Wattrelos à la belle époque

CHRONIQUES WATTRELOSIENNES

Les Chroniques Wattrelosiennes se présentent sous la forme de petits articles traitant d’une période donnée de l’histoire et de la mémoire de la grande cité frontalière du Nord. Ces textes sont construits à partir du recoupement opéré par l’auteur dans ses recueils de témoignages, ses lectures de la presse de l’époque et ses recherches dans les archives. Pour le plus grand plaisir des lectrices et des lecteurs, voici reconstituée et racontée l’histoire de Wattrelos et des Wattrelosiens, à travers ses anecdotes et ses événements.

1901-1911 WATTRELOS A LA BELLE ÉPOQUE

La belle époque est sans aucun doute une période globalement marquée par les progrès sociaux, économiques, technologiques et politiques. Wattrelos n’y échappe pas, mais ce n’est pas la belle époque pour tout le monde, dans une commune qualifiée comme étant « la plus pauvre de France » par le Journal de Roubaix. Mais cette période va marquer l’évolution de Wattrelos vers une identité de grande ville. La voirie se complète et l’on va développer une stratégie d’hygiène publique avec la création d’égouts, d’aqueducs et un règlement sanitaire municipal très sérieux. Les tramways vont développer leurs réseaux sur la ville, la traversant de part en part. Le développement des quartiers s’accentue, Le Crétinier, le Laboureur, le Sapin-Vert ne sont plus des hameaux, sans oublier la place de Wattrelos qui va devenir une vraie Grand Place au sens républicain du terme.

La mutation du personnel politique se poursuit, avec une tendance à la démission pour le poste de maire. La marge de manœuvre de l’équipe municipale semble étroite et les grands projets prennent du temps à se réaliser, voire ne se réalisent pas du tout. L’industrie se développe avec l’arrivée d’une importante société chimique. Les tueries particulières vont bientôt laisser place à un abattoir public. Côté loisirs, on construit un superbe vélodrome au Laboureur, et les quartiers renforcent leurs ducasses avec des braderies de plus en plus courues. On va même construire un nouvel Hôtel de Ville !

Voici donc présentée l’évolution de Wattrelos, par petites touches, dans l’atmosphère de l’époque. Ce petit livre ne prétend pas être exhaustif, ni relater des vérités historiques. Il guidera le lecteur dans les événements du début du vingtième siècle, et lui donnera l’envie d’en savoir plus sur la vie et l’avenir d’une commune autrefois réputée pauvre en ressources mais si riche d’histoires.

Faits divers : Vitriol !

Faits divers

Qu’est ce qu’un fait divers ? Selon le dictionnaire, il s’agit d’un événement sans portée générale qui appartient à la vie quotidienne. Par extension, c’est une rubrique de presse comportant des informations sans portée générale, relatives à des faits quotidiens. La présence récurrente dans les journaux de certains thèmes est révélatrice d’une tendance de l’époque, relayée ou mise en évidence par la presse, média dominant de ce début de vingtième siècle. Après avoir relevé les articles d’un même thème, l’auteur effectue une lecture croisée des différents quotidiens et nous livre de petites histoires significatives des mœurs du temps. Source d’inspiration pour les romanciers, la rubrique des faits divers est un faisceau d’informations brutes et surprenantes. Quand la réalité dépasse la fiction !

Vitriol

Le vitriol, ancien nom de l’acide sulfurique, servait surtout dans l’industrie, pour blanchir les textiles ou décaper les métaux. A compter des années 1870 et jusqu’au début du XXe siècle, le vitriol, dit aussi «poignard liquide», devint l’arme privilégiée des crimes de la jalousie ou du dépit amoureux.

Jeté à la face d’une personne haïe, le vitriol provoquait de terribles brûlures et des marques ineffaçables et parfois la mort. Souvent présenté comme un crime de la «vengeance féminine», le vitriolage était aussi l’apanage des hommes, qui trouvaient là l’exutoire de leur jalousie et de leur violence envers les femmes. Cet ouvrage présente un certain nombre de faits divers qui permettent d’appréhender, sinon de comprendre cette folie meurtrière, significative de l’époque qui précéda la première guerre mondiale.

Roubaix et le chemin de fer

Le dix neuvième siècle est incontestablement l’époque du chemin de fer. L’important développement ferroviaire des années 1840 en a fait le mode de transport terrestre qui dominera pendant plus d’un siècle, avant qu’il soit concurrencé par le transport routier automobile et le transport aérien. Le chemin de fer permet alors de garantir des déplacements rapides et sûrs, pour les personnes comme pour les marchandises. Il contribue ainsi puissamment à la révolution industrielle, au développement du secteur financier et du commerce, et au développement urbain, tout en bénéficiant des avancées technologiques du siècle et des moyens d’investissement importants rendus nécessaires par ses infrastructures. Le chemin de fer permet de desservir villes et campagnes, pays et contrées grâce à des réseaux maillés s’adaptant à tout type de relief. Il devient ainsi indispensable car il prend une importance majeure sur le plan économique et social, mais aussi militaire, en réduisant considérablement la durée des mobilisations et le temps de transport des troupes. Comment une ville comme Roubaix, en plein développement industriel dans la seconde partie du dix neuvième siècle, a-t-elle accueilli, s’est-elle développée et a-t-elle travaillé avec le chemin de fer ? Voilà ce que nous raconte cet ouvrage.

Jean Pierre Maerten est un passionné de l’histoire ferroviaire, et il nous présente une histoire des relations entre une grande ville textile et le chemin de fer, en même temps que leur développement parallèle. Il nous propose un inventaire détaillé et circonstancié des lignes, des ouvrages d’art, ainsi qu’un descriptif des lieux et implantations, leur influence sur le développement urbanistique et industriel de la ville. Ce formidable travail de recensement pousse très loin le niveau d’explication, sans pour autant négliger l’anecdote, tout en nous réservant de nombreuses découvertes.

Wattrelos fin de siècle

1890 – 1900 WATTRELOS FIN DE SIÈCLE

En 1890, Wattrelos est une commune faite de hameaux reliés par des chemins ou des sentiers, le pavé est encore rare. Autre caractéristique, elle possède treize kilomètres de frontière avec la Belgique, ce qui en fait un territoire largement fréquenté par les fraudeurs et surveillé par les douaniers. Quelques industries y sont installées comme le tissage Dhalluin Lepers ou l’usine de tissage, la filature et l’établissement d’apprêtage Leclercq et Dupire. Les dix dernières années du siècle vont amorcer sa transformation.

Wattrelos va d’abord améliorer sa voirie et s’ouvrir sur Roubaix via le Laboureur, avec la création des deux grandes rues Carnot et Faidherbe. Les rails vont alors couvrir son sol, les tramways bientôt électriques, vont courir jusqu’à la Belgique, tout comme le chemin de fer partant de la Gare du Pile. Après vingt ans d’attente, les wattrelosiens auront enfin leur gare ! Les hameaux commencent leur mutation en quartiers, tel le Crétinier qui va recevoir en dix ans une église, un cimetière et une coopérative ouvrière. Wattrelos va également connaître l’éclairage par l’électricité, ce que peu d’autres villes ont déjà testé.

Tous ces changements sont accompagnés d’une mutation du personnel politique. Le conseil municipal composé de propriétaires terriens et de cultivateurs, va bientôt se transformer. Les commerçants, les petits industriels vont mener les nouveaux chantiers malgré les discussions et les contradictions. Wattrelos devient même un enjeu politique, et notamment un réservoir de voix, dont les conservateurs roubaisiens bénéficieront avant les collectivistes. La commune devient un théâtre de conférences et de meetings, ce qui ne facilite pas la tâche du commissaire local et de ses gardes champêtres.

Voici donc présentée l’évolution de Wattrelos, par petites touches, dans l’atmosphère de l’époque. Ce petit livre ne prétend pas être exhaustif, ni relater des vérités historiques. Il guidera le lecteur dans les événements de cette fin de siècle et lui donnera l’envie d’en savoir plus sur la vie et l’avenir d’une commune réputée pauvre en ressources mais si riche d’histoires.

Instantanés de mémoire

Les instantanés de mémoire sont la retranscription des témoignages recueillis lors des animations des ateliers mémoire. Il faut préciser comment ça s’est passé.

Tout d’abord les participants ne connaissent pas le thème sur lequel ils vont communiquer, ce qui garantit une expression spontanée. Ils ont ensuite deux à trois minutes pour exprimer leurs souvenirs, ce qui leur demande un effort de mémoire conséquent et canalise leur envie d’échanger. Ils ont aussi à se différencier de ce qui vient d’être exprimé, ce qui leur demande un minimum d’attention et de concentration. Pas toujours facile de trouver autre chose que ce qui vient d’être dit. Mais la volonté de se singulariser fait la différence et l’enrichissement.

Ces témoignages ont été saisis à l’aide d’un dictaphone avec l’accord des participants. Quinze à vingt personnes participent à cette animation. Il n’y a pas de contrainte ou d’obligation, on peut passer son tour. Rares sont ceux qui ne se sont pas prêtés au jeu.

Ce livre reprend les témoignages sans en changer le contenu, ils ont juste été débarrassés des bruits de l’expression orale (interjections, répétitions,…). Et cela nous donne une collection de souvenirs qui évoquent un passé pas si lointain et nous permettent d’établir une projection sur le présent et l’avenir.

Ce jeu peut être pratiqué en famille ou entre amis. Rappelons-en les règles. Il faut d’abord choisir les thèmes sur lesquels on va s’exprimer. Chacun pourrait proposer un thème et le glisser dans un chapeau, ce qui garantira l’effet de surprise. Puis on tire le thème dans le chapeau et chacun à son tour exprime son ou ses souvenirs. Si l’on veut conserver, il faut penser à enregistrer ce qui est dit, avec l’accord des participants. Enfin, la mise en écriture permettra d’obtenir un beau souvenir d’un bon moment de convivialité fait d’échanges, d’écoute et de mémoire collectifs.

Des courses de baignoires sur le canal !

Le canal a très vite été un lieu d’activités conviviales. Les sports nautiques ont trouvé leur décor, ainsi l’aviron et les régates du Cercle Nautique de Roubaix mais aussi les nageurs et bien sûr la pêche.

En 1988, la Jeune Chambre Économique de Roubaix crée les « Animations Nautiques » quai de Calais et quai de Dunkerque, dans le quartier de l’Union. Le point d’orgue de la manifestation sera une course de baignoires ! Elle organise encore l’édition 1989 puis c’est la transmission en 1990 à la Ville de Roubaix, au Comité des Fêtes de l’Union et à l’Association des Commerçants et Artisans de l’Union Roubaix (ACAUR) composée du Garage Darbo, de la librairie Delesalle et de l’auto-école Grouillon. Ces animations sont intégrées au programme de la Fête Nationale et se déroulent le 14 juillet.

La course de baignoires Photo Comité des fêtes

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Roubaix 2000 de 1974

Les murs extérieurs du centre commercial Roubaix 2000 ont été revêtus de couleurs vives et pimpantes, en attendant que les murs intérieurs subissent le même traitement. Des panneaux publicitaires informent le passant sur qui se trouve dans le centre. Le problème des courants d’air semble avoir trouvé une solution : des glaces ont été posées tout autour des jardins intérieurs. On est moins frileux dans les allées. La mise en place de coupe-vents et de portes latérales sera opérée très bientôt.

La parade aux courants d’air Photo NE

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On reparle de la station d’épuration

Suite aux travaux de dérivation et de canalisation de l’Espierre des années soixante, on reparle de la station d’épuration au début des années soixante dix. Le problème du traitement des eaux de l’Espierre, collecteur « naturel » des eaux charriant les déchets des industries textiles de l’important centre de Roubaix Tourcoing Wattrelos est toujours d’actualité, et ce depuis plus d’un siècle ! Le 22 février 1887, un décret est pris pour la déclaration d’utilité publique des travaux nécessaires pour assurer l’épuration des eaux de l’Espierre avant leur sortie du territoire français. Et cela urgeait, la Belgique menaçait de construire un barrage à Leers-Nord !

Deux cents mètres en amont, un projet de barrage à Leers Nord Coll Particulière

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Janvier 1902

Le journal des sports de Janvier 1902

Automobilisme : encore un champion cycliste qui abandonne la bicyclette pour pratiquer l’automobile. Tommaselli bien connu à Roubaix, va piloter une voiture automobile pour le compte d’un constructeur italien et effectuer le tour d’Italie.

Football : les victoires du Racing Club Roubaisien. L’équipe 5 rencontrait La Gauloise de Wattrelos (4-0). L’équipe 3 affrontait une sélection du Sporting Club tourquennois en match d’entraînement (2-1). L’équipe seconde recevait les amis du Sporting Club Courtraisien sur le terrain de Beaumont (8-5). Les équipes premières du RCR et de l’Iris Club lillois à Lille comptant pour le championnat du Nord. Roubaix menait 2-0 à la mi-temps et l’emporte 3-1. Continuer la lecture de « Janvier 1902 »

1970 le centre commercial en chantier

L’opération Édouard Anseele c’est quinze ans de travail : 13 hectares à dénuder, 1.800 logements insalubres à détruire, 4.000 personnes à reloger, 240 commerces à exproprier. Puis une infrastructure à refaire de fond en comble, 1.700 logements à construire, un parking souterrain de 1250 places, un centre commercial de 80 magasin, un groupe scolaire, une salle des sports de 900 places et un foyer de vieillards (pour le 3e âge) à édifier. Le tout est situé à proximité immédiate du centre ville. Les promoteurs ont souhaité arrêter l’inquiétante évasion du pouvoir d’achat des roubaisiens vers l’extérieur (Lille, Belgique). Le parking de 1.250 places reste un atout important.

La galerie en construction Photo NE

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