L’îlot de la Halle

Depuis des décennies, les emplacements de la rue de la Halle ont toujours été occupés par des estaminets ou des grossistes en fruits et légumes. En 1968, sur 14 maisons, on dénombre 11 grossistes et semi-grossistes en fruits légumes et 3 cafés.

Citons entre autres, quelques entreprises de l’époque : Seynave, Mathis, Divol, Florin, VandenBroeke, Valcke, VanMoer, Prevost, Tack-Boutten-Kuhn, Ferreira.

la rue de la Halle ( documents archives municipales )

Les conditions de travail sont de plus en plus difficiles pour cette activité de gros, en plein centre ville :

– La rue de la Halle est toujours très animée aux premières heures du jour et donc très bruyante

– Les problèmes de stationnement sont récurrents

– Le manque de place se fait cruellement sentir pour le stockage

– Les chariots élévateurs ont beaucoup de difficultés à manoeuvrer pour charger et décharger les camions

De ce fait, la concurrence du nouveau marché de gros de Lomme est d’autant plus vive, car certes, il est plus éloigné mais beaucoup plus facile d’accès et donc plus pratique pour les commerçants.

La ville souhaite effectuer une opération d’aménagement et de restructuration de cette partie du centre ville en Mars 1980 : rajeunir le triangle se trouvant en face de la Poste, et délimité par les rues de la Halle, Pierre Motte et par le boulevard Leclerc à savoir « l’Ilot de la Halle ».

le café de la Poste et la rue de la Halle ( document archives municipales )

Du côté du boulevard Leclerc, la Banque Populaire du Nord s’est déjà implantée à la place du café « La Rotonde ». Des bureaux sont programmés pour remplacer l’ancienne carrosserie « Van Den Hende ».

Pour la rue de la Halle, ce n’est pas une réhabilitation qui est envisagée mais un véritable curetage pour faire oublier les dents creuses correspondant aux anciens magasins de grossistes en fruits légumes, primeurs, beurre, œufs et fromages.

En 1982, les grossistes quittent la rue pour le Marché d’intérêt local du Pile rue de Valenciennes ( voir sur notre site un précédent article intitulé « Le Marché des Halles s’en va au Pile »)

document Nord Eclair 1982

Le projet initial prévoit la démolition de 22 immeubles sur les 3 rues, soit au total une superficie de 4983 m2. Sont concernés : les n° 5 au 29 rue de la Halle, les n° 10 et 12 rue Pierre Motte, et les n° 35 à 43 du boulevard Leclerc

document archives municipales

Finalement, la démolition ne concernera que la rue de la Halle et le n° 41 du boulevard Leclerc ainsi que le café de la Poste. Sur les plans ci-dessous on peut constater en effet que les 2 immeubles de gauche (grisés sur le 1er plan) ont été conservés.

document archives municipales

65 logements, bureaux et commerces sont construits par la Société d’HLM : « Le nouveau logis », pour un budget de 48 millions de francs. L’hôtel Ibis est construit à l’emplacement du café de la Poste. Les travaux s’étalent sur une durée de deux ans en 1987 et 1988.

Les travaux pendant la construction ( documents b.n.r Daniel Labbé )

 

Après l’achèvement des travaux en 1989 ( documents b.n.r Daniel Labbé )

Remerciements aux archives municipales.

La boucherie Dekimpe

André Dekimpe est né en Belgique en 1909. Au début des années 1920, il devient apprenti boucher, formé par son frère Aurèle Callens dans une boucherie située Grand Place à Wattrelos puis un commerce de la rue du Collège à Roubaix. André termine son apprentissage dans un établissement à Lille et s’occupe ensuite de l’entreprise de salaisons créée par son frère Aurèle à Lys lez Lannoy.

André et Yvonne Dekimpe ( document famille Dekimpe )

André décide de s’installer à son compte au dernier trimestre de 1953. Il arrive à Leers avec son épouse Yvonne et 4 de leurs enfants, Claude, Andrée, Jean-Pierre et Alain ( la fille aînée Jeanine, mariée récemment a déjà quitté le foyer familial ) Ils reprennent le commerce de boucherie-charcuterie d’Aimé Cnudde sur la grande place de Leers, plus précisément au 1 rue Jean Jaurès, à l’angle de la rue du général De Gaulle. André et Yvonne auront un 6° enfant, Francis, quelques temps après.

plan cadastral
la boucherie Cnudde ( document famille Dekimpe )

Le bâtiment doit dater des années 1820, c’était auparavant l’estaminet de la famille Meurisse. Un superbe balcon en fer forgé d’époque, existe toujours à la fenêtre du 1° étage. Le magasin est assez étroit, mais le bâtiment est grand et s’étale sur une surface de 210 m2.

Plan de la maison ( document famille Dekimpe )
André Dekimpe devant son billot ( document famille Dekimpe )

Dans les années 1960, Claude Dekimpe, le fils le plus âgé reprend un commerce de boucherie situé au 25 rue Joseph Leroy à Leers, et ce, pendant plusieurs années. Jean-Pierre, Alain et Francis, après un CAP de boucherie à Tourcoing, deviennent apprentis puis commerçants. Andrée s’occupe de la vente de produits à la clientèle, avec son frère Jean-Pierre. Puis les trois garçons se marient et quittent le domicile parental, pour vivre avec leurs épouses respectives. Seule Andrée reste vivre dans la maison familiale.

Yvonne Dekimpe et son fils Claude ( document famille Dekimpe )

En 1963, ils décident de moderniser le magasin : chambre froide et vitrine extérieure agrandie et modernisée. En 1965, ils démolissent un mur pour créer un nouveau laboratoire conforme aux normes sanitaires obligatoires.

la nouvelle vitrine élargie ( document famille Dekimpe )

Les affaires fonctionnent très bien, grâce à l’expérience et au sérieux d’André Dekimpe et de son épouse. En 1965, ils ont l’occasion d’acheter l’immeuble qu’ils louaient jusqu’à présent, ainsi que le commerce voisin au n° 3 de la rue Jean Jaurès, qui était occupé par un salon de coiffure. Ce petit local leur permet de stocker du matériel, et de décorer de superbes vitrines réalisées par Andrée, pour les grandes occasions : Pâques, Noël, etc

Le 1 et 3 rue Jean Jaurès ( document famille Dekimpe )

Andrée est spécialisée dans la préparation et la présentation de la charcuterie, elle est également une artiste douée dans l’art décoratif. A l’époque de Noël, elle se consacre avec une merveilleuse inspiration et une patience exemplaire, à la reproduction d’un édifice ou d’un monument. Elle crée l’église de Leers en saindoux et l’installe dans sa vitrine pour les fêtes de fin d’année 1966.

l’église de Leers en saindoux, devant le cochon de lait ( document famille Dekimpe )

En 1967, Andrée jette son dévolu, sur le château d’ Azay le Rideau qu’elle réussit à merveille en saindoux. Elle reçoit de très vives félicitations et le journaliste de Nord-Eclair ne manque pas l’occasion d’en faire l’éloge, même s’il commet une erreur sur le nom du château.

le château d’Azay le Rideau en saindoux ( document Nord Eclair )

La famille Dekimpe a l’occasion de louer un petit local à deux pas, en 1970, au 9 de la rue du général De Gaulle qui était auparavant la boucherie Verriest. Ce magasin n’ouvre que le lundi, puisque c’est le jour de fermeture hebdomadaire du magasin principal. Cela leur permet de satisfaire la clientèle 7 jours sur 7.

le magasin au 9 rue Charles De Gaulle ( document famille Dekimpe )
sac publicitaire avec les deux adresses ( document famille Dekimpe )

André Dekimpe décède en 1972 : Jean-Pierre, Andrée, Alain et Francis continuent l’activité du commerce. Il n’est pas toujours très facile de travailler en famille, mais l’ambiance est bonne entre les 3 frères et leur sœur : les garçons au laboratoire et Andrée aidée d’une vendeuse au magasin pour servir la clientèle.

à suivre . . .

Remerciements à tous les membres de la famille Dekimpe

Nouvelle école Victor Hugo

Ce n’est qu’en 1957 que le projet y est lancé pour la construction d’une école maternelle de 2 classes comportant un logement, et de 2 écoles primaires comprenant chacune 3 classes et un logement, ces 3 écoles devant former le groupe solaire d’Hem Centre. Etant donné l’état du terrain et notamment une forte dénivellation due à un trou de bombe (en 1944) des fondations spéciales et des travaux de drainage sont nécessaires, accroissant le coût de l’opération.

Photos aériennes de 1951 puis 1962 (Documents IGN)

En 1958, le groupe scolaire du Centre est inauguré par le maire Jean Leplat, dans le cadre verdoyant du parc de l’ancien château Catrice, nouvelle mairie de Hem en présence de nombreuses personnalités. La Marseillaise est interprétée par l’Harmonie Municipale et la Clique La Gauloise avant que l’Inspecteur d’Académie ne coupe le cordon symbolique.

Inauguration de l’école du Centre et discours du maire Jean Leplat (Document Nord-Eclair)

Jean Leplat insiste dans son discours sur « les classes spacieuses et bien aérées de cette nouvelle école où les enfants verront petit à petit les corbeilles se garnir de fleurs et les terre-pleins se transformer en gazons parsemés d’arbustes bordant les allées bien soignées… ».

Le journal Nord-Eclair se fait l’écho de la foule nombreuse ayant participé à la cérémonie, tels les enfants des 3 écoles agitant joyeusement des petits drapeaux et la foule en chemin pour visiter les classes après les discours officiels.

Photos de la journée d’inauguration du groupe scolaire (Documents Nord-Eclair)
Le restaurant scolaire en 1973 (Document Nord-Eclair)

En 1973, désireuse que les enfants scolarisés prennent leurs repas dans de bonnes conditions, décide de la construction de 3 restaurants scolaires. Le 1er a être construit pour recevoir 160 enfants est celui du Centre au « parc de la Marquise », comme il est encore d’usage à l’époque d’appeler l’ensemble du parc appartenait à la Marquise d’ Auray de Saint Pois.

L’adresse de l’établissement est le 71 rue de Beaumont, l’entrée officielle se faisant par cette rue même si l’école est accessible également par la mairie. Dans d’autres bulletins municipaux, quelques années plus tard la seule adresse spécifiée est le parc de la mairie. Le cadre dans lequel se situe l’école se prête à merveille aux activités de plein air.

Une sortie vélo en 1975 (Document Historihem)
Photos de classe de 1976 (Documents Copains d’Avant)

En 1981, à l’occasion du centenaire des lois laïques, la ville d’Hem offre à ses écoliers une véritable classe 1900. Les organisateurs dénichent dans les greniers d’école et de mairies de la régions des bouliers, bureaux, une carte de France où l’Alsace n’est pas française et un orgue d’accompagnement. Les élèves de CM1-CM2, vêtus de sarraus noirs confectionnés avec l’aide des parents se retrouvent comme par magie au début du siècle.

Photo de l’école rétro organisée à l’école du Parc (Document Nord-Eclair)

Puis dans la semaine, les élèves de la classe rétro reçoivent la visite de Mme Pisani-Ferry, petite nièce de Jules Ferry, qui vient leur parler de l’amour de son grand-oncle pour l’école et de son respect pour les enseignants. Elle leur explique comment il a créé l’école gratuite pour que tous puissent en profiter, avant de la rendre obligatoire. Mme Pisani-Ferry est également reçue en mairie par Jean-Claude Provo.

Photos du passage de Mme Pisani-Ferry à l’école et en mairie (Documents Nord-Eclair)

Photos de l’école en 1982 (Document Hem d’hier et d’aujourd’hui et Office Municipal d’information de Hem)

En 1984, une association de parents d’élèves décide d’offrir une bibliothèque à l’ensemble des classes. Pas de salle à y consacrer et dans un premier temps les quelques 500 livres qu’ils espèrent recueillir grâce à un appel au don vont être répartis entre les classes pour que les élèves les aient sous la main et retrouvent petit à petit le goût de la lecture.

En mai 1994, est posée la 1ère pierre de la nouvelle école maternelle qui sera achevée en novembre. A la rentrée de Septembre, les élèves doivent donc se serrer un peu dans leurs anciens locaux avant de pouvoir intégrer à la rentrée des vacances de Toussaint la nouvelle partie de l’école actuellement en finition.

La nouvelle partie de l’école est un habile mélange d’espaces spécialement conçus en fonction des activités, de pièces de toutes tailles et de recoins secrets. Tout est aménagé en fonction des enfants et les volumes adaptés à leur taille. A la place du préfabriqué qui abritait la quatrième classe, une toute nouvelle partie en briques est sortie de terre.

Le nouveau bâtiment sort de terre (Document Nord-Eclair)

Puis l’ancienne partie fera peau neuve et tout devrait être fini pour la rentrée de janvier 1995. La façade du bâtiment central a été refaite et une rampe d’accès pour les personnes handicapées a été aménagée. L’ancien bâtiment de 4 classes sera transformé en 2 salles de classe très spacieuses, une bibliothèque, des sanitaires, un bureau pour la directrice, une tisanerie, une salle d’évolution pour les enfants et différents locaux de rangement.

Le bâtiment central avec sa nouvelle rampe d’accès (Document Nord-)
Photos du bâtiment rénové et d’une des nouvelles salles de classe (Documents Nord-Eclair et la Voix du Nord)

La nouvelle école s’étend sur une superficie totale de 750 mètres carrés dont 445 mètres carrés de bâtiments neufs dans ce milieu très verdoyant et calme qu’est le parc de la mairie. L’inauguration a lieu en mai 1995 en présence de Mme Massart maire de Hem.

Photos de l’inauguration (Documents Historihem)

Pourtant l’école primaire Victor Hugo dite « du Parc » reste à reconstruire et c’est chose faite à l’été 2000. L’architecte signe un projet qui allie tradition des matériaux et originalité du concept. C’est une école symétrique qui ressemble un peu à un papillon avec, dans chaque aile 4 classes et 2 salles d’activité, le grand hall étant le corps du papillon et assurant la distribution vers les 2 ailes.

Mr Vercamer, maire de la ville visite le chantier avec ses adjoints une fois le gros œuvre terminé (Documents Nord-Eclair)
Nouvelle visite de la municipalité alors que le chantier est presque terminé (Documents Nord-Eclair)

Durant cet été alors que l’école maternelle Victor Hugo accueille, comme tous les ans, un centre de loisirs, un incendie s’y déclare un dimanche après-midi alors que le centre est donc désert. Deux trans-locaux préfabriqués, utilisés auparavant par les élèves de l’école primaire en travaux sont donc mis à disposition du centre de loisirs jusqu’à sa fermeture.

L’école maternelle incendiée (Documents Nord-Eclair)

Enfin pour la rentrée 2000, la nouvelle école primaire Victor Hugo est inaugurée. Toute en briques, tuiles et baies vitrées, grande de 1.000 mètres carrés, elle possède une BCD (Bibliothèque Centre de Documentation), une salle d’arts plastique, une salle d’informatique et une salle plurivalente. Une fresque avec toutes les mains des élèves apposées en peinture à l’entrée de l’école est dévoilée pour l’occasion.

L’inauguration de l’école primaire (Documents Nord-Eclair)

En 2013, la municipalité inaugure le nouveau restaurant scolaire ultra-moderne et après une visite des cuisines le maire et sa suite ont droit à une chanson à entonner avec les écoliers. Puis les petits se ruent à table et les visiteurs au buffet. Les enfants y vont de leurs commentaires élogieux : trop bien et super-cool. Quant au personnel, il le trouve très fonctionnel et beaucoup plus conforme en termes de surface : 415 mètres carrés pour accueillir chaque jours 200 petits gourmets.

En 2017, la municipalité fait aménager un parking rue de Beaumont qui doit servir aux usagers des équipements sportifs mais surtout aux parents d’élèves de l’école. Ce parking compte une quarantaine de places, est doté d’un portail et surveillé par des caméras. L’année suivante l’école bénéficie d’une rénovation de façade et d’un nouveau sol souple pour la garderie. Enfin en 2020, les travaux d’aménagement du parc de la mairie se poursuivent avec la construction d’une allée menant de la mairie à l’école Victor Hugo.

L’école dans son écrin de verdure en 2017 (Documents site internet , APE et ville de Hem)

Remerciements à l’association Historihem, André Camion et Jacquy Delaporte pour leurs ouvrages Hem d’hier et d’aujourd’hui

Le blockhaus de la rue de Cartigny

Un blockhaus se trouve à hauteur du N° 130 de la rue de Cartigny à Roubaix , entre le cimetière et la rue d’Alger, curieusement posé, comme en équilibre sur le mur.

le blockhaus rue de Cartigny ( document BNR Daniel Labbé 1982 )

Il a été construit par les allemands au début de la seconde guerre mondiale. Les sentinelles étaient chargées de surveiller la rue, les soldats étaient équipés de mitrailleuses. Nul doute que cette casemate protégeait un lieu sensible derrière le mur, certainement un dépôt de munitions, ou le garage de véhicules militaires ou bien un atelier de réparation du matériel de défense anti-aérienne de la Luftwaffe. C’est l’une des rares constructions de la guerre 39-45 à Roubaix.

document archives municipales

En 2001, l’état du mur qui supporte le blockhaus n’est pas brillant, il y a des risques pour les piétons, et la mairie envisage de le détruire purement et simplement.

Une association est créée dont le but est de sauvegarder le blockhaus, vestige de la guerre et qui, de plus, fait partie du paysage du cimetière.

document Nord Eclair 2001

Au mois de Juin 2001, Thierry Delattre, conservateur du patrimoine de la ville, Jean-Louis Denis, membre de l’association Espace du Souvenir, Evelyne Delannay, conservateur du cimetière, Pierre Leman, membre de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) se réunissent sur place avec le propriétaire des lieux José Baptista.

document Nord Eclair 2001

L’accès au blockhaus se fait par un bâtiment industriel désaffecté. Une échelle de fer rustique et vacillante mène à la plate-forme de l’ouvrage. La construction est faite de plaques de béton. Des meurtrières offrent une vision rare des deux côtés de la rue et du cimetière.

document Nord Eclair 2001

Il faut absolument que le site soit classé au titre du patrimoine. On envisage même de le faire visiter par les roubaisiens, pour les prochaines journées du patrimoine du mois de Septembre. Certes, quelques travaux sont nécessaires : remplacer l’échelle, nettoyer l’accès, poser une porte et surtout consolider le mur du soutien…

Malheureusement deux années plus tard, la mairie décide de raser le blockhaus ! La demande de permis de démolir signée par J.F. Boudailliez le 30 Août 2003, est acceptée en Septembre pour risque de « péril ». On imagine donc que les commissions de sécurité ont estimé que le mur de soutien sur lequel est posée la casemate est trop fragile, et qu’il y a donc un risque grave d’effondrement sur le trottoir et la chaussée. Le blockhaus est démoli en fin d’année 2003.

la flèche rouge indique l’endroit où se trouvait le blockhaus ( Photo BT )

Remerciements aux archives municipales

Les caravanes Soëte

En 1958, s’installe au 105-107 de la rue de Lannoy un magasin de motos, au nom des établissements Georges Soete, né en Août 1922. L’immeuble alors inhabitée depuis le début des années 50.

Avant guerre, la veuve Picard avait fait, à cette adresse, commerce de meubles avec son mari avant 1900, puis de vente à crédit depuis avant la guerre de 14, et enfin de nouveautés à partir de 1928.

Document collection particulière

Jules, le père de Georges, né en 1886 à Roubaix, est charretier. Sa mère Rosalie Dujardin est née à Tournai en 1892. Georges a 6 frères et 2 sœurs. La famille habite en 1936 40 rue du Parc.

En 1958, il possède également, à l’enseigne Central Sport, un autre point de vente situé au 16 rue de Calvaire à Tourcoing. Au fil du temps, il abandonne les motocyclettes, désormais moins prisées du public pour se tourner vers les articles de sport, sports d’hiver et camping, beaucoup plus au goût du jour. L’enseigne devient alors les établissements Soete.

Au milieu des années 60, la partie Camping commence à prendre le pas sur les articles de sport : les publicités citent notamment la marque Trigano. On y note également l’apparition d’une nouvelle marque de caravanes : Caravelair, créée en 1962 par Sud-Aviation, le constructeur de la Caravelle. Cette marque est justement promue par Trigano, qu’on retrouve sur la publicité suivante. Ici, le nom de la marque est mal orthographié.

Georges Soete, qui habite seul le 105 rue de Lannoy, continue néanmoins, à côté de la vente de caravanes, année après année, ses publicités pour les articles de sport et de camping.

Publicités de 1970 à 1972

Mais les locaux, suffisants pour vendre du matériel de sport et de camping, sont désormais trop exigus pour exposer des caravanes. Il faut à Georges Soete un cadre plus large. Ce cadre, il va le trouver en 1970 au 201 du boulevard de Beaurepaire, où il voisinera avec le garage Lallemand, nouvelle station service Total, et la société Isomat, matériaux de construction.

Sur ce site, juste avant la première guerre mondiale, on a vu apparaître entre la filature Debuigne et le peignage Lepoutre, les magasins de MM. Motte et Cie, Laines, entrepôts permettant à cette société de stocker sa marchandise. Après fermeture de ces magasins, s’installe en 1955 la société Bourgois et Duval, qui stocke là des déchets textiles. Plusieurs entreprises se partagent alors le terrain : en 1961, on trouve au 201 les magasins Motte, mais aussi un fabricant de charnières, Gaillard et Mignot, et la société Stratimo, qui s’occupe de la transformation de plastiques.

Photo IGN 1965

Dès 1968, les bâtiments sont en bonne partie démolis, à l’exception de celui qui abritera, après transformation complète, le commerce de Georges Soete.

En 1972, en effet, celui-ci quitte définitivement les locaux de la rue de Lannoy, où s’installe un marchand de meubles, et recentre son activité sur le boulevard Beaurepaire.

Nord Eclair 1973

Au fil du temps, le105 voit différents commerces de meubles se succéder. Aujourd’hui, c’est un commerce de vêtements qui tient le rez de chaussée.

Publicités la Voix du Nord – photo Jpm 2022

Boulevard Beaurepaire, l’espace est suffisant pour une exposition de caravanes, placées soit à l’intérieur du bâtiment, baptisé « hall d’exposition », soit à l’extérieur, sur le terrain qui l’entoure, comme on le voit sur la photo suivante.

Document la Voix du Nord 1973 – Photo IGN 1975

Georges Soete commercialise quelques années la marque Elnagh, constructeur italien, mais aussi les marques Messager et Le Cardinal, et se tourne également vers un nouveau marché, celui des mobil-homes, en pleine expansion.

La Voix du Nord 1976

Il se spécialise ensuite dans la marque yougoslave Adria, caravanes reconnues pour leur prix bon marché et leur poids réduit, dont il devient le seul concessionnaire dans les environs.

Photo 1990

Mais Georges abandonne son commerce au début des années 90. Le siège de l’entreprise passe à partir de 1987 au 135 boulevard du général Leclerc à Lys Lez Lannoy. Il se spécialise ensuite avec sa sœur, Josianne Martin, dans le commerce de biens immobiliers jusqu’en 2009. Celle-ci poursuivra cette activité jusqu’en 2013.

Le 135 rue du général Leclerc – photo actuelle Google

En 1992 s’installe boulevard Beaurepaire supermarché Aldi. Le terrain autour du bâtiment est reconverti en parkings tracés pour les clients.

Le magasin – Photo Google

Le magasin ferme au début des années 2010. Le terrain semble aujourd’hui ne pas avoir une vocation très déterminée.

Photo Google

 

Les documents d’illustration proviennent des archives municipales, ainsi que du site de la médiathèque de Roubaix.

Le jardin des perspectives

Comme le montre une photo aérienne de 1969, à cette époque la rue du Docteur Coubronne, en « centre ville » comporte encore de nombreux terrains agricoles. Et c’est encore le cas, bien que de façon moindre, en 1981.

Photos aériennes de 1969 et 1981 (Documents IGN)

Instantané de mémoire : «Quand je m’installe à Hem, rue du Docteur Coubronne en 1986, presqu’en face de la rue du cimetière, bordée d’arbres, je suis séduite par la situation de ma maison, à la fois face aux champs et toute proche des commerces essentiels de proximité, tous situés dans un rayon d’un kilomètre».

Photo de vaches en pâture rue Coubronne et de la rue du Cimetière bordée d’arbres (Documents archives Historihem et Ville de Hem)

« A l’époque il n’est pas rare de voir les vaches qui reviennent de la pâture dans les prés bordant la rue du cimetière revenir par la rangée Deldalle vers la ferme Lefranc-Delecroix sise 45 rue Jules Guesde et traverser cette rue, pourtant très fréquentée, en faisant stopper la circulation automobile pour rentrer à la ferme ! »

Photos de vaches traversant la rue Jules Guesde et de leur ferme (Documents archives Historihem et Google Maps )
Extrait d’un plan de Hem de 1979 (Collection privée)

Dès 2009, la municipalité décide de créer le jardin des perspectives, au « nouveau cœur de ville », sur 5 hectares entre la rue de la Vallée et la rue du Docteur Coubronne , entre les constructions de « la Vallée 2 ».

Le parc est prévu comme suit : en partie haute, esprit campagne avec des prés, des jardins en lignes parallèles de divers végétaux, puis une placette minérale, une plaine engazonnée et un jardin des dynamiques qui doit déboucher sur une place publique.

Photos des travaux de la Vallée 2 et du futur jardin en 2009 (Document Tout’Hem)

L’objectif est de relier les anciens et nouveaux quartiers autour d’un espace central fédérateur offrant 2 km de chemins de promenade. Le jardin des perspectives est officiellement ouvert en Octobre 2010.

Plantation du tilleul et inauguration du jardin en 2010 (Documents Tout’Hem)

La place publique, décorée de jets d’eau, est vouée à accueillir le marché de Hem, trop à l’étroit Place de la République, ainsi que diverses manifestations telles que fêtes foraines, marché de Noël, patinoire, etc

Jets d’eau sur la place en 2011 (Documents Tout’Hem)
Marché et marché de Noël (Document collection privée)

En 2013, la municipalité décide de planter un arboretum composé d’une centaine d’espèces rares dans ce jardin appelé à constituer le poumon vert de la ville. Une petite plaque apposée devant chaque arbre doit permettre aux hémois d’apprendre à les connaître. Le 1er d’entre eux reste le tilleul planté en 2010 au moment de l’ouverture du jardin des perspectives au public.

Un espace de jeux est mis en place pour les petits et un labyrinthe diversifiant les couleurs et senteurs est prévu en dessous de la vigne déjà plantée, un dédale de chemins qui mèneront le visiteur dans 17 espaces différents aux noms poétiques lui permettant ainsi de découvrir la biodiversité.

La vigne (Documents Tout’Hem)
Arboretum et labyrinthe en 2013(Documents Tout’Hem)

Dans les années suivantes le jardin s’enrichit d’espaces particuliers supplémentaires : fauchage raisonné, espace canin. L’aire de jeux pour enfants est rénovée en 2018. Enfin des œuvres d’art sont installées ajoutant un intérêt culturel supplémentaire à ce terrain verdoyant.

Fauchage raisonné, espace canin (Documents Facebook)
Aire de jeux 2018 (Document Facebook)
Oeuvres d’art (Documents Facebook)

La photographie aérienne de 2020 permet de constater que le nouveau cœur de ville entre les rues du Cimetière, de la Vallée, Jules Guesde et du Docteur Coubronne est en effet bien verdoyant.

Toutefois c’est avec regret que nombre d’anciens habitants du quartier ont vu disparaître la rangée d’arbres centenaires qui bordait et ombrageait la rue du Cimetière (rebaptisée depuis peu rue du 6 Juin 1944). L’ancienne rue bucolique et champêtre où il faisait bon flâner s’est ainsi transformée en une rue plus ordinaire bordée d’habitations, même si le jardin qu’elle longe est bien agréable.

Photo aérienne de 2020 (Document Google Maps)

Remerciements à Historihem ainsi qu’à la ville de Hem

Janvier 1903

Le journal des sports de janvier 1903

Athlétisme : le club athlétique roubaisien va inaugurer son nouveau local 52 rue de Lannoy avec une fête sportive pour le 18 janvier prochain, laquelle comprendra avec divers numéros, un championnat de lutte pour tous les sociétaires.

Le Racing Club de France de Hockey 1903 doc Gallica

Hockey. En vue du grand match de hockey que le RCR prépare pour dimanche prochain (avec le RCF) le journal donne quelques explications à ses lecteurs. Le hockey se joue selon les mêmes règles générales que le football association, onze joueurs contre onze. Chaque équipier est muni d’un stick en bois, sorte de bâton à bout recourbé avec lequel il frappe une balle de cuir pour la faire entrer après d’habiles combinaisons entre les poteaux bu but. Le point marqué ne compte que si le coup est donné dans un espace compris dans un demi-cercle de 14 mètres de rayon tracé vis à vis du goal. Le jeu exige de grandes qualités de vitesse et de tactique que possède au plus haut point l’équipe parisienne. Les Roubaisiens ont de leur côté de très bons joueurs fermement décidés à fournir une lutte ardente contre leurs adversaires et amis du Racing Club de France.

Manchette du journal le Vélo doc Gallica

Un procès entre deux journaux sportifs. Paris, 2 janvier. La Cour d’appel a rendu un arrêt par lequel elle confirme la décision de la chambre de commerce de la Seine, ordonnant au journal l’Auto-Vélo sous peine d’une astreinte de 200 francs par jour de retard, de supprimer de son titre le mot Vélo, qui est la propriété du journal Le Vélo fondé en 1892.

Manchette du journal L’Auto-Vélo doc Gallica

Football, sociétés de l’USFSA. Le RCR devait se rendre à Courtrai pour matcher le RC Bruxelles dans le cadre du challenge du FC Courtrai est vainqueur par forfait de son adversaire. Un match d’entraînement leur sera proposé. Le Stade Roubaisien fait jouer ses deux équipes première et seconde dans un match sur le terrain du Pont de Croix.

Football, sociétés indépendantes. Sont cités les clubs suivants : Sporting Club Roubaisien, terrain au Pont Rouge, Olympique Roubaisien, terrain rue du Luxembourg. Amical club roubaisien, local café Plouvier 104 rue du Collège. Standard Tourquennois, Étoile Tourquennoise.

Tir. Chez M. Houzet, au débit de tabacs du Petit Roubaix, au con des rues d’Alger et de Cartigny, à cent mètres de l’arrêt du train du Crétinier, un grand tir aux pigeons au posé est offert aux amateurs. Nombreux prix. Le tir est couvert, chauffé et bien éclairé.

Automobilisme. L’assemblée générale de l’Automobile club du Nord se tiendra dans les salons de l’hôtel Ferraille rue de la gare à Roubaix. À l’issue un banquet amical aura lieu à 10 francs par tête. Déjà de nombreuses adhésions.

Football. La coupe Manier. La finale opposait sur le terain du Vésinet le club français à l’olympique lillois. Les parisiens qui jouaient sur leur terrain l’ont emporté par sept buts à zéro.

Football. Malgré l’inclémence du temps, un public nombreux a assisté au match RCR contre RC Bruxelles, sur le terrain de la chaussée d’Harelbeke à Courtrai. Les roubaisiens l’ont emporté par trois buts à deux. L’équipe du RCR était composée de Renaux, goal, Scott et Duthoit, arrières, Jean Dubrulle, Maurice Dubly, Léon Dubly (capitaine) en demis, les avants Hargraeve, Renaux jeune, Loucheur, Lefebvre et Gadenne.

Boxe. La grande fête sportive prévue pour le 18 janvier est reportée au 1er mars. L’organisateur, M. Desruelles est en pourparlers avec diverses personnes pour produire à Roubaix des numéros inédits en province. Cette fête aura lieu à l’Hippodrome Roubaisien et sera présidée par M. Eugène Motte, député maire. Cette fête au bénéfice du Nouvel Hôpital verra la Grande Harmonie se produire et Me Dubron, avocat près de la Cour d’appel de Douai fera une conférence.

Sport pédestre. Le tour de France par un roubaisien. Ce matin, un vendredi, à sept heures, un jeune Roubaisien, membre de la société de gymnastique La Roubaisienne, M. Camille Vion, vainqueur de plusieurs épreuves pédestres, quatrième dans le championnat de France, quittera Roubaix pour entreprendre le tour de la France par étapes journalières de 30 à 35 kilomètres. Vion s’arrêtera le premier jour à Douai, il sera porteur d’un carnet de route qu’il fera viser par les maires, à chacune de ses étapes. Il compte être de retour à Roubaix dans un an. Bonne chance à cet intrépide marcheur et que la route lui soit légère !

Football. Les championnats du Nord. Le RCR bat le Stade Roubaisien par 4 à 0. L’US Tourquennoise bat l’Iris Club lillois par forfait, bien qu’un match amical se soit déroulé entre les deux équipes après 45 minutes d’attente.

Le marcheur roubaisien Camille Vion est arrivé à Arras samedi soir, sous une pluie battante et continuelle toute la journée. Il repart le lendemain pour Doullens.

Cross Country. Le championnat du Nord de cross country se déroulera à Roubaix cette année sur décision de l’USFSA, qui a confié au RCR l’organisation de l’épreuve. Les équipes devront être composées de six coureurs dont quatre seulement comptant pour le classement.

Le marcheur roubaisien Camille Vion continue son tour de France à travers le froid et la neige. Il a atteint Crévecoeur le Grand dans l’Oise, après une étape Doullens Amiens puis Amiens Beauvais et Crévecoeur. Il compte rejoindre Paris puis se diriger vers l’est. À Amiens il a fait l’objet d’une petite réception par quelques aimables sportsmen.

Patinage au Parc de Barbieux CP BNRx

Patinage. On patine sur les étangs du Parc de Barbieux, l’autorisation ayant été donnée par l’Administration Municipale. Une cinquantaine d’amateurs en ont profité , la glace encore vierge était très belle et suffisamment forte pour porter la foule des patineurs et patineuses. Il serait toutefois prudent d’organiser un service de secours en cas d’accident.

Football. Sociétés Indépendantes. Le Sporting club roubaisien organise un challenge de football ouvert aux sociétés indépendantes du Nord et de la Belgique et à celles affiliées à la FSAF (Fédération des Sociétés Athlétiques de France). Pour tous renseignements, s’adresser au local du Sporting, 441 rue de Lannoy à Roubaix où les adhésions sont prises jusqu’au 15 février.

Football. Challenge international du Nord. Le RCR a battu l’Union sportive de Calais par 4 buts à 0, en jouant à neuf pendant toute la seconde mi-temps.

Le Tour de France. Le journal l’Auto annonce l’organisation d’une formidable épreuve cycliste sur route qui durera un moins et comprendra six étapes. Il s’agira du premier Tour de France.

Lutte. Dans le match qui a mis en présence dimanche à la salle Destrée angle des rues Bell et de Wasquehal à Roubaix, les lutteurs Devermen et Smeester, ce dernier a été tombé en 14 minutes par une ceinture avant.

Escrime. Le contre de sixte. Une nouvelle société est en formation chez M. Arthur Vanackère, Café des Sports 47 rue du Moulin à Roubaix. Au programme, l’escrime, la canne, le bâton et la boxe et probablement l’athlétisme, lutte, poids et haltères.

Parution du premier numéro du Bulletin officiel mensuel du Nord Touriste et de l’Automobile club du Nord. Cet organe possède 28 pages et le texte est agrémenté de nombreuses gravures.

La visite de M. K

Le général de Gaulle a invité N.S. Khrouchtchev en France. Le voyage se déroule du 23 mars au 3 avril 1960. Nikita Khrouchtchev, alors Président du conseil des ministres de l’URSS, est le premier chef d’État soviétique reçu officiellement par le Président de la République française depuis la révolution de 1917. Né le 3 avril 1894 à Kalinovka, dans l’Empire russe, et mort le 11 septembre 1971 à Moscou, Nikita Khroutchev est un homme d’État soviétique qui dirigea l’URSS durant une partie de la guerre froide. Il fut le premier secrétaire du Parti communiste de l’Union soviétique de 1953 à 1964 et président du conseil des ministres de 1958 à 1964. Il joua un rôle important dans le processus de déstalinisation, dans le développement du programme spatial soviétique et dans la mise en place de réformes relativement libérales en politique intérieure. Il fut remplacé en 1964 par Léonid Brejnev au poste de premier secrétaire et par Alexis Kossyguine à celui de président du conseil des ministres.

M. K et Albert Prouvost doc NE

Les hôtes soviétiques ont donc visité en douze jours un grand nombre de villes françaises : Paris, Bordeaux, Lacq, Tarbes, Pau, Istres, Pichegu, Nîmes, Arles, Marseille, Dijon, Metz, Verdun, Reims, Épernay, Lille, Roubaix, Serqueux, Rouen, Flins et Rambouillet. Lille et Roubaix sont sur le parcours et plus particulièrement Wattrelos, du fait de l’implantation des usines Prouvost, le Peignage Amédée-Prouvost et la Lainière de Roubaix.

M. K en visite au Peignage doc NE

Le mercredi 30 mars a lieu la visite de M. Nikita Khroutchev à Wattrelos au Peignage Amédée-Prouvost et à la Lainière de Roubaix. Venant de Lille, il a gagné Roubaix par le grand boulevard. Il tourne à la Laiterie et remonte l’avenue Delory jusqu’au rond point des Trois Baudets. Puis il emprunte l’avenue Motte, longe les Hauts Champs. Il sillonne ensuite les rues du Nouveau Roubaix pour rattraper le boulevard de Paris, le boulevard Gambetta, la Place Nadaud, le boulevard de Strasbourg. Passe le canal rue de la vigne, se dirige vers les rues du Cartigny et d’Alger. Manifestement on lui aura fait visiter tous les nouveaux ensembles immobiliers du coin avant d’arriver aux sites industriels.

M. K et Albert Prouvost doc NE

Il arrive au peignage Amédée Prouvost avec vingt minutes de retard sur l’horaire. Il y a beaucoup de curieux. Il est accueilli par Albert Prouvost fils et François Lefebvre, gérants. La petite fille des concierges Françoise Engelbert, 9 ans, s’avance avec un bouquet de violettes de Toulouse qu’elle remet à Mme Khroutchev qui sourit et embrasse l’enfant. Albert Prouvost découvre que Mme Khroutchev parle parfaitement l’anglais, c’est elle qui servira d’interpréte1. Elle s’intéresse aux pulls Rodier et au prix modique des repas à la cantine. M. K qui suit le même périple que celui de la Reine en 1957, s’intéresse au matériel dont l’automatisme réduit la peine des ouvrières. Dans la salle du conseil d’administration, poignées de main, rencontre du personnel, le président et Mme signent le livre d’or, puis c’est au tour de M. Kossyguine et M. Gromyko ministre des affaires étrangères. La visite de l’usine se fait au pas de course. Albert Prouvost saisit une mèche de peigné et donne quelques explications à M. K. C’est la cohue des photographes. La visite aura duré une vingtaine de minutes.

M. K et Jean Prouvost doc NE

À la Lainière, c’est Jean Prouvost qui accueille M. K qui traverse successivement le secteur finition teinture, filature, la salle de tricotage. M. K est décrit par la presse comme pesant, trapu, solide, marchant à pas vifs en roulant ses épaules massives. Il parcourt le temple de la chaussette et à la sortie l’attend une haie d’honneur formée par les apprenties toutes vêtues d’un seyant tablier bleu.

Passage en trombe à la Mousserie doc NE

Après la Lainière, par la rue des Patriotes à Wattrelos et la rue Richard Wagner il gagne la Mousserie où il s’arrêtera devant une maison de son choix, selon Albert Prouvost. Un ménage d’âge moyen nous accueille, un peu surpris par l’impromptu de la visite. Au rez-de-chaussée, salon, salle à manger, cuisine, vestiaire et toilettes. À l’étage la chambre des parents avec meubles en bois verni et le couvre-pieds de satin, deux chambres pour les enfants, une salle de bains avec douche. Quel est votre métier ? Demande M. K. Je suis mécanicien, monsieur le Président2.

Ensuite il reprend le boulevard des Couteaux, le pont des Couteaux et le boulevard de Metz, rejoint les boulevards de Strasbourg, Gambetta, Leclerc, de Paris, Jean Jaurès vers Lille.

M. K et une ouvrière du Peignage doc NE

Ont accompagné le leader soviétique pendant la visite, Mme Joulia Nikititchna, Mme Rada Nikititchna, M.Serguei Nikititch, Mlle Elena Nikititchna et M. Adjoubei. Les quatre premiers sont la femme et les enfants de Nikita Khrouchtchev et M. Adjoubei est l’époux de sa fille Rada. Ensuite, les personnalités, ce sont MM. A.N. Kossyguine (Vice-Président du Conseil des Ministres de l’URSS), A.A. Gromyko (Ministre des Affaires Etrangères de l’URSS), G.A. Joukov (Président du Comité d’Etat pour les relations culturelles avec l’étranger), V.S. Emelianov (Chef de la Direction pour l’utilisation de l’Energie atomique près le Conseil des Ministres de l’URSS), O.I. Ivatchenko (Député du Soviet Suprême de l’URSS) et A.M. Markov (Membre du Collège du Ministère de la Santé de l’URSS)3. On imagine bien que ce ne fut pas qu’une visite touristique !

1Mémoires d’Albert Prouvost : Toujours plus loin éditions La Voix du Nord

2ibidem

3 Elizaveta Spiridonova. La visite de N. S. Khrouchtchev en France (23 mars-3 avril 1960).

 

Jean de Leers

Les organisateurs de la fête de l’entente leersoise font appel à l’occasion de la soirée du mois d’août 1960 à un orchestre de choix ! Jean Prez, dit Jean de Leers, se produira pour la première fois dans la salle des fêtes de la commune. Tous les leersois connaissent bien ce sympathique musicien issu d’une famille leersoise bien connue.

Jean Prez doc BNRx

Jean Prez est en effet fils et petit fils de maçons leersois. Son grand-père Henri Prez habitait hameau de la longue rue et il eut pas moins de treize enfants ! Son père Jean Louis Prez fut terrassier, maçon et cafetier, il habitait le hameau de la petite frontière et il eut trois enfants, (Jules, Jean, Thérèse), Jean étant né en 1922 à Leers-Nord.

Jean Prez 1960 doc NE

Jean de Leers est un artiste dont la virtuosité est reconnue depuis longtemps, il sera même professeur d’accordéon, compositeur et éditeur de musique. Il vient à Leers avec son accordéon, son bandonéon, sa flûte, son piano, son vibraphone, sa voix et il est accompagné par une formation qui comprend Ferdinand Craye à l’accordéon et au bandonéon, Paul Marescaux à la trompette, au violon et au chant, Georges Bart, trompette, piano, accordéon, congas, Germain Froment, à la clarinette et au saxophone, Théo Juillet à la contrebasse, André Merckx à la batterie.

Jean Prez et son orchestre doc NE

Ils vont animer un bal qui amènera de la joie pour tous, anciens et jeunes danseurs, et amateurs de musique d’orchestre. Le bal de l’entente leersoise a lieu le 14 août et le bénéfice de la soirée permettra aux dirigeants du club d’assurer à toutes les équipes une très belle saison. Des tables sont en location au café Loy 2 rue de Néchin, chez Desmet face à la salle des fêtes. Le retour vers Roubaix, Toufflers, Lys, Lannoy, Wattrelos est assuré par autocar. Le prix d’entrée est à 2,50 francs.

L’après-midi, à 15 heures et à 17 heures 30 et le lendemain après-midi du lundi se déroulera un tournoi de football au stade Léo-Lagrange avec la participation du Capreau de Wasquehal, du FC Annappes, de l’ASPTT de Lille.

Ancienne Ecole Victor Hugo

C’est en 1841 qu’une école communale pour garçons est construite sur la Place d’Hem, dénommée ensuite école Victor Hugo. Auparavant l’école était assurée dans une pièce de la maison du maître qui enseignait tout en faisant la cuisine et en soignant ses enfants ; s’il disposait de plusieurs pièces il pouvait enseigner aux 2 sexes dans des classes séparées.

L’école Victor Hugo vue de la place, la façade en gros plan et l’arrière de l’école et le mur d’enceinte de la cour de récréation vus de la rue du Cimetière (Documents collection privée)

Toujours pas question cependant, pour le moment, d’une école pour les filles « qui n’ont pas besoin d’instruction pour tenir leur ménage » de l’avis général, la municipalité n’ayant pas les moyens financiers suffisants pour ouvrir 2 écoles.

Pas d’école pour les filles ! (Document Au Temps d’Hem)

Toutefois la salle de l’école comprend une seule pièce pour recevoir les élèves des deux sexes qui se trouvent séparés par une cloison. Au milieu se trouve le ponton du maître où est établie une tribune d’où il peut surveiller les élèves des deux sexes. Il existe une porte d’entrée dans le corridor afin que les élèves de chaque sexe puissent se rendre dans la partie de la salle qui leur est destinée.

Les heures d’entrée et de sortie sont différentes d’une demi-heure pour les garçons et les filles car tout est fait pour parer à l’inconvénient de la réunion des élèves des deux sexes. Ainsi, si les latrines se trouvent au même endroit, les 2 cabinets sont séparés et ont chacun leur porte, une pour les garçons et une pour les filles, et le règlement ne permet pas la sortie des 2 élèves à la fois.

La commune fait compléter le mobilier de bancs, tables, ponton neuf et tribune du maître. Quant aux tableaux de calcul ils sont au complet et appartiennent à l’instituteur, Mr Dardenne.

Plan de l’école avec ses 2 classes (Document Historihem)

Au début de l’année 1858, en raison du grand nombre d’élèves qui fréquentent l’école, un instituteur adjoint est nommé pour seconder le 1er. Il est nourri par celui-ci, lequel perçoit une indemnité supplémentaire à charge pour lui de rétribuer son adjoint. A la même époque une pompe à eau en bois est installée chez l’instituteur aux frais de la commune, charge à lui d’entretenir le mouvement du piston et du levier.

Exemple de pompe à eau en bois du 19ème siècle (Document site Proantic)

Mr Dardenne est un bon instituteur et obtient des résultats plus que satisfaisants de ses élèves. Au concours du canton de Lannoy, c’est le jeune Valentin Bonnet, élève de l’école communale de Hem qui obtient le 1er prix. En 1867, Mr Dardenne est nommé dans une autre ville et c’est Mr Cantin qui le remplace, lequel n’est toutefois plus tenu de loger et nourrir son adjoint qui l’est dès lors par la commune.

Une enquête préfectorale de 1869 fait ressortir l’insuffisance des salles de classe à l’école des garçons. La 1ère classe n’a qu’une superficie de 41 mètres carrés pour 103 élèves et la seconde une superficie de 30 mètres carrés pour 43 élèves alors que le règlement prévoit 1 mètre carré par élève.

Toutefois le conseil municipal s’oppose à la construction d’une 3ème classe au motif que l’enquête a été faite en hiver alors qu’en été les élèves sont beaucoup moins nombreux en raison de leur occupation aux travaux des champs. Il ajoute que sur les 130 élèves de la grande classe bon nombre n’écrivent pas et n’ont donc pas besoin de place puisque sans table…

En 1871 toutefois, un projet de construction de nouvelles classes dans la cour de l’école des garçons est adopté par le Conseil Municipal. L’année suivante c’est Mr Monnier qui devient instituteur titulaire et son traitement est revu à la hausse. Quant aux travaux, après approbation par le Ministère ils sont réalisés en 1874.

Les enfants de l’école avant 1900 avec leur maître Mr Monnier (Document collection privée)

A l’école de garçons la cour de récréation a une superficie de 300 mètres carrés et le jardin potager 415 mètres carrés. A l’époque une circulaire ministérielle appelle « l’attention sur la nécessité de prendre des mesures pour que les jardins annexés aux écoles rurales rendent les services qu’on peut en attendre au point de vue de l’enseignement horticole et plus particulièrement de l’arboriculture ».

En 1877, l’école communale de garçons compte 209 élèves pour 3 maîtres. Si Mr Monnier reste fidèle au poste il est à noter que les 2 instituteurs adjoints, quant à eux, semblent faire leurs premières armes à Hem mais ne restent pas plus d’une année en poste. En 1880, c’est le 1er certificat d’études que 10 élèves hémois passent avec succès à Lannoy.

En 1883, la 3ème classe étant surchargée d’élèves, 140 en moyenne, le Ministre de l’instruction publique autorise la création d’un 3ème poste d’adjoint et la 4ème classe est installée dans le préau qui précédemment servait d’entrée. Le nouveau couloir par lequel les élèves entrent dorénavant est très large et peut servir de préau en temps de pluie.

La cour de l’école est en mauvais état et 3 solutions sont à l’étude : l’emploi de scories, le pavage « en briques de champs au sec » ou l’emploi de petits graviers blancs. L’emploi de scories, déjà testé, produisant beaucoup trop de poussière noire, et le pavage engendrant une dépense beaucoup trop importante, c’est l’emploi de petits graviers blancs qui est retenu. Ce n’est qu’en 1895 que le pavage de la cour a lieu, les finances étant plus saines. C’est à cette même époque que l’éclairage au gaz est installé dans toutes les salles de classe.

Reconstitution d’une classe de 1900 dans la nouvelle école Victor Hugo en 1982 ( document Copains d’avant)

A l’époque l’instituteur en titre est également secrétaire de mairie, un véritable notable de la commune comme en témoigne l’allocution faite par le maire, Mr Delecroix, lors du départ en retraite de Mr Monnier, directeur de l’école du centre en 1906 et qui s’est toujours acquitté, depuis sa nomination en 1871, avec honneur et compétence de sa double et délicate tâche. Mr Monnier décède en 1911.

Les enfants de l’école en 1910 avec leur instituteur (Document Historihem)

En 1907, un budget est voté pour la construction d’un préau. En revanche la demande de surélévation de l’école du centre pour y faire une salle des fêtes est rejetée en 1914. La commune juge en effet préférable d’envisager la construction d’une salle spéciale au centre de la commune pouvant servir à toutes les œuvres post-scolaires.

Le projet reste en suspens avec la déclaration de la guerre puis la fermeture des écoles en 1917 par manque de chauffage et pour cause de réquisition pour l’hébergement des troupes allemandes. Les bâtiments communaux, dont les écoles, sont sérieusement endommagés et une grande partie du mobilier scolaire détruit ou brûlé.

Les enfants de l’école en 1922 (Document collection privée)

En 1930, l’école est restaurée et la cour de récréation revêtue d’un nouveau pavement spécial, insonore et ne blessant pas les genoux. Puis, en 1946, l’assemblée municipale décide l’acquisition de la propriété Catrice au 42 rue de Lille (actuellement rue du Général Leclerc). La maison de maître va être aménagée en Mairie et 2 écoles seront aménagées dans le parc : l’une pour remplacer l’école Victor Hugo, trop vétuste, et l’autre pour remplacer l’école Pasteur, endommagée lors de la guerre.

Les enfants de l’école après la 2ème guerre mondiale (Document Historihem)

A suivre…

Remerciements à l’association Historihem, André Camion et Jacquy Delaporte pour leurs ouvrages Hem d’hier et d’aujourd’hui et Hem 1000 ans d’histoire ainsi qu’à Jacquy Delaporte, Christian Teel et Chantal Guillaume  pour leur bande dessinée Au Temps d’Hem