Les organisateurs de la fête de l’entente leersoise font appel à l’occasion de la soirée du mois d’août 1960 à un orchestre de choix ! Jean Prez, dit Jean de Leers, se produira pour la première fois dans la salle des fêtes de la commune. Tous les leersois connaissent bien ce sympathique musicien issu d’une famille leersoise bien connue.
Jean Prez doc BNRx
Jean Prez est en effet fils et petit fils de maçons leersois. Son grand-père Henri Prez habitait hameau de la longue rue et il eut pas moins de treize enfants ! Son père Jean Louis Prez fut terrassier, maçon et cafetier, il habitait le hameau de la petite frontière et il eut trois enfants, (Jules, Jean, Thérèse), Jean étant né en 1922 à Leers-Nord.
Jean Prez 1960 doc NE
Jean de Leers est un artiste dont la virtuosité est reconnue depuis longtemps, il sera même professeur d’accordéon, compositeur et éditeur de musique. Il vient à Leers avec son accordéon, son bandonéon, sa flûte, son piano, son vibraphone, sa voix et il est accompagné par une formation qui comprend Ferdinand Craye à l’accordéon et au bandonéon, Paul Marescaux à la trompette, au violon et au chant, Georges Bart, trompette, piano, accordéon, congas, Germain Froment, à la clarinette et au saxophone, Théo Juillet à la contrebasse, André Merckx à la batterie.
Jean Prez et son orchestre doc NE
Ils vont animer un bal qui amènera de la joie pour tous, anciens et jeunes danseurs, et amateurs de musique d’orchestre. Le bal de l’entente leersoise a lieu le 14 août et le bénéfice de la soirée permettra aux dirigeants du club d’assurer à toutes les équipes une très belle saison. Des tables sont en location au café Loy 2 rue de Néchin, chez Desmet face à la salle des fêtes. Le retour vers Roubaix, Toufflers, Lys, Lannoy, Wattrelos est assuré par autocar. Le prix d’entrée est à 2,50 francs.
L’après-midi, à 15 heures et à 17 heures 30 et le lendemain après-midi du lundi se déroulera un tournoi de football au stade Léo-Lagrange avec la participation du Capreau de Wasquehal, du FC Annappes, de l’ASPTT de Lille.
Un article de Nord éclair daté de janvier 1964 nous apprend que deux roubaisiens ont participé au célèbre Rallye de Monte Carlo. Mieux encore ils ont fini premiers de leur catégorie ! Il s’agit de Stanislas Motte et de Jean Marie Buyssens.
Stanislas Motte est né à Tourcoing le 20 avril 1930 dans une famille aisée. Le père appartient à une grand lignée de négociants textiles qui compte parmi ses ancêtres les filateurs Motte Roussel et Motte Dewavrin. Sa carrière automobile semble officiellement commencer en 19561, lorsque Stanislas Motte achète à M. Paul Mazaud, concessionnaire Salmson de NANTES une Salmson 2300S. Présenté au quarantième Salon de l’Automobile de 1953, ce modèle possédait une ligne agréable, avec sous le capot un moteur quatre-cylindres double arbres à cames en tête de 105 ch associé à une boite Cotal électromagnétique, ce qui en faisait une redoutable voiture de sport. Monsieur Stanislas Motte la fait immatriculer en mai 1955 et effectue à son volant le Rallye International des Routes du Nord 1956, associé à Jean-Marie Buyssens, et l’équipe termine à la dixième place de l’épreuve emportée par la paire Robert Buchez et Claude Storez sur Porsche 356.
La Salmson 2300 Site https://www.aguttes.com
Ce résultat inaugure vraisemblablement une carrière de pilote de rallye, avec les difficultés inhérentes à ce sport. La Salmson a-t-elle été revendue pour couvrir les frais d’une autre course ? L’inventaire des courses2 nous indique la participation de Stanislas Motte et Jean-Marie Buyssens au Rallye International des Routes du Nord de 1958 sur Renault Dauphine TS, véhicule moins prestigieux mais tout à fait performant. Ils terminent second derrière la paire Bernard Consten Jean Hébert sur Panhard Dyna ZI.
À partir de 1960, les deux pilotes vont démarrer une collaboration avec la marque allemande NSU (Neckarsulm Strickmaschinen Union). Ils courent le Tour de France automobile de cette année là sur NSU Prinz 1 et terminent vingtièmes de leur catégorie remportée par Bernard Consten et Jack Renel sur Jaguar Mk2 3.8. Les NSU Prinz sont des automobiles développées par le constructeur allemand NSU de 1957 à 1972.
Stanislas Motte sur NSU en 1965 Site Printerest
En 1961, Stanislas Motte court avec Pierre Vandewynckèle sur Porsche 356 1600 à l’occasion du Rallye International du Touquet. L’expérience ne rencontre pas de résultat.
Il faut attendre 1963 pour retrouver Stanislas Motte au départ de trois épreuves sur NSU. Tout d’abord, le Rallye International des Routes du Nord couru avec Jean-Marie Buyssens avec une 9e place en catégorie T. Puis le Tour de France automobile, auquel il participe avec Paul Duthilleul sur NSU Prinz Sport GT1. Ils enlèvent la seconde place de leur catégorie et finissent 23e au général. La troisième course, c’est le Tour de Corse avec Jean-Marie Buyssens sur NSU où ils se classent à la dixième place.
Vainqueurs en 1964 Doc NE
Puis c’est la participation au Rallye de Monte Carlo 1964, chroniqué par l’article de Nord éclair. Les deux co équipiers courent sur NSU Prinz 4 et remportent leur catégorie, finissant 89e au général. Les deux roubaisiens (selon NE) sont des pilotes confirmés qui appartiennent au Club sportif automobile du Nord et cette victoire est une juste récompense de leurs efforts.
Le Tour de France automobile de 1964 couru avec Georges Bertelotti se termine par un abandon.
Trois courses en 1965 : le Rallye International des Routes de France avec Jean-Marie Buyssens, pas de NSU à l’arrivée, la Coupe des Alpes courue avec Yves Guérin se solde par un abandon et le Tour de Corse avec Jean-Marie Buyssens sur NSU 1000 TTS par une 13e place.
La dernière course mentionnée par notre inventaire a lieu en 1969 et c’est le traditionnel Rallye International des Routes du Nord que Stanislas Motte et Jean-Marie Buyssens courent sur Porsche 911 S. Ils n’apparaissent pas au classement ni dans la liste des abandons.
Stanislas Motte est alors âgé de 39 ans. Est-il resté dans le milieu de l’automobile ?
C’est Augustin Laurent, député et président du Conseil Général qui présida l’inauguration du parc municipal Léo Lagrange, le dimanche 23 avril 1950. Diverses manifestations sportives et autres se sont déroulées dans la localité. À 10 heures 45, la municipalité leersoise reçoit à la mairie Mme Léo Lagrange et les autres personnalités parmi lesquelles les maires de Roubaix, Tourcoing, Lys.
Les personnalités présentes à l’inauguration Photo NE
À 11 heures un cortège se forme qui emprunte la rue du Général de Gaulle, la Place, les rues des Patriotes, Joseph-Leroy et Pasteur. Les personnalités citées, le Conseil Municipal leersois, la section socialiste de Leers et d’importantes délégations socialistes du canton de Lannoy, de Roubaix, Tourcoing et Wattrelos, des délégations des sociétés locales, des enfants des écoles publiques et du personnel enseignant entrainés par l’Harmonie Municipale.
Mme Léo Lagrange coupe le ruban Photo NM
Puis c’est l’arrivée sur le terrain et la cérémonie d’inauguration présidée par M. Augustin Laurent. Mme Léo Lagrange coupe le ruban symbolique donnant ainsi accès au terrain sur lequel pénètrent alors l’important cortège et un grand nombre d’habitants. Sur l’estrade officielle, M. André Kerkhove, maire de Leers prend la parole puis c’est au tour de Lucien Leclercq délégué régional des sports, avant qu’Augustin Laurent n’évoque Léo Lagrange dont le nom a été donné au parc des sports leersois, et qui fut secrétaire d’État aux sports et Loisirs dans le gouvernement du front populaire. Il fut un innovateur de premier ordre sur le plan des sports et de l’éducation physique.
L’entente leersoise Photo NM
L’après midi, place aux sports ! À 14 heures 45 c’est la présentation des équipes qui vont se disputer un match de football. La Stella de Lys est le champion de la 2e division du district terrien, et l’Entente Sportive Leersoise est constituée par la fusion des deux clubs leersois, le Racing et la Jeunesse Sportive. Les Lyssois plus habitués à jouer ensemble remportent le match par quatre buts à zéro. À 16 heures est donné le départ du grand prix cycliste Léo Lagrange, disputé par 78 coureurs sur une distance de 60 kilomètres. C’est la section locale de la SFIO qui l’organise sous le patronage du journal Nord Sports et sous le contrôle de la F.S.G.T. (Fédération sportive et gymnique du travail). Le départ est donné près du café Alfred Heye rue Joseph-Leroy, et la course emprunte l’itinéraire suivant : rues Joseph-Leroy, des Patriotes, Général de Gaulle, de Wattrelos, Pierre Catteau, pavé du Coulombier, rue de Lys, Joseph-Leroy. L’arrivée est prévue vers 18 heures au parc municipal. Le vainqueur est le croisien Mehens. À 17 heures un match de basket féminin oppose l’ABC de Lys à l’Évolution Sportive Roubaisienne. Les Lyssoises l’emportent par 12 points à 8. À 18 heures 15, c’est la remise des coupes et breloques par la municipalité. L’Harmonie Municipale qui prête son concours à ces différentes manifestations a exécuté les hymnes nationaux belge et français.
Les basketteuses, ABC de Lys et Evolution Sportive Roubaisienne Photo NM
L’inauguration des nouveaux bâtiments du Groupe Jean Zay, alias le groupe scolaire du Sapin-Vert ont lieu le 22 mai 1960, après la réalisation de la troisième tranche de travaux. Elle se déroule sous la présidence de M. le ministre de l’ Éducation Nationale, du Préfet du Nord, du Président du Conseil Général et sous le patronage de la municipalité de Wattrelos.
Vue générale de l’école du Sapin-Vert doc collection particulière
À 10 h 45, rassemblement au terrain d’éducation physique rue Léo-Lagrange des personnalités, des sociétés participantes et des enfants des écoles. À 11 heures, c’est l’inauguration et la visite de la salle de gymnastique. Départ en cortège par la rue Claude Monet, avenue Vincent Van Gogh, rues de l’Union, du Mont-à-Leux, Victor Hugo et du Sapin-Vert. Après l’inauguration, discours.
Vue générale de la cour doc collection particulière
Vers 12 heures, visite des nouvelles écoles de garçons et maternelle. Puis un concert est donné par la Musique Municipale dans la cour de l’école des garçons.
L’après midi, de 15 heures à 17 heures, sur le podium dans la cour de la nouvelle école de garçons, les enfants des écoles maternelle rue Delecourt, maternelle rue de l’Union, l’école des filles rue Delecourt et l’école des garçons rue du Sapin-Vert exécutent des danses, ballets, chants, poèmes, saynètes, et mouvements d’ensemble.
Vue de l’école doc collection particulière
De 17 heures à 19 heures, est donné un gala de variétés avec le concours d’artistes régionaux. Pendant l’après midi, visite de l’exposition de travaux d’élèves des écoles de garçons et de filles et des enfants des maternelles. Dans la nouvelle salle de gymnastique, est organisé un tournoi de basket et une démonstration de gymnastique avec le concours des équipes de l’Etoile d’Oignies, l’Excelsior de Roubaix, l’Amicale du Plouys de Wattrelos, l’US Tourquennoise.
Les cuisines de l’école doc collection particulière
La population fut cordialement invitée à venir découvrir les nouveaux locaux et à encourager et applaudir les réalisations des enfants, et de leurs maitres et maitresses. Prochains projets annoncés par le maire Jean Delvainquière : la nouvelle école de filles du centre en bordure de la rue Jean Jaurès, une maternelle en annexe de l’école de garçons du Crétinier, un nouveau groupe scolaire dans le cadre de la plaine de Beaulieu, et une nouvelle annexe du lycée de Roubaix. Un programme chargé !
Il faut faire de la place pour les futures constructions HLM qui complèteront celles qui existent déjà derrière l’église. La démolition de la ferme du château de Bretagne est programmée. Il s’agit là d’un des bâtiments les plus anciens de Leers, que les historiens locaux font remonter à la guerre de cent ans, au cours de laquelle les Bretons vinrent guerroyer en Flandre.
à droite du clocher, la ferme Collection Particulière
Selon l’abbé Monteuuis, le seul nom de cette ferme, qui s’appelle encore aujourd’hui le château de Bretagne, nous dit son importance dans les temps anciens. Ce château remonte sans doute à l’époque de la guerre de cent ans. Cette vaste demeure conserve quelques vestiges de son passé, notamment ses hautes murailles vétustes et sa tour lézardée qui se profilent face à la rue Jean Jaurès. L’abbé Monteuuis nous renseigne aussi sur ses occupants : elle fut exploitée pendant de nombreuses années par la famille Braquaval. Jacques Braquaval (1737-1810) fut le premier maire de Leers en 1790.
La ferme fut ensuite louée à Jacques Fournie et Marie Carrette son épouse en 1810 auxquels succédèrent leur petit fils Charles Fournie et son épouse Joséphine Dupire qui l’exploitèrent de 1858 à 1867. En 1877, M. Favier-Dutoit reprit la ferme qu’il avait achetée deux années auparavant et en 1878, elle fut louée à M. Louis Dufermont. Elle fut reprise en 1898 par M. Edmond Delcourt qui la céda à un de ses fils Arthur Delcourt, dernier occupant de cette demeure historique.
Derniers instants de la ferme de Bretagne Collection Particulière
Cette ferme se trouvait à deux pas de l’entrée du cimetière et une chapelle occupait l’angle de la rue Mozart et de la rue Jean Jaurès. En 1967, une entreprise de démolition s’attaque bientôt à ses murs vénérables. Sur le terrain libéré, la société anonyme Roubaisienne d’Habitations ouvrières doit y faire construire un collectif de trente logements semblable à celui qui se trouve en construction à proximité.
La démolition Photo NE
Néanmoins une importante surface fut réservée à la construction d’une école maternelle en 1974 , à l’angle même de la rue Jean Jaurès et de la rue Mozart sur l’emplacement de l’ancienne ferme féodale. Cette école prendra le nom d’Alice Cotteaux en hommage à celle qui fut pendant de nombreuses années directrice d’école publique à Leers.
Sources Nord éclair, Histoire de Leers par l’abbé Monteuuis
Il arrive que nous fassions de véritables rencontres au travers de nos lectures des journaux d’autrefois. Ce que nous entrevoyons d’une vie nous donne envie d’aller plus loin et d’en savoir plus. Ainsi est née la collection Portraits qui assemble, tel un puzzle, les différents épisodes de la vie d’une personne fin d’en reconstituer la majeure partie. Il s’agit de porter témoignage et de célébrer la mémoire d’une personne et à travers elle, de découvrir des lieux et des temps d’autrefois, à partir de la presse de l’époque. Le récit de ces parcours de vie doit permettre d’éveiller l’intérêt et l’émerveillement des lecteurs. C’est bien le but de la collection Portraits, que de reconstituer et de partager de belles rencontres avec des vies magnifiques.
Hélène Dutrieu, ses multiples vies
La première fois que j’ai croisé, si je puis dire, Hélène Dutrieu, elle participait à des courses cyclistes sur le vélodrome de Roubaix, à une époque où ce sport était plutôt considéré comme une pratique masculine. Qu’importe ! Elle gagnait des courses et était même recordwoman de l’heure ! Quelques années plus tard, la voici artiste cascadeuse sous le nom de flèche humaine, risquant sa vie à chaque apparition. Mais c’est au moment de l’Exposition Internationale de Roubaix en 1911 que je la découvre aviatrice, alors que l’aviation en est encore à ses débuts. Était-ce bien la même personne ? Je n’allais pas tarder à me rendre compte qu’Hélène Dutrieu avait bien pratiqué toutes ces activités au plus haut niveau, mais qu’elle avait fait bien d’autres choses passionnantes. En voici le respectueux et admiratif récit.
Les Chroniques Wattrelosiennes se présentent sous la forme de petits articles traitant d’une période donnée de l’histoire et de la mémoire de la grande cité frontalière du Nord. Ces textes sont construits à partir du recoupement opéré par l’auteur dans ses recueils de témoignages, ses lectures de la presse de l’époque et ses recherches dans les archives. Pour le plus grand plaisir des lectrices et des lecteurs, voici reconstituée et racontée l’histoire de Wattrelos et des Wattrelosiens, à travers ses anecdotes et ses évènements.
1912 – 1919 WATTRELOS LES ANNÉES TERRIBLES
La deuxième décennie du vingtième siècle fut l’une des plus terribles pour Wattrelos. À l’instar de Roubaix qui renouait avec un maire socialiste avec Jean Lebas, Wattrelos allait connaitre une première Administration municipale socialiste avec l’arrivée d’Henri Briffaut à sa tête. C’est une nouvelle manière de mener les projets à terme, même ceux entrepris par l’équipe municipale précédente, marquée par une gestion plus rigoureuse, plus respectueuse de la population et du cadre politique républicain de l’époque. Henri Briffaut entre dans un nouvel Hôtel de ville construit à la hâte, dont les équipements restent à terminer. Le projet de l’abattoir est bien avancé mais il reste à réaliser son alimentation en eau et la création de rues avoisinantes. Le groupe scolaire du Laboureur est en vue mais il faut conclure l’achat des terrains et lancer les adjudications. Et ce ne sont que les dossiers les plus apparents. Enfin, le projet de faire de Wattrelos un chef lieu de canton est en bonne voie !
La première guerre mondiale qui éclate en août 1914 met provisoirement fin à toutes ces initiatives. Un provisoire qui va durer quatre années et qui va meurtrir la population wattrelosienne. Pillages, réquisitions, emprisonnements, déportations, évacuations vont être au programme de l’occupation de la commune par les troupes allemandes. Les secours à la population sont alors les préoccupations premières de l’équipe municipale. Comment organiser le ravitaillement ? Comment nourrir la population, la chauffer, la soigner ? Voilà le quotidien de la gestion communale pendant la guerre. Comment répondre ou ne pas répondre aux injonctions de l’ennemi, qui réclame des bras pour travailler, des contributions pour financer son œuvre de guerre ? Les wattrelosiens auront beaucoup souffert pendant cette période. Leur maire et quelques conseillers municipaux sont emprisonnés et déportés. Les allemands ont procédé à des rafles pour trouver de la main d’œuvre. Ils ont occupé la ville, ses usines, ses maisons, ses écoles. Il s’agit de reconstituer pas à pas et d’assembler un gigantesque puzzle afin de rendre compte des souffrances et des résistances de la population, sans oublier ceux qui se sont battus pour la liberté et pour la France.
Voici donc présentée l’évolution de Wattrelos, par petites touches, dans l’atmosphère de l’époque. Ce petit livre ne prétend pas être exhaustif, ni relater des vérités historiques. Il guidera le lecteur dans les évènements de ces années de guerre et lui donnera l’envie d’en savoir plus sur la vie et l’avenir d’une commune réputée pauvre en ressources mais si riche d’histoires.
Le premier ensemble de 26 classes s’avéra bientôt insuffisant au regard du développement du quartier de la Mousserie édifié en six ans. Une troisième tranche de travaux est lancée en 1958, alors qu’une deuxième tranche a précédemment permis de porter la capacité de chaque école, garçons et filles, à 10 classes.
Vue du groupe scolaire du Sapin-Vert CP Collection particulière
De nouveaux locaux sont donc édifiés parmi lesquels une école de garçons à 20 classes avec salle d’enseignement manuel, un réfectoire et une cuisine, une école maternelle à six classes avec salles de jeux et de repos, deux habitations pour le personnel enseignant.
L’ensemble se situe sur un terrain de 10.600 m² en bordure des rues du Sapin-Vert et Alfred Delecourt, acquis entre temps. L’école maternelle s’ouvre d’autre part sur une voie nouvelle réservée aux piétons évitant ainsi le carrefour dangereux du Sapin-Vert.
Entrée du groupe scolaire CP Collection particulière
Les deux écoles sont abritées dans un bâtiment unique à deux étages d’aspect imposant, l’étage supérieur étant réservé aux classes primaires. L’architecte est M. Doisy qui réalisa les deux premières tranches. Les classes sont claires, bien aérées et bien orientées et dotées d’un mobilier adapté.
Motif décoratif du groupe scolaire Google Maps
Le motif ornemental de l’école de garçons de même que ceux du premier groupe sont l’œuvre de M. Morlaix sculpteur à Paris. La cuisine et le réfectoire rationnellement équipés permettent la distribution de repas nombreux et à cadence rapide.
Le groupe a été doté d’une salle de gymnastique équipée pour la pratique du basket ball, du volley ball, du hand ball, et comportant tous les appareils classiques de la gymnastique.
Les travaux sont terminés à la rentrée de Pâques 1960, pour un coût de 200 millions que le Conseil général a subventionné à 90 %.
Football. Championnats du Nord. Par un temps affreux, les matches ont été excellents. Le RCR a battu l’Olympique lillois par 9 à 4 sur le terrain de la rue de Beaumont. Les buteurs roubaisiens : Sartorius, et Léon Dubly.
Le Club Athlétique Roubaisien transfère son siège à la Brasserie du St Éloi 52 rue de Lannoy. Les séances d’entraînement ont lieu le mercredi soir, à huit heures et le dimanche matin, à dix heures. Les amateurs peuvent se faire inscrire au nouveau local.
Pour le championnat du nord, les équipes en présence sont le Racing Club de Roubaix, l’Union Sportive Tourquennoise, l’Olympique Lillois, l’Iris Club Lillois, le Stade Roubaisien et le Sporting Club Tourquennois. En seconde série, il faut ajouter l’Institut Industriel du Nord.
Football. Sociétés indépendantes. Sont cités le sporting club roubaisien qui joue sur le terrain de la société de gymnastique l’Ancienne, et dont le siège est Café Desmons Au petit marin Grand-Place. L’Étoile roubaisienne, dont le local se trouve au Café Leclercq. L’Olympique roubaisien dont le local se trouve au Café de l’entracte, 27 rue Richard Lenoir à Roubaix.
L’équipe de hockey du Racing club de France 1903 Par Jules Beau — Cette image provient de la Bibliothèque en ligne Gallica
Hockey. La commission de hockey du Racing Club de France de Paris vient de conclure un match entre l’équipe première du RCF et l’équipe du Racing Club Roubaisien, à Roubaix le 4 janvier prochain. Le 7 décembre aura lieu un match d’entraînement sur le terrain de la rue de Beaumont entre l’équipe blanche et l’équipe noire du RCR. Cette réunion présente un intérêt particulier, l’équipe devant affronter le RCF devant être constituée à l’issue de la partie.
Cross Country. Le cross country interclubs de Lille organisé par l’Olympique lillois s’est déroulé dimanche dernier. La piste tracée par MM. Van Ryswick de l’O.L. et Jénicot du R.C.R comprenait un parcours assez facile de sept kilomètres. Honorez du RCR remporte la victoire devant Millez du RCR à quinze mètres.
Football. Championnats du Nord. Encore une journée de forfaits, sur neuf matchs, trois seulement ont été joués. L’Iris Club lillois a battu le Stade Roubaisien par 2 buts à 0.
Course à pied. Une tentative de record Roubaix-Lille. Le jeune coureur Emile Anthoine de l’U.A.B. champion des 100 kilomètres et des 12 heures tentera le 25 décembre , jour de Noël, de battre le record pédestre de Lille-Roubaix et Retour, que détient Missant, du Club des Sports de Roubaix, avec 1 heure et 7 minutes, depuis le 10 août dernier.
Émile Anthoine à l’entrainement Par Agence Rol — Bibliothèque nationale de France, Domaine public
Football. Les championnats du Nord. La journée de dimanche a encore eu son contingent de forfaits. La saison 1902-1903 se sera signalée par une véritable contagion de forfaits et le comité de l’U.S.F.S.A. fera bien l’année prochaine de prendre des mesures fortes contre ces procédés anti-sportifs. Sinon, le RCR a battu le Stade Roubaisien par 5 buts à 0. L’Union Sportive Tourquennoise a battu l’Iris-Club-Lillois par 7 buts à un sur le terrain des lillois.
Cross country. L’épreuve de 10 kilomètres qui se courait au RCR a été remportée par Honorez du RCR. Le cross interclubs organisé par l’Étoile Roubaisienne s’est déroulé sur le terrain de l’Étoile Roubaisienne rue du Luxembourg, sur un parcours de sept kilomètres. Trente cinq participants ont pris le départ à 9 h 31 et la course a été menée de bout en bout par René Duforest de l’Étoile Roubaisienne qui a fini la course dans un état de fraîcheur remarquable. Deuxième et troisième, deux coureurs du sporting club roubaisien, MM. Déchy et Baucourt.
Athlétisme. À la Renaissance. La société de sports athlétiques la Renaissance qui a son siège à l’estaminet Jean Rousseaux 49 rue Watt, organise pour le jeudi 25 décembre, une soirée récréative. Il s’agit de décerner un diplôme à tous ceux qui pourront arracher 60 kilos d’une main et jeter 100 kilos des deux mains. Une superbe médaille sera délivrée au vainqueur de la lutte. Tous les amateurs peuvent se faire inscrire dès maintenant.
Football. Les championnats du Nord. Forfaits et surprises. L’Olympic Lillois sur son terrain a battu le RCR par 2 buts à 1. Pour le match de deuxième série entre le Stade Roubaisien et l’Olympique Lillois, forfait de l’arbitre ! Si les arbitres s’en mêlent à présent ! Pas de match, donc.
Escrime. Un assaut à la salle Dubar. La salle d’armes de la rue Neuve était trop petite pour contenir les nombreux tireurs qui s’étaient rendus à l’invitation de M. Dubar le dévoué professeur de l’Union des Sports Athlétiques de Roubaix. Les maîtres Herpin professeur à Lille et Fort professeur à Roubaix ont fait avec M. Dubar des assauts qui ont recueilli de vifs applaudissements.
Football. Le match des deux Racing. Devant 2.000 personnes, le RCR a battu le RCF par deux buts à un. Et l’équipe seconde du RCR a battu son équivalente du RCF par cinq buts à zéro.
Course à pied. Le record de Lille-Roubaix et retour (18, 300 kms) n’a pas été battu par Émile Anthoine de l’Union Athlétique Batignollaise. Le temps n’était pas favorable, les routes dans un état épouvantable, et Anthoine a manqué le record de 4 minutes.
Football. Championnats du Nord. Un seul match ce dimanche. L’équipe de l’Institut Industriel de Lille a battu le RCR sur le terrain de la rue de Beaumont, par deux buts à un !
Il y a bien un marché à Leers, dont on pourrait penser qu’il est récent. Situé sur le côté de l’église Saint Vaast, sur la place Sadi Carnot, il a lieu le samedi et souffre du peu de place laissé par les automobilistes leersois.
Mais ce marché date de l’année 1960 ! De nombreux habitants de la commune demandaient la création d’un marché hebdomadaire et le Conseil Municipal approuva ce vœu à l’unanimité. Et par un samedi matin du mois de juillet 1960, une trentaine de marchands forains étaient à pied d’œuvre et attendaient la clientèle. Durant toute la matinée ce fut un va et vient incessant de ménagères allant et revenant de la place du marché.
Le marché de Leers ouvert en 1960 Photo NE
On se rendait au marché soit à Roubaix, soit à Wattrelos, et à l’époque plusieurs fois par semaine. La création d’un marché leersois permit bien des économies de transport. Comme elle permit sans doute d’influer sur le marché des prix en y trouvant du choix et de la qualité.
Sans doute y eut-il autrefois un marché à Leers mais il n’existait plus que dans les souvenirs des plus anciens. Celui-ci, que nous connaissons encore, est donc âgé de plus de soixante ans et mérite sans doute qu’on en prenne soin.