Les Studiantes

Dans les années 1930, trois immeubles imposants se trouvent au début de la rue de Lille, côté pair. Le numéro 26 appartient à Auguste Wattinne-Lestienne, le 26 bis à A Wattinne-Toulemonde et le 28 quant à lui, est occupé par le cours Lacordaire.

le 26 de la rue de Lille en 1899 ( document archives municipales )
Vue aérienne des 3 immeubles en 1947 ( document IGN )

En Février 1944, l’architecte Albert Bouvy s’inquiète de l’état insalubre de ces immeubles et en particulier des champignons du bois qui ont attaqué les murs, les planchers et les menuiseries. L’occupation allemande de l’époque n’a pas arrangé les choses ! Les trois immeubles sont donc rasés au début des années 1950. Les terrains restent en friche durant quelques années. En 1967, l’Union générale de distributions de Produits Pétroliers, demande un permis de construire pour une station essence à l’enseigne Elf et un logement. Les travaux démarrent en Octobre 1967.

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Vue aérienne 1976 ( document IGN )

Le « Garage des Amis » ouvre ainsi au 26 28 rue de Lille. Il propose bien sûr, la vente de carburants, mais également de nombreux services complémentaires pour l’entretien des véhicules : vidange, graissage, réparation de crevaison, plaquettes de freins etc. Le gérant, qui habite sur place, devient peu de temps après agent Renault pour véhicules neufs et d’occasion.

document collection privée
document Nord Eclair
document Nord Eclair

En Mars 1988, un changement d’enseigne intervient et la station Elf devient ALTY.

document collection privée

Malheureusement ce changement d’enseigne n’est pas très positif et la station-service ferme ses portes peu de temps après.

( document archives municipales )
( document archives municipales )

En Mars 1992, un permis de démolir est demandé pour la station service par l’entreprise Marignan Immobilier à Lille, qui dépose en même temps un projet de construction de 96 logements pour étudiants : « Les Studiantes de Roubaix ».

Projet ( document Nord Eclair )

Marignan Immobilier, filière du Crédit Foncier, est un groupe privé qui construit et finance cette résidence de 96 logements d’environ 20m2, sur 5 niveaux. Les risques encourus sont minimes, car la demande de logements est très forte, et le restera encore quelques années, vu la proximité des grandes écoles, des lycées, du Mongy, du futur Métro et du resto U de la rue de Crouy.

Pose de la première pierre, rue de Lille ( document Nord Eclair )

La résidence « Les Studiantes » est construite sur 1500 m2, à l’emplacement des 26, 26 bis et 28 de la rue de Lille, et donc située entre le cabinet Kimmel-Briet au 24 et le Crédit Municipal au 30. Les travaux commencent en Septembre 1992 et se terminent à la rentrée 1993.

Les Studiantes de Roubaix ( Photo BT )

Remerciements aux archives municipales

Les Logecoop de Leers

La société Logecoop offre aux candidats à l’accession à la propriété de charmants petits pavillons individuels jumelés, rue Pierre-Catteau comprenant cinq pièces principales (salle de séjour et quatre chambres) cuisine, salle de bains, cellier garage sur des parcelles de terrain de 400 m² environ. Ils sont livrés entièrement aménagés (évier, baignoire, lavabos et chauffage central au mazout). Les candidats à l’accession à la propriété sont groupés au sein de sociétés sans but lucratif. Ils peuvent obtenir un logement au strict prix de revient. Ils constituent un capital par paiements échelonnés et ne règlent en définitive que des mensualités d’un loyer normal avec la garantie d’accéder à la propriété de leur maison en 20 ans maximum.

Les logecoop vus du canal CP Coll Part

En 1967, trois lotissements sont menés à bien : la Résidence Longchamps, qui se situe à droite dans la rue Pierre-Catteau en venant de la rue de Wattrelos, la Résidence Cherverny entourée par les rues Van Gogh et Michel Ange. En octobre 1967, la troisième tranche est en cours de réalisation avec soixante huit logements dans le verdoyant quartier du Grimonpont à Leers, à proximité du pont. Un logement témoin vient d’être aménagé et peut être visité.

Les Logecoop de 1967 doc NE

En septembre 1971, un nouveau lotissement est en cours de réalisation, la Résidence Le Buisson où 58 maisons sont déjà construites. Les premières seront livrées fin 1971 et les dernières fin 1972. Toutes les maisons sont déjà vendues.

Publicité Logecoop doc NE

À la fin de l’année 1971 un autre chantier très important porte sur 227 maisons du même type qu’au Buisson. Ce programme prend le nom de La Motelette et se situera sur les neuf hectares situés entre les rues du Général Leclerc (aujourd’hui Maréchal Leclerc) , Pierre-Catteau et la carrière Meurisse (aujourd’hui l’avenue de Verdun). Ces 227 maisons seront réalisées en plusieurs tranches, la première devant être achevée au printemps 1973. Le reste va s’échelonner su les années 1973 et 1974. Les premières maison de La Motelette sont en cours d’acquisition.

Les Logecoop de 1971 doc NE

C’est tout l’espace entre le Buisson et l’usine Motte-Bossut qui va se remplir, et d’autres chantiers vont bientôt s’y adjoindre. On projette ainsi pour 1974 la construction d’un groupe scolaire mixte dans le quartier du Buisson, à l’angle de la rue Pierre-Catteau et du Chemin du Gros saule, qui comprendra une école primaire et des classes maternelles. On songe également à la construction d’un collège de 600 places à proximité du complexe sportif.

CIL Laboureur 1951

Le Laboureur de 1947 vue IGN

La photo aérienne de 1947 nous montre un quartier du Laboureur encore fort champêtre, où apparaissent néanmoins les maisons construites par la Société Roubaisienne d’habitations ouvrières dans les années vingt (cf notre article les 52 maisons du Laboureur). Sur la gauche, l’ensemble des maisons situées rue du Commandant Bossut et square Louise de Bettignies, sur la droite les maisons du square Léon Marlot.

Vue des chantiers 1951 au Laboureur vue IGN

Un article de presse de janvier 1951 nous apprend que la construction a repris et occupe progressivement les espaces libres. Les nouvelles habitations sont édifiées par le CIL, à l’image de ce qui se fait dans le Nouveau Roubaix ou la cité des Canaux entre Roubaix et Tourcoing. À Wattrelos, cela se fait en trois tranches : la première, déjà entamée au moment de l’article, comprend 78 logements entre la rue Faidherbe et la rue des Dragons. Les travaux qui ont du être interrompus à cause du gel ont repris et on pense que la location pour ces logements sera ouverte dans quelques mois. Sur cette autre vue aérienne datant de 1951, on peut voir nettement le chantier des nouvelles constructions au dessus de la rue Faidherbe, et à côté des maisons des années vingt.

Les nouveaux bâtiments terminés rue Monge Coll Particulière

La seconde tranche, dont le gros œuvre est en cours, comprend la construction de 294 maisons qui borderont la rue Monge jusqu’à la rue Ma Campagne. Une troisième tranche de 190 habitations qui rejoindront la rue de Béthune seront constituées par des appartements. À l’instar du Nouveau Roubaix et de la cité des canaux, les premiers immeubles collectifs du CIL apparaissent, alors que jusqu’ici on reproduisait le modèle de maison plébiscité par les visiteurs et les professionnels lors de l’exposition de la cité expérimentale du Congo au Blanc Seau en 1946. Des espaces verts sont ménagés ça et là entre les immeubles, il est même prévu qu’une Maison de l’Enfance avec personnel spécialisé vienne compléter l’ensemble. Nous reparlerons ultérieurement plus longuement de cet établissement particulier.