La chapelle ND de Pellevoisin, rue de Leers

En 1935, les roubaisiens habitant les quartiers du Sartel, des 3 Ponts et des hameaux avoisinants la ville de Leers, n’ont que la paroisse Saint Rédempteur, comme lieu de culte le plus proche. Cette paroisse, dirigée par l’abbé Georges Treutenaere, compte 18.000 âmes, elle rayonne sur une étendue tellement vaste que de nombreux fidèles se trouvent fort éloignés de leur église. Aussi, l’abbé Treutenaere dépose un permis de construire en Mai 1935, pour l’édification d’une chapelle sur le chemin de Leers ( aujourd’hui le 164 rue de Leers ) au delà du passage à niveau de Beaurepaire.

Projet de construction de la chapelle 1935 ( document archives municipales

L’autorisation est accordée immédiatement et les travaux démarrent de suite. La chapelle se trouve un peu en retrait de la rue, d’une longueur de 30 mètres et d’une largeur de 10 mètres. Les travaux d’édification vont bon train et se terminent à la fin de l’été 1935

Projet de construction de la chapelle 1935 ( document archives municipales )

La chapelle dédiée à ND de la Miséricorde reçoit S E le cardinal Liénart pour la cérémonie de l’inauguration le 22 Septembre 1935 à 16h.

Document Journal de Roubaix 1935

Après les travaux de finition, programmés en Octobre, la chapelle est prête à accueillir les fidèles chaque dimanche pour la messe célébrée par un vicaire de Saint Rédempteur. L’avenir s’annonce plein de promesses. Georges Treutenaere est fier de son œuvre, mais compte bien sur la générosité des roubaisiens pour terminer le financement de cette construction.

Les travaux de finition ( document Journal de Roubaix 1935 )

La chapelle fête ses 20 années d’existence en Octobre 1955. Elle se nomme désormais Notre Dame de Pellevoisin, nom d’un petit village du département de l’Indre où, chaque année, le fondateur de la chapelle venait effectuer un pèlerinage pour vénérer la Vierge.

La chapelle, au fil des années, a pris peu à peu, l’ampleur et l’importance d’une communauté paroissiale, elle est alors dirigée par l’abbé Paul Caulliez prêtre résident, nommé en 1952, avec un beau zèle apostolique. Les habitants du quartier aiment leur chapelle qui organise désormais toutes les cérémonies du culte: les messes bien sûr, mais également les baptêmes, mariages et enterrements. Les fidèles participent activement à la liturgie, à la chorale et à l’aménagement de la chapelle.

la chapelle en 1955 ( document Nord Eclair )

Le 4 Novembre 1955 à 9h30, Monseigneur Dupont, évêque auxiliaire de Lille, vient célébrer cet événement. La messe est dite par le supérieur des pères du Sacré-Coeur d’Issoudun, entouré de nombreux prêtres, chanoines et curés des églises de Roubaix et Leers. Mgr Dupont procède à la bénédiction des fonds baptismaux, puis celle de la statue de Notre Dame de Pellevoisin qui orne désormais la façade de la chapelle, juste au dessus de l’immense croix.

Mgr Dupont bénit la statue de ND de Pellevoisin ( document Nord Eclair 1955 rectifié IA )

En 1985, la chapelle a 50 années d’existence. Elle a été dirigée pendant de nombreuses années par l’abbé Paul Caulliez décédé accidentellement en Janvier 1982 à l’âge de 71 ans. Paul a apporté une animation nouvelle à ce quartier qui, depuis, a connu la construction de la cité du Carihem toute proche, et du centre commercial de Leers. Il a été à l’origine de la création d’une troupe scoute très dynamique. La chapelle est toujours incluse dans la paroisse St Rédempteur, elle continue de recevoir les fidèles pour la messe dominicale. Au 80 de la rue de Leers, dans le local créé par Paul Caulliez, se trouve l’école qu’on appelle aussi la garderie, qui abrite la troupe des scouts. La catéchèse est assurée par les dames du secteur.

Après la messe du cinquantenaire célébrée par l’abbé Mathias curé de Ste Elisabeth, tout le monde se retrouve dans le local de la rue de Leers où l’on évoque les souvenirs de 50 années d’existence.

La réception qui a suivi la messe du cinquantenaire ( document Nord Eclair 1985 )

A compter du décès de l’abbé Paul Caulliez, la situation de la chapelle connaît quelques difficultés. Le nombre décroissant de fidèles lors de la messe dominicale dans les années 1990, amène l’évêché à prendre la décision de désacraliser le bâtiment. La chapelle ferme ses portes. En 1999, elle devient la propriété de la ville, l’évêché a simplement demandé à la municipalité qu’elle ne soit pas démolie et qu’elle puisse servir à des actions collectives. Le comité de quartier du Sartel demande alors à la mairie que Notre Dame de Pellevoisin devienne une salle polyvalente.

Le projet fait son chemin, la ville voit d’un bon œil cette transformation qui permettrait à la salle Watremez d’alléger son planning d’activité très chargé, et puis cette salle devrait faire 250 places seulement, ce « petit Watremez » devrait mieux convenir aux associations plus modestes.

Les riverains devraient être satisfaits, mais en fait, ils sont plutôt inquiets. Le sentiment qui domine, c’est l’inquiétude, la peur du bruit, de la musique tard dans la nuit, des dégradations etc. Face à ses questions, la municipalité rassure : « la salle sera insonorisée, nous allons construire un parking un peu plus loin, dans la rue de Leers, ce qui évitera des nuisances sonores à proximité ». Le règlement intérieur sera rédigé avec le comité de quartier. Le programme sera finement étudié, la salle accueillera des expositions, des spectacles de café théâtre, des assemblées générales d’associations etc. A priori, il n’est pas question d’accueillir des mariages ou des fêtes de famille. Voici les habitants du quartier rassurés.

document Nord Eclair 2001

C’est l’architecte de la ville, Stéphanie Legrand qui est chargée du projet. Les importants travaux de construction de la salle Pellevoisin avancent de manière satisfaisante : la structure du bâtiment est confortée, une salle de 150 m2 est aménagée, un système de chauffage à air pulsé est installé. En revanche, le dallage de la chapelle est sauvegardé.

documents Nord Eclair

Les travaux se terminent en fin d’année 2007. Cette salle de réunion, tant attendue par les riverains, est inaugurée en Février 2008. Les personnes présentes peuvent alors admirer une salle très vaste, jouxtée d’une cuisine aménagée dernier cri. L’ensemble comprend également les sanitaires, un vaste bureau réservé aux membres de l’association et un dégagement sur une salle de stockage de 9m2.

L’avancement des travaux Aout 2007 ( document Nord Eclair )

Roger Sinko, président et mémoire vivante du quartier Sartel-Carihem, présente aux élus assistant à l’inauguration dont René Vandierendonck, toute l’histoire de cette ancienne chapelle, à partir de coupures de presse de l’époque.

Roger Sinko ( document Nord Eclair 2008 rectifié IA )

C’est que Roger s’est battu pendant ces 3 décennies pour que cette salle de quartier à vocation associative puisse voir le jour, ainsi que les aménagements des abords ; le jardin, le parvis et le parking de 32 places juste en face.

document Nord Eclair

Remerciements aux archives municipales

La démolition du Théâtre

Le 5 novembre 1882, un nouveau théâtre, d’initiative privée, est inauguré, il s’agit de l’Hippodrome Théâtre. Il se situe sur le boulevard Gambetta, à côté de l’Usine Motte Bossut que l’on distingue sur le document ci-dessous.

document archives municipales 1882
La façade ( document collection privée )

Cette salle de spectacle, qui peut contenir entre 1500 et 1800 personnes, accueille des représentations très diversifiées, entre opérette et opéra, théâtre dramatique et comédies, vaudevilles et grands drames. Le célèbre Cirque Franco-Belge y vient chaque année au moment de la grande foire. Des meetings politiques, conférences et débats électoraux s’y déroulent également. Pendant des décennies, l’Hippodrome théâtre devient une scène d’audience nationale, qui reçoit des artistes prestigieux.

La salle de spectacle en 1936 ( document collection privée )

Voir sur notre site l’article sur l’histoire de l’Hippodrome, en cliquant sur le lien :

https://ateliers-memoire.com/themes/commerces/ah-lhippodrome-theatre/ 

Après la seconde guerre mondiale, le Grand Théâtre change de direction : Angèle Vandorselaere et Léon Delmulle qui l’ont dirigé jusqu’ici, laissent la place à Jean Dubois qui arrive avec de l’expérience et des projets de programmes de variétés. En 1947, M. Dubois a pour projet de transformer le grand théâtre en Capitole, et de passer du théâtre lyrique à des programmes plus variés.

Transformation L’Hippodrome devient le  Capitole ( document collection privée )
Rénovation ( document collection privée )

Des travaux énormes sont engagés : réfection de la façade, élargissement des portes d’entrée, installation de véritables sièges pour remplacer les banquettes des premières galeries. On souhaite moderniser la décoration de la salle, en blanc et rouge, avec des éclairages et installations électriques conformes, et du chauffage au mazout. On supprime les anciens décors et on les remplace par des toiles de fond. La réouverture a lieu en Janvier 1948.

Le capitole ( document collection privée )

Voir sur notre site, l’article sur le Capitole, en cliquant sur le lien : 

https://ateliers-memoire.com/roubaix/centre/et-lhippodrome-devint-le-capitole/

Le début des années 1950, s’annonce difficile. Mr Catriens directeur du Capitole, nommé en 1951, s’interroge. Pourquoi les spectateurs boudent-ils les spectacles proposés malgré les gros travaux de rénovation. La désaffection croissante du public envers les spectacles lyriques rendent l’entreprise hasardeuse. On tente de le moderniser, un écran de cinéma est installé, on organise même des combats de catch. En 1957, la situation se dégrade encore, la municipalité reproche au Capitole sa vétusté et en particulier l’inconfort des sièges ainsi que sa forme de rotonde qui l’empêche d’accueillir des spectacles nouveaux.

document Nord Eclair 1957

Pour sauver le Capitole, l’hypothèse la plus réaliste reste celle des galas : quelques vedettes connues et un choeur d’amateurs comme le CAR, Cercle Artistique Roubaisien, mais l’argent manque. La solution la plus radicale serait alors, de fermer le Capitole !

Un dimanche de mai 1957, le rideau du Capitole théâtre tombe définitivement sur la dernière représentation des « Mousquetaires au Couvent ». C’est le dernier spectacle. La vénérable salle s’endort alors d’un sommeil pesant : le brouhaha, les applaudissements, les strophes vocales, tout cet aspect merveilleux du théâtre s’enlise doucement dans l’indifférence, après une carrière longue de 80 années. L’évolution des mœurs, le tourisme, la télévision, le cinéma ont été cités comme responsables de cette fermeture.

La société Le Capitole est dissoute le 16 avril 1964. En Juillet de cette même année, le bulldozer arrive et massacre tout. Il ne lui faut que peu de temps pour jeter bas toute la structure du bâtiment, la façade monumentale s’écroule sous les coups de boutoir des engins. Il ne reste plus qu’un terrain vague jonché de gravats et de débris de toutes sortes.

la démolition du théâtre 1964 ( document Nord Eclair )

La COMIF, Compagnie d’Investissements Fonciers, reprend le terrain ainsi que le café voisin. Un projet immobilier voit le jour pour la construction sur cette surface de 2700 m² d’un immeuble de dix étages baptisé « La Résidence du théâtre », aligné sur le boulevard Leclerc, et d’une station service « Total ».

La construction de la « Résidence du théâtre » en 1975
Document Nord Eclair 1977
La station « Total » boulevard Leclerc

Ainsi disparaît à jamais un des grands lieux culturels et historiques de notre ville.

Remerciements aux archives municipales

L’ inauguration du monument Eugène Motte

Eugène Motte est né en 1860. Industriel et fils d’industriel, enfant de Roubaix, marié à vingt-quatre ans, il prend la succession de l’entreprise au décès de son père Alfred Motte en 1887. Il est, à quarante et un ans, responsable de neuf usines donnant du travail à 8.000 ouvriers et père de huit enfants. Il a, en outre, fondé deux usines en Pologne.

Eugène Motte est un homme très simple. On le décrit aussi comme « sachant parler aux ouvriers avec leur langage » et peu enclin à envisager une carrière politique.
Il devient pourtant maire de Roubaix en 1902 et le restera jusqu’en 1912. Il est député de 1898 à 1906 et membre du Conseil général de 1895 à 1907.

Eugène Motte décède à Roubaix le 23 Octobre 1932. En 1935, la municipalité décide d’ériger un monument en sa mémoire sur lequel apparaît l’effigie de celui à qui la ville accorde officiellement l’hommage du souvenir.

Le monument ( document collection privée )

Le monument se trouve à l’angle du boulevard Gambetta et de la rue de l’Union. Son emplacement n’a pas été choisi au hasard puisque le terrain appartient à la famille Motte. C’est en effet Louis Motte qui avait créé sur cet emplacement,  »la filature monstre » Motte Bossut vers 1850, ravagée par l’incendie de 1866.

document collection privée rectifié IA
document bnr – D. Labbé

C’est un monument en pierre de Boulogne et en marbre blanc, réalisé par le statuaire Raoul Bénard, Grand Prix de Rome et par l’architecte, Gustave Poubel.

photo BT
photo BT

De part et d’autre du monument, se trouvent deux allégories formant les bas reliefs : à gauche l’Abondance avec en arrière plan l’hôtel de ville et à droite Mercure se détachant sur un fond d’usines.

la cérémonie pendant les discours ( document le Grand Hebdomadaire illustré rectifié IA )

L‘inauguration du monument se déroule le Dimanche 22 Septembre 1935, sous la présidence d’ Armand Guillon, préfet du Nord et de Maurice Colrat, ancien ministre.

une partie de l’assemblée ( document Le Dimanche de Roubaix-Tourcoing rectifié IA )

Sur la photo ci-dessus, on distingue de gauche à droite : M. Nicolle député, Eugène Motte fils, Mme Eugène Motte, M. Guillon préfet du Nord, M. Colrat ancien garde des Sceaux, M. Carissimo président de la chambre de commerce de Roubaix et Robert Motte.

les nombreuses sociétés (associations) regroupées aux abords du monument ( document Le Dimanche de Roubaix-Tourcoing rectifié IA )
La partie gauche du monument ( Photo BT )

La partie gauche du monument, rappelle qu’en 1915, l’armée allemande impose aux usines la fabrication de vêtements de guerre et de sacs de tranchées pour ses soldats. Eugène Motte refuse alors de participer à cet effort de guerre : « Nous ne pouvons pas accepter le rôle de collaborateur de l’ennemi. Vous pouvez réquisitionner nos biens. Vous ne pouvez réquisitionner nos personnes. Notre conscience de Français s’y refuse ».

Carton d’invitation du repas offert par la famille ( document bnr )
le cercle de l’industrie ( document collection privée )

Pour clôturer la cérémonie, un banquet est ensuite servi dans la magnifique salle de réception du Cercle de l’Industrie de la Grande rue.

Le buste d’Eugène Motte ( document musée de La Piscine )

Remerciements aux archives municipales

Georges Richardson

Georges Richardson, un jeune anglais, né à Londres en 1869, arrive à l’âge de 20 ans, en France en 1889. Il s’installe à Roubaix pour travailler dans une entreprise textile locale, avant de reprendre en 1898 l’entreprise d’Augustin Morel, située au 129 rue de Tourcoing à Roubaix, affaire commanditée par Alphonse Lemaire père

Plan cadastral 1884 rectifié IA

L’entreprise se situe à l’angle de la rue de la Guinguette d’un côté, et de l’autre côté à l’angle du quai de Dunkerque, au bord du canal de Roubaix, et en face du Pont Morel. Elle est spécialisée dans la fabrication de tissu en laine cardée, de draperies pure laine et de draps militaires. L’entreprise se développe fortement grâce à Georges Richardson qui introduit les procédés de fabrication des draps « Union » et « Scoot Tweed » qui jusqu’à lors, étaient importés d’Angleterre. En 1902, la société devient : Ets Lemaire et Richardson par l’arrivée des 3 fils Lemaire : Léon, Alphonse et Henri

Intérieur de l’usine ( document Nord illustré )

Pendant la guerre 14-18, l’entreprise souffre terriblement des exactions de l’occupant, l’usine est occupée et pillée entièrement. Georges, resté sur place, tient tête à l’occupant pour préserver le matériel, ce qui lui vaut d’être pris en otage et d’être déporté à Gustrow en Allemagne. De plus, l’usine est partiellement détruite par l’explosion du Pont Morel que les allemands font sauter avant de se retirer en 1918.

( document Nord illustré )
Usine détruite ( document Nord illustré )
Usine détruite ( document Nord illustré )

Après ce conflit mondial, Georges Richardson reprend la totalité des parts de l’entreprise et la société G.W.Richardson et cie prend un nouveau départ. Les affaires redeviennent florissantes au début des années 1920.

( document Nord illustré rectifié IA )

Parallèlement à ses activités professionnelles, Georges s’intéresse à diverses associations locales, il est président des « Aviculteurs du Nord », d’une société colombophile et président d’honneur de la société de gymnastique « L’Ancienne ».

Georges décède en 1929. Ses funérailles sont célébrées à Croix en l’église anglicane rue Holden. En tant qu’industriel, Georges a droit à la reconnaissance de tous les roubaisiens, car présent dans la ville depuis 40 années.

Document Journal de Roubaix 1929 rectifié IA

L’entreprise continue néanmoins son activité jusque la fin des années 1950.

Publicité 1955 ( document collection privée )
Vue aérienne 1953 ( document IGN )

Comme de nombreuses entreprises textiles roubaisiennes, Richardson subit la crise du textile traditionnel et ferme ses portes définitivement en 1959. En 1960, l’hôtel particulier situé à l’angle de la rue de Tourcoing et du quai de Dunkerque est rasé

Une des magnifiques cheminées ( document Nord Eclair rectifié IA )
La façade ( document Nord Eclair rectifié IA )

Ensuite, la partie de l’entreprise de la rue de Tourcoing est démolie, la société Nefitex s’ y installe au 129 et une station Total s’implante au 131. De l’autre côté, le bâtiment sur le quai de Dunkerque est conservé, la « chocolaterie Saint Pierre » de Léon Desprets s’y installe peu après ( voir sur notre site, un précédent article édité ). Le bâtiment sera rasé en 1984.

Vue du Pont Morel ( document archives municipales rectifié IA)
Ancienne station Total rue de Tourcoing ( document archives municipales )
document collection privée

Remerciements aux archives municipales

« Au Carrefour » 84 Grande rue

Dans les années 1880, Jeanne Galpin est propriétaire de 4 parcelles de terrain au 84 de la Grande Rue à Roubaix. Elles sont situées les unes derrière les autres et se terminent de l’autre côté, au 53 boulevard Gambetta. Jeanne habite quant à elle au 66 de la rue de Lille.

Plan cadastral de 1884

Dans les années 1890, la parcelle 782 se trouve en front à rue au 84 de la Grand rue, la parcelle 781 est juste derrière, c’est une grande bâtisse de deux étages, elle-même suivie par la parcelle 780 où se trouve une bourloire. Le dernier morceau de terrain se trouve au 53 boulevard Gambetta, c’est une écurie. La façade de la parcelle 782 se compose d’une vitrine centrale et de deux portes latérales. Celle de droite le 84 est un long couloir qui aboutit à la parcelle suivante, celle de gauche, le 84 bis est un commerce qui bénéficie d’une vitrine sur la rue. Dans les années 1910, le 84 est occupé par l’école de couture du patronage Jeanne d’Arc et le 84 bis c’est le commerce de bonneterie de Mme Duforest et toutes deux vont occuper les locaux durant une trentaine d’années.

En 1938, une équipe de militants issus des mouvements ouvriers catholiques créent un lieu de rencontre baptisé « Carrefour » au 84 de la Grande rue. Cet organisme est composé de très nombreuses associations diverses : Amicale Photo, Mouvement Populaire des Familles, Aides familiales Populaires, Repos et Santé, Centre d’ Etudes et d’applications communautaires.

document collection privée
document collection privée

Les objectifs des bénévoles sont de développer l’entraide sociale, la culture sous toutes ses formes, l’éducation et les loisirs populaires. Dans notre ville, c’est répondre à d’immenses besoins.

En 1941, le Service Familial d’Entraide organise chaque jeudi un repas pour les enfants nécessiteux qui profitent ainsi d’un repas complet composé d’un potage, une viande, un légume et un dessert.

Document Journal de Roubaix 1941

Dans les années 1950, à la place de la bourloire, est créée la cafétéria « Au Carrefour » qui se développe rapidement. La salle est régulièrement réservée pour des banquets, des réveillons de Nouvel An etc

document Nord Eclair
document Nord Eclair

En Avril 1966, une superbe soirée est organisée par « Chez Nous Jeunes » et animée par un charmant et talentueux couple : Jean Pierre et Nathalie.

document Nord Eclair
document Nord Eclair

Dans les années 1970, la salle Au Carrefour devient dancing-discothèque : « Au Cross Streets ». De nombreux groupes de rock et disco viennent sur place pour que les jeunes roubaisiens puissent s ‘éclater sur le parquet.

document Nord Eclair

Le 84 bis est toujours occupé par des associations : Culture et Liberté, l’AFAD Association Aide A Domicile et l’ADAR Aide à Domicile Aux Retraités au début des années 1980.

document collection privée

Des travaux importants et coûteux sont entrepris en 1994 ( rénovation de la façade et aménagement plus fonctionnel ) mais cela n’empêche malheureusement pas l’exode quelques années plus tard de nombreuses associations qui souhaitent rompre le cordon ombilical et avoir pignon sur rue. En 2004, il ne reste plus sur place que l’ADAR et Culture et Liberté présidé par Lucien Delvarre.

document Nord Eclair 2004

En Avril 2004, le 84 de la Grand rue change de pavillon. En effet les administrateurs des différentes associations gestionnaires du bâtiment, ont décidé de leur dissolution et d’en faire don à titre gratuit à une association reconnue d’utilité publique : les Papillons Blancs. Sur la photo ci-dessous, le président, Maurice Morelle remet symboliquement les clés du 84 Grand Rue à Jean-Pierre Lannoo, président des Papillons Blancs.

Document Nord Eclair Avril 2004
La façade en 2008

Depuis 2010, le 84 de la Grande rue a été occupé par de nombreux commerces divers et variés. Notons entre autres : en 2013, la maison culturelle Franco-Kurde, en 2016 le boucherie Label Côte, en 2018 le salon de beauté Beauty Dolls, en 2020 le coiffeur barbier B et G et en 2026 le restaurant La Nonna.

Documents Google Maps
photo BT

La salle « Au Carrefour » quant à elle, après avoir été une bourloire, un restaurant, une discothèque, est devenue de nos jours : FIBR&CO. C’est un atelier de création de mobilier en bois et d’insertion sociale, dépendant de l’association Arcadis Roubaix, et qui bénéficie d’une vitrine en façade pour l’exposition des articles en bois produits sur place, au 53 boulevard Gambetta.

documents FIBR&CO

Remerciements aux archives municipales

La démolition de l’église Saint Antoine

L’église Saint Antoine de Padoue, située au 8 rue d’Epinal à Roubaix, a été construite sur l’ancienne ferme Ducatteau-Six, sur un terrain de 4.000 m2. Les travaux de construction datent de 1887 mais l’église n’a été ouverte au culte, qu’en 1900.

Plan Cadastral
Documents collection privée

Peu de temps après, se construit la maison paroissiale, au 12 de la rue de Remiremont, rue perpendiculaire à la rue d’Epinal. Le bâtiment comprend une entrée, une salle des fêtes, et au fond une bourloire.

En 1909, se construit l’école Saint Antoine de garçons au 8 bis de la rue d’Epinal, puis l’école libre Sainte Odile pour filles au 8 bis : les deux cours de récréation sont séparées par un muret en béton. Deux patronages sont également créés rue Charles Gounod. Les orgues de l’église sont installées en 1926.

A droite, la maison paroissiale rue de Remiremont ( document P. Vanhove )

L’église Saint Antoine se situe dans un quartier populaire. Pendant une cinquantaine d’années, le nombre de paroissiens augmente régulièrement. En 1950, on fête le 50°anniversaire de l’église en grande pompe, avec grand cortège d’enfants du quartier et la messe est présidée par le cardinal Lienart en personne.

Document collection privée

Au début des années 1960, d’importants travaux de réfection sont réalisés et, en particulier, la maçonnerie des deux tours ainsi que le remplacement des deux toits en chapeau chinois de l’époque par deux toits de cuivre plus pointus. On envisage même d’installer des cloches dans le double clocher.

Documents Nord Eclair

L’histoire récente de l’église est bien moins gaie. Tout le quartier situé derrière la gare connaît dans les années 1980 un dépeuplement et un appauvrissement. Par ailleurs, la communauté musulmane y est de plus en plus importante et parallèlement le nombre de catholiques ne cesse de fondre. Quant à l’église elle même et à son environnement immédiat, ils ont connu de multiples malheurs. Le presbytère ainsi que l’école Sainte Odile ont été incendiés et le tout a subi les assauts répétés de vandales.

Documents Nord Eclair

L’église, encore ouverte en été pour les offices, est fermée en période hivernale d’où des dégradations en tous genres, vitraux brisés etc. Et puis il faut bien le reconnaître, cette petite église est devenue encore trop grande, pour les paroissiens qu’elle devrait accueillir, et le quartier n’est pas dénué de lieux de culte avec l’église Saint Joseph toute proche.

Trop grande, trop abîmée, trop vandalisée, trop chère à entretenir ; alors l’évêché, à la fin des années 1980, choisit la seule mesure qui s’impose à ses yeux : démolir !

documents P. Vanhove
document P. Vanhove
le démontage de la statue de Saint Antoine ( document P. Van Hove )

Les travaux de démolition de l’église Saint Antoine sont confiés à l’entreprise Simon et débutent en 1990. Les bulldozers interviennent et, en très peu de temps, l’église, éventrée comme par un tremblement de terre, ne possède plus que la façade.

La façade ( documents P. Vanhove )

Le bâtiment âgé de 90 ans disparaît en quelques jours. Il ne reste qu’un gros tas de pierres. L’association Art Action surveille les travaux pour que toutes les pièces de valeur soient gardées et mises en lieu sûr.

Toute une vie qui disparaît, l’église bien sûr, mais également la maison paroissiale, l’école Sainte Odile, les patronages. C’est un crève-cœur pour tous les habitants du quartier.

documents P. Vanhove
documents P. Vanhove

Cette démolition intervient après celle de l’église du Sacré Coeur, de la fermeture de l’église Notre Dame et la démolition prochaine de l’église St Rédempteur remplacée par une chapelle.

Les paroissiens de Saint Antoine souhaitent absolument garder un lieu de prière et trouvent au 46 boulevard d’Armentières une maison « Leur Maison ». Le seul signe distinctif de cette habitation se trouve sur la façade, c’est une simple croix en bois. En cette fin d’année 1990, la paroisse a son lieu de prières. C’est une nouvelle époque, une autre conception de la vie paroissiale qui débute ainsi.

le 46 Boulevard d’Armentières ( document Nord Eclair et Photo BT )

A la place de l’église Saint Antoine, Logicil construit un lotissement, en 2004, de 17 maisons individuelles et 3 appartements en HQE Haute Qualité Environnementale. La livraison de ces logements est programmée pour la fin de l’année 2005.

document Nord Eclair

Remerciements à Patrick Vanhove ainsi qu’aux archives municipales

Pierre Perret chez Devianne

Après quelques courtes semaines de travaux, Jean Devianne procède à la réouverture de son magasin du 70 Grande rue à Roubaix, en Mars 1967. Le point de vente est entièrement rénové et c’est une réussite. Tout a été étudié et mis en œuvre pour pouvoir présenter à la clientèle un magasin transformé tant par sa présentation que par sa surface, tant par son style que par le choix des articles.

Cette réouverture du magasin est donc saluée comme il se doit dans la région et marquée par un gala de grande classe, offert gratuitement au public, le mercredi 8 Mars 1967. Cette manifestation permet aux clients de profiter du parking neuf aménagé spécialement à l’arrière du magasin avec son entrée sur le boulevard Gambetta.

Document Nord Eclair

Sur la terrasse qui surplombe le parking, un défilé de mode présente les dernières créations « Printemps 1967 » de la maison Devianne. La deuxième partie de cette manifestation commerciale est assurée par Pierre Perret, invité pour l’occasion, à 18h30.

Document Nord Eclair

Le public accueille triomphalement le chanteur bien sympathique qui enchaîne ses chansons : Au Tord Boyau, les jolies colonies de vacances, et bien d’autres qui sont des charges gentilles, assaisonnées à la sauce de langue verte. Pierre Perret est un poète libertaire, jouant sur les mots et la musicalité de la langue française, mais avec son argot bien connu.

Document Collection privée

De plus, l’astuce de la maison Devianne, est de diffuser le spectacle en direct, par des téléviseurs situés dans le magasin et dans le hall de « Nord Eclair », juste en face au 73 Grande Rue.

Jean Devianne ( document collection privée )

Jean Devianne réussit ainsi, à nouveau, à créer un événement exceptionnel en organisant une manifestation commerciale bien préparée.

Championnat de dactylographie à Roubaix en 1908

C’est à Roubaix, que se déroule le 5 Juin 1908, le championnat de dactylographie du Nord de la France. Ce concours se déroule dans la nouvelle salle des fêtes rue de l’Hospice. Pendant cette journée, de nombreux jeunes gens et jeunes filles se trouvent réunis devant des machines à écrire, de toutes marques. Pendant 3 heures, tous et toutes pianotent à qui mieux mieux, sans lever la tête.

document Le Nord Illustré

Le concours est basé sur la rapidité d’écriture. A la fin de l’épreuve, pour la section Hommes, Edgar Verschore réalise le tour de force d’écrire à la machine 3000 mots à l’heure, soit une moyenne de 50 mots à la minute. Ce résultat spectaculaire indique de la part du lauréat une tension d’esprit et une souplesse de doigts remarquable. Pour la section Dames, c’est Mlle A. Tobie qui termine première.

document Le Nord Illustré

Le jury présidé par Albert Navarre, président de la Revue Dactylographique de Paris, décerne donc les diplômes à Edgar Verschore de Lille sur machine Remington et pour la section Dames à Mlle A Tobie de Roubaix sur machine Oliver.

document Le Nord Illustré

Tout autour de la salle des fêtes, sont installés les stands de fournisseurs de matériel de machines à écrire, de ronéo duplicateur etc.

Ce championnat permet aux entreprises de prendre conscience de l’utilité de la dactylographie. L’employé n’est plus obligé d’écrire à la main. C’est un gain de temps, d’autant plus qu’il est aisé de faire des copies en utilisant des carbones.

Remerciements aux archives municipales

Carlier Vogliazzo ( suite )

En 2004, Pascal Carlier et Paulo, le responsable du magasin de Roubaix, reprennent l’entreprise qui se nomme désormais CVA. Dans les rayons de Carlier Vogliazzo, les produits incontournables qui ont fait la réputation de la maison, sont bien sûr toujours présents : charcuteries, fromages, pâtes fraîches, antipasti, mais aussi les vins, les huiles d’olives bio, ou encore les lasagnes importées directement d’Italie.

Pascal Carlier ( document Nord Eclair )
document Nord Eclair

En 2013, le local de Lille, situé à l’intérieur du marché couvert de Wazemmes, devient trop petit. On le déplace alors un peu plus loin, au 381 rue Léon Gambetta. Le magasin de 300 m2 est pittoresque et authentique. On voyage en méditerranée, au fil des produits pendus au plafond ou humés (épices, jambons, olives, fromages…).

14 salariés travaillent désormais dans l’entreprise sur les magasins de Roubaix et Lille, pour proposer d’innombrables références allant de la gelée royale d’Espagne au Jambon de Parme en passant par la Saucisse de Sardaigne, la Figatelle de Corse à la Mozarella di Buffala italienne.

le magasin de Lille ( document Carlier Vogliazzo )

« 70 % de la clientèle de Carlier Vogliazzo est issue de l’immigration » soulignent Pascal et Paulo. « La politique est de proposer le meilleur produit au meilleur prix. Résultat, les clients du Grand Nord de la France et même de Belgique y ont leurs habitudes : « Des gens qui font 80 km pour venir chez nous, ce n’est pas exceptionnel ! On dure dans le temps, parce qu’on est une entreprise familiale, traditionnelle qui ne prend pas le client pour de la marchandise. Ici, ça parle toutes les langues, ça met du charme, du folklore, une ambiance qui sent le vécu, l’évasion ! ».

document Nord Eclair

En 2016, le magasin de Roubaix ferme tout le mois d’Août pour travaux. Il en avait bien besoin, en effet, depuis 1949, il était resté dans son jus, ou presque ! Le principal changement que constate le client, c’est l’implantation de la boutique. L’entrée se fait toujours par la même porte, à l’angle de la rue Emile-Moreau, mais on ne se heurte plus aux clients patientant devant le grand comptoir frigorifique. Ce dernier va être installé un peu plus loin, au centre de la boutique, pour assurer une meilleure circulation. Autre nouveauté : une fois le panier rempli, le client sort juste à côté de la caisse, par la grande porte vitrée donnant sur la rue de l’Alma. « L’idée, c’est d’améliorer l’accueil et le service à la clientèle. La boutique va être plus fonctionnelle, plus belle », souligne Nathalie Carlier, l’épouse de Pascal.

document Nord Eclair

En 2020, la crise sanitaire touche tous les pays. Le Covid change les habitudes de consommation. Carlier Vogliazzo s’adapte et propose un service supplémentaire, un site de vente en ligne voit le jour. 

document Carlier Vogliazzo

Aujourd’hui, avec presque 80 années d’existence, Carlier Vogliazzo est toujours présent dans les 2 magasins de Roubaix et Lille. Plus de 3000 références directement importées d’Italie, d’Espagne, du Portugal, de Grèce sont proposées à la clientèle en collaboration avec les plus grandes marques mais aussi avec des petits producteurs.

Carlier Vogliazzo : C’est l’un des plus illustres commerces de bouche roubaisien ! La devise des magasins est donc : « Le temps passe, les goûts et la qualité restent ».

document Nord Eclair
Les lettres effacées de l’enseigne indiquent la longévité impressionnante du magasin de Roubaix ( Photo BT )

Remerciements aux archives municipales

80 avenue Jean Lebas

La rue de la Gare a été percée en 1882 pour relier la Grand Place à la future gare de Roubaix. Dès 1885, des constructions s’élèvent et très rapidement l’avenue, large de 25 mètres, est bordée de magnifiques immeubles occupés par des sièges d’entreprises textiles et par des banques.

Le 80 avenue Jean Lebas ( document plan cadastral )

Le numéro 80 de cette avenue est un immeuble cossu. Une porte cochère permet l’entrée de l’établissement occupé par la Banque Nationale de Crédit, au milieu des années 1880. Cet établissement bancaire propose toutes les opérations de bourse, de banque, de locations de coffre forts etc.

document collection privée
document collection privée

La Banque Nationale de Crédit ferme ses portes au début des années 1930, Le bâtiment est repris ensuite par le cabinet d’assurances d’André Piat. Il propose tous types d’assurances et, plus tard, se spécialise dans les contrats de l’assurance automobile, dans les années 1950.

document collection privée
document collection privée

Dans les années 1970 c’est le cabinet d’assurances Ricour qui est installé dans l’immeuble, jusqu’au milieu des années 1980.

document collection privée

L’E.R.J : Espace Ressources Jeunes est créé en 1988 et s’installe dans les locaux. L’ERJ permet à des jeunes ayant un projet de le développer. Si le projet est bien construit, il sera accepté et permettra aux jeunes d’avoir une insertion sociale, une prise de conscience, une autonomie et en définitive de leur donner confiance en eux et en l’avenir. Le C.L.A.P : le Comité Local d’Aide aux Projets, quant à lui, permet à des jeunes porteurs de projets de présenter leur action et d’obtenir des aides financières.

document archives municipales
document Nord Eclair

En 2005, Juliette Bughin ouvre son atelier créatif : la « Maison Marotte » et s’installe dans les locaux, car il se trouve alors en plein quartier des modes. C’est une enseigne qui permet d’apprendre à créer soi-même des objets, vêtements ou bijoux. Pourquoi Maison Marotte ? Maison, pour le côté désuet et Marotte pour le hobby avec un grain de folie en plus. L’idée créative bien que séduisante ne donne pas les résultats escomptés et Maison Marotte cède la place à un salon de coiffure.

Juliette Bughin ( document Nord Eclair )

En 2010, David Pollet, ancien commercial et autodidacte, cherche une entreprise à reprendre. Ce sera le salon de coiffure à enseigne « Le Monde Addict », au 80 de l’avenue Jean Lebas. Dans cet immeuble de cachet, c’est un salon atypique où les portes et le comptoir sont en bois massif, de l’époque de la Banque Nationale de Crédit, et même l’ancien coffre fort s’y trouve encore !

David y installe son propre salon avec du mobilier design créé par son frère, recrute une équipe fidélisée et crée une ambiance sympathique. Le démarrage est satisfaisant et très rapidement, David ouvre plusieurs autres salons de coiffure sur la métropole. Le Monde Addict est toujours présent dans les mêmes locaux après 16 années d’expérience.

David Pollet ( document Nord Eclair )
Le salon de coiffure ( document Nord Eclair )

Remerciements à Julien ainsi qu’aux archives municipales.