Quand on emprunte la rue du Gauquier à Wattrelos et qu’on atteint le relais du vieux puits, on franchit la frontière et on se retrouve dans la rue de Moscou d’Estaimpuis. Une centaine de mètres plus loin, on aperçoit sur la droite un imposant bâtiment abandonné. Il s’agit du collège Jean-Baptiste de la salle d’Estaimpuis.

Cet établissement d’enseignement confessionnel fait partie de la nombreuse liste d’instituts s’étant installés le long de la frontière, côté belge, au moment de la loi du 7 juillet 1904 qui était relative à la suppression de l’enseignement congréganiste, dite « loi Combes », loi de la République française qui interdit l’enseignement en France à tous les congréganistes et les congrégations religieuses, même autorisées, et organise la liquidation de leurs biens.

Des groupes de pères de famille (l’expression est celle du Journal de Roubaix) désireux de conserver à leurs enfants leurs maîtres et enseignements religieux s’étaient associés un peu partout pour créer et confier ces établissements aux Frères des écoles chrétiennes en Belgique. Ainsi trouve-t-on à Leers-Nord le pensionnat des sœurs de la Sagesse, ou le Pensionnat de la Sainte Union à Estaimpuis.

Le collège Jean-Baptiste de la salle fut d’abord provisoirement installé à Kain les Tournai en 1904, avant d’être transféré en octobre 1908 sur son emplacement actuel, près de la gare d’Herseaux. La remise des prix de l’année 1907/1908 eut d’ailleurs lieu dans la toute nouvelle chapelle du collège, avant que la rentrée d’octobre n’accueille les nouveaux collégiens.

Ouvert en 1908, le collège fermera définitivement ses portes en 1984. Le somptueux bâtiment subit alors une lente dégradation, jusqu’à tomber en ruines. Un premier projet de réhabilitation en logements privés de luxe a été présenté en 2004, puis un autre en 2010. Il s’agissait de transformer l’établissement en 65 appartements, lofts et duplex, 3 200 m2 de bureaux et une piscine privée. Ce second projet a été mis en œuvre, mais n’a pas pu aller à son terme en raison d’incendies à répétition et de la fiabilité du promoteur. Depuis, le bâtiment est de nouveau à l’abandon.
Est-ce exact qu’une des raisons pour laquelle ces établissements étaient situés en
Belgique est le fait qu’ils se trouvaient en territoire belge, mais dépendaient de l’évêché de Lille et non pas de l’évêché de Tournai, les frontières nationales et les frontières diocésaines ne se superposant pas, le diocèse de Lille pénétrant de quelques centaines de mètres en territoire belge ?
C’est bien possible. Une autre raison c’est que construits en Belgique ces établissements échappaient à la législation française de l’époque.
Non, puisque le diocèse de Lille a été créé en 1913, et ne couvre que des territoires français.
En revanche, la loi française ne passait pas la frontière, mais les élèves la passaient sans problème … 🙂
Intéressant comme question . Mon grand-père et ses frères y sont allés tout petits pour échapper à la loi de 1907 . Ils y ont été maltraités la question est jusqu’où ? Deux sont devenus prêtres. Mon grand père a rejoint l’armée petainiste, d’extrême droite, catholique intégriste.
Nous avons tous subit les répercutions de cette maltraitance de l’Eglise catholique. Trois générations après les séquelles sont encore présentes.
Nous avons t
En tout cas mon gd père et ses frères y sont allés pour fuir la séparation de l’ Église et l’état. Une famille de tradis avant l’heure. Cela a donné deux prêtres et deux officiers. Le dernier s’est rebellé.
C’était très très dur . Ils ne rentraient que pour Noël, Pâques et les grandes vacances. Ils étaient donc éduqués sans amour, sans tendresse. Mon gd père a parlé toute sa vie de la règle dans le dos a garder durant tous les cours pour avoir un dos droit. Militaire il était pétainiste puis intégriste dur avec nous jusqu’au coups avec sa main gravé pour qui lui résistait. Moi j’étais de ce bois alors je m’en suis pris
C’était du dressage pas de l’éducation.