Apéritif

Un apéritif, ou familièrement un apéro, est une boisson, généralement alcoolisée, servie avant le repas afin d’ouvrir l’appétit. L’apéritif est souvent bu après avoir trinqué, selon la tradition. Sont choisies en général des boissons à base de plantes connues pour leurs vertus apéritives, comme l’anis ou la gentiane.

L’apéritif pour la troupe mars 1912 JdeRx

Par extension, l’apéritif désigne en français le moment de convivialité pendant lequel des personnes se retrouvent pour consommer ces boissons en discutant, sans même qu’il soit prévu de prendre un repas en commun ensuite.

Le lunch Dubonnet 1912 JdeRx

À ce titre, l’apéritif est aussi un repas léger, où peuvent également être consommés des cocktails, on le qualifie souvent dans ce cas d’« apéritif dînatoire ». Cela englobe alors les amuse-gueules ou les amuse-bouches, parmi lesquels les plus classiques sont les pistaches, les chips ou les cacahuètes. Par extension, l’apéritif s’applique à tous les aliments qui accompagnent le verre, fruits découpés, olives, charcuteries, tapas, fromages et autres assortiments variés. Ce qui correspond au concept de tapas (apéritif espagnol) et à celui des zakouski russes.

La rentrée des classes 1913 JdeRx

En France l’apéritif moderne a été popularisé en 1846, par Joseph Dubonnet, chimiste français, qui élabora une boisson à base de vin et de quinine pour lutter contre le paludisme. Ce médicament ayant un goût amer, il le masqua avec une décoction d’herbes et d’épices à la saveur forte. Les soldats de la Légion étrangère l’utilisèrent dans un premier temps dans les marécages infestés de moustiques en Afrique du Nord. Puis l’épouse de Joseph servit la première la potion en apéritif auprès de ses amis, et le bouche à oreille, puis la publicité développèrent la popularité du Dubonnet.

Harmonie municipale de Leers

Quatre musiciens leersois sont à l’origine de la création d’une phalange musicale qui allait devenir l’Harmonie municipale de Leers. Le 19 mai 1804, ces quatre musiciens, clairons et tambours, fêtent la nomination de Napoléon Bonaparte comme Empereur des français survenue la veille. On défile dans les rues en exécutant des marches et des pas redoublés. Le pas redoublé est un pas cadencé qui correspond au pas de charge et au pas de marche des armées de Napoléon Ier. Son rythme est le double de celui du « pas ordinaire ». D’autres musiciens rejoignent le mouvement et forment ainsi la mouture initiale de l’harmonie leersoise. Les aïeux fondateurs de la société sont issus des vieilles familles leersoises et musiciennes : Quique, Delbroucq, Broux, Delbecq.

Les leersois participent à leur premier concours à Tourcoing le 27 août 1820 où ils obtiennent le second prix, ayant disputé les places d’honneur avec les musiques de Courtrai et de Comines. Parmi les dirigeants de la société, il y a Narcisse Quique, décédé en 1855, son fils Auguste Quique, Jules Moulart, Henri Salembier (1886-1891). Narcisse Quique était cabaretier à la Place de Leers et il fut musicien dans un régiment d’Afrique avant de diriger la société leersoise. Son fils Auguste Quique entre à l’âge de 10 ans comme piston dans la société leersoise. Étant soldat, il fut caporal clairon. Musicien et compositeur, il dirigea la société leersoise dès l’âge de 30 ans ainsi que diverses sociétés de musique des alentours, comme Lys, Ascq, Sailly, Templeuve, l’Harmonie Franco-Belge de Néchin. Auguste Quique fut honoré par l’Institut Populaire de France et reçut huit médailles dans différents concours. Il décède le 27 octobre 1933.

Le siège de la société était alors au café Louis Leclercq au lieu dit l’Estocoi, à l’angle de la rue de Néchin et de la rue de la Marne. Le 17 juin 1850, la société de musique forte de 22 membres participe à la cérémonie de la pose du premier pavé de la nouvelle route, portant ainsi pour la première fois le drapeau municipal. Cette nouvelle route pavée permettra de joindre Leers à Lannoy.

Festival 1857 doc Leers Historique

Le 19 juillet 1857, la société leersoise organise un festival de musique dont elle fera l’ouverture, avec la participation de nombreuses sociétés de musique. Le 13 août 1867, elle participe aux fêtes d’inauguration des Eaux de la Lys à Roubaix.

Médaille des fêtes d’inauguration des Eaux de la Lys

Le 13 février 1875 la société prend officiellement le nom de société philharmonique de la commune de Leers. Le 14 juillet 1878, la commune de Leers organise un festival de musique et un carrousel. Le député Georges Brame offre un objet d’art.

Le 14 septembre 1880 intervient une scission qui entraîne la création d’une société dite l’Union musicale, établie chez Madame Veuve Quique avec les 16 musiciens dissidents. Le Président de la société est le brasseur Oscar Brame. Pendant la décennie, deux autres sociétés sont créées, ce qui montre l’importance de la pratique musicale à Leers : le 28 mai 1893, l’Union des Trompettes est installée chez Henri Englebert, Estaminet du Clairon à Leers. Le 18 mars 1897, naissait la Leersoise Philharmonique établie chez Jules Leruste.

L’Harmonie en 1898 doc Leers Historique

En 1886, la société philharmonique de la commune de Leers était dirigée par Henri Salembier, avec comme sous directeur Joseph Leroy et comme Président Monsieur Salembier Dhalluin. Le 23 septembre 1894 se déroule la fête du Hameau de la Royère à Néchin. Puis le 13 juin 1897, un grand concert de fanfares d’harmonies et d’orphéons est organisé à Leers par la musique municipale.

Le festival de 1904 doc Leers Historique

Pour son centenaire en 1904, la société municipale organise un grand festival international de musique le 14 août. Cinquante six sociétés sont affectées aux différents quartiers de Leers. La musique municipale ouvre les festivités avec la Marseillaise et une composition pour l’occasion intitulée le Centenaire. Elle comptait alors 45 exécutants et son directeur était M. Drieu.

À suivre

Sources :

Leers mon village, A.L.E.H.P

1804-2004, 200 ans de musique à Leers avec l’Harmonie Municipal par Michel Bourgois

Leers et les leersois sous la seconde République (1848-1852) par Lucien Demonchaux Association Leers Historique

Journal de Roubaix

Les Tapis Saint-Maclou

En 1963, un cousin de Gérard Mulliez, le créateur d’Auchan, Gonzague Mulliez, développe une société de vente par correspondance de moquette : Les Tapis Saint-Maclou, une entreprise française spécialisée dans la décoration des sols, murs et fenêtres. Gonzague Mulliez est le fils de Louis Mulliez (1901-1947) industriel filateur, directeur gérant des Filatures Saint-Liévin et le petit-fils de Louis Georges Mulliez (1877-1952), industriel retordeur de laine, filateur de laine à tricoter « au fil d’art » devenu « Phildar ». Il a donc de qui tenir !

Au début, il fait du porte à porte pour vendre de la moquette importée d’Angleterre. Mais le système ne présente pas de possibilité de développement. En 1963, Gonzague Mulliez crée à Wattrelos une première usine et la société de vente par correspondance de tapis et de moquettes : Les Tapis Saint Maclou, mais on ne vend pas un tapis comme on vend un pull-over.

Les Tapis Saint-Maclou pub NE 1980

En 1966, un million de francs sont investis en matériel. C’est le véritable début des Tapis Saint-Maclou qui sont installés rue du Pétrole à Wattrelos dans l’ancienne usine de la Compagnie Générale des textiles Roubaisiens (ex Allart Rousseau). Le voici donc fabricant et il en fait l’argument publicitaire de sa société : vente directe de l’usine au particulier.

Puis les Tapis Saint-Maclou vont ouvrir des magasins partout en France, le premier étant ouvert à Paris près de la Gare Saint Lazare. On y fait du commerce de détail de tapis, moquettes et revêtements de murs et de sols en magasin spécialisé. Les produits sont les parquets, stratifiés, vinyles, carrelages, moquettes, sols naturels, gazons, tapis, papiers peints, peinture , terrasses bois et dalles. Les Tapis Saint-Maclou fabriquent à l’époque 70 % de la moquette qu’ils vendent, pour le luxe et les tapis à dessin ils font appel à d’autres producteurs.

À Wattrelos, c’est deux millions de m² de moquette qui sont fabriqués par an. D’autres produisent plus mais l’avantage des Tapis Saint-Maclou, c’est que l’entreprise vend directement ses produits dans ses magasins. Elle fait de la vente au cm² sur une soixantaine de modèles, ainsi le client paie ce dont il a besoin, pas les chutes. Une commande passée dans un magasin est livrée en 48 heures de Wattrelos au client.

Les Tapis Saint-Maclou en 1980 pub NE

En 1979, les Tapis Saint-Maclou réalisent un chiffre d’affaires de 160 millions de francs, emploient 500 personnes, 200 à la fabrication, 200 vendeurs et 100 poseurs. En 1989, Saint-Maclou rachète la société Home Market en Belgique. En 1999, Saint-Maclou prend une dimension internationale, notamment après le rachat des sociétés Essers et Teppichfreund en Allemagne, Allied Carpets en Angleterre et de Svět koberců en République Tchèque. En 2007, le groupe Saint-Maclou reprend les 40 magasins de l’enseigne Mondial moquette.

En février 2014, après 38 ans de présence en Belgique, Saint-Maclou se retire des territoires belge, suisse et tchèque. En mai 2014, sa filiale belge Home Market qui compte 41 magasins est cédée au groupe Orchestra-Prémaman. Saint-Maclou se lance dans la modernisation de sa marque et de ses concepts magasins et dévoile en 2015 son nouveau slogan « On fait tout pour que ce soit beau chez vous ! ».

Le spécialiste des revêtements rejoint le groupe Adeo (Leroy Merlin), en espérant bénéficier de sa puissance. En octobre 2023, Saint Maclou rejoint le groupe Adeo, propriétaire de Leroy Merlin, et détenu également par la famille Mulliez, afin de relancer l’enseigne.

Mars 1906

Le journal des sports de Mars 1906

Football, suite à l’affaire Maguire on rejoue la phase finale du championnat du nord entre l’Iris Stade Lillois, le RCR et l’UST. RCR bat Lille 3-2, Maurice Dubly qui a remplacé Hargrave, est blessé à la mâchoire et Jean Dubly joue. Le RCR est champion du nord.

Football. L’iris club roubaisien et le Stade Roubaisien viennent de fusionner sous le nom de Stade Roubaisien. Le siège est transféré au 1 rue du Grand Chemin, Café Bruno Dejonghe, où la correspondance devra être adressée. La commission est composée comme suit : Président M. Emile Van Mullen, vice président M. Henri Dupont, secrétaire M. Louis Honorez, secrétaire adjoint M. Ernest Leclercq, trésorier M. Edouard Dejonkhere, trésorier adjint M. Amédée Noël. Cette fusion ne pourra qu’aider à la propserité du club.

Football. L’équipe première du Racing Club Roubaisien a été battue en finale à Boulogne par l’US Boulonnaise par deux buts à zéro, pour le compte du championnat du Nord. Le RCR ayant gagné le match aller, un troisième match sur terrain neutre sera nécessaire pour désigner le champion définitif.

Cross-Country. Le challenge du RCR a obtenu un légitime succès. Quarante coureurs formant cinq équipes avaient répondu à l’appel des organisateurs. Le Racing club d’Arras remporte le titre pour la seconde fois, le Racing Club de Roubaix étant second, et l’Iri Stade Lillois troisième.

Fronde contre l’USFSA. Le comité régional du nord est démissionnaire de l’USFSA, suite à la malheureuse affaire Maguire. Parmi les arguments accompagnant cette démission, outre les points concernant l’affaire Maguire, le comité réaffirme le principe de l’amateurisme, se plaint de la mauvaise gestion parisienne. Les relations entre l’Union et les comités régionaux sont de plus en plus difficiles, les responsables de l’USFSA sont presque tous membres du comité de Paris, les propositions ne sont pas entendues, les promesses jamais tenues. Est-ce la fin de l’Union des Sociétés Françaises de Sport Athlétiques ? Affaire à suivre…

Le Racing Club de Roubaix équipe première 1906 doc JdeRx

Football. La belle entre Roubaix et Boulogne s’est jouée à Amiens. Les roubaisiens l’ont emporté par 1-0. Le Racing Club de Roubaix est champion du Nord 1906 et va participer à la phase finale du championnat de France. C’est l’équipe du Havre qui viendra à Roubaix pour la demi-finale nationale.

Football. Le bureau du conseil de l’USFSA vient de désigner une commission administrative provisoire composée de cinq membres de clubs différents chargée de diriger provisoirement le comité du Nord et de provoquer une assemblée générale des sociétés de la région pour renouveler le comité et son bureau. Il est probable que le comité démissionnaire sera réélu. Il est également probable que le Conseil de l’USFSA accordera désormais aux comités régionaux leur autonomie financière.

Gymnastes à Athènes. M. Paul Boghaert, membre de la Jeunesse du Blanc Seau, vient d’être désigné par l’Union des sociétés de gymnastiques de France, pour aller représenter la France aux jeux Olympiques dans la section de gymnastique et d’athlétisme.

Albert Jénicot RCR

Football. Demi finale du championnat de France. Le RCR a battu le Havre AC par 6-1, les normands ont ouvert le score, Roubaix égalise sur coup franc par Perche, Jénicot marque un second but et François un troisième but pour les roubaisiens. 3-1 à la mi-temps. François marque encore deux fois en seconde mi-temps et Jénicot une fois. Score final 6-1 !

Les avantages de la chicorée

Selon cette campagne publicitaire de l’année 1950, la chicorée intéresse le cœur et les nerfs, le foie et les glandes. Et c’est aussi un excellent petit déjeuner.

Publicité NE 1950

Il convient de distinguer les chicorées cultivées comme plantes alimentaires, médicinales ou industrielles, principalement pour leurs feuilles (salades, endives), ou pour leurs racines (production d’un succédané du café appelé chicorée, ou extraction de l’inuline).

Publicité NE 1950

Ici nous intéressent les variétés sélectionnées sur le développement de la racine dont le volume est considérablement augmenté et rappelle celui de la carotte fourragère. C’est une plante bisannuelle en culture. Cette culture s’est développée d’abord aux Pays-Bas à la fin du XVIIe siècle. Le Blocus continental au début du XIXe siècle lui a donné un élan considérable notamment dans le nord de la France, en Belgique et en Allemagne. De nos jours, la récolte mondiale annuelle de racines de chicorée représente environ 1 million de tonnes. La France est le premier producteur en Europe.

Publicité NE 1950

La transformation des racines passe par plusieurs étapes : la transformation en cossettes, fragments de racines déshydratés, puis par la torréfaction suivie du concassage. La chicorée industrielle est utilisée comme économiseur de café en l’ajoutant à la poudre à café non soluble. Elle peut être également consommée seule par les personnes qui apprécient son goût, intermédiaire entre celui du café au lait et celui du caramel.

Publicité NE 1950

Il n’est de bonne santé qu’avec la chicorée ! Elle est rafraîchissante et dépurative, favorise la digestion et est excellente pour le foie. Elle ménage le cœur et les nerfs. Le café est un excitant dont les effets sont modérés par la chicorée. Concernant le foie, la chicorée contient un principe amer qui active la sécrétion des glandes. Elle stimule et régularise le fonctionnement du foie.

C’est enfin un petit déjeuner nutritif au bon goût de noisette, digeste et rafraîchissant.

Alors, ça ne vous donne pas envie ?

D’après Wikipédia

Wattrelos au Salon

Le Salon des Arts Ménagers de Roubaix a existé de 1951 à 19931. Il accueillait beaucoup de grands commerçants roubaisiens mais également d’autres villes proches comme Croix, Wasquehal, ou Wattrelos.

Les commerçants wattrelosiens furent fidèles à ce rendez-vous et mirent en valeur le commerce régional. Voici quelques unes des enseignes concernées.

Le Gai Logis à Wattrelos pub NE

Le Gai Logis, aux n°22-25 Grand Place de Wattrelos propose des meubles modernes ou rustiques, salons, salles de séjour, meubles de cuisine, chambres. Dépositaire des matelas Epeda, la maison Delignies offre des facilités de paiement. Elle restera fidèle au salon jusqu’au bout.

Deroo à la Vieille Place pub NE

Les meubles Deroo sont des spécialistes du mobilier de cuisine et notamment de la vogue Formica. Il sont situés au 6 de la Vieille Place de Wattrelos, et au 102 rue Pierre Catteau. Cette société accompagna longtemps le salon roubaisien.

Flandria et son dépositaire roubaisien pub NE

La marque Flandria fut d’abord proposée par un dépositaire roubaisien, le Comptoir de la Machine à Laver 27 rue de Lannoy, mais devint vite un stand à part entière les années suivantes. Flandria se trouve au 39 de la rue Jeanne d’Arc à Wattrelos, expose et vend au prix d’usine sa gamme de machine à laver le linge, la vaisselle, les réfrigérateurs, congélateurs bahuts et verticaux, combinés réfrigérateurs congélateurs, cuisinières. Facilités de paiement, service après vente, livraison immédiate sont assurés à la clientèle.

Moudart 1953 pub NE

André Moudart basé au n°290 rue Carnot participa à l’arrivée des commerçants de radio télévision en 1953 hors, puis dans le salon roubaisien. Il était dépositaire des marques Clarville, Phillips et Sonneclair.

Bernard Halleumieux Wattrelos pub NE

La maison Bernard Halleumieux proposait de la menuiserie générale (bois et plastique), escaliers, volets roulants, charpente, cuisines sur mesure, agencements de magasins. Elle se situe dans le quartier du Crétinier, au n°6 de la rue Claude Weppe et au 118 rue Saint Vincent-de-Paul.

Les établissements Willem Vincent et Plumet 58/4 rue Gabriel Péri à Wattrelos sont une entreprise spécialisée dans l’isolation. Ils firent quelques années au salon roubaisien. Pendant les années 80, la société Tradition Meubles sise 60 rue Castermant participa également au salon roubaisien.

Wattrelos Tradition pub NE

Quelques autres commerçants firent une brève apparition au salon : les établissements Sodis 127 rue Faidherbe à Wattrelos étaient d’importants distributeurs de vins et boissons. La maison Despae 10 rue de la Carluyère s’occupait de chauffage électrique.

Il est vrai que Wattrelos se dota d’une foire commerciale le Samedi 14 novembre 1970, en plein centre de la ville. Cinquante exposants, des stands très variés, des jeux, des attractions, des dégustations de toute sorte. Un succès2.

1Voir le Carnet de Mémoire consacré à ce sujet sorti en décembre 2025

2Voir notre article La foire de Wattrelos

Aurèle Guénard

Il existe à Leers une rue Aurèle Guénard, qui relie le carrefour de la rue Léon Gambetta et de la rue Louise de Bettignies à Leers France à la rue de la Reine Élisabeth, territoire de Leers-Nord en Belgique. À un endroit frontalière, cette rue aurait pu convenir à la ronde d’un douanier entre France et Belgique. On peut penser que c’est à dessein qu’on lui donna le 12 novembre 1927 le nom d’Aurèle Guénard, qui fut douanier et patrouilla sans doute en ces lieux.

Né à Charleville-Mézières en 1879, Aurèle Guénard s’est engagé pour quatre ans dans l’armée et il est affecté dans l’infanterie de marine. On le retrouve au Tonkin (Vietnam) du 3 février 1899 au 4 novembre 1900. Au terme de son contrat, il revient dans les Ardennes, se marie et intègre l’administration des douanes en 1909. Il est gabelou à Wattrelos où il habite caserne de la douane. Il sera ensuite mobilisé comme soldat télégraphiste à Dunkerque avant d’être redirigé sur Lille le 7 septembre 1914. L’armée française est repoussée. Le 25 août 1914, alors que l’ennemi est signalé sur la frontière franco-belge, Aurèle Guénard abat un soldat allemand.

Aurèle Guénard photo Égalité de Rx Tg

Ne voulant pas être fait prisonnier, il quitte l’uniforme pour des vêtements civils. Avec un autre soldat, le caporal Gaston Briclair, il va former un redoutable duo de franc-tireurs. Après l’occupation de Lille, à partir d’octobre 1914, Guénard passe des courriers clandestins entre la France et les Pays-Bas tout en organisant l’évasion de soldats français emprisonnés dans la capitale des Flandres. À la Noël 1916, Aurèle et son épouse sont cachés à Lille rue Léon Gambetta. Il est recherché mais demeure introuvable.

Dénoncé, il est finalement arrêté le 14 novembre 1917 dans un café de la rue Gambetta à Lille nommé « Au Mont Cassel ». Le douanier est incarcéré à la citadelle. Le conseil de guerre le condamne à mort le 12 juillet 1918 pour espionnage. Il est fusillé le 23 août à la citadelle de Lille. Son corps repose au cimetière du sud. Lors de son décès il est domicilié à Lille rue Manuel l’une des nombreuses adresses où il résidait il devait en changer souvent.

Excepté la médaille militaire, décernée à titre posthume en 1922, personne n’a jamais vraiment rendu hommage à l’action et à la mémoire d’Aurèle Guénard. Dans les années 30, la municipalité lilloise avait envisagé de lui dédier un monument mais le héros n’eut pas cet honneur. Leers lui consacrera une rue.

Sources

La Voix du Nord août 2018, novembre 2019

L’Égalité de Roubaix Tourcoing 9 et 10 décembre 1931

Février 1906

Le journal des sports de février 1906

Cyclisme. Conférence du Nord Touriste. La troisième conférence vient d’être donnée au siège social de la société 4 rue de la Gare à Roubaix, par son secrétaire général M. Alfred Damez. Il avait pris comme sujet : la bicyclette au point de vue de l’impôt. À l’époque la taxe est de 6 francs par vélocipède. Une campagne est menée par le Nord Touriste, les associations cyclistes et les journaux de sport pour ramener la taxe à 3 francs.

Pêche : assemblée générale de la société le Poisson d’Or. Après l’élection de son nouveau comité dont le Président est M. Alfred Sampers, les secrétaires J et C Decock, et les trésoriers MM. Seigneur et Vigin, les vœux sont échangés après la longue liste des trophées remportés par la société. Déjà nommée la plus habile société de France par le Petit Journal en 1904, le Poisson d’Or aura remporté 75 titres en 1905 !

Football. Championnats du Nord. Résultats équipes premières : UST bat OL 5-1, ISL bat SCT 2-0.

le match Re-Nié Boghaert croquis JdeRx

Jiu Jitsu. Après le match et la victoire du Maître Re Nié, les commentaires affluent et semblent indiquer que c’est le règlement, la forte impression devant le public et le répertoire des coups du jiu jitsu qui ont triomphé du roubaisien Boghaert. Néanmoins celui-ci était en état de supériorité manifeste sur son adversaire quand une pause après cinq minutes permit à Ré-Nié de récupérer. Le maître parisien a déclaré qu’il avait rarement rencontré un homme aussi fort et aussi résistant à la douleur. Encore un peu et une clef appliquée désarticulait le bras de Boghaert !

Football association. Les championnats du Nord de la région terrienne ont pris fin avec la victoire du Racing Club de Roubaix qui a battu l’Union Sportive Tourquennoise par 3-2 sur le terrain tourquennois. Le Sporting Club Boulonnais vainqueur de la région maritime sera l’adversaire des roubaisiens pour la phase finale du championnat.

Football association. Un nouveau club : le Red Star de Roubaix qui se donne comme activités sportives le football et la marche à pied. Le siège se trouve au café Mangin 138 rue Decrême à Roubaix.

Jean Dubly photo JdeRx

Football association. Poule finale du championnat du Nord. RCR- USB 5-1 (buts Jean Dubly, André François, Hargrave, Sartorius, Perche) expulsion de Jean Dubly qui n’a pas su maîtriser ses nerfs.

Football association. Le Canadian challenge, un nouveau tournoi organisé par le Racing Club de Roubaix, ouvert à toutes les sociétés du Nord et du pas de Calais. Chaque club doit engager une équipe première et une équipe seconde. Les engagements sont adressés à M. André Renaux 95 rue de Lille à Roubaix.

Football association. L’affaire Maguire. Le Comité Régional du Nord avait disqualifié le 29 janvier dernier, le matin même du match RCR-ISL, le joueur de l’ISL Maguire comme étant professionnel. Ce dernier club ayant quand même fait jouer le joueur en question fut disqualifié et ne put prendre part à la poule finale nécessitée par l’égalité de points entre les trois clubs suivants : ISL, RCR, UST. Un appel fut présenté par le club. Maguire était bien professionnel mais en cricket en Angleterre. Il était totalement amateur pour le football. La finale terrienne maritime est donc annulée et il faudra rejouer la poule finale entre les trois clubs pré-cités. Affaire à suivre…

La future cité de la Baillerie

M. Ignace Mulliez président du CIL accueille les diverses personnalités et exprime à M. Jean Delvainquière maire, tout le plaisir qu’il éprouve à prendre la parole pour la première fois sur le territoire de Wattrelos. Il souligne que la ville comptera d’ici quelques années 50.000 habitants et il souhaite que la réforme des finances communales permettra à notre ville d’arriver à son plein épanouissement. Il affirme que la cité de la Baillerie sera l‘un des endroits les plus attractifs de l’agglomération. Cet imposant ensemble de logements bâti sur 40 hectares devra obligatoirement comporter un centre commercial, un centre scolaire, culturel et sportif, qui sont une nécessité Les besoins en logements dépassent de beaucoup les possibilités de la construction traditionnelle économique et humaine. M. Mulliez souligne enfin l’intérêt de la préfabrication en collectifs et termine en faisant l’inventaire de tous les aspects de cette question.

La présentation de la maquette doc NE

M. Jean Delvainquière, non sans humour, affirme qu’avec la construction de cette cité, vont commencer pour l’administration communale de nombreuses difficultés d’ordre pratique, mais que les édiles wattrelosiens ne manqueront pas d’y faire face dans l’intérêt de la population appelée à résider dans ce quartier. Le maire assure aussi les dirigeants du CIL que tout sera fait pour le développement commercial, culturel et sportif de cette nouvelle cité. La ville a en effet déjà prévu la construction d’un groupe scolaire de 40 classes. Il remercie M. Mulliez des réalisations entreprises par le CIL sur le territoire de Wattrelos qui donne à notre ville une importance sans cesse accrue.

Les besoins en logements dépassent de beaucoup les possibilités de la construction traditionnelle limitée par le manque d’ouvriers qualifiés du bâtiment. Il est nécessaire si l’on veut faire face à ces besoins de recourir au maximum à des moyens et méthodes de production industrielle. La fabrication en série d’éléments standard, qui permet dans tous les domaines d’activité à adapter la production aux besoins et efficacement réalisée en usine où la concentration des moyens industriels et l’organisation rationnelle du travail permettent de réaliser une production massive dans les meilleures conditions de productivité.

À côté des avantages qui montrent que ces logements ont été étudiés en fonction de l’agrément humain, il faut souligner le délai d’exécution de cet immeuble de 90 logements. Le premier coup de pioche a été donné en en mai 1958, en décembre 1958 les appartements étaient dans l’état d’être réceptionnés. Ainsi la qualité du logement et sa rapidité d’exécution en font le logement d’avenir qui doit être construit en grande série pour répondre aux besoins de la France. Construire annuellement 350.000 logements constitue un tour de force. Un tel programme est réalisable si nous utilisons les moyens mis à disposition comme ceux que nous avons mis en œuvre pour les 90 logements de la Baillerie.

La maquette du futur quartier doc NE

Une maquette de l’avant projet d’implantation des bâtiments sur la plaine de la Baillerie est présentée à la presse. Ce nouveau quartier devrait accueillir avant dix ans d’ici 10.000 habitants. Lors de la visite officielle, M. Mulliez a eu l’occasion d’indiquer que ce premier immeuble n’est que l’embryon d’un vaste ensemble d’habitations qui s’étendant sur la vaste plaine derrière la rue de la Baillerie doit comporter plus de 2.000 logements à construire aux cours des six ou sept prochaines années. Cette importante cité sera composée à la fois de maisons familiales entourées de jardins et de blocs d’appartements. Parmi ceux-ci, deux bandes d’une dizaine d’étages et quelques tours sont prévues de façon à permettre tout autour des bâtiments l’aménagement de très larges espaces verts. Un équipement commercial et social complétera naturellement l’organisation de ce nouveau quartier appelé à devenir l’un des plus attrayants de Wattrelos dont la population s’accroît d’année en année, et ne tardera pas à correspondre à celles des grandes sous préfectures du département.

Mangez des pâtes

Cette campagne publicitaire « Mangez des pâtes » démarre en janvier 1952 dans les journaux pour quelques semaines. Les français ont-ils suffisamment inscrit les pâtes dans leurs menus quotidiens ? Les pâtes sont-elles un produit de consommation courante à l’époque ? Elles seraient encore vendues au poids chez certains épiciers. Certes, il existe des marques mais elles sont peu ou pas connues. D’où l’idée d’une campagne en faveur des pâtes.

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Bien que la seconde guerre soit terminée depuis quelques années, la période de crise qui a suivi a été longue et très dure : on manquait de tout et le ravitaillement vient à peine de disparaître. Les pâtes sont présentées comme l’aliment le plus économique. Leur prix est abordable. On gagne du temps car il n’y a pas de déchets ni d’épluchures (pommes de terre et légumes). La cuisson est rapide, on ne mijote pas trop. Et l’apport nutritif est important : 250 grammes de pâtes à la semoule de blé dur valent 6 côtelettes de mouton, 12 œufs ! L’accent est mis sur l’économie : produit abordable, gain de temps pour la préparation et la cuisson, économie à l’achat comparativement à d’autres produits.

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Ensuite, les pâtes sont présentées comme l’aliment le plus léger, le plus rapide à assimiler. Fabriquées avec de la semoule de blé dur, elles ont une valeur nutritive exceptionnelle. On se régale et on garde la ligne ! De plus on peut ménager son foie, supprimer la somnolence après le repas. Le soir, mangez des pâtes cela ne chargera pas votre estomac et vous dormirez mieux.

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Les pâtes sont aussi l’aliment le plus simple à préparer. Pas d’épluchage, de lavage, de grattage. Finies les mains rouges, gercées et les ongles cassants. On conserve de belles mains. De plus chaque sorte de pâtes possède une saveur particulière comme chaque légume !

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Italiens et français ont légiféré sur la composition des pâtes sèches depuis les années trente. En France, une loi de 1934 impose de fabriquer les pâtes alimentaires à partir de semoule de blé dur. Les pâtes sèches présentent de nombreux avantages : aliment économique, facile à conserver grâce à la déshydratation, énergétique et facile à cuire puisqu’il suffit d’une casserole d’eau. Cette campagne de 1952 annonce que les pâtes sèches sont en passe de devenir des produits industriels de consommation courante avec des emballages adaptés.