Hem et le jumelage : Mossley

C’est en 1972 que la ville de Hem décide d’un 1er jumelage avec la cité anglaise de Mossley, une petite ville de 10.000 habitants du Lancashire, située à quelques dizaines de kilomètres au sud-est de Manchester. Pour ce faire, Mr Dupont Lhotelain, agent consulaire de France à Manchester et directeur d’une entreprise française textile à Mossley rend visite, dès janvier 1972 à la municipalité anglaise afin de lui proposer l’idée.

S’ensuivent des échanges par courrier entre le secrétaire de mairie de Mossley, Mr Thomas, et le secrétaire général de la mairie d’Hem, Mr Lepers. Puis, le 1er contact physique avec les personnalités britanniques a lieu, en mars 1972, avec la réception à Hem du maire Mr Alderman Herbert Bentley, de son adjoint, de 2 conseillers et du secrétaire de mairie de Mossley.

Les secrétaires de mairie et la signature du protocole entre les 2 maires (Documents Historihem)

Un protocole est signé entre les maires d’Hem et de Mossley, lesquels s’engagent solennellement à tout mettre en œuvre pour maintenir de façon durable les liens établis. C’est ainsi que les représentants de la municipalité hémoise, à la tête desquelles le maire Jean Leplat sont reçus par leurs homologues de la ville britannique dès le mois de Juin.

La délégation municipale hémoise (Documents Hem d’hier et d’aujourd’hui)

Un comité de jumelage est alors constitué avec, à sa tête, Mr Ron Senior, conseiller. A travers ce comité, des contacts peuvent être pris avec des personnes ou associations de Mossley et du voisinage exerçant des activités similaires en vue d’échanges réciproques. Une réception officielle réunit le personnalités à Mossley en février 1974 et toute une délégation d’enfants français y est également reçue par des élèves anglais en août 1974.

La réception officielle des personnalités en février et la délégation d’enfants français avec leurs homologues anglais en août 1974 (Document Hem1000 ans d’histoire)

Très vite la presse locale annonce une réussite complète concernant le jumelage sportif Hem et Mossley. Ainsi, en septembre 1974, football et ping-pong réunissent sportifs hémois et britanniques avant une chaleureuse soirée d’adieu et une photo souvenir réunissant les sportifs et les personnalités de la ville.

Jumelage sportif et fraternité en septembre 1974 (Documents Nord-Eclair)

Dix ans plus tard le bilan est pourtant mitigé et, des nombreuses relations projetées initialement, ne subsistent, au début des années 1980, que des échanges au niveau des clubs de football et des sociétés patriotiques d’anciens combattants. Chaque année une délégation britannique vient ainsi commémorer la victoire des alliés en novembre avec la FAC (Fraternelle des Anciens Combattants) de Hem.

Ainsi une amitié s’est créée et c’est toujours avec plaisir que Jack Powel, président des anciens combattants de Moosley, et Mr et Mme Ron Senior, viennent passer quelques jours à Hem, comme en novembre 1983 où ils assistent au banquet du 11 novembre. Par ailleurs une délégation de la police municipale de Hem est reçue en 1984 par ses homologues de Mossley.

Ron Senior reçu par Mme Massart à Hem en novembre 1983 et une délégation de la police municipale hémoise à Mossley (Document Tout Hem 1984)

L’année1986 est l’occasion d’un tournoi de football entre l’Olympic hémois et trente deux bobbies anglais qui alternent visite d’une distillerie et d’un commissariat , visite de Bruges et rencontres de foot. Les 2 présidents de clubs sont également reçus en mairie par Mme Massart, maire de la ville, avec échange de cadeaux. Sont également au programme restaurant et soirée dansante.

Week-end à Hem pour les bobbies (Documents Historihem)

C’est à Mossley et Tameside (ville dans laquelle a été regroupée Moosley) que se déroulent les rencontres de 1988 et 1990. En 88, c’est Jack Petit, maire de Mossley, et son épouse qui reçoivent Mme Massart et son époux. Puis Mr Detré, conseiller municipal chargé du jumelage, et son épouse sont reçus, en 90, par Mr Denyer, maire de Tameside et son épouse.

Réception à Mossley en 1988 et Tameside en 1990 (Documents Historihem)

Durant la décennie suivante les échanges continuent : sportifs comme en 1991 entre le club de foot anglais TPFC et l’Olympic hémois, entre personnalités municipales comme en 1992 avec la venue du maire de Tameside à Hem avec le président de la majorité politique du conseil municipal, mais aussi scolaire comme en 1998 avec les échanges linguistiques d’élèves d’une école de Mossley et du collège Elsa Triolet.

TPFC et Olympic hémois devant la mairie en 91, les officiels anglais en 92 et la réception en mairie des élèves anglais et français en 98 (Documents Historihem)

En 2000, et pour la 28 ème année consécutive une délégation anglaise d’anciens combattants du régiment du Duc de Wellington, se joint à la FAC pour fêter les médaillés hémois de la FAC et assister au traditionnel banquet. Puis a lieu le traditionnel défilé du 11 novembre vers le monument aux morts puis la stèle du Général de Gaulle, en compagnie de la fanfare La Gauloise, et avec la participation des véhicules du Rétro-Club hémois, avant la messe à Saint Corneille suivie du dépôt de gerbes sur les tombes françaises et anglaises des combattants morts à la guerre.

La FAC et les anciens combattants anglais au défilé du 11 novembre 2000 (Documents Historihem)

2012 est une année très spéciale puisqu’elle représente les 40 ans du jumelage des 2 villes. 18 britanniques, âgés de 30 à 70 ans, viennent à Hem en Novembre pour célébrer cet anniversaire et commémorer le 11 novembre avec les membres de la FAC. Au programme : accueil à l’espace culturel, visite dégustation dans une ferme brasserie, recueillement devant la stèle Charles de Gaulle, vernissage de l’exposition des 90 ans de la FAC, auberge espagnole, visite de la ville puis de la Manufacture des Flandres et du vélodrome de Roubaix.

Les 40 ans du jumelage (Document Voix du Nord)

Le dimanche le programme est tout aussi chargé avec : messe à Saint Corneille, fleurissement des tombes anglaises au cimetière, plantation de l’arbre des 40 ans dans le jardin des perspectives, banquet à la salle des fêtes avec dégustation de spécialités de la région et soirée en famille pour clôturer la journée avant le retour du lendemain.

Plantation de l’arbre des 40 ans au Jardin des Perpectives en 2012 (Document Historihem)

Remerciements à l’association Historihem, à la Ville de Hem, à Jacquy Delaporte pour les livres Hem d’Hier et d’Aujourd’hui et Hem 1000 ans d’Histoire

Le café Saint-Louis

Cet établissement est ouvert par Charles Vanhasbroucq, en Novembre 1888, au 123 rue Jean Jaurès à Hem et repris 10 ans plus tard par son fils Louis. Ce café barbier est toujours en activité avant guerre et, en 1945, on y parle encore de Marie Bonne-Soupe, une des tenancières du passé.

Le Saint-Louis en façade et un gros plan sur la superbe céramique d’origine figurant au fronton du café (Documents Nord-Eclair)
Le Saint-Louis sur 2 CPA du début du 20ème siècle (Documents collection privée)

Sur la carte postale du haut on voit clairement à gauche du café un commerce démontable, car fait de cloisons de bois. Il s’agit de la boucherie Lelièvre dans les années 1950, à laquelle succède Quinton poissons dans les années 1960, que l’on retrouve au n°117 dans les Ravet-Anceau de l’époque.

On y voit aussi une épicerie sur le coin de la rue Louis Loucheur en face au n° 118, alimentation générale Flahaut dans les années 50, puis Coop Dekeukekeire-Baron dans les années 1960-70, qui deviendra par la suite une boucherie chevaline, Wanin puis Haze dans les années 1980. Pendant ces périodes le Saint-Louis est géré par les Saelens dans les années 1950-60 puis Carette et ensuite Lejeune dans les années 1970-80.

Dans les années 1950, beaucoup d’événements sont fêtés au Saint-Louis. C’est notamment le cas, en 1956, quand « La Gauloise » y fête la Sainte-Cécile lors d’un banquet à l’issue duquel, en présence de Mr Leplat, maire de Hem, il est procédé à une distribution de distinctions aux membres de cette clique, crée en 1923 par Mr Sueur.

(Document Nord-Eclair)

Dans les années 1970 l’établissement sert de siège à l’association « Les amis du Saint-Louis », comité d’entraide aux aînés du quartier. Une cagnotte réunie grâce aux fêtes du quartier, permet, en 1975, d’offrir à une trentaine de convives du 3ème âge un menu soigné, dans une ambiance conviviale et de leur remettre des colis.

Soleil dans les cœurs au Saint-Louis (Document Nord-Eclair)
Publicité de l’époque (Document Historihem)

Les festivités du comité du Saint-Louis se déroulent sur un week-end. Le samedi Gérard Pau, son accordéon et ses musiciens, font virevolter les couples dans la rue Jean Jaurès.

Les festivités au Saint-Louis (Document Nord-Eclair)

Le dimanche est organisée une course cycliste, le prix Emile Delcourt, dont le départ a lieu devant l’établissement et à laquelle participe une petite centaine de coureurs. Le nom de ce grand prix est celui d’un coureur cycliste très connu à Hem, s’étant classé 5ème dans le Paris-Roubaix.

Emile Delcourt pendant le Paris-Roubaix à Hem Bifur (Document Hem d’hier et d’aujourd’hui)
Le départ des coureurs devant le café St Louis en 1976 (Document Nord-Eclair) et 1977 (Document Historihem)

Le café Saint-Louis est alors toujours le siège du comité des anciens du Saint-Louis mais il se tourne également vers le sport en qualité de sympathisant de l’USH (Union Sportive Hémoise) née de la fusion du club de foot du foyer Saint Corneille et du Football-Club de Hem le 16 mai 1964. Il est enfin le siège de la pétanque jusqu’à la création de l‘association « Pétanque Club des Trois Baudets » le 24 septembre 1979 .

Publicité de l’époque (Document Historihem) Publicité de 1982 (Document Office Municipal d’Information)

30 ans plus tard en 2001, les habitudes sont bousculées dans l’un des plus anciens estaminets de la commune, habituellement théâtre de paisibles parties de belote, où l’équipe des débutants de l’Olympic Hémois se voit offrir une belle parure, sérigraphiée aux armes du Saint-Louis, par la gérante du café depuis 1993 : Jacqueline Dellemme.

L’équipe revêtue de son nouveau maillot (Document Nord-Eclair)

Le café retrouve alors des airs des fêtes qui s’y déroulaient dans les années 1950-60. La bâtiment quant à lui n’a subi que très peu de transformations et la magnifique céramique est toujours présente au fronton de l’établissement où elle trône encore 20 ans plus tard dans les années 2020 alors que le commerce est toujours en activité et ouvert toute la semaine.

La façade du café dans les années 2020 et le café dans la rue Jean Jaurès (Documents Google Maps)

Remerciements à la ville de Hem, l’association Historihem et Jacquy Delaporte pour son ouvrage Hem d’hier et d’aujourd’hui

Une rue disparue

C’est à l’occasion de la construction du marché couvert de Roubaix, en 1881 que l’on encadre ce terrain en forme de rectangle par trois nouvelles rues qui viennent compléter la rue Pierre Motte : la rue des Halles, la rue de la sagesse et la rue Jeanne d’arc. Si les trois premières ont survécu à la disparition des halles, en 1956, ce n’est pas le cas de la quatrième.

A gauche, le début de la rue Jeanne d'arc CP Médiathèque de Roubaix
A gauche, le début de la rue Jeanne d’arc CP Médiathèque de Roubaix

La rue Jeanne d’arc, c’était quoi ? Le côté des numéros impairs était entièrement occupé par  le marché des halles, l’autre côté étant constitué en partie des accès aux propriétés et maisons de la rue du Château, qui lui est parallèle et de loin antérieure. Les numéros pairs de la rue Jeanne d’Arc commençaient rue Pierre Motte avec un magasin de confection, auquel succédaient un magasin de soldes, un boucher hippophagique, un cordonnier, un marchand de fruits, un commerce de dentelles, un estaminet, un tonnelier, les halles Flipo, l’estaminet Monnet, un boucher, quatre estaminets.

Les Halles Flipo et la vitrine du café de l’URSA Photos Nord Eclair

La rue Jeanne d’arc était connue comme un haut lieu du sport, avec la présence d’une salle de gymnastique qui abritait depuis 1893 la société  la Roubaisienne au n°20, et qui sera transformée en magasin, les Halles Flipo. Il y avait aussi un haut lieu de l’haltérophilie au n°22, qui abritait l’Union Roubaisienne des Sports Athlétiques, et qui vit évoluer de nombreux champions, parmi lesquels Marcel Dumoulin, huit fois champion de France  d’Haltérophilie, qui participa aux jeux olympiques de 1928 et 1932.

Vue générale de la rue Jeanne d’arc Photo Nord Eclair

La rue Jeanne d’arc  disparaît donc en 1968 pour permettre l’implantation du Lido, centre commercial de transition entre la rue de Lannoy et Roubaix 2000[1].  La dernière démolition concerna  l’auberge des Halles, qui fut autrefois un vieux relais de poste, selon Nord Éclair.

Le projet Poste Bibliothèque Publié dans Nord Éclair

En 1972, c’est la rue du Château qui sera amputée de ses dix sept premiers numéros, parmi lesquels l’ancienne caisse d’épargne, et  quelques maisons d’industriels, ce qui permit de mettre en œuvre le projet d’une bibliothèque de vastes dimensions. En 1968 on prévoyait de construire un nouvel hôtel des postes et un hôtel financier (sic) regroupant l’ensemble des recettes et perceptions de la ville. Si la construction du nouvel hôtel des Postes fut bel et bien menée, c’est une médiathèque qui remplaça le projet d’hôtel des impôts, pour le plus grand bonheur des roubaisiens.

D’après Nord Éclair, Nord Matin et l’Histoire des rues de Roubaix par les Flâneurs

 


[1] Voir nos articles précédents