internet)

Dans un premier temps et pendant 1 an, d’avril 2000 à juin 2001, les deux frères travaillent dans un bureau (ancienne chambre) de 9 mètres carrés située dans une vieille maison de la rue du Vieil Abreuvoir. Alexis y réalise de la prestation de service en messagerie pour de grands groupes de la Vente par Correspondance pendant que son frère travaille en « développement open source ».

Photo actuelle du 21 bd Leclerc à Roubaix (Document Google Maps)

Puis l’entreprise déménage pour un local en entresol situé rue de l’Espérance en face du musée de la Piscine pour la période de juin 2001 à mai 2005. C’est là qu’un stagiaire les rejoint suivi par un puis 2 salariés. Ensuite la société part dans des bureaux situés au 21 boulevard du Général Leclerc de mai 2005 à janvier 2008.

A cette époque la société prend une dimension plus importante en achetant 2 appartements au 2ème et 3ème étage pour en faire des bureaux, au 49 boulevard Leclerc, au dessus du magasin Damart, pour la période allant de janvier 2008 à mars 2016. IT Room compte alors une vingtaine de salariés. C’est pendant cette période que la société compte un 3ème associé en la personne de Gauthier Leleu de la société IT Référencement.

Etablissement roubaisien à l’étage du magasin Damart extérieur et intérieur (Documents google maps et Alexis Lepoutre)

C’est en 2015 qu’une opportunité se présente d’acheter un terrain sur l’ancienne friche Gabert à Hem (voir sur notre site l’article précédemment édité et intitulé Teinturerie Gabert). Les deux frères gèrent le projet de A à Z et dessinent eux-mêmes les plans du futur immeuble avant de les faire valider par le constructeur.

Construction à Hem en 2015 et livraison en 2016 (Documents Alexis Lepoutre)

Ce nouvel établissement, sis 5 allée Gabert, face à l’ancien château de Jean Gabert, présente des avantages certains au niveau pratique : un intérieur adapté, un parking mais aussi un extérieur permettant l’installation d’une terrasse avec un barbecue ainsi que d’un terrain de pétanque. Le nouveau concept permet le développement d’un état d’esprit cher à Alexis : la proximité avec les collaborateurs.

Etablissement de Hem (Documents google maps)
Les équipes au travail et les bureaux (Documents site internet et famille Fontenay)

En effet même si certains d’entre eux travaillent chez des clients en prestation à plein temps le but est de maintenir une cohésion de l’ensemble. C’est ainsi que même pour ces derniers l’organisation fait qu’ils forment également une équipe chez un client déterminé. Ils sont toujours suivis et reçoivent régulièrement la visite de leurs dirigeants.

Il existe actuellement 3 entités sur place, ce qui représente une soixantaine de salariés au total : IT Room (développement technique informatique), IT Référencement (accompagnement pour la visibilité d’un site internet ou e-marketing) et IT BLM (administration système et réseaux).

Extension en 2020-2021 (Documents site internet)

Afin de pouvoir accueillir cette nouvelle entité, située à Marcq-en-Baroeul, dans les locaux de Hem une extension du site hémois est entamée en 2020 et finalisée à l’été 2021. A cette occasion 2 nouveaux associés arrivent dans la société, tous deux issus de BLM, à savoir Jean-François Bocourt et Christophe Bricault. C’est également à cette époque qu’un autre associé intègre la société : Valery Broyon qui était de la même promotion qu’Alexis à l’ENIC.

Conférence, formation, forum d’entreprise à l’IMT Nord Europe (Documents site internet)

Chez IT Room on se forme continuellement, que ce soit par l’entraide entre collègues, par le biais de sessions de mentoring ou la mise en place de formations. Ainsi, lors de conférences ou de formations, des mises à niveaux sont assurées à tous les collaborateurs dans un métier où les nouvelles technologies évoluent à grande vitesse.

IT Room se fait également représenter lors des forums d’entreprises dans les grandes écoles. La participation à des causes nationales telles que la lutte contre les violences faites aux femmes ou la journée nationale de la trisomie 21 font également partie de la culture d’entreprise.

Lutte contre les violences, trisomie 21 (Documents site internet)

Afin d’assurer la cohésion de l’ensemble des collaborateurs des repas ou autres moments de convivialité rassemblent régulièrement les différentes équipes au siège à Hem, ainsi que des challenges ping-pong et/ou pétanque, des séances de karaoké mais il existe également des sorties notamment au bowling et au stade de foot. L’important est de veiller au bien-être au travail et pour se faire il est indispensable d’instaurer des moments sympathiques et conviviaux y compris sur les lieux habituellement dévolus au travail. Il existe ainsi un potager bien entretenu dans le jardin de l’entreprise.

Moments de convivialité (Documents site internet et famille Fontenay)
Challenge pétanque/ping-pong (Documents site internet et famille Fontenay)
Terrasse et potager (Documents site internet et Alexis Lepoutre)

En 20 ans une petite société, née d’une passion commune de deux frères, a donc pris son essor et connu une croissance impressionnante tant en terme de nombre d’associés que de salariés tout en réussissant le pari de rester une entreprise familiale et proche de ses collaborateurs.

Dédié à Romain Fontenay

Remerciements à Alexis Lepoutre

Garage Duquesne

Au début du siècle, l’actuelle rue du Général Leclerc à Hem comporte essentiellement , côté pair, des maisons jusqu’au numéro 28 . Plus loin, en partant du centre ville, il n’y a encore que des champs, comme le montre une carte postale des années 1900 de la rue Poivrée (ou rue de Lille), prise en regardant vers le centre.

L’atelier Nord-Vélo au premier plan à gauche et la même maison à la limite des champs au début du siècle avec une enseigne Cycles sur le pignon (Document Hem Images d’hier)

Le bâtiment sis au n° 28 abrite alors un atelier de construction mécanique, Nord-Vélo, qui fabrique des bicyclettes. Puis dans les années 1930, apparaît au n° 30 un garage à l’enseigne « Bifur-Garage » comme en témoigne une photo de 1936. Son nom commercial est dû à la proximité du carrefour d’ Hem Bifur reliant la rue de Lille et la rue de Lannoy (actuelle rue Jules Guesde). Il fait également station service Antar pour les motocyclettes.

Le Bifur-Garage en 1936 (Document Historihem) et le garage Duquesne de nos jours (Document Google Maps)
La plaque rivetée du garage à l’époque (Document Duquesne)

C’est dans le Ravet-Anceau d’après guerre, en 1947-49, que l’on voit apparaître pour la première fois le nom d’ Emile Duquesne au 30 de la rue de Lille (actuelle rue du Général Leclerc) à Hem. L’ancienne enseigne Bifur-Garage n’est plus mise en valeur bien qu’elle apparaisse encore sur les factures et l’on parle dès lors plus sobrement du garage Duquesne.

Ancienne publicité (Document Historihem) et en-tête d’une ancienne facture (Document Duquesne)

Une ancienne publicité permet de constater que, s’il représente les marques automobiles Chenard et Walker, il assure les révisions et réparations de voitures toutes marques, la mécanique auto et le graissage par pression.

Voitures Chenard et Walcker années 1920 (Documents Hprint et Wikipedia)

Après guerre, comme en témoigne un vieux registre de copies de lettres, le garage entretient les véhicules de l’entreprise Meillassoux et Mulaton, sise un peu plus loin dans la rue de Lille, de l’entreprise Declercq Frères, autre Teinturerie de la rue mais située à l’extrêmité de celle-ci à Hempempont, ainsi que ceux d’ Emile Delmet, ancien maire de Hem de 1929 à 1935.

Vieux registre de l’établissement (Documents Duquesne)

Ce n’est que dans les années 1950 que le garage d’ Emile Duquesne est également répertorié dans les Ravet-Anceau, à la rubrique Station-Service Antar. Le garage fait station service jusque dans les années 1980, à une époque, pas si lointaine, où de nombreuses stations d’essence sont encore installées en centre ville.

Publicité de 1966 (Document Nord-Eclair)

Dans les années 1960, le garage Duquesne est devenu une agence Peugeot et emploie les 2 fils d’Emile : Gérard et Jean-Claude, comme mécaniciens. Il vend des véhicules neufs et achète et revend des voitures d’occasion au besoin en montant un dossier de crédit. En 1966, sa publicité propose à l’essai les 204, 403 et 404.

Extrait du Registre d’Entrées et Sorties du Personnel de l’époque (Document Duquesne)
Modèles 204, 403 et 404 (Document petites observations automobiles, caradisiac et news d’anciennes)

Au départ à la retraite d’Emile, Gérard et Jean-Claude lui succèdent naturellement à la tête du garage. Tout comme Emile et son épouse Agnès au début, leur fils aîné Gérard et son épouse Nadine habitent au n°30 qui est alors toujours une maison d’habitation pourvu d’un petit hall d’exposition à gauche de l’entrée du garage, pendant que Jean-Claude est logé avec sa famille au n°28, le 26 abritant alors Emile et son épouse.

Dans les années 1970 et 1980, les publicités dans le journal sont fort nombreuses et vantent chaque nouveau modèle de la marque Peugeot. Au fils des années chaque gamme fait ainsi l’objet d’une présentation à la clientèle sur une journée spécifique avec essais des nouveaux véhicules.

Publicités des années 1970 (Documents Nord-Eclair)
Publicité de 1970 (Document mémento public CIT de la ville de Hem) et de 1982 Peugeot-Talbot en commun avec le garage Lescouffe (Document Office d’Information Municipal de Hem)

En juillet 1994, au décès de Gérard suivi de la retraite de Jean-Claude, c’est Stéphane qui reprend l’affaire avec son épouse Valérie. Tous deux habitent d’abord sur place puis dans les années 2000, il refont un superbe hall d’exposition avec un bureau en enfilade là où se situait le rez-de-chaussée de l’habitation, tandis qu’à l’étage ils installent 2 appartements à louer.

Dans les années 2000, les publicités continuent à se succéder dans la presse locale mais une opération commerciale particulière a également lieu en 2003, avec l’association des « commerçants d’Hem j’aime », dans le cadre des 10 jours du commerce, au cours de laquelle le bulletin du couple Lecollier, tiré au sort, leur permet de gagner une journée en 206 neuve ainsi que bien d’autres cadeaux toute la journée chez une quinzaine de commerçants de la ville.

Publicités de 2000 et photo de la remise des clefs de la 206 par Stéphane Duquesne en 2003 (Documents Nord-Eclair et Guide Pratique Tout en Un de la municipalité de Hem en 2000)

A l’heure actuelle le garage est toujours un agent Peugeot et vend toujours des voitures neuves et d’occasion tout en assurant la maintenance et l’entretien des véhicules. Il réalise tous travaux de mécanique et d’électricité sur toute automobile et occupe une surface totale de 1351 mètres carrés.

Logos du garage Peugeot (Document logos internet)
Photos de façade du garage en 2008 et 2020 (Documents Google Maps)

Le garage d’origine est toujours en fonction au niveau de l’atelier, avec son sol de pierre bleue. A droite on voit encore l’emplacement de l’ancienne fabrique de vélos qui allait jusqu’au fond, dans lequel est installée la nouvelle cabine de peinture. A droite à l’entrée se trouve l’emplacement de l’ancienne cabine de peinture et au fond à gauche, après les ponts élévateurs, l’ancien bureau.

Photos de l’intérieur du garage (Document photo IT)

Dans la salle de droite qui correspondait donc initialement au n °28, se trouve une issue de secours qui donne sur des garages à louer dont l’entrée se situe dans la rue Victor Hugo. Il s’agissait auparavant sur cet emplacement de jardins ouvriers.

Plan cadastral parcelles 184 n°28 et 185 n°30 (Document cadastre)
Les garages donnant sur la rue Victor Hugo (Document photo IT)
Photo aérienne de 1962 (Document IGN)

Pendant près d’un siècle trois générations de Duquesne se sont donc succédées à la tête de cette entreprise emblématique du Centre Ville de Hem.

Témoignage : « En tant que cliente du garage Duquesne depuis une quarantaine d’années, j’ai toujours apprécié le contact avec Stéphane et Valérie, au service de leur clientèle. La compétence et le sérieux de Stéphane dans son travail permettent une entière confiance pour les travaux à réaliser sur les véhicules qui lui sont confiés. »

Remerciements à la ville de Hem, l’association Historihem, Valérie et Stéphane Duquesne ainsi qu’à Joelle Lepers.

 

Nouvelle école Victor Hugo

Ce n’est qu’en 1957 que le projet y est lancé pour la construction d’une école maternelle de 2 classes comportant un logement, et de 2 écoles primaires comprenant chacune 3 classes et un logement, ces 3 écoles devant former le groupe solaire d’Hem Centre. Etant donné l’état du terrain et notamment une forte dénivellation due à un trou de bombe (en 1944) des fondations spéciales et des travaux de drainage sont nécessaires, accroissant le coût de l’opération.

Photos aériennes de 1951 puis 1962 (Documents IGN)

En 1958, le groupe scolaire du Centre est inauguré par le maire Jean Leplat, dans le cadre verdoyant du parc de l’ancien château Catrice, nouvelle mairie de Hem en présence de nombreuses personnalités. La Marseillaise est interprétée par l’Harmonie Municipale et la Clique La Gauloise avant que l’Inspecteur d’Académie ne coupe le cordon symbolique.

Inauguration de l’école du Centre et discours du maire Jean Leplat (Document Nord-Eclair)

Jean Leplat insiste dans son discours sur « les classes spacieuses et bien aérées de cette nouvelle école où les enfants verront petit à petit les corbeilles se garnir de fleurs et les terre-pleins se transformer en gazons parsemés d’arbustes bordant les allées bien soignées… ».

Le journal Nord-Eclair se fait l’écho de la foule nombreuse ayant participé à la cérémonie, tels les enfants des 3 écoles agitant joyeusement des petits drapeaux et la foule en chemin pour visiter les classes après les discours officiels.

Photos de la journée d’inauguration du groupe scolaire (Documents Nord-Eclair)
Le restaurant scolaire en 1973 (Document Nord-Eclair)

En 1973, désireuse que les enfants scolarisés prennent leurs repas dans de bonnes conditions, décide de la construction de 3 restaurants scolaires. Le 1er a être construit pour recevoir 160 enfants est celui du Centre au « parc de la Marquise », comme il est encore d’usage à l’époque d’appeler l’ensemble du parc appartenait à la Marquise d’ Auray de Saint Pois.

L’adresse de l’établissement est le 71 rue de Beaumont, l’entrée officielle se faisant par cette rue même si l’école est accessible également par la mairie. Dans d’autres bulletins municipaux, quelques années plus tard la seule adresse spécifiée est le parc de la mairie. Le cadre dans lequel se situe l’école se prête à merveille aux activités de plein air.

Une sortie vélo en 1975 (Document Historihem)
Photos de classe de 1976 (Documents Copains d’Avant)

En 1981, à l’occasion du centenaire des lois laïques, la ville d’Hem offre à ses écoliers une véritable classe 1900. Les organisateurs dénichent dans les greniers d’école et de mairies de la régions des bouliers, bureaux, une carte de France où l’Alsace n’est pas française et un orgue d’accompagnement. Les élèves de CM1-CM2, vêtus de sarraus noirs confectionnés avec l’aide des parents se retrouvent comme par magie au début du siècle.

Photo de l’école rétro organisée à l’école du Parc (Document Nord-Eclair)

Puis dans la semaine, les élèves de la classe rétro reçoivent la visite de Mme Pisani-Ferry, petite nièce de Jules Ferry, qui vient leur parler de l’amour de son grand-oncle pour l’école et de son respect pour les enseignants. Elle leur explique comment il a créé l’école gratuite pour que tous puissent en profiter, avant de la rendre obligatoire. Mme Pisani-Ferry est également reçue en mairie par Jean-Claude Provo.

Photos du passage de Mme Pisani-Ferry à l’école et en mairie (Documents Nord-Eclair)

Photos de l’école en 1982 (Document Hem d’hier et d’aujourd’hui et Office Municipal d’information de Hem)

En 1984, une association de parents d’élèves décide d’offrir une bibliothèque à l’ensemble des classes. Pas de salle à y consacrer et dans un premier temps les quelques 500 livres qu’ils espèrent recueillir grâce à un appel au don vont être répartis entre les classes pour que les élèves les aient sous la main et retrouvent petit à petit le goût de la lecture.

En mai 1994, est posée la 1ère pierre de la nouvelle école maternelle qui sera achevée en novembre. A la rentrée de Septembre, les élèves doivent donc se serrer un peu dans leurs anciens locaux avant de pouvoir intégrer à la rentrée des vacances de Toussaint la nouvelle partie de l’école actuellement en finition.

La nouvelle partie de l’école est un habile mélange d’espaces spécialement conçus en fonction des activités, de pièces de toutes tailles et de recoins secrets. Tout est aménagé en fonction des enfants et les volumes adaptés à leur taille. A la place du préfabriqué qui abritait la quatrième classe, une toute nouvelle partie en briques est sortie de terre.

Le nouveau bâtiment sort de terre (Document Nord-Eclair)

Puis l’ancienne partie fera peau neuve et tout devrait être fini pour la rentrée de janvier 1995. La façade du bâtiment central a été refaite et une rampe d’accès pour les personnes handicapées a été aménagée. L’ancien bâtiment de 4 classes sera transformé en 2 salles de classe très spacieuses, une bibliothèque, des sanitaires, un bureau pour la directrice, une tisanerie, une salle d’évolution pour les enfants et différents locaux de rangement.

Le bâtiment central avec sa nouvelle rampe d’accès (Document Nord-)
Photos du bâtiment rénové et d’une des nouvelles salles de classe (Documents Nord-Eclair et la Voix du Nord)

La nouvelle école s’étend sur une superficie totale de 750 mètres carrés dont 445 mètres carrés de bâtiments neufs dans ce milieu très verdoyant et calme qu’est le parc de la mairie. L’inauguration a lieu en mai 1995 en présence de Mme Massart maire de Hem.

Photos de l’inauguration (Documents Historihem)

Pourtant l’école primaire Victor Hugo dite « du Parc » reste à reconstruire et c’est chose faite à l’été 2000. L’architecte signe un projet qui allie tradition des matériaux et originalité du concept. C’est une école symétrique qui ressemble un peu à un papillon avec, dans chaque aile 4 classes et 2 salles d’activité, le grand hall étant le corps du papillon et assurant la distribution vers les 2 ailes.

Mr Vercamer, maire de la ville visite le chantier avec ses adjoints une fois le gros œuvre terminé (Documents Nord-Eclair)
Nouvelle visite de la municipalité alors que le chantier est presque terminé (Documents Nord-Eclair)

Durant cet été alors que l’école maternelle Victor Hugo accueille, comme tous les ans, un centre de loisirs, un incendie s’y déclare un dimanche après-midi alors que le centre est donc désert. Deux trans-locaux préfabriqués, utilisés auparavant par les élèves de l’école primaire en travaux sont donc mis à disposition du centre de loisirs jusqu’à sa fermeture.

L’école maternelle incendiée (Documents Nord-Eclair)

Enfin pour la rentrée 2000, la nouvelle école primaire Victor Hugo est inaugurée. Toute en briques, tuiles et baies vitrées, grande de 1.000 mètres carrés, elle possède une BCD (Bibliothèque Centre de Documentation), une salle d’arts plastique, une salle d’informatique et une salle plurivalente. Une fresque avec toutes les mains des élèves apposées en peinture à l’entrée de l’école est dévoilée pour l’occasion.

L’inauguration de l’école primaire (Documents Nord-Eclair)

En 2013, la municipalité inaugure le nouveau restaurant scolaire ultra-moderne et après une visite des cuisines le maire et sa suite ont droit à une chanson à entonner avec les écoliers. Puis les petits se ruent à table et les visiteurs au buffet. Les enfants y vont de leurs commentaires élogieux : trop bien et super-cool. Quant au personnel, il le trouve très fonctionnel et beaucoup plus conforme en termes de surface : 415 mètres carrés pour accueillir chaque jours 200 petits gourmets.

En 2017, la municipalité fait aménager un parking rue de Beaumont qui doit servir aux usagers des équipements sportifs mais surtout aux parents d’élèves de l’école. Ce parking compte une quarantaine de places, est doté d’un portail et surveillé par des caméras. L’année suivante l’école bénéficie d’une rénovation de façade et d’un nouveau sol souple pour la garderie. Enfin en 2020, les travaux d’aménagement du parc de la mairie se poursuivent avec la construction d’une allée menant de la mairie à l’école Victor Hugo.

L’école dans son écrin de verdure en 2017 (Documents site internet , APE et ville de Hem)

Remerciements à l’association Historihem, André Camion et Jacquy Delaporte pour leurs ouvrages Hem d’hier et d’aujourd’hui

Ancienne Ecole Victor Hugo

C’est en 1841 qu’une école communale pour garçons est construite sur la Place d’Hem, dénommée ensuite école Victor Hugo. Auparavant l’école était assurée dans une pièce de la maison du maître qui enseignait tout en faisant la cuisine et en soignant ses enfants ; s’il disposait de plusieurs pièces il pouvait enseigner aux 2 sexes dans des classes séparées.

L’école Victor Hugo vue de la place, la façade en gros plan et l’arrière de l’école et le mur d’enceinte de la cour de récréation vus de la rue du Cimetière (Documents collection privée)

Toujours pas question cependant, pour le moment, d’une école pour les filles « qui n’ont pas besoin d’instruction pour tenir leur ménage » de l’avis général, la municipalité n’ayant pas les moyens financiers suffisants pour ouvrir 2 écoles.

Pas d’école pour les filles ! (Document Au Temps d’Hem)

Toutefois la salle de l’école comprend une seule pièce pour recevoir les élèves des deux sexes qui se trouvent séparés par une cloison. Au milieu se trouve le ponton du maître où est établie une tribune d’où il peut surveiller les élèves des deux sexes. Il existe une porte d’entrée dans le corridor afin que les élèves de chaque sexe puissent se rendre dans la partie de la salle qui leur est destinée.

Les heures d’entrée et de sortie sont différentes d’une demi-heure pour les garçons et les filles car tout est fait pour parer à l’inconvénient de la réunion des élèves des deux sexes. Ainsi, si les latrines se trouvent au même endroit, les 2 cabinets sont séparés et ont chacun leur porte, une pour les garçons et une pour les filles, et le règlement ne permet pas la sortie des 2 élèves à la fois.

La commune fait compléter le mobilier de bancs, tables, ponton neuf et tribune du maître. Quant aux tableaux de calcul ils sont au complet et appartiennent à l’instituteur, Mr Dardenne.

Plan de l’école avec ses 2 classes (Document Historihem)

Au début de l’année 1858, en raison du grand nombre d’élèves qui fréquentent l’école, un instituteur adjoint est nommé pour seconder le 1er. Il est nourri par celui-ci, lequel perçoit une indemnité supplémentaire à charge pour lui de rétribuer son adjoint. A la même époque une pompe à eau en bois est installée chez l’instituteur aux frais de la commune, charge à lui d’entretenir le mouvement du piston et du levier.

Exemple de pompe à eau en bois du 19ème siècle (Document site Proantic)

Mr Dardenne est un bon instituteur et obtient des résultats plus que satisfaisants de ses élèves. Au concours du canton de Lannoy, c’est le jeune Valentin Bonnet, élève de l’école communale de Hem qui obtient le 1er prix. En 1867, Mr Dardenne est nommé dans une autre ville et c’est Mr Cantin qui le remplace, lequel n’est toutefois plus tenu de loger et nourrir son adjoint qui l’est dès lors par la commune.

Une enquête préfectorale de 1869 fait ressortir l’insuffisance des salles de classe à l’école des garçons. La 1ère classe n’a qu’une superficie de 41 mètres carrés pour 103 élèves et la seconde une superficie de 30 mètres carrés pour 43 élèves alors que le règlement prévoit 1 mètre carré par élève.

Toutefois le conseil municipal s’oppose à la construction d’une 3ème classe au motif que l’enquête a été faite en hiver alors qu’en été les élèves sont beaucoup moins nombreux en raison de leur occupation aux travaux des champs. Il ajoute que sur les 130 élèves de la grande classe bon nombre n’écrivent pas et n’ont donc pas besoin de place puisque sans table…

En 1871 toutefois, un projet de construction de nouvelles classes dans la cour de l’école des garçons est adopté par le Conseil Municipal. L’année suivante c’est Mr Monnier qui devient instituteur titulaire et son traitement est revu à la hausse. Quant aux travaux, après approbation par le Ministère ils sont réalisés en 1874.

Les enfants de l’école avant 1900 avec leur maître Mr Monnier (Document collection privée)

A l’école de garçons la cour de récréation a une superficie de 300 mètres carrés et le jardin potager 415 mètres carrés. A l’époque une circulaire ministérielle appelle « l’attention sur la nécessité de prendre des mesures pour que les jardins annexés aux écoles rurales rendent les services qu’on peut en attendre au point de vue de l’enseignement horticole et plus particulièrement de l’arboriculture ».

En 1877, l’école communale de garçons compte 209 élèves pour 3 maîtres. Si Mr Monnier reste fidèle au poste il est à noter que les 2 instituteurs adjoints, quant à eux, semblent faire leurs premières armes à Hem mais ne restent pas plus d’une année en poste. En 1880, c’est le 1er certificat d’études que 10 élèves hémois passent avec succès à Lannoy.

En 1883, la 3ème classe étant surchargée d’élèves, 140 en moyenne, le Ministre de l’instruction publique autorise la création d’un 3ème poste d’adjoint et la 4ème classe est installée dans le préau qui précédemment servait d’entrée. Le nouveau couloir par lequel les élèves entrent dorénavant est très large et peut servir de préau en temps de pluie.

La cour de l’école est en mauvais état et 3 solutions sont à l’étude : l’emploi de scories, le pavage « en briques de champs au sec » ou l’emploi de petits graviers blancs. L’emploi de scories, déjà testé, produisant beaucoup trop de poussière noire, et le pavage engendrant une dépense beaucoup trop importante, c’est l’emploi de petits graviers blancs qui est retenu. Ce n’est qu’en 1895 que le pavage de la cour a lieu, les finances étant plus saines. C’est à cette même époque que l’éclairage au gaz est installé dans toutes les salles de classe.

Reconstitution d’une classe de 1900 dans la nouvelle école Victor Hugo en 1982 ( document Copains d’avant)

A l’époque l’instituteur en titre est également secrétaire de mairie, un véritable notable de la commune comme en témoigne l’allocution faite par le maire, Mr Delecroix, lors du départ en retraite de Mr Monnier, directeur de l’école du centre en 1906 et qui s’est toujours acquitté, depuis sa nomination en 1871, avec honneur et compétence de sa double et délicate tâche. Mr Monnier décède en 1911.

Les enfants de l’école en 1910 avec leur instituteur (Document Historihem)

En 1907, un budget est voté pour la construction d’un préau. En revanche la demande de surélévation de l’école du centre pour y faire une salle des fêtes est rejetée en 1914. La commune juge en effet préférable d’envisager la construction d’une salle spéciale au centre de la commune pouvant servir à toutes les œuvres post-scolaires.

Le projet reste en suspens avec la déclaration de la guerre puis la fermeture des écoles en 1917 par manque de chauffage et pour cause de réquisition pour l’hébergement des troupes allemandes. Les bâtiments communaux, dont les écoles, sont sérieusement endommagés et une grande partie du mobilier scolaire détruit ou brûlé.

Les enfants de l’école en 1922 (Document collection privée)

En 1930, l’école est restaurée et la cour de récréation revêtue d’un nouveau pavement spécial, insonore et ne blessant pas les genoux. Puis, en 1946, l’assemblée municipale décide l’acquisition de la propriété Catrice au 42 rue de Lille (actuellement rue du Général Leclerc). La maison de maître va être aménagée en Mairie et 2 écoles seront aménagées dans le parc : l’une pour remplacer l’école Victor Hugo, trop vétuste, et l’autre pour remplacer l’école Pasteur, endommagée lors de la guerre.

Les enfants de l’école après la 2ème guerre mondiale (Document Historihem)

A suivre…

Remerciements à l’association Historihem, André Camion et Jacquy Delaporte pour leurs ouvrages Hem d’hier et d’aujourd’hui et Hem 1000 ans d’histoire ainsi qu’à Jacquy Delaporte, Christian Teel et Chantal Guillaume  pour leur bande dessinée Au Temps d’Hem