Jean Deconinck naît en 1876 à Roubaix. En 1901, il rachète les écuries du château Descat à Tourcoing qui a été démoli pour construire le boulevard Descat.
Jean Deconinck ( document D Najberg )
Sur les 10.000 m2 du terrain, il crée un cinéma en plein air, en 1905, et construit ensuite « Le Fresnoy » qui devient un haut lieu de divertissement au début du 20° siècle. Après la première guerre mondiale, c’est l’essor du cinéma. Au début des années 1920, Jean demande alors un permis de construire pour une salle de cinéma, au 41 rue de l’Epeule à Roubaix : « Le Coliseum ». Le projet est de rénover l’hôtel particulier de Paul Descat qui se trouve à cet emplacement, et de le transformer en salle de cinéma. L’architecte choisi est le cabinet : Jacques Barbotin situé au 34 rue de Lille à Roubaix. Sur la façade, on remarque l’inscription : « Instruire en Récréant »
Projet Coliseum ( document archives municipales )
Finalement, l’option n’est pas retenue : la maison est détruite et Jean Deconinck construit le cinéma « Colisée » avec une façade plus moderne, dans le style Art-déco. Il s’investit pleinement dans son projet avec les mêmes architectes Barbotin père et fils, réalise des croquis sur sa planche à dessin, réfléchit aux moindres détails sur la qualité de construction, la technicité des appareils de projection, l’esthétique de la décoration etc. L’inauguration et l’ouverture du cinéma est programmée pour 1926.
Jean Deconinck devant sa table à dessin ( document C. Desrousseaux )Projet Colisée accepté et signé ( document archives municipales )
Les travaux démarrent par la construction de la charpente métallique. C’est une ossature type Eiffel. Jean Deconinck exige que le Colisée soit bâti sur des bases solides. Il suit de près toute évolution technologique du moment.
Charpente métallique ( documents Daniel Najberg )
Avec plus de 2000 places, c’est le plus grand cinéma au nord de Paris. Le projet est impressionnant. La salle de cinéma mesure 45m de long sur 21m de large. Aucun pilier ne vient gêner la vue des spectateurs, qu’ils soient assis aux places les plus chères ou aux dernières. Dans le hall d’entrée, se trouve un bassin et un jet d’eau qui monte à vingt mètres de hauteur et qui traverse le foyer à l’étage par une trémie, jusqu’au sommet de l’édifice.
La trémie à l’étage ( document Le Colisée )
Dans le hall, des colonnes impsantes soutiennent le plafond de couleur ocre et rouge, de style orientaliste et moderne.
Le plafond d’origine ( document Bernard Vanalderwelt )
La salle de cinéma est dotée d’un parterre et de balcons, des bars permettent au public de boire une consommation pendant l’entracte. Jean dirige les deux établissements : le Fresnoy qui est un lieu de distraction populaire, et le Colisée qui s’adresse à la bonne société de Roubaix-Tourcoing
Publicité ( document collection privée )la rue de l’Epeule 1932 ( document collection privée )
Les travaux de grande ampleur ont pris un peu de retard, et c’est en Mai 1927 que Jean Deconinck peut enfin ouvrir son établissement. Il a décidé de frapper fort en publicité, en réservant une page complète sur « Le Journal de Roubaix » sur les 6 pages habituelles du quotidien.
publicité pleine page ( document Le Journal de Roubaix 19 Mai 1927 )
Pour cet événement, le cinéma propose un programme cinématographique hors-pair avec 4 films muets exceptionnels tels que « Michel Strogoff » avec Ivan Mosjoukine.
Michel Strogoff ( documents collection privée )
Jusqu’à l’achèvement définitif des travaux, la direction de l’établissement ne projette que des films dans la salle. Au mois de Septembre 1927, les locaux réservés aux artistes sont achevés et complètement aménagés. Les séances de music-hall alternent alors avec celles du cinéma.
Jean Deconinck suit l’évolution des techniques et procédés cinématographiques. Il adapte son équipement et le Colisée est le premier cinéma à Roubaix à proposer des séances de cinéma parlant. Le premier film français sonorisé : Les Trois Masques sort en 1929 à Paris et est projeté, très peu de temps après, au Colisée.
Programme de 1929 ( document collection privée )Pièce de théâtre en 1929 ( document collection privée )
Le Colisée est certes une salle de cinéma, mais c’est aussi une salle de spectacle pour le music-hall ou des pièces de théâtre. De très nombreux chansonniers s’y succèdent : Tino Rossi, Maurice Chevalier, Fernandel et bien d’autres. Jean Deconinck peut ainsi approcher de près d’immenses vedettes talentueuses comme Joséphine Baker ou Arletty. Le succès du Colisée est colossal dans ce fourmillant quartier de l’Epeule
Fernandel entouré de la famille Deconinck, lors de l’un de ses passages au Colisée ( document C. Desrousseaux )
Pendant la deuxième guerre mondiale, le Colisée reste ouvert mais l’activité est très réduite : quelques pièces de théâtre y sont jouées. Le cinéma quant à lui, redémarre en Septembre 1944.
document collection privéePublicité 1942 ( document collection privée )Redémarrage du cinéma Septembre 1944 ( document Nord Eclair )
Puis, le Colisée redémarre peu à peu son activité complète.
A la fin des années 1940 les dessins animés de Walt Disney ( Cendrillon ) arrivent sur ses écrans pour le plus grand bonheur des jeunes spectateurs
Cendrillon 1950 ( document collection privée )
Jean Deconinck décède en 1943. Il laisse le Fresnoy et le Colisée à ses enfants, dont Henri qui devient directeur et ensuite à son petit fils Hubert Desrousseaux.
Jean Deconinck ( document collection privée )
À suivre . . .
Remerciements à Bertrand Millet, Bernard Vanalderwelt ainsi qu’aux archives municipales.
C’est en 1964 que le CIL programme la construction de 1146 logements dans le quartier Longchamp, laquelle va être réalisée à partir de 1966, la population de Hem étant passée de 9059 habitants en 1954 à 13687 habitants en 1962. Le groupe Longchamp compte dans sa 1ère tranche 646 logements et un programme triennal prévoit, avant 1970, 1300 logements supplémentaires, tous collectifs.
Physionomie du groupe Lonchamp en 1966 (Document Nord-Eclair)
Après l’énorme concentration des Hauts Champs, c’est en effet encore la campagne, et le bâtisseur n’a pas encore annexé ce coin de nature qui s’étend très loin, jusque vers la gare de Lannoy. C’est sur cette morne plaine qu’une énorme cité de 1200 logements devrait sortir du sol en 3 ans, sur les communes de Hem et Lys-lez-Lannoy.
De la morne plaine à la cité Longchamp en 1965 (Document Nord-Eclair/ Voix du Nord)
En octobre 66, Edgar Pisani, ministre de l’équipement se rend dans le nouveau quartier pour y inaugurer le 20.000 ème logement du Comité Interprofessionnel du Logement, événement local et régional, dans le groupe des 3 Fermes qui se compose de plus de 250 logements dont une quarantaine de maisons individuelles.
Inauguration du 20.000ème logement du Cil de Roubaix-Tourcoing en octobre 1966 (Document Nord-Eclair)
Le remarquable agencement de l’appartement témoin intéresse fortement le ministre et les visiteurs. C’est Mme Robert Delannoy, épouse du président du CIL, et présidente de l’Association pour la Décoration des cités et l’Encouragement aux Arts, qui a assuré la décoration de l’appartement. Elle a fait appel au peintre roubaisien Paul Hemery pour réaliser les 3 belles toiles qui ornent le séjour et la gouache destinée à la chambre d’enfants.
Intérieur de l’appartement témoin (Document Nord-Eclair)
La première tranche du groupe scolaire Longchamp, en 1968, rendu indispensable avec l’arrivée de la nouvelle population familiale (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site) comprend une école primaire mixte avec 10 classes mixtes, une salle polyvalente de 72 m2, un bureau de direction, une cour de récréation de 1.100 m2, un local de détente de 220 m2, un groupe sanitaire pour garçons et un pour filles, un dépôt de 6 m2, un logement de direction et un logement d’adjoint .L’école maternelle comprend quatre salles de classe, une cour de 600 m2, une salle de jeux de 120 m2, une salle de repas de 36 m2, une salle de propreté de 36 m2, un hall d’entrée formant salle d’attente, un logement de direction . Aux deux écoles s’ajoute une cantine de 280 rationnaires et un logement de concierge.
1ère tranche du groupe scolaire (Document Nord-Eclair)
1968 est aussi l’année de construction de la chapelle Saint-André (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site) et de 2 tours de 12 étages, l’une avenue Schweitzer au pied de laquelle s’ouvre un centre commercial indispensable à la nouvelle population du quartier (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site),l’autre non loin de la nouvelle chapelle.
Le centre commercial Longchamp en construction en 1967 puis en 1968 et la chapelle Saint-André en 1969 (Document Nord-Eclair)
Une seconde tranche de travaux s’engage ensuite pour le groupe scolaire Longchamp, sur le même terrain, en 1970, pour la construction d’une seconde école maternelle de 4 classes, ouverte en fin d’année, puis d’une école primaire mixte de 10 classes plus 2 classes de perfectionnement, dont l’ouverture est prévue pour le printemps 1971, ainsi que 2 logements de fonction pour un directeur et une directrice. Il y a également un plateau d’évolution mais pas de salle des sports, une telle salle existant déjà dans l’école Marie Curie des Hauts Champs (sur le sujet voir un précédent article édité sur notre site). Au total 1000 élèves peuvent être accueillis dans le groupe scolaire.
2 ème tranche du groupe scolaire (Document Nord-Eclair)
A l’amorce de la nouvelle décennie, la presse locale annonce un quartier Longchamp totalement achevé pour 1973. A l’été 1970, sont ainsi achevés : 12 immeubles sur les 25 tours et immeubles prévus. Leur achèvement est prévu pour le début de l’années 1973. A ce moment là on pourra parler, sur les territoires de Hem et Lys-lez-Lannoy, d’une véritable ville nouvelle accueillant 4.500 habitants.
Plan du quartier Lonchamp en 1970 avec emplacement des constructions achevées et à venir (Document Nord-Eclair)
Un foyer logement est construit, derrière l’église Saint-André, rue Galilée, sous forme d’un immeuble identique aux autres et haut de 4 étages. Dans ce foyer, qui devrait être terminé pour l’été 1972, il y a 80 appartements, 59 de 33 mètres carrés et les autres de 23 mètres carrés seulement. Une salle de soins, une salle de réunion de 150 places et un véritable restaurant y sont aménagés ce dernier devant également être ouvert aux habitants du quartier.
Construction du futur foyer logement en 1971 (Document Nord-Eclair)
C’est en 1974 que le quartier des Hauts Champs/Longchamp s’enrichit d’une toute nouvelle cheminée, de 53 mètres de haut, au niveau de la chaufferie, située rue Edgar Degas, sur le territoire de Roubaix, à la demande du services des Mines de la Préfecture, après des plaintes formulées par les riverains. Ceux-ci se plaignent, en effet, que l’actuelle cheminée, beaucoup plus petite, dégage, à certaines périodes des « noirons » qui se répandent sur le quartier. Pour éviter toute interruption de chauffage celle-ci fonctionne jusqu’à la mise en service de la nouvelle. La cheminée sera démolie en 1995.
Une nouvelle cheminée à Longchamp en 1974, vues aériennes de 1965 et 1975, et démolition en 1995 (Documents Nord-Eclair, ateliers mémoire et google maps)
Le 21 mars 1972, les municipalités de Roubaix, Hem et Lys-lez-Lannoy décident de la création d’un syndicat inter-communal à vocation unique : l’équipement sportif du quartier des Trois Villes. C’est Mr Desmulliez, député et maire de Lys-lez-Lannoy qui en est le président.
Les 3 maires se mettent également d’accord sur la réalisation d’un premier équipement : une piscine à construire entre la maison médicale et l’école de Longchamp, le long de l’avenue du président Coty. Le modèle de piscine « Plein Ciel » choisi est accepté par le Secrétariat d’ Etat à la jeunesse et au sport.(sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site). L’équipement est construit en 1975.
Construction de la piscine en 1975 (Document Nord-Eclair)
Au milieu des années 1970, Longchamp est un quartier populaire qui abrite des familles nombreuses. Les témoignages recueillis dans le livre « Un temps de passage » font état de convivialité et de solidarité. En 1978, la tour 90 , rue du Dr Schweitzer obtient même le 3 ème prix du concours départemental des villes fleuries dans la catégorie « immeuble collectif ». Puis la délinquance s’installe et les témoins parlent d’insécurité, de drogue, de voitures brûlées et des immeubles du quartier se vident.
Une photo dans le quartier en 1975 et le prix des villes fleuries en 1978 ; vue aérienne de 1976 (Documents Historihem, Nord-Eclair et IGN)
Remerciements à l’association Historihem, la mairie de Hem et Richard Baron et Olivier de Solminihac pour leur ouvrage « Un temps de passage »
Football. Quelques difficultés pour constituer l’équipe des meilleurs footballeurs du Nord qui doit rencontrer l’équipe de Paris. Discussions de club à club, de ville à ville, de région à région. Les terriens s’estiment meilleurs que les maritimes. Un match devait mettre en présence Maritimes contre Terriens mais il n’aura finalement pas lieu. On continue de discuter, poste par poste. Sartorius, le capitaine de l’équipe du Nord, membre du Racing Club Roubaisien, devrait gérer cette sélection aux mieux, dès que la commission de football aura fait ses choix. L’important, c’est toujours de battre Paris !
Jiu Jitsu. Le professeur Ré-Nié relève le défi qui lui est lancé par l’athlète roubaisien Paul Boghaert. Dans sa lettre au journal l’Auto, il confie qu’en principe il ne relevait pas les défis qui lui sont lancés de toutes parts, mais qu’il ne laissera pas passer celui de M. Boghaert car il sait que celui-ci a toutes les aptitudes voulues pour se défendre et qu’avec lui la rencontre sera loyale. Il ne sera pas fâché de se mesurer avec un champion de la lutte libre et de montrer une fois encore la supériorité du jiu jitsu sur toutes les méthodes appliquées d’une façon sincère. Un dépôt de 3000 francs entre les mains du Journal et Ré-Nié viendra rencontrer Boghaert à Roubaix, ville éminemment sportive. La parole est à M. Boghaert.
Football. Match Paris Nord. Les choix sont arrêtés qui soulèvent, c’est fatal, quelques protestations. L’équipe du Nord comprend trois joueurs de l’Olympique Lillois, quatre de l’Union Sportive Tourquennoise et quatre du Racing Club Roubaisien. Aucun joueur du Stade Roubaisien, de l’Iris Stade Lillois, ni de maritime. Quelles que soient les critiques, le onze régional doit gagner dimanche !
Jiu Jitsu. La réponse de Boghaert. Alors qu’il reçoit le célèbre athlète Apollon dans sa salle de l’académie des sports rue Jeanne D’Arc, Paul Boghaert est interviewé par la presse. Il déclare que depuis le fameux combat Dubois contre Ré-Nié, il avait l’intention de porter un défi au professeur de jiu jitsu. Il a ainsi cédé aux sarcasmes de des amis et de ses élèves. Mais il ne s’attendait pas à une telle somme. 3000 francs ! Heureusement quelques bons amis et chauds partisans ont aidé à réunir cette somme. Elle sera bientôt déposée et Paul Boghaert attendra son rival.
Football. Match Paris Nord ; on connaît la composition de l’équipe du Nord. Dans les buts, Baton (Olympique Lillois), arrières Lambotte et Moigneu (Union Sportive Tourquennoise) demis Schubert (Olympique lillois), Jean Dubrulle (Racing Club Roubaix) et Prouvost (Union Sportive Tourquennoise), avants Sartorius, François, Jénicot (Racing Club Roubaix) Tellier (Olympique Lillois) et Filez (Union Sportive Tourquennoise). Si la cohésion et la discipline viennent compléter la valeur des brillantes individualités, le Nord peut espérer remporter la victoire.
Image de la rencontre Paris-Nord doc La Vie au grand air
Football. Match Paris Nord. Victoire de Paris 3-0. Il semble que l’équipe nordiste n’est pas celle annoncée. Trois avants n’ont pas voulu venir (Sartorius, François et Jénicot tous RCR) remplacés par Dubly (UST) Defrenne (SR) et Deboeuf (SCT).
Football. Championnat du Nord. Résultats. Après une partie mouvementée, le RCR bat l’Iris Stade Lillois 4-3. Lille a ouvert le score, puis double la marque. Chutes et charges dues au terrain détrempé. Roubaix échoue régulièrement dans ses tirs au but. À la reprise les lillois marquent un troisième but. Sur un dégagement de Jean Dubly, contre attaque et but de Hargrave pour le RCR. Les roubaisiens dominent le jeu. Jénicot marque un second but pour le RCR. François est récompensé de sa débauche d’énergie, il score le troisième but pour le RCR. André Dubly envoie un shoot magistral du milieu du terrain qui vient raser la barre des buts lillois. Un magistral but de la tête de François et Roubaix remporte la partie.
Le n°502 rue de Lannoy à Roubaix se situe à l’angle de la rue du Chemin Neuf, dans un quartier appelé autrefois « le Pont Rouge ».
Plan cadastral
Au début du siècle dernier, s’y trouve, l’estaminet baptisé « au Pont Rouge » de H Dejonckeere.
estaminet ( document collection privée )
Dans les années 1920, à cet endroit c’est le commerce de lingerie de J. Verhenneman qui occupe les lieux, et, dans les années 1920 et 1930, la boucherie de D. Roussiaux. Après guerre, la boucherie du 502 rue de Lannoy est gérée par M.Lietaert, puis Jean-Claude Lemaitre qui se spécialise en charcuterie, et enfin par M. Fournel qui développe un rayon hippophagique.
Par la suite, le bâtiment est toujours occupé par une boucherie. Dans les années 1970, elle est tenue par D. Paris et dans les années 1980 par Mr DeWulf.
Mr Dewulf est un commerçant très dynamique. Aidé par son épouse, il organise régulièrement des concours et tombolas pour ses clients.
tombola 1987 ( document Nord Eclair )
Alberto, un vrai italien d’origine sicilienne, y ouvre, en Janvier 2004, une pizzeria à enseigne « Il Piccolo Mondo », Le Petit Monde, avec son épouse Anne-Marie issue d’une famille napolitaine qui a de la famille à Roubaix. Alberto propose des pizzas faites maison, avec de la pâte fraîche préparée chaque matin. Il fait appel à la presse locale pour se faire connaître et, malgré la qualité de ses pizzas, il ne parvient pas à remplir son restaurant et assurer les 20 couverts. Il ferme la boutique en 2007.
Publicité 2004 ( document Nord Eclair )Alberto ( document Nord Eclair
En 2007, le local du 502 rue de Lannoy voit arriver la création d’une boulangerie par Thabet Kaled à enseigne Le Fournil de Lannoy, qui ferme en 2015.
document Google Maps 2008
Catherine Brien y ouvre un salon de coiffure Femmes et Hommes à enseigne « JC Coiffure », en 2016 qui reste ouvert jusqu’en 2024.
document Google Maps 2016
Et en 2025 un commerce d alimentation : O’Bueno Shop, voit le jour.
document Google Maps 2025
Depuis plus d’un siècle, on ne peut que constater que de très nombreux commerces ont occupé ce local situé pourtant dans une des plus grandes artères de la ville.
Cinq jeunes athlètes de l’Avenir Leersois ont participé le dimanche 1er mai 1960 aux épreuves du Critérium départemental de l’UFOLEP organisé à Lille. Tout d’abord impressionnées par le caractère officiel de l’épreuve et la superbe piste du stade Félix Grimonprez, les leersoises se sont très bien comportées. En catégorie minimes, trois d’entre elles furent qualifiées pour la finale du 60 mètres. Denise Bataille remporta l’épreuve du saut en hauteur, Jocelyne Verstraeten enlevant la troisième place dudit concours. Pour le lancer du poids, Marie-Claude Deffrennes se classa quatrième. Le relais 4×60 fut remporté par l’équipe leersoise.
Les sportives de l’Avenir Leersois Photo NM
En finale du 60 mètres, Denise Bataille franchit la ligne d’arrivée dans le même temps que la concurrente classée première. Les juges eurent quelques difficultés à départager les concurrentes. Finalement Denise Bataille fut classée deuxième, Jocelyne Verstraeten troisième, Marie-Claude Deffrennes cinquième.
Les sportives de l’Avenir leersois étaient accompagnées à Lille par leurs entraîneurs : Mme Delplanque présidente, Melle Devoet institutrice et M. Devoet. Les équipières de l’Avenir Leersois avaient précédemment brillé lors du meeting de Comines ce qui augurait de beaux succès pour la formation sportive féminine leersoise.
Contrairement à la ville de Roubaix, l’habitat ouvrier à Hem ne date pas du 19ème siècle. Mais les courées, petite touche architecturale du Nord sont bel et bien présente dans la ville et y existent encore de nos jours.
La courée comporte généralement une ou deux rangées de petites maisons, dans une ruelle privée à laquelle on accède par un passage étroit. Jusque dans le milieu du 20ème siècle la plupart ne disposent que d’un point d’eau unique et de cabinets d’aisance extérieurs communs à l’ensemble des maisons lesquelles sont, en général, mal isolées, humides et parfois insalubres.
Exemples de différentes courées du Nord (Doc Wikipedia)
Contrairement aux corons, construits par les compagnies minières, les courées n’ont pas été construites par les industriels mais par une nébuleuse de rentiers, commerçants, cabaretiers voire d’artisans, à la recherche d’un placement sûr pour leurs économies. Les terrains en bord de rue étant trop chers, ces investisseurs achètent alors un étroit rectangle de terrain à front sur rue. On y édifie par exemple un cabaret, au loyer plutôt rentable, auquel on accole un couloir étroit donnant accès aux rangées de maisons construites au rabais, d’une quarantaine de mètres carrés habitables au maximum, avec des escaliers raides où il n’est pas rare de vivre à dix.
Une courée de la métropole lilloise au 19ème siècle (Document Voix du Nord)
Après la fin de la seconde guerre mondiale, les courées sont la cible des plans d’aménagement urbains. À l’époque, la mode est au logement collectif et social. Les courées sont détruites ou se dégradent, jusqu’à devenir le symbole de l’habitat insalubre. « Taudis. Le mot n’est pas exagéré pour caractériser le logement des ouvriers roubaisiens d’après les observateurs de l’époque comme les historiens contemporains. »
Des propriétaires, découragés par l’insalubrité finissent par partir à la fin du 20ème siècle. Ces départs successifs sont “un cercle vicieux de dégradation”. Aux côtés des portes fleuries de maisons coquettes et entretenues, des planches de bois obstruent ce qui fut une entrée ou une fenêtre. Certaines maisons sont ainsi laissées à l’abandon. “Elles se dégradent rapidement puisqu’elles ne sont plus entretenues et elles contaminent les maisons voisines.
Pourtant, le fait est là : à la fin du 20ème siècle, ces maisonnettes typiques mais aux abords parfois inhospitaliers, mal éclairés et souvent sans réseaux d’assainissement, sont désormais considérés comme un vestige de notre patrimoine historique et, dès 1992, la ville de Hem adhère à l’ « OPAH courée » (Opération Programmée d’Amélioration de l’Habitat) qui réalise de nombreuses études.
Ce n’est pourtant que 10 ans plus tard que l’ARIM (Association nationale de Rénovation Immobilière) établit un diagnostic pour déterminer quelles courées à Hem, parmi les 37 impasses et courées recensées, nécessitent les premiers soins. 6 d’entre elles sont alors répertoriées pour être les premières à se voir proposer des travaux entre 2003 et 2005.
Le dispositif est conçu comme un levier pour inciter les habitants à rénover leurs installations sanitaires ainsi que l’isolation des murs avec l’aide de grosses subventions.
OPAH courée à Hem en 2003 (Document Nord-Eclair)
Dans la ville de Hem, cet habitat se retrouve principalement au centre de la ville. Ainsi le quartier de la Place de la République en compte trois :
– La cour Beghin est une toute petite courée du quartier de la Place qui donne dans la rue Jules Ferry à hauteur du n°1 ; elle tient son nom du propriétaire des maisons de la cour.
La cour Beghin en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)
-Une autre toute petite cour, la cour Droissart, dont le nom est commun à une impasse et une voie communale toutes proches donne sur la rue Henri Delecroix, juste à la sortie de la Place de la République, et ne compte que quelques maisons.
La cour Droissart en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)
-C’est dans ce même quartier que l’on trouve la Cour Ducatillon, d’une longueur de 70m, qui donne entre les n°5 et 6 de la Place de la République, laquelle a également pris le nom du propriétaire des 6 maisons qui la constituent. L’objectif de l’OPAH courées en 2003 est d’y refaire, à sa charge, le réseau d’égouts, de rénover l’éclairage public alors en mauvais état, et d’installer un système de gouttières et de gestion des eaux de pluie.
La cour Ducatillon en 2003, puis en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Nord-Eclair et Google Maps)
Egalement dans le centre mais en direction d’Hempempont, on trouve 5 autres courées :
– La cour Boussemart, se situe dans le quartier d’Hempempont et joint l’allée qui conduit à l’usine Meillassoux-Mulaton à la rue du Général Leclerc. Il s’agit d’un petit groupe de quatre ou cinq maisons, au lieu-dit : « la Grande Halte », séparé du supermarché par l’allée Mulaton. Son nom est également celui du propriétaire du terrain et le lotissement remonte au début du 20ème siècle.
La cour Boussemart en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)
-La cité Dancorai, se situe rue du Général Leclerc, en face du Centre Communal d’Action Sociale et porte également le nom de son propriétaire, un maréchal ferrant, tenancier d’un estaminet en 1857, à l’enseigne « Au Bellevue ».
La cité Dancorai en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)
-La cité Droulers donne sur la Rangée du Général Leclerc ; elle est perpendiculaire à l’allée Gabert et compte une dizaine de maisons.
La cité Droulers en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)
-C’est dans la rue Edouard Vaillant que se situe la cour Jacquart. Cette rangée de 8 maisons relie la rue à la ferme Franchomme.
La cour Jacquart en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)
-Et c’est également sur la rue Vaillant que donne la cité Picard qui relie celle-ci à la Rangée du Général Leclerc, laquelle se jette dans l’allée Gabert. Sa particularité est d’être constituée d’une trentaine de maisons rangées en quadrilatère.
La cité Picard en 2023 de face par le sentier qui la relie à la rue Vaillant et en vue aérienne (Documents Google Maps)
Sur la rue Jules Guesde, on dénombre également 5 courées, dans le quartier du Petit Lannoy, à savoir :
– Dans le quartier de la Vallée, la cour Loridan donne dans la rue Jules Guesde. Plus semblable aux courées roubaisiennes elle a son entrée semblable à une porte dans le n°160 de la rue Jules Guesde et compte 5 logements.
La cour Loridan en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)
-On trouve la petite cour Pipart, qui rassemble 3 logements, dans le quartier du Petit Lannoy, rue Jules Guesde, pratiquement face à l’impasse Desurmont. En 2003, après diagnostic de l’ARIM, le Cal-Pact qui en est alors propriétaire propose aux habitants de remplacer la fosse à vidange par un réseau d’assainissement, d’installer un éclairage public jusqu’alors inexistant, de réaménager la voie d’accès fort étroite et peu entretenue et de créer un système de gestion des eaux de pluie.
La cour Pipart en 2003 puis en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Nord -Eclair et Google Maps)
-La cour Plouvier, est située dans le quartier du Petit Lannoy, donnant dans la rue Jules Guesde et porte le nom d’un maçon. Elle a été réhabilitée en 1989.
La cour Plouvier en 2023 en vue aérienne (Document Google Maps)
-La cité Six a la particularité de donner dans une impasse, l’impasse Vandemeulebrouck, qui donne elle-même dans la rue Jules Guesde. Elle ne compte même pas une dizaine de maisons.
La cité Six en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)
-C’est encore dans le quartier du Petit Lannoy que l’on trouve la cité Vandendorpe, d’une longueur de 51 m, qui prend accès dans la rue de la Lèverie et tient son nom d’un ancien boucher. Elle a depuis été rebaptisée allée Vandendorpe.
La cité Vandendorpe en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)
Non loin de là, dans le quartier des Trois Fermes, se situe la cour Christiaens, qui le relie à la rue Jules Guesde près de l’école Saint Charles. Elle tient son nom du propriétaire qui a mis le terrain en construction avant la 1ère guerre mondiale et comporte 8 maisons.
La cour Christiaens en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)
Enfin, à la frontière de la ville de Roubaix et dans la rue du même nom, se situe la cour Leplat, qui ne compte que quelques maisons à proximité du collège Saint Paul.
La cour Leplat en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)
Il est intéressant de constater qu’en 2011, une rue inspirée des courées d’antan est sortie de terre dans le quartier des Hauts-Champs à Hem basée sur le concept d’une nouvelle manière de partager la route à savoir : des maisons le long d’une chaussée mais pas de trottoirs. Résultat : en 2015 la Voix du Nord, dans sa rétrospective de l’année parle de cette rue comme de la rue la plus mal fichue, arguant que les riverains craignent pour leur sécurité.
Vue aérienne de la rue Dolto, une parallèle des rues du Professeur Nobel et Henri Dunant (Document Google Maps).
Plus récemment, certaines annonces immobilières vantent les qualités des maisons de courées, il est vrai rénovées, que les agences proposent à la vente. Elles ont été réhabilitées et bénéficient de tous les éléments de confort moderne. En fait, la courée cesse d’être une forme d’habitat dévalorisée et paraît de nature à faire revivre un idéal de convivialité.
Il existe donc encore des courées et des cités aujourd’hui, à Hem comme dans le reste de la métropole lilloise. Elles appartiennent à des particuliers qui y habitent. Elles n’attirent cependant plus les mêmes catégories de population et sont paradoxalement recherchées pour leur « promiscuité », qui était un de leurs désavantages auparavant mais qui attire notamment les artistes et les étudiants.
Remerciements à l’association Historihem pour son Histoire des Rues
En 2012, la journée Portes Ouvertes se déroule en Octobre. L’occasion de rappeler dans la presse locale que la situation devient urgente pour le refuge roubaisien. Les locaux ne sont plus aux normes et sont inadaptés depuis bien longtemps. La directrice Dominique Dupont ne voit toujours rien arriver de la part de la communauté urbaine et constate que lorsqu’il pleut, ça dégouline de partout. Un peu de dignité pour les animaux et les hommes, ce serait effectivement la moindre des choses.
documents Nord Eclair 2012
Cette même année 2012, la LPA fête son centenaire. Les animaux de compagnie sont à l’honneur sur les grilles du parc Jean Lebas à Lille. Dominique Dupont précise : « Il existe un paradoxe. Il y a deux mouvements contraires. D’un côté, une sensibilité de plus en plus forte envers la détresse animale, de l’autre, une marchandisation accrue de l’animal qui génère beaucoup de profits. Cela engendre des achats d’impulsion qui, souvent, se terminent en abandon ».
document Nord Eclair 2012
En 2013, un terrain est proposé sur la commune de Wasquehal. Mais manifestement, il n’est pas adapté à l’accueil des animaux. La LPA de Roubaix-Tourcoing est donc toujours en recherche de nouveaux locaux.
Les 69 chiens et 86 chats du refuge, en 2013 attendent toujours leurs nouveaux maîtres pour une nouvelle vie pleine d’une affection qu’ils leur rendront bien : « Les oubliés de la LPA à Roubaix n’attendent que vous ».
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En 2018, cela fait maintenant plus de cinquante ans que la Ligue protectrice des animaux de Roubaix est installée quai de Gand. Ou plutôt que l’association, ses salariés, bénévoles et les animaux qu’elle abrite y « survivent »… Vétustes, exigus, inadaptés, les locaux sont dans un état déplorable. Mais les travaux nécessaires sont freinés par la perspective d’un déménagement, lui-même compliqué pour cette structure qui n’est pas sans nuisances pour les voisins…
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La situation ne s’améliore guère en 2020. A chaque averse, c’est la catastrophe : trous dans la toiture, fuites dans les couloirs d’adoption. Marion Lepage responsable du refuge, accueille dans son bureau plusieurs cages de chats, mais ne peut déplacer tous les chiens. En dehors de ces problèmes de fuites, c’est tout le bâtiment qui, petit à petit, tombe en ruine : fissures, moisissures, trous, rats, il devient de plus en plus difficile pour les salariés et bénévoles de travailler dans ces conditions. Et cela dure depuis des années !
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Suite à de très fortes intempéries et à l’effondrement partiel du plafond, le 20 Janvier 2021, la LPA de Roubaix ferme en partie, car l’espace est interdit d’accès. Quelques salariés assure une petite permanence, les autres font du télétravail. Une grande partie des animaux sont accueillis dans d’autres associations.
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Enfin, le mois suivant, en Février 2021, ça bouge ! Xavier Bertrand, président de la région, s’engage personnellement à trouver une solution. Il indique : « la recherche d’un terrain est un préalable à tout projet d’implantation d’un nouveau refuge et je ne doute pas que les élus locaux sauront se montrer à la hauteur de cet enjeu et que ce point bloquant depuis de nombreuses années trouvera une issue favorable dans les plus proches délais. »
document Nord Eclair 2021
En Avril 2021, la presse locale annonce qu’une solution est trouvée : la région et la MEL vont financer l’acquisition d’un terrain contigu aux locaux existants, situé au 160 rue Turgot à Roubaix, ainsi que la construction de bâtiments modulaires à savoir : 20 boxes pour les chiens, 30 pour les chats, une zone d’accueil, un bureau, des sanitaires avec douche, un local vétérinaire, un local toilettage et des locaux techniques. Bref, un refuge en bonne et due forme. La construction des bâtiments démarre début juillet pour une ouverture prévue le 11 octobre.
document Nord Eclair 2021
Les travaux avancent à bon rythme. Alors, certes, c’est un bâtiment provisoire qui abritera le nouveau refuge, mais c’est une bouffée d’oxygène, déclare Juliette Moranval chargée de communication, et cela nous permettra d’avoir suffisamment de temps pour trouver une solution pérenne. Les travaux se terminent en Novembre 2021. Le personnel prend possession des nouveaux locaux du 160 rue Turgot. Ils se composent de deux bâtiments préfabriqués : une enfilade de boxes, avec un robinet dans chaque pièce pour alimenter en eau les gamelles, l’électricité aux normes, et surtout des plafonds qui ne risquent pas de tomber à chaque épisode pluvieux.
document Google Mapsdocument Nord Eclair 2021document Nord Eclair 2021
Damien Castelain, le président de la Métropole européenne de Lille, vante un projet « exemplaire », mais aussi et surtout « provisoire » car les bâtiments pourront être démontés pour être réinstallés ailleurs. Mais où ? En attendant, toute l’équipe de la LPA de Roubaix est heureuse de s’installer en cette fin d’année 2021, dans ces locaux flambant neufs.
Dans les années 1950, la vue aérienne de cette portion de la rue ne présente pas beaucoup de différences avec celle de la décennie précédente. Pourtant nombre de nouveaux commerçants et artisans s’y installent ainsi que le commissariat de la ville qui prend place au n°69, au coin de l’impasse Vandemeulebrouck. Auparavant un salon de coiffure se trouvait à cette adresse, tenu d’abord par Mme Delhaye puis par Mme Duthoit. 25 ans plus tard, comme il n’est plus question de la construction d’un nouveau commissariat, une cure de rajeunissement est prévu pour ces locaux. (sur le sujet de la police à Hem voir un précédent article édité sur notre site).
Vue aérienne de cette portion de rue en 1951 (Document IGN)Le commissariat de police en 1979 et en 2018 (Documents Nord-Eclair et Google Maps)
Ensuite apparaît une nouvelle épicerie, au n°78 : l’épicerie Lefebvre, qui sera remplacée 10 ans plus tard par l’épicerie/alimentation générale Leroy, laquelle assure les livraisons à domicile et fera également commerce de chaussures (d’après l’annuaire) dans les années 1980. Cette adresse accueillera par la suite un prothésiste dentaire.
Publicités et photos intérieures du magasin dans les années 70-80 et photo de la façade actuelle (Documents Historihem et Google Maps)
Le coiffeur Roussiaux s’installe à la même époque au n°87 où est également exploitée une boutique de parfumerie d’après le Ravet-Anceau, mais n’y demeure pas longtemps. Au 98, c’est l’entreprise de mécanique générale Beulens qui voit le jour et cédera la place à la fin de la décennie suivante aux ateliers Defebvre Frères. Ensuite la cordonnerie Kostec, auparavant installée 25 rue du Docteur Coubronne, occupera les locaux jusqu’à sa cessation d’activité.
Publicité Kostec, carte de visite et photo de la façade en 2016 (Documents Historihem, collection privée et Google Maps)
Puis, au, n°123 s’installe la fonderie d’aluminium Vanende G., au coin de l’impasse Briffaut. Ensuite c’est une boulangerie qui ouvre au n°134, au coin de l’impasse Lienart, d’abord tenue par Mrs Gesquières puis Olivier qui vendent également confiserie et vins au détail, boulangerie reprise au début des années 1960 et durant 2 décennies par Joseph Kolodziejczak.
Publicité de la boulangerie Kolodziejczak (Document Historihem)
En 1980, Mr. Kolodziejczak junior, Michel, de retour du service militaire crée un palais de Dame Tartine en chocolat qui a les honneurs de la presse locale. La boulangerie devient « la Maison Polonaise » et Michel expose plusieurs œuvres en chocolat dans sa vitrine, en particulier le stadium. Lui succédera la boulangerie de Michel Sagnier puis le salon de coiffure Valérie dans les années 1990.
La maison polonaise fait sa publicité au début des années 1980 (Documents Nord-Eclair)Publicité boulangerie Michel Sagnier et publicité du salon Valérie et photo du n° 134 en 2008 (Documents Historihem, collection privée et Google Maps)
Face à la boulangerie, sur l’autre coin de l’impasse, au n°132, c’est la boucherie Lepers qui a ouvert ses portes et fait sa publicité sur sa spécialité de jambon et de lard fumé du pays préparé par la maison Lepers-Tournemine, qui assure également des livraisons à domicile pour sa clientèle.
Publicités de la maison Lepers-Tournemine (Documents Historihem)
La boucherie cède ensuite la place, dans les années 1960, à la maison Vanhasbrouck-Cimetière, spécialisée dans le hachis et les saucisses. Dans les années 1970-1980, Jean Vanhasbrouck varie son activité de boucher en proposant des hors d’oeuvre et spécialités puis des pains surprise et des plats préparés.
Publicités de la maison Vanhasbrouck-Cimetière, de Jean Vanhasbrouck dans les années 1970-1980 (Documents Nord-Eclair et Historihem)
Au début des années 1990, c’est Didier Vanhasbrouck qui reprend l’affaire avec son épouse Christine jusqu’en mai 2024. La façade de la boucherie connait plusieurs transformations au fil des décennies. Quant à Didier il est fier de sa certification artisan en or qu’il met en avant par une petite vidéo sur Facebook en décembre 2023 avant d’y annoncer sa retraite en 2024.
Publicité de 2004, et photo du comptoir en 2017, de Didier Vanhasbrouck et de la façade en 2022 (Documents Nord-Eclair et Google Maps)
L’épicerie R. Delhaye-Pollet est installée également, au début des années 1950, au n°160, où elle tient commerce d’alimentation générale, fruits primeurs et vins. S’agit-il de la même maison que celle que l’on retrouve en 1955 au n°50 de la rue (comme indiqué dans l’article consacré à la première portion de la rue Jules Guesde). Toujours est-il que le 160 disparaît alors des Ravet-Anceau…
Publicité de la maison Delhaye-Pollet et photo de la façade en 2008 (Document Historihem)
C’est au milieu des années 1950 qu’apparait le café Chastain, au n°106. Le café sera repris par la suite par Mrs Lapage puis Hayart avant de laisser la place à une crèche (sur le sujet voir un précédent article édité sur notre site). A la même époque au n°121, est installé un magasin de chaussures anciennement tenu par M. Loosfeld devenu la maison « Chaussures Duquenne-Loosfeld ». Puis le commerce devient le salon Joelle de Mme. Legrand Van Wambeke et, dans les années 1970-80, le salon de coiffure Nady Coiffure. Dans les années 2000, c’est l’alimentation générale De Oliveira qui occupe les lieux.
Publicité du café Hayart et annonce de la transformation du café en crèche en 2008 puis logo de la crèche (Document collection privée, Tout Hem et site internet)Publicités Loosfeld, Duquenne-Loosfeld, Nady Coiffure et photo de l’ancien commerce en 2022 (Documents Historihem, Nord-Eclair, collection privée et Google Maps)
Au n°162 est alors installée la quincaillerie Mol-Homerin puis Vandenabeele, reprise au début des années 1960 par Gérard Leysens. C’est dans l’ancien magasin de ses parents que Marie-Paule installera ensuite sa fameuse boutique Marie-Paule Cadeaux (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site). Après sa cessation d’activité, c’est l’auto-école Olivier qui occupe les lieux.
Publicités Mol-Homerin, Leysens, Marie-Paule Cadeaux et Olivier et photo de l’auto-école (Documents Historihem, Nord-Eclair, collection privée et Google Maps)
Le Tissage de la Vallée d’Hem est installé au n°144 durant la 2ème partie de la décennie 1950. Il sera remplacé par la fabrique de gants Flinois durant la décennie suivante. Puis les lieux hébergeront le garage du tissage et, dans les années 1997à 1999, la société de menuiserie bois et matière plastique : Idéal Concept.
En-tête de lettre et publicité du Tissage de la Vallée, publicité du garage fiat WilliamTuszynski (Documents collection privée, Historihem et Nord-Eclair)
Dans les années 1960, la vocation agricole de Hem commence à faiblir et la présence des commerces dans cette rue principale de la ville s’accroit. Ainsi, c’est un autre commerce de chaussures : Bernard Chaussures qui ouvre, au début des années 1960, au n°110. Louis Bernard était auparavant cordonnier au 35 rue Victor Hugo. C’est sa veuve qui reprend la boutique après son décès, et ce jusqu’au milieu des années 1970.
Vue aérienne de 1964 (Document IGN)Publicités de la maison Bernard et façade du N°110 en 2022 (Documents Historihem, Nord-Eclair et Google Maps)
L’ébéniste Marcel Desloovère est installé au n°109 où il a pris la suite d’Albert Desloovère-Bauduin. Ce dernier était spécialisé dans les cabinets de travail de tous styles et proposait des bureaux et classeurs pour usines en chêne, noyer, acajou et plaquage en tous genres et par la suite du formica pour les comptoirs. Marcel quant à lui se spécialise en cuisines sur mesure salons et literies et ce jusqu’à sa retraite dans les années 2000.
Publicités d’Albert et Marcel Desloovère (Documents Historihem et Nord-Eclair)Photo de la vitrine du magasin au début des années 2000 et de la façade en 2008 (Documents Historihem et Google Maps)
Ajoutons qu’au n°170 l’imprimerie Brissart s’est installée durant quelques années. Par ailleurs l’impasse Briffaut, située entre le 121 et le 123 accueille les menuiseries Deroissart puis Duforest et Monagheddu ainsi que l’entreprise de couverture Vanhuysse. L’impasse Lienart entre les n°132 et 134 abrite un temps le garage Scopi. Enfin les charbons Dhulst s’installent au n°95 dans les années 1970 après avoir été un temps au n°15.
Les impasses Lienart et Briffaut et publicités Duforest et Monagheddu (Documents Google Maps et Historihem)Publicités des charbons Dhulst aux N° 15 et 95 (Documents Historihem)
Aujourd’hui cette portion de la rue Jules Guesde n’a plus du tout l’apparence encore fortement agricole du début du vingtième siècle. Elle reste très animée même si elle a perdu nombre de ses commerces emblématiques des années 1950-60, comme bon nombre d’autres rues commerçantes des environs.
Vues aériennes de cette portion de rue en 2008 et 2023 (Document Google Maps)
Le premier projet de tramways pour Roubaix Tourcoing, matérialisé en 1875 par un cahier des charges, prévoit notamment une ligne numéro 4 dénommée de la gare du Nord-Est reliant la gare principale de Roubaix à celle du Pile. Son trajet emprunterait le tracé de la ligne 1 bis jusqu’à la grand place, puis la grand rue, les rues du Quai, Pierre de Roubaix, St Jean et Beaurepaire. Cette ligne n’est pas réalisée en même temps que les autres, et le premier réseau se borne en 1877 à trois lignes.
Projet 1875
Mais l’idée n’est pas oubliée par la municipalité et, il est remis à jour en 1881 et, pour désengorger le début de la grand rue, on penche plutôt pour un parcours par la rues Pierre Motte et le pont de l’Union , du coq Français et St Jean.
La réalisation de la ligne ne suit pas par suite des difficultés financières de la compagnie. Ces difficultés débouchent même en 1881 par une faillite. Un syndic nommé alors se borne à exploiter les lignes existantes, et les travaux de construction des lignes supplémentaires restent au point mort, au grand regret de la municipalité.
Le journal de Roubaix
En attendant, on continue à modifier les projets. En 1892, les discussions aboutissent à un parcours par la rue Pierre Motte, le boulevard Gambetta, la rue de Lannoy, le boulevard de Belfort, celui de Beaurepaire et la rue de Valenciennes.
En 1894 une nouvelle compagnie inaugure un nouveau mode de traction par l’électricité et renouvelle les voies qui passent à l’écartement métrique. La ligne numéro 4 est enfin mise en service, et la municipalité réclame sa prolongation jusqu’à la Gare du Nord. Nouvelle modification en 1899 qui concerne la fin du parcours qui emprunte les rues Molière et de Sévigné pour rejoindre le boulevard de Beaurepaire par la rue de Valenciennes et continuer jusqu’à la place de Leers en prenant l’indice 7 et la dénomination « Ligne de Leers ».
Plan de 1899
Pourtant, la ligne est coupée à la traversée de la voie de chemin de fer, et les voyageurs doivent poursuivre à pied pour trouver une correspondance de l’autre côté du passage à niveau.
La ligne va prendre l’indice H en 1905. Elle disparaît en 1936, confondue avec la ligne départementale 6 de Roubaix à Leers. Elle survit pourtant un temps sous l’indice H barré, suivant le boulevard de Beaurepaire jusqu’au passage à niveau, et délaissant la voie qui menait directement à la gare du Pile. Les voyageurs accéderont désormais à la gare à pied.
La coupure et le transbordement des passagers va rester la règle jusqu’en 1938, lorsque sera construit le pont au dessus du chemin de fer qui permettra aux trams d’accéder directement à Leers.
Le Journal de Roubaix 1938
Suivons maintenant la ligne. Elle part donc de la place de la Gare, où la photo nous montre une motrice H qui stationne, prête à s’élancer vers sa destination sur la voie de la raquette. A gauche une citroën trèfle.
Le terminus de la gare
Le H emprunte la rue de la Gare en double voie jusqu’à la Grand Place. La photo suivante nous montre une voiture dans le bas de la rue, pète à aborder la place.
La rue de la Gare
Elle parvient sur la Grand Place où elle effectue un large virage pour longer la mairie , laissant un espace nécessaire le long du trottoir pour les voies de la ligne des tramways de Lille qui y trouve son terminus. La photo nous montre deux motrices appartenant aux deux compagnies et de nombreux fiacres en attente. Notons la différence de gabarit entre la ligne Lilloise à l’écartement de 1m44, et de la Roubaisienne qui utilise des voies de 1 mètre.
La grand Place
Quelques mètres plus loin, la voir prend à droite jusqu’à l’arrêt devant l’immeuble de la BNCI. Cet arrêt est également partagé par la ligne A Roubaix-Tourcoing.
Document Au Fil des Trams
A suivre
Les documents non renseignés proviennent des archives municipales et de la médiathèque de Roubaix.
Alfred Gabriel naît en 1920 à Roubaix. Passionné de musique, il poursuit ses études et devient facteur de piano, c’est à dire qu’il construit, répare et entretient tout type de piano. Son travail concerne toutes les parties de l’instrument, structure, mécanique et meuble. Après la seconde guerre mondiale, il installe son atelier dans un tout petit local, au 145 de la rue Jules Guesde, à l’enseigne « Symphonie », avec l’aide de son père Léon Gabriel.
le 145 rue Jules Guesde de nos jours
Dans les années 1950, les affaires s’avèrent un peu difficiles. Alfred décide donc, pour compléter ses revenus, de proposer à la clientèle, la vente de disques microsillon Pathé Marconi, en 33t et 45t, ainsi que des électrophones et tourne-disques.
Publicité 1956 ( document collection privée )
Cette activité complémentaire lui convient parfaitement, mais le manque de place se fait cruellement sentir. Ambitieux, Alfred cherche à trouver un local plus spacieux, dans une rue plus commerçante, afin de pouvoir se développer. Il trouve un local de 84 m2, au 115 rue de Lannoy, à l’angle de la place de l’église Sainte-Elisabeth, en 1958.
Plan Cadastral
C’était auparavant l’estaminet de Jules Ducoulombier dans les années 1920-1930, puis de Mr Dannequin dans les années 1940-1950.
Estaminet de Jules Ducoulombier années 1920 ( document archives municipales )
Par l’entreprise de Désiré Delfosse rue de la Potennerie, il fait transformer complètement la façade, et fait aménager une entrée de garage.
Modification de la façade en 1958 ( document archives municipales )
D’un local délaissé, il crée un commerce confortable et pimpant avec des couleurs fraîches et gaies. Le local très spacieux lui permet de proposer la vente de différents instruments de musique, en plus des disques vinyles. Il garde la même enseigne « Symphonie » que précédemment rue Jules Guesde, et continue bien sûr son activité de facteur de pianos. C’est un véritable palais de la musique. De très nombreux disques vinyles sont présentés dans des meubles modernes et attendent d’être écoutés par la clientèle, sur des électrophones mis à leur disposition.
Document Nord Eclair 1958
De nombreuses personnalités sont présentes pour cette inauguration de la Maison du disque et de la musique. Notons la présence de Mr le chanoine Carissimo, de l’église Ste Elisabeth, Mr VanHove, président de l’Union des Commerçants de la rue de Lannoy, et Francis Waeterloos, le principal confrère voisin.
Publicité ( document collection privée )
Pendant de nombreuses années, Alfred communique par de la publicité dans la presse locale, et se spécialise dans la vente de disques. Il bénéficie alors des différentes modes de musique qui se succèdent dans les années 1960 1970 : jazz, rock, yéyé, pop, disco, et informe ses clients lorsque des grandes vedettes de la chanson sont de passage dans les grandes salles de spectacle de notre ville.
Publicité Nord Eclair
Alfred décide de donner un coup de jeune à son magasin en 1984. Il fait repeindre complètement la façade par l’entreprise de Jean Marie Verguchten, au 93 rue d’Italie : les boiseries en blanc, et les murs en blanc également mais avec de longues bandes diagonales de haut en bas de couleurs flashy vertes et rouges. En 1985, Alfred alors âgé de 65 ans, prend sa retraite et ferme définitivement son magasin.
Document Nord Eclair 1985
L’entreprise Ecco, société de Travail Temporaire, reprend le local en 1988 pour y installer ses bureaux. Ecco garde les couleurs de la façade de l’étage.
document archives municipales
Jérôme Andrieux reprend le bâtiment, en 2003 pour y créer 2 logements à l’étage. Le commerce du rez-de-chaussée, quant à lui connaît différents changements d’orientation, dans les années suivantes.