« Au Carrefour » 84 Grande rue

Dans les années 1880, Jeanne Galpin est propriétaire de 4 parcelles de terrain au 84 de la Grande Rue à Roubaix. Elles sont situées les unes derrière les autres et se terminent de l’autre côté, au 53 boulevard Gambetta. Jeanne habite quant à elle au 66 de la rue de Lille.

Plan cadastral de 1884

Dans les années 1890, la parcelle 782 se trouve en front à rue au 84 de la Grand rue, la parcelle 781 est juste derrière, c’est une grande bâtisse de deux étages, elle-même suivie par la parcelle 780 où se trouve une bourloire. Le dernier morceau de terrain se trouve au 53 boulevard Gambetta, c’est une écurie. La façade de la parcelle 782 se compose d’une vitrine centrale et de deux portes latérales. Celle de droite le 84 est un long couloir qui aboutit à la parcelle suivante, celle de gauche, le 84 bis est un commerce qui bénéficie d’une vitrine sur la rue. Dans les années 1910, le 84 est occupé par l’école de couture du patronage Jeanne d’Arc et le 84 bis c’est le commerce de bonneterie de Mme Duforest et toutes deux vont occuper les locaux durant une trentaine d’années.

En 1938, une équipe de militants issus des mouvements ouvriers catholiques créent un lieu de rencontre baptisé « Carrefour » au 84 de la Grande rue. Cet organisme est composé de très nombreuses associations diverses : Amicale Photo, Mouvement Populaire des Familles, Aides familiales Populaires, Repos et Santé, Centre d’ Etudes et d’applications communautaires.

document collection privée
document collection privée

Les objectifs des bénévoles sont de développer l’entraide sociale, la culture sous toutes ses formes, l’éducation et les loisirs populaires. Dans notre ville, c’est répondre à d’immenses besoins.

En 1941, le Service Familial d’Entraide organise chaque jeudi un repas pour les enfants nécessiteux qui profitent ainsi d’un repas complet composé d’un potage, une viande, un légume et un dessert.

Document Journal de Roubaix 1941

Dans les années 1950, à la place de la bourloire, est créée la cafétéria « Au Carrefour » qui se développe rapidement. La salle est régulièrement réservée pour des banquets, des réveillons de Nouvel An etc

document Nord Eclair
document Nord Eclair

En Avril 1966, une superbe soirée est organisée par « Chez Nous Jeunes » et animée par un charmant et talentueux couple : Jean Pierre et Nathalie.

document Nord Eclair
document Nord Eclair

Dans les années 1970, la salle Au Carrefour devient dancing-discothèque : « Au Cross Streets ». De nombreux groupes de rock et disco viennent sur place pour que les jeunes roubaisiens puissent s ‘éclater sur le parquet.

document Nord Eclair

Le 84 bis est toujours occupé par des associations : Culture et Liberté, l’AFAD Association Aide A Domicile et l’ADAR Aide à Domicile Aux Retraités au début des années 1980.

document collection privée

Des travaux importants et coûteux sont entrepris en 1994 ( rénovation de la façade et aménagement plus fonctionnel ) mais cela n’empêche malheureusement pas l’exode quelques années plus tard de nombreuses associations qui souhaitent rompre le cordon ombilical et avoir pignon sur rue. En 2004, il ne reste plus sur place que l’ADAR et Culture et Liberté présidé par Lucien Delvarre.

document Nord Eclair 2004

En Avril 2004, le 84 de la Grand rue change de pavillon. En effet les administrateurs des différentes associations gestionnaires du bâtiment, ont décidé de leur dissolution et d’en faire don à titre gratuit à une association reconnue d’utilité publique : les Papillons Blancs. Sur la photo ci-dessous, le président, Maurice Morelle remet symboliquement les clés du 84 Grand Rue à Jean-Pierre Lannoo, président des Papillons Blancs.

Document Nord Eclair Avril 2004
La façade en 2008

Depuis 2010, le 84 de la Grande rue a été occupé par de nombreux commerces divers et variés. Notons entre autres : en 2013, la maison culturelle Franco-Kurde, en 2016 le boucherie Label Côte, en 2018 le salon de beauté Beauty Dolls, en 2020 le coiffeur barbier B et G et en 2026 le restaurant La Nonna.

Documents Google Maps
photo BT

La salle « Au Carrefour » quant à elle, après avoir été une bourloire, un restaurant, une discothèque, est devenue de nos jours : FIBR&CO. C’est un atelier de création de mobilier en bois et d’insertion sociale, dépendant de l’association Arcadis Roubaix, et qui bénéficie d’une vitrine en façade pour l’exposition des articles en bois produits sur place, au 53 boulevard Gambetta.

documents FIBR&CO

Remerciements aux archives municipales

La démolition de l’église Saint Antoine

L’église Saint Antoine de Padoue, située au 8 rue d’Epinal à Roubaix, a été construite sur l’ancienne ferme Ducatteau-Six, sur un terrain de 4.000 m2. Les travaux de construction datent de 1887 mais l’église n’a été ouverte au culte, qu’en 1900.

Plan Cadastral
Documents collection privée

Peu de temps après, se construit la maison paroissiale, au 12 de la rue de Remiremont, rue perpendiculaire à la rue d’Epinal. Le bâtiment comprend une entrée, une salle des fêtes, et au fond une bourloire.

En 1909, se construit l’école Saint Antoine de garçons au 8 bis de la rue d’Epinal, puis l’école libre Sainte Odile pour filles au 8 bis : les deux cours de récréation sont séparées par un muret en béton. Deux patronages sont également créés rue Charles Gounod. Les orgues de l’église sont installées en 1926.

A droite, la maison paroissiale rue de Remiremont ( document P. Vanhove )

L’église Saint Antoine se situe dans un quartier populaire. Pendant une cinquantaine d’années, le nombre de paroissiens augmente régulièrement. En 1950, on fête le 50°anniversaire de l’église en grande pompe, avec grand cortège d’enfants du quartier et la messe est présidée par le cardinal Lienart en personne.

Document collection privée

Au début des années 1960, d’importants travaux de réfection sont réalisés et, en particulier, la maçonnerie des deux tours ainsi que le remplacement des deux toits en chapeau chinois de l’époque par deux toits de cuivre plus pointus. On envisage même d’installer des cloches dans le double clocher.

Documents Nord Eclair

L’histoire récente de l’église est bien moins gaie. Tout le quartier situé derrière la gare connaît dans les années 1980 un dépeuplement et un appauvrissement. Par ailleurs, la communauté musulmane y est de plus en plus importante et parallèlement le nombre de catholiques ne cesse de fondre. Quant à l’église elle même et à son environnement immédiat, ils ont connu de multiples malheurs. Le presbytère ainsi que l’école Sainte Odile ont été incendiés et le tout a subi les assauts répétés de vandales.

Documents Nord Eclair

L’église, encore ouverte en été pour les offices, est fermée en période hivernale d’où des dégradations en tous genres, vitraux brisés etc. Et puis il faut bien le reconnaître, cette petite église est devenue encore trop grande, pour les paroissiens qu’elle devrait accueillir, et le quartier n’est pas dénué de lieux de culte avec l’église Saint Joseph toute proche.

Trop grande, trop abîmée, trop vandalisée, trop chère à entretenir ; alors l’évêché, à la fin des années 1980, choisit la seule mesure qui s’impose à ses yeux : démolir !

documents P. Vanhove
document P. Vanhove
le démontage de la statue de Saint Antoine ( document P. Van Hove )

Les travaux de démolition de l’église Saint Antoine sont confiés à l’entreprise Simon et débutent en 1990. Les bulldozers interviennent et, en très peu de temps, l’église, éventrée comme par un tremblement de terre, ne possède plus que la façade.

La façade ( documents P. Vanhove )

Le bâtiment âgé de 90 ans disparaît en quelques jours. Il ne reste qu’un gros tas de pierres. L’association Art Action surveille les travaux pour que toutes les pièces de valeur soient gardées et mises en lieu sûr.

Toute une vie qui disparaît, l’église bien sûr, mais également la maison paroissiale, l’école Sainte Odile, les patronages. C’est un crève-cœur pour tous les habitants du quartier.

documents P. Vanhove
documents P. Vanhove

Cette démolition intervient après celle de l’église du Sacré Coeur, de la fermeture de l’église Notre Dame et la démolition prochaine de l’église St Rédempteur remplacée par une chapelle.

Les paroissiens de Saint Antoine souhaitent absolument garder un lieu de prière et trouvent au 46 boulevard d’Armentières une maison « Leur Maison ». Le seul signe distinctif de cette habitation se trouve sur la façade, c’est une simple croix en bois. En cette fin d’année 1990, la paroisse a son lieu de prières. C’est une nouvelle époque, une autre conception de la vie paroissiale qui débute ainsi.

le 46 Boulevard d’Armentières ( document Nord Eclair et Photo BT )

A la place de l’église Saint Antoine, Logicil construit un lotissement, en 2004, de 17 maisons individuelles et 3 appartements en HQE Haute Qualité Environnementale. La livraison de ces logements est programmée pour la fin de l’année 2005.

document Nord Eclair

Remerciements à Patrick Vanhove ainsi qu’aux archives municipales

Pierre Perret chez Devianne

Après quelques courtes semaines de travaux, Jean Devianne procède à la réouverture de son magasin du 70 Grande rue à Roubaix, en Mars 1967. Le point de vente est entièrement rénové et c’est une réussite. Tout a été étudié et mis en œuvre pour pouvoir présenter à la clientèle un magasin transformé tant par sa présentation que par sa surface, tant par son style que par le choix des articles.

Cette réouverture du magasin est donc saluée comme il se doit dans la région et marquée par un gala de grande classe, offert gratuitement au public, le mercredi 8 Mars 1967. Cette manifestation permet aux clients de profiter du parking neuf aménagé spécialement à l’arrière du magasin avec son entrée sur le boulevard Gambetta.

Document Nord Eclair

Sur la terrasse qui surplombe le parking, un défilé de mode présente les dernières créations « Printemps 1967 » de la maison Devianne. La deuxième partie de cette manifestation commerciale est assurée par Pierre Perret, invité pour l’occasion, à 18h30.

Document Nord Eclair

Le public accueille triomphalement le chanteur bien sympathique qui enchaîne ses chansons : Au Tord Boyau, les jolies colonies de vacances, et bien d’autres qui sont des charges gentilles, assaisonnées à la sauce de langue verte. Pierre Perret est un poète libertaire, jouant sur les mots et la musicalité de la langue française, mais avec son argot bien connu.

Document Collection privée

De plus, l’astuce de la maison Devianne, est de diffuser le spectacle en direct, par des téléviseurs situés dans le magasin et dans le hall de « Nord Eclair », juste en face au 73 Grande Rue.

Jean Devianne ( document collection privée )

Jean Devianne réussit ainsi, à nouveau, à créer un événement exceptionnel en organisant une manifestation commerciale bien préparée.

Championnat de dactylographie à Roubaix en 1908

C’est à Roubaix, que se déroule le 5 Juin 1908, le championnat de dactylographie du Nord de la France. Ce concours se déroule dans la nouvelle salle des fêtes rue de l’Hospice. Pendant cette journée, de nombreux jeunes gens et jeunes filles se trouvent réunis devant des machines à écrire, de toutes marques. Pendant 3 heures, tous et toutes pianotent à qui mieux mieux, sans lever la tête.

document Le Nord Illustré

Le concours est basé sur la rapidité d’écriture. A la fin de l’épreuve, pour la section Hommes, Edgar Verschore réalise le tour de force d’écrire à la machine 3000 mots à l’heure, soit une moyenne de 50 mots à la minute. Ce résultat spectaculaire indique de la part du lauréat une tension d’esprit et une souplesse de doigts remarquable. Pour la section Dames, c’est Mlle A. Tobie qui termine première.

document Le Nord Illustré

Le jury présidé par Albert Navarre, président de la Revue Dactylographique de Paris, décerne donc les diplômes à Edgar Verschore de Lille sur machine Remington et pour la section Dames à Mlle A Tobie de Roubaix sur machine Oliver.

document Le Nord Illustré

Tout autour de la salle des fêtes, sont installés les stands de fournisseurs de matériel de machines à écrire, de ronéo duplicateur etc.

Ce championnat permet aux entreprises de prendre conscience de l’utilité de la dactylographie. L’employé n’est plus obligé d’écrire à la main. C’est un gain de temps, d’autant plus qu’il est aisé de faire des copies en utilisant des carbones.

Remerciements aux archives municipales

Carlier Vogliazzo ( suite )

En 2004, Pascal Carlier et Paulo, le responsable du magasin de Roubaix, reprennent l’entreprise qui se nomme désormais CVA. Dans les rayons de Carlier Vogliazzo, les produits incontournables qui ont fait la réputation de la maison, sont bien sûr toujours présents : charcuteries, fromages, pâtes fraîches, antipasti, mais aussi les vins, les huiles d’olives bio, ou encore les lasagnes importées directement d’Italie.

Pascal Carlier ( document Nord Eclair )
document Nord Eclair

En 2013, le local de Lille, situé à l’intérieur du marché couvert de Wazemmes, devient trop petit. On le déplace alors un peu plus loin, au 381 rue Léon Gambetta. Le magasin de 300 m2 est pittoresque et authentique. On voyage en méditerranée, au fil des produits pendus au plafond ou humés (épices, jambons, olives, fromages…).

14 salariés travaillent désormais dans l’entreprise sur les magasins de Roubaix et Lille, pour proposer d’innombrables références allant de la gelée royale d’Espagne au Jambon de Parme en passant par la Saucisse de Sardaigne, la Figatelle de Corse à la Mozarella di Buffala italienne.

le magasin de Lille ( document Carlier Vogliazzo )

« 70 % de la clientèle de Carlier Vogliazzo est issue de l’immigration » soulignent Pascal et Paulo. « La politique est de proposer le meilleur produit au meilleur prix. Résultat, les clients du Grand Nord de la France et même de Belgique y ont leurs habitudes : « Des gens qui font 80 km pour venir chez nous, ce n’est pas exceptionnel ! On dure dans le temps, parce qu’on est une entreprise familiale, traditionnelle qui ne prend pas le client pour de la marchandise. Ici, ça parle toutes les langues, ça met du charme, du folklore, une ambiance qui sent le vécu, l’évasion ! ».

document Nord Eclair

En 2016, le magasin de Roubaix ferme tout le mois d’Août pour travaux. Il en avait bien besoin, en effet, depuis 1949, il était resté dans son jus, ou presque ! Le principal changement que constate le client, c’est l’implantation de la boutique. L’entrée se fait toujours par la même porte, à l’angle de la rue Emile-Moreau, mais on ne se heurte plus aux clients patientant devant le grand comptoir frigorifique. Ce dernier va être installé un peu plus loin, au centre de la boutique, pour assurer une meilleure circulation. Autre nouveauté : une fois le panier rempli, le client sort juste à côté de la caisse, par la grande porte vitrée donnant sur la rue de l’Alma. « L’idée, c’est d’améliorer l’accueil et le service à la clientèle. La boutique va être plus fonctionnelle, plus belle », souligne Nathalie Carlier, l’épouse de Pascal.

document Nord Eclair

En 2020, la crise sanitaire touche tous les pays. Le Covid change les habitudes de consommation. Carlier Vogliazzo s’adapte et propose un service supplémentaire, un site de vente en ligne voit le jour. 

document Carlier Vogliazzo

Aujourd’hui, avec presque 80 années d’existence, Carlier Vogliazzo est toujours présent dans les 2 magasins de Roubaix et Lille. Plus de 3000 références directement importées d’Italie, d’Espagne, du Portugal, de Grèce sont proposées à la clientèle en collaboration avec les plus grandes marques mais aussi avec des petits producteurs.

Carlier Vogliazzo : C’est l’un des plus illustres commerces de bouche roubaisien ! La devise des magasins est donc : « Le temps passe, les goûts et la qualité restent ».

document Nord Eclair
Les lettres effacées de l’enseigne indiquent la longévité impressionnante du magasin de Roubaix ( Photo BT )

Remerciements aux archives municipales

80 avenue Jean Lebas

La rue de la Gare a été percée en 1882 pour relier la Grand Place à la future gare de Roubaix. Dès 1885, des constructions s’élèvent et très rapidement l’avenue, large de 25 mètres, est bordée de magnifiques immeubles occupés par des sièges d’entreprises textiles et par des banques.

Le 80 avenue Jean Lebas ( document plan cadastral )

Le numéro 80 de cette avenue est un immeuble cossu. Une porte cochère permet l’entrée de l’établissement occupé par la Banque Nationale de Crédit, au milieu des années 1880. Cet établissement bancaire propose toutes les opérations de bourse, de banque, de locations de coffre forts etc.

document collection privée
document collection privée

La Banque Nationale de Crédit ferme ses portes au début des années 1930, Le bâtiment est repris ensuite par le cabinet d’assurances d’André Piat. Il propose tous types d’assurances et, plus tard, se spécialise dans les contrats de l’assurance automobile, dans les années 1950.

document collection privée
document collection privée

Dans les années 1970 c’est le cabinet d’assurances Ricour qui est installé dans l’immeuble, jusqu’au milieu des années 1980.

document collection privée

L’E.R.J : Espace Ressources Jeunes est créé en 1988 et s’installe dans les locaux. L’ERJ permet à des jeunes ayant un projet de le développer. Si le projet est bien construit, il sera accepté et permettra aux jeunes d’avoir une insertion sociale, une prise de conscience, une autonomie et en définitive de leur donner confiance en eux et en l’avenir. Le C.L.A.P : le Comité Local d’Aide aux Projets, quant à lui, permet à des jeunes porteurs de projets de présenter leur action et d’obtenir des aides financières.

document archives municipales
document Nord Eclair

En 2005, Juliette Bughin ouvre son atelier créatif : la « Maison Marotte » et s’installe dans les locaux, car il se trouve alors en plein quartier des modes. C’est une enseigne qui permet d’apprendre à créer soi-même des objets, vêtements ou bijoux. Pourquoi Maison Marotte ? Maison, pour le côté désuet et Marotte pour le hobby avec un grain de folie en plus. L’idée créative bien que séduisante ne donne pas les résultats escomptés et Maison Marotte cède la place à un salon de coiffure.

Juliette Bughin ( document Nord Eclair )

En 2010, David Pollet, ancien commercial et autodidacte, cherche une entreprise à reprendre. Ce sera le salon de coiffure à enseigne « Le Monde Addict », au 80 de l’avenue Jean Lebas. Dans cet immeuble de cachet, c’est un salon atypique où les portes et le comptoir sont en bois massif, de l’époque de la Banque Nationale de Crédit, et même l’ancien coffre fort s’y trouve encore !

David y installe son propre salon avec du mobilier design créé par son frère, recrute une équipe fidélisée et crée une ambiance sympathique. Le démarrage est satisfaisant et très rapidement, David ouvre plusieurs autres salons de coiffure sur la métropole. Le Monde Addict est toujours présent dans les mêmes locaux après 16 années d’expérience.

David Pollet ( document Nord Eclair )
Le salon de coiffure ( document Nord Eclair )

Remerciements à Julien ainsi qu’aux archives municipales.

Carlier Vogliazzo

Jean Carlier est né dans le Pas-de-Calais, Elvira Vogliazzo est d’origine italienne. Ils ouvrent une petite épicerie, au 96 rue de l’Alma à Roubaix, en 1949. C’est une toute petite échoppe de 20 m2, dans laquelle le couple propose des spécialités italiennes. Les débuts de leur activité sont encourageants, ils ont tous deux, le sens du commerce, et bénéficient d’une clientèle italienne nombreuse dans le quartier, des immigrés italiens qui ont du quitter leur pays et le régime fasciste.

document Carlier Vogliazzo

En 1952, le manque de place de leur magasin se fait cruellement sentir, mais aucune possibilité pour Jean et Elvira d’agrandir leur point de vente. Ils ont alors l’occasion de reprendre un local voisin, au 110 de la rue, à l’angle de la rue Emile Moreau. C’était auparavant le Foyer des Gardiens de la Paix. Ils aménagent à l’intérieur leur nouveau magasin d’alimentation et font appel à un entrepreneur local, Mr Pagliano, situé rue Philibert Delorme, pour des travaux de façade : remplacer 4 petites fenêtres par deux baies vitrées, une sur la rue de l’Alma et une sur la rue Emile Moreau. La gamme de produits s’étoffe, l’immigration italienne depuis la dernière guerre se développe, les quotas d’importation de produits étrangers baissent: les affaires du nouveau magasin deviennent alors prospères. En 1959, Jean confie des travaux de rénovation de sa façade ( rejointoiement et cimentage ) à l’entreprise de René Buil, au 27 rue Voltaire.

document Carlier Vogliazzo

Jean Carlier est non seulement bon commerçant, il est également curieux, Tout l’intéresse et en particulier les voyages. C’est lors de déplacements en Espagne et au Portugal qu’il découvre d’autres produits et d’autres saveurs. Au début des années 1960, Jean et son épouse développent donc leur gamme de produits pour satisfaire leur clientèle tout en évitant les intermédiaires afin de proposer des prix bas.

Jean Carlier précise : « Les clients recherchent « les produits du pays », les voyageurs qui ont un souvenir gustatif de leurs vacances en Espagne, en Italie, au Portugal, les curieux qui aiment goûter des saveurs nouvelles, différentes et enfin les connaisseurs qui ne viennent pas chez nous par hasard ! »

En 1968, Jean développe son entreprise en reprenant un magasin d’alimentation : Le Comptoir Français de Distribution, situé au 8 Contour Saint Martin. Il demande à l’architecte Raymond Lecocq, de la rue d’Inkerman, de transformer et d’agrandir le magasin et d’aménager 2 appartements dans les étages.

Façade et plan du 8 Ctr St Martin ( document archives municipales )
Publicité 1971

Par la suite, Jean Carlier reprend la maison voisine de la rue Emile Moreau. L’architecte choisi est Emile De Plasse au 230 rue Pierre de Roubaix, qui organise une légère transformation de la façade avec le percement d’une porte de garage.

La façade de la maison rue Emile Moreau ( document archives municipales )

En 1974, Jean ouvre un troisième point de vente à Tourcoing, au 40 rue de Moscou.

Publicité 1975

Au début des années 1970, Henri, et Jean-Pierre, les deux fils fils de Jean et Elvira entrent dans la petite entreprise, pour créer l’activité de vente en gros destinée aux restaurants, pizzerias et autres commerces. Le volume engendré nécessite d’agrandir les locaux en reprenant un entrepôt de stockage de 300 m2, avec 3 chambres froides, et situé au 33, rue Cadeau. Un parking est aménagé dans cette même rue, après la démolition de quelques maisons insalubres.

document Carlier Vogliazzo
Entrepôt rue Cadeau ( Publicité 1981 )

Carlier Vogliazzo devient alors la référence régionale de la profession. En 1977, Henri rachète la maison voisine du 108 rue de l’Alma pour agrandir le magasin. La surface de vente et la réserve à l’arrière s’étalent désormais sur 159 m2.

document archives municipales et plan cadastral
Façade 1980 document Carlier Vogliazzo

A la fin des années 1980, Henri et son jeune fils Pascal, sont présents sur le marché de Wazemmes à Lille, tous les dimanches en matinée. Excellente école pour le jeune garçon qui commence à apprendre le métier. Il finit ensuite sa formation dans l’entrepôt de la rue Cadeau.

En 1995, la famille Carlier arrive en Belgique. L’objectif est de proposer leurs gammes de produits de la Méditerranée : « Les produits du Soleil » aux professionnels belges.

document Carlier Vogliazzo

A suivre . . .

Remerciements aux archives municipales

Ecole Ernest Renan, rue de Beaurewaert

La première école de la rue de Beaurewaert à Roubaix a été construite en 1856. Elle était divisée en deux parties : l’école de filles et l’asile ( école du premier âge, appelée aujourd’hui : école maternelle ). A la fin des années 1890, l’école prend le nom d’Ernest Renan, célèbre écrivain décédé en 1892.

Plan cadastral 1884

Au début des années 1930, l’école s’est fortement dégradée. L’administration municipale songe sérieusement à construire un nouveau groupe scolaire pour obtenir le maximum de confort et d’hygiène pour les élèves.

La décision est prise en 1934. Le projet est confié à Jean Selle, architecte agréé, situé au 35 rue Richard Lenoir à Roubaix, et Marcel Spender architecte DPLG ( diplômé par le gouvernement ).

Marcel Spender ( document Nord Eclair )

Pour pouvoir offrir aux enfants une cour de récréation assez vaste, la municipalité décide d’annexer le terrain voisin, celui du presbytère appartenant à la ville et le terrain rectangulaire a désormais une superficie de 3.200m2. Le groupe scolaire est divisé en 2 sections : la maternelle composée de 4 classes et l’élémentaire de 6 classes. C’est une école de filles.

Projet ( document archives municipales )

Ce projet, tel qu’il est présenté, est très judicieux, car il n’apporte aucune gêne au fonctionnement de l’ancienne école. En effet, les vieux bâtiments seront rasés pendant les grandes vacances, pour permettre l’ouverture de la nouvelle école à la rentrée des classes.

Construction 1937 ( document archives municipales )

La façade, longue de 48,87m avec deux entrées latérales séparées, se situe sur la rue de Beaurewaert,. Cette façade moderne de style paquebot, est composée de briques de couleur chaude, le soubassement est en pierre de Soignies, une corniche en pierre couronne l’édifice. De grandes baies vitrées apportent dans les locaux l’air et la lumière à profusion. A chaque extrémité, les escaliers occupent la partie avancée : deux oriels en demi-cylindres en verre futuriste.

Façade rue de Beaurewaert ( document collection privée )
Façade arrière rue Ste Elisabeth ( document collection privée )

Sur la façade arrière ( rue Ste Elisabeth, aujourd’hui renommée rue Henri Lefebvre ), se situent deux maisons individuelles latérales pour le logement des deux directrices.

maison de la directrice ( document archives municipales )
maison de la directrice ( document archives municipales )

Le grand bâtiment sur la rue de Beaurewaert, comprend en demi sous sol, une immense salle de réfectoire qui peut également être utilisé en tant que salle des fêtes ou cinéma. Dans les années 1960, les élèves de l’école de garçons Pierre de Roubaix fréquentent cette salle pour des films projetés par Alain Sailly ( fils de l’instituteur Gilbert Sailly ).

salle de réfectoire ( document archives municipales )

Aux étages se trouvent les salles de classe : les maternelles au 1° étage, les élémentaires au second.

plan du rez de chaussée ( document archives municipales )
perspective ( document archives municipales )

Marcel Spender construit cette école pour le bien-être des enfants, l’hygiène, le confort et la lumière sont au programme. Belle reconnaissance, l’école est distinguée en 1938 par la revue l’Architecte d’Aujourd’hui comme l’une des plus belles réalisations scolaires françaises.

L’école va se développer très fortement après la seconde guerre mondiale, avec le baby-boom des années 1960. Les crises économiques des années 1970 vont amener la municipalité à moderniser l’établissement en installant, en 1982, des nouveaux châssis de fenêtres extérieures en aluminium, pour une meilleure isolation thermique mais également phonique.

document Nord Eclair

En 1991, des lézardes apparaissent dans les murs de l’école. Certes le bâtiment n’est pas prêt de tomber sur la tête des élèves, mais le plâtras qui commence à dégringoler des fissures a de quoi inquiéter. Il est donc urgent d’effectuer quelques travaux de rénovation sur les cloisons intérieures à partir des vacances de Février.

document Nord Eclair

Mais deux semaines de fermeture paraissent un délai très court pour accomplir les travaux, et une école en chantier à la rentrée, entraînerait forcément des perturbations. On a donc décidé de fermer complètement l’établissement pendant 6 semaines et d’y revenir dès que tout sera terminé. Les deux directrices Mesdames Pavy et Maes, avec le service technique, programment le déménagement du matériel dans d’autres écoles : PaulBert/EdgarQuinet mais également Chanzy et Gambetta pour recevoir les enfants. Il faut songer aussi à préparer les services de car pour les déplacements chaque jour, la restauration à renforcer etc. Dans un cadre agréable et confortable, les 317 élèves reprennent possession de leurs classes, début Avril 1991.

document Nord Eclair

L’inauguration des locaux rénovés a lieu en Octobre 1991, en présence de André Diligent, sénateur-maire de Roubaix.

document archives municipales

L’école Ernest Renan, ouverte depuis 90 années, accueille toujours les élèves du quartier Ste Elisabeth.

document archives municipales
document archives municipales

Remerciements aux archives municipales.

Jean-Baptiste Glorieux, aéronaute ( suite )

Les ascensions se déroulent sur tout le territoire national. Une ascension aérostatique est toujours un événement exceptionnel pour le public, c’est un spectacle nouveau et attrayant qui voit accourir de toutes parts, une foule immense. En 1883, Jean Baptiste Glorieux a déjà effectué 320 ascensions, dont quelques unes ont été exécutées avec une hardiesse qui donne le vertige. Depuis son premier vol à Roubaix, on calcule alors qu’il a passé plus de deux mois de sa vie dans les nuages !

document Bernard Thiebaut

Le 22 Juin 1884, Jean-Baptiste Glorieux embarque à bord son ami Zéphirin Disdal et décolle de la place de la République à Lille. Arrivé à l’altitude de 4.000 mètres, Zéphirin saute dans le vide, le corps accroché à son parachute. Quelques minutes plus tard, une prairie lilloise accueille le premier parachutiste du Nord.

document Bernard Thiebaut

Le 14 Juillet 1898, pour notre fête nationale, alors qu’il prend place sur le trapèze, sous la nacelle, il est projeté sur la façade de la maison Rammaert-Jeu ( devenue ensuite la Bibliothèque Municipale ) sur la Grand Place de Roubaix. Le ballon arrive quand même à se dégager et termine son vol à Dottignies.

document archives municipales
document archives municipales

Jean-Baptiste est un homme de petite taille, mais vif, nerveux et intrépide, cachant sous des apparences modestes et simples, des connaissances variées et étendues sur sa passion. Dans la conversation, c’est un charmant et agréable conteur, sans prétention mais laissant toujours sentir le feu sacré de son art.

En 1900, il habite au 13 rue de l’Industrie à Roubaix. Il est père de 4 enfants : Sur la photo ci-dessous, de gauche à droite, Juliette Viane, son épouse, Jean-Baptiste Glorieux, puis les trois filles Rachel, Angèle et Berthe, et le fils George, coiffeur à Bruxelles.

Photo de famille ( document archives municipales )

Le 23 Mars 1905, Jean-Baptiste décède dans son lit, à son domicile, au 21 rue Vauban à Roubaix, à l’âge de 71 ans. Au total il a réalisé pendant ses 40 années d’activité, 635 ascensions toutes plus intrépides les unes que les autres dont certaines faillirent même lui coûter la vie.

Le Conseil municipal décide alors de donner le nom de Jean-Baptiste Glorieux, à une rue de la ville qui relie la rue Saint Antoine à la rue du Collège, aujourd’hui disparue lors de la création de l’avenue des Nations Unies.

JB Glorieux avait un cœur généreux et son concours bénévole était toujours acquis aux œuvres charitables et de bienfaisance. Il a participé à toutes les manifestations organisées par la ville de Roubaix. Il repose au cimetière de Roubaix sous une tombe originale et symbolique, ornée d’un ballon sphérique en miniature s’élançant sous la voûte céleste. Ce monument a pu être érigé le 29 octobre 1905, grâce à une souscription publique.

Cimetière de Roubaix ( document Nord Eclair )

En 1985, pour le 80° anniversaire du décès de Jean-Baptiste Glorieux, la municipalité décide de lui rendre un hommage aérostatique et ce, en deux parties. La première par un lâcher de trois ballons le 15 Septembre au parc de Barbieux, et la deuxième par une exposition en Décembre à la salle Watremez, avec de nombreux documents qui retracent la vie et les exploits de l’aéronaute, dans le contexte de son époque.

Exposition salle Watremez ( document Nord Eclair )
document Nord Eclair

Remerciements à Bernard Thiebaut ainsi qu’aux archives municipales

Villa Eeckman

Au 94 rue de la gare à Roubaix, se trouve un imposant bâtiment construit à la fin du siècle dernier, et occupé par « La Flandre », grosse compagnie d’assurance, administrée par Mrs Eeckman et Tettelin.

Le 94 rue de la Gare ( document collection privée )
Publicité « La Flandre » ( document collection privée )

André Eeckman habite sur place dans l’un des étages. En 1927, il souhaite se faire construire une villa. Il négocie l’achat d’un terrain vierge de 1324 m2, situé au 33 bis boulevard de Beaurepaire, appartenant à la famille de son épouse : les frères Courouble, meuniers au 35 du boulevard de Beaurepaire. André fait appel à l’architecte Maillard à Tourcoing, pour établir les plans de sa future propriété.

cadastre
façade ( document archives municipales )

La propriété est immense, le rez de chaussée d’une surface de près de 300 m2 comprend, le hall d’entrée, un garage pour deux voitures, un salon, un vestiaire, un living-room, une salle à manger, une cuisine, un office et une terrasse.

Plan du rez de chaussée ( document archives municipales )

Le 1° étage est composé de 4 chambres dont une suite parentale, une salle de jeux, un vestibule, deux salles de bains, des toilettes et une lingerie. Le second étage a pratiquement la même surface.

Façade avant ( document archives municipales )
Vue du jardin ( document archives municipales )

André Eeckmann-Courouble et son épouse, habitent cette demeure, pendant de nombreuses années. Au décès d’André, au début des années 1950, sa veuve reste dans les locaux jusqu’au début des années 1970.

De nos jours, la villa Eeckmann est inoccupée et semble même à l’abandon.

Porte d’entrée ( Photo BT )

Remerciements aux archives municipales