En 1935, les roubaisiens habitant les quartiers du Sartel, des 3 Ponts et des hameaux avoisinants la ville de Leers, n’ont que la paroisse Saint Rédempteur, comme lieu de culte le plus proche. Cette paroisse, dirigée par l’abbé Georges Treutenaere, compte 18.000 âmes, elle rayonne sur une étendue tellement vaste que de nombreux fidèles se trouvent fort éloignés de leur église. Aussi, l’abbé Treutenaere dépose un permis de construire en Mai 1935, pour l’édification d’une chapelle sur le chemin de Leers ( aujourd’hui le 164 rue de Leers ) au delà du passage à niveau de Beaurepaire.

L’autorisation est accordée immédiatement et les travaux démarrent de suite. La chapelle se trouve un peu en retrait de la rue, d’une longueur de 30 mètres et d’une largeur de 10 mètres. Les travaux d’édification vont bon train et se terminent à la fin de l’été 1935

La chapelle dédiée à ND de la Miséricorde reçoit S E le cardinal Liénart pour la cérémonie de l’inauguration le 22 Septembre 1935 à 16h.

Après les travaux de finition, programmés en Octobre, la chapelle est prête à accueillir les fidèles chaque dimanche pour la messe célébrée par un vicaire de Saint Rédempteur. L’avenir s’annonce plein de promesses. Georges Treutenaere est fier de son œuvre, mais compte bien sur la générosité des roubaisiens pour terminer le financement de cette construction.

La chapelle fête ses 20 années d’existence en Octobre 1955. Elle se nomme désormais Notre Dame de Pellevoisin, nom d’un petit village du département de l’Indre où, chaque année, le fondateur de la chapelle venait effectuer un pèlerinage pour vénérer la Vierge.
La chapelle, au fil des années, a pris peu à peu, l’ampleur et l’importance d’une communauté paroissiale, elle est alors dirigée par l’abbé Paul Caulliez prêtre résident, nommé en 1952, avec un beau zèle apostolique. Les habitants du quartier aiment leur chapelle qui organise désormais toutes les cérémonies du culte: les messes bien sûr, mais également les baptêmes, mariages et enterrements. Les fidèles participent activement à la liturgie, à la chorale et à l’aménagement de la chapelle.

Le 4 Novembre 1955 à 9h30, Monseigneur Dupont, évêque auxiliaire de Lille, vient célébrer cet événement. La messe est dite par le supérieur des pères du Sacré-Coeur d’Issoudun, entouré de nombreux prêtres, chanoines et curés des églises de Roubaix et Leers. Mgr Dupont procède à la bénédiction des fonds baptismaux, puis celle de la statue de Notre Dame de Pellevoisin qui orne désormais la façade de la chapelle, juste au dessus de l’immense croix.

En 1985, la chapelle a 50 années d’existence. Elle a été dirigée pendant de nombreuses années par l’abbé Paul Caulliez décédé accidentellement en Janvier 1982 à l’âge de 71 ans. Paul a apporté une animation nouvelle à ce quartier qui, depuis, a connu la construction de la cité du Carihem toute proche, et du centre commercial de Leers. Il a été à l’origine de la création d’une troupe scoute très dynamique. La chapelle est toujours incluse dans la paroisse St Rédempteur, elle continue de recevoir les fidèles pour la messe dominicale. Au 80 de la rue de Leers, dans le local créé par Paul Caulliez, se trouve l’école qu’on appelle aussi la garderie, qui abrite la troupe des scouts. La catéchèse est assurée par les dames du secteur.
Après la messe du cinquantenaire célébrée par l’abbé Mathias curé de Ste Elisabeth, tout le monde se retrouve dans le local de la rue de Leers où l’on évoque les souvenirs de 50 années d’existence.

A compter du décès de l’abbé Paul Caulliez, la situation de la chapelle connaît quelques difficultés. Le nombre décroissant de fidèles lors de la messe dominicale dans les années 1990, amène l’évêché à prendre la décision de désacraliser le bâtiment. La chapelle ferme ses portes. En 1999, elle devient la propriété de la ville, l’évêché a simplement demandé à la municipalité qu’elle ne soit pas démolie et qu’elle puisse servir à des actions collectives. Le comité de quartier du Sartel demande alors à la mairie que Notre Dame de Pellevoisin devienne une salle polyvalente.
Le projet fait son chemin, la ville voit d’un bon œil cette transformation qui permettrait à la salle Watremez d’alléger son planning d’activité très chargé, et puis cette salle devrait faire 250 places seulement, ce « petit Watremez » devrait mieux convenir aux associations plus modestes.
Les riverains devraient être satisfaits, mais en fait, ils sont plutôt inquiets. Le sentiment qui domine, c’est l’inquiétude, la peur du bruit, de la musique tard dans la nuit, des dégradations etc. Face à ses questions, la municipalité rassure : « la salle sera insonorisée, nous allons construire un parking un peu plus loin, dans la rue de Leers, ce qui évitera des nuisances sonores à proximité ». Le règlement intérieur sera rédigé avec le comité de quartier. Le programme sera finement étudié, la salle accueillera des expositions, des spectacles de café théâtre, des assemblées générales d’associations etc. A priori, il n’est pas question d’accueillir des mariages ou des fêtes de famille. Voici les habitants du quartier rassurés.

C’est l’architecte de la ville, Stéphanie Legrand qui est chargée du projet. Les importants travaux de construction de la salle Pellevoisin avancent de manière satisfaisante : la structure du bâtiment est confortée, une salle de 150 m2 est aménagée, un système de chauffage à air pulsé est installé. En revanche, le dallage de la chapelle est sauvegardé.

Les travaux se terminent en fin d’année 2007. Cette salle de réunion, tant attendue par les riverains, est inaugurée en Février 2008. Les personnes présentes peuvent alors admirer une salle très vaste, jouxtée d’une cuisine aménagée dernier cri. L’ensemble comprend également les sanitaires, un vaste bureau réservé aux membres de l’association et un dégagement sur une salle de stockage de 9m2.

Roger Sinko, président et mémoire vivante du quartier Sartel-Carihem, présente aux élus assistant à l’inauguration dont René Vandierendonck, toute l’histoire de cette ancienne chapelle, à partir de coupures de presse de l’époque.

C’est que Roger s’est battu pendant ces 3 décennies pour que cette salle de quartier à vocation associative puisse voir le jour, ainsi que les aménagements des abords ; le jardin, le parvis et le parking de 32 places juste en face.

Remerciements aux archives municipales