Quartier Longchamp (suite et fin)

2007 est aussi l’année de la démolition de la résidence Sterne qui comptait 40 appartements. Les pelleteuses sont au travail pendant quelques jours en commençant par la façade et il n’en reste que quelques pierres. Le Macareux quant à lui, situé rue Lavoisier en face du nouveau groupe scolaire Saint Exupéry, est réhabilité en extérieur comme en intérieur. C’est le cas aussi du Gardenia.

Démolition de la Sterne et son entrée avant démolition et rénovation du Macareux et du Gardenia (Documents Tout Hem et Temps de passage)

La salle Jacques Sockeel, victime d’un incendie en 2005, est rénovée 3 ans plus tard : réfection de la couverture du bâtiment, faux plafonds, électricité, plomberie, chauffage, sanitaires, menuiseries et peintures. Les associations peuvent ainsi reprendre possession des locaux avant que la salle Brasiello bénéficie, à son tour d’une rénovation.

Les salles Sockeel/Brasiello en 2025 (Document Google Maps)

Toujours en 2008, 3 entrées du collectif Merisier de l’avenue Schweitzer disparaissent à leur tour après une phase de désamiantage. L’espace accueillera la construction d’un nouveau collectif de 18 appartements du type immeuble Fleming pour 2010. De même l’Arbousier, un collectif de 60 appartements de la rue Charcot, est rayé de la carte.

Le nouveau collectif prévu à la place du Merisier et la démolition de l’Arbousier en 2008 (Documents Tout Hem)

Le collectif l’Olivier fait peau neuve en 2009, les mots d’ordre étant : changement d’image et résidentialisation. Toutes les parties communes sont rénovées : menuiseries, plomberie et peintures mais aussi nettoyage de la façade, pose de soubassement en briques et de panneaux en terre cuite et mise en valeur de l’entrée avec inscription en relief du nom du bâtiment. A noter également l’embellissement des abords et la création d’un parking à l’arrière de l’immeuble.

Puis 2 îlots sont réalisés côte à côte entre les avenues Schweitzer et Laennec. Les îlots D et QR constituent un mini quartier verdoyant composé d’une centaine de logements, pour la grande majorité individuels ou semi-collectifs. Des maisons allant du T2 au T5 bordent ainsi de nouvelles rues et les locataires vont bientôt les occuper.

L’Olivier en rénovation en 2008 (Document Tout Hem)
Les îlots D et QR en 2009 (Document Tout Hem)

C’est la même année qu’a lieu l’une des dernières démolitions du quartier avec le collectif Epicéa, une barre de 36 appartements : désamiantage, enlèvement des fenêtres et autres équipements, avant l’arrivée des pelleteuses. Celui-ci laissera place à plus de 2000 mètres carrés de terrain sur lesquels sera construit le nouveau centre social des Hauts Champs, ultramoderne, attractif et accueillant (sur le sujet voir un précédent article édité sur notre site).

Démolition de l’Epicéa pour laisser place au futur centre social des 3 viles (Documents Tout Hem)

C’est en 2011 qu’un espace public est aménagé à Charcot, entre les rues du Docteur Larrey et Ambroise Paré, composé d’une placette destinée à créer le lien avec le nouveau centre social et d’un espace dédié à de nombreuses activités et manifestations pour les riverains. 2011 est aussi l’année de la dernière démolition : la tour 105, ou Tour du Docteur Roux, datait de 1967 et comprenait 50 logements répartis sur 12 étages. Depuis 2004 ses habitants l’avaient quittée petit à petit pour être relogés sur Hem.

Aménagement d’un espace public à Charcot et entrée de la tour 105 ou tour du Docteur Roux en 2011 (Documents Tout Hem et Temps de passage)

L’année suivante c’est au tour du secteur Dunant d’être embelli et sécurisé. Nouvelles chaussées et nouveaux trottoirs et stationnements doivent permettre de rééquilibrer l’espace public. L’avenue Dunant passe en 2 fois une voie et des couloirs réservés aux bus y sont aménagés. C’est aussi en 2012 que le Hameau des Camélias (îlot QR) est inauguré. Sur les 13343 mètres carrés où étaient auparavant installés le groupe scolaire Longchamp et des barres d’immeubles, se dressent maintenant 44 maisons avec jardin et 30 collectifs avec espaces verts et aérés, dont la résidence Nancel séparée en 2 bâtiments de 12 et 18 logements.

L’avenue Dunant nouvelle version en 2015 et l’inauguration du Hameau des Camélias en 2012 et la résidence Nancel (Document Google Maps,Tout Hem et Voix du Nord)

Puis c’est le nouveau centre social construit en 2011 au 93 rue du Docteur Schweitzer qui est investi : le Centre Social des 3 Villes. Le nouveau bâtiment s’élève en lieu et place de l’immeuble Epicea, démoli en 2009, juste en face de l’ancienne église Saint-André, désacralisée en 2011 et sur le point de devenir une épicerie solidaire.

Le nouveau centre occupe une surface de 2000 mètres carrés et comporte de multiples pièces : des bureaux, une halte-garderie, une salle polyvalente, une bibliothèque, un clubhouse, des douches, des salles de repos, des locaux techniques et même un dojo (qui devrait être également ouvert aux écoles) et une salle de musculation. Au cœur du bâtiment un patio a été aménagé avec du gazon synthétique, ainsi qu’un espace pour le parking et une aire de jeux.

Le Centre Social des 3 Villes en 2025 (Document Google Maps)

C’est la fin des travaux entrepris dans le cadre de l’ANRU depuis 2004 dans le quartier et si les rénovations/démolitions/constructions n’ont pas réglé tous les problèmes les habitants témoignent globalement d’un quartier plus agréable à vivre.

Toutefois, depuis 2009 des habitants de la Tour Breguet, avenue Schweitzer, dénoncent des incivilités, pannes d’ascenseur et dégradations et lancent 5 ans plus tard une pétition pour dénoncer les odeurs pestilentielles émanant des cages d’escaliers. Or en 2020, le mécontentement, relayé par la presse locale, est à son paroxysme avec présence de rats, odeurs irrespirables et dépôt d’encombrants dans les parties communes.

La Tour Breguet dans la tourmente en 2020 (Document Voix du Nord)

En 2021, la municipalité met en exergue une situation sociale dans la ville globalement en amélioration mais très contrastée. Un peu moins de la moitié de la population hémoise vit en effet dans un quartier en politique de la ville (quartier prioritaires dont le quartier Longchamp fait partie) et la part d’habitat social est au dessus de la moyenne de la MEL.

Point sur la situation sociale de la ville en 2021 (Document Voix du Nord)

Le premier programme du plan de rénovation urbaine a permis de dédensifier, désenclaver et rénover les quartiers des Hauts Champs/Longchamp. Ainsi, en l’espace de 10 ans, 298 logements y ont été détruits et 364 construits. Il y a eu aussi des réhabilitations par centaines, des kilomètres de voirie réaménagés, un nouveau centre social, un centre commercial, des espaces verts…La physionomie et l’ambiance des quartiers nord, plus aérés, moins denses, moins bétonnés, a complétement changé. Reste la salle de sports attendue rue du Docteur Roux, face à l’école Saint-Exupery.

Les réalisations et le projet en 2023 (Documents Voix du Nord)

La première pierre de la nouvelle salle, le futur dojo, est posée en avril 2024 par Francis Vercamer, maire de la ville, en présence du vice-président de la région, de la vice présidente du département du Nord, du vice-président chargé des sports à la MEL et de la préfète déléguée pour l’égalité des chances. L’ouverture est prévue pour le dernier trimestre 2025.

Pose de la 1ère pierre en avril 2024 (Documents Voix du Nord)
Vue aérienne du quartier en 2025 (Document Google Maps)

Remerciements à l’association Historihem, la mairie de Hem et Richard Baron et Olivier de Solminihac pour leur ouvrage « Un temps de passage »

Quartier Longchamp (suite)

C’est durant l’ année 1988 que commence la démolition des bâtiments dits M58 du mail Dunant. C’est la première étape du nouvel aménagement de l’espace compris entre l’avenue Laennec et les rues Henri Dunant, Ambroise Paré et Dominique Larrey.

Seuls sont épargnés le bâtiment abritant la maison de quartier Dominique Larrey et un bloc situé au coin des rues Dominique Larrey et Ambroise Paré destiné à la réhabilitation en vue d’accueillir une brasserie restaurant. Une salle de spectacle destinée à accueillir 350 personnes doit être construite.

Démolition des bâtiments M58 et nouveau mail Dunant en 1992 (Documents Historihem)

En décembre 1990, le Fleming, rue Alexander Fleming, bloc de 60 appartements atteint depuis 3 ans le seuil critique de 50% d’appartements inoccupés et devient même un facteur de nuisance pour les environs. Les familles nombreuses préfèrent à présent être logées dans des maisons individuelles en location plutôt que dans les barres d’immeubles construites en masse dans les années 60. La presse locale titre : une autre barre disparaît, en référence à la grande barre démolie 5 ans plus tôt suivie de la petite barre, dans le quartier des Hauts-Champs (sur ce sujet voir un précédent article édité sur notre site).

Une autre barre disparaît en décembre 1990 (Document Nord-Eclair)

Pendant ce temps à la tour 115, à deux pas de la Piscine des 3 Villes, l’atmosphère est toujours à l’entraide et la cordialité en partie grâce à l’association des habitants. Des animations ont lieu une fois par mois, et un local de rencontre y est réservé aux habitants de la tour, aménagé à leur goût. Sont également organisés des sorties et banquets permettant de souder les résidents, propriétaires comme locataires.

La tour 115 en 1985, 92 et 99 (Documents Nord-Eclair)

En 2004, la ville de Hem lance le plan de rénovation urbaine, prévu dans le projet Borloo, qui va changer la physionomie du quartier Longchamp. Des destructions de certains immeubles vont alterner avec la rénovation d’autres bâtiments. L’habitat collectif va peu à peu céder du terrain au profit de nouvelles constructions individuelles et le quartier va se trouver complétement modifié.

Vue aérienne du quartier en 2003 (Document IGN)

En 2005, au n°100 de l’avenue Schweitzer, a commencé la construction d’un tout nouvel établissement scolaire dont l’arrière donne sur la rue Denis Cordonnier, sur le terrain laissé libre par la destruction un an plus tôt de l’école Denis Cordonnier (évoquée plus haut). Ce nouvel ensemble se compose d’une école maternelle et d’une école élémentaire.

Ville de Hem – Construction du groupe scolaire Longchamp (2005)

Le groupe scolaire Antoine de Saint-Exupery est un établissement moderne, spacieux et lumineux, qui accueille 180 élèves en élémentaire et 130 en maternelle. Il est composé de 17 salles de classe, 2 bibliothèques, 2 salles d’art plastique, un site informatique, 2 salles d’évolution, un restaurant scolaire, 2 cours de récréation et un jardin pédagogique.

Le groupe scolaire Antoine de Saint-Exupery (Documents Google Maps 2023(côté Schweitzer et 2008 côté Cordonnier et site internet)
Le terrain entre 2000 et 2004 et le terrain après la construction du nouveau groupe scolaire entre 2005 et 2010)

Dès 2006, est inaugurée la nouvelle résidence Fleming, qui se compose de 36 logements sociaux répartis dans 3 bâtiments, des appartements bien agencés avec chauffage individuel et double vitrage ainsi qu’une cuisine américaine. En outre la résidence dispose d’un jardin planté, d’ espaces communs et de trois parking fermés. Elle est calme, moderne, esthétique et confortable.

La nouvelle résidence Fleming inaugurée en 2006 (Document Temps de passage)

2006 est également l’année où l’exposition photo de Richard Baron est exposée sur les fenêtres de la résidence Schweitzer, sur le point d’être démolie. Par ailleurs, désertés par les écoliers , les locaux du groupe scolaire Longchamp vidés, nettoyés, déshabillés durant de longs mois peuvent être grignotés par deux pelleteuses. Les travaux de démolition en eux-mêmes durent moins de deux semaines. Peu à peu, les quatre bâtiments, les classes, le réfectoire, qui composaient cet ensemble scolaire disparaissent. C’est aussi cette année là que le collectif le Pélican est rénové et que le Tulipier et une partie du Charcot disparait.

L’exposition photo sur la résidence Schweitzer bientôt démolie et les habitants assistant à la démolition du Charcot (Documents Tout Hem et Temps de passage)

Enfin, début 2006, le centre commercial Schweitzer, dont une voiture bélier a défoncé 5 mois plus tôt les piliers et grandes baies vitrées du nouveau complexe, pendant les émeutes urbaines, est à nouveau inauguré après réfection. C’est heureux car ce centre fait le bonheur des riverains qui y trouvent tout ce qu’il leur faut à deux pas de leur habitation. Il sera entièrement repensé 3 ans plus tard : façade, toit terrassé permettant aux allées du centre commercial d’être abritées, même configuration pensée pour l’ensemble des commerces. Même chose pour les enseignes uniformisées. Le parking sera également redessiné pour plus de sécurité.

Le centre commercial Schweitzer avant rénovation (Document Tout Hem)

L’année suivante, à la place des 3 entrées de la résidence Schweitzer, il y aura une voie d’accès aux constructions neuves situées sur le site de l’ancien groupe scolaire. En 2007, c’est le réaménagement de l’assainissement et des réseaux qui commence afin de permettre la construction, sur le terrain, de 74 logements individuels et semi-collectifs dont la livraison est prévue pour 2009.

Voie de passage vers le chantier de construction des logements individuels et pose de la première pierre par Christine Boutin, ministre du logement et de la ville (Document Temps de passage)

Remerciements à l’association Historihem, la mairie de Hem et Richard Baron et Olivier de Solminihac pour leur ouvrage « Un temps de passage »

A suivre…

Les courées de Hem

Contrairement à la ville de Roubaix, l’habitat ouvrier à Hem ne date pas du 19ème siècle. Mais les courées, petite touche architecturale du Nord sont bel et bien présente dans la ville et y existent encore de nos jours.

La courée comporte généralement une ou deux rangées de petites maisons, dans une ruelle privée à laquelle on accède par un passage étroit. Jusque dans le milieu du 20ème siècle la plupart ne disposent que d’un point d’eau unique et de cabinets d’aisance extérieurs communs à l’ensemble des maisons lesquelles sont, en général, mal isolées, humides et parfois insalubres.

Exemples de différentes courées du Nord (Doc Wikipedia)

Contrairement aux corons, construits par les compagnies minières, les courées n’ont pas été construites par les industriels mais par une nébuleuse de rentiers, commerçants, cabaretiers voire d’artisans, à la recherche d’un placement sûr pour leurs économies. Les terrains en bord de rue étant trop chers, ces investisseurs achètent alors un étroit rectangle de terrain à front sur rue. On y édifie par exemple un cabaret, au loyer plutôt rentable, auquel on accole un couloir étroit donnant accès aux rangées de maisons construites au rabais, d’une quarantaine de mètres carrés habitables au maximum, avec des escaliers raides où il n’est pas rare de vivre à dix.

Une courée de la métropole lilloise au 19ème siècle (Document Voix du Nord)

Après la fin de la seconde guerre mondiale, les courées sont la cible des plans d’aménagement urbains. À l’époque, la mode est au logement collectif et social. Les courées sont détruites ou se dégradent, jusqu’à devenir le symbole de l’habitat insalubre. « Taudis. Le mot n’est pas exagéré pour caractériser le logement des ouvriers roubaisiens d’après les observateurs de l’époque comme les historiens contemporains. »

Des propriétaires, découragés par l’insalubrité finissent par partir à la fin du 20ème siècle. Ces départs successifs sont “un cercle vicieux de dégradation”. Aux côtés des portes fleuries de maisons coquettes et entretenues, des planches de bois obstruent ce qui fut une entrée ou une fenêtre. Certaines maisons sont ainsi laissées à l’abandon. “Elles se dégradent rapidement puisqu’elles ne sont plus entretenues et elles contaminent les maisons voisines.

Pourtant, le fait est là : à la fin du 20ème siècle, ces maisonnettes typiques mais aux abords parfois inhospitaliers, mal éclairés et souvent sans réseaux d’assainissement, sont désormais considérés comme un vestige de notre patrimoine historique et, dès 1992, la ville de Hem adhère à l’ « OPAH courée » (Opération Programmée d’Amélioration de l’Habitat) qui réalise de nombreuses études.

Ce n’est pourtant que 10 ans plus tard que l’ARIM (Association nationale de Rénovation Immobilière) établit un diagnostic pour déterminer quelles courées à Hem, parmi les 37 impasses et courées recensées, nécessitent les premiers soins. 6 d’entre elles sont alors répertoriées pour être les premières à se voir proposer des travaux entre 2003 et 2005.

Le dispositif est conçu comme un levier pour inciter les habitants à rénover leurs installations sanitaires ainsi que l’isolation des murs avec l’aide de grosses subventions.

OPAH courée à Hem en 2003 (Document Nord-Eclair)

Dans la ville de Hem, cet habitat se retrouve principalement au centre de la ville. Ainsi le quartier de la Place de la République en compte trois :

– La cour Beghin est une toute petite courée du quartier de la Place qui donne dans la rue Jules Ferry à hauteur du n°1 ; elle tient son nom du propriétaire des maisons de la cour.

La cour Beghin en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)

-Une autre toute petite cour, la cour Droissart, dont le nom est commun à une impasse et une voie communale toutes proches donne sur la rue Henri Delecroix, juste à la sortie de la Place de la République, et ne compte que quelques maisons.

La cour Droissart en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)

-C’est dans ce même quartier que l’on trouve la Cour Ducatillon, d’une longueur de 70m, qui donne entre les n°5 et 6 de la Place de la République, laquelle a également pris le nom du propriétaire des 6 maisons qui la constituent. L’objectif de l’OPAH courées en 2003 est d’y refaire, à sa charge, le réseau d’égouts, de rénover l’éclairage public alors en mauvais état, et d’installer un système de gouttières et de gestion des eaux de pluie.

La cour Ducatillon en 2003, puis en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Nord-Eclair et Google Maps)

Egalement dans le centre mais en direction d’Hempempont, on trouve 5 autres courées :

– La cour Boussemart, se situe dans le quartier d’Hempempont et joint l’allée qui conduit à l’usine Meillassoux-Mulaton à la rue du Général Leclerc. Il s’agit d’un petit groupe de quatre ou cinq maisons, au lieu-dit : « la Grande Halte », séparé du supermarché par l’allée Mulaton. Son nom est également celui du propriétaire du terrain et le lotissement remonte au début du 20ème siècle.

La cour Boussemart en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)

-La cité Dancorai, se situe rue du Général Leclerc, en face du Centre Communal d’Action Sociale et porte également le nom de son propriétaire, un maréchal ferrant, tenancier d’un estaminet en 1857, à l’enseigne « Au Bellevue ».

La cité Dancorai en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)

-La cité Droulers donne sur la Rangée du Général Leclerc ; elle est perpendiculaire à l’allée Gabert et compte une dizaine de maisons.

La cité Droulers en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)

-C’est dans la rue Edouard Vaillant que se situe la cour Jacquart. Cette rangée de 8 maisons relie la rue à la ferme Franchomme.

La cour Jacquart en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)

-Et c’est également sur la rue Vaillant que donne la cité Picard qui relie celle-ci à la Rangée du Général Leclerc, laquelle se jette dans l’allée Gabert. Sa particularité est d’être constituée d’une trentaine de maisons rangées en quadrilatère.

La cité Picard en 2023 de face par le sentier qui la relie à la rue Vaillant et en vue aérienne (Documents Google Maps)

Sur la rue Jules Guesde, on dénombre également 5 courées, dans le quartier du Petit Lannoy, à savoir :

– Dans le quartier de la Vallée, la cour Loridan donne dans la rue Jules Guesde. Plus semblable aux courées roubaisiennes elle a son entrée semblable à une porte dans le n°160 de la rue Jules Guesde et compte 5 logements.

La cour Loridan en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)

-On trouve la petite cour Pipart, qui rassemble 3 logements, dans le quartier du Petit Lannoy, rue Jules Guesde, pratiquement face à l’impasse Desurmont. En 2003, après diagnostic de l’ARIM, le Cal-Pact qui en est alors propriétaire propose aux habitants de remplacer la fosse à vidange par un réseau d’assainissement, d’installer un éclairage public jusqu’alors inexistant, de réaménager la voie d’accès fort étroite et peu entretenue et de créer un système de gestion des eaux de pluie.

La cour Pipart en 2003 puis en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Nord -Eclair et Google Maps)

-La cour Plouvier, est située dans le quartier du Petit Lannoy, donnant dans la rue Jules Guesde et porte le nom d’un maçon. Elle a été réhabilitée en 1989.

La cour Plouvier en 2023 en vue aérienne (Document Google Maps)

-La cité Six a la particularité de donner dans une impasse, l’impasse Vandemeulebrouck, qui donne elle-même dans la rue Jules Guesde. Elle ne compte même pas une dizaine de maisons.

La cité Six en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)

-C’est encore dans le quartier du Petit Lannoy que l’on trouve la cité Vandendorpe, d’une longueur de 51 m, qui prend accès dans la rue de la Lèverie et tient son nom d’un ancien boucher. Elle a depuis été rebaptisée allée Vandendorpe.

La cité Vandendorpe en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)

Non loin de là, dans le quartier des Trois Fermes, se situe la cour Christiaens, qui le relie à la rue Jules Guesde près de l’école Saint Charles. Elle tient son nom du propriétaire qui a mis le terrain en construction avant la 1ère guerre mondiale et comporte 8 maisons.

La cour Christiaens en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)

Enfin, à la frontière de la ville de Roubaix et dans la rue du même nom, se situe la cour Leplat, qui ne compte que quelques maisons à proximité du collège Saint Paul.

La cour Leplat en 2023 de face et en vue aérienne (Documents Google Maps)

Il est intéressant de constater qu’en 2011, une rue inspirée des courées d’antan est sortie de terre dans le quartier des Hauts-Champs à Hem basée sur le concept d’une nouvelle manière de partager la route à savoir : des maisons le long d’une chaussée mais pas de trottoirs. Résultat : en 2015 la Voix du Nord, dans sa rétrospective de l’année parle de cette rue comme de la rue la plus mal fichue, arguant que les riverains craignent pour leur sécurité.

Vue aérienne de la rue Dolto, une parallèle des rues du Professeur Nobel et Henri Dunant (Document Google Maps).

Plus récemment, certaines annonces immobilières vantent les qualités des maisons de courées, il est vrai rénovées, que les agences proposent à la vente. Elles ont été réhabilitées et bénéficient de tous les éléments de confort moderne. En fait, la courée cesse d’être une forme d’habitat dévalorisée et paraît de nature à faire revivre un idéal de convivialité.

Il existe donc encore des courées et des cités aujourd’hui, à Hem comme dans le reste de la métropole lilloise. Elles appartiennent à des particuliers qui y habitent. Elles n’attirent cependant plus les mêmes catégories de population et sont paradoxalement recherchées pour leur « promiscuité », qui était un de leurs désavantages auparavant mais qui attire notamment les artistes et les étudiants.

Remerciements à l’association Historihem pour son Histoire des Rues

Rénovation au Carihem

Début 1980, l’Office public des HLM a deux projets dans ses cartons : réhabilitations au Carihem et au Nouveau-Roubaix. Mis en location en 1964, pour le relogement d’une partie des habitants des Trois Ponts d’avant l’actuelle cité, le groupe du Carihem, qui représente 228 logements s’est dégradé. Ce qui a entraîné le départ d’un grand nombre de locataires. De quoi s’agit-il exactement ? D’abord il faut remédier aux problèmes de chauffage par des travaux d’isolation thermique. Il faudrait ensuite améliorer le confort de ces logements : refaire les entrées, installer des baignoires, revoir les revêtements de sol, améliorer l’isolation acoustique des appartements, et remettre aux normes de sécurité les installations électriques.

Le Carihem en 1980 Photo Nord Éclair

Qui dit travaux, dit financements. Il y a près de 14 millions de francs à trouver. Le montage se fera de la manière suivante : 10% par les HLM, 50% par l’Etat, 10% par la communauté urbaine, une participation du Conseil régional à déterminer. Un prêt de 11% auprès du CIL et le reste financé par un prêt de la Caisse d’épargne de Roubaix.

Qui dit investissements, dit hausse des loyers pour les locataires. Là encore, un dispositif de compensation est prévu, les locataires auraient droit à l’A.P.L. (aide personnalisée au logement) à laquelle ils n’avaient pas droit jusqu’ici.

Les loyers de cette époque au Carihem sont les plus bas de l’Office de 350 francs pour un type 1 à 756 francs pour un type 5, charges comprises. La hausse serait donc compensée : un peu plus de la moitié des locataires verront leur loyer diminuer de 30 à 60 francs, un quart paieront entre 0 et 120 francs par mois, et un dernier quart de 120 à 300 francs par mois. On escompte également près de 35% d’économie de consommation de fuel suite aux travaux d’isolation thermique.

Travaux de réhabilitation engagés en 1980 Photo Nord Éclair

Certains locataires n’ont pas attendu l’office HLM pour faire des travaux à leurs frais dans leur appartement. S’il est avéré que ces travaux font faire des économies, ils seront chiffrés et feront l’objet d’un crédit de travaux pour effectuer une autre amélioration dans le logement concerné.

La présentation de ces décisions a été faite aux locataires par lettre individuelle et par une assemblée générale. Il semble qu’elles aient trouvé l’agrément des locataires, qui ont pu par la suite choisir la couleur de la peinture des paliers, ou le papier peint à coller dans les pièces en pignon dont les murs sont affectés par les travaux d’isolation thermique.

En plus des aménagements intérieurs, il est prévu d’aménager un terrain de football et de tracer des aires de stationnement pour les voitures. Un chemin piétonnier vers la station de bus est également prévu. Les travaux ont commencé en septembre 1980 et ils dureront un an.

D’après Nord Éclair

Rénovation des HBM

En 1984, la rénovation des immeubles HBM va commencer. Comment en est-on arrivé là ? Un article daté de février 1979, relate la visite de Bernard Carton, adjoint à l’urbanisme, aux comités de quartier, et particulièrement à celui qui regroupe à l’époque les représentants du secteur Justice Hauts Champs Chemin Neuf Nouveau Roubaix Edouard Vaillant.

Il est venu pour insister sur l’importance de la concertation sur la question des aménagements futurs du quartier. Il en vient à parler de la rénovation des vieilles HBM[1], donnant sur le boulevard de Fourmies et sur l’avenue Motte. Ces grands immeubles qui ont fait la fierté du Nouveau Roubaix datent du début des années trente, et on commence à s’intéresser à leur modernisation. Un programme de réhabilitation est annoncé, qui devrait concerner 300 logements.

Les vieilles HBM dans les années soixante Collection Particulière

En avril, le journal Nord Éclair signale un certain laisser aller dans le quartier, notamment rue Rubens où les papiers rejoignent les feuilles des arbres par terre. Les riverains garent leurs voitures sur les pelouses et les transforment en bourbiers. On est loin de l’aspect champêtre et salubre des immeubles du temps de Jean Lebas.

En janvier 1980, la question a avancé : les organismes de logement social concernés sont d’accord avec le principe, mais s’inquiètent du coût pour les locataires. Le Carihem et les immeubles HBM du Nouveau Roubaix sont concernés, pour des raisons différentes, l’insonorisation pour le premier, le coup de neuf pour le second.

Les locataires eux s’inquiètent déjà : l’augmentation annuelle des loyers près de 15%, le chauffage insuffisant des hlm de la rue Carpeaux et du Nouveau Roubaix, entre autres sujets de mécontentement.

Les HBM en 1980 Photo Nord Éclair

Le mot réhabilitation ne parle pas aux habitants. Le comité de quartier organise alors en juin 1980 une réunion qui se déroule au centre familial Carpeaux. Sont invités le groupement de défense des locataires, la CSCV (Confédération Sociale du Cadre de Vie) et la CNL (Confédération Nationale du Logement). Dans le débat qui s’instaure, il apparaît qu’une part du loyer payé par les locataires doit servir à l’entretien et aux réparations des logements, ce qui n’a pas l’air d’être le cas. Une dame témoigne : voilà 56 ans que j’habite dans mon appartement et jamais de gros travaux n’ont été réalisés ! Les locataires font part de leurs craintes quant à l’augmentation du loyer qu’entraînera la réhabilitation.

à suivre

D’après Nord Éclair

[1] Habitations à bon marché construites en deux tranches fin des années vingt et début des années trente