Le collège Elsa Triolet à Hem (Suite)

En 2010, à la rentrée, les 730 collégiens hémois (anciennement répartis entre Elsa Triolet et Albert Camus) sont hébergés au collège Elsa Triolet en attendant l’ouverture en janvier 2011 du nouveau collège (Raymond Devos) rue Jean Jaurès, lequel doit être construit à l’emplacement de l’ancien collège Albert Camus qui a fermé.

Le collège Elsa Triolet en 2008 rue Jules Guesde et vue arrière depuis la rue Jules Ferry (Documents Google Maps)

En avril 2012, la municipalité annonce dans le magazine Tout’Hem la prochaine démolition du collège Elsa Triolet, vidé de ses élèves depuis un an. Le chantier est en préparation et le désamiantage précédera la démolition qui devrait avoir lieu à l’été 2012, tout cela pour un coût de 600 000 euros.

On démolit et on construit (Document magazine Tout’Hem avril 2012)

La ville de Hem va bientôt construire à sa place 200 logements, une résidence services pour personnes âgées et une salle polyvalente à vocation culturelle (Le Zéphyr). Les riverains doivent donc s’attendre à trois ou quatre ans de travaux et la rue Jules-Guesde va devoir s’habituer au bruit des engins de travaux publics… 

Démolition du collège en 2012 (Documents Historihem et collection privée)

Les photos aériennes de la zone en 2009 et 2012 montrent le changement de physionomie de la rue sur cette première tranche de 3 ans. Quant aux photos prises rue Jules Guesde à l’emplacement de l’ancien collège en 2013, 2016, 2018 et 2020, elles attestent des différents travaux réalisés sur 8 ans dans ce quartier d’Hem Bifur emblématique du « vieux Hem ».

Photos aériennes de la zone en 2009 et 2012 (Documents IGN)
Photos de l’ancien emplacement du collège (Documents Google Maps)

En 2016, la Voix du Nord explique que la résidence Louis-Aragon va commencer à sortir de terre dans le centre-ville de Hem, derrière la salle de spectacles le Zéphyr, construite en 2014, à la place de l’ancien collège détruit en 2012. Elle comprendra deux bâtiments de trois étages et 98 appartements destinés à des personnes âgées. Le gestionnaire de la résidence leur proposera des services à la carte qu’ils pourront choisir en fonction de leurs besoins et de leurs moyens. Vingt équivalents temps plein seront recrutés pour leur être disponibles.

Illustrations de l’article (Documents La Voix du Nord)

Le quotidien ajoute que l’ouverture est prévue pour septembre 2017, date à laquelle la résidence voisine Elsa-Triolet, dont les travaux ont démarré en avril 2015, aura déjà ouvert au début d’année. Celle-ci comprend 62 logements du T 1 au T 4, cette fois accessibles à tous types de publics. L’ensemble des deux résidences constituera le Clos des Poètes. De quoi donner une touche de lyrisme à ce quartier qui accueille déjà le Zéphyr.

Vue de la rue Jules Guesde en façade et vue aérienne en 2021 (Documents Google Maps)

En 2021, il ne subsiste donc plus aucune trace de l’ancien collège Elsa Triolet si ce n’est le clin d’oeil de la municipalité opéré dans le choix des noms des bâtiments qui ont pris sa place. Elsa Triolet s’est ainsi rapprochée de son époux Louis Aragon dans l’ensemble du Clos des Poètes, une étape de plus dans l’aménagement du Centre-ville et du projet de la Vallée 2.

Remerciements à la Ville de Hem et à l’Association Historihem

La nouvelle église du Crétinier

C’est sur Radio Galaxy que l’inauguration de la nouvelle église a été annoncée. L’abbé Tieghem faisait partie de ceux qui avaient préparé l’intervention sur les ondes, avec un exposé historique sur l’Église Saint Vincent de Paul depuis sa création en mai 1897.

Le portail de la nouvelle église Photo Guy Sadet

L’inauguration a lieu le dimanche 24 avril 1994. Le programme a été arrêté : à 10 h 30, M. Alain Faugaret maire de Wattrelos vient inaugurer l’église en présence de Monseigneur Vilnet évêque de Lille. Puis à 11 heures, la messe est célébrée par Mgr l’évêque. Il n’y a pas encore de titulaire et trois prêtres vont l’assister  : L’abbé Gilbert Tieghem du Christ Roi, Joël Kolder de la Sainte Famille de Roubaix et André Desbouvry chargé des relations avec le diocèse. L’équipe d’animation paroissiale est placée sous la responsabilité de Mme Vallaeys et s’occupe de la coordination de la vie de la paroisse.

Monseigneur Vilnot officie Photo Guy Sadet

Les paroissiens sont agréablement surpris par l’intérieur spacieux de l’église. Derrière l’autel, un grand vitrail célèbre la glorification de Saint Vincent. Sept autres retracent sa vie. Au plafond une verrière apporte une luminosité naturelle qui ravive son caractère sacré. De l’ancienne église on a conservé le grand crucifix qui dominait l’autel. Une mezzanine accueille le nouvel orgue dont Madame Machu, l’organiste de l’église a récemment pris possession. Quatre vingts personnes peuvent s’y tenir. Derrière le chœur, une salle chapelle accueille les célébrations de semaine ou encore les réunions de catéchèse.

L’intérieur de l’église Photo Guy Sadet

Ont également été prévues la sacristie et une petite salle de réunion. Deux autres salles ont été ajoutées pour les permanences de semaines et des réunions pour des petits groupes. À l’extérieur un petit campanile abrite Cécile, la cloche de l’ancienne église. Depuis le dimanche des rameaux, l’église a été officiellement utilisée pour des célébrations pendant les fêtes de Pâques.

Pour reprendre l’expression du journal Nord Éclair, la nouvelle église Saint Vincent de Paul est un coup de jeunesse pour le quartier du Crétinier.

Le déplacement du monument aux Morts

Au début des années 1960, la circulation automobile se développe et pose de sérieux problèmes pour les automobilistes dans toute la ville de Roubaix. Il est donc nécessaire d’améliorer les rues, avenues et boulevards et en particulier le carrefour du monument aux Morts très fréquenté et embouteillé aux heures de pointe. Ce carrefour est situé sur le boulevard Leclerc à l’angle des rues du Maréchal Foch, du Moulin et du boulevard de Paris.

document Nord Eclair

En 1964, la municipalité décide donc une refonte complète de ce carrefour. Les grandes innovations préconisées par les ingénieurs des Ponts et Chaussées sont la mise en œuvre :

– d’un sens unique de circulation dans la rue du Maréchal Foch

– de l’abattage des platanes du Boulevard de Paris (entre la rue du Moulin et la rue Chanzy )

– de l’élargissement de ce boulevard de Paris à 27m de largeur

– de l’installation de nombreux feux tricolores, et surtout . . .

– du déplacement du Monument aux Morts, 75 mètres plus loin à hauteur de la rue Dupleix.

document Nord Eclair

Il faut rappeler que ce monument aux Morts a été érigé, installé et inauguré en 1925, époque où la circulation automobile était quasi inexistante. Dans les années 1930, on pouvait encore envisager de bloquer le carrefour lors des commémorations !

Les travaux de déplacement débutent au printemps 1964, et ce n’est pas une mince affaire que de bouger un monument haut de 9 mètres, et pesant plusieurs tonnes ! Il faut bien se résoudre à morceler cette masse de pierre en plusieurs morceaux.

La noble dame qui porte dans ses bras robustes les fruits de la fécondité n’est pas une femme légère, car la tête et le buste pèsent 2 tonnes et le tronc 5 tonnes. A cela il convient d’ajouter l’hydre qui est scié en deux parties.

document Nord Éclair

Une équipe de spécialistes, véritables chirurgiens pour géants travaille sur le mémorial avec de très grandes précautions.

Toutes les pièces du monument sont déposées sur le sol et les techniciens peuvent alors remonter l’ensemble, tel un puzzle.

Les délais prévus sont respectés et la ville confirme que tout sera prêt pour les cérémonies du 11 novembre 1964.

document Nord Éclair

Le déplacement se fait sans trop de problèmes. La partie la plus délicate du travail de dissection, est de démonter les quatre bas-reliefs fixés sur le socle.

Les 4 bas reliefs de 1925 ( document Grand Hebdomadaire illustré 1925 )

Un geste malheureux d’un ouvrier fait perdre la tête d’un personnage de pierre.

Le bas relief endommagé ( document Nord Eclair )

C’est peut-être une des raisons pour laquelle 2 bas reliefs sur 4 n’ont pas été refixés au dos du monument ? Les armoiries de la ville, quant à elles, ont bien été reposées à leur emplacement initial.

document collection privée
L’arrière du monument dans les années 1930 et en 2022 ( documents collection privée )

Depuis 1964, le monument aux Morts est toujours au même endroit. Sur la photo ci-dessous qui date des années 1970, on distingue l’ancien garage Renault face à la semelle de verdure sur laquelle se dressait initialement le monument.

document collection privée

Remerciements aux archives municipales

Les cycles Ferrest

Au dix-septième siècle, l’actuelle rue Jean Jaurès à Hem est un simple sentier de terre qui mène à Roubaix. Fin dix-neuvième, elle devient le chemin de Hem aux Trois Baudets. Ce n’est qu’en 1928 qu’elle apparaît sous le nom de rue des 3 Baudets puis devient la rue Jean Jaurès.

Pendant la première moitié du 20ème siècle, cette rue qui relie aujourd’hui le boulevard De Gaulle au boulevard Clémenceau, n’est pas la rue résidentielle qu’elle est devenue depuis. Elle rassemble autour de l’école Sainte- Thérése de nombreux commerces et quelques industries.

Au numéro 89 de la rue se trouve, en 1907, une boucherie-charcuterie tenue par Eloi Destailleurs, reprise après guerre par Jean Demaline auquel succède E. Lagon dans les années 1950.

Boucherie charcuterie Destailleurs (Document Hem Images d’hier)

Dans les années 1960, le petit commerce devient une boutique de chaussures tenue par Mme Messian et quelques années plus tard, les chaussures font place aux cycles et motocycles quand la famille Ferrest reprend le commerce.

Marchand de cycles et motocycles (Document archives Historihem)

A l’époque devant le commerce se dresse une pompe à essence où les cyclomoteurs peuvent venir faire le plein d’un mélange 2 temps. Le commerce vend en effet des cycles et motocycles mais aussi du carburant Castrol pour motocycles. Les réparations des deux roues y sont également assurées.

Publicités Castrol (Documents banque d’images Alamy 1955 et authentic pub )

Instantané de mémoire : « Quand mes parents s’installent à Hem aux 3 baudets en 1968, je vais avoir dix ans et, pour mon anniversaire, je rêve d’avoir un vélo de femme, qui me permettra de me balader et d’aller au Lycée de jeunes filles à Roubaix, à 3,5 km de chez moi. Chez Ferrest, je trouve le vélo de mes rêves couleur bleu roi avec 2 sacoches bleues et je l’essaie de suite autour de l’église St Joseph. Tout se passe bien jusqu’à ce que je m’arrête en restant assise sur la selle et en oubliant que mes pieds ne touchent pas terre de cette façon. Première et dernière chute car je garderai ce vélo jusqu’à l’âge adulte… »

Publicité de 1972 (Document Nord-Eclair)

Ce commerce est très petit par la taille mais grand par le contenu avec un choix impressionnant de vélos et de cyclomoteurs de marque Peugeot des 2 côtés d’une allée centrale. Et comme souvent à cette époque, chez ces petits commerçants, le conseil permet de faire son choix et la confiance est bien présente pour n’importe quelle réparation en cas de besoin.

Photo de l’extérieur et de l’intérieur du magasin dans les années 1970 (Documents archives Historihem et collection privée)

Dans les années 80, pour compenser la perte de chiffre due à la concurrence des grandes surfaces, la publicité du magasin met aussi l’accent sur la vente de Butagaz et BP Zoom ainsi que sur l’ouverture du magasin le dimanche matin.

Publicités de 1982 (Document Nord-Eclair et Office Municipal d’Information)
Images publicitaires Butagaz et BP Zoom (Document collection privée)

Finalement le commerce d’André Ferrest ferme ses portes à la fin de l’année 1990 et aucun magasin ne rouvre à cette adresse qui en abritait pourtant un depuis un siècle. La maison à « basse-toiture » devient une habitation et le reste encore de nos jours, comme c’est le cas pour la plupart des maisons de cette rue.

Photos de la maison en 2008 et 2020 (Document Google Maps)
Photo aérienne de la rue en 1962 et en 2020 entre la rue des Ecoles et la rue Louis Loucheur (Documents IGN et Google Maps)

Un plan d’aménagement pour le Crétinier

En 1990, le quartier du Crétinier est considéré comme vétuste et vieillit mal. Le déclin progressif de la Lainière de Roubaix et les suppressions d’emploi n’arrangent rien. L’église n’échappe pas à cet inventaire de vétusté. En effet, dès 1980, les bois de la toiture pourrissaient entraînant des fuites d’eau qui dégradaient les murs. Le chauffage devait être réparé, l’électricité ne correspondait plus aux normes de sécurité et la fréquentation des fidèles avait singulièrement baissé.

Dernière image de la première église St Vincent de Paul extrait Journal Municipal de Wattrelos

La municipalité de Wattrelos concerte le diocèse pour les travaux à mener. Puis la décision d’un vaste projet d’urbanisme comporte la destruction de l’église et la création d’un nouvel ensemble sur l’espace ainsi libéré. La ville de Wattrelos engage donc la requalification du quartier avec un plan d’aménagement conçu par l’architecte Marc Dancoisne.

Plan d’aménagement doc Journal Mun Wattrelos

Pour mener ce plan à bien, la ville a entrepris l’acquisition d’une série d’immeubles rue des Patriotes promis à la démolition, du complexe sportif Amédée Prouvost, des restaurants et d’un magasin d’entreprise situés à proximité, ainsi que des parkings de la Lainière rue d’Oran. D’autres sont en cours.

Les travaux démarrent en septembre 1992. En attendant les paroissiens se réunissent dans une ancienne supérette au coin de la rue d’Oran. L’îlot Saint-Vincent-de-Paul constitue la première étape de la rénovation et entraîne la démolition de l’église et de son presbytère, un siècle à peine après leur création. L’espace ainsi libéré sera transformé en place publique avec un revêtement de qualité au sol, des arbres sur son pourtour, plus une fontaine comme élément d’animation.

Maquette de la nouvelle église Journal Mun Wos

Un nouveau lieu de culte sera érigé sur lequel s’appuiera un passage couvert avec arcades qui desservira des salles de quartier. Un ensemble immobilier à usage d’habitation sera réalisé par l’Office public d’aménagement et de construction du Nord. Il est l’œuvre de deux architectes lillois, MM. Bailly et Dancoisne.

Côté voirie, la rue d’Oran sera redressée et prolongée jusqu’à la rue de Toul, le nouveau tronçon prendra le nom de rue du 19 mars 1962. La rue des Patriotes va être élargie à 15 mètres pour permettre la plantation d’arbres et l’aménagement d’espaces réservés aux piétons, en maintenant de bonnes conditions de circulation.

L’église en travaux Journal Mun Wos

En 1993 les travaux de l’église ont pris du retard à cause des intempéries du mois d’octobre. Retard rattrapé mais novembre a entraîné des températures en dessous de zéro, ce qui n’a pas facilité la poursuite du chantier. L’édifice doit s’étendre sur 320 m² et pourra accueillir 300 fidèles. L’église comportera une mezzanine à mi hauteur et le clocher sera distinct du bâtiment. On espère son ouverture pour Pâques 1994.

Juillet 1902

Le journal des sports de Juillet 1902

Cyclisme au Parc de Barbieux Coll. Particulière

Cyclisme : voici le programme des courses qui auront lieu au Parc de Barbieux, le jour de la fête nationale, sous les auspices de la municipalité. Course de vitesse sur deux tours du Parc. Course de vétérans (au-dessus de 35 ans) sur deux tours. Course de tout petits (au dessous de 16 ans) sur deux tours. Course de fond, championnat de Barbieux sur vingt tours. Course de dames sur deux tours. Course de consolation sur deux tours. Ces épreuves sont locales et ouvertes à tous les coureurs libres, non munis de licence professionnelle et habitant Roubaix. Engagements par lettre chez M. Théo Callens, 34 rue du Général Chanzy à Roubaix. Toutes ces courses sont dotées de prix mais aucun droit d’inscription n’est perçu.

Les grands prix du Racing-Club-Roubaisien. La fête sportive dont le bénéfice ira à l’œuvre de la Bouchée de Pain et du Prêt de Couchage, s’annonce sous les meilleurs auspices. Les différentes épreuves inscrites au programme ont déjà réuni de superbes engagements et comprendront des lots internationaux très relevés. Prix des entrées est fixé à 2 francs pour les premières et 1 franc pour les secondes. Pour trouver des cartes d’entrée, on peut s’adresser chez M. Jénicot, libraire, 18 rue de la Gare à Roubaix.

Les grands prix du Stade Roubaisien. Plus de trois cents personnes ont assisté à la belle réunion de dimanche dernier sur le terrain du Stade Roubaisien, au Pont de Croix. Après les concours (100 mètres plat, lancement du poids, 800 mètres plat, saut en longueur, 400 mètres plat, lancement du disque, saut en hauteur, saut à la perche, 1500 mètres plat) le trésorier M. Pierre Kuntz remercie les membres qui ont bien voulu honorer cette réunion par leur présence et leur donne rendez-vous pour la prochaine fête du mois d’août.

En tête de la maison Browaeys Degeyter doc BNRx

Cyclisme. La course Roubaix Warneton et retour, soit 47 kilomètres, organisée par la maison Browaeys Degeyter a obtenu un vif succès. Le départ a été donné à trente concurrents à quatre heures. Avant le départ de la course, le public a assisté à l’ascension de deux ballons. J. Dubus est le gagnant de cette course devant C. Eggermont et F. Castiaux. Le vainqueur, nous précise-t-on, montait une machine sortant de la maison Truffaut et Corman, place de la Liberté à Roubaix.

Gymnastique. La société de gymnastique l’Ancienne participera à la huitième fête officielle de gymnastique de l’Union des Sociétés de gymnastique, d’armes et de tir de l’arrondissement de Lille, organisée par l’Halluinoise. Elle participera au concours de course en section, aux championnats individuels artistiques (adultes et pupilles) et au championnat de jeux athlétiques. Puis elle prendra part aux concours de mouvements spéciaux avec engins (adultes) et sans engins (pupilles). Le soir, elle se présentera au concours de ballets en première catégorie. En l’absence momentanée de M. Jules Vroman, directeur de l’Ancienne, MM. Achille Desurmont secrétaire adjoint de la société encadrera la section de concours et Félix Ghysels la section des pupilles dont il est le chef.

Gymnastique. Le concours d’Halluin. Les résultats. Pour les vétérans, la Patriote de Croix remporte le 1er et le 3e prix. Pour les pupilles, à nouveau la Patriote de Croix pour le 1er prix devant quatre gymnastes de l’Union Tourquennoise. Pour le concours individuel artistique, le 1er prix revient à M. Larzille de la Concorde de Lille devant M. Félix Ghysels de l’Ancienne de Roubaix. Pour le concours de course, c’est l’Ancienne de Roubaix qui remporte le 1er prix, devant La Gauloise Wattrelos. Le concours d’ensemble qui ont eu lieu l’après midi ont vu pour les mouvements spéciaux avec engins la victoire des Compagnons d’Houplines devant l’Ancienne de Roubaix, et pour le concours sans engins, le premier prix est revenu à l’Ancienne de Roubaix précédant l’Avenir de Canteleu. La société roubaisienne s’illustrera encore en soirée en remportant le premier prix des ballets.

Le canal dans le quartier du Blanc Seau doc Coll. Particulière

Régates internationales de Roubaix-Tourcoing. Organisées par le Cercle Nautique de l’Aviron Roubaisien, elles se sont déroulées au Blanc Seau sous la pluie. Malgré cela deux mille personnes se sont rangées le long de la superbe ligne droite qui s’étend entre le pont du Blanc Seau et le pont du Port. Émile Truffaut du CNAR présidait, entouré par les délégués des sociétés concurrentes, le Sport Nautique d’Amiens, du Sport Nautique de Gand, du Royal Sport Nautique de Bruxelles, du Sporting Dunkerquois, de l’Union Nautique de Calais et du Racing Club de Roubaix. La première course est réservée aux débutants, deux avirons avec barreur, le CNAR gagne. La deuxième course juniors est remportée par le Royal Sport Nautique de Bruxelles. La troisième course revient au Sport Nautique de Gand, devant le bateau Makoko du CNAR. La quatrième course voit la victoire du bateau Méli Mélo du CNAR, la cinquième est remportée par le Sport Nautique de Gand. La sixième pour l’Union Nautique de Calais. La septième, skiffs seniors, voit le triomphe du Royal Sport Nautique de Bruxelles et la huitième, en quatre avec barreur, celui du célèbre Crocodile du CNAR, champion olympique en 1900. Une drôlatique course de cuvelle clôturait la fête qui entraîna les rires de l’assistance, un seul « bateau », celui d’Émile Deleu parvenant à rallier l’arrivée.

Cyclisme. Maurice Garin vainqueur de Bordeaux-Paris en 18 h 41 minutes.

La ligne Lille-Leers – dernière partie : Lys et Leers

 

Nous avons parcouru la ligne depuis Lille jusqu’à la sortie de Lannoy, où elle a suivi un parcours très sinueux. Elle va maintenant former une ligne droite ponctuée de quelques larges courbes pour traverser Lys et Leers.

Avant cela, elle doit abandonner les rails de la compagnie des TRT (Tramways de Roubaix-Tourcoing) qu’elle a empruntés sur une centaine de mètres et tourner à droite dans la rue de Leers.

Le carrefour que nous voyons sur la photo a bien changé. L’usine Boutemy à gauche a disparu, remplacée par l’entreprise Stein, disparue depuis elle aussi. A cet emplacement s’est récemment installé un supermarché. Le bâtiment qui fait l’angle a été remplacé dans les années 50 par un autre, à vocation semble-t-il différente.

Photo collection particulière

La photo date d’avant l’ouverture de la ligne en 1908, puisqu’on ne voit ni l’aiguille, ni la courbe d’entrée dans la rue de Leers qu’on aperçoit à droite. Elle pourrait même être antérieure à 1895 : les rails que l’on voit sont ceux de la ligne 3 de Roubaix à Toufflers et leur écartement fait penser à une voie de 1m44, celle utilisée par les tramways à chevaux. En effet ce n’est que lors de l’électrification en 1895 que l’écartement a été réduit à 1 mètre.

Le même endroit aujourd’hui – Photo Jpm

La voie emprunte donc vers la droite la direction de Leers, en suivant l’actuelle rue Jean-Baptiste Lebas, laissant sur sa gauche les arbres de l’ancien parc Motte, passées les quelques maisons bordant le carrefour. Deux cent mètres plus loin, juste après la mairie, on la retrouve dans une vue, prise en sens inverse en direction de Lannoy avant la construction de la ligne. Au premier plan gauche l’entrée de la rue Delory, au deuxième plan à droite on devine, avant les arbres, le renfoncement de la mairie.

Document site Delcampe.

Avançons encore en direction de Leers. Nous voici au carrefour suivant à quelques dizaines de mètres vers Leers. A gauche la rue Jeanne Hachette, à gauche la rue Jeanne d’Arc. La voie suit toujours fidèlement le trottoir.

La rue Jeanne Hachette – Photo collection particulière

150 mètres plus loin, la voie passe devant l’église que nous apercevons au bout de la rue Alfred Bara. L’horlogerie « Au coin doré » est aujourd’hui une maison d’habitation, mais l’aspect du site est inchangé.

L’Église – Document coll. Particulière

Encore quelques centaines de mètres, et nous approchons des limites de Lys. La rue prend le nom de rue du Fresnoy. La photo suivante nous montre le carrefour avec les rues Fénelon à gauche et de Toufflers à droite. On voit la motrice 20 en état et en livrée d’origine se diriger vers Leers. Pour parvenir à cet endroit, il faut aujourd’hui emprunter le pont au dessus de la voie rapide et traverser le rond-point qui le jouxte, laissant sur la droite la zone industrielle de Roubaix-Est.

Le Fresnoy – Document Trans’Lille

Avançons encore en ligne droite dans une zone moins urbanisée pour parvenir sur le territoire de Leers. La rue s’appelle maintenant la rue de Lys et nous allons pénétrer dans le village. La photo qui suit est prise dans cette zone, bien qu’elle soit difficile à situer exactement. On y voit une motrice venant de Leers le jour de l’inauguration de la ligne.

Le jour de l’inauguration – Document Historihem

Entrant dans le village, la ligne va passer non loin du dépôt des tramways de l’ ELRT qu’elle laisse sur sa gauche. Une aiguille et une courbe permettent d’y accéder depuis la rue de Lys en empruntant ce qui était à l’époque une voie spécifique, et qui est aujourd’hui la rue Colbert. Un autre accès pour les véhicules routiers est aménagé dans la rue du Maréchal Leclerc à l’arrière de la remise.

Le site du dépôt – Photo IGN 1933

Une photo nous montre justement la grille d’accès à la rue du Maréchal Leclerc. On y voit la motrice 104 dans sa magnifique livrée d’origine, filets bleu foncé et armes des trois villes, en cours de levage. Le bâtiment qu’on voit à l’arrière plan existe encore aujourd’hui.

L’accès côté rue du Maréchal Leclerc – Photo TransLille

Le dépôt est majoritairement constitué de hangars servant à remiser le matériel à l’intérieur desquels des voies parallèles desservies par des aiguillages permettent d’aligner les motrices. La photo précédente nous montre qu’on y pratique les révisions courantes, les trams n’ayant, à l’origine, pas accès au reste du réseau ELRT. La photo qui suit nous montre la remise le jour de l’inauguration.

L’intérieur du dépôt le jour de l’inauguration – Document TransLille

Ce dépôt est abandonné dans les années 30, alors que le terminus est ramené à Lys. Il sera ensuite démoli : il n’apparaît plus sur les photos aériennes en 1949. Depuis, le terrain a été loti de maisons individuelles. Toutes les motrices de L’ELRT seront alors regroupées sur le dépôt de Marcq au croisé Laroche, également disparu aujourd’hui.

La photo suivante est prise au bout de la rue de Lys, après le dépôt et juste avant le carrefour avec la rue du Maréchal Leclerc.

Document site Delcampe

Au carrefour, la voie va prendre à droite pour se rapprocher de son terminus en suivant la rue Joseph Leroy, qui, relativement étroite, ne devait pas laisser beaucoup de place pour le trafic routier…

La rue Leroy – Photo La Voix du Nord 2021

Encore quelques centaines de mètres et la voie vire à 90 degrés vers la gauche pour emprunter la rue Thiers. Elle se dédouble dans la rue avant de parvenir à l’église, terminus de la ligne et terme de son périple. On distingue au fond une des motrices du réseau.

La rue Thiers et l’église de Leers – Photo site Delcampe

Une dernière photo est un retour à l’origine de la ligne. Elle nous montre l’autre terminus, à Lille, distant de plus de 15 kilomètres par le rail de l’église de Leers.

La place des Buisses à Lille – Photo Trans’Lille

Nous remercions les associations Trans’Lille, Historihem, Amitram et Leers historique, ainsi que les sites de l’Institut Géographique National, de La Voix du Nord et de Delcampe.

Le collège Elsa Triolet à Hem

C’est en 1975 que débute le chantier du futur collège Elsa Triolet à Hem. Le nouveau CES (Collège d’Enseignement Secondaire) de la ville (après Albert Camus) est alors appelé collège 900 car il est destiné à recevoir 900 élèves à terme. Prévu pour être utilisable à compter de la rentrée 1976 et financé par la Communauté Urbaine il se situe au début de la rue Jules Guesde, côté pair, là où auparavant il n’y avait que des champs.

Panorama de l’emplacement du futur collège en 1962 (Document IGN)

Le journal «Nord-Eclair» se fait l’écho de l’avancement des travaux en 1976, au moment où les maçons attaquent le 2ème étage du bâtiment scolaire, et alors que l’ édifice administratif et les logements de fonctions en sont au stade des finitions. Le chantier devrait fonctionner en juillet et août afin de permettre l’ouverture comme prévu à la rentrée.

Le chantier de construction de l’établissement scolaire (Document Nord Eclair)

Dans un premier temps le collège ne comptera que 250 élèves car seules les classes de 6ème seront ouvertes. Il abritera également la première S.E.S (Section d’ Education Spécialisée) de la circonscription de Roubaix qui décernera les certificats d’études professionnelles et dispensera des formations de maçon-carreleur et de plâtrier-peintre-vitrier.

Les pouvoirs publics n’ont pas lésiné sur les moyens et le bâtiment scolaire va être agrémenté d’un vaste patio et d’une cantine spacieuse. Un mobilier important sera mis à disposition du collège et le nombre de professeurs certifiés sera conforme aux demandes du principal de l’établissement.

Vue panoramique du collège en construction en 1976 (Document IGN)

Il existe déjà la place suffisante pour l’installation d’un Centre de Documentation et d’information. Toutefois, aucun documentaliste ne pourra être prévu pour la rentrée prochaine et il faudra sans doute attendre que l’établissement atteigne sa vitesse de croisière et le seuil des 900 élèves prévus à terme pour obtenir la création du poste.

Vue des travaux en 1976 depuis la rue du Cimetière sur laquelle donne l’arrière des bâtiments (Document Historihem)

A la fin de l’été 1976, le gros œuvre est bien achevé. 80% des travaux de peinture et des travaux électriques sont terminés. Les revêtements de sol sont posés et le mobilier commence à arriver. Une cafétéria est en fin de construction et les cuisinières, recouvertes de revêtements protecteurs sont prêtes à être mises en service à la cantine.

Le collège en fin de chantier en Août 1976 (Document Nord-Eclair)

Il y a dès lors deux collèges publics à Hem et reste à trouver l’appellation du nouvel établissement. Trois noms sont proposés pour baptiser le nouveau collège: Jules Guesde, Jacques Prévert et Elsa Triolet. Par arrêté du 26 avril 1979, Monsieur le Préfet du Nord le dénomme Elsa Triolet.

Extrait de l’annuaire de la commune (document ville de Hem)
Photos de l’intérieur de l’établissement dans les années 80 (Documents Copains d’Avant)

En 1980, le C.E.S. compte 692 élèves et les documentalistes finalement nommées organisent par la suite un concours de lecture pour les élèves de 6ème et 5ème, initiative parrainée par le monde économique, les 3 Suisses, la Redoute et Damart fournissant de nombreux lots et Norelec offrant un voyage à Paris aux 6 premiers gagnants. La remise des prix s’effectue en présence de Mme Massart maire de la ville.

Récompenses du Concours de Lecture (Document Historihem)

Instantané de mémoire : « Mes 2 enfants ont suivi leur scolarité de la 6ème à la 3ème dans ce collège idéalement situé au centre de la ville et d’une taille suffisamment modeste pour que chacun se connaisse dans l’établissement, évitant ainsi les écueils des collèges couplés aux lycées dans des établissements à taille démesurée. »

Photos de classe de 6ème à Elsa Triolet en 1996-97 et 2002-03 (Documents collection privée)

Dans les faits marquants de la vie du collège il est à noter qu’en 2007, Eugénie Lootvoet, juive polonaise, déportée à l’âge de 15 ans au camp d’Auschwitz, vient faire le récit de sa douloureuse expérience aux 95 élèves de 4ème et de 3ème du collège, à l’invitation d’un professeur d’histoire.

Le témoignage d’Eugénie Lootvoet (Document Nord-Eclair)

A suivre…

Remerciements à la Ville de Hem et à l’Association Historihem

Tempêtes sur l’église

En mars 1906 se déroulent les inventaires à Wattrelos, l’église Saint Vincent de Paul n’y échappe pas. Après l’église Saint Maclou, on se dirige vers le Crétinier. Une étrange colonne se met en marche et la foule est difficilement maintenue à distance par la troupe et la gendarmerie. La cavalerie a pris les devants. Beaucoup de manifestants vont jusqu’au Crétinier et la foule est accourue nombreuse. Aucune notification n’avait été faite à l’abbé Coquériaux, curé de la paroisse. Quand les chasseurs arrivent, on est fixés, commente le Journal de Roubaix, une irrégularité allait être commise. Dès quatre heures, le commissaire Grimaldi de Roubaix, dirige le service d’ordre. Il fait dégager la place de l’église par la cavalerie qui repousse les curieux dans les rues voisines. L’infanterie établit ensuite des barrages de tous côtés pour isoler l’église.

L’église Saint Vincent de Paul Coll Particulière

Sur le perron, devant l’église close, se tiennent l’abbé Coquériaux et M. Delcroix doyen de Quesnoy sur Deule, originaire de Wattrelos. Il est cinq heures quand M. Prévot arrive en voiture avec ses deux témoins. Il présente sa commission. Le curé en prend connaissance et se plaint de l’illégalité dont il est victime. M. Prévot répond que M. le doyen de Saint Maclou avait été prévenu pour les deux églises. L’abbé Coquériaux donne alors lecture d’une protestation.

J’ai le devoir comme prêtre, comme pasteur, comme citoyen et comme français d’élever la voix en ce moment contre l’opération que vous avez mandat d’accomplir.

Un membre de la société civile de l’église s’associe à la protestation du curé. Ce dernier refusant d’ouvrir la porte, le commissaire Buchart procède aux trois sommations en frappant de la main sur un des panneaux de la porte. Aucune réponse. Les crocheteurs s’approchent, la porte est solide et maintenue de l’intérieur. On attaque la porte à coups de masse et une brèche est ouverte. Un battant s’entrebâille et derrière on aperçoit un enchevêtrement de chaises.

La foule est massée sur les côtés et manifeste son indignation par des cris hostiles. Liberté à bas les voleurs ! Quelques socialistes répondent par le chant de l’internationale et la flamidienne.

Les crocheteurs s’impatientent, l’un d’eux tente de passer par l’une des fenêtres, grimpe sur une échelle et va briser les vitres avec un marteau. Un capitaine du 43e lui ordonne de descendre au plus vite. Pendant ce temps les chaises s’accumulent sur la place en un tas qui augmente sans cesse. Les fidèles massés à l’intérieur reforment la barricade au fur et à mesure. Plusieurs crocheteurs qui ont failli être atteints demandent à être protégés.

L’église en 1947 entre la Lainière, Dhalluin Lepers et la campagne Photo IGN

Après trois quarts d’heure, la barricade est assez basse pour que des gendarmes puissent l’escalader. L’église est prise d’assaut. La brèche est élargie et livre passage à M. Prévot et ses témoins. Il y a trois cents personnes dans l’église qui chantent je suis chrétien. Il y a notamment MM Louis Dhalluin et Louis Delcroix, membres de la société civile de l’église. Le curé s’adresse à ses paroissiens et leur demande de rester calmes pendant l’inventaire. On récite le chapelet. Les témoins déclinent leurs noms à l’abbé Coquériaux. Après un rapide examen du mobilier de l’église, les sommations sont faites devant la porte de la sacristie qui est ouverte d’une simple pesée. L’inventaire ne donne lieu à aucun incident. On fracture une autre porte, celle du presbytère. Le percepteur déclare regretter qu’elle ait été ouverte de force. Quand il sort de l’église, il est six heures. La colonne se reforme pour regagner Roubaix ; à la barrière du Crétinier, quelques socialistes crient vive la loi, à bas la calotte à quoi répondent les cris de vive la liberté, à bas les voleurs. La colonne atteint la rue d’Alger et le calme se fait.

L’église Saint Vincent de Paul affrontera de nouveau une tempête d‘origine météorologique celle-là, le 16 avril 1924. Les rafales de vent et l’infiltration des eaux ont provoqué la chute de trois grosses pierres, mesurant 83 centimètres et pesant environ 70 kilos. Elles sont tombées du clocher de l’église. On ne signale heureusement aucun accident. Il est prévu que le service es travaux publics procède à la réfection du clocher.

L’inauguration du monument aux Morts

le Monument aux Morts ( document Grand hebdomadaire illustré 1925 )

Pour commémorer l’héroïsme des 3000 roubaisiens tombés pendant la grande guerre 1914-1918, la municipalité a décidé d’ériger un monument aux Morts.

Ce monument s’élève initialement au début du boulevard Gambetta, à l’emplacement de la  »Fontaine des Trois Grâces », au carrefour du boulevard de la rue Neuve, de la rue du Moulin et du boulevard de Paris.

Le monument représente la statue de la paix écrasant l’hydre de la guerre. La statue est belle et imposante. Un tertre de gazon, clôturé d’une grille, entoure le monument.

Quatre bas reliefs sur le socle représentent le Travail, la Famille, l’Attaque et l’Exode.

L’œuvre a été créée par le statuaire et sculpteur douaisien Alexandre Descatoire et par l’architecte J. Wielhorski.

Mrs Descatoire et Wielhorski ( document Grand hebdomadaire illustré 1925 )

L’inauguration a lieu le dimanche 18 Octobre 1925. La date n’a pas été choisie au hasard, car le 18 Octobre 1914 les allemands entraient à Roubaix, et le 18 Octobre 1918 ces mêmes allemands quittaient la ville.

Toute la population de Roubaix rend un hommage solennel à ses glorieux soldats morts pour la France, durant la grande guerre 1914-1918.

Document Journal de Roubaix

La veille, le samedi soir 17 Octobre, a lieu une veillée funèbre : de nombreuses harmonies encadrées par les gymnastes de la  »Roubaisienne » jouent des airs funèbres et ce, pendant toute la soirée. Un éclairage efficace a été mis en place, et en particulier depuis le toit du café des  »Arcades ».

Une messe solennelle est célébrée le dimanche à midi en l’église Saint Martin devant une foule nombreuse, à l’intention de tous les roubaisiens tombés au cours de la grande guerre.

Une cérémonie a lieu à l’hôtel de ville. Parmi les nombreuses personnalités, sont présentes Mr le maire Jean Lebas, Mr Leroy secrétaire général de la préfecture, le général Moisson et de nombreuses autres personnalités représentatives des sociétés roubaisiennes.

Hôtel de ville ( document Grand hebdomadaire illustré 1925 )

En début d’après midi, un cortège immense composé de 43 formations musicales part de la rue de la gare, puis défile Grand Place, place de la Liberté et se termine boulevard Gambetta devant une foule considérable car une multitude de roubaisiens est accourue de tous les quartiers de la ville. Des dizaines de milliers de personnes sont massées sur les trottoirs, malgré un temps maussade et pluvieux. Presque sur toutes les maisons, des drapeaux aux couleurs nationales et la bannière des Amis de Roubaix témoignent de l’empressement des roubaisiens à participer à cette manifestation.

Pour ce cortège, de très nombreuses auditions musicales sont programmées particulièrement importantes par le nombre d’exécutants et par les œuvres proposées, dont la Cantate aux Morts, spécialement composée pour la circonstance, par deux roubaisiens : Édouard Sonneville et A.S. Demarsay.

L’emplacement autour du Monument aux Morts est exigu, seuls sont admis, dans l’enceinte réservée, les personnalités officielles. Les familles des soldats morts pour la France ( veuves et orphelins ) sont installées devant le monument.

document Grand hebdomadaire illustré 1925
document collection privée

Le public quant à lui, trouve de la place dans les rues adjacentes : rue de Lille, rue Neuve et rue du Moulin. Quant à la circulation des automobiles et des tramways, elle est bien sûr interdite.

document collection privée

Durant toute la soirée de ce dimanche 18 Octobre 1925, la foule défile devant le Monument aux Morts magnifiquement illuminé par la maison Deny rue Decrême : une grandiose journée d’union sacrée.

document collection privée

Remerciements aux archives municipales.