L’école Marie Curie (suite)

Pourtant en décembre 1994, la décision tombe au conseil municipal, suite au passage de la commission de sécurité : l’école primaire Marie Curie va être détruite. Dès la rentrée de janvier 1995, les élèves rejoindront ceux du groupe scolaire Longchamp. Les réserves émises par la commission de sécurité ont été confirmées par un bureau de contrôle technique agréé.

Le verdict est sans appel : le bâtiment n’est plus sûr ; sa non utilisation et même sa démolition s’imposent. Ont été constatées des fissures des maçonneries porteuses au 1er étage, une fissure dans une poutre en béton du préau où l’humidité, en pénétrant, va faire rouiller les armatures basses d’où, par la suite, éclatement du béton et affaissement supplémentaire. L’école Marie Curie va donc se retrouver pour un temps sans domicile fixe, au grand dam des parents et des enseignants.

L’école va être détruite (Document Nord-Eclair)

Si l’inspection académique penche pour la fermeture administrative de l’école, les parents ne veulent pas en entendre parler et réclament l’installation de « translocaux », autrement dit des constructions modulaires en préfabriqué qui dureraient 3 ans, le temps de la reconstruction éventuelle d’une nouvelle école. C’est cette option qui est choisie, à la quasi unanimité, par les parents d’élèves et les enseignants.

Des « translocaux » sont donc installés sur le parking de l’école durant les vacances scolaires, l’ancienne cour servira de parking et le plateau d’évolution, inutilisé depuis un moment, va être nettoyé et servira de nouvelle cour de récréation. Une commission de travail se met en place, réunissant parents, enseignants, municipalité et inspection académique, pour décider ensemble de la construction d’une nouvelle école ou de la réalisation de travaux d’aménagement.

Marie Curie prête à camper 3 ans et rentrée de janvier dans des translocaux (Document Nord-Eclair)
On veut une nouvelle école (Document Nord-Eclair)

Une période d’attente se déroule alors pour les parents d’élèves qui réclament la construction d’une nouvelle école sans obtenir d’engagement rapide et ferme de la mairie. A la cérémonie des vœux il leur a en effet été expliqué que rien n’était encore décidé. Fin janvier de jeunes hémois et leurs parents envahissent donc la salle du conseil municipal, obligeant Mme Massart, à rentrer d’urgence du conseil général où elle siégeait, pour obtenir la quasi certitude de la reconstruction.

Les Hemois impatients d’obtenir un engagement (Document Nord-Eclair)

Enfin, en avril 1995, un plan de la nouvelle école sort et les travaux sont programmés de façon a être terminés pour la rentrée de janvier 1997. L’école, toute en briques et en tuiles aura une toute autre allure. Elle comprendra six classes, une salle informatique, une bibliothèque, une salle d’arts plastiques et une salle d’activités ainsi qu’un bureau pour la directrice, des sanitaires pour le personnel et les élèves, une salle de détente et une tisanerie.

Le projet de la nouvelle école et un extrait du cadastre actuel (Documents Nord-Eclair et plan cadastral)

Durant l’été 1996, les anciens bâtiments de l’école primaire, non utilisés depuis leur évacuation 18 mois plus tôt, sont entièrement démolis par les bulldozers et la reconstruction commence sur 1200 mètres carrés. Une tranchée mène au chantier à côté des « translocaux » qui abritent toujours les élèves.

L’école primaire sera reliée à l’école maternelle restée dans ses locaux et un patio vitré reliera les bâtiments. Ainsi la grande salle d’activité pourra être utilisée par les 2 écoles. Afin d’assurer la sécurité des enfants, l’entrée à l’école aura lieu rue Lannelongue et non plus avenue Laennec.

Le projet de la nouvelle école et un extrait du cadastre actuel (Documents Nord-Eclair et plan cadastral)

En janvier 1997, l’école n’est pas terminée mais une visite est organisée pour les élus, les enseignants et les parents. On peut déjà se rendre compte que la nouvelle école aura fière allure même si les classes sont encore ouvertes aux quatre vents, les tuiles, portes et fenêtres tardant à être posées en raison du froid et des intempéries. Si les plus optimistes parient sur une ouverture en avril il est plus prudent de se projeter sur la rentrée des classes en septembre.

Visite organisée sur le chantier en janvier 1997 (Document Nord-Eclair)

L’inauguration de la nouvelle école a lieu en juin 1997. Les travaux sont terminés mais le mobilier n’est pas encore arrivé et la nouvelle Marie Curie n’ouvrira donc pas avant la rentrée de septembre. L’école est gaie, vaste et moderne et la directrice Mme Thery est heureuse d’en recevoir une énorme clef jaune symbolique. Restent à faire les cours de récréation d’ici la prochaine rentrée scolaire et les élèves seront heureux de pouvoir y étudier dans un cadre à la hauteur des attentes.

L’école est finie (Document Nord-Eclair)
Nouvelle école Marie Curie (Document Historihem)

Des travaux de voirie restent à réaliser pour assurer la sécurité des enfants aux alentours de l’école. C’est l’objectif de la réunion à laquelle la mairie a convié les parents d’élèves. L’adjoint aux travaux et le directeur des services techniques expliquent que la rue Lannelongue sera désormais en sens unique et que des chicanes vont y être disposées pour casser la vitesse des véhicules. Face à l’école les enfants seront canalisés derrière des barrières pour traverser obligatoirement la rue par le passage piétons.

Réunion sur la sécurité des enfants en octobre 1997 (Document Nord-Eclair)
Photo de l’école au début des années 2000 (Document collection privée)

C’est en 2013 que l’école se pare de couleurs pendant les vacances; les façades sont repeintes en vert, rose, bleu, jaune. Cette rénovation donne le petit coup de neuf nécessaire à une école qui va déjà sur ses bientôt 20 ans. Par ailleurs les couleurs vives choisies égayent les bâtiments.

L’école revêtue de ses plus belles couleurs pour la rentrée de 2013 (Documents site web et Voix du Nord)

Les années 2010 voient également dans l’école la création de l’Open de Rubik’s Cube, annuel. Christophe Wattequand, enseignant en classe de CE2 a d’abord créé, en 2008, un club pour et avec ses élèves avant d’avoir l’idée de mettre en place un open où se rencontrent des joueurs mondiaux dans de vraies conditions de compétition. Ainsi en 2014, 54 joueurs de France, de Belgique, des Pays-Bas et même de Mongolie et d’Ukraine s’affrontent.

Open de Rubik’s Cube en 2014 (Document Voix du Nord)

Cette décennie est aussi celle où l’association Ecole et Quartier, laquelle fête ses 30 ans en 2016, étend son action sur le langage auprès des tout-petits. Concrètement l’action se décline en thèmes : le jeu pour apprendre à parler, le livre et le langage, les troubles du langage… Des ateliers d’ échanges ont lieu dans les écoles maternelles des Hauts-Champs en 2015 et 2016.

Pour parfaire le projet l’ouverture d’une bibliothèque est prévue dans l’école maternelle Marie Curie où les parents de maternelle sont invités à rester un peu dans la classe pour lire une histoire à leurs enfants. Le projet langage doit en effet renforcer le lien entre parents et enfants grâce aux livres. La bibliothèque doit à terme être tenue conjointement par les parents et les enseignants.

Ecole et Quartier (Christian Camerlynck) en 2016 et 2017 (Documents Voix du Nord)

2018 est l’année du dédoublement des classes de CP (lequel cessera 4 ans plus tard en raison de la baisse des effectifs). Une classe supplémentaire est donc aménagée dans le local informatique. Par ailleurs, comme dans toutes les écoles primaires hémoises des travaux de remise aux normes électriques, de changements d’alarmes, de peintures et autres aménagements ont lieu pendant les vacances d’été.

Une années spéciale et l’accueil des élus en 2018 (Document Voix du Nord)

Menacée de fermeture au début des années 1990 après plus de trente ans d’existence, l’école Marie Curie a donc réussi à renaître de ses cendres et continue, plus de 60 ans après sa création à recevoir les élèves de maternelle et d’élémentaire dans le quartier des Hauts-Champs.

Remerciements à l’association Historihem